Comme les images de neige
qui vont dans le coeur
des enfants
il arrive que des choses
minuscules
très ordinaires
fassent chanter
nos chemins
Martine Rouhart
Comme les images de neige
qui vont dans le coeur
des enfants
il arrive que des choses
minuscules
très ordinaires
fassent chanter
nos chemins
Martine Rouhart
En hiver, la nature se tait, pour que la chute musicale de la neige,
sur la terre offerte et dévêtue, puisse être audible et chaude.
Sur les chemins et les monts, naissent alors de vastes
partitions où les empreintes de nos pas, y sont devenues notes !
Oh douces et suaves sonorités sur notre terre blanche, vous me
faites penser au grand silence nu, en lequel, vous existez de décembre
au mois de février !
Voilà pourquoi j'aime tant l'hivers !
NINA.
Ma peau contre la vôtre taiseuse est ce
jardin sonore, princier à l'infini,
d'où de précieuses essences à l'instar d'offrandes,
partout en vous s'infusent et vous entêtent,
à votre peau redonnent une voix.
S'aimer, se parler comme ça.
NINA
Les roses à certaines heures se donnent, se déploient
sous le ciel contemplatif et vert, sur cette terre bleue
exhalent leurs parfums, sous mes doigts s'adoucissent !
Les roses à certaines heures, sont femmes, de l'aube
jusqu'à 10 heures, se laissent baptiser par le désir
du ciel, frôlant le jardin bleu.
NINA
Il est encore très tôt, 6h, le premier mot de l'aube, l'entrebâillement du jour
et le soleil déjà tombé par terre ; un jardin de lumière, ma tête en fête car
avec vous je suis.
Mon esprit alors devient corps, mes pensées tout en or léger !
Je vole dans ce long train qui roule sans mystère : Champs de courses d'Enghien
jusqu'à la gare du Nord et vice versa à vie .......
Et moi, j'existe loin d'ici.
Je sais toutes vos couleurs, vos frissons, vos gestes retenus, vos mots tus, car
vous vivez et grandissez en moi.
Le train vient de s'arrêter à la gare d'Epinay, n'est ce pas étrange et délectable
d'y apercevoir une mer marine ?
Ecrire c'est voyager, sans papier, sans argent, mais avec juste cette
désinvolture, cette audace, cet émerveillement, qui caractérisent les écrivains, les
poètes ?
NINA
La vie ne se donne t-elle pas,
essentiellement pour qu'elle puisse être créée
par celui ou par celle qui la reçoit ?
N'est-elle pas une page blanche,
une toile vierge, une partition naissante
et silencieuse ?
La plus belle possibilité qui soit ?
NINA
A défaut de mots, ma main un peu perdue en touchant votre absence,
en devine la peau !
Cette invisible peau, oh grand jamais ne rassasiera la mienne, qui
ne s'en lasse guère, la mêle peu à peu à mes mots, devenus "nôtres" ;
ainsi naît, voit le jour et grandit le langage du corps, fiancé à l'esprit !
Ecrire c'est aussi tout cela.
NINA
Ces pas sombres venant du ciel, n'atteignent plus
ni mon esprit, ni mon corps, devenus clairs,
n'évincent plus l'ensoleillement en moi, même lorsque
je suis triste, un brin mélancolique !
Sais tu que j'ai appris, par la seule force de l'écriture,
la légèreté, jusqu'à ce privilège de presque tout créer,
pour partager ?
Ecrire c'est ce flamenco bleu, sur cette place blanche,
puis ses empreintes laissées.
C'est ce bien être dans le mal être,
ce soleil pourpre dans un ciel trop fermé,
NINA
Puissent vos yeux avoir cette mémoire d'eux et d'elles,
porter ce tatouage de moi,
l'infinitude de cet amour là !!!!
NINA
Qu'on soit petit, ou qu'on soit grand,
Quand on n'a pas vingt balles en poche,
On se sent seul, c'est pas marrant,
D'avoir du vent dans ses valoches.
Alors on fait comme les oiseaux
Qui planent l'aile sous le vent,
Comme le poisson dessous la roche
Qui laisse glisser le courant.
Je rêve d'un monde sans monnaie
Ou le Dollar deviendrait rose
Lilas, pensée ou bien bleuet.
Un monde en fleur, pas en Euro.
L'amour ne serait plus payant
Car c'est lui même qui jaillirait,
Des sources pures, des torrents,
C'est vrai, on peut toujours rêver.
Et quand les hommes vivront de paix,
Que la bête aura disparu,
Quand tous les voiles seront tombés,
Que les fusils se seront tus,
C'est que les hommes sauront comment
Être des sages, pas des prophètes,
En glissant l'aile sous le vent,
Comme l'oiseau dans la tempête.
...
Écrit en août 1999, presque 20 ans et pas une ride.
CE QU’EN DIT LA PRESSE
« Le rythme est époustouflant, l’inventivité chorégraphique scotchante, les artistes formidables et les chansons d’Yves Montand, toujours aussi belles. Un régal. » Télérama
« Tout simplement jubilatoire ! Accompagnés d’un accordéoniste, quatre superbes comédiens et chanteurs font vivre avec une énergie communicative, son épopée, sans artifice ou presque. Un très beau spectacle dont on ressort le cœur empli d’allégresse. » Le Parisien

Bon tout est dit, mais on va en rajouter… Car on a adoré la production de Ki M’aime me suive! Ecoutons d’abord Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos, les créateurs-comédiens metteurs en scène : « Raconter l’histoire d’Yves Montand nous est apparu instantanément comme une évidence. La force du personnage, la période historique qu’il traverse et les rencontres qui jalonnent sa vie sont au-delà de l’imagination. Ne disait-il pas lui-même : « Les meilleurs scénaristes s’inspirent de la vraie vie ». Le destin d’Ivo Livi nous plonge dans la grande histoire, celle du XXe siècle, du fascisme en Italie, de l’occupation en France, de la guerre froide et du communisme. L’histoire d’un migrant, qui poussé par la passion du cinéma et du music-hall devient un artiste hors norme.
Un artiste qui a su parler à toutes les couches sociales de son pays. Du prolétariat à la bourgeoisie en passant par les grands intellectuels de sa génération, le monde entier a été conquis par ce phénomène. Un artiste de la mondialisation donc, bien avant l’heure, puisqu’il fut le premier à importer le concept de one-man-show et qu’il fût aussi bien applaudi à Paris qu’à Tokyo, Moscou, New York etc. Nous souhaitons développer une narration singulière, sans artifice, inviter le public à se projeter avec nous, à tout faire exister avec rien. »
C’est exactement ce qui se passe sur le plateau du théâtre Le Public. Les cinq joyeux saltimbanques, comédiens-chanteurs-danseurs vêtus d’ensembles marron, ne cessent d’éblouir par leur virtuosité et leur vitalité. En trois temps, trois mouvements on passe de l’Italie de Gigi l’Amoroso à l’Italie fasciste où règne la terreur au moment de la naissance du futur Yves Montand. Treize heures d’accouchement, faites chauffer l’eau des pâtes, et soufflez madame, la star est née sous les chants des partisans communistes. La pétulante mamma italienne est mâtinée de mère juive explosive ! L'avenir est dans les claques. et dans le bilinguisme: Ivo, Monte! Ivo, vai su!
Le récit démultiplié et facétieux se développe comme une mosaïque, comme un kaléidoscope sans cesse renouvelé, chaque artiste faisant l’Artiste à son tour… Avanti popolo ! Rafles, xénophobie, la famille décide de fuir vers l’Amérique de … Dicaprio ! Pitreries de Lucky Luke, Bonjour les anachronismes, pourquoi pas ! Las ! A l’ambassade, no more visa, Basta !

Installation forcée et vie pauvre mais pittoresque dans les bas-fonds de Marseille, tous solidaires. Quelle tendresse, quelle résilience, quel exemple de solidarité, ces familles de réfugiés! Un salon de coiffure pour la sœur dans le garage, Ivo est la coqueluche des vieilles dames… Il rêve d’une seule chose, les planches et le spectacle. Il adore Fred Astaire: « I’m in heaven, dancing cheek to cheek !»
Et le public, lui aussi est au septième ciel devant tant de créativité, d’inventions, de bonne humeur qui ne cesse de traverser le quotidien tragique d’une vie légendaire et d'une carrière artistique fulgurante. Que d’humanité déposée avec le sourire dans notre imaginaire gourmand de belles et vraies histoires. On est sans cesse à l’affût dans cette chasse au bonheur, alors que pour tout décor il n’y a qu' ampoules électriques à incandescence, deux chaises et deux praticables… et un accordéon. Humour et tendresse vont et viennent, même des coups de foudre... On a devant les yeux et dans l’oreille un incessant torrent de talents chorégraphiques et musicaux généreux qui créent l'allégresse et entraînent le spectateur émerveillé vers les sommets du plaisir théâtral. Tout cela, dans l’esprit même de notre ami Yves pour qui « le devoir d’une femme et d’un homme de scène, c’est de se faire assez plaisir pour pouvoir le communiquer aux autres. » Le rythme trépidant, les mimes et les mots s’arrêtent soudain avec l’arrêt cardiaque de l’Artiste en pleine gloire et une salle comble se lève sans hésiter, émue aux larmes par un tel chef d’œuvre de scène qui a su rendre à Yves Montand un si vivant et si chaleureux hommage. Cinq étoiles.

De Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos
Mise en scène : Marc Pistolesi
Avec : Ali Bougheraba (en alternance), Matthieu Brugot, Camille Favre-Bulle, Jean-Marc Michelangeli (en alternance), Cristos Mitropoulos et Olivier Sélac.
https://www.theatrelepublic.be/season.php?type=1
DU 04/09/18 AU 27/10/18
UNE PRODUCTION DE KI M’AIME ME SUIVE. AVEC LE SOUTIEN DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE. Photo affiche © Johann Hierholzer. Photos spectacle © Fabienne Rappeneau.
Envahie par d’étranges sentiments, Marie est fatiguée, dépressive même. Rien ne va. Elle cherche, perdue dans ses pensées les souvenirs de sa jeunesse, les émotions laissées par les personnes qui l’ont accompagnée chaque jour. Ils ont disparu, l'un après l’autre et ne lui laissent que d’infimes ressentis teintés de nostalgie. De tous ces êtres d’un autre temps, se détache un cercle d’intimes pour qui elle a toujours beaucoup d’affection, d’attention.
Cette vieille valise craquelée, rangée au fond d’une armoire, resurgît quand elle a besoin de se replonger dans son passé, rejoindre les années bonheur qu’elle n’a pas connus. Souvent les larmes perles d’y penser et de les revoir, intactes dans cette minuscule mallette.
La valise est pleine à craquer. Les photos en noir et blanc sont prises par un photographe professionnel. Même poses, même décors. Tous ces gens à l’air serein, ne savent pas ce que la vie leur réserve.
Les photos de mariage aux sourires enjôleurs, les beaux jeunes gens devenus soldats et partant à la guerre, laissant leurs mères effondrées. D’autres clichés plus ludiques, joyeux, des images de mamans et leurs bébés. Grand-mère, grand-père les petits enfants assis sur les genoux. Le cousin Paul, tante Juliette, l’oncle Jules et des tas de photos anonymes, secrètes, perdues.
Quand cette boite à malice est ouverte, Marie cherche toujours des similitudes avec les photos du présent. Des ressemblances incroyables, des analogies extraordinaires, des regards étonnants, des connexions singulières, des liens entre eux et elle. Cette force qui lie les morts aux vivants. Ce fil qui tient une famille.
Marie se sent mieux. Elle a repris cette énergie vue sur tous ces visages si familiers. Sa famille, les ancêtres de sa lignée, elle est fière d’en faire partie.
Une mise en scène qui dérange…
« Nous ne sommes pas en train de fabriquer un autre univers idéal, mais de faire face à la réalité de notre propre monde, avec toute sa joie et sa tristesse. » Ce sont les mots de Patricia Kinard, une artiste-peintre belge contemporaine qui a une faculté particulière de ressentir l’invisible à travers ses sublimes peintures qui déclinent toutes les nuances de bleus. Elle cite Akong Rimpoche. Des mots qui nous parlent quand on repense à la mise en scène dérangeante de Romeo Castellucci dans « sa » Flûte Enchantée de Mozart. Voici le texte complet : "L'important, c'est de changer notre attitude. Cela nous donnera la liberté. La liberté a l'attitude d'accueillir tout ce qui nous arrive. C'est aussi simple que ça. En tant qu'êtres humains, nous sommes vivants. Être en vie, nous aurons toujours des expériences, qui que ce soit ou quoi que ce soit. Si nous nous félicitons de tout, le manque de liberté n'est pas un problème. Nous ne sommes pas en train de fabriquer un autre univers idéal, mais de faire face à la réalité de notre propre monde, avec toute sa joie et sa tristesse. Nous développons une maîtrise de nos circonstances afin de ne pas être limité par les vieilles habitudes de pensée, de sentiment et de comportement." Serait-ce une morale partagée par Romeo Castellucci?
La Monnaie a laissé carte blanche à Romeo Catellucci qui greffe sur sa Flûte une approche des plus personnelles et engagée. Chapeau quand même, d’oser mettre en scène ce qu’il considère comme l’envers de la Flûte enchantée, à la façon d’une « Böse Fee» qui, en plein 21e siècle, se met à dénoncer l’absolutisme du pouvoir masculin de la tradition franc-maçonne du XVIII siècle. Sacrilège! Il réhabilite la Reine de la Nuit, qu’il nomme mère-protectrice, lieu géométrique de tendresse universelle, dont le lait est source d’humanité. Comme celui de la Vierge à l’enfant, dépeinte aussi couronnée d’étoiles et foulant aux pieds l’immonde serpent… Maintenant, les images qu’il donne à voir sur scène de cette symbolique sont plutôt perturbantes à regarder, car les trois mères-laitières semblent faire partie d’une épouvantable ferme humaine ! On vous passe les détails.
https://www.rtbf.be/ouftivi/video/embed?id=2401553&autoplay=1
Romeo Catellucci insiste sur la souffrance de la Reine de la Nuit: « Zum Leiden bin ich ausgekoren ! » lorsqu’elle évoque l’enlèvement de sa fille… Mais contrairement à la Vierge, « Der Hölle Rache » la vengeance infernale devient son destin, que l’on peut lire en « mort et désespoir ». Son cœur de mère, « Mutter Herz » est dévasté. Quelle lecture inédite de l’opéra de Mozart ! Romeo Castellucci va plus loin, il donne la parole aux mots écrits par sa propre sœur en lui offrant une large fenêtre au beau milieu de la fête des lumières, où les facéties bienveillantes de Papageno et de Papagena ont été réduites au strict minimini-mum… . Il projette au contraire et concentre dans cette fenêtre la souffrance de l’amour aveugle (?) vécu par des femmes malvoyantes qu’il met en lumière, et la souffrance d’hommes écorchés et brûlés accidentellement, qu’il installe dans la souffrance de la fournaise. Ou bien, sont-ils les victimes des flammes de l’amour qui brûle dès le premier coup de foudre? Ensuite, chacun de ces groupes, les femmes au service de la Reine de la Nuit, les hommes à celui de Sarastro, sert d’écrin de rites initiatoires. Les femmes entourent de leurs soins Tamino, tandis que les hommes accueillent Pamina. Au terme de cette initiation, tous deux sont comme décapés de leur souffrance. On finit par leur ôter leur perruque de scène. Ils retrouvent ainsi leur être intérieur et leur véritable chevelure… source de force secrète et mystérieuse.
Si la souffrance est une initiation pour les chrétiens, une absurdité et un scandale pour Camus, à nous de choisir, pourquoi pas, une troisième voie : celle qui conduit à regarder le monde sans complaisance, regarder en face la réalité avec toute sa joie et sa tristesse. Sans jugement. Dans l’accueil de l’autre qui est toujours, tellement … « autre », chacun avec sa propre réalité! Il est un fait que la production de Romeo Castellucci donne sur la scène prestigieuse de la Monnaie, un accès public aux handicapés, aux déshérités et aux éclopés de toute origine. Voici, au 21e siècle, exposée, la réalité des aveugles de Breughel le visionnaire, et la chute d’Icare. Tout cela se passe au beau milieu d’un décor à l’inverse intégral du rêve étincelant de blancheur présenté au premier acte fait de costumes XVIIIe, de masques, de coiffures et de maquillages parfaits et resplendissants de lumière dont aurait pu rêver la reine Marie-Antoinette. D’une ode à la perfection de la symétrie sans faille, sans défaut, sans paroles, on passe insensiblement à une esthétique de logiciel arbitraire et omnipotent. Néanmoins, la munificence évoque pour certains, la beauté légendaire des cérémonies des rois du Siam, les ballets de plumes d’autruche évoque les palmes, les oiseaux, l’envol vers des réalités chimériques… On ne peut pas échapper à la beauté de la réalisation. Mais Romeo Castellucci nous fait retomber au deuxième acte sur terre, et la chute fait mal…
Dès lors, on peut aussi comprendre la révolte de spectateurs qui, choqués par l’extrémisme naturaliste de la mise en scène du deuxième acte et son allongement intempestif par des « textes qui n’y ont rien à faire », outrés par la rébellion du metteur en scène contre l’esprit des lumières dont il veut exorciser « l’imposture », blessés, dans le droit fil de leur patrimoine de traditions artistiques, sont ressortis fâchés et heurtés par cette mise en scène iconoclaste, criant … à l’imposture.
Le premier acte, en tout cas, malgré l’éviction complète des parties parlées du livret de Schikaneder est un bouquet magistral de musiques et de beauté esthétique incluant des installations étourdissantes sur plateaux tournants. C’est bluffant. Mais surtout, la finesse et sensibilité extrême du moindre mouvement d'Antonello Manacorda , le chef qui initie voix et instruments, sont en soi plaisir et délices. Il cisèle la moindre nuance, apporte une galaxie de variations dynamiques, nous donne à entendre une mystérieuse voie lactée musicale. La direction musicale du maître Antonello Manacorda est plus que brillante et la distribution foisonne de belles voix qui excellent dans la prononciation allemande, ce que l’on ne peut pas dire pour l’anglais maltraité par les figurants du deuxième acte, où apparaît un accent flamand très prononcé, dérangeant, lui aussi. On aurait au moins préféré que les textes italiens de la sorella aient été traduits directement en flamand et en français… Qu’est-ce que l’anglais vient faire dans cette galère? On regrette aussi les voix de fausset des jeunes garçons. Est-ce intentionnel, par esprit de dérision? Les instruments semblent de mèche... Mais, tant Jodie Devos que Sabine Devieilhe interprètent une Reine de la Nuit d’une humanité poignante tandis que les autres artis deux productions font également merveille. On est certes pleinement charmé par le ravissant trio de dames : Tineke Van Ingelgem, Angélique Noldus et Esther Kuiper.
Avec en alternance Ed Lyon et Reinoud Van Mechelen comme superbe Tamino, Georg Nigel comme Papageno et sa rayonnante compagne Papagena, Elena Galitzkaya. Gabor Bretz /Tijl Faveyts comme Sarastro. L’exquise Pamina, c’est en alternance Sophie Karthäuser et Ilse Eerens.
Que voilà un beau rassemblement d’étoiles dans la nuit, sous la baguette d’Antonello Manacorda, le chef lumineux, ovationné dans un feu d’applaudissement sans oublier les chœurs si émouvants et invisibles de Martino Faggiani.
Architecture algorithmique MICHAEL HANSMEYER
Collaboration artistique SILVIA COSTA
Dialogues supplémentaires CLAUDIA CASTELLUCCI
Dramaturgie PIERSANDRA DI MATTEO, ANTONIO CUENCA RUIZ
Chef des chœurs MARTINO FAGGIANI
https://www.lamonnaie.be/fr/program/831-die-zauberflote
Danseurs
STÉPHANIE BAYLE, MARIA DE DUENAS LOPEZ, LAURE LESCOFFY, SERENA MALACCO, ALEXANE POGGI, FRANCESCA RUGGERINI, STEFANIA TANSINI, DANIELA ZAGHINI, TIMOTHÉ BALLO, HIPPOLYTE BOUHOUO, LOUIS-CLÉMENT DA COSTA, EMMANUEL DIELA NKITA, AURÉLIEN DOUGÉ, JOHANN FOURRIÈRE, PAUL GIRARD, NUHACET GUERRA, GUILLAUME MARIE, TIDIANI N’DIAYE, XAVIER PEREZ
Comédiens amateurs
DORIEN CORNELIS, JOYCE DE CEULAERDE, MONIQUE VAN DEN ABBEEL, KATTY KLOEK, LORENA DÜRNHOLZ, JAN VAN BASTELAERE, MICHIEL BUSEYNE, JOHNNY IMBRECHTS, YANN NUYTS, BRECHT STAUT
Comédiens
SOPHY RIBRAULT, CINZIA ROBBIATI, MICHAEL ALEJANDRO GUEVARA, GIANFRANCO PODDIGHE, BOYAN DELATTRE / AMOS SUCHEKI

https://www.facebook.com/ARTEConcert/videos/2265681350326666/
Orchestre symphonique et chœurs de la Monnaie
Académie des chœurs et chœurs d’enfants et de jeunes de la Monnaie s.l.d. de Benoît Giaux
La presse en parle:
Deux articles dans Crescendo magazine, la référence en musique classique!
http://www.crescendo-magazine.be/a-la-monnaie-la-flute-dejantee-de-castellucci-questionne-mozart/
Ses graffitis sur les murs londoniens et américains sont connus dans le monde entier. « La petite fille avec un ballon rouge », une de ses œuvres les plus connues, a été retravaillée par Banksy lui-même dans une vidéo marquant les trois ans de conflit syrien. Sur son site officiel, il déclare que : « Le 6 mars 2011 dans la ville syrienne de Daraa, 15 enfants ont été arrêtés et torturés pour avoir peint des graffitis anti-autorité. Les manifestations qui ont suivi leur détention ont entraîné une flambée de violence dans tout le pays qui allait voir une révolte interne se transformer en guerre civile qui a fait déplacer 9,3 millions de personnes ». Ce montage fait partie de la campagne « With Syria », menée notamment par Amnesty international, Oxfam et Reporters sans Frontières.
Le dessin initial sera projeté sur plusieurs monuments à travers le monde, comme la Tour Eiffel de Paris et la Colonne de Nelson à Londres. Des ballons rouges seront lâchés depuis plusieurs grandes villes pour représenter le soutien du monde aux enfants syriens.
Banksy milite contre le conflit en Syrie depuis plusieurs mois déjà.
Source:
"Il s'agit d'un horizon
Quelle question
Pourquoi définir l'art
En accord avec une part
D'actions
Clef, d'une musique
Onirique
Sous le régime
D'un esprit, sublime
Les couleurs ont des sens
Avec raison et, connaissance
Mais est-il bon
De donner un don
Justifier le prompt
d'une étiquette
Pardon ..."
Cf. deux tableaux-bois
ED
10
2018
Écriture prompte
Quand le jour
s’enfoncera dans l’ombre
quand seront défaites
ses lueurs
ce sera l’heure
intime
grise et bleue
un duvet de brume
des fantômes d’oiseaux
dans les branches
le mouvement
irréversible
un peu plus lent
de la vie
et c’est tout
...........................
Martine Rouhart
Buzet sur Baïse ne fait pas partie des capitales répertoriées sur les cartes du monde et si l'on considère le nombre d'habitants au mètre carré, peut-être que quelques nombrilistes afficheraient un sourire dédaigneux. Ce serait une erreur, cette petite ville de « province » est géante par son rayonnement.
Buzet sur Baïse est une ville que l’on devrait « peut-être » montrer en exemple par le fait que la Culture en son sein est invitée nécessaire, une complémentarité à l’enseignement.
Un engouement certes mais qui ne serait possible sans la mobilisation de quelques bénévoles qui portent les projets en toute discrétion. Puisque mon rôle est de parler de littérature, je ne puis résister au plaisir de saluer la petite équipe entourant Chantal Garez qui a mis sur pied un Salon littéraire des plus originaux grâce à l’agent littéraire, Marika Daures à l’origine de l’idée.
Porter la littérature à bout de bras, voici un pari risqué si l'on considère qu'un essoufflement médiatique semble tourner le dos à ce qui pourtant offre la grandeur de nos civilisations. Ne l’oublions pas, sans littérature, sans Art en particulier, la mémoire de notre « raison d’être » risque de s’étioler.
Le projet littéraire de Buzet sur Baïse a ceci d'original qu'elle débute son salon par la projection d'un film en présence de personnalités surprenantes. L'opportunité d'offrir un débat. (En 2017 Joseph Joffo pour « Un sac de billes », en 2018 le réalisateur Eric d'Agostino pour « La nef des fous »)
Un tapis rouge déroulé pour ses habitants, voici qui devrait mobiliser les foules mais, combien de Buzéquais sont conscients que depuis 2017 un événement à résonance internationale a vu le jour en leur honneur ?
Ce vendredi 28 septembre dernier, le cinéma de « Aiguillon » accueillait le scénariste et réalisateur Belge Eric d’Agostino. L’événement peut sembler anodin et pourtant !
Eric d’Agostino et son co-réalisateur Patrik Lemy s’enfermèrent pour une période de deux ans dans l'annexe psychiatrique de la prison Belge de Saint Gilles. Les images que nous découvrirons n'ont laissé personne indifférent. Le sujet est pénible et nous renvoie une image déplorable de ce que nos sociétés construisent pour étouffer ce qui ne lui convient pas. Le film est révélateur, dur, mais pas insoutenable. Il porte le mérite d’interroger nos consciences en dépassant le déni collectif qui s’identifie à une forme d’omerta. Après tout, cette chape de silence semble arranger pas mal de monde.
Pour avoir assisté à la projection et aux débats qui ont suivi, bien que le réalisateur ait répondu sans détour aux questions du public, j'ai comme une impression fugace que le film ne l'a pas épargné. Eric d'Agostino semblait épuisé, plus exactement, il n’est pas improbable que cette expérience l'a profondément marqué. Rien ne vient étayer cette constatation, juste une impression, une forme de prémonition.
Sur la scène, le réalisateur était accompagné par celui que l'on pourrait définir comme étant le fil rouge du document : Chef Jean.
Gardien Chef de l’annexe, ce dernier a partagé ses impressions et ses révoltes face à ce qui a été nommé comme étant, je cite, « les poubelles de nos sociétés ». Chef Jean qui apportera tout au long de sa carrière le maximum d’empathie à ces hommes enfermés parfois au nombre de trois. Trois humains parqués dans une cellule de quelques mètres carrés, trois malades confrontés à la pathologie de ceux qui partagent la même cellule. Inutile d’être expert pour comprendre que c’est une bombe à retardement mise en place par un système derrière lequel les acteurs cachent leurs responsabilités.
A sa sortie, le film fit forte impression au point qu'en Belgique le parlement se saisit du débat. Les choses ont changé sans toutefois répondre au besoin de conscience collective.
C'est la seconde année que Buzet sur Baïse fait le pari de fusionner cinéma et littérature. Pari difficile à tenir puisque nous savons que les budgets de la Culture ne répondent malheureusement pas aux besoins de la demande. C'est la raison pour laquelle j'ai envie de me lever, d'applaudir une poignée de passionnés qui mobilisent temps et énergie pour le plaisir de ceux qui ont répondu à cette invitation.
Restons honnête, si la première projection destinée aux élèves des écoles avoisinantes a récolté un franc succès, la projection destinée aux adultes ne fut pas ce que l'on pourrait appeler un grand cru. La question est posée, que faut-il faire pour que le public réponde présent ? Je n'ai aucune réponse à cette question, peut-être faudrait-il un peu plus d'engouement de la part des acteurs Politique ? Voici un événement qui porte le nom de la ville, de la région, à briller sur les affiches de l'international en a t'on prit conscience ? En vérité le nom des organisateurs devrait être gravé pour la postérité.
Que ne faut-il pas déployer d'énergie pour arriver à porter un tel événement ? Beaucoup de frustrations, d'impondérables qu'il faut résoudre parfois au dernier instant. L'espoir ne subsiste que parce qu’une poignée de bénévoles osent prétendre qu'un rêve peut devenir réalité. J’avoue avoir été étonné par l’absence d’élus à la salle de projection, n’y avait-il personne de disponible pour assister à l’évènement ? J’ose comprendre que dans cet état d’esprit, les citoyens ne se soient pas déplacé en nombre, c’est dommage, les organisateurs méritent beaucoup mieux.
Deux projections suivies d'un salon littéraire. La qualité était sans conteste au rendez-vous. Impossible de citer tous les auteurs, nous risquerions de commettre un impair. Nous saluerons toutefois Juliette Nothomb marraine de l'édition, venue en droite ligne de Lyon. J'adore Juliette pour l'avoir rencontrée à de nombreuses reprises dans le cadre de mes chroniques. En dehors de Juliette Nothomb, la Belgique fut largement représentée malgré une grève annoncée au sein d'une célèbre compagnie aérienne. Cette grève obligea les plus tenace à parcourir plus de 2000 kilomètre sur un W.E.. Bou Bounoider, Anne Libotte et j'en passe, furent le temps de quelques heures les ambassadeurs de la littérature Belge.
Ainsi, par cette ouverture d’esprit, le salon du livre de « Buzet sur Baïse » ouvre la porte à la culture sans frontière. C’est important pour les artistes de savoir qu’un tremplin existe au rayonnement de leurs créations en dehors du cercle intime et donc limité de leur terroir.
La langue Française mérite d'être cultivée, c’est un héritage qui porte notre mémoire, le rendez-vous des souvenirs sauvegardés. Comme le disait si justement une élue d'un département voisin : « L'un des premiers gestes que fait un tyran quand il prend le pouvoir c'est de brûler les écrits ». Par nos regards et notre intérêt nous permettons aux auteurs de percevoir un minimum de reconnaissance pour un travail étalé parfois sur plusieurs années. Rien que pour cela, l’effort d’être curieux mérite que l’on se déplace.
En conclusion j'écrirai que le Salon du livre de Buzet sur Baïse fait partie des incontournables. L'organisation est admirable malgré quelques détails insignifiants à améliorer, qui peut se vanter d'être parfait ? Si les organisateurs acceptent ma présence, je n'aurai aucune hésitation à me joindre à la prochaine édition. Je vous l'écris, je le signe et le fais avec enthousiasme, si la vie me le permet, en 2019 je serai présent et heureux de l’être. Petit mot encore pour saluer les vignerons de Buzet qui offrent un breuvage généreux, un apperçu de paradis. Un petit faible pour le restaurant "Le Gougeons qui frétille" dans lequel je me suis régalé et fait trembler le chef par mes blagues de potache. C'est que dans la région on porte le sourire au dessus du verbe et c'est cadeau.
Et vous pensez que je suis forte?
Certes, l'idée est séduisante...
Alors, le sourire je le porte
Et décide croire la vie plaisante.
Quand matin en ouvrant les yeux
M'agresse ma lucidité
Que mon regard se fait peureux
Garder encore l'envie de jouer!
Pour moi, bien sûr tout est facile...
Et mon chemin est fait de fleurs!
Pourtant ces fleurs combien fragiles...
Elles ont poussé sur mes langueurs.
Oui, penser faux, c'est penser court
En s'attachant aux apparences!
Sachez, qu'avec un brin d'amour
On peut apaiser nos souffrances...
J.G...
2018 voit naître la première édition du Brussels Cello Festival
Pour sculpter la musique, aucun instrument ne dépasse le violoncelle, dont on dit qu’il a voix humaine… Un instrument sensuel et charnel, à la fois par ses formes proches d’un corps humain mais aussi par la manière dont les violoncellistes enlacent leur instrument les yeux souvent fermés, et font corps et âme avec lui. Et puis, par rapport à la sculpture, pour le son et l'expressivité, c'est moins salissant que la glaise et la pierre! Entre tous les classiques favoris consacrés au violoncelle, sautent immédiatement à l’esprit: Les Suites pour violoncelle de J.S. Bach, le concert pour deux violoncelles en sol mineur de Vivaldi, la Sonate pour violoncelle et piano "arpeggione" en La mineur D 821 de Schubert, le Concerto n°1 en mi bémol majeur op.107 de Dmitry Shostakovich, …et tant d’autres! Un répertoire immense qui parle en direct aux émotions grâce à un instrument tout en passion, onirisme, finesse et subtilité.
A Bruxelles, le 3 juin 2017, le jeune violoncelliste français, Victor Julien-Laferrière était proclamé 1er lauréat de la première édition du Concours Reine Elisabeth consacré au violoncelle. Le musicien a été élu soliste de l'année aux Victoires de la Musique classique 2018.
De 2014 à 2017, le violoncelliste américano-coréen Han Bin Yoon se produit en tant que soliste à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth en Belgique. Il a été présenté en solo, notamment au Music Chapel Festival de Beethoven (Flagey, Bruxelles) en collaboration avec la pianiste Maria Joao Pires, au Festival musical du Brabant wallon (Château de La Hulpe), au Centre culturel coréen de Belgique et au BOZAR de Bruxelles. Lauréat de plusieurs concours, Han Bin remporte en 2013 le second prix du Young Concert Artist International Auditions 2013, ainsi que le 3ème prix et un prix spécial de la meilleure interprétation d’une œuvre chinoise, au premier concours International Schoenfeld String Competition de Hong Kong. Il interprète le concerto pour violoncelle de Dvorak avec le Thornton Symphony, sous la direction du chef d’orchestre James Conlon. En 2012, il donne une série de récitals ainsi que des conférences et des master-classes en Californie.
Depuis septembre 2014, il se perfectionne à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, en Belgique, sous la direction de Gary Hoffman. Han Bin joue avec le violoncelle Tanguy Fraval prêté par la Chapelle Musicale Reine Elisabeth.
Ainsi, dans une perspective de diversification de l’offre musicale, pour provoquer la création, pour développer l’accessibilité de la musique classique à un public toujours plus curieux et plus large et encourager les jeunes à venir goûter aux émotions qui la traversent, voici une nouvelle initiative soutenue par Musiq 3 qu’est la première édition du Brussels Cello Festival dont Han Bin Yoon est l’âme organisatrice et artistique. Il a le soutien majeur de Bernard Fierens-Gevaert qui est une figure de la vie musicale belge engagée de longues dates dans le soutien aux jeunes talents. De nombreux concerts privés ont été organisés pour que ce projet puisse voir le jour et par le bouche à oreille, attirer un public curieux et enthousiaste. De nombreux mélomanes et amis de la musique se sont engagés à soutenir ce beau projet artistique et musical.
Le festival organisé par l'ASBL Belgium Cello Society, se tiendra du 12 au 14 octobre 2018. Il présentera des solistes, des concertos, des masterclasses et des ensembles de musique de chambre convoquant les meilleurs violoncellistes de Belgique et du monde entier.
Parmi les artistes invités figurent des solistes internationalement réputés tels que Gary Hoffman, Marie Hallynck, David Cohen, Alexandre Buzlov, Roel Dieltens, Anne Gastinel, Paul Katz, Jakob Koranyi, Pieter Wispelwey et Bin Yoon.
Retrouvez ici le programme complet des festivités.
Des professeurs et étudiants issus des différents conservatoires belges (Bruxelles, Anvers, Gand, etc.) participeront aux masterclasses et au concert de clôture, clôturant la première édition avec un son de violoncelle de masse jamais entendu en Belgique!
Rendez-vous donc le week-end du 12 au 14 octobre 2018 dans le quartier du Sablon à Bruxelles

Sonate no. 1 en mi mineur (Op. 38) Jakob Koranyi, violoncelle - David Selig, piano Sonate no. 2 en fa majeur (Op. 99) Gary Hoffman, violoncelle - David Selig, piano - pause - Sonate pour clarinette et piano en fa mineur (Op. 120, n ° 1) Sonate pour clarinette et piano en mi bémol majeur (Op. 120, n ° 2) Violoncelliste Pieter Wispelwey, violoncelle
Pour conclure, Le gala du samedi 13 octobre: 
Avec Gary Hoffman, Aurélien Pascal • Cellist, Han Bin Yoon,Marie Hallynck, Ella van Poucke - cellist, Alexander Buzlov et David Cohen.