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ABSTRACTION LYRIQUE - IMAGE PROPHETIQUE : L’ART DE KEO MERLIER-HAIM
Du 04-05 au 03-06-18, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken, 83, 1000 Bruxelles) a eu le plaisir de vous présenter une exposition consacrée à l’artiste-peintre française, Madame KEO MERLIER-HAIM, intitulée LES LUMIERES DE L’AME.
Le propre de l’abstraction lyrique c’est qu’elle peut prendre bien des aspects. Elle se définit, néanmoins, par cette éclosion de couleurs chatoyantes aboutissant à cette forme que l’on définit « abstraite ».
L’abstraction de KEO MERLIER-HAIM a ceci de particulier qu’elle ne laisse rien transparaître au premier contact. Il ne s’agit pas pour autant d’une peinture à l’approche « difficile ». Néanmoins, elle laisse de prime abord un goût « hermétique ». Peut-être parce que la plupart des œuvres exposées partent d’un arrière-plan noir duquel émergent les couleurs extrêmement vives, à certains moments aveuglantes, pour les faire ressortir de la manière la plus abstraitement fauviste possible. Les couleurs semblent, à première vue, se bousculer, devenir chaotiques. Mais ce n’est qu’une impression que le visiteur dépasse aussitôt, une fois qu’il immerge son regard à l’intérieur de la toile. Ce sentiment de chaos est rapidement dépassé lorsqu’on s’aperçoit qu’en réalité, chaque élément chromatique s’enserre dans la zone qui lui est destiné.
Partons de CLAUSE SUSPENSIVE Les couleurs émergent d’un arrière-plan noir intense, interrompu de violet et de mauve en son centre. De la partie supérieure gauche tourbillonne un halot doré. Cette particularité à part, tout est en quelque sorte, mathématique en ce sens qu’il permet une lecture à partir de l’avant-plan vers le bas : trois zones chromatiques se définissent, annonçant une quatrième recouvrant la majorité de l’espace. Une première zone dominée par le violet amène, tel un premier gradin, le regard vers le haut, suivie d’une deuxième zone jaune-or. Celle-ci annonce un troisième espace dominé par le rouge vif. A’ partir de cette étape, une quatrième zone chromatique monopolise l’espace par le noir. L’on a le sentiment que ces quatre strates représentent des étapes, des moments de conscience mûrement réfléchis sur la toile. Tout créateur porte en lui sa mythologie personnelle.
CLAUSE SUSPENSIVE (89 x 116 cm-huile sur toile de coton)
Nous ne faisons que créer à partir de notre propre mythologie. Le discours qui sous-tend l’œuvre de cette artiste est empreint de ce qui concrétise et anime son for intérieur.
Dans cette œuvre se dessine, à l’arrière-plan du visible, un désir d’encouragent, compris comme une adjonction au dépassement de soi.
FRACTION DE SECONDE est la seule œuvre exposée à se définir à travers une véritable géométrie.
FRACTION DE SECONDE (80 x 116 cm-huile sur toile de" coton)
Un triptyque en un seul plan décompose trois zones. Chacune d’elles définit deux couleurs : bleu-vert pour la partie droite. Rouge-vert pour la gauche.
Le centre réunit une ramification de tonalités essentiellement composée de vert-clair, de blanc vaporeux, de mauve-clair sur le haut comme sur le bas, l’un répondant à l’autre. Le tout étant structuré par un cercle projeté depuis l’avant-plan noir, lequel est divisé par deux barres noires dans sa partie médiane. Si une impression de chaos submerge CLAUSE SUSPENSIVE (cité plus haut) un sentiment de rationalité dicté par la matérialité sauvage de l’œuvre envahit FRACTION DE SECONDE. Le titre, très explicite, appuie picturalement la scansion du temps. Il est d’ailleurs rarissime qu’une œuvre picturale déconstruise le temps d’une façon aussi chirurgicale. Les trois espaces sont scindés sur des proportions exactes. L’on pourrait carrément évoquer une œuvre musicale.
TRIOMPHER DU SCHEMA (116 x 89 cm-huile sur toile de coton)
nous propose le même discours, à un point tel que nous pourrions parler d’une œuvre architecturale, en ce sens qu’à partir d’une progression par le bas, à l’avant-plan, l’ensemble s’étale progressivement vers le haut. A’ partir d’une zone à dominante verte, en bas à l’avant-plan, des ramifications éparses conçues sur le jaune donnent le sentiment de se trouver face à trois terrasses savamment reliées par ces mêmes ramifications. Il y a une sorte d’atmosphère « champêtre » évoquant le souvenir d’une « agriculture en terrasses », au-dessus de laquelle s’étale un jeu de formes jaunes, rouges (en dégradés) entrelacées de reliefs bruns, appuyés par un trait noir, suivis d’un vaste espace bleu confinant vers le haut. Ces ramifications sont comme des ancres qui nous retiennent à notre humanité. Sur cette même partie supérieure se trouvent des ramifications bleues répondant aux ramifications jaunes de l’avant-plan, situées vers le bas. L’œuvre est également propulsée vers le regard du visiteur à partir d’un arrière-plan noir. L’artiste l’a conçue sur le principe de l’encouragement, en ce sens qu’elle incite à n’être autre que nous-mêmes dans notre parcours à la fois humain et créateur.
Avec FULGURANCE DU VERRE (100 x 81 cm-huile sur toile de coton)
nous sortons du schéma que nous propose l’artiste pour aboutir vers un univers feutré, dominé par le blanc diaphane, entrecoupé de jaune-clair à partir duquel se propulse la forme. Cette forme se déploie à partir d’un trait noir intense, partant de la droite, en haut et descendant abruptement vers le bas. A’ partir de ce trait, se développe une forme de « végétation » fouillée. Nous nous trouvons ici au cœur de l’abstraction lyrique « classique », en ce sens qu’une certaine douceur domine la composition et qu’une idée de forme culturellement « connue » surnage au milieu de l’espace pictural. Ce n’est pas involontaire si nous parlons de « végétation » car cette forme sortie de l’inconscient nous ramène à l’idée de l’arbre. A’ tel point qu’il serait légitime de se demander si l’œuvre n’aurait pas été mal accrochée aux cimaises : on voudrait presque la redresser! Sortie tout autant que les autres de sa mythologie personnelle, elle joue avec l’espace à l’intérieur d’un dialogue qui touche à la maladie. Car l’artiste représente ici la pathologie se profilant vers le haut tout en descendant vers le terrain de la guérison symbolisé par l’espace blanc-diaphane purifiant, en quelque sorte, l’espace.
QUE LE VENT L’EMPORTE (81 x 100 cm-huile sur toile de coton).
Comme pour FRACTION DE SECONDE (cité plus haut), définissant picturalement le temps, le vent, pris comme personnage dans son individualité, est très rarement représenté plastiquement. Il sert souvent d’alibi pour illustrer le mouvement conséquent d’une tempête. Le temps et le vent expriment ici deux manières de saisir l’intangible : une fois de façon mathématique et rationnelle avec FRACTION DE SECONDE, ensuite de façon furtive et sauvage avec QUE LE VENT L’EMPORTE. La manière d’aborder la thématique consiste à épouser la nature du sujet. L’artiste épouse la mathématique du temps ainsi que l’intangibilité du vent. Un splendide ballet fait de brun (en dégradés) et de blanc fouette l’espace, entrainant dans cette collusion chromatique le mouvement nécessaire à la dynamique voulue pour créer l’idée projetée dans la forme du tourbillon.
AINSI FUT FAIT (116 x 89 cm-huile sur toile de lin).
Le titre est incontestablement d’inspiration biblique. L’œuvre se dessine par le bas à partir d’une note bleu (en dégradés) s’élevant vers le haut.
Au fur et à mesure que l’ascension s’amorce, le chromatisme s’intensifie, tout en laissant apparaître un faisceau blanc partant également du bas. Une fois rejoint la crête de la vague, celui-ci coïncide avec la trouée exposant le ciel. La vague atteint son sommet et à ce moment là, toutes les interprétations sont permises. Soit elle se referme sur elle-même, engloutissant tout ce qui lui est en-dessous. Soit elle s’ouvre pour révéler la lumière du ciel. La consonance biblique se réalise non seulement par le titre mais aussi par l’évocation d’un sujet biblique. En effet, interprétée de la sorte, comment une œuvre pareille peut ne pas évoquer l’épisode-clé de l’Exode au cours duquel l’armée de Pharaon est décimée par la mer? Et comment, cinématographiquement parlant, ne pas évoquer les deux versions des DIX COMMANDEMENTS de Cecil B. de Mille? Cette séquence cinématographique représente la thématique de l’espoir, ainsi que l’artiste la reprend dans son écriture picturale.
KEO MERLIER-HAIM s’intéresse d’ailleurs beaucoup à l’histoire des Religions. QUE LE VENT L’EMPORTE, comme nous l’avons souligné plus haut, traduit également des réminiscences bibliques, ne fût-ce que par son titre.
En effet, comment ne pas penser à l’Ecclésiaste 1 :14, au cours duquel Salomon s’abandonne à cette célèbre méditation : « J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil et voici, tout est vanité et poursuite du vent ». L’artiste a configuré cette œuvre dans le cadre de l’espoir. Si le vent efface le sable pour nous offrir une rémission, alors que le vent l’emporte…
Le titre de l’exposition est, comme nous l’avons précisé, LES LUMIERES DE L’AME. KEO MERLIER-HAIM a voulu mettre en exergue la puissance de la lumière conçue comme le vecteur qui transcende le tréfonds de notre intériorité. En effet, la lumière joue le rôle principal dans l’œuvre de l’artiste. Une question peut être posée, à savoir la lumière est-elle une matière à l’instar du vent et du temps? L’atteignons-nous de plein fouet ou tout comme ce que nous appelons « la vérité », il nous faut obligatoirement la contourner pour pouvoir l’atteindre? L’artiste commence sa quête devant la toile blanche en se demandant de quoi elle va, comme elle le dit, « parler ».
Sans aucune idée préconçue, elle attend que l’émotion la submerge pour l’exprimer sur la toile à partir de trois phases : un début, un milieu et une fin. Verbe, sujet, complément articulent le « parler » du discours pictural.
Le voyage créateur débute par la pensée et se termine par la main. Les titres de ses tableaux ont un rapport étroit avec le message exprimé. Comme elle l’avoue d’entrée de jeu, son art est intellectuel.
Elle n’est pas instinctive dans son travail. Son émotion, car émotion il y a, est immédiatement mise en forme. Ce qui relance l’œuvre engagée dans une sphère largement poétique. Cela se constate dans son approche du lyrisme : à la question de savoir si son écriture picturale est plus abstraite ou lyrique, elle répond d’emblée, plus abstraite car elle cherche à donner corps à une idée. Néanmoins, la dimension poétique transparaît lorsqu’elle affirme que c’est avant tout l’imaginaire qui la guide. La toile blanche lui donne la possibilité de saisir l’espace, en ce sens qu’elle cherche la meilleure façon de cadrer tel sujet intellectuel en fonction de ce qu’elle doit raconter. Comme nous l’avons spécifié plus haut, elle n’est pas une instinctive car elle réfléchit beaucoup avant de risquer le premier coup de pinceau. Son œuvre est avant tout un travail sur l’émotion. Un travail essentiellement poétique lequel se garde de rationaliser l’humain.
KEO MERLIER-HAIM qui peint depuis une dizaine d’années, a débuté par le figuratif mais l’a rapidement déserté pour l’abstrait en raison de la liberté qu’il offre. Autodidacte, sa technique de prédilection est l’huile sur toile de lin. Ses influences embrassent une palette de styles. L’impressionnisme de Cézanne la fascine et cela se remarque dans le traitement fauviste des couleurs que nous évoquions plus haut. Mais elle est également fascinée par le lyrisme du peintre franco-chinois Zao Wou Ki, dont on comprend que le chromatisme ainsi que la l’esthétique l’aient particulièrement influencée. Néanmoins, son activité créatrice ne se limite pas à la peinture. En effet, elle travaille aussi dans la sphère théâtrale en tant que metteur en scène en plus d’une activité d’écrivain.
KEO MERLIER-HAIM nous offre un lyrisme prophétique dont l’abstraction nous incite à la connaissance et au dépassement de nous-mêmes, image sine qua non à la condition humaine.
Collection "Belles signatures" © 2017 Robert Paul
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Robert Paul, éditeur responsable
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Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
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Photos de l'exposition de Keo Merlier-Haïm à l'ESPACE ART GALLERY
Suis la feuille à ma branche attachée
Fidèle à ma tige souple et fragile
Au caprice des saisons outragée
Je batifole dans le climat versatile.
Velouté parmi les herbes et les fleurs
Me réjouit sous les rayons des cieux
Avide, puisant sa divine chaleur
Me gave de son bienfait lumineux.
Frileuse dans la rosée du crépuscule
Aux prémices vapeurs automnales
Sur mon rameau flexible qui ondule
Je frémis au balbutiement matinal
Au mois de l'an en ses jours pâlis
Quand la fraîcheur saisira la nature
Que mon brin au temps sera refroidi
Lentement flétrira ma verdure.
Je quitterai mon espace végétal
Par l'impartialité du vent emporté
Sur sa bourrasque vive et brutale
Légère, j'irai libre dans l'air soufflé.
Dans une cour ou le long d'un mur
Une flaque sur le bord d'un chemin
Sur le sol, je finirai mon aventure
Telle une feuille-morte sera ma fin.
Dans ton miroir, s'est flétrie ta jeunesse
L'éclat de ton ciel aussi s'est enfuit
Tes reflets ont perdu leur joliesse
Et le rayon de ton soleil s'est affadi.
Sous ton regard de femme vieillir
Ton printemps fane telle une fleur
Autant ta flamme semble se refroidir
Ton feu garde sa chaleureuse ardeur.
Tu voudrais pour ne plus te déplaire
A ton front effacer l'ombre qui t'agace
Mais contre la ride y a rien à faire
Ni remède pour supprimer la trace.
Tous ces petits défauts sur ton visage
L'empruntes de tes fugitives années
Sur ta peau ont déversé leurs outrages
Ne laissant plus l'espace à ta frêle beauté.
Le temps à volé tes défuntes illusions
Ton cœur se vide de la vie que tu as bu
Dans son apothéose sous tes imperfections
Seul ton charme exquis a survécu.
Ils glissent suprême dans votre subsistance
L'invisible nocivité de combinaisons chimiques
Profitant des peuples et de leur ignorance
Imprègnent votre vie de molécules toxiques.
Malheur planétaire que leur programmation
Jusqu'au fond de votre assiette insidieusement
Sans scrupules, assaisonnent de poison
La saveur dénaturée de tous vos aliments.
Piège mortel sur une terre contaminée
En vapeur interactive sous un jet acide
Va votre nourriture nuisiblement aspergée
Vous, régaler de son cocktail de pesticides.
Les prédateurs ont envahi votre cuisine
Et vos placards renferment des dangers
L'ingrédient succulent vous assassine
Chaque jour un peu plus dans vos dîners.
Votre pain est quotidien votre santé en sursis
Ces toxines pernicieuses dans vos cellules
Qu'on additionne délicieuses dans votre vie
Sous formes discrètes de nanoparticules.
Ils violent impunément les lois de la nature
Pour leurs profits la mort qu'ils distribuent
Dans vos desserts, vos plats et vos panures
Ils vous ont fait croire et vous les avez crus.
L'instant de temps va et s'enfuit
En secondes, minutes et en heures
Ainsi dans le silence ou le bruit
L'instant va en un temps qui meurt.
Va le temps en instant trop court
Éphémère brièvement vécue
Sans aucun temps retour
L'instant fuit dans le temps perdu.
Le temps naît et l'instant est là
Dans son cycle jusqu'à son déclin
Sur un temps qui sombre déjà
Poussant l'instant à vivre sa fin.
Dans la profondeur du temps
Va l'instant bref et fugitif
Perdre tout son temps.
En un laps de moment furtif
Au présent loin du temps passé
Tuer le temps pour vivre l'instant
Hors du temps, l'instant sera effacé
Concédant au temps un nouvel instant.
Nous eûmes des sauts de tendresse
Autant d'amour toi et moi
Mirifiques et intimes promesses
En nos murmures nos furtifs émois.
Nuits câlines à nos allègres ferveurs
Nous eûmes des pluies de soupirs
Unissant à nos jouissives douceurs
En averses nos délicieux plaisirs.
Ravis dans nos ébats fusionnels
Nous eûmes des élans vertigineux
Plein de soleil dans notre joli ciel
Et la chaleur sur nos jours heureux.
Nous eûmes des joies vives et frivoles
Des mots, des lambeaux de silence
Mais dans chacune de nos paroles
S'immisçaient douces confidences.
En l'étreinte chérissant nos âmes
Nous eûmes sourires larmes aussi
Toujours renaissait la flamme
Sur nos sentiments qui étaient unis.
Nous eûmes des printemps des hivers
Des automnes des étés triomphants
Seuls, nous nous aimions sur la terre
Fidèles comme des amants.
Coup de foudre retentissant pour les pères (Benoit Van Dorselaer et Thierry Janssen), les fils (Mickey Bocar et Julien Besure), les valets (Simon Wauters et Othman Moumen) et les donzelles (Brigitta Skarpalezos et Laure Godisiabois)! Le spectacle est démentiel... rebelle, sexy, inventif et hippie! Tous à la plage, la galère s'amuse, la pièce sera jubilatoire! Voici Scapin 68 - une adaptation des plus réjouissantes des bien-nommées « Fourberies de Scapin » signées Jean-Baptiste Poquelin dit Molière en 1671 - …ou quand la jeunesse en mini-jupes et en pattes d’eph toise l’ordre établi et les interdits.
Les deux pater familias, Argante (Thierry Janssen) et Géronte (Benoit Van Dorselaer) en costume cravate vont se faire l’un et l’autre moquer, rosser, vilipender, soutirer de l’argent, comme au théâtre du Grand guignol et dans la tradition de la Commedia dell’arte. Cette pièce qu’écrivit Molière en forme de récréation après le Don Juan, L’Avare, Le Misanthrope et le Tartuffe met en scène Octave (Julien Besure), fils d’Argante qui a épousé derrière le dos de son père Hyacinthe (Brigitta Skarpalezos), une jeune fille pauvre de naissance inconnue, et Léandre (Mickey Bocar), fils de Géronte qui s’est épris d’une jeune Égyptienne, Zerbinette (Laure Godisiabois) . Pour contrecarrer l’autorité paternelle, tous deux se trouvent forcés de recourir au savoir-faire ingénieux de deux domestiques maîtres-du-jeu : Scapin et son complice Sylvestre (Simon Wauters). Tour de passe-passe du dramaturge, les jeunes amoureuses se révéleront à la fin, être celles même que les pères destinaient à leurs fils comme épouses. All is well that ends well! L’intrigue n’est pas complexe mais qu’est-ce qu’on s’amuse! Quel sens de la fête, quelle glorieuse farce divinement mise en scène par Thierry Debroux !
OCTAVE.- Oui, belle Hyacinte, et ces nouvelles m’ont donné une atteinte cruelle. Mais que vois-je ? vous pleurez ! Pourquoi ces larmes ? Me soupçonnez-vous, dites-moi, de quelque
infidélité, et n’êtes-vous pas assurée de l’amour que j’ai pour vous ?
HYACINTE.- Oui, Octave, je suis sûre que vous m’aimez ; mais je ne le suis pas que vous m’aimiez toujours.
OCTAVE.- Eh peut-on vous aimer, qu’on ne vous aime toute sa vie ?
HYACINTE.- J’ai ouï dire, Octave, que votre sexe aime moins longtemps que le nôtre, et que les ardeurs que les hommes font voir, sont des feux qui s’éteignent aussi facilement qu’ils
naissent.
OCTAVE.- Ah ! ma chère Hyacinte, mon cœur n’est donc pas fait comme celui des autres hommes, et je sens bien pour moi que je vous aimerai jusqu’au tombeau.
HYACINTE.- Je veux croire que vous sentez ce que vous dites, et je ne doute point que vos paroles ne soient sincères ; mais je crains un pouvoir qui combattra dans votre cœur les tendres sentiments que vous pouvez avoir pour moi. Vous dépendez d’un père, qui veut vous marier à une autre personne ; et je suis sûre que je mourrai, si ce malheur m’arrive.
Les Moliérophiles ne seront nullement déçus, pas une virgule ne manque au texte qui est projeté dans une intelligence parfaite. La mise en scène vintage années soixante-huit est une déferlante de bonheur théâtral, plastique et musical. Ready, Steady, Act ! Les comédiens ont reçu un thème: la plage, rapport à la phrase : « Sous les pavés, la plage ! » Donc, voilà une maison à colombages en bord de mer, le cri des mouettes, et l’imagination de tous ...au pouvoir! Un sacré coup de pouce pour nos générations de jeunes assoupis...
Tout s’enchaîne dans un délire de trouvailles autour des serviettes et fauteuils de plage, jeu de boules en plastique, bouées, costumes et bonnets de bain rétro, sans oublier, au large, …la fameuse galère. La musculature parfaite et la souplesse de chat frémissant d’Othmane Moumen, beau comme un plagiste, qui voltige de balcons en réverbères et autres escarpolettes, a déteint sur tous les comédiens qui eux aussi, sautent, rebondissent, jaillissent de trappes improbables et mènent un jeu d’enfer délirant autour du texte, comme si tous avaient fumé la moquette et siroté des breuvages multicolores! Et quand une inénarrable scène de rire inextinguible s’empare de Laure Gaudisiabois et de Benoit Van Dorselaer, la salle ne se tient plus. On est dans un sommet de l'excellence théâtrale où le corps est roi et on applaudirait bien en cours de route, comme à l’opéra! Car d’ailleurs de la musique - des tubes anglo-saxons absolument légendaires - il y en a … avant, pendant et après, mais on n’en dira pas plus, car franchement, on ne peut manquer un tel spectacle auquel, on ose attribuer 5 étoiles, tant c’est bien fait, vivant, inédit et décoiffant. Quant à la morale « Il est interdit d’interdire » : on adore, pas vous?
Du jeudi 13 septembre 2018 au vendredi 26 octobre 2018 au théâtre Royal du Parc
Mise en scène Thierry Debroux Avec Julien Besure, Mickey Boccar, Laure Godisiabois, Thierry Janssen, Othmane Moumen, Brigitta Skarpalezos, Benoît Van Dorslaer, Simon Wauters Scénographie et costumes Thibaut De Coster, Charly Kleinermann Maquillages Urteza Da Fonseca Lumières Alain Collet Décor sonore David Lempereur Assistanat mise en scène Catherine Couchard
Crédit Photos: Zvonock Light Knight
Une coproduction du Théâtre Royal du Parc, de l’Atelier Théâtre Jean Vilar, du Théâtre de Liège et de DC&J Création
Jusqu’au 26 octobre au Théâtre du Parc (Bruxelles). Du 6 au 16 novembre au Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve). Les 23 et 24 novembre à Wolubilis (Woluwe-Saint-Lambert). Du 28 novembre au 7 décembre au Théâtre de Liège.
Lucide au moment flamboyant
Aussi au regard impatient
Timide jamais, et pourtant...
Aucune certitude vraiment.
La vie réserve tant de surprises
Comment échapper à l'emprise?
Même si la rigueur est de mise,
Folie est belle, qu'on se le dise...
La pudeur n'est point dans la pose
Pour vivre, il faut pouvoir dire : j'ose!
Et trouver juste l'exacte dose,
Afin de cueillir quelques roses...
Et si s'est cachée l'épine
Bien sûr, je la savais en prime!
Tristesse surgit, bonheur s'affine
Comment ne pas frôler l'abîme?
Neige ou soleil, grêlons ou pluie
Avec saison certes je fuis...
Mais le sourire n'est pas fortuit
C'est par lui que je vous séduis!
Lucide au moment flamboyant
Aussi au regard impatient!
Timide jamais, et pourtant...
Aucune certitude vraiment.
J.G.
« Mais un homme qui a fait une fois un bond dans le paradis, comment pourrait-il s'accommoder ensuite de la vie de tout le monde ? »
Cheveux longs et idée courtes… Voici un Grand Meaulnes brossé court comme les jeunes écoliers ruraux de l’époque, incarné par Laurent Renard, que dirige avec brio l’auguste Danielle Fire dont on salue la remarquable adaptation et la mise en scène méticuleuse. C'est qu' Augustin dit le grand Meaulnes en donne long à penser, à rêver et à revenir sur les premiers émois de nos adolescences, le pays perdu...
Bleues bien sûr, les portes de l’imaginaire par-dessus les planches élastiques et ma foi un peu bruyantes du théâtre de la Comédie Claude Volter car cela roule, cela virevolte, cela bouge, cela danse la bourrée paysanne, cela n’arrête pas de séduire le spectateur ébaubi de voir transformée pour la scène, la substantifique moelle du roman onirique d’Alain Fournier publié en 1913, cet écrivain mort à 28 ans au champ d’honneur le 22 septembre 1914 près de Verdun.
Le spectacle s’est donné huit fois sous les étoiles de notre été incandescent cet été, au château! Une première mondiale en plein air, au château-ferme des Goffes à Pailhe, un petit village du Condroz entre Modave et Havelange.
Le temps et la vie des trois amis, François Seurel, Augustin Meaulnes et Franz le châtelain défilent dans un rythme soutenu : vive la France et les chansons d’antan, la rudesse du terroir, l’adolescence, l’aventure, la quête de l’absolu et l’imaginaire. Respect pour l’école de village ou règne la délicatesse, honnie soit la ville et ses vices. Si seulement si… Valentine, par triste manque d’amour pour elle-même, n'avait pas refusé la main généreuse qui se tendait vers elle! Que de souffrances évitées...
Les trois personnages ne sont-ils d’ailleurs pas les facettes du jeune écrivain qui écrit un roman autobiographique pudique et intense qui relate l'échec du rêve? L’Yvonne de Gallais n’est-elle pas le double mystérieux d’Yvonne de Quièvrecourt, jeune fille brièvement entrevue par l'écrivain le jour de la Pentecôte 1905, autour de laquelle l’amour s’est cristallisé. Et Valentine, la fiancée de Franz qui s’enfuit à quelques heures des noces, c’est Jeanne Bruneau, avec qui l’écrivain eut une relation houleuse et brûlante. L’exquise Margaux Laborde se partage avec charme, élégance et raffinement les deux rôles. La voilà, image romantique en robe de dentelle blanche sous l'ombrelle, reflétée dans l'eau du bassin :
« Avec quel émoi Meaulnes se rappelait dans la suite cette minute où, sur le bord de l'étang, il avait eu très près du sien le visage désormais perdu de la jeune fille ! Il avait regardé ce profil si pur, de tous ses yeux, jusqu'à ce qu'ils fussent près de s'emplir de larmes. Et il se rappelait avoir vu, comme un secret délicat qu'elle lui eût confié, un peu de poudre restée sur sa joue...
A terre, tout s'arrangea comme dans un rêve. Tandis que les enfants courraient avec des cris de joie, que les groupes se formaient et s'éparpillaient à travers bois, Meaulnes s'avança dans une allée, où, dix pas devant lui, marchait la jeune fille. Il se trouva près d'elle sans avoir eu le temps de réfléchir :
« Vous êtes belle », dit-il simplement. » Ce sont les mots du coup de foudre. Ceux de l’amour sublimé, de l’illumination, de l'harmonie. L’image de la beauté, de la pureté, de la perfection.
Le spectacle est construit comme une symphonie pastorale, avec une campagne croquées avec humour et truculence par de joyeux saltimbanques dont deux terribles bacouettes au langage coloré et malicieux : Isabelle Roelandt pour Moinette (Madame Seurel et la tante), Catherine Cornet pour Adèle (et Madame Meaulnes) avec Maximilien Delmelle et Serge Zanforlin dans les rôles masculins. Personne ne se perd, la magie des costumes, des lumières et des postures opère. François Seurel (Jonas Claessens) est à croquer, tour à tour comédien et narrateur. Il est terriblement attachant, délicat, passionnant, généreux. La nostalgie qui l'habite émeut au plus profond des fibres… Pour souligner la quête de l’absolu, Bruno Smit aux lumières et au son a choisi des extraits musicaux exaltants: La sicilienne ; Les berceaux, Elégie de Gabriel Fauré, Le prélude de César Franck, La fille aux cheveux de lin - ce n’est pas un hasard - de Debussy. Le tout est brodé au petit point de phrases coup de foudre... . Danielle Fire aux commandes. Sacred Fire? Du feu et du jeu.
du 12 au 30 septembre
du mardi au samedi à 20h15, dimanche à 16h
Durée du spectacle : 2h entracte compris
Avec Catherine CONET, Margaux LABORDE, Isabelle ROELANDT, Jonas CLAESSENS, Franck DACQUIN, Laurent RENARD, Abel TESCH, Serge ZANFORLIN & Maximilien DELMELLE
Adaptation et mise en scène : Danielle FIRE
Régie : Bruno SMIT
http://www.comedievolter.be/le-grand-meaulnes/
Ce matin, alors qu'en soie blanche à l'horizon
de longues écharpes de brume s'étirent encore,
s'animent les coteaux pentus aux lignes d'or.
Chacun à sa place, sous les ordres du vigneron
fait entrer les paniers dans la danse,
tous s'affairent à la cueillette en cadence.
On entend les cliquetis des ciseaux qui chantent,
et les serpettes au soleil brillent,
tandis que les lourdes grappes scintillent
au soleil, pourpres ou rosées,
gorgées d'un nectar sucré
et les porteurs déjà remplissent les hottes.
Les vendangeurs discutent, papotent,
chantonnent et fusent des éclats de rire.
Tous ont aux lèvres de larges sourires
tant la vendange s'annonce bonne,
et les raisins mis en bonbonnes,
deviendront, après maturation,
un vin joli
que l'on nomme ici"vin de pays",
à consommer avec modération.
L'enthousiasme au coeur,
dans la gaieté et la bonne humeur,
c'est une pure journée de bonheur,
de partage malgré le labeur.
Merci mes amis,
merci la vie ,
pour cette magnifique expérience.
Non, les personnes âgées ne sont pas des clones de personnes âgées qui se reproduiraient entre elles. Ce qui nous conforterait dans l'idée de l'immortalité de la jeunesse par une classification naturelle décidée par on ne sait quelle magie nous échappant.? Cette dernière fabriquerait des jeunes et des vieux se regardant en chiens de faïence sans la moindre idée de la naissance et de la mort. Pas du tout, les personnes âgées sont vous, nous, ils, tous, les uns, les autres comme cette jolie rose, comme ce cortège qui se rend à l'église ou à un concert de jazz. Cette volonté que rien ne change confrontée en permanence au changement, sur fond d'angoisse métaphysique refoulée, ressemble à un lézard ou à un oiseau momentanément statufiés sur une branche, habitée et désertée en une seconde, le temps d'un frémissement, d'un balancement.
Ainsi sommes-nous lorsque nous vivons : quelqu'éclair, quelqu'étincelle avec une particularité qui nous est propre c'est que nous assistons ébahis au spectacle. Nous montons sur scène connaissant le texte, avec à peine de temps à autre quelqu'oubli nécessitant l'aide d'un souffleur ! Non, nous ne sommes pas des clones, là où nous sommes et qui nous sommes, jeunes ou vieux, nous avons cette dotation privilégiée d'êtres uniques, de penser et d'agir au sein d'un théâtre fantastique.
Brigadier, trois coups, le spectacle commence !
Pensée du jour( 14/09/2018 )
Dans un jardin vit un hérisson, petit mammifère hérissé de piquants et bien dans son monde. Il est là depuis de nombreuses années et malgré ce temps écoulé, n’approche pas les humains. Toujours caché, craintif et soucieux de ne pas se faire voir, tel un fantôme.
C’est lors d’une promenade automnale qu’ils sont trouvés lui et son frère, petites boules avec de si jolis minois. Arrivés là par la main cruelle d’un homme, jetés là pour en finir.
Le hasard est au rendez-vous avec une randonneuse attentive et curieuse. Cette personne alertée par des petits cris de souffrance s’arrête et voit ces deux adorables bébés hérissons à peine plus gros d’une pomme cherchant désespérément leur mère.
Elle s’empresse de les ramasser et les met à l’abri dans ses poches. La nature est cruelle et belle à la fois, généreuse avec ceux qui s’émerveillent de tout et pour qui deux petites créatures, trouvées dans un fossé, deviennent le centre du monde.
Bientôt dans une jolie boite en carton, nos deux bébés hérissons attendent avec impatience de la nourriture. Il faut trouver une solution rapide pour les alimenter. D’abord à la cuillère, le résultat n’est pas immédiat, ensuite au biberon.
Vit dans cette maison, une chatte, elle aussi, adoptée depuis fort longtemps. Aux piaillements incessants des deux nouveaux pensionnaires, son attention est attirée et intéressée par ces petites boules de vie. Elle finit par les adopter. Petit miracle du monde animal, cette chatte devient une aide précieuse pour cette dame.
La belle boite en carton est remplacée par un panier en osier et tient place dans un coin du salon. La vie reprend ses droits et bien que toujours craintifs, nos deux hérissons vivent agréablement entre leurs deux mères d’adoption.
Un matin, la porte du salon s’ouvre et comme deux chenapans curieux, ils sortent et visitent le petit potager délaissé à l’arrivée de l’automne. Ils découvrent avec délice les feuilles mortes et les plantes laissées à l’abandon. Un joli chahut se fait entendre dans cet amas de végétaux multicolores. Dès cet instant, Ils reprennent le cours de leurs existences dans ce carré extérieur. La chatte, inquiète, ne manque pas d’aller voir ses deux protégés qui malheureusement ne veulent plus la suivre.
A partir de ce moment, Ils ne rentrent plus à l’intérieur, choisissant de rester dehors mais sans abandonner les bols de nourriture.
Un matin, un de nos deux protégés n’est pas à l’appel. Les recherches s’opèrent sans succès et c’est le cœur lourd qu’il faut se rendre à l’évidence. Il a disparu, parti pour d‘autres aventures.
Son frère est resté, discret, toujours sauvage mais présent. L’automne revient et le brisement des feuilles rappelle sa présence.
Nous qui vivons, passants en voyage,
Nous cultivons les déserts sauvages,
Les montagnes arides.
Le peuplier s’affole devant la tempête.
Toujours souvenons-nous
Que les mélodies dans nos doigts
Nous guérissent de bien des maux.
Les feuilles où tu écris les notes de musique
Regardent les touches du piano,
Les cordes des violons,
La peau des timbales,
Les contours d’une flûte, d’un hautbois
Ou d’une contrebasse.
à Brest le 13 septembre 2018, Julien Boulier
poème déposé Sacem code oeuvre 3441359611
Au pays des âmes mortes
Aux heures de la sieste
Sous l’impitoyable lumière
D’une cruauté terrible
Mes pas, fatigués
Plongent dans la fournaise
Poursuivis par le silence
Et la fantasmagorie de couleurs
Toute vie s’est retirée
De cette bourgade oubliée
Une brise nonchalante
Traine sur les épis de blé
Et insuffle une odeur de paille déjà brûlée
Sous la lumière irréelle
Des contes de mon enfance…
Le temps passe. Les souvenirs sont là, moins douloureux mais présents. Où rien n’était réalisable est devenu probable. Les images d’une vie inédite s’annoncent belles et remplies de sérénité, de quiétude, de paix.
Après cet été chaud, l’automne pointe son nez. Les moissons sont terminées et les champs couverts d’or ont repris leur aspect habituel. Un vent léger, encore chaud les balaie sans violence et apaise les derniers soubresauts de mon âme, de mon cœur.
Je regarde vers cet horizon teinté d’un bleu tendre et d’espérance. Les matins s’échappent vers des projets originaux et me remplissent d’un réel bonheur. Sentiment longtemps oublié sous tant de larmes.
Une liberté, une disponibilité s’est installée et j’en explore toutes les possibilités, les opportunités. Elle m’incite, m’inspire à vivre comme au temps de l’insouciance, de la jeunesse. Courir vers des voyages, des chemins, des sentiers pleins de rêves, de songes et de bonheur.
Chercher dans ce monde ce qui est ravissement, contentement, enchantement. Faire de petites choses un grand bonheur et n’avoir plus peur d’être heureux. Rester digne et enfin contrôler cette vie toujours belle et si souvent maltraiter, malmener. Rendre espoir à ceux qui souffrent et leur influer le désir de tenir.
Les leçons de la vie sont profitables quelles qu’elles soient, bonnes ou mauvaises.
Dimanche prochain 16 septembre, le choeur grégorien européen chantera la Messe ainsi que l'Office des Nocturnes en l'Abbaye de Fontenay à l'occasion du 900ème anniversaire de sa fondation.
Bienvenue et au plaisir de rencontrer des membres d'Arts & Lettres.
Quelques éclats de voix
Pour se sentir vibrer
Rien qu'entre toi et moi
On peut bien voyager...
Quelques éclats qui disent
Combien on est heureux
Faut pouvoir lâcher prise
Quand on est amoureux!
Quelques éclats de voix
Pour dire qu'on est en vie
Y mettre de la joie
Sauvegarder nos envies!
J.G.
Ton cœur
ressemble à l’orage
laisse-moi l’ouvrir
un peu
sans le déchirer
libérer
la lumière captive
Martine Rouhart

