Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Ces mélopées chantant Paris me déchirent

Rendent mélancolique et éperdue mon âme

Qui vibre à sa vie, son souvenir,

L’évoque en maints tableaux, soupire.

Ne sais pas comment me suis extraite de mon Panam

Comment j'ai fait pour brusquement partir.

 

Inconcevable quand vous savez

Qu’à son Paris,

Le titi parisien a le cœur  vrillé

Et qui loin de lui

Dans une autre vie

Ne peut s'imaginer.

C’est évident pour lui :

Paris c’est le nombril du monde !

Il ne veut s’exiler

Dans la France profonde.

Rien n’est mieux

Mais ennui

Et banlieue

Partout à la ronde.

Loin de lui,

Sa peine est profonde.

Et partout ailleurs,

Il se languit,

Se meurt.

 

Mais il y eut ce chantage sans appel,

Quand je voulus reprendre activité,

D'abandonner Paris

Sans délai !

Et de quitter toute ma vie,

Mes parents, mes amis,

Ma capitale si belle.

Alors je voulus à tout prix

Protéger et donner à ma fille,

Lui sauver notre drôle de fantôme et flottante famille

Après tout ce qu’elle avait déjà enduré sur terre pour venir.

Elle, qui dès le départ avait failli mourir.

Veiller à ne plus la léser ni la faire encore souffrir

Avec son paternel qui ne faisait qu’aller et venir,

Ne voulant lui-même décrocher de son Occitanie, sa terre

Et ne pouvait "couper le cordon" d’avec sa mère

Ne faisant qu’à moitié se donner, venir et puis partir.

 

Après tous ceux refusés par l'Exigeant,

Et de toutes les directions émergeant,

Quand vint du Destin l'Appel

De la petite école de Neuchâtel

J’y sentis le signe lumineux du Ciel.

Et eus l'intuition de laisser reposer la nuit

En questionnant mon Ange pour guider mon salut

Au lieu de me bloquer dans la peur, le refus.

Était-ce le signe qu’il fallait à mon passé mourir ?

Ne plus m’y accrocher mais au futur m’ouvrir ?

Or, la nuit présenta l’ouverture d’une grande clarté

Qui me poussait pour aller vers ma destinée.

Et lorsque j’arrivais au-dessus du lac de Neuchâtel,

Je pus voir rayonner cette immense clarté.

Sa luminosité à l’infini tout l’horizon ouvrait,

Sa lumière chantait comme promesse dans le ciel.

 

Une seule fois, en ce premier 1993 été

Puis plus jamais, avec regret

Sur mon passé me suis retournée :

A presque 1 500 mètres sur le sommet,

Près du Louverain, tout-en-haut, j’étais arrivée

Et voyais s’étendre à l'infini la paisible contrée,

Tout en bas de mon Geneveys-sur, petit Village

Qui à 900 mètres en dessous se tenait.

C’était  beau ! Mais immense, illimité !

Un tel choc inconnu ce nouveau paysage.

Je fus soudain complètement dépaysée.

La peur panique me prit.

Où était toute ma vie,

Mes amis, mon Paris ?

Le bord de ma Seine, mon doux rivage

Et la Tour Eiffel

Qui au loin se détachait dans mon ciel ?

Non ici, c’était la chaîne des Alpes immaculée

Un magnifique décor de rêve qui en face s’offrait.

 

Même si j’étais la plupart du temps

Avec ma petite enfant de 5 à 8 ans,

Esseulée.

Et tout autant

Que les deux-trois précédentes années,

J’étais si heureuse d’avoir ma place retrouvée

Et avec les petits enfants de vivre et œuvrer.

C'est là, depuis Neuchâtel

Que se sont épanouis et développés

Tous les potentiels de ma créativité,

Un flot de dons du ciel.

Non seulement, l'école je portais,

Ses réunions et ses fêtes très gaies,

Mais dans l'enthousiasme, je remplissais 

De belles et riches doubles journées.

Avec passion, durant des jours entiers

Des décors de fêtes féériques je créais

Qui les petits et grands émerveillaient.

Jamais autant que dans ce rude hiver premier,

Dans la solitude des soirs, inspirée,

Concentrée, j’ai si bien créé et écrit :

Toutes les "rondes de saison gestuelles" en poésie

Qu'avec les enfants nous avons pu vivre et danser

Avec bonheur et joie tout au long de l'année.

 

Puis soudain tout a basculé,

L'équilibre s'est fragilisé

De notre mini pédagogique communauté

Son existence fut menacée

durant de rudes années

Jusqu'à devoir clore, fermer.

La confiance fut trahie, abusée.

Tout devint chaotique et désespéré,

Se déchaînèrent folie et méchanceté.

Alors ne pouvant plus vivre, respirer

Je voulus à tout prix partir

A l'autre bout du monde fuir,

Échapper aux forces destructrices, sorcières.

Dans les pires épreuves me soutint la lumière.

Douloureux au possible mais nourrie de sublime clarté,

Je rêvais que j’étais contrainte, attachée par le pied

-       Et de ma destinée-sacrifice ne pouvais déroger -

Je servais un "celtique" initié dans la clairière,

Sans le voir, mais toute environnée,

Soutenue de sa grande lumière.

En haut, dans la montagne tout prés,

Où dans son creux notre village se blottissait.

Il devait certes notre petite école protéger.

Qui sait, en être l'âme, l'inspirateur sacré.

 

A Neuchâtel, si tant et trop, j’ai souffert

La force j’ai développée pour un édifice fonder.

Et ce riche apport poétique pour les enfants offert

Tous les jours m’apporte encore joie et lumière.

Alors Paris,

Si tu m’appelles encore dans tes bras,

Si émue, je t'aime et te revois

Et craque encore si fort pour toi ...

Sache que je ne te reviendrai pas.

J’aime trop la vie que j’ai créée là

Et mon cœur ici

Revit et s’épanouit.

 

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Commentaire de Rébecca Terniak le 25 juillet 2013 à 0:57

P.s.

Suzanne,

J'ai oublié de préciser que lors de mon attente, entre les 3 à 5 ans et demie de ma fille,

je fus conteuse dans des bibliothèques pour les écoles

à Rueil Malmaison. Je pouvais prendre ma fille avec.

Je contais avec une gestuelle "eurythmique", des marionnettes et les directrices d'écoles adoraient.

Et puis, les collègues Waldorf venaient toujours pour que je les fasse travailler l'aspect artistique

du jardin d'enfants : les rituels chantés dansés etc,,,

Commentaire de Rébecca Terniak le 25 juillet 2013 à 0:01

Chère Suzanne,

Non pas de souffrance !

Je ne fais rien comme les autres ...

En fait, il s'est passé ceci  de spécial : J'avais tant attendu pour reprendre mon métier-passion

puisque j'ai pris soin 5 ans et demie de mon enfant du fait de son départ fragile

afin de lui donner le maximum de forces de vie et combler le manque de présence chaleureuse

à vivre ses premiers mois en couveuse et avec deux opérations, tout un lot de misère

qui m'arrachait le coeur et qu'il fallait compenser.

Cette attente m'avait pesé et cette angoisse sourde dans ma vie :

Ai-je une place ?  Qui fut toujours une plaie ouverte consciente ou pas selon ...

(puisque mon père avait trouvé mieux pour moi que je ne naisse pas et cela par amour et pour mon bien.

Et que c'est le départ de ma mère qui sauva ma vie. )

Alors toutes les attentes que j'ai eues, - auparavant d'être coincée à mourir vivante dans des bureaux

d'avocats à Paris,

- puis d'élever ma fille si longtemps ... ont fait que cela a rendu plus fort et intense mon désir de faire ce

pour quoi j'étais destinée.

Et a intensifié au maximum ma joie et mon enthousiasme à reprendre ma tâche auprès des enfants.

Cela me donna le feu sacré qui a perduré et repris pour créer L'Oiseau Lyre, les livres, l'édition.

Je ne m'ennuie jamais. Entre deux, je créais des bijoux pour les copines et ma fille, moi bien sûr

après les jouets pour les enfants.

J'étais si passionnée et je créais tout le temps. Ma Mariouche, si elle n'était pas avec sa copine voisine,

était toujours avec moi et  elle jouait dans mon jardin d'enfants avec les grosses souches de bois.,

se construisait des camions ! Elle faisait ses siestes à côté. 

Tout n'allait pas si mal du tout.  Les parents du J.E. étaient prêts à m'aider pour tout et les collègues.

Et pour le reste, j'apprenais à me porter seule puisque le papa artiste avait pris le prétexte de reprendre

son atelier du sud près de sa maman. Peut être qu'il se remettait du choc de la naissance éprouvante

après 3 ans de quasi assiduité..

Le paternel de ma fille s'est finalement re-fixé avec nous et a cessé peu à peu son travail  d'artiste sculpteur,

menuisier pour accepter celui de prof Waldorf que je lui trouvais et pour lequel il était formé et il l'a très bien fait.

Paris me manquait puis j'ai réussi par la suite à y aller très souvent.

Voilà ce fut plutôt quand je vécus à Londres lors des mes 20-21 ans que je connus un très intense mal de pays

le premier hiver puis fini.

Mais je sus aussi très bien m'occuper et passer mon temps dans les musées et au Britisch Muséum

dans un groupe spécialisé pour l'Egypte.

Par contre, je découvre ahurie que vous n'êtes pas canadienne d'origine ?!? Racontez moi.

Beaux rêves

Rébecca

Commentaire de Suzanne Walther-Siksou le 24 juillet 2013 à 23:10

Chère Rébecca

Je sais la souffrance que cause l'exil.

Or la vie nous comble d'émois inattendus.

Si je le retrouve, je vais mettre sur mon blog  un poème écrit à mon arrivée au Québec. 

Commentaire de Rébecca Terniak le 24 juillet 2013 à 18:16

Merci Claudine, tu me fais rire.

Ma mère et mon beau-père habitaient Belleville et le marché des 4 saisons était pour les yeux d'une enfant une grande source de curiosité et de joie merveille. En ce temps, la vie était encore conviviale et les artisans chantaient en travaillant dans les cours.

Dans le grand Cabinet d'avocats internationaux des Champs Elysées, dont Virgine Store a repris la moitié des locaux, car il occupait auparavant plusieurs étages, je travaillais mes jeunes années. Ce qui fait que je chantais sur l'air célèbre plus tard à ma fifille : "Ma jeunesse emprisonnée aux champs Elysées... ".

L'été nous allions nous rafraichir dans les jardins près des grands Musées.

Saint Germain non seulemnent j'y ai aussi travaillé plus tard chez d'autres avocats pour payer mes études d'Art du Mouvement et habité 2 différents lieux du quartier Latin.... mais c'est là que nous avions nos réunions de méditation en face de l'église et j'y ai trop trainé....

Bref entre les 3 autres apparts de Montmartre, les différents lieux où travaillé plus jeune, je me demande plutôt où je n'ai pas battu la semelle des quartiers de Panam.

Mais à  part de petits blues passagers, à présent, je suis en paix et cela me suffit  de revenir 5 fois par an à Paris. Et encore j'y suis bien occupée par des séminaires et pour démarcher mes livres. Mais respirer l'air de Panam et sa liberté m'est d'un grand réconfort et garde mes liens, la cohésion de mon être entre ma vie passée et celle qu'ici j'ai développée.

Commentaire de claudine quertinmont le 24 juillet 2013 à 17:12
Commentaire de Rébecca Terniak le 23 juillet 2013 à 21:46

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