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Max Elskamp

Naissance : 5 mai 1862. Mort : 10 décembre 1931 .

Centenaire : 5 Mai 1962.

 

 

Hommage de Paul Neuhuys:

 

Je me souviens de Max Elskamp


Je me souviens de Max Elskamp comme d’un causeur charmant. Il me parlait de la Chine, de la poésie… Je l’ai connu pendant la guerre 1914-1918. J’allais le voir dans sa paisible maison du boulevard Léopold (aujourd’hui avenue de Belgique) dans la bonne maison qui, dit-il, l’attend sous les arbres « en la blanche façon d’un très gauche évêché ».

Max Elskamp était alors à l’apogée de son activité poétique. J’étais un écolier des lettres, et il y avait dans son accueil quelque chose d’ineffablement bon, mais aussi de cruellement désabusé.

Max Elskamp, né à Anvers en 1862, y est mort en 1931. Toute sa vie il est demeuré attaché à sa ville natale, la ville « très port de mer » où il reçut un jour, en 1893 exactement, Paul Verlaine.

« Il y a là une certitude pour moi, me disait-il, un point sur lequel j’attire votre attention, c’est que malgré toute liberté, le poème est « musique » par nature ». Et il me citait à ce propos le « Pantoum négligé » de « Jadis et naguère » :

Trois petits pâtés, ma chemise brûle.

Monsieur le curé n’aime pas les os.

Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,

Que n’émigrons-nous vers les Palaiseaux ?

-Le sens en est exquis à cause du son.

Elskamp parlait volontiers de la rime diminuée par l’assonance, de sa bémolisation (âne et âme) et de sa diézation (Anne et lame). Il m’ouvrait toute grandes les portes de sa bibliothèque, me montrait des éditions rares de Mallarmé, une lettre de Suarès écrite avec des encres variées, rouge, bleue, verte. Il aura toujours été apprécié en France, soit par Apollinaire, soit par Salmon, Cocteau, Eluard, et la poésie est bien chez lui cette flamme invisible dont parle Pétrarque, d’autant plus douce à découvrir par quelques élus du hasard.



Mysticisme


Qu’est-ce que le mysticisme ? Mystique vient d’un mot grec « mustos » qui veut dire muet. Fermer la bouche, être muet d’amour. « Wo man am meisten fuhlt, weist man nicht viel zu zagen », disent les Allemands. Ce qui signifie qu’en voulant exprimer un sentiment profond on risque d’en diminuer l’intensité. Aussi le mystique s’adresse-t-il à Dieu, comme à tout ce qui vaut d’être aimé, qu’il soit porté à la mysticité par la tendresse de l’âme ou par l’enthousiasme des sens.

C’est dans le mysticisme que le Flamand puise son optimisme fondamental : Verhaeren lorsqu’il voit dans l’homme un Prométhée qui un jour « saisira les astres fous entre ses poings » ; Maeterlinck lorsqu’il voit dans les écrits des mystiques « le plus pur diamant du prodigieux trésor humain » et Elskamp (exact contemporain de Maeterlinck), lorsqu’il concentre ses aspirations mystiques dans le refrain de la vielle chanson de Malbrough :

Je vous salue ma vie

d’un peu d’éternité

aujourd’hui en vigie

si haut qu’on peut monter.



Le Folklore


Elskamp me parlait de la Chine en levant un index philosophique et las : Ah ! qu’il eut fait bon vivre en Chine loin d’une pseudo-civilisation qui conduisait l’Europe à sa ruine !... Je voyais les paons faire la roue au sommet des pagodes, des jonques glisser au gré des moussons chaudes, Mr Yang et Mme Yng vendre du thé… Puis il se ravisait doucement : Je ne sais pas vraiment pourquoi je vous dis ça… Cette Chine de porcelaine était du folklore chinois.

Qu’est-ce que le folklore, sinon la mystique populaire ? Elskamp avait fondé le musée du Folklore dans la petite rue du Saint-Esprit, à Anvers, musée où il s’attache à connaître le peuple dans ses plus naïves traditions : comptines, images religieuses, drapelets de pèlerinage. C’est dans ces humbles reliques qu’il a rêvé l’âme de son peuple. Ami des jardiniers et des matelots, il dédiera son « Histoire du jeu de Loto en Flandre » au batelier Hannes qui « sur le fleuve me fut un ami ».

Elskamp, ami du peuple, écrivait en français, faisait scandale à Anvers. Il irritait ses concitoyens. Les uns ne lui pardonnaient pas de vouloir restituer l’innocence d’un peuple dont ils ne connaissait qu’imparfaitement la langue ? Les autres n’admettaient pas qu’un fils de banquier s’intéressât aux billevesées, comme de rassembler, quoi ? des têtes de pipe, des pots à persil, des hochets, des toupies, des moutardiers, des crassets, des étouffoirs, ni d’avoir écrit une histoire du jeu de Loto où il assimilait ce jeu à une ancienne institution bancaire…



Le moyen âge


Toute l’œuvre d’Elskamp est centrée sur le moye âge.

Ses « Enluminures » en font un imagier. Ses « Chansons Reverdies » en font un ménestrel. Avec lui, nous remontons à l’enfance de la poésie. Enfance de la poésie et poésie de l’enfance : Un pauvre homme est entré chez moi pour des chansons qu’il venait vendre… comme Pâques chantait en Flandre… et mille oiseaux doux à entendre…

Dominical, En Symbole vers l’Apostolat, D’anciennement transposé, Salutations dont d’angéliques… C’est une poésie du temps que les cathédrales étaient blanches.

Le moyen âge symbolise pour Max Elskamp la paix du cœur et le contentement de l’esprit.

Il écrit dans un français « anordi », le français du nord et veut apporter dans ces chansons la ductilité rythmique des chansons populaires flamandes. Comme les matelots et les jardiniers il se défend de ne connaître que très peu de mots et met à profit cette infirmité verbale par des ritournelles délicieusement chantonnées :

Et Marie soyez bénévole

à ces syntaxes mal au clair

Et marie de mes beaux navires

Marie étoile de la mer

Marie qui savez que tacites

sont ceux des voiles et des ailes…

Poésie mystique ! Rien de mièvre dans Elskamp. sa mère était wallonne, son père était d’origine danoise. Elskamp veut dire en danois « Champ d’aulnes ».



Nous n’irons plus au ciel


La guerre était finie, Elskamp ne reconnut plus sa ville.

Elle était saoule.

C’était l’époque du jazz et des chansons militaires : « It’s a long way »…

Je l’ai encore revu deux ou trois fois. Il était devenu tout blanc. Il publia encore deux ou trois recueil luxueusement imprimés chez son imprimeur Buschmann à 75 exemplaires : « Musique verte », je crois, et « Joies Blondes »…

Après quoi, cet esprit qui s’était efforcé de monter « si haut qu’on peut monter », plafonna dans le ciel des abstractions et, comme jadis Icare, retomba lourdement sur le sol :

Nous n’irons plus au ciel

nos ailes sont coupées.



C’est la bonne parole


Ecolier des lettres et assez chercheur de nature, il m’est arrivé, comme d’autres forment une collection d’icônes, de collectionner les définitions de la poésie. En voici quelques unes parmi tant d’autres :

La poésie est une création d’un monde imaginaire, une élégance de l’esprit, la musique de l’âme, un défilé de féerie, une éthique non euclidienne, l’art d’exciter l’âme, de se délivrer par un cri, d’enclore son rêve dans un rythme, un breuvage agressif, la quintessence humaine, le souvenir d’une émotion dans le calme…

Mais une des plus belles définitions de la poésie demeure celle de Max Elskamp :

C’est la bonne parole où tous les mots qui s’aiment

semblent des enfants blancs en robe de baptême…

et à cet égard, les « Six chansons de Pauvre Homme pour célébrer la Semaine de Flandre » sont bien, je crois, ce que notre poésie aura produit de plus remarquablement pur.

 

Paul Neuheuys. (1962)

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Max Elskamp

Naissance : 5 mai 1862. Mort : 10 décembre 1931 .

Centenaire : 5 Mai 1962.

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Le texte de Jean Cocteau du 1er Avril 1962:

 

Il est de toute évidence que Guillaume Apollinaire s’il doit aux « Serres chaudes » doit surtout à Max Elskamp. Il n’y a là rien qui le diminue, au contraire. Et si un grand poète fraternise avec un autre grand poète pour connaître ses œuvres, je m’en émerveille encore davantage. Mais il me semble que notre Apollinaire aimait Elskamp et que, de ces amours, naissent les monstres délicieux de la Poésie.

Ma découverte du poète anversois me laisse le souvenir d’un coup au cœur. Entre chaque page de l’herbier les belles plantes se mettaient à revivre et à embaumer ma chambre.

Je vous exprime toute ma reconnaissance de vous être adressé à moi, le presque belge.

 

Votre poète Jean Cocteau.

 

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LA DAME EN MAUVE

LA DAME EN MAUVE 24


A colon


Ma Lointaine, mon au- delà, Bonjour

Bien que je me force au sevrage, bien que je fasse silence et semble bouder tes coups de fil que j'écoute le cœur battant la chamade
(Le téléphone qui grelotte, grelotte, grelotte à longueur de temps de journée vide de toi)Plus jamais ton numéro, plus jamais toi, et moi je sonne, sonne, sonne dans l'immensité de mon être ; cela sonne, sonne, sonne.

J’écoute aussi, j’écoute encore, les disques des années 60 Nos années Je pense très fort à La Dame en Mauve, mon « Intox » mon « Héroïne » Je la vois au travers d’un rideau de larmes. Comme une sœur tourière, je trottine au-dedans ; Capitaine Nemo je me retire et affûte mes canons ; mon île souvenir est impénétrable ; Comme une sœur tourière, disais-je, je vais égrenant le rosaire de mes infortunes avec les temps de pause pour les gros grains ; les mystères glorieux, mystères douloureux

JE SUIS SUR MON LIT PERCLUS DE RHUMATISME J’AI MAL , JE NOUBLIE PAS UNE STATION ; JE FAIS UNE NEUVAINE A LA DAME EN MAUVE ; UNE autre neuvaine à NOTRE DAME DES SEPT DOULEURS PAS UN JOUR, PAS UNE ETAPE N ECHAPPE A LA VIGILANCE DE MA MEMOIRE QUI BAT LE RAPPEL POUR M EGAYER DE MA SOUFFRANCE CORPORELLE
Je songe à toi ma confidente de tous mes bobos depuis ta mort, oui ta mort n'ayons pas peur des mots, j'explose de partout tout mon cœur hurle

Il est assez plaisant de voir sa souffrance atteindre les hauts sommets !

Je viens passer des examens ; Sur moult machines, branché je vogue d’onde en onde
Ondes courtes me secouent ; Ondes longues me gênent ;

Avec la psychologue qui me voit cela ne va guère mieux non pas qu'elle manque d'aménité, non mais je fais une ballade à la Villon et revois, en vrac des images gonflées, embuées d’oublis ; Images sans rappel, sans appel troussées, violées ; réminiscences que mon passé me propose pour certitudes Souvenirs mensongers ; le temps n’est qu’un trompe l’œil ; il gomme, recharge, surcharge ; Souvenirs maniables aliénables
L’histoire que je lui conte est plus vraie que l’originale et m’exonère de toute responsabilité Ma Dame en Mauve ; Temps figé, témoins irréfutables : mes carnets, mes ondes courtes éveillent ma mémoire

Ma Dame en Mauve vous n’aurez jamais été plus proche, ni plus vraie ! Que pendant cet examen qui me panique à mort Baliseur vigilant, les lignes de l’écran vous dessinent à longs traits rouges sur fond blanc ; Rouge sang, rouge rage, mon oscillateur enfante des scenarii qui ne le cèdent en rien à un Edgar Poe. Je tremble, je transpire, j’ai mal et grelotte de froid sous la machine ; Il paraît que c’est normal, on me parle de muscle, de tissu, mon tissu et je ne sais quoi encore J’entends : Réaction alter chimique quelque chose. J’en ai assez, j’en ai pour 45 minutes dans le silence de la machine, dans la certitude de mon effroi ; 45 minutes d’impulsions, d’élans, de remous
minutes grignotées sur feuille blanche qui sort de l’imprimante tel un serpent de son panier Mon affolement est là en tourbillons, en lignes rouges coincées pressées les unes contre les autres, bien en bloc serrées, ou alors, en longs traits comme un plaisir avorté, sensation sur papier gelé, tressaillement, manœuvre, fréquence détectée ; je ferme les yeux, je revois… Ma vie est négation, amputation, je flotte aux portes de la mort pensais- je
Non grata pour la Dame en Mauve je reste hors des balises, de ses balises. Je pense à moi ; les ondes passent, mes souvenirs aussi je plie, ploie au rythme de la machine
Lentement, enraciné au terreau de l’angoisse avec la Dame en Mauve pour compagne je demeure Bonjour fleur folie
Tchao bambino ; Ma Dame en Mauve je décline tout l’amour que j’éprouve Les souvenirs affluent à l'imparfait, très imparfait au temps passé
Je suis débranché, sans œil témoin, je suis seul le serpent n’est plus ; l’arbre de la « Connaissance « non plus
Et toi non plus
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Hommage de Marie Gevers :

Max Elskamp

Naissance : 5 mai 1862. Mort : 10 décembre 1931 .

Centenaire : 5 Mai 1962.

 

Le jour de la naissance.

Max Elskamp pensait-il au jour de son centenaire en publiant l’un de ses principaux recueils de poèmes : « Enluminures » ? Il n’avait alors que trente-six ans… Les premiers vers sont émouvants à citer aujourd’hui :

Ici, c’est un vieil homme de cent ans

Qui dit, selon la chair, Flandre et le sang :

Souvenez-vous en, souvenez-vous en,

En ouvrant son cœur de ses doigts tremblants.

Toujours, nous retrouverons son cœur dans ses poèmes à la fois tendres, discrets, intenses, réservés, douloureux et d’une valeur poétique et littéraire absolue.

S’il parle de ses cent ans dès 1898, i chantera sa naissance bien plus tard, en 1922, déjà touché alors par la maladie qui devait peu à peu l’étreindre, puis l’éteindre. Néanmoins, dans « La Chanson de la Rue Saint-Paul », il s’écrie qu’il est né à la marée haute, sur le ton joyeux dont on dirait : « Je suis né coiffé ! »

C’est ta rue Saint-Paul

Celle où tu es né

Un matin de mai

A la marée haute !

Pour pouvoir évoquer avec précision, aujourd’hui, en souvenir du poète, son jour de naissance, je me suis adressée au savant météorologue « Star », qui a bien voulu me donner les indications nécessaires :

La marée haute natale de Max Elskamp, le 5 mai 1862, eut lieu à 8.06h. Les gens qui n’ont jamais vécu au bord d’un fleuve soumis à la marée ignorent ce que signifient ces mots « Marée haute ! ». Certes, il y a de l’inquiétude, les jours de gros temps où la poussée de l’eau menace, mais que d’allégresse par les jours ensoleillés d’azur !. Le ciel se berce largement à fleur des rives, le clapotis anime les pierres des quais et une activité règne au port. A la marée haute, les sirènes mugissent ou sifflent, car les bateaux chargés se confient au courant qui les entraînera vers l’estuaire, tandis que les navires amenés par le flot attachent les amarres et jettent l’ancre.

Or, en 1862, le mois de mai fut l’un des plus beaux du siècle et, les 5 et 6 mai, les plus chauds du mois. Toute l’œuvre du poète sera sillonnée de navires, de matelots, de nostalgie maritime, et soulevée par le désir de la mer.

M. Louis, Jean, François Elskamp, propriétaire d’un brick nommé l’Ortélius et d’un trois-mâts carré baptisé « Le Louis », fut le père de Max et l’un des notables de la rue Saint-Paul. Nous aimons à croire que l’un de ses deux vaisseaux, quittant le quai, vogua vers sa destination maritime au moment om l’enfant commençait son voyage sur l’océan des jours.

Le voisinage apprit vite que la jeune dame Elskamp venait de mettre au monde un fils, mais nul ne se doutait que l’enfant serait poète. Cependant, Elskamp lui-même pensait que –peut-être- la poésie s’était emparée de lui dès avant sa naissance. Il nous suggère cette idée dans l’une de ses chansons :

Un pauvre homme est entré chez moi

Pour des chansons qu’il venait vendredi Comme Pâques chantait en Flandre

Et mille oiseaux doux à entendre,

Un pauvre homme a chanté chez moi.

Si humblement, que c’était moi

Pour les refrains et les paroles

A tous et toutes bénévoles,

Si humblement que c’était moi,

Selon mon cœur, comme ma foi.

Ainsi Elskamp s’identifiait-il à l’Homme aux Chansons, venu dès Pâques, célébré le 20 Avril de celle année-là. Son poème « A ma mère » confirme qu’il croit devoir sa plus intime sensibilité et ses dons poétiques à l’amour de sa mère :

O Claire, Suzanne, Adolphine,

Ma mère qui m’étiez divine

Comme les Maries et qu’enfant,

J’adorais dès le matin blanc…

 

C’est ta rue Saint-Paul

Blanche comme un pôle…

Le soleil reluisait à toutes les façades repeintes à neuf dès le début du printemps, comme il se devait dans une rue « Dévote, marchande –Trafiquante et gaie, Blanche de servantes- Dès le jour monté. » Cette rue, orientée du sud-est au nord-ouest, court droit sur le fleuve. Les matinées y sont donc triomphantes de lumière et nous devinons ce que fut le premier baiser de la jeune mère à son nouveau-né, en ce beau matin clair :

« O ma mère, avec vos yeux bleus,

Que je regardais comme cieux,

Penchés sur moi tout de tendresse… »

Le soleil monta, évoluant dans le plus merveilleux des azurs : celui du printemps, près d’une grande eau mouvante.

Ce jour-là, le vent venait du côté du fleuve. Il entrait librement et caressait d’une souple haleine les maisons de la rue Saint-Paul. Elskamp s’est toujours souvenu de l’air que l’on y respirait, aux temps de son enfance :

« Maritime en tout – L’air qu’on y boit – Sent avec la mer – Le poisson sauré… »

Ensuite, le soleil fléchit en direction des polders de la rive d’en face. Les transbordeurs allaient, venaient, sans cesse, battant des aubes pour faire passer le fleuve aux gens qui, journée finie, rentraient au logis. La nouvelle marée monta. Elle fut haute à 20.15 h. Ramenait-elle au port l’Ortélius ou Le Louis ? Qui le dira ? Mais nous savons que la première nuit du poète se glissa doucement dans « sa rue bien-aimée ». Il dormait, dans son berceau fanfreluché, près de sa mère. « O ma mère, dans mon enfance, - J’étais en vous et vous en moi ».

Dans son recueil : « Dominical » Max Elskamp se présente « avec les enfants du dimanche ». Sans doute eût-il préféré naître « un dimanche à midi », comme Mélisande ? Mais c’était un lundi –jour de la lune- et la lune est bonne aux poètes. Celle du 5 mai 1862 (premier quartier le 6) ne se couchera qu’après minuit. Elle entrera du côté du fleuve, comme le vent et le parfum de l’eau, elle aura eu tout le temps de baigner de rêve la maison de la rue Saint-Paul. C’est à elle sans doute que Max Elskamp doit d’avoir connu l’illusion, Maya :

Maya, l’illusion,

Vous ai-je assez aimée ?

 

La lettre à Van Bever

L’influence de la rue Saint-Paul occupe vraiment toute l’œuvre de Max Elskamp. Il le sait. Il l’écrit dans une lettre très importante pour lui, puisqu’elle est destinée à préciser son travail et son inspiration en vue de la fameuse Anthologie de Van Bever et Léautaud.

(Date de la poste : 20 juin 1907)

« Je crois que j’ai été très influencé par ces choses qui datent de ma petite enfance. Après la vie m’a pris, plus neutre, me semble-t-il, et à part la pratique des métiers, et ce qui touche à l’âme traditionnelle du peuple, peu de choses ont réagi sur moi. »

Sa mère tant aimée n’a pu lui donner l’âme traditionnelle du peuple de la rue Saint_paul, car elle venait d’ailleurs :

O Claire, Suzanne Adolphine – O ma mère des Ecaussines, mais il lui doit la sensibilité nécessaire à l’avoir ressentie, comprise, assimilée. Il a pu en nourrir sa poésie, au point d’être parvenu à lui donner une langue différente de celle que lui offrait la rue Saint-Paul. Je crois d’ailleurs qu’une telle métamorphose fut favorable à la magie si particulière à l’œuvre de Max Elskamp.

L’âme traditionnelle du peuple, le poète ne peut l’avoir reçue que des servantes. A cette époque, et dans toute la bourgeoisie, les enfants étaient, presque totalement, élevés par les servantes. Elskamp s’en souvient : « Bonne nuit, les hommes, les femmes -bras en croix sur le cœur ou l’âme - et rêve aux doigts en bleu et blanc – les servantes près des enfants ».

Retrouver comptines, proverbes, locutions originaires de la rue Saint-Paul, dans les poèmes d’Elskamp formerait l’élément d’une étude bien intéressante. De la nourrice de Juliette aux servantes, qui scandaient pour Max Elskamp l’histoire d’Anna-la-lune, en passant par celles dont Chateaubriand  nous donne le souvenir dans les « Mémoires d’Outre-tombe », que de vigueur, que de poésie leur ont dû nombre de grands écrivains !

Elskamp a reçu du petit peuple de son enfance le goût du folklore, et sa magnifique collection d’objets patiemment rassemblés forme le fonds du Musée d’Anvers. Sa naissance ensoleillée ? Nous aimons à supposer qu’elle soit au départ de sa passion pour les cadrans solaires… Et là, sa sensibilité l’y portant, il fit don, en souvenir de sa mère des Ecaussines, des merveilles qu’il avait rassemblées, au Musée de la Vie Wallonne, à Liège.

Le Calvaire:

« Notre maison, écrit-il encore à Van Bever, se trouvait pour ainsi dire enclavée dans l’église Saint-Paul, et mon enfance s’est passée sous les cloches, au milieu des corneilles et tout contre un horrifique calvaire en grès et cendrée. » On voudrait citer ici tout le poème consacré au Calvaire

Mon Dieu qui mourez à Saint_paul,

Un peu autrement que les autres…

Mon Dieu qui savez les étoiles

Qui fixent à chacun son lot…

Elskamp m’a écrit un jour : « Je crois aux étoiles ». Il croyait aussi à la mer, et le bonheur avait pour lui, comme symbole, un matelot : « Et c’est Lui, comme un matelot – c’est lui qu’on n’attendait plus, - et c’est lui, comme un matelot – qui s’en revient les bras tendus… »

Un matelot ne reste jamais longtemps au logis, si chaud si doux qu’il y fasse. Pour Max Elskamp, il l’a quitté, peu après qu’il eût lui-même quitté la chère rue Saint-Paul. Une grande douleur, une grande déception d’amour l’a emporté :

Un jour où j’avais cru trouver

Celle qui eût orné ma vie,

A qui je m’étais tout donné,

Mais qui, las ! ne m’a pas suivi…

Le père du poète a tenté de le consoler en lui offrant les vastes espaces maritimes : Elskamp, alors, a navigué :

Va, mon fils, je suis avec toi

Tu ne seras seul sous les voiles,

Va, pars et surtout garde foi,

Dans la vie et dans ton étoile !

Elskamp s’est attaché à corps perdu à ses parents, à sa sœur Marie. La mort les lui a enlevées :

C’est vous, mon Père bien aimé,

Qui m’avez dit adieu tout bas,

Vos yeux dans les miens comme entrés

Qui êtes mort entre mes bras.

A sa mère, il a dit :

Et lorsque vous êtes partie,

J’ai su que j’avais tout perdu.

Alors, le poète est entré en maladie.


J’ai dit ailleurs les circonstances de la mort de Max Elskamp, comment je l’appris, et quelles étaient les personnes rassemblées à la table de François Franck ce 10 décembre 1931. On soupait là, après la représentation à Anvers de l’Œdipe d’André Gide : pour cette première, Gide était présent, les Pitoeff, et quelques écrivains d’Anvers. En remémorant, aujourd’hui encore, après tant d’années, l’instant où Willy Konincks, en retard, entra en disant : « Max Elskamp est mort », je puis mesurer la puissance d’émotion soulevée par ces mots. Cependant, le poète en lui se taisait depuis des années… et ses voisins l’entendaient souvent crier dans ses délires… L’émotion fut si profonde, ce soir là, chez Franck, que le regard de Gide fit lentement le tour de la table, en la cueillant à chaque visage comme s’il avait voulu rassembler un herbier du souvenir d’un poète qu’il savait grand.

Je veux citer ici quelques lignes d’un article nécrologique que je possède, auquel manque la signature, mais que je crois dû à André Salmon : « S’exténuant à combattre le désespoir, il passe des années avec Bouddha, mais cette culture de l’idée du néant ne pouvait combler un tel poète. Il traversa le monde d’un pas tremblant – il nous quittait- il s’avançait seul dans la nuit. »

Aux fleurs d’émotion cueillies lors de la mort du poète, par André Gide, et puisque Max Elskamp aimait le folklore, les saints et les fleurs, je veux, à l’occasion de ce centenaire, ajouter deux fleurs qui le concernent particulièrement, il les doit à deux folkloristes : le Baron de Rheinsberg, et Isidore Teirlinck.

La fleur-marraine, offerte par son saint-patron, Maxime, est la « primula véris » ou primevère du printemps, et les servantes de son enfance lui auront dit qu’elle est une clef du Paradis, et vient droit de Saint-Pierre, grâce à qui elle germa dans l’humus des polders… Le 10 décembre, par quelle étrange coïncidence est voué au cyprès. Il figure au jour où le poète sombra dans la mort.

Marie Gevers, Mai 1962, in « Le Thyrse » revue d’art et de littérature, numéro consacré au centenaire de Max Elskamp.

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Max Elskamp

Naissance : 5 mai 1862. Mort : 10 décembre 1931 .

Centenaire : 5 Mai 1962.

 


Hommage de Robert Guiette:

 

La Ville en Ex-voto

 

Sa « petite ville », Max Elskamp la chante dès « Dominical, « la ville de mes mille âmes ». Cette ville en bois, douce ville à bâtir, la ville en rond comme une bague, les bonnes madones aux coins des ruelles. Ce port marchand, cette ville très port-de-mer, il y montre des barques et des grands vaisseaux, et les bâtiments à voiles, les chapelles et les tours et les cloches, c’est toute sa longue litanie qu’il faudrait redire. Poésie frêle, à la voix fêlée. « Mes dimanches morts en Flandre » et « dans la paix bonne d’un pays tendre », avec les petites gens des beaux métiers, la mer à l’horizon.

C’est plus qu’un décor, cette ville, c’est un personnage avec lequel on cause gentiment, à voix basse, retenue, comme pour soi.

Max Elskamp était demeuré très attaché à son vieux quartier de la rue Saint Paul bien qu’il n’y habitât plus. Ecolier, il y retournait passer ses jeudis après midi. Avec son ami, Henri van de Velde, il allait, près de la grande écluse du Kattendyk, à marée haute, voir entrer les bateaux. Les deux amis se mêlaient à une foule affairée d’employés de la douane, de commis, d’affréteurs, de curieux et de femmes aux toilettes extravagantes. C’était parfois « un voilier gigantesque, fatigué et souillé, dont l’équipage composé de nègres agités ou d’hindous lents, n’attendait que d’avoir accosté pour offrir en vente : perroquets, singes, plumes de couleurs éclatantes, peaux d’animaux inconnus, os d’albatros ; ou au départ de pitoyables émigrants polonais ou russes qu’on descendait à fond de cale sans ménagement, avec enfants et bagages ! Spectacles qui fouettaient nos imagination en entraînaient nos pensées si loin, si loin… »

Plus tard, les travaux de rectification des quais entamèrent le plus ancien quartier de la ville, cette « ville en rond » dont il ne reste qu’un morceau. L’ancien pittoresque ne demeurait plus que dans le cœur et la pensée du poète : l’ancien « werf », les quais plantés d’arbres, la population même de ces rues étroites, besogneuses et joyeuses.

Lorsque le lecteur d’aujourd’hui découvre cette image dans les petits poèmes de Max Elskamp, il la compare à ce qu’il voit : la rive droite, tracée au cordeau, les entrepôts et les construction aujourd’hui démodés qui attestaient, vers 1910, la grandeur récente des firmes allemandes fixées à Anvers. Le poète écrivait : « les Rietdijk, les Frascati, toutes les belles prostitution d’antan sont abolies… » ; et depuis, le joli village de Tête-de-Flandre rasé, surgirent les tours, les tunnels et les buildings. Le lecteur se demande alors si, dans les poèmes, ce n’est pas une petite ville ou un village de la Flandre zélandaise que le poète aurait chantée, et non Anvers, cette actuelle grande ville moderne où les anciens monuments et même la cathédrale se trouvent dépaysés. La beauté du spectacle –beauté très réelle encore- est différente de ce qu’a dit le poète. Le fleuve seul, malgré la métamorphose de ses rives, est resté sans doute semblable à lui-même.

Comment imaginer que le poète pourrait encore dans le bruit et le mouvement que nous connaissons, aller bavarder avec les bateliers et les artisans, vanniers et cordiers pour lesquels il avait tant de sympathie ? Les vieux quartiers le voyaient passer, chaque jour, par leurs rues souvent solitaires comme des rues de béguinages, des rues où ne se rencontraient de loin en loin que des vieilles femmes sous leur mante. Elskamp ne se lassait pas d’errer par les vieilles impasses, les cours intérieures, voyant aux murs les madones entourées de guirlandes… Son petit chapeau rond et son macfarlane ne détonnaient pas dans les ruelles grises et mornes. Le poète y poursuivait sa longue méditation.

Que de fois je l’ai vu, vieillard, aller vers les quartiers de son enfance, comme enveloppé de solitude ! Une femme discrète et qui avait dû être très belle, l’accompagnait. Ils ne se parlaient pas. Ils allaient côte à côte, d’un pas sans hâte. Etait-ce « sa » rue Saint-Paul qui l’attirait ? Pensait-il à son poème, à l’église et au calvaire, à ses morts et à son passé ? Voyait-il revivre ses chers fantômes ? Ou bien poursuivait-il sa longue recherche de la Voie ? Refaisait-il la longue route des saints naïfs et des processions, celles des philosophes qu’il avait étudiés, celle de la souffrance et de l’inconnaissable, de cette longue vie qui serait une vie manquée s’il n’y avait les poèmes. Par tout cela, il avançait dans la Voie de la perfection bouddhique, celle qu’il s’était choisie et qui lui était propre.

Le décor désormais n’importait peut-être plus. Le poète avait magnifié sa ville natale, et l’avait réduite en son cœur, en son œuvre, immuable. Comme les vieux marins, du temps des grands voiliers, construisaient des trois-mâts qu’ils enfermaient dans des bouteilles, tout gréés.. Le site, pour jamais à l’image de son cœur, demeurait comme une sorte d’ex-voto de reconnaissance à la vie, tandis que sa pensée plongeait dans d’autres contemplations, hors du temps.

Robert Guiette. (1962)

 

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Hommage à Max Elskamp par Norge

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Collection Robert Paul
Réédition des Six chansons de pauvre Homme suivi de Huit chansons reverdies, Ecrivains réunis, Armand Henneuse éditeur, Avec Préface de Norge.

 

Max Elskamp qui aimait la taille des incunables et l'écriture chinoise nous vient de ces temps, de ces lieux où le geste artisanal devait accomplir la figure d'un texte. Il habillait lui-même ses vers de lettrines et d'ornements qu'il creusait dans le buis, le poirier. Parfois il sculptait tout un poème. C'est ainsi que les mots de Max Elskamp ont appris un poids, un contour, une saveur qui se souviennent des sèves fruitières.

 

La plume court bien vite et les phrases de plume ont des caprices que la gouge refuse. Un mot cerné dans la tablette veut un effort, une fermeté où son pouvoir s'élabore avec ferveur. Il faut scruter et le verbe devient une matière.

 

Voici un Mallarmé de Flandre qui anime son azur de bois. Les formes de l'art populaire sensibles dans les vieilles images de Turnhout ou de Chartres si chères à Elskamp renaissent dans ses chansons traversées du même accent rustique.

Un homme simple, oui, si l'on entend que ce peut être de la façon la plus subtile. Un poète naïf oui, si l'on entend que certaine naïveté connaît mieux que la sagesse. Eh, non, Elskamp n'était ni simple ni candide: un artiste profond, un poète profond qui a choisi farouchement sa vie, sa mythologie, sa solitude. Car ce poète fut seul.

"Fuir, là-bas fuir", le grand inspiré du "Coup de Dés" donnait ce conseil. Et Max Elskamp a fui. C'est dire qu'il s'est donné tout entier à la poésie, lente, obstinée, recluse, - où l'élan de lucidité se recueille dans un langage aussi rigoureux que familier. Les bonnes gens des Métiers oeuvraient de la sorte..

 

Inventeur d'une langue française plus nue que le français -sorte de langue naturelle- que personne ne saurait manier après lui, il se fait entendre de chacun. L'oreille acquiesce tout de suite et le coeur ne peut être long à se rendre.

Nous savons que le poète entretint toute sa vie une longue dispute avec les dieux majeurs de l'inquiétude et du ravissement. Nous savons de quelle gravité passionnée il étreignait les vues de l'esprit. Mais il veut que dans son oeuvre apparaisse seulement la crête musicale de ces contemplations et que ce soit sous les traits de chansons tout unies. Fruits amers de l'incertitude ou grappes éclairées de joie, la main de tous les jours cueille et atteste. Une jubilation d'oiseau, un désespoir solaire, un vent de souvenir dans les agrès, ce feu de l'âtre qui fascine, car les flammes refont tous les visages aimés. Elskamp sait les retenir dans ses rythmes, il sait les durcir, dirai-je les sublimer, nous les proposer touchants, saisis dans leur sourire de stature et pénétrés cependant d'une humanité bouleversante. Mais la poésie ne se raconte pas.

Syllabes détachées dans une cadence aussi vivement en saillie que celle des complaintes, cette prosodie a trouvé "un ton". Peut-on penser à la frappe du marteau sur la cloche dans les carillons du Nord, la rime fixant à la fin de chaque vers son cadre bien fermé? Aucune torsion, nul enjambement; un éclat presque rigide, presque physique, mais quelle vibration émouvante sait le prolonger!

 

La poésie de Max Elskamp trop discrètement diffusée, n'a cessé cependant de susciter des admirations croissantes. Jean Cassou, Paul Eluard, Fr. de Miomandre, Aragon, Pierre Seghers, Fombeure, Follain sont parmi ceux qui la chérissent et déplorent son oubli. cette poésie a subi l'épreuve du temps sans perdre sa résonance. Au lendemain du symbolisme, elle définit dans une forme populaire qui continue la sensibilité du "romancero" français tout en le renouvelant, la primauté des grands sentiments élémentaires et l'avenutre inouïe d'être un homme. Elle avance à pas certains dans le monde intérieur. Elle exprime bien plus qu'elle ne raconte, reprenant ainsi à la musique son bien selon la suggestion de Verlaine. Sa modestie de parure laisse mieux connaître une grâce et une fraîcheur presque difficiles à croire, mais dont il est l'heure de s'aviser.

 

"Je vous salue, ma vie,

D'un peu d'éternité…"

 

Elskamp n'aura pas donné en vain cette salutations parfaite et notre temps la rendra bientôt à sa poésie toute vive à s'élever

 

Si haut qu'on peut monter.

 

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Max Elskamp

Naissance : 5 mai 1862. Mort : 10 décembre 1931 .

Centenaire : 5 Mai 1962.

 

Poème de Norge


Elskamp de bois


« J’ai triste d’une ville en bois,

J’ai mal à mes sabots de bois »

(Max Elskamp)

 

Le petit bonhomme de bois

Dans sa chair taille un poème

Et sa chair est aux abois,

Cet arbre doux, ce bon chêne,

Ce lisse pommier, donneur

De rondes pommes amènes

Est une pulpe souffrante.

Ah, le bois taillé de main

Ferme saigne quand il chante !

Une sève de carmin

Colore toute l’image

Où le monde est engravé.

Et le savent à douleur

Ceux de dur et franc lignage,

Sans Pater et sans Ave,

Que rouge est couleur du cœur.

Et lors, grands âges qui vibrent :

Un petit homme benoît

Pénètre d’amour pour toi,

Pour moi,

Tant la rime que la fibre.

O petit homme de bois

De foi,

O petit homme de croix

De bois.

Norge (1962)

 

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Hommage à Max Elskamp Editions Dynamo

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Collection Robert Paul

Editions Dynamo, Pierre Aelberts, Editeur, 1962, tiré à 40 exemplaires avec un poème liminaire de André Salmon:

 

Ascension de Max Elskamp

 

Max Elskamp, ton nom sur la mer

Ou porté par le vent des dunes,

Elskamp, le refrain doux-amer

Et la complainte en clé de lune.

L'enseigne du vieux artisan

Qu'une Dame à la Proue emporte

la faucille d'un paysan

En marteau pendue à ta porte.

La Madeleine en falbalas.

Madame la Vierge en sa niche

Job sur son fumier de gala

Dans la Maison du Mauvais riche.

Tant de mâts piqués sur la mer

Tant de voiles d'entre les vagues

Sur les flots l'Aimée aux pieds clairs

La Couronne engendrant la bague.

Le Pauvre Homme est resté chez toi

Avec tant de chansons à vendre

Et l'Ange debout sur le toit

En bas tous ceux qui vont comprendre.

En Flandre Pâques a chanté

Devant Noël. Eternité!

 

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Hommages à Elskamp

 

 

Hommages par Carlo Chapelle

 

Par les Editions Dynamo, Pierre Aelberts, Editeur, 1962, tiré à 40 exemplaires avec un poème liminaire de André Salmon:

Ascension de Max Elskamp

Max Elskamp, ton nom sur la mer

Ou porté par le vent des dunes,

Elskamp, le refrain doux-amer

Et la complainte en clé de lune.

L'enseigne du vieux artisan

Qu'une Dame à la Proue emporte

la faucille d'un paysan

En marteau pendue à ta porte.

La Madeleine en falbalas.

Madame la Vierge en sa niche

Job sur son fumier de gala

Dans la Maison du Mauvais riche.

Tant de mâts piqués sur la mer

Tant de voiles d'entre les vagues

Sur les flots l'Aimée aux pieds clairs

La Couronne engendrant la bague.

Le Pauvre Homme est resté chez toi

Avec tant de chansons à vendre

Et l'Ange debout sur le toit

En bas tous ceux qui vont comprendre.

En Flandre Pâques a chanté

Devant Noël. Eternité!

 

Max Elskamp par Charles-Louis Philippe, Ed. Dynamo, Liège, 1951, ouvrage tiré à 40 exemplaires, texte de 1907.

 

Réédition des Six chansons de pauvre Homme suivi de Huit chansons reverdies, Ecrivains réunis, Armand Henneuse éditeur, Avec Préface de Norge.

Max Elskamp qui aimait la taille des incunables et l'écriture chinoise nous vient de ces temps, de ces lieux où le geste artisanal devait accomplir la figure d'un texte. Il habillait lui-même ses vers de lettrines et d'ornements qu'il creusait dans le buis, le poirier. Parfois il sculptait tout un poème. C'est ainsi que les mots de Max Elskamp ont appris un poids, un contour, une saveur qui se souviennent des sèves fruitières.

La plume court bien vite et les phrases de plume ont des caprices que la gouge refuse. Un mot cerné dans la tablette veut un effort, une fermeté où son pouvoir s'élabore avec ferveur. Il faut scruter et le verbe devient une matière.

Voici un Mallarmé de Flandre qui anime son azur de bois. Les formes de l'art populaire sensibles dans les vieilles images de Turnhout ou de Chartres si chères à Elskamp renaissent dans ses chansons traversées du même accent rustique.

Un homme simple, oui, si l'on entend que ce peut être de la façon la plus subtile. Un poète naïf oui, si l'on entend que certaine naïveté connaît mieux que la sagesse. Eh, non, Elskamp n'était ni simple ni candide: un artiste profond, un poète profond qui a choisi farouchement sa vie, sa mythologie, sa solitude. Car ce poète fut seul.

"Fuir, là-bas fuir", le grand inspiré du "Coup de Dés" donnait ce conseil. Et Max Elskamp a fui. C'est dire qu'il s'est donné tout entier à la poésie, lente, obstinée, recluse, - où l'élan de lucidité se recueille dans un langage aussi rigoureux que familier. Les bonnes gens des Métiers oeuvraient de la sorte..

Inventeur d'une langue française plus nue que le français -sorte de langue naturelle- que personne ne saurait manier après lui, il se fait entendre de chacun. L'oreille acquiesce tout de suite et le coeur ne peut être long à se rendre.

Nous savons que le poète entretint toute sa vie une longue dispute avec les dieux majeurs de l'inquiétude et du ravissement. Nous savons de quelle gravité passionnée il étreignait les vues de l'esprit. Mais il veut que dans son oeuvre apparaisse seulement la crête musicale de ces contemplations et que ce soit sous les traits de chansons tout unies. Fruits amers de l'incertitude ou grappes éclairées de joie, la main de tous les jours cueille et atteste. Une jubilation d'oiseau, un désespoir solaire, un vent de souvenir dans les agrès, ce feu de l'âtre qui fascine, car les flammes refont tous les visages aimés. Elskamp sait les retenir dans ses rythmes, il sait les durcir, dirai-je les sublimer, nous les proposer touchants, saisis dans leur sourire de stature et pénétrés cependant d'une humanité bouleversante. Mais la poésie ne se raconte pas.

Syllabes détachées dans une cadence aussi vivement en saillie que celle des complaintes, cette prosodie a trouvé "un ton". Peut-on penser à la frappe du marteau sur la cloche dans les carillons du Nord, la rime fixant à la fin de chaque vers son cadre bien fermé? Aucune torsion, nul enjambement; un éclat presque rigide, presque physique, mais quelle vibration émouvante sait le prolonger!

La poésie de Max Elskamp trop discrètement diffusée, n'a cessé cependant de susciter des admirations croissantes. Jean Cassou, Paul Eluard, Fr. de Miomandre, Aragon, Pierre Seghers, Fombeure, Follain sont parmi ceux qui la chérissent et déplorent son oubli. cette poésie a subi l'épreuve du temps sans perdre sa résonance. Au lendemain du symbolisme, elle définit dans une forme populaire qui continue la sensibilité du "romancero" français tout en le renouvelant, la primauté des grands sentiments élémentaires et l'avenutre inouïe d'être un homme. Elle avance à pas certains dans le monde intérieur. Elle exprime bien plus qu'elle ne raconte, reprenant ainsi à la musique son bien selon la suggestion de Verlaine. Sa modestie de parure laisse mieux connaître une grâce et une fraîcheur presque difficiles à croire, mais dont il est l'heure de s'aviser.

Les chansons que nous donnons ici comme une douce clé de ce lyrisme puissent-elles ouvrir des coeurs à la connaissance des "Enluminures" et de "La Louange de la Vie". Elles ont déjà la patine des matières nobles qui peuvent embellir en vieillissant.

 

Je vous salue, ma vie,

D'un peu d'éternité...

 

Elskamp n'aura pas donné en vain cette salutations parfaite et notre temps la rendra bientôt à sa poésie toute vive à s'élever

 

Si haut qu'on peut monter.

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Inscription à ART'M salon des arts

2eme Salon Auriolais des Artistes




Samedi 7 et Dimanche 8 mai 2011
Château Saint Pierre-13390 AURIOL

Invité d'honneur : Solange BELLET - Sculpteur


Dans le cadre  du Château Saint Pierre, l'association « À la Croisée des Arts Auriolais » organise son 2èmer salon d'Art ouvert aux artistes de toute expression.

L'objectif est de favoriser les échanges culturels entre les artistes et le public en toute convivialité.

Les exposants disposent d'un emplacement dans les allées du parc, en bord de pelouse ou de pièce d'eau ou encore à l'ombre d'arbres.

Des animations culturelles et artistiques (danse, thêatre, musique) agrémenteront ces journées

Une rencontre festive à l'approche de la fête des mères.


CONVENTION

Article 1 : les exposants
ART'M est une manifestation ouverte à tous les artistes affiliés ou non à la maison des artistes. C'est une manifestation où se conjuguent toutes les formes d'arts ou de manifestation artistique.
Ne sont pas admis les galeries d'arts et les regroupements associatifs ayant une activité de galerie d’Art.
Est interdit toute revente d'œuvres non crées par l'exposant (reproduction, imprimés, photocopies). Les copies d'œuvres ne sont pas acceptées.
Le résultat des ventes resteront acquis à l'artiste.

Article 2 : INSCRIPTION avant le 15 avril 2011
Les inscriptions seront enregistrées à réception du dossier dûment rempli, signé et accompagné par chèque correspondant (tout dossier non conforme sera immédiatement rejeté).
Le bulletin sera accompagné d'une présentation succincte de la démarche de l'artiste et d'une photo d'une de ses créations (souhaitée).

Aucune inscription ne sera admise le jour même.



Article 3 : Emplacement
Les emplacements seront attribués sans distinction par ordre et date d'arrivée. Une fois la totalité des emplacements attribués, une liste d'attente sera ouverte. Chaque exposant disposera de 3m linéaire minimum, non équipé, numéroté au sol par bande adhésive. Il appartient à chaque exposant de prévoir tout le matériel nécessaire pour la présentation de ses œuvres (chevalet, grille, table support..) toutefois il sera possible de bénéficier de grilles (1.20mx2m) si vous en faites la demande et en fonction de l'ordre de votre inscription et du stock du stock disponible. Il appartient aux artistes d'installer leur stand.
Les artistes désirant bénéficier d'emplacements contigus devront impérativement le signaler lors de leur inscription.

Article 4 : Installation
pour les deux jours :
ARRIVÉE : Les œuvres devront être mises en place le samedi 7 mai 2011 au matin entre 7h00 et 9h00. L'ouverture au public étant prévue à 10h00, les véhicules des exposants ne devront en aucun cas rester sur le lieu de la manifestation. L'accès en voiture sera possible jusqu'à l'emplacement attribué pour déballer le matériel. Ensuite les véhicules seront garés sur un parking gratuit à proximité du lieu de la manifestation. Puis vous aurez le temps d'installer votre stand.
Une possibilité est offerte pour les artistes qui le souhaitent de n'exposer que le dimanche 8 mai 2011. Ces personnes là devront se présenter le dimanche 8 mai 2011 matin à 7h00. Le prix de l'inscription reste  le même à savoir  35 euros.

DÉPART : Sauf contre ordre express des organisateurs, les exposants devront rester jusqu'au dimanche 8 mai 2011,  19h00 précises. Ce n'est qu'à partir de cet horaire que le rangement du stand sera effectué et les véhicules autorisés à pénétrer dans l'enceinte du parc.

Nuit de samedi à dimanche : le samedi soir, chaque artiste et exposant décroche et emballe ses œuvres. Il se présente au château ou les œuvres seront entreposées durant la nuit. Une ou deux personnes de l'association resteront sur place pour la surveillance. Les œuvres seront rentrées dans l'enceinte du château le samedi soir et réinstallées le dimanche matinpar l'artiste. Le parc sera ouvert à partir de 7 heures le dimanche matin, pour la réinstallation ou l'installation.

Une buvette fonctionnera sur le plateau les deux jours. Un apéritif sera offert par l'association aux exposants vers 12h00 le samedi 7 mai en présence des élus et de l'invitée d'honneur (Solange Bellet) suivi d'un repas proposer au exposant: paëllas, boisson, dessert, café.( voir bulletin d'inscription). La reservation est obligatoire pour la paella. Durant le week end est proposé : un spectacle de danse orientale et un concert : le duo chansong de Claude GRATEREAU et Régis SEVIGNAC (Chansons, guitares)

Article 5 : Divers
La municipalité et l'association « À la Croisée des Arts Auriolais » déclinent toute responsabilité en cas d'accident et en cas de perte, vol, avarie ou autre cause de détérioration occasionnées sur chaque stand et/ou par chaque exposant. Chaque exposant devra contracter une assurance personnelle.

Les organisateurs se réservent le droit d'apporter toute modification à l'organisation rendues nécessaires par des contraintes techniques ou à la demande des autorités officielles.
En cas d'annulation de cette manifestation par les organisateurs, les artistes seront intégralement remboursés. En cas d'annulation pour cause d'intempéries aucun remboursement ne pourra être effectué. En cas d'annulation de l'artiste 5 jours avant la manifestation, aucun remboursement ne sera effectué.
Le chèque sera encaissé à l'issue de la manifestation.
Une campagne publicitaire annoncera cet évènement et un fléchage sera mis en place à partir de l'entrée de la ville.




        2ème Salon Auriolais des Artistes Contemporains
Samedi 7 mai et dimanche 8 mai  2011 de 10h à 19h00
Château Saint Pierre-13390 AURIOL

Invité d'honneur : Solange BELLET - Sculpteur

1 BULLETIN D'INSCRIPTION PAR ARTISTE EXPOSANT
À renvoyer :
À la Croisée des Arts Auriolais Hôtel de Ville Bureau des Associations 13390 Auriol

AVANT le 15 AVRIL 2011

NOM.................................................................PRÉNOM............................................
ADRESSE....................................................................................................................................................................................................................................................................
Téléphone …...................................................email....................................................
Technique utilisée par l'artiste......................................................................................
Contrainte technique de l'artiste (ex : sculpture monumentale...)…………………...............
Êtes-vous affilié à la maison des artistes ?        Oui – Non
cocher la case correspondante :
O j'expose sur deux jours
O je n'expose que le dimanche 8 mai 2011 (sachant que les frais d'inscription restent inchangés)

À JOINDRE OBLIGATOIREMENT AU PRÉSENT DOCUMENT :

1/ Une enveloppe affranchie à 1.30 euros libellé à vos noms et adresse pour recevoir le plan d'installation, votre n° d'emplacement, les invitations... (merci de respecter l'affranchissement).

2/ un chèque bancaire  de 35 euros à l'ordre de « À la Croisée des Arts Auriolais »

3/ une photo d'une de vos créations :

J'ai pris connaissance du règlement relatif à la manifestation « 1er salon ART'M » et j'accepte, sans réserve, les conditions d'exposition et m'engage à les respecter.
Le .........................                                                         souhaits de l'exposant

Signature


Présentation succincte de votre démarche................................................................
…...............................................................................................................................
…...............................................................................................................................
…............................................................................................................................................…..............................................................................................................................
ne pas remplir – réservé à l'organisateur

Date d'arrivée.................................................N° ordre d'arrivée
N° emplacement..........................................Paiement
        2ème Salon Auriolais des Artistes Contemporains
Samedi 7 mai et dimanche 8 mai  2011 de 10h à 19h00
Château Saint Pierre-13390 AURIOL

RESERVATION PAELLA


À la Croisée des Arts Auriolais Hôtel de Ville Bureau des Associations 13390 Auriol

AVANT le 15 AVRIL 2011

NOM.................................................................PRÉNOM............................................
ADRESSE....................................................................................................................................................................................................................................................................
Téléphone …...................................................email....................................................


O je souhaite réserver …........paellas ( 1 assiette de paella -1/4 vin ou eau minérale – café = 11 euros)

    11 euros * …........paella(s)  = …............euros.

Je règle par chêque à la réservation( ordre : A la Croisée des arts auriolais).




Signature


Date
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administrateur théâtres

Le Géant de Kaillass ( Atelier Jean Vilar )

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Atelier Jean Vilar                      Le Géant de Kaillass
Du 15 mars au 1 avril 2011       Compagnie Arsenic

texte de Peter Turrini


Au Parc à Mitrailles à Court-Saint-Etienne
Sous chapiteau numéroté – Navettes au départ de Louvain-la-Neuve
Avenue des Combattants, 19b – 1490 Court-St-Etienne
Représentations à 20h30 sauf le jeudi à 19h30 et le dimanche 27/03 à 15h

Ensuite le spectacle sera visible à L’esplanade Saint-Léonard (Liège) du 26 avril au 4 mai

Tél. gratuit : 0800/25 325  E-mail : reservations@atjv.be

 

 

Un théâtre qui se déplace, qui va vers les gens, qui part à la rencontre des publics c’est le théâtre sous chapiteau. Ce théâtre renoue avec la fête, le conte et le mythe.

 

Dans le village de Kaillass vit un jeune géant qui pleure. Il est le souffre-douleur des villageois moqueurs, qui l’accusent de tous les maux qui les accablent. Il  rêve d’une vie à sa mesure, du  vaste monde au-delà des esprits étroits, qui aurait quelque chose de grand à offrir, un Ailleurs : L’Amérique, lieu de tous les possibles? Un lieu large comme deux bras ouverts, un lieu au large de l’espoir d’exister tel qu’il est. Il est en même temps écrasé par l’impératif de ressembler aux autres. Ainsi son vain souhait de réintégrer la chorale des petits chanteurs de Kaillass, dont il a été exclu, va lui donner le désir chimérique d’acheter «  un pré si grand qu’assis dans l’herbe, il y paraîtra enfin petit. »

  

 Une naine rondelette et délectable, Irmeline tombe amoureuse de lui : voilà l’amour impossible qu’il accueille  certes, mais qui  ne l’empêche pas d’accomplir une odyssée aride qui le mènera de ville en ville à travers l’Europe, de champs de foire en cours royales de Prusse ou Angleterre, jusqu’au  au pied de la tour Eiffel, à la poursuite de son rêve d’enfant.

 

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 Son voyage  héroïque sera comme un conte initiatique, mais hélas un voyage intérieur qui ne le mènera nulle part, tant le trou dans sa poitrine demeure béant et triste. Il s’agit de quitter l’enfance, il faut rompre avec la mère, il faut cesser de croire à la légende par laquelle elle le berce d’une origine mythique et fabuleuse : celle d’un arbre. Il faut, et c’est le comble pour un géant, se décider à grandir, alors qu’il rêve de rapetisser! A peine parti, il veut rentrer dans son village natal. Le géant, bébé sans nom dira : «  Dedans moi, il fait noir. J’ai un tel désir. Laissez-moi de nouveau être avec vous. Est-ce que je peux de nouveau chanter avec les petits chanteurs ? 

 

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 « C’est loin l’Amérique ?  » Grandir est pénible, il tousse, il est chétif malgré son format extraordinaire, et son compagnon de voyage est terriblement avide. « Je veux retourner chez Hannia » « Tu es maboule ? Toutes les célébrités de Berlin rivalisent pour te rencontrer ! Un empereur est assis sur tes genoux et toi, tu veux rentrer dans ce trou perdu ? ». Et le géant alors : « Le trou dans ma poitrine est de nouveau là. » Peut-on combler ce trou avec un cœur qui bat ? Las, l’amour et  la musique sont absents.  Son guide intéressé lui répète sans cesse qu’il n’y a pas d’argent et qu’il faut « avancer ». Un impératif de production fait du géant maladif et incapable de quitter l’enfance une victime de choix, et le tue à petit feu. Il s’éteindra dans le champ originel,  les bras aimants  de sa mère, vaste pré d’amour. Elle n’a jamais reçu d’argent de l’ignoble Crochetailleur.   Mais au-delà de la mort, il y a cet autre amour inaltérable, celui  d’Irmeline  la jeune naine, l’amour au-delà de la mort, qu’elle a perçu tout au fond de ses yeux… Voici une histoire triste comme celle du « Meilleur des Mondes » de Aldous Huxley où John le Sauvage, incapable de se conformer aux impératifs de la société, s’éteint dans son phare. Ici cynisme absolu, les braves villageois récupèreront son image et en feront de juteux bénéfices pour la sainte ville de Kaillass. 

 

 

                                          Très beaux, ces  costumes de cirque ambulant. Belle, la  musique de fanfare joyeuse des bateleurs – le soubassophone étonne – et les voix « d’oiseaux »féminines. Magnifiques, la mise-en-scène et la mobilité corporelle de tous les artistes: une œuvre théâtrale pleine de recherche et d’authenticité. Un spectacle total, fait pour toucher et émouvoir, malgré l’humour grinçant et l’accumulation de scènes grotesques que d'aucuns adorent pour leur dérision.

 

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phrases

Le livre de Johan Theorin fait son travail sur mon imaginaire.. La série s'installe dans ma tête. 

 "l'Echo des morts" en français  est un thriller qui se déroule intégralement sur l'Île de Öland en mer Baltique. 

Je continue d'y pécher les phrases fortes afin de nourrir mon imaginaire. 

Les études se succèdent, petits formats de 40x30  issues de ce type de phrases décrivant l'atmosphère des lieux.

"Katrine était arrivée sur l'îlot. Elle descendit au bord de l'eau, embrassant la côte du regard. Au nord , on voyait que des plages désertes et des bosquets, au sud des prairies avec, au loin, quelques petits cabanons de pêcheurs."

Etude pour mon expo sur l'île de Öland

40x30 acry sur papier gegout adagp© 2011

Grisaille-sur-Oland.jpg

 Peindre l'atmosphère lourde des lieux, atmosphère pesante empreinte déjà des les premières pages des drames à venir. Sans tomber, du moins je l'espère dans l'aspect narratif.

Juste retenir ce qui échappe au regard.

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À la tombée de la nuit

 

PB050209.jpg 

Plongée dans la lucidité,  

Dans l’indifférence complète,

Pensant à la fin d’une fête,

Je goûte à l’insipidité.

.... 

 

Bleu perlé, le ciel est grandiose,

M’offre un décor majestueux,

Un autre tableau fabuleux,

Mais sans gaieté privé de rose.

.... 

 

Une journée fade s’achève.

J’ai pu la sauver de l’ennui.

Somptueuse arrive la nuit,

Un hymne à la beauté s’élève.

....  

3 avril 2006

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12272723689?profile=originalLes « Lettres philosophiques » de Voltaire sont un essai publié sous trois titres différents. Deux versions en 24 lettres sont publiées à Londres, l'une en anglais, Letters concerning the English Nation (1733), l'autre en français, Lettres écrites de Londres sur les Anglais et autres sujets par M.D.V. (1734). Une 25e lettre sur Pascal a été ajoutée aux Lettres philosophiques publiées à Rouen chez Jore en 1734.

 

Exilé en Angleterre à la suite d'une algarade avec le chevalier de Rohan, suivie d'une bastonnade et d'une incarcération à la Bastille, Voltaire, qui s'efforce de "devenir anglais", promet à son ami Thiriot le 26 octobre 1726 de l'entretenir de cette "nation de philosophes". Ce projet se précise en décembre 1727. Dans un "Advertisement", en tête de deux essais en anglais, Voltaire envisage de donner une relation de son voyage d'où il écarte la satire et le pittoresque descriptif. Il se propose d'instruire ses compatriotes en leur faisant connaître les choses utiles et les grands hommes du pays dans lequel il vit. A-t-il déjà jeté sur le papier une partie de l'ébauche que les éditeurs de Kehl publieront? Cette Lettre à M. met l'accent sur les difficultés de l'entreprise, raconte l'arrivée à Londres du narrateur d'abord enthousiasmé, puis décontenancé par le caractère changeant des Anglais. Ce texte est abandonné au bout de quelques pages, et Voltaire se remet au travail dans un tout autre esprit. Il rédige en anglais quelques lettres. Les Letters concerning the English Nation, pour la moitié d'entre elles, ne sont pas des traductions. De retour en France en 1728, il se désintéresse de ces esquisses en anglais et sans doute en français. En 1730, révolté par le sort ignominieux réservé au cadavre de Mlle Lecouvreur, la célèbre actrice, il proteste contre l' excommunication des comédiens, thème repris dans la 23e lettre. Il s'est remis à ses "lettres anglaises" en 1731, y travaille en 1732, complète sa documentation sur Newton, rédige une première version de la lettre "sur M. Locke", ajoute la lettre "sur l'insertion de la petite vérole". En 1733, alors que le livre s'édite à Londres et à Rouen, il envoie au libraire Jore, avec lequel il a conclu un contrat à compte d'auteur, "quelques petites réflexions détachées sur les Pensées de Pascal". En avril 1734, l'ouvrage fait scandale en France. Jore est embastillé, une lettre de cachet est lancée le 3 mai contre Voltaire; le 10 juin, un arrêt du Parlement condamne ce livre "propre à inspirer le libertinage le plus dangereux pour la religion et pour l'ordre de la société civile". Le même jour, un exemplaire est brûlé. Une dizaine d'éditions se succèdent en dix ans. Après 1739, le livre est morcelé entre plusieurs sections des Mélanges, la sentence restant exécutoire; les Lettres seront regroupées en 1818 dans l'édition Beuchot.

 

Sous une forme condensée, les Lettres philosophiques jettent les bases du programme des Lumières. Sept lettres évoquent la situation religieuse outre-Manche. L'enquête sur les quakers est la plus développée: discussions sur leur doctrine, description ironique d'un office, biographie du fondateur de la secte, Georges Fox, historique de l'établissement d'un Eldorado quaker, la Pennsylvanie, qui doit son nom à W. Penn (quatre lettres). La religion anglicane, pourtant dominante, n'a droit qu'à une lettre qui insiste sur la suprématie du pouvoir civil. La suivante, "Sur les presbytériens", loue le pluralisme religieux comme gage de paix civile. Les remarques "Sur les sociniens, ariens ou antitrinitaires" militent pour un déisme indifférent aux dogmes.

 

Quatre lettres traitent de questions politiques. Au terme de longues luttes, la nation a "réglé le pouvoir des rois" qui, "tout-puissants pour faire le bien, ont les mains liées pour faire le mal"; elle a réparti les pouvoirs (lettres VIII et IX). L'essor économique s'appuie sur le grand commerce que la noblesse ne dédaigne pas (X). Ouverte au progrès, l'Angleterre a adopté une politique médicale audacieuse (XI).

Les lettres suivantes montrent ce que peut la pensée dégagée des préjugés et des censures. Consacrées aux grands hommes, elles se donnent pour tâche de vulgariser les conquêtes scientifiques: Bacon, "père de la philosophie expérimentale", le sage Locke qui remplace le "roman de l' âme" qu'a écrit Descartes par son "histoire", Newton surtout qui a découvert le système de l'attraction universelle et a fait avancer la connaissance sur la chronologie de la Terre, sur les propriétés de la lumière.

 

Le quatrième groupe de lettres (XVIII à XXIV) est relatif à la littérature, au théâtre et à la poésie, et porte "Sur la considération qu'on doit aux gens de lettres", "Sur les académies". L'étroitesse du goût ne doit pas masquer l'enjeu: Voltaire réfléchit sur les rapports entre l'État et la culture. Tolérance religieuse, liberté politique, prospérité, appui accordé aux forces vives de la nation, l'exemple anglais met en évidence les carences françaises. Aussi ces lettres sont-elles couronnées par la lettre XXV, "Sur les Pensées de Pascal", qui leur donne leurs assises profondes. Refus de l'angoisse existentielle, pari pour un relatif bonheur terrestre à condition d'aménager la vie sociale, réhabilitation du "divertissement", Voltaire prend le "parti de l'humanité" contre le "misanthrope sublime" et, dans la même foulée, celui des sociétés ouvertes contre les sociétés bloquées.

 

Diffusion européenne pour ce modeste ouvrage lancé conjointement en France et en Angleterre. Ces "lettres philosophiques, politiques, critiques, hérétiques et diaboliques" veulent provoquer un changement de mentalités. Voltaire est ainsi devenu ce "merchant of a nobler kind" évoqué dans l'"Advertisement" de 1727, qui se propose d'éclairer en favorisant échanges et comparaisons. Présente par des parallèles explicites ou implicites, la société française est le point de mire de ces Lettres qui s'appuient sur l'exemple anglais. D'où l'importance des techniques de communication mises en oeuvre: journaliste, le narrateur des Lettres philosophiques enquête, interviewe un bon quaker, Congreve ou la nièce de Newton, Mrs Conduit. Selon un renversement de perspectives, cette Angleterre où "communément, on pense" confère de l'étrangeté à un royaume de France engoncé dans ses archaïsmes politiques et religieux. D'où l'accent polémique de cette brochure animée par l'impatience d'un homme de progrès.

 

Pari sur les valeurs terrestres, les Lettres philosophiques s'efforcent de susciter un processus de laïcisation. Aux angoisses pascaliennes sur la place de l'homme dans l'univers, sur la malédiction du péché originel, Voltaire répond par de tranquilles acceptations: l'homme est "ce qu'il doit être" selon l'ordre du monde, à sa place dans l'échelle des êtres. A l'obsession du salut se substitue une légitime recherche du bonheur; au mépris des activités humaines, une glorification de l'action. Point d'interrogation métaphysique, point d'interférence divine dans la vie terrestre, point de sacré. Ayant fait place nette, Voltaire met l'accent sur le bon fonctionnement de la vie sociale. Les croyances sont reléguées dans la sphère du privé, d'où l'exemple provocant de la Bourse de Londres qui ignore les clivages religieux. Les sectes, nombreuses, se neutralisent mutuellement. L' État doit garder la haute main sur des ecclésiastiques toujours prêts à s'entre-déchirer. L'organisation des institutions garantissant la liberté, une politique scientifique et culturelle hardie: voilà le devenir des civilisations humaines. Alors s'ouvre le champ excitant des conquêtes de la pensée, celui du progrès de l'humanité. Tonique et percutant, n'ignorant rien des misères de l'homme, mais bien décidé à lutter contre elles autant que faire se peut, l'ouvrage a valeur de manifeste optimiste. Profession de foi d'un homme des Lumières, les Lettres philosophiques, qui transforment l'Angleterre des années 1730 en mythe, ouvrent ainsi à la pensée du siècle des horizons nouveaux.

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La valse du temps




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Je, tu, il, nous, vous, elles,

sous un parapluie,

Je, tu, il, nous, vous, elles,

perdus dans la nuit.


Je, tu, il, nous, vous, elles,

sans aucune crainte,

Je, tu, il, nous, vous, elles,

valsant dans le vent. 


Je, tu, il, nous, vous, elles,
Passe, passe le temps! 
        

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Mon écureuil

 

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Un écureuil est mon copin.

Il ose manger dans ma main

Il est gris et blanc,

gourmand et malin.

Il s’assied, la queue en l’air et mange.

Mon écureuil a toujours faim.

Ne laissez pas de cachuètes

S ur une table de jardin

car vous n’en trouveriez plus rien.

Mon écureuil a toujours faim

 

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