Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16185)

Trier par

L'aube du grand soir

12273069498?profile=original

Sur la rive alanguie un homme était assis,

 écoutant dans la mer l'histoire de sa vie.

A l'aube du grand soir il contemplait son oeuvre,

incertain que ce fut la sienne tout à fait.

Sans espoir de retour, il revoyait les heures

qui paisibles ou cruelles avaient scandé son temps.

Heures bleues, heures vertes, plus souvent pure perte

heures noires, besogneuses à la Machine offertes.

 

Heures volées sans conscience, à la tâche employé

brave soldat cravaté, à sa mission vissé

alors que toute sève en lui se retirait,

éloignant de sa peau le goût du merveilleux.

 

L'eau mouvante racontait dans son immensité

l'éphémère passage et son absurdité

le mystère de la vie, ressac de l'immanence, 

parfum d'éternité, reflux de transcendance.

                                                                           

 

Lire la suite...

LE LIT DE REPOS...

Ce n'est certes, qu'un canapé

Qui m'a suivie au fil du temps

Et qui n'est même pas éculé

Car fut bichonné tant et tant!

J'y ai dormi dans mon enfance

Aujourd'hui, il trône au salon

S'il fut témoin de bien d'errances

Il me donne pourtant raison!

Il se fond dans les temps modernes

Et y impose sa tendance...

Oui, la maison serait fort terne

Sans le piment de son élégance!

Et puis, voilà que tu t'y perds!

Alors mon regard s' attendrit

Et c'est la tête tout à l'envers

Que dans tes bras je m'y blotti

J.G.

Lire la suite...

PAIX DU SOIR

12273076701?profile=originalQuand le couchant se fait douceur

Il médite et rend hommage aux dieux des champs généreux

Instants de paix en harmonie

au loin résonnent les sonnailles

Le berger change de pâturage

AA

Lire la suite...

J'ai fait la nuit autour de moi

 

Je ferme les yeux et sommeille.

Je sais parfaitement pourquoi

Je fais la nuit autour de moi,

En ce matin qui ensoleille.

Je sais parfaitement pourquoi

N'ai nulle envie qu'on me réveille.

En ce matin qui ensoleille,

Je ne veux éprouver de joie.

N'ai nulle envie qu'on me réveille.

Ne plus prétendre à haute voix.

Je ne veux éprouver de joie,

L'horreur au monde est sans pareille.

Ne plus prétendre à haute voix.

Garder ma ferveur en bouteille.

L'horreur au monde est sans pareille.

Je l'occulterai maintes fois.

5 février 2015

Lire la suite...

Un océan déchaîné

Une aquarelle d'Adyne Gohy

12273077101?profile=original

inspirée par un poème

de

Raymond Martin

Océan

 

 

Les bajoues boursouflées du gardien de la dune

Refusent en l’instant les surplus de pitance

Offusquant leur hôte, cheminant sous la lune,

Droit vers l’horizon chahuté des roseaux d’espérance.

 

  

La mer frémissante ridée par l’assaut du zéphyr,

Susurre à l’envie la mélopée câline des naïades,

Dénudées au couchant, emportées par le tragique soupir

De la rivière déchirée par son ultime escapade.

 

 

Le sang d’Hélios s’enfonce lentement dans les entrailles d’Atlantide,

Au désespoir de Poséidon alangui au sein d’une mortelle.

Apothéose charnelle d’un dieu prolifique et placide,

Précédant la colère de Zeus annonçant le collapsus des  Hespérides.

 

 

L’âme de la terre aux parfums d’allégresse

Cajole la nuit scintillante, tourmentée par de terribles doutes,

Face au miroir sans défaut dépourvu de promesse.

Espérance sacrée d’une fusion charnelle sous la céleste voûte.

 

 Raymond Martin 2010

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

Lire la suite...

Petite misère

12273076067?profile=original

Vide sidéral

vestiges de notre civilisation décadente,

temples au dieu consommation

palais de l'inutile.

 

  Agglomérat de constructions tape-à-l'oeil,

clinquantes, absurdes.

 
Laideur déguisée par le détournement de quelque pied de vigne

olivier en souffrance dans son pot,

comme des pieds de chinoise.


Imitation débile de la nature

conçue par un architecte

rendu imbécile par le système qui l'a engendré.


Temps de soldes, temps de laideur,

"petite misère" dit la chanson

diffusée par le haut-parleur.


La traque rend l'oeil torve et le regard fixe,

Vide les portefeuilles et les vies,

remplies de riens,

de riens soldés.

Mais

        Heureusement :

Bobin !

 

 " Dans la cuisine, des roses minuscules, adorables. Deux sont en grande conversation, appuyées l'une sur l'autre. Quand je quitte l'appartement, je les regarde et j'ai le sentiment de partir en laissant la lumière..."

" Belle lumière aujourd'hui, le ciel fait des efforts. "

Lire la suite...
administrateur théâtres

dscf2763.jpg?width=452

Les Joyeuses Commères de Windsor

De  Otto Nicolaï

Direction musicale: Christian Zacharias - Mise en scène : David Hermann

Avec : Franz Hawlata (Sir John Falstaff), Anneke Luyten (Frau Fluth), Werner Van Mechelen (Herr Fluth), Sabina Willeit (Frau Reich), Laurent Kubla (Herr Reich), Davide Giusti (Fenton), Sophie Junker (Anna Reich), Stefan Cifolelli (Stefan Cifolelli), Patrick Delcour (Dr.Caius), Sébastien Dutrieux (le thérapeute).

L’opéra de Liège accueille en ce début d’année 2015 une oeuvre dont l’ouverture figure souvent au programme des concerts du Nouvel An mais peu présente sur la scène lyrique internationale, malgré sa renommée. Ancré dans la tradition du singspiel, cet opéra aux airs volontairement italiens confirme le pouvoir de séduction de rôles féminins jouant les virtuoses de la malice.

Cet opéra d’Otto Nicolaï ne fut joué que 4 fois du vivant du compositeur,  au Königliches Opernhaus  de Berlin après sa première représentation le 9 mars 1849. Le livret d'Hermann von Mosenthal se base sur la comédie de William Shakespeare The Merry Wives of Windsor écrit en 1602. Dira-t-on que  dès 1893 le très célèbre Falstaff de Verdi lui volera la vedette ?

 

Falstaff, un affreux bon vivant bedonnant a le malheur de déclarer sa flamme intéressée en même temps à deux commères, mariées et complices… Tensions dans les couples : Monsieur Fluth est d’une jalousie maladive. Monsieur et madame Reich se disputent sur les prétendants qu’ils veulent imposer à leur fille Anna, qui aime un adorable Fenton.   Mais dans  son interprétation  résolument moderne, le metteur en scène David Hermann, présente Falstaff, le futur dindon de la farce, comme un objet de désir et de convoitises. Rendez-vous est pris avec la psychanalyse. En effet, Le metteur en scène a supprimé tous les dialogues, tirés de Shakespeare, et a ajouté à la production un psychanalyste en chair et en os,  flanqué de son divan, de sa pharmacie et de ses assistantes. Deus ex machina, ou narrateur résumant régulièrement l’action, il confesse régulièrement en son cabinet chaque personnage ou se lance dans la thérapie de couples. S’ajoute  donc à la drôlerie naturelle de l’opéra-comique concoctée par le compositeur allemand, un rôle moderne parlé en français, tenu avec le plus grand sérieux par Sébastien Dutrieux. Les décors acidulés ne sont pas sans rappeler les stéréotypes d'une banlieue chic des séries télévisées américaines des années 70. Vous serez régalés de la diversité et de l’inventivité des costumes et des accessoires: une collaboration raffinée entre les décors de Rifail Ajdarpasic et les costumes d’Ariane Isabell Unfried.   Falstaff est vu ici comme l’objet de tous les désirs et de toutes les convoitises, un fantasme qui prend réellement corps au troisième acte lors d’une mise en abime romantique où l’on retrouve Puck /Obéron  avec des citations de la musique de Weber, dans une atmosphère de fantasmagorie Shakespearienne  totalement onirique.

Sur toute l’œuvre, souffle un esprit parodique bienvenu. La musique dirigée avec vivacité et humour par  le grand Christian Zaccharias,  reflète aussi l’ambiance joyeuse de l’Allemagne du sud. Les femmes se donnent rendez-vous dans un Weinstube solidement kitsch dont le  fronton en triangle lumineux singe, à en croire  celui de l’opéra de Liège. Beaucoup de jeux de mots farceurs fusent entre l’allemand et le français, une action débordante anime la scène, sans aucun temps mort, les colères explosent, les griefs domestiques déferlent. Les voix sont au diapason de l’action. Anneke Luyten  investie corps et âme, projette avec force une bourgeoise brûlante, impatiente et déterminée. Le baryton Werner Van Mechelen véritable maître de comédie, séduit par sa présence scénique et sa diction exemplaire.  Laurent Kubla joue de son timbre élégant et souple qui souligne une belle expressivité.

Le jeune amoureux d’Anna (une délicieuse Sophie Junker) à la voix suave plus que caressante et juvénile (Davide Giusti) est un basquetteur à cheveux longs, au phrasé de Roméo complètement craquant!   Des applaudissements nourris et des ovations  accueillent chaque artiste lors du salut final dont on peut  souligner la distribution très homogène, totalement impliquée dans l’action, les deux prétendants Patrick Delcour et Stefan Cifolelli, assumant leur rôle avec beaucoup d’humour et de présence, sans parler de Flastaff-Franz Hawlata, qui s’éclate dans l’ambiguïté de son rôle.

Nouvelle production: Opéra Royal de Wallonie-Liège,
en coproduction avec Opéra de Lausanne

http://www.operaliege.be/fr/activites/operas/les-joyeuses-commeres-de-Windsor

Lire la suite...

Jardin secret,

                                                                          

Poésie,

jardin coulé

dans une nuit encrée,

de l'inessentiel se détacher,  frissonner,

pour respirer en grand,

s'émouvoir puis voir ;

devenir sage et fébrile tout à la fois,

de l'instant être gourmet !

Poésie,

roseraie blanche

dans une nuit obscure,

apprendre l'alphabet neuf,

fredonné par l'arborescence sombre,

par l'ombre ensoleillée ;

ainsi découvrir le chant.

Savez-vous que la nature est savante ?

Oui ce jardin,

j'y descends toute seule,

écoutante, débutante,

parfois d'ailleurs j'y convie

les êtres qui me sont chers,

précieux infiniment,

A l'instar de vous.

NINA

 

Lire la suite...

Bruissement du rien

12273075296?profile=original

                                                                                     Photo Edouard Boubat

Bruissement du rien et sentiment océanique

 

On peut passer toute sa vie à faire semblant de s’intéresser au grand bruit du monde pour avoir la paix. Et puis un jour, en tendant l’oreille,  derrière un petit son imperceptible, on découvre une mélodie cachée, secrète, qui va vous entraîner loin, loin….

Il faut avoir l’ouïe fine.

Cette musique, c’est le tintement des âmes qui s’embrassent, heureuses de s’être reconnues, harmonisées enfin dans la noosphère, la grande symphonie du monde.

 Le bruit du rien ne nous empêche pas de nous réveiller…

Lire la suite...

Le monde marche sur la tête

J'ai envie d'écrire un billet d'humeur à l'heure où les guerres se perpétuent pour du pétrole, des territoires à occuper, pour plus de pouvoir sur les peuples opprimés, oui j'ai envie de hurler dans ce silence froid de l'hiver "ça suffit ! "

Nous qui aimons écrire de la poésie, raconter des histoires, chanter, danser, peindre, etc quel est notre impact sur le monde ? Avons nous le moindre champs d'action dans le réel ? Pouvons nous, sinon changer le monde, l'influencer ?

Je me pose ces questions car le monde va très mal et je pense aux générations futures. Qu'allons nous leur laisser ? Nos poèmes, nos histoires, nos chansons, nos danses, nos peintures aurons t-ils pesé dans la balance du futur ?

Pasqui R

Lire la suite...

Subtil

 12273074896?profile=original

                                                       Photo David Galstyan

Subtil :

Sub tela, sous la toile. 

Il faut soulever le voile pour le trouver. 

Subtil n'est pas montré, pas exposé, ne vit pas dans l'effet. Il préfère mériter qu'on vienne le chercher. Il aime se cacher, ne vante pas ses attraits, ne communique pas à grand bruit.

Il faut le découvrir dans les petites choses au détour d'un chemin.

Subtil requiert recherche, il n'est pas apparence.  Il loge dans le détail, au fond d'une pensée, ou niche dans un silence. Il sait l'humilité où réside la noblesse et d'ailleurs, il s'en fiche.

Souvent heureux tout seul, la distance le protège d'un monde consensuel.

Parfois paradoxal, oxymore est son double.

Il a ouvert sa porte à la dualité, accueilli son bâtard, part d'ombre.

Subtil est fugace, ombrageux, il peut sembler futile et pourrait vous choquer. 

C'est seulement qu'il se tient loin des facilités du jugement premier.

Il ne sera jamais là où vous voulez l'attendre. Il ne se vend pas, il ne s'achète pas mais veut parfois s'offrir à qui le sait recevoir.

Il cultive l'attente quand il lui faut du temps.

 

                                                                                                                          

Lire la suite...

12273072458?profile=original
"Le livre se l'éternité" est une oeuvre de Mohammad Iqbal (1873-1938), écrivain persan, poète national du Pakistan et considéré comme chef spirituel par plusieurs dizaines de millions d'hommes, à la fois juriste, philosophe et essayste.

Ayant étudié en Occident -il obtint son doctorat de philosophie à Munich en 1908-, Iqbal écrivit d'abord en anglais, mais c'est en ourdou et surtout en persan qu'il composa ses oeuvres poétiques, tel le "Livre de l'éternité", publié en 1932 et dédié à son fils Djâvîd dont le nom signifie en persan éternel.

C'est le récit d'une pérégrination céleste entreprise par le poète sous la conduite de son maître spirituel Djalâl-ad-Din Roûmi, le grand poète mystique persan, fondateur de l' ordre des derviches tourneurs. Le "Livre de l'éternité" s'apparente donc, d'une part, avec l'ascension nocturne (Mi'râsj) de Mahomet qui servit de modèle à maint poète musulman et, d'autre part, à la "Divine comédie"; cependant ce n'est pas d'un récit visionnaire qu'il s'agit d'ici, mais d'une exposition de thèmes représentés par les personnages -poètes mystiques, hommes d'Etat- rencontrés dans l'au-delà par le narrateur.

Le "Livre" débute par une longue "Prière" où le poète s'adresse à Dieu de la terre: comment l'homme perdu au sein du cosmos, prisonnier de l' espace et du temps pourrait-il s'élever jusqu'à Lui, objet de son désir et de sa nostalgie?

Dans son "Prologue dans le ciel", où l'on reconnaît au passage l'influence de Goethe, le ciel du premier jour de la création blâme la terre et lui commande de s'apprêter à recevoir celui que Dieu lui enverra pour l'y représenter: l'homme.

Dans "Prologue sur la terre", l'esprit de Djalâl apparaît à Iqbal, qui prendra désormais le nom de Zinda-Rûd (Fleuve vivant), et lui explique le mystère du Mi'râdj. Auprès de Zinda-Rûd, Djalâl jouera le rôle qui est celui de Virgile dans la "Divine comédie".
Ils parviennent d'abord au ciel de la lune où ils rencontrent le mystique indien Vishvamitra qui y vit en ermite dans une caverne, puis quatre esprits qui exposent les enseignements, plutôt complémentaires qu'opposés, du Bouddha, de Zoroastre, du Christ et de Mahomet. Au ciel de Mercure se tiennent Djâmâl-ad-Din Afghânî, réformateur musulman du XIXe siècle et Saïd Halîm Pacha, ministre du dernier sultan turc. L'entretien porte sur les aspects actuels du monde politique musulman les abus du nationalisme, les erreurs des modernistes qui, au lieu d'utiliser les idées et les techniques occidentales en vue de la rénovation matérielle et spirituelle de l' Islam, font de l' Orient une caricature de l'Occident. Afghâni transmet à Zinda-Rûd un message destiné au peuple russe, où il l'invite à ne pas se détourner de sa vocation spirituelle au profit d'un matérialisme sans issue. Ce sont les dieux de l' antiquité qui peuplent le ciel de Vénus. Le poète les entend se réjouir du regain de vie que leur procure l'aveuglement des hommes qui ont abandonné le vrai Dieu pour adorer de nouvelles idoles. Mars est le séjour d'hommes supérieurs qui jouissent d'une civilisation indemne des maux du capitalisme. Iqbal stigmatise ici les erreurs des habitants de la terre et surtout celle dont dépendent toutes les autres, l' athéisme. Sur la planète Jupiter, les voyageurs rencontrent le poète indien Ghalib, la poétesse persane Tâhira et le grand mystique martyr de Bagdad Al-Hallâdj. L'apparition et le discours de Satan "seigneur des exilés" est un des passages les plus remarquables du "Livre"; Iqbal est ici très proche de l'idée de Satan telle qu'elle est exposée dans le "Paradis perdu" de Milton. Dans le ciel de Saturne, se lamentent deux Indiens traîtres à leur patrie, Mir Djafar du Bengale et Sadiq du Dekkan, puis l'âme de l' Inde enchaînée qui pleure sur son misérable destin.

Au-delà des cieux, "aux confins du monde contingent", demeure Nietzsche, le philosophe "ivre de Dieu" et qu' "on prit pour un fou", le seul Européen qui connut la "Voie mystique" et que l' Europe n'a pas compris. Plus haut encore, le pèlerin aperçoit les palais des rois, des poètes, des mystiques, et il parvient enfin au Paradis, mais ses enchantements ne peuvent retenir celui qui est épris de Dieu seul. Et c'est sur l'apparition de l'Ami, Epiphanie de la Beauté éternelle devant laquelle le poète tombe, "ivre de vision", que se clôt le périple. De retour sur terre, Iqbal s'adresse à travers son fils à la nouvelle génération: la prière musulmane, le Coran, contiennent tous les enseignements dont l'homme a besoin ici-bas; ils apprennent la souveraine splendeur de l' Unique, le développement du moi, le respect de l'homme pour l'homme, la solidarité humaine, mais ils ont cessé d'être compris, ils sont devenus dans la bouche des tièdes de vaines formules. C'est vers eux qu'il faut se tourner, car ils n'appartiennent pas au passé mais à l'avenir.
Croyant sincère et ardent, Iqbal condamne avec virulence le conformisme islamique; c'est vers une religion nouvelle qui sera à la fois un retour aux sources et une modernisation grâce à l'intégration des éléments assimilables des autres religions -dans la mesure où ceux-ci sont fidèlement monothéistes- et même des concepts scientifiques modernes, que se tournent tous les espoirs. C'est au-delà des nationalismes, ayant surmonté les contradictions qui naissent de l' occidentalisation et retrouvé, agrandie et rénovée, sa personnalité propre, que l' Orient islamique trouvera son salut, qu'il pourra reprendre la route glorieuse de l'intimité avec Dieu qu'ont tracée les grands précurseurs, les soufis persans.

Le "Livre de l'éternité" n'est donc pas seulement une oeuvre littéraire qui marque la renaissance de la grande poésie en langue persane au XXème siècle, c'est l'oeuvre d'un penseur à la fois révolutionnaire et traditionaliste, qui tente de rassembler et de préserver les valeurs vivantes de l' Islam, afin de les projeter dans l'avenir.

Lire la suite...

Atropos

 

Acte II

Scène I
La marquise et briancourt

Briancourt

- Qu’ai-je à penser ,madame, Lachaussée sort d’ici

et vous l’avez reçu en cette tenue-ci?

La marquise»

- Ne faites pas l’enfant, Briancourt, je vous prie!

Mais seriez-vous jaloux? C’est cela je parie!

Briancourt

- Vous avez bu, madame, avec ce serviteur!

La marquise

Abandonnez pour moi le ton de précepteur!

Cette journée vraiment me parait peu banale,

Chacun veut à son tour me faire la morale,

Ma suivante, ma soeur Thérèse et même vous.

Il ne manque, voyez, vraiment que mon époux.

Briancourt

- Je me sens maladroit Vous aviez de la peine

C’est pour y échapper, n’est-ce pas, Madeleine,

Que vous avez encore absorbé ces liqueurs

Qui vous troublent l’esprit et vous font mal au coeur.

La marquise

Ce jour, désespérée de mourir j’eus l’envie.

Sainte-croix peut, s’il veut, disposer de ma vie

Et ce qui est plus grave perdre aussi ma maison.

Briancourt

- Madame , la boisson fausse votre raison.

La marquise

-Plaignez-moi Briancourt, je suis très malheureuse.

Ma dévote cadette veut me rendre peureuse

Et me fait craindre aussi pour mon salut au ciel.

Ses paroles tantôt étaient pleines de fiel.

                           J ’ai tellement pêché! Je m’accuse, mon père.

                                                                                     

Briancourt

- Retrouvez vos esprits, détendez-vous ma chère !

J’ignore ce qu’a pu vous dire votre soeur

Moi, je suis votre amant, non votre confesseur.

La marquise

- Peu importe! Aujourd’hui je veux tout vous apprendre

Peut-être pourrez-vous m’aider à me comprendre.

Ne m’interrompez point que je n’aie achevé.

J’espère qu’un poids lourd me sera enlevé.

Ecrivez, Briancourt, mon père, je m’accuse.

Je ne trouve en ce jour que de faibles excuses

Au mal qu’à mes proches j’ai voulu infliger.

D’un incessant remords je me trouve affligée.

Écrivez Briancourt! d’humeur vive et fière,

Pour n’être point vendue, je fus incendiaire.

J’ai brûlé de mes mains note propre maison

Et j’ai toujours pensé que j’avais eu raison.

J’ai pêché par envie et manque de tendresse

Pour ceux qui m’entouraient de soins en ma jeunesse.

J’aimais la vie, l’amour et les jeux défendus.

Mon amant qui fut pris dans un piège tendu.

Sortit de la Bastille en ayant une poudre

Aux effets aussi forts que le feu de la foudre.

Mon père y succomba, mes deux frères aussi.

Je n’en eus pour longtemps vraiment aucun souci.

J’en avais recueilli une énorme richesse

Que j’ai dilapidée dans le jeu et l’ivresse.

- Briancourt

- Qu’inventez-vous, madame?

- Ne m’interrompez pas!

L’orgueil qui m’habitait est certes toujours là.

Je voudrais pour mon fils un rang des plus illustres.

J’ai voulu supprimer sa soeur manquant de lustre

Mais l’instinct maternel reprenant le dessus,

Je l’ai sauvée à temps, elle ne l’a pas su.

 
Lire la suite...

Atropos

Acte I

Scène 4

La suivante, Briancourt, Bazyle et Mme de Brinvilliers

 

La suivante

- Ah! Monsieur, quel malheur!

Briancourt

- Que vous arrive-t-il?

La suivante

- Madame est au plus mal, mourante semble-t-il.

Bazyle

- Monsieur de Brinvilliers a sur lui un remède.

Briancourt

Je l’ai également.

Bazyle

Que dieu vous vienne en aide!

Madame a bu du lait. Elle a moins de souffrances.

Briancourt.

Laissez-nous maintenant !Tout ira bien je pense.



(La marquise ingurgite un remède que Briancourt lui met en bouche .

Elle a les yeux fermés. Il lui baise le front et lui prend la main)

Un long silence puis dans un murmure


La marquise

- Vous me sauvez la vie. Je pensais trépasser.

Briancourt
- Qui aurait pu prévoir que l’on vous haïssait

La marquise

Personne ne me hait. Personne, Briancourt!

Briancout

Mais le diable est partout, il est même à la Cour.

La marquise

Je ne veux que personne, en cet état, me voit.

Tenez la porte close et restez près de moi!

Lire la suite...

En filigrane

 

Il restait un espace vide

ce qui me parut surprenant.

Voici ce que je pus y lire:

« tu trouveras, en filigrane,

des mots très simples pour te dire

pourquoi le Nous qui nous unit,

pourquoi un pied de nez au Temps,

pourquoi ce courant d’énergie

qui nous nourrit allègrement.»

25/3/91

Lire la suite...

Piscine

12273070476?profile=original

Photo Brooke Shaden

Au coeur de la piscine,

abritée d'une tempête,

qui dehors met en rage

 

 dans un cocon liquide

 je suis la ligne de fond,

 et tranquillement je nage.

 

 Brasse après brasse

 doucement, je dépose

des pensées chlorées

que je laisse filer

quand j'en suis à l'aller.

 

Du regard je les veille

quand j'entame le retour,

sans me faire reconnaître.

 

De temps en temps elles croisent

d'autres pensées qui flottent

au gré de leurs nageurs

comme des feux follets

 

ou certaines qui gisent,

sur le carreau bleuté,

semblant abandonnées.

 

Quand on aura vidé,

et bien nettoyé,

le bassin réceptacle,

où iront s'accrocher

les pensées délogées ?

Lire la suite...

AMBIANCE HIVERNALE

La nature doucement s'est endormie 

Tout se réveillera au printemps

En pleine  symbiose et harmonie

Tout refleurira méthodiquement

Il règne  un calme olympien

Partout sur les branches,

on dirait des fleurs blanches

Même le ciel s'est éteint...

Les oiseaux se sont tus

On respire une quiétude

Tous les arbres sont nus

En cette saison tout se dénude...

Le jour  timidement s'endort

Le crépuscule se pare de carmin

L'aube rose  a des reflets d'or

Pour nous enchanter chaque matin

Le soleil a fait place au gel

Le vert se  métamorphose en blanc

La neige se ramasse à la pelle.

C'est la joie pour les enfants!

Qui chantent la ritournelle"vive le vent"!

*Mireille*

Lire la suite...

Atropos

 

 

Acte I

Scéne trois

 

Sainte-Croix et la marquise de Brinvilliers

 

La marquise

- Doux ami, quel émoi! Vous me voyez ravie

De vous entretenir, j’avais l’extrême envie.

Descendons au jardin, nous pourrons bavarder.

Sainte-Croix

- Je ne fais que passer et ne peux m’attarder.

La marquise

Pressé , comme souvent! Rien de grave, je pense?

Sainte-Croix

Un ennui passager. Voulant tenter ma chance

J’ai joué, j’ai perdu, je me trouve endetté

De mille et cent pistoles à rendre cet été.

La marquise

Vous ne changerez guère! Qu’un non joueur vous blâme!

Moi j’ai tout comme vous ce désir qui enflamme

Je n’y résiste pas, j’accepte les enjeux

Qui rendent quelques fois un jeu fort dangereux.

Sainte-Croix

L’ennui est que je manque en ces temps de la somme

Que je dois acquitter en parfait gentilhomme.

La marquise

Vous accourez à moi ce geste me confond

Vous me croyez encore pourvoyeuse de fonds

Mais je suis démunie; à moins que je ne vole,

Je ne pourrais trouver plus de cinq cents pistoles.

Sainte-Croix

Vous avez du crédit , vos amis sont prospères

Ils ne résistent pas à votre savoir-faire.

Lire la suite...

Ivresse,

Ivre je suis de vous,

par la pensée,

je bois votre visage trouble,

vos larmes de bonheur,

désaltèrent mes yeux,

ennuagés d'une brusque lueur;

Puis à la régalade,

vos mots que je savoure,

se déversent sur mes lèvres,

en escalade fleurissent,

ma bouche en un instant,

 est devenue un fruit.

Ivre je suis de vous,

par la pensée,

je côtoie votre peau "clair-obscur",

vos  rires en plein soleil,

éclaboussent mes nuits,

puis à la dérobé,

vos mains que j'entrebâille,

s'enlièrent aux miennes,

s'extasient en douceur,

mon ventre en un instant,

 est devenu un continent.

Féminité reconquise depuis vous.

Nous ; un Monde enfin possible.

NINA

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles