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Delirium - extrait diurnes 1

Ébullition

 

Viens, que je te maltraite !
Viens, que je te salisse !

Que je franchisse ta fenêtre

Sous mon pied le verre crisse

Et coupe, et entame

Ma chair et mes larmes

Mes armes me meurtrissent

 

Mais viens donc, puisque je te clame !

Viens, je t’invite !

Nous danserons, et ces dames

Ne seront que des laiderons

Viens, que je m’épande sur ton corps,

Que j’expire entre tes seins

Et que mon esprit vagabonde

Dans le creux de tes reins

 

Sais-tu que tu m’inondes de ton venin céleste ?
Et tu manges mes restes,

A genoux sur ma tombe.

 

Mais je te posséderai, une fois ma vie éteinte

Quand mon cœur qui s’éreinte

Ne battra plus en vain.

 

Alors viens me lacérer et boire à mes entrailles

Le vivant résultat de ton insidieux travail !

Viens si tu l’oses, sois donc la ménopause

Qui empêchera mes sentiments de procréer infiniment

 

Viens, que je te maltraite !

Viens, que je te salisse !

Mes mains nues sur les tiennes glissent

Trempées du même sang.

Mon corps est si dément

Qu’il se prosterne devant toi.


Viens, serpe de la mort,

Viens tuer mon émoi !

Coupe la corde raide,

Coupe, que je glisse !

Viens, que je te maltraite,

Viens, qu’on en finisse !

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Delirium - extrait nocturnes 3

Amaine II

 

J’aime cette courbe un peu folle

Que tu as au menton

Et la rivière de dents

Et le large front

 

J’aime ce sentier malfamé

Qui court sur ta nuque

Et tes épaules ouvragées

Et leurs drapés caducs

 

J’aime ce frisson vicieux

Qui glisse sur tes reins

Et glisse dans mes mains

Et nourrit tous mes vœux

 

J’aime tes lèvres malsaines

Qui couvrent les miennes

Et embrasent, avides

Mes pensées arides

 

J’aime tes mensonges odieux

Qui hurlent dans l’ondée

Et fouettent ma maisonnée

Et trucident mes dieux

 

J’aime tes esquives sifflantes

Qui gonflent mon instinct

Et pétrissent mes seins

De jalousies ardentes

 

J’aime tes bras fermés

Qui repoussent mon corps

Et me forcent à lutter

Et à saigner encore

 

J’aime tes cheveux défaits

Qui hantent mes délires

Et tantôt ils m’effraient

Et tantôt ils m’attirent

 

J’aime ta sueur froide

Que frottent tes doigts gourds

Tes attouchements d’amour

Sont de pures bravades

 

J’aime nos cicatrices

Quand elles se confondent

Et tu caches dans tes cuisses

Le désir qui t’inonde

 

J’aime tes os qui craquent

Avant d’entrer en guerre

J’aime tes poings qui frappent

Avant de toucher terre.

 

 

Mais j’aime par-dessus tout

Les délicats remous

Où tes rêves te plongent

 

J’aime plus que de raison

Observer la passion

Que respirent tes songes.

 

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Delirium - extrait nocturnes 1

Comme une goutte de rosée, tu te laisses choir

Le parfum de la voie lactée

La caresse de la main aimée

Comme une goutte de rosée, que faut-il croire ?

Comme un léger soleil levant, tu t’alanguis

L’ombre du chaton persan

Le regard du petit enfant

Comme un léger soleil levant, qu’as-tu donc dit ?

 

Comme la perle de framboise

Comme le diamant de pomme

Fallait-il que tu m’apprivoises

Pour qu’à présent tu m’abandonnes ?

 

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Si plus tard

Si plus tard

 

Si plus tard l’habitude expose à l’indigence

L’amour de mon baiser pali par négligence,

Soit téméraire et ose ajourner le passé

Stimulant renouveau du geste compassé.

 

M’acculant à la couche en ferme virevolte

Dénude mon regard aux sens de ta révolte

Débauche mon ardeur  au feu de ton désir

Refusant à mon corps le souhait de gésir

 

Profane la morale incitant à paresse

Et agresse ma peau par savante caresse.

De ta bouche gourmande aux flammes de bucher.

Recherche le gibier et fais-le débucher

 

Par cruelle lenteur courrouce mon attente

Et tant que le nectar de libertine entente

Au manque de vertu rejette nos pardons,

Ne crains pas d’exiger le retour de tes dons

 

Abuse du plaisir que je t’offre hypocrite

Fais violence à ma main dont l’embarras t’irrite,

Ordonne la prouesse, exauce l’émotion,

Pour que mon âme exulte au cri de ta passion.

 

Puis le moment venu chevauche ton envie

Et refuse au repos la minute assouvie.

Jette alors sur l’orgueil de l’athlète éprouvé

L’opiniâtre raison du plaisir retrouvé.

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Regret d’amitié.

Regret d’amitié.

 

Requête de vertu, ô combien douloureuse !
Que celle de l’entente abdiquant du plaisir,

Du cœur qui, dévoué, veut l’âme chaleureuse
Emprisonne le corps, s’interdit le désir.

Dans la tienne ma main s'oblige rassurante,
Sans faille de respect, de tangible intention,
Abstraite de vouloir devenir caressante,
Négligeant volupté, défi à l’affection.

Je me dois accepter de l’émoi la rupture
Quand ton corps dans mes bras nargue ma volonté,
Excite tentation de mauvaise aventure,
Laissant croire à faveur, utopisme effronté..

 

Je trouble mon esprit pour qu’il ne soit infâme
Quand ton regard confus, innocent de l’action
Fascine mon tourment, l’envoûte et le diffame
De parole abjurer, désirant délation.

Engageant loyauté, je te fis la promesse,
De présence solide à l’ombre de tes jours
D’un ami consentant à souffrir sa tristesse,
Quand elle te ferait douter de ses détours.

De lui-même, mon cœur défini l’incidence

De l’égard qu’il se doit à sa façon d’aimer
Et de cette émotion perçue en ta présence,
Se refusant alors de tendresse essaimer.

Il me faut de l’amour convoitise soustraire,
Me donnant au bonheur de t’aimer qu’à moitié,
Museler en douceur ce désir arbitraire
Sans jamais éprouver le regret d’amitié.

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journal de bord, jeudi 7 juillet 2011

Sur les chemins de Compostelle ...

 

Si on veut loger en ch'min ...

 

Il y a toute une liste de particuliers prêts à accueillir les pél'rins qui passent dans la région. Dont les noms ne sont cités, a priori, nulle part. On peut les contacter via des sièges principaux de Compostelle, qui peuvent nous les renseigner par téléphone.

 

On est tenu (d'après ce que je lis sur Internet) de présenter, chez les particuliers, le carnet du pélerin.

 

Ah !

 

Je sais qu'on peut s'en procurer, dans les 48 heures, des carnets de pélerin, via le courrier.

 

Ou alors ...

 

Je sais qu'aujourd'hui, nous sommes le premier jeudi du mois. Et que, dans le Centre Ville, rue Saint-Laurent, y a une soirée information, accueil des candidats pèlerins.

Sur place, je pourrais me procurer ce fameux carnet, afin de partir, lundi prochain, sur les ch'mins, dans de meilleures dispositions, encore.

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À propos du crime passionnel

 

  

Le crime passionnel n’a pas de définition juridique spécifique. Il est caractérisé par le mobile,

qui est la passion ou la jalousie amoureuse.

Le nouveau code pénal français stipule:

« N’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes.

La personne qui était atteinte, au moment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes demeure punissable ; toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu’elle détermine la peine et en fixe le régime.art.122-123)

Ce jour, à Montréal le docteur Guy Turcotte cardiologue, après un procès de six semaines a été déclaré criminellement non-responsable par un jury et acquitté de l’infanticide horrible qu’il a commis sur ses deux jeunes enfants, une fille et un garçon.

Les gens s’indignent de ce verdict jugé incompréhensible et la presse commente, virulente.

Or les jurés ont-ils été sages?

Il y a une trentaine d’années, alors que j’enseignais le français langue seconde, dans une école de Montréal, j’ai été affectée par un drame qui survint dans mon entourage. Un matin, j’appris avec stupeur et consternation que Stephen, un de mes petits élèves particulièrement attachant, venait d’être tué par sa mère. Je la connaissais et son enfant me parlait d’elle avec tendresse.

Je sus qu’elle venait d’être abandonnée par son mari qu’elle adorait. Quand elle fut sûre qu’il ne reviendrait pas, en proie à la folie, elle se rendit dans la chambre du plus jeune de ses deux fils et s’acharna sur lui en le frappant avec un couteau puis elle s’en prit à elle-même.

L’aîné, un enfant adopté, qui dormait dans une chambre voisine alerta la police. Arrivé sur les lieux, le père éploré affirma que sa femme avait détruit l’être quelle aimait le plus au monde.

Elle fut internée et je ne sais pas ce qui est advenu de son sort.

Je suis surprise par la similitude de son drame avec celui vécu par le docteur Guy Turcotte.

Il semble que des infanticides deviennent plus nombreux dans des cas de garde partagée.

L’un de mes amis fut terriblement affecté, il y a une dizaine d’années par l'assassinat de la fille unique de l’une ses nièces, une enfant de cinq à six ans.

Je me souviens d’avoir compati au malheur du criminel qui ne supportait pas d’avoir été séparé de sa femme par un beau - père qui le méprisait et voulait accaparer l’amour de sa petite fille.

Alors qu’il avait la garde de son enfant pour une journée, il  la cajola de son mieux et le soir au lieu de la reconduire chez sa mère, il loua une chambre d’hôtel, lui fit absorber un somnifère, l’étouffa à l’aide d’un coussin pendant son sommeil et essaya de mettre fin à sa propre existence. Il fut condamné, par la Cour d’Assises de Paris, à douze ans de prison.

Je m’étais alors interrogée sur la nature de notre équilibre mental et je m’interroge à nouveau.

Montréal 5 juillet 2011

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L'OISEAU SCRIBE...

L'oiseau de son bec fin

S'est arraché une plume...

Il avait plu matin

L'a trempé dans la brume.

 

Dans le ciel arc-en-ciel

Il caressa les mots...

S'avaient le goût de miel

De tout l'amour en trop!

 

L'oiseau était joyeux

Il s'est mis à chanter...

Là-haut tout près de Dieu

Il se mit à rêver!

 

D'un monde calme et fort

De l'aube au crépuscule

Où arriver au port

S'écrit en majuscule!

J.G.

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Que penser

Aurais je loupé un épisode ?

Depuis quelques années je remarque sur beaucoup de sites, des peintures abstraites qui me laisse perplexe

beaucoup de semis de couleurs ou le regard se perd ( avec parfois de rares harmonies de couleurs réussies ! heureusement !!! )

Aucune ossature ni ligne directrice dans la composition, pas d' espace ou l' oeil pourrait se reposer, bref un fouillis invraisembable ou rien ne m' interpelle, sauf de l' ennui et pourtant j' essaye de comprendre mais...

J' ai lu de nombreuses critiques sur ces réalisations et les chroniqueurs crient au génie, bon...

J' ai plutôt tendance à penser que c' est un mouvement de mode qui s' éffritera avec le temps, et que ces " oeuvres " à la chaîne disparaîtront des galeries.

Pour moi une oeuvre qu' elle soit spontanée ou èlaborée minutieusement, dans n' importe quelle discipline, avec de bonnes structures au départ, beaucoup de travail et un peu de chance, arrivera à bon terme même si elle reste parfois sur le coté quelques mois avant de la reprendre et peut être la terminer.

Mais ce n'est que mon avis.  

   

 

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Luciole

Luciole

        Antonia Iliescu

Luciole, larme de lune,

Qui es-tu ?

Ecoute les gouttes de pluie

Elles disent que le destin terni

se joue sur leur peau argentée ;

Elles viennent et s’en vont résignées

comme les larmes, ces gouttes chaudes

qui inondent nos âmes lourdes et nos cœurs,

coquilles fermées de solitude, aux perles

qui pleurent en nous, à l’intérieur.

 

Luciole, larme de lune,

Etoile en quête d’aventure vagabondant

Dans l’univers qui pousse de l’herbe.

Je baisse les yeux pour regarder

le ciel que tu mis à mes pieds

ciel qui tomba sous mes pas

insouciant de ses diamants

que j’écrase, malgré moi, en marchant.

La grandiose céleste nuit

Se fit tout à coup si petite

Que tu la cachas sous un pli.

Et depuis lors, je rêve, je vis,

Je vis en plein soleil qui brille

Et qui s’éclate sur mes jours

et sur mes nuits.

 

28 février 2008
(du volume « Nãscãtorul de perle » - Antonia Iliescu, Ed. Pegasus Press, 2010)

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Les eaux de Saint Jean

Les eaux de Saint Jean

                           Antonia Iliescu

 

Tu lavais tes mains dans les eaux de Saint Jean

Et par ce geste simple se dévoila l’énigme

As-tu donc compris l’étrange paradigme

Qui dessine mon monde né voici un an ?

 

Pas besoin de savon, l’eau se charge de tout

Nettoie l’âme tachetée d’ennuis solitaires

Redorant les désirs qui cessent de se taire

Devant le mystère de cet hiver doux.

 

Tu penses et tu existes dans ce monde cruel

Que je voyais vide avec mes yeux morts,

Où je vis à peine et où je vis à tort,

Cachant mes angoisses sous grimaces pastel.

 

Dorien-musique, gamme en dorien

Notes tristes, timides, aux nuances antiques

Gouttes de sang blanc dégoulinent sceptiques

Sur la roue trop vieille du figé moulin.

 

Tout ce monde nouveau, vieux depuis un an,

Dont les eaux muettes lavent toujours tes mains,

D’où vient-il, du Bien ou bien du Malin ?

Est-il bien réel ou caprice errant ?

 

 (du volume « Nãscãtorul de perle » - Antonia Iliescu, Ed. Pegasus Press, 2010)

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journal de bord, mercredi 6 juillet (2)

"Faudra mettre de l'anti-mite"

 

Ai-je entendu le week-end dernier.

 

On avait rassemblé toute une série de chemises dans une caisse, en vue de déménager une armoire (dans laquelle ces fringues charmants se trouvaient encore).

 

"Faudra mettre de l'anti-mite"

 

OK, OK. J'avais bien compris. Les mites, ça fait des trous dans les vêt'ments. Et y en a pas mal, dans certains coins. Donc, un produit bien adapté est de circonstance.

 

"Faudra mettre de l'anti-mite"

 

Allez-vous en savoir pourquoi j'ai buté sur cette phrase.
Allez-vous en savoir pourquoi cette phrase m'a bloqué.

Allez-vous en savoir pourquoi la crise (d'asthme), lié à un sentiment d'étouff'ment soudain, a failli se déclencher, sur base de cette simple phrase.

Allez-vous en savoir pourquoi je suis dev'nu nerveux, après avoir entendu cette phrase.

C'est bête, non ?

 

"Faudra mettre de l'anti-mite"

 

Ca y est, ça commence à faire tilt.

Ce n'est pas sur l'information (justifiée) que j'ai buté, mais ... sur autre chose.

J'ai du mal, parfois, à identifier les objets, quand je n'ai pas l'habitude de m'en servir. Avec les médicaments, par exemple, j'ai souvent le même problème.

J'ai du mal, parfois, à identifier, visuell'ment, les objets quand je n'en ai pas l'habitude, quand ça ne fait pas partie de mes repères habituels.

A quoi ça ressemble, une boîte d'anti-mites ? Quelle couleur ça peut-il avoir ? Où peut-on en trouver ? Où peut-on trouver une boîte d'anti-mites dans la maison ?

 

Bref : je suis bloqué par l'élément pratique de la situation. J'aim'rais tell'ment qu'on me la montre, cette boîte d'anti-mites.

Bref : c'est un véritable trou dans ma tête.

 

Que de fois ça ne m'est pas arrivé de devoir remplir une tâche (simple, en soi), et de m'en sentir incapable, parce qu'il y avait, à la clé, comme par hasard, une condition à remplir et qui me paraissait ... hors de portée ?

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journal de bord, mercredi 6 juillet 2011

Encore un enrichiss'ment dans mon vocabulaire.

 

"Shatsu" ou "shitsu" : mince, je ne me rappelle plus du mot exact. Ce que j'en retranscris n'est déjà qu'approximation. Qu'importe.

 

Sur ma tournée (de facteur), j'en apprends, des choses.

 

"Shatsu" ou "shitsu". Mot japonais. On l'aura d'viné.

Très curieus'ment, ce mot n'était pas inconnu dans mon oreille.

Le resto "japonais" de la chaussée d'Ixelles, que je dessers, y est-il pour quelque chose ?

 

Ici, le mot recouvrait autre chose.

Une étudiante (qui travaille dans un magasin de sports) faisait toute une étude. Y avait quatre dessins de visages, de morphologie sur sa feuille.

 

S'agissait de savoir comment pratiquer le "shatsu", discipline japonaise qui ressemble un peu à l'acupuncture. Sauf que ... dans ce cas-ci, on n'utilise pas les aiguilles, mais le pouce.

 

Tiens, donc !

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Emma Lapassouze

D’abord on regarde les toiles d’Emma Lapassouze pour les rouges brûlants jetés d’instinct sur leur surface.

Pour les ocres profonds, les terres de siennes et les blancs qui font respirer les carmins. Pour leur lumière. Pour la
franchise et la puissance des lignes de force qui se dégagent de cet ensemble. Puis irrésistiblement, on s’approche et
on tend le doigt. On veut sentir cette matières, ces empâtements qui recouvrent la toile, tantôt lisse et sage, tantôt
grenue et rebelle.

La sensation est surprenante. Une peinture d’émotion et de sensualité, à voir et à effleurer du bout des doigts.


Voir en plein écran

 

Emmal Lapassouze dans l'émission "Regards sur l'art:

 

Page proposée par Robert Paul

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La galerie Calvin à Genève

 

Accrochage réussi  à la galerie Calvin perchée dans la vieille ville de Genève. Ici les peintures restent au frais, cette demeure fait partie des plus vieux bâtiments de Genève.. Le  nom de Calvin ajoute à l'austérité du lieu.. La cité de Calvin ne laisse pas passer le soleil facilement...

J'ai accroché 14 variations de Flo, la plupart date de 2011 avec une dominante rouge vermillon, ou grisaille verdâtre.

de grands formats qui se glissent bien dans les pièces hautes de plafond.

J'aime cet espace que vous pouvez voir sur les photos faites ce matin

Pas de vernissage ici, mais expo de longue durée, de juillet à Octobre

Je vous propose de voir cette expo pendant l'été, si vous passez à Genève.grand mur calvin

bureau calvin

escalier calvin


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Au sujet de la précarité

 

Voilà un sujet qui préoccupe beaucoup de monde aujourd'hui. Après une petite plongée dans le passé, quelques réflexions bien d'aujourd'hui.

 

 

La précarité, voilà un mot qui nous est de plus en plus familier. En tant qu’artistes ou marginaux – souvent ces deux notions vont de pair – cela nous parle immédiatement. Nous l’avons connue cette précarité dans les années 50 avec d’autres personnes qui parfois nous étaient proches, comme ce couple qui s’est battu comme un beau diable pour nourrir les deux enfants qu’il avait eu le courage d’adopter. Avec le recul, certains souvenirs prêtent à sourire. Comme la vision de mon mari démontant de vieux radiateurs dans une maison promise à la démolition, sur les indications de ce voisin et ami. Il paraît qu’à deux nous avons poussés ces radiateurs, sur une charrette à bras, jusqu’au chez un démolisseur. On a ensuite partagé l’argent avec l’informateur. Celui-ci a ensuite démonté en douce des cheminées de marbre dans des maisons promises à la démolition pour les vendre, brûlant ainsi la politesse aux démolisseurs. Toujours dans cet esprit de débrouille, il a liquidé les quelques meubles qu’il avait gardés pour lui, après avoir tourné la page de l’époque où il était antiquaire. Je me souviens d’avoir gardé sa boutique un jour où il devait s’absenter et où il m’avait octroyé un billet de 500 Fr que j’ai été très contente d’empocher pour cette presque sinécure. N’empêche que je paniquais à l’idée qu’un acheteur éventuel aurait pu me poser des questions sur tel meuble ou tel bibelot.

Mon compagnon, de son côté, a travaillé au rafistolage de transformateurs qui devaient être envoyés dans les pays de l’Est et il partageait avec son coéquipier le bénéfice de la vente à la sauvette de quelques kilos de cuivre. Aujourd’hui, en France comme en Belgique, des pilleurs délestent la nuit les chemins de fer de ce précieux métal provenant des caténaires ou d’autre matériel. De temps à autre, l’un d’eux se fait électrocuter. Ce malheureux travaillait-il à son compte ou pour une bande organisée ? Appât du gain ou nécessité de survivre, ce type de vol conduit de plus en plus souvent à des issues dramatiques.

Tout est une question d’échelle. Nous pouvons sourire lorsque, autour d’une tablée amicale, les fidèles potes de notre jeunesse, racontent comment ils trouvaient normal, dans leur état de dèche, de piquer dans les grandes surfaces, de la nourriture mais aussi des jouets, au moment de la Saint Nicolas. A quoi bon épiloguer sur ces péchés de jeunesse ? Il n’y a sans doute pas de quoi fouetter un chat. Mais ce qui se passe aujourd’hui n’est pas anecdotique. C’est toute une partie de la planète qui est contrainte de migrer à tout prix, parfois jusqu’à risquer la mort, pour trouver de quoi survivre. Des exploiteurs de tout poil se pressent au portillon pour faire leur profit de toute cette misère. Passeurs, marchands de sommeil, fournisseurs de main-d’œuvre au noir, maquereaux…

Ces réflexions me sont inspirées par « It’s a free world » film de Ken Loach que j’ai découvert à la télévision ce 9 juin. Angie et sa colocataire Rose s’engagent, en ouvrant une officine de placement de travailleurs clandestins, dans un terrible engrenage, au risque de perdre tout sens moral et toute chaleur humaine. Pas de jugement de la part du cinéaste mais quel monde cruel il dévoile à nos yeux ! « Réussir », gagner beaucoup d’argent, plutôt que de subir un monde du travail sans pitié où l’on est pressé comme un citron, avant d’être jeté. Ecraser les autres, comme on a été écrasé, ne se termine pas en apothéose, lorsqu’on rencontre sur sa route des broyeurs autrement puissants et organisés que soi-même.

 

La précarité est au coin de nos rues, avec la multiplication des mendiants et des sans abri. Cela nous gêne car le spectacle n’est pas plaisant. Pourtant ces êtres déchus sont nos semblables. On n’ose toutefois pas les regarder dans les yeux, comme si la pudeur nous ordonnait  de détourner la tête d’un spectacle dégradant. Je déteste – je l’avoue – les femmes qui mendient en geignant, berçant un enfant qui n’est pas nécessairement le leur. Comme je suis scandalisée que des parents n’aient pas d’autre ambition pour leurs mômes que de les apprendre à tendre la main. Ces enfants pourtant restent des enfants et je m’attendris de les voir courir gaîment sur un quai de métro, avec une belle insouciance, lorsqu’ils cessent un court moment de faire la manche.

La charité que pratiquaient les dames patronnesses ne me paraît plus de mise, à une époque où règne l’Etat Providence. On a beau jeu d’ailleurs de parler des cotisations  que nous versons  à la Sécurité Sociale, pour se dispenser de donner une pièce aux nombreux solliciteurs que nous croisons sur notre route. Leur présence obsédante dans le quartier finit pourtant par nous interpeler.

C’est ce qui m’est arrivé cet hiver, au cours duquel j’ai vu, jour après jour, un homme, entre cinquante et soixante ans, assis en tailleur sur le trottoir, le dos appuyé à une voiture, murmurer à mon passage, une main à la place approximative du cœur : « S’il vous plaît, Madame, pour manger, Inch’Allah ». Là où j’habite, cette référence à Allah doit rapporter car certains Musulmans continuent à faire l’aumône. Pour moi, Allah ou tout autre « bon dieu » sert plutôt de répulsif. Mais, enfin, cet homme, que j’ai vu un jour de grand gel, remplacé par un homme jeune, portant un enfant de trois à quatre ans sur les genoux, il fait à présent partie du quartier.

J’ai appris, par une femme qui sortait de la pharmacie, qu’il a cinq enfants et que, lui, au moins, mendie pour manger et non pour boire.  Je me suis dit, à part moi, que lorsqu’on n’a plus rien, il est assez humain de se réfugier dans la chaleur trompeuse de l’alcool. Je me suis dit, également, qu’il est irresponsable de faire cinq enfants quand on n’a pas un clou pour se gratter le derrière. Toutefois, comme le disait ma belle-mère, dans sa sagesse populaire, l’amour, c’est quelque chose qu’on ne fait pas avec la main, en d’autres termes, c’est une activité pas totalement « contrôlable ».

Si bien qu’un jour, après avoir donné une pièce à cet homme, je lui ai adressé quelques mots. Je lui ai demandé s’il ne recevait rien pour ses enfants. A quoi il a secoué négativement la tête. Je lui ai demandé aussi s’il habitait le quartier. Pas de réponse à cette question mais dans les yeux noirs très doux de cet homme que je regardais de haut – fatalement puisqu’il était assis en tailleur sur le sol – j’ai lu qu’il préférait éviter de répondre. Drôle de contact humain qui m’a bouleversée. Je n’avais pas, d’évidence, à poser des questions. Je n’étais ni flic, ni « bienfaitrice » attitrée, ni de sa culture, ni de sa religion. Alors du bout des doigts il m’a envoyé un baiser, comme pour m’absoudre. J’en suis restée toute bête. Les copains à qui j’ai conté l’anecdote se sont esclaffés. Ils n’ont rien compris à mon émotion.

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Mardi dernier

12272743660?profile=originalJ’ai cueilli un petit bouquet de menthe fraîche

Alors que les perles du rhum cubain

Caressent les zestes du citron vert

Bulles d’eau agitées aux éclats des glaçons pilés

Et quelques gouttes de sirop de canne

Son regard d’azur a rencontré mon regard noisette

Nous avons trinqué : « Santé bonheur »

Autour des astres de tournesol qu’il m’a apportés

Feu et flammes pétales dorés au soleil de juillet

Yeux clos nos lèvres se sont effleurées

Son souffle léger comme une brise d’été

Et sur la branche de l’arbre à papillons

Les oiseaux se sont embrassés

Nada le, 05/07/11

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