
Notre maison porte un toit,
pour voir, elle a des fenêtres,
une bouche pour vous manger
et un nez pour la fumée.

Notre maison porte un toit,
pour voir, elle a des fenêtres,
une bouche pour vous manger
et un nez pour la fumée.

:Pour
| Pour me désennuyer ou pour me rendre heureuse, Souvent, quand mon humeur se faisait langoureuse, J'appelais à mon aide la muse des couleurs Et je m'abandonnais à errer en douceur. À mon ravissement, la magie, chaque fois, Me plongeait, à la fin en un suave émoi. Des bois mystérieux abritant tout un monde, Des fontaines rieuses ou des grottes profondes. Je restais en arrêt, scrutant contemplative, Des esprits, s'exposant à la lumière vive, Qui semblaient me fixer avec intensité Et dont je découvrais l'imposante beauté. Créés par des couleurs ces étranges poèmes, Me comblaient de fierté, d'allégresse suprême. Encadrés, suspendus, ils m'intriguent toujours, Quand je les redécouvre au hasard de mes jours. 25 mai 2005 |
Le prochain livre de Nathalie Gassel paraîtra en Septembre 2011 et sera présenté à l'initiative de Arts et Lettres. Il s'intitule:
ARDEUR ET VACUITÉ
Editions: LE SOMNAMBULE ÉQUIVOQUE Collection Fulgurances
Nathalie Gassel s’était fait connaître en célébrant la puissance du genre féminin à travers les inclassables Éros Androgyne et Musculatures. Depuis lors, toujours sensible au culte du muscle et à la force sexuelle, elle ne cesse d’investiguer d’autres thématiques comme la dépression (Abattement) ou l’image (Récit Plastique). Des thèmes qui lui sont proches. Dans sa vie quotidienne, l’auteure manie en effet porte-plume, haltères et appareils de photographie argentique.
Bruxelles, New York, Bruxelles. La narratrice tente de se fuir et de se distraire de la disparition de sa mère. Elle rencontrera un homme qu’elle tentera d’explorer. Grâce à une écriture entre pensée et chair, la trame de cette autofiction porte un regard pénétrant et parfois nostalgique sur des circonstances, des émotions, des êtres. Nathalie Gassel scrute le vif se trouvant aux frontières du tragique.
Nathalie Gassel, ancienne adepte de Muay thaï (boxe thaïlandaise), est une écrivaine et photographe belge, née à Bruxelles le 19 juin 1964. Elle est la fille d'un ethnologue, Ita Gassel et d'une plasticienne, Mariette Salbeth. Nathalie Gassel participe à l'ouvrage Picturing the Modern Amazon édité par le New Museum of Contemporary Art de New York en 1999 en tant qu'écrivain et athlète et à diverses reprise à la revue de l'Université de Bruxelles. Elle est d'abord publiée en Belgique et à Paris, et ensuite traduite en plusieurs langues latines. Elle a écrit sur l'Eros et le corps sportif ainsi que sur la dépression. "D’une écriture aussi travaillée que son corps d’athlète, Nathalie Gassel s’est attachée, avec Éros androgyne et Musculatures, à célébrer la chair et en affirmer la puissance. Jusqu’à l’écriture décisive des Années d’insignifiance, où elle sonde le contexte transgressif et déchiré de son enfance, elle ne cesse d’affirmer le faisceau de ses diverses radicalités. Récit plastique confirme cet univers singulier en explorant aussi sa dimension photographique."
« Dans une prose volontiers classique, que des tensions quasi nerveuses font constamment vibrer jusqu’à l’intensité », selon le philosophe Frank Pierobon, « Récit plastique fait dialoguer des textes et des photographies. Ce corps à corps, entre écrits et images, oscille entre instincts de vie et de mort, pour aboutir à une réflexion marbrée d’abstractions1. »
Notes:
Interview de Pierre Mertens sur un ouvrage de athalie Gassel "Stratégie d'une Passion"(Document RTBF1):
Bibliographie:
Livres
Eros androgyne, Éd. de L’Acanthe, 2000 ; réédition Le Cercle poche, 2001, préface de Pierre Bourgeade
Musculatures, Les Éditions Le Cercle, Paris, 2001 ; réédition, Le Cercle poche, 2005, préface de Sarane Alexandrian
Stratégie d'une passion, Éd. Luce Wilquin, 2004
Construction d'un corps pornographique, Les Éditions Cercle d'Art, Paris, 2005
Des années d'insignifiance, Éd. Luce Wilquin, 2006
Récit plastique, textes et photographies, Éd. Le somnambule équivoque, 2008
Abattement, Éd. Maelström Revolution, septembre 2009
Ardeur et vacuité, Ed. Le somnambule équivoque, 2011
Revues et collectifs
Picturing the modern amazon Newmuseumbooks, Rizzoli International Publications, New York. 1999.
Le Labyrinthe des apparences Ed. Complexe. 2000. Université de Bruxelles.
Je t’aime. Question d’époque Ed. Complexe. 2002. Université de Bruxelles.
Argent, valeurs et valeur Ed. Complexe. 2004. Université de Bruxelles.
L'obscénité des sentiments, Ed. Le Cercle d'Art & Université de Bruxelles, 2005.
Théorie et pratique de la création, Les Cahiers internationaux du symbolisme. 2005
La visite est terminée, photographie et texte, Ed. La Trame, Bruxelles, 2006
Marginales, n° 262, Sous les clichés la rage, photographie, 2006 Ed. Luce Wilquin, Belgique
Action Poétique, n° 185 , Belges et Belges, septembre 2006, Paris.
Mode, photographie et texte, ed. Le Cercle d'art & Université de Bruxelles, Paris, 2008
Quelques livres de Nathalie Gassel:
Eros androgyne est une odyssée intérieure. Celle d'une jeune femme athlétique. Qui dissèque sa libido. Qui sublime le corps lubrique et animal. Qui s'émerveille devant la chair aimée. Pour que l'insatisfaction devienne poésie.
"Si l'érotisme est bien notre relation à nous-même dans une situation donnée, des écrits dans le secret de quelqu'un et dans le secret d'une époque, alors Eros androgyne est un livre unique. Un éclair, un texte éblouissant, où l'indicible à pu se dire." Pierre Bourgeade
"Nathalie Gassel est dans la joie d'excéder les limites. C'est de la pornographie transcendante! Un des livres les fascinant de l'an 2000." Sarane Alexandrian
"NATHALIE GASSEL est à la fois adepte du bodybuilding, championne de boxe thaïlandaise et poète. Poète des plus rares, faut-il ajouter, en se souvenant seulement qu'au seuil de ce siècle, la poésie - plus exactement l'alliance poétique de certains mots, de certaines images - n 'est pas forcément celle d'hier. La prose de Nathalie Gassel est charnelle dans les deux sens du terme. Elle parle des corps, et elle a, elle-même, la provocation, l'attirance, la nudité du corps...On n 'est donc pas ici, on l'aura deviné, dans un texte de tout repos. On ressent, au contraire, l'impression de quelque chose d'inlassable, d'" incomblable ", Si j'ose dire, à lire ces pages, parfois reservées, parfois de folie, où la hantise de l'autre se donne.
Musculatures est le manifeste d'un désir autre et fulgurant.
Nathalie Gassel nous fait partager les oscillations baroques et obsessionnelles d'une athlète de l'apparence, que seule une quête perpétuelle anime : son corps et le corps de l'Autre. Son corps? Tantôt errant, tantôt avide, chasseur ou tueur, obnubilé par l'effort physique, l'exaltation de la puissance et la volonté de pouvoir, il est un corps nimbé de lumière et offert à la louange.
Elle réinvente l'écriture de la prégnance du corps.
"Cette suite de fragments autobiographiques est un traité du pouvoir sexuel. Que peut-on faire de son corps, ou avec son corps, ou même contre son corps, quand on a un sexe de femme ou un sexe d'homme, dont on veut se servir souverainement? Le pouvoir sexuel féminin est-il préférable au pouvoir sexuel mâle? Ou Si c'est l'inverse, existe-t-il un pouvoir sexuel intégral, qu'exercerait un individu capable de se conduire à la fois en homme et en femme dans sa vie amoureuse, pour se constituer un trésor de jouissances ambiguës? Toutes les conventions de la littérature du sexe sont mises à mal par ses actions réfléchies. La drague d'une femme dans les rues d'une ville n'a jamais été relatée d'une manière aussi saisissante qu'en ces pages où on la voit, telle une bête de proie à un' appétit insatiable, mue par des obsessions irrésistibles, faire sur ses victimes des bonds calculés.
Si j'écrivais à présent mon Histoire de la littérature érotique, j'y mettrais Nathalie Gassel à la même hauteur que Henry Miller dans Crucifixion en rose et que le surréaliste mystique Charles Duits, qui voulut fonder une " Eroscience " en deux romans violemment pornographiques. La pornographie transcendante est une exigence de l'esprit d'aujourd'hui et de la littérature de demain qui a trouvé en Nathalie Gassel une interprète fulgurante et magistrale."
Sarane Alexandrian Edition Le Cercle, 2001
Réédition Le Cercle Poche, 2004
"Le sentiment donc. Mais déplacé, emporté là où, d'ordinaire, il n'est pas convoqué. Où on ne l'attends plus."
"Respect inespéré du corps.Barbarerie sans péché.Liturgie de la violente rencontre des corps.Ascèse inattendue et la plus "naturelle".Pathos de sa seule apparence.
Bonheur remonté des enfers.Il faut imaginer un Narcisse fol de son corps herculéen.."
Pierre Mertens
Stratégie d' une passion est une histoire d'amour qui place la relation de puissance au sein de la passion. A l’encontre de préjugés qui diraient que l’on ne peut dans cette posture aimer, le sentiment est pur et fort, présent dans la chair, il en admet le culte de part en part. On est dans une singularité intimidante, pourtant, nous sommes tous concernés par ces volitions. La modernité figure aussi dans le fait que la femme, dans cette fiction épistolaire, a un corps d’athlète et est amoureuse de la faiblesse de son partenaire, tandis que lui, vénère ses muscles imposants. Il y a comme dans les tragédies, une forme de tourment, qui placerait la tension vers les volontés d’une toute puissance, foudroyée parce qu’encore trop humaine. Les sentiments sont pensés et des voies construites. On est ici dans une double écriture du corps et de l’esprit, de la matière et de ce qui sans cesse la déborde et l’entache. On peut penser à un titre antagoniste, Stratégie d'une passion, dans la passion, on imagine l'emportement, mais il y a toujours en dernière analyse, de la stratégie. L'écriture y est vigoureuse et se réfère à un sport qui affermit le plaisir, un des thèmes omniprésents de la narratrice, qui écrit aussi ses lettres comme un traité de vie.Que devient une relation amoureuse lorsqu’on inverse les rôles anciens et que la femme s’avère plus performante et puissante, plus musclée que l’homme ? C’est un des thèmes de ce livre, un enjeu actuel autour des rôles sexuels. L’écriture interroge nos préjugés. C’est aussi un livre de la passion déclinée autour de trois objets : un homme, le travail de l’écriture et celui du sport.
L’antagonisme du titre : qui dit amour passionné ne dit pas seulement emportement et vérité mais aussi stratégie. Comment se présente-t-on à l’autre quand on veut lui " vendre " son image et le maintenir " à nous " malgré la distance, dans une relative dépendance et sous l’emprise d’un pouvoir qui voudrait ne jamais se dérober. Les mails servent à communiquer le désir à l’amant, à entretenir la passion de part en part, à échanger pour que perdure le sens de l’amour.
Février 2004. Editions Luce Wilquin.
Construction d'un corps pornographique
Editions Le Cercle d'art
& Université de Bruxelles
Paris-Bruxelles, 2005
Construction d'un corps pornographique est un éloge, une réflexion, une poétique du corps réapproprié sous le mode de sa performance, au-delà du genre.Un chemin de sueur lumineuse, une pratique jubilatoire de la musculation à travers encre et acier. Une réflexion et une poétique qui passe de la chair au texte, du muscle à la pensée ; sensations, conceptions et images. Le regard porté est aussi visuel, photographique, en fin de livre, Poétique du corps sportif : portfolio de 8 photographies par l'auteur.
"En écrivant ce livre, j'ai poursuivi plusieurs buts : communiquer, voire même consigner dans une mémoire écrite, la sensualité d'une femme athlétique - culturiste et boxeuse - dans sa rigueur et sa vigilance, dans sa volonté de se forger une matière charnelle puissante avec volupté, ce qui peut sembler paradoxal.
D'un même bond, j'ai souhaité bousculer un très vieux tabou, l'ancestrale interdiction du pouvoir aux femmes. Dans notre enfance, dans notre éducation, le pouvoir, l'ambition nous ont été interdits. Il a fallut transgresser pour avancer.
J'ai également souhaité aborder ce phénomène nouveau sur lequel on n'a pratiquement pas écrit: de femmes sportives qui dépassent par leurs exploits la majorité des hommes.
J'ai désiré rester proche de l'expérience vécue : ce livre témoigne de ma propre vie. Et par ce biais, des relations du corps aux textes, des haltères quotidiennement levées, à la poésie. Là où l'exigence de l'écriture croise l'engouement engorgé du sang dans les muscles. J'aimais donner à sentir ces différents états passionnés d'un travail d'artiste où créer, c'est s'octroyer de nouvelles libertés de transgresser pour vivre. Boxer pour se frayer des chemins où penser et agir se font en se réappropriant un corps et une parole.
Il fallait aussi travailler l'écriture de façon à lui donner une texture presque physique, ouvrage que j'ai pu compléter en concluant par une note visuelle, un portfolio de photographies de corps, poétiquement annotées. J'espère que ce livre insolite vous interpellera, que vous en serez curieux."
Nathalie Gassel
Des années d'insignifiance
Ed. Luce Wilquin, septembre 2006
Ce livre difficile à soutenir dans ses implications émotionnelles, je l’ai écrit pour rendre compte de l’enfer que peut être l’enfance, quand nous nous y retrouvons insignifiant. Il se peut que nous devions surtout désapprendre le contenu de nos premières années de vie, et donc y revenir, afin d’appréhender ce qui nous y a été inculqué.
Comme si mes textes passaient par là : avoir à affronter dans un grand inconfort, des vérités que l’instinct de conservation pousserait à enfuir pour paraître lisse au regard de la société, des autres mais que l’instinct de l’artiste, qui semble répondre à d’autres critères et exigences, veut penser et vivre, non par pure volition mais parce qu’il s’en nourrit malgré lui, pour atteindre des sphères d’authenticité - toujours transgressives au regard de l’origine - ou d’un contexte donné.
"Naître d’insignifiance ou n'être pas "
Nathalie Gassel est un écrivain. Ses livres, qui ont marqué, tels Eros androgyne, Stratégie d’une passion, Construction d’un corps pornographique, constituent ou plutôt construisent une œuvre comme le double immatériel d’un corps qu’elle veut puissant, structuré, affirmé, insistant. Cette double entreprise d’écriture et de structuration charnelles vibre d’un chiffre secret qu’elle livre enfin, dans ces Années d’insignifiance, son dernier livre qui paraît chez Luce Wilquin et qui fonctionne comme une origine qui ne pouvait jamais venir qu’en après-coup. Ce serait vraiment peu en dire que d’énoncer qu’il s’agit, avec ces années-là, de l’inexistence subie d’une enfant à laquelle on ne laisse aucune place ; c’est cette inexistence-là, cette insignifiance-là qui éclairent d’un jour mélancolique l’existence et la signifiance que Nathalie Gassel tente de reconquérir, ligne après ligne, livre après livre, conjuguant d’une manière qui me convainc l’être de chair et l’être au monde dans leurs difficultés recroisées.
A travers ce récit, tissé d’une main sûre, avec des fils sombres et son motif d’ironie parfois souriante, parfois amère, Nathalie Gassel explore cet objet insolite qu’est, à ses propres yeux, cette insignifiance de jadis dont il a bien fallu renaître, vaille que vaille. Emerge la figure pathétique d’un père qui n’arrive plus à tenir, dans la vie ou dans l'écriture, un père de désamour mais dont elle cite plusieurs œuvres magnifiques. Une note suraigüe, une harmonique, sonne soudain sous l’archet de cette auteure accomplie, bouleversante sans rien perdre de la tranquillité d’un destin qui avance à reculons : et, dans un silence de plomb, un destin d’écriture se renoue, du père sans fille à la fille sans père, un destin qui fait être autant qu’il fait écrire.
J’ai beaucoup aimé ce livre."
Frank Pierobon *
Récit plastique, de Nathalie Gassel, Ed. Le somnambule équivoque
Postface de Frank Pieobon
«Dans une prose volontiers classique, que des tensions quasi nerveuses font constamment vibrer jusqu’à l’intensité », selon le philosophe Frank Pierobon, Récit plastique fait dialoguer des textes et des photographies. Ce corps à corps, entre écrits et images, oscille entre instincts de vie et de mort, pour aboutir à une réflexion marbrée d’abstractions.
D’une écriture aussi travaillée que son corps d’athlète, Nathalie Gassel s’était attachée, avec Éros androgyne et Musculatures, à célébrer la chair et en affirmer la puissance. Jusqu’à l’écriture décisive des Années d’insignifiance, où elle sonde le contexte transgressif et déchiré de son enfance, elle ne cesse d’affirmer le faisceau de ses diverses radicalités. Récit plastique confirme cet univers singulier en explorant aussi sa dimension photographique.
| Interview "Récit plastique" (Document "le somnambule équivoqu" |
Votre texte rend compte de la construction d’une identité qui ne soit pas imposée par la société. Quel rôle joue l’écriture dans la construction de ce second moi ? L’écriture est introspection et construction. J’analyse des structures, mais on ne peut le faire sans en même temps se positionner autrement, ce qui m’était nécessaire. En ce sens, l’écriture est pour moi un point de survivance. Un lieu. Où faire en sorte qu’une adéquation, une recherche et une augmentation de liberté viennent naître. En se pensant, en se disant. C’est l’expression qui fait advenir à ce que l’on est déjà. Qui éclaircit et crée. Et qui soulage de la différence, de la disjonction face à un monde de coutumes qui semble hostile à ce qui sort de normes. En l’occurrence physiques, voire sexuelles. La transgression est nécessaire pour légitimer d’autres façons de rencontrer le monde, de voir ou d’accomplir. Ce pouvoir transgressif de l’écriture est lié au corps. Quelle signification donner à cette imbrication du corps et de l’écriture ? J’ai une pratique sportive dont mon écriture a voulu rendre compte. Mon corps m’a posé un problème, il a fallu que je le travaille. L’action sportive acquise comme pratique, il était intéressant d’en donner une transposition textuelle, qu’une contagion opère : l’écriture n’est pas neutre, elle est incarnée dans des expériences, elle se nourrit d’une énergie vécue. En l’occurrence, il s’agit pour moi de casser les structures existantes du féminin et du masculin, je les trouvais factices, et pour tout dire, invivables. La société va enfin dans cette direction, quel soulagement. Il fallait redonner du nerf, du muscle au féminin étouffé par des siècles de soumission. L’expression performante du corps athlétique est une liberté de plus. Mais il ne faut pas oublier que toute performance est éphémère et que la réalité nous impose cette confrontation au temps qui corrompt la chair. C’est l’aspect dramatique de l’expérience vécue, celle qui nous rattache autant à la mort qu’à la vie, à la fragilité qu’à la volonté et qui nous situe entre la vulnérabilité et l’effort de dépassement, qui en bout de chemin s’avère perdant. Nous sommes aussi face à l’abîme. Vous dites qu’avec un corps athlétique, il s’agissait de casser les structures existantes du féminin et du masculin. Ainsi, le corps comme l’écriture font partie du même combat. Ils permettent de se libérer des carcans, de dépasser les catégories et de renverser les images imposées. Tous deux sont mus par une énergie transgressive. C’est jouer d’autres cartes culturelles. Mélanger, brouiller, disposer. Transgresser, c’est porter une vue naissante, reconsidérer. Renverser les codes pour sculpter un champ actuel. L’écriture du moi apparaît comme un choix politique en témoignant de la place que vous voulez occuper et de l’ordre que vous voulez bouleverser. L’autofiction était pour moi plus claire, dans un sens presque scientifique de témoignage, re - présentation, expression. C’est bien sûr aussi à un niveau plus intime, l’existence. Sa revendication. Et toutes les complexifications de ces dualités : je suis, mais vous pouvez aussi être en moi ou avec moi. Et réciproquement. Il y a interférence car nous partageons une actualité du monde et un devenir de l’espèce. Mixer des genres, sortir de ce qui est inutilement défini pour approcher autrement. Comme mélanger images, textes et légendes dans un souci d’élargissement. J’ai aussi communiqué sur une nouvelle idée de la femme, libérée des fardeaux ancestraux, et sur de nouvelles identifications de genres probablement apportées par la science : procréation libre, et corps dans un moindre asservissement aux lois naturelles. Un gain de choix, un parcours plus affranchi dans des formes de sexualités et de présentations. Cette expression de soi passe aussi par la médiation du regard d’autrui. Comment expliquer ce besoin de s’exposer ? Nous ne sommes pas sans autrui : la solitude nous tue. Nous vivons dans un monde où beaucoup de gens en souffrent. En ce qui me concerne, bien sûr, le singulier est une force et une faiblesse. Il ne rassemble pas, il ne rend pas uni à une masse, mais il attire l’attention, enfin, il le peut, et c’est une démarche de survie. Il y a un vide humain à combler, et c’est très commun, l’importance qu’on nous accorde dilue la puissance destructive de l’étrangeté, elle lui donne une contrepartie positive. J’ai certes une allergie à l’uniformisation. Il y a aussi la nécessité d’affirmer le moi contre la masse et dans la masse, car nous n’échappons pas à une société où il faut compter, où il y a un lent et lourd parcours pour être, il ne suffit pas d’être né pour exister dans ce monde. Il faut s’y acharner et de surcroît avoir une chance, c’est un pari presque pascalien. Il faut poser beaucoup d’actes sans savoir quelles seront leurs issues. Dans Récit plastique la mise en scène de soi va à contre courant des goûts esthétiques majoritaires, c’est bel et bien un acte posé en confrontation avec les représentations les plus habituelles. C’est une position qui appelle à l’ouverture aux minorités, une lutte. L’écriture n’est-elle pas ambiguë ? Le texte imprègne les consciences, il donne la sensation d’une démultiplication de l’existence. D’un autre côté, il renforce la solitude. Quel est le véritable rôle de l’écriture ? La solitude pour moi était là avant l’écriture. Cette activité recluse a plutôt tendance à répondre à la solitude en voulant la peupler, lui donner des échos. Je n’ai pas échappé à la rumination, à la souffrance, mais avec le texte, elle est moins inutile. Elle renvoie vers les autres. Quoique mes livres soient très personnels, des êtres humains ont des structures communes, c’est en ce sens que l’écriture justifie un dialogue profond, très direct. Presque intime, et paradoxalement publique, ce jeu du double. Elle est narcissique (l’écriture), c’est tabou, mais c’est. Malgré moi, j’envisage des réalités réprouvées, peut-être est-ce une fascination pour des non-dits qui se dévoilent, pour l’en-dessous, l’en-deça. Le visible caché, connu mais peu exhibé. Vous abordez la question de la souffrance sans pour autant la qualifier. La souffrance est à la fois celle d’un corps que l’on modèle dans la performance et d’une écriture toujours dans l’effort, dans la recherche. Votre texte manifeste ce choix de ne pas évacuer la souffrance mais de la sonder, de l’interroger. La souffrance est dans la vie, et elle peut être forte. Dévoiler fait partie de cette vision où l’on va chercher une image de soi et de l’existence, dans le texte, le texte est un reflet de la vie. C’est une supra existence. C’est en ce sens qu’il m’intéresse, il communique des perceptions et sensations du réel. La photographie est aussi une image de la réalité et de sa fabrication (il y a parfois composition, quelque chose qui mène à voir, qui dirige le regard vers..). Sonder, soit le dehors, soit le dedans, en lien ou réaction l’un avec l’autre. Mettre en question, y compris soi-même. L’affirmation n’est que le revers de cela, une autre réponse ou position. Oui, vous avez raison, la souffrance est une image de l’obscène. C’est la réalité de la descente, de la fin. Dans Récit plastique, des images : le portrait posthume d’une guêpe (elle se trouvait dans mon appartement) et le corps mutilé de ma mère. Nous ne pouvons pas oublier que tout a une fin, une misère, et que nous avons tendance à nous la cacher pour être dans une humeur combative, et d’autre part, parce que la société nous vente les mérites de notre utilité (elle ne peut avoir lieu que dans la santé, lorsque nous rapportons sans coûter). L’autofiction, la recherche de l’authentique, explique le lien entre écriture et photographie. Ecriture et photographie scrutent la réalité de l’expérience vécue et en même temps se distinguent dans leur rapport au temps. L’image. De soi, des autres, d’un monde. L’écriture aussi est une image mais abstraite. La photographie : elle se voit, parle un autre langage. Une juxtaposition de langues, et elles disent autre chose, ça m’a intéressé. Par la multiplication de vues offertes, de chemins, de prises, et une autre temporalité, la photographie saute aux yeux d’emblée. Elle a une première présence que n’a pas le discours, les images sont utilisées dans les publicités de la ville car elles ne demandent pas le même effort pour y entrer. Elles ont une accessibilité. Eventuellement, elles percutent (et répercutent une communication) sans nécessiter une appréhension intellectuelle au premier contact. L’autofiction est un exercice périlleux entre auto-analyse et conscience de l’incapacité d’une connaissance parfaite de soi. Ne contient-elle pas en elle-même son échec ? Exposition, connaissance et ignorance : nous sommes là-dedans. Donner à voir, courir après ce qui se dérobe. Entendre que nous échappons à nous-même et aux autres, même dans l’exhibition et la vision, tout un pan est obscur. L’intérieur est peu accessible même s’il est déclaré, éclairé, édifié et énoncé. |
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Il déposa son revolver sur la table, Tiens, l’arrêtoir est griffé remarqua-t-il
Tout à ses pensées il ne fit pas plus attention et, se replongea dans la lecture
« Coup de fil, coup de fatigue, coup de grisou. Comment contenir mon angoisse ? Trop c’est trop. Que s’est il passé ?
Je ne sais. Une assertion de trop, un coup de pied, un mauvais jour, un coup de griffe mal placé ? Je ne sais plus. »
Il poussa un soupir, attendit quelque peu et reprit la lettre
« A part une aliénation complète, une décentralisation de la conscience, je ne vois pas comment je pourrais avoir envie de vivre avec toi. Partager ton quotidien. Je t’ai aimé avec faiblesse, avec joie, avec peine, avec des larmes. Aimé contre toute raison, contre toute attente »
Il éclata d’un rire joyeux en lisant ces dramatiques lignes. Aliénation, décentralisation… Fichtre que de mots…. de mots, de mots pompeux !
Il se frotta les yeux et murmura : Il était grand temps que je rentrasse en moi, en mon silence comme le loup en sa tanière l’éléphant en son cimetière. Je suis dans une espèce de nomansland de « non-souffrance » Comment ai-je pu écrire, pire encore, vivre cela ?
Il prit « Le neveu de Rameau « et se perdit dans le silence de la chambre. La musique était de trop, sa perruche était en trop Tout occupé à son séisme intérieur, à ses tempêtes affectives. Et cependant il avait conscience qu’il ne pouvait plus rien lui arriver quand bien même elle eut fait un signe. Il en était guéri, indifférent. Tout lui était indifférent. Il relisait cet amour de jadis avec des yeux de glace.
Quel cheminement avait- il parcouru. Tout ça pour ça ? Il avait vécu dans un état de manque, difficilement concevable. Etait passé par d’intenses souffrances oscillant sans cesse entre le désir de la voir et celui de la fuir.
Il songea, à nouveau, à cette période de sa vie Il sourit amer se concentra sui lui-même comme un boxeur qui esquive les coups de son adversaire Le voici en apnée de pensées perdu dans des abîmes Il songeait à ses afflictions ô combien bruyantes C’est alors que l’idée de la mort commença de l’envahir peu à peu. Il prit grand soin, à présent encore, de rester tout sourire au –dehors. Son âme avait fait un repli sur elle-même L’amour est enfant de la cécité. Il y a presque trois ans, presque trois ans ; il se souvient de tout Etrange jeu de rôle que ce jeu où sur « un chiche » pour « un chiche » el s’était joué de lui. El fut toujours le pion central, certes mais un pion à l’orée du réel, à la frange de toute logique ; ses récits le mettaient en joie. Il prenait notes, au fur et à mesure, qu’elle se racontait, se déboutonnait, se déshabillait. El écrivait des extraits de sa vie intime qu’el lui envoyait rarement il est vrai mais quand el laissait des traces ! A l’époque, il ne savait quelle partie prendre de cette parade amoureuse ou de ce streap tease
Il reprit le manuscrit
« Mon cher, en quel état je me présente à vous ? Les pensées décoiffées, en désordre. Coupable ? Oui, je me sens coupable de l’aimer de ma clandestinité. Mea culpa ; Je suis un misérable voyeur, un voleur de songes, voleur de rêves, je fais figure d’impudent, de mal avisé. Je l’encombre je l’ennuie et si, d’aventure je me tais, El me téléphone ingénue, étonnée de ne point avoir de mes nouvelles tandis que je deviens fou.
Mon ami, je ne puis oublier sa voix grave et veloutée, sa voix creuse où se niche ma déraison. Exproprié de toute sérénité, je m’enfonce dans cette « voix souvenir » aux inflexions chaudes aguichantes
Qu’ai j’affaire de la morale que les autres, les bien pensants me cornent aux oreilles ? Le désir est amoral par essence par nécessité. Il est élan, évasion, fantasme ,liberté et lien. Le désir est invocation, évocation
Je l’aime à cause de nos échanges riches, durs, profonds et rares Echanges coupants comme des brisures de vitres El m’aliène d’un mot ; El me téléphone et me voici. Chose, objet manipulation féerique ; la magicienne fait une OPA sur ma volonté, ma confiance. Je ne connais aucune allégorie assez juste pour vous décrire le souhait de me désaltérer à cette promesse sans cesse renouvelée à cette « O »
Avec vous, mon cher ami, je vais de confession en confession scrupuleusement. Je veux m’exorciser, me délivrer, j’annote mes impressions, j’explique, vous explique ce que je ressens ; commente mes fautes, mes manquements. Souvenirs vilebrequins me rentrent, avec quelle jouissance pointue… dans les chaires. Fine devient ma souffrance tandis qu'el me laisse seul se retirant dans l’ombre et sans l’ombre d’un regret.
Nous sommes amants par la pensée, par le désir, notre alliance secrète m’étourdit, m’effraie ; j’aime et j’ai pour amante une pièce à conviction, un fantôme, une ressemblance, un reflet un effet de lumière
Révèle- moi mon Absente, ma Dédaigneuse. Révèle- moi, Arbre du fruit défendu. Nouveau Testament de tes désirs. Ouvre- toi Indique- moi et, l’Eden et, le Péché originel. Laisse- moi te frapper à l’enclume de ma passion, à l’emblème de ma folie Laisse- moi te marquer à mon effigie pour jamais modelée monnayée
Je me vêts de rêves licencieux, bleus comme des hématomes de nos « nuits clos »
Il déposa la lettre avec un sourire. C’est fou. Pour un peu il se croirait lui-même, se prendrait au sérieux
Oui, il me faut écrire le mot « FIN » murmura-t-il déposant son revolver dans un tiroir à portée de main.
andree colon
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Le photographe est là.
On est content.
On parle, on rit.
Allez en place!
Ne bougez plus et souriez!
Voilà, c’est fait!
Quand attiré par une abeille,
Par une fleur de pissenlit,
Un papillon qui l’émerveille,
Soudain, près de moi, il surgit,
Je l’accueille dans mon jardin.
J’abandonne ma rêverie
Et j’offre à ce charmant bambin
Un jeu en lieu de sucrerie.
Il peut opter pour le cerceau
Ou m’imiter s’il le préfère.
J’accompagne les gestes à faire
Des mots que je juge à propos.
Je lui dis: ne répète pas !
En prenant une voix sévère.
Alors en riant aux éclats
Il fait aussitôt le contraire.
Mes comptines sont des poèmes
Qui apprennent aux jeunes enfants
La joie de vivre et le comment
On peut exprimer ce qu’on aime.
1/10/2007

La terre est ronde, le monde est grand.
On y trouve beaucoup de pays,
Et dans chacun beaucoup d’enfants.
Ils sont tous différents et beaux
Comme le sont les papillons,
Les fleurs, les poissons, les oiseaux.
Au premier abord, tout de suite,
Ils ne pourraient pas de comprendre,
Mais il savent apprendre vite.
À Montréal ils sont chanceux
Car ils sont venus de partout
Et se trouvent aussitôt chez eux.
Dans la même école, ils partagent,
Les découvertes et les joies
De tous les enfants de leur âge.
Quand dans la cour, ils font des rondes,
Quand ils festoient sur une scène,
Ils se croient citoyens du monde.

On a mis le feu à des branches.
Les flammes montent,
hautes et belles.
Les branches craquent,
deviennent rouges,
deviennent noires,
deviennent cendres.
Les flammes dansent dans le vent
Mangeant le bois voracement.

J’aimerais danser
comme oiseau qui vole
J’aimerais danser
comme poisson nage.
J’aimerais danser
comme tige penche
J’aimerais danser
comme blé au vent,
J’aimerais danser
comme neige tombe.
J’aimerais danser
comme un papillon.
J’aimerais danser
Dans un tourbillon.
J’aimerais danser
au son de ma joie.
Danser et danser
pour toi et pour moi.

Le pintemps, quand il nous arrive,
est attendu depuis longtemps.
Pourtant toujours il nous surprend.
Il nous arrive dans la nuit,
et pour un temps reste tapi,
On ne sait où exactement.
C’est que voilà, il est partout.
On le respire et on le sent.
Quelques exemples:
membres de Bruxelles: ici http://ning.it/fnrUZp
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Accoudée tristement à la fenêtre, Georgette regardait les perles d'eau glacée qui dégoulinaient sur les carreaux.
"C'est la faute à ce gros nuage noir, pensait-elle, si je suis obligée de rester à l'intérieur".
A cet instant, apparu le soleil et plus bas, au-dessus de la prairie se dessina peu à peu un arc-en-ciel. Il plongeait depuis les nuages jusqu'à la terre.
- Quel beau tobogan s'exclama Georgette.
A ce moment précis, son attention fut attirée par un petit point qui semblait glisser des nuages jusqu'au sol, et ce, justement sur le tobogan. Etonnée, elle se frotta les yeux pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Mais non, dans la prairie gesticulait un petit bonhomme. Il faisait de grands signes dans la direction de Georgette. Elle cru comprendre qu'il l'appelait. La fillette enfila donc son ciré et sortit.
"Bonjour Georgette, lui criait-il, bonjour ! Viens vite, nous n'attendons plus que toi pour commencer".
Elle ne comprenait pas qui pouvait l'attendre, ni pour quelle raison, mais elle hâta le pas.
On lui avait dit, alors qu'elle était toute petite, qu'au pied d'un arc-en-ciel était toujours enterré un trésor, mais que bien malin était celui qui le découvrait, car il était très difficile de s'en approcher. Que plus on avait l'impression d'atteindre l'arc aux belles couleurs, plus il reculait. Pourtant, celui-ci n'avait pas l'air de bouger de place et elle finit par y arriver.
Elle observa le petit bonhomme lorsqu'elle fut auprès de lui. Il lui semblait en avoir déjà vu un semblable dans un de ses beaux livres d'images.
"Bonjour Georgette, viens ! Grimpe vite, nous allons être en retard. Je m'appelle Clopinot", dit-il en soulevant un drôle de chapeau à trois pointes.
"Il porte bien son nom" pensa-t-elle. En effet, lorsqu'il parlait et marchait, il avait l'air de sauter d'un pied à l'autre, de se dandiner, d'aller clopint, clopant.
"Bonjour Clopinot, mais comment connais-tu mon nom" ?
"Je suis envoyé par la fée des nuages, elle t'attend là-haut dans son grand château blanc".
La fillette prit place dans un traîneau de cristal qui glissa doucement en s'élevant sur la rampe qui rejoignait le ciel. Figée d'étonnement, Georgette ne parlait plus, se contentant d'admirer la terre qui devenait petite, de plus en plus petite. Elle avait bien essayé de se pencher pour mieux voir, mais la crainte de tomber l'avait retenue d'essayer une seconde fois.
La petit bac glissait à présent de plus en plus vite. Bientôt, Georgette ressentit cette impression d'estomac qui remonte quand l'ascenseur s'arrête.
"Voilà, nous y sommes" s'écria Clopinot en se précipitant hors de l'engin. Il fit une belle pirouette et hop ! se retrouva assis sur le nuage. Georgette ne put s'empêcher de pouffer de rire et d'applaudir. Elle venait de reconnaître le petit bonhomme. Mais oui bien sûr, il s'agissait d'un bouffon, un de ces petits bouts d'hommes qui font si bien rire les rois et les reines dans les histoires.
"Suis-moi" dit-il l'air espiègle".
Sans discuter elle le suivit, curieuse et pressée de rencontrer la fée des nuages. Ils furent introduit dans le grand château blanc par un laquais très digne. Il était vêtu d'une livrée d'un rouge flamboyant et la queue de sa perruque cendrée rejoignait celle de sa veste. Oh, j'oubliais de vous dire, mais vous l'avez certainement deviné, c'était le laquais personnel de la fée, un lézard de grande classe.
"Bonjour Georgette, approche mon enfant"
Les yeux agrandis par la surprise, la fillette contemplait la fée.
"Qu'elle est jolie" dit-elle tout bas.
Assise sur un trône en gouttes de pluie, qui lui avait été offert par un magicien ami de longue date, la fée, toute habillée de gaze bleue tissé avec un morceau de ciel, tenait dans la main droite une baguette d'or. Au bout de celle-ci était accrochée une étoile, qui lançait par moment des éclairs de couleurs, rappelant étrangement celles de l'arc qui avait servi d'ascenseur pour arriver jusqu'au château. De son long chapeau pointu s'échappait un voile fait avec un nuage blanc.
La salle où se tenait Georgette était immense et les murs avaient l'éclat singulier de la glace. Les grandes dalles sur lesquelles marchait Georgette étaient faites de gros grêlons comme nous offre avril. Elle fut ramenée à la réalité par la douce voix de la fée qui lui disait : "Je t'ai entendue te plaindre du cadeau que je fais à la terre. N'aimes-tu pas les fleurs, les oiseaux ? Ne t'est-il pas agréable de te baigner en compagnie d'amis"?
Intimidée, Georgette osa un petit "oui bien sûr, j'aime tout cela".
"Ne sais-tu pas que sans la pluie, toutes ces choses qui te font plaisir seraient impossibles" ?
L'enfant, rose de confusion baissa la tête.
"Voyons, n'aie pas peur, regarde" !
D'un coup de baguette magique, la fée se transporta, en compagnie de Georgette et de Clopinot dans un jardin merveilleux. De tous les coins leur parvenait la douce musique de l'eau qui coule entre les pierres en chantant. Les fleurs sentaient bon et semblaient parées pour une fête. Leurs corolles laissaient tomber, gouttes à gouttes, l'eau qu'elles avaient recueillie comme un don du ciel. Une vapeur légère émanait du sol et tous ces parfums réunis grisaient, grisaient !
Clopinot se mit à bondir de parterre en parterre, touchant du bout des doigts une fleur, en effleurant une autre au passage. L'une après l'autre, les fleurs se bercérent. Et de gauche, et de droite. En avant, en arrrière. L'eau s'échappant de leur calice chantait une chanson que connaissait Georgette, mais qu'elle n'avait jamais vraiment écoutée. C'était le chant de la pluie.
"Comme toute chose est agréable quand on prend la peine d'en chercher le bon côté" dit la fée.
Georgette acquiesça de la tête et suivi Clopinot dans ses galipettes. Il fallait la voir gambader comme une chevrette parmi les fleurs..., en prenant garde de ne pas les briser, évidemment. Elle eut même un instant l'impression de comprendre leur chanson. Elle prêta l'oreille et voici ce qu'elle entendit :
"Gouttes d'eau,
gouttes de pluie
je te mouille,
te débarbouille
et vive la pluie !
Et plic et ploc
et plic et ploc.
Gouttes d'eau d'eau,
gouttes de pluie
je t'arrose
perles de roses
et vive la pluie !
Et plic et ploc
et plic et ploc
et vive la pluie !
Comme elle s'amusait. Jamais, elle n'avait vu choses aussi belles. Les petites cascades tombant des plantes faisaient des bulles de toutes tailles où miroitaient le soleil. Cela aurait pu durer longtemps encore, si Clopinot n'avait crié : "Alarme, les éclairs attaquent" !
Aussitôt, de tous côté, surgirent des batons de foudre qui vinrent frapper les pauvres fleurs. La fée réagit très vite. De l'étoile de sa baguette magique jaillirent des éclairs de toutes les couleurs et le combat s'engagea aussitôt avec l'ennemi. C'était assourdissant. Des roulements de tonnerre secouaient le jardin et déjà, un grand nombre de fleurs gisaient par terre, tige brisée.
Georgette, ne voulant pas rester impuissante devant un tel carnage, se saisit d'un éclair que venait de lancer la bonne fée et s'en servi comme une épée pour combattre l'adversaire.
Les ennemis se concentrèrent immédiatement sur elle. Clopinot, voyant le courage de la petite fille, passa à l'attaque à son tour. Les morceaux de foudre se croisaient comme des lames de feu, faisant des étincelles comme fait le marteau du forgeron en frappant le métal. Un coup de tonnerre plus puissant que les autres secoua si fort le sol que la malheureuse enfant tomba. Elle allait succomber sous le nombre, malgré toute la bonne volonté de Clopinot pour la défendre, lorsque, la fée des nuages levant bien haut sa baguette magique ordonna à la pluie de tomber.
De véritables trombes d'eau s'abattirent sur le jardin et en un instant, la bataille fut terminée faute de combattants. L'aspect du jardin était désolant. Des dizaines de fleurs jonchaient le sol, avec de çi, de là, quelques bâtons de feu qui fumaient encore.
Clopinot baissait tristement la tête et n'avait plus envie de rire, ni de faire rire. De grosses larmes roulaient sur les joues de Georgette qui se tenait silencieuse auprès de la fée.
"Voyons, dit cette dernière, je pense que tout cela fait bien désordonné et qu'une remise en état s'impose. Tiens Georgette, prends donc", dit-elle en lui tendant la baguette magique.
"Mais que dois-je faire madame" ?
"Oh, deux fois rien, regarde.
Sépukassé, Sétipabô !"
Sous les yeux étonnés de la fillette, les fleurs du premier parterre avaient retrouvés leur fraîcheur. "Tiens, essaye" dit à nouveau la fée.
"Sépukassé, Sétipabô !" dit à son tour Georgette. Oh ! ça marche, ça marche ! Clopinot battait des mains et sautait à nouveau de joie.
Quand tout fut rangé, il fallut malheureusement penser au retour. Après avoir dit au revoir et remercié la gentille fée, le petit bonhomme et son amie Georgette refirent en sens inverse le trajet. Elle osa même, cette fois, regarder le sol qui s'approchait à toute vitesse. Clopinot paraissait aussi triste qu'elle. Ils se promirent de ne pas s'oublier, quand ils se dirent adieu....peut-être même de se revoir. Puis, d'un grand signe de la main, Clopinot la pria de reculer.... et tout disparu de la prairie. Rien, plus de trace de l'arc-en-ciel, ni du traîneau de cristal, ni de Clopinot. Elle se frotta les yeux pour essuyer une petite goutte de pluie qui ressemblait à une larme et bientôt, Georgette se retrouva chez elle. Elle suspendit son ciré sur un cintre pour le laisser égoutter des dernières perles d'eau.... maintenant son amie.
Elle le regardait l'air absent, lorsque sa maman entra dans la chambre.
"Et bien Georgette, encore dans la lune" ?
Un sourire traversa les yeux de la fillette.
"Non maman, dans les nuages..., seulement dans les nuages". QC.
L'informatique patine certains jours. Et c'est pas une mince affaire.
Y a au moins une semaine que, trois fois sur quatre, quand je vais sur "yahoo", là où se trouve mon compte, mes adresses mail, mes messages, la souris se plante. Sans que je ne sache exactement quoi faire. J'appuie, en double clickant, sur les touches "boîte de réception" ou "envoyer un message", le fenêtre devient soudain immobile, une espèce de cercle qui danse finit par se superposer à l'aiguille (de ma souris), je reçois des phrases comme "un script ralentit votre navigateur ... voulez-vous le supprimer ?", j'appuie sur la touche "oui" ... mais rien n'y fait, je sais que pas moins de 180 messages m'attendent, et je reste là, planté, impuissant.
Y a bien une solution pratique. Qui se trouve là devant mon nez. Mais où est-elle ? Demander l'avis des autres, ça me sort pas forcément de l'auberge, non plus. Une fois sur deux, ils n'en savent pas plus que moi. Une fois sur deux, s'ils ont une idée, s'ils me répondent, c'est avec des termes techniques, précis, que je suis, alors, incapable de décoder quand je me retrouve sur le PC.
Très curieus'ment ...
D'autres sites, que je visite, et sur lesquels j'ai des parts concrètes ("facebook", "youtube", "myspace", deux ou trois forums précis où j'écris ... mon "journal de bord") fonctionnent comme d'habitude.
C'est vraiment typique, depuis une semaine, à ma page "yahoo". Ceci dit, parfois (comme cette nuit), le problème se débloque un peu. J'ai ainsi pu répondre à une amie, avec laquelle j'avais eu un p'tit froid, à laquelle j'avais écrit, qui m'a répondu (un mois plus tard), j'ai pu lire le mail, m'en réjouir, répondre. Vivent les éclaircies !
Sur "facebook" ...
Je me vois quand même confronté à un autre problème, plus minime (mais tout aussi réel), quand j'écris mon "journal de bord".
Dieu sait si j'accorde une grande importance, quand j'écris, à séparer, de deux interlignes (au moins), certains paragraphes. Je considère que ça fait partie du plaisir de lire, et que des respirations, dans la lecture, tout comme ... dans l'interprétation d'une chanson, dans une conversation (ceci dit, dans la "conversation", je ne respecte pas toujours cette nécessité, je le reconnais).
Jusqu'à voici peu de temps, ça marchait sans problèmes, lorsque j'écrivais mon "journal de bord".
Maint'nant, depuis un peu plus d'une semaine, aussi ...
Quand j'appuie sur la touche "enregistrer", j'aperçois le résultat de mon écrit (où j'avais tenu compte de mes interlignes) compressé, sans espace. Je suis obligé de trouver une astuce.
D'accord, d'accord, ça met mon esprit, mon action en mouv'ment. Mais y a quand même un problème. Où se trouve-t-il ?
En attendant ...
Y a du soleil.
J'ai participé, hier, à une soirée contes. J'y ai notamment apprécié, aimé l'histoire de Babette (une des participantes), avec un nuage rose qui ne trouvait pas sa place parmi les nuages (gris, surtout) et qui atterrissait, final'ment, dans une cour d'école, dans le coeur d'un élève distrait et d'une institutrice qui ne riait jamais.
Mourir chaque jour un peu
Voilà ce qu'est la Vie.
Qu'avait-il besoin ce Dieu
Moi qui n'en ai envie
M'obliger à être, à devenir.
Faut-il vraiment vivre,
Naître, souffrir, paraître
Pour finalement mourir
Et enfin disparaître
Point final de la vie.
Quand, surgissant de l'âme
Nous parvient, sans un cri
La douleur, cette infâme
Que l'on cache, à quel prix.
Cheminer avec l'ennemie.
Vivre avec ou la surmonter.
En faire soit une habitude
Ou, plus forte qu'elle la terrasser
Sur la route parfois si rude
Qui vous est imposée. QC.
Bout d'chou,
Bientôt bout d'femme tu s'ras.
Tu connaîtras ma fille
Pleurs, soucis et embarras.
A vingt ans bout d'chou tu croiras
Tout savoir, que le monde est à toi.
Cinq années plus tard tu te diras
"C'est moi qui sait, les autres pas" !
A trente ans, fleur épanouie
Sévère et juste tu te diras
"Moi aussi j'étais sotte à cet âge là.
Le monde est aux autres, plus à moi"
Regard candide et étoilé,
Ta fille un soir te chuchoteras
"Maman ! Regarde j'ai bien changé"
Alors toi, songeuse tu répondras
"Oui bout d'chou, bientôt bout d'femme
Tu s'ras". Q.C.
Le soleil, les épines, les roses,
la fleur, la beauté des choses,
s'éteint, se fane de langueur,
meurt comme un rêve,
dans l'oubli d'un coeur. QC.
Il était une fois, comme dans un conte,
bien enfoui dans un jardin secret,
un oiseau captif, retiré du monde.
De sa cage on avait fermé les volets,
coupé les ailes, aux barreaux enchaînés,
meurtri ses chairs dans les filets.
A lui qui clamait bien haut : "liberté !
Une cage, même dorée reste une cage".
Captivité répondait l'écho, captivité !
Etouffé, brisa ses chaînes avec rage,
secoua son joug, entrevit espoir fugace,
la liberté. Rester eût été plus sage.
Dans ses serres puissantes, un rapace
lui lacéra l'âme, mit son coeur à nu.
Blessure profonde que jamais temps n'efface. QC.
Tout peut changer sous un regard
Du bleu léger au bleu intense!
Du gris poète au gris cafard...
Des heures confites à celles qui dansent!
Tout peut changer avec le temps
Du bleu d'enfance aux bleus d'amour!
Du gris bavard au gris mordant...
D'un coeur léger au coeur trop lourd!
Tout peut changer sous le soleil
Bleu qui scintille ou bleu torpeur!
Gris du repos ou gris vermeil...
Peau qui rougit et peau qui meurt!
Tout peut changer au gré du vent
Du bleu nattier au bleu canard!
Du gris sablé au gris mouvant...
Les cheveux coiffés comme en pétard!
Tout va changer au gré du temps
Sous le soleil avec le vent
Dans un regard comme un miroir
Mes pas guidés par le hasard!...
J.G.

A la fin du mois de mars,
n’oublions pas la campagne
quand c’est la fête à la cabane.
Allons voir les érables
qui donnent leur sève
goutte à goutte.
Savourons l’odeur du sirop
qui s’épaissit dans la chaudière.
Sur de longs tréteaux de bois,
ce sera
La dégustation sans façon,
du sirop figé sur la neige
en un délicieux caramel.
Gourmands, nous le savourerons
autour de larges bâtonnets.
Le soir, il y aura des danses
avec violons pour orchestre,
de la joie, pour et grands