Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16185)

Trier par

Cent mille fois encore

Cent mille fois encore

 

Cent mille fois encore à la lumière blême

Virevolte l’image, un reflet jaillissant,

Fantômes en cortège, irréel ravissant.

Déjà le petit jour, farandole ou carême.

 

Ce n’est pas que parfois, me croiras-tu jamais,

Tes gestes, ton visage et ta chère silhouette

Dessinée à ravir, quelle riche palette,

Me donnent le vertige, au plus haut des sommets.

 

C’était avant-hier et c’était aujourd’hui,

Notre histoire s’écrit, une œuvre sans rature,

Des joies et des plaisirs, souffrances qu’on endure,

Instants où à jamais, le bel âge s’enfuit.

 

Ne pas se retourner, ni pleurer ou se plaindre,

Regarder devant soi, car est belle souvent

La raison qui construit, elle chasse le vent

Et permet d’avancer, sans tricher et sans feindre.

 

Les printemps ont passé et aussi les hivers

Je ne m’étonne plus et flirte avec l’automne

Le chemin était là, il n’y a pas maldonne

Me suis trompé parfois, mais les yeux grands ouverts.

Lire la suite...

To be or not to be

To be or not to be

 

S’il n’y a plus pensée ou désir exprimé,

S’il n’y a plus combat, douleur insoutenable,

S’il n’y a plus ailleurs, chimère inoubliable,

S’il n’y a plus ressort qui te tient animé

 

Quand tombe encor le soir sur ton rêve arrêté,

Quand s’efface l’espoir qui portait ta gaîté,

Quand te restent les pleurs et ton amère peine,

 

Où aller pour agir, encor croiser le fer ?

Où aller pour oser démolir cet enfer ?

Où aller pour crier si tu n’as plus la haine ?

 

Il ne te reste ici pauvre esprit déprimé

Il te reste à te taire, en l’univers minable

Il ne te reste rien, issue impitoyable

Il te reste la mort, où tout s’est abîmé

 

 

 

jo cassen

De Routes en Art

ISBN 979-10 90120 13 06

Lire la suite...

Monologues

I

Bien faire ou ne pas faire

Je vois mon voisin qui s'affaire.
Chaque jour, il a fort à faire,
S'appliquant à faire et défaire
Ayant le désir de parfaire.

Le plus souvent, moi je fais faire
Pour n'avoir pas à faire refaire.
Dehors, j'apprécie ne rien faire,
Sans aucun souci à me faire.

Pour pleinement me satisfaire,
Ce que j'ai grand plaisir à faire,
C'est flotter sur l'eau. Quelle affaire!
Le corps en croix, se laisser faire!

II

Dire ou ne rien dire?

Certains se plaisent à prédire,
D'autres s'acharnent à médire,
Et des rancuniers à maudire.


Quand on pense avoir à redire,
On ne devrait pas s'interdire
D'oser combattre certains dires.

Or, avec le temps, c'est à dire
Devenus vieux, on laisse dire,
On s'est lassé de contredire.

 

5 juillet 2009

Lire la suite...
administrateur partenariats

12272931465?profile=original


Le lac de Warfaaz

Romantique plan d'eau ancré dans un vert bocage,

  situé non loin de Spa. Il invite les promeneurs tranquilles à

une pause dominicale bienfaitrice...

 

Les familles de la région s'y promènent ,

les pêcheurs nombreux s'y retrouvent, échangeant leurs commentaires

sur de fiers trophées, et des fiancés énamourés rament langoureusement,

emmenant leur belle sur un canot de bois pour compter fleurette

depuis plus de cent ans ...

 

Notre équipe,

Adyne Gohy, Jacqueline Nanson et moi-même !

 

12272931279?profile=original12272931878?profile=original


 

12272932274?profile=original

 

12272932469?profile=original

 12272932886?profile=original

Des promeneurs intéressés...

Notre objectif était -cette fois- de peindre l'eau et ses reflets.

Adyne nous fit une démonstration très intéressante des différentes manières

d'aborder le sujet...

Et voici le résultat !

12272933860?profile=original

 12272934080?profile=original

 12272934897?profile=original

 

Cette séance fut d'autant plus agréable que notre amie aquarelliste

Jacqueline Nanson

nous a fait le grand plaisir de se joindre à nous !

Une chouette après-midi, entrecoupée de rires et de petites causettes ,

bavardages avec quelques visiteurs  admiratifs ...

Du bonheur, une fois de plus !

  

A bientôt !

Jacqueline, Adyne et Liliane

Un partenariat

Arts  12272797098?profile=originalLettres

 

 

Lire la suite...

La lame et les larmes

12272936255?profile=originalJe me tenais là,
droit et fier.
Fier de mes origines,
fier de mes racines.
Je me tenais là,
solide et protecteur.

Puis il est arrivé,
Mais point je n'ai bronché.
Puis il m'a regardé,
et ses yeux m’ont effrayé,
C'est alors qu'il a frappé, frappé
et encore frappé !
J'ai vainement tenté de résister.
Il n'a eu de cesse de cogner,
Le métal profondément m'a meurtri, blessé
de tout mon poids je me suis affalé...

Sa lame a gagné,
le bûcheron m'a tué,
et des larmes se mirent à couler...

C.Michaux – février 2012

Lire la suite...
administrateur partenariats

12272926075?profile=original

La Chapelle de Tancrémont

Près de Theux,  construite en 1895, lieu de pèlerinage,

elle abrite un Christ en bois,

une statue découverte dans un champ voisin en 1830.

De nombreuses légendes circulent sur ce Christ aussi appelé

" Vieux-Bon-Dieu "

12272926480?profile=original

Des analyses scientifiques (au carbone 14 ) le date du IXe siècle (entre 810 et 965 ).

Tancrémont est aussi célèbre pour sa Tarte au riz,

la spécialité verviétoise bien connue.

De nombreux touristes n'hésitent pas à venir goûter la Tarte au riz

et ne repartent pas sans emporter un quartier du non moins célèbre " Vaution ",

fait de beurre, cannelle, de sucre croquant et fondant, sans compter les roues immenses

de tartes aux fruits de nos vergers du pays de Herve.

Mais...

 

Qui sont ces deux artistes ?

Bravant pluie et orage, telles des pêcheurs patients,

attendant les éclaircies célestes, munies d'un objet des plus précieux en Belgique...

Adyne et Liliane,

envers et contre tout !

 

12272926890?profile=original12272927665?profile=original

12272927877?profile=original

 

12272928276?profile=original

 

12272928875?profile=original

 

12272929101?profile=original

 

Voilà !

Une petite chapelle, croquée par des aquarelles qui auront eu

le mérite de rendre quelques couleurs à ce sobre édifice !

Nous continuerons nos aventures près d'un lac,

où nous étudierons les reflets de l'eau...

A bientôt donc !

 

Liliane et Adyne

 

Un partenariat

Arts  12272797098?profile=originalLettres


 

Lire la suite...

Mon envie d'écrire

 

À Josette Gobert

 

Il n'y a plus rien que je veuille.

J'aime les grâces que j'accueille.

Parfois, subitement surgie,

La beauté me laisse ravie.

Mon temps s'écoule avec douceur.

Le silence le rend berceur.

À longueur de jour, solitaire,

Je m'ingénie à me distraire.

N'ai plus mon envie de peinture,

Garde celle de l'écriture,

J'essaie de capter des instants.

Les mots, pour moi, sont importants.

Je les trouve pour célébrer

Et quelques fois pour honorer.

Aussi pour calmer ma colère;

Dénoncer peut la satisfaire.

J'écris surtout dans l'allégresse,

En éprouvant de la tendresse.

Je repousse le désespoir.

Ô les étoiles dans le noir!

                                                                        19 août 2013

 

Lire la suite...

Pudeur

12272923497?profile=original

Pourquoi ce drap ?

 

Il n’y pas là de quoi avoir peur,

Bien au contraire,

Dessous, il n’y à la que vous !

 

Vous êtes vous reconnue ?

 

Il n’y a pas là de fausse pudeur,

Point de mœurs légères,

Dessous, il n’y a là que vous !

 

Vous êtes vous reconnue ?

 

Il n’y a pas non plus de leurre

Encore moins de mystère,

Dessous, il n’y a là que vous !

 

Vous êtes vous reconnue ?

 

 

© Toutes reproductions même partielle interdites

Lire la suite...

Michel SIDOBRE dans " L'INDEPENDANT "

Il est juste que parfois les journaux de ma région oublient un peu les actualités parfois déprimantes ...

Merci à " L'INDEPENDANT " et à Lionel ORMIERES !

Michel Sidobre

Acteur & figurant:

http://michelsidobre.onlc.fr

Site d'Auteur:

http://sidobremichel.onlc.fr

 

NB: Une précision quand je dis " languedocien ", je le dis par rapport au Languedoc et au Roussillon ma région naturelle mais plus globalement dans le sens ancien de Langue d'oc, c'est-à-dire l'OCCITANIE.

 

G1.jpg

G2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite...

Un peu de moi... un peu de rien

12272922681?profile=original

(photo : un champ de colza sur les hauteurs de Fays/Sassor)

Pour parler un peu plus longuement de moi, pourquoi ne pas y consacrer un petit billet !!

Je ne suis ni artiste, ni écrivain, je ne suis au départ pas même très littéraire…

Je suis, ou devrais-je plutôt dire je faisais partie des « matheux » (en même temps avec un papa géomètre). Je fus partie de la dernière année « maths fortes scientifique A » à l’Institut St Michel de Verviers. Juste après cette année commença ce que l’on a pompeusement appelé « le rénové » … le début de la décadence selon moi. Passons !

Mais même les « maths » auront à la longue raison de moi et me provoqueront céphalées ou migraines… je n’ai donc pas fini ingénieur civil ni même fait une septième spécialisation…

Littérature, histoire de l’art, livres, bouquins, romans, journaux et autres écrits n’ont jamais été ma tasse de thé. Je n’ai jamais aimé lire, déjà à l’école il me fallait bien tout pour mener à bien les lectures « imposées » … au grand dam de mon paternel pour qui la lecture était le meilleur moyen d’étendre ses connaissances, sa culture générale, et surtout de parfaire son orthographe.

Une éducation plutôt stricte mais ni tyrannique pas plus que sévère avec pour maîtres mots : « respect, tolérance et honnêteté »

Des valeurs MALHEUREUSEMENT en totale perte de vitesse dans notre monde moderne ! C’est un autre débat… passons encore !!

Paradoxe de ma personne, si je n’aime pas lire, à contrario j’apprécie écrire et tant qu’à faire autant essayer de le faire bien avec respect (tiens donc…) envers la langue de Voltaire (peut-être l’un des seuls dont je me souvienne…). Bref…

« Dites-le simplement mais dites-le bien » (ça… c’est de moi)

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément » (Nicolas Boileau, je connaissais pas l'auteur de cette citation mais j’aime bien rendre à César, etc etc … merci donc à Google)

Loin de vouloir prétendre que mon expression française est parfaite, je tente de faire attention à mon orthographe et ce qui m’a beaucoup aidé, je pense, c’est un goût avéré pour les mots croisés (Sport Cérébral !). J’ai eu une période durant laquelle j’en ai fait énormément.

M’inscrire sur votre site me permettra peut-être de développer mon goût pour l’écriture, que je ne pratique quasiment que sur mon site de même que sur ma page sur un autre réseau social ... certes beaucoup moins littéraire que Arts et lettres…

Ceci étant dit … je ne sais pas vraiment si je suis bien à ma place ??!! L’avenir nous le dira… 

Je caresse le doux rêve depuis peu de pouvoir un jour publier un petit recueil de quelques unes de mes photos mais agrémentées de petits textes, prose et ou poésie, de mon cru également ou du cru de toute autre personne. Mon but n’étant certainement pas de me faire riche mais plutôt de partager.

Je vais donc tenter de publier l’un ou l’autre billet, alors n’hésitez pas à critiquer, commenter, corriger, conseiller. Je ne connais rien, j’ai tout à apprendre.

Et je ne me vexe pas facilement, donc à bon entendeur....

Lire la suite...

En attendant

12272924861?profile=original

Je te salue, Lilou et en attendant ton passage avec cette autre égérie, je t’ai dessinée avec lenteurs, je l’avoue. Actuellement, ce sont des vacances, des moments où mes rêves posés sur le papier se font rares et pas souvent ésotériques. Tu es quand même posée sur le papier et je vous attends. En espérant que cette autre égérie soit, elle aussi, représentante de la grâce, du charme, du délice, de l’envoûtement, des sensations, des sens… Enfin, une femme, tout simplement !

  

© Toutes reproductions même partielle interdites

Lire la suite...
administrateur littératures

 "...si vous avez raisonné droit, il n'y a qu'une seule manière d'exprimer ce que vous voulez dire. C'est une extrême contrainte et, quand vous écrivez un roman, vous êtes à l'inverse dans une extrême liberté, vous pouvez faire mourir votre héros d'une crise cardiaque... Chaque mot ouvre une multiplicité de possibles." François Garde, magistrat, auteur de "Pour trois couronnes". La responsabilité du romancier? Humaine, intime! Arriver à bien dire ce que l'on veut dire, la tension et l'intérêt ne pouvant nullement retomber, à aucun instant, les éventuelles digressions devant apporter quelque chose à la construction globale. Puissance.

  L'écrit: une cathédrale; les mots, matériau; la charpente, béton. Savoir où l'on va, avoir étudié les plans au préalable, jeter les bases, on atteindra alors le clocher, la conclusion, le point culminant, les pauses nécessaires, parfois l'une ou l'autre révision à la clé. Intensité. Implication. Puissance.

  Paroles de personnalités: "Mieux vaut comprendre qu'apprendre" (Gustave Le Bon); "On n'est pas obligé de comprendre pour aimer" (David Lynch); "Comprendre, c'est presque justifier" (Primo Levi). Que viennent faire ces quelques paroles ici? Mais la littérature, c'est souvent complexité, mélanges, amalgames, mystères, doutes, confusion; une fois lancé, le lecteur peut ne plus savoir s'arrêter avant le terme, tel le Thalys, un lien s'étant créé par les mots, l'idée émise, les sentiments exprimés. Une sorte d'envoûtement pluriel. Les mots, singulière matière. Magie. Puissance.

  "Je ne crois pas qu'on vive très bien sans littérature et je le dis d'autant plus que j'y suis venu très tard... La complexité du roman est un élément qui se rapproche énormément de la pratique médicale... Rien ne se rapproche plus de la vraie vie que le roman, même si c'est une fiction." Maurice Mimoun, chirurgien, auteur de "Une vie plus une vie". Lire un écrit, c'est graver; on peut le réinterpréter, accepter également qu'il y ait des choses qui nous échappent. Les mots, toujours les mots, précis, porteurs à la fois de rigueur et de nuances. Gravité. Puissance.

  Côté auteur, l'oeuvre une fois écrite, l'étonnement n'est pas terminé, le texte parfois le dépasse: se relisant, il y trouve brusquement des choses auxquelles il n'avait pas songé et qui lui plaisent. Ou bien..."C'est moi qui ai écrit ça?", "Ce n'est pas de moi...", preuve de l'immersion de l'auteur dans son projet car, l'écriture terminée, la reconnexion au réel fait prendre conscience de cette apnée vécue. A la relecture des épreuves de mon "île joyeuse", je me suis difficilement reconnu. 424 pages, mon roman? C'est moi qui ai écrit cette brique? L'autre moi, l'auteur fou, en phase avec mes mots (dictionnaire pas loin au cas où), impliqué, les mots énergivores, d'où le contrecoup qui suit toujours. Que dire d'autre? Puissance, encore et toujours. L'écriture, un métier? Pas comme bien d'autres. Ecrire, c'est investir son moi profond pour en extirper une substance qui devient ensuite matière, parfois dans la souffrance. Gandhi: "C'est dans l'effort que l'on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire." Qu'ajouter à cela? Puissance...

Lire la suite...

Lettre aux Fagnes

12272921069?profile=original

J'aurais aimé être un Fagnard,
un vrai, un gars du pays ! 

Le teint maté par le soleil couchant,
la peau tannée par la rudesse du vent,
les rides creusées par la force du temps.

J'aurais aimé sur tes chemins,
à tes cotés avoir grandi !

De tes dangers me jouer et m'y sentir bien,
connaître tes secrets et tes moindre recoins,
te parcourir les yeux fermés, confiant et serein.

J'aurais aimé au beau milieu de tes landes m'asseoir,
pouvoir t'entendre et t'écouter,

pouvoir te comprendre et te parler.

Être ton amant, ton confident, ton ami.

Creuser ta tourbe millénaire,
faire paître mes moutons,
faucher, ramasser les foins à la bonne saison,
l'automne venu couper ton bois, préparer le tison,
et pour l'hiver rester le plus fidèle de tes compagnons.

Un jour c'est sûr je vais mes yeux fermer

et avoir pour les fagnes un ultime pensée.

Mais jamais je n'aurais eu le regret de n'avoir pas tenté,

« d'être un Fagnard, un vrai, un gars du pays ! »

Lire la suite...

Blog du Lions Club Charleroi Sextant Le Club organisera une exposition de peintures, sculptures...dans la magnifique salle du Salon Communal de l'Hôtel de Ville de Montignies-sur-Sambre (Place Albert 1er) à la mi-mars 2014. Si vous souhaitez participer à cette exposition, nous vous invitons à poser votre candidature en envoyant 4 photos en JPEG de vos oeuvres, de préférence celles que vous pensez exposer ainsi qu'un court CV. (+ou- 15 lignes) Chaque artiste dispose de 5 cimaises de 1,20m de large sur 2,40m de haut. Il ne peut accrocher qu'un seul tableau par cimaise. Il lui est demandé d'offrir une oeuvre pour la tombola. Le jury se réunira au début octobre et nous vous communiquerons alors les résultats de la délibération ainsi que le règlement en vigueur. Votre candidature doit être envoyée à l'adresse suivante: exposextant@skynet.be pour le 25 septembre au plus tard. Publié par Athéna à 24.6.13 Aucun commentaire: http://lionsclubcharleroisextant.blogspot.be/

Lire la suite...

1041121_3014510.jpg

Ce poème de Lucrèce (Titus Lucretius Carus, 98-55 av. JC., dates indirectement confirmées par Suétone), écrit dans l'intention d'exposer les fondements de la physique et de la morale d' Epicure, est le chef-d'oeuvre de la poésie scientifique. Ne serait-ce que par son titre, il s'insère dans la tradition de la poésie philosophique grecque, de Parménide à Empédocle.

L'oeuvre parut après la mort de l'auteur et, selon une tradition remontant à saint Jérôme, Cicéron en aurait assuré la publication. On a même longtemps prétendu que le célèbre orateur aurait "émondé" l'oeuvre avant de la livrer au public: c'est là une affirmation nullement prouvée. En fait, il semble bien que les six chants composants le poème soient demeurés dans l'ordre et dans la forme où l'auteur les a laissés.

Loin de vouloir faire une oeuvre à proprement parler didactique, Lucrèce entendit donner une interprétation poétique de l' Univers, compte tenu du fait que l'individu en est une des parties essentielles, certes destinée à périr, mais non cependant à disparaître dans tous ses éléments. Tel est le caractère dominant de la poésie de Lucrèce, toute imprégnée qu'elle est d'une émotion fervente devant la profondeur des mystères que le savoir d' Epicure, la maître vénéré entre tous, dévoile aux yeux stupéfaits des mortels: les murailles de thénèbres qui entouraient le monde s'écroulent et le regard du poète atteint ces lieux paisibles où règnent les dieux, car l'espace s'est entr'ouvert devant celui qui a surmonté les mystères également redoutables de la vie et de la mort, et désormais le voici baignant dans une atmosphère sans nuage et sans ombre, faite de larges espaces et de lumère diffuse.

La matière du poème se répartit comme suit: après une invocation à Vénus, principe de toute vie et de toute fécondité, Lucrèce consacre les deux premiers livres de son oeuvre à exposer les grandes lois concernant l' univers: rien ne se crée, rien ne se perd; à l' origine de toutes choses existent certains éléments indivisibles et indestructibles: les atomes, dont l'agencement a formé le monde. Et ces atomes se meuvent éternellement dans le vide (I, 430). Le tableau que Lucrèce nous donne ici du cosmos, va aussi bien à l'encontre des théories des philosophes ioniens (Héraclite, Anaxagore) que de celle d' Empédocle sur les quatre éléments. Le livre II commence par décrire quel est le processus de formation et de dissolution des corps: grâce à la pesanteur et à une certaine "inclinaison" (clinamen") de la verticale, les atomes sont amenés à se grouper; leurs ombinaisons sont nombreuses et les similitudes infinies. Voici les atomes lisses, qui sont comme une caresse pour les sens; les atomes rugueux, qui leur sont comme une offense et qui composent les matières dures (II, 422). Tout ce qui est nécessaire pour conserver la diversité des choses et des apparences telles que nous les connaissons, dépend d'eux seuls et plus précisément de leur agencement. La variété de leurs formes introduit de nouvelles différenciations et Lucrèce de nous montrer la naissance des êtres animés à partir des êtres inanimés. A cette fin, le poète apporte un faisceau de preuves dont il n'y a pas si longtemps encore on faisait argument dans la difficile querelle de la "génération spontanée": apparitions de vers, lorsqu'un corps animé quelconque se putréfie; transmutation de certaines matières, etc. Ce chant, qui se termine par une allusion à la pluralité infinie des mondes et à leur perpétuelle formation, fait alterner les spéculations métaphysiques et les plus charmants tableaux de la nature. Les livres III et IV traitent de l'homme, corps et âme, cependant que sa place dans le monde et ses rapports avec l'univers feront l'objet des livres V et VI. Puisque tout est matière, l'homme lui-même n'est donc qu'un agrégat d'atomes; et son esprit ("animus") comme son âme ("anima") ne sont que le fruit d'une combinaison plus subtile d'atomes. Mais ce qui est matière est périssable, et toute combinaison d'atomes finit par se résoudre en ses éléments. L' âme est donc mortelle et point n'est besoin de craindre la mort, qui n'est que le retour au néant. Le livre IV se rapporte à l'homme physique: sensations, réflexions, sentiments et désirs y sont analysés dans leur essence et leur mécanisme. L'auteur y traite des phénomènes de la vue et de l'Ouïe, du goût et de l' odorat, des songes et du sommeil, de la vie sexuelle enfin, consacrant aux illusions de l'amour, ainsi qu'aux joies et aux tourments qu'il engendre, quelques-uns des plus beaux vers qu'il ait jamais écrits (IV, 1145-1162). Ce chant, le plus célèbre de tous, fit l'admiration de Voltaire, qui se proposa à plusieurs reprises de le traduire. Le livre V décrit les premiers âges de la terre, l'enfantement des arbres et des fleurs, l'apparition des animaux; puis l'auteur nous donne un tableau grandiose de la civilisation humaine et des différentes étapes que l'homme doit parcourir, depuis la création d'un langage commun et la naissance de l'industrie, jusqu'à ce moment où, accédant à la vie morale, il se propose la sagesse comme but suprême de son existence. Les dieux ne sont donc point à l'origine du monde, telle est la conclusion que l'on peut tirer de ce livre. Le dernier chant est une étude des phénomènes naturels: pluie, vents, arc-en-ciel, volcans et tremblements de terre. Aucun de ces phénomènes qui épouvantent le plus souvent les hommes, qui n'ait une cause naturelle. L'oeuvre se termine brusquement, sur la description de la peste d' Athènes (VI, 1088-1284). Chaque livre comporte un poême, louant Epicure, le maître incomparable et vénéré de cette admirable philosophie dont le poète nous a transmis les préceptes d'or.

Si Lucrèce avoue lui-même sans détours qu'en écrivant son poème, il a visé à acquérir la gloire, il l'a composé, avant tout, pour rendre service à l'humanité. Il entend l'affranchir des vaines superstitions et croyances qui l'effrayent. La crainte du surnaturel attente à la simple beauté de la vie et corrompt les âtres: la doctrine d' Epicure, qui fournit des choses une explication exclusivement naturelle, en délivrera les hommes et rétablira le calme dans leur âme. Si Lucrèce ne prétend qu'à un exposé poétique de la doctrine de son maître, son oeuvre est cependant fort originale. En fait, il renouvelle la pensés d'Epicure et lui donne un pouvoir d'évocation qu'elle n'avait pas. De plus, il transforme l'esprit même de ses théories; alors qu'Epicure visait à la parfaite sérénité du sage, Lucrèce, plus sensible au caractère d'inébranlable fixité des lois de la nature, éprouve pour l'homme en général une profonde et douloureuse pitié. C'est elle, et le souci d'éclairer son semblable, qui le conduit à un prosélytisme assez éloigné de l'esprit même de la secte pythagoricienne.

Mais surtout Lucrèce est un très grand artiste. Doué d'un sens poétique incomparable et d'un enthousiasme profond, il sait animer les passages les plus abstraits de son oeuvre, leur conférant une grandeur dont on reste encore aujourd'hui confondu. Peu goûtée de ses contemporains, très lue et très imitée dès le siècle d' Auguste et jusqu'au IVe siècle de notre ère, l'oeuvre de Lucrèce subit une longue éclipse. La Renaissance, qui l'apprécia, ne put cependant lui conquérir une vaste audience; ce n'est qu'au début du XVIIe siècle, avec Gassendi qui se proclame son disciple, Molière qui traduit son poème (voir "Le misanthrope") et La Fontaine qui le loue comme le maître de la poésie philosophique, que Lucrèce connut un regain de popularité. Le XVIIIe siècle applaudit à son matérialisme et André Chénier tenta de rivaliser avec lui dans son "Hermès". On est unanime, de nos jours, à rendre justice à son puissant génie scientifique et à sa poésie majestueuse et passionnée.

Lire la suite...

Des tâches ingrates

 

Travaux ménagers, ingrates tâches à faire!

À quoi bon les remettre, elles sont nécessaires.

Je me dis cependant, sans y croire vraiment:

Tout peut attendre un peu, il n'y a rien d'urgent.

Je me suis levée tard. Dans la lumière intense,

Je me plais à flâner. Invisible, elle danse,

La joie que je ressens à contempler le ciel,

Alors que je savoure une tartine au miel.

L'hibiscus a deux fleurs, délicates, fragiles.

L'alimenter en eau me semble certes utile.

Je me lève en sachant que je vais m'activer,

Faire ce que je dois, ne pouvant l'éviter.

Je chanterai, sans doute, en rangeant la vaisselle.

Laisserai ma pensée aller à tire d'aile,

Ne pouvant deviner vers quel ailleurs lointain,

Quand je surveillerai un odorant gratin.

Je me délasserai en prenant mon repas,

Surprise si, soudain, m'interpellant tout bas,

Une voix musicale, amusante, moqueuse,

Me demande pourquoi, je suis très paresseuse.

17 août 2013

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles