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Pensée

J’ai une pensée pour ceux

Qui n’ont pas eu de chance

Et sont bien malheureux

À cause de leur malchance.

 

Tout va bien,

Puis un jour,

L’air de rien,

Un vautour…

 

Vient leur prendre leurs biens.

Il suit la procédure.

Ces gens se retrouvent sans rien

Mais lui, il n’en a cure.

 

Tout va bien,

Puis un jour,

L’air de rien,

Un vautour…

 

Leur offre un sale microbe

Qui détruit l’organisme.

Personne ne trouve ça probe.

Il déroute l’optimisme.

 

Tout va bien,

Puis un jour,

L’air de rien,

Un vautour…

 

Capte leur attention,

Provoquant l’accident

Par manque de précaution.

Ça arrive trop souvent.

 

Tout va bien,

Puis un jour,

L’air de rien,

Un vautour…

 

Leur offre un peu de drogue

Profitant de leur détresse.

Ils se retrouvent dans le vague

En redemandent sans cesse.

 

Tout va bien,

Puis un jour,

L’air de rien,

Un vautour…

 

Les entraîne hors du chemin

Sans parler des barreaux

Qui seront leur destin,

Un bien drôle de château.

 

Tout va bien,

Puis un jour,

L’air de rien,

Un vautour…

 

J’ai une pensée particulière

Pour tous ces pauvres gens

Qui embarquent sur la galère

Où ils goûtent au mot « néant ».

 

05/01/2011

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journal de bord, mercredi 5 janvier 2011

Ca va, à Hal, du côté du canal, là où deux ponts ovales, en diagonale, se superposent, il ne pleuvait pas, hier. Les oies étaient eu rendez-vous, sur les berges. Comme toujours, j'avais peur d'être attaqué par ces dames (dont le bec jaune orange me fait toujours peur). Donc, en les apercevant, au loin, j'ai ralenti le pas. Et ... arrivé à leur hauteur, je me suis rabattu sur la prairie, sur la droite. Elles n'ont pas bougé.

 

OK, Hugues, Compostelle se poursuit.

 

Quand on refait un trajet qu'on a déjà fait ...

 

Ce n'est pas une redite, une répétition, non. C'est ... comme un livre qu'on ré-ouvre, un film que l'on revisite, après des mois (parfois, des années) d'écart. On a des repères visuels, auditifs, mais il y a d'autres détails qui nous sautent aux yeux, encore et encore. Et ce s'ra pareil si on réédite le coup, dans trois mois, dans six mois, dans un an.

 

Oui, à Hal, je sais qu'il faut marcher un peu sur le quai (où la boue ne manque pas), et, à un moment donné, traverser un pont, admirer une espèce de "château fort ?" à l'extrême-droite, sur une hauteur, aborder un village (dont les maisons ressemblent à des roulottes), déboucher sur un carrefour, déboucher ensuite sur un sentier (qui descend), remonter un autre sentier (où la neige, sur le sol, n'a pas entièr'ment fichu l'camp) et ... tourner à droite (eh bien, là, j'ai encore failli me gourrer, j'étais sûr qu'il fallait tourner à gauche).

 

Et ces espèces de bonhomme de neige, debout comme des chênes, dans la prairie (qui redevient verte), dont on a pris soin de planter une branche, dans un coin, théoriqu'ment ... juste en d'ssous de la ceinture.

 

Pour en arriver à un endroit où ... je me paume à chaque fois. Trois directions différentes ... et pas une balise, pas un de ces auto-collants bleus, où y a un coquillage, qui indique clair'ment où le ch'min de Compostelle se poursuit (c'est hélas ... fréquent). Heureus'ment que je r'père l'entrée d'un bois, que j'ai déjà ... visualisé, en d'autres temps.

 

Heureus'ment qu'avec moi, j'ai aussi mon ... topoguide (bouquin qu'on peut se procurer, chez les amis de Compostelle, qui se réunissent une fois par mois, à Bruxelles, le premier jeudi). D'accord, je me démerde plus avec les paysages (je suis visuel), qu'avec les bouquins, mais enfin ... les roues d'secours, c'est pas d'refus, non plus.

Le fameux "topoguide" est encore amoché, suite à la pluie que je m'étais farci, y a deux ans, quand j'avais pacouru, pour la première fois, ce chemin.

 

J'apprends, OK OK, que nous sommes dans le "Lembeekbos" (quel nom à coucher dehors !), qu'il faut "s'engager dans la route, à droite de l'allée principale ... passer un ruisseau, puis suivre le chemin rectiligne montant sur environ un kilomètre en contournant la maison du garde ... traverser toute la propriété qui s'étend jusqu'à la limite entre les communes de Lembeek et Braine-le-Château ..." 

 

Moi qui n'aime pas trop me concentrer sur des informations écrites (comme les orales), moi qui suis surtout un homme de terrain, bon, c'est pas pénible cette fois ... en marchant, le caractère du paysage correspond aux indications dans l'bouquin.

 

C'est pas toujours le cas. Il peut arriver, en chemin, qu'il n'y ait pas de balises et que les indications, dans le "topoguide", manquent de clarté.

J'ai encore eu la blague, un peu plus loin, sur la route. Après le café "Meurisse".  Encore un coin où il y avaient trois directions possibles.

Et pourtant : y avait un tourniquet.

Et pourtant : y avait un poteau.

Donc : y avait quand même un espace suffisant pour coller des auto-collants de ... Compostelle.

 

J'essaie le bois d'en face. 50 mètres, au moins. Rien, rien. Je rebrousse chemin. J'essaie un deuxième chemin, dans les trois (si ça marche pas, on rebrouss'ra chemin, et on essaiera le troisième). Et ... je tombe sur deux personnes qui marchent. Le gars suit une carte d'état-major. Je lui donne les renseignements, procurés apr le topoguide. Il s'y retrouve. Ca fait partie de sa route. Nous y allons ensemble. Je ne suis pas étonné d'apprendre qu'il est un ancien scout. Et on ré-arpente le bois (où je m'étais aventuré une première fois) ... pour déboucher à une sortie (jusqu'où j'étais allé), et ... miracle, j'aperçois quand même une balise (pas très en évidence, au premier coup d'oeil).

 

On se quitte, bons amis. Final'ment, en toute logique, la "rue du Bailli", indiquée par le "topoguide", elle est là, mais c'est pas indiqué. Ca va, on repart. Une chapelle, tout en haut. Une route pavée. ON descend.

 

Et Braine-le-Château, où j'ai prévu de m'arrêter, se niche dans l'fond.

 

Et ... je suis très heureux, comme issue finale, de retomber ... sur un moulin à eau (et son "Hain", nom du ruisseau).

 

Et ... l'émotion, lorsque je vois le château (toujours habité, aux dernières nouvelles) et le pilori. Ca me rappelle le temps où, petit, j'accompagnais mon papa, représentant, sur les routes.

 

Je parlais des "topoguides", pas toujours clairs à suivre.

 

Une anecdote, y a deux ou trois ans.

 

J'effectuais le tronçon "Bruxelles-Halle". J'arrive à un rond-point. Celui de ... Laarheide (après avoir quitté Drogenbos et Béersel).

 

Et le topoguide me dit :

"Contourner ce vaste rond-point en empruntant la deuxième route sur la droite ... on quitte alors définitivement

le GR12 ... s'engager dans la large chaussée qui mène vers le pont sur l'autoroute E19 Bruxelles-Paris ... après avoir parcouru 400 mètres, dans une vaste courbe, quitter la grand'route et prendre à gauche la Leryburgstraat ..."

 

Je contourne le rond-point, comme prévu. J'emprunte la deuxième route sur la droite, comme prévu.

Je marche. J'ai bien lu ... qu'il y avait un pont d'autoroute. Et qu'ensuite, il faut tourner à gauche. Je marche, je marche. En toute quiétude. Le pont d'autoroute ne tardera pas à se manifester. Je marche, je marche. Je rêvasse. Des invités se trimballent sans doute dans mon coeur et mon cerveau (je ne suis jamais tout seul, c'est connu). Je marche, je marche ...

 

Et ...

 

Je finis par entendre des bruits de voiture qui roulent. Et j'aperçois un pont d'autoroute ... du côté droit. Tiens, tiens ! S'agit-il du pont d'autoroute mentionné ? Y en a-t-il un autre ? Oui, en toute logique, il devrait se trouver sur la route, sinon on aurait précisé, dans le topoguide : "le pont d'autoroute, à droite de la route".

Je regarde la route. Et je n'aperçois ... aucune balise. Je prends le risque de la continuer ... tout droit, mais sans succès.

Je décide ... de retourner au point de départ, là où j'ai vu les dernières balises.

 

Et ...

 

Je me retrouve, à nouveau, au rond-point de Laarheide.

 

Je reconsulte le topoguide :

"s'engager dans la large chaussée qui mène vers le pont sur l'autoroute E19 Bruxelles-Paris .. après avoir parcouru 400 mètres, ..., quitter la grand'route et prendre à gauche la Leyburgstraat ..."

 

Le franc tombe. Il fallait, en fait, s'engager dans la chaussée et prendre directement à gauche le premier chemin.

En fait ...

Ils avait été trop explicites. Quand ils évoquaient la "large chaussée", ils évoquaient le chemin ... qui mène à l'autoroute. Grammatical'ment, c'est correct. Mais ... sans dire qu'il fallait aller jusqu'au pont de l'autoroute.

Pas toujours évident d'être clair, quand on écrit.

 

Plus tard, quand j'en ai parlé avec un des pélerins de Compostelle (qui contribue à la rédaction du "topoguide"), il m'a expliqué, notamment ...

Qu'entre le moment où on allait en reconnaissance sur les routes et celui où on rédige le bouquin, il pouvait se passer des mois.

 

Quant aux balises pas toujours explicites (paraît qu'en Espagne, c'est pire) ...

 

Il n'est pas évident, pour ceux qui les collent, de deviner exactement les repères visuels des pélerins (tous différents, j'imagine).

 

Les fortes pluies, par périodes, en abîment, en esquintent et les réduisent en miettes.

 

Y a toujours des malins qui s'amusent à en arracher.

 

J'ai eu l'occasion de participer à quelques marches collectives de Compostelle. J'ai observé un des responsables quand il collait (ou re-collait) des balises aux endroits stratégiques. Ca vaut l'coup, on apprend. Et d'anciennes balises, à moitié décoiffées (par les vents ? par des charlatans ?), on en voit.

 

Tout ça pour dire ... c'est beau, la route.

 

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gare de Hal

 

 

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un soleil remplaçait la pluie

 

 

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comme sur les lignes de chemin de fer

 

 

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une copine ... appelée, peut-être, à le devenir

 

 

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sur ce chemin, une frangine m'a un jour parlé d'une jeune guitariste, qu'elle voulait me faire rencontrer

 

 

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regardez où vous vous asseyez, quand même

 

 

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avec ma pote Cathy, j'imagine qu'on chant'ra encore "L'aigle noir" de Barbara, en duo, dans le métro

 

 

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le tourniquet me fait réfléchir

 

 

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pas besoin d'aller jusqu'en Ardèche

 

 

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souvenir d'enfance très précieux

 

 

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je l'évoque dans une de mes chansons

 

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BONHEUR?...

 

C'est quoi ce qu'on appelle bonheur?

Une chose fragile et délicate...

Que de la toucher on a si peur!

Qu'on en deviendrait malapatte!

 

Ou bien plutôt une graminée?

Qui pousse au sol le plus aride

Supporte de n'être pas aidée...

Et au soleil ne prend pas de ride!

 

C'est quoi ce qu'on appelle bonheur?

Juste un réflexe de la vie

Lié aux battements du coeur

Rien de plus qu'une incontournable envie...

 

J.G.

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Qui est "L'homme qui rit" de Hugo?

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C'est Gwynplaine, défiguré tout enfant par une association de nomades spécialisés dans le commerce des enfants. Ce petit avait subi, en bas âge, l'opération de la bouche fendue jusqu'aux oreilles, "bucca fissa usque ad aures", qui met sur la face un rire éternel... Gwynplaine est alors montré dans les foires... Saltimbanque, puis reconnu Lord d'Angleterre, il veut rappeler aux puissants leurs devoirs envers les pauvres, mais son appel émouvant à la Chambre des Lords, échoue dans un vaste éclat de rire...
Hugo estimait "n'avoir rien fait de mieux" que ce livre dans lequel Claudel a vu "le chef-d'oeuvre du grand poète". Henri Guillemin le trouve "ruisselant de merveilles". Hubert Juin écrivait en 1976: "Un livre-clé... l'un des ouvrages les plus insolites qui se puisse rencontrer dans la littérature moderne... Ouvrage redoutable et, tacitement rejeté."
Un chef-d'oeuvre méconnu

Le discours de Gwynplaine devant ses pairs :

"Ce que je viens faire ici?... Je suis le peuple. Je suis une exception? Non, je suis tout le monde. L'exception c'est vous... Je suis l'Homme. Je suis l'effrayant Homme qui rit. Qui rit de quoi? De vous. De lui. De tout. Qu'est-ce que son rire? Votre crime et son supplice. Ce crime, il vous le jette à la face; ce supplice, il vous le crache au visage. Je ris, cela veut dire: Je pleure... Ce rire qui est sur mon front, c'est un roi qui l'y a mis. Ce rire veut dire haine, silence contraint, rage, désespoir... Ah! vous me prenez pour une exception! Je suis un symbole. O tout-puissants imbéciles que vous êtes, ouvrez les yeux. J'incarne Tout. Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé. Ce qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux, les narines et les oreilles; comme à moi, on lui a remis au coeur un cloaque de colère et de douleur et sur la face un masque de contentement. Où s'était posé le doigt de Dieu, s'est appuyée la griffe du roi. Monstrueuse superposition. Evêques, pairs et princes, le peuple, c'est le souffrant profond qui rit à la surface... Aujourd'hui vous l'opprimez, aujourd'hui vous me huez. Mais l'avenir, c'est le dégel sombre... Il viendra une heure où une convulsion brisera votre oppression, où un rugissement répliquera à vos huées.""Cette heure de Dieu est venue, et s'est appelée République, on l'a chassée, elle reviendra... La série des rois armés de l'épée est interrompue par Cromwell armé de la hache. Tremblez..."

Tandis que Gwynplaine arbore ce rire qui, selon Claudel, "accentue celui de Voltaire", il sonde, à la vue de l'auditoire en gaieté, la profondeur du gouffre social qui se creuse sous lui, l'importun, rejeté par les occupants de la "vieille cime du mont féodal", de ce "sommet prodigieux", aux cris de "Bravo, le museau de la Green-Box! Salut à Lord Clown! Histrio! A bas!"
Qui a gravi dans le sable une pente à pic toute friable au-dessus d'une profondeur vertigineuse, qui a senti sous ses mains... fuir et se dérober le point d'appui qui... s'enfonçant au lieu de gravir... et se perdant un peu plus à chaque mouvement pour se tirer du péril, a senti l'approche formidable de l'abîme, et a eu dans les os le froid sombre de la chute... celui-là a éprouvé ce qu'éprouvait Gwynplaine.
"Il sentait son ascension crouler sous lui, et son auditoire était un précipice." (Victor Hugo)
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journal de bord, mardi 4 janvier 2011

 Une feuille A4, depuis hier, attend, bien posée sur une des marches de l'escalier du deuxième étage du flat où j'habite.

 

Le facteur n'avait rien pour moi, aujourd'hui.

 

Dans le couloir de la Gare Centrale, des couvertures et ... des gars qui dorment dedans.

Je tire mon chapeau aux bénévoles qui leur servent la soupe le dimanche soir.

Je tire mon chapeau aux volontaires qui, la nuit de Noël (ou de la Saint-Sylvestre), les griment.

 

Tiens ! Le site "myspace" licencierait du prersonnel, d'ici quelques semaines ?

 

Et ...

 

Mon GSM reste sur "silencieux". Ca m'arrange bien, ces derniers jours.

 

Un snack a rendu l'âme, Gare Centrale. Peut-être .. pour un mieux.

 

Et ...

 

Je me remets en route sur les chemins de Compostelle.

Le tronçon Halle-Nivelles, je l'ai déjà fait deux fois ... par temps de pluie. Mmm. La première fois, la "drache" avait eu carrément raison de mon GSM, enseveli derrière un filet, dans mon sac à dos.

 

Hier soir, encore, je me demandais si c'était raisonnable.

Faut dire : vers 17 heures, il fait déjà noir.

Faut dire, déjà : à 4 heures (du matin), je m'agitais, une fois de plus, sous la couette.

 

Et ...

 

En supposant que j'arrive à Hal(le), en train, autour de midi, y a quand même, en partant de là, au moins six heures de marche, avant d'arriver à ... Nivelles.

 

D'accord ...

 

Entre temps, y a encore moyen, vers 16 ou 17 heures, de reprendre un bus dans une cité intermédiaire.

 

D'accord ...

 

Y a moyen, aussi, de prendre le bus demain (vers midi) à Bruxelles, de retourner à la "cité intermédiaire de la veille (Braine-le-Château, Place des Martyrs, par exemple), et de poursuivre son cap.

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L'enchanteur pourrissant est un récit en prose entrecoupé par quelques poèmes de Guillaume Apollinaire.

La première édition de cet ouvrage parut en 1909, illustrée de 12 gravures sur bois en pleine page, et de lettrines par André Derain. Dans ce livre, Apollinaire reprend la vieille légende de Merlin. Cependant, il ne la garde intacte que dans ce qu'elle a d'essentiel, que pour ce qu'elle exprime du drame éternel de l'homme enfermé dans sa solitude, destiné, malgré son savoir des choses et de lui-même, à ne rien dominer et à rester la victime de son sort. Mais Apollinaire, par delà le mythe et ce qu'il comporte d'impersonnel et d'anonyme, est allé rejoindre le personnage de l'Enchanteur et s'y retrouver. L' Enchanteur, par ce qu'il a de différent des autres hommes, par ses dons de voir ce que les autres ne voient pas, de connaître ce qu'ils ne connaissent pas, devient alors autre chose: c'est le poète, le prophète, l'individu parfaitement seul et rejeté.

 

L'histoire du conte commence au moment où l'Enchanteur, par amour pour Viviane, lui délivre les secrets magiques et dangereux qu'elle désire connaître. Il les lui dévoile sans être dupe, sachant très bien quel usage elle en fera et qu'il en sera la première victime. Viviane par haine, mais peut-être aussi

venant de bien plus loin que sa haine, par un désir de revanche et de victoire définitive sur l'homme, prononce les paroles magiques qui amènent l'Enchanteur à s'étendre conscient dans son tombeau et à y mourir. Alors, de toutes parts s'acheminent les animaux réels ou fantastiques, ses amis.

Toute la faune magique et ensorcelante, démoniaque et charmeuse, d'hydres, de crapauds, de serpents, de corbeaux et de monstres, avec leurs paroles d'hommes, leurs désirs, leurs rêves et leurs cruautés d'homme. Le monstre Chapalu: "Je suis solitaire, j'ai faim, j'ai faim; cherchons à manger, celui qui mange n'est plus seul." Les guivres: "Nous voudrions le baiser sur nos lèvres que nous léchons pour les faire paraître rouges.

Enchanteur, Enchanteur, nous t'aimons. Ah si l' espoir s'accomplissait." Tous recherchent l'Enchanteur. Et, jusqu'à la fin du livre, ce sera cette suite ininterrompue de plaintes et d'entretiens avec l'âme de

l'enchanteur. Ce qui est curieux, c'est d'assister à la réunion, autour du mort, des personnages de tous les mythes, moyenâgeux, grecs, hébreux, chrétiens... Les rois Mages arrivent, porteurs de présents; les druides; les sphinx, poseurs d'énigmes, "afin d'avoir le droit de mourir volontairement", disent-ils; Hélène de Troie, Médée, Dalila, les fées.

Tous les mythes se rejoignent et se retrouvent liés autour du mythe du poète. La fin du livre est très belle: les personnages se retirent, Viviane reste seule assise sur le tombeau de l'Enchanteur. Ils se parlent.

Apparaît alors la raison profonde et amère de l'acte de Viviane et de l'abdication de l'enchanteur: c'est parce qu'ils savent l'impasse désespérée où se heurtent éternellement l'homme et la femme sans jamais

pouvoir se rejoindre, définitivement coupés l'un de l'autre, séparés et seuls.

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La reine Margot

 Un peu comme dans la "Reine Margot", des cheveux fous  cheveux qui zèbrent ou qui ondulent dans l'espace.

Flo à la natte 50x50  acry et marouflage sur toile. 2010

flo natte vendu le 3 01

      "Le rouge et le blanc.

Ce soir après la neige du bel oiseau envolé

à la télé, la reine Margot.

Voir sang seins et sperme gicler"


 Je repense à l'importante qu'a voulu donner  Patrice Chéreau aux effets de chevelure  dans ce film qui me touche tant.. Film hommage à la peinture en clair-obscur, homme au Caravage, hommage au rouge qui gicle dans l'espace..

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journal de bord, lundi 3 janvier 2011

Trois ampoules pétées (deux dans la cuisine, une dans la pièce principale). Heureus'ment que les lumières intermédiaires ne manquent pas, chez moi, dans mon flat.

 

Un chouette pull à col roulé, presque mauve, offert par ma maman, avant-hier.

Un peu serrant, pour commencer.

Mais ... les fringues, tout comme les paires de chaussures, tout comme les êtres humains, c'est (ou ça paraît) un peu dur, pour commencer. Ensuite, on s'acclimate, on s'adapte, on y trouve son compte, son bonheur.

 

Une biographie de Jean Ferrat, offert, y a trois jours, par le compagnon de la fille d'un de mes deux frères. Le livre a déjà trouvé place, refuge et protection sur le sol, au creux d'mon lit. Paraît que l'ami Jean, quand il chantait, se tenait les mains dans les poches ... et que ça lui allait bien.

 

J'en profit'rai, en parcourant ce même ouvrage, signé Daniel Pantchenko (journaliste spécialisé dans la chanson, on le croise dans les festivals, et c'est un gars charmant), pour m'arrêter à la page ... 165.

Paraît que certains "professionnels du show business" trouvaient l'ami Jean "un peu lent" ...

Ceux-là : que ne disent-ils pas, parfois, souvent ...

Et ...

L'ami Jean répondait :

"Ce n'est pas dans ma nature d'aller vite ... Cela me permet de mieux apprécier les gens et les choses, d'être plus sincère dans mes réactions, plus indulgent aussi : je ne me laisse pas entraîner par mes nerfs, je ne sais pas me brouiller définitivement avec quelqu'un"

Comme ça me parle !

 

Déjà ... des repères, des graines qui germent, au printemps d'une année qui sort à peine de l'oeuf.

 

Hier soir, ce n'était pas encore évident, pour moi, d'avoir quitté la planète 2010. Elle avait fini par me coller à la peau. Et ... tant d'images, de souv'nirs, de sensations s'y rattachaient ... et s'y rattach'ront encore.

 

Allez ... la vie continue.

 

Une merveilleuse soirée passée chez des amis, rue Colonel Van Gele, où une contrebasse veille sur le salon, où quatre chaises différentes (créée par le pote qui habitre la maison) entourent, ceinturent la table.

 

Une amie qui s'en va en Afrique (au Malawi), en juillet prochain et qui enseigne le langage des signes.

 

Et ... je pense (déjà) à 2012.

J'aurai, en janvier de cette année-là, trente ans de chansons.

J'aborderai, le 19 avril de cette même année, ma cinquantième ... année.

Un nouveau CD en public (pourquoi pas un DVD ?) serait peut-être approprié.

 

Et encore ...

 

Une rencontre (de passage ?), dans un snack, rue des Tongres, avec une jeune maman qui habite en partie à Strasbourg, et qui écrit, crée un "carnet de bord" où elle insère une feuille rouge (d'automne) et des dessins de son gamin.

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2011

 

Le tourbillon

 

 

 

 

 

Que la nouvelle année

Apporte dans le tourbillon

Des ombres

La volupté des regards,

Le sourire des apesanteurs

Dans ce monde

Que la feuille

A mal pliée .

 

 

La souffrance ,

L’indifférence ,

L’agonie des pouvoirs .

 

 

La joie peut ouvrir

Des rayons de lumière  .

 

 

 

Plouzané le 22/12/2010

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Je  souhaite une bonne et heures  année à tous les membres du réseau Arts et Lettres  .C’est  l’occasion de remercier Robert Paul pour la très belle initiative de ce réseau.

 

A toutes et tous je  souhaite une année 2011,  féconde   en projets artistiques  ainsi que du succès  car l’art  peut enchanter un monde qui plus que jamais aura  besoin  de ces petites flammes que  chaque artiste allume par sa création..

 

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journal de bord, dimanche 2 janvier 2011

Deuxième jour de l'année. Déjà.

 

Minuit sept.

 

Même si ... les gens, dans le train, entre Namur et Bruxelles, ne disent pas plus "bonjour" que d'habitude ...

 

Même si ... les coups d'blues, le soir, à la maison, empruntent les couleurs de l'an dernier ...

 

Croyons à l'an nouveau. Aux parts de bonheur qu'il nous réserve.

 

C'est toujours intéressant d'écouter les autres, même (y compris) quand ce n'est pas évident.

 

Tout à l'heure ... je me trouvais à table avec des regards familiers ... le Nouvel An, ça s'arrose ...

 

Ca sonne. Quelqu'un (appelons-là Valérie) va répondre et file dans la pièce à côté (la cuisine) pour répondre à son coup d'fil, sans importuner, sans déranger ... les autres.

 

J'entends une réflexion : "Ils peuvent bien l'appeler maint'nant !"

 

On a compris. Les gens qui appellent "Valérie" ne sont pas en odeur de sainteté. Ca se conçoit.

 

"Ils peuvent bien l'appeler maint'nant !"

 

Mieux ne vaut-il pas tard que jamais ?

Et si maint'nant, ils n'app'laient pas ...

On pourrait dire "Ils sont graves ... ils n'appellent jamais"

 

D'accord, d'accord. Mais je me tais. Je ne connais pas tout.

 

Quelqu'un, à table, enchaîne : "On ne comprend pas. Si maintenant elle (Valérie) était méchante, médisante ..."

 

Comme le débat est (ou semble) ouvert, j'enchaîne : "Mais reconnaissons aussi, V... n'est pas du genre à appeler, ni à demander quoi que ce soit ..."

 

Je m'entends répondre : "elle n'a pas à appeler ... c'est aux autres à le faire". Avec une pointe d'irritation et d'énervement dans la voix.

 

Mon voisin (appelons-le Arnaud) prend carrément un ton au d'ssus, pour émettre ses arguments.

 

J'essaie de donner, ensuite, mon avis, le plus calmement possible.

 

"Arnaud" s'énerve sur moi, me crie "fais pas chier !"

 

Une tierce personne, dans l'assemblée, intervient, en "nous" prenant ("Arnaud" et moi) à témoin : "Ca suffit !"

 

Ainsi se concluent les divergences d'opinion. Faut pas continuer, sinon ça pourrait dégénérer. Vous avez émis un avis (qui est peut-être faux) et vous attirez la foudre, et vous avez intérêt à vous taire.

 

Ah ! Les cellules familiales ! Quel cancer, parfois !

 

Ah ! Les relations !


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journal de bord, samedi 1er janvier 2011

 13 heures 21

 

Le train m'emmène déjà vers un inconnu ... que je connais, pourtant.

 

Jemelle, Grupont, Poix-saint-Hubert, Libramont.

 

Il pleuvine aussi ... un peu.

 

Je n'ai pas encore ôté ma veste ... même si j'ai chaud dans l'train.

 

Sapins. Maisons de pierre (grise). Passages à niveau. Prairies où les camps scouts émergeront l'été prochain. Rails. Paysages familiers.

 

2011 préserverait-il les espaces naturels ?

 

J'ai marché pas moins d'un kilomètre, avant d'atteindre la gare (de Jemelle). Sac à dos et guitare sur l'épaule. Le GSM restait calme.

 

J'ai (déjà) reçu de bons voeux très précieux.

Et ...

Dans le train, je les reçois, les ressens, les apprécie.

 

Sur le ch'min, quand je marchais, c'était différent. Je pensais à quelqu'un de la région, qui m'est cher et qui ... n'app'lait pas. L'énergie physique que je dépensais, pas à pas, m'essoufflait, je devais faire des arrêts. L'appel "Gsmique" qui ne venait pas, c'était à la limite de l'obsession. Mais enfin, Hugues, pourquoi ne prenais-tu pas l'initiative, le risque d'appeler ?

 

Sur le ch'min, aussi ...

 

Un pont avec une rivière. Une statue (de la Sainte-Vierge ?). Un musée ... du rail et de la pierre. Un ... bordel. Un ... ravel. Un doigt de pied incarné ; faudra que je passe à la pharmacie, demain.

 

En attendant ...

 

Les chiens courent (toujours) sur les chemins d'Ardenne. Les champs de maïs les escortent. Les d'moiselles, dans l'train, savourent des mandarines. Des enfants-rois grandissent. Des chalets, le long de la Lomme, n'ont sans doute pas (encore) été démolis.

 

En attendant ...

 

Ma maman m'attend encore ... aujourd'hui.

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Minuit


Maintenant que la neige a fondu

Je retrouve mon vieux paysage

Tuiles rouges et fumées vacillantes

Le vieux chêne dénudé monte au ciel délavé

Je vois le clocher de l’église dans ma petite rue

Fragments étendus de pelouse mouillée

Quelques pattes de chat dans l’herbe blanche

Viendras-tu me réchauffer les mains dans les tiennes

Lorsqu’une silhouette surgit devant ma fenêtre

Mon âme soupire, ne cesse d’ y croire

Ce soir je porterai ma robe en brocart

Nous écouterons les cloches de minuit

Tes lèvres douces frôleront les miennes

Je boirai à ta santé et aux beaux lendemains

Vase de champagne et bulles de joie

Fontaines de lumière et feux d’artifice

Étoiles diamantines plein les yeux

Adieu amère tristesse, je sais que tu seras là

 

Nada

31/12/10

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Extraits de l'oeuvre filmée de Jacques Epaud

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