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Spectacles

Un beau spectacle déambulatoire et …baroque : Le Bossu de Notre-Dame

  Quatrième année. Après les succès de La Guerre des boutons – Made in BelgiumLa Belle et la Bête et Alice au pays des merveilles au Château de Rixensart, le nouveau spectacle de Damien De Dobbeleer, librement inspiré de l’œuvre de Victor Hugo, devient un conte moderne, plein de fosses et bosses, à la fois édifiant et moqueur. Une distribution pleine d’allant y croise quelques sillages inattendus d’humour belgo-belge plutôt rafraîchissant. Et bien sûr, quelques flambées d’anachronismes. Certains tableaux s’inscrivent même dans l’esprit des œuvres satiriques de James Ensor.

 

Le Bossu de Notre-Dame du 8 juillet au 9 août 2025

Trois hommes tombent donc en extase devant Esmeralda, la libre bohémienne, et c’est bien là, l’origine de leur tourment : Phoebus, prêt à renier, malgré une déclaration passionnée en langue d’Elvis, Fleur-de-Lys et ses bruyantes copines d’enterrement de vie de jeune fille. Frollo, cette figure fort trouble, juge, censeur, prêtre, assassin ? Et cet être difforme, ce Quasimodo, créature solitaire abandonnée à la naissance, qui appelle tout de suite à la compassion.

Les thèmes sont clairs : haine, vengeance, jalousie, orgueil, cruauté, mépris… mais aussi la solidarité, la compassion, l’écoute. Un véritable kaléidoscope de sentiments humains.

L’échafaudage narratif est parfois un peu branlant, mais il y a de l’audace dans la démarche, du courage dans les intentions. Les traits d’humour critiquent sans détour les dérives de notre société et frappent juste. Il y a aussi quelques lenteurs, certes, mais les messages circulent dans une atmosphère tout-à-fait bon enfant. Après tout, c’est l’été — et le public vient pour s’amuser.

 Les enfants, c’est la surprise. Ils participent au spectacle avec une énergie magistrale. Si jeunes, et déjà si déterminés : ils déclament, jouent, bondissent, s’approprient le texte avec brio et naturel. Trois jeunes rois mages ? Peut-être. Mais surtout une source de lumière, d’espoir, et de joie de vivre.

Pause. Et si…

Si ce spectacle était une nourriture ?

Ce serait une planche apéro.

Un animal ? Une fourmi.

Une musique ? Le chant des misérables.

Un pays ? Celui où l’on n’arrive jamais.

Une plante ? Les simples du cloître.

Une boisson ? Le verre d’eau rafraîchissant.

Un véhicule ? Les ailes du désir.

Une addiction ? Les champignons.

Une fleur ?  La fleur-de-lys rouge.

Une cloche ? Celle du bonheur.

Et fi donc !  des m'atuvus, des tribunaux ecclésiastiques, des policiers en mal de puissance, des surtouristes en visite guidée dans la Cathédrale, de l’anglais de bâtons de chaises du latin de cuisine ! La critique est omniprésente, et c’est tant mieux.

Continuons. Le Bossu de Notre-Dame résonne comme un hymne sincère à la différence. Merci les tambourins !

C’est aussi une fresque cruelle et sombre où la bonté est rare. Quasimodo, reclus difforme, mais au cœur immense, émeut plus qu’il ne suscite le rejet. Hélas ce n’est pas son âme que l’on juge, mais son apparence. On l’a méchamment hissé en roi grotesque, on l’a célébré comme une figure de foire en folie… avant de le rejeter comme un monstre qui dérange. Car, dès le début, ce carnaval cruel – cette inversion institutionnelle des normes – révèle avec brutalité le cœur insensible d’une société qui préfère le spectacle à la vérité, la norme à la nuance.

Et pourtant… tout au long du spectacle une main païenne ne cesse de se tendre. Celle d’Esméralda, libre et lumineuse, elle qui reconnaît en Quasimodo un frère d’exclusion et ne rêve que de Justice, condamnant avec force trucages et autres mascarades ! Marginalisée elle aussi, traquée pour ses origines, elle incarne la résistance. L’insoumise. Celle qui défie les hypocrisies.

Au diable les champignons ! Face à Frollo, incarnation glacée de l’ordre implacable, Esméralda danse et devient flamme et lumière. Elle sauve Phoebus avec ses herbes, elle ne sauve pas Quasimodo mais dans une scène inoubliable, par sa voix, son chant et sa danse, elle l’humanise, pour lui-même et aux yeux du monde. Le vrai miracle qui passe peut-être inaperçu.

En fin de compte même ce vrai roi titubant, ce maigre roi Louis XI, ce fondateur du royaume de France, haï par son propre peuple, appelle, lui aussi à notre compassion. La mise en scène souligne son air perdu et désespéré ! Quel triste sire, si fragile, sous le poids de sa gigantesque couronne ? Écrasé par sa fonction ? Qu’il est pathétique, le pouvoir en quête d’absolutisme ! Et si tristes, ses guerres ravageuses…

Mais si drôles les apparitions du piaffant cheval gris perle ! Les enfants …adorent !

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 25 juillet 2025

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INFOS PRATIQUES

Distribution

PRODUCTION, ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE : DAMIEN DE DOBBELEER
PRODUCTION ET COLLABORATION ARTISTIQUE : MELISSA LEON MARTIN
COLLABORATION DRAMATURGIE : SELMA ALAOUI
COLLABORATION ÉCRITURE : GERNOT LAMBERT
ASSISTANTE ARTISTIQUE / PRODUCTION : ROMANE GAUDRIAUX

ACTEUR.ICE.S : SARAH BER (ESMERALDA), BENJAMIN BOUTBOUL (QUASIMODO), DIDIER COLFS (FROLLO), NICOLAS KAPLYN (PHOEBUS), ERICO SALAMONE (LE ROI), AURELIE FRENNET (EDMONDE), PHILIPPE Brion, EDOUARD DIONNET, SEBASTIEN FILIPOZZI, EMILIE GRECO, RAPHAËL MEDARD, MARGAUX MONARD, MATTEO SALAMONE (JEHAN), MARIE TECK, Elise Villance

DANSEUSES : ARMELLE EYENGA, MAYLIS VITRAC
ACTEUR.ICE.S ENFANTS : ZAIA BOUTBOUL, THEA DE BOECK, OSCAR FRANEAUX-LEROY, MARGOT LARUEL-WEBER, JOANNE MARTENS, Tibère de Wilde d’Estmael

SCÉNOGRAPHIE CONCEPT : BENJAMIN MUZART, JULIA RENAUDOT
SCÉNOGRAPHIE RÉALISATION : CAROLINE LUMIA, Anatole Edelsztein, melissa Gaurat, louise Dupont

COSTUMES, MASQUES ET ACCESSOIRES : MARIA SPADA & AURÉLIE WEBER
ASSISTANT COSTUMES, MASQUES, ET TISSU SCÉNOGRAPHIE : BAPTISTE ALEXANDRE
STAGIAIRES COSTUMES : CLOVIS BRENEZ, NATHALIE VIALARION

CONSTRUCTION TECHNIQUE : PIERRE DURDUR, PHILIPPE BREMS
MAQUILLAGE : INÈS INFANTI, Florence Jasselette.
CRÉATION LUMIÈRES : JEROME DEJEAN
CRÉATION SONORE : LAURENT BEUMIER

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Marguerite Matisse : Livre

MARGUERITE MATISSE

Certaines existences se déploient dans la pénombre des projecteurs, à la lisière du génie et du silence. Marguerite Matisse, fille aînée d’Henri Matisse, appartient à cette constellation discrète et méconnue dont l’influence, pourtant essentielle, demeure souvent reléguée aux marges des histoires officielles de l’art. Muse, assistante et héritière, elle demeu-re l’exemple même de ces femmes invisibilisées par leur proximité avec un nom illustre. Pourtant, sa vie, tissée de dévouement, de culture et de blessures, mérite toute notre attention critique. Née en 1894, elle vient au monde lorsque son père se réinvente peintre. Enfant mélancolique à la chevelure sombre, elle apparaît dans de nombreux portraits, souvent grave, presque hiératique. Au-delà du rôle de modèle, une relation rare s’installe entre l’artiste et sa fille. Marguerite devient son regard, sa mémoire et son archiviste. Dans les années 1920, alors que son papa s’impose comme un maître du fauvisme, Marguerite participe de plus en plus activement dans la gestion de son patrimoine. Elle transcrit, organise et inventorie. Ce rôle d’assistante d’atelier ne se cantonne pas à cette fonction fille de. En 1943, dans la France occupée, elle entre dans la Résistance et rejoint le réseau Combat, sert d’agent de liaison et participe à plusieurs missions à haut risque. Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle subit de tortures atroces et ne parle pas. Libérée in extremis, elle doit la vie sauve à ses compagnons d’armes. L'armistice la voit revenir aux affaires artistiques. Elle continue à veiller sur l’œuvre de Matisse, particulièrement après sa mort en 1954. Grâce à elle, de nombreux projets d’exposition voient le jour. Marguerite n’a jamais cherché la gloire, n’a jamais publié de mémoires et n’a jamais rien revendiqué. Isabelle Monod-Fontaine et Hélène de Talhouët dressent une biographie qui lui rend hommage. Un ouvrage qui contribue surtout à une meilleure compréhension de l’œuvre de son père.

Ed. Grasset – 384 pages

Paul Huet

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les secrets de la Mer Rouge : livre

LES SECRETS DE LA MER ROUGE

Réédité avec une préface éclairante de Loïc Finaz, ce texte emblématique retrouve sa vigueur et son pouvoir d’évocation. À la fois témoignage, roman d’apprentissage et chronique des marges, il relate le parcours d’un homme qui, à trente-deux ans, quitte une existence terne à Djibouti pour embrasser le tumulte d’une vie vouée aux flots, aux trafics et aux mystères d’une époque trouble. Il faut saluer cette initiative qui redonne souffle à une œuvre fondatrice de la mythologie maritime française. Henri de Monfreid n’écrit pas pour plaire. Il raconte, confesse et partage sans fioritures l’étrange destinée qui a été la sienne. Son style, sans être littéraire au sens académique, s’anime d’une sincérité brute, presque féroce, d’où en découle toute la force. La mer Rouge, personnage à part entière, impose sa loi. Elle se révèle tour à tour amante, ennemie et confidente. Elle accueille tempêtes, chasses à l’homme, marchés interlopes et trahisons.  Empreint d’une ambivalence permanente, le récit fait de l’auteur à la fois un hors-la-loi et un homme d’honneur, un contrebandier et un poète. Il se faufile dans des territoires où l’éthique vacille, sans toutefois verser dans le cynisme. Au contraire, une forme d’humanisme parcourt son écriture. Il observe, écoute et comprend.  À ce titre, son regard, bien que forgé dans un contexte colonial, échappe souvent à l’ethnocentrisme ambiant. Il ne s’agit pas ici d’un Occidental qui décrit les indigènes, mais l’homme qui vit avec d’autres hommes, dans une fraternité de circonstance née de l’aventure partagée. Constat qui modifie grandement les rapports ! Certains se souviennent encore de la série télévisée adaptée de son ouvrage, avec Pierre Massimi dans le rôle principal et soutenue par la partition du regretté François de Roubaix, disparu à trente-six ans.

Ed. Grasset – 400 pages

Daniel Bastié13670310095?profile=RESIZE_180x180

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Les nouvelles

Les nouvelles ne cessent de se succéder,
Parfois sources de joie, souvent de chagrins,
Il n'y a pas d'endroit sûr pour les éviter,
Fermer portes et fenêtres ne sert à rien !


GCM
Pensée du jour.26/7/2025

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administrateur théâtres

Le "Dragon " du théâtre du Parc part en voyage!

A vos agendas pour Le Vilar en 2026!

...Et en ce moment, au Festival de Spa!

"Hier soir, c’était la dernière du 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵 à Spa (01 > 17.08.2025)

Un conte aux allures fantastiques, un dragon à trois têtes, un chevalier, un chat qui parle… et derrière la magie, une charge puissante contre toutes les formes de tyrannie.
Ce spectacle est une douce claque, comme une alerte déguisée en fable.
Toutes les représentations ont affiché complet - un record d’audience sur un même spectacle dans l’histoire du Royal Festival. Mais au-delà des chiffres, ce sont vos messages et commentaires qui nous ont bouleversés. Le spectacle laissera une trace dans vos vies… C’est pour ça qu’on fait ce métier.
Parce que l’art nous aide à penser sans désespérer, à rêver sans fuir le réel. Parce que 𝑳𝙀 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵, écrit en 1943, parle aussi de nous, ici et maintenant.
Et parce qu’un enfant peut s’y émerveiller, frissonner, rire aux éclats, tandis qu’un adulte en capte les résonances plus sombres… c’est là toute la puissance d’un spectacle comme 𝑳𝙀 𝘿𝑹𝘼𝑮𝙊𝑵 🐉
Oui, la culture est essentielle. Elle nous rassemble, nous éclaire, nous remue. Et c’est à travers vos regards, vos émotions, qu’elle prend tout son sens.
 
 
 Prochaines représentations au Vilar à Louvain-la-Neuve, du 7 au 17 janvier 2026 🎯
 
 
Place Rabelais 51, Louvain-la-Neuve, Belgium
010 47 07 00
info@levilar.be
levilar.be
 
Le Dragon au mois de mai 2025, au théâtre royal du Parc 

Adaptation de Benno BESSON revue par Mireille BAILLY

Pour ce 1er mai, voici un brin de littérature jeunesse qui vaut la cueillette. A l’origine, « Le Dragon » une pièce fantastique, grave et burlesque, écrite en 1943 contre le totalitarisme et l’asservissement par l’écrivain russe Evguéni Schwartz.  Une création pour le théâtre Royal du Parc, réalisée par Axel De Booserré et Maggy Jacot, assistés par Julia Kay.

Vous allez voir ce que vous allez voir, c’est du pur cirque, du Grand guignol, une farce politique dont certains tableaux sont aussi monstrueux que les créatures de Jérôme Bosch… Une fantaisie héroïque ? C’est une féerie inversée, un cauchemar, certes, mais qui s’ouvre fort heureusement sur la lumière. C’est comme cela dans les contes. Et nous voici rassurés sur la nature humaine.

Comme dans le théâtre symbolique de Maeterlinck dans « L’oiseau bleu », une chatte au regard acéré prend la parole. Quel est son regard ? Serait-elle la seule à échapper au despotisme absolu qui semble régner depuis 400 ans sur ce pays imaginaire dirigé par un implacable Dragon ? Magnifique sous toutes ses formes, le regard qui tue, celui-ci se repait chaque jour de taureaux qui lui sont sacrifiés et chaque année, d’une jeune fille totalement résignée   dans l’accomplissement de son devoir. On pense à l’histoire du Minotaure, monstre dirigé par ses pulsions et ses instincts, mais vaincu enfin par le héros grec Thésée.

Avide de pouvoir et destructeur, ce Dragon n’a bien sûr rien des qualités protectrices que lui attribuaient les guerriers nordiques, rien des pouvoirs mythiques du prestigieux Dragon fêté par les cultures asiatiques … ni même la force et le courage du serpent à trois têtes, peint sur le bouclier d’Agamemnon.

Ce Dragon, décrit par l’auteur russe, incarne plutôt le Dracu roumain, tellement présent dans l’imaginaire de ce peuple, et cause évidente de tout mal. Nommer les choses aide parfois à les supporter. Utiliser la parole, c’est finalement déjà, un début de sagesse pour réussir à s’échapper d’un monde concentrationnaire, cimenté par la haine, l’oppression et la peur, et partant, privé de tout espoir de bonheur.

Dès le début du spectacle on se trouve au cœur de la menace de murailles mouvantes qui écrasent comme dans les mondes de Kafka ou d‘Edgard Poe. Des effets sonores et lumineux terrifiants vous remplissent d’effroi. Une prodigieuse bande sons, voix, lumières et vidéo est issue d’une équipe de choc : Gérard Maraite, Guillaume Istace et l’indispensable Allan Beurms qui mènent l’enfer dans un rythme oppressant.   Le but sera atteint, si ce dernier spectacle de la saison du théâtre du Parc, nous fait réfléchir à l’horreur du pouvoir absolu et du culte de la personnalité.

 De nouveaux despotes sont là et nos sociétés risquent même l’asservissement volontaire. Ecrivain de livres pour la jeunesse, E. Schwartz, rapidement censuré par l’administration de Staline, utilisait les vertus du conte pour critiquer le nazisme, afin de stigmatiser l’effroyable pouvoir stalinien.

Sur scène, les femmes empaquetées dans des tenues de Matriochka, mère et fille, telles des forteresses sur roulettes font frémir d’horreur.  Elles sont interprétées par Mireille Bailly et Elsa Tarlton, toutes deux, saisissantes de vérité. Les caricatures des différents personnages grimaçants évoquent un univers Ensorien: un bourgmestre ébouriffé et fou (l’incomparable Othmane Moumen), Henri, un fils absolument laid et fourbe, au service du fameux Dragon, prêt à sacrifier sa fiancée pour plaire à son maître. Ce même personnage endosse d’ailleurs de façon glaçante le rôle d’une espèce de Big Brother projeté sur écran, responsable d’une communication nauséabonde et de la propagande du pouvoir. Joué avec excellence par Thierry Janssen. Costumes, coiffures, maquillages, chorégraphie, tout se tient pour caricaturer l’atroce tyrannie.

Le seul humain qui nous ressemble est ce merveilleux Lancelot (Marvin Schlick), d’une beauté éternelle, intrépide, léger comme une plume libre, agile comme David… qui a décidé d’abattre la bête immonde.

On attend avec impatience la métamorphose de la jeune fille grâce à l’amour.  On revient à la vie devant l’aide providentielle de Dame Nature et des esprits de la forêt. Voilà le merveilleux de notre cher Maeterlinck à nouveau à l’œuvre dans un jeu de décors inoubliables. Sans doute que nos artistes belges transportent cet esprit dans leurs veines… Un vrai ravissement.

Mais l’histoire est loin d’être réglée après l’épuisante victoire du héros professionnel… Attendez-vous au pire du pire…

Comprenez que le pire c’est la parole définitivement confisquée, et cette ville entière qui s’est prosternée devant ce Dragon. Un assoiffé du pouvoir qui a réussi à s’imposer comme bienfaiteur de l’humanité grâce à la manipulation maléfique de la langue et autres détournements de la vérité. Une langue assez simpliste véhicule ce spectacle, illustrant d’ailleurs les terribles avertissements de Georges Orwell. Mais pour réellement accrocher le spectateur, ne faudrait-il pas un discours encore plus mordant, pour ne pas rater la cible historique du crime stalinien?

Heureusement la distribution flambante est là, toutes griffes dehors pour faire du spectacle une croisade contre l’ensauvagement de notre monde. Les grands favoris de la scène du Parc sont fidèles au rendez-vous : en tête, le très méphistophélique  Fabian Finkels dans le  formidable rôle du Dragon,  avec l’insaisissable Julien Besure  tantôt le Chat, tantôt un citoyen, et  l’effarante comédienne de talent légendaire,  Karen De Paduwa, tour à tour ministre des prisons, Berthe, l’amie d’Elsa, une artisane et l’enfant citoyen.

 

Dans le miroir tendu, chacun peut y voir tout ce qu’il veut y voir : toute une monstruosité en marche, ou une fiction pour la jeunesse pour leur faire aimer le théâtre …. C’est selon, mais une œuvre vraiment utile en nos temps d’absurdité profonde et de libertés insidieusement assassinées.

 

Dominique-Hélène Lemaire , Deashelle pour le réseau Arts et lettres 

Photo@Aude Vanlathem

LE DRAGON – Théâtre Royal du Parc

Théâtre Royal du Parc
Rue de la Loi, 3
1000 Bruxelles
02 505 30 30

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administrateur théâtres

Ténébreuse Rebecca sous le ciel bruxellois

Spectacles

On se souviendra de Rebecca à Bruxellons! 2025

Été 2025Rebeccaroman bouleversant de Daphné du Maurier (1938), s’incarne dans la cour du château du Karreveld en un thriller musical psychologique flamboyant… daté de 1925cela fait juste juste 100 ans… Comme pour un envoûtement!

La Belle Époque en version cauchemar ?  Véritable coup de maître, cette création mondiale en français, est la pièce de résistance du 27e Festival Bruxellons!. Elle est portée par un collectif de 21 artistes hors du commun.

Rebecca, c’est l’histoire centenaire d’un fantôme. Et comme tous les bons fantômes, elle ne se montre jamais — mais hante chaque espace, de Monte-Carlo à Manderley, lieu mythique des Cornouailles.

Comme un opéra. La partition puissamment évocatrice de Sylvester Levay et le livret de Michael Kunze, adaptés avec finesse en français par Stéphane Laporte, s’unissent dans une narration à la fois élégante et glaçante. De la fine gastronomie pour les gourmands de musique et de suspense.

Coup de foudre. Une jeune femme sans nom, au propre comme au figuré — cheveux courts et soulier léger, dame de compagnie de son état — séduit par son innocence et épouse Maxim de Winter, veuf énigmatique de Manderley. Mais la défunte Rebecca, mystérieuse première épouse au pouvoir despotique, semble bien décidée à ne pas quitter les lieux — ni les cœurs. Surtout celui de sa gouvernante, figée dans la haine du changement. Mrs Danvers.

L’orchestrationmagistrale – mais où sont-ils donc ? Protégés de la pluie? – est dirigée par Laure Campion et fait vibrer le décor. Comme le souffle puissant de la mer qui bat les récifs du domaine maudit.

L’esprit du large…Une mise en scène portée avec grandeur par Marina Pangos et Jack Cooper qui dessinent avec passion un récit visuel et dramatique d’une intensité rare. Les changements de décor et de scènes s’enchaînent, tels des feux d’artifice. On passe de surprise en surprise à travers une série de tableaux que l’on rêve de photographier. Il y a ce ballet perpétuel de  dizaines de personnages en mode chantant. Ils dansent, virevoltent, flamboient et chantent tout à la fois en jonglant avec leurs accessoires. Avec une insatiable énergie et une précision millimétrée. De la beauté scénique en mouvement qui résonne avec la puissance d’un chœur d’opéra. Et quels costumes ! À chaque instant, de la magie. Merci Jack ! Ils sont signés Béatrice Guilleaume.

Le décor de Sylvianne Besson évoque bien sûr les falaises romantiques, lieux de vertige et de destin, sur lesquelles s’adossent les portes de l’enfer-Manderley : pilastres rouge sang, lambris aux airs mauresques, perspectives brisées… De part et d’autre, deux grandes volées d’escaliers : rêve ou cauchemar ? Elles semblent tour à tour surgir ou disparaître tant l’action au centre de la scène capte le regard ! Et surtout, tout en haut de l’ouvrage, il y a cet immense portrait, lacéré, celui de Rebecca, suspendu comme une malédiction au-dessus du grand escalier. Quel couteau a osé le crime ?

Les jeux de lumière de Laurent Kaye dissèquent l’action comme un entomologiste, toujours en phase avec cette chorégraphie obsessionnelle et sublime de Kylian Campbell. Sommes-nous au centre d’un cerveau torturé ? D’un envoûtement? L’action est un labyrinthe… Y aura-t-il une issue ? Une métamorphose ?

Un univers de personnages fantastiques. Jeremy Petit donne à l’âme tourmentée de Maxim de Winter des contours de vase brisé. Sa douleur, retenue mais très palpable, esquisse une humanité blessée, dans la plus pure tradition romantique. Sa voix est sculptée par le rôle. Et pourtant, l’or pour recoller ces profondes fissures est là, à portée de voix, à deux pas…

Cheveux courts et plats, Laura Tardino, en tenues fluides pastel, incarne l’héroïne sans prénom avec une justesse  émouvante : de l’effacement initial à la lumière reconquise. Un « je » fragile, qui apprend à se conjuguer dans les abandons, les silences, et les révélations. Mais c’est l’illustre plante vénéneuse qui fascine : Liesbeth Roose, en Mrs Danvers. Toute vêtue de noir d’Espagne, la sombre duègne s’empare de la scène comme une ombre maléfique. À chacune de ses apparitions, le temps se fige, les dos se courbent. La voix étrange et pleine distille la peur, la menace, l’obsession.  Magnétique, son solo « Rebecca » est un cri glacé d’adoration morbide. Suspense entre beauté et terreur.

Au sein du casting affûté, on trouve encore une série de rôles admirablement ciselés.

 Extravagante,Marie-Aline Thomassinen comédienne de boulevard, fait de Mrs Van Hopper une caricature grandiose, burlesque et jubilatoire. Quel bonheur, l’exagération épique !

Nathan Desnyder incarne Jack Favell pourtant interdit de séjour au château. Manipulateur en diable, jusqu’à l’absurde – avec son costume de soirée orange final. Un hasard ? Escroc flamboyant et décomplexé ? Miroir des péchés capitaux ? Make Mandalay great again ! Cynique, il ne souffre d’aucune honte.

  Enfin, un peu de bon sens, avec Damien Locqueneux et Raphaëlle Arnaud. Ils forment le duo apaisant de Béatrice et Frank dans ce fabuleux tumulte. Du même ordre, ces deux pépites de l’art des planches – à la justesse de ton remarquable- qui complètent à souhait cette superbe comédie humaine: Mathias Fleurackers (Ben) et Laurent Kiefer (le colonel Julyan). Ainsi, le bonheur est dans la salle. Pardon, sous le ciel estival de Molenbeek.

Cette version Bruxellons! très illustrative de l’esprit du roman, est aussi renversante que les flammes d’ Autant en emporte le vent. Mais de surcroît, la métaphore scénique célèbre les identités effacées, les amours figées, les maisonnées hantées par les non-dits, les traumatismes savamment enfouis Et quand la scène s’embrase – littéralement – on comprend que Rebecca a en fait le dernier mot… un mot désespéré et rageur de vraie sorcière.

La porte de l’enfer s’ouvre enfin. Vers la mer. Vers les libres horizons. Ensemble ? Allez, On embarque ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 22 juillet 2025

Rebecca Mise en scène de Jack Cooper et Marina Pangos
Direction musicale de Laure Campion – Chorégraphies de Kylian Campbell
Une Coproduction de Bulles Production, de Cooper Production et du Théâtre Le Public
Avec l’autorisation de Vereinigte Bühnen Wien
25 représentations  A partir du 11 juillet 2025 

Avec Bruxellons!

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Dans une main

Dans une main

 

Dans une main il y a toi,

Faisant un signe de ton moi

Vers ce miroir, ne jouant pas,

Il est sans teint, direct et froid

 

Dans une main un au revoir,

Disant adieu au dérisoire,

Encore raté ce dernier train,

Désorienté, pas très malin

 

Dans une main ton avenir,

A l’horizon de tes désirs,

Désirs d’enfant, marelle en croix,

Sautant la corde, avec ta foi

 

Dans une main tu tiens ta canne,

Un peu Charlot, un peu Dali,

C’est l’addition de mes survies,

Je suis vivant, un peu en panne

 

Dans une main ce petit point,

Un grain de sable, un petit rien,

Combien de temps pour le connaître,

Comment, pourquoi, qui l’a fait naître

 

Dans une main, dans nôtre main,

Nous en sommes un dans l’univers,

Dans chaque main un petit lien

Avec sa mère et puis son père

 

le 19-6-2025

 

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COMMENT J’AI RÉSOLU L’ÉPINEUX PROBLÈME DU CHANGEMENT CLIMATIQUE (ET TROUVÉ L’AMOUR)

Dans son troisième roman publié aux Éditions Jouvence, Sofia Giovanditti réussit un pari audacieux : mêler humour, romance et écologie dans un récit à la fois lucide et pétillant.

Avec Comment j’ai résolu l’épineux problème du changement climatique (et trouvé l’amour), Sofia Giovanditti livre un roman tendre, drôle et résolument optimiste. On y suit Valentina, 35 ans, prof de français, qui s’évanouit devant le gâteau d’anniversaire de sa nièce. Un malaise de trop qui la conduit à consulter : le diagnostic est inattendu : Valentina souffre d’éco-anxiété. Trop de rapports alarmants, trop de catastrophes naturelles, et un mal bien réel qui l’envahit. Sa thérapeute lui propose un unique remède pour lutter contre ses angoisses : passer à l’action. Mais entre un ami adepte des barbecues, sa passion pour les bains chauds et son envie des voyages en avion, changer de mode de vie relève du parcours du combattant. Comment peut-on être heureux tout en renonçant à ce qui paraît essentiel ou du moins confortable ? Et peut-on trouver l’amour quand chaque rayon de supermarché déclenche une crise de panique ?

Avec une plume fluide et pleine d’humour, Sofia Giovanditti aborde des thèmes on ne peut plus actuels : réchauffement climatique, anxiété moderne, quête de sens et célibat post-trentenaire. Le tout sans jamais sombrer dans le moralisme ou la culpabilité, la grande force du roman. Son héroïne est imparfaite, humaine, et profondément attachante. Ce livre s’inspire d’ailleurs du propre vécu de l’autrice, allant de l’éco-anxiété à la sobriété heureuse. Un site internet dédié www.sobrieteheureuse.com a également été créé, afin de partager son expérience et des astuces pour réduire notre impact carbone.Une lecture qui fait du bien, et qui donne envie – en douceur – de cheminer vers la sobriété heureuse.

Ed. JouVence – 256 pages

Catherine Gilson

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ALICJA POLECHONSKA : OEUVRES ABSTRAITES (EXPO)

ALICJA POLECHONSKA : ŒUVRES ABSTRAITES

Récemment, Alicja Polechonska exposait à Basse-Wavre et plusieurs de ses toiles se trouvent actuellement à Nivelles dans le cadre d’une grande exposition qui lui est consacrée. Pour les familiers d’Espace Art Gallery, elle était présente dans les locaux de cette enseigne bruxelloise l’été dernier, afin d’y défendre plusieurs grands formats qui se caractérisent par un chatoiement de couleurs. Cette année, pour son deuxième accrochage au même endroit, changement radical de registre avec des oeuvres abstraites. Rencontre.

 

A quoi ressemble votre parcours ?

Je suis née le 6 juin 1965 à Szczecinek, en Pologne. Je vis et travaille depuis 1990 à Bruxelles, ville d’accueil où mes racines et mes inspirations se croisent.  Ma passion pour l’art est née très tôt. À l’âge de douze ans, j’ai obtenu une mention lors d’un concours national de dessin destiné aux enfants. Le thème en était Notre patrie et notre enfance sont peintes en belles couleurs. Cela a été un moment décisif dans mon parcours. Cette distinction, modeste en apparence, a eu une portée immense pour moi et m’a ouvert les yeux sur ma vocation. Je me suis alors promis de suivre la voie de l’art et de l’expression plastique. Après l’école primaire, j’ai poursuivi mes études au Lycée des Beaux-Arts Plastiques de Koszalin. Là, j’ai affiné mon regard et appris plusieurs techniques. Plus tard, mes études m’ont amenée à l’Université Adam-Mickiewicz de Poznań, où j’ai obtenu une licence en langue et littérature slaves. Mon amour pour les langues et les cultures s’est tissé en parallèle de ma passion artistique. Lorsque j’ai quitté la Pologne, j’ai rejoint la Belgique, où j’ai trouvé un nouveau foyer, une nouvelle terre d’ancrage. Dans la capitale, j’ai suivi une formation en didactique du fran-çais langue étrangère à l’Alliance Française. Ce cursus m’a permis de donner des cours de polonais et de français à des professionnels ve-nus d’horizons divers. Enseigner revient également à jeter un pont entre les cultures, à peindre avec des mots et des gestes. Parallè-lement, je me suis inscrite aux cours du soir à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Puis, assez rapidement, j’ai commencé à exposer.

 

D’où vient votre inspiration ?

Je puise mon inspiration avant tout dans ce qui m'entoure, dans les visages, les gestes, les silences et les voix de mon quotidien. Mon vécu et mes expériences alimentent également ma créativité. Chaque rencontre, joyeuse, douloureuse ou inattendue, me nourrit. Je ne cherche pas à fuir le réel. Il m’enseigne la complexité du monde et me pousse à en capter l'essence avec sincérité. Quand je dessine ou peins, je laisse parler les couleurs autant que les formes. J’aime qu’elles soient chaudes, vibrantes et enveloppantes. Elles traduisent la proximité et la vie sous toutes leurs coutures. Ce choix esthétique n’est pas exclusivement visuel. Il contient surtout un message que j’essaie de transmettre. Il parle de luttes, d’espoirs et de contradictions. J’accorde une importance capitale aux dimensions sociales et culturelles. A côté de thèmes récurrents, tels que l’immigration et le vivre ensemble, je pratique l’abstraction pour ne retenir que le chromatisme et le rythme.

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Quelles techniques utilisez-vous ?

Depuis que j’ai commencé à créer, je n’ai jamais pu me résoudre à choisir une seule technique. Pour moi, chaque médium témoigne d’une force particulière, d’une humeur et d’une manière de dialoguer avec le papier ou la toile. Voilà pourquoi, j’ai progressivement adopté une approche mixte, dans laquelle se croisent le pastel, le fusain, l’aquarelle et l’acrylique.  Le pastel me permet d’explorer la douceur, la matière presque tactile de la couleur. J’adore la façon dont il glisse sur le support et laisse derrière lui une trace presque vivante. Le fusain force le trait et la tension. Il me sert à structurer, à donner un squelette à mes compositions et à poser des ombres profondes ou des lignes brisées. Quant à l’aquarelle, elle souligne la transparence. Elle se mêle à l’eau, fuit et s’étend là où je ne l’attends pas toujours. Elle m’enseigne le lâcher-prise, et l’acceptation que tout ne soit pas contrôlable. Enfin, l’acrylique permet de superposer des couches, d’aller à rebours et de recouvrir une zone. Elle sèche beaucoup plus vite que la peinture à l’huile et ne souffre pas d’un vernis. Avec elle, je construis et je fixe. Loin de tout académisme, malgré ma formation, je mélange ces textures. Je ne les oppose jamais et les fais cohabiter, se répondre et se compléter. Ainsi, un fond à l’aquarelle peut recevoir quelques éléments au fusain ou au pastel. Je veille toujours à chercher un équilibre, voire une émotion. En travaillant de cette manière, je m’affranchis de tout. Pas besoin de choisir un camp ni de m’enfermer dans une seule pratique. Je progresse au gré de ce que j’ai à exprimer ou en suivant le fil de mon humeur. Pour moi, dessiner ou peindre consiste à combiner. Je trouve précisément mon épanouissement dans ce mélange jubilatoire.

 

Parlez-nous de vos influences ?

Comme ancienne étudiant des Beaux-Arts, les musées ont profondément laissé des traces dans mon travail. Je ne prétends rien inventer, même si je sais que je fonctionne sans m’inspirer de personne. Evidemment, j’admire plusieurs artistes. Parmi ceux-là, Stanisław Wyspiański occupe une place importance, peut-être à cause de mes racines polonaises. J’admire la finesse de son travail et la richesse de sa palette. Vassily Kandyński m’intéresse énormément pour ses vibrations colorées et Marc Chagall pour son univers onirique. Comme vous le constatez, je suis résolument moderne dans mes goûts, même si j’accorde beaucoup d’importance à la peinture classique et aux maîtres qui ont précédé le XXe siècle.

 

Vous travaillez par thèmes …

Au fil des années, j’ai développé différentes séries. J’y mets chaque fois beaucoup de sincérité et de conviction. L’an dernier à Espace At Gallery, j’ai exposé des toiles figuratives, voire porteuses d’un message. Cette fois, j’ai sélectionné des œuvres abstraites, qui se singularisent par le rythme et la couleur. Chacun pourra y découvrir ce qu’il souhaite. Je ne fournis aucun mode d’emploi. Il s’agit de peinture pure, sans carcan et qui plaira ou non. Comme toujours, le public sera juge et formulera un avis personnel. Pour moi, l’art abstrait tente de restituer une contraction du réel ou, encore, contribue à en souligner les aspects invisibles à l’œil, autant qu’à percevoir derrière les choses avec une lunette singulière. L’intérêt vise ici à pratiquer une rupture avec ce que tout un chacun peut observer dans la vie de tous les jours. Je parle volontiers d’ambiance, d’atmosphère et d’instants suspendus, que j’invite à découvrir.

 

De quelle manière avez-vous trouvé Espace Art Gallery ?

Je suis familière de ses vernissages et je m’y rends chaque fois que mon agenda le permet. J’ai connu le patron à l’époque où il occupait ses anciens locaux dans le quartier Flagey. J’ai bien vite compris que mes créations pourraient y trouver leur place. De fil en aiguille, j’ai introduit un dossier, nous avons discuté des conditions et je me suis lancée.


Qu’allez-vous présenter cet été ?

Pour ne pas effectuer une redite et ne pas donner l’impression de proposer le même genre d’œuvres que celles exposées en 2024, je me suis concentrée sur plusieurs aquarelles de facture non-figurative et des peintures mixtes. A savoir, des réalisations qui mélangent plusieurs techniques. Elles expriment ma joie de vivre, mes états d’âme, ainsi que quelques souvenirs dont je ne dévoilerai pas le contenu. Je les ai créées sans injonctions, bien au calme chez moi et en prenant un vrai plaisir à les réaliser. Ce genre de peinture reste avant tout ludique et récréatif. Je ne m’impose rien. Je laisse voyager mon pinceau et lui fais entièrement confiance. L’aquarelle représente à mes yeux l’équilibre parfait entre le côté diaphane de l’eau et les pigments. L’un complète l’autre et ne va pas sans lui. Enfin, l’aquarelle reste un excellent médium pour les émotions, la sensibilité et une fragilité qui se transforme en force.

 

Alicja Polechonska expose à Espace Art Gallery du 8 au 31 août 2025. Vous trouverez tous les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Daniel Bastié

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VIVA FRIDA KAHLO

EXPOSITION : VIVA FRIDA KAHLO13667567698?profile=RESIZE_710x

Elle avait déjà conquis les esprits et bouleversé les cœurs. Frida Kahlo, artiste inclassable, femme de feu et de douleurs, revient hanter Bruxelles avec son univers incandescent dans un lieu de 900 m2, servi par des projections à 360°. L’exposition immersive Viva Frida Kahlo revient pour un tour de piste, enrichie et repensée. Installée au cœur de la capitale, cette expérience unique ne ressemble à aucune autre exposition traditionnelle. Ici, point de cadres sages ou de cartons à lire à la hâte. Viva Frida Kahlo se veut une plongée totale dans la vie, l’œuvre, les blessures et les couleurs d’une artiste qui peignait non pas ce qu’elle voyait, mais ce qu’elle ressentait. Dès les premières minutes, le spectateur est happé. Les murs, le sol et les plafonds deviennent écrans géants. Les projections monumentales animent les autoportraits emblématiques et les motifs récurrents (cœurs saignants, singes câlins, colonnes brisées) dans un tourbillon visuel à la fois somptueux et troublant. Les images ne se contentent pas de leur apport esthétique. Elles racontent, crient et vibrent. La narration multilingue, disponible en français, néerlandais et anglais, accompagne ce voyage intérieur. Elle évoque, avec pudeur et sans détour, les épisodes clés de la vie de cette peintre inclassable. L’occasion de revenir sur son enfance au Mexique, son accident tragique à dix-huit ans, son mariage tumultueux avec Diego Rivera, ses engagements politiques et ses souffrances physiques autant que psychologiques.  Autre élément essentiel que le paysage sonore spatialisé. Véritable composition, il enveloppe le visiteur. Des sons de la nature mexicaine aux résonances intimes d’un cœur qui bat, tout éveille les sens, convoque les émotions et crée une connexion. Cette nouvelle mise en scène ne se contente pas de reprendre le succès passé. Elle va plus loin, avec des nouveautés, dont des extraits inédits du journal intime de cette plasticienne, récemment numérisés, qui viennent ponctuer le parcours.  Certains espaces ont été entièrement repensés, dont un dôme immersif qui accueille une séquence consacrée à la Casa Azul, la maison bleue de Coyoacán, sanctuaire devenu musée. Là, au milieu des objets personnels, des photos d’époque et des reconstitutions sonores, on touche du doigt l’intimité de l’artiste. L’exposition ne demande aucune connaissance préalable. Elle s’adresse aussi bien aux passionnés d’art qu’aux néophytes, sans oublier les enfants et les rêveurs. Chacun est invité à ressentir, à laisser parler ses émotions et à marcher dans les pas de Frida Kahlo sans injonctions.  Le parcours aborde aussi les engagements féministes et politiques de l’artiste, ses prises de position sans concession et son goût pour la provocation.  Le Mexique, omniprésent, y est célébré dans ses coutumes, ses couleurs et ses sons. Des motifs traditionnels, des musiques folkloriques et des références à la culture populaire nourrissent chaque étape.  On découvre également l’humour de Frida Kahlo, sa capacité à détourner les normes, à jouer avec son image, à rire de l’absurde et à cultiver l’autodérision. Cette facette méconnue se dévoile à travers des anecdotes, des lettres et des croquis. Alors, si vous ne savez pas quoi faire en août, n'hésitez pas à vous rendre au Viage pour découvrir cette créatrice de talent. Cela se passe jusqu’au 31 août 2025. Plus de détails sur le site www.vivafridakahlo.be

Boulevard Anspach, 30 à 1000 Bruxelles

Paul Huet

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BRUSSELS IN PINK

PARCOURS : BRUSSELS IN PINK

Bruxelles voit la vie en rose cet été ! La Ville invite à découvrir ses quartiers commerçants sous un nouvel angle grâce à l'exposition en plein air Brussels in Pink, une initiative aussi audacieuse qu’insolite, signée Philippe Katerine. De la Grand-Place à la rue Haute ; en passant par la Galerie Ravenstein, une dizaine de sculptures monumentales du célèbre Monsieur Rose envahissent l’espace public et bousculent le regard des passants. Derrière ce personnage déconcertant, à la silhouette nue et potelée, se cache un projet artistique d’envergure. A savoir, transformer le centre-ville en un vaste musée à ciel ouvert. Gratuit et accessible jour et nuit, le parcours vise autant à faire sourire qu’à faire réfléchir, en installant l’art au cœur de la ville, là où on ne l’attend pas forcément. Le Mignonisme, mouvement artistique imaginé par Philippe Katerine, se déploie ici à grande échelle. Il célèbre la douceur, l’absurde et l’étrangeté du quotidien à travers des formes rondes, des attitudes énigmatiques et un rose éclatant qui attire les regards comme un aimant. Ces Monsieur Rose, sortes de bonshommes étranges tout droit sortis d’un rêve éveillé, n’ont pas pour vocation de plaire à tous.  Cet événement s’inscrit dans l’opération Enjoy the City, portée par la Ville de Bruxelles pour revitaliser ses quartiers commerçants. Après les longues périodes d’isolement et de transformations urbaines, il était temps de redonner vie à ces rues où on flâne, où on achète et où on vit. En misant sur une forme d’art inattendue et populaire, l’organisateur affirme son intention de rendre la capitale plus attractive, plus ludique et plus humaine. Avec son slogan Shop local, discover art & enjoy the city, il propose une promenade artistique doublée d’un itinéraire commerçant. Chaque sculpture devient ainsi une halte, une invitation à entrer dans une boutique, à lever les yeux et à ralentir le pas. Le shopping prend ici une tournure inattendue comme un jeu de piste entre les œuvres et les vitrines bruxelloises. Si la Grand-Place, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, incarne l’histoire et la majesté de Bruxelles, les rues voisines méritaient elles aussi un moment de lumière. La Galerie Ravenstein, haut lieu du modernisme bruxellois, devient le théâtre d’un contraste saisissant entre architecture et fantaisie. La rue Haute, avec son identité populaire et ses boutiques de créateurs, accueille les sculptures avec naturel. Partout, Monsieur Rose détonne, dialogue et transforme les lieux en scènes ! Philippe Katerine, connu du grand public pour sa musique, ses films, et ses performances décalées, déploie ici tout son univers dans l’espace public. Le choix de Bruxelles pour accueillir cette déambulation artistique n’a rien d’anodin. La capitale européenne, cosmopolite et parfois chaotique, se veut également une terre fertile pour les expériences urbaines hybrides. Avec Brussels in Pink, elle s’inscrit dans une tendance européenne où l’art contemporain investit les centres-villes, à l’instar de ce qui se fait à Nantes, à Lille ou à Berlin. Pour les magasins, cette initiative tombe à point nommé. Nombre d’entre eux voient déjà revenir les clients avec plus de curiosité et portés par l’atmosphère singulière de ce musée à ciel ouvert. L’art crée du lien, attire les regards et offre une belle visibilité à ceux qui animent la ville au quotidien. Une signalétique dédiée et des outils en ligne guident le public à travers les différentes étapes du parcours artistique et les bonnes adresses du quartier. Cela se passe chez nous jusqu’au 30 septembre 2025. Les lieux exacts du parcours sont à découvrir sur https://www.instagram.com/enjoy.the.city.bxl/#

Sam Mas

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administrateur théâtres

A Villers-La-Ville, La Belle et la Bête en plein air

Spectacles

La Belle et la Bête dans le creuset de pierres séculaires…

Rayonnement de l’intelligence de cœur dans le cadre sublime de l’abbaye de Villers-la-Ville   lors d’un spectacle de magie humaine, de générosité exemplaire, écrit dans une langue ciselée. Loin des contes à trois francs six sous, en version simplifiée ou édulcorée, cette version de La Belle et la Bête enchante par son rythme et sa diction. Heureux les mots-dépendants ! Heureux les amoureux de belle scénographie ! Heureux les visiteurs d’un lieu chargé d’âme !

Grand-messe théâtrale dans l’Abbaye de Villers-La-Ville cet été, à la tombée du jour. Il y a quelqu’un ? On est 900. Chaque année, 20.000 spectateurs se pressent sous les voûtes en ruines. Cette fois, la messe populaire combat les apparences et la violence. En piste – suivez le guide – une fée espiègle, cocasse, omnisciente et… lumineuse. Telle une prof farceuse… (Jeu : une pétulante Bernadette Mouzon).

Trois figures féminines sont convoquées par le texte. Belle : l’innocence, la vertu et la bienveillance pures (Laura Fautré). Deux sœurs caricaturales, deux pestes insupportables et chamailleuses qui ne vivent que pour la galerie, comme dans Cendrillon : Lauriane Jaouan (Fatmé) et Manon Hanseeuw (Lisbé). Et une mère, Reine de son état, une Lagertha absolument guerrière (Marie-Hélène Remacle), tout ce qu’il y a de plus dur, autoritaire et violent.

Dans ce trio explosif, on ne peut que choisir la première. La seule qui ne prône pas la guerre. Une évidence. Mais la pureté idéalisée existe-t-elle ? Jacques Brel ne nous chante-t-il pas « L’inaccessible étoile » ?

En tout cas, on dira un non franc et massif aux apparences, et surtout un Non majuscule à la violence. Notre foule sentimentale a tant besoin d’idéal. Ce spectacle est donc fort rafraîchissant et beau… comme la maladie d’amour.

Côté masculin, deux hommes. Un père (Bruno Georis), adorable et tendre, veuf et ruiné, mais qui vibre intensément pour cette cadette qui n’aime que les roses… Et un prince (Benjamin Ramon), impressionnant, caché sous une peau de bête, victime d’une fée vengeresse et jalouse, un miroir noir de malédiction. Tiens donc, encore une femme ! Et son vœu ultime à cette malheureuse créature ? Essence contre apparences :  être aimé pour ce qu’il est. Rien que cela. Rien d’autre. Le programme de Don Quichotte ?

Sûr que la joie de la métamorphose finale de ce prince blessé dans son orgueil et sa solitude, et enfin libéré du méchant sortilège fait du bien. Même si tout le monde connaît cette fin. Dansons… là où éclôt la magie !

Car les mots dansent. Des éblouissements classiques déclamés dans une diction parfaite enveloppent ce beau spectacle. Des subjonctifs imparfaits, des passés simples. Comme les herbes du même nom. On est dans une abbaye ! Où étiez-vous donc passés ? A la trappe ? Les voici ressuscités, à Dieu ne plaise ! En signe infaillible d’intemporalité, les répliques scandées font briller les mots et les idées comme des lucioles de plaisir dans la nuit. Le tout, teinté de touches d’humour très actuel.

 En effet, le texte choisi par Patrick de Longrée pour exploiter sa scénographie nous vient directement du conte original de Gabrielle‑Suzanne de Villeneuve (1740). Un bijou de français ancien. Le texte est mis en scène par Alexis Goslain, avec les somptueux costumes de Sophie Malacord et Thierry Bosquet, les éclairages contrastés de Christian Sténuit et les illustrations musicales joliment inquiétantes de Laurent Beumier.

Ce spectacle, c’est donc ça : un vrai bain d’humanité. Toutefois, disons que cet entracte imposé est un peu lourd. Pierres, lierre, bière… La foule se trouve canalisée par une équipe nombreuse d’étudiants très souriants. Mais où s’assoir et où rêver ? Et comment ne pas briser l’enchantement ? Soupir ! Mais on quitte les lieux, la rose au cœur, sachant que l’amour ne peut fleurir que dans la réciprocité et le consentement. Le temps d’une heure et demie, on se rappelle que les contes ne mentent pas – ils transforment. Et qu’il est encore permis de croire à la métamorphose.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

vu le 17 juillet 2025

→ https://deldiffusion.be/prochaine-production/la-belle-la-bete

Mise en scène : ALEXIS GOSLAIN

Avec
LAURA FAUTRÉ (la Belle)
BENJAMIN RAMON (la Bête)
BRUNO GEORIS (le Père)
BERNADETTE MOUZON (la Fée)
MARIE-HÉLÈNE REMACLE (la Reine)
LAURIANE JAOUAN (Fatmé)
MANON HANSEEUW (Lisbé)
JONAS JANS (Garde)
ROMAIN MATHELART (Garde)

D’après GABRIELLE-SUZANNE de VILLENEUVE
Adaptation et scénographie : PATRICK de LONGRÉE
Costumes : THIERRY BOSQUET & SOPHIE MALACORD
Éclairages : CHRISTIAN STÉNUIT
Maquillages : GAËLLE AVILÈS SANTOS
Habillage musical : LAURENT BEUMIER
Images vidéo : ALLAN BEURMS
Chorégraphie : SABRINA GERLACHE
Assistant à la mise en scène : JONAS JANS

Produit par RINUS VANELSLANDER Vanelslander & PATRICK de LONGRÉE

ABBAYE DE VILLERS-LA-VILLE
À partir du 10 juillet 2025

 

https://deldiffusion.be/prochaine-production/la-belle-la-bete

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Consommer

Consommer

 

Remplir son frigo, vider ses toilettes,

C’est l’itinéraire en majorité,

Trouver un travail vivable et honnête,

Puis déambuler au super marché

 

La minorité a les choses en main,

Raflant le Jack pot, ce sont les malins,

Dirigeant l’armée des citrons pressés,

Par le boniment ils nous font tourner

 

Remplir son frigo, on le sait très tôt,

A la maternelle, apprenant les mots

Et surtout compter pour la fin du mois,

On nous apprend donc à gagner son moi

 

Certains différents regardent l’oiseau

Par cette fenêtre, il est bien là-haut,

Volant libre et fier, sans ce professeur

Incompréhensible, blablatant des heures

 

Entrez donc ici,

C’est le paradis,

Fermez bien la porte

Qu’on soit seuls en sorte

 

Remplir son frigo, pourquoi pas sa tête,

Comprendre le sens, en étant moins bête,

Le sens du monde, le sens de la fête

Et ton sens à toi, tirant la sonnette

 

Les artistes vivent comme des nuages,

Ils sont des enfants, n’ont jamais eu d’âge,

Ils sont le soleil entrant dans votre âme,

C’est peut-être bien la clé du sésame

 

Entrez donc ici,

C’est le paradis,

Fermez bien la porte

Qu’on soit seuls en sorte

 

le 13-7-2025

 

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Nouvelles sculptures en plein air

EXPOSITION DE SCULPTURES EN PLEIN AIR

C’est une première ! Faisant suite à un appel lancé en 2021 par le Centre culturel Escale du Nord, le Parc des Etangs (Anderlecht) s’est transformé en écrin pour accueillir les œuvres monumentales de six sculpteurs, prouvant à quel point l’art ne doit pas se cantonner aux galeries et aux seuls musées. Il a pour vocation d’éduquer, de sensibiliser, d’émouvoir, de questionner et de générer des débats, tout en permettant aux riverains de découvrir des œuvres contemporaines dans leur environnement lors d’une promenade pédestre, en allant faire leurs courses ou en se déplaçant expressément pour venir à leur rencontre. Enfin, il s’agit de promouvoir le travail de celles et ceux qui pratiquent la sculpture en dilettante ou en professionnels, pour prouver la vitalité de notre royaume, ainsi que pour rendre la culture accessible gratuitement à tous. Une formule très éloignée des univers figés des académies et la présentation dans un espace public agréable et verdoyant de pièces faisant chacune plusieurs mètres pour une confrontation immédiate avec le public. La disposition des œuvres dans le parc offre plusieurs points de vue pour les contempler, sans ordre de visite nécessaire. On passe allègrement de l’une à l’autre pour un arrêt ou pour passer son chemin … si on n’a pas été séduit ! Une balade qui permet également de s’évader du bitume en côtoyant des canards et des oies, des joueurs de pétanque, des familles, des séniors et des jeunes s’échangeant le ballon.  Les artistes retenus sont José Sahagun, Hubert Verbruggen, Jean Boghossian, François Canart, Brigitte Danse et Isabelle Van Wylick Zazie. Des identités artistiques peu banales ! Cette exposition en plein air est à voir jusqu’au 22 avril 2024.

Avenue Marius Renard à 1070 Bruxelles

Daniel Bastié

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COURT-METRAGE : PAS MOI 

COURT-METRAGE : PAS MOI 

La Bruxelloise Farida Lehyan vient de signer son premier court-métrage de fiction. En voilà le pitch : L'histoire de Izza est un récit poignant et inspirant, mettant en avant la force et la résilience d'une femme qui a traversé de nombreuses épreuves dans sa vie. Après avoir surmonté un divorce difficile, elle a pris la responsabilité de ses enfants et a travaillé dur pour bâtir une vie meilleure. Son engagement et son acharnement l'ont amenée à réaliser son rêve en prenant la gérance d'un magasin de meubles et de décoration. Cependant, au moment où elle atteint ce succès professionnel tant mérité, la vie lui réserve un nouveau défi : elle est diagnostiquée avec un cancer du sein. Cette nouvelle brutale plonge Izza dans le déni initial, mais elle doit rapidement affronter la réalité de la maladie. Le film explore les émotions et le combat intérieur de Izza tandis qu'elle jongle entre son travail, ses responsabilités familiales et sa lutte contre la maladie. Ce parcours difficile mettra à l'épreuve la force et le courage de Izza, mais elle trouvera du soutien auprès de ses enfants, de ses amis et de ses collègues. Le court-métrage peut être visionné sur youtube  à l’adresse suivante :

https://youtube.com/watch?v=0WfqswBD7JE&feature=share

Daniel Bastié

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Nos chères banlieues

Nos chères banlieues

 

Au parvis des banlieues nos troubadours se pâment

Et sur le pont levis la blanche tourne l’âme,

Du donjon alentour coulent les remontants,

Chacun vient se servir, les ducs vont dansant

 

Les gens d’armes à cheval hésitent pour la ronde,

De peur de déranger des seigneurs de ce monde,

Le vieux curé bénit ce convoi d’allégresses,

Un grand sec à lunettes provoquant la détresse

 

Au parvis des banlieues, depuis la grande tour,

Sonnent tant bien que mal une nuée de tambours,

Des fenêtres s’envolent récipients et vaisselles

Vers la marée chaussée s’occupant des dentelles

 

Le grand duc intervient, lançant la chasse à cour,

Avec des chars à bœufs chargeant chacun leur tour,

Soufflant dans l’olifant pour donner la cadence,

Alors les gueux accourent, préférant la prudence

 

Au parvis des banlieues, peu à peu tout se calme,

Les encapuchonnés ont soudain changé d’âme,

Monseigneur du tempo a prêché l’espérance,

Encore du blablabla pour masquer son aisance

 

le 9-7-2025

 

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