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Pylade (Le Rideau de Bruxelles)

"Chaque victoire est aussi une défaite." Après Affabulazione et Bête de style, le Rideau poursuit l'exploration du théâtre de Pasolini. Tout est à découvrir dans ce spectacle. "Incandescence poétique".(Musiq3-RTBF) / "Du théâtre à mains nues." (Le soir) Pylade (13 > 29.09)

 

Pylade
12272832455?profile=originalRéalisation dramatique magistrale, trois heures de spectacle, trois ans de travail assidu, une grosse vingtaine d’acteurs, composition électro-acoustique, voix divinisées, dans un lieu tout nouveau, un an à peine, découvrez cette perle à deux pas de la gare de L’Ouest.
Mais la gare de l’Ouest, où est- ce ?
 
Une pièce de politique, un jour d’élections, le 13 juin 2010. De quoi faire encore plus réfléchir. Le texte est tour à tour savant et obscur, comme les Euménides et les Erinyes. Raison et passion s’affrontent. Oreste veut bien faire. Electre est extrême: « Et dans ma haine il y a plus d’amour que dans toute ta fraternité ! » Elle est d’une fidélité statique à sa loyauté pour Agamemnon et court garder le feu aveuglant qui illumine la grandeur du passé.
 
Oreste bâtit la démocratie et ses institutions, vainc la dépendance de la religion, donne la richesse à ses concitoyens. Pression du sénat, rupture d’Oreste et de son ami Pylade. A la façon du roi Henry II et Thomas Becket. Pylade est autre, doté d’une grâce mystérieuse, il transpire la loyauté, la générosité, un homme idéal, sans racines dans l’orgueil royal. Il rassemblera tous les affamés, les démunis, les désespérés. Oreste : « Si nous avons fait de la raison une divinité, alors j’adore Athéna. » Pylade est incrédule.
 
 12272832473?profile=originalElectre et Oreste doivent se réconcilier « Rien de réel ne nous sépare » Paroles prophétiques ? « Car rien n’est pire que la guerre ! » Partout on entend grondements d’orage ou de guerre. Des poules bien vivantes picorent la scène entre les chaises dispersées des spectateurs, dans le décor démesuré de cet entrepôt surréaliste. Elles sont innocentes.
 
Sous les jeux de lumières totalement parlants, les acteurs sont magnifiques dans leur grandeur et leur petitesse. Oreste clame encore : « On est prêt pour votre victoire, sauf le Destin, c'est-à-dire le Réel ». Dix ans de guerre contre une nuit révélatrice où la seule révolution réelle est celle qui nait de la profondeur des êtres: en une nuit la haine peut soudain disparaître à tout jamais cependant que résonnent les pas réguliers d’une femme en marche.
avec votre carte de Quelle Passion deux entrées pour le prix d’une.
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administrateur théâtres

12272837680?profile=originalLe théâtre est vibration. L’illusion théâtrale: illusions d’optiques ?  

Et si… le théâtre était avant tout une " cérémonie ", une  création multiple résultant  de la volonté du dramaturge, de la mise en valeur du metteur en scène, du jeu des comédiens, de l'appareillage technique des lumières et des sons et de la complicité d'un public ? Une illusion où le jeu est le centre vital ? Et  non plus le « je ». Un lieu où l’imagination éclaire le monde. Un chef d’œuvre  a-temporel.

 Et si… dramaturge et metteur en scène ne faisaient qu’un(e)? Puisqu’il s’agit ici  de Christine Delmotte, fascinée par des méthodes de spiritualité qui imprègnent la nature de l’homme depuis la nuit des temps?

12272837869?profile=originalEt si… Christine avait rencontré deux comédiens  de ravissement : Stephanie Va Vyve  et de Patrick Brüll, capables d’inviter le spectateur à mettre en doute ce qu'il voit, et, plus encore, à voir autrement ? Cette mise en jeu irait  jusqu'à la magie. Magie théâtrale  au centre du jeu. Miroitements infinis, Œuvre d’art surprenante.

 

Christine Delmotte rompt avec toutes les traditions et nous fait sur scène une proposition pour chatouiller notre imaginaire et nous entraîner dans les dédales de l’illusion.

12272838265?profile=originalEt si… : est-ce le ton de la fiction ou de la réalité ?  Illusion théâtrale, illusions d’optiques, illusion du temps qui régit tout mais que Christine Delmotte fait éclater magistralement. Christine Delmotte explore.  Le spectateur est soufflé par l’intensité du jeu, on pénètre dans une sorte de transe qui voyage d’un personnage à l’autre. L’amant et la femme, le disciple et le maître, le patient et son psy…, le… la ,  Stephanie Va Vyve  et de Patrick Brüll. Jusqu’à l’évocation de doubles, de triples de multiples personnalités.  Ou d’événements alternatifs? «Le temps est ce qui permet aux choses de ne pas arriver simultanément?

Puisque cette recherche théâtrale est dans le sillon peu fréquenté  du Temps quantique. Le temps ne s'écoule pas de comme à notre échelle. Il semble même, tout simplement, qu'il ne s'écoule pas. Les frontières bien établies se sont effacées. Il n’existe plus. Les facettes de la réalité se révèlent, autres. Comme dans les romans de Kundera. Des tiroirs mystérieux que l’on ouvre. Des plongeons osés dans l’inconnu.  Et si….on pouvait choisir un passé différent et donc un futur différent ? Et si… le temps n’existait pas ?     

 

12272838474?profile=original« …On continue ? » Les images et les scènes infusent l’une dans l’autre. Les miroirs réfléchissent d’improbables reflets, tous troublants. «  A rose is a rose is a rose…» Et l’on revient à la source première du théâtre : le jeu, Et si…. Le jeu brûlant  et habité  de l’exquise Stephanie Va Vyve  et de Patrick Brüll  est presque palpable. La salle est petite et les comédiens sont proches. Les vibrations sont intenses, inoubliables,  on ressort envoûté. Du jamais éprouvé, une découverte magique des contours de l’illusion. Et comment savoir ce qui est illusion et ce qui ne l’est pas.  

 

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/atelier/piece1.html

écriture, mise en scène et scénographie de Christine Delmotte

compagnie Biloxi 48

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12272834452?profile=originalCe nouveau spectacle des Baladins du miroir est un divertissement théâtral doublé de satire, ourlé de bribes poétiques, bourré de truculence  et combiné avec des numéros d’acrobatie faisant partie du drame, au sens propre. C’est une façon très appropriée de donner vie à la galerie de personnages du  chef d’œuvre  de Vladimir Minac, auteur slovaque: «  Le producteur de bonheur» (1964). Une façon de débusquer le désir de bonheur qui se cache dans les interstices de la réalité.

Il y a cette séquence inoubliable de l’homme virevoltant dans son cerceau géant, hésitant comme une pièce de monnaie qui roule sur une table. Pile ou face ? Deux côtés de la réalité. La créativité et la liberté s’invitent de toutes parts : depuis l’excellente  dramaturgie et  mise en scène de Nele Paxinou jusqu’à l’extraordinaire « conception et mise en espace des rêves » de Marco Taillebuis. Oui, vous avez bien lu. Dans cette histoire imaginaire et cocasse il y a un double fond : trois terrifiantes incursions  dans le rêve ou dans le cauchemar kafkaïen.  La création musicale trouve également sa place puisqu’une « musical band » de personnages tous habillés de noir à la Charlie Chaplin s’empresse d’effectuer les changements de décors, sous forme de jongleries, tout en  jouant trompettes, violons et accordéon. Un peu intempestifs parfois.12272834484?profile=original  Les décors dynamiques dont l’imaginatif concepteur est Lionel Lesire convoquent le surréalisme et  la dimension onirique. Eclairage et costumes  de saltimbanques donnent une touche finale d’illusion  bienvenue sous un chapiteau qui ouvre sur d’autres réalités.

12272834864?profile=originalEn attendant Tobago ou la promesse d’une île.  L’histoire est celle d’un escroc bouffon et de son valet, tous deux paumés.  Frantichek Oïbaba a le verbe haut  et le gosier en pente. Il promet une île à son valet et il en fera le roi! Avide du rêve de bâtir des entreprises florissantes, cet original fait miroiter à ses  proies le rêve, le voyage, la liberté, la fantaisie dont l’auteur, écrasé par le régime communiste, semble avoir rêvé lui-même. L’escroc de troisième classe choisit l’oisiveté pour lui, l’exploitation pour ses « associé(e)s ».  Oïbaba, sorte de Don Quichotte de l’Est, part à l'assaut de la dictature, de la bureaucratie et de la pensée unique. Il se dit être un homme libre qui a le courage d’être différent et de s’extraire de la fourmilière.  « Saisir son couteau à rêves et ciseler l’avenir.» « Tenter sa chance ! Ça veut dire sortir du rang. Rêver à un destin unique. Tout qui marche dans un régiment, veut en sortir. » On est bien d’accord et c’est la phrase qui fait tomber toutes les défenses de ses collaborateurs forcés.12272834686?profile=original

Et ce gueux abusif,  porte-parole du droit à la liberté sera gagné par la chaleur de la fraternité. Il se définira à la fin comme escroc honnête, le fils prodigue d’un autre temps. Le propos est chaleureux, parfois grave,  la mise en vie des personnages burlesques est bouillonnante et baroque, à mi-chemin entre le théâtre et le cirque.

 

Le texte a été traduit par Maja Polackova et Paul Emond.

Sur scène: Robert Guilmard (Ojbaba), Alexandre Dewez (Lapidus), Jimena Saez (la
veuve), Sophie Lajoie (Kataerina), Diego Lopez Saez, Geneviève Knoops (l’épouse
du peintre), David Matarasso, Simon Hommé, Aime Morales Zuvia et aux instruments
Grégory Houben ou Johan Dupont, Aurélie Goudaer,  Wout De Ridder)…

http://www.lesbaladins.be/b_fr.html

 

Du 20 septembre au 6 octobre 2012
Sous chapiteau non numéroté – Parking Baudouin Ier  http://www.ateliertheatrejeanvilar.be/fr/saison/detail/index.php?spectacleID=482

 

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administrateur théâtres

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Le Deutsches Requiem de Brahms le Dimanche 23 septembre  2012 à la salle Henri Le Boeuf par le Koninklijk Concert-gebouworkest

Orchestra in Residence

Mariss Jansons direction - Genia Kühmeier soprano - Gerald Finley baryton - Koninklijk Concertgebouworkest , Groot Omroepkoor

Johannes Brahms, Ein deutsches Requiem, op. 45

Pleins feux sur le Requiem allemand, par l’incontournable Concertgebouworkest, l’un des orchestres en résidence aux beaux-Arts. Le Concertgebouworkest célèbre l’union de l’humain et du sacré sous la baguette de Mariss Jansons et nous invite au plus profond de la pensée de Brahms, avec une œuvre qui lui valut célébrité et reconnaissance.

Maîtrise du détail et vagues de bonheur

Ein deutsches Requiem: une création toute  personnelle  du compositeur. Il est extraordinaire de penser que ce « Requiem » où jamais le mot « requiem » n’est prononcé, fut la  première composition majeure de Brahms, écrite en 1868, quand il avait à peine trente ans. Probablement à la  suite  de la mort de son ami  Schumann et en souvenir du décès  de sa mère. Il  ne s’agit donc  pas d’une messe des morts, mais  d’une vibrante  méditation à propos du destin inéluctable de l’homme. Et l’humaniste agnostique  frôle le divin. En effet Brahms se laissant faire par la méditation, choisit quelques  extraits pertinents de l’ancien et du nouveau testament pour les mettre en musique. Il lisait la Bible allemande de Luther quotidiennement.

  N’empêche la grâce biblique opère, et cette composition en 7 mouvements  frappe par sa charge émotionnelle et sa profondeur. A l’appel angoissé de l’humaniste face à son destin la musique et les textes offrent consolation et espoir. L’œuvre écrite pour soprano, baryton, chœur et orchestre donne un rôle prépondérant au  chœur. Et c’est le   Groot Omroepkoor néerlandais chœur de premier plan sur les scènes internationales qui en assume la tâche.

 

Sous la direction méticuleuse  de Mariss Jansons à la tête du Koninklijk Concertgebouworkest  le concert commence en beauté. Après trois ou quatre mesures, les violoncelles donnent le « la »  au chœur qui fait une entrée majestueuse pleine de feu. Chaleur et  clarté. C’est bien énoncé, et tout de suite d'une intensité saisissante. « Seilig sind, die da Leid tragen ». Heureux les affligés car ils seront consolés:  ce sont des paroles empruntées au sermon sur la montagne, qui promettent fermement le bonheur à venir. Les mots « Getröstet worden » sont  soulignés avec grâce  par le  duo de harpes. L’autre mot éclatant et  brandi en étendard par la musique est le mot Beethovien de « Freude ! » L’espoir est  définitivement planté.

 Le deuxième mouvement, plus sombre «  Denn alles Fleisch », prend des rythmes d’horloge funeste et d’éclosions florales condamnées. Les chœurs masculins et féminins dialoguent  distinctement. Les timbales scandent la marche funèbre tandis que l’orchestre s’attaque à une mélodie chantée qui rappelle le choral allemand. Une prière sans mots sur la fragilité humaine.  Mais, comme par évidence, ce mouvement se termine par l’exultation du chant d’allégresse «  Ewige Freude wird über ihrem Haupte sein.» Et une joie éternelle couronnera leur tête; L'allégresse et la joie s'approcheront; La douleur et les gémissements s'enfuiront. Le battement régulier des timbales est maintenant celui d’un cœur humain vivant.

Le troisième mouvement accueille enfin le solo de baryton, comme dans la 9e symphonie de Beethoven très admirée par Brahms. Gerald Finley, le rayonnant chanteur canadien se saisit de son rôle avec une très belle tessiture et un sens très fin de la tension dramatique. Pleine puissance et solidité du son. Humanité émouvante dans le « Ach, wie gar nichts sind alle Menschen ». Mais une fois de plus, le chœur fugué reprend l’initiative et répète la phrase d’espoir : « Ich hoffe auf Dich ! » Brahms, pas religieux ?  

Le quatrième mouvement  apporte caresses, lumière et bonheur. On pourrait croire que la harpe est revenue. Mais non, ce sont les pizzicati des violoncelles. Voici la remarquable soprano lyrique Genia Kühmeier. Elle émerge lentement de sa méditation fervente et se lève. Elle a tremblé longtemps de bonheur avant de commencer à chanter. D’une dévotion extrême, ses vocalises sont millimétrées et souples. Elle a la voix ronde, les timbres sont fruités. Elle symbolise à elle seule la musique sacrée au sens large.  La confiance absolue en Dieu efface toute tristesse.

Les épisodes orageux du 6e mouvement sont effroyablement dramatiques. Ils  ramènent les somptueuses sonorités du baryton qui ont englouti la mort. La force du chœur est bouleversante. Elle devient écoulement de joie pure.  Les sonorités riches et articulées sont léchées et  enveloppantes. Le 7e mouvement enfin renoue avec le premier mot du concert, Selig : Heureux.  « Selig sind die Toten die in dem Herren sterben ». Une phrase de l’Apocalypse qui assure la vie éternelle. 

Et les  harpes retrouvées de conclure avec des sonorités transparentes. Le silence s’établit, respectueux, avant le tonnerre d’applaudissements et de vivats passionnés.  12272831695?profile=original

http://www.bozar.be/activity.php?id=12065&selectiondate=2012-09-23

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ADMINISTRATEUR GENERAL

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Bernadette Reginster (peintures et sculptures)

 

Née au Congo, ayant une formation d'architecte d'intérieur diplômée du CAD Bruxelles, Bernadette Reginster a fréquenté des ateliers d'artistes et les Ateliers Malou à Bruxelles.

 

Elle a passé ses quinze premières années en Afrique et ses premiers sujets étaient rehaussés de crayons, de gouache ou d'encre. Elle a ensuite peint à l'aquarelle, des sujets figuratifs toujours inspirés par ses voyages et les paysages traversés. Depuis une dizaine d'années déjà, elle s'est orientée vers l'abstraction et utilise la matière et la technique du glacis qui donne de la profondeur à ses œuvres. Plus récemment, elle intègre des collages dans ses travaux et notamment des monuments historiques new-yorkais et bruxellois.

 

Elle se décrit comme une artiste aux multiples facettes inspirée par l’émotion procurée par ses photos de voyage.

 

L’artiste déstructure littéralement l’image de base avec pour intention de recomposer une œuvre dans laquelle le sujet prend une nouvelle dimension. Quelques peintures se trouvent déjà dans des collections privées à l’étranger.

 

Et

 

"Ma démarche artistique est généralement issue de mes nombreuses photographies.

 

L’émotion première, photographiée, est l’élément de base.

 

Le choix du sujet, la prise de vue, l’éclairage sont autant de matières permettant une destruction systématique en vue d’une recomposition picturale ou photographique où le sujet prend une nouvelle dimension.

 

Il s’agit donc d’oublier l’instant premier pour revenir à l’essentiel de l’image par un travail d’épuration. Ensuite au travers de la reconstruction, du choix des couleurs et de la matière, j’aboutis à un tableau nouveau où la photographie laisse place à une création originale."

 

« De même que le rôle du poète depuis la célèbre lettre du voyant consiste à écrire sous la dictée de ce qui se pense, ce qui s'articule en lui, le rôle du peintre est de cerner et de projeter ce qui se voit en lui » (1)

 

(1) Phrase de Max Ernst citée par Maurice Merleau-Ponty (L'œil et l'esprit ; Gallimard 1964, Folio Essais p. 30)

 

 

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Françoise Van Hauwaert (sculptures).

 

 « J’ai toujours beaucoup dessiné, et j’ai étudié l’archéologie et l’histoire de l’art à Leuven en terminant par un mémoire sur Bruegel le Jeune en 1977.

 

Après des expertises de tableaux chez mon ancien professeur de mémoire, je commence la restauration de tableaux, à Louvain-la Neuve puis à l’Institut Royal du Patrimoine artistique (19 ans), où je me spécialise en restauration de sculptures après 3 ans en peintures.

 

Entretemps: académie de peinture à Ixelles, puis engagée comme restauratrice de sculptures au Musée Royal de l’Afrique centrale depuis 1997 ; à l’académie de sculptures W-St-Pierre depuis 2007 je fais surtout du figuratif, assez classique avec les nus d’après nature en terre cuite, un peu moins classique dans le bois et la pierre… »

 

 

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Le prestigieux magazine L'événément annonce l'exposition de Bernadette Reginster:

 

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Et à titre d’information voici les cinq prochaines expositions:

 

-Titre : « La collection permanente à l’espace Yen »

Artistes : collectif d’artistes de la galerie.

Vernissage le 05/09/2012 de 18h 30 à 21h 30 en la galerie même.

Exposition du 05/09 au 28/10/2012 à l’Espace Art Gallery II.

 

-Titre : « Espace-Temps »

Artistes : Marylise GRAND’RY (Fr) peintures

Vernissage le 17/10 de 18h 30 à 21h 30.

Exposition du 17/10 au 04/11/2012.

&

-Titre : « Gouttes en série »

Artistes : Jean – François MOTTE (Fr) peintures

Vernissage le 17/10 de 18h 30 à 21h 30.

Exposition du 17/10 au 04/11/2012.

&

-Titre : « Eléments de vie »

Artistes : Marcus BOISDENGHEIN (Be) peintures

Vernissage le 17/10 de 18h 30 à 21h 30.

Exposition du 17/10 au 04/11/2012.

&

-Titre : « Bois et entrelacs »

Artistes : Xavi PUENTE (Esp) sculptures

Vernissage le 17/10 de 18h 30 à 21h 30.

Exposition du 17/10 au 04/11/2012.

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                                  Jerry Delfosse

                                                                  Espace Art Gallery

                                                                  GSM: 00.32.497. 577.120

                                                                 Voir:  http://espaceartgallery.be

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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administrateur théâtres

12272831099?profile=originalUne « tragédie de Quat’sous ».

Si l’on pensait connaître tous les chefs-d’œuvre sortis de la plume hugolienne, on se trompait. Mille francs de récompense… une pièce signée Victor Hugo, qui a attendu près d’un siècle avant d’avoir été révélée au public et témoigne d’une extraordinaire inventivité.

  Mille francs de récompense est un chef-d’œuvre du genre. Le drame social, rajeuni par la fantaisie, revivra ainsi les beaux soirs du Boulevard du Crime.
  Une époustouflante histoire où l’innocente persécutée triomphe au dénouement.

Glapieu, le vagabond redresseur de torts, cette eau-forte de bagnard traîne-savate au cœur tendre, c’est Jean Valjean qui sauve l’orpheline au lieu de voler les chandeliers de Mgr Myriel. Une bombe astucieuse dans l’histoire dramatique. Un bel engin a retardement qui pète 150 ans après sa fabrication, une machine à faire rire et à s’attendrir. C’est fin, gros, généreux, naïf, habile, truculent, tout ensemble. Un mélodrame comique nourri aux mamelles de Shakespeare.

au Théâtre des Martyrs, jusqu'au 27 octobre 2012

«Etant les ignorants, ils sont les incléments » Rencontre avec Gavroche adulte:

Héroïsme et verve fantaisiste tiennent le premier rôle de cette pièce de Victor Hugo qui a attendu plus d’un siècle pour être publiée. Un mélodrame pétillant d’humour qui met en scène Glapieu, un vagabond inventif qui veut changer de carrière pour vivre dans l’honnêteté et choisir le trottoir au soleil. Le Théâtre en Liberté fête cette année ses 20 ans et nous fait le cadeau d’une distribution de comédiens brillants qui mouillent leur chemise. Le jeu n’est-il pas la plus belle chose au théâtre?

Bas les masques imposés par la société: on est à Paris pendant le Carnaval à la fin de l’hiver 1862. Vivent les masques éphémères de la fantaisie qui vont dévoiler la vraie nature des gens. Le bagnard repenti que joue Jean-Henri Compère avec un brio exceptionnel - s’est mis en tête de sauver la veuve (Dolores Delahaut), l’orpheline (Isabelle De Beir) et le grand-père grabataire et ruiné (Christophe Destexhe). Tous les ingrédients d’un mélodrame réussi. Glapieu va surtout régler son compte à un odieux  homme d’affaire, Rousseline campé par un Jaoued Deggouj aux mieux de son talent comique. Au service d’un riche banquier (Bernard Marbaix), il va procéder à la saisie des maigres biens de la triste famille. Un personnage invisible et omniprésent rôde, c'est l’Argent. Un dieu tyrannique et excessif, juge et partie dans cette société âpre où les banquiers sont rois. Le capitalisme financier est devenu un système sans scrupules, une norme économique qui n’épargne aucun petit. Rousseline, l’immonde prédateur va tendre un piège: il renoncera à la saisie en échange de la main de Cyprienne.

Théâtre engagé, la pièce est donc une sorte de manifeste tour à tour drôle et glaçant. Le tendre amoureux (Gauthier de Fauconval) est prêt à prendre par amour les risques les plus fous et Gladieu, tantôt redresseur de torts, tantôt bouc émissaire, va tenter de faire triompher la justice, n’hésitant pas à prendre les spectateurs à témoin, du haut de sa lucarne. Quant à lui, le démoniaque Rousseline épris de la belle orpheline est prêt à toutes les infamies pour arriver à ses fins.

Daniel Scahaise a su fédérer autour de lui une équipe pétulante et cohérente qui partage des idéaux communs. Les comédiens du Théâtre en Liberté  montent en scène sans artifices, ils sont vrais, vivants et authentiques. On sent circuler entre eux une solidarité communicative, une connivence qui capte le cœur du spectateur. Le choix de monter cette «tragédie de Quat’sous» où chantent des musiciens comme bateleurs d’un autre siècle, n’est sans doute pas un hasard. Il ressort de ce spectacle de l’émotion, de la contestation et de la générosité dont notre siècle, à bien des égards fort semblable à celui d’Hugo, a peut-être besoin.

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Joë Bousquet, le voyageur immobile de Carcassonne

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Hommage à celui qui ne pouvait plus voyager que dans sa tête, Joë Bousquet, le « voyageur immobile » de Carcassonne.

 

« Tout semble perdu, mais il nous reste l’issue de sauver le mal. » (Joë Bousquet)

 

La mort ne voulait pas de toi qui la bravais en bottes rouges, à sept lieues à la ronde. La balle qui traversa ta poitrine avait tracé un sillon fatal au-dessus des blés avant de te clouer pour toujours à ce lit de souffrance où tu n’as fait que changer de champ de bataille.

 

Tu n’étais jamais seul dans cette chambre aux volets clos avec ton ange contre ta tempe et le sourire de tes amoureuses… « Elles m’ont donné ce qu’elles ne donnent à personne, et j’ai compris qu’il y avait un ciel dans leurs yeux dont leur regard n’était que le crépuscule. »

 

La pluie moirée de la tenture était lourde du poids des mondes. Pour consoler ton corps immobile, fauché dans la fleur de l’âme, les ailes des fées du pays d’oc bleuissaient le silence peuplé de livres. Alors du rechaussais tes bottes rouges et tu marchais à l’intérieur de toi-même, dans la forêt endormie de Max Ernst, ton rempart contre le malheur.

 

Parlerais-je de tes songes de morphine et d’opium, de tes « tisanes de sarments », viatiques de l’explorateur que tu songeais parfois à retourner contre toi-même quand la douleur était trop forte ?

 

Scaphandrier des profondeurs, tu buvais à la source noire, au seuil de la nuit sacrée de Novalis où nage un poisson d’or et que tout homme aspire à connaître…

 

Allégeance au souverain de la douleur ! Mais tu étais comme tous les hommes, Joë Bousquet, car tout homme est blessé.

 

Voyageur immobile mais rapide comme l’éclair, ta plume en guise de bourdon, pèlerin de la Vierge noire à qui tu rendis ses diamants, l’amour lointain des troubadours ciselait ton profil d’alchimiste. Le plomb de ton malheur pour lequel tu n’avais pas de larmes s’était changé en or et ton front où bleuissaient les myosotis de Montségur abritait l’harmonie des contraires.

 

La balle qui traversa ta poitrine avait tracé un sillon fatal au-dessus des blés avant de te clouer à la souffrance. Mais ce ne fut que pour triompher du désastre et pour courir, à corps perdu, pieds nus comme un enfant, vers la Beauté.

 

 

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Dylan Thomas ou la nostalgie du paradis perdu

dylan thomas

Dylan Thomas naît à Swansea, ville côtière du Pays de Galles.

 

Son père David, diplômé en anglais et écrivain, pousse son fils à parler l'anglais plutôt que le gallois, la langue de sa mère, mais sa poésie gardera la trace de l'influence du gallois.

 

 Il fréquente la Swansea Grammar School, école pour garçons où son père enseignait la littérature anglaise. C’est dans un magazine scolaire que le jeune Thomas publie son premier poème. Il quitte l'école à 16 ans pour devenir reporter durant un an et demi.

 

Il passe la majeure partie de son enfance à Swansea, hormis des séjours réguliers à la ferme de Carmathen que possédait la famille de sa mère. Ces séjours influencèrent son travail ; on le remarque dans de nombreuses histoires courtes, dans des œuvres radiophoniques ou encore dans le poème "Fern hill" ("La colline des fougères")

 

Il écrit la moitié de son œuvre alors qu’il vit dans la maison familiale du 5 Cwmdonkin Drive (le poème le plus connu étant : "And death shall have no dominion"). En novembre 1934, il publie son premier recueil de poésie : "18 Poems".

 

En 1937, il se marie avec Caitlin Macnamara (1913-1994) et aura trois enfants avec elle, malgré une relation houleuse, entachée par des écarts conjugaux.

 

Dylan Thomas avait des problèmes avec l'alcool dans lequel il noyait sa difficulté de vivre.  Le 3 novembre 1953, au Chelsea Hotel de New York il déclare: "I've had 18 straight whiskies, I think this is a record". Six jours plus tard, pendant sa tournée promotionnelle new-yorkaise, à la White Horse Tavern, de Greenwitch Village (Manhattan), il s’évanouit après avoir trop bu .

 

Il mourut au St Vincent Hospital (New York) à l’âge de 39 ans.

 

Je voulais depuis longtemps rendre hommage à ce poète, l'un de mes préférés, en essayant de traduire l'un de ses poèmes, que j'aime entre tous , "Fernhill", avec "Do not go gentle into that good night" ("N'entre pas sans violence dans cette douce nuit", 1951), adressé à son père.

 

"Fernhill" est le dernier poème du recueil "Death and Entrances", paru en 1946. "Fernhill",  comme tous les poèmes de Dylan Thomas est fait pour être parlé ou chanté (il a d'ailleurs été mis en musique par le compositeur américain John Corigliano pour choeur et orchestre). Dylan Thomas a toujours minimisé l'influence de la prosodie galloise sur son oeuvre, mais le caractère essentiellement oral de sa poésie, la multiplication des assonances et des allitérations, font partie des prescriptions de la versification galloise (Cynghanedd). L'influence de Gérard Manley Hopkins est également perceptible.

 

"Dylan Thomas, en naissant, remplace un premier enfant mort, écrit Alain Suied dans la préface de "Vision et Prière" et autres poèmes (NRF Poésie/Gallimard). Cet autre habitera toute son œuvre, tour-à-tour "bébé en flammes" ou "héros" ou "animal"... jusqu'à le dévorer, bébé de trente-neuf ans gonflé d'alcool (...)

 

Mais est-ce là pour autant le seul "secret" de sa poésie ? Cet "autre" monde n'est pas celui de la mort. C'est celui de la naissance : partition, parturition première. Le monde que Dylan Thomas reconstruit pour nous, c'est celui que nous avons déserté peu après notre entrée dans l'humaine condition. C'est notre autre soi, le vrai - celui auquel nous avons renoncé - trop tôt, trop vite.

 

Le poète, "artisan sacré", nous rappelle le "Paradis perdu", celui que nous avons tenu dans nos mains - mais que nous n'avons su ni accepter, ni aimer.

 

Cet autre soi : au carrefour de l'illusion et de la réalité, ce monde où nous faisions corps avec le mystère originel, avec la magie de la Création.

 

La Poésie, n'est-ce pas d'abord cela : parole des origines, parole perdue, genèse, Genèse ?

 

Dylan Thomas, "poète du siècle", en Angleterre, barde gallois, alchimiste du Verbe et de l'Inconscient, nous parle - sans les détours et les masques de la parole - de ce vertige fondamental que nous portons tous au fond de nous : c'est le manque même de l'Autre qui "nous" constitue."

 

"And once below a time I was a child" : seul un poète de génie pouvait avoir cette intuition fulgurante de ce qu'est l'enfance et le dire de cette manière-là, parfaitement étrange, mais la seule possible, et pas autrement.

Traduite littéralement, la phrase donne en français : "Une fois, en-deçà d'un temps j'étais (ou je fus) un enfant.". Dans "Once below a time", on entend la formule consacrée des contes de fées : "Once upon a time" ("Il était une fois"), mais "upon" n'est pas "below" ("sous", "en-deçà de").

Dylan Thomas a réussi le tour de force de dire à la fois le conte de fées (le merveilleux) et l'en-deçà de la temporalité. L'enfant n'a pas la conscience du temps. Cette prise de conscience est admirablement  indiquée dans la dernière strophe par l'image du grenier bondé d'hirondelles ("the swallow throunged loft") : le coeur de l'enfant empli du sentiment de l'éternité est fissuré, au moment de l'adolescence, par  la conscience du temps ;  le cadran lunaire de l'intelligence conceptuelle ("the shadow of my hand") remplace le cadran solaire du coeur et égrène désormais les heures et le vol des hirondelles dans "la lune toujours montante" n'indique plus seulement une plénitude joyeuse, mais aussi le déclin du jour et la "décomposition" de l'éternité.

 "Nothing I cared, in the lamb white days, that time would take me
Up to the swallow throunged loft by the shadow of my hand,
In the moon that is always rising.
Nor that riding to sleep
I should hear him fly with the high fields
And wake to the farm forever fled from the childless land (...) "

" J'ignorais en ces jours candides comme des agneaux
Que le temps m'emporterait bientôt vers ce grenier
Bondé d'hirondelles à l'ombre de ma main,
Dans la lune toujours montante
Ni que, galopant vers le sommeil
Je l'entendrais voler par les moissons
Et m'éveillerais dans la ferme
Chassé à jamais du paradis de l'enfance (...)"

Pour un enfant, tout ce qui semble banal pour un adulte, est nimbé de merveilleux.


Il me fallait donc exprimer dans ma traduction la perte du sentiment du merveilleux et l'irruption de la temporalité :

"Jadis, avant la commencement du temps, je fus un enfant."

Le passé simple, en français étant le temps de l'accompli, de "l'hapax" (ce qui n'a lieu qu'une seule fois), de l'irrévocable, m'a paru préférable à l'imparfait qui indique une durée indéterminée, que l'on envisage dans son déroulement ; l'adverbe "jadis" renforce cet aspect et renvoie à la formule consacrée "il était une fois."... "avant le commencement du temps" essaye  d'exprimer ce "paradis perdu" de l'enfance où le temps n'existe pas encore.

Seul un adulte qui a été pris dans la "marée montante du temps" peut dire à la fois la nostalgie (l'enfant n'a pas la nostalgie de ce qu'il possède) et le paradis, et seul un grand poète peut exprimer cette nostalgie avec des mots que n'entachent pas la banalité du regard adulte, tout en traduisant, à  travers les épiphanies de son histoire personnelle, une expérience universelle.

On sait à quel point la nostalgie du "paradis perdu" était aiguë chez Dylan Thomas et à quel prix le poète en a payé la conscience.

Il y aurait encore bien des choses à dire, par exemple sur la polysémie du  mot "wake" qui signifie en anglais à la fois l'éveil, la veillée funèbre et le sillage d'un bateau. Fervent lecteur de James Joyce, Dylan Thomas s'est certainement souvenu de "Finnigans Wake", ce roman du temps, de l'éveil et de la mort.


Je donne le poème dans la langue originelle, puis ma modeste et imparfaite tentative de traduction :

Fern Hill

Now as I was young and easy under the apple boughs
About the lilting house as the grass was green,
The night above the dingle starry,
Time let me hail and climb
Golden in the heydays of his eyes,
And honoured amoung wagons I was prince of the apple towns
And once below a time I lordly had the trees and leaves
Trail with the daisies and barley
Down the rivers of the windfall light.

And as I was green and carefree, famous amoung the barns
About the happy yard ans singing as the farm was home,
Il the sun that is young once only,
Time let me play and be
Golden in the mercy of his means,
And green and golden I was huntsman and herdsman, the calves
Sang to my horn, the foxes on the hills barked clear and cold,
And the sabbath rang slowly
In the pebbles of the holy streams.

All the sun long it was running, it was lovely, the hay
Fields high as the house, the tunes from the chimneys, it was air
And playing, lovely and watery
And fire green as grass.
And nightly under the simple stars
As I rode to sleep the owls were bearing the farm away,
All the moon long I heard, blessed amoung stables, the nightjars
Flying with the ricks, and the horses
Flashing into the dark.

And then to awake, and the farm, like a wanderer white
With the dew, come back, the cock on his shoulder : it was all
Shining, it was Adam and maiden,
The sky gathered again
And the sun grew round that very day.
So it must have been after the birth of the simple light
In the first, spinning place, the spellbound horses walking warm
Out of the whinnying green stable
On to the fields of praise.

And honoured among foxes and pheasants by the gay house
Under the new made clouds and happy as the heart was long,
In the sun born over et over,
I ran my heedless ways,
My wishes raced through the house high hay
And nothing I cared, at my sky blue trades, that time allows
In all his tuneful turning so few and such morning songs
Before the children green and golden
Follow him out of grace.

Nothing I cared, in the lamb white days, that time would take me
Up to the swallow thronged loft by the shadow of my hand,
In the moon that is always rising,
Nor that riding to sleep
I should hear him fly with the high fields
And wake to the farm forever fled from the childless land.
Oh as I was young and easy in the mercy of his means,
Time held me green and dying
Though I sang in my chains like the sea.

              

       Fernhill (la colline des fougères)

Insouciant sous les pommiers en fleurs
Jadis, Je fus un enfant

Heureux car l'herbe était verte
Auprès de la maison joyeuse

Et la nuit recouvrait le vallon étoilé...

Ô temps, laisse-moi regrimper pour saluer toutes choses
Et recouvrer, glorieux, l'âge d'or de mon regard

Quand les chariots étaient carrosses
Et les pommeraies villes dont j'étais prince
Et que jadis, avant le commencement du temps,
Je gouvernais les arbres et les  feuilles

Et suivais, dans les rivières de la clarté,
Le sillage des épis et des marguerites.

Jeune pousse verdoyante, célèbre dans les granges,
M'approchant de ma ferme et de ma cour joyeuse,
je chantais.
j'allais dans le soleil qui n'est jeune qu'une fois.
Ô temps, que je rayonne sur le chemin de grâce,
Chasseur et puis berger, vêtu d'or et de vert.
Les veaux me répondaient quand je sonnais du cor,
Les clairs aboiements frais des renards des collines
Et tintaient lentement comme les cloches du dimanche
Tous les galets des saints ruisseaux.

Merveilleuse mélodie des jours,
les foins hauts comme la maison,
Le chant des cheminées,
le vent adorable dansant avec le pluie
Le feu, vert comme l'herbe
Et la nuit sous les simples étoiles,
Comme je glissais dans le sommeil
Les chouettes transportaient  la ferme au loin
Et j'entendais voler sous la lune
Bénies par les bêtes des étables
Les engoulevents avec les meules de foin
Et devinais l'éclair des chevaux dans la nuit.

Et puis me réveiller et retrouver la ferme
Comme un errant dans la blancheur de l'aube
Qui regagne enfin son pays,
Un coq perché sur son épaule.
Le monde était alors comme le jardin d'Eden,
le ciel venait d'éclore,
Le soleil de jaillir, tout comme au premier jour,
La pure lumière d'être tissée.
Les chevaux ensorcelés
Quittaient la chaleur hénnissante des étables
Pour la gloire des prairies.

Et honoré parmi les renards et les faisans,
Près de la maison joyeuse,
Sous les nuages nouveaux nés,
Et heureux tant que le coeur était fort,
Dans le soleil renouvelé,
je courais parmi les chemins insouciants,
Mes voeux lancés dans le foin
Aussi hauts que la maison,
Et je me moquais bien dans mon commerce avec le bleu du ciel
Que le temps n'accorde, dans son cycle mélodieux,
Que si peu de ces chants matinaux
Avant que les enfants verdoyants et dorés
Ne le suivent hors de la grâce.

J'ignorais en ces jours candides comme des agneaux
Que le temps m'emporterait bientôt dans ce grenier
Rempli d'hirondelles à l'ombre de ma main,
Dans la lune toujours montante
Et que, galopant vers le sommeil
Je l'entendrais voler par les moissons
Et m'éveillerais dans la ferme
Chassé à jamais du paradis de l'enfance
Oh ! Je fus un enfant rayonnant sur le chemin de grâce
Et le temps me retenait verdoyant loin de la mort
Tandis que je chantais dans mes chaînes
Comme la mer.



N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit

N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s'emporter à la chute du jour ;
Rager, s'enrager contre la mort de la lumière.

Bien que les hommes sages à leur fin sachent que l'obscur
est mérité,
Parce que leurs paroles n'ont fourché nul éclair ils
N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes bons, passés la dernière vague, criant combien
clairs
Leurs actes frêles auraient pu danser en une verte baie
ragent, s'enragent contre la mort de la lumière.

Les hommes violents qui prirent et chantèrent le soleil
en plein vol,
Et apprennent, trop tard, qu'ils l'ont affligé dans sa
course,
N'entrent pas sans violence dans cette bonne nuit.

Les hommes graves, près de mourir, qui voient de vue
aveuglante
Que leurs yeux aveugles pouraient briller comme
météores et s'égayer,
Ragent, s'enragent contre la mort de la lumière.

Et toi, mon père, ici sur la triste élévation
Maudis, bénis-moi à présent avec tes larmes violentes,
Je t'en prie.
N'entre pas sans violence dans cette bonne nuit.
Rage, enrage contre la mort de la lumière.

(Dylan Thomas, "Vision et Prière" et autres poèmes, traduction et présentation d'Alain Suied, NRF, Poésie/Gallimard)







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La bande annonce de l'émission:

 

 

 

Anne-Sophie Malice aux commandes...
Ce mois-ci c'est Anne qui anime l'émission depuis le musée Verhaeren de Roisin. Pourquoi Anne ? Parce que Christine étant l'auteur du mois, pouvait difficilement se présenter elle-même ! Pourquoi depuis Roisin ? Parce qu'on y organise un grand salon des auteurs et éditeurs de la région montoise le 21 octobre prochain !
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Anne-Sophie Malice
Art et Saveurs à l'abbaye Saint- Denis
Les festivités artisanales et littéraires organisées à l'abbaye Saint-Denis fin août, ont rencontré un très gros succès. Beaucoup d'auteurs de CDL étaient présents et une découverte d' ACTU-tv à ne pas manquer, la petite Cali Colomba qui chante "de l'air pur". Un reportage de Marcelle Pâques.
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Cali Colomba
Salon des auteurs et éditeurs de la région de Charleroi, à la bibliothèque Yourcenar (les 12 et 13 octobre)
Beaucoup d'inscrits pour cet évènement culturel d'importance que la biblio organise à Marchienne-au-Pont. Carine-Laure signe ce reportatge filmé au château de Cartier, au bord de la Sambre, là ou Marguerite de Crayencourt (anagramme de Yourcenar) à vécu une partie de son enfance.
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Carine-Laure desguin
La Maison du livre de Saint-Gilles reçoit Chloe des Lys le mardi 16 octobre
Cette Maison du livre fonctionne un peu comme un centre culturel, sans l'être vraiment. Une maison art-déco de toute beauté dans laquelle se trouve également la biblio communale et où nous irons expliquer le phénomène CDL... Un reportage de Silvana Minchella.
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Silvana Minchella et Joëlle Baumerder
L'Art de Livre, un salon pour les auteurs et éditeurs de la région de Verviers
Il s'appelle Henri Collignon, est artisan garnisseur et écrit des polars. Il a décidé de réveiller sa région sur le plan littéraire et organise les 13 et 14 octobre un salon sur le site du charbonnage de Blegny-Mine. Un reportage d' Edmée De Xhavée.
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Edmée De Xhavée au fond de la mine
Dédé et Maurice, les Dechiens bruxellois
Ben... vous les connaissez maintenant. Ils parlent de tout, sur tout... avec une incompétence sidérante. On les a-do-re !
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Dédé et Maurice
Liliane Magotte est l'artiste du mois choisi par Art et Lettres
Elle est prof, artiste peintre et vit sur les hauteurs de Verviers. C'est elle que Robert Paul a choisi pour inaugurer notre premier reportage de partenariat. Un pesonnage volubile et haut en couleurs...
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Liliane Magotte
Elle a 16 ans, habite près de Namur et chante "three words", une découverte d' ACTU-tv...à suivre de très près.
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Aline "three words"
L' A.E.B association des écrivains belges
Cette association qui occupe avec le musée Camille Lemonnier un prestigieux bâtiment de la chaussée de Wavre date du début des années 1900. Elle vient de se choisir un nouveau président, un écrivain renommé du théâtre, Jean-Pierre Dopagne. Un reportage de Barbara Flamand.
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Barbara Flamand et Jean-Pierre Dopagne
Christine Brunet, auteur de polars et thrillers est l'écrivaine du mois
Bob Boutique est allé à sa rencontre dans son repaire d'Auvergne et a évidemment demandé de tourner sa séquence tout en haut d'un volcan !
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Christine Brunet
Une voix étrange, un ton impossible, un personnage très curieux, poète et écrivain... il s'appelle Yves Oliver, chante "faisons comme si c'était Noël" et est une découverte d' ACTU-tv
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Yves Oliver
Benjamin Marechal, il anime tous les matins de 8 à 11h00 l'antenne de Vivacité
Son émissikon vedette s'appellle "C'est vous qui le dites" et donne la parole aux gens sur tous les sujets, sans tabous... le voile islamique, les syndicats, les écoles poubelles, tout y passe sur un ton facebook qui ravit certains et en inquiète d'autres.
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RECIFS & SABLIER

 

L’horizon de tempêtes lourd de nuages en pleurs,

Crève  les   meurtrissures  nées  avec  le  drakkar,

D’une enfance blessée rompue dans les malheurs,

De barbaries portées sur le corps au moindre écart.

 

Fraîcheur  de  la  puberté humiliée par les coups,

Décochés  par  le  hasard  des  haines  parentales,

Sur la gosse symptôme, témoin gênante pour beaucoup,

De leurs profondes rancoeurs  et désunion fatale.

 

Magie  noire  des  chagrins  conduit  au  mariage,

D’un lourd roman reproduit dans le choix de l’inconnu,

Doux et pur d’apparence qui détruit dans ses rages,

                                                   Femme et enfants malmenés sur le terrain bien connu                                                                             ………..des violences psychologiques

 

Combats des passés sombres, de l’au-delà du futur,

Morne, le temps s’égrène en chapelets indigents,

D’un  amour  chimérique,  triste  caricature,

De  rêves  romantiques  à  l’idéal   exigeant.

 

Et  coule  le  sablier  des  instants  inexorables,

Accompagnant le  déclin de veilles sans avenir,

Pour l’histoire qui s’éteint sur des rives de sables,

Jaunis par  l’existence  de  pénibles  souvenirs.

 

Les  vagues  d’amertume  s’éclatent  douloureuses,

En pleurant sur les récifs de désespoirs clandestins,

Dissimulés  dans  le  cœur  de  fièvres  dévoreuses,

De  sagace  conscience  vide  du  feu  des  instincts

……. Morts !

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

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INLASSABLES HYMENEES.

 

La dentelle des mots couvrait ton visage,

Cabriolait  au  vent  sur les  épis d’amour, 

Des sentiers du désir charmés par le glamour,         

Diffus  et  gracile  de  ton  doux  présage.

 

J’errais dans tes rêves bordés d’herbes folles,

Et  le  vent chuchotait  sur l’onde de tes yeux,

La  saveur  mielleuse  de  ton  souffle  joyeux,   

Répandant  son  rire  parmi  les  lucioles.

 

Sur  le  bûcher  ardent  de  fervente passion,

Nos  rêves  gagnèrent la  clarté  d’un détour,    

Las, je quittais ta nuit, tu rejoignis mon jour,   

Dans  une  brûlante  verve  de  confessions.       

 

Accordailles des voeux  roucoula  l’aubade,     

De temps sitôt bénis pour fêter l’hyménée,     

D’une  idylle  d’hier  convolant  couronnée,   

Au  son  d’une valse sous  un dais nomade.     

 

Sonnent  les  carillons  du  destin  qui  chante,  

Les  ans  ont  défilés  semant  des   souvenirs,

Sur les rides de nos mains complices pour bonnir,

Les  joies  et  les  peines  les  plus  attachantes.  

 

Au  fil  des  aiguilles  d’horloges  passées,

Rangées dans les malles des greniers poussiéreux,

Nos  chimères  expirent  au  frôlement  ombreux,       

Du  néant  de  la  mort  de  nos  brasiers  lassée.    

 

Au-delà  de  sa  Faux  une  aventure  espère,

De nouvelles amours dont nous serons les stars,   

Sous  un  autre  soleil  transcendé  d’avatars,

Qui nous prêteront corps tout comme naguère. 

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.    

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Société stress.

 

Stress,

Le mot de mode,

Qui  incommode,

Le trouble gagne,

Villes et campagnes,

Tout s’affaire, stress !

 

Stress,

Se  lever  heureux,

Ou d’un air soucieux,

Eustress  positif,

Distress  négatif,

Etre  look a mess.*

 

stress

S’immobiliser,

Se  mobiliser,

Fuite ou attaque,

Dans  un cloaque,

De show-business.

 

Stress,

Tout  ce  vacarme,

L’angoisse alarme,

Le  corps résiste,

A  ces  sadistes,

Monde aigri express.

 

Stress,

Affaiblissement,

Suit l’épuisement,

Thérapeutique,

Problématique,

Mettre un battle-dress.

 

Stress, look a mess, show-business, monde express, battle-dress…. stress, stress, STRESS !

 

Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.

 

*look a mess : être dans un état épouvantable

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administrateur théâtres

Opéra en plein air: les Contes d'Hoffmann

"La nouvelle production d'Idée Fixe : "Les Contes d'Hoffmann". L'opéra fantastique d'Offenbach, narrant les aventures sentimentales de ce jeune poète ivre d'amour (et d'alcool) regorge d'airs connus, dont la célèbre Barcarolle, et est annoncé comme "un spectacle total, rempli de belles choses", par Cédric Monnoye chez Idée Fixe."12272832688?profile=originalL’occasion de revisiter les fulgurances de l’opéra du siècle passé. En opéra sonorisé devant les portes d’un château, dans la féerie des étoiles d’une soirée estivale. Un public nombreux a poussé les portes d’une autre musique que celle de l’air du temps. Pari gagné, le spectacle a plu.  Et Jacques Offenbach n’est pas mort. L’équipe artistique dirigée par Julie Dupardieu et Stephan Druet est percutante.

 On est dans la taverne de maître Luther, cabaretier quelque part en Allemagne …luthérienne sans doute, à l’époque de l’histoire. On y rencontre le  poète, éponyme de celui des contes ( Ernst Theodor Amadeus Hoffmann), source d’inspiration des librettistes d'Offenbach.   Hoffmann,  flanqué  de son fidèle  Nicklausse - qui n'est autre que la Muse de la Poésie travestie en étudiant - raconte ses trois vies. Ses trois rencontres illusoires  de femmes aux noms italiens qui font rêver. Olympia, poupée mécanique, Antonia, jeune fille maladive  et Giulietta, la courtisane. Ses trois désenchantements: leurs fantastiques trahisons, volontaires ou non,  deviennent de plus en plus infernales. Le mal est partout: le   Diable en personne et sa voix extraordinaire de baryton sous les traits du conseiller Lindorf, de Coppélius,du docteur Miracle, et du  capitaine Dapertutto qui prétendent que la femme est bien pire que le diable.

 Victime du mythe des amours contrariées puis de la Machine Infernale,  voilà le poète échoué à la case départ. Une autre femme l’attend. Stella, prima donna.  Réalité et Idéal. La femme au miroir qui lui rendra son âme ?  Hoffmann, homme de désespoir la rejette avec colère. Puis plutôt que  de retrouver l’appel vibrant de sa muse, le ténor envoûté et envoûtant  la renie aussi et sombre corps âme et plume dans le désespoir, le délire de cette taverne Tango-Vino qui l’emprisonne à jamais. Hotel California des temps anciens. On ne peut s’empêcher d’y penser.

 Par sa mise en scène, Julie Depardieu dépoussière cet opéra qui a fait la gloire du Paris fin de siècle.  La taverne s’accroche au parvis d’un château lissé par la verdure, flanqué de quatre tours majestueuses, glorieusement belge puisqu’il appartenait avant à la famille Solvay.   Une foule de danseurs va et vient et s’évapore. Sweet Summer Sweat. Une chorégraphie que l’on sent millimétrée malgré son apparente liberté de mouvements. Un tapis roulant pour les amours qui se croisent mais ne se rencontrent pas et pour les gondoliers de Venise où l’antique Charron mène sa barque invisible. Des airs connus chantés par les gorges de nos grands-mères d’après-guerre nous frissonnent les oreilles et sont portés par le vent aux confins du domaine  et du cœur pour faire le nid de notre plaisir musical. Les costumes des solistes sont dignes du festival de Venise. Ceux des danseurs figurants flirtent avec un 21e siècle gothisant.   Les voix aux accents mélangés étonnent enchantent  et divertissent. La belle Antonia est d'un romantisme déchirant.  Le spectacle ne manque pas d’inventivité ni de souffle. Veut-il étourdir ? Mais la satire est présente car  pour Nicklausse,  c’est une Fin de partie.  Veritas in Vino-Tango…pauvre nouveau siècle déjà désabusé.

Difficile de résister au plaisir de resaluer toute l’équipe de la première nocturne du Château de la Hulpe et de lui souhaiter un bel avenir:  

EQUIPE ARTISTIQUE

Mise en scène

Julie Depardieu et Stéphan Druet

Direction musicale

Yannis Pouspourikas

Orchestre

Nuove Musiche

Chef des chœurs

Matteo Pirolà

Costumes et décors

Franck Sorbier et Guy-Claude François

Conception lumières

Philippe Lacombe

Chorégraphie et assistance à la mise en scène

Sophie Tellier

DISTRIBUTION

Hoffmann

Mickael Spadaccini

Les Diables

Nabil Suliman

La Muse, Nicklausse et la voix d’outre-tombe

Camille Merckx

Olympia

Anna Pardo Canedo

Antonia

Sabine Conzen

Giulietta

Lies Vandewege

Spalanzani  

Axel Everaert

Luther, Crespel & Schlemil

Thierry Vallier

http://www.ideefixe.be/

Lieux / Dates :

- Du 23 août au 24 août (à 21:00) - Cercle de Wallonie (Namur) - infos - Du 29 août au 1 septembre (à 21:00) - Château de la Hulpe (La Hulpe) - infos - Du 6 septembre au 8 septembre (à 21:00) - Château d'Ooidonk (Deinze) - infos

 

 

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administrateur théâtres

 

De la grâce dans l’humain, du divin dans l’humanité !

Akademie für Alte Musik Berlin

Matthäus-Passion

René Jacobs direction - Werner Güra Evangelist (ténor) - Johannes Weisser Christus (baryton) - Sunhae Im soprano - Bernarda Fink mezzo - Topi Lehtipuu ténor - Konstantin Wolff basse - Akademie für Alte Musik Berlin , RIAS Kammerchor

Johann Sebastian Bach, Passion selon saint Matthieu, BWV 24412272826071?profile=original

Une œuvre-clé de Johann Sebastian Bach, à redécouvrir grâce à la lecture de René Jacobs. En écrivant sa partition la plus imposante, Bach nous a livré l’une des pièces les plus poignantes du répertoire, qui traite en profondeur de la souffrance humaine sous toutes ses facettes. La lecture qu’en livre René Jacobs nous permet de redécouvrir toute la portée de cette œuvre d’art éternelle.

La huitième édition du KlaraFestival s'ouvrait vendredi soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles avec le concert "La Passion selon Saint-Mathieu" avec René Jacobs à la tête de "Die Akademie für Alte Musik Berlin", un orchestre baroque de 30 musiciens, le "Rias Kammerchor" et un solide casting de solistes.

 

Ce premier soir du festival Klara 2012,  Knockin’ on Heaven’s Door, les portes du Paradis se sont ouvertes et on les a passées, vivants,  …  pour découvrir l’essence profonde de la musique et une esthétique inégalée. Nous avons vécu une immersion directe dans la grâce dès les premières mesures, aspirés par l’ampleur de  l’harmonie, soufflés par la tenue magistrale des artistes, le génie du chef d’orchestre et la texture pleine d’anima de la partition. On ne peut que  méditer sur la qualité extraordinaire  du travail et la densité musicale qui se développe à mesure…Pas le moindre gramme d’emphase: que du vécu intérieur, distillé et idéalisé, sonorisé. René Jacobs, à la tête de Die Akademie für Alte Musik Berlin  est  au faîte du savoir-faire : son équipe musicale  merveilleusement unie dans la diversité.  Tandis qu’au moment même, la colère et la violence grondent partout dans le monde  et  que la misère reste le lot de beaucoup d’humains, nous sommes face à une œuvre d’art vibrante.  

Et pourtant, même la salle de concert disparaît pour n’être baignée que de l’indicible « dit », chanté, résonné, claironné, célébré. Un rythme sinueux entraine les  spectateurs  et les arrête 7 fois lors des « chorals », stations du chœur qui égrène la mélodie de base, une alternance simple de six et cinq syllabes.  « Wenn ich einmal soll scheiden, so scheide nicht  von mir… » Poésie et musique inspirées se rejoignent. Surviennent les scènes dramatiques d’où coule la compassion où s’éclaircit la simplicité du mystère. Bach le dramaturge fait preuve d’une  écriture puissante et humble à la fois et  d’une fluidité philosophale… jamais égalée qui nous fait assister  dans ce concert à la ré-union des contrastes. 

Ce concert hypnotique dont on sait qu’il va finir inexorablement nous mène de plein pied dans l’infini.

La complexité musicale est à la hauteur de la complexité humaine, mais à la fois d’une limpidité éclatante. Une limpidité qui nous donne tout-à-coup le courage d’ouvrir son cœur et de s’abandonner au tissage méticuleux de l’œuvre, aux flamboyances du récitatif de l’évangéliste (Werner Güra), à la profondeur de la basse (Konstantin Wolff), au charme féerique de la soprano (Sunhae Im), au vécu féminin de la mezzo (Bernarda Fink), à la douleur et à la grandeur de Jésus dont l’âme et le corps sont en souffrance indicible. La figure du Christ était magnifiquement interprétée par Johannes Weisser. On se révolte contre la foule hagarde et aveugle, « Lass ihn kreuzigen ! ». On fond de tendresse avec le pécheur gagné par l’amour dans le magnifique récitatif Nr 57. Les récitatifs suivis d’une aria sont des petits concerts de chambre qui se suffiraient à eux-mêmes insérés comme des incrustations de bijoux dans un grand dessein.  C’est à chaque fois, une apogée de l’émotion esthétique. Bernarda Fink supplie : « Torturé, accablé sous le poids de ses remords, vois mon cœur ! Goutte à goutte que les larmes comme un pur et doux parfum sur ta tête se répandent, divin Maître. » La soprano exquise Sunhae Im continuera :  « Wiewohl mein Herz in Tränen schwimmt… » Son appel est d’une finesse extrême « Ei, so sollst du mir allein mehr als Welt und Himmel sein. » L’appel de Jésus sera déchirant, souligné plaintivement par les larmes délicates des flûtes : « Mein Vater, ist’s möglich, so gehe dieser Kelch von mir ; doch nicht wie ich will, sondern wie du willst…»    

 Et pendant les 78 sections,  on retient son souffle devant cette vivante œuvre d’art,  on ne pense à rien d’autre qu’à planer sur le sourire divin de la musique. L’idylle musicale s’achève dans des applaudissements respectueux,  délestés de barbarie, nourris d’esprit et de cœur. Jamais un concert n’a touché autant que celui-ci, de l’avis de plusieurs spectateurs qui, d’inconnu à inconnu, se  livraient leur émoi profond après le concert.

La lune bleue, c’était ce soir.  Un 31 août 2012. « O schöne Zeit ! O Abendstunde ! » Voici la paix conclue avec le ciel...

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Ce soir, Chopin jouait pour moi

 

Quand je m’ennuie, l’esprit maussade,

par manque d’imagination,

je fais appel à l'un de mes nombreux amis.

Ils ne sont jamais loin, ne se font pas attendre.

...

Chacun d’eux a laissé des oeuvres merveilleuses,

toutes offertes au monde entier.

Je choisis à mon gré, et selon mon humeur,

laquelle me donnera une énergie nouvelle.

...

Je sais qu’ils sont aussi, dans le même moment,

intensément présents ailleurs.

Ce mystique pouvoir m'a troublée bien des fois.

 Mais cependant, ce soir, Chopin jouait pour moi.

1/11/1990

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Venue d'un ailleurs poétique

 

En hommage à mon amie Régine

Il est une joyeuse fée,

Qui fait sourire les enfants,

En les aspergeant de rosée,

Si un matin semble pesant.

...

Elle s'entoure de lutins,

Légers, délicieux, comme elle.

Ils savent ravir les bambins

Et souvent, leur prêtent des ailes.

...

Venue d'un ailleurs poétique,

Où séjournent les enchanteurs,

Elle a un pouvoir angélique,

Qui engendre des coups de coeur.

...

Les fées suprennent à l'extrême.

Les généreuses sont câlines.

Celle attendue, et que l'on aime,

Se fait appeler Rosyline.

...

14 septembre 2012

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On peut toujours rêver.


CHANGER L’HOMME, POUR CHANGER LE MONDE

Si j’étais magicienne… Supposition merveilleuse qui permet tous les espoirs. Du moins à première vue car les souhaits les plus humanistes sont des arbres qui cachent une forêt d’exigences. Les meilleures intentions du monde se bornent trop souvent à des vœux pieux.

Je saisis ma baguette magique et je clame « Que chaque être humain mange désormais à sa faim ». Plus facile à dire qu’à faire, ricane aussitôt un diable  réaliste et philosophe. Vaincre la faim dans le monde suppose que les intérêts économiques des plus forts cessent de faire la loi. Les cultures intensives qui rapportent à quelques-uns devraient céder le pas aux cultures propres à nourrir les populations locales. Les champs d’arachides, de soja ou les légumes exportés du Sénégal, du Maroc, du Kenya et d’autres pays africains, cultivés au profit des nantis de l’Occident, devraient disparaître pour que renaissent les produits qui formaient la base de l’alimentation traditionnelle de ces contrées. 

Il faudrait aussi que les conflits entre les pays, avec leur cortège de factions et
l’antagonisme des intérêts économiques des uns et des autres, soient bannis à jamais. Que le pétrole cesse de faire flamber les convoitises. Que l’or, le diamant, le platine, l’uranium et n’importe quel minerai mirobolant encore à découvrir ne se conquièrent plus au prix du sang et de la souffrance humaine. Que la guerre soit donc mise hors la loi car si elle tue, torture et nous détruit, elle ravage tout autant nos maisons et nos champs, les  pâturages et les troupeaux. Elle induit le déracinement des peuples, les contraint à l’exil, en fait des réfugiés économiques qui ont perdu leur force de travail. Trop souvent ces malheureux sont contraints de survivre grâce à une aide humanitaire. Cette aide, indispensable pour parer au plus pressé dans l’urgence,  ne résout pas les  problèmes de fond qui sont l’exploitation de l’homme par l’homme et l’accaparement des richesses par les plus forts La condition d’assisté fait mauvais ménage avec la dignité humaine.
Les maux surgis de la boîte de Pandore ne sont rien en regard des monstres vomis par la guerre, au nombre duquel il faut encore compter la délation, le marché noir, le viol, le déchaînement des pulsions les plus sombres, la porte ouverte à tous les sadismes et à toutes les exploitations.

Les seuls à profiter vraiment des conflits, ce sont les marchands d’armes qui rivalisent d’ingéniosité pour détruire, mutiler, anéantir, empoisonner leurs prochains, avec un maximum d’efficacité. Il n’y a pas de guerre propre, comme on voudrait nous le faire croire, en parlant de frappes « chirurgicales ». La guerre est sale, inhumaine, abjecte. Ce qui est interdit en temps de paix : tuer ou nuire à son voisin, est hautement recommandé et même obligatoire pour les combattants censés défendre leur pays. Tout cela est bien noir en regard de la magie blanche de tous les Merlins du monde. La lampe enchantée d’Aladin en perd toute sa clarté.

Aurais-je plus de chance avec mon deuxième vœu ?
En Belgique, comme dans la majorité des pays développés, nous sommes tous un peu thaumaturges. Même si nous n’en sommes pas conscients. Nous jouissons, en effet, riche ou pauvre, d’un privilège exorbitant, celui de disposer d’eau potable, sur un simple geste, celui  d’ouvrir un robinet.
Réconfortée, je reprends ma baguette magique et souhaite qu’il en soit ainsi partout dans le monde. Hélas ! Les forces maléfiques sont tellement fortes que ma baguette magique baisse le nez, rouge de honte et de colère. Plouf ! La voilà qui se noie dans un océan d’écueils. Les pauvres gens de partout, avec les femmes en première ligne, continueront  à faire des kilomètres à pied chaque jour, avec une bassine sur la tête, pour aller recueillir une eau saumâtre ou polluée, avec laquelle étancher leur soif, se laver et faire la cuisine. Même si cette eau les rend malades et tue les plus faibles d’entre eux. Cet or bleu, indispensable à la vie, est accaparé par les plus forts, à leur seul profit, gaspillé sans vergogne, quand il n’est pas vendu par ceux qui disposent d’un puits dans les lieux où l’eau manque cruellement.

De braves gens se dévouent pour creuser de nouveaux puits, installer des canalisations, réparer les installations usées. On dessale de l’eau de mer à grands frais, on creuse des canaux, on puise dans les fleuves mais des millions d’hommes ont toujours soif car le bétail et les cultures doivent boire également.  Un nouveau « couac » pour ma baguette magique, impuissante devant le réchauffement climatique, la désertification et l’égoïsme.

C’est le moment de tirer ma troisième et dernière cartouche. Je pourrais peindre le ciel d’un bleu inaltérable, faire luire le soleil en pleine nuit et exiger des quatre saisons qu’elles se muent en printemps éternel.
Foin de ces fantasmes enfantins ! Attaquons-nous enfin au problème de fond.

Que les hommes changent ! Que l’argent et la réussite matérielle ne soient plus l’objet de leur désir le plus ardent ! Devenons plus solidaires, plus fraternels et prêts à contribuer à l’établissement d’un monde plus juste. Alors et alors seulement tout deviendra possible. Chacun mangera à sa faim, étanchera sa soif, gagnera sa vie, vivra paisiblement et en bonne santé. Le chômage et l’angoisse de l’avenir disparaîtront. On retrouvera les vertus du rire et de la bonne-humeur.
Chacun aura alors le loisir d’être amoureux, du cultiver des roses, de chercher le bonheur, de créer, de construire, de jouir de sa courte vie terrestre, au mieux de ses convictions philosophiques ou religieuses. Sans compter sur un paradis hypothétique, après la mort.
Quadrature du cercle ou  miracle remis aux calendes ? Vaincre la violence en douceur ? Quel beau paradoxe !


MARCELLE DUMONT

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Cordoue. poésie illustrée par photos et musique

Bonjour à tous.

 

Ma première contribution à ce forum. J'écris principalement de la poésie, mais j'aime y associer, quand cela est possible, images, photos, toiles, musique. Je vous en propose ici un exemple. Vos avis me seront très précieux pour progresser. Merci d'avance 

12272827656?profile=original

 

 

Manuel de Falla: En los jardines de la Sierra de Cordoba
Recital at the Teatro Real in Madrid
Berliner Philharmoniker, Sir Simon Rattle. Joaquín Achúcarro, piano

 

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C’est ce qu’on découvre avec émotion dans « La place », un roman d'Annie Ernaux (née en 1940), publié à Paris chez Gallimard en 1984. Prix Théophraste-Renaudot.

 

Une partie de l'oeuvre d'Annie Ernaux peut être rattachée à la littérature d'inspiration féministe (la Femme gelée, 1981); mais c'est dans l'évocation de son enfance et de ses parents que la romancière trouve ses accents les plus attachants. Le thème central est celui de la déchirure entre ces gens de condition modeste et leur fille, qui, grâce aux succès scolaires, pourra s'émanciper socialement et passer «du côté de ceux pour qui le reste du monde n'est qu'un décor». Quasi rageur dans les premiers ouvrages (les Armoires vides, 1974; Ce qu'ils disent ou rien, 1977), le style d'Annie Ernaux s'adoucit et s'accomplit en une touchante gravité lorsque vient le temps d'évoquer, après leur mort, les figures paternelle (la Place) et maternelle (Une femme, 1987).

 

Les premières pages sont consacrées à la mort du père, dont le souvenir, en une collusion symbolique, coïncide avec celui du succès de la narratrice au CAPES de lettres. La biographie paternelle est ensuite reprise chronologiquement, du jeune garçon trop tôt retiré de l'école en dépit de sa soif d'apprendre, à l'ouvrier «sérieux», et enfin au petit commerçant fier de son indépendance mais hanté par la «peur continuelle de manger le fonds». L'ordre temporel s'efface parfois devant une mosaïque de souvenirs: moments quotidiens, moments d'émotion non formulée. Viennent le déclin puis la mort, elle-même dépassée par l'incandescence de nouveaux souvenirs.

 

Le monde étriqué des petits commerçants constitue le décor principal du récit. Celui-ci, par de rapides notations aux antipodes de la fresque sociale, suggère la quête dérisoire de «distinction» de ces petites gens, paradoxalement combinée, au moins en apparence, avec le simple souci de «tenir sa place», et dit aussi le sentiment de manque permanent, la «sacralisation obligée des choses». Mais la tension particulière de l'écriture tient à la position de la narratrice; position presque impossible, tant il est difficile de dire «à la fois le bonheur et l'altération». «Écrire, c'est le dernier recours quand on a trahi», prévient Jean Genet, cité en épigraphe. Au-delà du témoignage, la Place devient donc un essai de réconciliation, de rachat par l'écriture d'une distance socialement et surtout culturellement établie.

 

De fait - façon de rendre hommage à son objet et de [re]trouver la voix d'une véritable communication -, Annie Ernaux adopte ici un style volontairement plat, neutre, celui du constat: utilisation du passé composé, phrases brèves tailladées d'ellipses et d'anacoluthes, sobriété de la ponctuation. De rares guillemets, des italiques, des tournures au style indirect libre viennent donner tout leur poids à ces formules figées, à ces «pauvres» mots quotidiens («Il y avait plus malheureux que nous»). Pas de chapitres, mais des paragraphes sertis de blancs plus ou moins importants, comme s'il s'agissait de donner à voir le silence d'où s'extirpe le récit.

 

Car, plus que la différence sociale, c'est le malentendu, la rupture de communication langagière qui forme le noeud de l'ouvrage: «J'écris peut-être parce qu'on n'avait plus rien à se dire.» Du côté des parents, incompréhension presque ambiguë («Et toujours la peur OU PEUT-ETRE LE DÉSIR que je n'y arrive pas») devant cette fille qui «apprend bien» alors même qu'on ne l'a jamais «poussée»; du côté de la narratrice, adolescente à l'époque, ironie, silence, désir de corriger le langage de celui qui «est entré dans la catégorie des braves gens»: «Je croyais toujours avoir raison parce qu'il ne savait pas discuter.» Phénomène sociologique balisé, quantifié, l'ascension sociale est au prix de tels conflits: le mérite d'Annie Ernaux est d'en rendre sensible les muettes douleurs.

Arts 
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