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Après les lichens, la pluie..!

"Rain"  après "lichen"

  Cette peinture qui fut très remarquée lors de mon expo en Suéde va rejoindre un intérieur ou il ne pleut pas..

 Cette peinture comme d'autres interpellait les amateurs venus voir mon travail.

 Le fait de mettre une peinture dans la peinture avait un aspect magique pour beaucoup de visiteurs.

 En parlant de visiteurs, je dois dire que malgré la part importante de touristes baillants devant les oeuvres, j'ai rencontré de vrais et touchants amateurs d'art.

 Les suédois comme la plupart des Nordiques sont plus ouverts à l'art contemporain que les Français figés dans leur clichés traditionnels

rain 120x120

 "Rain" acry et marouflage sur toile. 120x120 gegout©adagp2011

 Longue vie à elle. 

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Les Lèvres du Silence

 

 

        LES LEVRES DU SILENCE

 

Silence des forêts

Silence des rivières

Silence des désirs

au soleil de minuit.

 

Les lèvres du silence scellent l'âme des morts.

 

Les belles du sommeil

réveillent le silence

et l'on entend parfois

sur le Chemin des Dames

La voix des fantassins.

 

Ils nous crient en silence :

 

"Je suis un fantassin

et je marche

       je marche."

 

LA VOIX

 

"Il reste dans mes yeux

des traces d'espérance

Il reste dans mes yeux

des souvenirs d'errance

Mais je garde en mon âme

un récit de lumière

où lévite le corps

décharné de l'oubli

avant de m'endormir

AU SOLEIL DE L'AMOUR."

 

Après une visite au Chemin des Dames

et à la Caverne du Dragon dans l'Aisne le 4/10/2003, Jour

anniversaire de la bataille de 1917 (Pure coïncidence)

 

En hommage aux oubliés du temps et aux victimes de nos stupides guerres.

 

Rolande Quivron (E.L.Quivron-Delmeira)

 

 

Ce poème a paru dans la Revue du Grenier Jane Tony.

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Guerre

                                                                  

 

                                                                        

 

GUERRE

 

L'ombre dessus les cases absorbe le silence

Tout stagne, tout pourrit sous Ton Indifférence

Des enfants muets, blêmes,

tremblent d'effroi suprême

   Et l'odeur de la mort plane, rôde sur l'immense plaine.

 

Des cris, halètements des hommes en furie,

Quand donc cesseront-ils

de tuer des enfants ?

Mais qu'a-t-il mérité ce peuple plus qu'un autre

Pour vivre en croupissant puis mourir de la sorte ?

 

Faudra-t-il toujours qu'il y ait sur la terre

Des hommes en folie

bardés de cris de guerre

Et des petits enfants tremblants, muets d'effroi,

Qui Vous tendent les mains en demandant "Pourquoi" ?

 

                                                                                 Quivron Rolande (E.L. Quivron-Delmeira)

             Extrait du recueil "Parallélismes" Ed. B. Altenloh  1970

 

 

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INSTANT FUGITIF

12272749688?profile=originalAprès la lecture d'un texte , devant un paysage , un tableau ,l'écoute d'une musique ,L e coeur soudain se gonfle d'une joie spacieuse "JE SUIS BIEN "Bref instant éphémère d'aucun dirait Etat de Grâce   , Illumination  cet instant fugitif Qui par sa brusque absence induit le désir

François Cheng parle du Vide Médian

"Nous  sommes l'instant

En nous jaillit le jour

Chaque fois pour la première fois

En nous l'instant

En nous le lieu

Nous consentons à être Le jour dans la nuit

Pour toutes une fois "

(Livre du vide Médian )

Toi Ami qui passe qu'en penses-tu ?

 AA( Huile sur carton 50 X60 )

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post mortem


  • Et voici que, ironie du sort..
    Lucian Freud se fait voler le "prime time" par un obscur Norvégien en quête absolue de célébrité.
    J'ose dire que nous serons confrontés à ce type d'événement extrême de plus en plus souvent.
    Pourquoi ? peut-être parce que la "poésie"de l'aventure humaine n'est plus suffisante pour combler certaines frustrations.
    Lucian Freud mettait dans son exercice de la chair mise en avant toute la détresse de l'être humain, détresse et fascination.
    Je pense à Monet paignant les reflets de la lividité post mortem sur le visage d'une de ses proches
    Bacon et tant d'autres ont exploré ce qui me fascine moi aussi.
    Je veux dire que l'acte de peindre et dans ce cas là aussi dans  le plaisir de faire.
    portrait-de-dieu.jpgbon-dos-de-face.jpgEtude pour un corps livide 100x80 gegout©adagp
    portrait en pied de dieu 145x110 gegout 2009©adagp
    La chair.. sublimée par notre regard sans passer par la mitraille, le carnage qui relève d'une frustration
    que les artistes peuvent contourner. Même si les pulsions sont parfois aussi fortes, 
    le fameux passage à l'acte se fera de façon détournée, pourtant la violence est là rampante..


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administrateur théâtres

« Nous ne  s o m m e s  pas toute la misère du monde ! »

 

 Joué devant des dizaines de milliers de spectateurs en Europe, au Canada, à la Guadeloupe…  et en Afrique, le spectacle «  UN FOU NOIR AU PAYS DES BLANCS » a dépassé les 1500 représentations. L’Européen a coutume de dire : « on ne peut quand même pas accueillir toute la misère du monde ! »  Pie Tshibanda rétorque courageusement :

« Nous ne  s o m m e s  pas toute la misère du monde ! » Et de nous conter avec verve son histoire personnelle, celle de son pays, celle de son exil, celle de sa réussite …Et de nous prouver que le genre humain  est à la fois unique et multiple. Que les attitudes xénophobes ne tiennent pas l’analyse rationnelle. Voici un spectacle tout en humour et en finesse conté avec une volubilité généreuse et sans failles. C’est l’occasion de réviser nos jugements à priori, de mettre à la poubelle certains stéréotypes tenaces.  C’est un spectacle qui fait mouche car il est fort toxique pour nos  attitudes sécuritaires et notre repli habituel sur nous-mêmes. 

 

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Il a des armes : de la ténacité, la conscience d’exister malgré toutes les rebuffades, un sourire touchant, une façon d’oser aborder l’autre sans brusquer, convainquant l’autre de ses bonnes intentions et de sa bonne foi. Une pépite d’humour dans le cœur, il désarmera nombre de citoyens Belges majoritairement hostiles à l’arrivée des sans-papiers. Il a aussi une bonne étoile.

Et il est intarissable.

 

Il va démêler avec tendresse  les  questions cruciales posées par son fils : « Papa, pourquoi sommes-nous les autres ? » «  Papa pourquoi t’es tout seul ?  » En Belgique il a découvert ce que c’était d’être « noir », de ne pas être d’abord « un homme ».  Il va démonter les causes lointaines de son exil, les rapports viciés Nord-Sud, les guerres tribales qui faisaient rage en 1992. Ce qui nous est donné à entendre est atroce et effarant. Et si on se bouchait les oreilles?

 

Il va prouver que la misère est dans les villages désertés,  là où il n’y a plus de boulangerie, plus d’emploi  et plus personne qui parle avec les autres.

A l’accusation courante de « Vous venez manger notre pain », il répond finement « Pourquoi pas ? ». Du pain, il en a donné, il a créé une école des devoirs à Court St Etienne, sa maison est ouverte à tous,  il a même créé des emplois.  Si on ajoute un couvert au réveillon, est-on plus affamé, ou bien y a-t-il un peu moins dans la poubelle ?  

 

Un petit détour par Wikipedia nous rassure : ce n’est pas un sorcier, ce n’est pas un funambule, encore moins un fou… En résumé, la famille de Pie Tshibanda est originaire du Kasaï et fait partie des nombreux Congolais amenés au Katanga pour y travailler dans les mines.

Après des études de psychologie à l’université de Kisangani, de  1977  à  1987, il est  professeur en humanités, conseiller d’orientation scolaire et directeur des études dans divers établissements scolaires du Katanga. Il est  enfin psychologue d’entreprise à la Gécamines (Union Minière) à Lubumbashi.

Mais en 1992 une épuration ethnique à l’encontre des Zaïrois originaires du Kasaï se met en place  au Katanga. Mobutu ferme les yeux. Les Kasaïens qui échappent aux massacres, après avoir tout perdu, se trouvent parqués durant des semaines dans des conditions épouvantables dans divers lieux dont la gare de Likasi, en attente d’évacuation. Un train de l’infortune doit ramener les rescapés. Il faut un mois pour couvrir les 1000 km qui les séparent du Kasaï d’origine. Les décès sont journaliers.   Pie Tshibanda nous conte son vécu sans aucun  pathos, avec une dignité remarquable. Néanmoins il estime devoir dénoncer les massacres dont il a été témoin. Il réalise un film vidéo, publie une bande dessinée et écrit plusieurs articles. Devenu un témoin gênant, Pie est contraint d’abandonner sa famille  et le Congo où il est en danger de mort. Il obtient finalement l’asile politique en Belgique.

Il y a « les gens respectable et les bousculables » Nouvelles humiliations et tribulations tout aussi angoissantes. Existe-t-il seulement ? Il en arrive à se poser la question. D’intellectuel estimé, le voilà passé au statut de réfugié. A 44 ans, il se trouve alors confronté à l’exil et à la solitude, aux problèmes de communication et aux différences culturelles apparemment insurmontables. Mais, intrépide, il surmonte  les difficultés, fait  venir son épouse et ses six enfants et fait reconnaître ses diplômes. La suite, c’est sur les planches, devant des milliers de spectateurs stupéfiés, la réconciliation et la générosité brandies en étendard !

 

Pie n’a rien d’Hamelin, il a tout de l’humain. Il est la très belle voix des sans-voix.

 

http://www.bruxellons.net/founoir.html

 

Spectacle présenté dans le cadre du festival « Bruxellons » au château du KARREVELD, le 23 juillet 2011, malgré la pluie !

http://www.tshibanda.be/

 

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administrateur théâtres

Festival de l' Orangerie du Château de Seneffe

12272746871?profile=originalCette année, au Festival de L'Orangerie, Véronique Bogaerts et Patricia Raes ont invité tous leurs amis solistes pour un feu d'artifice musical au cœur de l’été.

… Et si le troisième et le quatrième  soir se rapportent au deuxième, ce festival de musique de chambre est la perle des hôtes de ces bois ! L’orangerie du Château de Seneffe a vécu un 22 juillet étincelant, vibrant, convivial et raffiné. Une soirée consacrée au piano dans tous ses états.  

 

MMM ... : merveilleux moments musicaux!

Un festival de doigts  - de 5 à quarante -  parfois tous sur le même clavier. Des interprètes de  renommée mondiale : Dominique Cornil, Muhiddin Dürrüoglu, Philippe Raskin, Jean-Claude Vanden Eynden, quatre pianistes … deux pianos… et des œuvres allant crescendo dans l’implication du nombre de mains : Scriabine, Ravel, Stravinsky, Czerny, Ligeti,  Rossini, Beethoven, Elgar, Schumann, Chopin. Ce  répertoire fait de  12 joyaux de la musique puisant tant dans le classique que dans le contemporain a enchanté le public enthousiaste massé dans la longue salle de l’orangerie du château.  Mais ce concert extraordinaire véhiculait surtout une ambiance  de joie, de connivence et  de partage. L’ espièglerie des quatre artistes s’ingéniait véritablement à séduire le public tout en s’amusant follement entre eux et avec leur instrument. C’est la transmission de  la joie profonde de la musique qui menait le jeu. Demandez à Muhiddin Dürrüoglu! Et le séduisant Philippe Raskin est toujours aussi craquant! Un contraste frappant dans le climat plutôt morose qui a envahi la Belgique depuis plus de 400 jours. Parole de J-C Van de Eynden qui préfère l’hymne à la vie, l’ode à la beauté, la création du bonheur partagé.

 

 

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Epinglons une interprétation extraordinaire de Dominique Cornil du célèbre Nocturne opus 9 de Scriabine pour main gauche seule … à 5 doigts donc. L’autre main reposant tranquillement sur le genou droit. Mais cette musique est loin d’être tranquille, elle est enflammée, romantique en diable,  éblouissante. Dominique Cornil, sous des dehors sérieux si pas sévères, nous livre des sonorités retentissantes, en force et en nuances. On ne voit qu’une main, on en dirait trois! Cette pièce de musique d’une  prodigieuse subtilité devient d’une expressivité fascinante sous ces cinq doigts à la fois de fer et de velours. Sans compter le jeu invisible des pédales… 

 

Le public ose à peine  respirer quand ces Quatre Mousquetaires de la musique s’attaquent ensemble  à l’Ouverture de Guillaume Tell,  à 40 doigts, sur deux pianos.  Si tout commence dans une ambiance plutôt bucolique et élégante, l’attaque du thème principal est délirante et les 4 artistes ont presque du mal à se retenir de rire et personne ne perd les pédales. Véronique Bogaerts tourne tranquillement les pages, pendant que les artistes s’amusent.

 

Mais le plus frappant dans ce concert c’est l' interprétation fracassante du Sacre du Printemps, fauve et colorée par Jean-Claude Vanden Eyden et Dominique Cornil. L’ambiance est tribale. Il n’y a que deux pianos, quatre mains et c’est tout un orchestre que l’on entend. Mais ici avec un détail, une clarté, une définition musicale intense. Tour à tour se projettent la trépidation de la vie, le bouillonnement, l’apaisement, le renoncement même. Une vraie frénésie contraste avec des éclats de lumière. Cette musique emporte comme un fleuve démonté qui charrie tous les objets de la création. Panta Rhei. Tout coule, tout passe avec rage et déferlement, mais les artistes restent. Radieux. Et c’est l’ovation !

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Des tas d’autres  surprises ludiques ornent ce concert. Signalons ces trois mages penchés de leurs six mains de lumière sur le même clavier, gobant les notes de Czerny – Les trois Amateurs - de leurs mimiques expressives, de leurs œillades complices, anticipant le rire de Mozart, révélant son élégance. Le trio magique se délecte et est délectable. Le final est majestueux et la joie des compères, contagieuse ! C’est comme si on avait déjà bu le champagne ! Sourire massif du public.

 

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Le dernier morceau : « Pomp and Circumstance » de Edward Elgar, l’incontournable des Proms,  sera inoubliable pour les participants que se sont levés, inspirés par J-C Van de Eynden.  Les artistes sont ovationnés et le public se met à chanter à la paix et à la sérénité à retrouver ! Land of Hope and Glory !  Bis très émouvant, le public se lâche. 

Puis c’est la réception comme à chaque concert, dans la verrière de l’Orangerie.

 

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Consultez le programme la fête continue ce soir et demain soir encore!

Samedi 23 juillet 2010 – 20h00  

«Sextuors à cordes de Straus & Brahms – Souvenir de Florence de Tchaikovsky»         

France Springuel, Sarah Dupriez (violoncelle), Véronique Bogaerts & Frédéric d’Ursel (violon), Thérèse-Marie Gilissen & Vincent Hepp (alto)

Programme :

R. Strauss                         Sextuor à cordes extrait de Capriccio

J. Brahms                         Sextuor n° 1

P. Tchaikovsky                Souvenir de Florence

 

Dimanche 24 juillet 2011 – 17h00

« Octuor de Schubert & C° »

Véronique Bogaerts & Elisabeth Wybou (violon), Vincent Hepp (alto),  France Springuel (violoncelle), Christian Vanden Borght (contrebasse), Alain Cremers (basson),Jean-Luc Votano (clarinette), Jeroen Billiet (cor)

Programme :

C. Stamitz                        Trio pour cor, violon et violoncelle

Anonyme 1750                Trio pour cor, violon et bason

F. Schubert                      Octuor

 

 

Lieu des concerts : Orangerie du Château de Seneffe – rue L. Plasman – 7180 Seneffe

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La magie de la pluie

Profitez de l’aubaine,

Fermez vos parapluies,

Oubliez toutes vos peines,

Cueillez ces perles de pluie.

 

Ce sont des gouttes d’amour

Qui tombent en abondance

Elles invitent toujours

À entrer dans une danse.

 

Celle qui rend le cœur gai

Et fait naître l’amour

Dans l’être qui est vrai

Et ne joue pas de sales tours.

 

Petites gouttes précieuses

Glissant le long de la peau,

Perles d’eau merveilleuses

Offrant ce qui est beau.

 

La pluie qui tombe du ciel,

Elle est source de vie.

Quand elle est arc-en-ciel,

Elle produit cette magie.

 

Deneyer Viviane 23/07/2011

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CHANSON BRISEE

 

 

Ils étaient gais parfois les va-t-en guerre, le premier jour

marchaient au pas de l’illusion

blanche encore en sa perspective de bleu

 

Le soleil  y  fondait à foison  des foulées d’espérance

 

Quand  le flanc  de la montagne s’est empourpré soudain.

ils ont cru que le ciel  d’ouest traçait une annonce  de fuhn

ou de tramontane peut être

 

Une brume  enfumée  déjà montait à l’assaut du monastère

alors ils ont compris que feu et sang envahissaient la terre.

 

On n’a plus vu

que leurs chevelures courbées

 

…

Ne résonnait  plus

que la  note trop longue d’ une ritournelle

 

Brisée

 

 

 

 

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LE ROSIER...

Le rosier sur la façade

Eclatait dans un rouge sang

Son parfum était nomade

Si léger et si pénétrant!

 

Le rosier avait grand âge

On ne comptait plus ses ans

Il nous prenait en otage

De son charme envahissant!

 

Le rosier n'est pas bien sage

Tout simplement exhubérant

Il se veut être le présage

D'un bonheur omniprésent!

 

Le rosier me donne en gage

Ses pétales odorants

Je les glisse entre les pages

Du recueil des sentiments

J.G.

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Depuis le 1er septembre 2009 jusqu'au 21 juillet 2011, le nombre de pages consultées du Réseau Arts et Lettres s'élève à 2 598 595 Pages vues.

Ci-dessous le rapport officiel de Google analytics rapportant ces statistiques.

Mes remerciements aux membres actifs du Réseau.

Robert Paul


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SABRE DE MEMOIRE

 

Dans un champ

 

les hommes de Somme

ont creusé des sillons

Ils y dorment encore

sous les éclats de rire ennemi des obus

 

Dans l'herbe,

où le soleil crache l'aube

dans les roses généreuses de l'oubli

que couperont les amants à midi,

 

Sous l'arbre au front courbé

j'ai grandi

j'ai joué

reposé quand la nuit était tiède .

respiré les fleurs empoisonnées.

 

Un matin,

j'étais assise sous le front lourd de l'arbre .

mon sang a coulé

écrivant sur la terre une première ligne.

 

Souvenir rouge de ces âmes

qui hurlent  dans une herbe en pleurs.

 

J'ai lu l'enfant des fleurs coupées .

 

Demain

je voudrais la semer la graine de l'histoire

que soit tranché pour toujours

ce calque des années absurdes

jusqu'aux racines de la bêtise

 

D'un coup de sabre de mémoire.

 

 

 

 

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Retour à la source

"Me voilà revenu dans l’abri silencieux et pur des montagnes."* Quel bonheur que d’y vivre à nouveau !

 

J’ai beaucoup voyagé espérant le trouver ce trésor dont ils parlent. Car c'est depuis des lustres qu'ils propagent ces dires : "Il serait enfoui là, quelque part, au pied d’un arc-en-ciel." Un trésor fabuleux, prometteur de bienfaits, convoité par l’humain…

 

Mes chaussures usées jusqu’à la corde, je les ai abandonnées, affrontant les chemins de mes pieds dénudés, salis, ensanglantés.

 

Mes deux mains ont creusé, détruisant mes dix ongles, écorchant tous mes doigts.

 

Mes pupilles confrontées aux sept couleurs de l’arc-en-ciel éblouissant, ont perdu leur éclat. Brûlés à petit feu, mes yeux sont fatigués.

 

Je me suis égaré croyant à ces chimères et oubliant, ma foi, que c’est sur ce coin de terre que mon cœur est en liesse et mon âme en paix.

 

Dans le creux de la roche, je savoure l’effluve du vent doux. Il caresse mon visage rougi par tant de méprise. Il me souffle à l’oreille : « Pourquoi chercher ailleurs ce qui te tient à cœur ? »

 

Il m’invite à la source, richesse de mes aïeux. Et c’est du bout des lèvres écorchées par l’épreuve d’un voyage insensé, que je goûte à cette eau si claire et si pure. Elle est source de vie, me purifie le corps.

 

Me voilà fortifié, rassasié, apaisé.

 

Deneyer Viviane 21/07/2011

 

*J.Giono

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La pie

La pie est un oiseau

Qui convoite le beau.

Elle aime garnir son nid,

Pour élever ses petits,

 

De mousse, de brindilles

Et de tout ce qui brille :

Une pièce trouvée,

Une bague volée,

 

Aluminium oublié,

Objets pour se mirer,

Faire de son nid douillet

Un splendide palais.

 

Dans la fourche d’un arbre

Dont les branches se cabrent,

Elle construit sa maison,

Le vent au diapason.

 

Il ressemble à une boule,

Ça doit la rendre saoule

D’être perchée là-haut,

Plantée comme un drapeau.

 

Ces chers petits lotis

Dans ce très joli nid

Sont protégés d’un toit

Et traités comme des rois.

 

Cet oiseau noir et blanc

Fait aussi le printemps.

J’aime bien l’observer

Et l’écouter crier.

 

La pie est une bavarde,

Aujourd’hui, il me tarde

De l’entendre jacasser

Avant de s’envoler.

 

En oiseau justicier,

La pie n’est pas aimée

Car elle détruit les nids

Des passereaux mal construits.

 

Deneyer Viviane 21/07/2011

 

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Un combat qui se termine bien

 

Je vous invite à la découverte d'une historiette, inspirée des temps lointains où j'habitais rue des Tanneurs, à la porte des Marolles.

 

 

Cette fois, Antonino en avait assez ! Il poussa brutalement la porte de la remise et donna un coup de pied dans une cage à poules vide.

 

Après le grand soleil du dehors, on y voyait à peine.  Une âcre odeur de poussière et de vieilles choses prenait à la gorge.  Le garçon passa  la  main dans ses boucles drues et écarquilla les yeux. Il aperçut enfin, appuyée au mur du fond, ce qu'il cherchait : une voiturette de glacier, ornée de bouts de miroirs et dont chaque flanc portait sur fond crème un paysage italien.  Le décor lui faisant face représentait le Vésuve couronnant la baie de Naples, du moins pouvait-on présumer que l'artiste n'avait pas voulu évoquer autre chose.

 

Antonino s'approcha et resta en suspens, étourdi par une brusque bouffée d'enfance. Il lui suffisait de fermer les yeux pour revoir les autres panneaux.  Né impasse du Fauconnet, en plein cœur des Marolles, dans le fumet victorieux des caricoles, il avait appris la géographie de l'Italie en interrogeant ce quadruple visage. Aussi à ses yeux le pays de ses pères tenait-il tout entier dans un panorama de Naples, les fontaines de Rome, le palais des doges et l'échelle de soie de Roméo suspendue au plus charmant balcon de Vérone.  Ces naïves illustrations l'avaient gardé plus italien que les tomates frites et le chianti du dimanche.

 

Attendri, Antonino effleura d'une main frémissante le panache du Vésuve, la retira noire de suie et l'essuya au fond de son pantalon.  Par petites secousses maladroites il fit pivoter la voiture.  Lorsqu'elle fut dans la bonne position, face à la porte qui béait à quelques mètres, il lâcha les poignées pour se signer.

 

Si, après tant d'années d'abandon, la voiturette allait s'effriter avant de quitter son abri, son rêve tomberait de même en poussière.  Mais elle se contenta de gémir, coquetterie bien légitime à la fin d'un si longue relégation.  Cette plainte insolite attira la maman d'Antonino au seuil de la cuisine.  Elle resta interdite un instant puis se détendit comme un ressort.

-         Tonio, je t'avais défendu ! La voiture de papa ! Ah ! tête de mule !

 Si la mama l'avait osé, elle aurait giflé son fils, mais il avait dix-huit ans et en qualité d'aîné, la mort du père l'avait sacré chef de famille.  Antonino devina le combat et la considéra d'un œil terrible.  Il ne fallait pas, oh non, il ne fallait pas lui permettre d'arriver à cette extrémité.  Le moyen, pour un garçon giflé par sa mère, d'affirmer qu'à dater de ce jour, il agira en homme, sans se soucier des lamentations féminines ?

La main de la mama retomba dans son tablier et des larmes d'impuissance lui vinrent aux yeux. Antonino se fit câlin.

-  Aide-moi donc à la nettoyer.  Regarde ! Elle est encore toute belle.

La mère alors prit sa revanche.  Elle écarta le jeune homme d'un coup de coude.

-  Laisse donc. C'est mon affaire.  Papa n'aurait pas permis que tu y touches.

Et elle se mit en devoir de récurer la voiturette.  Antonino, autorisé à l'aider, transportait les seaux, rinçait l'éponge et la peau de chamois.  Le nettoyage terminé, tous deux se recueillirent.  Débarrassée du fard de la poussière, la peinture apparut fort écaillée.

    -  Je la repeindrai, fit Antonino avec ferveur.

- Et le Vésuve, tu vas donc peindre dessus et Juliette à sa fenêtre, ce n'est pas possible,   voyons, dit-elle, tout en s'essuyant les yeux du coin de son tablier.

- Alors je ferai des retouches de mon mieux.

Un silence religieux se maintint durant quelques minutes.  La mama le rompit la première.

- Tu vas vraiment t'en servir ?

- Oui, fit Antonio d'une voix forte et le torse bombé.  Je veux reprendre le métier de papa. Je ne veux plus ressemeler des chaussures dans une échoppe puante.  Je veux le soleil et le ciel bleu et… gagner de l'argent.

- Mais, que dira Angelo ?

- Je n'ai pas de comptes à lui rendre, fit-il d'un air à la fois troublé et résolu.

 

Quelques jours plus tard, Antonino quittait l'impasse en poussant la voiturette, toute proprette et fringante sur ses roues bien huilées.  Les cuves étaient lestées de crème glacée que la maman, en l'absence de matériel perfectionné, avait préparé à l'ancienne mode, dans des cuveaux garnis de gros sel.  Ensuite, un fichu jeté sur les cheveux, elle s'était rendue à l'église brûler un cierge.

 

Elle avait fait de même le jour où Antonino était entré comme apprenti chez le cordonnier et elle devait bien reconnaître que cela n'avait pas servi à grand-chose.  Raison de plus pour tenter d'amadouer le Seigneur cette fois-ci.

 

Quant à Antonino, il était debout depuis l'aube et se rongeait les ongles d'impatience.  Il avait vu le ciel prendre des tons fondants de sorbet et s'azurer, il avait assisté à  l'apparition du soleil. Sur le coup de dix heures, il sentit qu'il ne pouvait plus reculer.

 

La première personne qu'il rencontra fut Angelo. Celui-ci dévalait la rue, campé d'un air si hautain sur le siège de son tricycle qu'il semblait chevaucher un destrier.  A la hauteur d'Antonino il ralentit et se pencha vers lui, comme s'il doutait du témoignage de ses yeux puis, d'un coup de pédale impérieux, il accéléra sa descente.  Au bas de la rue il stoppa et attendit, les bras croisés sur la poitrine et il lui reluisait au soleil comme une paire de bottes bien cirées.

 

Le conducteur du Vésuve n'avait pas assez de toute sa présence d'esprit pour retenir sa voiturette qui tintinnabulait gaiement sur les pavés en pente raide.  En novice il ignorait encore comment freiner d'un coup de rein.  Il réussit pourtant de justesse cette première épreuve.  Arrivé près d'Angelo, il s'apprêta à affronter courageusement la seconde.

 

La chair trop bien nourrie d'Angelo et ses petits yeux noirs brillants comme des boutons tout neufs baignaient dans la lueur dorée du vélum en plastique jaune de son tricycle.  Il souriait aimablement.  En glacier moderne, il avait opté pour la traction à essence et de même qu'il avait relégué le joli parasol à raies rouges, il s'était prononcé pour les colorants et la crème minute.  Sa clientèle était nombreuse, son commerce prospère, son crédit auprès des jeunes filles illimité, il avait donc tout lieu d'être content de lui.

 

- Heureux de te voir, Antonino ! Tu es en congé ?

- C'est fini, le cordonnier, fit l'autre avec défi.

- Tiens ! Et pourquoi ?  C'est pourtant un bon métier. Mais pour ce qui est de ça, tu as pris la bonne décision, reprit-il en pointant l'index sur le Vésuve.

- C'est vrai ? fit Antonino avec émotion, voyant poindre une imprévisible entente cordiale.

- C'est sûr ! Au Vieux Marché, tu en auras bien cinquante balles.

    Sans attendre la réponse, il poussa sur le démarreur et s'éloigna en rigolant.

- Je te ferai voir de quel bois je me chauffe, hurla Antonino, en tendant le poing. 

    Et, saisissant sa trompette de cuivre, il y souffla rageusement.

 

   La première heure il ne vendit rien.  Soit qu'il suivît de trop près son rival, soit qu'il signalât sa présence avec trop de modestie.  Chaque fois qu'il était sur le point de sa décourager, il se répétait : Voici une semaine je faisais fondre de la poix sur le réchaud du vieux Léon.  Alors sa poitrine s'élargissait pour mieux humer l'air de la rue et le feu sacré se rallumait.  Son premier client fut un tout petit garçon costumé en cow-boy qui s'enfuit sans payer.  Cet incident l'inclina à témoigner à l'amateur suivant une méfiance exprimée carrément en ces termes : Fais voir tes sous !  La mère sortant d'une épicerie, surprit l'injonction et la prit en mauvaise part.  Antonino s'entendit traiter de gangster et de sale macaroni.

 

Une sortie d'école lui offrit enfin une chance.  Ensuite il cassa la croûte dans un petit café, assis près de la vitre, pour surveiller son bien et de peur de laisser échapper un client.  Cette journée décisive se passa ainsi vaille que vaille, dans des alternatives d'abattement et d'enthousiasme.  Vers le soir, Antonino stoppa dans une petite rue déserte et se mit en devoir de vider ses cuves, afin que sa maman crût que les choses s'étaient passées au mieux. Pendant ce temps il rêvait d'un petit salon de consommation, à front de rue, garni de miroirs et beaucoup plus luxueux encore que celui d'Angelo… Ce satané Angelo qui lui gâtait ses espoirs et apparaissait aux quatre coins de ses rêves glorieux, comme l'ange de Dieu veillant au seuil du Paradis Terrestre.

 

Cette nuit-là Antonino eut une indigestion et se promit de n'être plus jamais obligé de consommer lui-même sa marchandise.  Ce qui ne l'empêcha pas, le lendemain, dès dix heures, de surgir de l'impasse, non en bleu intimidé mais en combattant prêt à tout.  Sondant la rue d'un regard agressif, il aperçut son rival qui enfourchait son tricycle.  Ils étaient trop bien synchronisés pour ne pas y lire un signe du destin.  L'un des deux était de trop ! Angelo fondit du haut de la rue et rasa de si près le gêneur que l'intention de détruire le Vésuve et sa cargaison était manifeste.  Les deux garçons serrèrent les mâchoires en silence.

 

Le duel à mort devenait inévitable mais les pensées guerrières d'Antonino s'évanouirent comme un souffle de vent, à la vue d'une jeune fille en robe d'organdi rose qui surgit au coin de la rue et monta à sa rencontre en balançant les hanches.  Elle lui souriait.  Ravie de commencer la journée par une cliente si accorte, il s'apprêta à prendre la commande mais la fille se contenta de chantonner en passant : Bonjour, Antonino. Puis elle éclata de rire et poursuivit son chemin, sans se retourner, laissant notre ami ému, bouleversé.

 

Qui était cette belle inconnue qui, pourtant, semblait le connaître ?  Une payse à n'en pas douter, débarquée depuis peu de la mythique Italie.  Sa voix chantante confirmait ce que son physique indiquait si bien.  Pas très grande et potelée, la fille avait le teint brun, les cheveux noirs et annelés massés en chignon, l'œil étincelant sous le long sourcil de jais et ses lèvres charnues découvraient des dents éblouissantes.

 

Antonino regrettait fort de n'avoir pu mettre à profit la rencontre.  Il aurait pu… offrir une glace à la jeune fille… Lui demander son nom… Si elle était nouvelle venue dans le quartier ou si elle ne faisait qu'y passer.  Et même, avec un peu d'audace, lui fixer rendez-vous.

 

Son imagination échauffée ne se fixait plus de limites et il n'était pas loin de croire que s'il l'eût voulu, il  n'est rien qu'il n'eût obtenu de cette sirène en rose.  Il faisait une chaleur accablante et peu à peu la veste craquante d'amidon du garçon mollissait aux aisselles.  La sueur perlant sur son visage, il poussait sa voiturette comme en rêve par les rues étroites et ombreuses et il avait soif d'amour et d'eau fraîche.  Il allait, la tête bourdonnante de roman et de soleil, hanté par la voix chaude qui avait si bien prononcé son nom.  Sans y prendre garde il en changeait l'intonation, la gonflant de langoureuse tendresse.  Il allait à pas incertains, ne se souvenant de rien, ni du Vésuve au fond duquel la crème glacée commençait à fondre, ni d'Angelo, ni de ses ambitions marchandes.  Aussi récolta-t-il sans s'étonner la nuée de clients qu'il avait cherchée la veille avant tant d'âpreté.

 

A midi il lui fallut rentrer chez lui pour se réapprovisionner.  Pendant qu'il se reposait, les coudes sur la table, dans la fraîcheur de la petite salle au parfum d'ail et de savon noir, la mama vint tourner autour de lui comme un frelon, grasse et sombre, sans se douter qu'elle dissipait aux yeux de son fils un ravissant nuage rose.   Toute frémissante d'agitation, elle brûlait d'envie de conseiller son fils, de le seconder de son mieux puisque la chance semblait lui sourire.  La pincée de billets jetés sur la table par Angelo avait réveillé dans ses os une soif éteinte depuis longtemps, faute de pouvoir s'épancher.  Elle s'était rappelée les bons jours où son mari faisait choir dans la maison une pluie de piécettes qu'elle empilait avec tant de plaisir, avant de les ranger dans une vieille boîte à biscuits.

 

- Tu sais où tu devrais aller ? Dans les jardins de l'Albertine. Il y a des enfants qui jouent là tout l'après-midi.  Ca t'en ferait de la clientèle !

- J'y avais pensé, assura Antonino, pourtant incapable depuis la rencontre du matin d'une pensée mercantile.  Là-dessus il se leva et se remit en route, renouant avec ravissement le fil arachnéen de sa rêverie.

 

A cette même heure  Angelo venait, comme à l'accoutumée, de prendre possession de l'esplanade de l'Albertine et, laissant venir à lui les gamins, il leur distribuait d'un geste rond de semeur cornets et galettes.  Tout allait à merveille quand il aperçut Antonino et sa voiturette.  Il s'immobilisa.  Ses petits yeux brillèrent comme des couteaux qu'on aiguise et, son cou se gonflant de colère, son bouton de col sauta.

 

Possédait-il un tricycle, un salon de consommation, maintenait-il depuis cinq ans sur la rue du Faucon et extensions le monopole de la crème glacée, pour supporter qu'un apprenti vînt chasser sur ses terres ?  Il se dressa sur ses pédales comme un  coq sur ses ergots, son visage prit une teinte violacée.  Ses bras battirent et retombèrent le long de sa veste avec un claquement menaçant, ses yeux dardèrent un rayon mortel et sur le ruban de sa casquette le soleil alluma un reflet d'incendie.

 

Mais Antonino s'en fichait bien !  Il venait d'apercevoir, se prélassant sur un banc, la jeune fille à la robe rose.  Sa vue se troubla et il lui dédia un tremblant sourire.  Elle le lui rendit et lui fit un signe amical de la main.  La joie cloua le garçon au sol quelques instants.  Cela suffit pour déclencher le drame.

 

L'orage est souvent le fruit des jours les plus aimables et les plus bleus et l'événement s'annonça de la plus gracieuse façon.  La fille se détacha du banc comme une lourde fleur ployant sur sa tige et, ondulante, elle glissa vers son admirateur.  Celui-ci ouvrit d'un geste large ses deux cuves, heureux si elle acceptait d'y plonger les deux mains.  Tel un moineau lissant ses plumes au bord de la fontaine, elle avait en s'avançant de petits mouvements de tête qui mirent des ailes à l'amoureux.

- Te voilà, Antonino.  Donne-moi donc une boule à la vanille.

 

Mais Angelo était descendu de son perchoir.  Cette fois il suffoquait.  Il bondit comme un tigre, saisit la jeune fille par le bras et la rejeta au loin.  Ensuite son poing s'écrasa sur le nez d'Antonino.  Eberluée, la victime poussa un rugissement de rage.  L'amour, la jalousie, la rivalité commerciale, l'humiliation, la colère l'anéantirent puis, le soulevant aux cheveux, le jetèrent dans la bataille comme un tourbillon. 

 

Mais si Antonino était léger et souple et porté par la passion, Angelo était un lourd taureau de combat, rompu à la lutte et aux méchantes ruses et, tenant son adversaire sous le marteau-pilon de ses poings, il semblait vouloir le réduire en poussière.

 

Maria qui vivait le moment le plus glorieux de son existence poussait des cris aigus en trépignant.  Deux agents arrivèrent enfin au petit trot et séparèrent les combattants mais à ce moment Antonino gisait déjà, saignant et meurtri, à côté de sa voiturette, tandis que Maria sanglotait à ses pieds, agenouillée et repentante comme une Madeleine.

 

Il fallut transporter le blessé à l'hôpital.  Pieusement Maria reconduisit elle-même le Vésuve impasse du Fauconnet.  L'agresseur s'en fut passer quelques heures à l'ombre, destin digne d'envie par une journée aussi chaude.  Pendant ce temps l'agitation grandissait dans les deux familles par les bons soins de Maria, courant d'une mère à l'autre, avec une vélocité remarquable.

 

Tantôt elle épouvantait sa tante, mère d'Angelo, en lui peignant son fils dans les griffes de la loi, tantôt elle faisait pâmer la mère d'Antonino, en lui représentant son rejeton sanglant et inanimé sous le scalpel.  Tantôt elle émouvait l'une et l'autre en psalmodiant que les deux garçons avaient failli s'entre-tuer par sa faute.

 

Enfin tout ce bouillonnement retomba et les trois femmes revinrent à la réalité.  La convergence de leurs intérêts les mit d'accord et, chargées de présents, elles s'en furent à l'hôpital.  Antonino était allongé sur son lit, bien sage dans ses bandelettes, fatigué et la tête sonnante.  Le trio entrant sur la pointe des pieds le tira de sa torpeur.  Il crut d'abord rêver et se sentit mal à l'aise, comme s'il devinait que ces trois femmes, les deux noires et la rose, allaient changer son destin, comme des fées prêtes à se pencher sur lui pour marmonner des charmes.

 

La triple apparition s'approcha de son lit.  D'abord sa mère avec un sachet de reines-claudes  puis Maria, les bras encombrés de magazines et, enfin, la plantureuse mère d'Angelo, toute souriante sous ses fortes moustaches, et tenant à deux mains une énorme grappe de raisins ambrés.

 

Alors Antonino connut qu'il ne rêvait pas.  Sa maman se précipita sur lui, le tâta et le mouilla de ses pleurs.  Ensuite, rassurée de le sentir chaud et vivant, elle se laissa tomber sur une chaise et se signa.

 

Puis Maria entra en lice.  Elle se saisit de la main du blessé et, roucoulante, lui demanda pardon.  Elle s'informa en tremblant s'il ne souffrait pas trop.  Antonino se serait volontiers fait hacher menu pour vivre un tel moment.  Aussi fut-il trop heureux de se déclarer nullement offensé et tout à fait dispos.

 

- Mais Angelo ? Il est à la police à présent !  C'est ma faute ! Comme je le regrette ! J'ai voulu taquiner mon cousin, le faire mousser en allant te parler et tu vois ce qui est arrivé.  Promets-moi que tu ne porteras pas plainte, que tu prendras tout sur toi si on t'interroge. Fais-le pour moi et pour ma tante qui est désespérée.  Angelo fera la paix avec toi, c'est juré.  Il te laissera tranquille.

 

Antonino fit un signe d'assentiment.  Bien sûr il était déçu d'apprendre que Maria n'avait été gentille avec lui que pour mortifier Angelo mais il demeurait avant tout sensible à une tendre pression de main, au point d'oublier la brûlure des ecchymoses.

 

Les deux mères poussèrent un profond soupir de bonheur.  Celle d'Angelo déposa enfin sa grappe de raisins sur le lit et eut un sourire tout gonflé de reconnaissance. 

  

Impuissant et superbe, Antonino flottait entre deux eaux, dédaigneux de savoir quel coton lui filaient les trois Parques penchées à son chevet.  Amoureux et l'esprit envolé, il sombrait dans le sommeil, seulement relié au monde des vivants par la paume tiède qu'il continuait à serrer.

 

                                                                                                       MARCELLE DUMO NT

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Le mythe de l’arc-en-ciel

Le mythe de l’arc-en-ciel

Antonia Iliescu

            Au commencement, avant le verbe même, fut l’amour. Il jaillit du cœur du Grand Peintre, qui habitait des cieux bleus, limpides et lointains. Il surgit comme un rayon de soleil rebellé par la monotonie d’une brillance trop étroite, toujours dans un même bouquet. Le rayon s’est envolé aveugle et aveuglant, tout droit vers le cœur le l’homme qui n’avait pas encore connu l’amour. Le Grand Peintre voulait lui en faire un cadeau. Mais celui-ci cria:
            - Arrête! Il y a trop de lumière. Je ne vois plus rien et je ne sens qu’une brûlure qui me fait mal. C’est ça ton cadeau? ! Tu peux le garder pour toi.
            Le mortel a couvert ensuite son âme avec des plaques lourdes d’ombre, qui tenaient son cœur enchaîné. Le rayon impuissant revint humblement dans le cœur d’origine, en demandant pardon. Mais l’inclémence fut amère. Le Grand Peintre l’a écrasé avec la foudre du ciel. « A quoi sert la lumière si elle n’apporte que l’aveuglement  et n’est pas capable de remplir l’obscurité de l’homme ? »  Avec haine Il frappa Sa propre lumière. Le rayon se cassa alors en sept morceaux et chacun avait une autre couleur. Pour parler à l’homme, le Grand Peintre choisit la couleur rouge, car il aimait passionnément toute chose qu’il avait créée :
             - Si tu n’acceptes pas mon don et si tu ne réponds pas avec le feu du sang, avec les flammes pourprées de l’enfer, avec la pureté des pétales rouges des roses, alors je mourai dans le ciel et ce sera dommage. Je suis né de lumière et je m’y suis arraché uniquement pour toi, pour te montrer la couleur de l’amour. Ne la chasse pas, ne l’éteins pas et n’essaye pas de la diluer. C’est la couleur de ma passion et je te la donne. La voici !
            En disant ceci il jeta dans le ciel la couleur qu’il cachait dans son poing serré. Soudainement un cercle rouge comme le sang est apparu à l’horizon  qui demeura suspendu et humble, comme un homme voûté qui mendiait pardon. L’homme ébahi a levé ses yeux vers le ciel : - Quelle beauté ! Un arc de feu qui m’enveloppe dans des flambées rouges, ardentes. C’est quoi ça ? Et à quoi ça pourrait servir ?
            - C’est l’amour. – a répondu Le Grand Peintre. - Tu verras toi-même à quoi il est bon si tu ouvres ton cœur pour y recevoir sa chaleur.
            L’homme dit alors :
            - Il est trop grand ton amour et ma passion serait insupportable. Tes dons me font mal. Je ne peux pas les endurer. Le rouge est trop rouge et mon sang me brûle.
            Le Grand Peintre versa quelques larmes sur le cercle de feu. Et là où tombèrent ses larmes de lumière, le rouge devint orange.
            - Tu es content maintenant, homme ? Peux-tu sentir mon amour ? Es –tu prêt à le recevoir?
            - Il est trop chaud ton amour, il me brûle. Je ne le comprends pas. Va-t-en avec ton cercle et laisse-moi tranquille, dans mon obscurité. Je ne veux pas de toi ! Ni de tes dons. Tu me fais souffrir.
            Mais Le Grand Peintre n’écoutait pas ce que l’homme lui disait. Il continuait à travailler en silence, avec application et patience, pour vaincre Le Grand Obscur. Il a pleuré encore pour l’ignorance et la dureté du monde qu’il avait fait un peu trop vite. Mais il a pleuré d'avantage pour sa propre douleur, quand, pour la troisième fois, il dut réduire sa brillance pour pouvoir se faire un peu de place dans le cœur étroit et obscurcit de l’homme. Et les dernières larmes versées sur le cercle orange, gardé à l’extérieur par celui de feu, ont fait naître un troisième cercle, jaune et lumineux, qui exprimait le mieux la joie et le triomphe de l’amour, l’ouverture de l’esprit de l’homme vers le monde.. Les trois cercles concentriques se dressaient victorieux dans le haut du ciel, au-dessus des ténèbres de l’homme, sans pour autant les éteindre. L’homme était toujours mécontent :
            - Garde tes cercles ! Je n’ai pas besoin d’amour. J’ai tout ce qu’il me faut. Voilà, j’ai les forêts vertes et les fruits doux et multicolores et le ciel bleu et le soleil. Je ne peux pas le regarder, c’est vrai, mais sa chaleur me suffit. J’ai tout ce qu’il me faut pour être heureux. Pourquoi me faudrait-il l’amour? Et de toute façon, tout ce que j’ai ici, sur la terre est beaucoup plus beau et plus utile que tes cercles gribouillés inutilement dans le ciel.
                Alors Le Grand Peintre a cessé de pleurer. Il a pris une poignée du vert des forêts, pour que l’homme puisse espérer au besoin. Et il en a fait encore un cercle qu’il a placé soigneusement à côté des autres. Ensuite, il mouilla son pinceau dans le bleu du ciel des eaux, en  modelant un autre cercle, le maillon nécessaire pour donner à l’amour un peu de poésie. Il le rangea à côté de celui de l’espoir. Finalement Le Grand Peintre a encore travaillé artistement deux cercles dans les couleurs des safrans des fleuristes de printemps et d’automne, indigo et violet. Ces couleurs promettaient à l’homme l’ascension par amour, jusqu’au rang de Dieu. Contant, Il regarda son œuvre :
                - Je vais le nommer arc-en-ciel. J’espère cette fois-ci qu’il plaira à l’homme. Surtout parce que je n’ai pas ajouté le cercle marron, pour que la sagesse n’entrave l’élan du cœur. Maintenant mon œuvre a tout ce qu’elle lui faut pour exprimer l’amour, sans trop brûler, sans blesser ou aveugler. Il a des couleurs chaudes et des couleurs froides. Il peut les mélanger et les doser tout seul, selon son propre désir. J’y ai mis toutes les couleurs des paroles qui expriment l’amour dans le langage et le rythme de son cœur. Le vide qui a laissé en moi le rayon rebelle me fait mal, car j’ai dû tuer sa lumière pour en faire des débris colorés, pour que l’homme me comprenne. Mais lui est une partie de moi, tel que le rayon fut une partie de Ma Force. Je vais sûrement le récupérer au fil des siècles, si l’être humain comprend mon message… Et disant ainsi, Le Peintre brisa le cercle de feu multicolore en deux parties égales. L’une fut jetée sur la terre, sur le chemin de l’homme et l’autre fut mise dans son cœur. Qui sait quand il en aura besoin ? … Mais le mortel, voyant la merveille, dit :
            - C’est beau ton arc-en-ciel, vraiment beau. Je peux le regarder sans souffrir, ses couleurs ne me font plus de mal, au contraire, je les trouve belles. Mais je ne vois pas sa raison d’être. Pourquoi t’es-tu donné autant de peine pour si peu ? Et regarde, il n’a duré que le prix de quelques minutes. Une demi-heure peut-être… Mais c’est peu. Tu t’es donné trop de mal pour quelque chose de tellement éphémère..
             Le Grand Peintre trouva cette fois-ci que l’homme avait raison. Il se creusait la tête : comment pourrait-il redonner à ce merveilleux jouet céleste, sorti du profond de son être démiurgique, sa fonction originaire ? Et surtout comment pourrait-il le faire durer, au-delà du souffle léger et chétif des gouttelettes diaphanes de l’air d'après la pluie ? L'inspiration divine lui vint au secours. Il appela l’espiègle Cupidon, le divin enfant qui jouait au ballon sur les terrains vagues du ciel. En faisant sortir de son cœur l’autre moitié d’arc-en-ciel, mise en réserve, lui dit :
                - Mon petit, vois-tu ce demi-cercle ? Dis-moi, comment pourrais-je le mettre au service de l’amour, contre les ténèbres de l’homme ?
            Cupidon était fou de joie. Le Grand Peintre lui avait confié en fin une tâche importante, lui donnant ce jouet sérieux. Très heureux de pouvoir intervenir lui aussi dans le destin de l’homme, il prit l’arc-en-ciel et il cibla le mortel. Tout à coup les couleurs se mélangèrent dans un tourbillon de lumière, se caillant en rayon de soleil. Le petit Cupidon en fit une flèche et visa le cœur de l’homme. La flèche de soleil redevint arc-en-ciel dans son cœur.  Il sentit d’abord une brûlure dans la poitrine, ensuite une vague  chaude lui inonda le corps. Et pour la première fois l’arc-en-ciel parla à l’humain. Il lui dit que quelqu’un l’attendait très loin, à l’autre bout du monde. Alors il vit pour la première fois la femme triste. Il l’a vue avec les yeux de l’amour, malgré la distance qui les séparait.
            La femme triste regardait ahurie les couleurs apparaître sous ses yeux, couleurs qui changeaient toujours s’embrassant l’une l’autre, prêtes à se dissoudre l’une dans l’autre.
             - Qu’est-ce que c’est beau ! –disait-elle. – Pourquoi donc cette merveille issue soudainement du gris du ciel ?
            L’homme scruta ses profondeurs et vit l’amour colorer l’âme et sa solitude.
            - Qu'elle est belle mon âme maintenant, inondée d’amour ! Et tous ces sons célestes qui tissent des couleurs en moi ! L’homme prit sa flûte et commença à chanter . Son amour y sortait vêtu de nostalgies et désir. Et, comme un serpent hypnotisé par cette musique magique, il partit à la rencontre de la femme. Il suivit les traces de l’arc-en-ciel et arriva dans une forêt où habitait la femme triste. Quand il l’a vue aussi petite et grelottante, les yeux dans le ciel, une vague de tendresse le prit soudainement. Mais la tristesse ne le quittait pas : « Maintenant que j’ai senti la douceur de l’amour et que j’ai vu à quoi il est bon, c’est encore pire. J’ai peur de commencer d’y goûter, j’ai peur qu’il n’en finisse pas. J’ai tout simplement peur.» Et l’homme toujours mécontent, ne cessait pas de bougonner dans son obscurité.
            Cupidon flécha alors la femme triste. Et là où l’arc - rayon de soleil mourait dans le cœur de l’homme, il commençait à naître dans le cœur de la femme, dessinant ainsi un cercle multicolore, brillant et chaud, qui unissait les terriens par la Grande Force de l’Amour.
          Et le cercle de feu roule toujours, tantôt dans les humains, tantôt dans le ciel.
_______________________________________

(fragment du volume « Arc-en-ciel aux humains » par Antonia Iliescu, Ed. Libra Vox, Bucarest 2002)

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UN PEU DE REVE.........

12272745658?profile=original                                                                                Par ce dessin adorable de mon ami Silver un poème d'Emily Dickinson me semble tout à fait en accord une centaine d'années après!!!  par les mots d'un romantisme puissant et la douceur et la force de cette esquisse je vous invite à me donner votre avis


"Nous voyagions depuis longtemps
Nos pieds étaient presque arrivés

A cette fourche étrange de la route de l'Etre

Lieu -dit -l' Eternité-

Notre allure soudain se fit craintive -

Nos pas timides hésitants

Devant des villes -mais entre - Elles et nous

La forêt des Morts -La Retraite

Hors d'Espoir

Derrière le Route Scellée - Le drapeau Blanc de l'Eternité

Devant -

Et Dieu - à toutes les Issues - "

 

"Lieu - Dit L'Eternité " poèmes Emily Dickinson Points

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