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Il a pensé "je t'aime"

Il a pensé « je t’aime »

        Antonia Iliescu

Il a préparé son âme
Pour penser « je t’aime »
Il a balayé les feuilles mortes
Les poussières et les nuages
Il a fait le ménage d’un seul geste.

Avant de penser « je t’aime »
Ici, tout bas,
Il a lavé ses mains
Et l’univers entier a respiré
Soulagé.
Nos âmes vaguent là-haut
Sur la crête d’une même onde
Qui chante avec nous:
Où nous conduis-tu, amour, où?
Où?

____________
(extrait du volume « Nãscãtorul de perle » (« L’enfanteur de perles ») - Antonia Iliescu, Ed. Pegasus Press, Bucarest, 2010)

 

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Il

Il marche vite, si vite

Que du haut de ses courtes jambes,

Elle a du mal à le suivre.

 

Ses petits pieds emboîtent son rythme,

Ils trébuchent, se tordent, s’emmêlent,

Folle cadence soutenue face au vent.

 

Par les frottements réguliers du cuir

De ses nouvelles bottes,

Leur peau meurtrie souffre.

 

Son souffle court engloutit ses mots,

Dans sa poitrine, son cœur cogne,

Bat la chamade, s’emballe.

 

Il marche vite, trop vite.

Du haut de ses courtes jambes,

Elle ne saurait plus le suivre.

 

Une course folle entraîne ses pas,

Rien ne semble pouvoir l’arrêter,

Il fonce droit devant lui.

 

La terre frémit sous le tourbillon

De ses chaussures qui décollent

Et se posent, tambour battant.

 

Épuisée, elle s’écroule

Sous un vieux tilleul, un arbre à clous,

Gardant pour lui tous ses secrets.

 

Lui s’évapore dans le flou de l’horizon

Comme une perle de rosée

Au cœur de la feuille d’alchémille.

 

Deneyer Viviane 06/09/2011

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Des éclats de biographie

 

 

Dans l’ennui ou la nostalgie,

Quand le temps me semble figé,

Je reste, en rêvant, sans bouger,

J’existe, privée d’énergie.

 

Quand le temps me semble figé,

L’âme sans regrets, assagie,

J’existe privée d’énergie,

N’ai plus le besoin d’échanger.

 

L’âme sans regrets, assagie,

Le corps au repos, allégé,

N’ai plus le besoin d’échanger.

J’attends qu'agisse la magie.

 

Le corps au repos, allégé,

Je soliloque sur ma vie.

J’attends qu’agisse la magie,

Des éclats d’instants protégés.

 

5 septembre 2011

 

 

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Fra Angelico au Musée Jacquemart-André

du 23/09/2011 au 16/01/2012

 

Fra Angelico et les Maîtres de la lumière - Exposition Paris

Fra Angelico et les Maîtres de la lumière

Le Musée Jacquemart-André consacre une exposition à Fra Angelico. Le Musée Jacquemart-André est le premier musée français à rendre hommage à Fra Angelico, figure majeure du Quattrocento. L’exposition présente près de 25 œuvres majeures de Fra Angelico et autant de panneaux réalisés par les peintres prestigieux qui l’ont côtoyé : Lorenzo Monaco, Masolino, Paolo Uccello, Filippo Lippi ou Zanobi Strozzi.

 

L’EVENEMENT : POUR LA PREMIERE FOIS, UN MUSEE FRANCAIS CONSACRE UNE EXPOSITION A FRA ANGELICO 

                       
Alliant dans ses œuvres l’éclat des ors, hérité du style gothique, à la nouvelle maîtrise de la perspective, Fra Angelico (1387-1455) a pleinement participé à la révolution artistique et culturelle que connaît Florence au début du XVe siècle. Il a ainsi été l’initiateur d’un courant artistique que les spécialistes ont appelé les « peintres de la lumière ».
              

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Autour de lui, seront évoqués les peintres illustres qui ont eu une influence significative sur son art, comme son maître Lorenzo Monaco (1370-1424), Masolino (1383-v. 1440) et Paolo Uccello (1397-1475), ainsi que les artistes qu’il a inspiré à son tour, tels que Filippo Lippi (1406-1469) ou Zanobi Strozzi (1412-1468).
              

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L’exposition « Fra Angelico et les Maîtres de la lumière » est réalisée en partenariat avec les grands musées italiens – dont la Galerie des Offices de Florence – et des collections de renommée internationale.
                      
DES OEUVRES MAJEURES
                        
Le génie de cet artiste est multiple et s’exprime avec une égale maîtrise sur des supports très variés. Fra Angelico, que l’on connaît surtout pour l’ample décor à la fresque qu’il a réalisé au monastère San Marco de Florence, excelle tout autant dans l’art raffiné de l’enluminure et de la peinture sur bois, comme l’exposition va permettre de le découvrir.
                         
Ce sont en effet des panneaux et des ouvrages aussi richement ornés que le Triptyque du Jugement dernier (Galerie Corsini, Rome), la Madone aux Cèdres (Musée national de San Matteo, Pise) ou l’un des volets de l’Armoire des vases sacrés (Musée de San Marco, Florence) qui seront exposés au Musée Jacquemart-André. Ces œuvres témoignent du goût de Fra Angelico pour les couleurs élégantes et contrastées. La délicatesse des nuances qu’il choisit met en valeur la finesse des figures qu’il représente dans des épisodes bibliques et des scènes de la vie des saints.
                      
Les visiteurs pourront également découvrir le chef-d’œuvre de l’artiste : les fresques des cellules du couvent San Marco à Florence grâce à une vidéo présentée à l’entrée de l’exposition.
                

 

     
L’ORIGINALITE DE FRA ANGELICO AU COEUR DE LA PREMIERE RENAISSANCE FLORENTINE
             
Élève de Lorenzo Monaco, moine comme lui, Fra Angelico apprend son art à Florence, dans un environnement imprégné par le gothique international. La délicatesse de ce style, qui mêle influences du Nord de l’Europe et de l’Italie, inspire à Fra Angelico des compositions d’une grande profondeur spirituelle.
               

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Les sujets auxquels Fra Angelico s’attache relèvent de la tradition picturale religieuse, mais il se plaît à les réinterpréter tout au long de sa carrière. Ainsi, les nombreuses variations qu’il propose autour du thème de la Vierge d’humilité témoignent de sa grande facilité à intégrer les audaces stylistiques promues par les tenants d’une nouvelle peinture. Il n’ignore rien des innovations des grands Maîtres de son temps, comme Masolino et Uccello, qui proposent une représentation du monde plus réaliste, soutenue par l’importance de la figuration humaine et de la nouvelle maîtrise des règles de la perspective.
                 
S’il adopte ces nouveaux préceptes picturaux, Fra Angelico reste cependant fidèle aux principes de la peinture religieuse médiévale : ses œuvres conservent en effet une fonction didactique, renforcée par la valeur mystique qu’il donne à la lumière. Au cœur de cette première Renaissance florentine qui marque un tournant dans l’art européen,Fra Angelico tient ainsi une place aussi significative qu’originale, due à son « talent rare et parfait » (Giorgio Vasari, Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes).

 

 

Légendes des visuels

- Fra Angelico (1387-1455), Le Couronnement de la Vierge, 1434-1435, tempera sur bois, 112 × 114 cm, Galerie des Offices, Florence
© 2010. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali
- Fra Angelico (1387-1455), Les Stigmates de saint François et le martyre de saint Pierre,  XVe siècle, tempera sur bois, 24,3 x 43,8 cm, Galerie Strosmayer, Zagreb
© L’Académie croate des Sciences et des Arts, Galerie Strossmayer des Maîtres anciens, Zagreb, Croatie
- Paolo Uccello (1397-1475), Saint Georges terrassant le dragon, vers 1440, tempera sur bois, 62,6 x 102 cm, Musée Jacquemart-André, Paris
© Studio Sébert Photographes
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administrateur théâtres

Opéra: "Don Juan" de Mozart (au château de Seneffe)

Dans un château (grand) et son théâtre (petit) nous avons pu contempler l’infiniment grand (six chanteurs  d’exception) dans l’infiniment petit (une salle en rotonde pouvant loger à peine  80 happy fews !)

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 Derrière ce spectacle infiniment beau, il y a une très belle dame d’esprit et de cœur. Je veux nommer Isabelle Kabatu, responsable musicale et porteuse du projet. Quand on la  rencontre, on est immédiatement envahi par une sorte d’aura de générosité bienveillante et on rêve de faire un bout de chemin avec elle. C’est son charisme incroyable  qui attise sans doute les espoirs des artistes et les amène peut-être  à devenir les étoiles de demain. Une dame de foi qui vous fait croire en vous.  

 

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Le château, c’est celui de Seneffe. Décidément il conviendrait de lui accorder la palme  pour le magnifique été culturel qu’il nous a présenté cette année. Cette fois il est devenu, l’espace de quelques jours de septembre, le lieu privilégié de l’amour car le théâtre Poème 2 y présentait son festival …Scènes ( d’amour).  Hélas nous n’avons pas pu y assister, malgré le programme d’une richesse inouïe (*).  Jugez-en par cette magnifique phrase d’introduction : « Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. C’est comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. » (Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux.) Nous avons néanmoins assisté à la superbe finale de ce festival : l’opéra « Don Juan »  de Mozart.

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L’orchestre était réduit à un piano à queue, splendidement mené par une pianiste concertiste bulgare hors pair, Jhaneta Katsarova, lauréate des Concours internationaux de Moscou et d’Arezzo en Toscane.  Miracle : les six chanteurs chantaient en solo ou  façon « a capella » à peu près tout le temps, sans que le piano ne leur  donne la moindre ligne mélodique. A elle de livrer du bout de ses dix doigts un accompagnement soutenu pour remplacer tout un orchestre.  Le chœur et les solistes étaient six jeunes talents plus que formidables. Etonnants, vigoureux, inventifs, doués, imposant la fougue de leur jeunesse et leur savoir-faire évident. Tous ont démontré une  présence inouïe. Au sens littéral du terme.

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Du jamais vu ni jamais entendu de toutes façons. Une diction italienne impeccable, une résonance de cathédrale, une puissance confondante. Tout cela dans une proximité jamais vécue pour le public médusé, car les artistes ne sont jamais à moins de 5 mètres de vous. De quoi entrer totalement au cœur de  cette tempête musicale spectaculaire. Il y a aussi les décalages si chers aux spectacles modernes. Voilà Elvira en véritable Lady Gaga, parée d’une robe de styliste d’une beauté saisissante. Voilà la fille de la pianiste, la sombre Donna  Anna  un vrai monument gothique et noir accompagnée de son comparse Don Ottavio, ténor français. Et voici une jeune artiste portugaise, la délicieuse bergère rousse, Zerlina, convoitée par le terrible Don Juan, sapée dans des couleurs nature.  Des femmes, il y en a donc de toutes les couleurs, pour Don Juan. Pour le public féminin, il y a  -  of course  -   Masetto, le jeune villageois, baryton qui a fait tourner toutes les têtes, toutes couleurs confondues, que ce soit pour sa voix profonde, jeune et vibrante ou pour son physique de rêve.  Silence, les maris !

La mise en scène manie l’humour et le drame tour à tour, avec brio et prestesse.  Jamais un moment statique, que du dynamisme, de l’élan, des chutes vertigineuses,  du voyage dans les sentiments et les actes. Quelques accessoires chargés de sens et  de pure poésie. Les acteurs  sont d’ailleurs très reconnaissants à Stefano Giuliani pour son encadrement exceptionnel, sa façon d’avoir su les guider et de les rendre tout-à-fait confortables dans leurs rôles. La statue du Commandeur qui avance vers le public est fascinante. Entre les géants de l’île de Pâques et l’art Maori. Ce spectacle où tous les artistes,  inondés de  la joie de jouer et chanter à la fois, s’époumonent sans fatigue apparente avec un dynamisme sans cesse renouvelé,  vous coupe  le souffle. Du monumental dans une boîte à musique, c’est un exploit. De la qualité sonore et théâtrale exceptionnelle. Juste dommage que ce spectacle soit si  éphémère.  Ne faudrait-il pas écrire au ministre pour l’alerter  qu’en Belgique il y a des gens,  des lieux et des  projets qui valent la peine d’être soutenus, promus,  aidés, mis au premier rang ?

Nous avons donc  adoré ce spectacle et par-dessus tout Leporello, baryton basse,  le véritable pilier du spectacle à part le brillant Don Juan bien sûr,  pour sa voix, son jeu, ses postures, ses mouvement et sa présence quasi cinématographique. 

 

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  * http://www.theatrepoeme.be/                        Seneffe,  Le 4 septembre 2011

 

http://www.theatrepoeme.be/spectacles.php?shortcut=spectacles_DONGIOVANNIdanslecadreduFestivalScnesdx2019AmourSeneffe

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Dans le silence

Il me dit d’un ton grave:

-attends ,mamie !

J’écoute mes parents

et c’est très important.

 

Jean, six ans, attentivement,

écoutait ses parents absents.

Il n’ avait pas l’ air de prétendre.

 

En y repensant, je conclus:

quand on sait ce qu’on va entendre,

il suffirait , dans le silence,

d’écouter attentivement.

 

On entendrait , alors , plus ou moins clairement,

des mercis, des émois, de douces confidences,

des aveux de tendresse.

 

Resteront, certes, irremplaçables,

le message touchant, moulé dans l’ écriture,

ou celui d’ une voix aimée, au bout du fil,

présente et animée.

 

20/1/1998

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Absence

 

 

Ce blanc matin me rend maussade

Aucun rayon ne l’ensoleille.

Sur les orpins, semblant malades,

Ne butinent plus les abeilles.

 

Rien ne tressaille dans ma rue,

Désertée et privée de vie.

En y laissant errer ma vue,

J’accueille la mélancolie.

 

Elle colore ma pensée

Qui m’apporte une certitude,

Irréfutable je le sais,

Que j’écarte par habitude.

 

Immobilité et silence.

Ne surgit nulle fantaisie.

C’est le temps de l’indifférence,

Vidée de toute poésie.
 

 

Il arrive qu’un oiseau passe

Et s’arrête dans mon jardin.

Alors naît un instant de grâce

Pendant qu’il picore mon pain.

 


Un promeneur avec des ailes

M’émeut irrésistiblement.

Je contemple cet être frêle

Qui certes vit intensément.

 


Lors dans l’absence qui perdure,

Des ouvrières et du soleil,

Pensive, immobile, en éveil,

Je souris et je me rassure.

 

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Un pas vers la liberté....

Un pas vers la liberté

un enfant qui découvre la vie...

 

Un jour qui avance

La chance de changer...

 

Se dire que le moment est arrivé

réaliser des projets, s'évader du poids du passé..

 

Rejoindre les étoiles , rêver encore

Aimer , la douceur d'un soufle d'été...

 

Regarde toi avec Amour et crois en tes capacités

Regarde toi avec toujours la soif de vivre...

 

le coeur de ceux que tu as connu

et le positif dans chaque chose...

 

Chaque pause sur le temps

pour chanter tes proses...

 

Que restera t'il de tes envies

si tu ne te bats pas contre l'injustice

 

Donne toi l'envie , donne toi la chance

tes problèmes de santé doit être le moteur de ton mieux être.

 

Toi et moi pour l'éternité, toi la conscience

Moi la croyance d'exister contre la solitude...

 

Ne penses plus seul, nous on est là

on te fera voir le soleil, qui brille pour toi...

 

L'oiseau , la liberté de choisir

regarde le et pense que tout est possible

 

Vivons en harmonie et oublie ton chagrin

rien n'est écrit, tout se transforme

a toi de croire au positif , au sens même de la vie.

 

Un passage d'amour vers ta liberté

tes racines prendront naissance

dans l'espoir de te voir grandir

et surtout vivre pour avancer vers cet autre qui croit en toi.

 

Sourit on est là

vivre pour monter vers ta conscience qui te parle maintenant.

 

Aimer c'est ouvrir les portes de la liberté.

 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

De juillet à décembre à l'Espace Art Gallery

Exposition actuelle

Juillet 2011 - Décembre 2011

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Vue de l'Espace I de la Galerie

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Vue de l'espace II de la Galerie

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Vue de l'Espace III de la Galerie

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Vue d'ensemble

La Galerie est rénovée au cours du mois de juillet 2011

 

 


 

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Salon des Artistes de la Galerie Collectif d'artistes

Exposition du 03/08/2011 au 31/08/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 03/08/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

Les 12 œuvres présentes sont de : Adriaenssens Freddy – Pierre, Bal Alain, Bodin Jean – Paul, Cayet Muriel, Chanon, Christophle Sandrine, Hirt Gilles, Ju Chou, Kahiani Nugzar, Lapassouze Emma, Turpin André et Van Ryswyck Kristeen.


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A l'Espace Yen du 4 septembre au 30 octobre 2010

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A l'Espace Yen du 3 novembre 31 décembre 2010

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A l'Espace Yen du 12 janvier au 26 mars 2011

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A l'Espace Yen du 6 avril au 26 juin 2011

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A l'Espace Yen du 7 septembre au 30 octobre 2011

Liste des artistes participants au Salon d'ensemble ds artistes de la galerie

 

 

 

 

Adriaenssens Freddy – Pierre (Belgique), Artin (France), Bal Alain (France), Bodin Jean – Paul (France), Boica Grace (Portugal), Calleja Sara (Espagne), Cavagnac Marie – Claude (France), Cayet Muriel (France), Challier Christophe (France), Chanon (Hollande), CHIOCCA (France), Christophle Sandrine (France), De Grave Alexandra (Belgique), Delfosse Jerry (Belgique), DENI alias Danijela Gasparovich (Croatie), de Sagazan Patrick (France), de Verdal Louis (France), Duffour Carole (France), Gillet Marie-Anne (Belgique), Gillis Jérémie (France), Guillaumond Yves (France), heSBé (France), Hirt Gilles (Suisse), Ju Chou (Corée du Sud), Kahiani Nugzar, (Lettonie), Kej alias Mullier Christian (France), Lapassouze Emma (France), Litou Philippe (France), Lorillot Didier (France), Machuel Dominique (France), Marot Donato (Espagne), Masson Yannick (France), Maurin Michèle (France), Mejias Alvaro (Venezuela), Merviel Philippe (France), Mery Bernard (France), Misyats Igor (Ukraine), Montelet Dan (France), MUSIKA (France), Nasca alias Ferron Christelle (France), Ophalvens Lieve (Belgique), Passani Pierre (France), Piu Adriano (Italie), Raghad (France), Riguidel Bertrand (France), Rochet Marie – Hélène (France), Rocskay Jay (France), Ruiz-B Monika (France), Sabot Arnaud (France), Savreux Catherine (France), Serre – Combe Nathalie (France), Soufflet Pierre (France), Tauss Sophie – Mathilde (France), Thys Daniel (Belgique), Turpin André (France), Vanhoebroeck Benoît (Belgique), Van Ryswyck Kristeen (France), Veloso César (Espagne), Venet Isabelle (France), Vilanova Patricio (Portugal), Wilson Corinne (France).

 

 

 


Au total 60 artistes qui viennent de France, Hollande, Italie, Espagne, Portugal, Suisse, Croatie, Lettonie, Ukraine, Venezuela, Corée du Sud et de Belgique…

 

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Dominique Lardeux
peintures

Exposition du 07/09/2011 au 25/09/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 7/09/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

 

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Jean-Rodolphe Loth
peintures et sculptures

Exposition du 07/09/2011 au 25/09/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 7/09/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Marchi
peintures

Exposition du 07/09/2011 au 30/10/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 07/09/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Christian Renard
peintures au couteau

Exposition du 28/09/2011 au 16/10/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 28/09/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Martine Macquart
peintures et boîtes peintes

Exposition du 19/10/2011 au 06/11/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 19/10/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Telque
sculptures en bronze

Exposition du 19/10/2011 au 06/11/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 19/10/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Henry Pouillon
peintures et gravures

Exposition du 09/11/2011 au 27/11/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 09/11/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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A l'Espace Yen
(Espace Art Gallery II)
Exposition du Collectif de la Galerie

Exposition du 09/11/2011 au 31/12/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 09/11/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Beauvir Le Darz
peinture

 

Exposition du 30/11/2011 au 24/12/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 30/11/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Catherine Savreux
peintures et encres de Chine

 

Exposition du 30/11/2011 au 24/12/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 30/11/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Sylvie Samy
peintures

 

Exposition du 30/11/2011 au 24/12/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 30/11/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

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Jacques Thuillier
sculptures

 

Exposition du 30/11/2011 au 24/12/2011
de 11 h 30 à 18 h 30

Vernissage le 30/11/2011
de 18 h 30 à 21 h 30

 

 

 

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administrateur théâtres

Marc Chagall, le Maître du Rêve (Malmundarium)

«Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la nôtre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir.» Marc Chagall 

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  L'exposition Marc Chagall, le Maître du Rêve rassemble sous les blondes charpentes 18e  des  combles de l’ancien monastère de Malmédy une cinquantaine d'estampes originales éditées par Aimé Maeght. Celui-ci accueillit dès le début de sa galerie parisienne des noms prestigieux tels que Matisse, Miro, Chagall. La fondation Maeght, un ensemble architectural entièrement conçu et financé par Aimé et Marguerite Maeght pour présenter l'art moderne et contemporain rassemble des collections d’art, parmi les plus riches d’Europe. Cette Fondation, inaugurée le 28 juillet 1964 par André Malraux, alors Ministre des Affaires Culturelles,  est un véritable  écrin de verdure célèbre pour son architecture et ses jardins, situé à Saint-Paul-de-Vence où ce peintre inclassable s’éteignit à 98 ans. 

  Et voici Chagall à Malmédy.  Jean-Christophe Hubert, diplômé en Philosophie et Lettres et Histoire de l’Art et Archéologie de l’Ulg,   jeune commissaire de l'exposition Marc Chagall, le Maître du Rêve,  souligne qu’il s’agit d'une collection privée française jamais montrée au public jusqu'ici. Elle rassemble des lithos, photos et lettres de l’artiste très précieuses. Le parcours reflète tout  l’art de la muséologie  contemporaine, tant par  les éclairages, l’accrochage que par  les explications claires et détaillées. C’est en effet un art en soi que la mise-en scène d’une expo pour permettre un parcours à la fois  agréable et initiatique.

 

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 L’exposition part des  différentes thématiques chères au peintre. Le rêve tout d’abord et bien sûr,  l’amour,  le coq, la tour Eiffel, Notre Dame de Paris, la crucifixion, l’envol ,le ciel, la maternité,  les traditions et la nostalgie de son pays d’origine et de son enfance…et la mystique.   Selon le commissaire, l’inspiration de Chagall est purement hassidique. Dans cette tradition juive, tout le monde participe au sacré, même les animaux, les monstres, les êtres hybrides. On retrouve aussi cette notion de fête rêvée permanente, l'importance portée à la musique et aux musiciens.

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Marc Chagall, naquit le 7 juillet 1887 à Liozno dans la banlieue de Vitebsk, en Biélorussie, qui appartenait alors à la Russie tsariste. En 1910, il partit étudier à Paris auprès de Léon Bakst afin d’y parfaire ses connaissances des arts plastiques. Il exposera ses premières œuvres en 1914. Ses œuvres ne se rattachent à aucune école mais présente un élan d’amour universel inégalé,  l’éclat et la pureté  des couleurs fauvistes, la liberté  et le rêve des surréalistes, la déconstruction et la fragmentation typique des cubistes. Il sera  de retour à Vitebsk  en 1914 pour une courte durée, mais l’éclatement du premier conflit mondial empêchera son retour à Paris. Pendant cette période Chagall peindra surtout la vie de la communauté juive. C’est ainsi que pétri de mysticisme, il explore « l’état d’âme » car Dieu se révèle dans toutes  les merveilles du monde. Les images bibliques, les souvenirs folkloriques, se mêlent à  des personnages du cirque et des contes, des objets de la vie quotidienne et de l’imaginaire, fuyant la misère du monde et l’horreur de deux guerres mondiales.

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Quand il peint son couple survolant sa ville natale, il enlace le rêve, et dévoile  un esprit  bohême, détaché de la réalité. Rêve et amour ne font qu’un.  Les objets, les animaux, la musique flottent par-dessus les toits. Les maisons se retrouvent à l’envers.  Une sorte de Jacques Prévert de la peinture…  Main dans la main avec Vera, Bella ou Vava  il exprime alors un amour cosmique et un regard bienveillant sur le monde.

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« La jeunesse, l'amour, la hauteur des sentiments, le feu de l'imagination - tout cela est associé durant toute la vie du peintre à une seule image, tendre et chère - sa bien-aimée, son ange - gardien et la muse qui l'inspirait pour des vols au-dessus de l'existence terrestre, banale et ordinaire. Elle s'appelait Bella (Berthe), une création tendre, fragile, presque céleste, avec qui il était tellement facile de planer dans le ciel au-dessus des toits de la ville natale. »

 «  Mon cirque se joue dans le ciel, il se joue dans les nuages parmi les chaises, il se joue dans la fenêtre où se reflète la lumière »

 

 

 http://www.televesdre.eu/site/malmedy_des_oeuvres_de_marc_chagall_exposees_au_malmundarium_-6773-999-89.html

Marc Chagall, «  Le Maître du Rêve » au Malmundarium , 9, place du Châtelet, 4960-Malmedy, jusqu'au 25 septembre. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18 h, fermé le lundi (sauf vacances scolaires) Info :  080-685.536.

N .B.  Un parcours  très didactique a été prévu spécialement pour les plus jeunes. Dossier jeu et dossier pédagogique sur demande.

www.malmundarium.be

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L'art du roman selon Milan Kundera

12272756878?profile=originalLe romancier Milan Kundera a regroupé dans "L'art du roman" (1986) sept textes qui développent la "vision implicite de l'histoire du roman" contenue dans sa propre oeuvre romanesque. A travers les auteurs qui l'ont le plus marqué, de Cervantès à Kafka, il dégage l'esprit de la tradition dans laquelle il s'inscrit. "Esprit de complexité", parce que le romancier explore les possibilités de l'existence dans un monde divers, ambigu, où tout n'est que doute, relativité et interrogation. "Esprit de continuité", parce que "chaque oeuvre contient toute expérience antérieure du roman".

Esprit menacé dans notre monde actuel, où le "prêt-à-penser" conditionne l'essentiel de la production livresque. C'est pourquoi l'art du roman actuel doit se penser à contre-courant de notre modernité.

 

Une histoire du roman européen.


L'essai de Kundera se fonde sur la notion de "roman européen", ce qui implique une continuité historique du genre à l'échelle "européenne" (étendue aux Amériques).

Cette histoire du roman européen porte en elle l'esprit des aventures européennes depuis l'avènement des Temps modernes. Cervantès, avec "Don Quichotte", inaugure cette "sagesse de l' incertitude". Une fois envolées les valeurs de la Chevalerie européenne, s'ouvrent les grands espaces fictionnels de l' errance et du doute qu'explore le roman picaresque avec les oeuvres de Rabelais ou "Jacques le fataliste" de Diderot. Au XIXe siècle, l'espace romanesque se borne à la reproduction du réel et le héros balzacien inscrit son aventure dans l'Histoire. Avec Flaubert, le champ se réduit à la quotidienneté: seul subsiste "l'infini de l'âme", du rêve individuel, ou des profondeurs psychologiques proustiennes. Ce dernier espace se trouve anéanti avec le héros de Kafka, dépossédé de sa vie privée, englué dans la matérialité inextricable et dérisoire de sa situation.

Du point de vue de Kundera, l'histoire du roman européen se déploie dans l'histoire de l'Europe, qu'elle interroge. De la crise des valeurs des Temps modernes (Cervantes) à la négation de l'espace privé qui caractérise le totalitarisme (Kafka), le roman a exploré, via ses personnages, les possibilités de la conscience européenne.

Aujourd'hui, cette conscience pourrait bien se trouver engluée dans les "paradoxes terminaux" qu'ont mis en lumière les romanciers d'Europe centrale de la première moitié du XXe siècle (Kafka, Broch, Musil, Gombrowicz): crise du sens de l'histoire, de la conscience morale, de la notion d'individu social. Ces "paradoxes terminaux" constituent l'arrière-plan de l'univers romanesque de Kundera. Constituent-ils l'horizon indépassable du roman?

 

L'avenir du roman?


En fait, d'autres voies romanesques que celle de l'exploration sociale ont depuis longtemps été ouvertes: voie "ludique", par le jeu avec le lecteur, façon Sterne ou Diderot; voie "onirique", dans la transfiguration épique du réel comme chez Kafka; voie "gnoséologique", tentative d'un roman comme "suprême synthèse intellectuelle" avec Broch et Musil; voie historienne, roman de la mémoire collective, chez Aragon et Fuentes.

"La femme du roman est liberté quasi illimitée. Le roman durant son histoire n'en a pas profité. Il a manqué cette liberté. Il a laissé beaucoup de possibilités formelles inexploitées."

L'histoire du roman les exploitera peut-être.

En fait, les deux dangers que rencontre aujourd'hui le roman sont liés à deux formes de la modernité: le totalitarisme et le "kitsch". Totalitarisme politique, bien sûr, qui détruit effectivement les romans "subversifs" (Kafka a été censuré dans tous les pays totalitaires). Mais aussi intellectuel: celui d'une critique qui réduit les oeuvres d'art à leur interprétation et qui décrète que le roman est mort.

L'autre danger se nomme le "kitsch", cette attitude du public définie comme "le besoin de se regarder dans le miroir du mensonge embellissant et de s'y reconnaître avec une satisfaction émue". Les écrivains avides de renom (les "graphomanes" entretiennent l'attitude "kitsch" en présentant aux lecteurs un monde dépourvu de complexité, qui flatte un imaginaire "romantique" relayé par les médias.

 

L'esprit du roman.


"L'esprit du roman est l'esprit de complexité. Chaque roman dit au lecteur: "Les choses sont plus compliquées que tu ne le penses." Cette définition a de multiples implications.

D'abord, le monde du roman est fondamentalement ambigu, multiple, paradoxal. Le romancier ne cherche pas à imiter la "réalité", mais à explorer "l'existence", définie comme "le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable". Il n'est donc pas sociologue, ni historien.

Ni philosophe: car le philosophe propose une pensée cohérente, là où le romancier fait seulement parler des personnages, dont les discours, les attitudes le dépassent. Dépassé par la complexité des choses humaines, il ne peut que "porter l'écho du rire de Dieu" devant les vains efforts de l'homme pour les comprendre, pour se comprendre.

Cette "sagesse du roman" possède de ce fait une portée plus globale que les productions intellectuelles héritées de la "division du travail" (philosophiques, sociologiques, historiques): "Le roman connaît l' inconscient avant Freud, la lutte des classes avant Marx", et il est en même temps "un des derniers postes où l'homme peut encore garder des rapports avec la vie dans son ensemble." C'est cette autonomie souveraine par rapport au réel et aux systèmes de pensée qui lui donne souvent, comme chez Kafka, sa force prophétique.

Toutes ces considérations amènent Kundera à formuler un "art du roman", qui est une théorisation de sa pratique propre, mais dont plusieurs aspects peuvent éclairer le roman moderne en général.

Ainsi, la composition romanesque est présentée comme une orchestration de "mots-thèmes", dont l'oeuvre s'évertue à donner la "définition fuyante" (par exemple, chez Kundera lui-même: "Destin, Frontière, Jeunesse, Légèreté, Lyrisme, Trahir"). Les personnages y sont conçus non pas comme des êtres réalistes, mais comme des "egos expérimentaux", des consciences possibles qui parlent et agissent. L'intrigue est "vaudevillesque", en ce sens qu'elle échappe à la vraisemblance pour mieux servir le projet exploratoire de l'oeuvre. Cet art se double d'une éthique. L'auteur doit s'effacer derrière son oeuvre et ne laisser à la postérité que ses oeuvres achevées: ni brouillons, ni esquisses, ni rien qui serve à l'établissement d'éditions critiques. Tel se présente l'idéal du romancier pour Kundera. Car "les grands romans sont toujours un peu plus intelligents que leurs auteurs. Les romanciers qui sont plus intelligents que leurs oeuvres devrient changer de métier".

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administrateur théâtres

Cinéma: Le dernier Woody Allen

12272755286?profile=original« This is unbelievable… » Dans ce film, Toute la féerie d’un « Américain à Paris » envahit d’un coup notre esprit, sans la musique de Guershwin bien sûr, mais rien qu’avec les images et les souvenirs littéraires. Un tour de magie du réalisateur. Et oui, comme le protagoniste Gil, qui a 30 ans -  non 42 comme l’acteur, non 75 comme le réalisateur - on se laisse prendre à la rêverie et à la séduction de la ville comme un hareng dans un filet. Foin des responsabilités d’un couple à bâtir dans les turbulences de la vie moderne et les exigences autoritaires d’une future épouse! A la première apparition de la voiture mythique  de Gatsby le Magnifique sur le coup de minuit, on a compris qu’on allait faire un extraordinaire voyage dans le temps et dans la culture de toute l’avant-garde  artistique des années 20. Et on se laisse glisser dans cette comédie avec bonheur à la rencontre des plus grands : Zelda, Scott Fitzgerald, Hemingway, Dali, Picasso rassemblés chez Gertrude Stein. « Rose is a rose is a rose is a rose. » Quand survient le retour de la Belle Epoque, c’est aussi un plaisir exquis  de revoir les fiacres, les crinolines,  la gaité parisienne, Degas, Toulouse Lautrec…. Woody Allen en fait certes un peu  trop quand on recule jusqu’au siècle des lumières… mais heureusement cette séquence est fort courte. Point besoin d’insister, on aurait pus s’en passer.Cela tue un peu la magie pour des européens. Mais il faut bien revenir sur terre. Et rien ne vaut une promenade sous la pluie, à minuit, sur le pont Alexandre  entre amoureux. Les dialogues sont merveilleux, surtout si vous percevez le velouté de la langue anglo-saxonne, les intonations particulières, l’humour des mots. La sonorité même du titre du film!  Un délice de tonalités  tantôt amoureuses, tantôt sarcastiques. Elle: « You’re in love with a fantasy » Lui: « I’m in love with you ! ». L’intonation particulière de « pedantic » restera dans les mémoires pour qualifier Paul, cet américain « pseudo-intellectual » qui a su éblouir sa future femme! Le couple des parents de la future épousée est croqué de façon exemplaire.

Mais ce film est en premier lieu bien sûr, une ode extraordinaire à la Ville-Lumière. Les images sont extraordinaires, depuis les effets presque sépia jusqu’aux prise de vues dramatiques, on ne peut qu’être ravis.  Poser les yeux sur ces lieux et une chose qui éblouit et qui apaise,  qui fait rêver et nourrit l’émotion.

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L’âge d’or. A toutes les générations, il y a cette nostalgie bien compréhensible du passé. La peur du présent iconoclaste en est la cause…  Et quoi de plus merveilleux que de flotter dans ce qui surnage du passé, le plus beau : la fleur de sel quand on ne cesse de rêver d’une autre vie que la sienne? Cette fleur devient à son tour, germe de création pour le jeune auteur désemparé. De quoi s’enivrer.

L’angoisse de la page blanche du jeune auteur ?  Qu’il reste à Paris et Paris fera le reste… ou la jeune libraire de 20 ans!

Années 20 disiez-vous?

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Toutes les interprétations des acteurs sont ciselées, justes, vivantes, même pour les fantômes d’artistes. On ressort de ce film, ré-initié et  nimbé  de plaisir artistique.

 

 


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administrateur théâtres

UNE FAÇON ORIGINALE DE SENSIBILISER ET CHARMER UN PUBLIC NOUVEAU

À LA MAGIE DE L'OPÉRA.

 12272753092?profile=originallace au chef-d’œuvre de Gounod, ROMEO ET JULIETTE, inspiré par l’œuvre de William Shakespeare. Le spectacle, conjugué à la féerie lumineuse, à la magie du plein air et à la beauté de notre patrimoine, en fera un événement culturel estival à ne pas manquer.

 

Cela se passe au château de La Hulpe, perle du patrimoine architectural de la Province du Brabant Wallon. Il se dresse avec tenue et fierté dans son écrin de verdure. Facile d’accès et synonyme de prestige. Ce vaste domaine situé à la périphérie bruxelloise constitue un décor de toute beauté pour la présentation d'un opéra, mettant à son service sa dimension esthétique et son passé musical.

 

Note d’intention:

Roméo et Juliette nous interpellent par-delà la tombe et nous sommes tenus de choisir notre camp: celui de l'amour ou bien celui de tous les Capulet et Montaigu de la terre?

Si l'opéra de Gounod adoucit quelque peu la dureté de la tragédie de Shakespeare, il en concentre l'action sur les personnages principaux, et sa musique, par l'éclat de ses harmonies comme par la pureté délicate de ses mélodies, amplifie notre sensation du drame. Elle l'annonce, puis le masque sous le chatoiement du bal, les rythmes enjoués de la danse, puis le découvre subitement comme le poignard qui surgit de son fourreau, porteur de mort. Elle frappe alors au coeur de l'histoire, nous serre la gorge et ne nous lâche plus. Et sans cesse nous serons secoués, ballotés par elle entre l'espoir et l'émotion, entre l'amour et la violence, entre la vie et la mort. Cette dualité se retrouve dans la scénographie. A droite, un espace plein, entouré de quelques marches et de colonnades élégantes, comme une aile de palais italien surmontée d'une terrasse, ou du mythique balcon de Juliette. Cet espace abrite, accueille l'orchestre, la musique, la fête, la vie. A gauche, le même espace, mais vide, cerné de colonnes tronquées, comme la vie trop courte de nos deux jeunes héros. Au centre de cet espace, un catafalque de granit noir. Il n'est pas nécessaire d'expliquer la suite ni le sens… Devant et sur la gauche: la grille d'un enclos étroit de cimetière où frère Laurent, confident et acteur malgré lui de la tragédie, viendra se recueillir. Derrière, au fond: la façade d'un monument imposant. C'est la demeure de la famille de Juliette, ces Capulet dont les racines et les traditions remontent à plusieurs siècles. Cette façade nous le dit, nous l'affirme, par son histoire, par son style et par sa masse. Car la haine peut avoir le visage et le poids de la plus parfaite respectabilité.

Le décor est planté, le drame va se jouer. Mais dans quels costumes? Nous voulions délibérément ne nous référer à aucune situation moderne, car les exemples sont trop nombreux, et cette histoire se suffit à elle même… L'illustrer aurait été la réduire à une anecdote temporelle et locale. Le temps sera donc légendaire, entre Vérone et Londres, entre le conte populaire et Shakespeare.

Voilà, nos amants vont bientôt rentrer en scène, et s'ils meurent à la fin de la nuit, ils sont comme le phénix, ils renaîtront chaque soir à nouveau, pour les siècles des siècles.

 

Note personnelle : 

 Nous sommes revenus enchanté de ce spectacle , il va de soi ! Mais aussi un peu déçus que le public, pressé par l’anticipation d’une longue marche nocturne vers les parkings, ait écourté ses applaudissements.  Nous aurions aimé plus de respect pour une palette d'artistes hors du commun. L’orchestres a plié bagage, vite fait, instrument sous le bras,  sans tambour ni trompettes et  tout le monde s’est évaporé comme si il y avait le feu au lac !

 

Et pourtant, les artistes étaient pétris d’émotion, les voix magnifiques,  les paroles des mélodies, harmonieuses, souples et lestées avec bonheur dans l’écrin de la musique, les costumes  étincelants et la mise en scène fabuleuse. Point d’artifices, juste le perron du château et une grande terrasse surplombant le kiosque à arcades où officiait le magnifique orchestre. Les chœurs mixtes résonnaient dans tout le parc: le bonheur encore.

 Nous avons particulièrement aimé bien sûr cette dévotion  totale à l’amour  qui imprégnait la scène du mariage secret, la voix d’outre-tombe du frère Laurent, le long voile blanc qui unit les amoureux de part et d’autre du balcon,  le duel mortel …jusqu’à la phrase assassine, témoignage percutant de la folie des hommes, et  proférée devant un public horrifié et confondu. Cette phrase  infâmante  jure  par ses grands dieux de ne  jamais faire la paix.  Dont acte. Une image d’une humanité violente, orgueilleuse  et présomptueuse.

On a particulièrement aimé chez Gounod le rôle du Duc, qui veut s’élever au-dessus de cette spirale de violence et qui impose de sa voix formidable le respect des lois  afin de faire cesser les hostilités sanglantes. Très touchante aussi, cette scène où les amoureux se confient à la grâce de Dieu alors qu’ils vont mourir. Impressionnant l’ensemble des acteurs massés autour de la tombe des amoureux,  tous enfermés dans de longues  capes de bure noire, et à la fin, obligés à la fin de lever leur sinistre masque blanc. De la toute belle ouvrage.

 

 

 

 

 

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INFOS & BILLETTERIE   070 / 222 007 ou www.070.be

PRIX  : 25 – 30 – 35 VIP (parking, welcome pack VIP et programme) : 60

 

Château du Cercle de Wallonie à Namur, les 25 et 26 août à 21 h

Château de et à La Hulpe du 31 août au 5 septembre à 21 h

Château d’Ooidonk les 8, 9 et 10 septembre à 21 h                                         

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DIS-MOI



DIS- MOI


1°    Qu'est-ce une poésie ?

C'est :
Une chorégraphie
De l'âme
Une profonde douleur
Au cœur

2°  Une poésie ?

C'est :
Laisser le verbe
En pointillé
Mais, c'est aussi :
Parler à tort et à cris !
Sans ligne directrice
Cent lignes de confusion
Parler sur tous les tons
Chercher la clé des mots
        FA  SOL  UT
Deux mots
A l'endroit
Deux mots
Allant vers.
Les mots se paient
au centuple

3°  Une poésie ?

C'est insinuer, s'insinuer
Avec des mots passe-passe
Des phrases qui, s'entrelacent
Et,  des expressions inusitées
Propositions. Subordonnées.
Subodorées !

4°  Une poésie ?

C'est :
Embarquer  sur le DELIRE
CINGLER  au large
Passer les    « garde-fous »
Couper les brise-larmes !

5°  Une  poésie ?

C'est :
L'IMMERSION D'UNE RAISON



a.  Colon  








 

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Un regain d'énergie

 

 

Quand je fais une pause, mon corps est au repos;

Mais, généralement, ma pensée, aussitôt,

Se met à bavarder, constate, me questionne.

Ma mémoire s’activant, plus d’une fois m’étonne.

 

Je me saisis, alors, d’une page accueillante.

Ma pensée ralentit et se fait hésitante;

Les mots à employer doivent être filtrés.

Je veux la vérité et non plus l’à peu près.

 

Soudain, en cet instant, mes sens aussi s’activent.

Un bruit ou la lumière, qui est devenue vive.

M’égayent à nouveau les fabuleux dessins

Plaqués sur le tapis, certains murs, les coussins.

 

La poésie planant, le souffle de la vie

Me ramène à l’espoir, me redonne l’envie

De sortir de l’ennui, de la passivité.

Sans m’en apercevoir, je me mets à chanter.

 

2 septembre 2011

 

 

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De la Correspondance de Voltaire

12272753274?profile=originalQuelques lettres de Voltaire furent publiées de son vivant et sans son assentiment. Ces éditeurs peu scrupuleux flairaient une bonne affaire commerciale, mais pressentaient aussi que ces textes à usage privé resteraient des documents fascinants sur l'homme et sur son temps. Voltaire n'est pas un auteur épistolaire fignolant ses missives pour la postérité. C'est un épistolier dont les qualités sont telles que sa correspondance écrite au jour le jour, et souvent sans apprêt, est une de ses oeuvres les plus attachantes.

 

L'histoire de sa publication est marquée par quelques grands maîtres d'oeuvre. Le corpus s'est accru prodigieusement, et sans doute s'accroîtra-t-il encore au gré des découvertes des érudits. La dernière édition, celle de Théodore Besterman pour les Oeuvres complètes de Voltaire, publiée à Genève, puis à Oxford, comprend quatre fois plus de textes que la première édition posthume, celle de Kehl, dirigée par Beaumarchais (1783-1789) et deux fois plus que celle de Moland (1877-1883). Progrès quantitatif, mais aussi qualitatif. Les premiers éditeurs furent soumis à un certain nombre de pressions, comme le démontre par exemple l'examen de la correspondance avec Frédéric II, roi de Prusse. De nos jours, des approches scientifiques sont possibles. Nos exigences en la matière sont plus contraignantes, d'où le travail immense qui a été accompli: recherche et étude des manuscrits, dépouillement de publications anciennes, relevé de variantes, propositions de datation, annotation. Et il reste beaucoup à faire.

 

L'édition Besterman comprend 21 221 lettres, dont plus de 15 000 de Voltaire. Depuis 1977, date de son dernier volume, d'autres textes ont été exhumés. Elle s'ouvre sur un billet signé des deux fils Arouet, Armand et "Zozo" (François Marie) du 21 décembre 1704. Les premières lettres de Voltaire datent de 1711. Ce jeune homme sait déjà conter avec humour lorsqu'il rapporte les événements du collège à un ami. Voltaire dicte son dernier billet quatre jours avant sa mort le 26 mai 1778. Il a appris la réhabilitation de Lally-Tollendal et il trouve la force de dire au fils de celui-ci qu'il "mourra content". Ces milliers de lettres adressées à 1 837 destinataires (rois, prélats, banquiers, acteurs, amis, hommes de lettres et imprimeurs) pendant plus de soixante-cinq ans résistent à toute tentative de classification. Certains correspondants sont épisodiques; avec d'autres, le dialogue s'étend sur des années.

 

On remarquera que la correspondance s'accroît au fil des ans: un volume pour les années de jeunesse jusqu'en 1729, un volume pour deux ans à partir de 1730, puis un volume ou un volume et demi par an à partir de 1738. Cette activité épistolaire ne se ralentit pas avec l'âge. En 1777, Voltaire écrit 655 lettres, il a 83 ans. Et pourtant, que de lacunes! Un billet de Mme du Châtelet et quelques lignes de Voltaire subsistent seulement de sa correspondance avec la "divine Émilie", sans doute détruite par M. du Châtelet. Le comte d'Argental a conservé plus de 1 200 lettres de Voltaire, mais ce dernier seulement 41 lettres de son ami. Des 200 lettres que Voltaire écrivit de Prusse à sa nièce, Mme Denis, il ne nous est parvenu que quelques-unes. La quarantaine de textes qu'avait révélés l'édition de Kehl sont dus à une supercherie: on a démontré qu'ils avaient été récrits en 1754, et qu'ils constituaient une sorte de roman par lettres où Voltaire réglait ses comptes avec Frédéric II. Plus simplement, il suffit de lire la correspondance de Voltaire sur quelques mois pour mettre en évidence de nombreuses pertes. Il fait allusion à des textes qu'il a écrits et qui n'ont pas été retrouvés; il répond à des lettres que nous ne connaissons pas. Ce corpus énorme n'est donc encore qu'une partie de la correspondance de Voltaire.

 

Par-delà la diversité exceptionnelle des textes s'impose la qualité d'une présence. Chaque lettre s'inscrit dans un réseau de circonstances précises (destinataire, question traitée, date). Mais du plus court billet griffonné à la hâte à la missive la plus élaborée, mêlant parfois vers et prose, du texte à usage strictement privé à celui qui sera divulgué, Voltaire s'implique, à la fois spontané et calculateur. L'écriture vibre de toute son ardeur de vivre, de son besoin de communication, de ses curiosités. Par son ampleur, par la longévité de son auteur, par le rôle que celui-ci tient dans la république des Lettres, cette Correspondance est une voie d'accès privilégiée à la connaissance du XVIIIe siècle.

 

On pénètre dans les coulisses des théâtres (rivalités d'acteurs et d'auteurs, réactions du public), dans les salons à la mode, dans les cercles littéraires. On suit Voltaire à la cour de France, lorsqu'il est devenu "baladin des rois", assez mal vu du maître de céans, surtout à celle de Prusse où le chambellan adulé fait place à un trublion persécuté par son "Salomon du Nord". On le voit s'agiter dans l'ombre, offrir ses services en matière de diplomatie secrète. On suit pas à pas la chronique du temps où s'inscrivent les faits marquants de la politique intérieure et extérieure des États européens, mais aussi des modes de vie et de penser, des faits divers, mille et un détails du quotidien. Voici mis au jour les circuits des idées, le jeu des institutions; voici prises sur le vif la vie parisienne dont cet exilé de la capitale se languit, la vie à l'étranger (Angleterre, Prusse, Suisse), la vie provinciale en Alsace ou à Ferney. Rien de synthétique, mais une suite d'instantanés et de multiples variations.

 

Chaque époque est dominée par les préoccupations du moment, qu'il s'agisse d'une édition, d'une tragédie, de démarches personnelles, d'événements comme l'établissement aux Délices, puis à Ferney, de préoccupations scientifiques, historiques ou philosophiques suivant les travaux en cours. Dans cette existence tumultueuse, les affaires s'enchaînent sans répit: luttes contre Maupertuis, La Beaumelle ou Lefranc de Pompignan, campagnes d'opinion en faveur des Calas, des Sirven, de Gaillard d'Étallonde rescapé du drame d' Abbeville (voir le Cri du sang innocent). Le même thème est traité suivant des optiques différentes; le ton varie, s'adapte à chacun, prend en compte ses intérêts, reflète la place que chaque correspondant occupe dans la pensée de Voltaire. Au fil des mois, voici des lettres de direction adressées aux "frères" engagés dans la lutte contre l'Infâme, des discussions sans fin sur tel détail de mise en scène avec d'Argental chargé du "tripot", des réflexions à l'usage de Mme du Deffand, aveugle et désabusée, des demandes d'information auprès d'un historien comme le président Hénault, des commandes urgentes, Mme Denis ayant besoin de mille et une bagatelles, des remontrances aux imprimeurs, des billets aux banquiers, des tours d'horizon politiques et philosophiques avec le disciple admiré, haï et secrètement chéri, Frédéric II, des conseils à La Harpe ou Marmontel, des remarques sur la Providence dépêchées aux pasteurs suisses. Aucune de ces lettres n'est sans objet. Voltaire s'est astreint à ne jamais écrire pour écrire, ce serait "mâcher à vide". De là une correspondance d'homme d'action, ce qui n'implique nullement que la sensibilité en soit absente. Mais elle s'exprime de manière détournée, se masque d'humour, cultive surtout les joies de l'amitié, se complaît dans des jeux ou des coquetteries ou se déchaîne en violences verbales contre les bêtes noires de l'auteur. L'essentiel reste la tâche à accomplir, le message à diffuser. Ces lettres mettent en contact avec une personnalité hors de pair, révélée dans ses multiples facettes, qui réagit de manière vigoureuse et qui sait plaire. Elles procurent aussi tous les plaisirs d'une oeuvre qui jaillit de la vie. Une pratique de l'écriture où l'art est devenu pour Voltaire une seconde nature fait que l'on se trouve devant une réalité littéraire très différente du simple document. Chaque texte mérite d'être décrypté: Voltaire vaut d'être connu dans ses vérités successives, apprécié pour son usage souverain de la langue, et peut-être est-ce à travers la "lentille déformante" de la lettre qu'on peut le mieux le saisir. Il reste sans doute l'un des maîtres du dialogue des absents.

 

 

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