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Nous sommes en 1539...


Michel-Ange travaille sur sa titanesque fresque du Jugement Dernier.
200 nus gigantesques tordus ds ttes les positions possibles.

Il a 6O ans, et l'oeuvre, commandée par Clément VII en 1534 afin de conjurer le sentiment de terreur rôdant à l'époque (le sac de Rome a eu lieu en 1527, l'époque est pour le moins trouble et troublée), semble totalement irréalisable, même pour le grand Buonarroti.
Clément meurt en 34, c'est Paul III qui prend la relève.

Nous sommes donc en 1539, et Michel-Ange travaille sur sa titanesque fresque du Jugement Dernier...


Arrivent le Pape et ses Cardinaux, juger de l'état d'avancement de l'oeuvre.

Bagio de Cesena, premier conseiller du pontife, et genre à pisser de l'acide, est outré ; il déclare qu'une telle ribambelle de "parties honteuses" est plus à sa place dans une taverne ou une maison de plaisirs que dans la Chapelle du Pape, qu'il faut détruire cette horreur et durement châtier l'Artiste.

Michel-Ange serre les dents, impossible de répondre. Les choses en restent là...

Quelques semaines plus tard, le Pape et ses conseillers reviennent.
Et là...consternation !!
Par vengeance, Michel-Ange a osé peindre Bagio de Cesena, en Minos l'esclave de l'enfer, affublé d'oreilles d'âne, un serpent lui bouffant les testicules...(je rappelle aux étourdis que ça, normalement, c'était le bûcher direct. Avec des clous sous les ongles pour faire bonne figure)...Cesena, au bord de l'apoplexie, hurle auprès du Pape de faire quelque chose contre cette infâmie !!!

Moment de silence qu'on imagine très tendu...

Et le Pape, un petit sourire, de répondre : "Mon pauvre ami, je ne peux hélas rien faire ! Si encore Michel-Ange vous eut placé au Purgatoire, j'aurais pu intercéder en votre faveur auprès du Ciel ! Mais en Enfer, ni moi ni personne n'avons aucun pouvoir...".

Moralité : toujours faire attention lorsqu'on emmerde un Artiste de génie et un Pape malin. Au risque d'y gagner une postérité, certes, mais un peu louche ^^


Michel-Ange Buonarotti (1475-1564)
Le Jugement Dernier, détail de l'Enfer, portrait de Bagio de Cesena en Minos.
Fresque.
Entre 1534 et 1541.

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La poésie, c'est ce qui nous fait tenir debout lorsque la vie est trop pesante,les poèmes...les petites lumières de nos vies lorsque tout s'assombrit.Qui mieux que ce grand poète l'a si bien exprimé?"Les poèmes- telles de petites lanternes où brûle encore le reflet d'une autre lumière"."Le reflet des lampes sur la vitre. Poèmes, comme un reflet qui ne s'éteindrait pas fatalement avec nous".(Ph Jaccottet, La Semaison et Ce peu de bruits...)
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Après l'orage

Vol d'hirondelles

Ciel blanc Ciel noir

Déchiré par l'éclair

Grondement de tonnerre

Folie de vent dans le tilleul frémissant

Et soudain après l’orage

Ton cœur contre mon âme

Tes yeux m'interpellent

Ta bouche tendre

Sur mes lèvres nues

Ainsi le jour retrouvant la nuit

dans un pur silence

Que la joie demeure

 

29/06/2016

Nada

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L'ultime choix imaginaire

Rêverie

Je continue à exister,
Accueillant la facilité.
Avec aisance, je chemine,
Au hasard, je fais bonne mine.

J'ignore certes où il me mène,
Éloignée des regrets et peines.
Éliminant les vains efforts,
Je participe à mon confort.

Non protégée de parapets,
Ma route semble un pont coupé,
D'où, comme par inadvertance,
Tomberai dans la mer immense.

Ultime choix imaginaire,
Qu'il me sera donné de faire
Au dernier instant de ma vie
Si me revient ma rêverie.

28 juin 2016

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Turner et la Belgique...

Il y a tout de même un curieux atavisme typiquement belge, qui consiste à ignorer tout ce qui pourrait participer à la grandeur culturelle du Pays...

Qui, en Belgique, se souvient que les Van Beethoven sont belges ? (Les Van Beethoven sont originaires de Louvain, et le grand-père Beethoven travaillait comme maître de chapelle à la Cathédrale de Liège...VAN, et non VON Beethoven...)
Qui sait que le premier chef-d'oeuvre de Rodin est un portrait du-dit Beethoven, placé sur la façade du Conservatoire ?
Qui fait encore l'effort de se souvenir que la Peinture à l'Huile a été "inventée" par Van Eyck, qui n'était pas vraiment autre chose qu'un Belge ?

Et Turner...

C'était un voyageur infatigable, le Turner, c'est un fait bien connu.

A une époque où les guerres et luttes imbéciles d'imbéciles au pouvoir n'étaient pas pires qu'aujourd'hui, rendant la circulation des gens bien difficile, il était de ceux qui n'hésitaient pas à partir quand-même.


Plusieurs fois dans sa vie, il s'est lancé dans ce qui, à l'époque, représentaient de véritables expéditions ; des voyages de plusieurs mois...traverser des cols devenus aujourd'hui inimaginables et impraticables, des pays ravagés par la guerre, les famines ; traverser des océans en se faisant attacher au mât afin de vivre la tempête de près (même les marins de métier ont eu peur, à l'époque, en le regardant faire...).
A pied, à cheval, en diligence (accidentée en pleine nuit et en plein blizzard dans les Alpes. Il en a fait une toile, bien sûr !), et, son méga-kiff, en bateau.

Les pinceaux et ses carnets dans la poche, et vogue !

Il a parcouru l'Europe dans tous les sens, créant un corpus de plusieurs milliers de croquis et d'aquarelles.
Il a traversé la France, au moment où la France n'arrivait pas à se remettre de ses révolutions et guerres diverses...
L'Allemagne, à l'époque de Beethoven et de Goethe...
L'Italie, la Suisse, l'Autriche, Turner à voyagé partout à une époque où voyager était difficile et dangereux.

Et toujours, pour peindre et dessiner.

Et puis dans les années 1830-40, il va remonter en bateau la Seine et...la Meuse.

Turner traverse la Belgique.

En Belgique, il dessine tout, et ce qu'il ne dessine pas, il le peint : Liège, qu'il trouve intimidante, Waterloo bien entendu (c'était il y a pas longtemps, à l'époque, le signal était encore extrêmement fort), et...Dinant, dont il tombe littéralement amoureux, comparant la région au Paradis avant la Faute...

A Dinant, Turner va réaliser un enemble d'aquarelles parmi les plus extraordinnaires de son oeuvre : les lumières mouillées de pluie, la sensation de grandeur presque divine des rochers fameux...

Quand on regarde ce genre de merveille aquarellée, on se dit qu'effectivement, Turner à aimé la Belgique...

Mais j'en reviens à ma phrase d'intoduction : ce curieux phénomène qui pousse la Belgique à systématiquement ignorer ce dont elle pourraît s'enorgueillir...sans vouloir tomber dans l'exécrable exemple français à ce niveau, je dirais qu'il y a tout de même un minimum...

Enfin bref ; un jour, Turner s'est promené à Dinant.
..

William Turner (1775-1851)
Dinant sur Meuse.
Aquarelle/papier
Vers 1839.

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Al Andalus

Il est là-bas des palais de rêves qu’ont construits des génies.

Dans la nuit andalouse, quand monte la lune dans le ciel noir,

Se découpent les créneaux d’une forteresse d’un autre temps.

Dans les jardins endormis, si tu prêtes l’oreille,

Tu entendras le murmure des fontaines

Et le doux chant de l’eau qui retombe en pluie dans les vasques bleues.

Murmure magique, douce mélodie

Dont les syllabes ressemblent aux paroles de celle que tu aimas.

Celle-là qui un soir s’en alla, magicienne du silence,

Au travers des arceaux arabes des palais andalous.

Reste la mémoire et les sanglots de la fontaine.

Mais parfois, quand la lune resplendit,

Il me semble voir une ombre qui se glisse, féminine et svelte,

Le long des murs de l’Alhambra.

Ce n’est sans doute qu’un rêve.

Pourtant, dans les jardins du Generalife, l’odeur entêtante des roses

Parle encore d’amour dans la chaleur enivrante de la nuit andalouse.

littérature

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Charles nous signale ceci:.

"Chers amis,amies bonjour,

J'ai l'honneur de participer a un concours artistique important pour moi.
Il y aura 15 lauréats et 1 prix du public uniquement.
Si vous appréciez ce que je présente comme projet ,votez pour moi,ce sera pour moi une immense joie,et d'avance ,je vous remercie de tout coeur .
Pour cela,vous pouvez voter pour moi en allant sur leur site 
en cliquant dans ( "vote for art""  ) et en votant pour moi".

La page du site "Straffe artistes" où est présentée son oeuvre appelée "Le pari gagnant"  de Charles se trouve ici:

http://www.straffeartists.be/gallery.php?id_vote=925

Il vous suffit de cliquer sur le bouton voter en dessous de son oeuvre pour encourager ce membre qui nous réjouit à chacune de ses communications d'oeuvres.

Son oeuvre: 12273173283?profile=original

Merci à vous tous, pour lui.

Et cet appel constitue aussi une bonne occasion de rappeler à votre bon souvenir le panorama des oeuvres transmises par lui:

           

Robert Paul

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La dernière génération

Pour en retrouver la saveur,
Je dis des mots de mon enfance,
Qui dans l'espace soudain dansent,
Rondes de sons et de couleurs.

Or si Alain est près de moi,
Il arrive qu'il mette à sa place
Un vocable que je remplace.
Il m'a surprise bien des fois.

Sa mémoire garde vivantes
Des scènes emplies de fantaisie,
D'une rieuse poésie,
Pour lui d'une grâce évidente.

À l'ère des excentricités,
Des performances corporelles,
Attirant l'intérêt sur elles,
Abondent les activités.

Un langage étrange, bruyant,
Plaît à des foules curieuses
Lassées des tâches ennuyeuses,
De leur quotidien décevant.

Sa médiocrité appauvrit
Mais peu s'en soucie la jeunesse.
Ses échanges certes progressent,
Marqués d'un tout nouvel esprit.

27 juin 2016

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administrateur théâtres

Voilà la 13e édition de Lille Piano(s) Festival achevée depuis une bonne semaine et il nous reste de très beaux souvenirs. Si nous n’avons pas pu courir  aux quatre coins  la ville où rivalisaient claviers et autres boîtes à musique - au Forum départemental des sciences à Villeneuve-d’Ascq, à la Villa départementale Marguerite Yourcenar à Saint-Jans-Cappel, et à la Maison natale Charles de Gaulle à Lille sans oublier le Furet du Nord et la Gare Saint-Sauveur -  nous nous sommes partagés entre  le Nouveau Siècle, résidence de l’Orchestre national de Lille, et le Conservatoire. Selon les organisateurs, le  taux de fréquentation a été de  17 % supérieur à l’année dernière. Un très grand succès compte tenu de la liesse européenne  pour les heurs et malheurs du  ballon rond.

13502634_928332577293943_4494094193331760144_o.jpg?width=450Notre premier coup de cœur fut le vendredi soir à l’auditorium du Nouveau Siècle, avec la richesse pianistique du récital Alexandre Tharaud interprétant Les variations Goldberg de J.-S. Bach. Le plateau de bois blond illuminé de silence et de respect accueille un musicien aux énonciations fermes, aux cascades et ascensions vertigineuses. Les galops effrénés et les survols aériens  succèdent  aux lents enchantements. Les poignets de l’artiste semblent suspendus à quelque fil mystérieux. On ne perd pas une note des suites frissonnantes, de belles notes détachées, des éparpillements ludiques et même des pas de danse! Et l’aveu, en filigrane, de notre condition humaine éphémère, effeuillée tendrement à la manière d’un bouquet de coquelicots. Des pétales de vie lentement dispersés d’où émerge la sérénité. Soliste très réputé de sa génération,

13517458_928332050627329_5232199208256050418_o.jpgAlexandre Tharaud se produit dans les plus grands festivals à travers le monde. Il a enregistré ses variations chez ERATO.

Puis vint la rencontre avec l’égérie du festival, l’une des plus grandes personnalités du piano d’aujourd’hui, Anne Queffélec, soliste renommée,  meilleure interprète de l’année 1990, invitée à travers le monde entier.  Elle se dit attachée à la ville de Lille pour des raisons familiale et musicales. Elle est heureuse de créer du lien avec le public, elle aime l’esprit d’ouverture du festival, elle souligne la qualité des claviers offerts et la très belle organisation des répétitions et des concerts. On est dimanche à 11 heures au Conservatoire.

 13497797_928332047293996_2421304744615565636_o.jpg?width=450Le programme éclectique qu’elle propose  est une œuvre de joaillerie. Elle alterne en effet Gnossiennes et Gymnopédies d’Eric Satie, des  morceaux de  Ravel, Poulenc et Debussy  avec un florilège d’œuvres méconnues du début du 20e siècle de Déodat de Séverac, Pierre-Octave  Ferroud, Reynaldo Hahn, Florent Schmitt, Charles  Koechlin et même un certain  Gabriel Dupont, mort de tuberculose: Après-midi de Dimanche (extrait des Heures dolentes).  La salle est bondée, au parterre comme à l’étage, pour savourer les plaisirs de la musique intimiste ou bucolique. Plus qu’un récital, appelons cela une rêverie commune où se rencontrent l’œuvre, l’interprète et des auditeurs dont elle a habilement capté l’écoute profonde dès le début du concert. La pluie claque sur la coupole du Conservatoire ?  Elle en est fort aise, elle est reliée aux éléments naturels qui renforcent son propos. De la nostalgique Première Gymnopédie, nous  plongeons  dans la langueur  et les légatos lumineux et le toucher aérien de la Rêverie de Debussy. Mais voilà que  perce le spleen sous une pluie battante dans la 3e Gnossienne. Nonchalante de Ferroud est vive et syncopée, libre Esméralda qui danse sous la pluie ! On se délecte des sonorités, des arpèges rêveurs, des silences de neige, et de rythmes de tableaux d’une exposition… bien qu’ils ne soient  nulle part dans le lancinant Glas de Schmitt! Une vraie magie musicale au bout des doigts fait que  résonnent des cloches, fenêtre ouverte sur le monde qui bruisse, chantent des voix de marins (Le chant des pêcheurs de Koechlin), de la main droite miroitent fugaces, au sein de fiévreuses attentes, des nuages des feuilles et des clairs de lune (Debussy). On est sidéré par la qualité des timbres et la composition orchestrale des couleurs, et même d’habiles jeux de dissonances caverneuses, avec chaque fois un soin extrême pour les dernières mesures comme dans Hivernale de Hahn.

  C’est avec une sonate de Scarlatti qui termine ce récital de rêve une promenade en Italie offerte par l’interprète. Les  mains  se croisent à vive allure, les note se piquent de soleil, voici l’écoulement liquide de la joie dans des flots de dentelle musicale, et des roucoulements ininterrompus. Le public remercie debout cette grande dame qui l’a fait pénétrer  au cœur du mystère de la musique. Rendez-vous est pris pour le soir même à 20h, au Nouveau siècle où elle jouera le concert pour piano BWV 1055 de Bach dans un rythme envoûtant. Là encore, on avait rendez-vous avec le ravissement.

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Nous attendons avec grande impatience  sa venue au  concert d’ouverture du Festival Musiq3 à Bruxelles  les trois premiers jours de juillet. C’est  sans doute l'un des concerts les plus attendus  de ce festival,  en  voici le programme :

 

Wolfgang Amadeus Mozart, Sonate en sol majeur pour violon et piano KV 301

Maurice Ravel, Kaddish

Fazil Say, Cleopatra pour violon seul, op. 34

Aram Khatchatourian, Gayaneh : Danse du sabre

Claude Debussy, Sonate en sol mineur pour violon et piano

Jules Massenet, La Méditation de Thaïs

 

Anne Queffélec et Tobias Feldman sont animés d’une même profondeur, à la fois sereine et lumineuse. Si Elle est une égérie du piano français, gracieuse et souriante, littéraire dans son approche du clavier, Lui est un jeune virtuose, qui a époustouflé tous les observateurs au dernier Concours Reine Elisabeth de violon.  Et nous avons hâte de les entendre ensemble ! 

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Désir.

Fleuve gris-vert tranquille,

immobile sous le bleu du ciel,

ses longs bras chauds d'été

s'impatientent du déferlement

mélodique de la rivière brune,

énergique, pressée de se lover en lui,

de s'y perdre, jusqu'à devenir mer.

Une jeune femme sereine,

alanguie sous le citronnier vert,

ses hanches épanouies tel un fleuve,

lumineuses et offertes,

écoute la démarche feutrée de celui dont les

rivières à la place des yeux,

s'éternisent sur ses hanches,

jusqu'à ce que la mer l'un dans l'autre les mêle.

 

 

NINA

 

 

 

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Chuchotement



Voici le soir qui tombe doucement,

Plus un souffle n’agite la vallée,
Les arbres se sont tus,
Le vent aussi va se coucher.
De gros nuages gris et de claires trouées
S’entremêlent au déclin du jour,
La lumière s’estompe et le vert noircit,
Les hirondelles fusent en chantant,
Rasent les cimes et les toits,
Habiles et heureuses du silence
Qui s’installe en la fin du jour ;
Au loin des voix venues d’ailleurs
Arrêtent l’été en parlant,
Brisent le silence qui vient de la nuit,
Puis rentrent chez elles allègres.
Un chien se tait enfin puis tout est plat ;
L’horizon rougi apaise les fleurs ;
La lumière fléchit maintenant,
Tout chuchote puis s’endort.

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« Le bonheur, il est où? »

Songerie et réminiscence.

Inévitablement, je demeure passive.
Je cède à mon plaisir de savourer l'instant.
Le zéphyr a soudain cessé d'être insolent.
Ma rue reste figée dans la lumière vive.

Me revient à l'esprit la question répétée
Que posait à Toulouse, hier à une fête,
Un chanteur enjoué qui clamait à tue-tête:
« Le bonheur il est où? » Il rêvait d'y goûter.

Que savoir du bonheur qui jamais ne perdure?
Il dépend du pouvoir de doser ses envies,
De l'énergie qu'il faut face aux pires défis,
Du plaisir des galas offerts par la nature.

Réciproque, un amour est une grâce immense.
Il faut lui prodiguer des soins très exigeants.
Or il est vulnérable et reste tout le temps
Un bonheur que protège ou non la providence.

Le bonheur est dans le pré,
Le soleil nous y invite.
« - Cours-y vite, cours-y vite!
Cours-y vite, il va filer! »

26 juin 2016

 

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Un instant

12273179265?profile=originalUn instant, seule avec toi.

Sans mot, sans musique.

Juste le chant des oiseaux.

Le murmure du vent dans les arbres.

Un instant, seule avec toi.

Plonger mon regard dans le tien.

Y voir une lueur s'allumer.

Frôlement de ma main sur ton épaule.

Un instant, seule avec toi.

Respirer ton souffle sur ma joue.

Te sentir si proche.

Me sentir si vivante.

Douceur et bonheur.

Un instant, seule avec toi.

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DETACHEMENT…

 

             DETACHEMENT…

…De la confusion naît le vacarme
Et la rumeur s’emballe
Dans le petit matin…
Prend l’air du son
Et tout parvient dans l’indifférence
Dans d’indéchiffrables envois


Je m’adonne à la paresse coutumière
Les yeux mi-clos
Distillent les premiers rayons
Tout est clarté émergeante
Pour mes membres engourdis
La puissance du vol de la lumière
Pénètre tous les recoins de la demeure


Je m’étire d’un lit outragé
Un lit ravagé par les mites du silence
Et qui garde encore
L’empreinte d’un corps envolé
Un corps mutilé d’avoir vécu
Dans la nudité des saisons…


Je rejoins l’origine du jour
Ce reflet qui danse sur les murs
Et le bruit lointain
Colporté par un vent frivole
Donne le sentiment de l’autre absence
L’écho met fin à tous les échos


Je retire les stores du cloisonnement
Celle qui visitait mes rêves
Partageait les crues de mes délires
N’est plus là… !
Elle s’est envolée
Avec les premiers signes du jour


La visiteuse de mes nombreuses nuits
La nocturne délivrance
Qui s’est faufilée sous les draps
Dans la froideur des couleurs
Avec ses longues frénésies
Et ses indescriptibles caresses
Ses étranges transes de mots
Vit comme moi de castrations…

 

Je hume avec délice
De mes lèvres fanées
Les dernières saveurs déversées
L’alchimie d’un musc innommé
Et un parfum qui reste suspendu
Et dont elle seule connaît le secret…


Les mille feuillets griffonnés
Les mille pages sectionnées
Jonchent une table esseulée
La croisée ouverte
Sur les allées oubliées
Où un platane ne cesse de me regarder
De veiller mes fréquents ébats
Dit en soupirant :
Je vieillis mon ami… !
Tu as beau m’arroser
De toutes les espèces de rosée
De l’unique source de vie
De la profondeur des larmes du cœur
De tes mains saccagées par le temps
Mes racines ne me portent plus
Tout me semble se rétrécir
Mes feuilles me quittent sans douleur
Elles finissent par inonder mes pieds… !


J’ai peur de mourir avant terme
Déjà je vois les autres disparaître
Rasés par la main de l’homme…
Je suis l’unique témoin
De ton émouvant parcours
J’ai le gosier sec
J’essuie d’une main gauche une larme
Qui ruisselle sur un visage tuméfié
Un oiseau qui niche quelque part
Qui nourrit parfois ma solitude
Et qui me remplit du même refrain
Dis, et toi là-bas ... !
Nous sommes liés par la même destinée
Par la conjoncture astrale
Par la différence de nos natures
Moi je vole et reviens
Toi tu me survoles par tes pensées
Je capte partout tes messages
Et je les confie à ta bien aimée

 
Hélas, mon unique ami… !
Le poison qui coule dans mes veines
Dépose depuis longtemps de petites doses
Et finit par me faire perdre toute énergie
Je vois surgir le crépuscule
L’incorruptible convoi de la nuit
Ta bien aimée est enterrée
Elle n’est que poussière
Qui vit encore
Dans la mémoire de tes… écrits
Fais-en une statue
Sur un socle sur ton bureau… !
Je refoule de nouveau cet ultime blasphème
En déposant une simple fleur
Au chevet d’un lit… orphelin 
              

© Kacem loubay
Jeudi 14 Août 2003

Khénifra / Maroc

Loubay_k@yahoo.fr

Le poète de l’autre rive

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administrateur littératures

Vivons, mon amour...

Viens, mon amour,

C'est ici que tout commence!

Viens sans détour,

Car c'est ici notre chance!

L'espoir toujours,

Nous guide aux pas de danse,

Trois petits tours,

La mélodie nous lance!

Aimons le jour,

L'univers et le silence,

Vivons tout court,

Sans règles, sans insistance,

Et surtout pour

Nos coeurs en état d'urgence;

Viens, mon amour,

C'est d'ici que l'on s'élance!

Vivons!

(Poème librement inspiré d'une chanson de Jacques Brel)

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LOIN DES SOUPIRS INUTILES...

Marc se frotte les yeux, étire ses longs bras et ses interminables jambes. Son regard s'attarde un moment sur les baskets de cuir si confortables qui l'ont mené presque sans qu'il s'en rende compte dans ce lieu hors du temps, une clairière bleue à l'orée d'un petit bois, au bout d'une route de campagne.

Son sac renversé à ses côtés, il se sert d'un biscuit. Lui, l'éternel affamé, a tout simplement oublié de dîner la veille, tant étant pressant ce besoin de marcher! Marcher pour s'éclaircir les idées, pour que la vis s'ouvre, enfin...

Sa grand-mère, qui a encore coutume de l'appeler "son prince gris", n'y comprendrait plus rien aujourd'hui. Oublié le gris, il se sent revêtu de la couleur fraîche et lumineuse de l'espérance.

Il prend la lettre qui dépasse du polar renversé lui aussi à côté de son sac, et un sourire irrépressible s'ébauche sur ses lèvres, c'est que déjà, il pense à son retour. Il ne se voit plus désormais dans une chambre banale où l'ampoule du plafond a perdu l'espoir d'un abat-jour depuis des lustres! Il se projette dans une vie où, comme Julia le dit dans sa lettre si brève mais si essentielle, le bonheur ne demande qu'à caracoler!

Marc a repris confiance en lui, il sait que désormais plus rien n'y pourra faire obstacle.

Une fin d'été très douce et ensoleillée, c'est tout ce qu'il aime! Sa nuit fut certes brève, mais reposante et le petit matin l'enchante. Il sent pourtant monter en lui, une réelle impatience...

Rentrer au plus vite!

Passer chez sa grand-mère pour lui raconter. Elle adore quand il s'épanche et pourtant les confidences qu'il lui fait sont rares quoique jamais anodines! Marc apprécie son écoute toujours gratifiante. Cette fois, il projette de lui demander son aide financière. C'est une première, il ne se l'est jamais permis jusqu'ici, mais là, vu ses projets, il doit au plus vite se chercher un nouveau logement. Il le désire petit, certes vu la hauteur de ses moyens, mais avec un réel potentiel, vu la hauteur qu'il désire donner à son futur!

Ses affaires assemblées tout en réfléchissant, Marc se dirige vers la petite route asphaltée dans le but de croiser une voiture qui veuille bien accepter un autostoppeur.

Quelques minutes plus tard la chance lui sourit, une vieille Golf s'arrête à sa hauteur, Marc se renseigne :

-Je rentre vers Waterloo, Est-ce votre direction?

-Montez, nous y serons dans un quart d'heure, répond l'homme derrière le volant qui arbore une barbe de trois jours et dont le jeans délavé contraste avec un polo Ralph Loren et le cashmere noué sur sa poitrine.

Marc monte à ses côtés et pose son sac entre ses jambes.

-Enfin quelqu'un avec d'aussi longues guiboles que moi! Vous n'êtes pas trop inconfortable? S'inquiète le conducteur.

-J'ai l'habitude de la caser, merci, répond Marc souriant.

-Vous semblez bien pressé, enchaine l'inconnu

-ça ce voit tant que cela?

-Non, cela se devine...

-Vous êtes psy?

-Seulement journaliste!

Marc acquiesce et replonge dans ses pensées...il connait par cœur la lettre de Julia et se la remémore en boucle :

" Cher Marc,

Je dirais que grâce à notre pourtant si brève rencontre, ma vie peut enfin reprendre son cours et ceci est tout sauf banal, comme une époque, où je me suis sentie jetée...

J'ai ressenti que pour toi, il n'est pas nécessaire d'expliquer une vie où tout fut un peu fou. Aujourd'hui, je reprends mes esprits, alors merci à toi. Je sens l'impatience d'un bonheur qui veut caracoler pour de nombreuses années...qui sait? Peut-être pourrons-nous le partager?

A bientôt?

Julia "

Perdu dans son rêve, Marc n'a pas vu le temps passer, la Golf s'est arrêtée.

-Nous y sommes, jeune homme, belle journée à vous, courrez donc là où vous portent vos pensées, sourit l'inconnu qui, ouvrant la portière à son passager poursuit : Au fait, vous aviez raison, dans une autre vie j'ai été psy!

Alors Marc, instinctivement suit le conseil et il se met à courir...

                                                                         -----------------------

On ne sait jamais comment se termine l'histoire tant qu'on est en vie, c'est ce qui lui donne son piment.

Marc sait maintenant qu'il veut en écrire une où ses lèvres trouveront au bord de celles de Julia la faculté d'effacer leurs blessures et d'écrire des pages enchantées où passion et confiance triompheront des soupirs inutiles...

J.G.

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