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Une couverture simple sur laquelle une photographie noir et blanc, légèrement floutée, fait apparaître un loup.

J’adore l’animal, la photo lui rend astucieusement hommage en nous offrant un premier chapitre, un chapitre visuel.

« Joël Mespoulède » avait sollicité à son éditeur, « Chloé des Lys » de m’envoyer son roman « Faune Sauvage ». 

Après bien des péripéties le livre fut déposé dans ma boite aux lettres par un facteur épuisé. Le pauvre, obligé de gravir la pente abrupte qui mène à ma demeure j’avoue que ce n’est pas un cadeau. Vite, vite, un verre d’eau pour ce courageux qui volontairement délaisse sa voiture à l’entrée du village à l’opposé de tant de comportements adeptes du réchauffement climatique. Que voulez-vous, l’effort c’est pour les autres, rarement pour soi.

« Faune Sauvage » est un roman que j’ai dévoré avec avidité. L’histoire est joliment amenée et les protagonistes même s’ils se détestent parfois, dardent la vie de petites pointes d’humour.

Le roman de « Joël Mespoulède » nous offre beaucoup plus qu’un simple récit. C’est un transbordement au sein d’une communauté dans laquelle s’affrontent différents regards. Les intérêts et les passions de chacun peuvent à tout instant faire basculer l’intrigue.

Un photographe animalier traque un vieux mouflon en parcourant en toutes saisons les flancs de ses montagnes natales. Un homme, la nature, la solitude et le jeu de « qui est le plus malin »entre le photographe et l’animal, sont portés par des mots éthérés, agréablement choisis.

Relation de tendresse échangée par les angles d’un triangle (notre traqueur d’image, sa compagne et la fille de cette dernière), permet d’approcher le sérieux avec une pointe de légèreté.

Pas de lourdeur, juste les sentiments et l’impression qu’entre ces trois-là s’est formée une relation « fusion ». Évidemment, il y a les méchants, ceux qui rêvent de trophées et possèdent de l’argent. On peut être idéaliste, pour vivre, impossible d’ignorer le système, car si le photographe désire vendre son travail, la nécessité de dégoter acheteur ou si l’on a plus de chance un mécène est bien réelle. Que le destin s’en mêle et il vous portera peut-être à fréquenter la gloire.

Yes, bingo, le millionnaire intéressé par les œuvres de notre héros se présente en compagnie de son épouse. Malheur, la dame est chasseresse.

Stop ! Je vous laisse en découverte.

Ce qui est intéressant quand on plonge dans un roman c’est de se laisser porter par une écriture habilement construite. Il n’y a pas de secret, pour reconnaître une certaine qualité de plume on écoute son subconscient. Trembler de froid sur les sommets enneigés que décrit l’auteur alors que la canicule vous oblige à vous abriter de la morsure d’un soleil agressif me semble un signe positif. Porter son empathie, râler sur l’idiot, hurler quand le chasseur se saisit de son arme, oui je crois pouvoir affirmer que « Faune Sauvage » possède énormément de qualités. Autre symptôme, ouvrir le livre et ne plus vouloir le lâcher. Que puis-je ajouter de plus ? L’auteur, « Joël Mespoulède » vit actuellement dans le Languedoc. Voici qui suscite mon intérêt, car je ne suis pas certain que la neige fasse partie du quotidien de ces régions reconnues pour les parfums de son vin et le chant de son accent.

Je vous avoue avoir hâte de rencontrer l’auteur pour une interview. Rendez-vous est pris pour le mois de septembre et puisque nous ne sommes pas trop loin de Béziers nous profiterons de l’occasion pour inviter la chroniqueuse « Virginie Rouquette » de Radio Ciel bleu. Vous la connaissez peut-être, c’est elle qui parle de littérature avec des étoiles dans les yeux.

J’ajouterai néanmoins ce petit bémol, mais que l’auteur se rassure, il n’est en rien responsable de ce qui va suivre.

Bien que je connaisse pas mal d’auteurs édités chez Chloé des Lys, auteurs talentueux que je salue et qui nombreux sont d’agréables compagnies, je ne comprends pas comment au 21e siècle on peut encore éditer des ouvrages d’aussi piètre qualité. J’ai pour habitude de respecter les livres que je lis et pourtant, après une première lecture, voici que le « bouquin » perd de sa superbe. Couverture qui se décolle, photo du premier de couverture pâlie par le soleil du midi et rayée après quelques instants, c’est décevant.

Les prix ne correspondent pas à la moyenne du marché, au contraire, et cette politique est avant tout préjudiciable à l’auteur. L’éditeur prend sa marche bénéficiaire, c’est normal, ensuite si l’auteur est accepté en librairie il laissera généralement 30% sur le prix de vente (je vous passe les frais de déplacement pour les salons et séances dédicace). Sur un marché surpeuplé dans lequel il devient difficile de trouver sa place, ce n’est pas en gonflant les prix que les écrits auront une chance d’être découverts en dehors des cercles familiaux. Si vous ajouter le facteur « manque de qualité », l’auteur subit un préjudice.

Chacun est libre de ses choix, cependant je ne suis pas certain que les écrivains possèdent réellement ce choix. Un livre représente des heures de travail. Après plusieurs mois, des années quelquefois, l’écrivain se lance à la recherche d’un éditeur. Le chemin est difficile et les espoirs sont grands. Certains éditeurs le savent et jouent sur cet espoir. J’ai déjà parlé de ce problème avec les responsables de "Chloé des Lys" mais il semble que la surdité fasse parfois des ravages dans le monde de l’édition. Profitons de ce billet pour saluer « Chloé des Lys Collection » né grâce à l'initiative de la romancière Christine Brunet. "Chloé des Lys Collection" & "Christine" méritent le respect et à mon humble avis, la maison "Mère" devrait en tirer des leçons.  Ceci écrit, ce n'est jamais qu'un avis parmi tant d'autres...

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