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Minia

Minia

 

J’éprouve soudain le besoin de me souvenir.  C’est dû à l’âge, j’imagine. A quoi me raccrocher sinon aux visages et à l’histoire de ceux qui m’ont connu. Ou de ceux que j’ai connus. Ils ne sont plus. Ils vivent, dit-on dans la mémoire des autres. Encore faut-il qu’ils vivent encore, eux, les autres. Combien de vies différentes ont-ils vécues, dès lors. Et peut être qu’aucune d’entre elles ne correspond à la réalité. Qu’importe aujourd’hui ?

Minia est le premier nom dont je me souvienne. C’était celui d’une fillette de cinq ans que j’ai rencontrée en Pologne lorsque mes parents m’y ont envoyé pour saluer mes grands-parents. Je tirais sa natte en riant bêtement. C’était ma cousine. Je l’aurais épousé si elle avait vécu. A l’occasion de son sixième anniversaire sa mère m’avait envoyé sa photo en couleurs,  son nom était imprimé en bleu, un petit rectangle de dix centimètres sur cinq. Je l’ai conservée longtemps dans une poche de mon portefeuille.

Le second, c’est celui de Jeff. Il me servait d’ange gardien à l’école primaire lorsqu’un condisciple me poussait de la main en criant « Fier cul ». Il prétendait que j’étais arrogant alors que je n’étais que réservé et timide.

J’ignore ce qu’il est devenu. Son frère braquait les commerçants  de la ville, et pratiquait la boxe française. Il était très habile de ses jambes. Il s’était fait arrêter et Jeff l’avait remplacé. Il fallait bien manger. Sa mère était veuve, et ils étaient six enfants.

J’ai longtemps conservé une toile de 30 x 30 que m’avait offerte Esteban. Elle représentait un intérieur dont je ne sais plus s’il était flamand ou espagnol.

Esteban était un réfugié qu’une famille amie de la nôtre avait recueilli durant la guerre civile espagnole. Ses parents, ais-je appris par la suite, étaient communistes. La famille qui l’avait recueilli était catholique affichée.

De lui aussi, j’ignore pratiquement tout. Est-il vivant ou est-il mort, je ne l’ai jamais revu.

Un jour, j’ai voulu écrire un livre qui devait répondre à des questions qu’on appelle métaphysiques. Le titre en était  « le chemin de la vie ». Je le reconnais aujourd’hui,  il m’avait été inspiré par « la porte étroite »  d’André Gide. Un éditeur l’avait publié parce que ces livres étaient à la mode à cette époque. Il n’en avait vendu que très peu. Peu de temps plus tard, il a voulu éditer de petits livres, à l’américaine, dont chacun raconterait une histoire haute en couleur à la manière dont les dessinateurs racontent une bande dessinée.

Je lui avais proposé  « le commandant Zorovski »  qui lui avait plu et qui avait eu un succès extraordinaire en l’espace de quelques semaines. J’avoue qu’un ami journaliste à la radio l’avait cité comme étant le prototype de la littérature  des adolescents d’aujourd’hui.

- Il faut creuser cette veine, Pierre.

Il me secouait les épaules en riant.

- Les aventures de commandant Zorovski sont un chef d’œuvre. Vous avez du génie, il me faut une suite pour la fin du mois.

Je pensais que c’était idiot mais je lui ai écris une nouvelle aventure du commandant Zorovski en huit jours. A la Foire du Livre de Berlin, il en a vendu les droits pour l’Allemagne et l’Italie. Ma carrière était lancée.

C’est Isabelle qui me l’avait conseillé.

- Il faut tenir un journal où tout sera noté. Et des évènements de ta vie qui sont ta matière première, et les livres écrits. Une vraie comptabilité dont je me chargerai.

Elle sourit en me tendant la bouche.

- Enfin, pas tout.

Isabelle était ma maitresse depuis que j’avais rompu avec Louise.  Louise était la femme avec laquelle je vivais à mes tout débuts. C’est grâce à elle que nous mangions. Elle disparaissait un jour par semaine, et le lendemain elle ramenait des billets de banque qu’elle étalait sur la table. Elle disait :

- Je vais prendre un bain.

Nous nous sommes séparés après que deux de mes livres dont le héros était Zorovski aient paru. Isabelle qui était agent littéraire m’avait emmené à une foire, et le soir même, elle s’était introduite dans ma chambre vêtue seulement d’un string de dentelles. Elle faisait l’amour comme Louise ne l’avait jamais fait. Avec moi en tout cas. C’est elle d’ailleurs qui l’avait confié à Louise.

Depuis, tous mes livres eurent du succès et Isabelle notait les tirages dans ce fameux petit livre où on pouvait lire Zorovski – France : I52.000 ex. Italie : 66.000 ex. puis à la ligne suivante Isabelle -Pierre : 2 fois.

Cela nous faisait rire, et parfois…

Isabelle s’occupait de ce qu’on nomme l’ordinaire. Moi, j’écrivais tout les matins de 9 heures à midi. Plus de la moitié du temps, nous le passions à voyager soit pour visiter des éditeurs étrangers soit pour parcourir le monde. Ces parties de la planète dont je savais qu’elles existaient au travers des brochures touristiques, je les ai visitées de nombreuses fois. Elles situaient souvent le lieu qui était le théâtre des aventures du commandant Zorovski.  Au début de ma carrière, nous nous déplacions avec seulement un sac au dos. Plus tard, je réservais un guide et une voiture mais nous descendions toujours dans les hôtels que fréquentaient les gens du cru. Au Skri-Lanka, nous avons changé de chambre trois fois durant la même nuit à cause du bruit que faisaient deux cérémonies nuptiales différentes, à deux étages différents.

Isabelle en parfaite psychologue fermait les yeux lorsque je faisais la cour à la secrétaire d’un hôte qui m’éditait. La renommée est un aphrodisiaque puissant.

Quarante ans plus tard, après la mort d’Isabelle, j’en jouissais encore. Un écrivain renommé âgé de septante ans dispose toujours d’un attrait physique considérable.

Mais aujourd’hui à quatre-vingt, je suis seul et je m’ennuie. J’ai cessé d’écrire. Je ne lis plus rien. Même les journaux et leurs nouvelles ne m’excitent plus.

Je reste accoudé sur ma table de bureau, devant mon ordinateur fermé, et je m’efforce de me souvenir. Le livre de ma vie, comme Isabelle avait baptisé quelques carnets à spirales remplis de son écriture, je l’avais  rangé depuis longtemps. Aucun personnage qui y figurait, aucun des évènements qui avaient marqué mon existence ne m’apparait plus comme certain. Peut être que je les avais imaginés.

Un seul souvenir m’apparait clairement. Celui d’une fillette de cinq ans à qui je tirais la natte en riant bêtement. Son portrait figurait sur petit carton que sa mère m’avait envoyé à l’occasion de son anniversaire. Petit carton que je n’ai jamais plus retrouvé.  Elle se nommait Minia.

    

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administrateur partenariats

Billet d'invitation

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" L'automne est un chant de couleurs "

Interprétations poésie, peinture et photos entre les membres d'Arts et Lettres,

sur un poème de Sandra Dulier et une aquarelle de Françoise Buisson

Chers membres,

Comme vous aurez pu le constater,

les partenariats et duos plume-pinceau

ont repris leurs activités.

Ce premier blog d'interprétations entre les membres du réseau

est inspiré du délicieux poème de Sandra Dulier,

et de la tendre aquarelle de Françoise Buisson.

Ce blog est offert à votre créativité, vos commentaires ,

poèmes et photos illustreront cette belle saison qu'est l'automne, et tous ensemble,

nous vaincrons cette morosité qui parfois nous gagne en cette saison de transition.

Je rappelle toutefois que le blog est modéré, les textes entre autres sont soumis

à l'approbation de Robert Paul en cas de doute de ma part.

Vous comprendrez aisément cette démarche. Parfois contraignante, elle nous garantit

à tous une publication de qualité.

Je vous remercie pour votre fidélité et votre enthousiasme

et vous souhaite de beaux partages

Liliane

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Vivre et aller vers la connaissance de soi.

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Les leçons de la vie ne sont pas uniquement des coups durs, elles permettent également d’accéder à la connaissance de soi ainsi que des besoins qui sont les nôtres en propre, et de ces épreuves découle une forme de sagesse qui, en définitive, détermine notre but en tant qu’être vivant. L’expérience de la vie nous enseigne aussi l’acceptation consensuelle de ce qui est et de ce qui doit, et cela nous grandit et nous rend mature.

Aussi, se tromper dans le cours de sa vie constitue en quelque sorte une expérience inéluctable, et lorsque l’on réfléchi aux raisons qui motivent nos choix à ce propos, on s’aperçoit que ces derniers ne sont que la résultante de circonstances qui nous y ont amenés, et qu’avant de les avoir expérimentés, il est illusoire de prétendre savoir quelle sera l’échéance de ces redoutables dilemmes qui se posent à nous dans l’encours de notre vie. Pourtant, on croit  choisir et on pense être maître de sa vie, mais en réalité, on ne fait que s’adapter à une poussée d’énergie qui matérialise notre réalité personnelle. 
 
Un choix n’est donc jamais vraiment un libre choix, mais plutôt une forme de déterminisme auquel nous sommes tous soumis et dont la seule alternative en est l’acceptation, sans plus ; même si acceptation ne signifie pas passivité, car l’acceptation active de notre destin est le moteur d’une vie constructive et évolutive. Accepter l’échec et nos limites est un premier pas vers une victoire intrinsèque, un premier pas vers une autre étape.
Aussi, puisque nous ne maîtrisons pas consciemment tous les méandres de notre destin ; quoi qu’on en dise dans l’absolu, car l’être humain crapahute tant bien que mal la montagne de son inconscient, nous ne choisissons donc pas véritablement notre vie ; c’est la vie qui nous choisit afin de s’exprimer au travers de nous. On pourrait parler à ce stade de Divin, de philosophie spirituelle ou de destin, car peu importe le nom qu’on lui donne puisqu’elle s’en moque et ne connaît pas de frontière d’appartenance spirituelle ou de couleur philosophique. Cette vie-là n’est pas religieuse, ni même issue d’une idéologie quelconque ; mais elle appartient à tout un chacun ici-bas, et au travers de nos sens, nous interagissons avec Elle et en son Sein.
Alors, bien malin celui qui en revendiquerait la science exclusive, car elle ne relève d’aucun savoir ; la vie est au-delà de la connaissance, au-delà des mots et au-delà de l’intelligence. Elle n’est que l’instant qui meurt après avoir vécu l’instant présent et qui renaît de ses cendres encore et encore, sans notion de choix ni de leçon. 

Sabe.

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administrateur partenariats

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L'automne est un chant de couleurs,
une fusion de douceurs sommeillées,
un crépuscule lent et flamboyant,
parfum de terres et d'eau.
 
L'automne est ce chemin saisonnier,
parsemé de lumière et de brume
que consume l'instant lent.
   
L'automne quitte nos portes
pour laisser place aux hivernées
et quelques feuilles colorent
       l'herbier des souvenirs.        

© Sandra Dulier 


Présenté sur " Magie d'automne en Lorraine "

de Françoise Buisson
Mise en page L.Magotte

Un partenariat

Arts

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Lettres

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Le clown

Revêtu de son habit de lumière, un clown peaufine son maquillage, ajuste son déguisement, pose son nez vermillon. Dans sa loge qu'une lumière blafarde éclaire, le miroir lui renvoie l'image d'un comédien, d’une étoile qui, pour faire rire, a peint, dessiné sur ses lèvres son plus beau sourire.

Dans les coulisses, tout le monde l’attend et le salue. Les artistes l’admirent dans son beau costume de scène.  Les enfants du cirque lui font la fête, courent, sautent autour de lui et l’amènent jusqu’au bord de la piste.

Le clown attend le signal pour entrer. Son cœur bat de plus en plus fort et ses yeux se remplissent de larmes. Enfin, les bravos. Le clown est là, magnifique, auréolé de mystère, caché derrière son grimage et beau comme un dieu.

Amuser la galerie, c’est sa mission. Faire rire, rire à en perdre haleine, à s'en décrocher la mâchoire. Rire pour oublier. Rire pour ne plus pleurer,  rire pour effacer le temps d’un spectacle peine et chagrin.

Le spectacle commence, lumière, musique et les visages des spectateurs s’illuminent. Enfants émerveillés, adultes déconcertés se détendent enfin et les rires lui reviennent à la face comme un enchantement, un ravissement.

Tout s’oublie dans cet environnement et tout est redevenu comme il aime. Sa vie de clown reprend le dessus et pendant ce spectacle, c’est un homme heureux qui se déplace sur cette piste faisant des pitreries, des chutes et des bons mots. Les rires continuent de plus en plus forts lui soulevant l’âme de satisfaction.

La magie du cirque a encore frappé.

Dans les spectateurs, une dame est assisse, un peu à l’écart dans la pénombre de la piste. Elle a l’air triste, le regard sombre et si parfois ses lèvres crayonnent un léger sourire. Elle ne rit pas figée dans le silence malgré le bruit et les applaudissements. Son cœur ne garde que les blessures du temps et de l’absence.

Assis face à la piste, en pleine lumière un homme rit, il s’amuse, pouffe comme un enfant. Criard et bruyant, il s’immerge dans cette atmosphère plaisante. Il rit lui aussi pour effacer le passé d’un enfant malmené, brimé.

Et dans la salle, un autre, une autre que l’existence a blessé, accidenté, estropié.  Des gens à qui la vie n’a fait aucun cadeau, aucun présent. Mais ils rient, sourient enfin pour exorciser les épreuves, rient pour qq minutes de bonheur, de répits grâce à ce merveilleux clown.

Le spectacle est fini, le clown salue, heureux et quand cesse les applaudissements, il rentre dans sa loge, redevient l’homme qu’il était en arrivant, son manteau gris sur le dos et son léger sourire sur les lèvres. Fini la vie d’étoile. Seul, il regagne ses 2 pièces et pense déjà à son prochain spectacle où, au milieu de la piste, il sera le clown qui fait rire.

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Des arts complémentaires

 

À Liliane Magotte

 

Face à une scène émouvante,

Le photographe a le pouvoir

De la fixer sur un miroir

Où elle demeure persistante.

S'il est poète, il met en mots

Ce que ne dit pas cette image,

Les sensations et les présages

Que l'oubli emporterait tôt.

Le peintre qui a du talent,

Quand il est en état de grâce

Sait créer un certain espace

Où jaillit son ravissement.

L'encadreur ajoute au tableau

Un attrait, de la fantaisie,

Selon l'idée qu'il a choisie

Mais il ne le rend pas plus beau.

Chaque art se suffit à lui-même

Or le poète musicien

Chante les vers qui sont les siens

Et il transcende ceux qu'il aime.

    

Premier décembre 2013

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administrateur partenariats

Florilège de la deuxième saison des partenariats:

« La Fureur de vivre »

Sur un poème de Jacqueline Gilbert

et une peinture de Liliane Magotte

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Fureur de vivre

Enfuie dans le souvenir...

Elle était pourtant là,

Se devait de sortir

Avec un brin d'éclat!

Cette fureur en soi

N'a certes, rien d'anormal

Un jour sortir l'émoi,

Mais oui, devient vital !

C'est alors que le pinceau

Va chercher la couleur

Et trouve le rouge beau

pour dévider son cœur

Suivant tempérament

les formes sont diverses

Mais de mêmes tourments

Sur les toiles se déversent!

Un jour coïncidence

effleure l'amitié

Et voilà qu'on se lance

Pour vous les divulguer...

Nos "Fureur de vivre"

Jacqueline Gilbert

Poète et peintre sur Arts et Lettres

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" Les éditions masquées "

Poème de Claudine Quetrinmont inspirépar une peinture

de Alain Rolland

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" Trinité "

Poème de Rolande Quivron inspiré par une peinture

de Robert Pirschel

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" Féerie matinale"

Aquarelle de Adyne Gohy sur un poème de Gil Def

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"Requiem"

de Joelle Diehl et "Sonate d'automne" de Chantal Longeon

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" Fabienne sur Scène" et "Eugénie"

Musique et aquarelle Fabienne Coppens et Adyne Gohy

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"La mer est coquillage"

Sandra Dulier et Chantal Roussel

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« Feuilles d’or automnales « ,

Jacqueline Nanson et Claudine QUERTINMONT

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" La jeune fille et la mer"

de Gil Def et "Juste un bol d'air" d'Adyne Gohy

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« Les fruits de l'automne »

Jacqueline Nanson, Liliane Magotte et Michel Lansardière

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" Fureur de vivre "

Jacqueline Gilbert et Liliane Magotte.

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Les partenariats d'

Arts

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Lettres

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ADAM et EVE

 FEUILLES D'OR AUTOMNALES. 

Il  était  une  fois  aux  temps  inexistants,

Du cycle des saisons, deux esprits incarnés,

Dans une chair rose aux sexes coexistant,

D’un hermaphrodisme par l’amour consterné.

 

Le  Verbe  créateur  avait  clos  son  rêve,

Dans un été constant, sans mois ni saison,    

Eden parfait sans désir, si ce n’est pour Eve,

Démunie  de  secret  et  de  contrepoison.    

 

Frappé  d’anathème  au  cœur  de  son  jardin,    

Dieu  perçu  ses  blâmes,  la  soumit  au  péril,

De  la  fascination  d’un  fruit  rouge  gredin,     

Qui éclata son sexe comme une fleur d’avril.

 

Chassés du Paradis dans l’effusion de sang,  

Qui fit naître l’amour, nus en terre hostile,

Peu  à  peu  le  Seigneur  décoléra  céans,

Et  créa  l’automne,  aux  feuilles  fertiles,      

Pour couvrir d’un manteau son couple d’enfants.

 

Les  saisons  étaient  nées,  l’hiver  allait  suivre,

Pour gonfler leur toison  d’un duvet cotonneux,

Etre  forts  et  vêtus  en  quittant  soufflegivre*,

Couverts de feuilles d’or sous des temps floconneux.

 

Il  décida  de  bénir  les  choses  et  les  gens,

Nomma le printemps, l’été, l’automne et l’hiver.

Elle  s’appelait  Eve,  Il  l’appela  Adam,

Les destina à répandre, à propager l’Univers.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

soufflegivre  masculin

(Fiction) Dixième mois du calendrier tamriellien, dans le monde fictif des Elder Scrolls (série de jeux vidéos). Il correspond à octobre.

Un partenariat

Arts

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Lettres

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Une photo de Michel Lansardière, un pastel de Liliane Magotte
et une aquarelle de Jacqueline Nanson, une histoire…

Ceci est l'histoire simple et belle d'une photo "Nature morte" un jour déposée sur notre site, qui a trouvé un écho, s'est épanouie... et m'est revenu un magnifique cadeau...

12272972067?profile=original"Nature morte" (photo L. M.)

La photo aussi réussie soit-elle restera toujours figée pour l'éternité. La peinture au contraire par sa matière permet mille et une lectures, offrant un éclairage différent, perpétuellement changeant.

Ces deux oeuvres par exemple magnifient la photo, lui donnent la profondeur que seul le travail du peintre peut atteindre. Et à chaque artiste son style, sa technique, sa sensibilité.

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     Liliane : " Je découvris cette photo, émerveillée par ses couleurs, sa composition m’interpella, j’eus alors l’envie soudaine d’en faire un pastel ! Jamais encore depuis très longtemps je n’avais été inspirée par une nature morte. Sitôt dit, sitôt fait, le coeur à l’ouvrage, et le coffret de pastels ouvert à ma sensibilité, je décidai d’offrir à Michel une interprétation clair-obscur de la composition automnale. "

Si je retiens le pastel c'est à une aile de papillon à laquelle je pense immédiatement, velours et miroitements, sensuelles sensations. Au pastel en effet un velouté, une lumière qui caresse, qui brasille, qui réchauffe et envoute. Myrrhe et pourpre.


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     Jacqueline : " En voyant cette photo j’ai eu un coup de cœur pour cette association de fruits et légumes un peu surprenante, soudainement j’ai eu l’envie de les peindre étant intriguée par les feuilles tortueuses du maïs, une difficulté, un défi pour moi qui n’ai jamais peint une nature morte et quelle occasion de faire honneur à Michel qui nous offre de si beaux partages. Aussitôt j’ai décidé de l’interpréter et voilà le résultat un peu revisité à ma façon. "

A l'aquarelle lumière et transparence sans égal, grâce et spontanéité. Une délicatesse qui donne vie au sujet, qui n'a rien à voir avec l'instantané d'un cliché qui fixe la composition. Libelle dansant au coeur d'un cristal de roche.

Photo ou peinture ?

C'est bien là que l'on voit la supériorité du peintre sur le photographe, la peinture ou le dessin permettent de multiples interprétations, plaisir durable, qui imprègne et varie selon le temps. Baudelaire ne s'y est pas trompé qui définissait la photographie comme "Le refuge de tous les peintres manqués, trop mal doués ou trop paresseux pour achever leurs études." Et moi qui aime tant la photo je ne peux qu'y souscrire, piteux. Et Alain qui enfonce le clou "Le procédé photographique, copie trop servile de la réalité, ne donne jamais rien de beau."

Tenez, prenez un détail, insignifiant en apparence : le maïs. Sur le pastel il est à maturité, lumière mordorée, vermicelles d'or qui éclatent, qui vibrent, s'agitent, pop-corn dans la poêle à frire mais que l'on sait fait pour d'autres palais. A l'aquarelle, à peine glané, une pointe d'acidité, il agace la dent et flatte l'oeil telle une jouvencelle encore trop verte, il s'effeuille à peine, esquisse un pas et se dérobe. Dans un cas comme dans l'autre la peinture séduit, vit, aguiche, se renouvelle, humeur changeante, et l'on s'aperçoit que "nature morte" ne convient pas tant elles ont de personnalité.

Plus que jamais ces toiles sont une invitation au voyage, une vision florale et colorée qui nous porte vers un ailleurs imaginaire. Miroirs profonds qui nous donnent l'ineffable désir du monde.

Pour terminer je dédie le texte qui suit à Jacqueline et à Liliane,

mais aussi à tous les créateurs du réseau...

L'air du beau

Beauté classique, parfaitement ciselée

Beauté baroque, ors et parures

Luxe

Beauté romantique, idéal exacerbé

Beauté impressionniste, suggérée, aérée

Calme

Beauté expressionniste, violemment éclairée

Beauté cubiste, éclatée

Désordre

Beauté métaphysique, intellectualisée

Beauté surréaliste, dématérialisée

Volupté

L'Art, le Beau, pouvoir de changer d'ère.

L. M.

Un partenariat

Arts

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Lettres

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Que penser ?



Un ami avec lequel j’ai parcouru jadis, à diverses reprises, le poing levé, les rues de la capitale me disait :
Que penser ? J’ai été communiste, j’ai été maoïste, j’ai été guévariste. Je sais comment et pour qui les américains doivent voter. Ce que doit être la politique d’Israël dont les habitants ne connaissent rien de ce pays dont ils ont été absents durant deux millénaires. Je ne comprends pas les Français qui élisent un président qu’ils abhorrent, ni les Flamands qui se fient à un mangeur de gaufres. Rien ne tourne rond nulle part depuis quelques temps. Sans parler du climat qui se moque des climatologues distingués et prévisionnistes, suivez mon regard.
Que penser de la Tunisie, de la Belgique, de l’Egypte. Et demain, peut-être, d’autres pays qui sont un peu les nôtres durant les vacances ?
En haussant les épaules, il a ajouté :
L’histoire bégaye, une fois de plus.

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Une belle journée de septembre.

 

La ville était pratiquement vide. Seuls quelques passants, des étrangers à la ville vraisemblablement, déambulaient sur la grand place le mouchoir à la main, et se frottaient le visage et le cou tant le soleil de midi les faisaient transpirer.

Le podium sur lequel allaient se produire les candidats avait été installé le matin même. Le tissu rouge qui l’entourait dissimulait les tréteaux qui soutenaient le plancher.  A l’arrière un escabeau de plusieurs marches permettait d’y accéder.

Les ouvriers qui l’avaient installé, avant de partir avaient sauté dessus de nombreuses fois afin de s’assurer que le plancher ne risquait pas de s’effondrer.  

- S’agit pas que quelqu’un passe à travers.

Erigé sur le côté de la place, les sièges encore empilés les uns sur les autres, le tout avait un air incongru que les lumières des projecteurs allaient sans doute transformer le soir même.

Une annonce avait paru dans le quotidien local selon laquelle un crochet destiné à des amateurs de chansons aurait lieu dès le coucher du soleil après qu’un animateur ait chauffé l’auditoire.

C’était Festi-Chanson qui avait organisé la première attraction populaire et culturelle parrainée par le grand magasin du haut de la ville. Si elle s’avérait positive, elle se reproduirait l’an prochain avec un cérémonial plus spectaculaire. Dix rangées de sièges avaient été prévues.

- Et si les spectateurs sont plus nombreux ?

L’organisateur avait rassuré le responsable communal.

- Dieu vous entende. Ils se serreront contre la barrière.

Ils furent plus nombreux. Ils s’étaient serrés contre la barrière et quand le feu s’était déclaré deux spectateurs avaient été écrasés par des fuyards affolés. Ils étaient venus séparément, seul le hasard les avait réunis.

Le journal du lendemain les réunit à nouveau dans une seule et même manchette : « Deux de nos concitoyens sont décédés, écrasés par la foule, lors d’un incendie fortuit mais spectaculaire. Le substitut du procureur Ernest Duliere a ouvert une enquête ».

Avant de préciser la cause du sinistre, le plus simple avait été l’identification des victimes. Ils étaient munis l’un et l’autre de leurs pièces d’identité.

- C’est le destin. Pour une fois, qu’il se passe un évènement culturel.

Il avait fait appeler l’inspecteur Fernand  Delrue , un officier de la police judiciaire.

- Tu t’occuperas des victimes, Fernand. Qui sont-ils ? Etc. Le rapport habituel.

Valérie Dumonceau, une des deux victimes, une jeune femme âgée d’une trentaine d’années, une jolie fille, s’était levée tôt. Elle le faisait tous les jours. Son cerveau était incapable de distinguer le dimanche des autres jours de la semaine.

Cela n’ennuya pas Valérie, la température s’annonçait chaude, le soleil brillait déjà. Elle avait l’intention de se promener dans le parc et de mettre des vêtements légers. De ceux qu’on met sur la plage en été.

Le dimanche les souvenirs reviennent. En marchant dans le parc municipal souvent vide ou assise sur un des bancs, le bras pendant derrière le dossier. Elle n’avait pas toujours été la jeune femme seule et réservée que ses voisins connaissaient à peine.

- Bonjour.

- Bonjour.

En se laissant tomber sur le banc, Pierre demanda s’il pouvait s’asseoir. C’est en éclatant de rire qu’elle répondait.

- Je vous en prie.

Le même manège se reproduisait tous les dimanches depuis deux mois. Il était en short, la chemise largement ouverte. Un jour il avait eu le courage d’aborder Valérie. Il avait dit qu’il était à court d’haleine, qu’ils seraient ridicules tous les deux si dans ce parc vide, il s’asseyait sur un autre banc.

Il s’était présenté :

- Pierre Mullier.

Il travaillait dans le bâtiment qu’on pouvait apercevoir au bout du parc. Celui qui rassemblait les services techniques de la ville. Il tendit le bras.

Un peu plus loin au fond de l’impasse ; dit-il, c’était le domicile de l’ingénieur de la ville. Un ingénieur qui était mort peu de temps auparavant et qu’il était appelé à remplacer.

- La maison est encore occupée par la veuve. Je ne vous ennuie pas ? Je sais que je suis bavard. Regardez. Vous l’avez déjà vu peut être ?

Un homme sortait de la maison. Il avait à la main un sac en plastique dans lequel se trouvait une boite en carton marquée «  pâtisserie Moulard ».

- Tous les dimanches, c’est pareil. C’est monsieur Duliere, le procureur. Il va acheter une pâtisserie pour sa femme et il en profite pour en apporter une à sa maitresse. Leurs maisons sont contigües par l’arrière. Vous n’aimez pas les cancans ?

Il y avait longtemps qu’elle n’avait ri de si bon cœur.

Jean Duthoit, l’autre victime, n’était pas encore levé.  Tous les dimanches c’était le même combat qui se livrait entre son corps engourdi et son cerveau. C’était toujours son cerveau qui triomphait et Jean finissait par se lever.

La veille, il avait traîné dans les cafés de la ville où il avait ses habitudes. Dans l’un il avait joué aux cartes, dans un autre il avait bavardé avec le patron. A la fermeture, il avait hésité avant de rentrer chez lui. Il avait l’esprit brumeux, ce n’était pas désagréable.

Un dimanche matin, alors que le cerveau avait triomphé plus tôt que d’autres dimanches et qu’il arpentait le parc municipal, il aperçut un cycliste à qui il ne manquait que le casque pour ressembler à un coureur professionnel. Il avait laissé tomber son vélo, il s’était assis lourdement sur un des bancs, et discutait en riant avec une jeune femme d’aspect assez quelconque.

Sinon que parce qu’un autre homme semblait se plaire auprès d’elle, Jean lui trouvât du charme. Deux dimanches, il avait assisté au manège en se promenant autour du kiosque à musique. Deux dimanches, il lui avait trouvé du charme.

Mais c’est un autre dimanche qui allait les unir elle et lui. Le dimanche de leur mort.

Ce dernier dimanche, il avait dormi longtemps pour ne pas interrompre un rêve dans lequel il tenait Valérie dans les bras. Mais peut être que ce n’était pas Valérie.

Il connaissait son nom et son adresse. Non pas en rêve mais en réalité. Il l’avait croisée un jour de semaine, il l’avait suivie jusqu’au siège d’une société de comptabilité, il s’était renseignée à son sujet. Discrètement, avait-il pensé.

-J’ai l’impression, Valérie, que tu as fait impression sur un jeune homme sympathique. Il passe souvent devant les bureaux.

- A vélo ?

Une des secrétaires, celle dont le bureau donnait sur la rue, s’était étonnée.

- Tu connais quelqu’un qui fait du vélo ?

Elle répondit non mais elle pensa à Jean Mullier, son ami du dimanche matin.

- Viens vite, Valérie.

Trop tard. ! Le temps d’arriver, de se pencher à la fenêtre, on n’apercevait plus qu’une silhouette déhanchée. Qui, de Pierre Mullier, l’amoureux du dimanche ou de l’inconnu dont elle ne connaissait pas le visage, Valérie souhaitait-elle que soit le cycliste qui passait devant le bureau ?

Pierre Mullier avait pris la résolution de lui parler dès le prochain dimanche. Il ne sert à rien de faire trainer les choses.  L’amour a ses exigences, pensait-il. Pierre était mûr pour le mariage.

La veille il avait reçu des organisateurs de Festi-Chanson une requête précise quant au matériel nécessaire. De quoi construire un podium et de disposer de dix rangées de chaises.

Le beau temps aidant, cette fête culturelle, patronnée par le Grand Magasin de la ville, s’annonçait comme un futur succès.

Lorsque la veille du fameux dimanche Valérie avait pénétré dans la brasserie située place de la gare, un homme avait levé les yeux vers elle. Pourquoi avait-elle eu la certitude qu’il s’agissait de l’inconnu qui passait et repassait devant les bureaux ?  C’était Jean Duthoit en effet. Il eut un mouvement soudain. Celui de quelqu’un qui se décide.

Elle aimait l’atmosphère de cette brasserie. Il y avait du monde. Personne ne semblait se connaitre. Tout à l’heure, lorsque le train sera prêt à partir, chacun rejoindra son destin.

Le lendemain matin, le dernier jour de sa vie, elle s’était rendue au parc. Elle vit le substitut du procureur sortir, un sac à la main, de la maison de feu l’ingénieur de la ville que Pierre Mullier était appelé à remplacer.

Pierre Mullier vint la rejoindre.

- Je n’ai pas beaucoup de temps, Valérie. Il y a fête ce soir à la Grand Place. J’ai des choses importantes à vous dire. Vous viendrez ? 

Que dire d’autre ? La mort de Valérie et de Jean était due à la fatalité. Reste qu’il s’était agi d’une belle journée de septembre.

 

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administrateur théâtres

              "Roméo et Juliette" de  Charles Gounod à l'Opéra Royal de Liège. Roméo et Juliette, Opéra en un prologue et cinq actes, Livret de Jules Barbier et Michel Carré d'après Shakespeare,  créé à Paris au Théâtre-Lyrique le 27 avril 1867

la-coupole.jpg?width=250Mise en scène
Arnaud Bernard
Décors et Costumes
Bruno Schwengl
Lumières
Patrick Méeüs
Maître d'armes
André Fridenbergs

Juliette
Annick Massis
Roméo
Aquiles Machado
Stephano / Benvolio
Maire-Laure Coenjaerts
Frère Laurent
Patrick Bolleire
Tybalt
Xavier Rouillon
Mercutio
Pierre Doyen
Le comte Capuletopera-royal-de-liege.jpg?width=250
Laurent Kubla
Gertrude
Christine Solhosse
Gregorio
Roger Joachim
Le Duc de Vérone
Patrick Delcourt
Le comte Pâris
Benoît Delvaux
  
Orchestre et Chœurs de L'Opéra Royal de Wallonie
Chef des chœurs
Marcel Seminara
Direction musicale
Patrick Davin

 Dans le silence pacifique d’un immense écran bleu, deux amoureux se dévorent de désir cependant que rugissent des batailles  de rues  de jeunes jouvenceaux armés d’épées, une victime est déjà au sol. L’Amour et la Haine sont en présence. Le prologue commence. Le très sensible Patrick Davin,  à la direction musicale de l’orchestre, préfigure déjà avec grande finesse toute la dramaturgie  de Roméo et Juliette, où se mêlent l’amour désarmant et pur, la sensualité, le tragique et les féroces rivalités ancestrales avides de sang.  Les combats reprennent de plus belle. Cymbales, cuivres tragiques, cris, il y a maintenant six victimes et la septième s’écroule sans vie tuée par un mort vivant. Le chœur bordé des pleurs de harpe soupire comme dans les tragédies antiques : «  Vérone vit jadis deux familles rivales, Les Montaigus, les Capulets, De leurs guerres sans fin, à toutes deux fatales, Ensanglanter le seuil de ses palais. »

On sait que le livret de Gounod est au plus proche de la pièce de Shakespeare, et cela fait grand plaisir. Les personnages auront une profonde authenticité sans aucun chiqué, Ils sont fabriqués avec le tissu même de la réalité et des émotions humaines. Dès son apparition, Juliette est flamboyante, spontanée et gaie comme la jeune Juliette adolescente. « Tout un monde enchanté semble naître à mes yeux! Tout me fête et m'enivre! Et mon âme ravie S'élance dans la vie Comme l'oiseau s'envole aux cieux! » Juliette vocalise sur la harpe comme un oiseau posé sur la branche. Son ariette joyeuse émeut : « Je veux vivre, Cette ivresse De jeunesse Ne dure, hélas! qu'un jour! Puis vient l'heure Où l'on pleure, Le cœur cède à l'amour Et le bonheur fuit sans retour. Ah! - Je veux vivre! » Elle respire longtemps la rose dans une dernière vocalise.  La voix parfaite d’Annick Massis rayonne d’amour et de douceur.   Après la tendre scène du balcon où elle envoie son mouchoir à Roméo, la scène  de la bénédiction nuptiale par  le frère Laurent émeut profondément par l’espoir infini et insensé qu’elle inspire et par sa  profonde simplicité.  Une scène qui revêt les  qualités du sacré : c’est le recueillement absolu. Le frère Laurent, notre préféré, Patrick Bolleire,  en impose par  une  voix fabuleusement grave,  des gestes et  une  stature paternelles. Au quatrième acte  Juliette est devenue une  femme déterminée et profonde et sa voix s’élargit, s’assombrit et intensifie ses aigus puissants.  

Le personnage de Roméo (Aquiles Machado) se montre jovial et naturel et ne sombre jamais dans le mélodrame à défaut d’incarner  physiquement un jeune  jouvenceau.  Heureux caractère, il reste   candidement  illuminé par l’amour  et en oublie de répondre aux insultes de Tybalt (un excellent Xavier Rouillon). Ce n’est que lorsque Mercutio (Pierre Doyen) expire et que le silence de mort se fait que Roméo ose laisser libre cours à sa colère, suite à  un prélude orchestral  particulièrement lugubre.  « Remonte au ciel, prudence infâme, Tybalt il n’est ici d’autre lâche que toi !»  C’est un  amoureux plein de lyrisme que nous  voyons  dans la scène du balcon « De grâce demeurez ! Effacez l’indigne trace de la main par un baiser!»  et il est très  touchant lorsqu’il tombe à genoux en chantant « laisse-moi renaître un autre que moi! » Deux très beaux  rôles principaux émergent également, celui de la nurse et celui du père de Juliette, sa mère ayant été passée aux oubliettes par Gounod.  Une truculente Gertrude incarnée par Christine Solhosse et le père par Laurent Kubla.   

La poésie du livret touche autant que la musique qui oscille entre drame et lyrisme. La mise en scène contribue beaucoup à un sentiment d’harmonie et d’équilibre entre l’intime et les scènes  spectaculaires épaulées par la présence dramatique des chœurs.  Hommes et femmes de la maison Capulet  soulignent de façon très vivante et graphique  toutes les scènes de violence. Les scènes de combat mortel et de double mise à mort dans une lumière incandescente semblent réglées par le destin lui-même. La scène où le duc (un auguste Patrick Delcour) rend justice est aussi très impressionnante.  

 Les costumes sont d’époque, le faste des palais de Vérone  est bien esquissé mais de façon très aérienne et sobre. La cellule de Frère Laurent est un  laboratoire d’alchimie  perdu dans l’immensité bleue. La chambre de Juliette qui accueille la nuit d’amour est à la fois  épurée et symbolique: la couche d’un blanc immaculé est entourée d’un lys dans un grand vase à gauche et un cierge à droite. Leur duo bouleversant (Nuit d’hyménée, douce nuit d’amour) se conclut par la phrase désespérée «Non ce n’est pas l’alouette, c’est le doux rossignol, confident de l’amour! » La scène de l’union de Juliette au comte Pâris devant les prêtres est aussi un tableau inoubliable. Cette scène ménage un lent et douloureux suspense  lorsque  les innocentes  petites demoiselles d’honneur déroulent le   triste voile nuptial  dans la magnificence dorée  de la  musique jouée  à l’orgue. « Une haine  est  le berceau de cet amour fatal, que le cercueil  soit mon lit nuptial. » chante Juliette avant de s’écrouler, une phrase  prémonitoire et déchirante qu’elle avait déjà chanté au début.  Et dans la lueur des bougies autour du tombeau qui a remplacé la couche de Juliette, c’est le souvenir poignant  de leur nuit d’amour qui les réunit dans la mort « non ce n’est pas l’alouette, c’est le doux rossignol … Seigneur, pardonne-nous! » Ils ont fui hors du monde. Hors d’atteinte de la haine.

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http://www.operaliege.be/fr

Regardez les photos: http://www.operaliege.be/fr/photos/romeo-et-juliette-acte-ii-0

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Journal d'Aran et d'autres lieux de Nicolas Bouvier

"Si l'on ne trouve pas surnaturel l'ordinaire, à quoi bon poursuivre ?" Charles-Albert Cingria, La Fourmi rouge", cité dans Journal d'Aran et d'autres lieux de Nicolas Bouvier

"Tout ce qui est rouge est joli, tout ce qui est nouveau est beau, tout ce qui est habituel est amer, tout ce qui est absent est sucré", La maladie de Chûchulainn" Manuscrit L.U.H.4 Trinity College, cité dans "Journal d'Aran et d'autres lieux de Nicolas Bouvier

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NINA (SUITE)

                                                                         

 

soir d’hiver,

sombre, intense ;

le bonheur parfois a un goût de cannelle,

une senteur épicée,

à la fois étrangère et proche.

Je lis, enfin un peu,

somnolente je suis :

Soirée lente.

Je ferme mon livre,

engourdie je me lève,

un peu chancelante.

Nina me regarde,

ahurissement  réciproque et chaud.

Elle s’étire, s’arcboute,

me frôle les jambes,

câline, précieuse ;

me contemple à nouveau,

visite mon esprit,

deux gourmandises vertes,

sur moi s’imposent,  infinies.

Elle se love sur mon châle bleu-ciel,

en mohair, se rendort,

insoucieuse du monde qui l’environne,

féminine ronronne.

Je bois un thé,

contre elle, me pelotonne.

La nuit est là.

 

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NINA (SUITE)

 

Deux éventails verts,

entrouverts ;

un reste de sommeil,

les yeux de ma panthère,

sur moi posés ;

ombres d’été,

un rien bleutées,

au sein même de l’hiver,

 encombré et sombre :

Don somptueux de ma belle solitaire,

précieuse dans sa simplicité ;

féminités silencieuses et complices,

accomplies, amies.

Nina me contemple,

fait le tour de mon monde,

je suis bien.

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"Juste un bol d'air"

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Une aquarelle d'Adyne Gohy

"La jeune fille et la mer"

 

Sur la plage est apparue cette jeune fille

Là où il ne revient que du temps sur l'envers

C'est le mien qui la voit comme une image floue...

C'est le sien puisqu'elle est seule comme un chagrin

La mer ne me garde vraiment rien au grand large

Elle est sans rémission la vague qui échoue

Mes rêves me restent comme vaisseaux fantômes

Et je me demande qui est la jeune fille

Le temps est si étrange et quelque part éteint

La jeune fille est si loin quand elle est près de moi

Tout nous sépare comme deux bouts d'un voyage

Par l'impossible inversion des grands sabliers

Me voilà donc témoin de ce qui fait mémoire

Du tout premier chagrin et coeur à marée basse

A ces autres marées basses mais coeur expert

Des marées hautes, des grandes vagues d'amour

Je suppose un prénom à cette jeune fille

Que j'aurais pu prononcer avec insistance

Avec constance aussi mais le comprendrait-elle

Si je lui disais comme j'ai pu le garder

Qui est-elle? Tant d'images se superposent

Sur ce tableau de la jeune fille à la mer

On ne peut le peindre que de la ressource

Des sentiments qu'on rend à l'intemporel

La jeune fille est à moi réelle, irréelle

Elle est là, elle ne l'est pas, mais je l'admire

Dans un fort intérieur comme endroit secret

A tout ce qui me fait l'émotion qui déborde

Lui ferais-je confidence de ce qu'elle m'inspire

Elle qui rapporte ma jeunesse et ce que je suis

Comme bord de mer depuis le premier amour

Qui me ferait dire l'amour ne s'oublie jamais

Lui dirais-je que j'ai pu la prendre pour fille

Pour me consoler du doux semblant d'un mensonge

Pour lui servir d'appui quand je ne le peux pas

Pour ma fille qui me laisse sans le nom de père

Lui dirais-je que le temps n'arrange pas tout

Il est des amours qui nous restent impossibles

Mais rien ne sert de forcer l'imaginaire

S'il n'est pas de vie modèle, tout peut arriver

Sur la plage à disparu la jeune fille

Mais j'ai gardé une étoile de mer

par Gil Def

Un partenariat

Arts

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Lettres

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NOVEMBRE

Voici un poème de saison avec quelque chose de plus

                                             

                               Novembre

Je hais l’automne.

Les parcs sont tristes comme des veufs au premier jour de deuil ;

Des bancs délaissés  suinte  une mélancolie humide

Et les arbres, bras dressés au ciel,

Ressemblent à des mauvais acteurs de tragédie.

Je hais l’automne.

Dans le vent souffle un trompettiste pris de démence ;

Il crache sa fureur sur la face des miséreux

Transis dans les encoignures  en compagnie des feuilles maculées

Qui craquent  comme des os de moineau dans la gueule d’un chat.

Je hais l’automne.

La pluie fait sur les vitres un bruit infernal de marteau

Cognant l’enclume, elle suspend des rideaux liquides

Que les voitures traversent avec des yeux jaunes de créatures

Extra-terrestres, résolues aux provocations irrémédiables.

Je hais l’automne.

C’est alors que mon chagrin me serre dans sa  poigne,

Qu’il fait saigner toutes les plaies que le temps a léchées.

Je sais vieux frère,

Que nous sommes l’un à l’autre sans qu’un contrat nous lie.
Je suis la racine, tu es la fleur,

Je suis le violon, tu en es l’archet

Et de ma chair la fibre la plus coriace.

La source miraculeuse où j’allais ranimer ma joie

Quand les coups l’avaient pâlie,

Ma source miraculeuse a disparu dans la débâcle de mon Eden.

Je sais, vieux frère

Qu’il nous reste encore  beaucoup de jours à soutenir,

Des jours de voilier sur la haute mer

Et de trappe sous un tapis de pâquerettes,

Des jours de perles jetées aux cochons

Et d’ascension boiteuse sur un air de lampion,

Des jours de Hop là ! Nous vivons !

Et de sauve-qui-peut dans l’incendie du cœur.

Jusqu’au jour où…

Craquera le fil qui nous suspendait

Au-dessus du volcan.

                                     Barbara Y. Flamand

 

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administrateur partenariats

« Fureur de vivre »

Liliane Magotte

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Fureur de vivre

Enfuie dans le souvenir...

Elle était pourtant là,

Se devait de sortir

Avec un brin d'éclat!

Cette fureur en soi

N'a certes, rien d'anormal

Un jour sortir l'émoi,

Mais oui, devient vital !

C'est alors que le pinceau

Va chercher la couleur

Et trouve le rouge beau

pour dévider son cœur

Suivant tempérament

les formes sont diverses

Mais de mêmes tourments

Sur les toiles se déversent!

Un jour coïncidence

effleure l'amitié

Et voilà qu'on se lance

Pour vous les divulguer...

Nos "Fureur de vivre"

Jacqueline Gilbert

Poète et peintre sur Arts et Lettres

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« Fureur de vivre »

Jacqueline Gilbert

Merci à Jacqueline Gilbert pour sa gentillesse,

son dévouement et sa complicité.

Un partenariat d'

Arts

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Lettres

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Etre pour ou contre, ou ne pas être?

Avez-vous remarqué ? Il suffit d’affirmer que vous êtes pour ou contre pour prétendre être un être 'de conviction'.
Ou, comme le disait le regretté Pierre Dac, philosophe réputé du siècle dernier, d’être pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour.
Aujourd’hui, grâce à Internet qui vous sert de haut-parleur, en l’espace d’un instant vous êtes à la tête d’une fraction significative de l’opinion, sans qu'elle vous demande de justifier la vôtre.
Un conseil cependant : si vous souhaitez apparaître comme jeune, écologiste, partisan de la nature, consommateur bio, et amateur de vélo dominical, il vaut mieux être Anti-quelque chose. Les Pour, c’est complètement out.

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