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Chez le roi soleil, au sommet de la montagne

12272908271?profile=originalEnfant,voici ta balle !

12272908881?profile=originalAttends, fileuse, je vais t'éclairer !

http://www.lalyredalize.org/la-petite-fille-a-la-lanterne.html

 

http://www.lalyredalize.org/les-livres.html

 

Qu'on se le dise !

et pour un partage

 

Agrandissant sa famille et sa ribambelle d'enfants,

mon site édition La Lyre d'Alizé

accueille  la petite dernière née :

La petite fille à la lanterne avec un choix d'images

qui défilent et s'agrandissent.

Sur les deux côtés  de la présentation et dans la page livres :

- A droite : les couvertures

- A gauche dans le rond du lutin : un choix intérieur

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Comment ai-je pu de Paris me départir ?

Ces mélopées chantant Paris me déchirent

Rendent mélancolique et éperdue mon âme

Qui vibre à sa vie, son souvenir,

L’évoque en maints tableaux, soupire.

Ne sais pas comment me suis extraite de mon Panam

Comment j'ai fait pour brusquement partir.

 

Inconcevable quand vous savez

Qu’à son Paris,

Le titi parisien a le cœur  vrillé

Et qui loin de lui

Dans une autre vie

Ne peut s'imaginer.

C’est évident pour lui :

Paris c’est le nombril du monde !

Il ne veut s’exiler

Dans la France profonde.

Rien n’est mieux

Mais ennui

Et banlieue

Partout à la ronde.

Loin de lui,

Sa peine est profonde.

Et partout ailleurs,

Il se languit,

Se meurt.

 

Mais il y eut ce chantage sans appel,

Quand je voulus reprendre activité,

D'abandonner Paris

Sans délai !

Et de quitter toute ma vie,

Mes parents, mes amis,

Ma capitale si belle.

Alors je voulus à tout prix

Protéger et donner à ma fille,

Lui sauver notre drôle de fantôme et flottante famille

Après tout ce qu’elle avait déjà enduré sur terre pour venir.

Elle, qui dès le départ avait failli mourir.

Veiller à ne plus la léser ni la faire encore souffrir

Avec son paternel qui ne faisait qu’aller et venir,

Ne voulant lui-même décrocher de son Occitanie, sa terre

Et ne pouvait "couper le cordon" d’avec sa mère

Ne faisant qu’à moitié se donner, venir et puis partir.

 

Après tous ceux refusés par l'Exigeant,

Et de toutes les directions émergeant,

Quand vint du Destin l'Appel

De la petite école de Neuchâtel

J’y sentis le signe lumineux du Ciel.

Et eus l'intuition de laisser reposer la nuit

En questionnant mon Ange pour guider mon salut

Au lieu de me bloquer dans la peur, le refus.

Était-ce le signe qu’il fallait à mon passé mourir ?

Ne plus m’y accrocher mais au futur m’ouvrir ?

Or, la nuit présenta l’ouverture d’une grande clarté

Qui me poussait pour aller vers ma destinée.

Et lorsque j’arrivais au-dessus du lac de Neuchâtel,

Je pus voir rayonner cette immense clarté.

Sa luminosité à l’infini tout l’horizon ouvrait,

Sa lumière chantait comme promesse dans le ciel.

 

Une seule fois, en ce premier 1993 été

Puis plus jamais, avec regret

Sur mon passé me suis retournée :

A presque 1 500 mètres sur le sommet,

Près du Louverain, tout-en-haut, j’étais arrivée

Et voyais s’étendre à l'infini la paisible contrée,

Tout en bas de mon Geneveys-sur, petit Village

Qui à 900 mètres en dessous se tenait.

C’était  beau ! Mais immense, illimité !

Un tel choc inconnu ce nouveau paysage.

Je fus soudain complètement dépaysée.

La peur panique me prit.

Où était toute ma vie,

Mes amis, mon Paris ?

Le bord de ma Seine, mon doux rivage

Et la Tour Eiffel

Qui au loin se détachait dans mon ciel ?

Non ici, c’était la chaîne des Alpes immaculée

Un magnifique décor de rêve qui en face s’offrait.

 

Même si j’étais la plupart du temps

Avec ma petite enfant de 5 à 8 ans,

Esseulée.

Et tout autant

Que les deux-trois précédentes années,

J’étais si heureuse d’avoir ma place retrouvée

Et avec les petits enfants de vivre et œuvrer.

C'est là, depuis Neuchâtel

Que se sont épanouis et développés

Tous les potentiels de ma créativité,

Un flot de dons du ciel.

Non seulement, l'école je portais,

Ses réunions et ses fêtes très gaies,

Mais dans l'enthousiasme, je remplissais 

De belles et riches doubles journées.

Avec passion, durant des jours entiers

Des décors de fêtes féériques je créais

Qui les petits et grands émerveillaient.

Jamais autant que dans ce rude hiver premier,

Dans la solitude des soirs, inspirée,

Concentrée, j’ai si bien créé et écrit :

Toutes les "rondes de saison gestuelles" en poésie

Qu'avec les enfants nous avons pu vivre et danser

Avec bonheur et joie tout au long de l'année.

 

Puis soudain tout a basculé,

L'équilibre s'est fragilisé

De notre mini pédagogique communauté

Son existence fut menacée

durant de rudes années

Jusqu'à devoir clore, fermer.

La confiance fut trahie, abusée.

Tout devint chaotique et désespéré,

Se déchaînèrent folie et méchanceté.

Alors ne pouvant plus vivre, respirer

Je voulus à tout prix partir

A l'autre bout du monde fuir,

Échapper aux forces destructrices, sorcières.

Dans les pires épreuves me soutint la lumière.

Douloureux au possible mais nourrie de sublime clarté,

Je rêvais que j’étais contrainte, attachée par le pied

-       Et de ma destinée-sacrifice ne pouvais déroger -

Je servais un "celtique" initié dans la clairière,

Sans le voir, mais toute environnée,

Soutenue de sa grande lumière.

En haut, dans la montagne là tout prés,

Où dans son creux notre village se blottissait.

Il devait certes notre petite école protéger.

Qui sait, en être l'âme, l'inspirateur sacré.

 

A Neuchâtel, si tant et trop, j’ai souffert

La force j’ai développée pour un édifice fonder.

Et ce riche apport poétique pour les enfants offert

Tous les jours m’apporte encore joie et lumière.

Alors Paris,

Si tu m’appelles encore dans tes bras,

Si émue, je t'aime et te revois

Et craque encore si fort pour toi ...

Sache que je ne te reviendrai pas.

J’aime trop la vie que j’ai créée là

Et mon cœur ici

Revit et s’épanouit.

 

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TOURMENTE


Tu viens, violente et acrimonieuse
Secouer les branches de mes pensées,
Arracher les lianes de mes rêveries,
Violer la ruche de mes secrets,
Bousculer l’ordre de mes idées,
Apostropher les troncs de mes lettres,
Troubler l’eau claire de mes rives,
Douter de la sève de mes veines,
Dédaigner les affres de ma verve,
Soulever des marées de pleurs,
Noyer le navire de mon cœur,
Et me dire : « Pour qui tu écris ? »

Comme si tu ne le savais pas !
Cependant tu étais là
Et tu traçais le chemin à mes pas !
Tu me suivais à chaque pas ;
Non, non, tu ne me suivais pas,
Tu me devançais et guidais mes pas
Et tu me montrais du doigt
Ces cœurs déchirés
Des cœurs réduits à l’oubli
Ces âmes égarées
Des âmes pourries par l’envie
Ces êtres oubliés
Des êtres laissés-pour-compte
Ces voix tues
Des voix sans voix dans la honte
Ces terres violées
Des terres désertées de leurs âmes
Ces yeux alarmés
Des yeux desséchés par les drames
Ces lèvres gercées
Des lèvres cousues par le silence

Ô toi,
Tourmente de mon verbe,
Tempête de ma langue acerbe,
Avalanche de mon cerveau éberlué
Aux idées voilées devant tout étranger
Sauf devant toi volontairement dénudées
Toi, le mot, le fin mot, le juste mot,
Toi, interprète de tous les maux !

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Été au Québec

Haïkus

Chaleureux accueil

somptueux tapis de fleurs

à chaque cité.

----

Le fleuve et un parc

tables et sièges partout

des arbres géants.

----

Silence propice

sur la rive des canards

s'isolent à l'ombre.

----

Effets de miroirs

sautent des étoiles d'or

au fil du courant.

----

Espace infini

grisées volent des mouettes

plus haut et plus haut.

----

22 juillet 2013

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LE LEMAN


Le lac Léman qui m'émerveille

Ruisselant de lumière au soleil

De ce qu’il offre et sa présence,

Éveil à transcendance,

Je ne peux me passer.

Il m’appelle et j’accours comme en transe

Remplie de joyeuse juvénile impatience.

Il me faut le recevoir, l’admirer, l’’écouter

Chanter sa douce éternelle mélopée.

 

Bonheur simple et pur de venir goûter

Sa douce incommensurable calme beauté,

Toutes ses nuances de couleurs irisées.

Je m’ouvre à son appel

D'horizon illimité,

Libérée, grande aile,

A l'infini me laisse porter,

Au cœur le Verbe velouté,

Caresse illimitée.

 

Ce monde élémentaire d'eau et fluidité

Me comble et m'apaise,

Me remplit de félicité et d'aise,

M'harmonise et m'apporte sérénité.

S'il fait trop chaud,

Que  le feu solaire brûle trop,

Je vais visiter les rêveuses naïades

Admirer les reflets par myriades

Qui par le soleil ondulent sur les flots.

Comment jamais se lasser d'admirer ?

Ce lac bleu profond se lover

Du côté des montagnes, offert

Et, vers Genève,  bleu clair argenté

A l'infini ouvert !

Gratitude et bienfait,

L'âme peut se régénérer, ressourcer....

S'étendre au large, libre, respirer

Et aimer à l’infini, aimer !

Rêver et encore rêver…

 

 

 

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                                                                             L’Hymne Cathare en occitan

 

Exorcisme du passé

Par brève replongée

En apnée  ....

Car ce temps est passé -

 

Parce que du Grand Mani,

"Fils de la Veuve",

Comme Osiris aussi,

Ils furent inspirés parmi …

Les revenus bonshommes, les Parfaits,

Les ai accompagnés, en fidélité,

A Carcassonne ou Toulouse,

La ville du Partage, la rouge,

Avec tous les amis,

Les revenus Cathares, "fils de la veuve"

Les ex sacrifiés et brûlés

Portant cette profonde et lourde nostalgie

Du « Dans 800 années,

Quand le laurier reverdira" ...,

 

Ce bel hymne triste, je l'ai tant chanté.

Et trop longtemps ai portée

Plus de vingt années,

En écoute-compassion ai supportée

Leur lourde mélancolie

De ce fardeau qui ne m’appartient pas

Par solidarité,

Fidélité de vie

Jusqu'à la lie !

Je m’en suis défaite depuis

Pleine de joie, je revis.

 

Mais fidèle, je reste et suis

Pour toujours

A l'éternel opérant Manou, Manes, Mani

Le premier du Christ serviteur

Qui éveille le cœur de douceur.

Le Maître des maîtres, béni

Et Messager d’amour

Qui la duale guerre guérit

En donnant à manger

A la haine de l’Ennemi

La pure lumière

Radieuse des sphères.

Celle dont est fait et nourri

L’humain tout autant créé

Et tissé d’ombre et de lumière.

 

Toi,  mystérieux serviteur, primordial Mani

Qui, les 12 rayons du central Christ-Solaire

Moi cosmique, les 12 grands maîtres inspira :

Zarathousra, Boudha, Christian Rose-Croix ....

En Christ guide nous, guide moi

Pour traverser la proche Nuit

Et apprendre à cultiver la lumière

Du cœur qui s'offre et ne se protège pas.

 

Si par le Sacrifice tu t'es adonné

Et vaincu, démuni, impuissant apparait ...

Le Méchant jubile, certain que tu perds.

Or, si en amour désintéressé tu t'es offert,

Absorbée, mangée est son Ombre dans ta lumière 

Et elle diminuera ainsi jusqu'à se retourner.

Voici de la mission de Mani le subtil secret :

Dans le suprême Don de ton être fait

La haine en amour est métamorphosée, changée.

 

Pas d’autre voie pour notre humanité sauver

Car guerre répond toujours à la guerre

Et de trop de sang est gorgée notre Terre

Faire lever un autre pain de fraternité

De partage, douceur et beauté

Sera notre but, notre espoir à jamais.

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Sans émois et pourtant...

 

Je n'écris jamais rien quand je suis sans émois.

Il est vrai qu'une idée m'interpellant, parfois,

Je rédige un propos issu d'un soliloque;

Je préfère éclaircir ce qui semble équivoque.

Ce matin apaisant déborde de lumière.

Je prolonge à loisir ma pause coutumière.

J'ai l'âme satisfaite et le corps alourdi.

Ce jour ressemble aux autres et c'est un samedi.

La rue reste déserte et les fenêtres closes.

Le zéphyr en soufflant dérange peu de choses,

Il remue faiblement les hortensias en fleurs,

Dont le soleil jaunit l'éclatante blancheur.

Sans émois et pourtant, je vais par habitude,

Conserver en des vers de douces certitudes;

La date me dira que lucide, en santé,

Je vivais sans soucis, ce jour d'un autre été.

20 juillet 2013

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Osé, j'avais osé...

Il est là. Je l'ai posé sur la table. 
Après l'avoir enserré dans mes bras, je l'ai langé, puis déposé dans son cercueil.
J'ai recouvert son visage d'une étoffe la plus douce. Une soie naturelle translucide laissant apparaître son visage. 
Ses cils battent. Son regard me sourit. Une énième fois. 
Elle sait que je ne l'oublierai pas.

J'ai enterré ma muse.
Sans pleurer ni couiner 
ni crier 
ni implorer...
Aujourd'hui les larmes ne coulent, ni ne perlent

Non plus, je n'ai ri !
Abêti, abruti, ahuri, de lassitude meurtri.
Aujourd'hui les rires ne fusent, 
ni ne perlent...
Trop de peines à ressuyer
A mâter, trop de folies, 
leur lit ont asséché...

Osé... J'avais osé...
Croire en cet élan du cœur 
appelé "Bonne heure"...
Croire en moi en eux
En nous amoureux
Insoutenable gageure...
Osé ! J'avais osé !
Croire en l'humain...
Sept milliards de Noé sans foi ni loi
Chaînons à leur croix garrottés dont le souffle s'éteint !

Trop de toxicose sur leur ego-soi déversée
Du ça a tout nécrosé12272922654?profile=original

©Juillet 2013

Illustration : Beksinski

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LE CHOC DES MONDES

 

Cela fait la seconde fois, en peu de temps, que j’observe des gens en train de faire les poubelles du magasin dans lequel je viens d’échanger un paquet de nourriture pour mes cobayes, acheté la veille par ma serviable mais distraite petite voisine, contre leurs croquettes préférées.

L’homme ne me regarde même pas lorsque je passe à deux pas de lui, trop absorbé par son inspection du conteneur hors duquel sort une odeur nauséabonde. Il fait très chaud et j’imagine le mélange répugnant de viandes périmées, de légumes défraîchis, de poissons surchauffés… Il porte un casque de motard, je ne le reconnais donc pas. Est-il véritablement un inconnu ? Il se pourrait que je le côtoie régulièrement sans imaginer sa détresse.

Poursuivant mon chemin au travers du lotissement où de nouveaux riches ont fait bâtir la maison de leurs rêves, un papy ventripotent et plein de sueur joue au ballon avec sa petite fille tout en observant le motard du fond de son jardin…Un peu plus loin, une tondeuse robot rase inlassablement une pelouse déserte. Ses propriétaires, sirotent un apéro à l’ombre.

A quelques mètres de là, deux petites filles jouent dans les cailloux devant une maison nouvellement construite. Un marquage au sol nous fait deviner l’emplacement d’une future piscine.

Sous le soleil encore très vaillant, je regagne ma petite maison… Une épée de Damoclès m’empêche d’espérer y terminer ma vie… Peut-être d’ailleurs, un jour mon tour viendra-t-il de faire l’inventaire des poubelles ?

Ainsi va la vie… On rame durant des années, se prive pour acquérir une toute petite maison. On est fier de pouvoir enfin s’en sentir véritablement propriétaire sans plus rien devoir à personne. On y fait son nid… Et puis un jour tout bascule. Le destin a beaucoup d’humour. Il se rappelle à vous en prenant tous les visages, sous n’importe quel masque, à la vitesse de l’éclair sans que vous ne l’ayez vu venir. Et puis vous vous remettez à prier, parce qu’il n’y a plus rien d’autre à faire. Vous recommencez  à trembler en attendant le passage du facteur, messager de noirs oiseaux…

Peu de mains se tendent mais celles-là, il ne faut pas les rater pour éviter de sombrer. Des emplâtres sur des jambes de bois, mais elles reculent l’échéance fatale. Et on se prend à espérer quelque chose, n’importe quoi qui tarde à arriver. Il ne peut en être autrement, assurément. Et on y croit très fort.

Dans l’autre monde, on rit, on chante, on boit, on mange (mal) à s’en faire claquer la panse… On ignore tout du motard ou de celle qui a trop honte d’avouer à ses voisins qu’on la mise sur la paille. On ne sait même pas qu’ils existent, ils se fondent dans la masse des ombres, celles qui ne font pas de bruit pour ne pas déranger l’équilibre du monde. Celles qui hantent furtivement les couloirs des institutions charitables, qui constituent inlassablement des dossiers pour essayer de sortir de l’inextricable situation dans laquelle elles ont été involontairement plongées.

Ce monde des ombres existe bel et bien et il ne tient bien souvent qu’à un mince fil qui se rompt soudainement, pour y plonger… Commence alors le voyage dont on ne revient que rarement.

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administrateur littératures

Père, fils, gloire, espoir...

Une Belgique unie, splendide, vivante,

Solide dynastie, belle, méritante,

Saine démocratie, revitalisante,

Une vraie monarchie, et dynamisante:

Un réel espoir...

L'union fait la force, princes, rois et reines,

Dure est notre écorce, et semons les graines

Qui seront amorce fière et souveraine

D'un code ou morse de bonté, humaine.

Un réel espoir...

A la moindre occasion, oui, vous hésiterez,

Entre coeur et raison, et vous soupèserez,

Contenant l'émotion que vous ressentirez,

Le bon et le moins bon se présentant au gré.

Un réel espoir!

Hommage au Roi Albert, bon prince envers nous...

Courage au Prince Philippe, qui régnera sur nous...

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"La Vierge-Folle"

C'est le titre de mon nouveau roman paru aux Presses de la Cité en mai 2013. En voici la 4ème de couverture pour vous donner une idée. Bonne lecture à toutes et celles et ceux qui auront l'envie de le découvrir !

Printemps 1861.             

Une cascade de cheveux roux, un visage ravagé au vitriol comme le sont les mains, les seins, le bas-ventre du cadavre, et une lame de tarot, la Maison-Dieu… C’est tout ce dont dispose l’élégant Achille Bonnefond, spécialiste des affaires criminelles qui ne peut encore soupçonner jusqu’où le conduira l’assassinat sauvage de « l’inconnue » du parc Monceaux. 

Guidé par Baise-la-Mort, un ancien voleur, il découvrira un Paris insoupçonné, celui des bas-fonds, celui des chiffonniers, celui où chaque jour de plus est un jour gagné sur la mort.  Et reconstituera la descente aux enfers de celle qu’on surnommait la Vierge-Folle.

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administrateur partenariats

Porto Pollo - Propriano,

rochers sculptés par le temps, l'eau, le vent et ses tempêtes,

la Corse sauvage et inaccessible ...

 

Voguons  vers Porto-Pollo

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Porto Pollo , la tour génoise de Capanelle,

de la plus grandes 80 tours existant encore sur plus de 300 ...

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12272911675?profile=originalLa plage de Porto Pollo et la ferme piscicole

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Les monstres de pierre, en voguant vers Propriano

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Rentrée au port ...

Voici un tout petit aperçu des quelques 200 photos prises lors de cette croisière crépusculaire.

Bien d'autres reportages encore pourraient chanter les beautés géologiques de cette Corse dont il semble impossible de faire le tour ..

A bientôt pour d'autres aventures ...

Liliane

 

 

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CRI

Ce matin,

Plus tôt que la rosée,

J’ai quitté cet océan

Blanchi par l’insomnie

Pour fuir à la nage

Ces nouveaux et gris rivages

Tous de douleur meublés.

Je suis sortie, aveuglée,

Vêtue des lambeaux cirés

D’un silence opaque

Et d’un voile me pesant

Sur les yeux des idées.

Mon âme, traînant

Ses cheveux blancs,

Se déchirait

Entre l’éloge du vieux passé

Et les loques du gueux présent

Dépassé par le train du temps.

Les nuages se défilant

Se surpassaient,

Gris et grincheux,

Lunchant mes matins attendus .

Nulle éclaircie, nulle averse promise,

Nulle floraison, nulle brise,

Juste un ouragan tel un dragon

Soufflant un feu

Jamais clément

Emportant le mucre et le sec,

Menaçant de pandémie

De ses serres et de son bec.

Quand viendra l’accalmie ?

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http://vivrevouivre.over-blog.com/article-mani-ou-manes-prophete-perse-du-manicheisme-au-iiieme-siecle-qui-fut-martyrise-mais-aussi-condam-74023703.html

 

L’Hymne Cathare en occitan

Chant du silence faisant chanter l'écho

au- dessus de Montségur -

Un refrain - Chant de pures voyelles qui invoquent et résonnent des étoiles du Zodiac

«  A !     Ê !    I !   O !    OU ! »

« Quand le bouvier (étoile du bouvier) revient du laboure

Il plante son aiguillade,

Trouve sa femme tout près du feu

Toute inconsolable (l'église cathare qui se meurt) ...

Si tu es malade, dis- le moi, je te ferai une soupe …  »

 

Deux niveaux de lecture –

  • L’ordinaire du sens propre
  • et le caché du symbole figuré

- surtout après 2 siècles et plus de persécutions -.

C'est l'église chrétienne Cathare qui se meurt, l'église mystique de la parole de St Jean,
Celle qui en révolte contre l’église pervertie de Rome eut l’outrecuidance
d’avoir la vision du Christ uniquement existant sous son aspect cosmique.

Hommage à MANI

 

Mani, ou Manès, prophète de la paix,

  de la non-violence et de l'Unité

   né en Perse au IIIème siècle, mort martyr,

et dont l'Enseignement a été défiguré

par les calomnies des religions établies :
 

 

 

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   L'offrande du livre (scène du Béma),

miniature manichéenne.

© Illustration communiquée par François Favre.

 

 

Les Jardins de lumière conte la vie de Mani : « Lorsqu'on emploie les mots "manichéen" ou "manichéisme", on songe rarement à Mani, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIe siècle, que les Chinois nommaient "le Bouddha de lumière" et les Égyptiens "l'apôtre de Jésus". Bien loin des jugements tranchés et sans appel auxquels on l'associe, sa philosophie tolérante et humaniste visa à concilier les religions de son temps. Elle lui valut les persécutions, le supplice, la haine. Mille ans après, l'accusation de manichéisme conduisait encore les Albigeois au bûcher... Nul mieux que l'auteur de Léon l'Africain, de Samarcande et du Rocher de Tanios, né dans un Liban déchiré par les fanatismes, ne pouvait raconter l'aventure de cette existence. »

(Amin Maalouf, Les Jardins de Lumière, éditions J.-C. Lattès, 1991.)

 

Mani1.JPG

  Portrait supposé de Mani suivi de ses disciples,

miniature manichéenne.

© Illustration communiquée par François Favre.

 

***

 

François Favre est l'auteur de

 

"Mani, Christ d'Orient,

  Bouddha d'Occident"

 

 

Couverture Mani 640x480 copie 3 

 aux éditions du Septenaire.

 MainiFF1

  ManèsFF2

 

http://mani.blogspirit.com/

 

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 Mani enseignant un prince perse,  

miniature persane.

© Illustration communiquée par François Favre.

    

***

 

Amin Maalouf conte dans son roman

  Les jardins de lumière 

la vie de Mani : 

 

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Il conclut :

    

« De ses livres, objets d’art et de ferveur, de sa foi généreuse, de sa quête passionnée, de son message d’harmonie entre les hommes, la nature et la divinité, il ne reste rien. De sa religion de beauté, de sa subtile religion du clair-obscur, nous n’avons gardé que ces mots, “manichéen”, “manichéisme”, devenus dans nos bouches des insultes. Car tous les inquisiteurs de Rome et de Perse se sont ligués pour défigurer Mani, pour l’éteindre. En quoi était-il si dangereux qu’il ait fallu le pourchasser jusque dans notre mémoire ?

 

“Je suis venu du pays de Babel, disait-il, pour faire retentir un cri à travers le monde.”

 

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 Martyre de Mani,

miniature persane.

© Illustration communiquée par François Favre.

 

 

 

Pendant mille ans, son cri fut entendu. En Egypte, on l’appelait “l’apôtre de Jésus” ; en Chine, on le surnommait “le Bouddha de Lumière” ; son espoir fleurissait au bord des trois océans. Mais bientôt ce fut la haine, ce fut l’acharnement. Les princes de ce monde le maudirent, pour eux il devint “le démon menteur”, “le récipient gorgé de mal” et, dans leur humour rageur, “le maniaque” ; sa voix, “un perfide enchantement” ; son message, “l’ignoble superstition”, “la pestilentielle hérésie”. Puis les bûchers firent leur œuvre, consumant dans un même feu ténébreux ses écrits, ses icônes, les plus parfaits de ses disciples, et ces femmes altières qui refusaient de cracher sur son nom. »

 

Amin Maalouf, Les Jardins de Lumière, éditions J.-C. Lattès, 1991, p.338.

 

  Les bogomiles de Bulgarie, de Serbie et de Bosnie qui influencèrent les Balkans au Xème siècle furent aussi éradiqués par l’Inquisition de l’Eglise catholique romaine au point que l’on ne connaît presque rien de leur enseignement en dehors des dénonciations pour hérésie. Les cathares en France virent leurs 800 églises disparaître sous le coup des croisades et de l’Inquisition au XIIème siècle par cette même Eglise.

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Envie de célébrer

 

On est souvent surpris en constatant, qu'en vain,

On voudrait ranimer un sentiment intense;

On se souvient d'un lieu, c'est parfois un chemin,

On sait avoir vécu ce qu'apporte la chance.

Les coups de coeur, bien sûr, ne se revivent pas.

Ont duré un instant et disparu sans trace.

Or la vie continue, énergique, qui bat.

Et parfois une grâce envahit tout l'espace.

Le vieillissement fait que l'on n'a plus le goût

D'accueillir, avec foi, la rieuse espérance.

Quand surgit un projet, il ne tient pas debout;

On se dit sagement: plus rien n'a d'importance.

Mais, si pour s'occuper, on redevient semeur,

Chaque graine enfoncée donnera une plante.

On se prépare ainsi plein de petits bonheurs.

En ce nouvel été, ma récolte m'enchante.

19/7/2013

 

 

 

 

 

 

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« Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé.»

 Antoine de Saint Éxupéry

 

Permettez-moi de formuler un vœu pieux :

Puisse les humains cesser de se dévorer entre-eux non pas comme des loups, ce ne serait pas faire honneur au genre noble des Caninés, mais à la manière qui est propre à notre engeance d’êtres gratuitement cruels, fréquemment inhumains !

 

À l’heure d’Internet et des nouvelles technologies dont on ne saurait se passer àprésent que nous connaissons ces trouvailles admirables, il ne faut s’étonner,hélas, de rien : pensez donc, rien ne saurait nous arrêter, puisque l’on hésite même plus à signifier à son amoureux (euse) que l'on a décidé de le(la) quitter, par simple texto !

Il en va de paire à l’égal de nos « Amies les bêtes » chères à Colette,qui, du sans blason ou nanties de titres nobiliaires, su ô combien les respecter pour mieux les « apprivoiser » et les chérir à jamais !

 

Ainsi,toutes les créatures vivantes sont donc rendues à être considérées en tant qu'"objet usuel" et lorsque l'on a fini de les utiliser, qu’elles ont achevé de jouer auprès de nous un rôle de « séduction », passé le temps palpitant de la découverte, des premiers émois, à la moindre tracasserie,dérangement (prétexte d’allergie ou d’une naissance d’un bipède concernant les « quatrepattes » constamment donné en argument…) hop, on les jette, on s'en débarrasse, sans autre forme de procès !

 

Oublieux et ingrats nous sommes et nous resterons, du moins pour la majorité des « deux pattes » afin de pasticher la Faunesse de Saint Sauveur en Puisaye !Car là où certains prennent un malin plaisir à exercer quelques exécrables supplices d’innocentes victimes vulnérables, dans l’impossibilité de s’armer contre la main ennemie, d’aucuns mettent un soin extrême à tenter de réparer les dégâts causés par ces tyrans dépourvus de vergogne !

 

Que soient profondément remerciés ces valeureux reconnus ou anonymes, œuvrant heure après heure pour une cause qui leur tient à cœur, et gageons, que seul l’Amour,sentiment qui, indéniablement nous élève, aura raison un jour prochain, de toute cette pléthore de vilenies indigne de l’esprit et de l’âme de nos « Frères humains !!!  

 

"S'il te plait…apprivoise-moi" dit le Renard du Petit Prince.

- Je veux bien, répondit le petit prince,mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

- On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître.Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !

- Que faut-il faire? dit le petit prince.

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint le petit prince.

-Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... Il faut des rites.

-Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.

-C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche:

-Ah! dit le renard... Je pleurerai.

-C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tuas voulu que je t'apprivoise...

-Bien sûr, dit le renard.

-Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

-Bien sûr, dit le renard.

-Alors tu n'y gagnes rien !

-J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta:

-Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.

Le petit prince s'en fut revoir les roses:

-Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient bien gênées.

-Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons).Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.

Et il revint vers le renard:

-Adieu, dit-il...

-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

-L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

-C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

-C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...

- Je suis responsable de ma rose...répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Le Petit Prince - Antoine de Saint-Exupéry

Fin du chapitre XXI

NRF Gallimard 1940

Mosaïque d'un artiste non identifié ...

Mosaïque d'un artiste non identifié ...

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C’était une belle fin de semaine de début de printemps, chaude et ensoleillée. La ligne TGV Mulhouse-Paris via Strasbourg n’était pas encore opérationnelle. Ainsi, c’est dans un train Corail, pour un périple de plus de 5 heures 30 (3h00 à présent en TGV…), que je m’apprêtais à monter en ce vendredi soir. J’avais emporté, en partant, "l’Amant" de Marguerite Duras. Petit roman qui est l’un de mes favoris, que j’ai déjà lu et relu, facile à glisser dans un bagage à main, léger à transporter, vite bouquiné, idéal pour un voyage en train, à lire d’une traite. Parvenue à Paris, je l’avais terminé et je me sentais portée par l’histoire et ce, d’autant plus "in the mood for love" que j’allais rejoindre mon amoureux…

Le dimanche après-midi, un peu chagrine et mélancolique, il me fallait refaire le voyage dans l’autre sens, pour rentrer chez moi.

Gare de l’Est, j’allai fureter dans l’une des librairies pour trouver quelque-chose d’aisé à lire et tombai sur une revue littéraire parlant de… Marguerite Duras. Je l’achetai et grimpai dans le train. J’avais mon billet mais pas de place attitrée. La voiture était composée de compartiments. Ce n’était pas un "wagon à bestiaux" où l’on doit supporter les éternuements du cent-quatorzième voyageur à l’autre bout de la voiture ou les sonneries du téléphone de la personne située à la place 63 au dixième rang devant vous… C’était une voiture avec des compartiments de 6 places, avec la possibilité d’une atmosphère un peu feutrée, d’un entre-soi pour d’improbables échanges ou rencontres. Dans le premier compartiment, était installée une famille, nombreuse et bruyante… Le second était complet… Le troisième comptait déjà 4 personnes… Le quatrième… rideaux tirés ; cela augurait un voyage paisible en compagnie de gens ayant envie de tranquillité… Je frappai et demandai, un peu trop rapidement pour avoir le temps de sonder les voyageurs, si je pouvais m’installer… trois jeunes (adolescents de 16 à 18 ans) qui me faisaient face, répondirent par l’affirmative. Et je pris place dans ce compartiment.

Le train ne tarda pas à s’ébranler. Je lisais. Mes trois compagnons de voyage avaient repéré des jeunes filles, installées un peu plus loin. Je lisais… Ils faisaient d’incessants  allers-retours, riant, parlant fort, s’asseyant, se relevant, repartant, revenant… je lisais… L’article m’intéressait… je lisais. La vie de Marguerite s’égrenait sous mes yeux… au fur et à mesure du temps passant et de ma lecture.

Les garçons finirent par se poser et somnolaient par intermittence. Il faisait une chaleur terrible en ce début de printemps. J’avais emporté de l’eau, quelques biscuits et une pomme ; je les partageai avec mes compagnons de voyage tout en poursuivant la lecture de ma revue… jusqu’à la fin du dossier "Marguerite Duras".

Tout d’un coup, l’un d’entre eux me demanda ce que je lisais ? Une seconde pour réfléchir… et je fis un rapide résumé de la vie de Marguerite, relatant sa jeunesse en Indochine et son œuvre… ses engagements politiques, son parcours intellectuel, les controverses à son encontre…  Puis, me vint l’idée de leur proposer la lecture de "l’Amant", mais en éludant les passages concernant les frères ou la mère de la protagoniste du roman. Je décidais de ne m’en tenir qu’à l’histoire entre elle et le Chinois.

Ainsi, je commençai ma lecture. Je lus et lus encore, m’interrompant de temps à autre pour demander aux garçons s’ils souhaitaient que je continue. Comme dans l’urgence et dans un souffle, ils répondaient "oui, oui" et je poursuivais. Calmes, attentifs, concentrés… ils écoutaient, plongés dans le récit.

Récit qui n’est pas simple… ni simpliste… (surtout lu à voix haute par une femme, pour un auditoire masculin et adolescent) avec des passages troublants, intenses, éloquents… en particuliers quand sont relatées les expériences sexuelles et amoureuses de la jeune fille, alors qu’elle n’était encore qu’une très jeune adolescente. Mais je lisais… et eux suivaient… Cela a duré ; plusieurs heures… Le temps me paraissait suspendu, accroché au fil du roman qui se déroulait de page en page.

Ni les arrêts nombreux, dans toutes les gares du parcours, ni les accélérations du train, ni le chaos des rails… n’interrompirent ma lecture de l’histoire. Rien ne perturba non plus l’attention des garçons. Une atmosphère feutrée et intense, douce et dense, ouatée et exaltée, retenue et brutale, réservée et farouche, secrète et véhémente, sensible et poignante… tout à la fois, avait peu à peu emplit notre compartiment. Nous étions portés par le récit et par ce passage d’une histoire personnelle et commune que nous étions en train "d’écrire".

Je lus jusqu’à Belfort, jusqu’au point final du roman. Jusqu’à Belfort parce que le voyage des garçons s’arrêtait. Ils ramassèrent leurs affaires en vitesse et descendirent du wagon pour rejoindre le quai et, du couloir du train où je me trouvais pour les accompagner jusqu’au bout, par la fenêtre ouverte (on pouvait encore ouvrir les fenêtres des trains),  ils me remercièrent et me demandèrent mon numéro de portable. Pendant plusieurs mois, je reçu des sms de ces garçons qui prenaient de mes nouvelles et m’en donnaient…

Cette expérience fut l’une des plus extraordinaires de ma vie, par sa simplicité, son intensité, sa densité émotionnelle. Et je crois que jamais, je n’ai eu d’auditoire d’une telle qualité. Perceptifs, attentifs, concentrés… réunis par Marguerite Duras et son "Amant", cette page de ma vie me laisse un souvenir ému et d’une exceptionnelle richesse, humaine… dirais-je, dans ce qu’il y a d’Humain dans le partage et de la lecture et les livres.

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LA BERGERE DU SILENCE


J’adore la profondeur et l’ampleur du silence !
Quand il me ceint l’ouïe d’une aura de mystère,
Le vide devient musique et avale les misères
Des heures sans parfums et des fades ambiances.

Je voudrais embrasser les déserts aériens,
Rejoindre les nuages cotonneux et légers,
Voler au ciel bleu ses hauteurs et sa paix
Et m’en faire une paire d’ailes de blanc vélin.

Epouser du silence la transe et les rythmiques,
N’entendre que le chant des vents dans les vallées,
Percevoir de la brise les venues et allers
Sur les flans séduisants de montagnes mystiques.

J’aimerais bien devenir la bergère du silence,
En saisir la jouissance dans ses moments magiques
D’absence d’assonances phoniques ou symphoniques
Cherchant l’harmonie loin des tumultueuses nuisances.

Mon troupeau serait fait de brassées de mutisme,
De belles touffes tressées de lumière et de calme
Que la tranquillité éloigne du vacarme
Des bêlements sonores ignares des aphorismes.

Ma flûte traversière mieux que celle de Pan
Fera vibrer le vent traversier, et ma lyre
Composera des chants avec les fins murmures
Du zéphyr alisé célébrant les amants.

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