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Rencontre  
 
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Bertrand Fillaudeau
Fabienne Raphoz

Bertrand Fillaudeau et Fabienne Raphoz en conversation avec Laurent Demanze

Ce cycle court de rencontres est organisé avec le concours de l’ENS et de l’Institut d’Histoire du Livre, lequel s'intéresse au livre imprimé, à ses formes et à ses contraintes, aux auteurs, aux éditeurs et aux lecteurs, et à tout ce qui fait la richesse de son histoire.

José CORTI, d’origine corse, a ouvert dès 1925 une librairie au 6, rue de Clichy à Paris. Il a commencé à éditer la plupart des auteurs surréalistes, ses amis : Breton, Éluard, Aragon, Char, Péret, Crevel, Dali. Il se fixe ensuite 11, rue Médicis où les éditions ont toujours leur siège. En 1938, il fait la connaissance de Julien Gracq qui, tout au long de sa vie n’aura pas d’autre éditeur (hormis La Pléiade). Pendant la Seconde Guerre mondiale, il édite des textes clandestins de Résistants. Ensuite, il publiera beaucoup de textes poétiques, parmi les plus hardis, des recherches critiques écrites par des universitaires novateurs (Georges Blin, Jean Rousset, Charles Mauron, Gilbert Durand) et rééditera des classiques méconnus du romantisme européen (Beckford, Blake, de Maistre, Walpole, Radcliffe).

Bertrand Fillaudeau, qui a travaillé avec lui de 1980 à 1984, a été chargé de prendre la suite. Tout en conservant l’esprit de la maison, il a élargi le catalogue à deux nouvelles collections : « Ibériques » où le Portugal de Torga, le Mexique de Cernuda, l’Argentine de Fernández côtoient les lumières de Jean de la Croix et l’écriture joycienne de Ríos (pour ne citer qu’eux) ; et « En lisant en écrivant » où poètes, romanciers ou essayistes de toutes latitudes partagent avec leurs lecteurs les relations passionnelles qu’ils ont eux-mêmes entretenues avec la lecture et l’écriture. Il a accueilli de nouveaux auteurs français – dont Christian Hubin, Éric Faye, Georges Picard, Claude Louis-Combet, Ghérasim Luca – et étrangers – dont Andreïev, Hesse, Jahnn, Dickinson, Szentkuthy – venus rejoindre Julien Gracq, Fourest, Hedayat, etc.

Fabienne Raphoz, co-responsable des éditions depuis 1997, a créé la collection « Merveilleux » qui, proche de la Collection romantique, navigue entre voyages imaginaires et utopies, contes littéraires et collectes populaires, mythes ancestraux et rêveries modernes (une quarantaine de titres à ce jour). Elle a accueilli de nouveaux auteurs français – dont Denis Grozdanovitch, Israël Eliraz, Jean-Luc Parant, Robert Davreu, Caroline Sagot Duvauroux, Robert Alexis, Tatiana Arfel ­–  et étrangers – dont Wallace Stevens, Cole Swensen, Marianne Moore, Jerome Rothenberg, Maria Zambrano). Elle a également édité deux anthologies commentées de contes populaires de traditions orales : Des belles et des Bêtes et L'Aile bleue des contes, l'oiseau.

Laurent Demanze est maître de conférences en littérature française du XXe siècle à l’ENS de Lyon. Ses travaux portent sur la littérature contemporaine, à laquelle il a consacré une trentaine d’articles et deux essais publiés chez Corti : Encres orphelines : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, en 2008, et Gérard Macé, l’invention de la mémoire, en 2009. 

Remerciements à Catherine Volpilhac et Laurent Demanze.


Dates
 
Le 20 janvier 2011 de 18:30 à 20:30  
Bibliothèque de la part-Dieu
Entrée libre  
Adultes   

Intervenant
 
Bertrand Fillaudeau

Partenaires
Institut d'Histoire du Livre
E.N.S.
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La poétique de l' espace

Cet ouvrage de Gaston Bachelard, publié en 1957, clôt le cycle qui commence avec "La psychanalyse du feu" et en même temps, en élargit l'horizon. Après avoir analysé les images poétiques nées de la méditation spontanée sur les quatre éléments, Bachelard en arrive à définir ici l'image poétique comme ayant un dynamisme propre, relevant d'une "ontologie directe"; l'étude objective qu'il a menée à bien à travers les cinq livres précédents doit être complétée par une étude de la "transsubjectivité", grâce à laquelle peut seulement s'expliquer le pouvoir de l'image sur d'autres âmes que celle de son créateur. Cette étude se doit d'être phénoménologique, c'est-à-dire de saisir le départ de l'image dans la conscience individuelle". La poésie apparaît bien en fait comme une "phénoménologie de l' âme"; l'image comme un "devenir  d'expression, un devenir de notre être", c'est ici l'expression qui "crée de l'être". Telle est la thèse que le philosophe s'apprête à soutenir dans ses ouvrages suivants -voir Poétique de la rêverie- , ici le domaine de l'enquête où elle s'applique est limité à ce que Bachelard appelle "l'espace heureux", c'est-à-dire l'espace possédé, défendu contre les forces adverses, l'espace aimé, et tout d'abord l'espace intime, l'espace refuge, la maison qui, à travers la rêverie et l'oeuvre des poètes, apparaît comme un véritable principe d'intégration psychologique du monde au moi, la maison avec ces lieux divers, divertissement valorisés: la chambre, la cave, le grenier. La maison c'est à la fois l'origine, la maison natale et l'avenir: la maison rêvée. Procédant du contenant aux contenus qui sont encore des contenants, Bachelard étudie ensuite les "maisons des choses", le tiroir, le coffre, l'armoire qui "portent en eux une sorte d' esthétique du caché". Deux chapitres consacrés au "Nid" et à "la coquille", ces deux "refuges du vertébré et de l' invertébré" analysent les rêveries humaines d'intimités imaginaires, aériennes, posées à la fourche des branches ou durement incrustées comme le mollusque dans la pierre qu'il secrète. Avec "les coins", il explore ces cachettes où l' enfant se blottit, se crée à lui-même sa petite maison au sein de la grande et il nous montre que les plus grands écrivains n'ont pas dédaigné ce thème. "La miniature" et "l'immensité intime" développent la dialectique du petit et du grand telle qu'elle apparaît dans la poésie et conduisent le philosophe à exposer de manière toute personnelle "la dialectique du dehors et du dedans", enfin, déduite des images des poètes, une "Phénoménologie du rond". Ici encore la subtilité toute en nuances de Bachelard, son attention extrême à la parole écrite l'amènent à découvrir, sous la surface des mots, des images, la résonnance qu'ils ont au plus profond de nous-mêmes et par là à mettre au jour les structures de notre inconscient.

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Poétique de la rêverie

Avec cet ouvrage publié en 1960, le philosophe français Gaston Bachelard (1884-1962), complète l'importante série d'études consacrées à l'imagination poétique, qui va de la "Psychanalyse du feu" à la "Poétique de l'espace". Cette fois, ce ne sont plus les objets de la rêverie, mais la rêverie elle-même dans son mécanisme, dans ses modalités, qui est en cause. C'est ici encore la méthode phénoménologique -école de naïveté", dit l'auteur -qui est utilisée, afin d'élucider le processus de la rêverie, que la psychanalyse, faisant porter tous ses efforts sur le rêve, a laissé de côté. Pourtant la rêverie "nous donne le monde d'une âme"; l'image poétique "porte témoignage d'une âme qui découvre son monde, le monde où elle voudrait vivre. Où elle est digne de vivre". Leur étude seule peut permettre d'édifier une "phénoménologie de l' âme".

L'ouvrage débute sur des considérations très personnelles, des rêveries sur la rêverie", divisées en deux parties: "Le rêveur de mots", qui fixe des "pensées vagabondes" sur le genre des mots et leur signification, à propos de la différenciation qu'établit le langage entre la rêverie (féminin) et le rêve (macsulin), "Animus"-"Anima", où le philosophe, reprenant la distinction établie par Jung entre ces deux principes dialectiques de la psychologie des profondeurs, montre qu'elle s'applique parfaitement à l'objet de son étude: "La rêverie est sous le signe de l' anima. Quand la rêverie est vraiment profonde, l'être qui vient rêver en nous c'est notre anima."

C'est vers l'enfance que nous ramène le plus souvent la rêverie, mais vers l'enfance rêvée, vers les "images animées" conservées dans un coin de la mémoire, car "l' enfance dure toute la vie". Le chapitre consacré aux "Rêveries vers l' enfance" constitue une "ébauche d'une métaphysique de l' inoubliable". Le plaisir qui naît de la rêverie est, contrairement à celui du rêve, un plaisir conscient, actuel. Le rêveur nocturne ne peut énoncer un "cogito", "le rêve de la nuit est un rêve sans rêveur, alors que le rêveur de rêverie garde assez de conscience pour se dire: "C'est moi qui rêve la rêverie". Lorsque celui qui s'abandonne à la rêverie s'est détaché du quotidien, du souci, il s'ouvre au monde et le monde s'ouvre à lui, il devient un "rêveur de monde". La rêverie aide à habiter le monde, à habiter le bonheur du monde.

S'appuyant sur des exemples puisés aux meilleures sources, chez les grands écrivains, chez les poètes, Bachelard mène à bien ici une véritable réhabilitation de la rêverie, qui est un retour à l'essentiel, une espèce d'hygiène de l' âme. Souplesse et rigueur de l'analyse, appliquées au presque inalalysable, font la valeur de ce livre, un des plus personnels, un des plus profonds qu'il ait écrits.

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journal de bord, vendredi 7 janvier 2011

Pluie d'un jour, pluie d'amour.

 

Temps plus doux que la veille, quand même. Ma factrice me l'a confirmé.

 

J'ai ... mon youkoulélé, chez moi. Je me l'étais promis. Le moins cher était à ... soixante euros (selon le vendeur, il était déjà de qualité). Allez, je pouvais aller jusque ... 200 euros, et j'ai pris celui à 165. Bien.

 

Paraît que le fonctionnement, la disposition des doigts, est celui (ou celle) de la guitare. La seule différence, c'est que, sur le youkoulélé, y a que quatre cordes (contre six à la guitare). Simple question d'habitude. On a juste retiré les deux cordes graves de la guitare. Bon : quand on a déjà les mécanismes de départ, je suppose que ça aide.

 

Grâce au vendeur de guitares ...

 

J'ai obtenu une autre adresse : rue d'Artois, pas loin du boul'vard du Midi et de la Place Annesseens.

 

Là, y a un spécialiste en ... accordéon. Ca me tente, aussi.

 

Arrivé sur place (après avoir quand même cherché) ...

 

On m'a dit que l'accordéon diatonique le moins cher se chiffrait à ... un peu plus de six cents euros. Evidemment. Bien sûr, on peut payer par parties mensuelles. Déjà ça. Mais ... tant qu'on n'est pas arrivé à l'échéance finale, on ne peut pas emporter l'instrument.

 

Et pendant ce temps, rue de la Gouttière ...

 

Geneviève étudiait probablement. Aux dernières nouvelles, elle a reçu mes voeux de Nouvel An et elle aurait aimé les dessins que j'avais inséré dans mon courrier.

 

Deux heures du matin.

 

Je n'arrive pas à trouver le sommeil.

 

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à l'Imaige Notre Dame, estaminet bien connu, pas loin de la Grand'Place, on retapisse

 

 

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DVORAK

 

 

 

DVORAK

 

 

 

 

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J’aimerais que l’on regarde mes toiles avec un esprit et un cœur ouverts.

 
Il est possible d’aller au-delà des frontières d’un simple regard, d’une ligne définie par ce que nous avons appris.

 

Il suffit de suivre l’élan de sa propre imagination. Il suffit de partir vers l’inconnu invoqué par la toile, se laisser guider et s’oublier dans des mouvements et des couleurs.

Il n’est pas possible de vous dire ce que vous devriez voir, c’est vous qui créez ce qui se trouve sur mes toiles ! Laissez-vous aller et rêvez d’un autre Univers !

Il sera le vôtre.

 

 

 

 

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Cobalt international gallery

 

présente

 

 

Dvorak

 

  

 

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Exposition visible du 23 janvier > 6 février 2011

Vernissage le 22 janvier 2011 à 18h

 

Ouverture de la gallerie

 

Le mercredi et le Vendredi de 16h à 19h

Le samedi et le dimanche de 13h à 18h

 

Cobalt International Gallery rue Vandernoot 23 b/2

1080 Bruxelles

 

www.cobaltinternationalgallery.com

 

fmselection@hotmail.com

 

http://cobaltgallery.skynetblogs.be

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un nouveau cycle

 

L'an deux- mille- onze commence.

On ne sait pas ce qu’il sera.

Un peu ce que l’on en fera.

Pousse ou non ce qu’on ensemence.

 

Douze nous est familier.

Il ne trouble pas l’harmonie.

Onze défie la symétrie.

Nous manque une rose oubliée.

 

Mais on accueille l’espérance,

Elle est présente au rendez-vous

Et fait prononcer des voeux doux,

Devant influencer la chance.

 

Nous vivrons un jour à la fois,

Sans pouvoir éviter le pire,

Pas plus que l’oubli dans le rire,

Libres de faire certains choix.

 

4 janvier 2011

 

Je souhaite, à tous, d'heureux choix et de très agréables moments.

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journal de bord, jeudi 6 janvier 2011

Heureusement que, vers minuit, quand on a soif, on peut encore sortir et entrer dans un bistrot. Même si l'endroit paraît select, que la serveuse est une fausse blonde et réserve sa gentillesse aux habitués.

 

J'ai réécouté, ce matin, la chanteuse Anaïs. "Mon coeur, mon amour", pour prendre l'exemple le plus représentatif. Ca balance bien. C'est dynamique. Réaliste. L'influence de Lynda Lemay (que j'adore) est manifeste. Je réécouterai. Juste un bémol, peut-être : toutes les chansons (superbes par elles-mêmes) semblent bâties sur un humour décapant (mettant clair'ment en scène ce qui se passe aujourd'hui), à un moment je sature, j'attends quand même une chanson avec de la tendresse à l'état pur (Lynda Lemay, dans son répertoire, n'en manque pas), du rythme, oui toujours du rythme, OK, et quand, final'ment, j'entends une chanson tendre (qui parle d'une mère avec son bébé), il y a encore de la récupération "dure" ensuite.

 

Enfin : le versement a été effectué sur mon compte bancaire. D'habitude, c'est déjà le 3 du mois. Mais bon : on aborde une nouvelle année, et ... le retard se justifie, sans doute.

 

Alerte à la dioxine, en Allemagne.

 

Je connais, comme beaucoup de gens, l'existence des alcooliques anonymes.

Depuis peu de temps ...

J'entends aussi parler, grâce à un film avec Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde, des ... "EMOTIFS ANONYMES". Chouette titre ! J'ai envie d'aller voir.

 

J'étais persuadé que le film "LES EMOTIFS ANONYMES" était une parodie (intelligente) des alcooliques anonymes ... sans plus.

Or ...

Ca existe aussi réell'ment. Paraît que 300 ou 500 personnes, en Belgique, participent à des réunions pour ... émotifs anonymes. Il existe, au total, sept groupes dans notre pays ... dont un, à Bruxelles, Place Dumon, pas loin de la station de métro Stockel.

Je suis allé voir de plus près. Sur le site www.emotifsanonymes.eu, renseigné dans le quotidien "LE METRO".

Un atelier d'étape, le premier mercredi du mois, à 19 heures 30. Une permanence, en apparence, tous les mardis, tous les jeudis soir.

Je le sens. Je ne tarderai pas à me manifester, là-bas.

 

Les Plaisirs d'Hiver, lors du Marché de Noël, à Bruxelles, ça a eu du succès.

 

Le ciel bleu se maintient.

 

Et j'ai poursuivi mon chemin de Compostelle, comme je l'avais prévu. Je suis retourné sur les lieux de la fin de la veille (Braine-le-Château, pilori), grâce au train, grâce au bus. J'ai poursuivi : direction Ittre. J'ai reconnu une boulangerie. Un pont, cinq cents mètres plus loin, ressemblait comme deux gouttes d'eau à un autre pont, sur un autre tronçon.

 

Je suis tombé nez à nez avec une balise (bleue, avec le coquillage, représentant les directions à prendre pour les pélerins de Compostelle) arrachée.

 

Maint'nant, en me posant des questions sur le sujet ...

 

Je me dis aussi que les pélerins qui, une fois par an (je pense), collent des balises aux endroits appropriés, disposent peut-être d'un nombre limité ... de balises. Et qu'en tenant compte de la superficie, de la longueur du terrain, ils doivent (peut-être) faire des choix, quant aux endroits où ils les mettent.

 

Sur la route, aussi : un arbre et une pancarte. Un espace menacé ... par des gens qui veulent sans doute ... construire. J'ai froid.

 

Ittre, à l'arrivée, ressemble, comme deux gouttes d'eau, dans son apparence extérieure, à ce qu'on y voit, lorsque le Festival du Théâtre (dont la dernière édition remonte à 2008) s'y déroule.

Mais quand on creuse ...

Pratiquement personne ne met le nez dehors. Les quatre ou cinq bistrots du village sont fermés (ou vendus ?). La boucherie est fermée. La boulangère vous vend ses pains, ses éclairs au chocolat, GSM à l'oreille, sourire fonctionnel, sourire commercial (et les clients tirent la gueule).

D'accord, je suis peut-être tombé un mauvais jour.

 

Et, sur le chemin du retour, quand le bus me dépose à Braine-l-Alleud, où je peux prendre ... trois trains par heure.

 

Comme je suis sentimental ...

 

Je retourne, comme la veille, dans un bistrot, situé sur un coin, et qui s'appelle ... "L'OASIS". L'endroit n'est pas grand, on y cause, on y gueule beaucoup. Le patron me donne l'impression de quelqu'un que j'ai du connaître, y a vingt ou trente ans.

J'aurais volonté app'lé ce lieu : "L'ENCLOS" (j'ai appris qu'un "alleud", ça voulait dire un enclos).

Un gars, au comptoir, me fixe, me fusille des yeux.

J'ai peur. Cinq minutes se passent.

Le gars, au comptoir, me fixe, me fusille à nouveau des yeux. Je m'y étais préparé. Je lui dis "bonjour". Il me répond, sans dureté, comme s'il baissait les armes.

A quoi ça tient, les rapports humains ?

Un autre gars, au comptoir, gueule, vocifère. J'ai l'impression de voir, d'entendre un de mes deux frères. Il cause du bourgmestre (pas en bien, loin s'en faut) et ... de plinthes.

Pendant ce temps, pour combler les vingt minutes d'attente (de mon prochain train), j'écris. J'ai pris des réserves dans mon sac à dos.

Et cet autre gars, en se retournant, en me regardant, me crie, le plus amicalement du monde : "Tu prépares un examen ?"

 

Ma douleur au pouce (de mon pied) diminue. C'est encore rouge, ça chatouille un peu, mais ... c'est tout.

 

J'ai bouclé "TOUT LE MONDE ME FAIT PEUR", roman de Luc Baba, bien écrit. Tragique.

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A M A N T S

 

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Ils marchent dans la ville auréolés de nacre
La splendeur de l'amour embrase leur regard
Ils marchent dans la foule On les regarde car
Le printemps en rayons d'or hurlant les consacre


On les regarde - Qui? – Les gens, l'immense et plate
Masse anonyme qui foule les idéaux
Les pavés de la rue craquent de fleurs et aux
Carrefours sous leurs pas en lourds bouquets éclatent


Ils vont indifférents vers le soleil nubile
De la tendresse quand le temps apprivoisé
Comme un fauve endormi se laisse caresser
Quand les aiguilles sont aux cadrans immobiles


Ils vont et leurs regards ne font aucun mystère
Des délices qui sont et qui seront les leurs
Au coeur des nuits de roc ils vont dans la chaleur
Infiniment plus près du ciel que de la terre


Les suivre doucement les caresser d'envie
C'est tout ce qu'il te reste infortuné passant
Et recueillir ce peu d'ombre bleue dans ton sang
Qu'ils te laissent ainsi qu'une perle de vie

 

( "POUSSIERE D'ÂME", éditions Chloé des Lys, 2009)

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POEME

 

POÈTE

 

 

au devant du Poète

venez,

laissez-vous prendre par le charme

par le cœur

par la sensibilité

acceptez sans pudeur cette douceur

ce merveilleux trouble

qui vous envahit

 

venez dans ces espaces rares 

sans lesquelles le poète ne sait

pas vivre

entrez dans l’irréel

l’imperceptible

dans l’impénétrable

on ne fait pas le poème avec des rêves

mais on le  rêve

venez dans ce rêve

approchez

 

ah 

 

votre cœur vacille

complice qu’il est peut-être

de ce que fût son rêve

 

 

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POEME Les coquelicots

 

t’en souviens-tu de ces coquelicots

qui nous rappelèrent ce fameux tableau

 

pour toi je fis un bouquet

rouge de désir

 

chauds étaient nos baisers

noir désir plein d’envie

sous l’œil noir

du coquelicot

 

t’en souviens-tu

 

ô ta bouche affamée

ô ton corps abandonné

sur l’arête du désir

 

nue dans les coquelicots

plus rouge encore

et l’œil plus noir

comme

un reproche

 

je t’ai prise

le ciel tira son voile

tu fermas les yeux

et dans un soupir

je t’entendis dire

 

ô encore

 

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POEME

NOIR OU GRIS


noir ou gris
tout est ruisselant
dehors et dedans

février rôde s’attarde
provoque défie le temps

dehors toujours il pleut
la vigne vierge se cramponne
au mur d’un ciel dégoulinant
même une reinette s’abrite
sous le nénuphar de la mare

dedans on chauffe
on éclaire l’horizon restreint
l’espace où l’équilibre vacille

l’incertain épie
un geste rêvé de lumière

 

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POEME

 

SYMBOLE

 

 

ce rai de lumière

sitôt l’averse

troue l’espace

du violet au rouge

c’est l’arc en ciel

 

l’alpha et l’oméga

le premier et le dernier

le commencement et la fin

 

sagesse multicolore des dieux

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Il s’agit d’une pièce en deux actes de Jean Giraudoux (1882-1944), représentée le 19 décembre 1945, publiée en 1946. Giraudoux délaisse ici les héros mythologiques. Bien que "La folle de Chaillot" ne soit pas une pièce sociale, elle ne s'en prend pas moins à notre société. Giraudoux l'attaque en poète: une comtesse qui est folle, misérable et bariolée sur toutes les coutures, aux yeux cernés de suie épaisse, possède pour toute demeure, une cave aux flancs de la colline de Chaillot. C'est là même qu'au mépris des hideux représentants du monde des affaires s'est réfugiée la poésie, autrement dit, la liberté de vivre.

Il va sans dire qu'un tel sujet eût pu aisément tomber dans la farce la plus grossière; grâce à Giraudoux, il en va tout autrement. Place de l'Alma, à la terrasse du café "Francis", le groupe des hommes d'affaires est réuni devant des portos: une président de conseils d'administration imaginaires, un baron homme de paille et aigrefin, un prospecteur fantaisiste, etc. L'assemblée cherche une raison sociale pour appâter les "gogos"; le prospecteur la trouve. La prospection est à la mode? On prospectera donc le sous-sol de la colline de Chaillot. Pendant que se trament les projets de l'"Union bancaire du sous-sol parisien", mendiants, bouquetières, chiffonniers, sourds-muets, chassés impitoyablement par les affairistes en question forment, derrière le groupe, la toile de fond symbolique de la misère. Alors que le prospecteur expose son plan, la Folle de Chaillot, Aurélie, la comtesse, paraît, habillée en grande dame 1890 dans une robe à traîne relevée avec une pince à linge de métal, et autres affûtiaux du même goût. Il est midi: le groupe des affairistes est au comble de l'impatience. Ils ont en effet envoyé pour cette heure un jeune homme, -qu'ils font "chanter" pour une histoire de chèque sans provision, -faire sauter la maison d'un ingénieur clairvoyant que les projets de l'"Union bancaire..." ont inquiété. Mais, au dernier moment, le gamin a préféré se jeter dans la Seine: le sauveteur du Pont de l'Alma, tout fier (il vient d'être nommé et c'est son premier noyé!), ramène le garçon à la terrasse de chez "Francis". La Folle de Chaillot entreprend de réconcilier le faux-noyé avec la vie: pourquoi lit-il donc les journeaux du jour "qui répandent le mensonge et le vulgaire"? La comtesse, elle, ne lit qu'un journal, et toujours le même numéro: le "Gaulois" du 7 octobre 1896! La vie? elle la trouve fort agréable. D'ailleurs, elle n'a pas le temps de s'ennuyer: tous les matins, reprise des jupons avec du fil rouge, repassage des plumes d'autruche, la correspondance (toujours la même lettre, toujours en retard, à écrire à sa grand'mère); puis la toilette, qui dure une heure: pensez donc, sans femme de chambre! Puis les bagues: "Ma topaze, si je vais à confesse. J'ai tort d'ailleurs. On ne peut imaginer les éclairs de la topaze dans le confessionnal!" Oui, la comtesse est heureuse. Cependant, de sa cave, mal informée par "Le Gaulois" de 1896, elle ignore la vraie situation: la foule va le lui apprendre. C'est l'invasion: "Le monde est plein de mecs, dit le chiffonnier. Ils mènent tout. Ils gâtent tout. Voyez les commerçants. Ils ne vous sourient plus. Ils n'ont d'attention que pour eux. Le boucher dépend du mec du veau, le garagiste du mec de l'essence, le fruitier du mec des légumes. On ne peut imaginer jusqu'où va le vice. Le légume et le poisson sont en cartes." La Folle de Chaillot n'aurait jamais cru cela! Mais alors, il faut agir, et d'abord contre ces membres de l'"Union bancaire" qui veulent prospecter la colline de Chaillot. Sur-le-champ Aurélie dicte au sourd-muet des lettres aux présidents de l'"Union" pour qu'ils viennent le soir même, chez elle, se rendre compte de l'existence du pétrole à Chaillot. Elle convoque immédiatement son état-major: la Folle de Passy, la Folle de Saint-Sulpice, la Folle de la Concorde.

Le deuxième acte s'ouvre (dans les sous-sol d'Aurélie; la pièce a été vidée par les huissiers qui n'ont laissé que le lit majestueux, royal, à baldaquin et à tentures) sur l'assemblée des Folles: Constance, la Folle de Passy, en robe blanche à volants, avec chapeau Marie-Antoinette, et qui parle sans arrêt avec un chien imaginaire, Dicky; Gabrielle, La Folle de Saint-Sulpice, faussement simple avec sa toque et son manchon 1880, Aurélie met ses amies au courant de la situation. L'assemblée n'hésite pas longtemps à prendre de graves décisions: elle s'érige en tribunal qui jugera les enrichis. Les accusés, bien entendu, sont absents. On les condamnera donc par contumace: le chiffonnier, d'ailleurs s'offre à plaider pour eux. Malgré la violence et l'entrain de sa défense, les Folles s'en vont, laissant à Aurélie toute liberté pour le châtiment des "gros". Ils veulent le sous-sol de Chaillot? Ils l'auront, pour toujours. La cave d'Aurélie ouvre en effet sur un précipice, où seront précipités profiteurs et technocrates. Ou, bien plutôt, leur avidité elle-même les précipitera. Les voilà tous qui arrivent, et envahissent la cave de la Folle, impatients de sentir le naphte: tous, "présidents de conseils d'administration", "prospecteurs des syndicats d' exploitation", "représentants du peuple affectés aux intérêts pétrolifères de la nation", "syndics de la presse publicitaire", femmes et maîtresses des uns et des autres, tous ils se disputent et se battent pour être des premiers à descendre dans le gouffre où la Folle va les enfermer. Tous se précipitent dans le trou comme les damnés dans l'Enfer. Ils ne reviendront plus. Le monde est délivré, sauvé par la Folie. Où sont les méchants? "Evaporés, Irma! Ils étaient méchants. Les méchants s'évaporent... Ils se croient éternels... Mais pas du tout! L' orgueil, la cupidité, l' égoïsme les chauffent à un tel degré de rouge que, s'ils passent sur un point où la terre recèle la bonté ou la pitié, ils s'évaporent".

L'accueil que fit la critique à "La folle de Chaillot" fut en général assez réservé. Ce n'était pas du meilleur Giraudoux. Un divertissement sans doute, mais qui n'a pas la légèreté d' "Intermezzo". Parfois, malgré l'extrême vivacité du dialogue, on éprouve l'impression d'entendre un prêche. Il reste cependant que le personnage d'Aurélie, la Folle de Chaillot, est une trouvaille théâtrale de premier ordre. C'est sans doute la pièce la plus pessimiste de Giraudoux: l'auteur paraît fort dégoûté de ses contemporains. Cependant, sa philosophie optimiste reprend le dessus au dénouement. L'accord avec la vie demeure toujours possible: la vie véritable, la liberté, la poésie, prospecteurs et technocrates, "mecs" de tout acabit ne les pourront étouffer, pas plus qu'ils n'ont pu transformer le visage de la colline de Chaillot.

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                                                                            Ville des morts

 

Dans la ville des morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver mon enfance première

Dans la ville des morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver la joie et la lumière.

 

Serais-Tu cette Force Obscure qui m'entraîne

A chanter à tous vents mon amour et ma peine ?

Aurais-Tu mis en moi ce gouffre de souffrance

Pour que je puisse, un jour, acclamer ta Puissance ?

 

J'avais jeté la Joie, perdu toute Espérance,

Je m'étais retrouvée vaincue par l'impuissance,

L'amour était bien mort, il ne restait que haines,

Je me sentais portée par des mains inhumaines.

 

J'avais fermé les yeux pour ne plus voir le ciel,

Son exquise douceur quand sourit le soleil

Le parfum d'une rose en l'automne expirant

N'éveillait en mon coeur que des rêves mouvants.

 

Les voix autour de moi me paraissaient blafardes

Et tous les yeux ternis par des larmes hagardes,

Des sourires figés sur des visages morts

M'éclaboussaient d'horreurs plus profondes encor.

 

Tout avait disparu dans un désert sans fin

Tout était devenu monstrueux, incertain,

Les hommes m'enfermaient en de noirs désespoirs

Et les jours qui passaient ne vivaient que le soir.

 

Mon äme s'égarait en de longs labyrinthes

Et le Froid Infini resserait son étreinte,

Mais vers Toi, j'ai levé mon regard pâlissant :

 Aurais-Tu entendu son appel oppressant ?

 

Serais-tu cette Force Obscure qui m'entraïne

A chanter à tous vents mon amour et ma peine

Aurais-Tu mis en moi ce gouffre de souffrance

Pour que je puisse un jour acclamer Ta Puissance ?

 

        Dans la Ville des Morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver la Joie et la Lumière

Dans la Ville des Morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver MON ENFANCE PREMIERE.

 

Ce poème a été écrit le 16 octobre 1969

 

E.L. Quivron-Delmeira  (Extrait du recueil  iNTEGRALES)  1983

 

 

 

 

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