Arts et Lettres

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Ville des morts (Extrait du recueil "Intégrales"

 

 

 

                                                                            Ville des morts

 

Dans la ville des morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver mon enfance première

Dans la ville des morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver la joie et la lumière.

 

Serais-Tu cette Force Obscure qui m'entraîne

A chanter à tous vents mon amour et ma peine ?

Aurais-Tu mis en moi ce gouffre de souffrance

Pour que je puisse, un jour, acclamer ta Puissance ?

 

J'avais jeté la Joie, perdu toute Espérance,

Je m'étais retrouvée vaincue par l'impuissance,

L'amour était bien mort, il ne restait que haines,

Je me sentais portée par des mains inhumaines.

 

J'avais fermé les yeux pour ne plus voir le ciel,

Son exquise douceur quand sourit le soleil

Le parfum d'une rose en l'automne expirant

N'éveillait en mon coeur que des rêves mouvants.

 

Les voix autour de moi me paraissaient blafardes

Et tous les yeux ternis par des larmes hagardes,

Des sourires figés sur des visages morts

M'éclaboussaient d'horreurs plus profondes encor.

 

Tout avait disparu dans un désert sans fin

Tout était devenu monstrueux, incertain,

Les hommes m'enfermaient en de noirs désespoirs

Et les jours qui passaient ne vivaient que le soir.

 

Mon äme s'égarait en de longs labyrinthes

Et le Froid Infini resserait son étreinte,

Mais vers Toi, j'ai levé mon regard pâlissant :

 Aurais-Tu entendu son appel oppressant ?

 

Serais-tu cette Force Obscure qui m'entraïne

A chanter à tous vents mon amour et ma peine

Aurais-Tu mis en moi ce gouffre de souffrance

Pour que je puisse un jour acclamer Ta Puissance ?

 

        Dans la Ville des Morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver la Joie et la Lumière

Dans la Ville des Morts où tout est bruit et cris

Je n'ai pu retrouver MON ENFANCE PREMIERE.

 

Ce poème a été écrit le 16 octobre 1969

 

E.L. Quivron-Delmeira  (Extrait du recueil  iNTEGRALES)  1983

 

 

 

 

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Commentaire de Quivron Rolande le 2 février 2011 à 18:00

Bonsoir Cher Abdeslem, Merci infiniment pour tes  commentaires subtils et tellement vrais concernant ce poème.

Tu creuses au plus profond et, étrangement, tu parviens à animer et déceler la Source Profonde d'où ce texte a jailli. Il y a sans doute imagination comme tu le dis, mais, aussi, une part de vécu, car cette ville, ces villes ont été parcourues avec leurs cris, leurs bruits discordants et leurs fureurs. Une longue traque emplie de pièges et de noirs sortilèges.

Souffrance, nostalgie manque  des vastes étendues, du calme, des ciels immenses de nos campagnes et d'autres pays parcourus. Traumatisme profond.de l'âme à la dérive.

Lumière de l'enfance, Joie, qu'en restait-il ? Et pourtant, les villes ont des trésors cachés que, petit à petit, il nous arrive de découvrir. Mais c'est un long voyage plein d'aspérités à l'image de la vie et de l'exil qui est le nôtre ici-bas, en attendant de retrouver "Notre enfance première".

Bonne soirée à toi et à tous ceux que tu aimes. Amitiés Rolande.

Sur mon blogue, un autre texte "Je voudrais rentrer chez moi". Je m'y attelle, après ceci.

Commentaire de Abdeslem Sbibi le 2 février 2011 à 17:16

Par la force des mots se sculptent les formes...

un texte fort par sa fluidité, par un grand talent en imagination, et par une grande liberté d'expression ! On sent que les mots coulent comme une eau pure qui jaillit directement de l'âme, et sans aucun support intermédiaire..!

Ce très beau poème est certainement un cri, mais en plus il est une sorte d'imploration tristement exprimée...un espoir plein de mélancolie...un désir plein de souffrance...et des questions simples mais avec beaucoup de repenses..! Le choix est immense..! La vie aussi..!

Ce poème est un appel profond au changement des sens, des convictions et des tendances..! C'est un appel à l'état de transcendance...d'un grand voyage vers la lumière...vers l'autre partie du soi...vers l'autre moi tout simplement...ce moi qui vit dans la liberté de toute contrainte, de toute faiblesse, et de toute obscurité..!

Dans ce magique poème, l'âme veut se libérer de son poids pour pouvoir faire son voyage vers la beauté sublime, et vers le charme éternel..!

Un très beau poème ! J'aime vraiment.

Merci chère Rolande pour ce magique voyage.

Commentaire de Pascale Eyben le 13 janvier 2011 à 14:43

Merci Rolande, pour tes mots chaleureux!

Merci aussi de penser à ceux qui sont inondés, aussi bien d'eau que de difficultés...je reconnais bien là ton profond humanisme, et ton sens de l'autre, toi qui rêvais de Beauté et d'Amour.

Cette lueur de Beauté dont tu évoques le souvenir, par cette personne de lLourdes, me touche beaucoup, j'y vois ton âme si sensible et aimante. Un beau cadeau, au plus profond du malheur!

Même dans le noir, un jour survient une petite lueur de Vie, d'Espoir, de Renaissance, d'Amour et de Lumière...

Merci encore pour ton amitié et tes mots partagés.

Je t'embrasse,

Pascale

Commentaire de Quivron Rolande le 13 janvier 2011 à 14:00

Bionjour Chère Pascale et merci pour tes commentaires qui creusent le texte dans ce qu'il y a de plus douloureux et de désespéré. Ce poème m'a traversée comme un cri et ton extrême sensibilité a saisi ce cri. Tu as trouvé les mots pour le dire.

 

Merci aussi pour la délicatesse de tes analyses et de m'avoir envoyé cette musique dont je ma réserve la surprise afin d'illuminer la grisaille de ce jour. Avec le souhait que tous ceux qui, en ce moment, souffrent des inondations dans notre pays, rencontrent, autour d'eux, aide, compréhension et soutien dans l'épreuve qu'ils traversent. 

Je suis également touchée d'être ton amie : cela me console de trop de laideurs, pas toujours physiques, cotoyées alors que mon âme ne rêvait que d'Amour et de Beauté.

Etrangement, cette Beauté, je l'ai rencontrée dans les yeux d'une estropiée à Lourdes : elle n'avait plus de visage, sans doute avait-elle été victime d'un terrible accident. Mais il lui restait dans le regard une lumière qui n'était pas de ce Monde. Comme une musique des sphères.

 

A toi douce fin de journée et pleine Lumière dans ta vie. Rolande

 

Commentaire de Pascale Eyben le 13 janvier 2011 à 13:19

Je voudrais ajouter ceci: je suis fière d'être ton amie et heureuse de te connaître et je te souhaite une très douce et paisible journée, Chère Rolande!

Mes amitiés,

Pascale

Commentaire de Pascale Eyben le 13 janvier 2011 à 13:16

"Incantatoire, douloureux, lancinant..." comme le dit Chris, c'est un cri, un appel, des questions, un mystère, une souffrance qui cherche à vivre, avec ce poids et ses interrogations...

Je n'ai pas de mots pour exprimer ce que je ressens, tes mots vont au-delà du compréhensible, les mots du poète effleurent la vie, comme pour apprivoiser ce qui a été vécu, et les mots tentent de dire...avec force et courage, ce qui paraît impossible à dire.

Un appel, une tourmente, l'enfance égarée...

Merci Rolande, pour ton poème qui va bien au-delà de ce que tu évoques de terrible, et qui laisse pantois...qui laisse sans voix.

 

Commentaire de Quivron Rolande le 7 janvier 2011 à 12:42

Chère Jacqueline merci

Merci d'avoir saisi ce cri de souffrance, enlisée que j'étais à cette époque dans un quotidien dur, impitoyable, bref, sans amour. D'autant plus palpable car, l'année précédente, j'avais vécu une expérience d'Etat proche de la mort qui m'avait fait connaître l'Amour Pur et Inconditionnel. Que l'on ne peut qu'approcher sur cette Terre. Assaillie, aussi par une foule d'interrogations et l'obligation de ne pouvoir me confier à quiconque sous peine de passer pour ..... folle.Actuellement,enfin, l'on prend en compte les récits des "experienceurs" et, en France, deux hôpitaux réputés La Timone à Marseille et l'Höpital de Sarlat ont ouvert "des unités de recherche qui pourraient remettre en cause certaines de nos croyances, comme la localisation de la conscience dans notre cerveau." Cadenassée dans le silence, j'ai néanmoins eu la chance immense d'avoir pu m'exprimer à travers la poésie. Tous n'ont pas eu ce privilège et se sont retrouvée en asile.

Je ne regrette en rien ce parcours difficile et semé d'embûches  mon regard intérieur s'est descillé et j'espère semer encore longtemps les fruits de ce qu'il m'a été donné d'entrevoir. 

Bonne fin de journée et amitiés. Rolande

Commentaire de Gilbert Jacqueline le 7 janvier 2011 à 10:44

Cette souffrance qu'on semble pouvoir toucher du bout des doigts tellement  elle est exprimée comme un cri!

Comme vous me connaissez un peu maintenant vous devez savoir à quel point je la comprends!

C'est très très beau et il n'y a rien à dire après cela

Très amicalement

Jacqueline.

Commentaire de Quivron Rolande le 6 janvier 2011 à 13:08

Bonjour Chrisn

 

Merci pour ton commentaire, c'est bien ce qu'il en était lorsqu'il m'a traversée. Evidemment, il y aurait beaucoup à redire à propos de la forme qui n'est pas "parfaite".. Mais je pense qu'il faut savoir aller au-delà des formes passées et les revisiter à l'aune de nos propres  immersions dans le siècle qui est le nôtre. 

Pour peaufiner, il faut aussi du temps ... après les vers donnés. Les femmes ne sont pas vraiment gâtées à ce niveau : entre ménage, enfants, travail et j'en passe, il y a de quoi se perdre.

Bonne journée à toi.

 

 

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