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Reminiscence duo

Une valse de cristal, le soir.

 

La clarté de tes mains.

 

Ailleurs, une averse inonde la pupille de tes yeux.

 

Ne perds pas de vue que le merveilleux des éléments

 

Frappe à la porte tous les jours.

 

Sourions pour apaiser les maux.

 

Eprouvons notre mémoire

 

Jusqu’aux visages les plus lointains.

 

Le combat de nos âmes envahit les terres lointaines

 

Jusqu’à affronter nos espoirs.

 

A Brest, le 07 septembre 2018

 

Julien Boulier

poème déposé Sacem code oeuvre  3441160011 

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«Alger, la blanche (Contes, légendes et bouqalate) (éditions Tafat) est une ode à Alger, au vieil Alger, aux traditions et histoires d’autrefois. Non sans un brin de nostalgie, Nourreddine Louhal nous transmet ces histoires au présent, dans le sens où il invite son lecteur à se souvenir, à (re)considérer les traces qui subsistent d’une histoire et d’un savoir populaire, notamment dans les lieux, et à trouver des réponses dans notre mémoire. Un héritage commun matériel (architectural) et immatériel fait de contes, de légendes, de jeux et surtout riche en enseignement. Dans cet entretien, l’auteur revient sur l’élaboration de son ouvrage, son contenu et sur son travail de mémoire.

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Reporters : «Alger, la blanche » (Contes, légendes et bouqalate) est un ouvrage fouillé et bien documenté sur un pan de l’histoire de la ville d’Alger. Comment avez-vous construit cet ouvrage et combien de temps a pris son élaboration ?

Noureddine Louhal : L’idée d’«Alger la blanche», publié aux éditions Tafat, est née d’un tilt le 2 décembre 2015 à la rue Hector-Berlioz, dans le quartier des musiciens à l’îlot de l’ancienne rue Lulli à Alger et s’enchaîne à mon livre «Les Jeux de notre Enfance» (éditions Anep). C’est dire que l’un ne peut exister sans l’autre, étant donné que le sol d’Alger est semblable à une cour de récréation si aisée d’un capital de lieux-dits, où nous avions laissé un bout de notre tendre enfance. Seulement, et à l’heure où le beylik lorgne le moindre bout de foncier, il est à peu près sûr que l’urbanisation galopante va gommer un jour ou l’autre de la mémoire collective, ces endroits communs à nos albums de souvenirs. D’où l’impératif qu’ils soient intégrés dans la toponymie locale et officielle, du fait que ces lieux revêtent un cachet muséal et nous renvoient encore l’écho du charivari bon enfant de nos jeux d’enfance. Pire, l’éventualité d’une perte est d’autant évidente, puisqu’à l’extinction de la génération des seniors, c’est l’Alger qui sera élaguée de ces endroits, où s’épanouissait la joie de vivre. Alors, et pour qu’ils ne sombrent pas dans l’oubli, j’ai schématisé ces lieux à l’aide d’un capital de détails. Si tant et bien que la curiosité locale de «Dar El Ghoula » (La maison de l’ogresse), où fut captive «Loundja Ben L’ghoul» n’échappera pas à l’œil de la caméra du visiteur, qu’il lui sera loisible de visiter au quartier de Debbih-Chérif (ex-Tournants-Rovigo) dans le quartier de Soustara. L’inventaire n’est pas pour autant exhaustif, puisqu’il y a aussi «Dar Raïba» ou la «douera» en ruines que hantait «Yemma R’biha» à l’îlot de Houanet Sidi Abdellah à La Casbah. S’ensuivent alors, l’Oued-K’nis et la tragédie du «ravin de la femme sauvage» et le Djebel Koukou au Frais-Vallon. Donc et partant d’une volonté de sauvegarde d’un espace temps et de lieux de l’histoire de bled Sidi Abderrahmane, j’ai imagé les histoires de notre enfance, dans le décor à la fois féerique et aventureux de ces lieux, où vagabondait l’imagination de l’enfant que nous étions. Pour ce faire, il m’a fallu refaire le chemin à l’envers vers mon enfance et recueillir bribes après bribes «lemhadjiate» (contes) que me contait ma grand-mère El Hadja Keltouma Hadj-Ali. Bien entendu, cela ne s’était pas fait sans endurer tant de quolibets, mais le challenge en valait la chandelle, puisqu’au bout d’un parcours où il me fallait interroger la mémoire de l’un et de l’autre, j’ai réussi un tant soit peu à reconstituer autant que faire se peut, l’album de nos histoires qui amenait le marchand de sable.

Toute la sagesse distillée dans votre ouvrage nous présente un savoir-faire et un savoir-vivre. Et on y retrouve tant d’histoires : sur les femmes, sur l’amour, sur la vie...12273296856?profile=original

«Alger, la blanche» se veut un outil pédagogique porteur d’abord de morale et d’un bouquet d’adages du terroir afin d’étayer au mieux les règles de convenances que tout être-sociétaire se doit de respecter en milieu sociétal. C’est le cas de l’existence à l’eau de rose de «L’maâkra» qu’il me tenait à cœur de redorer, pour avoir souffert de médisances du voisinage au motif qu’elle croquait la vie à belles dents, en ce temps où il était malséant de chanter dans le genre «Messemâat» (orchestre féminin) et de rire à gorge déployée ! C’était suffisant pour que «L’Maâkra» soit clouée au statut peu élogieux, mais faussement de dépravée. D’ailleurs, les choses n’ont pas évolué depuis, eu égard au statut de cette éternelle mineur qui demeure clouée au code de l’infamie ! Donc, il m’a plu d’alléger le poids de la détresse de «L’Maâkra» que j’invite le lecteur à aller à son tour vers celle qui avait défrayé la chronique «people» de l’époque. En ce sens, la gente féminine s’est adjugée la part du lion dans «Alger, la blanche», dont l’inaccessible «Lallahoum» qui écrivit de suggestives pages «people» du temps, où l’on mourait pour moins que ça. Autre révélation, l’adorable «Mimouna» qui nous réconcilie avec l’authenticité de l’Islam de nos parents. De l’amour ? Il y en a de quoi pleurer sur la destinée tragique de N’fissa et sa sœur Fatima. A l’amour, succède aussi l’humour, histoire de se dilater la rate avec l’indémodable Djeha à La Casbah. A ce titre, l’œuvre «Alger la blanche» est «à mettre entre les mains du plus grand nombre et, particulièrement, il devrait être proposé (gratuitement pourquoi pas?) à tout nouveau visiteur d’Alger», écrivait l’instituteur Aïssa Bellache dans sa préface. D’où le devoir de gratitude envers Sidi Abderrahmane que d’écrire et de décrire tant de belles choses qui ont façonné et bercé notre enfance, notre jeunesse, du temps où la «douera» (bâtisse traditionnelle) abondait dès le chant du coq de : «S’bah El Kheir» (Bonjour) » et de «N’harak Mabrouk» (Bonne journée). Ecrire ! N’est-ce pas là, le minimum qu’il y a à faire pour restituer à l’Alger sa lumière qui doit nous réconcilier avec l’usage, voire le cérémonial scellé depuis la nuit des temps dans le manuel des règles de convenances et dont chacune des familles se devait de faire sien ?

La Casbah occupe une place particulière dans votre cœur. Mais, au-delà de cet aspect émotionnel, que représente, d’après vous, La Casbah dans et pour Alger ?

La Casbah, c’est cette perle méditerranéenne qui est à Alger ce que le croissant est à l’étoile. Et à l’occasion de mes moult pèlerinages dans l’étroitesse de ses «z’niqat», j’ai cet avantage de revivre, rien qu’au toucher, la splendeur de cette séculaire médina qui est imagée tel ce burnous dans lequel s’emmaillote «El Âassima». Certes qu’il est admis que La Casbah agonise «s’tah» à terre, néanmoins, je continue d’apprécier ses murs chaulés qui sont comparables au haïk, lorsqu’il resplendit sous le soleil. De la même manière, la couleur du bleu Shanghai symbolise aussi la mer que tout Casbadji peut voir et «toucher» de son «menzah», disaient les anciens de cette cité séculaire. Seulement, de nos jours, l’image de La Casbah s’en trouve écornée à cause de ces hideuses constructions qui s’érigent dans l’îlot de Sidi Ramdane dans le hideux style de Semmar et Khraïcia et qui spolient les Casbadji d’une aussi belle vue sur l’Amirauté.

Le titre de l’ouvrage et précisément «La blanche» évoque la nostalgie : d’abord êtes-vous nostalgique ? Ensuite, la nostalgie n’est-elle pas un sentiment qui enferme et empêche d’avancer ?

«Ma nostalgie est différente» chante Gérard Lenorman. Ce qui n’est pas mon cas, puisqu’elle me permet d’inviter d’abord l’élu à lire ce qui est arrivé à l’Alger d’antan, où il faisait bon vivre le soir sous d’éclairantes enseignes de salles de cinéma fermée… (à jamais ?). J’ai fait aussi mien l’adage : «Comparaison n’est pas raison» ! Alors et plutôt que de comparer la cité dite «européenne» qui n’était pas celle de mon père, feu Mohand-Amokrane, puisqu’il souffrait à l’instar d’autres Algériens, du blocus imposé aux Casbadji par l’autorité coloniale, j’ai plaisir à ne comparer que «Casbah mienne», avant qu’elle ne s’effrite. Donc, alléguer qu’«Alger la blanche» » n’est pas nostalgique, c’est faire offense à l’âne si doux ou plutôt «Sidhoum», qui à lui seul, nettoyait toute La Casbah. D’ailleurs, il y réussissait si bien l’âne, là où des «Epic» de la wilaya d’Alger et des municipalités budgétivores échouent à nettoyer l’Alger contemporain, en dépit de dépenses aussi lourdes que «Le tonneau des Danaïdes». D’où ce titre provocateur, pour rappeler au beylik qu’Alger était si propre à la seule force du baudet. S’il en est une preuve d’efficacité, le procédé fut exporté en Sicile ! N’est-ce pas là, la preuve qu’il y a du bon dans la nostalgie ?

Comment pourrait-on, selon vous, faire vivre ce «patrimoine», cette part de notre histoire au présent ?

«Alger la blanche» s’adresse avant tout aux enfants de 60 ans, pour lesquels je réitère l’invitation de le lire et de le faire lire à leurs progénitures ! Ce n’est qu’à cette condition que l’on réconciliera «M’qidech» avec son lectorat qu’il n’aurait jamais dû perdre au profit de personnages de bandes dessinées venus d’ailleurs. C’est dire que l’aubaine est d’autant belle pour inviter nos bédéistes à crayonner les histoires de Khedaoudj El Âamia, la belle Zaphira, Settoute et tant de personnages que l’on se doit de pérenniser pour les générations à venir. Outre l’apport de la famille, j’ose auréoler «Alger la blanche» d’un cachet pédagogique et à ce titre, j’en appelle ensuite à l’école pour réconcilier l’élève avec l’épopée héroïque d’El Djazaïr El Mahroussa, son «Baba Merzoug» et la perte de notre fort des 24h de Setti Taklit à Bab El Oued. Alors, de grâce et qu’on se le dise : le mois du patrimoine n’est pas l’apanage unique de la vieille pierre, mais c’est aussi les contes et légendes du terroir ainsi que les bouqalate.

Ce travail, à l’instar de vos précédents ouvrages, s’inscrit également dans une perspective de mémoire...

Cela a commencé avec «Chroniques Algéroises La Casbah» publié en 2011 par l’Anep, où je narrais l’épopée de ces petites gens qui faisaient l’actualité à La Casbah et la joie des petits «Ya Ouled», dont «Kilomètres», ce marchand de confiserie avec son binôme, le faiseur du «Qortas» dits les « Oublis ». S’ensuivit ensuite «Sauvons nos salles de cinéma» (publié par le FCNAFA) qui fut préfacé par Khalida Toumi, l’ancienne ministre de la Culture. Une première dans le genre où sont inventoriées les salles de cinéma d’Alger, d’Oran et de Constantine. D’ailleurs, c’est à mon livre que l’on doit la réouverture d’une poignée de salles d’Alger et de l’Algérie profonde. Et c’est ainsi que j’ai tracé ma propre ligne éditoriale, dont l’essentiel est axé autour du patrimoine matériel et immatériel, dont «Les jeux de notre enfance» qui a été traduit de la langue française vers tamazight par le Haut-commissariat à l’Amazighité. «Alger la blanche» vient succéder à «Instantané sur une époque» (éditions Anep). En ce sens, ma satisfaction est d’autant grande qu’il fut préfacé par la dame Djoher Amhis-Ouksel, et dont l’essentiel se focalise sur les cafés et les jardins d’Alger.

Sara Kharfi

In le Reporter 11 juin 2017 06:40

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12273296299?profile=originalRencontré au stand des éditions «Tafat» au Sila, l'écrivain Noureddine Louhal, qui était en train de dédicacer son nouveau livre «Alger la Blanche» (Contes, légendes et boqalat), nous a accordé cet entretien où il parle d'Alger la Blanche et de ses lieux mythiques, ainsi que de son amour pour l'écriture, la lecture et l'univers envoûtant des lettres.

 

L'Expression: Après «Chroniques algéroises La Casbah», «Sauvons nos salles de cinéma» et «Les jeux de notre enfance», vous venez de perpétrer «Alger la Blanche» aux éditions Tafat, voulez-vous nous en parler un peu?

Louhal Noureddine: Au-delà d'un titre qui n'a d'autre prétention que de redorer un tant soit peu le blason ô combien terni de bled Sidi-Abderrahmane, «Alger la Blanche» se veut également un recueil de nos contes du terroir tant ressassés par nos tendres grands-mères dans la quiétude des chaumières d'ici et de l'Algérie profonde. Donc et en devoir de mémoire, ce modeste ouvrage recèle une gerbe de légendes cueillies à l'arbre de la prodigieuse mémoire de l'oralité populaire, ainsi qu'un bouquet de boqalat, ce legs ancestral hérité de mères en filles jusqu'à nos jours. Mieux, et à la suite du colloque ayant pour thème «La toponymie du local au national» qu'avait organisé le Haut-Commissariat à l'amazighité (HCA) du 25 au 27 juillet 2015 dans l'antique «Iguelguili» (Jijel), j'ai eu à coeur de satisfaire à l'une des premières recommandations arrêtées à l'issue de cette conférence: «Mettre en place un protocole-cadre engageant les institutions étatiques et universitaires pour la prise en charge du patrimoine toponymique par la mise en place d'une plateforme unique de réflexion et un plan de charge commun». à ce titre, j'ai eu à coeur d'apporter ma modeste pierre à l'édification de l'ouvrage de la toponymie nationale, en la forme de ce modeste ouvrage qui contribuera, j'en suis convaincu, à lever le voile de l'obscurantisme sur les dédales des ruelles de la séculaire Casbah d'Alger.

Dans votre livre, on trouve aussi les noms des lieux et des endroits importants d'Alger, n'est-ce pas?

Oui, «Alger la Blanche», c'est aussi un guide, où sont répertoriés les lieux et les endroits mythiques d' «El Âassima» afin de guider le visiteur dans le circuit dédalique de la vieille médina. à ce propos, Alger est si riche en lieudits, dont «Dar El Ghoula» (La maison de l'ogresse), située entre la rue Debbih-Chérif (ex-Tournants-Rovigo» et le quartier de Soustara, ainsi que «Dar Erraïba» (la maison en ruines» à l'îlot de Houanet Sidi Abdellah à la Casbah et tant d'autres...

Vous faites aussi un travail de mémoire? Il y a ce souci de devoir de mémoire de préserver ces lieux de l'oubli.

C'est qu'il y a urgence en la demeure, du fait de l'extinction progressive de nos seniors, à qui je fais le vœu qu'Allah leur prête longue vie.

Comment êtes-vous venu à l'écriture et quelles sont les plumes qui vous ont inspiré?

D'abord, j'ai eu beaucoup de chance d'avoir été le fils de Mohand-Amokrane, cet ouvrier de l'ancienne Maison Hachette d'Alger qui m'abreuva de livres, à telle enseigne qu'il a ensemencé en moi, l'amour de la lecture, où a éclos également la graine d'écrivain que je suis devenu aujourd'hui. En ce temps-là, où nous n'avions comme loisir que la fréquentation de la bibliothèque d'El Biar, je retrouvais des extraits des romans «Le fils du pauvre» de feu Mouloud Feraoun et «Le métier à tisser» du regretté Mohamed Dib aux côtés d'autres textes de l'inégalable Malek Haddad, dont «Je t'offrirai une gazelle». Autant de textes que je «dévorais» dans mes livres de lectures et de récitations et qui ont concouru à façonner l'esprit de l'enfant que j'étais, dans le moule des arts et des lettres. Et de l'écriture de nouvelles à l'information de proximité, j'ai l'immense honneur d'appartenir aujourd'hui à la grande famille de la presse, eu égard à mes écrits sur la préservation du patrimoine matériel et immatériel qui m'a valu le prix «Athar» que m'a octroyé l'Aappa en l'an 2006.

Quel est votre avis sur le Sila?

En dépit de ce qui se dit çà et là sur le Sila, cette manifestation reste l'espace idoine pour que l'éditeur et l'écrivain se donnent la visibilité qu'ils n'ont pas. Mieux, le Sila, c'est également cet espace d'échanges et de partage. La preuve, le Sila n'a eu de cesse de gagner en notoriété après plus de vingt ans d'existence, où en plus d'une visibilité, l'écrivain et tout autant que le public, pensent livre et mangent livre durant une dizaine de jours. C'est si peu, certes, mais c'est toujours bon à prendre dans notre désert culturel.

Entretien réalisé par Aomar MOHELLEBI - Lundi 07 Novembre 2016 00:00

 

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ADMINISTRATEUR GENERAL

 

Espace Art Gallery vous présente son sommaire :

 

1.4 Actuellement à EAG

 

Exposition de septembre :

 

Le vernissage

aura lieu le jeudi 06 septembre 2018 de 18h 30 à 21h 30

 

Lien de l’expo sur mon site page « Expositions » pour les noms et affiches :

http://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-son-vernissage-de-la-rentree-culturel-du-060918/

 

Le VERNISSAGE a lieu le 06/09 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mercredi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE les 29 & 30 septembre 2018 de 11h 30 à 18h 30.

 

 

2.4 Prochainement à EAG

 

Exposition d’octobre:

 

Le vernissage

aura lieu le jeudi 04 octobre 2018 de 18h 30 à 21h 30

 

Lien de l’expo sur mon site page « Expositions » pour les noms et affiches :

http://www.espaceartgallery.eu/espace-art-gallery-vous-presente-son-vernissage-de-la-rentree-culturel-du-060918/

 

 

Le VERNISSAGE a lieu le 04/10 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mercredi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

 

Le FINISSAGE le 27 & 28 octobre 2018 de 11h 30 à 18h 30.

 

 

3.4 Informations diverses :

 

Adresse, photos, nouvelles, projets, liens, …

 

Espace Art Gallery rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles. Ouvert du mercredi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0)497 577 120

 

Événements à venir :

 

Le vernissage de la rentrée de septembre sera le jeudi 6 septembre de 18h 30 à 21h 30.

 

Ma nouvelle page « Collections » de la galerie mise à jour durant ses vacances : http://www.espaceartgallery.eu/collection-de-la-galerie/ En première vision, à partir d’octobre, la collection des œuvres disponibles à la vente.

 

Lire d’autres actualités sur la galerie sur mon site Internet

http://www.espaceartgallery.eu/

 

 

4.4 Bruxelles culture

 

Au plaisir de vous revoir nombreux dans mon nouvel espace d’exposition…

 

Si vous ne souhaitez plus recevoir mes informations, sachez que vous pouvez vous désinscrire à tout moment en envoyant un simple e-mail à eag.gallery@gmail.com

 

 

Jerry Delfosse

Galeriste

Créateur et propriétaire de l’Espace Art Gallery

& Les Éditions d’Art EAG

GSM: 00.32.497. 577.120

eag.gallery@gmail.com

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https://www.facebook.com/www.espaceartgallery.eu/

 

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«Les jeux, j’en connais un bout», confie Nourreddine Louhal dans son prologue. «Alors, quoi de mieux qu’une excursion dans l’univers féerique de l’enfance, pour y boire à la fontaine de jouvence et retrouver ainsi ma tendre enfance...»

 

Voilà un auteur qui écrit avec persévérance et beaucoup de régularité, réussissant à créer, dans chaque livre, cette ambiance particulière qui procure des émotions au lecteur. Dans son dernier ouvrage Alger la blanche. Contes, légendes et bouqalate, paru aux éditions Tafat, l’écrivain visuel (qui ne néglige pas pour autant son écoute) a surtout fait appel à sa mémoire. Il a cherché des souvenirs de son enfance, mystérieux et importants. Des souvenirs comme des morceaux de puzzle qu’il est arrivé à placer, le tout complété par le recueil de témoignages qui ont pu se transmettre par voie de tradition orale. «Et, c’est ainsi que j’ai décidé de refaire le chemin à l’envers » pour cueillir l’historiette et le conte que j’avais écrits sur les murs de ma Casbah ! Certes ils s’en trouvent décrépits les murs de ma Casbah, mais c’est l’endroit qui me parle le mieux et que je comprends si bien ! Généreuse dans l’âme, j’eus tôt fait de récupérer ce patrimoine immatériel de sous les décombres des douérate effondrées. D’ailleurs, en voici un assortiment de ces contes et légendes que j’ai dépoussiérés de l’oubli et que j’ai imaginés dans le décor des dédales de z’nikat», nous dit-il dans son langage coloré, à la sève généreuse. Etant natif de la médina d’Alger, Nourreddine Louhal n’a pas eu trop de difficulté à écrire sur le passé de la vieille ville, un passé dont il a pu reconstituer un aspect passionnant (les contes, légendes et autres bouqalate), en plus de donner une description très exacte de l’environnement qu’il connaissait. Le livre est d’ailleurs rempli de détails finement observés sur les lieux, les gens. Le décor fait donc partie du thème, si ce n’est pas le thème lui-même, comme le suggère le titre de l’ouvrage («Alger la blanche»). «Au demeurant, j’ai pris le soin d’enjoliver chaque conte du décor d’un lieu, d’un endroit qui va sans aucun doute aider le lecteur à mieux connaître le vieil Alger», précise l’auteur dans le prologue.

L’originalité du livre, c’est justement de combiner les caractéristiques du récit oral (des histoires à raconter, censées peu ancrées dans l’espace et le temps) et l’effet de réel (des histoires qui donnent aussi à voir, car fortement ancrées dans un lieu et une époque). Ici, les personnages des contes et légendes se révèlent non seulement par leurs actions, mais encore par leur décor habituel de vie, leur environnement physique et social et par des impressions sensorielles, exprimées sous forme d’images. Toponymie et anthroponymie, éléments d’histoire et données anthropologiques ajoutent au cachet d’un ouvrage qui porte l’estampille de Nourreddine Louhal. Autant dire que l’auteur invite à un voyage merveilleux, dans un autre monde, régi par d’autres lois ; mais aussi à une visite guidée qui permet au lecteur de voir et de comprendre tout ce qui se passe dans la médina. «Ne jamais cesser de tenir dans sa main, la main de l’enfant que l’on était», disait Miguel de Cervantès. Pour éviter la vieillesse mentale et maintenir la jeunesse d’esprit, les parents devraient lire ce livre. A leur tour, ils pourront raconter à leurs enfants les histoires qui avaient peuplé l’âge de la féerie et des enchantements, du temps où Alger la blanche était encore généreuse de bienfaits et de lieux mythiques. Place maintenant au voyage dans le merveilleux, à travers les vestiges d’une civilisation disparue (ou les traces qui en restent) et les souvenirs d’un passé pas si lointain que ça. Le flâneur (car, dans cette visite guidée, on se promène sans hâte, au hasard, en s’abandonnant à l’impression et au spectacle du moment) pénètre dans «La Casbah d’Alger par la « z’niqa » (venelle) Azzouzi-Mohamed qui s’ouvre à l’angle de la villa du Millénaire (ex-villa du Centenaire), de l’architecte Léon Claro sise à Bab Edjedid». Il est aussitôt accueilli par les effluves de la vie, l’odeur du basilic (lahbeq) «qui s’échappe des touiqat (fenêtres) pour mettre en fuite la mélancolie et l’état d’âme versatile du poète». Comme entrée en matière, dans l’avant-propos, on ne peut faire mieux : le pouvoir évocateur de l’odeur du basilic est si fort que la mémoire olfactive du lecteur s’en trouve aiguillonnée. Cela a le pouvoir d’exciter l’imagination, les empreintes laissées par les odeurs dans notre mémoire étant de formidables réserves d’émotions. Par la vertu d’une plante à feuilles aromatiques, c’est l’enfance qui se dresse devant le promeneur. 

Le talent de conteur de Nourreddine Louhal faisant le reste, le visiteur n’a plus qu’à se laisser «conter récits et légendes par les galeries de vieilles pierres et les murs qui recèlent de tendres souvenirs de jeunesse». Au reste, l’hospitalité proverbiale de «l’anonyme Casbadji, si prompt à l’échange d’un sbah el kheir rassurant et prometteur», est un appel à retrouver l’enfant ludique qui est en soi, celui qui imaginait des histoires et des aventures fabuleuses.

Dans son avant-propos, l’auteur multiplie les prévenances. Il joue parfaitement son rôle d’hôte, expliquant à son lecteur qu’un conte «ça se déguste et se discute à la fin», et combien le menu offert se compose de mets fort savoureux : «La Casbah est bel et bien ce sillon de terre si propice à l’éclosion de contes et de légendes, du moment qu’il est fertilisé par l’imagination des petites gens.» Foi de grand-mère Keltouma qui en possédait une riche collection ! Elle qui, au soir des longues nuits d’hiver, quand le f’nardji (l’allumeur de réverbère) «plantait le décor pour l’heure du conte», se faisait d’abord prier «pour lui arracher hadjitek, cette clef du conte et à laquelle je m’empressais de répondre madjitek, nous rappelle-t-il. La grand-mère se prêtait au jeu, enfin, elle ressortait quelques contes en commençant par diminuer la lumière de la lampe à pétrole. Respectueux du cérémonial, l’enfant espiègle est maintenant sage comme une image. Il est tout- ouïe. «Les contes de chez nous» (titre du chapitre premier) que raconte l’auteur selon une lecture remixée, ce sont des histoires qui gardent une part importante d’imaginaire, mais qui fonctionnent suivant la trame du récit réaliste. Ils sont, en effet, connectés à des souvenirs d’enfance et de jeunesse, à des fragments de culture populaire, à des endroits mythiques qui risquent de s’effacer à jamais de la mémoire collective. Sous la plume de Nourreddine Louhal, tout cela respire et insuffle la vie à la médina.

C’est cheikh El Kanoun, «le gardien des flammes et des feux éternels», qui inaugure la galerie de personnages fantastiques, pittoresques, truculents, terriblement attachants qui peuplent l’univers fantasmagorique du petit Casbadji. «Soyez sages ! De là où il se blottit dans la chaleur des braises, cheikh El Kanoun épie nos faits et gestes et il saura reconnaître l’ange du garnement qu’il punira !» avertissait la Mani Keltouma. Lorsque la tendre grand-mère s’énervait, elle brandissait la menace de «L’ghoula» (l’ogresse) et se mettait à héler «Aïcha moulate r’djel el maâza, ou l’ogresse aux pieds de chèvre». Et l’auteur de raconter «Aïcha Kandisha, la « « Condesa »’ d’Espagne belle et vorace», dont l’histoire remonte probablement au temps des raïs et de la course en Méditerranée. Il y a ensuite l’histoire de M’qidèche, de L’ghoula et de sa captive Loundja. Ici, le voyage commence «du temps où l’homme et l’animal se parlaient et réalisaient des roulés-boulés» ensemble, et s’achève dans l’oued K’nis et le Ravin de la femme sauvage. Le lecteur retrouve Loundja, la captive d’El Ghoula, dans le conte suivant et dont Nourreddine Louhal a imaginé les aventures dans Dar El Ghoula, située dans le quartier de Soustara. Et puis, peut-être aussi que L’Ghoula et le grappin n’en font qu’un ? «Un mystère demeure toutefois : mais pourquoi a-t-on attribué le nom de L’Ghoula à cet outil ?» L’histoire de Settoute la sorcière, également très imagée et pleine d’enseignements, est suivie d’une digression sur un cheval, un sultan, un hakim et Richard III d’Angleterre. Quant à l’incontournable Djeha, il illumine de ses facéties les quartiers de «Djamâa Lihoud», de Laâqiba ou le souk des Trois Horloges de Bab El-Oued. Ah ! le spectacle de Djeha et son fils portant un âne sur leurs épaules. Mais écoutons plutôt le père de l’auteur qui disait : «Dis au prétentieux qui te regarde du haut de son âne : félicitations, ton baudet a tout d’un cheval.» L’auteur a plein d’autres histoires à raconter sur l’âne si doux (l’âne «Sidhoum», l’ami d’El Bahdja), le pilon (El yad el mahrez, ou eddenya mâa el ouakaf), ou encore l’histoire du «Ravin de la femme sauvage». Avec ce dernier conte s’opère la transition en douceur vers le récit populaire traditionnel, plus ou moins fabuleux : les légendes d’Alger (deuxième chapitre).

«Au cœur de la séculaire Casbah d’Alger, on entend encore le murmure de la galerie de vieilles pierres qui content des liaisons sentimentales, souvent dramatiques et porteuses de morale. L’histoire de L’Mâakra, N’fissa et sa sœur Fatma, Khedaoudj El Aamia, la reine Zaphire, Lalahoum, El Aalia et Lalla Mimouna en est un bouquet d’idylles de cœurs parmi tout un florilège d’histoires à l’eau de rose», résume l’auteur avant de partir sur les traces de tous ces personnages de légende. Où le lecteur découvre que «l’amour apprend les ânes à danser», sinon que «l’amour est tout yeux et ne voit rien».

 Les traces de ces héroïnes, c’est aussi dar raïba (la maison en ruine) à Houanet Sidi Abdellah, c’est le cimetière profané des deux princesses N’fissa et Fatma à la rue N’fissa, c’est la douera de L’Mâkra et tant d’autres lieux chargés de culture et d’histoire que l’auteur revisite dans les «Scènes d’Alger». Le troisième et dernier chapitre («Le jeu de la bouqala et les croyances populaires») complète le florilège de pièces choisies qui, toutes, charrient des valeurs, des croyances, des attitudes et des normes sociales.

Pour l’auteur, c’est une manière intelligente de rappeler au lecteur que ces histoires sont un excellent moyen de communication, d’apprentissage à comment se conduire et comment réfléchir, de développement de la pensée critique et de l’empathie. Le mérite de Nourreddine Louhal, c’est d’avoir réécrit ces histoires selon une grille de lecture contemporaine et avec le talent qu’on lui connaît. A savourer, le soir, de préférence avec un bon thé.

Hocine Tamou

 

Nourreddine Louhal Alger la blanche. Contes, légendes et bouqalate, éditions Tafat 2016, 254 pages, 600 DA.

 

In Le Soir d’Algérie du Mercredi 8 Mars 2017.

Nombre de lectures : 924

 

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La caravane vers « La terre est mon village » a fait une halte au caravansérail Algérie depuis le 26 juillet dernier. Convoyé par l’artiste-peintre Hamsi Boubeker, ce musicien et enfant de la médina de Yemma Gouraya (Béjaïa) a élu bivouac et « Repas sur l’herbe » à la galerie Baya (1931-1998) qui est mitoyenne au « Jardin du bonheur » du palais de la culture Moufdi-Zakaria. Véritable globe-trotter, Alger est le pied-à-terre que l’officier de l’Ordre de la couronne (Belgique) a choisi sur sa feuille de route après l’étape en 2016 au musée Guillaume-Charlier (1854-1925) du plat pays de Jacques Brel (1929-1978). Outre le pays à Tintin (Hergé), l’assistant ethnomusicologue de Mouloud Mammeri (1917-2017) avait fait escale à l’Hôtel de ville de Paris, lors de la 20e édition du Maghreb des livres en 2014. Mais maintenant qu’il est là, le maître d’école nourrit l’optique de croiser le fer contre l’amnésie, où s’engluent dans l’oubli, notre culture et le savoir-faire de nos aïeux, auxquels l’interprète du chant « Les berbères de Kabylie » tente d’inoculer de la vie, notamment lors de la célébration de Yennayer. Douce mère icône, d’où il puise l’inspiration ou tendre idole de grand-mère qu’il adule « Autour du conte », « L’enfant circoncis » se sent redevable envers ses premières amours… maternelles. Reconnaissant, eu égard au filon des traditions anciennes qu’il a tété à la berceuse « Essendu » que « chantaient les femmes de la maisonnée autour du couscous lors d’un après-midi convivial ». Fragments d’enfance, l’ancien élève de cheikh Sadek El-Béjaoui, né Sadek Bouyahia (1907-1995), trempe ses pinceaux dans les couleurs chatoyantes d’une robe d’une femme kabyle au port altier, où scintillent les signes berbères qu’enjolivent sa cruche lorsqu’elle va à l’eau de la « tala » (fontaine). C’est là le préliminaire d’un jet de portemine qui ordonne : « Le retour au village familial ». Donc, vers l’authenticité afin de « faire la fête », que l’artiste-peintre graisse à l’encre de Chine. Tellement d’agréables traits, que le choriste et maître de chœur s’adonne à cœur joie et crée l’ébauche du bracelet de cheville, ce « khalkhal » argenté d’une femme qui tournoie çà et là dans un coin de sa mémoire d’enfant.

Façonné à l’école de l’autodidactie, l’auteur de « Si tu veux la paix prépare l’enfance » (Unicef 1988) esquisse ses toiles ou plutôt ses mémoires d’enfant à l’acrylique qu’il panache à la gouache qui reflète les couleurs qui narrent l’escapade sur son âne vers les pâturages de sa Kabylie natale. Plus qu’elles ne s’admirent, les toiles de l’auteur d’« Aïcha, l’ogre et le père Inouva » (Bruxelles, Didier Hatier 1990) se feuillettent tels nos livres de récitation, où l’enchanteur décor bucolique occupe l’essentiel des gravures. Dans ce cas de nostalgie à laquelle nul ne peut échapper, autant y aller, histoire de déguster les beignets cuits des occupations des femmes et méditer sur les élucubrations du fou du village qui fait l’éloge du chasseur orgueilleux. Pour rappel, « La terre est mon village » est organisée sous le patronage du ministère de la Culture et de l’ambassade du royaume de Belgique à Alger jusqu’au 22 août.

Par Louhal Nourreddine

In journal Liberté du 20 août 2018 12:00

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Très chère existence,

 

Si frêle humanité,

 

L’eau des sources et la force des éléments.

 

Nos visages s’élancent à peine perdue

 

Contre le temps.

 

Ton corps danse jusqu’à devenir l’été.

 

Sous l’apparence d’un tableau fragmenté,

 

Multiples miroirs et le décor apparaît.

 

La nuit et le jour,

 

Cent mille fois mis à distance,

 

Au cœur des forêts sombres et éclairées.

 

Julien Boulier,

 

A Brest, le 02 septembre 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3440969911

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Quelques gouttes de pluie...

Quelques gouttes de pluie

de nos coeurs,par le chagrin meurtris

glissent  tristement

en cet automne naissant

d'où les souvenirs surgissent

autour d'une profonde cicatrice.

Vous tous, à tout jamais partis

sur les ailes froides du vent,

ne resterez pas dans l'oubli,
présents chaque jour en nos pensées

par les feuilles d'automne emportées,

et malgré les  chaudes couleurs

une grande  tristesse demeure.

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Innocent

 

 "J'ai tenté d'écrire les pages d'une littérature

Et je me suis perdu dans aucune pâture

J'ai traduit toutes les pensées libérées

Et j'ai voulu abandonner tout, sans annihiler

 

J'ai livré quelquefois mes lignes à une vérité

Que j'en suis rendu, étriqué

J'ai versé toutes les lettres aux attaches des mots

Que j'en suis devenu, perdu

 

J'ai donné aux vers des notions hors académiques

Et en sorte je n'appartiens à aucun corps

J'ai absorbé des pages d'auteurs

Et par la suite je me suis noyé"

  12273295097?profile=original

12/10/2014

Écriture prompte

E.D.

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Maintenant sur le sommet des pierres,

 

j’entrevois des idylles.

 

J’entends marcher les lunes et les soleils.

 

Dans tes mains, l’âme des fougères

 

repeuple notre regard.

 

Ta voix m’attire au cœur des sphères.

 

Une seconde et je vouvoie ton allure.

 

Respirons l’heure où tu navigues,

 

habillée de plantes et de fils de soie.

 

Julien Boulier,

 

A Brest, le 31 aout 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3440945011

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Dans un mois...

Et, il y a déjà un an... que l'A.S.B.L." L'Auberge Littéraire" à Waterloo, s'active pour organiser un week-end qui fasse vraiment la fête aux mots! 

Un an, c'est court pour trouver une date, un lieu et des artistes aux talents aussi divers que confirmés. C'est un chalenge que nos membres ont relevé, je me suis attelé à coordonner le tout et au seuil de la dernière ligne droite, je me devais de vous en informer vous les membres d'Arts et Lettres, qui au fil des années sont pour beaucoup devenus des amis. Bien sûr si votre agenda le permet et aussi votre proximité, ce me serait un immense plaisir de vous rencontrer à cette occasion, ou?

Au WAGG, 216 chaussée de Bruxelles à 1410 Waterloo.

Quand?

Le samedi 29 septembre de 14 à 19 heures et...

Le dimanche 30 septembre de 11 à 19 heures.

Voici un aperçu du programme dans les grandes lignes (Vous trouverez plus de détails, dont une vidéo sur le lien : info@laubergelitteraire.be) :

SAMEDI :

14H : Ouverture

14H15 : la pièce "Molly à Vélo" de et avec Geneviève Damas

16H :"La nouvelle un monde en soi" interview de Martine Gengoux et lecture de nouvelles par les comédiens Maryse Bresous et Yves Coumans

17H30 : "La musique et les mots" avec le Luz Chabane quartet

18H30 : Le verre de l'amitié et sa petite collation en compagnie des musiciens et des auteurs présents.

DIMANCHE :

11H : Bienvenue aux plus jeunes, un spectacle féerique pour les enfants de 4 à 10 ans, des contes imaginés et accompagnés à la harpe celtique par Vanssa Gerkens, entraineront petits et grands dans un monde magique.

12H30 : Arlette Feder(Les chansons de Gigotte) enchainera avec une petite histoire pour enfant.

Apéritif et petite restauration offerts aux petits et grands.

14H : Remise des prix du concours "Je suis jeune et j'écris"

15H : "Soyons fous, soyons poètes" Un spectacle de textes poétiques aussi divers que percutants.

16H : Méro Psarradelis, directrice de l'Odéon :'Et si on parlait théâtre",. Une interview suivie d'une pièce de Jean Callens :'Tu me signes une décharge?"

18H30 : Clôture et verre de l'amitié.

L'entrée est libre.

Et voilà, j'espère vous avoir donné... l'envie d'avoir envie...

J. Gilbert.

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Dans un bruit d’ailes

Il vient
dans un bruit d’ailes
le temps
des pluies de feuilles
des arbres rouges
des souvenirs qui consolent

il vient
sur la pointe des pieds
marquer
chaque chose
chaque être
d’une encoche 

..........................
Martine Rouhart

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administrateur littératures

De fin août à juin inclus, les Rencontres Littéraires de Bruxelles, vitrine de l'édition littéraire belge, nous convient à découvrir, chaque dernier mardi du mois dès 19h à l'Espace Art Gallery, 83 rue de Laeken, trois auteurs de qualité, un drink de la convivialité concluant la Soirée, également au menu de celle-ci une lecture libre de leurs propres textes par quatre participants et une séance de signatures de leurs ouvrages par les trois auteurs sous les projecteurs, Robert Paul étant l'initiateur de cet événement mensuel devenu incontournable, Gérard Adam, auteur prolixe et directeur des éditions M.E.O. l'animateur passionné des Rencontres, Jerry Delfosse le directeur chevronné de l'Espace Art Gallery accueillant les entretiens.

Ce mardi 28 août, pour la reprise, le thème à l'honneur: "Publier un premier roman", mais pas seulement, les auteurs invités nous parlant de leurs "bébés": Annick Walachniewicz de "Il ne portait pas de chandail", Lorenzo Carola de "Le dieu des pierres", Elodie Wilbaut de "Le Voisin de la Cité Villène", Gérard Adam nous présentant sans détour l'acte créateur telle une pulsion profonde, énigmatique bien des fois - "Je ne sais pas pourquoi j'écris mais j'écris" -, une projection vers la lumière d'un regard intérieur, soulignant en clôture la maîtrise des auteurs sur leurs romans joliment structurés.

Un record d'affluence, une atmosphère sereine et conviviale, des auteurs réfléchis, qui nous captent, un Gérard Adam jovial, investi, des lectures d'extraits des trois romans présentés par un Daniel Simon inspiré, fidèle à lui-même, des sourires et des rires particulièrement avec Lorenzo Carola, l'enregistrement de la rencontre par Radio Air Libre 87.7 FM (qu'on se le dise!), ont été les ingrédients, parfaitement dosés, de la réussite de cette soirée, le trio d'auteurs...à la hauteur!

"Il ne portait pas de chandail", Annick Walachniewicz: patchwork, assemblage de brefs fragments de vie, la jeunesse d'un père déporté en 1943, de significatifs épisodes de la vie de la narratrice en Wallonie, une autoanalyse poétique, un secret stupéfiant révélé à l'origine du roman, des bribes d'informations récoltées sur son père ayant permis à l'auteure d'en démarrer l'écriture. Annick est posée, claire, une belle diction, et nous la sentons émue, quoi de plus normal, les souvenirs affluant. Et une famille se retrouve minée par le secret. Le tabou? La résilience? Des thématiques majeures, à prendre en considération. Un second roman? En cours, affaire à suivre...

"Le dieu des pierres", Lorenzo Carola: revenu à Naples pour accompagner son père dans ses derniers moments, le narrateur se remémore une nuit vécue, très particulière, à la clé une confidence, essentielle, sur sa vie, sur son passage de l'adolescence à l'âge adulte. La découverte de la sensualité, la sexualité, l'illusion, profonde subtilité et catharsis initiatique en chemin, à l'origine du roman un atelier d'écriture et cette petite phrase toute simple: "Il était toujours en retard". Une écriture sur sept ans, exploration de la relation père-fils avec détour par les maisons de passe, confidences, chocs et flashes "on the road". Un second roman? Plusieurs projets en chantier...

"Le Voisin de la Cité Villène", Elodie Wilbaut: entre 1985 et 1994, des enfants ont été abusés par un pédophile; devenus adultes, ils portent plainte, c'est alors le début d'un procès... Une belle qualité de narration pour un récit dépassant le simple cadre de vie, à l'origine de l'écriture la participation de l'auteure à un procès suivi par seulement trois personnes, un parcours du combattant en procédures, enquêtes multiples, un véritable engrenage mis au jour, émotion dans le public, une Elodie touchante. "L'emprise existe bel et bien dans la relation...". Un second roman? Des "choses" sur le plan de table...

Au final? Quelques jolies interactions avec l'auditoire, le point de vue affirmé de Daniel Simon sur deux des ouvrages présentés et un drink animé où les paroles pétillaient autant que les bulles... Prochaines Rencontres? Le dernier mardi de septembre où nous parlerons de nos anciens profs...

(Thierry-Marie Delaunois auteur, chroniqueur, membre Arts et Lettres, 29 août 2018)

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Minutes à soi.

 

Vivre à l’ombre des étoiles.

 

Les neiges fondent sur les sommets.

 

Dessiner la lumière en commençant par ses rayons.

 

Devant soi, des fragments de tableaux.

 

Des couronnes de genêts sont venues habiller nos rochers.

 

Le vent avec ses boucles

 

vient soulever les branches.

 

Des poèmes où l’ombre franchit l’espace

 

et gravite autour de vitraux translucides et colorés,

 

leurs phrases entourant de leurs bras

 

les mouvements qui dansent dans les airs.

 

A Brest, le 29 aout 2018

 

poème déposé Sacem code oeuvre 3440868011 

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C’est en 2017 que le Salon du livre de « Buzet-sur-Baïse » a vu le jour. Organisation intelligente regroupant les énergies d’un ensemble d’acteurs dans le domaine de la littérature, mais pas que.

Les fidèles qui suivent mes chroniques savent que si je salue toute initiative touchant à l’art en général et à la littérature en particulier, je deviens difficile dans mes choix. Il serait faux de démentir cette conclusion hâtive, c’est le résultat d’un agenda surchargé. Ceci écrit, pour rien au monde je ne manquerais le Salon du Livre de « Buzet-sur-Baïse ».

12273295858?profile=originalIl faut du courage pour organiser ce genre d’activité. Courage et abnégation sachant que même si les auteurs invités sont souvent de premières qualités, rien ne permet de croire que le public répondra aux attentes des organisateurs.

Je salue l’audace de ceux qui prennent le risque de placer la littérature en exergue sachant que malgré les remerciements, les critiques trop souvent au rendez-vous blessent les énergies. Il semble en effet que de nos jours il est de bon ton d’assombrir les mérites de ceux qui osent prendre le risque de porter la littérature sur la place publique. Sujet de psychanalyse puisque sans Salons les auteurs perdraient une possibilité d'être approchés.

Bref, le temps s’écoule sans nous demander notre avis et nous voici aux portes d’un Salon littéraire que je considère comme faisant partie des incontournables tant par la qualité de son organisation que pour la diversité culturelle qu’elle place à la portée d’un public des plus éclectiques.

Saluons et faisons-le debout, le côté pédagogique brillamment mis en place en collaboration avec les écoles de la région.

Ce n’était pas gagné d’avance, cependant la fusion des énergies a permis de placer l’évènement au rang des plus méritants.

De qui parlons-nous ? Du Salon de « Buzet-sur-Baïse » bien entendu.

Permettez-moi de remonter le temps : 2017.

Pour sa première édition, les organisateurs du Salon du livre de « Buzet-sur-Baïse » n’avaient rien laissé au hasard. Ils s’offraient un invité d’honneur de premier choix « Joseph Joffo » mondialement connu grâce à son roman : « Un sac de billes ». On aurait pu en rester là, sauf que, si la littérature allait vêtir ses plus beaux atours, une idée de génie fit jaillir l’originalité. Dans le but d’intéresser toutes les générations à l’évènement, deux jours cinématographiques seront mis en place : la projection du film « Un sac de billes »suivi d’un débat-conférence.

Il faut saluer le travail du corps professoral qui a su profiter de l’occasion pour accompagner les élèves de la région pour la préparation de l’évènement. Bien que le sujet ne soit pas facile, rien n’a été improvisé, au contraire, chacun s’est investi dans le but honorable d’aborder le débat sur une page d’Histoire difficile à appréhender.

Il était prévu que « Joseph Joffo » répondrait aux questions du public, malheureusement l’étoile du jour devait être hospitalisée et sera brillamment représenté par l'écrivain et amie de Joseph, Chantal Figuera Levy.  Forte impression de Chantal qui répondra aux interpellations nombreuses et pertinentes.

Première année réussie, la foule fit impression et le dimanche, jour du Salon littéraire proprement dit, ne fut pas de tout repos pour les exposants.

Une première édition réussie n’est pas nécessairement un cadeau des dieux. Pas facile de remobiliser le public qui s’attend à ce que l’année 2018 dépasse ses espérances. Oserais-je écrire « Ils ont osé » ?

Oui ils ont osé inviter le réalisateur belge « Éric d'Agostino» en personne.12273296076?profile=original

« Éric d'Agostino» est réalisateur, musicien, chanteur et auteur de scénarios.

Le film qui l’a rendu célèbre « La nef des fous » fit ouvrir les débats jusque de l’hémicycle du parlement Belge c’est dire si le sujet frétille de questions autour de ce que nous voulons faire de notre société.

J’ai vu le film, je n’en suis pas sorti indemne et c’est tant mieux. Les prisons ne sont pas des hôtels, je vous l’avoue, je l’espérais et faisait semblant de l’ignorer : bienvenue les idées reçues.

De quoi parlons-nous ?

Pour réaliser ce film, Éric en compagnie de son coréalisateur « Patrick Lemy », se sont enfermé sur une période de +- deux ans au cœur de l’annexe psychiatrique de la prison de Saint-Gilles (Belgique).

Prison, psychiatrie, que fait la société pour gérer ce qu’elle ne comprend pas ? Elle pose un couvercle sur le bouillon et, sans fermer le gaz, continue de vaguer à ses occupations. Inutile de m’étendre, je n’en ai pas les compétences, mais vous invite à visionner le film.

À "Buzet sur Baïse" Eric sera présent, mais pas tout seul puisqu’il amène avec lui le Chef Jean (Chef des gardiens, que l’on voit dans le film et qui présentera un livret rédigé à la mémoire de ses confrères) et l’un des anciens détenus qui était présent pendant le tournage et qui, en présence du réalisateur, répondront aux questions du public. Oui, vous m’avez compris, l’instant qui se présente est une opportunité à ne pas manquer.

D’autres personnalités honoreront de leur présence le Salon du livre tel que l’écrivain Juliette Nothomb, sœur ainée d’Amélie. 

Juliette approche l’écriture avec un style pointillé d’un humour très personnel. J’adore Juliette que j’avais découverte (sans jeu de mots) au travers de ses chroniques culinaires. Ah les chroniques de Juliette!, des mots qui me font hurler de rire et que j’attendais impatiemment comme d’autres attendent l’épisode de leurs séries préférées.

Nous saluerons par la même occasion Marika Daures, personnage discret et combien efficace, concentrant son énergie dans la promotion des auteurs.  Pleine d'énergie elle gère cette activité en portant sa maison d’édition avec un profond respect pour ses auteurs.

On ne parle pas suffisamment du rôle de cet élément fondamental dans le réseau du livre (porte parole des auteurs), nous en ferons une chronique à la morte-saison.

Le Salon du livre de Buzet sur Baïse est le résultat d’une fusion des énergies. Pas étonnant que son succès soit au rendez-vous.

Chantal Garez responsable de la bibliothèque et pierre angulaire de l’évènement travaille en collaboration avec la Mairie. Si son humilité l’honore rapidement elle a compris que les clefs du succès se cachent souvent dans les détails. Avancer avec détermination en restant à l’écoute. Son rôle est essentiel, épuisant et mérite d’être salué ainsi que tous les membres de l’équipe qui l’entoure.

La seconde édition du Salon du Livre de Buzet sur Baïse risque d’être déterminante. J’ose prédire que l’évènement deviendra peut-être référence en la matière.

Si Mazamet fait partie de ma famille, Rocamadour de mes plaisirs, Buzet sur Baïse est une symphonie que j’aimerais séduire.

Incontournable, à visiter seul, en couple ou en famille. Les enfants sont encadrés afin de permettre aux adultes de se littératuriser en toute sérénité. Après Buzet nous reviendrons vers les Salons Belges, mais vous l’aurez compris, j’avais envie de saluer la France.

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                                        DE L’ABSTRACTION DES CORPS : L’ART DE DEJAN ELEZOVIC

Du 08-06 au 30-06-18, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken, 83, 1000 Bruxelles) a eu le plaisir de vous proposer une exposition dédiée à l’œuvre du sculpteur suisse, Monsieur DEJAN ELEZOVIC intitulée LA PORTE DU REVE.

Il y a des moments où, une fois entré dans la dimension onirique, l’ « abstraction » (faute de la définir autrement) se dilate en un ensemble de formes que seul le rêve, en tant que véhicule vers une dimension transcendantale, se risque dans une interprétation subjective. Et cela rejoint l’objectif de la sculpture moderne naissante des années ’20.

Des artistes tels que Brancusi se livrèrent à ce travail de mise en parallèle entre formes issues du vocabulaire culturel et onirisme. Il est merveilleux de constater qu’à partir de formes échappées du classique, les œuvres se sont dirigées vers une élongation, pour ne pas dire un étirement à outrance, conduisant à des résultats à première vue non aboutis, parce qu’aux antipodes de ce qui était considéré comme « connu » par une société bourgeoise engoncée dans un conformisme qualifié de révolu par l’avant-garde et fuyant les mutations de toutes sortes, en particulier le changement d’elle-même. Mais ce qui était « connu » et considéré comme définitif était, en dernière analyse, le corps humain restitué dans les proportions établies par le classicisme gréco-romain. Dès lors, l’apparition de l’abstraction en matière de sculpture au début du 20ème siècle, va bouleverser la perception totale de l’œuvre sculptée. Il en va de même pour la peinture sauf que la sculpture va carrément s’introduire dans la pierre, en débusquer toutes ses caractéristiques minéralogiques pour mieux les soumettre aux impératifs techniques et symboliques de la création. L’abstraction appliquée au corps humain brisera à tout jamais l’illusion de la connaissance dans la représentation du corps, à partir d’une rupture sémantique.   

DEJAN ELEZOVIC nous rappelle que son œuvre « contemporaine » par la date, participe de la philosophie du début du siècle dernier. Il nous offre des pièces sur bois qui adoptent souvent des torsions du buste, à la base « classique », pour se perdre dans les méandres que seul le rêve peut à la fois animer, interpréter et prolonger. Dire que l’essentiel de son œuvre est constitué de « pleins » et de « vides » résulterait à s’engouffrer dans la banalité. Mais à y regarder de près, ces pleins et ces vides, constitués de courbes et d’évidements, évoquent une nostalgie de la figure humaine transcendée par une esthétique à l’écoute de l’art moderne.

Ne perdons jamais de vue qu’en matière de sculpture, le mouvement se produit par la rotation du visiteur autour de l’œuvre. SOUVENIR présente deux surfaces enflées : la première dans le bas, l’autre dans le haut de la pièce. Au milieu de celle-ci, une surface évidée unit les deux parties.

      SOUVENIR12273292269?profile=original

Est-ce l’évocation d’un buste? Est-ce simplement un travail sur la forme? Néanmoins, LE DISCOBOLE de Myron (5ème s. avant J.C.) n’est-il pas, lui aussi, un travail sur la forme à partir du corps? Myron reprend une forme connue, l’image de laquelle nous sommes issus : le corps humain. Le corps humain aux prises avec une action socialement connue : celle de lancer un disque, dont l’issue aura des connotations religieuses donc politiques.  

DEJAN ELEZOVIC évoque une idée traduite dans une langue onirique laquelle demande une interprétation plastique subjective, à la fois de la part de l’artiste comme du visiteur. Cela dit, la dialectique demeure la même, en ce sens que derrière le DISCOBOLE s’abrite une idée, non seulement physique du corps mais aussi psychique de ce dernier.

Un parallèle intellectuel (même idéalisé) entre beauté extérieure (le corps) et beauté intérieure (l’Etre). L’artiste, lui, émet un parallèle unissant le corps dans son idée avec la Nature dans sa totalité sensible en se focalisant sur les propriétés spécifiques du bois qu’il traite. Car, délaissant la pierre qu’il trouve moins vivante, il donne la priorité au bois qui, par ses anneaux séculaires, porte en lui la trace visible du temps.

L’OISEAU PENSIF nous ramène à une réalité transcendée. Le discours esthétique demeure le même : deux formes de dimensions opposées, une grande vers le bas signifiant le corps, une autre plus petite signifiant la tête, composant non pas l’oiseau mais bien l’idée de l’oiseau. Un savant jeu de torsions fait que la tête du volatile est tournée à la fois sur sa droite (vue de derrière) et sur sa gauche (vue de devant). La patine joue un rôle primordial dans l’élaboration de la forme en faisant coïncider l’avant du bec avec (dans le bas) la proéminence du ventre de l’oiseau.

      L'OISEAU PENSIF

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COLOMBE DE LA PAIX. L’œuvre a ceci de commun avec L’OISEAU PENSIF (cité plus haut), à savoir qu’elle est associée au piédestal (également de bois) qui la soutient, prenant la forme d’un tronc fendu sur ses deux côtés en son milieu. Ces deux pièces expriment la démarche créatrice de l’artiste : sa prédilection pour le bois par rapport à la pierre (signalée plus haut), le conduisant à créer un assemblage d’images mentales par le biais de la matière. L’oiseau, qu’il soit colombe, perroquet ou moineau, participe comme le bois de la Nature. Posé sur le bois du piédestal, il symbolise l’union entre l’arbre et le volatile. L’un participant de l’autre. Si le piédestal portant la colombe demeure simple, celui de l’OISEAU PENSIF est conçu de façon complexe. Scié en son milieu, une structure cubique en plomb sépare le volatile de son tronc.

      COLOMBE DE LA PAIX

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Cette structure se prolonge dans la fente provoquée par la scie jusqu’à se prolonger vers le bas. La couleur cendre de la structure en plomb résulte du ponçage ainsi que de l’effet de l’air sur la pièce polie.

ELLE DORT présente à l’instar de SOUVENIR (cité plus haut) une forme languissante, abandonnée au sommeil. Sont-ce des jambes?  La partie arrière d’un torse touchant le coccyx? Le haut de la pièce présente un plan incliné, lequel renverse son rythme pour lui accorder une sorte de balancement, accentué d’angles en pointes, vers le bas et vers le haut, comme pour souligner une forme vivante affaissée par le poids du sommeil. La coloration du bois révèle, dans sa partie gauche (par rapport au visiteur) l’éveil d’une sensualité.

      ELLE DORT 

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GARDIENS DU REVE Cette piève unique est sans doute la quintessence de l’exposition car elle allie ce qui confère l’âme de la sculpture moderne occidentale, héritée des arts dits « primitifs », à savoir l’interaction vitale entre pleins et vides. Les vides épousant les pleins dans leur intériorité, ceux –ci se multiplient à l’extérieur par des excroissances rappelant les membres, à la fois osseux et musclés d’un corps humain. Remarquez cette dichotomie ressentie entre l’extrastructure et l’intrastructure de la pièce, accentuée par la patine noire qui recouvre l’intérieur de la sculpture. Cette partie intérieure se différenciant de l’extérieure sert d’ouverture béante -« un ventre »- autour duquel s’organise ce qui sera la forme : un ensemble architectural unissant intérieur et extérieur dans un tout formel. L’ouverture en son milieu n’existe que pour dévoiler les mécanismes internes d’une gestation.

      GARDIENS DU REVE

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REVE est la seule pièce de l’exposition qui ne soit pas en bois mais en albâtre, un minéral extrêmement malléable. Sa blancheur irradiante, sa dimension diaphane, offrent au visiteur l’occasion de « rêver », c'est-à-dire de fixer longuement un nuage jusqu’à ce que l’œil médusé s’abandonne à des aperceptions et prolonge son voyage onirique.

      REVE

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DEJAN ELEZOVIC, qui a fréquenté l’Académie de sculpture de Pristina, sculpte depuis plus de vingt ans. La sculpture a toujours été son moyen d’expression par excellence puisque étant enfant, il sculptait déjà lui-même ses jouets. Le bois est, par conséquent, un matériau sacré pour lui. Les matériaux usités sont principalement le saule, le tilleul, le cerisier et l’orme. Ses pièces ont une hauteur moyenne d’une trentaine de centimètres, à l’exception de GARDIENS DU REVE (cité plus haut) laquelle totalise environs une soixantaine de centimètres.  

Comme pour la pierre, il veut dévoiler la forme qu’elle cache. L’artiste voit dans son élongation la meilleure façon de présenter la noblesse du matériau.

Il y a dans sa façon de sculpter ce que l’on pourrait appeler la « nostalgie du corps humain », car soucieux d’impulser la vie, l’on trouve dans ses formes des parties non précisément anatomiques mais que l’imaginaire du visiteur peut interpréter comme telles. Il ne représente jamais la réalité mais s’en inspire par le rêve dans son rendu esthétique.

A’ ce titre, il coupe le bois sur sa longueur pour la dégager sur quatre pièces, toujours soudées, puis il tourne le rendu sur lequel sculpter et le lisse. Nous envisagions, plus haut, la dialectique du beau dans la Grèce antique. Cette dialectique passait de l’Agora à l’atelier du sculpteur. DEJAN ELEZOVIC entreprend un itinéraire différent mais qui l’amène au même résultat : il part de la forêt (la Nature) pour atteindre l’atelier. Evidemment, la présence de la Nature fait aussi partie de cette même dialectique dans la Grèce antique, puisque la pierre, en l’occurrence le marbre (particulièrement celui de Paros) participe également de la Nature. Cela dit, la suprématie de l’intellect sur la matière l’emporte sur le reste. Et c’est précisément contre cette suprématie de la matière l’emportant, notamment, sur les sens que la sculpture moderne du début du 20ème siècle s’est attaqué avec des sculpteurs tels que Brancusi (cité plus haut) et surtout Hans Arp que notre artiste a beaucoup étudié au point d’en subir son influence. Aujourd’hui, le combat est gagné, ce qui a permis à des artistes tels que DEJAN ELEZOVIC de tourner leur interrogations vers la Nature en accordant à la forme une dimension polymorphe. Le bois rejoint la pierre dans un retour vers une esthétique « moderne ».

Peut-il y avoir derrière cette sculpture une volonté de retourner vers un certain « classicisme moderne » ? Le titre choisi par l’artiste pour illustrer son exposition est LA PORTE DU REVE. Son acte créateur symbolise cette porte. Car le rêve (éveillé ou en phase paradoxale) est en lui-même une création puisqu’elle implique l’imaginaire et le vécu émotionnel de l’artiste (ou du rêveur). Et c’est par la grande porte que l’artiste nous invite à rejoindre son univers.

DEJAN ELEZOVIC part de la Nature pour y retourner dans une conception rêvée touchant souvent à l’abstrait pour en exulter le créé.   

François L. Speranza.

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A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste Dejan Elezovic et François L. Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

R.P. 

 

                                                   

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Robert Paul 

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