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L'expression poétique

 

Haïkus

Amour du langage

muses s'installant partout

éclosion d'élus.

Doués abondants

éparpillent des écrits

émois en offrande.

Prince des poètes

ô ce titre glorieux

certes mérité.

Tout comme l'abeille

anonyme dans sa ruche

j'écris des quatrains.

27 octobre 2014

 

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Hommage à un poète traducteur émérite

 

En attente d’émois

pantoum

suzanne walther-siksou

 

Ecoutant ma pensée, j’essaie de me distraire,

En ce jour de printemps venteux et tristounet.

Mon âme cependant n’en est pas chagrinée.

J’apprécie pleinement le choix de ne rien faire.

En ce jour de printemps venteux et tristounet,

Je n’ai aucune envie plaisante à satisfaire,

J’apprécie pleinement le choix de ne rien faire,

Je me tiens immobile et sans lever le nez.

Je n’ai aucune envie plaisante à satisfaire.

Le ciel est devenu espace abandonné,

Je me tiens immobile et sans lever le nez.

Ma pensée entretient mon âme solitaire.

Le ciel est devenu espace abandonné.

L’absence du soleil sera certes éphémère.

Ma pensée entretient mon âme solitaire,

Ranime des instants qui la laissent étonnée.

 14 mai 2009

 

În aşteptarea de emoţii

 (pantum)

 

Dându-i inimii-ascultare, încerc nu mai ce-i plăcut

Îtr-o zi de primăvară când e trist şi vântul bate;

Sufletul meu nu e totuş i dintre cele întristate;

Îmi surâde perspectiva timpului voit pierdut.

 

Într-o zi de primăvară, când e trist şi vântul bate

Nu am nici un chef de glumă ce s-ar vrea satisfăcut.

Îmi surâde perspectiva timpului voit pierdut.

În totală indolenţă zăbovesc pe săturate.

 

Nu am nici un chef de glumă ce s-ar vrea satisfăcut.

Ceru-şi etalează liber vasta lui pustietate.

În totală indolenţă zăbovesc pe săturate.

Solitar î mi este gândul ca şi sufletul tăcut.

 

Ceru-şi etalează liber vasta lui pustietate.

Peste soare într-o clipă norii grei vor fi trecut.

Solitar îmi este gândul ca şi sufletul tă cut,

Însă sper că amândouă îmi vor fi reanimate !

 

 te de Ion Rosioru

2014

 

 

 

 

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Prévert Jacques

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela...
En te serrant dans mes bras.

Jacques Prévert
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Visite non désirée. JGobert

Hier soir, de retour d'une soirée entre amis, la maison où je vis est en dessus dessous. La porte ouverte, tiroirs renversés, un véritable capharnaüm dans toutes les pièces. Je suis déstabilisée, comme ivre de voir ce gâchis. Je cherche mon Gsm . J'essaie de faire des appels. En vain, les touches ne répondent pas et je sens le sol se dérober sous mes pieds.  Mon ami à quatre pattes est là, joyeux de me voir comme à chacun de mes retours. Ouf, il n'a rien, il saute content et est ravi de mon retour. 
J'avance un peu, pas à pas, je reprends mon esprit et mon souffle.  De nouveau je mesure l'éparpillement de mes affaires personnelles. J'arrive à appeler mes enfants. je suis anéantie. Le tiroir où se trouvent les souvenirs de ma famille est ouvert. Tout a disparu, passé, bonheur, tout ce qui était enfermé là, envolé.
Je continue à avancer dans cette maison violée. Cette maison qui m'appartient où je dois me sentir en sécurité, où j'ai fait ma vie, où j'ai mis mon énergie, mon temps.  Voilà que cet endroit est violé par des inconnus sans scrupules, sali, maltraité comme n'importe quel endroit. C'en est trop pour moi.  Je me mets en colère, je vocifère contre le monde entier. Je suis blessée, salie moi aussi par cette intrusion.
Dans la chambre, la porte fenêtre est cassée, en morceaux et mes vêtements sont étalés sur le sol. Mes armoires sont vides et mes bijoux envolés eux aussi. Des bijoux importants dans le vie d'une femme, une bague de fiançailles, deux alliances... Je suis en colère et cette fois, je les attends. Qu'ils reviennent ces lâches.
Mes enfants sont arrivés, horrifiés eux aussi de la vision de leur maison d'enfance. Rien ne justifie cette intrusion dans ce lieu qui était le leur depuis toujours.
Le bureau, la salle de bain, l'étage, tout a été visité, méthodiquement.
Les objets reprennent leur place dans nos esprits et ceux qui ont disparu apparaissent maintenant laissant un vide et une histoire. Le beau vase bleu de Chine, la statue de grand maman, les vases en cristal, les carafes, les objets disparus dorénavant viennent d'une autre vie.
La police est là, fait son travail. La chambre sans porte est glaciale.  J'ai froid et envie de pleurer sur ce monde qui ne respecte rien. Ma colère est passée et nerveusement comme si un danger m'attendait encore quelque part, je me mets à trembler comme une feuille morte.
Je passe dans une autre dimension.  Le calme revient. D'un coup de magie, tout le stress disparait et je reprends possession de mon chez moi. Cette maison n'est pas responsable. Rien ni personne ne m'empêcheront de vivre ici, je suis chez moi. 
 
 
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Déjà tu n'es plus là

Regards et sourires complices.

Ta voix, comme une douce mélodie, flotte encore dans mes oreilles.

Déjà tu n'es plus là.

Moment furtif mais intense, hors du temps.

Bouffée d'air frais.

Nos chemins se croisent et se décroisent.

Déjà tu n'es plus là.

La joie qui me comble encore laissera la place au manque.

A l'attente, comme un hiver sans fin, que se croisent à nouveau nos chemins.

Pour respirer enfin.

Déjà tu n'es plus là.

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Surprise et souhait

 

Un étrange destin de l'un de mes écrits,

Un pantoum en roumain porte ma signature.

Or que raconte-t-il, en usant d'autres mots?

Son titre bien scruté ne me dit rien du tout.

Un Roumain internaute, peut-être me lira,

Me fera la faveur de m'envoyer ce texte

Et s'il en a le goût me le récitera.

Je suis persuadée que sa langue est très belle.

25 octobre 2014

NB: n'ai pas pu imprimer le pantoum en roumain

Ré: Spatii Culturale nr 35,iulie /august 2014

Suzanne walther-siksou

În asteptarea de emotii

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Guerrière

On ne naît pas guerrière on le devient.

Peu à peu on prend conscience de sa force, de sa valeur.

On apprend que les larmes ne sont pas une faiblesse.

Guerrière armée de patience et de douceur.

Toujours prête à partir au combat, par amour.

Elle sort des sentier battus, fait fi des interdits.

Même si on ne la suit pas, elle ne craint pas de se battre seule.

Elle sait ce qu'elle fait, elle sait pourquoi et pour qui.

Guerrière fière, elle reste debout malgré les attaques et la fatigue.

Imperturbable, elle continue sa marche sur le chemin caillouteux.

Elle espère trouver un peu de repos.

Le repos de la guerrière.

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administrateur théâtres

Ce Portrait de Dorian Gray est une véritable icône théâtrale. Cela commence par des personnages de roman, recréés pour le théâtre par Fabrice Gardin et Patrice Mincke; des décors  taillés comme des  bijoux qui se succèdent avec grande fluidité sur  un  plateau dont on aperçoit les cintres et les coulisses; des costumes d’époque dignes de grands couturiers ( Charly Kleinermann et Thibaut De Coster pour le décor ) et des joutes verbales de dandys  qui créent peu à peu par leur acidité sulfurique un climat de conte fantastique.

C’est ardent et contestataire, pertinent et impertinent, et surtout  très  bien joué. Révérence irrévérencieuse à la société , chaque scène est très enlevée, presque fugitive. La passion est dans la dualité, et dans  le duel peut-être aussi. Dans le combat désespéré contre la décrépitude physique et morale.  Des bas-fonds de Londres qui font penser aux lieux fétides  hantés par un certain  Dr. Jekyll and Mr. Hyde, aux nobles  cheminées de marbres victoriennes décorées de bouquets somptueux, le discours d’Oscar Wilde passionne par son cynisme, sa décontraction et son intense vérité.

Aimer une œuvre d'art, c'est courant. Mais l'aimer à la folie et nourrir une véritable passion amoureuse pour celle-ci confine au délire et  entraîne une souffrance  incommensurable. La voix off du début nous prévient : «  Il arrive qu’une personne soit, à sa façon, une véritable œuvre d’art. Avec son beau  visage et sa belle âme, Dorian Gray suscitait l’émerveillement. C’était un ravissement de l’observer. Il ressemblait à ces silhouettes gracieuses aperçues dans une fête ou sur une scène, dont les joies nous paraissent très lointaines, mais dont les souffrances excitent notre sens de la beauté. »  Cette vision romantique de la beauté ne laissera aucun repos à l’âme, jusqu’à ce qu’elle … en meure!

 Oscar Wilde a enfermé cette vision  dans  un trio subversif de relation amour/haine  qui torture les trois personnages principaux. Personne ne sortira  indemne de l’arène. Il s’agit d’une douloureuse et lente  descente aux enfers  pour ces trois mages d’un genre particulier.  Basil Hallward (Frédéric Clou) l’artiste bourré de bons sentiments et fort de son  rêve esthétique  n’y échappe pas. C’est lui qui a composé le portrait du fascinant jeune-homme dont il est amoureux en vrai et sur la toile. Il  exulte  lors du processus créateur et  souffre à la fois de sa naïve passion qu’il ne peut dissocier e son oeuvre.  Lord Henry (Benoît Verhaert) le  sinistre prédateur manipule Dorian Gray avec le plus grand  mépris et lui inflige des influences maléfiques afin de mesurer son pouvoir. Il est certes conscient de sa puissance destructive mais incapable de s’en départir.  Les deux  Pygmalions inversés sont campés. Dorian Gray (comme chacun de nous)  porte en lui le ciel et l’enfer. C’est un être dévoré par ses combats intimes et son incapacité grandissante  à proscrire le mal dans sa vie. Oscar Wilde semble  d’ailleurs être un mélange des trois personnages à la fois. Une condition humaine difficile dont  Picasso aurait pu faire une  très belle œuvre cubiste. Le metteur en scène,  Patrice Mincke, fait miroiter les facettes multiples de l’écrivain  avec une jubilation exaltante.  Et sans la moindre crainte, de son côté ! « Tout portrait peint avec sincérité est le portrait de l’artiste et non du modèle. Le modèle n’est que l’accident, l’occasion. Ce n’est pas lui qui est révélé par le peintre, c’est plutôt le peintre qui se révèle lui-même sur la toile. Si je ne veux pas exposer ce portrait, c’est que je crains d’y avoir dévoilé les secrets de mon âme. »

 Fabrice Gardin, avec grande sensibilité et pragmatisme à la fois,  traduit de façon très  subtile la jubilation que lui inspire  cette œuvre d’Oscar Wilde qui examine les relations entre l’art, la vie et la morale.  Le public à son tour est saisi par  l’intensité du questionnement. C’est du tout beau théâtre qui se joue jusqu’à la dernière ride du visage mobile et changeant du formidable acteur principal: Damien De Dobbeleer,  une gueule d'ange transformée en démon!   

Et les femmes dans la pièce ? Des oeuvres d’art, elles aussi… , comédiennes en diable,  pleines de peps de vivacité  et de  répartie qui sont loin de laisser insensible! Léone François Janssens (l’émouvante jeune comédienne Sibyl Vane, amoureuse éplorée de Dorian), Bernadette Mouzon et Myriem Akheddiou d’une féminité sans faille dans leur rôles de mère, de duchesse ou de Lady.

Théâtre Royal des Galeries's photo. 

photos de Nicolas Janssens

http://www.trg.be/saison-2014-2015/int.-patrice-mincke__5843

Le Portrait de Dorian Gray

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La vie qui bat au ralenti

 

Haïkus

Divin ne rien faire

âme corps esprit libérés

je sens que j'existe.

...

Page sans brillance

l'automne retient son souffle

j'attends le soleil.

...

Lumière discrète

nulle trace de dessins

aucune mouvance.

...

Stagnation qui dure

silence ininterrompu

douceur de l'instant.

...

Agréable errance

âme en paix je fais la planche

oublie qui je suis.

24 octobre 2014

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administrateur théâtres

12273054857?profile=original12273054683?profile=originalPat-2-288x300.png?width=28812273055260?profile=original                                                            Le « Magic Land » ou « l’Esprit frappeur » ? Ce théâtre insolite perdu dans un quartier de très mauvaise réputation a de nouveau frappé. « Nuit torride à l’hospice » est une reprise d’un spectacle de , certes, mais quand le public plébiscite un spectacle, c’est qu’il y a de bonnes raisons! Imaginez donc une  compagnie d’artistes passionnés, très soudée sous la direction de Patrick Chaboud, en costumes du 18e (splendides et signés, Frédéric Neuville) et en perruques argentées, le verbe facile, singeant autant la haute société que la môme poisson, et vous avez le début du tableau.

Ajoutez des décors pittoresques sur quatre plans qui surgissent au gré du récit (Yves Goedseels), et des voix qui se joignent par le chant avec la dévotion d’une prière, voici déjà une  autre perspective. La musique est de Hughes Maréchal. Mais il y a plus de profondeur encore dans l’entreprise. Dès l’entrée dans le théâtre  chacun des spectateurs  est happé par les personnages qui vous rendent immédiatement indispensables au déroulement de leur pièce. On vous apprend les manières de marquis, on s’éclaire dans les caves voûtées du château éclairées aux chandelles tandis que dehors, résonnent les clameurs des émeutiers!

 Jouant une pièce dans la pièce qui n’en finit pas de commencer, vous êtes dans les deux cas  partie prenante et consentante de leur spectacle ! Une méthode  du type « Baladins du miroir », où le comédien est une sorte d’aimant qui ne lâche plus son spectateur de sa sphère d’influence. Ils sont deux à vous avoir saisi dans leurs filets comme lors d’une pêche miraculeuse : ce sont à la fois le personnage joué et le comédien vivant qui fascinent sous leur maquillage soigné  et leur accoutrement fantastique,  fruit d’un bel imaginaire ! De simple spectateur on passe à travers le miroir et l’on se doit de devenir acteur ! Dans la réalité surtout, espèrent-ils de tout leur cœur, ayant pris pied sur la plateforme de la solidarité humaine. Et le chapiteau… ce serait la Vie!  

12273055280?profile=originalC’est le but, me direz-vous car le propos est généreux et a l’intention de faire bouger quelque chose  au fond de  chacun de nous. Si par aventure vous vous êtes dit, « bah! Voici encore un spectacle de saltimbanques et je reste à l’écart. » Je ne fais que regarder, dites-vous ? Dites-vous  que la magie théâtrale rend cette posture totalement   intenable et le pari des comédiens est donc largement gagné! On ne peut d'ailleurs qu’être gagné par une  sympathie profonde avec  leur message. Ils ont mis en scène, un marquis et sa marquise, leur fils, leurs domestiques zêlés (Sara Amari en inénarrable soubrette), la belle-mère, Louis XVI  en personne en train de s’enfuir, un hospice, sa mère supérieure est ses nones, la rue du Temple,  un tribunal révolutionnaire, des amants qui ont le nom de Saint-Just,  Charles Guillaume Ferdinand, duc de Brunswick (call me Frritzz) et Robespierre... et la dérision en personne.  Feintes, gaudriole, jeux de mots délirants, calembours n’en finissent pas de s’égrener…dans un rythme étourdissant de liberté et la pièce n’est toujours pas commencée, disent-ils! Mais l’actualité présente n’a été à aucun moment épargnée.  Comme si les comédiens devaient chauffer la salle jusqu’à l’incandescence avant de passer leur message qui a de délicieux relents de « Mélopolis »! Les chants chorals sont applaudis avec vénération car porteurs d’une étrange harmonie, ils  ont touché au plus profond.

  Christelle Delbrouck et Stéphane Stubbe en tête, on a envie de nominer chaque artiste et de lui offrir une perruque d’or!  Cela pourrait servir pour leur prochain spectacle qu’on leur souhaite salle comble comme celui-ci. Car ils ont déchaîné en nous, le rire, la connivence et le bonheur de notre humanitude.  Voici une émouvante critique sociale, soutenue par un remarquable travail de comédiens et de leur metteur en texte et en scène, Patrick Chaboud! 

Avec : Sara Amari, Muriel Bersy, Loïc Comans, Christelle Delbrouck, Claire-Marie Lievens, Thomas Linckx, David Notebaert, Stéphane Stubbé et Xa

http://www.magicland-theatre.com/wordpress/nuit-torride-a-lhospice/

Du 10 au 26 octobre 2014 à 20h30, le dimanche à 15h30 : « Nuit Torride à L’Hospice »

COMPLET !

NB. Du 7 au 8 et du 13 au 15 novembre à 20h30 et les dimanches 9 et 16 novembre à 15h30, on vous attend pour "Le Magic Land règle ses Contes" ! 02/245.50.64

 

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Regards croisés : Carrier-Belleuse et Rodin.

12273051280?profile=originalCarrier-Belleuse : Bacchante, marbre (détail, 1863).

"La peinture et la sculpture peuvent faire mouvoir les personnages."

"L'inclination d'un front, le moindre mouvement de sourcils, la fuite d'un regard révèlent les secrets d'un coeur."

Auguste Rodin.

Injustement oublié, Carrier-Belleuse (1824-1887) fut pourtant adulé sous le Second Empire, lui le Républicain dans l'âme, et la Troisième République.

C'est vrai qu'il fut profondément marqué par les oeuvres de la Renaissance, Michel-Ange ou Jean Goujon (voir le billet sur "La fontaine des Innocents") en tête, et le XVIIIe siècle, Canova (1757-1822) notamment.

Pourtant, s'il s'inscrit dans une longue tradition, il ouvre aussi à la modernité. Touche-à-tout de génie, cet infatigable modeleur fut un novateur, comme nous le verrons, et un formateur (Dalou, Falguière, Rodin l'assistèrent) respecté de ses élèves et praticiens.

12273051491?profile=originalRodin : Carrier-Belleuse, terre cuite patinée, 1882.

Né Albert-Ernest Carrier de Belleuse en 1824 dans une famille désargentée mais gardant un certain entregent, il travaille à 13 ans comme apprenti ciseleur, chez Beauchery, puis entre chez les orfèvres Fannière Frères. Habile au ciseau, il sut aussi activer ses réseaux tout en continuant à apprendre et à travailler. Les frères Arago le guident avec bienveillance (François, le scientifique, soutint aussi Daguerre, contribuant activement au lancement de la photographie en 1839). Il cotoie David d'Angers (Pierre-Jean David, 1788-1856, dit), sculpteur installé, ou les cercles républicains. Il est reçu en 1840 à l'Ecole des Beaux-Arts, la grande porte, mais préfère la "Petite Ecole" (qui devint l'Ecole des arts décoratifs) où il se lie avec Charles Garnier.

Mais son ambition c'est d'exposer au Salon, étape obligée pour réussir dans la carrière. Il y figure dès 1850 et ne cessera, ou presque, d'y exposer jusqu'en 1887.

La même année 1850, il part pour cinq ans en Angleterre comme directeur de la manufacture de céramique de Minton. Puis, à son retour en France, collabore avec des maisons d'art décoratif.

Notre homme est un travailleur, il faut qu'il dessine, cisèle, modèle, qu'il pétrisse, sans oublier sa vie personnelle, avec sa femme Anne-Louise il aura huit enfants.

12273052287?profile=originalCarrier-Belleuse : Entre deux amours, 1867.

Un marbre plus tendre que la porcelaine, exquis comme un biscuit, plus fondant qu'un bronze.

La glaise, le plâtre, le kaolin, le marbre, le bronze, rien ne l'arrête, sculptures, vases ou torchères ne lui font pas peur (l'escalier d'honneur de l'Opéra de Paris, c'est lui).

12273052681?profile=originalCarrier-Belleuse : buste d'Honoré Daumier, terre cuite, 1862.

Carrier-Belleuse perce ici avec une acuité folle la puissance du regard, lucide, féroce parfois, désabusé souvent par les travers la société, et finalement altruiste et doux, de Daumier.

"C'est un satirique, un moqueur,

Mais l'énergie avec laquelle

Il peint le Mal et sa séquelle

Prouve la beauté de son coeur."

Charles Baudelaire.

On n'a trop souvent vu de lui que le caricaturiste, ses portraits-charges sont restés. Mais ce fut aussi un sculpteur et un dessinateur de talent, un peintre de la taille d'un Goya.

"Ce gaillard  a du Michel-Ange sous la peau."

Balzac. On est en bonne compagnie.

Par son traitement, son regard perçant, mobile, ce buste est a rapprocher de la "Jeune fille au chapeau fleuri" (Rose Beuret, 20 ans lorsque Rodin la rencontre en 1864. La même année Rodin débute chez Carrier-Belleuse et nait Camille Claudel), la célèbre terre cuite de Rodin (Rodin qui sut retenir la leçon de Carrier, l'oeil du maître, pour mieux capter le regard de Rose fraîche, modeler la glaise pour faire naître à la vie une jeune fille en fleur à la pupille papillonnante) exécutée certainement en 1865, et de la photographie de Nadar (Gaspard Félix Tournachon, dit) qui présente la même attitude avec cette pose légèrement de côté.

C'est un entrepreneur, il dirige un atelier où travaillent cinquante ouvriers et praticiens. D'une énergie folle, il assiste, supervise, organise avec bienveillance.

C'est un novateur. Il travaille pour les grandes maisons d'orfèvrerie, Froment-Meurice ou Christofle, quel que soit le matériau, noble ou vulgaire, argent ou zinc, oeuvre unique ou création industrielle, édition limitée ou production en série, biscuit ou galvanoplastie, statue monumentale (Hébé endormie, 2,07 m, la déesse de l'éternelle jeunesse qui eut deux fils d'Héraclès, ou Bacchante, 1,80m, dont vous avez le détail) ou théière.

En 1876 il devient Directeur des Travaux d'art de la Manufacture de Sèvres.

12273053072?profile=originalRodin : Diane, marbre, entre 1875 et 1879.

Si avec son carquois et son joli minois Diane, Déesse-Lune, ne vous perce pas c'est que vous êtes vous aussi de marbre !

C'est un formateur. Rodin lui doit beaucoup. Sortis tous deux de la Petite Ecole, ils se sont fâchés, en Belgique (en 1871 Carrier l'appelle à Bruxelles où ils travaillent au décor de la Bourse ; dès 1879 ils collaborent à nouveau à Sèvres), on les a opposés, n'empêche l'un a soutenu l'autre, le second a défendu le premier. Car même si Rodin a dit : "J'ai reçu une éducation du XVIIIe siècle", il reconnait qu'il faut "Aimez dévotement les maîtres qui vous précèdent." Voyez le buste qui rend hommage à celui qu'il respecte ou le vase "Les Eléments" réalisé à quatre mains.

12273053652?profile=originalCarrier-Belleuse et Rodin : Les Eléments.

Manufacture de Sèvres, 1878, porcelaine dure et bronze (détail, le vase mesure 1,15 m !).

Collaboration entre Carrier-Belleuse et Rodin pour la Manufacture de Sèvres, difficile de demêler l'apport de l'un et de l'autre. On peut dire cependant qu'il fut créé sur une forme inventée par Carrier-Belleuse avec un décor "pâte sur pâte" conçu par Rodin.

"Avant tout travail de décor, le vase a été recouvert à l'éponge d'un engobe de pâte blanche. Les sujets ont été dessinés sur cru par enlèvement de l'engobe blanc, au moyen d'un rifloir ]...[ Le fond rose, réapparaissant aux endroits où l'engobe a été gratté, forme les ombres du dessin. Les parties claires ont été accentuées, comme sur les émaux limousins, ou à la manière des dessins en blanc et noir de Prud'hon, par une surcharge de pâte blanche rapportée au pinceau."

Roger Marx, 1907.

Comme cela semble couler de source...

12273054258?profile=originalCarrier-Belleuse et Rodin : Les Eléments, détail de la frise.

En continuateur de Carrier-Belleuse, Rodin poussa la sensualité à son paroxysme en "Dieu Pan faisant frémir ses troupeaux de lignes, il avait l'air d'aspirer l'âme de l'argile ainsi qu'on conquiert un baiser", Antoine Bourdelle. Quitte à se métamorphoser en bélier pour bousculer les conventions. Pan ! Faut bien tuer le père. Et Pan séduit les Ménades de Dionysos.

 

12273054291?profile=originalCarrier-Belleuse : Bacchante (détail), 1863.

Pleine de vie et de sensualité, avec cette prunelle puissante comme un alcool, cette bacchante vous invite à fêter l'automne, ses derniers beaux jours, vous sussure des mots doux d'une voix d'ange, à vous faire danser aux vendanges... une bourrée c'est sûr !

"Cours, Bacchante au pied léger !

Auprès de Dionysos empourpré

Compagnon des Ménades*

A la torche enflammée"

Convenons tout de même que Carrier-Belleuse, le "Clodion du Second Empire" (en référence, et condescendance, à Claude Michel, 1738-1814, dit Clodion aux belles bacchantes et aux satyres) qui fut, avec Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), le sculpteur le plus connu du XIXe siècle valait bien un coup d'oeil.

Mais, chut ! refermons la porte...

Michel Lansardière (texte et photos).

* Ménades, autre nom des Bacchantes.

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DANS UNE JOLIE BOITE...

Dans une jolie boite aux couleurs de l'espoir

Ai déposé pêle-mêle les désirs, les envies

Je vais donc y puiser quand le ciel se fait noir

Un peu de déraison pour retrouver la vie!

Cette mémoire cuisante qui creuse le destin

Réserve inépuisable de couleurs et d'idées...

C'est le meilleur remède qu'ait trouvé mon instinct

Pour retrouver beauté, jusqu'en une fleur fanée!

J.G.

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Espace de paix

Haïkus

Immense linceul

manne d'or sur le gazon

il pleut tendrement.

...

Un parapluie rouge

une dame âgée sourit

sur son pas de porte.

...

Espace de paix

immobilité silence

faible vent de vie

...

Jardins désertés

enfants et parents ailleurs

heureux ou soumis

...

Sans mélancolie

confiance et liberté

grâce du hasard.

...

23 octobre 2014

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Miroir JGobert

Même vie, même destin, unies dans le temps et dans l’espace, elles ont vécu, ressenti beaucoup de sentiments très différents et si souvent semblables. Ensemble à réagir dans la même émotion, chaque évènement a eu sa propre intensité, sa propre histoire.

De l’adolescence où l’innocence, l’incertitude, parfois l’incompréhension les laissent dépourvues de repères à la vie d’adulte qui se révèle rapidement compliquée. Chaque décision, agréable ou teintée de doute, d’ambigüité oblige l’une ou l’autre à corriger, à rectifier avec peu ou beaucoup d’enthousiasme le pourquoi, le comment. A cet instant précis, le besoin de décider pousse l’une ou l’autre dans ses retranchements. La décision choisie ne satisfait qu’une et laisse l’autre insatisfaite.

Le quotidien n’est pas simple dans ce partage continu des actes, des idées et des rêves. Les conflits sont fréquents, légions. Le caractère sédentaire, casanier de l’une et volontaire, intrigant de l’autre mettent souvent la discorde dans l’ordinaire et les antagonismes internes sont tumultueux voir retentissants.  

Pour l’une, une vie ordonnée, une jolie maison, de beaux enfants et un travail régulier la satisfont agréablement alors que l’autre attend toujours plus de la vie. Elle rêve constamment d‘un grand amour, de voyages, d’aventures, valise à la main, la vie commence demain.  

L’une tire l’autre qui se laisse diriger et admet parfois que le bonheur, trop lointain, peut surgir de petites choses de la vie. Elle se laisse envahir, endormir par cette routine bien orchestrée pour s’abandonner à la facilité. 

Pour celle qui trouve la vie belle, facile et bien organisée, les petits soucis d’ordre domestique,  voir sentimental ne la préoccupent pas. Elle n’a pas besoin de preuves pour savoir si elle est heureuse. Elle vit activement, intensément le scénario qu’elle a mis en place et s’en accommode allègrement.

Un jour vient où elle se rend compte, suite à plusieurs déconvenues, et à l’inventaire de cette vie parfaite, que quelque chose ne va pas,  lui échappe. A cet instant seulement, elle comprend beaucoup de choses. Elle est peut-être passée à côté du bonheur et réside dans l’erreur. 

L’autre, en éveil, se met à son tour à énumérer les imperfections de leur vie. Bohème, originale dans l’âme, elle se sent tout à coup libérée de ce chemin trop bien tracé et souvent contraignant qu’elle vit depuis si longtemps. Elle n’hésite pas à vouloir changer les choses. Une énergie inavouée, inattendue l’envahit.  L’entourage ne comprend pas ces changements d’attitude. Effrayé, Il essaye de remettre en place les codes qu’il connait mais en vain.

Notre rêveuse, libérée, se révèle surprenante. Refusant tout à coup le quotidien, les habitudes, elle cherche, trouve enfin l’aventure et l’extravagance. Elle se réalise dans de multiples activités artistiques, se libère dans des voyages. Elle parcourt et vit enfin le monde. Un soir, elle croise un être qui la conduit droit à l’amour. Elle n’en croit pas ses sentiments. 

La première, très choquée de tout ce changement, la met en garde et refuse inconsciemment ce destin trop facile. Elle repousse l’idée d’entrer dans ce jeu. Ces plaisirs qu’elle trouve faciles, artificiels ne lui plaisent pas et elle freine avec force notre aventurière.

Mais rien n’y fait. Conquise, la seconde a enfin ce qu’elle cherche depuis toujours. Elle est enfin amoureuse et se sent enfin vivante. Elle est heureuse à sa manière, d’exprimer, d’entendre les sentiments, les mots, de les écrire et les recevoir pour combler ce vide, ce manque qu’elle ressent depuis toujours. Gardant la tête froide malgré tout, elle promet momentanément à la première de ne rien détruire, ruiner et de laisser en l’état la vie passée.

Rapidement déçue, elle se rend compte que ce beau roman n’aboutit à rien et désillusions en tête, la mort dans l’âme, toute perdue, elle se referme sur elle-même laissant son calque reprendre les choses en main. Elle a échoué finalement mais garde un goût exquis de ces moments hors de la routine.

L’autre, perdue également dans ce tumulte, arrive à expliquer certains évènements à son entourage, à justifier ce comportement improbable et inhabituel.  Elle recolle, rapièce les morceaux avec difficultés. Elle s’en veut de n’avoir pas été plus rigoureuse, de n’avoir pas pu éviter cet échec. Elle reprend le quotidien en main, renoue et dissipe peu à peu les péripéties navrantes et marquantes de cette aventure.

Ce duo irréel se retrouve ainsi imprégné par cet épisode qu’une ne voulait pas et que l’autre désirait tant. L’apaisement vient avec une tristesse infinie pour ce bonheur entrevu qui ne les quittera pas.

L’existence reprend son parcours, son chemin. Chacune à l’écoute de l’autre avec plus de tendresse et de sagesse. Au fil des jours, un nouvel équilibre s’installe, oubliant les fêlures du temps et les désillusions.

Quand le soir vient, ce beau souvenir hante notre aventurière qui, du fond de son âme, rêve toujours à ce bonheur enfoui.

 



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Lettre d'Isabelle à Pierre,

 

Mon Cher Pierre,

 

Ce matin j'ai reçu de vous,

 

 un regard amoureux,

 

Cet entrebâillement de vous vers moi ;

 

ce léger basculement.

 

L'immatériel baiser donné,

 

à toute allure,

 

 par crainte de ne pouvoir un jour me l'offrir.

 

Vos yeux en étaient pleins !

 

Les miens, ont fait comme s'ils ne voyaient rien ;

 

la peur sans doute,

 

toute blanche, fébrile.

 

Pourtant ils ne rêvent,

 

ne désirent que les vôtres.

 

Isabelle.

 

 

 

Ma chère Isabelle,

 

Puissent-ils ne jamais

 

 se détacher des vôtres

 

 Isabelle !

 

Ce baiser vagabond,

 

un peu pressé,

 

aurait péri sans vous,

 

étant  aux dimensions du vôtre,

 

c'est-à-dire infinies !

 

Celui que j'imagine,

 

 à chaque instant,

 

recevoir de vous.

  

Pierre.

 

NINA

 

 ;

 

 

 

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Réminiscence,

 

Cette jeune rose, pâle et close,

me fait songer,

à un petit poing d'enfant,

emmitouflé dans un lainage vert ;

au dessus d'elle,

un impressionnant chapeau bleu,

 ourlé de coton blanc,

puis l'arborescence d'une mère,

étincelante, chantante,

dont les yeux sont très verts.

Depuis ma fenêtre,

 je contemple,

touchée, paisible,

mon somptueux rosier blanc.

Les feuillages pourpres ,

s'éveillent et se balancent,

dans l'absolu silence.

il pleut un peu ;

je bois mon café noir,

reposée et assise,

près de mon chat rêveur,

sur son coussin soyeux.

 Je contemple mon rosier blanc ;

jusqu'à ce que ressurgisse,

à petits pas dansés,

ma prime enfance,

mêlée au blond visage de ma mère !

L'ondée s'est arrêtée.

NINA

 

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