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La nouvelle JGobert

A l’instant même de la nouvelle, elle reste immobile, comme pétrifiée, les yeux grands ouverts sur ce monde qu’elle connait trop bien, incapable subitement de se projeter dans le futur, dans les mois, les années à venir. Comme un coup de tonnerre venu figer une vie facile, elle reste déconcertée par ce qu’elle vient d’apprendre. Incapable de réagir pour le moment et afin de ne rien laisser paraitre, elle remplit son esprit de petits projets à court terme pour en montrer sa lucidité.

Une bonne humeur affichée, des petits instants déterminés, des sorties souvent lassantes, des restaurants joyeux la tiennent debout. Garder cette nouvelle secrète, ne pas la répandre, ne pas avoir à répondre aux mille questions, laisser cette chose disparaitre, mourir, repartir d’où elle vient.

Les journées qui suivent sont pondérées comme pour mieux comprendre ce qui arrive. Les paroles sont revenues, les mots ont enfin jailli. Le temps de l’expression est arrivé. Les proches ont été prévenus. Un coup de téléphone comme à Noël, à Nouvel an. Ca ne fait rire personne mais il faut y mettre un peu d’humour, le monde continue de tourner.

Les jours passent et se remplissent de manque. Apparait tout ce que l’on n’a pas fait, pas dit, pas vécu, pas aimé. Toutes les aspirations subitement importantes que l’on a laissées derrière soi. Et le temps se remplit d’échéances, de dates, de rendez-vous comme pour justifier la situation. La vie est comptée. L’éternité en a pris un coup. Une nouvelle réalité s’installe et étrangement, cette réalité la rend plus forte.

Plus forte parce que la bataille ne fait que commencer, que le combat n’est pas gagné mais loin d’être perdu. Que le temps facile d’hier donne la volonté de le garder toujours intact et longtemps encore. Que les petits bonheurs de la vie sont très importants.

L’existence va changer mais pas sa saveur, ni son goût. Elle aura un autre sens, plus précieuse, plus sereine, plus fragile. Elle effacera un nombre incalculable de petits soucis, d’ennuis ridicules qui encombrent l’esprit et le cœur. Elle sera plus libre d’aimer.

Cette angoisse nouvelle et permanente, cette boule au ventre douloureuse, à tenir à distance, à maitriser jusqu’à ce qu’elle devienne une amie cruelle mais vivante qui l’emmènera vers un autre horizon.  

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administrateur théâtres

12273175879?profile=originalLe Lille piano(s) festival 2016 a fêté  les Boris cette année,  et un troisième homme, Lukáš Vondráček, notre lauréat du Concours Reine Elisabeth 2016…. ! Un festival sur le mode majeur, qui s’enracine sur Bach et Mozart ! 

 

         Commençons par le flamboyant Boris Berezovsky, médaille d’or du Concours International Tchaïkovski 1990 à Moscou et maintenant membre de ce Jury prestigieux. C’est lui qui débutait le concert de clôture du festival avec le Concerto pour piano n° 2 en fa mineur, Op.21 de CHOPIN sous la direction de Jean-Claude Casadesus, chef-fondateur du festival et son complice de longue date.  Le pianiste russe  y a déployé  une musicalité et un flegme fascinants qui ont captivé une salle de près de 2000 spectateurs émus et bouleversés par ce sommet de l’ivresse romantique et ce talent pianistique hors pair. Les majestueux élans passionnés ont alterné avec la poésie profonde, intime et raffinée. Boris Berezovsky, en interaction presque viscérale avec l’orchestre,  joue mais écoute les moindres frissons des violons, délicatement  inspirés par le maestro Jean-Claude Casadesus. Monstre sacré, le pianiste produit tour à tour des tornades de notes et des ruissellements emplis de grâce… on en oublie presque l’orchestre dont le déploiement de timbres a pourtant de quoi séduire. On est cloué sous le charme de l’âme slave qui exalte ou fait pleurer. Les parachèvements de  chaque veine musicale sont grandioses  dès le premier mouvement.  Dans le deuxième mouvement, après les  exquises volutes de la cadence, on croirait entendre  naître des voix de chœur d’hommes, tant les vibrations sont belles pour encadrer la souplesse et l’expressivité intense du soliste. Jean-Claude Casadesus conduit la dernière phrase de ce mouvement comme une traînée de poussière d’étoiles.  Au troisième mouvement, les archets rebondissent joyeusement comme  une volée de  chaussons de danse, le soliste taquine le clavier, les jeux de bilboquets s’amoncellent, l’orchestre est rutilant et célèbre la joie de vivre.  Cuivres et piano complices concluent cette fête dans la fête, devant un public subjugué par les  humeurs de l’âme slave et la transparence française. Et le soliste, meilleur instrumentiste de l’année 2006, livre un bis  plein de panache : la première étude de CHOPIN.


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          Mais la soirée n’est pas finie, elle se terminera de façon insolite sur une double exécution du Boléro de RAVEL. D’abord un quatre mains au piano, interprété par Wilhem Latchoumia et Marie Vermeulin au piano.  L’exécution est spectaculaire, parodique, portrait d’un monde malade,  image  d’une humanité  au bord du gouffre ? L’orchestre est figé dans le noir. Sous les lumières,  les deux pianistes semblent fabriquer  la sinistre performance d’un destin qui s’anéantit, jusqu’à utiliser des changements d’harmonie qui produisent d’étranges sons surgelés – le rire des autres planètes? Cela semble convenir parfaitement à l’expression  de leur vision  narquoise, lugubre et pessimiste.  Impassible, Wilhem Latchoumia moque sans la moindre faille l’implacable métronome du temps, tandis que Marie Vermeulin,  pourtant vêtue d’une sage tunique de dentelle et d’un pantalon noir, ne cesse de séduire par sa gestuelle gracieuse de danseuse orientale.  Puis, au cœur de la dérision,  la gestuelle se disloque comme dans un massacre surréaliste.  Et malgré le dynamisme effarant des pianistes ying et yang, l’issue  du monde semble fatale,  laissant un terrifiant goût de  crépuscule.

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          Rassurez-vous, le deuxième Boléro est  totalement solaire et inspiré,  tout autant que  l’Orchestre National de Lille sous la baguette de Jean-Claude Casadesus. La danse obsédante et aérée naît pas à pas, pupitre après pupitre, avec une divine souplesse!  Malgré l’absence de mélodie, les plans orchestraux réduits au rythme seul,  se superposent dans de  superbes sonorités, comme dans un vertigineux  château de cartes,  laissant  le tissu orchestral se déployer majestueusement dans un  long crescendo harmonieux et spectaculaire! Le public est  envoûté et heureux. Mais, Jean-Claude Casadesus, épuisé, indique par d’aimables mimes qu’il est l’heure de se restaurer et d’aller dormir…  Après  une si belle exécution, on est tous d’accord.     

          Et le deuxième Boris?  C’est Boris Giltburg et on l’a écouté au Conservatoire, la veille. Le très talentueux pianiste israélien  est né à Moscou en 1984 et a reçu le Premier Prix du Concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2013.  Au programme il a inscrit son arrangement du Quatuor à cordes n°8 de CHOSTAKOVITCH, suivi des Etudes-Tableaux op.33 de RACHMANINOV pour terminer avec la Sonate n°8 de PROKOFIEV.

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          Le pianiste fait une entrée discrète et secrète avec délices pour l’assistance, son élixir musical savant et précieux. Le corps plié sur le clavier, ses notes deviennent de purs parfums évanescents, le buste ondoie comme dans une nage sous-marine quand retentit la richesse des premiers accords. Il crée des explosions, des pluies d’acier, les poignets en lévitation constante, il danse des bondissements de pluie tropicale. Sa frappe est prodigieuse, les doigts sont possédés par des roucoulements ou des frissons de harpe accélérés… Visuellement, et auditivement, on est vite envoûté. Il produit des rugissements paléolithiques absolus pour passer à des flots de larmes séchées aussitôt ! La compassion est intense et les baumes, salvateurs : c’est un art de guérisseur ! Et on n’est qu’au premier mouvement  du quatuor de Chostakovitch ! Le deuxième, plonge dans une galaxie de couleurs aux lointains brumeux, ensuite dans des gouffres noirs. Les accords majestueux célèbrent le feu créateur. La puissance phénoménale de ce travail de Prométhée et la virtuosité de l’allegretto coupent le souffle.

12273177867?profile=original La sonate  n°8 de PROKOFIEV démontre la délicatesse d’alchimiste du musicien. Le corps tendu à l’extrême, il est à peine assis sur son tabouret et marche en dansant sur le bord d’un cratère. Prokofiev, c’est lui, il a rejoint l’âme du compositeur, torturée, terrifiée  et créatrice, et bientôt il valse dans l’extase ! Il semble que les archanges eux-mêmes sont au garde-à-vous de cet archi-musicien dont le piano est le véhicule, comme certains dieux indiens sauvages et rédempteurs assis sur leurs fabuleuses montures. Se gaussant du monde entier, il célèbre une beauté terrassante. Deux bis : Liebesleid de Kreisler/Rachmaninov et une Polka de Rachmaninov.   Les sonorités en cascades du génie généreux font s’effondrer des mondes de dominos, en un souffle.  Acclamé, Boris Giltburg quitte ce festival de sensibilité  mêlée d’humour sous les ovations du public.

           Et le troisième homme? Encore un phénomène musical : le Premier Prix du Concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2016 : Lukáš Vondráček. Son récital  nous offre les Memories opus 6 de NOVÁK suivi de la sonate en fa mineur opus 5 de BRAHMS.

12273178054?profile=originalDans la première œuvre, il travaille à l’extrême la douceur des sonorités: nous donne-t-il à entendre des infra-sons ? Volutes liquides, ralentis subits, le combat fébrile et démesuré  de titan s’oppose à la patience de chercheur d’or. Sur un fond d’inquiétude dévorante.  Dans le Brahms, il nous livre des détonations délirantes, des électrochocs, sublimes dans l’infiniment petit. Il travaille la matière musicale au ras des notes, comme de l’horlogerie fine,  ou l’entomologie du microcosmos ! L’expressivité est intense, démultipliée. Roulé sur lui-même, il livre goutte à goutte  la sève de son intériorisation. Les contrastes sont aigus, les pianissimi et les salves sonores, surhumaines. Des demi-applaudissements discrets indiquent l’enthousiasme du public après le premier mouvement. L’Andante espressivo rappelle la Bohême natale de l’artiste, pays du cristal. Le toucher fait ressortir des mosaïques de lumière. Maître des scintillements, il plonge dans l’infini de trilles fabuleuses.

12273178261?profile=originalRepos et recherche  intense de concentration dans le silence avant un Scherzo défiant l’Eternel. L’intermezzo est combatif pour se retrouver dans un bain de lumière dans le Finale. Il expose un lieu surnaturel où la douceur et la puissance se réconcilient dans un vaste bouquet de notes éblouissantes. Le son rond et puissant fait penser à l’illustre Richter qui disait de l’interprète qu’ « il ne doit pas dominer la musique, mais devrait se dissoudre en elle. » Le bis?  Une danse tchèque de Smetana.  On pouvait s'en douter!

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 A paraître,  un nouvel article : L’égérie du festival…

 

   

 

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Premier amour

Il l’attendait chaque jour à la sortie de son lycée. Il l’observait de loin, sans rien dire et surtout sans oser l’approcher. Lui, il était d’une autre école, de l’enseignement laïque et son père était socialiste.  Elle, cela se voyait, était d’un autre monde, plus beau, plus aisé, et chaque dimanche elle accompagnait ses parents à la grand-messe, cela il le savait. Deux mondes différents et entre eux un abîme qui interdisait toute tentative. Comment aurait-il seulement osé l’aborder ? Au fond de lui-même, pourtant, il savait que tout cela n’était que des prétextes qui lui permettaient de se complaire dans sa timidité. Eût-elle été du même niveau social que lui qu’il n’aurait pas fait un pas de plus. Mais comment aborder une jeune fille quand on a seize ans et qu’elle est belle comme l’amour ?

Alors il l’observait de loin. Une fois les cours terminés il plantait là tous ses copains et se ruait à travers les rues de la ville pour être là quand elle sortirait. Heureusement, dans ce lycée chic, on sortait dix minutes plus tard que dans les autres écoles, histoire sans doute de montrer une différence de classe. Le fait d’être élève dans cette institution prouvait qu’on n’était pas comme les autres. Elle, en tout cas, n’était pas comme les autres, ça c’était certain ! Fine, élancée, elle resplendissait dans son petit uniforme. Une jupe bleue avec de beaux plis et un chemisier blanc impeccable sur lequel on devinait de loin une chaîne en or avec un crucifix. Qu’est-ce qu’il aurait donné, lui le mécréant, pour être à la place de ce crucifix, bien positionné sur la poitrine de cette jeune fille. Parfois, chez lui, il imaginait non seulement qu’il lui parlait mais qu’il prenait dans sa main ce crucifix, pour lui prouver que tout agnostique qu'il fût, il n'en était pas moins disposé à faire un pas en direction des mystères qu’elle vénérait. Mais en fait de mystère, il songeait surtout à la chair blanche et tendre qui se trouvait sous le chemisier et qui s’élevait et s’abaissait à chaque respiration. A propos de respiration, quand de telles idées lui venaient en tête, il se retrouvait sans souffle, affolé et désemparé, ne sachant comment mettre un terme à ce trouble qui s’emparait de lui.

Il l’observait donc de loin, qui papotait avec ses copines, puis qui se dirigeait seule vers l’arrêt de l’autobus. Alors il se mettait à la suivre à une distance respectable, en ayant bien soin de  ne pas attirer son attention. De toute façon, même si elle s’était retournée (ce qu’elle n’avait jamais fait) elle n’aurait pas été étonnée de sa présence à lui (pour autant qu’elle le remarquât) puisqu’il prenait le même bus qu’elle. Elle le connaissait donc de vue et n’avait jamais manifesté la moindre inquiétude quand il passait devant elle, l’air indifférent,  pour aller s’appuyer au mur qui prolongeait l’abri de verre où elle se réfugiait, protégée du soleil comme de la pluie. C’était alors dix minutes de bonheur, dix minutes qui devenaient parfois quinze ou même vingt, quand la circulation du centre-ville retardait les transports en commun. Une nouvelle fois il l’observait à la dérobée. Assise sur un banc et plongée  dans un livre, elle ne remarquait pas à quel point il la dévorait des yeux. Ah, ces boucles de cheveux noirs qui descendaient en cascade jusqu’aux oreilles ! Comme il aurait voulu les écarter et de sa lèvre effleurer la peau du cou, qui devait être douce et blanche… 

Mais l’autobus finissait toujours par arriver, rompant le charme. Elle fermait son livre et d’un pas souple et nerveux pénétrait dans l’énorme véhicule. Il la suivait en retrait, se mêlant à la foule des autres élèves parmi lesquels il se noyait afin de rester invisible. On longeait le parc, puis le grand fleuve. Enfin, on pénétrait dans les quartiers aisés, là où des villas s’alignaient entre des bosquets de bouleaux ou de noisetiers. Elle descendait, son livre à la main, toujours de la même démarche souple et gracieuse. Une dernière fois, il essayait de la suivre du regard, mais déjà le bus virait à angle droit et amorçait la descente qui le ramenait vers les bas-quartiers, là où étaient les usines et les fabriques et où s’alignaient des rangées de maisons identiques aux briques noircies par les fumées.

Un jour, oui, un jour, il descendrait au même arrêt qu’elle et il l’aborderait. Il lui expliquerait que s’il avait laissé le bus continuer sans lui, c’était pour avoir l’occasion de lui parler. Alors, étonnée, elle l’écouterait et pour la première fois remarquerait sa présence. Il parlerait de tout, de rien, et elle sourirait en l’observant à la dérobée. Quand ils seraient arrivés devant sa maison, il prendrait un air détaché pour dire qu’il continuait sa route, mais elle, dans un mouvement spontané, viendrait gentiment l’embrasser sur la joue avec dans le regard un feu qu’elle n’avait jamais eu Elle lui dirait « A demain » et avant que la grande porte cochère ne se referme derrière elle, il verrait une dernière fois ses prunelles brillantes. Ce serait le bonheur absolu et c’est en sifflotant qu’il s’acheminerait vers la vile basse, tout simplement heureux et laissant ses seize ans déborder de joie.

Oui, voilà ce qu’il ferait. Mais pas aujourd’hui. Non, aujourd’hui il était trop tôt encore pour entreprendre une telle démarche. Et puis il risquait de pleuvoir et les gros nuages noirs qui s’amoncelaient dans le ciel étaient d’un mauvais présage. Non, il faudrait choisir un jour de printemps, quand l’air doux et les premiers bourgeons mettaient tout le monde en joie. Non, aujourd’hui, il se contenterait de l’observer en train de papoter avec ses copines devant l’entrée du lycée.

Allons, la voilà qui dit au revoir et qui prend la direction de l’arrêt de bus. D’où il se trouve, il voit une grosse voiture qui avance à vive allure sur la chaussée. Il voit aussi la jeune fille qui s’apprête à traverser. Distraite, elle n’a rien vu ! Alors, comme malgré lui et par réflexe, il crie son prénom de toutes ses forces : « Isabelle ! » Et la voilà qui s’immobilise au milieu de la route et qui regarde dans sa direction, étonnée. « Isabelle ! » crie-t-il encore. Pendant une seconde leurs regards se croisent puis la voiture arrive dans un hurlement de freins et percute la jeune fille.

C’est fini.

Pendant des années il repensera à cet événement. S’il avait pu, comme les autres jours, se taire et garder le silence, peut-être vivrait-elle encore. La première fois qu’il avait osé l’apostropher avait aussi été la dernière. La vie est vraiment cruelle parfois. Depuis il reste seul, sans rêve et la conscience remplie de remords. 

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Un événement à ne pas manquer à Mons, à la Maison Losseau (lieu historique et culturel), La "Guinguette littéraire", tous les we de l'été. Et le 21 août, il y aura une rencontre autour de mon roman SEPARATIONS, une lecture à plusieurs voix, accompagnée d'un jeune violoncelliste talentueux qui jouera des morceaux des Suites de Bach :) :)

http://guinguettelitteraire.be/programme/

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Succès durable ou éphémère

Songerie

- Page blanche, dis-moi qui sait,
Se concentrant dans le silence,
Faire arriver en abondance,
Des mots chantant associés?

L'autre interrogeait à son miroir
En pensant être la plus belle.
Certes nombreux sont ceux et celles
Qui n'attendent pas pour savoir.

S'abuse-ton sur sa beauté?
Cela peut sembler impossible

Ce qu'on en pense est prévisible.
Or d'un talent, ont peut douter.

Encouragé souvent à tort,
L'amateur qui se croit artiste
Peut avoir des lendemains tristes,
En dépit de tous ses efforts.

Le créateur talentueux,
Pour sa part accueille le doute.
Des pièges encombrent les routes
Rendant un succès hasardeux.

Les classements sont provisoires.
Changera de rang le premier
Sous l'effet d'un vent printanier.
Alors s'étiolera sa gloire.

20  juin 20016

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Le mainate amoueux

 

À Mohamed Benyounès 

L’oiseau imitateur apprendra, je le sais,

Les mots que les amants murmurent à leur belle,

En oubliant les fous et les atrocités.
...

 

Il les répétera, ébloui de lumière,

En survolant le port et les bois parfumés.

Le bonheur renaîtra dans le coeur des fidèles.
...

 

Je me souviens, émue, de l’université,

De ses jardins en fleurs, bordant la haute grille,

Des rires et des rêves des garçons et des filles. 
...

Alger, la blanche, mon élégante tant aimée,

Innombrables points blancs sur le vert des collines,

Avec du bleu au-dessus d’elle et au-dessous.
...

 

Ses enfants de demain ne seront exposés

Qu’aux vocables d’amour que la beauté suscite.

 La terreur disparue, ils s’épanouiront.
...

 

Alors, l’oiseau grisé, devenu amoureux,

Mêlera ses romances à celles des poètes.

Les mères attendries, cesseront de pleurer.

 

11/12/2002

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Nous, les gens de tous les jours

Mon cœur immobile depuis l'arrière-saison
Apaisé par une pluie du printemps
Arrosant la terre et les feuilles
L' âme inondée de doux crachin
La joie descend en moi
Rompant avec la mélancolie


Pensée aux victimes de la folie des hommes
Maintenues délibérément dans la pauvreté et l'ignorance
Puisque la guerre est propre de l'homme
Et si la guerre est la loi de la nature
Malheur à ceux qui sont poussés par leur avidité de pouvoir
Ceux qui manigancent le mal 


Malheur à ces lâches sans foi 
Voyous sans moralité
Ceux qui sont endoctrinés à la haine
Peut-être qu'après la terreur et la barbarie
Naîtra une nouvelle aurore
Un rayon de lumière 
Dans un monde où nous, les gens de tous les jours
Libérés et purifiés par l'amour
Célébreront la vie rêvée des enfants heureux

19/06/2016

Nada

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Ecrire.

l'écriture règne en moi,

bijou inestimable, invisible,

que je porte au bout des doigts ;

riche de mots, de couleurs,

de cette musicalité bleue :

nourrie d'elle je suis.

C'est ce soleil suprême qui

change de couleurs d'un instant

à un autre ; qui ne me brûle jamais,

qui scintille même la nuit,

mais de moi exige beaucoup ;

mon encre exprime cette cinquième saison,

 en fait le don ; saison qui existe bel et bien,

lorsque s'exprime et chante

 la langue créatrice !

NINA

 

 

 

 

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Double miroir !

DOUBLE MIROIR.

Y a t-il un miroir de l’autre côté… du miroir ? Pas un miroir à deux faces, non, un miroir qui nous renverrait la face cachée de nous-même ? Et si c’était le cas sur quelle face nous regarderions-nous le plus souvent puisqu’elles seraient identique ? Aurions-nous le courage parfois de l’inverser afin de connaître notre face cachée ? N’en aurions nous pas peur, et cette dernière aidant, par pure lâcheté, ne ferions nous pas mine d’ignorer cet autre moi avoué ou inavouable ?

Nous sommes d’accord pour admettre qu’une glace nous permet de regarder notre visage, notre corps, afin d’en reconnaître les défauts et les qualités, et donc d’en modifier la forme naturelle dans sa plus libre expression, et de la modifier par la coiffure, l’habillement, le maquillage ou tout autre artifice qui nous permet de donner une identité, une apparence, à celles et ceux qui croiseront notre route ou notre regard dans les prochaines heures. Ce miroir est donc notre laisser passer pour une identité sans cesse renouvelée, afin de pouvoir argumenter notre façon d’être et de vivre envers la communauté qui nous accueille ou nous entoure.

… Essai ...

Georges se lève vers 7h, il enfile ses pantoufles, un slip, le tee-shirt de la veille négligemment posé sur la chaise, et se dirige vers les toilettes.

  • Le pipi du matin ! Dira t-il comme d’habitude.

Puis sans un mot se dirige vers la salle de bain, se lave les mains et le visage, entre dans la cuisine et d’une manière mécanique ouvre la porte gauche du placard mural, sort une tasse avec une anse, toujours la même, allume la machine à café automatique, insère une capsule, ajoute un verre d’eau dans le réservoir, attends le bip de la machine et appuie sur le bouton vert qui clignote. Pendant que le café s’écoule lentement il sort 2 toasts, le pot de beurre allégé, un yaourt, un fruit et quatre ou cinq gâteaux secs. Après avoir déjeuné, il range le bol et les couverts dans le lave-vaisselle, replace le beurre dans le frigo, essuie la table en enlevant les quelques miettes des toasts, passe un coup d’éponge avec une cuillerée de javel sur la table et dans l’évier, jette un coup d’œil sous la table, et d’un pas lent se dirige vers la chambre pour la faire aérer. Puis il entre dans la salle de bain, allume l’eau chaude de la douche, se retourne et se retrouve comme tous les matins devant le miroir.

Georges s’avance vers lui-même, dans le miroir, se caresse le visage pour toucher sa barbe de la nuit, se gratte les cheveux, ouvre la bouche, et tourne le robinet du lavabo, puis le referme, comme tous les matins. D’abord la douche, puis Georges coupe l’arrivée d’eau chaude, et reste sous l’eau froide quelques secondes, s’essuie vigoureusement et se dirige vers le lavabo pour se savonner la barbe et brosser les dents. Puis vient le soin de la peau, pourquoi pas, et la touche finale, un peu d’eau de toilette et le brossage des cheveux. La brosse démêle les boucles en désordre et Georges fini à la main d’aligner les quelques mèches rebelles habituelles.

Il a terminé, il se regarde dans le miroir et se trouve changé, les yeux sont un plus ouverts, les cheveux ont retrouvé un ordre appliqué, l’eau de toilette s’instille dans les narines et donne une touche supplémentaire à l’éveil des sens. Direction la chambre ou Georges enfile des sous-vêtements propres, la chemise blanche immaculée, le pantalon en velours, puis cherche une cravate parmi la quinzaine bien alignée sur le présentoir, se regarde dans la glace et satisfait de l’ensemble se dirige vers le salon tout en nouant sa cravate. Puis il allume son ordinateur, l’ouvre pour voir les messages de la nuit. Attrape son téléphone portable, et se connecte pour voir les derniers SMS. Il allume la télé pour connaître la météo du jour et s’assoit quelques instants pour savourer ce moment de plénitude maintenant qu’il est prêt à affronter le monde extérieur. Soudain… il se relève pris d’une angoisse indicible qui lui sert les tripes, il se dirige vers la salle de bain tout en libérant le nœud de sa cravate, entre dans la pièce encore embuée et attrapant le miroir le tourne à l’envers. Surprise il y a un autre miroir de l’autre côté, mais Georges n’est plus lavé ni habillé, il est encore avec ses cheveux hirsutes, sa barbe de la veille, ses yeux fatigués. Il retourne le miroir sur l’autre face et se retrouve de nouveau en cravate les cheveux bien alignés. C’est une histoire de fou, Georges retourne une nouvelle fois le miroir et cette fois-ci reste à se regarder plus profondément, il touche ses joues bien rasées sous la peau de la main et mal rasées dans le miroir, il frôle le dessus de son crâne et sent ses cheveux bien ordonnés alors que le miroir lui renvoi une autre image, sa cravate a disparu pour laisser voir les poils blancs de sa poitrine sur laquelle apparaît une croix de Jésus, pas de chemise non plus dans le miroir, pourtant Georges sent les boutons quand il touche sa poitrine, c’est à devenir fou, qui est celui qui est dans le miroir. Alors il hurle, il crie, chante une chanson guerrière mais rien ne se passe, son image du miroir ne bouge pas, ne chante pas, ne hurle pas, pire, plus Georges s’énerve plus un petit sourire ironique s’affiche à la commissure des lèvres de son propre reflet.

  • Pourquoi te caches-tu derrière l’eau de toilette, pourquoi as-tu mis ce morceau de tissus ridicule autour de ton cou, pourquoi as-tu aligné tes cheveux comme s’ils allaient à la parade ? Dis soudain son reflet dans le miroir !

  • Mais qui es-tu ? Quelle est cette sorcellerie ou cette blague idiote ?

  • Mais je suis toi ! Je suis celui qui s’est levé ce matin, je suis celui d’avant maintenant, avant que tu ne me changes, me lave, me maquille pour aller voir les autres. J’étais bien avant, tournes encore le miroir de l’autre côté !

Georges s’exécute et se retrouve cravate nouée devant l’étrange miroir, mais il ne sourit plus, il se touche les joues, bien lisses, sent l’eau de toilette au bout de ses doigts, et brusquement retourne le miroir. Rien, plus de double face, rien qu’un carton blanc avec une étiquette made in China bien entendu, comme si la France ne savait plus fabriquer quoi que ce soit. La double image avait disparu. Georges retourne le miroir, se regarde une dernière fois, se lisse les cheveux sur les tempes et se parlant à lui-même… :

T’as le choix mon pote, ou tu te laves, te rases, te peignes et t’habilles avec des fringues propres, ou tu te laisses aller, tu pues, et tu te caches! Puis il tourna le dos au miroir bien résolu à oublier ce délire. Mais en fermant la lumière de la salle de bain…

  • Bonne journée Georges, à ce soir !

Instinctivement Georges se signa, il savait que son mental lui jouait des tours, que la fatigue accumulée du travail et des soucis quotidiens lui empêchaient de bien gérer son calme intérieur. Il jeta un regard à son portable, huit heure et dix minutes, le temps d’attraper l’autoroute, c’était fichu il était en retard. Georges fit… peut-être 300m. et s’arrêta. Ferma les portières, se dirigea vers l’édifice, gravi les quelques marches, poussa la porte, entra et posa son doigt dans une vasque en pierre.

  • Vide, c’est quoi aujourd’hui cette manie de ne plus trouver d’eau bénite ?

Il se signa, avança vers l’autel, et se posa aux pieds de Marie. Un calme se répandait autour et en lui, un calme étrange, presque irréel. Georges sourit. Sacré miroir pensa t-il, mais je te remercie pour avoir guidé mes pas vers ce lieu de plénitude. Tu n’as plus qu’à m’aider à trouver une bonne excuse quand je vais embaucher avec une heure de retard !

En refermant la porte de l’église, Georges se toucha le front en se disant qu’en définitive le mental, était la bonne clé. Celle qui ouvre ou qui ferme les bonnes ou les mauvaises portes.

Gérard BRETON

                                                                                                                                                                    

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Vous m'inquiétez l'ami !

Vous m'inquiétez, l'ami !

Vous me dites, monsieur, que j'ai mauvaise figure,

Que je suis triste aussi et que je fais la gueule.

Que j'ai l'air fatigué, amaigri par l'usure,

Que je dois sans nul doute me sentir vraiment seul.

Que depuis quelque temps, vous me trouvez changé,

Que je ne réponds plus aux messages, aux écrits,

Que je ne rigole plus comme par le passé,

Et que c'est épuisant de rester mon ami.

...

Mais, cher monsieur ! Si je vous appelle ainsi,

C'est bien qu'à l'évidence, on se connaît très peu,

Il est donc impossible que nous soyons amis !

Et que ce mot, gentil, à mon goût est pompeux.

J'ai mauvaise figure ? J'ai l'air fatigué ?

Amaigri par l'usure ? Que je dois être seul ?

Mais de quel droit, monsieur, pouvez-vous me juger !

Posez donc votre bière, et prenez un tilleul !

Si j'ai l'air fatigué, monsieur, c'est bien d'entendre,

Des propos malveillants, sur papiers, sur les ondes.

Des images de violence, de haine, de désapprendre.

Des mensonges programmés, d'idées nauséabondes.

Mais qu'à cela ne tienne, devenons donc ami !

Venez par votre joie, votre désir d'aimer,

Montrez votre chemin où il fait si bon vivre,

En nous menant tout droit vers la sérénité !

Vous savez, mon ami, puisque vous le voulez,

Je vous trouve complaisant de prendre soin de moi.

J'apprécie d'autant moins votre air apitoyé,

Sachant qu'à l'évidence, on ne se connaît pas.

Franchissez donc la porte, et partez rassuré,

Car votre apitoiement et vos mots d'inquiétude

M'ont donné à l'envie de me désemmurer,

Voyez donc mon sourire, ma joie, ma gratitude !

A mon tour de vous dire, mais n'ayez pas de peur,

Que je vous trouve grossi, mal à l'aise, empatté.

Ne devriez-vous pas, d'un régime sans beurre,

Sans gras ni trop de sucre, retrouvez la santé ?

Vous m'inquiétez l'ami ! Mais chacun son chemin,

Ne claquez pas la porte, j'en aurais du chagrin !

Gérard Breton.

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Une envie dans mes rêveries

Revenant dans mes rêveries,
Alors que mon âme est sereine,
L'espérance bien incertaine,
Me fait protéger une envie.

Je conserve le goût d'entendre,
D'une incommensurable ampleur
Un poème venu d'ailleurs
Qui soudain viendrait me surprendre.

Serait dit par une déesse,
Audible très distinctement
Par moi seule, exclusivement.
Sublime muse poétesse.

En extrême urgence, écrirais
Des vers d'une immense envergure.
Ô la fascinante aventure
Que ma destinée m'offrirait!

Hélas, je suis la prisonnière
De l'intransigeante raison
Qui me tient en toutes saisons
Sans accès à l'imaginaire.

Je peux la défier pourtant
Créer un espace onirique,
Un éclairage fantastique,
Par des couleurs que je répands.

Un abstrait engendre un poème
Descriptif, empli de nuances.
Dans un écrit la transcendance
Porte l'élégance à l'extrême.

18 juin 2016

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"Nous construisons un monde nouveau"...

Aaah Paul Nash...Paul Nash, quoi.


C'était un enfant malheureux et solitaire, Nash ; sa mère était gravement malade psychologiquement, avec des accès de violence terrible, la maison était un caveau.
Le petit Nash prend l'habitude de fuir se réfugier dans la forêt. A l'âge de 11 ans il a une révélation : la Nature est vivante. Elle est dotée d'une pensée propre. Elle nous observe, nous les pauvres humains. Elle vit à son rythme, et si nous ne voyons pas les pierres se déplacer, c'est parce que nous sommes, nous les hommes, devenus artificiels.
Il décide de consacrer sa vie à Peindre le "Génie de la Nature".
Ado, il fuit l'Académie. Rester enfermé des heures à dessiner des modèles, très peu pour lui. Du reste, peindre l'être humain ne l'intéresse absolument pas.

Il se lance dans une oeuvre magnifique, dans ses dessins et ses toiles la Nature semble nous parler, nous révéler des choses indicibles.
Et l'AIR. L'air dans ces toiles...je ne connais pas d'autre Peintre ayant réussi à peindre la sensation de l'air, du pouvoir de respirer.
Il fallait un asthmatique pour peindre comme ça (il en mourra, de son asthme).
Et cette palette, unique...

Et puis un jour...
Un jour c'est 1914, il a 23 ans, et il se retrouve dans les tranchées...
Il ne comprend pas, Nash.
Il n'arrive pas à prendre la guerre au sérieux. Il voit ça comme un immense jeu débile, il voit avec les yeux de la Nature, il ne voit que des fourmis occupées à s'entre-dévorer, et pour quoi ?
Alors qu'il est occupé à dessiner hors de sa tranchée (Nash...), il glisse sur la boue, tombe, et se brise plusieurs côtes.
Quelques jours plus tard, pendant qu'il est à l'hôpital, c'est la triste bataille de Pasendaele qui commence. La plus meurtrière de la guerre. Un carnage sans nom. Une vision d'apolcalypse.
Plus de 200.000 morts en une poignées de journées infernales.
Toute sa compagnie est décimée.
Tous ses amis sont massacrés.

Nash s'en veut, il a honte d'avoir survécu.
Il se met à être obsédé par une chose : devenir Peintre de guerre. Il sollicite l'armée qui refuse (soyons sérieux, Messieurs. La Peinture de guerre, c'est la représentation de batailles, de hauts faits, de blessés, de héros ! Qu'est-ce qu'il veut, le paysagiste, là ?!).
A force d'écrire partout, il arrive à fatiguer les gradés.
"Ok, Nash, va donc peindre la guerre, fais-nous rire"...

Et Paul Nash va réaliser ce qui est, à mon sens, une des deux plus incroyables séries de peintures de guerre du 20e siècle.
Il va prendre la guerre "à rebours".
Pas de corps ensanglantés, pas d'actes "héroiques" à la con.
Non.
La guerre vue...par la Nature.
Le regard d'un homme qui n'en a rien à foutre, lui, des bonnes mauvaises raisons que l'humain se trouve pour avoir juste le curieux plaisir de détruire.

Et, en 1918, il peint le chef-d'oeuvre de la série.
Le sol comme un corps labouré de cicatrices, les organes sans dessus-dessous...les arbres pétrifiés, calcinés, comme des mains lancées vers le ciel...et ce soleil, blanc, froid, qui ne réchauffe plus rien.

Et Nash, que ses amis décrivent comme "incapable d'une action cynique", Nash le rêveur, Nash donne un titre terrible à son tableau.

"We Are Making a New World".

Aaah Paul Nash...Paul Nash, quoi...

Paul Nash (1889-1946)
"We are making a new world"
Huile/toile
1918.

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La demoiselle musicienne

Quand mon esprit veille et divague,
À l'heure où j'aspire au repos,
Je le ramène près des vagues
Où se berçaient de blancs oiseaux.

Puis m'asseyant au lieu tranquille,
Sous un tilleul majestueux,
Éloigné des bruits de la ville,
J'évoque le temps des aïeux.

Me retrouvant au bord de l'onde,
J'admire comme un trait d'argent,
La truite qui y vagabonde,
À l'aise dans le flot changeant.

Inoubliables chants d'antan
Dont les paroles poétiques,
Me grisant quand j'étais enfant,
M'ont rendu l'âme romantique.

La demoiselle musicienne
Nous faisait écouter des fleurs
Et puis devenant magicienne
Posait des sons sur leurs couleurs.

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Amour

La pluie toujours
Où frémit la branche en fleurs
Où se cache la mésange frileuse
Seule image
Ma gorge nue s'est endormie
Sous ses yeux

La lumière revient plus pure
Mon cœur tremble un peu
Ainsi qu'une abeille butinant
La mousse écarlate du soleil

L'oiseau s'envole
La brise tiède nous quitte
Amour pâlissant dans la brume
Maintenant, les songes déchirés
Fragments de mots étalés au ciel


17/06/2016

Nada

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Un héritage resté intact

J'écris chaque jour quelques lignes,
Spontanément et je les signe.
Les dater me semble important.
Elles concernent mon présent.

L'irréel n'y a pas de place.
L'inspiration est une grâce.
Les saisons n'inventent plus rien,
Leur alternance fait du bien.

Mon énergie se renouvelle
En ne différant pas de celle
Qui ne me laissant pas de choix
Me transforma plus d'une fois.

Je garde mêmes habitudes
Et de naïves attitudes.
Tout le vécu qui fut mon sort
Est devenu un passé mort.

Or reste intact l'héritage
Qui me comble et me garde sage.
Ce n'est certes pas le hasard
Qui fait que l'on maîtrise un art.

16 juin 2016

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Coup de foudre.

 

Les bras verts des arbres,

s'élancent, s'étirent vers le ciel rétréci,

dont le gris s'illimite,

 pour implorer fébriles

l'astre bleu, grand absent,

de descendre rien qu'un peu

sur Paris où il pleut.

Mes mains dans vos cheveux,

dans vos boucles vagabondent, s'émerveillent

puis succombent dans ce beau brun grisé,

ou pleuvent mes baisers !

Nos yeux se sont rejoints sans même y penser,

pour s'épouser et rire ;

nos bouches vertigineuses dès cet instant sublime,

 ont fait ce long voyage, l'unique, le sans retour ;

d'une vie, la rencontre.

NINA

 

 

 

 

 

 

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BIEN SÛR !

Bien sûr on fait quelques erreurs

Et on se perd en cours de route...

Alors un jour on rêve d'ailleurs

Et on se dit :"En avant toute"!

Du plus profond de son essence

On va chercher dans un regard

De quoi oublier ses errances

Et qu'importe s'il est un peu tard!

Quand un miracle voit le jour

On peut oublier les tabous!

On en revient juste à l'amour

On refait la vie bout par bout...

Bien sûr l'idée vous semble folle

C'est la raison de sa séduction!

Ne pas y mettre de bémol...

Juste, prendre le bonheur en option...

J.G.

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Un pas en avant

12273176889?profile=originalTranquille dans mon coin.

Je vous contemple.

J'essaie de vous comprendre.

Seule dans mon coin.

Effacée, presque invisible.

Un pas en avant.

Et, elle apparaît...

Celle que personne n'attend.

Celle qui surprend.

Tranquille dans mon coin.

J'observe.

Le monde qui m'entoure.

Un pas à droite.

Un pas à gauche.

Changement de perspective.

Un pas en avant.

Et, elle apparaît...

Celle qui écrit.

Celle qui agit.

Tranquille dans mon coin.

Passive et rêveuse.

Seule dans ma bulle.

Un pas plus haut.

Un pas en avant.

Et, elle apparaît...

Celle qui aime.

Celle qui donne et reçoit.

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La cathédrale céleste

J'ai jardiné de bon matin.
Non par choix, c'était nécessaire.
Ai fait des efforts c'est certain
Or ils m'ont paru salutaires.

Sous le bleu de l'immensité,
Le repos, douce récompense,
Me combla de félicité.
Fascinante fut mon errance.

J'étais allongée près d'un pin,
Un léger cri vint me surprendre,
Un oiseau qui se fit entendre,
Superbe, à portée de ma main.

Son plumage était pourpre et noir.
Caressé par la fraîche brise
Pénétrant sa petite église,
Voulait-il dire son espoir?

Moi, j'étais dans la cathédrale
Faite de soie et de velours,
Emplie de grâces sans égales,
Qui existe depuis toujours.

15 juin 2016

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