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Vendredi 14 décembre 2012 [19h30-21h00]

Signature : Rébecca Terniak

« Les bergers de Noël ». Une belle histoire, des illustrations vives et des chants

recréent la magie de Noël à travers ce conte-spectacle destiné aux enfants dès 6 ans."

À Lausanne Pépinet 

 

Voilà !!

L'annonce de ma signature prochaine pour le dernier né LES BERGERS DE NOËL

est en ligne sur le site de la grande librairie romande Payot à Lausanne.

Je suis très contente de cette belle opportunité de me voir offrir une soirée pour présenter mon dernier livre.

Les autres livres de mon édition La Lyre d'alizé www.lalyredalize.org  seront aussi mis en valeur.

 

Je me réjouis de pouvoir inviter tous les amis, les familles et les enfants actuels autant que tous ceux qui sont passés

vivre à mon jardin d'enfants chantant L'Oiseau Lyre et qui ont joué ce jeux des Bergers en gestuelle d'Eurythmie

et tout déguisés.

 

 

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Depuis toujours les artistes ont aimé partager leur savoir

Depuis toujours les artistes ont aimé partager leur savoir, échanger leurs idées, en voici encore un exemple concret en provenance des plus grands.

Je déplore que dans les écoles d'art ( j'en ai eu l'expérience) on n'explique plus les bases du "métier". Il est aberrant de penser qu'en 4 ans d'études aux Beaux-Arts de Bruxelles en section gravure: je n'ai jamais, par exemple, eu un burin en main, et que je n'ai pas eu accès à la pratique de la méthode Hayter. Le cours d'histoire de l'art dont je reconnais par ailleurs l'utilité n'a jamais fait l'objet d'un chapitre sur l'histoire de la gravure et des graveurs: j'ai tout appris par moi-même de l'histoire et des techniques et je remercie le net pour cela: il m'a permis l'accès à ces savoirs avec d'infinies facilités de moyen tant financier, que d'accessibilité.

Je déplore également qu' aujourd'hui les artistes ont de plus en plus le culte du secret.

J'en ai eu souvent la preuve lors des réactions face à mon blog Histoires d'encres et de papiers: certains artistes m'ont écrit pour me signifier comme une mauvaise chose le fait de dévoiler les "secrets de fabrication" d'une oeuvre. Je ne suis pas de leur avis: connaitre une technique et les petits trucs qui en découle ne fera jamais de celui qui les applique un futur "copieur", l'artiste véritable y  trouvera matière à s'enrichir personnellement, il ne copiera pas, il s'améliorera au mieux.

Degas à Pissaro: Lettre à propos de gravure

Lettre de DEGAS à PISSARO 1880

Mon cher PISSARO,

 

Je vous félicite de votre ardeur; j'ai couru chez Mademoiselle CASSATT avec votre paquet.

Elle vous fait les mêmes compliments que moi à ce sujet.

Voici les épreuves: la teinte générale noirâtre, grisâtre plutôt, vient du zinc, qui est gras par lui-même et retient du noir de l'imprimeur; la plaque n'est pas assez planée.

 

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Crépuscule avec meules de foin

 

Pissarro combine plusieurs procédés pour créer de l’atmosphère, dont les grains de l’aquatinte ainsi que pour obtenir un divers tons et textures. L’eau-forte et la pointe sèche servent à définir les caractéristiques du paysage. Imprimée, par Degas, c'est une série en couleurs. Degas qui imprima ces épreuves, trouvait que la planéité de la planche étant imparfaite, l'atmosphère "brumeuse" en était la cause.

 

Il est difficile de savoir si les différentes couleurs devaient suggérer des changements de lumière ou, tout simplement, élargir l’éventail des possibilités décoratives. Personnellement à la lecture des lettres je pencherais plutôt pour la seconde hypothèse.

 

Je me doute bien qu'à Pontoise, vous n'avez pas autant de facilité pour ce point-là que rue de la Huchette( chez le planeur GODARD) Il faudrait tout de même avoir quelque chose de plus lisse.

Vous pouvez voir tout de même combien le procédé a de ressources.

Il faudrait aussi que vous vous exerciez à poser des grains, pour avoir par exemple un ciel d'un gris uni, égal et fin.

C'est très difficile, si on en croit Maître BRACQUEMOND. En ne voulant faire que des gravures d'art original, c'est peut-être assez facile.

 

Voici le moyen: prenez une plaque bien lisse (c'est essentiel, vous comprenez).Dégraissez-la absolument, au blanc d'espagne. Préalablement vous avez faire dissoudre dans de l'alcool ttrès concentré de la résine. Ce liquide versé à la façon des photographes lorsqu'ils verseent le collodion sur leur glace, (ayez soin, comme ils le font, de bien égoutter la plaque en la penchant), ce liquide donc s'évapore et laise la plaque couverte d'une couche plus ou moins épaisse de résine en petits grains. En faisant mordre vous avez un semis plus ou moins foncé suivant que vous aurez laisser mordre plus ou moins. Pour avoir des teintes égales c'est nécessaire; pour avoir des effets moins réguliers, vous pouvez les obtenir avec l'estompe ou le doigt ou toute autre pression sur le papier qui couvre le vernis mou.

Votre vernis me semble un peu trop gras. Vous avez mis un peu trop de graisse ou de suif.

Avec quoi avez-vous noirci votre vernis, pour avoir ce ton bistré du derrière du dessin?

C'est très joli.

Essayez quelque chose de plus grand avec une meilleure planche.

Pour la couleur, je vous ferez tirer avec une encre de couleur votre prochain envoi.

J'ai aussi d'autres idées pour les planches en couleurs.

Essayez donc quelque chose de plus fini. Ca serait ravissant de voir des contours de choux très suivis( PISSARO avait gravé un vernis représentant un champ de choux.)

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Pensez qu'il faut débuter par une ou deux très belles planches de vous.

Je vais m'y mettre ces jours-ci, à mon tour.

Caillebotte fait de ses fenêtres des refuges du Boulevard Haussmann m'a-t-on dit.

Pourriez-vous trouver à Pontoise quelqu'un qui puisse découper dans du cuivre très léger des choses décalquées par vous. On pourrait appliquer ces sortes de patrons, sur une épreuve au trait et un peu à l'effet, à l'eau-forte ou au vernis mou et imprimer alors avec du bois poreux chargé de couleur à l'eau les parties mises à découvert. Il y aurait là à faire de jolis essais d'impressions originales et curieuses en couleur. Travaillez un peu çà, si vous pouvez.-Je vous enverrai bientôt, des essais de moi en ce genre- Ce serait économique et nouveau.

(Apparemment DEGAS n'a jamais réalisé ces essais. Le procédé d'impression de bois avec de la couleur à l'eau, a été pratiqué par GAUGUIN sur des bois directement gravé par lui)

Et ça nous irait, je crois, suffisamment pour commencer.

 

pas besoin de vous complimenter sur la qualité d'art de vos potagers.

Seulement dès que vous vous sentirez un peu habitué, essayez en plus grand et des choses plus faites.

Bon courage.

DEGAS

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NOTE: Toutes ces gravures sont visible sur le site de Gallica à l'adresse suivante: http://gallica.bnf.fr/Search?ArianeWireIndex=index&f_...

 

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♦ La greffe à l'arbre instruit

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Je garde mémoire et leçon des peuples dispersés

Leurs chansons de beauté triste mais à l’âme insistante

Tout ce qui rend libre même de rêves reportés

Tout ce qu’il nous faut garder comme flammes ardentes

 

J’y ai planté mon idéal, ne demandant rien d’autre

Et vivre et aimer et mourir, simplement, souhaitant 

Avoir au jour dernier l’heure apaisée de toute faute

La concession d’un endroit où me parlera le vent 

 

Bien sûr, je sais la chance répétée qu’il faut pour ça

Ne me fermez pas les yeux déjà sur ce qui n’est pas     

 

Je garde mémoire et leçon de peuples enchaînés

Par des voix ébène et coton qui ont mis l’espérance

Dans un creuset de temps double, long mais porté

A tout rendre gorges pleines des jours de délivrance            

 

J’y ai planté tout art vivant, le mouvement, la marche

La distance à parcourir par le corps et par l’esprit

La partance à choisir pour ne pas devenir lâche

La portance de tout rêve, génie ou utopie  

 

Bien sûr, je sais chaque pas difficile du combat

Mais ne dites pas ma voix se séparer d’autres voix

 

Je garde mémoire et leçon des peuples opprimés

Avant toute idée d’abandon refermé, bouches closes

Je dis des planches de salut à encore nommer

L’épi et l’olivier, l’enraciner de mille choses

 

J’y ai planté cent fois ma vie comme incroyable richesse

C’est toujours même culte rendu à l’air et à l’eau

A la terre qui me nourrit, au plumeau des caresses 

Au mystère de l’émotion, à l’instant fleur de peau

   

Bien sûr, je sais les drames, les grands malheurs et leur poids

Ne laissons pas aujourd’hui mourir de faim et de froid

 

Je garde mémoire et leçon de mon cher peuple incliné

Comme une prière ancienne et à l’adresse imprécise

Un espoir qui repousse tout non sens des destinées              

Un merci de paix profonde à toute science transmise

       

J’y ai planté ma vie forte comme un retour à la source

Comme une greffe à l’arbre instruit des vents et du temps

Un univers pénétré fait d’étonnantes ressources

De ce qui mène aux beautés, prime cœur des sentiments

 

Je sais ce qu’on peut perdre jusqu’au plus grand désarroi

Mais restez tout choix humain de l’alpha à l’oméga

 

© Gil DEF - 14.01.2011

- Manifestement Cherche-Monde -

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Bien chère Suzanne,

Merci pour votre si gentil mot qui me touche vraiment, toujours empreint de délicatesse comme vos mélodieuses poésies que je vais aller retrouver.

 
J'espère que vos forces vont vous êtes redonnées pour vous donner l'activité et l'expression dont vous
avez besoin car vous aimez embrasser la vie.

Moi non plus je n'arrive plus trop à suivre dernièrement car je suis non seulement débordée par mes deux activités
dans les domaines de l'Enfance et de l’Édition, mais très souvent le soir, épuisée par mes 2 déménagements et installations et la frénésie avant Noël dans ces deux domaines.
Heureusement, j'ai fini fin octobre juste à temps pour assumer ce qui arrivait de fêtes et manifestations exceptionnelles ou courantes et je vais retrouver le sommeil réparateur, j'espère maintenant
car outre être un peu meurtrie de partout, c'est le repos qui manque trop.

Mais je dois remercier pour tant de cadeaux du ciel de toutes parts et pour les grandes joies qui sont constamment données au passage que vais un peu évoquer ici et qui me redonnent périodiquement des forces de vie.

Les cadeaux  :

- lors de la réunion réussie de mardi soir des parents où je leur ai fait vivre et exercer la gestuelle de leurs enfants
dans les rondes, histoires, jeux chantés et les comptines avec, outre la joie de l'expression artistique, la mise en lumière de tout le soubassement pédagogique et didactique ... ce qui les a si bien réjouis sur tous les plans et réaliser la joie et le chemin parcouru par leurs enfants dans la motricité et motricité fine, l'apprentissage du geste et de la langue, la conquête par leurs enfants de leur propre instrument corporel et de l'espace, des liens sociaux aussi.

- lors de la fête de Saint Martin et des lanternes en forêt si magique mercredi soir dernier ... après le repas canadien,
lorsque dans la nuit, nous montons la colline où nous vivons, sous les étoiles, éclairés seulement par la douceur des lumières des lanternes des enfants en chantant les chants de Saint Martin et des lanternes avec joie et un peu essoufflés.
Tout du long, nous restons frappés par la beauté de la scène et particulièrement, nous ne pouvons plus bouger, quand nous faisons de grands cercles avec nos lumières en haut dans la nuit de la forêt, comme en bas dans le parc,  émerveillés par le charme de nos lueurs dans la nuit et voulant arrêter le temps et rester ensemble à partager cette nuit étoilée magique si douce.

- un autre temps littéralement féérique fut notre expédition la semaine d'avant, dans une autre grande forêt désignée par le bucheron lequel nous permet chaque année de couper les branches de sapin d'un arbre abattu par eux pour être à même de construire au sol notre gigantesque Spirale de l'Avent
(dans laquelle vont entrer et marcher les enfants dans l'obscurité pour allumer un à un et seul, leur petite bougie au centre de l'immense Spirale au sol faite de branches  de sapin et de pierres précieuses).
Le sol en relief de cet endroit de forêt était un sol de lutins et de fées : tout tapissé de mousse étoilée et de mousse de fougères d'une beauté incommensurable à couper le souffle. Les petits et grands troncs coupés formaient de petites collines arrondies de mousse trop adorables et mon aide et ami disait : Vous la voulez celle là et m'en offrait certaines avec sa tronçonneuse pour le bas de la crèche de Noël  des enfants !!! Mon assistante sautait de joie, émerveillée et ravie devant tous ces parterres étoilées, verts de vie et doux.
C'était tellement beau et magique et nous aurions voulu reste là longtemps tous les trois.

Et je repensais tristement et avec stupeur aux enfants suisses de nos jours que je croise dans le bus ou train et qui ne sont maintenant  plus qu'intéressés et captés, happés, ensorcelés par leurs petits smartphones et jeux ... au lieu d'aller vivre la découverte et l'aventure dans les forêts, à construire de petits barrages ou  autres et recevoir la beauté offerte du monde et de mère nature.

- Pour la sortie de mon livre LES BERGERS DE NOËL, les familles et leurs enfants de mon jardin d'enfants L'Oiseau Lyre vont venir en nombre honorer l'évènement à la soirée dédicace en nocturne du vendredi 14 décembre et  m'appuyer dans ce cadeau qui m'est donné par la grande librairie suisse romande Payot Lausanne et ce
sera une vraie petite fête qui fera encore veiller les enfants !

- Lundi 26 nous ferons la SPIRALE de l’Avent qui ouvre le temps de l'Avent car je veux que mes enfants aient le temps de respirer et vivre 4 semaines cette période très belle et non 3.
Alors pour construite la Spirale la semaine qui vient, et changer les décors des nains des lanternes et de l'automne afin d'installer Noël dans tous les coins, nous allons être bien bien occupés et travailler sans relâche ... pour vivre ensuite dans la joie, la paix et la douceur.
Je vais aussi organiser la distribution des rôles pour notre Jeu-théâtre de Noël (même texte et chants que le livre des Bergers de Noël) et aussi établir le tableau d'intervention du jour de chaque enfant pour ouvrir les calendrier lanterne à histoires de l'Avent, allumer toutes les bougies de la couronne de l'Avent comme celle de la crèche. Pour quatre enfants, ce sera aussi le même jour que leurs anniversaires ! C'est le cas pour plusieurs chaque année.

Ce temps de l'Avent est un temps béni et tout paisible qui va s'ouvrir mais il faut le mériter avant par beaucoup de travail pour qu'il soit beau et réussi. Et comme je suis perfectionnisme, je me rends un tantinet esclave de mes propres exigences ! Mais je ne peux faire autrement, pour honorer les saisons et la beauté du monde. Heureusement je suis aidée par ma précieuse seconde depuis quelques années et c'est moins épuisant
qu'autrefois.

Voici donc aussi non seulement pour notre Suzanne mais pour vous mes nouvelles après un silence qui va un peu recommencer durant à peu près deux semaines et que vous voudrez bien encore me pardonner car c'est pour la bonne cause et par cause.

Comme certains d'entre vous, qui s'en sont bien réjouis, vous pouvez commander Les Bergers de Noël comme mes trois autres livres sur Fnac en ligne : http://www.lalyredalize.org/info.html



Mes amitiés

Rébecca

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J'écris pour toi

J'ai une amie, Simone Dézavelle, qui manie l'écriture aussi bien que le pastel.

Voici un de ses poèmes tiré du recueil "Imperceptible"

J'écris pour toi

J'écris sur un oiseau

Pour que mes mots s'envolent

Eclaboussant le ciel de ces phrases enflammées,

Et pour que les nuages

Par le verbe troublés

Construisent dans le ciel une arche de lumière,

J'écris au bord du soir

Quand le couchant s'éteint,

Sur l'étoile première au ciel des destinées,

J'écris en mots d'amour

Sur la terre endeuillée

Et projette les sons aux confins du lointain ;

J'écris pour toi, pour vous,

Pour l'éveil, la rosée,

Pour l'enfant endormi aux doux cheveux de soie,

Pour que chacun s' enivre de pages animées,

Pour que revienne enfin

La bonté puis la foi,

J'écris pour Toi, pour Vous

Les derniers mots de vie

Que tu liras peut-être

Au bord de l'Infini.

Simone Dézavelle

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administrateur théâtres

 "Sous le Ciel de Paris"    12272845692?profile=originald'après LE BESTIAIRE DE PARIS  de Bernard DIMEY     et de nombreuses  chansons de Juliette GRECO du 6 au 10 novembre à 20h30

                Avec Amélie SEGERS   comédienne / chanteuse     accompagnée à l'accordéon par   Adriano Malaguarnera

                Mise en scène Bernard DAMIEN  à l'XL Théâtre         

« Le Bestiaire de Paris est sans doute l' oeuvre de Bernard DIMEY la plus ambitieuse et la plus achevée. Ce long poème, accompagné à l’accordéon par son ami Francis Lai, jette une lumière crue sur Paris, ses misères, ses crimes et ses vices. Portraits, croquis noirs à la Goya, grincements de dents d’un humour désespéré, détachement narquois d’un regard accoutumé au drame, imprécations prophétiques sur l’effondrement à venir de Paris, instantanés d’un passé magnifique, l’oeuvre de Dimey est effrayante et savoureuse. Interprété notamment par Juliette Gréco, Pierre Brasseur et Mouloudji qui, tour à tour, ont avancé dans ce Paris de nuit, de rouille, de fièvre et de compassion."

Bernard DIMEY  débute sa carrière à  la radio, puis - rapidement - écrit dans la revue ESPRIT . Il s'intéresse à la peinture (il a peint sous le nom de Zelter). Il s'installe à Paris à 25 ans sur la Butte Montmartre qu'il ne quittera plus ! Il y fréquente tous les bistrots à la belle époque où les touristes laissent encore place à la réelle identité de la Butte ... C'est là, aux belles heures de la nuit, qu'il côtoie "les poivrots, les putes, les truands, les artistes". Il commence à écrire ses poèmes, il les déclame à plein poumons dans ses repaires enfumés. Il propose ses chansons à Yves Montant, Charles Aznavour, Serge Reggiani, Henri Salvador, Patachou, les Frères Jacques, Mouloudji, Jean-Claude Pascal et ... à Juliette GRECO, à qui nous rendons hommage tout au long du spectacle. Bernard DIMEY  a également écrit des scénarios et des dialogues pour le cinéma. Avec sa  soif d'absolu, il aurait aimé croire au superbe paradis de son enfance. L'appétit de vie de cet ogre chaleureux qui brûla la chandelle par les deux bouts ne saurait cacher son mal de vivre et la menace obsédante de la mort qui pesait sur lui. Pour Bernard Dimey, la poésie c'est « mettre sa nuit en lumière ». Cette belle métaphore de Jean COCTEAU, il la reprend à son compte dans les poèmes du « Milieu de la nuit ». De l'avis de toutes ces vedettes qui l'ont bien connu, Bernard Dimey était un « être démesuré » qui se demandait pourquoi il vivait souvent avec les « nains ». Amoureux inconditionnel du monde de la nuit et de  Montmartre, Bernard DIMEY a composé - entre autres excellentes chansons -   Syracuse, Mémère, Mon truc en plume etc. qui ont été interprétées par des géants de la chanson française. Pour notre spectacle, Amélie SEGERS et Bernard DAMIEN se sont concentrés sur les chansons interprétées par Juliette GRECO, une autre "géante",  fer de lance de la très belle et très bonne chanson française.

L'XL Théâtre a choisi ce soir de s’habiller en tenue cabaret. Cabaret  Parisien qui plus est, ou  bohême qui n’est plus. Même si le ciel de Paris ne peut être que  le ciel  de Paris, éternel ! Le bord de scène n’est rien moins que  La Seine. « Accordez-donc l’aumône à l’accordéon… »  L’accordéoniste coiffé en titi de Paris effleure les boutons de nacre, un fin sourire Gabin fiché aux lèvres, comme une cigarette.

 C’est alors que surgit une voix profonde  et belle : mais où donc est  la chanteuse ? Enfin on l’aperçoit, elle marchait  droit dans le noir, surgit  telle un profil de belle  égyptienne et se fond en diva juvénile, an deux mille. Un fourreau noir découvre juste l’épaule et un bras, les jeux de lumière pétillent sur cette seule partie de physionomie dévoilée au public. Les yeux et les postures discrètes et déférentes pour les textes qu’elle va interpréter font le reste. La voix déclame et chante tour à tour. A capella parfois, dans un silence de salle gourmande de mystère qui ose à peine respirer. « Dans la rue des blancs manteaux… » Une chanson écrite par Jean-Paul Sartre pour la jeune Juliette Gréco.  La voix raconte, non, invite le public dans la confidence des quatrains en alexandrins du  Bestiaire de Paris  de Jean Dimey et celle des  vers d’Apollinaire. : «On a vu remonter du fond des eaux de Seine des femmes sans regard au masque mystérieux,
Filles mortes d'amour et que le fleuve entraîne, Lorelei à Paris n'a plus rien dans les yeux.»

« Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 »

La confidence de l’amour de Paris. Le Paris-Canaille de Ferré chanté par Juliette, non par Amélie Segers. On s’y perd !  Le Paris étourdissant, le Paris d’étranges mandigots.   Le Paris disparu de la folle ivresse de la jeunesse. Le Saint-Germain-des-Prés d’avant les pessimistes en service commandé par la sinistrose. La  diction de la jeune femme est aussi belle que ses yeux. Regard de biche ou de licorne ? Toute syllabe semble un lâcher de perles, les lèvres à peine fardées s’arrondissent sur de la beauté vocale qui transmet lentement son infusion de poésie. Une rivière perdue dans une prairie.  Le texte se cisèle, prend forme en ondes énigmatiques et ravit l’oreille. La musique soutient avec légèreté le propos qui est poésie en personne. On flotte dans l’intemporel, les mots font naître les images, on se promène dans le Montparnasse d’il y a 50 ans. "Un village autrefois s'appelait Montparnasse, le génie poussait là comme dans un jardin, Les femmes posaient nues au tarif de la passe pour Pablo l'Espagnol ou les peintres mondains."

C’est une épure d’une simplicité naturelle : une voix nouvelle a largué totalement  les accents parigots, saisit l’envers des mots et partage avec le public leurs intimes secrets.  

 

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administrateur théâtres

MONSIEUR Y PERD LA TETE au théâtre le Public

12272732654?profile=originalComi-tragédie musicale surréaliste

MONSIEUR Y PERD LA TETE

d'YVAN TJOLLE et STÉPHANE ORLANDO
Avec : Yvan Tjolle (jeu et chant), Benoit Bosschaert (guitare, glockenspiel, accordéon et ukulélé) et Sébastien Taminiau (violon et contrebasse).

DU 06/11/12 AU 31/12/12

C’est l’histoire d’un homme qui perd la tête, puis qui la retrouve… Mais ce n’est pas tout à fait la même ! Comi-Tragédie Musicale Surréaliste pour un acteur-chanteur et deux musiciens multi-instrumentistes, Métaphore burlesque et initiatique, « Monsieur Y » nous prend par la main et nous invite à un voyage fantastique. Dans son univers rêvé, il nous raconte une étrange journée, peuplée de personnages décalés, entre Tim Burton et Magritte, de l’homme sans tête à l’énigmatique chapeau boule, en passant par une noyée fascinante ou un homme à quatre bras. Illusions, mystères, présence ou fiction, rires et émotions façonnent les reflets d’une aventure intérieure où se joue de façon follement poétique une recherche de sens et d’amour…

Monsieur Y a perdu la tête ?  Y le pronom ou Y le prénom ?  Tout commence par là. Ou Ici, si vous voulez ! Un concert-spectacle fantastique et  déroutant ! Passez devant et suivez-moi!  C’est  sûrement sur  votre route. Une route en forme de Y , prenez-la ! Cela ressemble à un homme  debout sur la scène d’un  cabaret qui serait  soudain saturé  de poésie. Les mots jouent à se saisir, à se prendre les uns pour les autres,  à rivaliser de sens cachés, à suggérer l’invisible. A prononcer l’un, on tombe sur un autre ! Rencontres taquines !  Et les deux anges gardiens, musiciens de leur état, sont des complices rêvés pour la  chorégraphie onirique d’Yvan Tjolle.

Magie théâtrale et humour aidant, c’est un immense  sourire et une voix qui valsent avec des  instruments de musique qui sortent du noir pour vous surprendre dans votre maison Ikéa.  C’est de l’amour fusionnel  descendu sur des planches qui valse avec la mort. L’amor ? Tout  en découle. Coulé dans l’humour et la soif de  tendresse.   C’est prenant, c’est clair-obscur et noir-lumineux. On en ressort, l’esprit et le corps rincés à neuf. Un baptême d’amour pour foule sentimentale, son  eau miraculeuse a  jailli de toutes parts. Personne n’est exempt du regain de vie ! Ne cherchez plus,  vous y êtes, dans la maison invisible !

Les spectateurs applaudissent à tout rompre, l’artiste continue de bis en bis,  complices !

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N’aboyez pas sur nos aïeux.

 

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs branches sont votre avenir.

 

L’œil  d’un  Dieu te regarde,

L’œil d’un vieux lui raconte,

 L’œil d’un Dieu ma gaillarde,

                                                                         Arbitre  sur  ton  compte.            

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs rameaux sont votre avenir.

 

L’œil d’un vieux lui raconte,

L’œil  d’ une  vieille  pleure,

     L’œil d’un vieux pour ta honte,

      Larmoient tes cris et ses pleurs.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs tiges sont votre avenir.

 

L’œil d’une  vieille  pleure,

L’œil froid qui la repousse,

 L’œil d’une vieille se meurt,

                                                                          Personne  à  sa  rescousse.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs pousses sont votre avenir.

 

L’œil froid qui la repousse,

L’œil hymne à  la jeunesse,

                                    L’œil  froid  de  la cambrousse,……. à leurs tours,

    Auront  leur  deuil  d’ainesse.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs souches sont votre avenir.

 

                                                                         L’œil  hymne  à  la  jeunesse,

                                                                         L’œil des regrets du trop tard,

                                                                         L’œil  hymne  à  la faiblesse,……. du temps mes diables,

                                                                         Connaîtront  leurs  avatars.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs brindilles sont votre avenir.

 

                                                                        L’œil des regrets du trop tard,

                                                                        L’œil mendiant dans ton fauteuil,

                                                                        L’œil des regrets du lève-tard,

                                                                        Giteront en home cercueil.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs sarments sont votre avenir.

 

                                                                      L’œil mendiant dans ton fauteuil,

                                                                      L’œil des oublis d’Alzheimer,

                                                                      L’œil des attentes à l’accueil,

                                                                      Te sembleront doux-amer.

N’aboyez pas sur nos aïeux,

Les arbres de nos racines,

Leurs rejets sont votre avenir,

Leur présent est ton demain.

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

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L’ ERG  (Ecole de recherches graphiques - Bruxelles) a accueilli en mars 2012, Milad Doueihi, historien du religieux dans l’Occident moderne, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l’Université Laval (Québec).

Penser l’avenir des sociétés numériques avec les outils de nos traditions humanistes : telle est l’ambition d'un livre qu'il a édité sous ce titre. Mais comment créer un humanisme numérique qui aurait intégré les exigences de nouveaux supports que rien ne permet de fixer dans l’espace ni de stabiliser dans le temps ? Voici quelques réflexions qu'il nous livre autour de ce sujet.

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Splendide
Si il y a bien une auteure pour enfants que je suis et dont j'attends chaque sortie littéraire c'est bien Rébecca Terniak . Ce livre ne dément pas la qualité des livres précédents tant sur le contenu que sur la forme, le sens et l'imagination . Que nous soyons engagés vers ces bergers ou non , arguant une toute autre appartenance, arrêtez vous comme je l'ai fait car ces bergers de Noël ne sont que lumière dans leur pictural ; Une vraie merveille , ce livre ! je l'ai acheté dans une autre librairie avant son apparition sur le site fnac, mais j'avoue que comme l'an dernier je vais l'acheter à nouveau pour l'offrir car bien que livres pour enfants, l'adulte toujours se sent concerné par les livres de R Terniak . Je les garde jalousement, c'est ainsi depuis le premier .
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administrateur théâtres

HUIS CLOS de Jean-Paul SARTRE du 3 au 26 octobre (Petite Salle) à L’XL Théâtre

« Voilà, voilà, c’est comme ça ! » : la première phrase (anodine ?) de  Huis clos. Close-up : sur les personnages car à l’XL Théâtre. Théâtre de proximité, l’espace théâtral s’est transporté là où les spectateurs se cachent d’habitude dans le noir, et les personnages  qui évoluent dans l’arène improvisée inondée de lumière entrent pratiquement dans votre « bulle ». Décor : trois divans de couleur, simplifiés en chaises de paille et bois. Tu ne jugeras point! Et pourtant on est dans l’enfer du jugement tout au long de la pièce. Le débat s’articule autour de la culpabilité, des actions qui nous définissent ou non. Au centre une table et une horloge en bronze qui ne parle pas d’heure dernière mais de la première dans le monde d’après, interminable. A chaque roulement de tambour - quel cirque !- les personnages sont catapultés avec violence sur le plateau. Puis ils se relèvent et cherchent des explications.  Cela donne une  prise directe avec la violence des affects phénoménaux des comédiens. C’est du théâtre de l’élan vital, mis en scène en trois semaines nous dit Bernard Damien, homme aux multiples talents, à l’engagement artistique et politique incandescents. Pas le temps de disserter sans fin sur le texte. Trois semaines  pour se concentrer sur le jeu théâtral brûlant,  la pertinence des moindres mouvements. C’est le premier spectacle de Vanessa Mauro dans le rôle d’Estelle. Quel débuts fulgurants! Et quelle chance de pouvoir jouer avec Raffaele Giuliani qui a  joué un soir sur deux « l’Etranger » sur la même scène et la mystérieuse et captivante Amélie Segers dans le rôle d’Inès! 12272841855?profile=original 

C’est vif, c’est dynamique et mouvementé, on ne s’endort pas en enfer et on ne s’en évade pas. Sauf par le rire. D’ailleurs, « Pourquoi dormir si on n’a plus besoin de sommeil ? Bonheur perdu : avec leurs paupières, les habitants de la terre se faisaient 4000 petites évasions à l’heure ! »  Maintenant il est trop tard ! Doute : « Peut-être, n’avons-nous jamais été vivants ? » Une mise en scène saisissante de simplicité: les comédiens montent sur les chaises sur la pointe des pieds pour contempler leur vie d’avant et retrouver le contact avec ceux qui ont la tête à rire plus qu’à pleurer. C’est d’une efficacité inouïe.

 Le vivant est symbolisé par la sexualité et la séduction qui  inondent la scène infernale sur laquelle il n’y a pas de trace de bourreau. Un homme, deux femmes, le trio infernal se poursuit. Cela suffit.  Question: « Pourquoi nous a-t-on réunis ? Le hasard : ils casent les gens où ils peuvent, selon leur ordre d’arrivée. Je vous dis qu’ils ont tout réglé ! Alors tout est prévu ! Tout. Nous sommes assortis. Est-ce qu’il ne vaut pas mieux croire que nous sommes là par erreur ? Ils font l’économie du bourreau : c’est chacun de nous pour les deux autres ! Evidence : Aucun de nous ne peut se sauver seul ! Il faut juste de la bonne volonté.

 Tout est dans le mouvement et le rythme infernal. Cela se termine comme un carrousel  mythique de chevaux de bois liés les uns aux autres. Pas d’échappatoire, tension dramatique maximum. Nous avons affaire à des  planteurs d’émotion brillants: les jeunes comédiens donnent tout, leur corps et leur âme. Leur humanité, en bloc ou au détail.  Ils sont ahurissants de vérité. Le jaillissement théâtral fuse de toutes parts et  ravage la scène. Pas le temps de s’appesantir sur le texte, les graines germeront plus tard… dans le bon humus du rire.  

avec Raffaele Giuliani qui a joué tous les soirs en alternance « l’Etranger »  - Amélie Segers - Vanessa Mauro et Tanghi Burlion

mise en scène Bernard Damien / assistante Anne-marie Cappeliez

12272842087?profile=original12272842666?profile=originalRéservez le prochain spectacle :

du 6 au 10 novembre à 20h30: "Sous le ciel de Paris"

http://www.xltheatredugrandmidi.be/index.php?pid=1

 

 

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Goûtez d’ores et déjà à l’Inde!

En prélude au festival europalia.india, Europalia invite chacun à partager ses souvenirs, aventures et images d’Inde en participant à son concours photos en ligne europalia.india.

12272840882?profile=originalVoyageurs et photographes ont la possibilité de s’approprier la page facebook d’Europalia et de devenir l’un des artistes de l’ exposition virtuelle sur www.europalia.eu

 

Le concours se déroulera du 12 octobre 2012 au 12 avril 2013 sur www.facebook.com/Europalia. Chaque mois Europalia publiera les meilleures photos dans son exposition virtuelle sur www.europalia.eu.

A la fin du concours un prix Europalia et un prix du public seront attribués. Chaque participant a la chance de gagner une journée VIP pour deux personnes durant le festival europalia.india. Une journée surprise pleine d’histoire, de culture et de saveurs indiennes !  Rendez-vous donc  sur: www.facebook.com/Europalia

Du 4 octobre 2013 au 26 janvier 2014 le 24ÈME FESTIVAL EUROPALIA fera découvrir la beauté inégalée de l’Inde : le raffinement des sculptures, les représentations exotiques des nombreux dieux, l’exubérance des Maharajas, les nombreuses et anciennes religions toujours bien vivantes, la savoureuse cuisine indienne, les légendes fascinantes, les pierres précieuses et les bijoux, les spectacles tournoyants de Bollywood, l’envoûtante musique indienne, la scène artistique contemporaine et son bouillonnement, le raffinement et la grâce des danseurs pour qui chaque mouvement de main ou de pied a une signification particulière … et encore beaucoup plus encore !

Tous ces événements plongeront le public dans le mystère intemporel de l’Inde, durant quatre mois, au sein de nombreux centres culturels de Belgique et des régions  environnantes.

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12272847069?profile=originalAntigone est  une héroïne extraordinaire d’énergie juvénile, de volonté, de fidélité aux engagements, de fidélité aux lois divines qui sont au-dessus de celles des hommes. Elle symbolise la  lutte ouverte contre la dictature et la manipulation. C’est cela, l’Antigone de Sophocle, avec un chœur compatissant, ému aux larmes par le courage héroïque de la fille d’Œdipe qui voit disparaître pour toujours la lumière du jour qu'elle adore.

Jean Anouilh transforme la pièce de Sophocle. D’abord Créon superbement  incarné par Bernard Sens  expose un argumentaire détaillé des raisons pour lesquelles  il obéit à son destin  de chef d’un peuple de Thèbes ravagé par les guerres fratricides. Il a décidé d’exercer le pouvoir par esprit de service, de « faire son devoir »  et  de ramener un peu de paix à la cité. Le jeu de la folie d'Antigone par Wendy Piette  est si efficace que l’on se met à croire à la sagesse de Créon et à ses bonnes intentions. On se met, avec lui, à taxer Antigone d’égoïste et d’orgueilleuse. L'Ubris, c'est l’offense la  plus terrible chez les Grecs!   Dans des duos poignants, sa sœur Ismène (Manon Hanseeuw) qu’elle aime tendrement et plus tard son oncle, finissent par la traiter plusieurs fois de folle. C’est alors que l’on est le plus dérangé, car ils n’ont pas forcément tort.12272846896?profile=original12272847086?profile=original

Mais… la pièce fut écrite par Jean Anouilh pour réagir à l’affichage à Paris et dans tous les villages de France des « petites affiches rouges », des affiches immondes de la Propagande fustigeant les Résistants et assimilant à des terroristes dix d’entre eux  accusés d’attentats. Ils  furent  exécutés le 21 février 1944. Une rue porte leur nom à Paris: rue du Groupe Manouchian. On ressort donc de cette soirée, perplexe, dérangé, ouvert aux terroristes en herbe ?

Ou penchant vers le respect de la loi ? Même si c’est la loi de Créon, créée pour  manipuler la foule, lui donner un bouc émissaire et surtout lui donner un cadre de vie où le bonheur existe. Créon, un despote éclairé ? « La loi est d’abord pour les filles de roi ! Tu penses que tu es au-dessus des lois? »  Presque convaincue par les arguments de bon sens de Créon et l’amour qu’il éprouve pour elle, « Je t’aime bien Antigone, même avec ton sale caractère!»  Antigone a failli retourner à sa chambre et taire le crime qu’elle venait de perpétrer en ensevelissant son frère, contre la volonté de Créon. Créon veut la sauver, il est prêt à faire disparaître les témoins gênants par amour pour elle et pour son fils Hémon (Nicolas d’Oultremont), le fiancé d’Antigone. Il lui a démontré l’hypocrisie des prêtres : « Tu risques la mort pour une pantomime de prêtres ? C’est absurde ! » Il lui a révélé l’indignité écœurante  des frères ennemis qui valent moins que rien.  Mais non, tout d’un coup, elle se ressaisit et hurle qu’elle crache sur le petit bonheur sale et  sur l’espoir qu'elle trouve encore plus sale.  Cynisme héroïque et orgueilleux qui sèmera la mort autour d’elle ou résistance glorieuse par amour de la liberté ?

12272846695?profile=originalCette pièce est bouleversante comme son  décor, sorte de centrale électrique impressionante, et sa distribution magistrale.  Elle reste longtemps à flotter dans l’esprit du spectateur qui n’en finit pas de s’interroger. Le questionnement nuancé, subtil  et complexe empêche de prendre parti de façon manichéenne. Il invite tout simplement à la réflexion. D’autres éléments de la mise en scène sont très interpellants. Notamment la mosaïque de films de violence urbaine ou guerrière,  les tableaux inoubliables du reporter (Benoît Verhaert) qui va désabusé comme un  chœur omniscient et qui filme les scènes avec délectation.  De même, le tableau des foules aveugles friandes de sang et de « justice ». Et les misérables gardes auxiliaires de la « justice » … veules à souhait. Tout vous donne la nausée. Alors, tout d’un coup, d’aucuns pencheront pour Antigone!

http://www.trg.be/Public/Spectacle.php?ID=3784&saison=3772

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Les murmures d'amour

Les murmures d’amour

Ô le raffinement du temps des belles dames

Et des messieurs galants préoccupés de l’âme,

Du charme de l’esprit et de celui du corps.

Ils savaient les louer, en merveilleux accords.

...

Libertins, moralistes, philosophes, amoureux,

N’étaient préoccupés surtout que d’être heureux.

La liberté hélas est chose rare au monde

Même pour les enfants réunis en des rondes.

...

S'imposent les efforts pour un bon rendement.

Les amants au repos s’aiment charnellement.

N’ont que faire de mots regorgeant de saveur.

Ils exaltent leur corps au rythme des moteurs.

...

En errance souvent, je pense à d'anciens jours,

Lors, je prête l’oreille aux murmures d’amour.

Ceux d'amis que j'aimais laissent mon âme en quête.

L'oubli aurait pour moi l'effet d'une défaite.

5/6/1990

 

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Le chat de Giacometti

 

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Alberto Giacometti, né à Borgonovo dans le Val Bregaglia le 10 octobre 1901 et mort à Coire le 11 janvier 1966, est un sculpteur et un peintre suisse.

 

 

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Giacometti, Le chat

 

"Les clébards, les clébards, y'en a qu'pour les clébards ! (prononcer avec l'accent d'Arletti dans Hôtel du Nord)... Et moi ? C'tun comble, tu dis pas un mot de moi, s'pèce de sale traître !

 

- Trop de choses à dire, mon vieux (ou moins , car le mystère est plus simple ou plus profond, ce qui revient au même)... Et puis quand même, je ne sais plus combien de poèmes Baudelaire t'a consacrés dans Les Fleurs du Mal... C'est déjà  pas mal, non ? Ça devrait suffire à satisfaire ton narcissisme... Je compense une injustice : Baudelaire est très injuste envers les chiens.

 

- Pfffffff...."

 

........

 

Afin de préserver la paix de ma maison et l'intégrité du canapé, je cède aux injonctions de "mon" chat qui me reproche mon article sur "le chien de Giacometti".

 

Il se trouve que Giacometti, par gentillesse ou par calcul, a eu la bonne idée de ne pas oublier le deuxième "animal domestique" du foyer humain, avant que l'on n'y introduise toutes sortes de bestioles inapprivoisables comme les cobras, les serpents à lunettes ou les crocodiles.

 

Je vais donc parler du chat...

 

... Et d'abord de "mon" chat.

 

Que penser d'abord de cet adjectif possessif ? On ne voit pas très bien comment un animal qui passe les trois quarts de son temps dehors, qui mange à deux ou trois écuelles différentes et qui me trompe peut-être avec un autre maître (ou une autre maîtresse) peut être précédé d'un adjectif (on dit maintenant un "déterminant") possessif.

 

Je commencerais donc par dire que le chat, contrairement au chien n'appartient à personne.


Ce qui fait le charme du chat est qu'il reste toujours au trois quarts sauvage. Contrairement, au chien, il est pratiquement impossible de dresser un chat et on ne peut jamais savoir si et quand il va sortir ses griffes.

 

Parlons maintenant du chat de Giacometti...

 

Il a les quatre pattes posées par terre, comme le chien et, comme le chien, il semble marcher (je ne reviens pas sur l'explication de ce paradoxe, développée dans l'article sur le chien de Giacometti) ...

 

Il est lui, aussi "horizontal", comme le chien, mais remarquez la position de sa tête : elle est dans le prolongement du corps, alors que la tête du chien de Giacometti est inclinée vers le sol, comme s'il cherchait une trace invisible. Le chat n'a pas l'odorat aussi développé que le chien, mais il a une excellente vue. Il regarde, il attend, il guette et il bondit.

 

Le chat de Giacometti ne manque pas, lui non plus, d'humour. Son corps semble fait de deux morceaux indépendants, comme si le chat était fait de deux chats : un chat immobile au niveau des pattes avant et un chat qui marche au niveau des pattes arrière, seules la disposition de ses pattes arrière donnent l'illusion du mouvement (faites l'expérience de cacher les pattes arrière)... Quant à sa queue, elle est exactement dans le prolongement de son arrière train et légèrement relevée.

 

Que dire encore de ce chat ? Il est impossible, contrairement au chien de Giacometti de  déterminer sa race (siamois ? égyptien ? européen ?) ; le chat de Giacometti se rapprocherait davantage de ce que Platon appelle une "Idée" (eidos) que de ce qu'Aristote appelle une "forme (hylé).

 

Le chat de Giacometti est une "idée de chat", un "chat en général". Il en résulte que la statue du chat ne produit absolument pas le même effet affectif (éventuellement un peu bébête) d'attendrissement, d'affection, de nostalgie, etc., que celle du chien.

 

Le chat de Giacometti n'a absolument rien de "sentimental" ; comme dit Rudyard Kipling : "il s'en va tout seul" ; il va son chemin, sans se préoccuper de moi, alors que j'ai l'impression que si appelais le chien de Giacometti.... il ne manquerait pas "d'obéir".

 

Alors pourquoi les chats ?

 

Si les chats laissent peu de prise à l'affectivité, ils parlent, en revanche, beaucoup à l'imagination. Le chat est ce qui nous relie au mystère de la nature comme "autre de l'esprit". L'homme ne peut pas vraiment "apprivoiser" le chat au point de lui faire adopter, comme il le fait avec le chien, un comportement quasi humain (on ne dit pas d'un chat "qu'il ne lui manque que la parole").

 

Nous avons "crée" le chien pour être un peu moins seuls dans la nature indifférente ou hostile au sein de laquelle nous nous sentons "de trop", mais nous avons fait entrer le chat dans nos maisons pour avoir "sous la main" le mystère de l' indifférence.

 

Je laisse la parole à Baudelaire :

 

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles Baudelaire.. (Les Fleurs du Mal)

 

 

 

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J’ai commencé à peindre "sérieusement" en 1973. Depuis lors, pendant une quarantaine d’années, j’ai eu la chance de rencontrer et de travailler 6 fois avec des escrocs et des voleurs. Grâce à eux, j’ai bien sûr perdu beaucoup d’argent et une trentaine de tableaux dont j’ignore toujours ce qu’ils sont devenus. Le dernier de ces escrocs ayant fait ses études dans le même collège que moi, il n’a eu aucune difficulté à me convaincre de sa bonne foi. C’était pour la parution prochaine du dictionnaire Piron. De tout cela, il ressort pour moi que la seule attitude responsable est la vigilance: l’art de l’escroquerie s’améliorant avec notre bêtise et nos techniques, il faut sans cesse réexaminer ce qu’on nous propose, éventuellement balayer devant notre porte, réexaminer et balayer à nouveau. Plus les artistes seront informés et plus ils seront prudents devant les nombreuses propositions mirobolantes qui leur sont avancées par le biais d'Internet ou par toute autre voie. C’est dans cet esprit de vigilance que je vous invite à lire ci-dessous le courrier et le communiqué de presse que je viens de recevoir.

Daniel Moline

 

Courrier envoyé aux six cents artistes répertoriés dans le défunt Nobel.be

 

Chers Collègues,

Comme la plupart d’entre vous le savent mais que certains ignorent encore, la SPRL ARTEDIS  a déposé son bilan (négatif de 169.357 €) et la faillite a été déclarée le 1er octobre. Son curateur est Maître de la Vallée Poussin, avenue Louise, 349/17, 1050 Ixelles.

Un collectif d’artistes engagés a déposé plainte auprès des tribunaux et l’affaire est actuellement à l’instruction sous la direction du juge Van Espen.

Un communiqué de presse a été envoyé aux principaux médias du pays et certains journaux et radios en ont déjà fait état dans leurs colonnes et sur les ondes: L’Avenir, la DH, la Gazet van Antwerpen, la Nieuwe Gazet, la RTBF « La Première », radio Vivacité dans l’émission « On n’est pas des pigeons ». D’autres médias se préparent à y donner suite.

Vous trouverez ci-dessous le contenu de ce communiqué de presse.

Celles et ceux parmi vous qui le jugent utile peuvent faire passer l’information dans les presses locales ou auprès de connaissances qui travaillent dans le monde des  médias, car beaucoup d’artistes ne sont pas encore au courant du développement des événements et certains persistent à espérer la parution prochaine du dictionnaire Piron.

D’autre part, celles et ceux qui accepteraient de se solidariser financièrement, peuvent encore le faire en prenant contact avec notre avocat, Maître Pintiaux du barreau de Bruxelles. Voir ses références ci-dessous.

Le but premier de cette démarche est de faire enfin cesser une succession d’escroqueries que des faillites frauduleuses répétées ne sont pas encore parvenues à éradiquer et peut-être aussi, rêvons un instant, de faire prendre conscience aux escrocs que pour vivre heureux, il n’y a pas que les voies balisées par le vol et le mépris, mais qu’il en existe d’autres inspirées par l’estime et le respect de ses semblables.

Bien cordialement et esthétiquement.

 

Communiqué de presse

Dictionnaire Piron, des centaines d’artistes escroqués.

Rédigé par un collectif d’artistes victimes de l’escroquerie.

Le dictionnaire PIRON, du nom de son premier rédacteur Paul Piron, est un ouvrage bien connu des artistes plasticiens, des galeries et des amateurs d’art. Il recense les noms, biographies et illustrations de milliers d’artistes belges résidant en Belgique et à l’étranger, d’incontournables célébrités y côtoient des talents moins connus mais dont beaucoup méritent le détour. Sa première parution en néerlandais remonte à 1999, une version en français avait suivi en 2003. Elle avait été éditée par ART IN BELGIUM, une société qui a fait faillite en septembre 2009.

Le projet de publier une version actualisée de cet ouvrage avait été annoncé pour le printemps 2010. L’édition devait être assumée par la SPRL ARTEDIS, créée deux mois après la faillite d’ART IN BELGIUM. Parmi les responsables de cette société, on retrouvait étrangement l’ex-directeur d’ART IN BELGIUM, mais cette fois dans un rôle plus discret, celui de « conseiller bénévole ».

En 2009 et 2010, des centaines d’artistes ont reçu la visite de représentants d’ARTEDIS. Il leur était proposé d’acheter une page dans le Piron pour la somme de 756,00 EUR. En bonus, ils figureraient sur le site Nobel.be, l’équivalent virtuel du dictionnaire.

Des centaines d’artistes se sont inscrits, achetant une page du dictionnaire, d’autres ont plus modestement opté pour une simple parution dans le site Internet pour la somme de 95 ou 125 €. Mais hélas le temps passait et aucune publication ne se profilait. Seul le site Internet NOBEL.BE avait été mis en ligne en ligne.

Pour justifier ce retard, de nombreux messages rassurants étaient envoyés aux artistes par les responsables, mettant en cause le nombre inattendu d’inscriptions, la négligence de certains artistes tardant à fournir une reproduction de leur œuvre, etc. Progressivement il est apparu que les excuses invoquées s’avéraient contradictoires et nettement mensongères, ce qui a soulevé des craintes parmi les artistes.

Ces doutes ont été confirmés lorsqu’il est apparu que les comptes de la société n’avaient pas été publiés conformément à la loi. Les responsables ne répondaient plus au téléphone ni aux courriels des artistes inquiets, ils s’étaient fait domicilier aux Emirats Arabes-Unis, les bureaux où siégeait la société avaient été désertés…

Il est également apparu que des sociétés non-européennes ont envoyé des factures à certains artistes sans avoir de lien contractuel avec eux, laissant supposer des détournements de fonds. D’autres informations ont filtré jusqu’à ce qu’il apparaisse de façon évidente que le dictionnaire ne paraîtrait jamais et que les centaines de milliers d’euros investis par les artistes s’étaient évaporés. Ceci est d’autant plus évident que la société ARTEDIS vient d’être déclarée en faillite, l’avis au Moniteur belge vient d’être publié ce 1er octobre 2012.

L’intervention inexpliquée de ces sociétés étrangères et la domiciliation des dirigeants hors de l’Europe ont poussé les artistes à déposer plainte et à se constituer parties civiles auprès d’un juge d’instruction. Affaire à suivre donc. Et vigilance en cas de propositions mirobolantes, mais sans références sérieuses et complètes clairement mentionnées !

Un collectif d’artistes du nord et du sud de la Belgique, représentés par Me Alexandre PINTIAUX.

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Le chien de Giacometti

 

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 L'imaginaire est beaucoup plus près et beaucoup plus loin de l'actuel : plus près puisqu'il est le diagramme de sa vie dans mon corps, sa pulpe ou son envers charnel pour la première fois exposés aux regards, et qu'en ce sens-là, comme le dit énergiquement Giacometti (G. Charbonnier, Le Monologue du peintre, Paris, 1959, p. 172), "Ce qui m'intéresse, c'est la ressemblance, c'est-à-dire ce qui pour moi est la ressemblance : ce qui me fait découvrir un peu le monde extérieur." (M. Merleau-Ponty, L’œil et l'Esprit, Gallimard, Folio essais, p. 24) 

 

Je n'ai jamais cherché à comprendre pourquoi cette sculpture d'Alberto Giacometti me touchait aux larmes. Sans doute à cause de cette bonne tête aux oreilles pendantes qui penche vers la terre, de cette échine qui s'échine, de cette maigreur, de ce grand cœur qu'il forme avec ses pattes, de cette silhouette nonchalante et dégingandée (un lévrier afghan ou un braque ?) qui semble témoigner du fait que l'humour, avant d'être une caractéristique de l'esprit humain, se trouve déjà dans la nature, de ce regard que l'on devine, qui voit des choses que je ne vois pas, qui sent ce que je ne sens pas, qui entend ce que je n'entends pas, qui voit le simple que j'ai oublié à force de "réfléchir" et que je ne retrouve qu'en lui, de cette absence de mots, de cet amour silencieux, du compagnonnage à la vie à la mort, de la complicité sans paroles, du destin de tous les hommes et de tous les chiens du monde, contingents et mortels, jetés, tout comme les hommes, dans le monde, sans l'avoir voulu, et qui ne se demandent pas si c'est le Bon Dieu ou le hasard, et qui souffrent comme les hommes, de toute leur chair et de toute leur âme de chien, sans jamais se plaindre de leur vie de chien et qui nous réconfortent sans conditions, car nos semblables, c'est le moins qu'on puisse dire,  ne débordent pas de bienveillance et, comme disait Paul Cézanne : "c'est effrayant la vie".

 

Des chiens que j'ai eus, que j'ai aimés, que j'ai perdus...

 

Un chien, LE chien. La forme, l'eidos, la matière qui la constitue et le vide qui la délimite. Le visible apparaît dans le retrait, le vide, l'absence d'un "quelque chose". Reprenant les thématiques de La phénoménologie de la perception, Maurice Merleau-Ponty évoque le mystère de la perception de la profondeur qui traverse toute l'histoire de l'art - que les choses du monde soient à la fois "en nous" et "hors de nous", que nous soyons "auprès des choses", sans pour autant nous confondre avec elles, qu'elles soient d'une certaine manière "en nous", sans que notre conscience les "contienne", que les choses du monde "signifient" pour nous, sans pour autant se réduire à des signes, mais soient aussi la "chair" de la lumière, des couleurs et des formes.

 

Le chien d'Alberto Giacometti fait ressurgir l'exclamation de l'enfance, l'ivresse de nommer : "un chien !"

 

Mystérieux et familier, il surgit du fin fond du monde visible.

 

Giacometti fait voir dans ce chien, une essence, certes, mais actualisée dans une forme particulière, celle d'un chien particulier... sans doute un lévrier ou un braque, suivant avec ferveur une trace invisible,  au ras de l'horizontalité du monde sensible, entièrement présent à l'instant, quand l'homme qui marche, lui, dans son humanité verticale, fixe l'horizon, la jointure (ce qu'il a à être), hanté par le souci, l'angoisse, la pré-occupation, le regret ou le remords, entre passé et futur, mémoire ou anticipation, "rétention" et "protention" dit Husserl, ou la trace d'un appel venu de loin qu'il peine à déchiffrer.

 

Car il  marche lui aussi sur la terre, le chien horizontal, il marche aux côtés de l'homme vertical, il semble plus en mouvement  dans son immobilité paradoxale que si on l'avait photographié (comme le montre M. Merleau-Ponty avec l'exemple des chevaux du derby d'Epsom de Géricault), ses quatre pattes posées sur le sol, comme les deux pieds de l'homme qui marche... Mystère de la marche, du mouvement...

 

Le chien qui marche marche aux côtés de l'homme qui marche. Ils marchent sans relâche, dans la lumière de l'aube, sous le soleil de midi, sous le dais du ciel étoilé, jusqu'à la fin du temps, vers le mystère de la mort.

 

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Du 13-06 au 30-06-12, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), une exposition consacrée à Monsieur PATRICK MARIN, peintre français dont la peinture ne cessera pas de vous subjuguer une fois que votre regard l’aura croisée.

Ce qui saute immédiatement aux yeux lorsque l’on s’entretient avec l’artiste autodidacte Patrick Marin, c’est cette interpénétration faite de rationnel et d’irrationnel qui constitue sa personnalité intéressante. Ce qui en ressort, c’est une œuvre aux contours définis et carrés, à l’intérieur de laquelle un monde bouillonnant apparaît.

Lorsqu’on l’interroge sur la genèse des œuvres exposées, l’artiste nous parle de « flashs visuels », d’images imparfaites à l’origine qu’il retravaille pour les matérialiser en un seul jet sur la toile. Patrick Marin avoue sa hantise d’être influencé picturalement. Hantise à laquelle l’on répond que même si son travail reste éminemment personnel, il est impensable qu’il ne soit pas, de près ou de loin, consciemment ou inconsciemment, influencé. Surtout si l’on songe qu’en tant qu’autodidacte, son amour pour la peinture s’est manifesté dès son enfance, en fréquentant les musées. Il y a donc entre la peinture et lui une histoire d’amour de très longue date.

MAGNETIQUE 2 (100 x 100 cm), 009-7 ON OFF (81 x 100 cm), DRAKKARS 9 (81 x 100 cm). Ces titres procèdent également de « flashs visuels ». Et il faut, en ce qui les concerne, saluer le hasard heureux qui s’établit entre la nature des compositions et leurs intitulés.

A la rencontre de MAGNETIQUE 2, le visiteur peut, en toute légitimité, se demander si l’artiste entretient un rapport intime avec la science. Croyez-le ou non, il n’en est rien ! Cette œuvre, laquelle se révèle être un dialogue polychrome à l’intérieur d’un nid d’entrelacs enchevêtrés l’un dans l’autre, esquissés au pinceau tel des fils en apesanteur, rappelle, sans que le cerveau ne fournisse un effort considérable, l’univers des électrons évoluant sur un arrière-plan à dominante bleue et blanche.

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009-7 ON OFF nous montre, si besoin en est, la bipolarité « rationnel – irrationnel » de Patrick Marin. Comme nous l’avons dit plus haut, les contours définis et carrés qui caractérisent son œuvre, structurent également sa personnalité. Des chiffres, des sphères, des carrés se rencontrent sur la toile. Comme pour MAGNETIQUE 2, laissant supposer un rapport inexistant entre l’artiste et la science, les chiffres présents sur 009-7 ON OFF, ne cachent aucune symbolique. Ils ne font que mettre en exergue le jeu mathématique qui sous-tend l’ensemble de son œuvre, réfléchissant les arcanes de sa personnalité fort intéressante.

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DRAKKARS 9 propose une vue sur la technique de l’artiste. Celui-ci utilise très rarement le pinceau. Pour réaliser cette composition, il a utilisé une tige en plastic découpée pour lui donner la forme d’une spatule courbée. Après avoir appliqué la matière sur son bout, il a commencé à l’étaler sur la toile. Pour créer un contraste sur le noir, il a utilisé un chiffon qu’il a étalé sur la couleur pour l’atténuer en l’effaçant partiellement. La main en plâtre qui émerge sur la droite du tableau doit, selon l’artiste, être considérée comme le point final à l’œuvre. Le point de convergence entre la pensée créatrice et l’acte créateur se matérialisant dans l’œuvre.

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Patrick Marin, qui compose essentiellement avec deux ou trois couleurs qu’il applique par projection (technique qui consiste à projeter la peinture à distance sur la surface de la toile, adoptant ou non la forme recherchée, dont le précurseur fut Jackson Pollock), affectionne la peinture à l’huile.

Le définir c’est avant tout le chercher dans son œuvre.


François L. Speranza.

Attaché Critique d'Art au Réseau Arts et Lettres

Note de Robert Paul: la page de Patrick Marin sur le réseau Arts et Lettres

 

 

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PIERRE-EMMANUEL MEURIS: HOMO LUDENS

Du 13-06 au 30-06-12, se tient à l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050, Bruxelles), une exposition consacrée aux œuvres de Monsieur PIERRE-EMMANUEL MEURIS, un artiste belge au style délicat qui nous offre un madrigal sur l’image du cube et ses variations possibles.


Le dénominateur commun qui gouverne l’œuvre de Meuris présentée à l’ESPACE ART GALLERY demeure, sans conteste, la forme géométrique représentée essentiellement par le cube. Mais il s’agit ici d’un cube issu d’un « cubisme » qui s’écarte de la définition usuelle que nous donne l’Histoire de l’Art pour rejoindre la géométrie dans toute la force de ses proportions.

Le carré n’existe que comme carré. Le reste est affaire de couleurs, cinétisme et plein-vide savamment dosé.

Issu d’une famille d’artistes (son grand-père était un paysagiste confirmé), Meuris a mis dix ans pour aboutir à l’œuvre dont il nous offre la plénitude du discours.

Grand admirateur de Jo Delahaut, il a voulu le « corriger » comme il le dit lui-même, en miniaturisant ses formes au maximum sans pour cela dériver vers un minimalisme géométrique.

En fait, les œuvres exposées où le trait s’avère être la dominante, dérivent tout droit de sa première période, la « période Folon », principalement dominée par un ciel parsemé de traits, en référence au firmament de Folon scintillant d’étoiles.

Aujourd’hui, le ciel a disparu mais les traits sont restés. Et ce sont essentiellement eux qui confèrent à l’œuvre de Meuris son style. De quelle manière ce style se définit-il ?  Il se définit avant tout par une réflexion chromatique à l’intérieur d’un cube faisant office de cadre, à l’intérieur du cadre total. Conçu en tailles différentes, le cube existe par lui-même en se multipliant à l’intérieur du cadre monochrome. L’œuvre de Meuris exposée est une œuvre tranquille qui, contrairement à l’atmosphère ludique qu’elle dégage de prime abord, ne se limite pas à former un jeu de cubes. Chaque élément interpelle le regard au fur et à mesure que l’on s’y attarde. Les cubes, de petite taille, s’inscrivent dans un cadre d’identiques dimensions (103 x 103 cm).

 

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Pour ne pas céder au style de son grand-père paysagiste qu’il admirait, l’artiste a toujours voulu échapper au paysagisme. Mais y a-t-il réussi totalement ? Force est de constater que depuis l’avènement de l’abstraction, en tant qu’écriture picturale au début du 20ème siècle, la nature même du « paysage » a subi d’immenses métamorphoses. Elle a surtout changé d’identité.

D’élément de la nature, le paysage est devenu l’alter ego psychanalytique du « peignant » face à la toile. Il n’est plus l’expression du peintre romantique allemand du milieu du 19ème siècle créant des paysages volontairement torturés, réfléchissant sa psyché.

Meuris, peintre de notre siècle, accorde la symbolique intime de la couleur comme expression ludique du volume insufflant la vie au cube, vers un questionnement inconscient sur sa propre « capacité »  à exister. Il se défend de vouloir être complexe. Il veut demeurer simple d’approche.

Bien sûr, son œuvre est « simple » mais jamais simpliste ! Car à l’intérieur d’une approche cognitive ludique, une simplicité complexe se dévoile, au fur et à mesure du trajet qu’emprunte le regard.

Pierre-Emmanuel Meuris a fréquenté le Beaux Arts à Liège. Il s’exprime surtout par l’acrylique.

 

François L. Speranza

Attaché critique d'art au Réseau Arts et Lettres


Note de Robert Paul: la page de Pierre-Emmanuel Meuris sur le réseau Arts et Lettres

 

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