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12272799258?profile=originalSolistes de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth

BOZARSUNDAYS

Dimanche 18.03.2012 11:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

 Chaque année, dans un idéal d’excellence, et le rêve d’une carrière assurée,  des étudiants de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth participent au Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique. La Chapelle est soutenue par de nombreux mécènes culturels. Elle participe au perfectionnement de jeunes talents du monde entier dans plusieurs disciplines musicales. Dans chacune des quatre disciplines, les étudiants de la Chapelle sont suivis personnellement par un Maître en résidence: Violon (Augustin Dumay), Piano (Abdel Rahman El Bacha), Violoncelle (Gary Hoffman)(nouvelle classe), Chant (José Van Dam), Musique de chambre (Quatuor Artemis)

Ce dimanche matin, la salle Henry Le Bœuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles  accueillait trois jeunes talents qui nous ont offert un programme de choix:

Christia Hudziy piano - Noëlle Weidmann violoncelle

Edvard Grieg, Sonate pour violoncelle et piano, op. 36, 1er mouvement
Leos Janacek, Pohadka

Harriet Langley violon - Dana Protopopescu piano

César Franck, Sonate en la majeur

L’une d’entre elles, qui a travaillé à la Chapelle depuis six ans, est une jeune fille de 19 ans. Elle s’appelle Harriet Langley, elle  est australienne, de mère coréenne. Elle a déjà parcouru le monde entier et  va présenter le concours Reine Elisabeth de violon ce printemps 2012. Non seulement elle a l’occasion grâce à cette formation de développer sa personnalité musicale aux côtés d’un très grand maître prêt à lui transmettre tout son savoir faire, mais elle est très reconnaissante, ainsi que ses collègues artistes  que la Chapelle - cas unique dans la formation musicale en Europe -  leur permette de se produire sur de nombreuses scènes prestigieuses y compris à l’étranger. Après le concert nous les avons rencontrées, toutes trois  aussi charmantes, et amoureuses de la musique.  

Christia Hudziy au  piano et Noëlle Weidmann (dont c’est la première année à la Chapelle)   au violoncelle nous ont joué la Sonate pour violoncelle et piano, op. 36, 1er mouvement d’Edvard Grieg.  Ce n’est pas une mince affaire que de convoquer l’intérêt musical un dimanche matin à 11 heures quand dehors sonnent les cloches d’une superbe matinée de printemps. Ce duo féminin très accompli  a réussi à capter toute notre concentration. Sensibilité et vigueur étaient au rendez-vous tandis que dans le second morceau, Pohadka de Leos Janacek, l’inventivité  et les surprises fusaient des cordes du violoncelle. Le début commence comme un véritable conte de fées. Une voix semble nous souffler «  Il était une fois… Pohadka, a fairy tale ». Et c’est le cas,  vérification faite, Pohadka veut dire en tchèque « conte polulaire… » C’est dire si l’interprétation était suggestive !   On se demande comment Christia et Noëlle, qui jouent en se tournant le dos ont tant de connivence musicale et de bonheur complice. Le double chant qu’elles tressent dans le dernier mouvement  est enchanteur.

 

César Franck, Sonate en la majeur. Le duo avec Dana Protopopescu au piano était sublime. Harriet, la violoniste boit des yeux les mains de la pianiste et lui renvoie une  sculpture musicale  complexe et passionnée. La fougue croisée des deux instruments se complaît dans les notes graves, la violoniste souligne les accents marqués en fin de phrase par un geste d’accompagnement ferme et gracieux. L’archet semble se libérer et grimper vers des notes de plaisir estival. Puis des ondes de retour vers l’intériorité retombent en cascades.

 Il y a au cœur de l’œuvre un récitatif joué les yeux fermés, un chef d’œuvre pour

qui veut se recueillir. Il semble que toute la misère du monde soit envoyée vers le ciel, avec l’espoir enfermé  comme  dans une bouteille à la mer. Et ce message, on est sûr que Dieu l’aura entendu. Les lignes mélodiques sont pures, escortées avec délicatesse par les  arpèges au  velouté très mélodique de la pianiste.  La tendresse et le romantisme du début se mutent en  volonté de faire exploser la joie de vivre.  

C’est au tour du public d’exploser de bonheur, quand dehors, en plein midi, sonnent les cloches d’une superbe matinée de printemps.

 

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L’orchestre National de Lille se produit à Gand

12272797499?profile=originalJean Sibelius Pelléas et Mélisande
Robert Schumann Concerto pour violoncelle et orchestre
Piotr Ilyitch Tchaïkovski Roméo et Juliette

Kirill Karabits direction  / Anne Gastinel violoncelle /  de Bijloke, le 17 mars 2012

 Nous ne sommes pas allés jusque Shanghai  ni au bout de la Russie mais jusqu’à Gand, dans la très belle salle  historique « de Bijloke »  que nous  avons découverte avec joie, pour aller écouter l’Orchestre National de Lille sous la direction de Kirill Karabits.  Les concerts se donnent dans la grande salle magnifiquement restaurée de l’ancien hôpital du 13e siècle, sous une voûte d’époque  impressionnante, en chêne massif amené par bateaux, via l’ancien  port du Zwin et de Damme.

 Il n’y a pas si longtemps,  l’ONL était à  au studio 4 de Flagey, une salle à la très belle acoustique également.  Ce sont des gens du voyage !  Avec eux, dans le cœur historique de la ville de  Gand, nous avons voyagé à travers la  musique entre Sibélius,  Finlande ; Schumann, Allemagne ; Tchaïkovski,  Russie ; Kirill Karabits, Ukraine  et Anne Gastinel, France.

12272798066?profile=originalEn ouverture de concert nous avons écouté une interprétation très expressive de  Pelléas et Mélisande de Sibélius, qui, après en avoir écrit une musique de scène, a su traduire l’intensité de l’œuvre de Maurice Maeterlinck (… Belgique) en une suite de neuf pièces courtes et suggestives. Pas plus de 30 minutes de bonheur musical, mais neuf tableaux très pittoresques  et fort bien orchestrés par le jeune Kirill Karabits (°1976). Cela va de la majestueuse rondeur des tours du  château, aux scènes agrestes, aux déchirements  dramatiques qui se terminent dans le néant. Les cordes introduisent le thème, répété par un solo de basson. C’est l’envol de pizzicati comme une nuée d’oiseaux. L’avertissement lugubre ne se fait pas attendre :  un long roulement de percussions. La voix pure de Mélisande nous parvient à travers un cor anglais, comme une cantilène.  On est sur la plage « At the sea shore » avec le bourdonnement continu des altos. Entre instruments à vent et violons qui amplifient les thèmes, les sonorités sont denses, harmonieuses. Un plaisir de musiciens  que les membres de l’orchestre partagent avec un public  attentif et ému.  Les percussions et les contrebasses se font  ambassadrices des coups du destin. « Mélisande at the spinning wheel » présente une image dramatique de  belle au bois dormant qui s’achemine vers le désastre.  Les percussions  introduisent avec force les instruments du  malheur, et les contrebasses égrènent avec grâce – le geste des contrebassistes est pure élégance –  l’implacable fuite du temps… et de l’amour.  Trois notes répétitives, presque des soupirs, sont  soutenues par l’harmonie majestueuse des violons  et marquent les derniers instants de Mélisande, dans une  complainte, douce, lente et intense. Le chef d’orchestre  a dû contenir de la main  les envolées romantiques des musiciens car il semble privilégier la douceur et une certaine retenue, avant toute chose.

 

La violoncelliste française Anne Gastinel interprétera avec tragique le concerto pour violoncelle de Schumann. L’orchestre expose des sonorités éclatantes et vibrantes lorsque le violoncelle se tait.  Il faut dire que ce concerto fut composé pour l’anniversaire de Klara et que le morceau ne peut pas se complaire dans les méandres d’une âme torturée. C’est avec joie retrouvée que l’on écoute l'ouverture de Roméo et Juliette de Tchaïkovski. Rien ne manque : une musicalité parfaite, un chef d’orchestre de plus en plus passionné, une construction minutieuse de l’émotion et des antagonismes meurtriers. La harpe se prend pour une guitare, les couleurs chatoyantes de l’orchestre  sont captives,  suspendues  dans la voûte  séculaire de la salle de concert. De  brefs silences prédisent des élans joyeux, des ricochets de cordes, un rythme  parfois presque guerrier et syncopé dans le thème de la haine et de la discorde. Et aussi la sérénité de l’amour indestructible qui défie l’éternité, qu'il soit passion ou tendresse. Kirill Karabits tressaute, se démène  et  emmène dans son sillage  les musiciens avec vigueur,  il est le chef de la tempête. Mais  toujours, l’horloge régulière du destin bat la mesure: les éternelles contrebasses.  Les cuivres reprendront le thème une dernière fois,  de façon plaintive. La harpe s’éteint sous la puissance de formidables écrasements de timbales, cymbales et grosse caisse  qui n’en finissent pas de gronder. Une musique magnifiquement taillée, comme un diamant,  par le jeune chef d’orchestre ukrainien.

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http://www.onlille.com/

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Grigory Sokolov

Vendredi 16.03.2012 20:00

12272797868?profile=originalPalais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

Grigory Sokolov piano

           

            Jean-Philippe Rameau, Suite en ré


            Wolfgang Amadeus Mozart, Sonate pour piano N° 8 en la mineur,     KV    310
          

Variations et Fugue en si bémol majeur  sur un thème de G.F. Haendel, op. 24, de Johannes Brahms

            3   Intermezzi de Johannes Brahms, op. 117

 

Géant russe matamore du piano ou Petit Poucet rêveur qui égrenait dans sa course, des notes ?  Il n’y en a  pourtant que 7… il en crée mille. Elles ont un feutré, un tissé (mains), un palpé, un flûté, un galbé, un ornementé, incomparables.   Sokolov, le succulent pianiste né au creux du 20 éme  siècle, nous offre des gouttes de rosée, des ombres fantastiques, des doux froufrous, du vin de vigueur. Il est la bohême du piano, l’anticonformiste, le créateur.

 

L’auberge est au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles dans la salle prestigieuse Henry Le Bœuf. Rameau ouvre le concert. Les tendres Plaintes, Les niais de Sologne, Les soupirs  et toute la suite en ré fusent du clavier, convoqués par un alchimiste intemporel.  Dans la pénombre, Grigory Sokolov installe l’intimité, penché sur son clavier comme sur un grimoire. Un champion des deux roues penché  sur son guidon, une dentelière à sa dentelle. On est dans le mystère de la  belle au bois dormant, le monde s’est éteint et en renaît un autre. Jeux de poignets, trilles invisibles, notes piquées, marche joyeuse, belles nuances et accents émouvants. Le piano, plus que le clavecin, doit sûrement rire avec cette salve de chatouilles. Une fête de nuances, le clavecin est pantois.  Détrompez-vous, il s’agit d’un chat agile,  (pas le Chat Botté, quoique… ), qui poursuit dans le clavier une souris invisible. Frissons spectaculaires. Le toucher badin cède à la poursuite effrénée; les mains bataillent pour occuper tout l’espace du clavier. C’est le jaillissement de sève vitale qui en est la cause.  Music is dynamics.  Incroyable maîtrise : cela se termine par un pas de deux, gracieux, d’un couple de danseurs étoiles sur les touches. Quelque part, il y a un maître de marionettes,  invisible, oublié tant les mains sont fascinantes.

 

La technique parfaite et brillante de Grigory Sokolov nous  offre une fête jubilatoire dans la sonate de Mozart. Il y a des accents raffinés, une liberté de ton et une multiplicité de saveurs généreuses. Le nectar musical oscille entre des notes aigrelettes et une ample  robe amarante. Andante cantabile con espresssione : rien n’est plus juste.  Le tempo est plus lent, les notes plus graves. Les aiguës sont assourdies grâce à des pianissimos inconcevables. On est dans un nid de duvet et pourtant chaque note bien détachée semble être appuyée à fond dans le clavier. Mystère de la fabrication. Un oiseau soigneux, de préférence une alouette, lisse son plumage, quand soudain forgées à grands feux, des notes graves explosent. Le nez sur son clavier, Grigory Sokolov écoute la respiration intime de l’instrument puis transforme ses mains dans le Presto en véritable corps de ballet.

 

L’éventail des nuances des Variations de Johannes Brahms nous  laisse stupéfaits. Un  déchaînement titanesque façon Vulcain fait suite aux  « Hands dancing on thin ice  » de l’introduction. Sokolov butine ensuite des notes sucrées avec gourmandise. Une cavalcade endiablée précède la salve d’accords plaqués avec détermination suivie de près par  l’ébullition de lave en fusion. …Et le déplissage accéléré de jeunes feuilles tendres se déploie sous une course de nuages. Comme le dit Wagner "Wandel und Wechsel liebt wer lebt: das Spiel drum kann ich nicht sparen."  "Qui vit aime le changement et la variété: ce jeu je ne peux m'en passer." Richard Wagner (Rheingold). L’élasticité extrême du toucher ne finira jamais d’étonner. On imagine un artiste peintre en pleine créativité, débordant d’inspiration balayant sa toile en rafales dynamiques et en touches pointées. Après de splendides variations chromatiques pleine de douceur, ce sont 20 mains qui chantent, grondent et menacent. Rappellent avec vigueur le thème d’Haendel.  Provoquent un ruissellement d’orage estival et enfantent une musique surhumaine.

 

 12272797675?profile=originalCoupant court aux applaudissements Grégory Sokolov se jettera  avec ivresse dans les Intermezzi où l’on retrouve une berceuse aux notes rondes comme des perles et des bulles éclatant avec douceur. Voici  une longe ondulation, la roue du temps ?  Elle tourne, dévale, hésite,  remonte une pente imaginaire avant de se coucher sur le flanc. Vaincue ? Ensuite la supplique appuyée mais humble, d’une sorte de Kyrie Eleison. L’ensemble  finit sur une langoureuse caresse qui ne veut pas s’évanouir. Au moins six rappels et autant de « bis » éblouissants, passionnés et tendres. Et bien sûr, la note bleue.  Grigory Sokolov, un bateau ivre.

 

 

 

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Johann Sebastian Bach, Partita n° 3, BWV 827
Ludwig van Beethoven, Sonate pour piano n° 7, op. 10/3
Frédéric Chopin,
- Ballade n° 1, op. 23
- 2 Polonaises, op. 26
Karol Szymanowski, Sonate pour piano n° 1, op. 8

 

 

Explosion printanière, hier soir, aux Beaux-Arts de Bruxelles. C’est Rafał Blechacz qui est au clavier devant une salle médusée par sa virtuosité et sa frappe inspirée. Le programme parcourt plusieurs siècles : Bach, Beethoven, Chopin et Szymanowski, une découverte pour nombre d’entre nous. Le jeune pianiste polonais, lauréat du prestigieux Concours Chopin de Varsovie d’octobre 2005 où il remportait le premier prix, ainsi que quatre autres  prix spéciaux, a l’étoffe d’un virtuose  de très  grande envergure.  Le Concours Chopin - qui se tient tous les cinq ans à Varsovie - l’un des plus anciens et des plus illustres concours internationaux de piano, a accueilli d’éminents lauréats : Martha Argerich, Maurizio Pollini, Krystian Zimerman... Dans la corbeille de prix,  Rafał Blechacz  y fut distingué pour  la meilleure interprétation d'une sonate de Chopin.  C’est tout dire.   

D’emblée, dès le début du concert, on est saisi par sa personnalité juvénile, accomplie,  sensible et surtout,  discrète. Dans la succession des morceaux qu’il interprète il s’efface presque lors des applaudissements. Aurait-t-il peur du tonnerre ? Génération Y ?

Dans la Partita n° 3, BWV 827 on apprécie aussitôt un flot de vie étourdissante. L’effervescence est telle qu’on se demande quand le musicien respire. Douceur, en chapelets de pianos sans aucune emphase, et retenue sont très présentes dans l’Allemande. La Sarabande est plutôt une promenade bucolique pleine de fraîcheur, où l’on s’arrête pour humer les parfums de l’air. Note de cœur et note de tête s’entremêlent harmonieusement. C’est donc le printemps soudain,  avec la lourde fragrance d’un seringa ou d’un lilas dans les paisibles heures de l’après midi. La Burlesca nous donne d’agréables sautillements de ruisseau limpide sur des pierres brillantes. Le jeune homme est encore pressé dans la gigue. Les doigts batifolent sur le clavier à une vitesse extravagante.

Le contraste est saisissant dans la sonate pour piano N°7 de Beethoven. Le fourmillement des doigts y est toujours mais avec des appuis spectaculaires  entraînant de larges ruissellements. Sa maîtrise est  parfaite. Avec une  connaissance précise de la partition qu’il connait par cœur, il  parcourt avec aisance  toutes les couleurs sonores possibles du thème. Les 5 notes ralenties de la main gauche se propagent en multiples échos vibrants. L’accompagnement change de camp, il est à droite. Une promenade très émouvante  scelle la tendresse de deux âmes, …ou de deux âges. Cela s’achève dans le quatrième mouvement par des roulades, des roucoulements. De riches bourdonnements  exprimés par une masse de trilles,  un rythme syncopé, un tapis d’herbes folles en accompagnement  sont finalement  aspirés par une  dernière gamme vertigineuse.

Le public est totalement conquis. Le reste du concert sera tout aussi brillant. Avec la Ballade n° 1, op. 23 de  Chopin il y a la douceur et la puissance de vagues musicales qui se répandent sur le clavier. Des lambeaux de rêves effilochés  contrastent avec des grondements telluriques, parsemés de poussière d’étoiles. Intériorité et passion débridées se disputent le clavier. Au calme profond succède une finale étincelante. Les deux polonaises soulignent encore plus la personnalité ardente du jeune-homme dont on sent la tendresse profonde pour Chopin. Georges Sand serait-elle dans la salle ? Célébration d’harmonie de sensualité et de passion. Les sonorités de cristal dialoguent avec des frôlements de harpe. Le moindre motif - très simple - est aussitôt habillé d’atours prestigieux et  resplendissants qui se propagent avec force du haut en bas du clavier. L’expressivité sera à son comble dans la sonate pour piano N° 1 de Karol Szymanowski, qui rassemble avec fougue  une tempête de sentiments et de soudaines accalmies. Les accords rebondissent, et font place à des confidences  et murmures  puis à de lourdes perles vibrantes,  le tout dans un crescendo de vent qui se lève. Sourire discret de l’interprète qui nous réserve deux bis en forme de révérence. Ah les natifs de Pologne !

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=10922&selectiondate=2012-3-14

Rafal Blechacz Mercredi 14.03.2012 20:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

 

 

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                                                                                                 mocratie

        De : Michael Frayn

      du 13 au 18 Mars

Mise en scène, scénographie et lumières : Jean-Claude Idée

Dramaturgie : Armand Delcampe

Avec Jean-Pierre Bouvier, Xavier Campion, Emmanuel Dechartre, Alain Eloy, Jean-François Guilliet, Frédéric Lepers, Frédéric Nyssen, François Sikivie, Jacques Viala, Alexandre von Sivers

 

21 octobre 1969 : « La guerre contre les peuples et contre son peuple est enfin perdue. Créons une Allemagne d’Amour et de Justice!» C’est le vœu de Willy Brandt, personnage charismatique fascinant. Les visages  émaciés des gens de l’Est sont tournés vers lui. Il a le geste pacificateur, l’heure viendra! De l’autre côté du mur, les Libéraux ne veulent pas de traité avec L’Allemagne de l’Est et préfèrent les accords avec les Démocrates Chrétiens. Dans la solitude du pouvoir,  Willy Brandt tient bon : «ça va ça vient les coalitions, ça n’a pas de racines ». Willy Brandt est soutenu par le compagnonnage qui s’est établi avec son assistant personnel Günter Guillaume,   un espion de l’Est qui a su gagner sa confiance.  Dixit Günter Guillaume : Willy Brandt représente le rêve d’une démocratie parlementaire, « une fête qui ne finit pas ». Günter ou Guillaume selon l’interlocuteur,  celui de l’Est ou de l’Ouest. 

 

 Arno K., le commanditaire à qui Günter confie les avancées de sa mission  est partout. Il joue un personnage machiavélique  qui  symbolise à merveille la RDA et la surveillance constante du régime communiste. Big Brother invisible pour les comédiens, il se glisse au milieu de toutes les conversations. Jacques Viala l’incarne diaboliquement bien.

 

Huis clos sur l’immense plateau de l’Aula Magna. Les personnages sortent régulièrement de l’ombre pour jouer leur partition sous un spot de lumière. Cela  nous donne à voir toutes  les coulisses du pouvoir… qui tue. On revivra l’histoire éternelle de la roche tarpéienne. Les services secrets de la République Démocratique ont décidé, en accord avec l’Ouest, de saborder (Günter) Guillaume pour faire sauter le chancelier et son Ostpolitik… Dans l’ombre, veille le Mazarin : « oncle Herbert », Herbert Wehner,  chef du SPD qui attend jalousement de présenter son favori, Helmut Schmidt aux élections. « La démocratie, c’est comme la spontanéité, elle a besoin d’être contrôlée. »

 

 Et au détour de la guerre du Kippur, de la crise pétrolière, le 7 mai 1974, le chancelier qui ne chancelle pas,  Prix Nobel de la Paix, démissionnera, toute honte bue. Guillaume, son assistant personnel a été démasqué  quinze jours plus tôt comme  espion de la Stasi, les services secrets de la RDA.

 

 Tout le monde s’observe, épie, conspire  et s’approprie des lambeaux de la démocratie, cet  humble animal qui s’offre en pâture aux plus gourmands. A travers les personnages, ce sont les rouages de la politique, les contradictions, les enjeux, les désespoirs qui exposent leur vérité crue. ‎La phrase de Walt Whitman « Me contredis-je ? Très bien alors, je me contredis. Je suis vaste, je contiens des multitudes. » est un sésame dans la bouche de Willy Brandt. Et Guillaume d’éprouver paradoxalement  une admiration sans bornes pour son maître et ami. L’heure sera grave quand les silences de Willy « ne diront plus rien ». Il aura été abandonné.   Dans  l’aurore norvégienne, pendant ses  dernières vacances  familiales avec Willy, Guillaume se demande « Est-ce lui que je vois dans la lumière norvégienne ou moi-même ? » Une question intime qu’aucun  vrai espion ne se pose. La fête est finie.

 

Cette représentation théâtrale  est soigneusement orchestrée. Le mur du  décor est  un  personnage muet qui nous fixe  du haut de son mirador. Les  comédiens triés parmi les meilleurs  (Alexandre Von Sivers,  Xavier Campion… ) s’emparent du  texte dense  et  rendent les scènes historiques très évocatrices comme la tombée à genoux de Willy Brandt à Varsovie. Le spectateur ressort de la salle heureux d’avoir parcouru une page complexe de l’histoire rendue palpable par la dynamique théâtrale. Heureux que les murs finissent toujours par tomber.

 

Les prestations de Jean-Pierre Bouvier (Willy Brandt) et d’Alain Éloy, l’espion au cœur qui balance,  sont brillantes et passionnées.  L’AULA MAGNA à Louvain-la-Neuve se souviendra  longtemps de la chute de ce  mur tant décrié par Willy Brandt!

http://www.atjv.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=475

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Vingt-quatre heures de la vie d'une Femme

Hommage à Stefan ZWEIG

 

avec Anne-Marie CAPPELIEZ


 

Et au fond de l’abîme, était l’Envoûtement.

Premier cercle : Dans un hôtel de la Côte d’Azur, une femme « comme il faut »  quitte mari et enfants pour soudain suivre un jeune amant, sans jeter un regard en arrière  et sans espoir de retour. Scandale. . .  Deuxième cercle : Une autre femme, une dame anglaise très distinguée, séjournant dans le même hôtel a aussi été envoûtée par le passé. Sa confession imminente suffira-t-elle à lui faire retrouver la sérénité  et faire craquer après 24 ans  l'envoûtement de souffrances toujours recommencées ? Troisième cercle : Apparition magique de ladite femme, encore jeune et  si envoûtée par son mari, qu’à la mort de celui-ci,  elle se trouve  incapable de continuer à vivre chez elle et se lance dans une fuite en avant pour échapper au vide vertigineux de l’âme. « Aucun flot vital ne résidait plus en elle. » Quatrième cercle : Était-ce une nuit de la Saint-Jean ? Sur le tapis vert du casino de Monte-Carlo, elle rencontre des mains, puis un visage exalté, ensuite flétri: un homme au bord du désespoir. Cinquième cercle : L'inconnu est envoûté par la passion du jeu et agonise. Sixième cercle : La femme se découvre une âme salvatrice qui l’envoûte totalement. Elle est prête à commettre les actions les plus folles pour l’arracher à la destruction.  Sentiment exaltant et neuf de l’utilité de son existence ! Septième cercle : Les 24 heures fatidiques. La voilà  au septième ciel, elle est tombée amoureuse. « Cette nuit me parut mille ans ». Passion foudroyante.  Nouvel envoûtement. Huitième cercle : Toujours envoûté par le jeu, le jeune homme  rompt sa promesse et  ne la reconnaît pas. Après avoir reperdu toute sa fortune, il ne résistera pas à l’attrait du suicide, envoûtement maléfique.

 Neuvième et dixième cercles : c’est le spectateur et la spectatrice qui sont à leur tour envoûtés par le texte de Stefan Zweig, par le talent très puissant de la conteuse. Un élixir, une herbe magique ?  Les murs du théâtre disparaissent, le décor de même, jusqu’au moindre petit pot de Saint-Paulia aux fleurs violettes  qui décoraient le lobby de l’hôtel  où est sensée se dérouler l’histoire. A la fin de l’histoire on découvre avec stupeur, la  petite tasse à thé en porcelaine  de la dame anglaise, posée délicatement sur une table basse juste devant les spectateurs. Elle semble ne jamais avoir été là avant, tant l’imagination du spectateur a fait du chemin.

Allez voir cette pièce qui fait partie d’une trilogie envoûtante de Stefan Zweig, donnée au théâtre du Grand Midi sous la direction artistique de Bernard Damien.

 

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https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/le-theatre-du-grand-midi-rend-hommage-a-stefan-zweig

du 28 février au 17 mars à 20h30

 

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12272794879?profile=originalNOUS ETIONS

TIMIDES 

1959, une émission télé présentée par Monsieur et Madame.

Au programme, Monsieur nous livrera les secrets des danses de salon : fox trot, cha cha cha,rumba

mambo, slow bues et autres joyeusetés, pendant que Madame nous fera partager sa connaissance

approfondie du monde des crêpes et de la vie domestique.

Tour à tour, danse, théâtre et gastronomie seront de la partie pour nous amener dans un monde

d'une autre époque, un monde bien codé où les places de chacun sont bien claires.

Avec 

Laurent Capelluto, comédien au théâtre (Faut pas payer de Dario Fo au Théâtre National, Voix secrètes et L’Ouest Solitaire au Zone Urbaine Théâtre, ..) comme au cinéma (nommé aux César du meilleur espoir pour Un Conte de Noël de A. Desplechin et actuellement à l’affiche de Fils Unique de M. Van Hoogenbemt) partagera la scène avec

Muriel Clairembourg, danseuse et comédienne (Le monde de Luce et ses extases de G. Voisin, Un grand rire sauvage de C. Durang ou Peau d’âne et le petit poucet d’après C. Perrault).

 

Du 06/03/2012 au 31/03/2012 à 20h30 

 

Spectacle-friandise, couleur crêpes sur un plateau tout rond. Une heure de plongée dans la société d’antan. Merci le Plan Marshall.  Les années 48-58 où notre Europe a pu s'équiper comme L’Amérique, non plus en armes de guerre, mais en équipement domestique. Les années où, après le formidable effort de guerre pendant que les hommes étaient au front, les femmes on reçu le droit de parole.

Parole encore fort timide d’après la pièce, car les conventions symbolisées par le répertoire de danses de salon racontées par Monsieur - très sérieux, cravaté et raide comme la justice -  montre l’étroitesse de l’espace que l’on accorde à celles qui  restent habillées en poupées. "Poupée de cire, poupée de son", chante France Gall ...en 1965!  C'est encore loin. Rêve de lune ronde, ou de crêpes  accrochées tout autour de Monsieur et de Madame? C’est bien sûr elle qui se charge de  l’apologie du répertoire des nouveaux ustensiles de cuisine (le moulinex qui vibre si bien!)   et qui vont  enfin faciliter ses tâches immuablement féminines.

Le couple du spectacle d’Edith Depaule mime très fidèlement les comportements timorés et compassés que mères et épouses modèles avaient dans les mid-fifties. Mai 68 et les Golden Sixties  sera une autre ère ! Ouf ! Très belle description d’ambiance, le décor rétro, quoique  minimaliste, rappelle les rêves  de ces jeunes parents d’après guerre pour qui tout était possible après les cinq ans de privations et l’horreur de la guerre mondiale.

Les costumes  sont comme on les voyait dans les National Geographic en 1958. Cheveux courts, raie sur le côté et ondulations, robe décolletée à jupe ample portée sur jupon tuyauté, bas de soie et collier de perles pour les femmes. Poses photographiques comme pour le cinéma qui vient de démarrer en trombe. Les photos couleurs viendront plus tard, quand on aura abandonné les bords dentelés blancs et le noir et blanc. En 1959 on écoute la TSF d’où sortent des voix nasillardes, des chansons de  crooners américains et  des spots publicitaires pour la renommée  boldoflorine….  Un festival d’allusions qui ont fait rire les anciens et les anciennes dans la salle.

C’est un spectacle émouvant et rare même si la dérision est présente."Un peu de poivre, un peu de sel "( Eurovision 1966 !) "Un peu d'amour, un peu de miel", une petite crêpe ou une petite galette bien réussie pour célébrer la naissance du désir accepté.

Marylin a changé bien des choses. 

 

 

THÉÂTRE DU MÉRIDIEN 200/202 chaussée de la Hulpe 1170 Bruxelles

 

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12272794488?profile=originalHymne au cinéma et au  compositeur de musique de film Georges Delerue, par l'Orchestre National de Lille, le mercredi 7 mars, 20h15 au Flagey Studio 4

Georges Delerue, compositeur français  né le 12 mars 1925, mort à Los Angeles le 20 mars 1992 a récolté un Oscar, trois Césars, fut le  musicien de François Truffaut, Jean-Luc Godard, Oliver Stone et bien d’autres et contribua par sa musique à  donner au cinéma ses lettres de noblesse. Un hommage lui est rendu  par  l’Orchestre National de Lille sous la direction  de l’extraordinaire Dirk Brossé. “Every day, music gives the strength to move that one stone in the river one millimetre forward.” La femme de Georges Delerue, Colette, est ce soir dans la salle.

 «  Né à Roubaix, musicien amateur, jeune apprenti dans une usine de limes, rien ne le prédestine à un avenir hors du commun… rien sauf une véritable « vocation » qui lui permettra finalement de collectionner les récompenses au Conservatoire de sa ville, au Conservatoire de Paris et même au Concours de Rome. Très vite repéré, Georges Delerue se fait un nom au théâtre, à la télévision puis dans le cinéma par le biais de court-métrages. À partir de là, il s’impose rapidement comme l’un des plus grands compositeurs de musiques de films, signant de véritables chefs d’œuvre pour François Truffaut, Philippe de Broca, Jean-Luc Godard, Alain Resnais, Jean Becker, Gérard Oury, Alain Corneau, John Huston, Oliver Stone ou Bernardo Bertolucci, entre autres. Il décroche trois Césars pour « Préparez vos mouchoirs», de Bertrand Blier et « L’Amour en fuite» puis « Le Dernier Métro» de François Truffaut ainsi qu’un Oscar pour « A Little Romance» de George Roy Hill.

 

Le programme :  

Le «Mouvement concertant pour orchestre » (1990) est son ultime composition. Une pièce ramassée qui dure 14 minutes. Au centre de la pièce, la clarinette, le hautbois le basson et la flûte semblent improviser des lignes mélodiques sur un « tapis de cordes ». Puis c’est le retour aux  cadences rapides et fortes. La puissance dramatique s’exprime dans les cuivres de la finale. On est tout yeux pour Dirk Brossé dont le langage corporel est on ne peut plus intense. Dans sa tunique noire, ses gestes gracieux semblent être une chorégraphie silencieuse qui donne naissance à la  musique. On hésite entre le maître-orfèvre du geste silencieux ou le danseur étoile qui, évoluant sur le petit mètre carré de son podium, fait s’enflammer cordes, bois, percussions et cuivres.  

Dirk Brossé, entre autre directeur musical du prestigieux festival international du film à Gand est aussi « master of ceremonies » lorsqu’il expose la trame du programme. Les Variations Libres pour un libre penseur musical (1975) est un hommage aux lettres contenues dans le nom de  Ludwig van Beethoven. On ne sait si c’est la musique ou le chef d’orchestre qui est imprégné de grâce de fermeté et de souplesse. Les sonorités sont très belles.  

Le Concerto de l’Adieu (Diên Biên Phu) pour violon nous entraîne dans des accords dramatiques qui précèdent le solo de violon très expressif. On écoute avec recueillement  HRACHYA AVANESYAN, musicien arménien vivant à Bruxelles qui depuis 2006 se perfectionne à la Chapelle musicale Reine Elisabeth avec Augustin Dumay. Dès les premières notes il arrache des larmes. Il est à la pointe de l’émotion, de la nostalgie, de la souffrance.

 Une Suite Epique d’après le ballet Les Trois Mousquetaires très descriptive présente dela musique brillante, des rythmes amples pour la pavane de la reine, la fierté et puissance dans la danse de d’Artagnan etu panache dans la finale. Hommages dans un hommage et mise en abîme musical, voici l’Hommage à François Truffaut, suite que George Delarue dirigeait de son piano. Puis son hommage à Oliver Stone ave Salvador - Siège à Santa Ana. La suite de Broca est  un hommage au cinéaste disparu, une création mondiale imaginée par Colette Delerue et Stéphane Lerouge en collaboration avec l’ONL.
De très grands compositeurs actuels ont aussi tenu à rendre hommage à George Delerue au moyen de courtes pièces originales, toujours orchestrées par le fascinant Dirk Brossé qui achève de nous émouvoir avec « la Nuit américaine » de Georges Delerue, Grand Choral. Grand Evening.

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Au théâtre Royal du Parc : Mademoiselle Julie de August Strindberg/ Mise en scène : Jasmina Douieb

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Julie: une enfant gâtée qui séduit le cocher ? Pas vraiment. Une  princesse tout de même, qui va s’enflammer au contact d’un jardinier de la Saint-Jean. Belle histoire comme celle de l’amant de Lady Chatterley ? Pas vraiment. La belle vit une histoire qui la pousse au désespoir. Malgré la victoire de l’amour sur les conventions sociales, du corps sur l’esprit, du primitif sur la pensée trop réfléchie, l’explosion des conventions et  la  quête d’amour se font ...à coups de foudre qui tue.

Le huis clos est représenté par une énorme boîte qui s’ouvre lentement. On pense à un coffret de papier à lettres fleuri et  romantique, mais là  on est dans la cuisine du château avec une Julie en tenue  de cavalière, séductrice, revendicatrice. Elle ne sait rien sur le sexe auquel elle appartient. Sa mère vengeresse, l’a empêché de devenir « femme », au nom de l’égalité entre les sexes, au nom d’une guerre implacable contre son mari,  menée à coups d’incendies. Les joutes cruelles entre les futurs amants  se déroulent dans la cuisine sous les yeux effarés de Christine la gardienne du château,  la fiancée du compère soudain  piqué d’amour pour la dame des lieux. « Je te hais autant que je t’aime. »

Fabrice Rodriguez (Jean), poignant  dans  l'Hamelin deJuan Mayorga (mise en scène Christophe Sermet) au théâtre du Rideau l’année dernière, joue avec raffinement et élégance le domestique madré. Il fustige les nantis : « Quand les maîtres se mélangent avec le commun, ils deviennent communs ». Julie : « Ce soir, laissons tomber le rang ! » Jean : « Ne descendez pas mademoiselle, tout le monde pensera que vous tombez ! » Julie : « Comme vous êtes fier !» Jean : « Parfois oui, parfois non !»   Julie : « Avez-vous jamais aimé ? « Cela doit être un malheur infini que d’être pauvre !» Il lui raconte comment tout jeune domestique, il était tombé amoureux d’une princesse de onze ans qui s’appelait Julie. Il se rendait à l’église, juste pour l'entrevoir. « C’était pour moi le signe de l’impossibilité  de  sortir du cercle où j’étais. » Après les aveux, Julie s’offre au serviteur qui rêve de s'élever et  devenir comte à son tour. L'argent peut tout acheter.

Mais le poids des conventions rattrape  bientôt la pauvrette, écrasée par la terrifiante image   de son  père qui va revenir de voyage. Elle ne peut non plus  se résoudre à suivre Jean ( Julien Sorel ?) en Italie pour recommencer une vie nouvelle et ouvrir un hôtel. « Je veux partir et je veux rester ». Le serin dans sa cage de voyage est mort au point du jour.  Je ne vous dirai pas comment. « Le soleil se lève et le troll crève ! » constate Jean.

Une atmosphère grinçante, étouffante. Anouchka Vingtier (Julie) , la mal-aimée,  tape du pied,  vitupère, s’emporte, crie. Une authetique enfant gâtée, dans tous les sens du terme. Les scènes avec la délicieuse Christine (Catherine Grosjean), la cuisinière font du bien. Il y a ce bord de scène inoubliable où elle s’adresse à sa chatte, une chatte  imaginaire  qui a encore fauté, elle est prête à mettre bas sans doute.  Après tout, c'est la Saint-Jean pour hommes et bêtes. Il est bon parfois d’être pieds sur terre.

La mise en scène est très belle.

 

 

http://www.theatreduparc.be/

Du 1er au 31 mars 2012

Avec : Anouchka Vingtier, Fabrice Rodriguez, Catherine Grosjean

 et à l’accordéon : Liborio Amico, musique de Pascal Charpentier

 

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administrateur théâtres

 If Mozart and Monk were brothers, histoire de musiques

 

Le  récital de piano organisé par le Rotary  Club Bruxelles –Vésale a été un triomphe. L’histoire d’amour de la musique déclinée par deux virtuoses (28 et 35 ans) très complémentaires, Liebrecht Vanbeckevoort et Jef Neve nous a été contée en huit perles hier soir au Conservatoire de Bruxelles. 12272793497?profile=original

M&M (Mozart  & Monk), Sonny and Cher, Body and Soul, Sense and Sensibility, Majeur-Mineur, Classique-Moderne, tout y était. Ils se font face, chacun derrière son  « grand » piano.  L’histoire de la musique se déroule sous leurs doigts dans un dialogue fourmillant de sourires de connivences et de bonheur de mimer l’improvisation. Le fil rouge du programme est en effet la fantaisie, l’impromptu, le tombé du ciel. Car Jef Neve,  en créateur d’atmosphère après la belle fantaisie en do mineur KV 475 de Mozart jouée avec retenue et minutie par Liebrecht Vanbeckevoort - Call me Liebrecht - fourrage dans les entrailles de son instrument, le confondant avec une harpe de l’univers et joue ensuite un tapis de vibrations:  « Lush Life» de Stryhorn, les yeux vissés au ciel. Il donne l’impression d’avoir réveillé  un millier d’instruments mystérieux qui tremblent et murmurent. Le public est charmé et saisi.

Imperceptiblement le duo des artistes s’engage en plein Schubert, dans l’Impromptu Nr. 90.  « Musicale loopjes » et arpèges tissent une musique dans le droit fil. La trame, c’est le plaisir. Et voici le fameux  « Body and Soul » de Monk, pour deux pianos. Jef Neve joue en se soulevant de son tabouret et nous livre une chevauchée débordante de ressenti. C’est au tour de Liebrecht de faire exploser sa spontanéité dans la Tarentelle de Franz Liszt, extrait de Venise et Naples, Nr. 3, Années de pèlerinage, 2ème année, Italie.  Très belle sonorité de l’instrument, frappe de passion et précision, nuances délectables, douceur et tendresse des registres, carillons de notes, jaillissement joyeux d’orchestre de verre et fulgurance de notes graves. Liebrecht dit de Litszt  (L & L) qu’il est le plus grand pianiste de l’histoire, qui a tout fait pour aller au-delà des limites du possible. L & L partagent le plaisir de jouer et de célébrer la créativité. Et le public d’applaudir, frénétiquement.12272793889?profile=original

La sixième perle du jour est une composition Da Capo « depuis le début », abrégé en D.C.  de Jef Neve. Rappelons au passage que c’est lui qui est à l’origine de la bande son du film « The Artist » dix fois oscarisé. « Endless DC » évoque le thème lancinant d’une vis sans fin qui aboutit en crescendo dans un champ paisible fait de lumière, puis le rythme reprend subrepticement dans une sorte d’envoûtement. Sonnailles lugubres en fortissimo, un battement de cœur après la course et un inexorable coup de ciseau pour finir.

 La septième perle se joue en duo et en échos qui déroutent nos yeux. Quatre notes descendantes  et répétitives jouent le suspense avant l’assaut du rythme de la   «Rhapsodie espagnole» de Maurice Ravel. Suite de rythmes en forme de point d’interrogation, sabayons croisés, festival de notes pointées, turbulences de tissus ornés de volants : un menu de fête. L’accord des deux musiciens ressemble à un vol de colibris qui se partagent une fleur avec passion. Ces quatre mouvements de la rhapsodie témoignent  d’une maîtrise et d’une vivacité extraordinaires. La « Rhapsodie in Blue » de George Gerswin qui plane sans fin au dessus de l’Atlantique, réunissant deux continents séparés,  sera ponctué de rires de mouette rieuse (Jef Neve) et de gloussements de plaisir dans le public, menant tout droit à l’ovation générale. Standing ovation.

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On a oublié de dire que Liebrecht était le 6e lauréat du concours Reine Elisabeth 2007. On se souvient de son éblouissante interprétation en finale du Concerto pour piano n°3 en ut majeur, op.26 de Serge PROKOFIEV.

 

 

 

 

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administrateur théâtres

Et voici la lauréate du prix première 2012:

Elle vient d'obtenir pour son  premier roman "Léna" le prix Première de la RTBF décerné ce premier mars à la foire du livre de Bruxelles.

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 Virginie Deloffre  est médecin à Paris... à mi temps, car elle écrit depuis un long moment et voici son premier roman.  Fascinée depuis l’enfance par la Russie, elle signe  un livre magnifique à l'écriture sensitive. La toile de fond est  toute l’épopée soviétique depuis les années 20 jusqu’à  l’effondrement de l’URSS à la fin des années 80.  Une débâcle spectaculaire qui ressemble à celle du fleuve Léna lorsqu’il sort de sa rêverie hivernale et cause des conséquences catastrophiques quand craquent tous les barrages de glace.

La Léna dont la romancière retrace le parcours est une enfant rêveuse, traumatisée par la mort de ses parents disparus dans un trou de glace en Sibérie, recueillie par un vieux couple sans enfant, Dimitri, un scientifique exilé en Sibérie et Varvara une bonne vieille paysanne pragmatique au franc parler, fière de son communisme. Hélas sa chaleur humaine peine fort à dégeler l'enfant mystérieuse et secrète.

Léna les quitte pour épouser Vassili, un ardent pilote de chasse de l’Armée rouge, et se retrouve seule dans un nouvel environnement urbain. A quel malheur doit-elle se préparer ?  Sa vie intérieure est marquée par  la rêverie et l’attente perpétuelle des retours de mission de Vassia. Son immobilité lui suffit pour capter la permanence.   Elle se complait dans l’inaction comme si bouger dans sa chrysalide allait tout faire basculer. A chaque départ et chaque retour de son mari elle écrit  de longues missives nostalgiques à son oncle et sa tante restés dans le Grand Nord et se souvient : "La terre et la mer se confondent, uniformément blanches et plates l'une et l'autre, sans ligne de fracture visible. L’œil porte si loin dans cette blancheur, qu'on croit percevoir la courbure de la terre à l'horizon. A ce point d'immensité l'espace devenait une stature, imprégnant chacun des êtres qui l'habitent, une irréductible liberté intérieure qui fait les hommes bien nés, les Hommes Véritables, ainsi que ces peuples, les Nénètses,  se désignent eux-mêmes."  Elle se sent comme les paysages de sa tribu d’origine: sans limites, à la fois changeants et immuables, aussi désertiques.

 La langue poétique dévoile peu à peu tous les replis de son âme vagabonde. Elle a aussi la distance pour décrire avec humour son nouvel environnement : "C'est la fameuse Laideur Soviétique, inimitable, minutieusement programmée par le plan, torchonnée cahin-caha dans l'ivrognerie générale, d'une tristesse inusable. Un mélange d'indifférence obstinée, de carrelages mal lavés, de façades monotones aux couleurs uniques -gris-bleu, gris-vert, gris-jaune-, témoins d'un probable oukase secret ordonnant le grisaillement égalitaire de toutes les résines destinées à la construction du socialisme avancé. Un genre de laideur qu'on ne trouve que chez nous, que l'Ouest n'égalera jamais, malgré les efforts qu'il déploie à la périphérie de ses villes. "  
 

Soudain, rien ne sera plus jamais le même. « Elle est tombée sur moi, la menace que je sentais rôder. »  Lorsque Vassia  est sélectionné pour faire partie de mission de la station Mir, Lena, fille de l’immuable perd ses repères: la routine de son attente des retours-surprise du mari qui faisait  tout son bonheur  tranquille et solitaire explose et fait  place aux incertitudes et au questionnement. Son monde solitaire est fracassé.
Elle est forcée au commerce avec autrui, confrontée par la réalité. Et de se demander ce que  vont donc chercher les hommes dans l'espace. Quelle est cette force qui les lance vers l'inaccessible?  Qu’ont-ils contemplé ces cosmonautes,  face à face avec l'univers? Pourquoi ceux qui en reviennent ont-ils tous le même vide au fond des yeux ?  « Je ne sais pas pourquoi les hommes veulent aller plus loin. Mais ils l'ont toujours fait, ils ont toujours marché droit devant eux. Ils se sont heurtés à des déserts, puis à des montagnes, et ils les ont franchis. Ils sont arrivés à la mer et cet obstacle leur a pris des siècles. Mais ils ont appris à construire des bateaux et ils sont partis sur la mer au milieu des tempêtes, droit devant vers l'inconnu. Vers l'inconnu terrifiant toujours. Chaque étape de leur progression était jonchée de cadavres et pourtant ils ont continué jusqu'à couvrir la surface de la terre, et maintenant la terre ne leur suffit plus. Ils sont ensorcelés par les lointains. C'est une force en eux, sans doute semblable à celle qui habite les oies sauvages au printemps. L'étendue les attire, elle les appelle. Et ils se mettent en marche. »

Le roman est construit avec  le soin d’une lente distillation de l’art de dire,  sans en dire trop, par petites touches successives, pour fabriquer des images inoubliables. Le plaisir de la lecture est total tant la langue soutient l’imaginaire, fait éclore l’émotion, et ouvre nos yeux sur la sensibilité de l’âme  russe. Elle insiste sur  le désir permanent  de conquête  de l’homme. Elle capte les différences ahurissantes entre l’homme et la femme dans les deux couples… qui malgré tout s’entendent.   Le personnage de Léna est tout émotion: fine, pudique et délectable. Tous les  personnages sont riches, la narration de l’histoire soviétique prend des allures de conte. Le lecteur de l’OUEST se sent transporté dans un monde inconnu et surprenant.  L’écriture fluide  et rythmée colle au roman, comme un vêtement mouillé car Léna au fur et à mesure fait fondre la glace qui l’étreint. Tout au long de l’histoire on assiste à une accélération dynamique de l’énergie  et à une authentique mise à flots du vaisseau de la vie. Celle de Léna.

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Le ravissement de l'éclosion.

 

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administrateur théâtres

Les trois sœurs au théâtre Varia


D’Anton Tchekhov.
Adaptation et mise en scène de Michel Dezoteux.
Avec: Rosario Amedeo, Karim Barras, Erwin Grünspan, Blaise Ludik, Sophie Maillard, Fanny Marcq, Emilie Maquest, AntojO,Dominique Pattuelli, Julien Pillot, Achille Ridolfi, Alexandre Trocki.

www.varia.be

Un spectacle bouillonnant de vie, d’humanité et d'émois... et pourtant il n'y a pas vraiment d’intrigue! De la magie théâtrale pure et simple, mais ô combien fignolée! Le spectateur est happé du plus profond de ses affects, et hissé au-delà de son ennui. C’est que l’émotion circule dans tous les sens, le théâtre est une rotonde, les spectateurs tous invités sur scène vibrent à l’unisson avec les comédiens, cœurs déchaînés. Tous dans le même creuset. Le thème de l’ennui provincial se fond avec celui de la recherche éperdue du sens de la vie. « Quel est le sens de tout ça ? Tiens il neige, où est le sens ?» Macha : « Il me semble que l'homme doit avoir une foi, du moins en chercher une, sinon sa vie est complètement vide... Vivre et ignorer pourquoi les cigognes volent, pourquoi les enfants naissent, pourquoi il y a des étoiles dans le ciel... Il faut savoir pourquoi l'on vit, ou alors tout n'est que balivernes et foutaises. » En filigrane le pessimisme foncier de Gogol fuyant vers l’Europe en berline ressort: « On s'ennuie à se pendre, dans ce monde, Messieurs ! » Tour à tour le rêve, l’imagination s’emparent de chaque protagoniste … et l’inaction sert chacun à la gorge. Le public ne fait rien que regarder. Les comédiens à travers rires et pleurs comme aux giboulées de Mars, ne font pas avancer l’histoire. Rien ne change, malgré le temps qui passe, d’année en année, et c’est juste la vieillesse qui creuse son désespoir, tarit l’enthousiasme, tue, comme l’alcool, à petit feu.

Il ne reste plus rien du médecin militaire. Il a tout oublié, il n’existe plus, d’un geste évocateur il fait mine d’ouvrir sa boîte crânienne, c’est le vide, tout est parti, envolé, et il s’en fout : seul remède contre le désespoir ! « Nous ne vivons pas, il n'y a rien en ce monde, nous n'existons pas, nous le croyons seulement... Et n'est-ce pas bien égal ?... » Ses solos d’ébriété déchainent les rires, l’humour est triste.

Irina, la plus fantasque, celle qui poursuit son rêve avec le plus d’acharnement, qui vit le plus d’imaginaire sera la plus grande victime. « Mais mon cœur est comme un piano précieux fermé à double tour, dont on aurait perdu la clé. » Elle n’arrive pas à dire les mots que le baron, qu’elle est sur le point d’épouser, voudrait entendre avant d’ouvrir la porte sur la dernière affaire à régler de sa vie. « Un baron de plus ou de moins… » ironisera encore le médecin, impassible devant l’absurdité.

Le frère adoré, Andreioucha, à l’avenir tellement prometteur est devenu fonctionnaire administratif au lieu de sa brillante carrière de professeur. Il a été berné par une femme fatale prédatrice et dure, qui fabrique des enfants avec l’égoïsme d’une féline sans cœur. Ce n’est pas tant la mort du père un an avant qui « a libéré son corps et son âme » comme il le prétend, c’est la privation d’action, imposée par la Natalia toute puissante qui le fait grossir à vue d’œil ! Humour triste et affectueux. Et si approprié ! Quand la mante religieuse va-t-elle le dévorer ? Il est à point, couvert de dettes de jeu, il a hypothéqué la maison familiale sans l’avis de ses sœurs.

Et pourtant, à la fin le souffle mêlé des trois sœurs fait renaître l’espoir insensé dans la vie, crié à tue tête. Malgré la neige glacée éparpillée sur le sol, la maison perdue… Le mari de Macha accueille sa femme comme s’il ne s’était jamais rien passé avec le Verchinine, sagesse de cœur, confiance radieuse en l’inaction. Les défaillances du réel sont si négligeables ! Voilà pour l’homme. « La vie est immuable, Monsieur, elle a ses propres lois que nous ne comprenons pas Mais l’homme est éphémère : « On nous oubliera » répètent inlassablement les personnages tour à tour : « Pour nous le travail, rien que le travail pour que les générations de l’avenir aient un avenir élargi ...heureux ! » Cette pièce a ressuscité Tchékhov, l’auteur, et nos espoirs.

L’interprétation, les mouvements, l’élocution, la vivacité des répliques sont pour le spectateur, une ronde de délices que l’on savoure minute par minute. Quel plaisir !

vu le 2 octobre 2010

repris en février-mars 2012

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Ivan Karizna - Eliane Reyes en concert (Bozar Sundays)

Ivan Karizna - Eliane Reyes12272794892?profile=original

BOZARSUNDAYS

Dimanche 26.02.2012 11:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

 Les BOZARSUNDAYS sont « LE » rendez-vous des familles amateurs de l’art dans toutes ses expressions. Après le petit-déjeuner en famille, les générations se séparent. Les adultes ont le choix soit de visiter une exposition en compagnie d’un guide, soit d’assister à un concert pendant que les enfants à partir de 3 ans participent à un atelier bilingue et explorent la fibre artistique qu’ils portent en eux. Quelques dimanches par an, un film est programmé pour toute la famille. Ce dimanche 26 février a accueilli un concert chatoyant de sonorités dans la salle Henry Le Bœuf.

Joli programme :

Robert Schumann, Fantasiestücke pour violoncelle et piano, op. 73
Ludwig van Beethoven, Sonate pour violoncelle et piano n° 4, op. 102/1
Sergey Prokofiev, Sonate pour violoncelle et piano, op. 119

 Ivan Karizna violoncelle - Eliane Reyes piano

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Deux jeunes interprètes débordants d’amour de la musique saluent un parterre presque complet.  Nous étions allés au concert pour Eliane Reyes (née en 1977) , nous découvrons Ivan Karizna  (né en 1992) un jeune musicien magnétique qui fait, rire, rêver, pleurer et méditer grâce à son jeu vibrant et subtil. Son  lien intime avec son instrument émerveille, il joue souvent les yeux fermés, distillant son énergie intérieure, faisant éclater la passion et poursuivant les moindres  frémissements de l’âme de cordes, en glissades vertigineuses. Not Love Alone, Spirit. And Power. Une trilogie de perfection.  Parfois  il parcourt  l’instrument dans tous les sens comme  s’il partait à l’assaut de terres inviolées. Des touches tour à tour vives,  tendres, sombres virevoltent sous nos yeux, mystérieux papillons  flamboyants  qui égrènent l’émotion.  On connait Elyane Reyes  et ses doigts de fée lorsqu’elle  se penche sur son instrument comme sur un berceau  et fait jaillir tantôt la romance et la  lumière tantôt l’esprit de conquête et la fougue.  Ensemble, ils distillent une très belle interprétation de l’opus 73 de Schumann.

La Sonate pour violoncelle et piano n° 4 de Beethoven  est magnifiquement maîtrisée. Les très belles ornementions pianistiques, les attaques vaillantes, les accords frappés avec passion alternent avec des envolées bucoliques ; pause. Les notes graves que l’on aime au violoncelle répondent au piano, énonciateur de  mystère pour se transformer en chant nostalgique. Les festons de trilles gracieux s’interposent avant la reprise des accords francs et de la fougue du 2e mouvement. Le 4e débute dans le suspense pour terminer dans une vivacité de printemps qui éclate.

Et voici le chef-d’œuvre : le morceau de Prokoviev, bouillant, scandé plein de surprises pincées aux cordes, de battements de cœur échappés du  piano, déployant des poupées russes toujours renouvelées et de plus en plus ciselées. Turbulences et  le violoncelle se prend pour Paganini, des notes ondulent en écho. Des pizzicati jazzy font imaginer un groupe de trompettes fantomatiques.   Une allégorie de la beauté expose toutes ses courbes. Tongue in cheek , le thème dansant jazzy reprend. Surbrillance, défoulement, les cheveux d’ Ivan Karizna  volent, son visage épanoui aspire la musique à grandes goulées. On est dans une fête villageoise, il y a des accords burlesques  et un violon sur le toit. Le toucher frissonnant de pizzicati précède des regards par-dessus l’épaule à la pianiste, avant d’entonner un duo de romance. On perçoit le rire intérieur du violoncelliste qui fait babiller les cordes, l’archet s’effiloche sous tant de vigueur, le piano ne cède rien sur le terrain passionnel qui cherche l’apothéose, la construit et la trouve.

Les deux virtuoses sont applaudis, comme on applaudit lors d’une soirée grandiose. Ensemble ils nous feront un dernier cadeau - slave bien sûr -  en forme de bis éblouissant : le "Quadrille" de l’Opéra "Not Love Alone" de Rodion Schedrin.

http://www.bozar.be/activity.php?id=11297

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CHATROOM en reprise au Théâtre de Poche!

DE ENDA WALSH
MISE EN SCÈNE SYLVIE DE BRAEKELEER

CHATROOM fait désormais partie des blockbusters du Théâtre de Poche. Le Festival d’Avignon 2009, au Théâtre des Doms, fut un véritable tremplin pour une première tournée magistrale du spectacle, la saison passée, en France et Outre-Mer. Depuis octobre 2011, après plus de 170 représentations et plus de 40.000 spectateurs, CHATROOM est reparti pour une deuxième tournée de 70 dates à travers la France, la Belgique, l’Italie et la Suisse !

Entre la Haute-Normandie et le Midi-Pyrénées, CHATROOM fera une halte au Poche, du 28 février au 9 mars 2012, pour une série de 9 représentations qui affichent quasi SOLD OUT. Pour tenir ce rythme effréné, la production a réuni une deuxième équipe de comédiens.
Lors de cette reprise au Poche, vous pourrez voir sur scène les 2 équipes ; la nouvelle équipe du 28 février au 6 mars, et l'équipe initiale du 7 au 9 mars.12272794279?profile=original

Chatroom 15/05/2010

T’es toi quand tu parles.  Quand on ne se parle pas, on chatte sous le couvert de l’anonymat, et les lions sont lâchés. Lâchement l’un, l’une prennent le pouvoir et diffusent machiavéliquement  leur puissance virtuelle sur de vrais pauvres paumés. Le meurtre est le pouvoir absolu : les voilà qui exultent.  Danse macabre. Et sur cette île lugubre du chatroom,  pas de ‘deus ex machina’ pour remettre ces enfants de jungle sur la piste du  respect, du bonheur, de la rationalité comme dans The Lord of the Flies….12272794475?profile=original

Enfin une jeune paumée qui a vaincu la mort crie soudain sa vérité et réveille la vie enfouie malgré tout dans  le pauvre Jim, devenu à son insu, et en vrai, la victime expiatoire de tous ces ados désœuvrés, malaimés, sans but, sans valeurs, largués…. assommés de musique sauvage, prisonniers de gestes d’automates en folie.

Et les lucioles de tecktonik abruties par leurs contradictions et celles du monde, de s’agiter désespérément. Personne n’entend rien. Surgit une image de bonheur dans le regard vide de Jim. Et si on se parlait vraiment : … Laura et Jim, dernière scène.

Malgré le sujet, aussi accablant qu’affligeant,  la vitalité et le talent  des acteurs nous réconcilient avec cette jeunesse en manque permanent….de permanence et de certitudes.


Reprise du 28 février au 9 mars 2012
(relâche les dimanches et lundis)


AVEC EN ATERNANCE
:
Du 28 février au 6 mars :
BRUNO BORSU, ALICE DE MARCHI, FANNY DONCKELS, MARTIN GOOSSENS, JORDAN MARTY, ELSA POISOT

Du 7 au 9 mars :
ELSA POISOT, DEBORAH ROUACH, ADRIANA DA FONSECA, JULIEN VARGAS, OLIVIER LENEL ET CÉDRIC LOMBARD

COMPLET sauf le 1er mars à 14h30 !

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LES 39 MARCHES

de JOHN BUCHAN et ALFRED HITCHCOCK /Adaptation de Patrick Barlow. Adaptation française de Gérald Sibleyras

Ladies and gentleman, Mesdames et Messieurs ! « The 39 Steps », roman d’espionnage  écrit en 1915 par John Buchan, futur vice-roi de Canada,  lu en anglais simplifié par les élèves de secondaire belge depuis 1980 ( … how boring !),  revu et corrigé par Sir Alfred Hitchcock himself en 1935 (... how gripping!) a déferlé sur les planches de la salle des voûtes du théâtre le Public.

12272788469?profile=originalSur scène une course-poursuite échevelée,  en chair en en os, en chapeaux et gabardines,  en locomotive, taxi, avion,  parachute, affrontant les torrents, les marais, les précipices,  les moutons,  le Loch Ness lui-même. Les quatre acteurs intrépides mènent un train d’enfer. Illusionniste et prestidigitateur, le quatuor fait surgir  des planches et autres coffres de voyage, pas moins de 200 personnages aussi rocambolesques  qu'abracadabrants.

12272788690?profile=original Sans transitions, ils  racontent sur un rythme haletant  la poursuite du  meurtrier supposé d’une jeune femme, impliquée dans une  trouble  affaire d’espionnage au tournant de l’année la plus noire du début du 20e siècle : 1914. Les secrets militaires de la splendide Albion seront-ils préservés?  

Joséphine de Renesse vue dans « Adultères » de Woody Allen en octobre dernier  au théâtre Varia est craquante  de charme quels que soient les personnages qu’elle endosse : de la fille de ferme à la séduisante inconnue blonde  rencontrée dans le train! Gaëtan Lejeune un excellent  comédien de «  Hamelin » et de « Soudain l’été dernier », caracole avec son alter ego (Marc Weiss) dans les rôles hilarants  de brutes plus ou moins épaisses (police et espions de tout poil)  tandis que l’imperturbable gentleman Sud –Africain à la fine moustache, Richard  Hannay,(Michelangelo Marchese ), pris dans un engrenage,  sillonne les routes et les dangers de la verte Angleterre à  bord d’une aventure en forme de cœur.

12272789068?profile=originalPour se tirer d’affaire, iI déclamera même une harangue politique en bonne et due forme! Une improvisation de discours humaniste!  Why not? La guerre fait rage en Europe ! Une pluie de situations comiques, d' "understatements" bien British,  de rebondissements et de citations cinématographiques s’abat sur le spectateur ébahi : décors … imaginaires, portes qui s’enfilent, paysages qui défilent sous le regard béat des moutons que le complot laisse indifférents. En êtes-vous chers spectateurs, bouche bée devant tant d’imagination scénique, tant  d’énergie théâtrale qui parcourt la scène dans tous les sens ? L’intrigue est simple et efficace. James Bond avant la lettre! Damned, he's never trapped! Du théâtre d’action ?  Sans nul doute, mais le plaisir - si c’est un crime - est avoué.

 

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=290&type=1

DU 26/01/12 AU 31/03/12

 

Scénographie : Paola Castreul

Costumes : Jackye Fauconnier

Lumière : Nathalie Borlée

Concept original de Simon Corble et Nobby Dimon

Régisseur : Louis-Philippe Duquesne


Avec :  Joséphine de Renesse, Gaëtan Lejeune, Michelangelo Marchese  et Marc Weiss.

Mise en scène: Olivier Massart

 

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administrateur théâtres

    La joute picturale, l’avez-vous vue ?  « Red » de John Logan au Public

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Nous n’avions pas une envie folle  d’aller écouter des acteurs gloser sur l’art et ses valeurs, marchandes ou non. Nous sommes entrés dans la salle, sceptiques et sommes revenus  estomaqués.  Le décor sombre d’un atelier de peintre dans ce qui semble être un entresol, imperméable à la lumière n’avait rien pour plaire. Ni la baignoire sur pattes qui rappelle furieusement Marat à son dernier soupir. Il n’y avait pas l’ombre d’une atmosphère un peu  bohême. Le rire, le bien, le confort proscrits, d’entrée de jeu.

Puis c’est  le  déchaînement de deux acteurs aussi éblouissants l’un que l’autre:  PATRICK DESCAMPS et ITSIK ELBAZ. Un déferlement d’énergie pure. Celle du rouge qui va du pavot à la coccinelle, en passant par la Ferrari, le sang séché et un baiser d’amour. Les deux comédiens en scène sont de véritables forces de la nature. L’une avouée, l’autre en devenir. L’un, bien qu’il s’en défende férocement :  un père adoptif, grand frère, psy, professeur, rabbin, mentor et incorrigible misanthrope. L’autre :  un orphelin, chien perdu sans collier, patient qui s’ignore, jeune assistant qui a tout de l’esclave, élève fiévreux d’apprendre, respectueux apprenti  en brassage et épandage de couleurs sublimes.12272791258?profile=original

Que voit-il exactement dans la radiance mystérieuse des toiles de Rothkowitz ? L’élève doit se laisser envahir ! « Sois humain une fois dans ta vie ! » lui assène le maître qui  le harcèle de questions titanesques, le pousse dans ses moindres  retranchements,  fait éclater toutes les barrières  des conventions,  jusqu’à ce qu’il explose lui-même  dans une déflagration dévastatrice. Créatrice ?  

« L’art est le seul accès au cœur de la souffrance humaine » déclare Rothko.  En désaccord  avec ses contemporains et le mouvement cubiste, Rothko-la rupture,  l’iconoclaste de l’encombrement de  la société moderne, croit aux valeurs sûres, Rembrandt, Van Gogh, les tout  grands maîtres. Caravage illumine ses tableaux de l’intérieur. Prône le travail acharné,  la douleur de l’enfantement artistique. Usant de tout un arsenal verbal haut en couleurs, il confond le jeune gringalet pour  son manque de culture  littéraire, musicale,  philosophique, théologique, mythologique,  poétique. En appelle à Platon, engage une bataille féroce entre Dionysos  et Apollon. « Notre tragédie est de ne jamais atteindre l’équilibre ». Ne supporte pas la nature et sa  lumière. Condamne  Le Bien et le Rire.  Il prône la contemplation presque mystique d’une œuvre, rêve d’exposer sa nouvelle série abstraite telle une fresque vibrante dans un mythique restaurant futuriste « les quatre saisons » que l’on visiterait comme une chapelle. Et que l’on écouterait comme une symphonie.

Le dernier coup porté est un coup de pied au derrière qui lance sur orbite  l’élève devenu son bouillant adversaire,  prêt à dévorer la vie, dans l’énergie créatrice. Tandis que le Rouge, lieu de toutes les pulsions vitales  est lentement avalé par le Noir, la pire crainte du maître. Et le rideau tombe. Sur un spectacle démentiel, inoubliable et extraordinaire.

 

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Joute picturale

de JOHN LOGAN / Traduction d'Alexia Périmony avec la collaboration de Christopher Hampton
Mise en scène: MICHEL KACENELENBOGEN

avec PATRICK DESCAMPS et ITSIK ELBAZ

DU 20/01/12 AU 03/03/12

 

Le superbe dossier pédagogique : http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=289&type=1

 

 

 

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administrateur théâtres

誕生日 Monsieur Paul!

12272787496?profile=originalJe n'ai pas la plume ni le pinceau de Dame Sei Shonagon, mais....

que ces caractères mystérieux qui lui appatiennent vous disent toute  la joie que nous avons de vous souhaiter un merveilleux anniversaire, salué par tous les membres d'Art et Lettres.

 

"Joyeux anniversaire" se dit dans sa forme formelle et polie en quatre mots : O TANJÔBI OMEDETÔ GOZAIMASU 
 
 Pour des amis et dans un registre plus intime, il suffit de dire les trois premiers mots : O TANJÔBI OMEDETÔ.
Le O est le O de politesse,
 le mot "anniversaire" se dit lui, TANJÔBI
 et OMEDETÔ GOZAIMASU veut dire en fait "félicitations".
TANJÔBI écriture japonaise : 誕生日
(たんじょうび)

O TANJÔBI OMEDETÔ GOZAIMASU
prononcé  [O TANJOBI OMÉDÉTO GOZAÏMASS]
écriture japonaise : お誕生日おめでとうございます。
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administrateur théâtres

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L'XL THEATRE

7a Rue Goffart - 1050 Bruxelles

 

      Présente une  trilogie consacrée à Stefan ZWEIG disparu il y a 70 ans

 

LE JOUEUR D'ECHECS                                                        du 14 au 18 février

VINGt-QUATRE HEURES DE LA VIE D'UNE FEMME      du 28 février au 17 mars

LETTRE d'UNE INCONNUE                                                   du 20 au 24 mars

 

LE JOUEUR D’ÉCHECS ( Stefan Zweig)

Deux  jeunes comédiens remarquables, Raffaele Giuliani et Marvin Mariano  vont se distribuer tour à tour la parole pour évoquer les étranges personnages qui hantent la dernière nouvelle de Stefan Zweig, publiée en 1943, après son suicide. Embarqués, les spectateurs applaudiront  une adaptation théâtrale du JOUEUR D’ÉCHECS très réussie. Mais la partie est …nulle car les deux comédiens jouent aussi bien l’un que l’autre. Incarnant chacun plusieurs personnages, ils maîtrisent la voix, les dictions multiples, les mimiques, la présence scénique, les mouvements, la connivence avec les spectateurs-voyageurs du même bateau.

 « Remember ! » est au cœur de la houle de l’histoire. « L’Europe, ma patrie spirituelle s’est anéantie d’elle-même.» dit Stefan Zweig en parlant de l’Europe, fuyant les nazis  sur le paquebot qui l’emmène en exil au Brésil. Hélas, le jeu d’échecs (et de massacre) auquel il  assiste est une allégorie de l’échiquier de la folie et de la haine qui quadrille l’Europe.  

Sur le navire, l’écrivain rencontre ce sinistre personnage, Mirko Czentovic, champion mondial  d’échecs fascinant, impénitent, ivre de vanité, cupide qui refuse tout échange social. Loin d’évoquer la paix, son silence évoque la rupture avec l’humanité. Pour Stefan Zweig, ce sera un défi de le forcer à communiquer.

Lors d’une des parties organisées entre Mirko et un certain O ‘Connor, un inconnu intervient. L’énoncé de sa tactique est plus que brillant, il frise la folie. Interrogé, il livrera le récit poignant de sa vie douloureuse : son arrestation à Vienne par les allemands, sa détention qui l’entraîne vers la folie, privé pendant des mois de tout contact humain et torturé par l’attente kafkaïenne des interrogatoires et du verdict. Un jour pourtant il entrevoit la faille. Le détenu autrichien réussit à subtiliser dans une veste ce qu’il croit être un livre salvateur . Ce n’est qu’hélas un manuel de jeu d‘échecs mais l’espoir renait car ses fonctions intellectuelles remises en marche l’aident à résister. Il n’aura plus aucune défaillance devant la Gestapo. Hélas la folie de l’enfermement  et  celle du jeu stérile l’intoxiquent et le plongent dans la schizophrénie. « Mon atroce situation m’obligeait à tenter ce dédoublement de mon esprit entre un moi blanc et un moi noir, si je ne voulais pas être écrasé par le néant horrible qui me cernait de toutes parts. ». Un affrontement paradoxal, absurde comme de marcher sur son ombre s’engage et le vaincu réclame chaque fois sa revanche. « Aucune diversion ne s’offrant, excepté ce jeu absurde contre moi-même, ma rage et mon désir de vengeance s’y déversèrent furieusement. »

- Never More - Après une violente crise de nerfs, il est sauvé de justesse par un médecin qui le force à fuir l’Europe. Celui-ci le conjure de ne plus jamais toucher un jeu d’échecs. «  Puissiez-vous voir les lueurs de l’aube après la longue nuit ! » and « Remember ! »

 Il est hors jeu. Va-t-il le supporter ?

Sur le bateau, il veut conjurer sa folie et rechute. L’adversaire qu’il brûle d’affronter pour se prouver qu’il est enfin capable de jouer est Mirko Czentovic. Il veut jouer, non plus, seul dans sa tête, en mécanique aveugle, mais avec de vrais pions et un vrai partenaire, ce champion mondial de l’échiquier. Czentovic, monstre d’inculture, fruste, borné, vaniteux et cupide  aura vite fait d’exploiter la seule faille de l’exilé : son intolérable panique de l’attente.

Où commence le jeu et où finit-il ? Certes, ce  jeu totalitaire et passionnel arrive à enflammer la puissance, à  tuer l’ennui, à  aiguiser l’esprit. Mais l’essence indispensable du combat - la haine - est létale.  Ce que l’inconnu découvre à ses dépens dans le dernier volet de l’histoire.

Le jeu des deux comédiens est un concentré d’énergie qui maintient le spectateur en haleine, fascine et horrifie à la fois. Les facettes de l’homme, alignées comme les pions noirs et blancs s’entrechoquent sur une multiplication pathologique d’échiquiers disposés sur le pont du navire. Une tension  est générée par les jeux corporels on ne peut plus  éloquents des deux adversaires. Leurs nerfs sont à vif. Jeu infernal, implacable  et sinistre? « Jeu stérile et absurde » disait l’inconnu assoiffé de livres dans sa prison hygiénique de l’Hôtel Noble de Vienne. Jeu infernal qui nous précipite au cœur de la haine mutuelle, atavique chez l’homme non civilisé ?  Une mise en jeu géniale et efficace du metteur en scène, Bernard Damien révèle le tueur dans le joueur fébrile. Cela vous fait longtemps froid dans le dos. Masterful.

                                                                      

Réservations : 00 32 (0) 2 513 21 78

00 32 (0) 475 519 118

 

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administrateur théâtres

 

 12272792261?profile=originalUne belle maison de maître, à deux pas de la station Delta, rue des Trois Ponts, abrite une petite table Thaïlandaise à recommander vivement tant pour l'authenticité de sa cuisine, ce qui est extrêmement rare à Bruxelles, que pour la gentillesse de l'accueil et du service. Le nom  de ce petit lieu (une trentaine de tables de deux) c’est  la « SINGHA VILLA ».Le patron y œuvre en finesse et en discrétion depuis de nombreuses années et retient votre nom une fois pour toutes! 


L’enseigne de ce restaurant thaïlandais fait référence à « Singha », le roi des lions, et aussi au  label de la bière la plus populaire en Thaïlande. La salle transporte immédiatement à 10.000 km d’ici. Aucune lourdeur dans la décoration personnelle des lieux et un léger désordre, garant d’authenticité.

 

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 Vaisselle copiant  celle des rois du Siam et théières design de Villeroy et Bosch se disputent des tables romantiques, fleuries d’orchidées couleur thaï Airlines, que l’on ne trouve nulle part en Belgique,  chez aucun fleuriste, mais sur les marchés Thaïlandais. Une citation de Bouddha, souligne le socle du  petit temple des esprits, un ange garde le contrefort d’un pilier. Le haut plafond  s’est transformé en  ciel rouge impérial, constellé de motifs en roues d’étoiles…

 Dans les assiettes on retrouve une cuisine savoureuse dont les glutamates sont bannis et qui fleure bon les saveurs de l’Asie du Sud-Est: la citronnelle « lemon grass », basilic sacré (Ka-Praow), ail, gingembre, coriandre, curcuma,  galangal, feuilles de bergamote et piments sans oublier l’incontournable lait de  coco. Le dessert fait honneur à la vraie mangue jaune du pays, « mamouang » si parfumée, aux accents de bois de santal ou de résineux tropicaux. Le thé est bio. Clin d’œil aux japonais, « khun jipoon » vous pourrez y commander un saké –coquin– . A vous de deviner.12272793069?profile=original

   Le regard attentionné et la gentillesse du maître des lieux transportent les  voyageurs de gastronomie vers la péninsule du sourire et son dépaysement spectaculaire. Des livres traînent sur les étagères et semblent d’ailleurs inviter au voyage. Le propriétaire, khun Boonthong,  est  aussi journaliste, traducteur assermenté, président des amitiés belgo-thaï, membre actif du WAT THAI DHAMMARAM  de Waterloo (le temple bouddhiste). Il a traduit LE MANUEL DE L’HOMME ,un guide inestimable pour les nouveaux adeptes du Dhamma (la Noble Vérité que le Bouddha éveillé nous a enseignée). Il contient les enseignements essentiels du Bouddhisme. Le “Manuel” est surtout utile pour ceux qui voudraient approcher l’enseignement du Bouddha, non pas comme un sujet d’érudition, mais comme un moyen de compréhension et d’accès à une vie plus noble. Peut-être ne vous laissera-t-il pas partir sans une brochure pour vos nourritures célestes. Une aide substantielle de 3000 euros a été récoltée pour les victimes des inondations  en Thaïlande  grâce à son menu  < 18 years Villa Singha Menu "Help Thailand">.

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 Jetant un coup d’œil par le passe-plats, on voit  les cuisinières bien de là-bas sous la direction de l’épouse de Boonthong. Elles font valser la spatule dans les woks fumants et  cisèlent  des plats aussi bien pour les yeux que pour la bouche. Fruits et légumes sculptés, gestes coulés et bribes de  formules verbales thaïes font rêver ceux qui ont eu la chance de visiter ce pays. C’est un restaurant où l’on voudrait rester des heures car il est à la fois intimité et fenêtre sur le monde.  Nous y avons dégusté un admirable menu de la saint-Valentin, vin et champagne exquis, toutes tables occupées, et l’impression de flotter entre deux mondes.

 Quant à la carte des vins, elle est d’une correction exemplaire, tout comme les prix pratiqués.

Vous voulez ramener la Thaïlande chez vous, voici le menu : http://www.singha.be/html/takeaway.htm

Boonthong KORMONGKOLKUL
Licencié en science politique de Ramkamhaeng University (Thaïlande) en 1982 et Master of Business Administration de Vrije Universiteit van Brussel en 1993. Secrétaire et un des fondateurs de Wat Thai Dhammaram a.s.b.l. Waterloo depuis 1999. Président et fondateur de Thai Friendship in Belgium – Pueanthai (2007-2009). Traduit de thaïlandais en français deux ouvrages bouddhistes, Le Guide de la Conscience (2005) de S.S. Somdet Phra Nyanasamvara (Vénérable Suvaddhano Bhikkhu) le Patriarche Suprême de Thaïlande et Le Manuel de L’Homme (2007) de Phra Dhammakosajarn (Buddhadasabhikkhu).12272793691?profile=original

 

Réservations online : http://www.singha.be/html/reservation.htmAnd a lot more !

Vous voulez voyager virtuellement dans les 76 provinces ? http://kanchanapisek.or.th/kp8/oncc/

 

 

 

Contact info@singha.be

Rue des Trois Ponts 22 Driebruggenstraat
B-1160 Brussels - Belgium
Tel. +32-2-675 67 34 - Fax +32-2-675 38 94
Open: Monday-Friday 11.30-14.30 & 18.30-23.00
Closed : Saturday noon & Sunday

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administrateur théâtres

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               Contes coquins d’Algérie, un spectacle de et par Fahem Abes  au théâtre littéraire de la Clarencière

                   Fenêtre ouverte sur la Kabylie, Fahem Abes nous a récité hier soir avec humour un délicieux chapelet de contes érotiques venus de la tradition orale de son pays. Le point de vue est souvent masculin.  Il a refusé tout décor, il y a  juste un rideau noir qui drape le fond de la scène. Le conteur, en pantalon et chemise noire occidentale, joue le masque neutre et va faire éclore tout un monde imaginaire et malicieux dans une langue qui égrène un français académique et d’exquis vocables berbères aussitôt traduits.

                  Entre les contes à multiples tiroirs il rejoint le bord de la fenêtre de briques blanches dans le rideau et esquisse quelques notes de flûte, seul élément qui évoquera l’instrument du plaisir masculin. On voyage de royaumes en villages, en bord de mer. On rencontre poissons, crabes, lézards, serpents  et herbes magiques. Un curieux  instrument de taille impressionnante faisant office de ceinture, de manteau, de turban, un coffre magique empli de silence et une petite souris aussi maline qu’un chat!


                Shéhérazade masculin, le conteur se saisit des mille et un contes kabyles pour nous faire apprécier sa culture algérienne. « Sortir ces contes de l'oubli, les porter à la lumière, les faire entendre, les partager était pour moi un défi, mais c'est avant tout une contribution certes modeste, mais ô combien importante aux festivités qui en 2012 célébreront les 50 ans d''indépendance de l'Algérie. Importante car à travers ces contes coquins, c'est une autre Algérie qui se découvre. Une Algérie suave, drôle, épicée, irrévérencieuse, libre de paroles, chaude, sexuelle, féministe, une Algérie amoureuse. Porter et vivre le partage de cette Algérie-là est un réel plaisir. »

 

               L e Shéhérazade au pipeau volubile nous fait voyager au pays de la montagne de vérité  vexée et vaincue par les ruses d’une femme, au pays des ogres terrassés, de l’amour qui arrive toujours à ses fins, du plaisir épicé que l’on donne, version masculine.

C’est sobre, délicat, l’air de ne pas y toucher, rien de lascif, pétillant d’humour. On le croirait en train de déclamer des contes coquins lors d’un dîner, parlant à mots poétiques et voilés de la chose.  Le cadre du conte permet de décapiter les hommes qui ne satisfont pas les femmes, aux amants de berner les maris, aux hommes de n’avoir pour tout travail que l’amour.

On n’imagine  pas ce spectacle autre part que chez Fabienne, à la Clarencière,  charmant petit lieu bruxellois intime et vibrant. On sort de l’époque, on rentre dans un temps immémorial où le ciel brille nuit et jour. On se complait dans une vivacité de ton, une gestuelle de scène étourdissante, et un voyage dans les désirs et les phantasmes amoureux où lune et soleil se partagent le plaisir.  

 

du 10 au 18 février 2012 http://www.laclarenciere.be/

 extraits:

http://www.fahemabes.com/



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