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12273213283?profile=originalConsidérée comme discipline autonome, l'apologétique est de date récente; mais l'apologie, qu'elle soit juive, catholique, orthodoxe ou protestante, est aussi ancienne que le judaïsme ou le christianisme. Bien qu'elle ait conduit souvent à la controverse, l'apologétique ne doit pas être identifiée avec elle. La controverse accuse les différences et les oppositions; elle entraîne plutôt une attitude de fermeture aux idées d'autrui. L'apologétique, au contraire, peut et doit garder une attitude d'ouverture. Ses «raisons» sont celles du dialogue, et d'un dialogue non seulement extérieur mais intérieur au croyant: elle cherche à établir les motifs qu'à chaque époque le fidèle reconnaît à sa croyance, en face de sa propre incroyance, et à les communiquer à autrui.

 

 

1. La littérature apologétique juive

 

Le judaïsme antique n'a eu une littérature apologétique qu'à partir du moment où il a été en contact avec les peuples environnants. On doit mentionner le Contre Apion de Flavius Josèphe (95apr. J.-C.), adressé aux Romains, et l'oeuvre philosophique de Philon qui, bien qu'elle n'ait jamais été reconnue par le judaïsme orthodoxe, a constitué une première tentative d'explication du judaïsme par rapport à la pensée hellénique.

C'est plus tard, au IXe siècle seulement, qu'a commencé de s'opérer dans le judaïsme la rencontre de la révélation et de la raison philosophique, lorsque les lettrés ont eu connaissance, dans des traductions arabes, des chefs-d'oeuvre de la philosophie grecque, Pythagore, Platon, Aristote, Plotin ont été alors rendus accessibles aux maîtres de la synagogue (geonim). Déjà les philosophes arabes dits motazilites avaient tenté d'exprimer en termes philosophiques les grandes données du monothéisme: unité de Dieu, création du monde, liberté humaine, justice divine, problème du bien et du mal. Leur méthode d'investigation, le kalam, avait donné naissance à la première théologie rationnelle. Mais celle-ci reposait sur le concordisme musulman entre révélation et raison. Saadia ben Joseph de Fayyoum (882-942) inaugura une recherche semblable au sein du judaïsme et appliqua aux données de la Bible la dialectique du kalam. Son ouvrage fondamental, Certitudes et Connaissances, inspiré par la pensée du Talmud, soutient qu'il y a harmonie entre la révélation, la tradition et la raison.

Il y eut bientôt une réaction. Dans le Kuzari (1140), Judah Halevi imagina un dialogue entre un chrétien, un musulman et un rabbin en présence du roi des Khazars, qui finit par se convertir au judaïsme; il fit une critique sévère de la philosophie du kalam et attacha la certitude non pas à la démarche de la raison, mais à la lettre de la Torah donnée par Dieu à Moïse.

Dans la période qui suivit, l'effort rationnel fut repris, mais l'aristotélisme prit peu à peu le pas sur le kalam et sur le néo-platonisme. Dans le Guide des égarés (1195) Moïse Maimonide prouva que la foi d'Israël et la sagesse grecque, bien que différentes dans leur origine, sont identiques dans leur essence et doivent se rejoindre pour les croyants. La spéculation rationnelle put être considérée alors comme une voie vers la connaissance mystique. D'abord rejetée par le judaïsme orthodoxe, l'oeuvre de Maimonide fut acceptée par la suite, et elle exerça une influence décisive sur la pensée chrétienne du Moyen Âge. Elle garde un grand crédit dans la pensée juive contemporaine.

 

 

2. L'apologétique chrétienne aux premiers siècles

 

L' apologétique chrétienne a commencé, au lendemain de la Pentecôte, avec les discours de Pierre (Actes des Apôtres, II et III) et d'Étienne (Actes, VII). Elle fut d'abord une défense et un témoignage des juifs chrétiens face aux responsables du peuple juif. Son affirmation majeure était la réalisation des prophéties messianiques. Elle n'impliquait pas pour autant une rupture avec le judaïsme et elle argumentait à partir de la même tradition et sur les mêmes thèmes.

Mais dans l'ensemble du Nouveau Testament (Phil., I, 7; I Tim., I, 3 et surtout Actes, XXIV, 25), l'apologie prit bientôt une extension beaucoup plus large. La défense de la foi en Jésus-Christ fut portée devant les tribunaux païens, et les premiers chrétiens virent dans cette convocation juridique devant les autorités la confirmation de l'Évangile et la manifestation de l'Esprit saint. L'apologie, qui pouvait aller ainsi jusqu'au martyre, fut adressée désormais à tous les peuples de l'Empire et aux autorités constituées. Dans la Première Lettre de Pierre (III, 5), se trouve la charte de l'apologie de la foi selon le Nouveau Testament: «Soyez prêts à rendre raison de l'espérance qui est en vous, à quiconque vous le demande avec mansuétude et respect.»

Quand ils se furent distingués des juifs, les chrétiens témoignèrent de leur foi devant les fonctionnaires païens, et avant tout devant l'empereur. D'où le nom de «Pères apologistes», qui fut donné aux premiers Pères de l'Église. Le IIe siècle fut ainsi l'âge des apologies: ApologiesI et II, de Justin (147-161); Discours aux Grecs, de Tatien (150-173); Trois Livres à Autolicus, de Théophile d' Antioche (160); Supplique pour les chrétiens, adressée par Athénagore d'Athènes à Marc Aurèle (177); Épître à Diognète, le chef-d'oeuvre du genre, dont l'auteur n'a pas été identifié.

Les ouvrages apologétiques ont été d'abord des réponses aux contestations des philosophes ou des gnostiques grecs: Octavius, de Minucius Félix (fin du IIe siècle); Apologétique, de Tertullien (197); Exhortation aux Grecs, Pédagogue, Stromates, de Clément d'Alexandrie (200-202); Contre Celse, d'Origène (244-248). Ces écrits ont préparé les traités théologiques des Pères des siècles suivants.

Cette littérature, fondée surtout sur le Nouveau Testament, s'est accompagnée malheureusement très souvent d'un oubli et d'une méconnaissance de la tradition juive. Affirmant entre les deux Testaments, entre le temps de la promesse et celui de l'accomplissement, un rapport d'antitype à type, ou d'image à réalité, les apologistes chrétiens d'origine grecque ont manifesté un penchant excessif pour l'allégorie et ont parfois détaché la typologie de l'histoire, et la théologie de l'économie et de l'histoire du salut. En retour, les rabbins tannaïm et amoraïm se sont repliés sur la tradition légale, la halakha. Ils ont laissé de côté les versions de la Bible, en particulier la version des Septante répandue jusqu'alors dans les synagogues de la diaspora, parce que les chrétiens l'utilisaient contre eux, et ils ont préféré les traductions de Théodotion, Symmaque et Aquila. Sous l'influence d'apologétiques opposées, le judaïsme et le christianisme, pourtant issus d'une même tradition, sont devenus ainsi très rapidement étrangers l'un à l'autre. Ce retournement fut consacré quand le christianisme, de religion persécutée, devint avec Constantin religion de la majorité.

Bien que l'islam ne véhicule du judaïsme et du christianisme que des éléments partiels et déformés, les relations de ces deux derniers avec l'islam ne furent au début ni d'opposition ni de défense. Les chrétiens monophysites accueillirent en général favorablement leurs nouveaux maîtres. Les apologistes chrétiens, pour la plupart des chrétiens arabisants (Jean de Damas, Abu Qurra, Nikétas le Théologien, Barthélemy d'Édesse), cherchèrent à démontrer que la doctrine de la Trinité était strictement monothéiste, mais ils usèrent peu du kalam. La discussion avec l'islam ne commencera vraiment qu'au Moyen Âge. C'est alors, en effet, que l'apologétique se constitue comme discipline cohérente et élaborée, à la faveur du renouveau aristotélicien. Elle apparaît d'abord chez deux croyants non chrétiens: l'un juif, Maimonide, l'autre musulman, Averroès (Ibn Rushd), qui ont été tous deux les maîtres à penser de saint Thomas d'Aquin.

 

 

3. Du Moyen Âge à l'époque contemporaine

 

La démarche apologétique classique du christianisme avait été formulée par saint Anselme dans son Proslogion (1078): fides quaerens intellectum. La foi recherche les motifs qui, sans prétendre démontrer ce qui demeure mystérieux pour la raison, permettent de croire, et fondent un «jugement de crédibilité». Mais les motifs de crédibilité ne sont pas la foi. Leur rapport à la foi restait à élucider. C'est ce que fit Thomas d'Aquin dans la Somme contre les gentils (1261-1264), où le principal interlocuteur visé sous le nom des «gentils» est Averroès. À la suite de saint Anselme, Thomas d'Aquin expose ce que l'on peut nommer les «préparations philosophiques» à la foi: existence de Dieu, création, Dieu fin suprême des créatures, avant de présenter la crédibilité rationnelle des dogmes proprement dits. La différence de statut est nette: si Thomas d'Aquin prétend à une démonstration des vérités naturelles, il ne prétend qu'à une défense des vérités surnaturellement révélées, dont l'exposé est du ressort de la théologie, et accessibles seulement à celui qui croit.

L'existence de vérités naturelles qui peuvent être établies rationnellement était ainsi affirmée. Il restait à se pencher sur leur contenu, et c'est ce qu'a fait l'apologétique moderne. Elle naît avec l'Apologie (1434-1435) de Raymond de Sebonde, qui a stimulé Montaigne (Essais, II, 12). Ses considérations sur l'harmonie entre le bien de l'homme et la révélation sont le signe d'un optimisme humaniste et rationaliste. À l'opposé, un Nicolas de Cues, dans De la docte ignorance (1440), fonde la croyance sur une vision mystique où viennent s'unifier les positions contraires des hommes.

Les Pensées de Pascal (1662) ont inauguré une voie nouvelle. Partant de la considération de l'homme, de ses besoins, de ses désirs, de ses échecs, des preuves «sensibles au coeur» plutôt que de celles qui convainquent l'esprit, Pascal a projeté sur la démarche de foi une vive lumière. Plutôt que de s'appuyer sur des démonstrations, il a mis en relief dans la croyance un «pari», dont on fausserait la portée si l'on y voyait un argument de premier plan dans son apologétique, mais qui est une sorte de pressentiment de l'argument de probabilité mis en relief par la pensée moderne. Pascal développe des preuves qui viennent s'ajouter au pari et qui sont d'autant plus fortes qu'elles s'appuient les unes les autres. Leur convergence même est en harmonie avec la nature de la foi: «Il y a assez de lumière pour ceux qui désirent de voir et assez d'obscurité pour ceux qui sont en disposition contraire.»

La reconnaissance des «probabilités» de la foi eut une grande place aux XVIIeet XVIIIe siècles. Elle se retrouve dans l'anglicanisme chez Joseph Butler, Analogie de la religion naturelle et révélée avec la constitution et le cours de la nature (1736), qui voit là une sorte de «philosophie de la révélation», et chez William Paley, Tableau des évidences du christianisme (1790), qui adopte un point de vue plus rationnel. Les deux ouvrages ont servi de point de départ à John Henry Newman dans ses Sermons sur la croyance (1843) et dans son Essai pour aider à une grammaire de l'assentiment (1870), analyse magistrale de la démarche de foi pour l'esprit scientifique moderne. Newman distingue l'assentiment «réel» de l'assentiment simplement notionnel, et établit les lois du «sens illatif» (ou sens de l'inférence), qui fait adhérer au réel. Passant de cette philosophie de la connaissance à l'analyse concrète et historique, Newman montre que le lieu de l'assentiment réel est la tradition dogmatique de l'Église. Au début du XXe siècle, on a dénoncé parfois dans cette démarche un certain psychologisme. En réalité, cette apologétique n'est nullement moderniste et procède du christianisme le plus traditionnel.

En même temps qu'ils ont insisté sur les fondements rationnels de la croyance, les Temps modernes ont connu un retour vers le fidéisme, la transcendance et l'argument d'autorité: cette tendance est nette chez l'homme d'État anglais Balfour, Les Bases de la croyance (1899), chez G. Fonsegrive, Le Christianisme et la vie de l'Esprit (1899), et Ferdinand Brunetière, Raisons actuelles de croire (1900). Il n'en est pas de même chez Maurice Blondel qui, dans la Lettre sur les exigences de la pensée contemporaine en matière d'apologétique (1896), fait appel conjointement à la transcendance et à ce qui est immanent à l'action humaine. Selon lui, le surnaturel, «qui demeure toujours au-delà de la capacité, du mérite et des exigences de la nature», est dans une certaine mesure appelé par les insuffisances de celle-ci, «par le besoin senti d'un surcroît» que la nature peut recevoir, étant faite pour lui, mais qu'elle ne peut ni produire ni même définir.

Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux auteurs ont été tentés de donner à l'apologétique un statut scientifique et de lui assigner pour tâche la réflexion sur la crédibilité de la Révélation. Mais la certitude que peut avoir de celle-ci le croyant ne se couche pas nécessairement en une démonstration de la Révélation. C'est plus qu'une opinion, il est vrai, puisque le croyant adhère et n'est pas dans le doute; mais ce n'est pas l'évidence apodictique, idéal de la science moderne. Aussi rend-on mieux compte de sa nature en parlant de «certitude morale». Le «réel» dont s'enquiert ici la raison humaine est en effet dans sa nature de caractère moral et religieux plutôt que rationnel. On laisse échapper ce réel si on le réduit à un exposé de preuves, sans tenir compte des sujets personnels à qui les preuves en question s'adressent à titre de signes religieux. Certes, la démarche de foi peut être transcrite après coup en catégories rigoureuses et objectives, être mise en forme de démonstration, mais cette démonstration ne rejoint jamais entièrement la démarche concrète du sujet. On l'accusera toujours ou de trop promettre ou de majorer ses résultats. Entre la démarche rationnelle (ou jugement de crédibilité) et l'adhésion de foi (qu'on a appelée parfois jugement de crédentité), il y a un seuil, un écart, qui tient au rapport direct du sujet avec Dieu et qui dépasse les élucidations de la raison.

Mais il faut remarquer qu'en insistant sur les signes qui touchent l'homme et qui l'appellent à une conversion, on n'entend pas dévaluer les preuves: le signe implique la preuve, car le signe doit être, par le croyant lui-même en premier lieu, critiqué et prouvé. Insister sur la signification du geste religieux n'entraîne pas qu'on soit moins exigeant sur sa vérification. Aussi la philosophie religieuse, dont l'objet est d'étudier les conditions générales de l'acte religieux, est-elle ici d'un grand secours et vient-elle contrôler le langage et la démarche de la foi.

L'apologétique ainsi comprise n'a pas à être glorieuse -pas plus que la foi n'est la gloire -ni non plus craintive -l'assurance étant le signe de la foi -mais vraie. La vérité du témoignage est en définitive le seul indice du message du salut.

 

 

4. Athènes et Jérusalem

 

Depuis la fin des années 1970, sous l'influence d'une réflexion sur les rapports entre la raison et la foi et sur le problème de l'origine de la pensée, un certain déplacement de la problématique s'est opéré - deux modes de pensée distincts, deux noms, deux cités considérés comme étant au coeur de notre héritage: Jérusalem et Athènes. Tandis que les médiévaux, qu'il s'agisse de Maimonide ou de Thomas d'Aquin, admettaient qu'une synthèse était possible, les modernes -tels Leon Chestov et Leo Strauss notamment-sont de plus en plus enclins à reconnaître une tension fondamentale, un conflit irréductible, entre ces deux «modèles» de la vie de l'esprit. Des deux grandes catégories culturelles, gréco-romaine et judéo-chrétienne, qui caractérisent la pensée de l'Occident, Michel Serres écrit: «Ces deux catégories ne sont pas des synthèses, elles ne sont que des séquences. Et peut-être des séquences sans conséquence. Preuve en est que, dans chaque couple, le prédécesseur ne se reconnaît pas dans le successeur, même quand celui-ci le revendique. Le trait d'union n'y est qu'une coupure, souvent [...]. La catégorie de chrétien romain est reconnue, quant à elle, comme une synthèse, précisément celle que la catholicité a universalisée dans tout l'Occident au cours de vingt siècles d'histoire, avec les revers et les succès que l'on sait. Mais il y a, d'autre part, une catégorie moins connue [...] qui m'apparaît jeter sur la question une vive clarté. Le modèle judéo-grec est une synthèse» (Le Modèle de l'Occident). Ainsi une double confrontation s'est inscrite au coeur de la vie de l'esprit. Le Grec a fait une découverte originale, celle du logos et de la science. Le Juif, par ses prophètes, a découvert le temps et l'histoire. Il y a là deux processus interminables, deux opérateurs sans cesse renaissants. L'Orient maintient ces courants séparés. L'Occident est leur confluent. Ces deux découvertes ont pour conséquence l'hétéronomie des langages et elles fondent la différence de la révélation d'avec la philosophie.

Nulle part l'hétéronomie n'apparaît davantage que dans l'oeuvre des penseurs qui ont repéré les conflits de l'humanité en même temps qu'ils ont fondé la modernité: Spinoza, Bayle, Freud. Le contraste est figuré par l'opposition entre deux montagnes. Au sommet de l'une, à l'orient de la Méditerranée, Abraham s'apprête à sacrifier son fils Isaac, mais son bras sera retenu. Au sommet de l'autre, à l'ouest des eaux du Bosphore, Oedipe est exposé, suspendu par les pieds; un oracle a prédit qu'il tuerait son père. Abraham, dans sa piété, ne veut pas pénétrer les desseins de Celui qui lui a parlé. Oedipe ne sait pas ce que le destin lui promet. «Nous portons dans le corps, remarque Michel Serres, ce qu'on nomme communément l'Oedipe, et nous tournons le dos à la première des montagnes. Nous ne savons plus que nous sommes en équilibre entre deux sacrifices. Peut-être l'Occident est-il cet équilibre rompu, la série interminable de tous les déséquilibres, entre un modèle grec, la culture d'Oedipe, et un modèle juif, le culte d'Abraham.»

Consciente de telles prémisses, l'apologétique contemporaine s'est déplacée, de même que l'attitude philosophique à l'égard de la révélation. De part et d'autre, on reconnaît, ce qui sans doute aurait pu être admis d'emblée comme une évidence, que la philosophie n'a jamais réfuté la révélation et ne pourra jamais y parvenir: elle reste en dehors et de sa visée et de ses prises. En outre, la théologie ne saurait couper court aux interrogations de la philosophie ni interrompre sa contestation.

Pour le philosophe, la révélation est seulement une possibilité. Quand Pascal entreprend de démontrer que la vie du philosophe est fondamentalement misérable, parce qu'elle laisse échapper le tragique, son projet présuppose la foi; il n'atteint ni ne réfute la démarche philosophique. De plus, celle-ci ne détient pas d'éthique dernière dès lors qu'elle reconnaît que la révélation existe. Elle doit donc admettre la possibilité de la révélation. Le choix du philosophe apparaît fondé lui-même sur une foi. La philosophie, dit Leon Chestov, renvoie à la non-philosophie. Et Leo Strauss, partant d'un autre point de vue, affirme, lui aussi, que la recherche d'une connaissance évidente qui dispenserait de la révélation «repose elle-même sur une prémisse qui ne l'est pas». La démarche la plus intéressante de l'apologétique contemporaine n'a pas consisté à vaincre la philosophie sur son terrain, ni à vouloir la maintenir en situation de servante; elle a consisté à reconnaître son autonomie et, en ce qui la concerne, à retrouver sa spécificité.

 

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Le peintre du bonheur



Sur la page blanche de son vierge tableau,

Une rose estompée se dépose
Telle une douce pluie libérant l'eau
Couvrant la branche où un oiseau repose.

C'est un fond joyeux que lentement dessine
Ce bras rigoureux armant de vives couleurs,
Qui n'en donne l'air pourtant, mais qui peaufine
L'ouvrage camaïeu de son secret bonheur .

Et tombent maintenant telles des averses
Des cierges vivants aux flammes flamboyantes,
Des roseaux, des bambous de contrées diverses,
Des vases dorés et des perles pimpantes.

Le peintre du bonheur garde des yeux d'enfant,
Tout ses nuages bleus et ses mers turquoises
Dansent sur la toile de ses rêves chantants
Et bercent notre âme à cet heureux voyage.

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Un impromptu sans titre

Superbe luminosité.
L'énergie traverse les vitres.
Je ressens son intensité,
L'envie d'un impromptu sans titre.

J'attends que des mots se présentent,
Papillonnant en liberté.
Voudrais que leur grâce m'enchante,
Qu'ils m'incitent à méditer.

Mais persiste le doux silence.
Mon âme certes s'y complaît.
Je demeure dans l'innocence,
En joyeuse sérénité.

Lors, que devient l'impromptu
Que mon esprit me réclamait?
Quand les vocables se sont tus,
Impossible de s'exprimer.

Il reste sans commencement
Mais cela n'a pas d'importance.
Comment savoir assurément
La valeur de ce que l'on pense?

19 mars 2017

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Le Poème de la semaine n° 11

 

Le Poème de la semaine n° 11

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III

POÉSIE

A

J’ai découvert le mot « Éclisse » grâce à ce délicieux poète et néanmoins ami Richard Taillefer.

Cet ambassadeur du temps se demande

« Où vont les rêves quand la nuit tombe ? »[1]

Je n’ai pas encore trouvé la réponse.

B

  

Le Poète débraillé[2]

  

De longs mois laborieux auparavant

Création, conception, écriture

Insatisfaction : rature, destruction

Perfectionniste : réflexion, reconstruction

Il enfante aux forceps

Des vers en prose improbables et sublimes

Au vestiaire, le poète appréhende

Nervosité préliminaire, calme apparent

Lave bouillonnante, volcan interne

  

Il fait exception pour

Sa moustache bien ordonnée, légendaire

Sa pipe de Cogolin rivée aux lèvres

  

Sur l’estrade, seul parmi les auditeurs

Campé devant un micro

Comme une affiche de cinéma

Vêtu de noir en harmonie avec sa crinière

Concentré en son moi

Il distille ses vers subtils

Hors du temps, ailleurs

Insensible aux alentours

Possédé de sa passion

Sorti de son douillet cocon

Perdu dans son aura

Égaré, il erre dans un autre monde

Le poète cogne, cabosse, rafistole

Il dérange, charme, console

Amusé, il instille des vérités, des doutes

Silence brutal, applaudissements, soulagement

Bravo l’artiste

 

C

  

Conception de vers

Création poétique

Texte jamais prêt

Trac vissé au corps

Installé sur l’estrade

Le poète déclame

Le poète se vide

Sa besace s’allège

Issue délivrance


[1] L’éclisse du Temps de Richard Taillefer, éditions Dédicaces

[2] En hommage à Richard Taillefer poète

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Ces textes sont extraits du recueil de poésie PÉTALES ÉCLECTIQUES

 de Jean-Louis RIGUET publié aux éditions PREM'EDIT.

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Éditeur : PREM'EDIT

ISBN : 9 791091 321587

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Tout sur mes livres :

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Jean-Louis RIGUET 19 mars 2017

Sociétaire de la Société des Gens de Lettres et Membre de la Maison de l’écrivain et de la Littérature

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La sorgue n'est pas une fin

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L'abîme obscur vaste et magnifique
Étend son flabellum de soie sur son doux visage
Quand, à l'heure où tout se retire,
L'agitation muette de la nature
Ébranle les nuances délirantes de sa lypémanie.

Un bruit de pas gravit moléculairement l'escalier de sa vésanie.
Puis, comme un coup de tonnerre, la porte s'ouvre en gémissant sa plainte,
Laissant un tourbillon d'air balayer le seuil et lui dévoiler le démoniaque.
Alors qu'il s'avance en faisant claquer son long manteau,
Elle mesure dans son regard hypnotique sa froide intelligence.

Sans ciller, le non-mort contemple les formes de la fragile présence
Nimbée des flammes colorées des bougies offrant joyeusement leur force lumineuse.
Plus que jamais, ses pulsions charnelles, ses désirs de chair l'envahissent
Quand la voix pure et fraîche de la silhouette veloutée marmotte du bout des lèvres :
" fais-moi voir, fais-moi vivre !

Séduit, le réprouvé chargé d'épreuves guide son destin dans le secret qui délivre
Où sans contrainte, le charmeur d'âme à la peau ivoire et douce,
Aux cheveux brillants et noirs, ceint son offrande de sa loi auguste,
Et pressant ses lèvres carmin à la gracilité de son cou
Invite sa sensitive hors de l'incomplétude de son existence.

En liqueur onctueuse, organique, la chaleur et la bienveillance
S'introduisent à l'amphore de sa bouche,
Laissant le cruor de la jugulaire investir son corps
Où catalepsie et vivant balance,
En une connexion attendu, espéré, guèbre.

Après cette libation offerte, tendre, funèbre,
L'effet de ce puissant baiser ayant pollinisé en un même feu
Le vide de leur essence, le strige lui anhèle
Juste avant que l'aurore ne se rebelle,
"Je reviendrai demain"

Nom d'auteur Sonia Gallet

recueil © 2017

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Même si l'acteur met un certain temps à s'imprégner de la conception de son réalisateur, il n'y échappe pas,surtout si le réalisateur, ici Yann VALAIN, " voit plus loin que l'horizon" comme le dit le poète et la chanson...

Je partais sur ce rôle principal, en me disant, pour simplifier, pourquoi mon personnage, Franck Colombier, ne "dégommerait " pas tous les terroristes sur son passage - je caricature ma position - .

Puis, peu à peu, j'ai compris la volonté et la conviction de Yann : Franck Colombier est un homme qui a accumulé les "neutralisations " et ce qui va se passer dans sa dernière mission va faire office de trauma remuant tout son passé lourd de combattant de l'ombre.

Irréaliste ? Je ne le pense pas, car, dans mes études de Psychologie, nous passions du temps à étudier le basculement produit chez FREUD par l'étude des "névroses traumatiques ou névroses de guerre " et qui lui fit échafauder sa deuxième topique : Moi/ça/Surmoi, dépassant et complétant la première Inconscient/Préconscient/Conscient...

Les "névroses traumatiques" qui n'en a pas entendu parlé depuis la Guerre du Golfe et autres guerres modernes...Qui n'a pas entendu parler, avec d'autres personnels, du blues et des suicides de policiers dans nos commissariats ?

Ainsi ce film, modestement filmé au Iphone, trace un itinéraire singulier, humain, d'un de ses soldats obscurs qui travaillent, chacun à son poste, à notre protection.

Franck est un simple fonctionnaire qui vit sa vie sans les fastes d'un James Bond, il est comme nous et nous comprend.

Là où Franck va "craquer" c'est justement au cœur de notre humanité : l'enfance cet avenir que détruisent les terroristes sans états d'âme, comme ils tentent de détruire aussi les témoignages architecturaux de l'Histoire des Hommes.

Je tiens  à faire connaître ce film au-delà des frontières de la France : en BELGIQUE et ailleurs...

AIDEZ-MOI en le partageant avec vos ami(e)s et sur les réseaux sociaux.

Anti-terrorisme LE DERNIER ORDRE.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel SIDOBRE

Les recueils de Michel Sidobre à la FNAC

Voix vivante de Méditerranée

Michel Sidobre Acteur

 

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Vive le Collège

                                                   Selon la logique génétique il me reste treize printemps. Ce qui correspond à ma naissance jusqu'à l'entrée en 6 ème au collège. Je vais devoir pendant ce parcours sublime et restant apprendre à lire, écrire,compter, m'adapter socialement afin de ne pas être ridicule à pénétrer ce radical changement qu'est l'entrée au collège.

                                                   Dire qu'il n'y aurait pas une certaine appréhension serait mentir. Tout ce qui est nouveau commence toujours par nous faire peur . Après un certain temps, dès le premier pas franchi, on se sent d'avantage en sécurité et la peur finit par disparaître. Il faut donc se préparer à vaincre cette peur et bien travailler à l'école primaire en se donnant les bonnes bases de réflexion pour aborder le collège.

                                                    D'abord avec tout ce que j'ai entendu dans ma vie antérieure et tout ce que j'y ai fait il va falloir m'en défaire progressivement. Ce fameux vécu à l'origine de bien des souffrances et que je n'arrive pas à résoudre complètement malgré tant d'efforts déployés je vais le ranger dans un compartiment assez haut pour qu'il me soit difficile d'y accéder . Un peu comme un panier à bagages pour un long voyage auquel on accède avec difficulté au départ et à l'arrivée mais qui nous laisse tranquille pendant la route ! Dans ces valises j'y ai mis les douleurs liées aux disparitions, les histoires graves des autres, les sanctions injustes, la roublardise du peuple et ses trahisons, les frustrations et mon incompétence, le déplaisir d'une vie non choisie, le sentiment d'un poids occasionné par ma naissance, les émotions sans cesse renouvelées, les tâches sans véritable intérêt. Incroyable ce qu'une valise peut contenir ! Je vais donc m'attacher à reprendre tout depuis le début. J'aurais dû dire me consacrer. Décidément il est difficile de se débarrasser des mauvaises habitudes, me voilà reparti dans l'attachement ! Non, l'attachement je n'en veux plus. Je veux aller à pied, prendre l'autobus pour le collège et à la croisée des chemins finir le chemin restant avec les petites copines et les petits copains qui ont des billes plein les poches. Nous signer en passant devant le grand Christ qui saigne tant pour nous et nous signifie de ne pas faire de bêtises. Car il sait lui que nous chipons un bonbon à l'épicière tous les jours quand on lui achète un bâton de réglisse.

                                                       Tout reprendre à zéro avant le collège. Aller au catéchisme, servir la messe, se faire tirer l'oreille à cause d'une bousculade. Croire que tout est vrai, que les méchants sont punis, que les bons vont au paradis, que les parents vivront toujours et taper le ballon sous les yeux des filles pour jouer au champion !  Et puis ne pas faire de fautes à la dictée car Monsieur n'est pas content. Il nous dit sans cesse : " Ne faites pas de fautes sinon vous n'arriverez à rien ". Lever son ardoise avec la bonne réponse, le bon chiffre sinon : " Si vous ne savez pas compter vous n'arriverez à rien ". Et puis bien écrire, lisiblement avec les mains propres par respect car sans respect " vous n'arriverez à rien ". Me voilà bien armé maintenant. Le collège n'a qu'à bien se tenir, je vais tout faire pour être à la hauteur de ce qui m'attend désormais : une nouvelle valise pour un nouveau départ !

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Bénitier

 

Juste au coin du narthex, un pieux bénitier. Autour de lui, le geste est souvent machinal, bâclé, sans souvenir précis des temps heureux : l’eau du baptême est à presque cent mètres de là. Certains se signent, pressés, comme pour pointer à l’horodateur du Seigneur. D’autres ont la lenteur de l’arthrose, humectant leurs phalanges de presque ressuscités.

S’avance la bigote à la peau parcheminée : marathonienne de la rédemption, elle hydrate les flétrissures de son cœur en vue de la dernière ligne droite. Juste derrière, les doigts légers d’une fleur de pavé. Selon les Évangiles, cette Marie-Madeleine coiffera l’athlète des ave à la porte du Seigneur.

Quelques enfants de chœur bousculent de leurs rires la bien-pensante. Plus loin, des canailles bâclent une génuflexion, tandis que des traîne-crasse envisagent une ablution. Et puis, un fada : d’après la légende, les fées, qu’on appelle dans le sud fadarelles, échangent parfois leur descendance dans le berceau des humains. Consolation des affligés, le simple d'esprit sera tantôt prince du royaume.

Suit la main droite du besogneux, trempant ses cals jusqu’à la paume et celle, un peu raide, du colonel qui hésite entre signe de croix et salut. Depuis l’ébrasement du porche, un martyr surveille le geste sévère de l’instituteur, égalitaire du gauchiste en goguette, opportuniste du politicien dont le menton tutoie les étoiles, niais de la cancanière en mal de calomnie.

On y voit aussi les ongles vernis de la précieuse qui, pour peu, déposerait une goutte sacrée sur son cou, tel un parfum. Et cette jeune-fille presque vierge, presque transparente, effleurant les satins de son amant.

En miroir, des doigts froissant à peine la surface de l'eau sacrée, comme pour ne pas déranger le Très-Haut : arachnéennes caresses d’une religieuse déjà en extase.

Pour clore cette humanité défilante, une troupe de dubitatifs, tièdes et païens de toute obédience évitant comme des chats maigres la sainte source et préférant passer à gué le seuil de l’Eden.

Self-service d’eaux lustrales, le bénitier a bien du mérite. Mirage d’anachorètes ou puits artésien pour âmes en rémission, on le retrouvera au tourniquet du Jardin premier.

 

                                                             Claude Luezior

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LA PLUS GRANDE DECOUVERTE D'ÂLBERT EISTEIN

http://souriredamour.blogspot.ch/2016/03/la-plus-grande-decouverte-dalbert.htm

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La plus grande découverte d'Albert Einstein

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous une lettre envoyée par Albert Einstein à sa fille Lieserl. Un texte récemment rendu public, qui se passe de commentaire, je pense. Thierry Jansen (Psychologies magazine mars 2016)
Lorsque j'ai proposé la théorie de la relativité, très peu m'ont compris. Ce que je vais te révéler maintenant va provoquer l'incompréhension et les préjugés du monde. Je te demande donc de conserver cette lettre aussi longtemps que nécessaire, d'attendre des années, des dizaines d'années, jusqu'à ce que la société soit suffisamment avancée pour accepter ce que j'explique ci-dessous.
 
Il y a une force extrêmement puissante pour laquelle, jusqu'à présent, la science n'a pas trouvé une explication officielle. C'est une force qui comprend et régit toutes les autres. Elle est derrière tout phénomène qui opère dans l'univers. Cette force universelle est l'Amour. Lorsque les scientifiques étaient à la recherche d'une théorie unifiée de l'univers, ils ont oublié la plus invisible et la puis puissante des forces. L'Amour est lumière, il éclaire ceux qui le donnent et le reçoivent. L'Amour est gravité, il fait que des personnes sont attirées vers d'autres. L'Amour est puissance, il démultiplie ce que nous avons de meilleur et permet que l'humanité ne s'éteigne pas dans son égoïsme aveugle. L'Amour révèle et se révèle. Par l'Amour, nous vivons et nous mourons. L'Amour est Dieu et Dieu est Amour. Cette force explique tout et donne son sens premier à la vie. Il s'agit de la variable que nous avons ignorée pendant trop longtemps, peut-être parce que l'Amour nous fait peur, puisque c'est la seule énergie de l'univers que l'homme n'a pas appris à gérer par sa volonté (...) l'Amour est la force la plus puissante qui existe, car il n'a pas de limites. Après l'échec de l'humanité dans l'utilisation et le contrôle des autres forces de l'univers, qui se sont retournées contre nous, il est urgent que nous nous nourrissions d'un autre type d'énergie.Si nous voulons que notre espère survive, si nous voulons trouver un sens à la vie, si nous voulons sauver le monde et chaque être sensible qui l'habite, l'Amour est la seule réponse. Peut-être nous ne sommes pas encore prêts à fabriquer une bombe d'Amour, une machine assez puissante pour détruire toute la haine, l'égoïsme et la cupidité qui dévastent la planète. Cependant chaque individu porte à l'intérieur de lui un petit mais puissant générateur d'Amour dont l'énergie attend d'être libérée. Lorsque nous aurons appris à donner et à recevoir cette Energie universelle, nous pourrons affirmer que l'Amour conquiert tout et est capable de tout transcender, car l'Amour est la quintessence de la vie.
Je regrette vivement de ne pas avoir pu exprimer ce qui, dans mon coeur, a palpité silencieusement pour toi toute ma vie. Il est peut-être trop tard pour demander pardon, mais comme le temps est relatif, j'ai besoin de te dire que je t'aime et de te remercier car, grâce à toi, j'ai trouvé l'ultime réponse."

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Claude Monet : jardins secrets à Giverny

Une film "Secrets d'histoire" Durée: 1H 39

Retour sur la vie de Claude Monet, dans les lieux qui ont marqué son destin, de sa maison de Giverny aux falaises d'Etretat jusqu'aux canaux de Venise. Monet a souvent déchiré ses oeuvres et renoncé à peindre, des jours entiers, submergé par la malédiction de ne pouvoir traduire au plus juste l'instant présent et sa lumière. Les équipes de «Secrets d'histoire» tracent le portrait d'un personnage mal connu, qui a surmonté de nombreuses épreuves grâce aux femmes et à ses amis, les impressionnistes dont il aura été le guide. L'amitié était pour Monet un sentiment sacré, comme en témoigne celle qui l'a uni jusqu'à la mort à Clemenceau, qui l'a poussé à se faire opérer de la cataracte pour relever avec succès son plus grand défi : «Les Nymphéas». Des nymphéas qui vont influencer l'art moderne du XXe siècle.

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Ma façon d'exister

Si j'ai trop de choses à faire,
Ne sachant par où commencer,
Je m'assieds afin d'y penser
Mais aussitôt mon esprit erre.

Face au bleu de l'immensité,
La lumière me rend joyeuse
Et en même temps oublieuse.
Silence et immobilité.

Lors immergée dans l'innocence,
Que ne troublent pas des envies,
J'y reçois la douce énergie
Entretenant mon existence.

Le temps avance, peu m'en chaut.
«Rien ne presse, tout peut attendre.»
N'eus pas de mal à le comprendre.
Prudemment, je fais ce qu'il faut.

Les mêmes huit jours, chaque mois,
Me tire de mon indolence,
L'impérative providence
Qui me conduit loin de chez moi.

En circulant, je m'émerveille
Des richesses de la nature,
De ses inouïes créatures.
Mon goût de capter se réveille.

Vendredi 17 mars 2017

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Instant

12273214696?profile=original
                                  Photo Edouard Boubat
  Instant dérobé au temps où même la pluie pouvait nous servir d’abri.
 
Tu déployais au dessus de nos têtes un grand parapluie vert à mésanges et c’était notre maison, tous les bonheurs possibles venaient s’y croiser. 
Notre univers devenait cet espace que tu défendais en veillant avec précaution à m’éviter les larmes du ciel. 
Seuls au monde, et le monde  était là, tout entier, concentré, comme s’il l’avait été pour nous de toute éternité.
Toi, moi, les premières gouttes écrasées sur nos fronts, notre attention l’un à l’autre et ce sentiment de légère ivresse que procure la conscience de savourer le fugitif instant parfait. 

 
Je voulais défendre cet éternel éphémère en posant des mots comme autant de petits cailloux au bord de notre chemin.
 
                                                            PL
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12273216272?profile=originalFaites entrer les lauréats… (affiche)

      La ville de Paphos, un petit port tranquille de la côte sud-ouest de Chypre, a été choisie comme capitale européenne de la culture 2017 (avec Aarhus au Danemark).
Aussi ai-je décidé tout au long de cette année de vous présenter quelques aspects de la culture chypriote, riche de tant de siècles passés, variée de tant de cultures brassées.
Et comme le thème général retenu « Lier les continents, créer des ponts entre les cultures » me semblait fort à propos pour un site comme le nôtre…
       Dans cette introduction je vais m’attacher à mettre en avant quelques peintres et sculpteurs chypriotes.

12273216872?profile=originalYiota Ioannidou
Sol Alter
(bronze, 2016)

Ouvrons notre horizon…


Avec cette sélection forcément suggestive, et ce à plusieurs titres.
D’abord, seulement huit artistes contemporains ont été retenus par un jury dont je ne faisais évidemment pas partie.
Ensuite par le thème imposé pour cette exposition inaugurant l’année culturelle « Au départ les mythologies. »
Enfin, une seule œuvre par artiste était choisie.
Un choix restreint donc, mais qui a le mérite d’être celui des Chypriotes eux-mêmes.
       Cette exposition montre toute la vigueur de l’art chypriote. Chypre, un pays meurtri certes, toujours envahi, mais qui sans cesse se relève et avance. Chypre creuset de tant de cultures. Chypre d’aujourd’hui et de toujours.
Voici donc les artistes et les œuvres honorés pour commencer la saison culturelle...


Christos Foukaras (né en 1944). Après s’être formé à l’architecture à Nicosie, il poursuit ses études à Moscou, se spécialisant dans l’art décoratif (fresques, mosaïque, peinture murale, vitrail…) avant de s’installer quelque temps à Athènes puis de retourner à Chypre comme professeur d’art plastique, pour enfin pouvoir se consacrer à plein temps à son art.

12273217297?profile=originalLes aïeux
Tradition et modernité. Des demoiselles d’honneur qui ne sont pas sans rappeler les Ménines telles qu’interprétées par Picasso.
(huile sur toile, 1996)

Christos Christou (né à Paphos en 1950). Diplômé des Beaux-Arts de Paris, son cœur maintenant balance entre notre capitale et l’amour de son pays. Il mêle avec bonheur influences byzantine, Renaissance et modernisme.

12273217674?profile=originalLa naissance d’un ange
(acrylique et feuille d’or, 2010)


George Kotsonis (né en 1950). Peintre de la grâce et du bonheur, il a étudié à Londres puis en Chine et à Prague avant de retourner vivre et travailler à Paphos.

12273217890?profile=originalLéda et le cygne
(acrylique, 2014)

Léda, un thème éternel, ici revisité avec élégance et sensualité.


       Léda, épouse du roi de Sparte Tyndare, se baignait toute nue dans le fleuve Eurotas, quand un cygne s’approcha. Tonnerre ! C’était Zeus en personne ainsi métamorphosé qui déjà s’échauffait. Zeus, tout feu, tout flamme, qui faisait flèche de tout bois en ce temps-là, ne tarda pas à s’unir à Léda. Un œuf elle trouva, d’où éclot la Belle Hélène. Et d’un même élan conçut les Dioscures (« fils de Zeus »), les jumeaux Castor et Pollux.

Andras Charalambides (né en 1939). Après s’être orienté vers une carrière sportive dans une école de gymnastique d’Athènes, il bifurque et entre à l’Académie des Beaux-Arts de la ville. Il s’installe à Paphos où il adopte un style abstrait jusqu’à l’invasion turque de 1974. Il complète alors sa formation à Redding en Angleterre avant de retrouver la mythologie grecque et l’art byzantin comme sources d’inspiration et vivre paisiblement le reste de sa vie.

12273218489?profile=originalLe secret de l’Oracle
(acrylique et feuille d’or, 2005)

Andy Hadjiadamos, dit « Adamos » (1936-1960). Peintre, sculpteur, graveur et auteur né à Paphos. Il étudie en Afrique du Sud avant de retrouver son pays fin 1972 pour le quitter pendant les évènements tragiques de 1974. Il revient en 1980 s’installer dans sa ville natale. Si sa sculpture est imprégnée du travail de Henry Moore, sa peinture de l’art brut d’un Dubuffet, on sent ici l’influence prépondérante d’un Gauguin ouvrant ses bras au monde, ou d’un Munch.

12273218673?profile=originalL’homme jaune
Pacifique et rédempteur
Ecoutez son cri contre la Ligne Verte
(peinture sur bois, 1999)

Costas Economou, né en 1925. Il s’est formé à Morfou (aujourd’hui Güzelyurt dans Chypre occupé) puis à Londres avant d’enseigner à Nicosie. C’est un artiste réputé qui privilégie l’aquarelle sans pour cela dédaigner l’huile.

12273219294?profile=originalLe royaume des oiseaux
A la manière de Chagall, un rêve en couleurs.
(huile sur toile, 1999)

Stass Paraskos (1933-2014). Formé à Leeds. Influencé aussi bien par l’art byzantin que par celui d’un Matisse ou d’un Gauguin, qui décidément laissa son empreinte sur les îles.

12273219886?profile=originalPrintemps païen
(huile sur toile, 1968)

A ces sept peintres d’aujourd’hui s’ajoute la présentation d’une sculpture fort symbolique de Kypros Perdios.

12273219481?profile=originalPhoenix, oiseau mythique (albâtre gypseux, 1983)

Né d’un volcan, toujours occupé, humilié, écartelé, brûlé, Chypre à chaque fois renait de ses cendres et se régénère. Même si, comme l’écrivait Albert Camus*, devait revenir « l’heure des martyrs, aussi inlassables que l’oppression, et qui finissent par imposer à un monde indifférent la revendication d’un peuple oublié de tous, sauf de lui-même. »


       Hors les murs, deux œuvres de Yiota Ioannidou récemment installées ont été immédiatement adoptées par la population locale. La première, Sol Alter, accueillie comme étant « La Dame qui veille sur le port de Paphos. » Au pied de la seconde, j’y ai vu des messages de paix et de fraternité déposés par les passants.

12273220658?profile=originalLe petit pêcheur
(bronze, 2016)

Yiota Ioannidou (née en 1971) est une jeune artiste formée à Athènes et habitant Paphos. Un talent multiforme à l’étonnante maturité.

      Puisse cet article vous donner l’envie de découvrir ce pays, et Chypre retrouver, avec cette génération d’artistes, son Âge d’or.
Un des thèmes annexes pour 2017 est « Mythes et religion » (avec « Voyageurs du monde » et « Scènes du futur »), voilà donc un axe que je me propose d’emprunter tout au long de cette année. Nous aurons donc d’autres rendez-vous sur l’île d’Aphrodite…

12273220879?profile=originalA bientôt...

Michel Lansardière (texte et photos)

* Chypre était alors possession britannique. Camus réclama en vain la grâce de Michalis Karaolis dans un article pour L’Express du 6 décembre 1955, « L’enfant grec », qui fut pendu le 10 mai 1956. Il avait 23 ans. Devenue République indépendante en 1960, et malgré son intégration à l’Union européenne depuis le 1er mai 2004, Chypre reste amputé de 37% de son territoire, comme anglaisé d’une partie vive occupée par les Turcs depuis 1974. Sa capitale, Nicosie, est toujours coupée en deux…

Nota : le journal Beach News de Paphos m’a été bien utile pour la rédaction de plusieurs des courtes biographies données ici.

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FICTION...

Quand la mer est turquoise

Et que tes yeux me toisent

Quand dans l'air parfumé

Je savoure tes baisers...

Quand m'effleurent les mots

Que le bonheur coule à flot

Quand le rythme en douceur

Suscite notre langueur...

Quand les vagues déferlent

En bruit de tourterelle

Quand au creux de ma couche

Tes mains douces me touchent...

Chante l'éternelle jeunesse

Et triomphe l'allégresse!

J.G.

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administrateur théâtres

 La porte à côté, une pièce qui rend heureux

Le décor ? Dans la nouvelle carte du tendre qui attend sur le plateau, les yeux se posent sur du dépouillement japonais intemporel et un contexte résolument contemporain habillé de superbes lumières changeantes. Un homme et une femme,  deux voisins conflictuels que tout  oppose jouent à cache-cache avec les  impressionnants éléments mobiles blanc neige, au pied évasé en corolle qui figurent différents espaces : chez lui, chez elle, sur le palier, devant un superbe ascenseur …pour  le septième ciel?

 Les deux personnages présentent, furtivement et à l’insu de l’autre,  leur alter ego  à travers extraits de vidéos  filmés aux abords du théâtre dans la merveilleuse Galerie. Entre les tableaux effervescents, les deux personnages se retrouvent  assis face au public,  rêvant tout haut devant leurs écrans d’ordinateurs, grandeur murale, où  progresse  leur pénible recherche du compagnon de vie idéal sur un site d’affinités.  Difficile de ne pas être immédiatement  subjugué par la multiplicité des approches, la cohésion des sensations visuelles, auditives, spatiales et le contraste explosif et provocateur des deux personnages en présence. Une mise-en scène fulgurante d’Alain Lempoel  sur la musique de  la septième symphonie de Bruckner. 

Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps 

A travers le texte pétillant de  Fabrice Roger-Lacan, petit-fils du psychanalyste, C’est Marivaux qui débarque, Woody Allen qui joue à la Saint-Valentin, et le coup de foudre malgré un déluge d’oppositions et d’humeurs féroces. C’est un jeu comme on les joue aux fêtes de mariage pour voir comment un couple s’accorde.  Et ce sont des personnages magnifiquement à l’unisson qui font palpiter les coeurs, malgré leur profonde disparité.  La chamaillerie en continu cache une  fatale attraction … Elle a la voix pressée, autoritaire, sérieuse d’une emmerdeuse de compétition et d’une intello misanthrope, Psy de surcroît!  Lui est affable, nonchalant, bohème, tolérant et moqueur quoique marketing manager inquiet pour une marque de yaourts. Ils ne seront jamais d’accord sur rien sauf être d’accord qu’ils ne sont pas d’accord. Les raisons de disputes sont des plus futiles : trop de bruit, des clefs perdues, une fuite d’eau, un four en panne…et la peur panique de se livrer! Pourtant la tentation est si grande! Le jeu de la dispute va les révéler. 

Le public jubile, recueille une moisson de rires, se prend au jeu de chien et chat, de chat et souris, de souris  qui prend le fromage, de qui s’éprend de qui, en premier ou en même temps?  Les échanges verbaux de la comédie sentimentale sont intenses, les jeux corporels démentent les apparences, c’est sophistiqué et grisant. Les actes manqués pleuvent.   Cela porte à la fois  le rêve et l’érotisme  des voix du cinéma, et tout le plaisir des planches.  Les nouveaux héros se nomment Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps. Fuite enchanteresse de la réalité meets Hard Core Reality.  Comme dans Lalaland, ils sont le parfait contrepoint l’un de l’autre, et c’est pour cela qu’ils marchent si bien ensemble, pour notre plus grand bonheur!

Avec Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux.

Mise en scène : Alain Leempoel

Scénographie : Lionel Lesire

Costumes : Jackye Fauconnier

crédit photo : Michaël Henin

http://www.trg.be/saison-2016-2017/la-porte-a-cote/en-quelques-lignes__7037

Théâtre des Galeries

6, Galerie des Princes

1000 Bruxelles

A propos de : Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux.

http://www.theatrelepublic.be/event_details.php?event_id=39&cat_id=1

Bio ludique: http://www.mariepaulekumps.be/biographie/

ET LA VIE CONTINUE

Elle partage toujours sa vie avec le comédien Bernard Cogniaux qu’elle vient d’épouser (à moins que ce soit le contraire ?) et elle est toujours aussi curieuse de tout, de la photographie, à la cuisine, en passant par la poésie ou les voyages… 

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Ciel ou enfer


Je me souviens que mon grand-père
Fabriquait de petits bateaux
Usant de feuilles de journaux.
Il nous apprenait à en faire.


Il créait de même, souvent,
De charmantes choses magiques
Kaléidoscopes cubiques
Et des pliages étonnants.


Une intrigante salière,
Manipulée par en-dessous
Nous amusait par-dessus tout:
Ciel ou enfer. Une prière!


Pensant à ces deux univers,
J'évoque le bleu et le rouge.
Où les êtres aiment et bougent
S'étendent des espaces verts.


16 mars 2017

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Perce-neiges

Aujourd'hui est un autre jour

C’est le printemps à jamais

Battements d’ailes et embrassades

De branche en branche

Fauvettes et mésanges

Légères et insouciantes

Sur le chemin, j’ai rencontré

primevères et anémones

Crocus et Jonquilles

Cajolés par le doux vent

L’herbe fraîchement coupée

Emperlée de mille graines de rosée  

Ainsi la lumière opaline plein les yeux

Ainsi ton image câline plein le cœur

Amour rejoins - moi comme jadis

Dans un instant comme hors du temps

Tous deux accablés du désir
Nada
16/03/2017
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Une manne surabondante


En accéléré, non bruyante,
Une manne surabondante
De neige superbe est tombée.
Je suis restée la bouche bée.

Je regarde ma rue qui dort.
Elle offre un tout nouveau décor,
Vivant espace sans nuances,
Où rien ne trouble le silence.

Étrangeté de l'énergie;
Des bourgeons de fleurs ont surgi
Or le froid devenu intense
Va en suspendre la croissance.

Cet hiver s'écoula paisible,
À mon bien-être fus sensible.
Qu'adviendra-t-il au mois de mai?
Je n'accueille plus les regrets.

Au cours des ans, j'ai fait le vide.
Il est vain de rester avide
D'instants qui furent savoureux.
Mais tout occulter ne se peut.

15 mars 2017

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Furtive créature des rives

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Le temps suspendu dans ma mémoire me traîne au miroir

d'un marécage où grésillent les ailes de dentelles d'un

jeune odonate jouant de son reflet, sous le rai

d'une lune couleur coquillage.

Derrière ma feuille de papier washi ma plume suspend

son vol, s'émerveillant de la danse de cette fée des eaux

qui dessine des auréoles fugitives

entre nénuphars et roseaux.

Furtive créature des rives nourrissant l'essence de mon

récit, mon cœur lourd et meurtri embrasse ta liberté

de rimes ivres d'intensité sur la soie des pages.

À la fois saisissante et exquise la dragonfly se pose

toute en légèreté, me laissant entrevoir

la coloration de ses fines nervures alaires.

Osant à peine respirer devant sa fascinante et mystérieuse

posture, j'observe l'invisible de ses gros yeux ronds

où ses ommatidies scintillent de mille feux

et semble me parler dans son végétal langage.

Dans l'immobilité de l'instant,

un maelström d'émotions m'envahit

et je sens alors son amour m'enlinceuler

avant de disparaître dans son lointain rivage.

Nom d'auteur Sonia Gallet

recueil © 2013


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A nos enfants

                                                    Nous, les maillons de la chaîne, entre nos parents et vous, usés d'avoir servi à force de relâchements et de tensions, voici le monde qui vous attend contre et pour lequel vous ne pourrez grand chose vu votre petitesse, votre incompétence et la courte durée qui vous est octroyée !

                                                     D'abord ne vous y fiez pas trop, les sourires des parents sont amers car ils viennent de réaliser ce qu'ils viennent de faire : vous mettre au monde. Et ce n'est que le début. Très vite vous vous rendrez compte que votre univers sera une cacophonie sans nom. Oh vous tenterez bien de positiver comme on vous l'apprendra ; mais puisqu'il faut un artifice c'est qu'il y a bien un loup. Préparez vous donc à positiver car la liste cacophonique est infinie !

                                                      L'air n'est plus pur. Désolé, mais nous avons inventé des engins qui crachent des gaz toxiques pour que vous puissiez aller à votre travail et acheter votre baguette de pain. Ces engins de couleurs  et de tailles différentes selon la capacité que nous avons d'emprunter de l'argent pour les acheter peuplent la terre dans ses moindres recoins. Comme ils ne suffisaient pas nous avons aussi inventé d'autres engins qui circulent en l'air et qui crachent du haut vers le bas des poisons que sans eux nous ne pourrions inhaler si nous n'avions pas d'argent. Il faudra donc vous attendre à souffrir de maladies respiratoires et porter des masques comme les chinois extasiés devant leur croissance économique. Vous assisterez également dans ce domaine à la course à l'espace pour aller polluer d'autres planètes et peut-être en serez-vous les futurs ingénieurs ?

                                                        Vous entendrez constamment que la terre se réchauffe. Les causes sont diverses. Les pets de vaches y sont pour quelque chose mais les moteurs, les usines, les déchets radio-actifs, les portables et les dépenses frénétiques d'énergie dans les discothèques pour vous faire oublier le bonheur perdu y sont pour beaucoup !

                                                         C'est le changement. Rien ne sera plus pareil entend-t-on aussi. Sauf qu'il faudra vous habituer à ce qui n'a jamais changé : la guerre, la famine, la haine. On vous les transmet car sans elles on se serait ennuyé et on n'aurait rien de vraiment tangible à vous léguer que vous n'auriez à maudire !

                                                         Vous devinez déjà que la liste est infinie. C'est cela, la liste est infinie, un orchestre symphonique où chacun joue sa partition en décalage avec son voisin. Tout ce que vous rencontrerez ne vous semblera pas beau, pas réel, pas naturel, pas amical, pas juste, pas fraternel. Pourtant il vous faudra vivre votre vie jusqu'au bout et faire comme le skieur, passer entre les portes afin de ne pas être disqualifié. Lorsque le bout viendra vous penserez qu'enfin vous serez tranquille dans cette maison sous-terre ou sur ce nuage de fumée- plus " asiatic-marketing-system" - Là encore il vous viendra à l'esprit que les souffrances ne cesseront pas, qu'elles ne cesseront jamais puisque nous sommes tous les maillons du cycle éternel de la vie, court et long à la fois, mis en place de longue date par un créateur suprêmement intelligent.

                                                          N'espérez pas renverser la vapeur, elle tient bon mais contentez-vous de puiser au fond de vous même, malgré toutes les attaques qu'elle subit, l'étincelle d'amour qui surnage encore. Partagez-la. Peut-être qu'enfin un miracle surgira. Tenez bon.

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