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Publications de Deashelle (982)

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Moudawana For Ever

 

C’est sûr, Ben Hamidou a une aura…. Même déguisé en femme ! Oops le sacrilège, le faux pas ! Il rayonne de sympathie, il émet de la chaleur humaine plein feux et va jouer la grande scène du désenvoûtement, au propre et au figuré ! Si vous êtes au premier rang, méfiez vous! Vous serez aspiré dans son trip fabuleux qui vous balade  avec fantaisie entre Maroxellois et Gazelles du Maroc, où les chameaux sont désormais remplacés par des autoroutes.

 

Avec sa complice, Zidani, présence croustillante, tantôt en perruques drolatiques, ou lunettes extravagantes, tantôt,  soumise éplucheuse de légumes au soleil au  bord du puits, il convoque des sujets qui font peur au Belge blanc-bleu ! Comment réagir dans une famille, à la conversion à l’Islam d’un fils bien sous tous rapports…. ? L’âge du mariage, le droit au divorce, l’autonomie de la femme…  La polygamie : …. pas plus de quatre, comme les saisons ! Mais comment donner des droits aux femmes dans les pays où les droits de l’homme sont bafoués ! Le jambon, c’est Aram ! Péché !  Et l’obéissance au mari ? Comment passer de ce code de la famille séculaire à une révolution voulue par Mohamed VI qui rend, en principe, les femmes égales aux hommes…*

 

 Des questions graves, traitées avec un humour bienveillant, un regard généreux sur deux communautés qui ont parfois tout pour s’affronter. Il décoche coups de griffes, coups de cœur, tous azimuts. Tout le monde s’y retrouve, touché !  En excellent comique, Ben Hamidou pratique  l’autodérision avec brio, et déracine les préjugés. Sa gestuelle, tant l’occidentale pure et dure que la nord-africaine, est d’une précision et d’une vérité savoureuse. Le talent est aussi magnifique que le Soliman éponyme. Les deux comédiens dans cette salle magique défoncent les sortilèges et les barrières. Mon voisin marocain de gauche jubile sous la pluie de traits acérés lancés à sa culture et m’explique gentiment le vocabulaire, cependant que mon voisin attitré, de droite… me surveille du coin de l’œil ! Le mélange local du quartier et  les voyageurs des districts lointains  de la périphérie bruxelloise font bon ménage, mêlant leurs rires salutaires, leur bonne humeur et une ouverture nouvelle peut-être.

 

Ce théâtre est pédagogique sans l’être, édifiant tout de même car il libère tout un chacun. Les cordes sur lequel jouent cet Hamelin africain sont la caricature aimable, le verbe et le texte débridés, la truculence, le mime, les grimaces inoubliables,la chanson,  le jeu, par-dessus tout! Vive Mehdi !

 

*« Sur le plan social, au-delà des réformes qu'il introduit, en adoptant une

formulation moderne et en se souciant de mieux préciser les droits et devoirs des

composantes de la Famille, ce Code, en veillant à garantir l'équilibre dans les

rapports entre l'homme et la femme, met en place les préalables de la consolidation

de la cellule familiale, de sa cohésion et de sa pérennité. Ce faisant, il contribue à la

consolidation des bases de la société marocaine démocratique et moderne, ouverte

sur son époque et fidèle à son identité islamique et à ses traditions de solidarité

familiale et de cohésion sociale. »

 2004 Mohamed BOUZOUBAA, ministre de la Justice

 

 

 Moudawana For Ever du 26 avril au 21 mai 2011

Au Magic Land Théâtre.
Réservation au 02/245 50 64 ou via le site www.magicland-theatre.com

 http://www.magicland-theatre.com/index.php5?pageId=1&md=0&sp=65

 

 

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administrateur théâtres

12272731100?profile=originalIl est encore temps de vous précipiter…encore à l'affiche jusqu'au  07/05/11

 

De l’excellent théâtre satirique contemporain,  et même classique, pour l’observance de la  règle des trois unités. Le texte est d’un sarcasme exquis. Le collège catholique Saint-Nicolas respire lui aussi la règle, la rigueur, la vertu. Sa directrice, sœur Aloysius admirablement interprétée par Patricia Ide a la voix sèche comme des feuilles mortes, le visage fané et jauni, la paire de lunettes austère, la cambrure des reins hautaine,  la coiffe et la pèlerine, noires de paranoïa. Elle a même entamé une campagne de mauvais aloi contre les stylos à bille. 

 En 1960 dans le Bronx, c’est  le seul établissement  scolaire qui permettra l’accès au lycée et ensuite à l’université. Donald Miller, 12 ans, est un enfant isolé et aussi un enfant  de couleur,  le seul parmi ses congénères. On apprendra qu’il est battu par son père car dans l’air… il y a des doutes, sur « ses tendances ». Accueillant, charismatique, rêvant que l’église s’ouvrira à plus d’humanité et moins d’hiérarchie, que l’enseignement a une vocation progressiste, le père Flynn (le talentueux Olivier Massart) écoute l’enfant esseulé.

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 L’air étouffe de non-dits, mais ce qui se dit est que ce prêtre a sans doute des attitudes ambigües avec cet enfant protégé par sa mère mais sauvagement rejeté par son père.

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Cela dérange, cette passion du jardinier de voir s’épanouir dans la douceur, les jeunes qui vous sont confiés. Les mêmes reproches s’adressent à Sœur James, (la radieuse Caroline Kempeneers), jeune professeur d’histoire, toujours en  mal d’approbation mais si inspirée dans sa générosité de cœur. Elle aussi fait tache dans cet univers caverneux. « Ne vous laissez pas séduire par leur intelligence ou la vôtre », prévient la directrice. «  La satisfaction est un vice ! » « Donnez le cours d’histoire sans y donner le sucre ! » « Les professeurs naïfs sont souvent dupés » lâche-t-elle d’un ton glacial.  Le père Flynn joue au basket au soleil et prépare avec une créativité nouvelle  le spectacle de Noël. Las ! La directrice est forte de ses certitudes et fera une campagne féroce contre le prêtre, armée de sa seule conviction personnelle sans aucune preuve contre lui …

 

Cris de corbeaux, jardin de cailloux, phrases à double sens, humour mordant, atmosphère nauséabonde, tout contribue à l’éviction du généreux homme. Les larmes aux yeux, la mère de l’enfant, plaidera pour un peu de mansuétude et posera cette question troublante: « Pourquoi avez-vous besoin d’être  si sûre de quelque chose dont vous n’êtes pas sûre ? ». La directrice, méprisante et  inaccessible,  sait ce qu’elle a à faire et  l’enfant pleurera.

 

 Le rythme du spectacle tient le spectateur aux abois, le texte tourmente,  les interprétations engagées du quatuor de  personnages sont magistrales, la comédienne africaine, Babetida Dadjo, est un régal d’humanité. Le public du Public, immensément reconnaissant, bat cinq retours sur scène consécutifs. Doute ? A conjuguer sans doute … à l’impératif.

 

DOUTE

de John Patrick Shanley

 


Mise en scène: Michel Kacenelenbogen / Avec Patricia Ide, Caroline Kempeneers,

Olivier Massart, Babetida Sadjo

 

DU 22/03/11 AU 07/05/11

 

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=265&source=videos

 

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administrateur théâtres

Some say he is the world’s finest violinist...

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« En soi, le cycle des trois sonates de Brahms constitue la perfection. J’avais envie de partager ce moment intime avec le public du Palais des Beaux-Arts et je ne crois pas avoir jamais joué les sonates de Brahms ici. » Maxim Vengerov

 

Et le 2 mai 2011 fut un jour de grâce. Deux partenaires de récital sublimes : le violoniste charismatique  Maxim Vengerov  et  le formidable pianiste arménien Vag Papian forment un carré parfait et nous offent une soirée exceptionnellement poétique, un vrai moment de grâce.  Le  contraste  est saisissant entre l’homme de lumière, de lyrisme et de classicisme sobre, et celui, pétri de substance fauve, de sentiment romantique débordant d’expression du subconscient que nous offre Vag Papian. Ils s’entendent pourtant à merveille et montent leur interprétation des trois sonates de Brahms dans une harmonie difficile à égaler.

 

Dans un tel récital Maxim Vengerov semble vouloir percer à jour  toutes les facettes de l’âme du compositeur. Sa persévérance le rend attachant. Jamais il ne perd sa concentration et semble jouer de son instrument comme s’il parlait sa langue maternelle.

 

Dans cette première sonate il y a des souvenirs qui restent. Empreints de délicatesse et d’élégance. Au piano : Tantôt des tons pastels, tantôt des enjeux passionnés, des élans de tendresses, des babillements légers. Puis la féerie de la sérénade du violon fuse, délicate. Le piano s’ébranle pour la suite du voyage intime fait d’élans de lyrisme et de douceur. Le piano porte avec un respect infini la mélodie du violon qui se développe dans des accents séraphiques et … touche le ciel. Le troisième mouvement s’enchaîne avec vivacité. Le pianiste se ramasse sur son clavier, tel un fauve prêt à bondir. De son visage éclairé par l’inspiration, il semble dévorer la musique et savourer les notes une à une. De temps en temps, son œil vif se suspend un instant à la partition cependant que son partenaire violoniste, se laisse aller à des mouvements de tête gracieux, les yeux souvent mi-clos. La musique révèle son sourire intérieur. Nous sommes dans des arabesques fantaisistes, une chanson sans paroles qui dit l’hymne à la beauté. On pourrait s’en aller après un morceau d’une telle perfection.

La deuxième sonate nous livre encore plus d’invisible. Le pianiste tremble de joie dans les octaves graves. Les mélodies des deux compères s’entrelacent. Germe un élan vital tranquille, germent des bouffées d’humour et des trilles célestes, à nouveau. Le martèlement du piano résonne comme les talons d’une princesse descendant les marches d’un palais. Le prince du violon semble oublier de respirer, tant la musique  lui coule naturellement de l’archet comme une sève créatrice. C’est l’abandon à la musique. Les deux voix glissent l’une sur l’autre, et c’est fini ! 

La sonate n°3 nous jettera dans un univers différent. L’archet ondoie, le piano se fait intime, les couleurs sont des gammes chromatiques. Puis tout à coup, les accords sont plaqués.  Émanent des volutes pianistiques amples et le violon se transforme en berceuse. Pas d’arrêt entre les mouvements. L’adagio est lent et grave, il soutient une réflexion intense. Le pianiste extrait des notes de mystère de son instrument et même des bruissements de harpe. La complainte du violon fabrique des phrasés interminables, on dirait que l’archet s’allonge à l’infini. La fin, c’est du bouillonnement pur et l’explosion de la  passion chez les deux solistes.

 

Le désormais attachant Maxim Vengerov remerciera chaleureusement le public pour son ovation bruyante et enthousiaste  et annoncera la naissance d’un projet en Belgique: la création de l’école primaire et secondaire de Musica Mundi, réservée aux musiciens et dévouée à la musique. Ouverte à tous, cette école combinera un enseignement général de qualité et une formation musicale professionnelle. Déjà Maxime Vengerov participe depuis plusieurs années  à MUSICA MUNDI un stage et festival de musique de chambre international ouvert aux jeunes talents âgés de 10 à 18 ans qui se déroule chez nous, à Waterloo, La Hulpe, Genval.  Il conclut en évoquant le pouvoir thérapeutique de la Musique. Celui-ci remonte à Aristote. . . Le public est ébahi  de tant de simplicité  et de générosité  cachées dans ce virtuose de renommée mondiale.

 

La fête n’est pas finie. Le très jeune orchestre, Belorussian Youth Orchestra, s’est installé souriant sur le plateau pour jouer des fragments de  Tchaïkovski, Vivaldi, G.Radu, L. Anderson et W. Mnatzakanov. Ces derniers moments du concert se dérouleront sous l’emprise de la jubilation et de l’exaltation générale. Tant pour les jeunes musiciens, que pour leur ineffable chef d’orchestre, Vladimir Perlin, promenant son sourire de chat, à pas de velours parmi eux, ...que pour le public, totalement conquis.


Programme du concert :

-Maxim Vengerov violon - Vag Papian piano

Johannes Brahms Sonate pour violon et piano n° 1, op. 78, Sonate pour violon et piano n° 2, op. 100, Sonate pour violon et piano n° 3, op. 108

-Belorussian Youth Orchestra , Musica Mundi Young Talents, direction Vladimir Perlin

Fragments d’Œuvres de Tchaïkovski, Vivaldi, G.Radu, L. Anderson et W. Mnatzakanov

-Et en cadeau surprise, le merveilleux adagio du concerto pour 2 violons de J.S Bach interprété par Maxime Vengerov et Leonid Kerbel, son ami, fondateur de Musica mundi.

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=10915&selectiondate=2011-5-2

 

 

 

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administrateur théâtres

CYRANO DE BERGERAC

 

 Mise en scène : Gilles Bouillon

Avec

Christophe Brault : Cyrano de Bergerac

Emmanuelle Wion : Roxane

Thibaut Corrion : Christian de Neuvillette

Cécile Bouillot : La duègne, Mère Marguerite de Jésus

Xavier Guittet : Ragueneau

Philippe Lebas : Comte de Guiche

Denis Léger-Milhau : Lignière

Léon Napias : Montfleury/ Capitaine Carbon/ Castel-Jaloux

Marc Siemiatycki : Le Bret

 

Et les comédiens du JTRC : Louise Belmas, Pauline Bertani, Stephan Blay, Edouard

Bonnet, Brice Carrois, Laure Coignard, Richard Pinto et Mikaël Teyssie

Dramaturgie : Bernard Pico

Scénographie : Nathalie Holt

Costumes : Marc Anselmi

Lumière : Michel Theuil

Musique : Alain Bruel 

Assistante mise en scène : Albane Aubry

 

 

Une production du CENTRE DRAMATIQUE RÉGIONAL DE TOURS. Avec le soutien de la Drac Centre, de la Région Centre et du Conseil Général d'Indre-et-Loire (Jeune Théâtre en Région Centre) et le soutien du Fonds d'Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, Drac et Région Provence-Alpes-Côte d!Azur.  En coproduction avec la Compagnie du Passage, Neuchâtel.

 

Dates : du 26 au 30 avril 2011

Lieu : Aula Magna, un accueil de L’ATELIER JEAN VILAR

 

 

 Comme un opéra....12272731275?profile=original

 

Avec la troupe des comédiens de  Tours, la plus célèbre pièce de théâtre d'Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, devient du Shakespeare ou du Victor Hugo…et même du Molière. Dès le début du spectacle où les comédiens se répandent  mystérieusement, un à un sur le plateau, l’air de rien, le public qui ne s’est pas encore assis, est surpris. L’une lit un livre dans des poses sages, un autre accorde un instrument, l’autre tricote, le quatrième bat des œufs…d’autres s’escriment, mine de rien, juste  pour le jeu du fleuret, d’autres installent des chaises. On perçoit un mystère, le début d’une aventure humaine commune pour cette troupe débordante d’inventivité et de fibre théâtrale.

 

On assistera  à  un balayage généreux de toute notre histoire théâtrale,  qui fait palpiter l’œuvre comme si on lui ouvrait le cœur. C’est un secret de fabrication qui mettra en scène  tous les aspects du théâtre occidental, depuis le théâtre de tréteaux populaire jusqu’aux tirades de Racine et Corneille.  Sans doute à cause de la synergie du metteur-en-scène  Gilles Bouillon et le talent fabuleux de chacun des artistes très judicieusement sélectionnés. Le  tout est cousu  d’or par l’amour des mots qui fait œuvre de magie. La  synthèse est tout simplement extraordinaire entre l’infiniment grandiose et l’infiniment intime des sentiments.  

 

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18 acteurs sur le plateau  avec un trio mythique : Roxane amoureuse de l’esprit, de l’amour, précieuse, charmeuse, délicieuse, Christian beau comme un ange mais sot et muet et Cyrano, laideur débordante d’esprit de liberté et de panache.  Cette pièce aura fait battre nos cœurs comme un opéra, pendant presque trois heures. Les décors changeants et subtils ont une modernité qui soulignent l’intemporel : ces panneaux  courbes de bois blond sans cesse en mouvance, évoquent tantôt la scène antique en hémicycle, tantôt l’enfermement ou l’échappée belle. Et les alexandrins de fuser joyeusement par-dessus les murailles ! Les  changements de rôles sont tout aussi mouvants dans les scènes d’ensemble, à la façon du chœur antique. Que les personnages soient les boulangers-pâtissiers ou les fiers gascons invincibles, ils  séduisent par leur caractère éphémère et drôle, terriblement dynamique! Jeux de lumières  et de musique, et c’est la joie qui émane de la poésie de l’écriture.  

 

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L’esprit est partout, et l’amour surtout,  au pied du balcon et  par-dessus la faim et la désolation des troupes au siège d’Arras. L’amour encore, par-dessus la sérénité riante du cloître où s’est retirée la veuve Roxane. On en a plein les yeux, les oreilles et le cœur. Le texte est un immense  gâteau  succulent et illuminé que l’on déguste à petites miettes sucrées salées. Car le Beau Cyrano nous fait verser des larmes!

 

« J'ignorais la douceur féminine. Ma mère
Ne m'a pas trouvé beau. Je n'ai pas eu de soeur.
Plus tard, j'ai redouté l'amante à l'oeil moqueur.
Je vous dois d'avoir eu, tout au moins, une amie.
Grâce à vous une robe a passé dans ma vie. »

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administrateur théâtres

12272733661?profile=originalTraversée de Paris

 

Dans un débordement vocal et physique magistral, Francis Huster met à nu le véritable Marcel Aymé.  Cette « Traversée de Paris » a perdu son « La » bien-pensant de  « -La- traversée de Paris », film pacificateur et édulcoré réalisé par Claude Autant-Lara en 1956 où le trio mythique de  Jean Gabin, Bourvil et de Funès firent merveille.

 

 Ici on renoue avec le texte original de la nouvelle de Marcel Aymé, un texte brut  qui ne ménageait pas les envahisseurs allemands, les adeptes du marché noir, les collabos de tout poil. L’histoire est plus rude aussi. Elle stigmatise une France peu reluisante avec  l’appât du gain, l’égoïsme, la violence, la morale bafouée, la délation, l’étoile jaune.  Les deux compères entreprennent nuitamment cette traversée de Paris afin de livrer un cochon découpé dans des valises… Soit ! Mais l’atmosphère est grinçante  et viciée dès l’entrée de jeu, où, exploit physique de taille,  Francis Huster personnifie tous les personnages à la fois, «  15 000 mots débités cul-sec ».

 

 Quel défi !  Il  exécute sur scène un marathon endiablé, sans costumes ni décors ou autres astuces… "Que le texte, et rien que le texte", convoquant sans relâche une douzaine de personnages… peu recommandables et pourtant nos frères ! Il  mélange à ce point personnages,  pinceaux, accents et intonations que le tableau de cette année 1943 devient une course  macabre  dont on ressort tout étourdi ou sonné.  Le spot de lumière qui le suit pendant toute cette performance de gymnaste au bord de la souffrance physique,  scrute l’histoire sans compromission, l’humour est absent.  Martin, est peut-être un gars honnête et courageux, l’autre, Grandgil, se révèle fourbe et  antipathique. Une vertigineuse discussion genre Dr. Jeckhill et Mr Hyde s’engage sur un rythme à faire peur.

 

Voilà Grandgil qui extorque de l’argent à Jambier, le propriétaire du cochon, traite les tenanciers d’un bar de « salauds de pauvres » et  finit par assommer un agent de police.  Martin découvre alors  que Grandgil est un peintre aisé qui n’est là que pour s’amuser, il entre en fureur et, au cours de la bagarre qui s’ensuit, le poignarde avec son couteau. Huster, seul en scène avec les mots.  Un tour de force scénique et dramatique porté  par le vœu de Francis Huster de rendre justice et hommage à Marcel Aymé, en tant que « Juste de la littérature ».

 

 

 

AU CENTRE CULTUREL D’AUDERGHEM et la saison prochaine qui nous offre un nouvel  échantillon du meilleur théâtre français en général et parisien en particulier,  promet d’être aussi ébouriffante :

http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/paris-theatre-1112.html 

 La curiosité est un excellent défaut !

 

 

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administrateur théâtres

C’était une délicieuse perspective que d’aller écouter l’orchestre philharmonique de Rotterdam en ce jour royal du 29 avril 2011. Son chef d’orchestre, canadien, Yannick Nézet-Séguin , né en 1975 est un phénomène. Il s’intéressa à ce métier dès l’âge de 10 ans et il est frappant de constater que le personnage n’a rien perdu de sa passion  juvénile : il fait de véritables bonds de carpe ou plutôt de  saumon « fugueux » quand il dirige ses concerts et entraîne dans son sillage tout un orchestre de cheveux blonds et de cheveux blancs. On a rarement vu un tel feu dans les moments de « climax » qui émaillèrent cette prestation de Bach à Richard Strauss.

 

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On découvre d’abord une musique soyeuse et de plus en plus pulpeuse avec l’orchestration de Webern de l’Offrande musicale de J.S.Bach : une fugue brillante à six voix, composée en 1935. Chromatisme poussé, enchevêtrement de lignes, timbres romantiques dont on ressort séduit et  … sans voix. Il semble y avoir une continuité extraordinairement naturelle entre ces deux artistes, nés à deux siècles d’intervalle, qui se conclut avec panache sur un crescendo plein d’émotion et de résonnance profonde.  

 

 Vient ensuite le concerto pour deux violons et orchestre en ré mineur BWV 1043  de J.S.Bach  composé en 1720. Une œuvre d’une beauté exquise, un ballet musical entre les deux charmants mousquetaires de la musique :  Lorenzo Gatto et Yossif Ivanov, aux violons. Finesse, humour, assurance : leurs archets virevoltent comme des papillons par-dessus une prairie d’été, en épousailles sans failles. Leur complémentarité bienveillante donne le frisson : et l’entente et l’écoute. Ils croisent l’archet avec humour et jubilation. Rendons aussi hommage à leur fougue et leur générosité juvénile dans le  troisième mouvement, les deux violons ne semblent plus qu’en faire un, les canons et cascades de notes se terminent en un aboutissement plein de sérénité  et de simplicité. Vivats, ovations applaudissements sans fin termineront cette première partie, bouleversante, du concert.

Un cadeau pour le public : le troisième mouvement, en bis.

 

 

En deuxième partie, nous voilà avec le Don Quichotte de Richard Strauss, «  fantastische Variationen über ein Thema ritterlichen Charakters », pour violoncelle et orchestre, op 35  (1897). Deux thèmes s’entrelacent, Don Quichotte est représenté par des solos bouleversants de violoncelle et  Sancho Panza par la clarinette basse et le tuba puis par l’alto. L’orchestre ponctue ces solos dans un esprit de narration fantastique débridée. Les chapitres se déroulent en variations un peu sardoniques. Il y a de l’humour, certes, mais aussi beaucoup de lourdeur. Une chevauchée dans les airs avec une machine à vent renouvelle sans doute l’intérêt de l’écoute, mais on préfère décidément les morceaux de solo où Floris Mijnders, le violoncelliste,  joue en fermant les yeux et en exprimant de son corps de titan aux yeux bleus toutes les nuances de la musique, comme s’il était seul à bord du navire.

Les soli et le  Maestro Québécois  recevront une pluie d’applaudissements enthousiastes.

Rotterdams Philharmonisch Orkest

Vendredi 29.04.2011 20:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

Yannick Nézet-Séguin direction - Lorenzo Gatto violon - Yossif Ivanov violon - Floris Mijnders violoncelle - Anne Huser alto - Rotterdams Philharmonisch Orkest
 
Johann Sebastian Bach / Anton Webern, Fuga (Ricercata) a 6 voci
Johann Sebastian Bach, Concerto pour 2 violons, cordes et continuo, BWV 1043
Richard Strauss, Don Quichotte, op. 35

http://www.bozar.be/webpage_broadcastitem.php?broadc_id=1255

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=9781&selectiondate=2011-4-29

 

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administrateur théâtres

Une superbe vidéo aquatique  nous plonge dans l’Histoire du Titanic,  vieille de 99 ans. En ce jour fatidique  du 14 avril 1912, le puissant monde occidental se brisait comme une poupée de porcelaine et s’engouffrait au fond de l’Atlantique Nord pour toujours. On le sait, c’est le  péché  d’Hubris, tant dénoncé par les tragédiens grecs,  qui  fit disparaître  pour toujours ce bâtiment réputé insubmersible, dans "le  crissement d'un patin sur la  glace." Ce navire, aussi  haut que le plus grand des gratte-ciel américains, sombra en quelques heures par  une nuit sans lune, en frôlant l’iceberg meurtrier. Symbole tragique des limites de l’homme et de la dislocation du Vieux monde.

 

La pièce de THIERRY DEBROUX fut écrite quelques mois avant la sortie du film de Cameron en 1996, lui aussi une description d’une catastrophe qui ne cesse d’interroger notre mémoire collective.  Ainsi furent fracassés brutalement, le luxe extrême, le délire du progrès technique et les classes sociales…. Coup de semonce divine? En tout cas, une catastrophe internationale et ici dans la pièce, une catastrophe intime d’une petite fille séparée de sa mère dans des circonstances étranges. De l’immensément grand à l’immensément petit.

 

 Le décor est un vaste plan incliné blanc, le souvenir de l’iceberg,  sur lequel apparaissent - elle,  dans toute sa vivacité, et lui, dans son immense bonhommie - la grande actrice Jacqueline Bir et son merveilleux compagnon, Marc Olinger  jouant Edward, le mari flegmatique. Ils ont tout du beau couple de noces d’argent,  s’intéressant, l’un aux étoiles et aux questionnements de Einstein, et  l’autre à l’infiniment petit : les  pucerons  dévorants le robinier du jardin.

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 Maggy est mystérieusement protégée de ses souvenirs de petite fille par une amnésie infantile  qui a recouvert  les événements du 14 avril 1912.  La surface polie du couple sera fracassée par la  visite soudaine d’un jeune compositeur d’opéra, tout comme le destin fracassa subitement le bateau mythique. Edward, le mari  astronome ne veut pas réveiller les vieux souvenirs. Il traine derrière lui un fardeau aussi lourd que le Titanic. Par amour pour sa femme, Maggy,  il n’a jamais voulu dévoiler les secrets qu’il détient.

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Un douloureux travail de mémoire  pour Maggy s’engage dans un duel avec le jeune compositeur, figure très dramatique. Celui-ci s’est  passionné pour un travail de mémoire palpitant et c’est ainsi que les deux destins se croisent. Il est en effet fasciné par la photo d’une femme, trouvée dans un livre ayant appartenu à son grand-père. Pourquoi ressemble-t-elle tant à cette mère fermant les bras sur son enfant, qu’il a retrouvée dans des documents d’archive du  Titanic? Une énigme familiale qu’il ne peut s’empêcher de vouloir résoudre. Maggy, devenue la proie de réminiscences  troublantes, qu’elle croyait enfouies à jamais,  finit par se prêter au jeu … qu’elle porte élégamment, avec une justesse de ton, une vigueur et une émotion magnifiques.

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A la fin, c’est la catharsis salutaire et l’émergence de la sérénité et de la paix. La petite fille souriante de la vidéo mélangeant subconscient et fonds marins,  apparaît sur la scène en sautillant. Applaudissements vifs et chaleureux.

 

 

        THÉÂTRE ROYAL DU PARC  28 Avril 2011 >> 28 Mai 2011

MISE EN SCÈNE   Thierry Debroux , COMPOSITION MUSICALE de PASCAL CHARPENTIER, 

SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES   Catherine Cosme

 

 

AVEC   Jacqueline Bir,  Anouchka  Vingtier,  Marc  Olinger,  Hervé  Sogne

                                   Le texte est paru aux éditions Lansman.

 

 

 http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2010_2011_005

 

 

 

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administrateur théâtres

Cinq filles couleur Pêche (Théâtre des Martyrs)

12272729068?profile=originalCinq filles couleur Pêche    Titre original :

« Five Women Wearing the Same Dress » (Allen Ball 1993)

 

L’absente de tout bouquet :  on ne voit jamais la mariée dans la pièce, mais on vient observer « les insolentes bridesmaids », toutes habillées façon meringues roses, selon le vœu de la mariée. Quant au marié, on n’en parle même pas ! symptomatique?


Cinq demoiselles « d’honneur » qui lèvent cyniquement le voile sur l’envers du décor. Cinq « demoiselles »…qui n’ont rien de jeunes vierges effarouchées. Elles devraient sortir d’une bonbonnière, et être toutes pareillement  coiffées, pomponnées et  habillées,  ainsi le veut la  coutume en Amérique. Mais la livrée est trash et chacune décline à sa façon des traits de costume et de caractère, hors du commun. Le froufrou du tutu de fluo  rose criant est piétiné par le vécu des cinq grâces, qui à l’occasion de la mascarade de ce mariage délirant, se lâchent comme elles ne l’ont jamais fait.

Elles boivent, elles fument et elles causent ! Confidences détonantes et hilarité en continu, vocabulaire cru fait pour choquer, langage corporel outrancier, la critique de la société néo-libérale éclate dans toute sa violence. Le ton est corrosif, on nage dans l’acide.  On ne peut pas être indifférent.

Margaret, la sœur de la mariée, coiffée punk blond oxygéné, attachante, est  vraie sur toute la ligne. Toutes griffes dehors elle pourfend l’institution, l’establishment et les parents débiles, et surtout la mascarade de la cérémonie et de l’après-cérémonie. Sous des dehors de battante, elle est toute fragilité et insécurité! 

Georgia the gorgeous, ronde et crépitant d’humour, l’esprit et le corps en pulpe. Pourquoi a-t-elle accepté de devenir demoiselle d’honneur d’une  mariée qui lui a raflé in illo tempore son Don Juan, l’incomparable sex-symbol, Tommy Valentine, qui se les est toutes « faites »? De dépit, elle a épousé le roi des « larves ». Elle joue divinement bien !

Frances : La cousine de la mariée. « Je ne fume pas, je ne bois pas, je ne couche pas, je suis chrétienne »….et tous les autres poncifs à la clé. Une caricature exquise de la naïveté et de l’innocence. C’est elle bien sûr qui gagnera le bouquet de la mariée !

Julia, « élue Reine de la mauvaise réputation ». Solitaire en diable malgré le  nombre  incalculable d’amants qu’elle a collectionnés. Les parents lui reprochent son influence  néfaste sur la mariée, elle se réfugie dans le plaisir de la manipulation et de l’observation, jusqu’à la dernière scène où …(chut !!!)

Brenda: la sœur grande et maigre du marié. Malgré les lunettes démesurées son  corps ingrat se cogne partout. Ugly Duckling, elle est devenue lesbienne, et peut se gorger d’appetizers à l’infini, sans gagner un gramme. Quelle injustice !

 

La panoplie des maux de notre siècle est présentée en éventail.  Rien ne manque. Le rythme et le décor sont débridés, le ballet presque macabre. On perçoit des références très lisibles au très beau film du même auteur, « American Beauty » avec l’utilisation d’une  petite caméra vidéo qui filme les mouvements des « Barbies ». Ils sont  projetés sur une dizaine d’écrans ayant remplacé depuis longtemps les livres sur les étagères de l’immense bibliothèque de  cette chambre où elles se sont réfugiées pour fuir le mariage. On a même droit à une séquence purement nombrilique, au propre et au figuré, c’est dire si l’altruisme a peu voix au chapitre!  La mise-en-scène de  leur déshabillage mental est très audacieuse et fait mouche. Toutes happées par les non-valeurs, l’encombrement de la société moderne et la perte de certitudes, elles volètent en tous sens, de façon erratique. Heureusement cette expérience impromptue leur fait découvrir les bienfaits du parler vrai et des  liens d’amitié naissante, la seule chose qui surnage dans ce tas d’immondices.

Soif d’idéal couleur pêche?  On finit par les aimer toutes …ces pécheresses! Toutes pèchent, à cause du monde  moderne qui les broie. Sauf peut-être, Frances, accrochée aux vertus obsolètes de sa foi chrétienne.  Et encore, celle-là  ne pèche-t-elle pas par extrémisme religieux?  Foule sentimentale, s’abstenir.

Sauf que le jeu des cinq actrices est tout simplement génial.

Dernier jour: au théâtre des Martyrs

 

avec 

Julia (Valérie Bauchau)

Margaret (Stéphanie Blanchoud)

Georgia (Laura Vossen)

Frances (Sandy Duret)

Brenda (Karin Clercq)

Et Michelangelo Marchese


http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece5.html

 

 

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administrateur théâtres

            Invitation au Mont des Arts : Joan Miró, peintre poète

 

Le saviez-vous ? « La peinture, c’est étudier la trace d’un petit caillou qui tombe sur la surface de l’eau, l’oiseau en vol, le soleil qui s’échappe vers la mer ou parmi les pins et les lauriers de la montagne." » Joan Miró


L’Espace culturel ING et les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, en collaboration avec la Fondation Miró de Barcelone, présentent une exposition de quelque 120 peintures, gravures, sculptures et dessins qui illustrent la prédominance du caractère poétique de la palette du peintre.  L’accent est mis sur la production du peintre catalan à partir des dernières œuvres qu’il réalisa juste avant la Seconde Guerre mondiale et la célèbre série des Constellations exécutée durant la guerre.

 

Prélude

Assassiner la peinture : “J’ai pensé qu’il fallait dépasser la “chose plastique” pour atteindre la poésie… Vivre avec la dignité d’un poète.” 

Quelques œuvres des années 20 démontrent l’abandon progressif de la référence à la réalité.  Ainsi, la « Danseuse espagnole » de 1924, provenant des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique et « Le cheval de cirque » de 1927 appartenant au Musée d’Ixelles et restauré par ING témoignent de la transformation des figures en suggestions d’émotions et de sensations. Les pulsations visuelles et sonores se confondent. Ondes sonores du phonographe ou froufrous lestes de la robe de la danseuse? La voix est chaude.  Une chevelure noire en forme de soleil. Une sorte de « M » en bas du tableau à gauche en contre-pied des trépidations de flamenco ? Olée ! La toile devient un champ poétique accroché au mouvement: les pointillés et l’éventail virevoltent vers l’infini. Et si le monde n’était que spectacle? Il le veut poésie pure.

Miro, que l’on prenait peut-être pour un bouffon farceur de la peinture, est épris de profondeur : il guette l’essentiel dans un grain de poussière.  «  Et que partout on trouve le soleil, un brin d’herbe, les spirales de la libellule.

Le courage consiste à rester chez soi, près de la nature qui ne tient aucun compte de nos désastres. Chaque grain de poussière possède une âme merveilleuse.

Mais pour la comprendre, il faut retrouver le sens religieux et magique des choses, celui des peuples primitifs… » 

 

Nourri de littérature, fort de l’expérience du mouvement surréaliste, sensible à l’appel conjoint du primitif et de l’enfant, Miró va développer une œuvre faite de figures et de couleurs symboliques par lesquelles le monde se résume au bonheur de la poésie. 

C’est son antidote pour conjurer tour à tour  la douleur des événements tragiques de la guerre civile espagnole, les affres de la guerre mondiale qui se prépare et la vie de misère qu’il mène en exilé.   Il s’efface pour chercher l’essentiel et agir sur le cœur et l’esprit de ses contemporains.  La seule dignité est dans la poésie.  Il exploite tout un répertoire de motifs récurrents qui devient une véritable écriture picturale. Elle est faite de femme…. d’oiseaux, serpents, escargots, araignées, cornes de taureau,  échelles, yeux, soleils, lunes, étoiles, pictogrammes puisés  dans l’immuable de  la nature. Aucune forme n’est quelque chose d’abstrait ou d’innocent,  elle est le signe de quelque chose. Boules, étoiles, lignes brisées, spires font partie d’une essence poétique et d’une quête de sens.

 « La même démarche me fait chercher le bruit caché dans le silence, le mouvement dans l’immobilité ; la vie dans l’inanimé, l’infini dans le fini, des formes dans le vide, et moi-même dans l’anonymat»   

 Les couleurs primaires illustrent fortement la violence, le sang, la spiritualité, l’énergie vitale, la matérialité, la structure. Miro recherche le rayonnement qui existe dans les choses les plus humbles, la force d’âme primitive et fondatrice qui participe au Mythe.  Comme on est loin de la bouffonnerie!

 

 

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Le cheval de cirque 1927.               Rien que pour vos yeux: « Ce qui compte, ce n’est pas une œuvre, mais la trajectoire de l’esprit durant la totalité de la vie. » 

 

Comme en poésie
L’utilisation de techniques propres à la poésie, comme par exemple le déclenchement d’une peinture sur base d’un accident, d’une forme ou d’une texture, la libre association de motifs graphiques, en passant par le collage, joue un rôle important dans la genèse d’une série de  ses peintures. L’influence de l’écriture automatique de ses amis poètes surréalistes qu’il côtoie à Paris, où il séjourne après avoir fui Barcelone, est très nette dans une série d’œuvres datant de 1933.

 

Désir d’évasion
À l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 Miró, installé à Varengeville-sur-Mer, commence à peindre la série de 23 petites gouaches : les  « Constellations » qu’il éditera quelques années plus tard, accompagnée de textes d’André Breton.

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...Personnages dans la nuit guides par les traces phosphorescentes des escargots …Le 13 l’échelle a frôlé le firmament …Femme à la blonde aisselle coiffant sa chevelure à la lueur des étoiles ...Femmes au bord d’un lac à la surface irisée par le passage d’un cygne …Le chant du rossignol à minuit et la pluie matinale 

 

Cette série, qui prend sa source dans son amour de la musique est constituée comme une suite. Elle est une sorte de réseau de formes enchaînées les unes aux autres faisant le parallèle entre la représentation de la réalité extérieure du cosmos, et l’aspiration à une paix intérieure, sorte de mysticisme de l’infini. Les titres poèmes sont des pistes éloquentes.  Ses motifs récurrents, spires, étoiles, soleils, yeux, échelles, araignées, dispersés sur un fond uni, symbole de la matière,  traduisent un profond désir d’évasion et d’abandon du « moi » premier.  Toucher à l’essentiel, avec un minimum de moyens. Découvrir le sens par l’architecture et la chorégraphie des couleurs et des formes.  

 

Les séries « Archipel sauvage », 1970, et « L’espoir du navigateur », 1973, font également partie, avec d’autres toiles importantes rarement exposées, d’une série d’œuvres consacrée aux voyages, synonyme d’évasion du contingent vers les espaces infinis de l’esprit, ouvrant la voie vers l’espoir. Contraste avec la détresse du monde qui l’entoure. “Un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème.”
À ce cycle thématique, on peut rattacher la passion de Miró pour la pureté et la force magique de l’art rupestre primitif, mais également l’essentiel et la force chromatique et symbolique des peintures romanes catalanes qu’il admire tant.

 

Peintre parlant
La passion de Miró pour la poésie le conduira à s’impliquer dans l’édition de livres pour bibliophiles. « Parler seul » de Tristan Tzara et « Á toute épreuve » de Paul Eluard, montrent combien le travail de l’artiste est personnel et complémentaire, à concevoir comme un accompagnement plus qu’une illustration. Miró marque son souci des rythmes, des tons et de la nature des vers. La couleur joue un rôle primordial.

 En complément de ces éditions, une série de petites œuvres, également riches en couleurs des années ’70, illustre la couleur des rêves: la poésie par la couleur.

Poésies courtes, essentielles, aux tons simples qui tirent leur force dans les suggestions de la nature et de ses saisons, les haïkus illustrés par Miró développent, avec d’autres œuvres des années ’60-’70, la poésie par la ligne, quelle que soit la matière ou le support. « Cette simple ligne est la marque que j’ai conquis la liberté ! »

 

Le mythe de la femme

Enfin, cette exposition comporte des séries d’œuvres, entrecroisées chronologiquement, consacrées au mythe de la femme - évasion encore,  et refuge, peut-être. C’est la Mère Nature et  l’oiseau mythologique, symbole masculin. L’œil, on l’aura compris, représente le  symbole féminin.  Il s’agit de tableaux caractérisés par des couleurs vives, d’épais coups de pinceau, d’écrasantes traces de noir qui expriment la violence du cycle vital et de la nature. Femme et oiseau symbolisant l’ancrage à la terre et le désir d’évasion vers le ciel. Tout est à sa place ou tout s’écroule. Equilibre parfait : on ne peut ni ajouter ni soustraire une ligne ou un point, c’est le véritable génie de Miro.  

 

 

 

Pour petits et grands
Afin d’explorer davantage le processus créatif de Miro, un atelier de découvertes artistiques est intégré dans l’exposition. Plusieurs stations de travail interactives, développées par l’asbl ART BASICS for CHILDREN sont mises en place et incitent les visiteurs, qu’ils soient enfants ou adultes, à se plonger dans la vie de Miró, ses lieux de résidence, ses sources d’inspiration, sa palette de couleurs, ses différents styles… Un livre de "Miróglyphes" reprend les pictogrammes utilisés par l’artiste à titre de métaphores. « L’atelier de rêves de Miró», équipé d’objets trouvés et de matériaux stimulants donnent la possibilité à chaque visiteur, seul ou accompagné d’un guide-animateur, de dessiner sa propre constellation, de peindre, de faire des collages, d’imprimer, de travailler la terre glaise et de réaliser une mosaïque murale…  Le visiteur a également la possibilité de créer son propre "livre d’artiste" poétique, le tout visant à développer une sensibilisation qui se situe aux confins de l’art et de la vie.

Cette exposition est réalisée dans le cadre du projet « Un printemps surréaliste au Mont des Arts ». Plusieurs conférences seront organisées par Educateam, le service éducatif des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique,

 

à l´Espace culturel ING.
24.03.2011 > 19.06.2011 Joan Miró, peintre poète, Place Royale 6, 1000 Bruxelles

Soyez curieux: http://bongo.zoomin.tv/videoplayer/index.cfm?id=411946&mode=normal&quality=2&pid=lalibre

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administrateur théâtres

 

 Musica Deuxième (Marguerite Duras)


   

Du 11 mars au 9 avril 2011, au THEATRE DE LA PLACE DES MARTYRS.

D'après Marguerite Duras. Mise en scène de Philippe Sireuil. Une femme. Un homme. Ils se sont aimés, ont formé un couple, se sont mariés pour faire "comme tout le monde". Le temps, ses affres et ses tentations ont suivi leurs pas, jusqu’à les perdre...

Deux comédiens suisses romands: L’une semble être une variante de Juliette Binoche ou de Fanny Ardant, l’autre de  Michel Piccoli. Cela pose déjà les personnages et leurs affects.  Après la liquidation de leur mariage cassé, voici leur ultime rencontre dans l'entre-deux d’une scène bi-frontale,  sorte de couloir qui sépare deux assemblées d’yeux interrogateurs installés dans la pénombre formant une double toile de fond observatrice.

 

Eux deux  sont enfermés dans une moustiquaire, entre une fenêtre aveugle à droite et une double porte d’hôtel de province vers le Rien, à gauche. Ou l'inverse pour les autres qui regardent aussi. Pas d'issue: ils sont pris au piège. 

 

La lumière d’entre-deux est faiblarde: le twilight anglais. Leur amour dévorant aura été  la relation la plus forte et la plus intense dans leur vie car ils sont maintenant exsangues, tous deux vidés de leur énergie vitale. De plus  ils se sont tous deux rapprochés très dangereusement de la mort.  Plus jamais ils ne renverront la lumière. Un constat pénible.  Le public  assiste impuissant à « cette rhétorique du désastre amoureux, au ballet des figures imposées de la désespérance ; à vivre, comme par effraction, cette joute ultime où il viendra sans être vu, comme un voyeur de hasard, ou un client de peepshow, pour mieux entendre ce qui se dit, mais aussi ce qui est tu ». Paroles de  Philippe Sireuil, le metteur en scène.

 

 

 

Mots simples, texte poignant:

 

ELLE. - Et de toi, qu'est-ce que tu faisais de toi ?

LUI. - Je ne l'ai jamais su.

Silence. L’histoire des amants d'Évreux devient un fait-divers, une fiction.

ELLE, dit au public. - On avait renvoyé la femme de ménage. On avait honte de

nous, on avait peur qu’elle raconte dans la ville. Tout était sale, il n'y avait

rien à manger. On ne se parlait plus qu'en hurlant.

LUI, dit au public. - Un soir les voisins ont appelé la police. Ils voulaient nous

emmener au commissariat pour vous protéger de moi.

Ralentissement. Un temps.

ELLE, dit au public. - Après on n'a plus appelé les voisins. On ne les a plus

appelés.

LUI. - Après on n'a plus appelé personne. (Un temps.)

Après on est mort. (Un temps.)

On nous a trouvés morts. (Un temps.)

Ensemble. (Un temps.)

Par terre.

ELLE. - Oui.

Silence. Et puis soudain il crie bas. La figure dans les mains.

Sous les mains les yeux sont fermés, le visage reste détruit.

LUI. - Je veux une histoire avec toi.

Je veux ça.

Vivre avec toi.

Une histoire avec toi. Partir avec toi.

Enfermé avec toi dans une maison. Je veux ça.

C'est ça. Je veux ça.

Elle s'éloigne de lui, elle ne peut pas rester près de lui alors qu'il est dans cet

état. Et elle parle, pour parler, sans voix, de ces meubles du garde-meuble,

cette fausse donnée de l'histoire.

ELLE. - Pour … ces choses … du garde-meuble … à vrai dire je n'en ai plus

l'emploi … (Un temps.) Prenez les, vous … pour un jour vos enfants ?

 

Les corps et les visages sont plantés là,  comme des personnages de scène funéraire égyptienne, de profil,  avec la mort ou l’éternité rôdant partout. Une urne pour recueillir les cendres inutiles.  Le dos-à-dos règne en maître, le regard  de la femme se perd dans le vide,  le « vous» poli enterre des  pointes de «tu»  et d’intimité. Las, on est impuissant à sauver les paramécies dans le bocal : car elles sont figées dans l’impuissance face au changement, l’absence d’idéal, la fragilité personnelle, l'incommunicabilité et la solitude, sauf cette ultime fois. Mais tout est  inéluctablement consommé, dans l'intimité de leur théâtre. Seule la musique reste. Et l’obscurité.

 

Distribution : Avec Anne Martinet, Philippe Morand

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administrateur théâtres

La Puce à L'Oreille (Le théâtre des Galeries)

12272726475?profile=original     Le Vaudeville ? Déjà Boileau disait de lui :

 

D’un trait de ce poème en bons mots si fertile,

Le Français, né malin, forma le vaudeville :

Agréable indiscret, qui, conduit par le chant,

Passe de bouche en bouche et s’accroît en marchant.

 

 

Très jeune, Georges Feydeau usa de bons mots et écrivit des pièces à rires pour échapper aux devoirs d’école, … avec l’assentiment paternel.  Il était heureux. En faire un moyen de subsistance changea toute l’affaire: le voilà coincé dans des structures  contraignantes desquelles il voudrait sans cesse s’échapper. Paradoxe, même si ses pièces sont drôles,  il ne rit plus. Il adore l’amour, paradoxe, il en mourra, veillé par Sacha Guitry. Mais ses pièces restent. Le genre peut paraître secondaire mais… il y infuse de l’esprit mordant et de la critique sociale, sans être aussi venimeux qu’Octave Mirbeau. Il dénonce cette bourgeoisie pétrie d’hypocrisie, de bassesses et de moralité fort complaisante.

 

Dans La Puce à L’Oreille, l’imbroglio inextricable  de quiproquos les plus burlesques et de situations les plus risquées, tourne à la folie!  La couleur de la puce? Puce me direz-vous ! Non, Verte ! Verte comme la jalousie, insidieuse, dévorante, dévastatrice.  Elle règne en maîtresse absolue, du valet,  au plus nanti des assureurs.

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Les patronymes sont exquis: Victor-Emmanuel  et Raymonde Chandebise, Carlos  et Lucienne Homenidès de Histangua, Romain Tournel : …Ris, Tournel !…. On n’y échappe pas !

Le Docteur Finache qui « soigne » aux sels d’ammoniaque. Notre illustre comédien Michel Hindericks joue avec brio, Augustin Ferraillon, chef de l'Hôtel du Minet Galant. Sa femme Olympe, tout droit sortie des peintures de Toulouse Lautrec...est interprétée avec délices par Laure Godisiabois et ses rires de gorge sont  inimitables. Les décors - de l’art nouveau à l’art galant -  ne sont pas en reste.

 

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Les costumes sont magnifiques et caricaturaux : un robe de soie fuchsia qui déambule dans un décor saumon, une autre robe couleur puce, taillée dans la même soie que  la nappe qui recouvre la table sous laquelle  d’aucuns devront se cacher pour échapper à d’embarrassantes situations. Les détails humoristiques fourmillent… Robes de chambres, chemises de nuit et bonnets,  livrées de valets et de séducteurs, coiffes de bonnes, l’embonpoint de l’espagnol, sommité de la jalousie féroce, tout contribue aux rires!

 

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Le comique du neveu Camille  qui ne peut prononcer les consonnes fait mouche malgré le procédé un peu gros quand même.   Image incontournable d’une  dégénérescence de caste? La farce sera à son comble si on ajoute le comique technique d’une chambre  galante qui s’escamote et présente  subitement l’image d’un pauvre hère hébété malade et  alité, ou d’autres situations coquasses. L’auguste personnage de Victor-Emmanuel semble atteint de delirium tremens. Le jeu des sosies… lui fait voir des fantômes et perdre toute notion d’identité. On ne se remet pas des accès de rire à répétitions, qui bien involontairement nous échappent, nous qui, d’ordinaire, allons  au théâtre pour les idées et les grands sentiments.

 

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Le spectateur est happé par cette pièce délirante et s’y trouve heureux. Un tour de force du texte et de son interprétation magistrale par cette troupe de comédiens magnifiquement rôdée.

 

Victor-Emmanuel Chandebise

Michel Poncelet

Raymonde Chandebise

Perrine Delers

Lucienne Homenides

Angélique Leleux

Camille Chandebise

Luc Gilson

Romain Tournel

Pierre Pigeolet

Augustin Ferraillon

Michel Hinderyckx

Olympe Ferraillon

Laure Godisiabois

Docteur Finache

Marc De Roy

Carlos Homenides de Histangua

Toni d’Antonio

Etienne

Jean-Paul Clerbois

Antoinette

Cécile Florin

Rugby

Benoît Strulus

Baptistin

Bernard Lefrancq

Eugénie

Marjorie Berger

--

Mise en scène

Bernard Lefrancq

Décors

Francesco Deleo

Costumes

Ludwig Moreau

 

http://www.trg.be/Public/Page.php?ID=2686&ancestor1=2463&saison=2448

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administrateur théâtres

12272725700?profile=original      Hagen Quartett

        Mardi 29.03.2011 20:00

Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

 

Wolfgang Amadeus Mozart, Quatuor à cordes, KV 428
Dmitry Shostakovich, Quatuor à cordes n° 8, op. 110
Franz Schubert, Quatuor à cordes n° 15, op. 161, D 887

 

Trois des quatre membres du Quatuor Hagen sont frères et sœur. Voilà qui explique peut-être l’exceptionnelle homogénéité de l’ensemble, qui fait partie depuis près d’un quart de siècle déjà des meilleurs quatuors à cordes internationaux. Au programme de ce concert, trois époques et trois styles très différents : Mozart et l’un de ses quatuors dédiés à Haydn, Chostakovitch et son plus célèbre quatuor, véritable requiem, « dédié aux victimes de la guerre et du fascisme », pour finir avec Schubert et son ultime quatuor. En un mot, trois compositeurs, trois chefs-d’œuvre.

 

Une île ou un esquif ? Dans cet océan d’auditeurs massés dans la grande salle Henry Le Bœuf... On est là pour écouter le quatuor Hagen. Chuuuut ! Les frémissements du quatuor à cordes en mi bémol majeur de Mozart commencent. C'est l’allegro ma non troppo, mais comme il est intimidé! Noyé ... dans ces 2000 respirations aux aguets !  Les contrastes entre idéal-et-lumière et condition humaine-et-structures sombres sont très marqués…  Troppo?

 Le deuxième mouvement: Andante Con moto devient d’une belle expressivité, intense et complexe. On respire. Cela doit être éprouvant de faire de la musique de chambre devant une aussi grande salle.  Mais le talent est là et le sentiment fera le reste.

 

Embarquement dans la musique de Dimitri Chostakovitch avec un morceau extraordinaire, oeuvre puissante et pensive à la fois : le quatuor à cordes N°8 en do mineur, composé en 1960. Cette composition lui prit quelques jours seulement, lors de la visite du musicien en Allemagne sur les lieux d’un camp d’extermination. Ce voyage le ramène aux souvenirs de la désolation des bombardements que lui-même subit pendant la guerre en Russie dans sa propre ville. Cette pièce comprend cinq parties dont trois largos extrêmement émouvants.  Une écriture très subtile exprime  à la fois sa dissidence et le refuge qu’il trouve dans la musique. La première complainte lugubre est suivie d’une sorte d'assaut  et d’une fuite effrénée en avant, sorte de danse macabre d’un essaim de maléfices.  On perçoit des références au Dies Irae, des effluves tragiques d’un hymne russe funéraire. La salle est recueillie. Le violoncelle devient passionné et exprime une inextinguible lamentation totalement désespérée. C’est très beau.  

 

La dernière œuvre que ce Hagen Qartett nous interprète est une œuvre dynamique, pulpeuse, plus basée sur des effets de rythme que sur de la mélodie selon moi. Il s’agit du quatuor à cordes N°15 en sol majeur de Franz Schubert. En quatre mouvements.

Ce qu’on aime, c’est l’épaisse matière instrumentale, les accompagnements généreux autour du violon, des effets dramatiques et le rôle grandissant du violoncelle. Le mouvement semble infini et semble faire du sur place  quand démarre le scherzo, un morceau hérissé de  courtes vagues d’angoisse. Le violoncelle porteur de calme revient et le violon retrouve sa chanson avant que de nouveaux frissons ne s’emparent du quatuor. Avec le quatrième mouvement  voici enfin une mélodie joyeuse et dansante qui fait un pied-de-nez au  sombre destin. C’est l’acceptation des épines de la vie, sans amertume, l’anima libre et ailée n’a pas dit son dernier mot et se rit des frayeurs humaines.

La salle  et l’esquif se retrouvent, dans un tonnerre d’applaudissements.

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=9861&selectiondate=2011-3-29

 

 

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administrateur théâtres

LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

femmedechambre.jpg d'Octave Mirbeau
du 22 mars au 9 avril 2011 à 20H30
Matinée le dimanche 3 avril à 16H
Relâche dimanche et lundi


adaptation et mise en scène
Bernard Damien
Avec
Nicole Palumbo
Laurent Renard

« Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »

C’est dire si Octave Mirbeau éprouve une véritable nausée pour le monde des honnêtes bourgeois qu’il pourfend impitoyablement. Célestine, la soubrette, tient un journal circonstancié de ses heurs et malheurs et égrène les turpitudes des nantis. « Je te hais, un peu, beaucoup, passionnément… » La condition de domestique n’est qu’un esclavage déguisé. Le secours des mots lui rend toute sa droiture et sa solidité. Ses racines sont dans le ciel.  Les rôles s’inversent, on est pris d’empathie pour quelqu’un qui s’exprime avec autant de finesse, de lucidité et de cœur. Car elle a le cœur grand comme la main.

« Échouée dans un bourg normand, chez les Lanlaire, au patronyme grotesque, qui doivent leur richesse injustifiable aux filouteries de leurs « honorables » parents respectifs, elle évoque, au fil de ses souvenirs, toutes les places qu’elle a faites depuis des années, dans les maisons les plus huppées, et en tire une conclusion que le lecteur est invité à faire sienne :  Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »

Comme Chambrière elle rêvait d’une intimité avec la dame à servir, … de confidences, voire d’amitié même. Elle découvre froideur, mépris, méfiance, manque d’humanité, avarice et asservissement. A elle de déguster en cuisine poires pourries et poulet avarié. A elle d’aller  quérir les pantoufles du maître qui ne peut plus cacher son désir.  La dame des lieux accepterait même que le maître de maison la mette dans son lit… du moment que cela ne lui coûte rien! Ordre social hypocrite et injuste où les domestiques sont souvent des travailleuses sexuelles à domicile.

L’adaptation théâtrale de ce roman fait d’aller-retours dans le temps et l’espace, dans les états d’âme, dans  la perception de la moralité, est faite de façon très fine dans cette création du théâtre du Grand Midi. Le large décor sur plusieurs plans tout éclairé d’art nouveau est une jolie féerie dont on découvre vite les dessous peu aimables.

Le nombre de rôles endossés par le comédien masculin est extraordinaire. Il est la plume d’Octave Mirbeau et à la fois une constellation de personnages admirablement  campés. C’est un conteur né, avec la légèreté et la mobilité du troubadour.  Ses interprétations féminines sont particulièrement renversantes avec en vedette la maîtresse frustrée: Madame Lanlaire. Des  caricatures dignes des personnages de Daumier. Jubilatoire.

Le jeu de la charmante soubrette Célestine est carrément exquis, fait de nuances, d’amour  véritable, de compassion, d’humour, de distance,  un personnage hybride entre servante et maîtresse… et qui le deviendra en se fiançant au pire des hommes, le jardinier-cocher Joseph : « Si infâmes que soient les canailles, ils ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »

Des chansons de barricade  ou de pavé parisien sont autant de clins d’œil poétiques et émouvants… très Piaf ! La construction de la pièce est aussi  harmonieuse que la société qui est dépeinte est pourrie et vice-queuse.

 

http://www.xltheatredugrandmidi.be/index.php?pid=39

 

 

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administrateur théâtres

Le Géant de Kaillass ( Atelier Jean Vilar )

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Atelier Jean Vilar                      Le Géant de Kaillass
Du 15 mars au 1 avril 2011       Compagnie Arsenic

texte de Peter Turrini


Au Parc à Mitrailles à Court-Saint-Etienne
Sous chapiteau numéroté – Navettes au départ de Louvain-la-Neuve
Avenue des Combattants, 19b – 1490 Court-St-Etienne
Représentations à 20h30 sauf le jeudi à 19h30 et le dimanche 27/03 à 15h

Ensuite le spectacle sera visible à L’esplanade Saint-Léonard (Liège) du 26 avril au 4 mai

Tél. gratuit : 0800/25 325  E-mail : reservations@atjv.be

 

 

Un théâtre qui se déplace, qui va vers les gens, qui part à la rencontre des publics c’est le théâtre sous chapiteau. Ce théâtre renoue avec la fête, le conte et le mythe.

 

Dans le village de Kaillass vit un jeune géant qui pleure. Il est le souffre-douleur des villageois moqueurs, qui l’accusent de tous les maux qui les accablent. Il  rêve d’une vie à sa mesure, du  vaste monde au-delà des esprits étroits, qui aurait quelque chose de grand à offrir, un Ailleurs : L’Amérique, lieu de tous les possibles? Un lieu large comme deux bras ouverts, un lieu au large de l’espoir d’exister tel qu’il est. Il est en même temps écrasé par l’impératif de ressembler aux autres. Ainsi son vain souhait de réintégrer la chorale des petits chanteurs de Kaillass, dont il a été exclu, va lui donner le désir chimérique d’acheter «  un pré si grand qu’assis dans l’herbe, il y paraîtra enfin petit. »

  

 Une naine rondelette et délectable, Irmeline tombe amoureuse de lui : voilà l’amour impossible qu’il accueille  certes, mais qui  ne l’empêche pas d’accomplir une odyssée aride qui le mènera de ville en ville à travers l’Europe, de champs de foire en cours royales de Prusse ou Angleterre, jusqu’au  au pied de la tour Eiffel, à la poursuite de son rêve d’enfant.

 

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 Son voyage  héroïque sera comme un conte initiatique, mais hélas un voyage intérieur qui ne le mènera nulle part, tant le trou dans sa poitrine demeure béant et triste. Il s’agit de quitter l’enfance, il faut rompre avec la mère, il faut cesser de croire à la légende par laquelle elle le berce d’une origine mythique et fabuleuse : celle d’un arbre. Il faut, et c’est le comble pour un géant, se décider à grandir, alors qu’il rêve de rapetisser! A peine parti, il veut rentrer dans son village natal. Le géant, bébé sans nom dira : «  Dedans moi, il fait noir. J’ai un tel désir. Laissez-moi de nouveau être avec vous. Est-ce que je peux de nouveau chanter avec les petits chanteurs ? 

 

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 « C’est loin l’Amérique ?  » Grandir est pénible, il tousse, il est chétif malgré son format extraordinaire, et son compagnon de voyage est terriblement avide. « Je veux retourner chez Hannia » « Tu es maboule ? Toutes les célébrités de Berlin rivalisent pour te rencontrer ! Un empereur est assis sur tes genoux et toi, tu veux rentrer dans ce trou perdu ? ». Et le géant alors : « Le trou dans ma poitrine est de nouveau là. » Peut-on combler ce trou avec un cœur qui bat ? Las, l’amour et  la musique sont absents.  Son guide intéressé lui répète sans cesse qu’il n’y a pas d’argent et qu’il faut « avancer ». Un impératif de production fait du géant maladif et incapable de quitter l’enfance une victime de choix, et le tue à petit feu. Il s’éteindra dans le champ originel,  les bras aimants  de sa mère, vaste pré d’amour. Elle n’a jamais reçu d’argent de l’ignoble Crochetailleur.   Mais au-delà de la mort, il y a cet autre amour inaltérable, celui  d’Irmeline  la jeune naine, l’amour au-delà de la mort, qu’elle a perçu tout au fond de ses yeux… Voici une histoire triste comme celle du « Meilleur des Mondes » de Aldous Huxley où John le Sauvage, incapable de se conformer aux impératifs de la société, s’éteint dans son phare. Ici cynisme absolu, les braves villageois récupèreront son image et en feront de juteux bénéfices pour la sainte ville de Kaillass. 

 

 

                                          Très beaux, ces  costumes de cirque ambulant. Belle, la  musique de fanfare joyeuse des bateleurs – le soubassophone étonne – et les voix « d’oiseaux »féminines. Magnifiques, la mise-en-scène et la mobilité corporelle de tous les artistes: une œuvre théâtrale pleine de recherche et d’authenticité. Un spectacle total, fait pour toucher et émouvoir, malgré l’humour grinçant et l’accumulation de scènes grotesques que d'aucuns adorent pour leur dérision.

 

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administrateur théâtres

12272725475?profile=originalOrchestre National de Belgique « L'essence du romantisme allemand »

Vendredi 18.03.2011 20:00 Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

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Walter Weller direction - Daniel Hope violon - Orchestre National de Belgique

Johannes Brahms, Akademische Festouvertüre, op. 80
Max Bruch, Concerto pour violon et orchestre n° 1, op. 26
Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 7, op. 92

Pour célébrer l’arrivée du printemps, Walter Weller a déniché une ouverture festive, un classique du violon virtuose sous l’archet fameux de Daniel Hope, ainsi qu’une profusion de rythmes de danses signées Beethoven. Autant de sonorités symphoniques qui l’une après l’autre exhortent, mettent au défi et marquent les esprits.

 

 Après l’installation de l’Orchestre National de Belgique sur la scène de la salle Henry Le Bœuf, voici que pénètre une figure emblématique, Walter Weller qui vient saluer un public déjà à sa dévotion. Ce septuagénaire, patriarche souriant, mènera le programme avec sûreté et nuances infinies.

De l’humour d’abord avec l'Ouverture du Festival académique en do mineur (1880), composée par Johannes Brahms en remerciement pour le titre de docteur honoris causa qui lui fut décerné par l’université de Breslau. Elle comporte des bribes de joyeuses chansons estudiantines  allemandes, très riches en thèmes, sorte de pot pourri  qui se mute ça et là en hymnes victorieux…pour rebondir sur une fin à rallonges – de l’humour encore  –   à tel point que le public  trompé,  a déjà commencé d’applaudir !

 

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Ensuite, le régal : où  le violoniste Daniel Hope déploie la finesse de son expression et sa sensibilité intense dans le très connu Concerto pour violon et orchestre N°1 en sol mineur de Max Bruch. Il est porté avec respect par l’orchestre qui l’accompagne dans un dialogue tout en douceur et en nuances. Chacune de ses prises d’archet est articulée et épanouie, les silences alternés de l’accompagnement et du soliste plongent la salle dans une écoute concentrée. Tantôt on est séduit par les jeux d’écho et l' éclat d'une  musique majestueuse, tantôt on s’émeut d’accents de berceuse, et enfin on a le souffle coupé par une sorte de long aria instrumental d’un  rossignol à toute une forêt en émoi. Beauté et délicatesse sont au rendez-vous. Le soliste semble écouter le bois précieux de son violon, tant son oreille y est couchée tendrement. L’allegro energico fait bondir de joie, on dirait un enfant de la musique qui conduit l’archet, accords brillants, émerveillement,  triomphe.  L’essence du romantisme allemand.

Le bis choisi par Daniel Hope sera « Kaddish » de Maurice Ravel, en l’honneur des victimes de la tragédie au Japon. Intériorité profonde,tristesse, espoir, on peut croire que la salle entièrement recueillie se joignait à la prière, un summum d’humanité.

 

                                                                  silence

 

 

Place maintenant à la toute belle symphonie N° 7 en la majeur opus 92, de Ludwig van Beethoven. Le premier mouvement démarre sur des vocalises ascendantes et des murmures pour initier le chant de la flûte traversière, à nouveau dans une exquise douceur. Violons et bois semblent se disputer le « la » avec humour quand éclate toute la fougue des violons. Comme si le compositeur ménageait une sorte de suspense avant de s’élancer dans une sorte de combat entre le mystère profond et la lumière étincelante. Reprise de thèmes dansants, place aux puissants instruments à vent, beaucoup de relief et de précision. Multiples cavalcades joyeuses, rythmes soutenus de chevauchées typiques du compositeur, gammes ascendantes, les cors et timbales termineront avec brio… et le public lâchera des applaudissements difficilement réfrénés.

 Le deuxième mouvement, la page la plus célèbre,  met le mystère et l’émotion au premier plan, beauté d’un chant lugubre : « les chants désespérés sont les plus beaux ! » On a l’impression d’être dans une valse lente, aux gammes descendantes. Après la reprise des notes initiales, c’est une pause de bonheur romantique et les accents marqués des violons, puis des flûtes et hautbois, puis des cors. On est surpris par l’agencement précis, ordonné, classique qui évoque presque des jardins à la française alors qu’on est au plus profond du siècle allemand. La suite de la symphonie sera remplie d’allégresse, de tendresse et de majesté, les archets glissent, enchantés, les flûtes s’amusent en poursuite échevelées, les puissantes timbales soulignent  les bassons. Le tout se termine par un tourbillon de scintillements musicaux.

 Fascinants, le langage corporel et le regard brillant du très subtil chef d'orchestre Walter Weller font leur effet. Walter Weller  déroule et extrait mille nuances de  chacun de ses musiciens, - tout juste s’il ne sifflote pas mentalement  à chacun, sa note et sa modulation-  une sorte de substantifique moelle, faite d’émotion pure. Le patriarche souriant et son orchestre seront ovationnés car le bonheur du public subjugué est général.  

 

 

 

 

 

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administrateur théâtres

 

Quand le jeune oiseau devient cygne noir…

 

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« Nora, femme-enfant grisée par les hauteurs de la hiérarchie sociale où son mari sera bientôt perché, transportée par la joie qu’un trop plein d’argent lui procure, croit dur comme fer à l’héroïsme de cet homme qu’elle met au centre du storytelling de la vie « délicieuse » qu’inlassablement elle se fabrique. Et quand son petit échafaudage d’idéaux creux (et pourtant si modernes) s’écroule, elle ne semble avoir d’autre choix que de quitter cette maison de poupée qui l’a trahie. »

 

Une éblouissante première au théâtre Claude Volter hier soir. L’interprétation presque surjouée de la femme-infantilisée, agace royalement : les sautillements, la voix perchée, le rire de casserole, la cervelle d’oiseau - de l’étourneau à la bécasse.  Bien que, derrière cette façade, il y ait le mensonge salvateur et un amour considérable (inconsidéré ?)  pour le père et le mari de ce personnage  surféminisé...

 

Quand on était  adolescentes, on adorait « Une maison de poupée » d’Henrik Ibsen, pourquoi ?  Par soif d’idéal,  par le souffle romantisme de la liberté enfin découverte, pour le courage de Nora de savoir se détacher du confort matériel et  vouloir devenir un être humain à part entière et pas simplement une épouse-poupée et une mère-poupée, dans la maison de poupée avec des enfants-poupées.  Rien n’a changé pour notre amour de la pièce norvégienne, si ce n’est que l’on n’en mesurait peut-être pas  suffisamment toute l’urgence dans notre jeunesse.  Grâce aux mouvements féministes et aux progrès scientifiques,  la société a su évoluer… ici, dans le monde occidental, finalement, un monde presque minoritaire. Ainsi, tout n’est pas gagné, ainsi, cette pièce scandaleuse tant  décriée en 1880, garde son actualité dans la profondeur des esprits et dans les clichés véhiculés par la société. Que vaut une femme, face à l’ordre établi, à la loi essentiellement masculine, au soit- disant « code de l’honneur »,  au culte du pouvoir, de l’argent et des religions, ou face à la Morale Incontestée? 

 

Et donc, la deuxième partie de la pièce, lorsque la femme enfin se révolte, fait plaisir à voir et à entendre. Tout-à-coup la voix  de la comédienne sonne juste!

 

La mise en scène est d’une facture résolument moderne, tout en transparence, et décor blanc d’innocence. Mais, les vies de « housewives » n’existent pas qu’en Outre-Atlantique! Jeunes filles, précipitez-vous pour voir ce spectacle!  Le rêve de suprématie  masculine, malgré l’égalité des droits a encore de beaux jours,   à en juger par le plaisir du comédien de mari, Bernard d'Oultremont , à jouer son rôle avec délices et perfection. Jean-Philippe Altenloh n'a rien à lui envier, son jeu est parfait! Faut-il qu’un homme soit quitté pour qu’il découvre enfin son humanité ? C’est le miracle secrètement espéré de Nora, où d’étranger insupportable, l’homme se muterait enfin en généreux compagnon de mariage avec qui « on se sent bien ». Fidélité des signes…  Le public, parfois compassé dans  ce théâtre d’avant-garde - il  y a quarante ans déjà - n’a pas pu s’empêcher d’applaudir avec respect la très belle distribution des comédiens, les personnages secondaires étant aussi bien campés que l’héroïne de la pièce.

 

Avec : Stéphanie Moriau, Bernard d'Oultremont,

Jean-Philippe Altenloh, Michel de Warzée et Laure Tourneur

 

adapté par Jacques De Decker

 

http://www.comedievolter.be/index.php?page=infos-pratiques

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administrateur théâtres

 

La monnaie de la pièce, une pièce de Didier CARON

 

Avec Yvan GAROUËL, Didier CARON, Andrée DAMANT, Laurence PIERRE, Serge RIDOUX, Caroline ANGLADE, Jean-Paul BAZZICONI, Daniel LOBE

 

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Les mots font jaillir les histoires! Quel talent ! On croit assister à un périlleux exercice de  théâtre d’’impro si à la mode, mais sans avoir à gagner, juste pour la beauté du verbe et de l’action!

 

Les  mensonges pleuvent  à la pelle, tous plus brillants les uns que les autres. L’imagination débordante  pare au plus pressé et défie la réalité de ce salon anglais complètement kitch, rose et vert,  où tout est œuvre de la Femme à la Rose! L’imaginaire... comme antidote aux  maux de la société.

 

 Beaucoup de fraîcheur en tout cas dans la bouche de ce chevalier amoureux affolé de perdre celle qu’il aime: une femme-enfant, frivole, futile, apparemment éblouie par la puissance de l’argent, une poupée que la société lui commande de protéger. Il fera tout pour lui éviter le moindre désagrément. Ses batailles sont homériques ou donquichottesques… heureusement qu’il a son indéfectible  ami Harold! Et encore, n’est-ce pas un prénom de félonie ?

 

  On passe une soirée faite de cascades de rires, les scènes s’enchaînent avec subtilité dans cette pyramide d'absurdités, les invraisemblances ont la couleur du possible, la réalité repeinte amuse et divertit. Quand à la chute, c’est une célèbre farce du Moyen-âge que l’on ne saurait vous raconter, tant elle est inattendue. Tout cela rend le spectacle… inoubliable, ce qui et beaucoup pour un simple vaudeville au départ.

 

Ajoutons à cela le spectre de cet huissier-prêtre-sourcier qui est irrésistible dans son  noir sérieux de carnaval, la belle mère courte sur pattes mais aux idées longues, une machiavélique Andrée Damant au cœur de midinette, le fils-camionneur-étudiant doué d’un calme olympien, des personnages très bien croqués, qui donnent un relief extraordinaire au comique de situation. Et la société bourgeoise d'être lacérée sans pitié!

 

Quant à la femme fatale, ou à l’épouse, ou l’inverse… c’est qu’elles-mêmes sont surprises à  pouffer de rire! Généreuse, la salle se joint à l’hilarité générale : apparente faiblesse de jeu, ou supercherie suprême? Sacrée Mathilde ! Sans mentir, les comédiens français en visite dans notre ville belge sont applaudis frénétiquement.

 

 

Actuellement au centre culturel d'Audergem pour une petite semaine encore!

 

Du 14 au 19 mars 2011 à 20h30 et le 20 mars 2011 à 15h30

http://www.cc-auderghem.be/index.php?option=com_redevent&view=details&id=65

 

 

 

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administrateur théâtres

BOX-OFFICE de David Mamet (théâtre le Public)

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             BOX-OFFICE  de David Mamet    DU 08/02/11  au 26/03/11

        

    

   Charly,  fidèle chien de chasse depuis dix ans, compagnon d’infortunes  de son  ami « Bo-oooob ! », un  producteur assez obscur à Hollywood,  lui rapporte un jour, le scénario d’un film prêt à consommer, cousu de violence et de salivation plébéienne, pour une superproduction qui leur donnera accès  enfin à l’argent avec un grand A, si pas au grand Art. Ils rêvent tous deux de s’installer enfin à « la table des Grands», tant convoitée.

 

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Intervient alors au deuxième acte, cette figure féminine de rêve, une intérimaire. Envoyée du ciel ? Ange ? Personnification de la grâce, à qui Bob  demande, non sans intentions diaboliques et lubriques, de lui faire une « note de lecture » sur un ouvrage dont il est décidé d’avance qu’il n’a aucun avenir cinématographique. Pour le soir même, rendez-vous chez lui !  Il  lui explique qu’on lui a commandé une « lecture de courtoisie » et qu’il lui fait «  l’honneur » de lui déléguer la tâche. … Au bois sacré de l’argent, les dés sont toujours pipés! A Hollywood, le monde est fait de vent, qui souffle sur tout ce qui n’est pas empire des sens ou  de l’art-gent.

 

 Le titre du livre est étrange et prémonitoire. « Radiations » parle de fin du monde, de dernière chance offerte aux hommes pour être assis «  à la table céleste », de rôle à jouer pendant notre séjour sur terre, de contemplation du beau, du bon, du vrai, une fois notre monde d’illusions disparu. Selon la belle Karen, ce livre fabuleux doit avoir le feu vert, et devenir une œuvre cinématographique chargée de sens, contrairement au polar  abject proposé par Charly. Elle est idéaliste, croit au progrès, au changement, à la force de l’amour.  Illuminée par la beauté tant extérieure qu’intérieure, Karen représente toutes les illusions perdues de Bobby. La tentation est grande d’emprunter la voie étroite proposée par cette mystérieuse égérie qui, au début, n’avait que les apparences d’une intérimaire naïve et écervelée. Une joute pathétique, presque un pugilat, s’engage entre anges et démons. …. On ne dira pas la fin.

 

C’est le genre de pièce qui, en dépit de la simplicité de son canevas, fait rouler les pensées et la réflexion bien au-delàs du temps du  spectacle. Bien sûr, l’entrée en scène de la ravissante comédienne belge de 23 ans, Nina Drecq est captivante. On est  soufflé par sa grâce, sa voix d’argent, les courbes de  ses gestes et de son verbe gracieux…et les deux personnages masculins sont mis à  rude épreuve. Deux acteurs hors pair : Francis Lombrail  dont la métamorphose est stupéfiante et  Philippe Sivy, emblème du monde sans pitié.

 

 

Au début, la pièce semblait avoir du mal à décoller: un acte entier de dialogues de rupture,  chers à l’auteur américain, très  déstabilisants pour le spectateur. Ce discours, si difficile à traduire en français, avait un tour chaotique et plus que  masculin, fort énervant. Le décor jaune vif aux arêtes coupantes agaçait par son  agressivité, mais   dès l’entrée en scène de la fascinante porteuse de bonne nouvelle, l’espoir renaît. L’idéalisme retrouve sa place et le théâtre son plaisir.  On est scotché à son siège et l’on tend l’oreille au charme rédempteur du chant d’optimisme: simples paroles et manipulation,  ou vérité ? Prison ou libération ?  A la fin, l’homme est toujours l’homme…

 

Mise en scène: Anne Bourgeois / Avec Nina Drecq, Francis Lombrail et Philippe Sivy

 

12272723070?profile=originalUne création et production du Théâtre Le Public et du Théâtre du Lucernaire ( Paris ).

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=263&type=1

 

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administrateur théâtres

Je fais suivre la lettre de Bernard Villers concernant la disparition de notre musée d'Art Moderne à Bruxelles.

Rendez-vous le mercredi 9 mars à 13 heures à l’entrée du Musée

3, rue de la Régence, 1000 Bruxelles,

afin de montrer notre mécontentement....

 

Voici sa lettre :

La mort d’un Musée

février 2011 Bruxelles

 

Le musée d’Art Moderne est fermé depuis le premier février 2011, sine die et sans alternatives.

Sans alternatives ? Que non ! Après une année de travaux et de rénovation des anciens locaux, on le remplacera par un Musée Fin de Siècle, le Musée 19, le musée de la fin du XIXe. Et ça va marcher ! C’est sûr.

C’est le croquemitaine de la place Royale qui, avec son sourire « jugendstil », sa voix fleurie et la ferronnerie de ses arguments, nous l’a annoncé lors de sa conférence de presse à laquelle je me suis présenté sans être invité. Il l’a annoncé sans gêne aucune car, cher(e)s ami(e) de la presse nationale… on montrera bientôt un grand Alechinsky de la collection dans un musée d’Anvers et des œuvres du Musée d’Art Moderne quelque part en Asie… On croit rêver et on rêve, car on part aussitôt avec nos amis, nos étudiants, nos visiteurs à Anvers pour voir notre Alechinsky puis à Taipei pour découvrir nos chefs-d’œuvre enfin sortis de leurs réserves.

 

Voici donc la vision futuriste du très passéiste et très conservateur Conservateur

Dragonnet.

 

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Et paradoxalement ce Conservateur très conservateur est l’ensevelisseur d’un art présent, qu’il aurait pour mission de présenter, un art appartenant à tous les habitants de la Belgique ou à tous les visiteurs du monde. Après les rêves, la fin des illusions. L’Art c’est l’Art-gent. On le voit, on l’entend : le grand Braconneur du Musée est au service des maîtres du marché, un agent de la finance, un sujet de l’audimat, du tourisme bêlant avide de dollars. Et là on l’aime. Hélas ! Il a fait ses preuves. Le musée Magritte ne désemplit pas.

 

Pauvre Bruxelles ! Cette « capitale » de l’Europe sera donc la première capitale d'Europe sans un musée d’art moderne !

INDIGNONS-NOUS !

 

Je crois, dans un premier temps, qu’il faudrait ameuter les artistes du pays ou de passage par chez nous, les enseignants, et tant de gens qui sont ou qui pourraient être concernés par les jeux et les enjeux de l’art. Or, on peut le constater, la mise à mort du musée s’est vraiment faite en catimini.

AMEUTONS !

 

L’absence d’un Musée d’Art Moderne est intolérable.

Il faut un Musée d’Art Moderne.

Le Musée nous appartient.

 

Que faire ?

Des communiqués de presse ? Oui. Des tracts ? Des affichettes ? Oui. Des performances ?

Oui. Des perturbations ? Oui. Des interventions. Des explications. Des interrogations. Des

contradictions. Des suspensions. Des affirmations…Oui.

COMMUNIQUONS !

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Je propose à mes amis-amies-artistes et aux amies amis de mes amies-amis-artistes de

nous retrouver à l’entrée du Musée 3, rue de la Régence, 1000 Bruxelles, le mercredi

9 mars à 13 heures et de discuter le coup afin de convenir d’actions diverses ou d’une grande action.

DISCUTONS !

 

Bernard Villers

lundi 28 février 2011

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administrateur théâtres

               ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DU LUXEMBOURG   

            Vendredi 04.03.2011 20:00         Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

    – Emmanuel Krivine direction –    – Vadim Repin violon

Modest Mussorgsky, Prélude (Khovanshchina)
Jean Sibelius, Concerto pour violon et orchestre, op. 47
Johannes Brahms, Symphonie n° 2, op. 73

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Après le lever du jour sur la Moskova, voici une musique pour un  géant qui joue sur un jouet,  le Guarnerius del Gesù " von Szerdahely" datant de 1736. C’est  le Concerto en ré mineur, op.47 de Jean Sibélius. La  haute taille  de Vladimir Repin domine presque  l’autre visage connu : Emmanuel Krivine, le directeur musical de l’orchestre philharmonique du Luxembourg, armé de sa baguette.  Vadim  a le visage impassible ou grave d’un guerrier de l’armée de Xian : la musique est sa vie, sa drogue, son combat. C’est le  soliste  qui ouvre de son archet infiniment léger ce concert où bouillonne le mystère romantique. Il construit des mélodies presque pathétiques cependant que  l’orchestre semble le combattre par ses registres sombres, parfois  carrément lugubres. Ce premier mouvement, l’ Allegro moderato, est le plus long et le plus complexe, le plus dramatique et sérieux.

 

 Le climat change avec le  deuxième mouvement. L’Adagio di molto prend des airs de romance, les envolées mélodiques du soliste sont suivies  de cascades de tristesse tendre, comme si tous les moments de douceur et de plaisirs n’étaient  jamais que rêves éphémères. Cela se termine sur le souffle d’une âme qui s’échappe.

 

 Le  troisième mouvement, l’ Allegro ma non tanto démarre sur des rythmes aux colorations presque …ibériques. Le tempo est soutenu, le rythme est presque sautillant et s’engage dans des galops impétueux. Soutenu par les timbales  et les basses le soliste rivalise de plus belle avec l’orchestre. Tout un peuple de sonorités répond à ses jaillissements poétiques quoique sobres et soudain,  tout se tait.

 

 

L’ovation qui suit, fait sourire le grand violoniste qui nous accordera un joyeux bis, débordant d’humour, par contraste, par jeu, par fantaisie et par virtuosité cabotine! C’est une chanson populaire autrichienne : «  Mein Hut, der hat drei Ecken »  qui a probablement inspiré Paganini dans un morceau intitulé « Carnaval de Venise ». Avec toute la beauté des cordes pincées, Vadim  emmène fougueusement une partie de l’orchestre dans ces  variations, interprétées  avec verve et délire sur son minuscule violon.

 

 Entracte

 

La vedette est maintenant au dynamique Emmanuel Krivine  sur son podium, dans la deuxième partie du concert qui nous présente tout le modelé et la  délicate complexité de la deuxième symphonie de Brahms en ré majeur opus 73. Quatre mouvements. Une musique pleine de voix mystérieuses ensorceleuses qui sans cesse entraînent et reviennent, plus pressantes. Une musique d’humeur joyeuse, brodée. Le chef d’orchestre tisse le  relief, forme une architecture musicale variée, tant les instruments ont l’occasion d’émerger en envolées lyriques surprenantes et vives: chants de  flûtes et de bassons. Suivent de chaleureux solos de cors, symbole pastoral?   Les mouvements prestes des violons, une véritable armée de cordes onctueuses, n’évoque rien moins que des danseuses en chaussons, virevoltant sous des arceaux de fleurs. Joie de jeux de cache-cache, joies printanières et bucoliques, accès de mélancolie soudaine, flots de sentiments, c’est la complicité idéale du chef d’orchestre et de son orchestre plein d’aisance qui se dégage.

 Le 4e mouvement, Allegro con spirito,  est une glorieuse explosion de joie, chaque ordre musical s’en donne à cœur joie, chacun marque tout son espace. Tout devient déferlement et scintillements et finit par un torrent de bonheur musical. Un triomphe.

 

 

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Emmanuel Krivine est l'un des plus grands chefs d'orchestre de notre époque ; il ne faut jamais, sous aucun prétexte manquer l'une de ses prestations.” (The Guardian /Londres)

 

 

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