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HISTOIRE COURTE 31.

RENCONTRE INSOLITE !

Lorsque le taxi de Julie s'était arrêté devant le 23 de l'avenue des Libellules, celle-ci s'était exclamée :

-Ce n'est pas possible. Vous vous êtes trompé. Ce ne peut être la bonne adresse!

Le chauffeur avait bougonné :

-Je connais mon métier tout de même! Je suis venu dans la semaine au 58. Cette maison-ci est toujours en construction, mais il y a cette jolie annexe en bois qui me semble habitable. Décidez-vous, je n'ai pas tout mon temps!

La cage de son canari à bout de bras, Julie était donc descendue du taxi en le priant d'attendre quelques minutes...

Après avoir jeté un œil au travers des carreaux de la porte, elle avait frappé. Et à son grand dam, car elle s'apprêtait à faire demi-tour, la porte s'était ouverte. Julie, face à une vieille dame en salopette avec une casquette de peintre sur la tête, avait interrogé un peu sèchement :

-Vous êtes Annette Toquart?

La scène était surréaliste. Un pâle soleil par cette matinée de printemps, faisait son possible pour donner un peu de gaîté à ce chantier au bout d'une rue qu'on n'avait pas encore terminé d'asphalter.

La vision de la blonde Julie, de sa cage et de son Titi d'un jaune éblouissant, était tout en contraste avec cette silhouette sans âge brandissant un rouleau à peindre!

-Et oui, je suis bien cette grand-mère revenue du bout du monde! Ne penses-tu pas que tu devrais régler le taxi?

Ainsi avait interrogé Annette, avec nouvelle et divine surprise, une jolie voix de contralto.

Le taxi payé, la grosse valise échoua devant un mur en construction.

Julie, toujours tenant son canari, s'apprêtait à entrer enfin dans la maisonnette en bois, lorsque la sonnerie d'un vélo attira son attention.

A toute allure, ce qu'elle prit pour un gamin, arrivait et s'arrêta en freinant brusquement, provoquant un nuage de poussière.

Annette aussitôt protesta :

-Sacrebleu, Adrien, ne peux-tu te calmer un peu? Tu vas faire peur au canari! S'esclaffât-elle.

Une longue silhouette se dégagea de sa monture sur roues et s'empara derechef de la grosse valise

-Ben, je pense que ces faibles femmes ont besoin de moi...Dit-il, avec dans les yeux, qu'il avait d'un bleu qui ne pouvait échapper à personne, une lueur d'ironie.

-Où dois-je mettre le bagage de la demoiselle? Interrogea-t-il. Je vous laisse prendre soin de l'oiseau, beaucoup trop délicat pour moi, poursuivit-il souriant à Julie.

C'est à cet instant précis, que sans déplaisir, celle-ci prit conscience qu'elle faisait désormais partie de ce paysage insolite...

J.G.

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Savourons le monde

Voici l'été et ses couleurs vives

Sa vie et ses élans,

Ses espoirs.

À chaque pas

Il faut s'arrêter,

Humer, goûter, voir, écouter,

Ressentir l'espace,

L'environnement !

Il faut s'y lier ;

Car quand on se délie de l'environnement

On perd la vie, c'est tout...

Nourrissons-nous par vos sens

N'oublions pas d'être curieux

Et d'aller au-delà du superficiel,

Cherchons le détail

Dans l'ombre ou la lumière,

Le temps ou bien l'espace,

Le corps, l'âme... ou l'esprit.

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LE VIEUX POIRIER

Depuis deux saisons ,déjà il restait figé  dans ses arabesques graphiques , fossilisé ,digne , et nu dans son impudique "dévêture "

Perchoir - relai pour les petits oiseaux qui s'élançaient dans  un envol mal assuré

 Ses fruits ...poires un peu acides parfois oubliées mais régal de la gente ailée

Le grand vent des tornades meurtrières qui sévissent désormais  ,ont eu le dernier mot pour cet ami centenaire gardien de la maison des champs

Salut à toi

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12273122661?profile=original"Advis aux criminalistes" est une oeuvre du jésuite allemand comte Friedrich von Spee (1591-1635), publiée sans nom d'auteur en 1631 à Rinteln. Von Spee avait eu, pendant de nombreuses années, la charge de confesseur des sorcières condamnées au bûcher à Würzburg. Durant cette période, il avait pu approcher des centaines de présumées sorcières et il avait pu reconnaître que la majorité d'entre elles, à l'exception de quelques obsédées, n'étaient que de pauvres femmes persécutées, victimes du fanatisme populaire, savamment entretenu. Epouvanté par la cruauté avec laquelle étaient traitées les condamnées et par les féroces tortures auxquelles on les soumettait pour leur extorquer une confession, von Spee dans son livre condamne ces terribles procès, démontrant que tous ces aveux ne sont que les résultats des tourments subis par ces malheureuses. "Je déclare", affirme-t-il, "que parmi les nombreuses femmes que je conduisis au bûcher comme présumées sorcières, il n'y en avait pas une seule dont j'eusse pu dire avec certitude qu'elle fut réellement une sorcière. Traitez les supérieurs ecclésiastiques, les juges et moi-même comme ces pauvres femmes, soumettez-nous aux mêmes martyres et vous découvrirez en nous tous, des mages." L'auteur évoque ainsi plusieurs procès importants auxquels il assista et plusieurs figures de sorcières qu'il approcha, animé d'un grand esprit de charité, prêt à se rétracter et à reconnaître ses propres erreurs et celles des autres devant l'évidence des faits.

Le livre, débordant d'une chaude humanité, valut à von Spee des persécutions et lui fit courir de nombreux risques. Il défia la prison et une possible condamnation à mort pour mener à bien son oeuvre fervente. Le succès qu'il obtint fut le premier coup sévère qui fit reculer les féroces persécutions qui ensenglantaient particulièrement l' Allemagne. Après lui, un grand nombre de ses compatriotes élevèrent courageusement la voix pour faire cesser pareilles barbaries jusqu'à ce que, en 1701, Christian Thomasius (1655-1718), avec ses "Thèses de magie criminelle", arrivât à ébranler la confiance qu'avaient encore les laïques dans les confessions obtenues par le moyen de la torture.

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administrateur théâtres

12273117698?profile=original                                                       Des gammes contre la croix gammée!

Cultissime! Les metteurs en scène Daniel Hanssens et Jack Cooper ne nous ont pas déçus dans cette comédie musicale à la française, produite au Festival de Théâtre Bruxellons et servie par la très belle orchestration de Pascal Charpentier!

Nous sommes dès les premières notes des religieuses du couvent de Nonnberg dans un registre de très haute performance, emmené par de vibrants chants en latin - clin d’œil discret aux racines de notre culture occidentale que personne ne s’est mêlé de traduire.  La musique sacrée captive dès l’entrée, pour se  métamorphoser très vite  en musiques d’amour. L’amour de la nature, l’amour mystique, l’amour de la musique, l’amour des enfants, l’amour des couples, l’amour de la vie, l’amour de la patrie: Edelweiss! Le titre français de la comédie musicale  « The Sound of Music » glisse vers une  certaine mièvrerie. Pourquoi donc ce titre « Mélodie du bonheur » façon Parapluies de Cherbourg,  qui laisse une impression de  bonheur fané  et pas  quelque chose de plus fort, de plus  attrape-rêves , une allusion plus directe à l'exquise gamme  harmonique des sept enfants de la famille von Trapp?

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11781597_863286797095534_5963066442588535094_n.jpg?oh=e980ff6c0214e5334a03b095b5d4e721&oe=5655D38C&width=370Ce spectacle, finement mis au point  depuis plus d’un an,  crée en effet une résonnance harmonique étonnante et rare entre public et acteurs. Est-ce grâce au diapason magique de Liesl (Maud Hanssens), la plus  âgée des sept enfants du Bonheur? Est-ce grâce à la merveilleuse résonnance du texte français qui n’a rien à envier à la version originale anglo-saxonne? A l’accent grave et particulier de la diction  impeccable de Wim Van Den Driessche? A la grâce naturelle et au timbre cuivré de la révérende mère supérieure, Marie-Laure Coenjaerts, un être lumineux et généreux? Aux rêves des comédiens qui se rencontrent?  A l’authenticité de la démarche?  

Deux thèmes puissants et profonds s’enlacent tout au long de l’histoire romanesque et vraie de Maria et sa famille recomposée : la recherche du sens de notre vie sur terre et l’attachement à ce qui rend notre vie vibrante et épanouie. La deuxième partie du spectacle insiste particulièrement sur le droit, si pas le devoir, de se rebeller lorsqu’un pouvoir dictatorial veut vous imposer son mode de pensée, et veut  broyer vos libertés ou vos valeurs. Celui qui ne se rebelle pas n’a pas le droit de se lamenter. Tout cela est très présent dans ce magnifique spectacle qui donne matière à penser sous des dehors très innocents.  

12273117468?profile=originalLa jeune et pétulante Maria parcourt un immense chemin  à la recherche de sa vérité et tire le capitaine von Trapp (Wim Van Den Driessche) de l’isolement de  la sombre caverne où il s’était réfugié à la mort de sa femme. Elle  le ramène progressivement  vers l’émerveillement et la joie solaire qui inonde les collines, où ils  peuvent entrevoir ensemble, le Beau, le Bien, le Bon. Quelle catharsis! Quel petit bout de femme volontaire, animée par L’Esprit, que cette subtile Maria sublimement interprétée par Laure Godisiabois. Si ce spectacle donné dans la cour du château du Karreveld dont le festival d’été fête ses dix-sept ans cette année, revêt toutes les qualités esthétiques, chorégraphiques,  scéniques et musicales dont on pouvait rêver, on  se met à rêver que soit immortalisée cette magnifique fleur des planches estivales bruxelloises  sous forme de film… à se repasser en boucle pour le plaisir, comme une vivante image d’Epinal aux vertus protectrices!

12273118100?profile=originalLes plaisirs sont nombreux, celui d’un décor très astucieux qui sait jumeler les collines  autrichiennes couvertes de vignes et de monastères, l’orage qui déferle dans la maison cossue, les jardins et terrasses d’un parc, l’intimité d’une chambre de gouvernante où bondissent les oreillers, et le luxe des salons et escaliers d’honneur menant aux chambres d’enfants.  La pureté et la beauté des chants des enfants, leurs savoureuses chorégraphies faites à la fois de spontanéité et de grande professionnalité montrent qu’ils se sont tous totalement investis et quel que soit l’âge, dans leur jeu théâtral et musical. Seven go to Heaven!  Une vraie source d’émerveillement en soi! Sans parler de l'extraordinaire  défilé de costumes imaginé par Françoise Van Thienen et son équipe! Car ...Maria a des doigts de fée, en plus de sa guitare!

11227632_10205835557902042_2010019044920999228_n.jpg?oh=5a73d3c28e0a522011880d84f4812e00&oe=56499338&width=505 Et qu'ils sont admirables et drôles dans leurs rôles secondaires joués avec intensité : Nicole Valberg (Frau Schmitt), Perrine Delers (la Baronne Schraeder), Pierre Pigeolet (Max), Roland Bekkers (Franz) et le jeune Damien Locqueneux dans le rôle de Rolf! Une distribution royale.   Le plaisir final est un éclatement de bonheur, lorsque fusent autour de vous, des applaudissements frénétiques et des huées lancées ça et là aux pauvres figurants bardés de croix gammées!

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http://www.lamelodiedubonheur.net/ZZSpectacle2.php?spectacle=La Mélodie du bonheur

  

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Lydie, un amour d'enfance

Sur le pas de la porte, près de moi, elle s’est assise.
J’avais dix ans, elle à peine huit de plus.
Un ange blond aux boucles si bien mises
Se pencha sur l’enfant et ce moment inattendu.

Il est tellement rare et oser dire jamais
Qu’un rêve se dépose tel une étoile sur un parvis
Que l’on puisse frôler le voile si frais
D’un jeune amour mais si audacieux aussi.

Et audacieux je le fus, inquiet sans doute déjà
De voir ce miracle assis là , serré à mon côté,
S’échapper sans qu’un moindre mot ne gênât
La princesse ainsi tombée et pouvant m’oublier.

Elle aima tout les petits ce que j’entrevis.
Ce visage rieur empli de soleil si rebondi,
Et ce sourire qui éleva mon âme au plus haut
Reçurent la prière franche comme il le faut.

M’attendras-tu, moi je t’attendrai ?
Elle sourit alors de ce sourire mature
Qui nous blesse tant, tant il semble vrai
Et prépare si tôt au chemin de torture.

Je ne puis contempler ton visage aujourd’hui pâli.
Car c’est le soleil de ton sourire qui vient m’éclairer
Quand sur ce parvis, quand un jour je me suis rassis
J’y ai frôlé le voile si frais du temps qui me fut volé.

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12273119280?profile=original"La vie solitaire" est un traité en deux livres écrit en latin par l' humaniste italien Francesco Pétrarque (Francesco Patrarca, 1304-1374). Conçu et commencé à Valchiusa, en 1346, achevé dix ans plus tard, cet ouvrage, dédié à Philippe de Cabassoles, évêque de Cavaillon, est un éloge de la solitude qui permet à l'homme d'accéder à la perfection morale et intellectuelle. Dans ce but, l'auteur oppose à la vie d' "Occupatus", remplie par les soucis quotidiens et agitée par l' ambition et autres passions, celle de "Solitarius", égayée par le spectacle de la nature et partagée entre l'étude, la prière et la méditation religieuse. Après avoir réfuté les objections qui pourraient être faites à son idéal et avoir montré que la solitude n'exclut pas l'amitié, il passe en revue les hommes illustres qui aimèrent et pratiquèrent la solitude et purent y manifester leurs propres vertus. Une grande part de cette énumération est consacrée aux saints Pères du désert, les Patriarches et les Prophètes, les saints du Christianisme; mais on y trouve également d'illustres personnages païens, poètes, philosophes et hommes politiques qui retrempèrent leur âme dans la solitude. Pétrarque semble d'ailleurs plus attiré par les hommes exemplaires de l' Antiquité, bien qu'il manifeste quelque nostalgie quant à la vie ascétique et avoue succomber souvent, dans la solitude, aux passions qui éloignent de Dieu. Néanmoins, on ne peut dire que son idéal soit proprement ascétique, car il conçoit la solitude comme un ensemble de méditation religieuse et d'étude désintéressée de la philosophie et de la poésie. Ainsi, son oeuvre doctrinale rejoint son oeuvre poétique. Défauts et qualités concourent cependant à faire de ce petit ouvrage, au même titre que son autre oeuvre intitulée "Mon secret", un des témoignages les plus précieux quant aux conceptions et à la personnalité de Pétrarque.

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Il arrive que, rentrant tard
Par les longues routes du soir,
Les chevaux tout à coup s'arrêtent,
Et, comme las, baissent la tête.
Dans le charette, le fermier
N'esquisse pas le moindre geste
Pour les contraindre à se presser.
La lune, sur les blés jaunis,
Vient lentement de se lever,
Et l'on entend comme le bruit
D'une eau qui coule dans l'été.
Quand les chevaux rentrent très tard,
Le fermier ne sait pas pourquoi,
Le long des routes infinies,
Il les laisse avidement boire
Aux fontaines bleues de la nuit

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Les fées JGobert

Les fées, debout autour du berceau, ont d’un mot façonné la destinée de ce nouveau-né. Innocente victime du XXI me siècle, il a reçu d’étranges pouvoirs en cadeaux dont il pourra se servir. Près de lui, venue d’ailleurs, une amie alliée ne le quitte pas. Elle s’est installée près de lui et compte bien y rester.

Les adultes l’entourent, le gâtent. La vie d’un nouveau-né n’est pas aisée. Dans son couffin, l’enfant gémit, hurle. Il a faim, il a soif. La nuit, il pleure, s’époumone. Sa mère le prend, le cajole, le berce mais ce petit bout d’homme est en proie à d’horribles cauchemars.

Son amie est à ses côtés et commence sa délicate mission. Doucement elle le rassure de mots inexprimables, indicibles  par les humains. Elle s’oppose délicatement aux abominables songes sachant que les hommes ne savent pas les contenir. Rien n’est simple mais elle s’invente des raisons pour lutter,  le protéger.

Devant ce petit cœur en détresse, elle prend sur elle le malheur qui trop tôt accable ce petit homme.

Elle est debout dans les terribles cauchemars et repousse fermement les inconnus qui terrorisent l’enfant. Au petit matin, apaisé, l’enfant dort dans les bras de sa mère. L’esprit, encombré d’images, marqué par la peur.

Les fées ont de tout temps donné des pouvoirs, fabriqué des êtres étranges les rendant parfois fragiles, souvent tristes. Cette fois, elles n’ont eu qu’indélicatesses,  goujateries pour ce petit homme.

Son amie ne se considère pas vaincue. De peur en peur, elle finit par inventer des jeux pour que les rêves s’adoucissent, s’apaisent. Un sentiment étrange de puissance lui montre le chemin. L’enfant deviendra de plus en plus résistant.

Le petit garçon a grandi et son imagination s’est développée, libérée. Son amie est toujours présente à ses côtés et l’éduque avec sagesse. Son esprit est maintenant en mesure de se défendre et de comprendre. Il a bien évolué.  Sa mère en est fière.  Les fées s’étaient trompées. De l’être qui devait être extraordinaire est né un homme sage qui n’a pas révolutionné le monde. Il est resté simple et a trouvé la route du bonheur.

Sa mission accomplie, son alliée est partie vers d’autres horizons. Elle a rejoint un autre nourrisson.  Il la regrette mais sait qu’il n’en a plus besoin.

Chassez ces fées qui, autour du berceau, font des prédications, des louanges. Rien n’est jamais assez important que la paix de l’âme aussi petite soit-elle.

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L'humanisme en marche: "Histoires" d'Hérodote

12273116864?profile=original"Histoires": c'est en écrivant cette oeuvre, appelée parfois "L'enquête", qu'Hérodote d'Halicarnasse (environ 484-425 avant JC) mérita le titre de "père de l'histoire". Sa division actuelle, en neuf livres, dont chacun porte le nom d'une des neufs muses, doit être attribuée aux savants de l'époque alexandrine. D'après le poème, le sujet de l'oeuvre est constitué par les guerres qui mirent aux prises les Grecs et les Barbares; mais la narration de ces guerres est précédée, d'une part, par une brève dissertation sur la différence existant entre les peuples d' Asie et ceux de l'Europe, différence dont les sources doivent être recherchées jusque dans les époques mythologiques; d'autre part, par une étude très détaillée de l'histoire des Perses. Puis, après avoir narré les luttes entre Ioniens et Lydiens (premières luttes entre Grecs et Barbares de l'époque historique). Hérodote prend prétexte de la défaite, en 546 avant JC., du roi lydien Crésus par Cyrus, pour relater comment ce dernier avait soumis les Mèdes aux Perses et comment, ensuite, il conquit Babylone, etc. (Livre I). Après une importante étude sur l' Egypte (Livre II), il explique comment ce pays fut soumis par les successeurs de Cyrus, Cambyse d'abord, et, à la mort de celui-ci, Darius. Ce dernier réorganisa l'empire (Livre III) pour réaliser la grande expédition contre les Scythes (dont Hérodote décrit amplement les coutumes): c'est ainsi que la rive européenne de l' Hellespont tomba sous la domination perse (Livre IV). Après avoir relaté les progrès des barbares dans la partie septentrionale de la mer Egée et en Thrace, il évoque la vie et les coutumes de cette région et narre le développement de la rébellion des Ioniens, jusqu'à la mort d'Aristagoras. Les Ioniens ayant eu recours à l'aide de Sparte et d'Athènes, Hérodote en profite pour présenter leurs vicissitudes historiques (Livre V). Vers la même époque débute, par l'insurrection ionienne (499-493 avant JC.), l'opposition grandissante entre Grecs et Perses, dont le point culminant fut la bataille de Marathon en 490 avant JC. (Livre VI). Après les batailles des Thermophyles, de Salamine (en 480) (Livre VII-VIII), de Platée et de Mycale (en 479), la victoire athénienne de Sextus sur l' Hellespont (478) mit un terme à l'ambitieux projet des Perses qui voulaient conquérir et dominer l'Europe; c'est sur cette constatation que se termine l'oeuvre d'Hérodote (Livre IX).

La construction du récit révèle combien la composition de cette oeuvre a été troublée. En effet, les longues digressions relatives aux divers peuples successivement soumis par les Perses ne peuvent s'expliquer que si l'on suppose qu'elles devaient à l'origine se coordonner dans une description centrale, ethnographique et historique, de l'empire perse; mais, au cours de la narration, Hérodote, conduit par l'intérêt passionné que présentait pour lui et pour ses lecteurs le conflit entre l' Asie et la Grèce, a changé sans doute d'avis et a fait de ce conflit le noyau central de son oeuvre. C'est alors que les différentes narrations déjà composées et probablement déjà publiées emploie pour les désigner le terme de "logoï", parce que destinées sans doute aux lectures publiques), furent amalgamées dans la nouvelle oeuvre, non sans quelques modifications: certaines parties restèrent à la place que leur assignait la chronologie (telle la partie concernant l' Egypte, qui était d'un intérêt tout particulier pour les Athéniens); d'autres, comme celle se rapportant aux Lydiens, furent déplacées ou modifiées suivant les exigences du nouveau thème central; d'autres encore, -nous savons que cela est arrivé pour un "logos" sur les Assyriens, -furent supprimées. Cette explication de la genèse de l'oeuvre d'Hérodote donne les raisons de son originalité: il fut le premier à passer de la spéculation théologique et de la curiosité des collectionneurs de connaissances géographiques et ethnographiques, à la "recherche" (telle est la signification du mot grec "histoire", dont Hérodote s'est servi pour désigner son oeuvre): recherche des faits humains contrôlables, à travers une tradition digne de foi. En effet, avant lui, les écrivains, appelés "logographes", se contentaient de transcrire en prose les contes mythiques des origines divines et humaines, contes qu'ils  recueillaient dans la poésie épique, les Généalogies et les Chroniques. Naturellement, Hérodote est encore très proche des logographes, tant par son style facile et fluide de conteur, ou par sa langue (il se sert du dialecte ionien), que par sa mentalité. En effet, si la mythologie n'a pas de créance chez lui, son intérêt pour les connaissances géographiques et ethnographiques est très grand et cela tient certainement aux nombreux voyages qu'il entreprit (très probablement, il visita l'Egypte, la Cyrénaïque, la Syrie, Babylone, la Colchide, la Macédoine). Sa curiosité le pousse en particulier vers tout ce qui est étrange et merveilleux, et ses descriptions sont, à vrai dire, une liste de curiosités recueillies, -soit directement, soit par ouï-dire, -sur les peuples et les contrées. Et comme il aime les détails concrets et pittoresques, son oeuvre a souvent le ton et le charme d'une fable. Ce n'est pas que le sens critique lui manque: on a même relevé chez lui des traces de l'enseignement des spohistes; mais il ne laisse que rarement la  place à ses opinions personnelles et préfère laisser le lecteur juger par lui-même. Quelquefois, il commet des erreurs assez graves, soit par trop grande hâte, soit par ignorance; mais les tentatives qui ont été faites à maintes reprises pour démontrer sa mauvaise foi, se sont révélés vaines. Même dans l'histoire humaine, il recherche le merveilleux; les grands phénomènes politiques, sociaux, économiques, n'ont à ses yeux que peu d'intérêt. Les vicissitudes d'un règne se résument pour lui à une biographie anecdotique des rois ou des principaux personnages; les causes essentielles, génératrices des grands événements, -bien qu'Hérodote ne les ignore pas, -restent dans l'ombre par rapport à certaines causes secondaires ou personnelles. Même les faits historiques les plus importants, tels les batailles de Salamine et de Platée, sont agrémentés d'aventures individuelles, d'héroïsmes, de ruses, de mots mémorables, qui font presque perdre la vision d'ensemble du récit.

La philosophie de l'histoire trouve chez Hérodote sa substance dans les idées morales et religieuses du monde antique ionien: l'expansion impérialiste des Perses se termine par une catastrophe, parce que telle est la volonté des Dieux, envieux d'une prospérité humaine excessive; aucune force au monde, aucun stratagème ne peut sauver les hommes. (La morale des tragédies d'Eschyle ne diffère pas beaucoup). En ce qui concerne son objectivité, l'intention primitive d'Hérodote suffit à expliquer son attitude devant les protagonistes de ce duel sans merci que fut la guerre entre Grecs et Barbares: Hérodote ne craint pas d'exprimer une chaleureuse sympathie pour les Grecs, et, plus particulièrement, pour les Athéniens, sympathie mûrie probablement lors de son séjour dans l'Athènes de Périclès. Il exalte la supériorité morale des libertés civiles grecques et l'héroïsme dont le culte de ces libertés rendait capables les hoplites grecs; mais non moins souvent il a de l'admiration pour la civilisation des peuples qu'il réunit sous le nom de "Barbares": ainsi, il exalte la puissance militaire des Perses, les grandes figures de leurs rois, les actions merveilleuses de leurs soldats; l'oeuvre se termine d'ailleurs sur cette très belle louange des Perses ("Ils préfèrent un pays incommode avec l'empire, à un excellent avec l' esclavage"), louange qui n'est pas sans ressembler à celle qu'il a consacrée aux héros de Marathon ("En Grèce, la pauvreté a toujours été comme chez elle; mais grâce à leur valeur, leur sagesse, la force de leurs lois, les Grecs luttent non seulement contre la pauvreté, mais aussi contre la sujétion à l'étranger"). Certes, adresser des louanges à des Perses n'est pas ce qu'on pourrait imaginer de plus adéquat pour terminer une histoire des guerres entre Grecs et Perses, écrite par un Grec. Mais tout ce qui est grand attire la sympathie d'Hérodote qui, par son art, en apparence ingénu, sait la communiquer au lecteur.Hé

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la vie de Maurice Carême

Comme il passait sur le sentier,
Il vit la vie dans un pommier,  

La vie qui récoltait les pommes
Tout comme l’aurait fait un homme.  

Elle riait, riait si haut
Qu’autour d’elle tous les oiseaux  

Chantaient, chantaient si éperdus
Que nul ne s’y entendait plus.  

La mort, assise au pied de l’arbre,
Aussi blanche et froide qu’un marbre,  

Tenait à deux mains le panier
Où les pommes venaient tomber.  

Et les pommes étaient si belles,
Si pleines de jus, si réelles  

Que la mort, lâchant le panier,
S’en fut sur la pointe des pieds

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Une étrange indifférence

Parfois nous viennent des cadeaux.
Les a-t-on mérités? Sans doute!
Nous précède sur notre route,
Le hasard muni de son sceau.

Il m'envoya un éditeur.
Il me restait une envie vague.
Aussitôt mon esprit divague;
Vais-je devenir un auteur?

Ce jour j'ai signé un contrat,
Dans une étrange indifférence.
Pourtant, il s'agit d'une chance
Et qui sait ce qu'il adviendra.

De beaux poèmes, en abondance,
Sont accessibles sans débours.
La technologie suit son cours
Évitant nombreuses dépenses.

Que sont devenus mes lecteurs
Un peu partout éparpillés?
Je peux les compter par milliers.
Des mots, le vent reste porteur.

Mon livre s'intitule: À bord,
Offrira des instants de grâce,
En plein soleil ou sur la glace,
Toujours dans un parfait confort.

31 juillet 2015

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Regard nouveau

Je me félicitais d'écrire des poèmes,
Avec facilité, bien rédigés pourtant.
Il ne m'est pas aisé de trouver par moi-même,
Où s'impose de faire un juste changement.

Je me suis aperçu, me relisant plus tard,
Que peu de mes écrits me semblent irréprochables.
Je dus alors porter un différent regard
Sur ce qui fut loué sans avis profitables

.

Je suis certes déçue, on le serait à moins.
Sur le métier, jamais ne remis mon ouvrage.
Il me semblait poli après le dernier point.
Pourtant j'avais admis que Boileau était sage.

Ce semble être un plaisir d'encenser un auteur
Et le faire révèle une âme généreuse.
Les éloges reçues m'allèrent vite au coeur,
Nombreuses me venaient de simples amateurs.

Les lecteurs compétents, souvent silencieux,
Ne donnent de conseils, certainement aimables,
S'ils craignent de froisser un esprit orgueilleux,
Ce qui n'est certes pas un effet improbable.

Pour ma part, obligée, je suis reconnaissante
Envers ceux qui m'aidèrent à trouver une erreur,
À compter quelques fois de façon différente.
J'ai retenu leurs suggestions, pour le meilleur.

31 juillet 2015

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La rédemption de Royaumont (Royaumont, 3/4).

12273113653?profile=originalRuines de l'église (abside) de l'abbatiale de l'ordre de Cîteaux.

Grande comme une cathédrale...

avec son choeur et ses sept chapelles rayonnantes.

Ne restent aujourd'hui que les colonnes à tambour.

Résonnez musettes...

Retour à "Royaumont Abbey", notre feuilleton de l'été.

     En 1927, classement aux Monuments Historiques. Voilà notre abbaye protégée.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale elle est heureusement épargnée.

Elle devient un Centre culturel international, puis, en 1964, la Fondation Royaumont, dédiée aux arts et à la culture.

L'esprit des lieux est préservé.

12273113864?profile=originalCroisée d'ogives du réfectoire des moines.

Simplicité, ordre et pureté.

     Aujourd'hui l'abbaye est rendue aux simples ouailles, au calme, à la volupté, au repos et à l'étude. Plus particulièrement à la musique et à la danse. L'abbaye est un centre international où musiciens et danseurs créent en toute quiété. Concerts, colloques, ateliers sont organisés et on ne compte plus les personnalités des Arts et des Lettres qui y élirent résidence.

L'ombre même du Pink Floyd y plane encore...

12273113469?profile=originalLes Pink Floyd donnèrent Atom Heart Mother

en concert le 15 juin 1971 à Royaumont.

     Ce ne sont peut-être plus les splendeurs d'antan, mais Royaumont reste un joyau dans une écrin de verdure. L'ensemble des bâtiments est finalement conservé, même si l'église a été démolie.

Bois et étangs alentours, un nouveau jardin médiéval dit "des neuf carrés", créé en 2014, offrent une ambiance propice à la méditation.

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"La fleur de lis possède sur les autres fleurs deux prérogatives particulières. Tout d'abord, c'est elle qui est portée dans les églises et posée devant Dieu ou devant la Vierge Marie avec une adoration profonde. Ensuite, c'est elle que le plus noble et le plus puissant des rois chrétiens, à savoir le roi de France, porte pour emblème. Elle lui fut donnée et envoyée par Dieu tout-puissant en signe d'amour et d'alliance éternelle entre Dieu et les rois de France ; amour et fidélité qui augmentent chaque jour et toujours croîtront sans s'arrêter s'il plaît à Dieu."

De propriatibus rerum, le Livre des propiétés des choses de Barthélémy l'Anglais. 

Cette encyclopédie du XIVe siècle fut adaptée en français par le moine Jean Corbechon.

     Neuf carrés de culture d'inspiration médiévale sur un caillebotis de châtaignier rehaussé, comme naguère pour empêcher les nuisibles de s'attaquer aux plantes, ceint d'osier vivant tressé. Chaque carré semé de plantes médicinales. Des simples à la charge symbolique forte. Plantes des vertus, passion du jardinier.

L'homme est ici "conduit au salut de son âme par les cinq sens qui lui permettent de satisfaire ses besoins.",

Hildegarde de Bingen.

"Je vois souvent quand quelqu'un afflige son corps par un excès d'abstinence, que le dégoût surgit en lui, et par le dégoût les vices se multiplient beaucoup plus que s'ils avaient été contenus avec justesse." Sagesse de l'abbesse.

     L'esprit de l'époque médiévale est bien revenu habiter ces lieux. On pensera à Isidore de Séville, à Vincent de Beauvais, qui fut lecteur à Royaumont et auteur d'une célèbre encyclopédie, à Hildegarde de Bingen, à Robert Grosseteste... qui ont été ici étudiés.

12273114271?profile=originalBibliothèque Henry et Isabel Goüin, dans l'ancienne salle capitulaire.

Elle n'a plus le lustre passé, les livres d'époque ayant été dispersés en 1791.

     Si enfin, de l'église seule la tourelle d'angle s'élève et demeure aujourd'hui, elle présente une vue d'un romantisme hugolien...

12273114662?profile=originalLa tour de l'escalier du transept.

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Victor Hugo : La souris (Velmich), 1840, certes sur les bords du Rhin.

Une toute récente modélisation 3D, réalisée par l'Ecole Centrale de Paris, permet de revoir l'abbaye telle quelle resplendissait lors de son édification en 1228.

Avec son choeur, ses sept chapelles...

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... sa nef et son transept.

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Une dernière information, avant de découvrir les collections de l'abbaye, le Festival de Royaumont aura lieu cette année de 3 au 11 octobre.

Le tout à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, vous admettrez que cela valait bien la visite.

Michel Lansardière (texte et photos, sauf Pink Floyd).

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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 05/08 au 30/08/2015 l’exposition  événement des artistes suivants : Renée Gastin (Fr) technique mixte, Marie Fang (Fr) peintures et sculptures, Elizabeth Bernard (Fr) peintures, Frédéric Bastié (Be) peintures à l’huile sous verre et prolongation de l’exposition de Mireille Gratier de Saint Louis (Fr) peintures.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 05/08 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE a lieu le 29/08 de 11h 30 à 18h 30.

 

         Renée GASTIN (Fr) technique mixte

         « Avancer  vers l’inconnu »

 

         Marie FANG (Fr) peintures et sculptures

         « Rythme et harmonie »

 

         Elizabeth BERNARD (Fr) peintures

         « Eclectique  »

 

         Mireille GRATIER DE SAINT LOUIS (Fr) peintures

         « Entre ciel et terre »

 

        

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

 

          Louis de VERDAL (Fr) sculpture

 

Et les peintures à l’huile de

 

         Frédéric BASTIE (Be) peintures sous verre

 

Exposition du 05 août au 30 août 2015.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0) 497 577 120

 

 

INFOS ARTISTES ET VISUELS SUR :

 

Le site de la galerie www.espaceartgallery.eu

Le site de la galerie se prolonge également sur

Le réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)

Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery :  

Voir: http://ning.it/KHOXUa

Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :

Voir : http://j.mp/1dDwL9m

 

 

Voici les six prochaines expositions :

 

La rentrée culturelle est le mercredi 09 septembre.

 

 

-Titre : « Ce que vous voyez n’est pas ce que vous voyez…» 

Artiste : ARCOFARC (Be) digital Art

Vernissage le 09/09 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/09 au 27/09/2015

Finissage le 26/09/2015 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « La couleur des mots » 

Artiste : Jacqueline GILBERT (Be) peintures

Vernissage le 09/09 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/09 au 27/09/2015

Finissage le 26/09/2015 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Caresses du marbre » 

Artiste : Marian SAVA (Be) sculptures en marbre

Vernissage le 09/09 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/09 au 27/09/2015

Finissage le 26/09/2015 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Les fresques » 

Artiste : Joël JABBOUR (Be) photographies

Vernissage le 09/09 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/09 au 27/09/2015

Finissage le 26/09/2015 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « Avancer vers l’inconnu » 

Artistes : Renée GASTIN (Fr) technique mixte

Vernissages le 05/08 & 09/09 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 05/08 au 27/09/2015

Finissages le 29/08 & 26/09/2015 de 11h 30 à 18h 30.

&

-Titre : « À la conquête  de nouveaux Univers » 

Artiste : Aurélie KRAFT (Fr) peintures

Vernissages le 09/09 & 30/09 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 09/09 au 18/10/2015

Finissages le 26/09 & 17/10/2015 de 11h 30 à 18h 30.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

 

Bien à vous,

 

Jerry Delfosse

Espace Art Gallery

GSM: 00.32.497. 577.120

Mail de réponse eag.gallery@gmail.com

Le site de la galerie www.espaceartgallery.eu

 

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saint Augustin: La Cité de Dieu

12273117863?profile=originalC'est l'apologie du Christianisme, écrite par saint Augustin (354-430) vers la fin de sa vie. C'est à la fois une philosophie de la société humaine dans son avenir historique, une métaphysique de la société et une interprétation de la vie individuelle et sociale, à la lumière des principes fondamentaux du Christianisme. Le livre fut écrit en réponse à l'accusation formulée par les païens en 410, qui prétendaient que le sac de Rome par les Goths d' Alaric, était la conséquence de l'abandon du culte des dieux traditionnels, abandon qui avait été imposé par le Christianisme. Augustin répond en rejetant l'accusation; mais d'abord, pour avertir et rassurer les chrétiens eux-mêmes, qui n'avaient pas été sans s'émouvoir et sans souffrir de ce carnage. Il explique quelle est la véritable nature du bien et du mal et démontre comment ce dernier peut nous venir d'une violence extérieure, puisqu'il tire son origine de la volonté qui se soumet aux biens temporels. Les dévastations et les massacres perpétrés par les Goths n'ont pas porté atteinte à ce qui a une vraie valeur; ils ont été, tout au plus, une épreuve salutaire et un avertissement éloquent pour les chrétiens trop attachés aux biens terrestres (livre I). Ensuite, Augustin montre, à la lumière de l'histoire de Rome, que les "maux moraux" et les "maux physiques" s'abattirent sur Rome, même à l'époque où le culte des dieux s'épanouissait librement et où le Christianisme n'existait pas encore. La prospérité et le développement de l'empire romain ne peuvent avoir été l'oeuvre des dieux vénérés par les Romains: il suffit d'examiner la mythologie pour en constater l'incohérence et la puérilité. Ce ne sont pas les faux dieux, mais le Dieu unique et véritable qui distribue les royaumes selon ses desseins, inconnus de nous et néanmoins certains. C'est la Providence divine, non le Hasard des épicuriens ou le Destin des stoïciens, qui a fait don à Rome de l'Empire, en récompense de ses vertus naturelles et pour la dédommager de ne pas connaître la félicité éternelle. Le zèle si fortement vanté des Romains pour leur patrie terrestre doit être, pour les chrétiens, un avertissement et un exemple qui les élèvent vers leur Patrie céleste (livre II-V).

Ce premier point de l'oeuvre est dirigé contre ceux qui estiment devoir adorer des dieux païens en considération des biens matériels qu'ils sont censés leur procurer, c'est-à-dire contre le vulgaire. Dans le second point, -consacré à la polémique antipaïenne, -il réfute les arguments de ceux qui affirment qu'il faut pratiquer le culte des dieux pour obtenir la félicité ultra-terrestre. Il s'agit des philosophes; c'est pourquoi la polémique est surtout dirigée contre eux, et plus particulièrement contre leur tentative pour justifier d'une façon quelconque le principe même de la religion populaire. Le plus important de ces défenseurs est Varron; Augustin estime que la réfutation qu'il a faite par ailleurs des arguments apportés par cet éminent théologien païen suffit pour que l'on puisse considérer comme complètement détruite la prétention des païens d'assurer par le polythéisme la félicité ultra-terrestre (livres VI-VII). Cependant les philosophes ne s'en sont pas tenus là, ils ont tenté d'élaborer une théorie des dieux différente de celle des poètes et des institutions publiques: une "théologie naturelle" qu'Augustin reconstruit et réfute, analysant la pensée grecque des milésiens jusqu'à Platon et aux néo-platoniciens (livres VIII-X). L'argument fondamental de la polémique est celui-ci: pour les pré-socratiques, incompréhension de l' immatérialité de Dieu et de sa qualité de créateur; pour Platon, ignorance du fait de la Rédemption et de tout le contenu de la Révélation chrétienne; pour les néo-platoniciens, impossibilité de concilier leur déontologie avec la toute puissance et la perfection divines.

Dans la seconde partie, Augustin passe de la polémique et de la critique à une démonstration purement dogmatique et constructive. Il ne suffit pas de prouver l'incohérence et l'absence de fondement du culte polythéiste: il faut prouver que toute la vérité se trouve dans le Christianisme, qu'il satisfait à la fois le coeur et l' intelligence et qu'il est vraiment le chemin qui libère du mal et de notre misère. Il entreprend donc une description chrétienne du monde: non pas tant du monde physique que du monde moral qui tourne autour de la recherche du bonheur. Cette description se développe en trois étapes. Il traite d'abord de l' origine de la société en général, de la "cité", en partant de l'examen du commencement absolu et de ce qui n'est pas Dieu, c'est-à-dire de la création; et il explique comment le temps prit son origine avec la création puisqu'il est le sillon tracé par les transformations des créatures; il passe ensuite à la considération de l'origine et des caractères des deux cités dans le ciel; la création des anges ("cité de Dieu") et l' origine de la cité des méchants, avec la révolte des anges orgueilleux, et les reflets de cette cité sur la vie humaine et sur son destin (livre XI). Car l'histoire des deux cités chez les hommes a, comme préambule nécessaire, celle des deux cités ultra-terrestres: la cité des anges heureux, liés à Dieu par leur soumission et leur amour, et celle des démons malheureux et rebelles. Trois notions essentielles caractérisent la cité terrestre: celle du "mal", qui est comme une déficience de perfection, dont il faut chercher la cause dans le fait que la volonté s'écarte du bien suprême, qui est Dieu, pour se tourner vers l' individu; celle de la "mort" dans son sens relatif (l' âme se séparant du corps: "première" mort) et dans son sens absolu (mort de l' âme: "seconde" mort), avec son irréparable détachement de Dieu (livre XII); enfin la notion du "péché originel", sa nature (désobéissance et orgueuil), ses manifestations (révolte de la chair, concupiscence, affaiblissement de la volonté) et ses principaux effets (livre XIII). Ces effets peuvent s'observer dans toute la vie psychique, laquelle est bouleversée et troublée par la prédominance des passions: à cet égard, le sentiment de la pudeur est significatif (livre XIV).

Dans la seconde étape de sa description, Augustin considère les développements des deux cités: la cité charnelle, centrée sur l' amour de soi, et la cité spirituelle, centrée sur l' amour de Dieu. Chacune a sa manière de vivre et de jouir de la vie: la cité terrestre a son siège et son bonheur relatif ici-bas; la cité de Dieu n'est que de passage sur la terre, et elle vit dans l'attente de la félicité céleste. La cité terrestre prend sa source dans le fratricide de Caïn, tandis que celle de Dieu commence avec Abel. Chacune se développe dans la suite des générations ainsi que le raconte la Bible, jusqu'au déluge (livre XV) et au delà, après Noé, à travers Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, les Juges (livre XVI), tandis que s'affirment les grandes monarchies de Babylone et d' Assyrie. Et ce développement conserve une signification symbolique, car les vicissitudes de Noé, des Patriarches de Moïse et autres personnages semblables, préfigurent mystiquement la cité de Dieu dans son passage sur la terre. Il en est de même de l'âge des prophètes, qui marque le moment culminant et la crise irréparable d' Israël, à la fois réalité et symbole de la cité de Dieu: ici on peut même dire que le sens symbolique et prophétique domine tout à fait le sens historique (livre XVII). Après Noé et la dispersion des peuples, la cité terrestre se développe dans les grandes monarchies orientales, dont Augustin nous fait un tableau d'après la "Chronique" d' Eusèbe de Césarée, dans les royaumes de la Grèce et dans la Rome antique, pour lesquels l'auteur tire sans méfiance sa documentation de Varron. Il souligne le caractère mixte de l' histoire humaine dans cette période, l'impossibilité de distinguer la cité de Dieu de la cité terrestre: elles sont deux réalités métaphysiques, dont la séparation empirique, sensible, est réservée au jugement final de Dieu. Cette considération vaut plus particulièrement pour les premiers siècles de l'ère chrétienne, au cours desquels l'Eglise (la "cité de Dieu") vit mêlée à la cité du monde, au point d'accueuillir dans son sein même des hommes charnels, désireux toutefois de rédemption. De là les persécutions, les hérésies, les scandales qui ont cependant leur fonction bienfaisante sur la cité de Dieu métaphysique, sur les "saints" (livre XVIII).

La troisième étape de la description se rapporte à l'issue finale des deux cités: félicité éternelle pour l'une, malheur éternel pour l'autre. Dans ce livre (livre XIX), Augustin reprend plus largement la question de la vraie nature du bonheur et de son caractère nécessairement transcendant, divin. Il réfute les arguments des stoïciens qui prétendaient y arriver par leurs propres moyens: la vie humaine considérée d'un point de vue réaliste n'est que désordre, passion, violence; la rationalité et la paix ne sont pas de ce monde, et ce n'est pas ici-bas que les choses peuvent recevoir leur jugement définitif. Tout ceci dépend du jugement postérieur de Dieu (livre XX): à sa lumière le vice se révèlera comme tel, même s'il se présente ici-bas sous l'aspect séduisant de la vertu et du bonheur. On ne sait rien de sûr en ce qui concerne le temps et la manière dont le Jugement dernier se déroulera. Le Juge sera certainement le Christ glorieux, et la dernière phase de l'histoire de l'humanité sera fortement secouée de luttes spirituelles et d'événements physiques gigantesques: la fin et le jugement représenteront certainement une régénération, une palingénésie du monde. C'est alors que s'accomplira la distinction, même réelle, des deux cités. A la cité du monde, il reviendra une éternité de douleur, à la fois physique et morale (livre XXI); éternité de peine, contre laquelle ne prévaudront ni les objections physiques découlant de la prétendue impossibilité d'un feu qui ne se consumerait pas, ni les objections morales opposant la disproportion entre un péché temporaire et une punition éternelle: la gravité de celle-ci sera d'ailleurs proportionnée en intensité à la nature de la faute. Mais les saints connaîtront la béatitude éternelle (livre XXII); non seulement dans leurs âmes, qui jouiront de la contemplation directe de Dieu, mais aussi dans leurs corps, qui revivront d'une vie réelle, différente toutefois de la vie terrestre. La manière dont s'accomplira la résurrection n'est pas claire, mais le fait est certain, en dépit des objections des platoniciens; et il est certain aussi que, bien que la cité de Dieu soit en premier lieu l'oeuvre de la prédestination divine, l'orientation du libre-arbitre humain n'est pas sans importance. L'observation de la vie psychique peut faire comprendre quelle sera la béatitude éternelle, en tant que satisfaction des exigences positives de l'homme. Ce sera le grand sabbat, la paix suprême dans le royaume de Dieu.

La "Cité de Dieu" est, selon l'opinion universelle, l'oeuvre qui exprime le mieux la personnalité multiple d' Augustin, à la fois exégète, psychologue et théologien. Trouvent ici leur aboutissement un certain nombre d'idées qui s'étaient fait jour dans des oeuvres précédentes et qui représentent l'essentiel de la vie intellectuelle et religieuse de l'écrivain africain: l' antimanichéisme et l' antiplatonisme "De la vraie religion" et des "Confessions", l' antidonatisme et l' antipélagianisme sur lesquels s'appuient toutes ses longues digressions relatives aux problèmes intérieurs de l'Eglise. Tout n'est pas organique dans cette oeuvre: reprise et abandonnée plusieurs fois, sa rédaction se place entre 410 et 426 et est alourdie de polémiques accessoires. En somme, ce n'est pas une philosophie de l' Histoire (Augustin connaissait mal l' histoire: sa documentation se limite à la Bible, à Eusèbe, à Varron), mais une métaphysique, c'est-à-dire une recherche du permanent à travers les variations des comportements humains et des forces secrètes qui déterminent les attitudes variées des individus et des nations. Ce qu'il avait fait dans les "Confessions" pour l' individu -réduisant le drame des affections et des inquiétudes de chaque individu au drame Dieu-Homme (Dieu assiégeant le coeur de l'homme par son amour et l'homme s'écartant de Dieu à la poursuite des biens trompeurs, qui, par leurs "salutaires amertumes", font penser avec nostalgie à Dieu comme au bien suprême), -Augustin le fait dans la "Cité de Dieu" pour la société humaine, en accentuant cependant les éléments plus particulièrement théologiques et bibliques. Ici, les seules passions et les seules ambitions sont celles déchaînées par la première volonté humaine (d' Adam) qui s'est préférée à Dieu; ici la grâce rédemptrice libère non seulement Augustin, mais tous les hommes appelés à faire leur salut en s'écartant de la "masse des pécheurs" en Adam. La lutte entre les deux cités, tournées respectivement vers "l' amour de soi" et "l' amour de Dieu", est le reflet social de la lutte entre le vieil et le nouvel Adam en chacun de nous.

Toute l'oeuvre s'appuie, d'une part, sur une pénétrante observation de la réalité effective, en nous et en dehors de nous; de l'autre, sur les grands documents de la Révélation chrétienne, analysés selon une pénétrante exégèse, à la suite des Pères grecs, d'Ambroise, de Jérôme et, en outre, expérimentés dans leur valeur rénovatrice, dans la propre vie chrétienne et dans la société des chrétiens, l'Eglise. La première idée de cette vision théologique de l'histoire de l'humanité, en tant qu'histoire du péché et du salut, du malheur et du bonheur, est prise à saint Paul (voir "Epître aux romains" et à l' '"Apocalypse" de Jean, et plus particulièrement au commentaire qu'en fit un solitaire donatiste: Ticonius. Dans son développement, Augustin a mis en valeur la tradition apologétique de Tertullien à Origène, en la revivant avec sa vaste expérience de penseur et d'évêque, en en élargissant les perspectives, en en faisant une interprétation de l'histoire de l'humanité. C'est pourquoi cette histoire a exercé une influence profonde sur toutes les époques et sur tous les individus curieux et inquiets de leur propre destin. C'est pourquoi, aussi, dans les polémiques du moyen âge entre la Papauté et l'Empire, on a voulu puiser dans cette oeuvre (identifiant faussement la cité de Dieu avec l'Eglise et la cité du Monde avec l' Etat concret); c'est pourquoi, de Bossuet à Balbo, tous ceux qui se sont à nouveau penchés sur le problème de l'histoire, se sont tournés vers saint Augustin: c'est pourquoi, malgré le développement des sciences théoriques, la "Cité de Dieu" reste encore un livre vivant, qui ne cesse de trouver des lecteurs. Ce fut le premier livre imprimé en Italie (1467, à Subaco) et nous savons combien ensuite l' Humanisme en sentit le charme profond, comme le sentirent aussi les Réformateurs, Pascal, Kierkegaard.

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Espace

Dans l'espace qui nous sépare,

souvent, je flotte.

Je m'accroche à ce lien invisible.

L'espace qui nous sépare

n'est jamais vide.

Le manque se remplit de souvenirs.

Dans l'espace qui nous sépare,

il y a de la joie et des sourires.

Il y a des rêves lumineux.

Dans l'espace qui nous sépare,

mon coeur bat.

Mon corps respire.

Les étoiles brillent.

Dans l'espace qui nous sépare,

il y a l'espoir qu'il disparaisse

un jour...12273118259?profile=original

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Coup de coeur et ferveur

Là où le soleil décline, apothéose!
Sur un fleuve de nacre s'est infiltré de l'or.
De lumineux nuages prennent une teinte rose
Je me sens attendrie, coup de coeur et ferveur.

Mais, sur l'incommensurable voûte céleste,
Non loin sont répandues des zones endeuillées
De haut en bas, des couches de cendres figées
Rappellent la laideur, la rendent apparente.

Exaltation, désolation, ce soir voisinent.
Grandiose spectacle évoluant sans bruit.
Je contemple à nouveau la lumière qui coule.
Captivée, je ressens une grâce inouIe


30 juillet 2015

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