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Pieds de nez au sort

 

Étrange état qui est le mien,

Ne me rendant pas du tout triste.

En éveil, chaque jour j'assiste

Au spectacle du quotidien.

Le ciel jamais ne se devine.

Il m'emplit de joie bien souvent.

Figées ou poussées par le vent,

Ses images sont grâces divines.

J'ai la liberté de flâner.

En ne faisant rien, je médite;

Je pense aux vérités écrites

Qui perdurent sans se faner.

Venu le temps de la vieillesse,

On vit dans l'état où l'on est.

Aimé ou bien abandonné,

On rapetisse et l'on régresse.

Je continue à cheminer,

L'esprit et l'âme en harmonie.

N'envie plus rien mais je m'ennuie.

Au sort, je fais des pieds de nez.

1erseptembre 2014

 

 

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" L'Homme unidimentionnel, essai sur l' idéologie de la société industrielle avancée" est un ouvrage du philosophe et sociologue américain d'origine allemande Herbert Marcuse (1898-1979). En analysant les divers aspects du capitalisme américain, Marcuse y découvre une société répressive, qui enferme l'existence individuelle au nom d'un pseudo "intérêt général". Il évoque une société brutale, tant dans son expansion néocolonialiste que dans le "contrôle total" qu'elle exerce, par les progrès techniques et les productions, sur la liberté. Les hommes politiques eux-mêmes maîtrisent "une société sans opposition", grâce notamment à un discours soi-disant libéral, qui n'est qu'un discours clos proche de la novlangue d' Orwell. "La société contemporaine semble capable d'empêcher tout changement social", en continuant à donner quelques parcelles de confort. Reste-t-il toutefois un espoir de transformer cette société et d'y supprimer les valeurs répressives? Elle semble si bien organisée... Malgré tout, elle porte en elle-même "ses contradictions", et l'on peut imaginer que la jeunesse se révolte enfin. Mais ne faudrait-il pas en même temps que les savants, les ingénieurs, les techniciens, etc., que ceux qui détiennent les techniques rallient la cause révolutionnaire? Cela "constituerait un miracle" puisqu'ils bénéficient du système. Il apparaît bien, en définitive, que seules les forces issues des contradictions du capitalisme puissent faire exploser le carcan.

Pour Marcuse, l'objet de ce livre est de déterminer laquelle, de ces deux hypothèses, se réalisera: soit que la société puisse empêcher les transformations, la répression s'imposant alors définitivement; soit qu'un "contre-mouvement international et global" puisse faire éclater la société. Or au XXe siècle, et jusqu'à présent, les progrès techniques ont toujours servi la répression. Il suffit de prendre l'exemple de la bombe atomique; elle est acceptée par la population, qui y voit un moyen de se défendre contre le danger. En fait, la menace de l'éclatement d'une bombe atomique "préserve les forces mêmes qui font durer ce danger". L'apparence du danger constitue un moyen de répression efficace, d'autant que la société "n'en devient pas moins plus riche". Malheureusement, la bombe n'est pas l'unique exemple de l' oppression: celle-ci est généralisée. Tous les systèmes de production sont tournés vers le pouvoir, toutes les machines en sont les instruments. "La société contemporaine tend au totalitarisme", qui se manifeste par l' "uniformisation", tant politique qu'économico-technique. Tous ces modes de consommation sont présentés comme des libertés économiques, alors qu'ils satisfont de faux besoins. Par l' "efficacité des contrôles sociaux", la presse s'autocensure et la liberté se réduit à "choisir entre des marques et des gadgets".

Reste un espoir. L'échec de la guerre du Viêt-nam indique que les pauvres peuvent parfois gagner contre les riches. Or, dans une société qui se présente comme "rationnelle" (puisqu'elle produit plus de confort, plus d'efficacité...), les signes de l' "irrationalité" se font de jour en jour plus manifestes. Le fait qu'elle soit obligée de donner toujours plus de progrès tend à faire qu'à terme, l' individu ne pourra plus être soumis à l' aliénation par le travail, car celui-ci sera devenu marginal, grâce précisément au progrès technique, au machinisme. Le fonctionnement et le fondement de la société industrielle conduiront à son éclatement. De la même façon, la société répressive doit canaliser les énergies sexuelles et artistiques, ce que Marcuse nomme une "désublimation répressive". Pour organiser cette atrophie, elle offre un peu plus de sexe (par la pornographie ou la suppression des tabous) et d' art (en le commecialisant). Mais ne voit-on pas se développer parallèlement une agressivité, une frustration toujours plus grandes? L'homme est aujourd'hui "unidimensionnel": c'est un homme qui a perdu une dimension, celle de l' autonomie, de la personnalité, de l' humanisme, bref la dimension des valeurs idéalistes et romantiques. Mais la société unidimensionnelle, tendant à l'éclatement, il n'est pas impossible que cet homme retrouve un jour sa bidimensionnalité, sa liberté.

"C'est seulement à cause de ceux qui sont sans espoir que l'espoir nous est donné." Marcuse, en terminant son texte sur cette phrase de Walter Benjamin, veut croire encore à une possible révolution. Des deux hypothèses du livre, il dit lui-même qu'il ne peut déterminer laquelle sera confirmée; la théorie critique de la société ne permet pas de connaître l'avenir. Elle autorise tout au plus l' optimisme, puisqu'elle affirme qu'il est toujours possible de former une critique. C'est pourquoi Marcuse veut croire en l' utopie d'une révolution; et faute de la réaliser, il peut toujours l'imaginer. Si l'homme est grandement réprimé, il est aussi profondément libre d'imaginer et de penser.

Texte le plus célèbre de Marcuse, "L'Homme unidimensionnel" développe des thèmes déjà présents dans ses écrits précédents, sur l' imagination et sa faculté de sublimation ("Eros et civilisation") à propos des thèses de Freud, ou sur la pensée négative à partir des théories de Hegel ("Raison et révolution"). Mais ce livre est le premier où, faisant oeuvre de sociologue, Marcuse délaisse les philosophies marxiste, psychanalytique et idéaliste pour chercher au sein même de la société ce qu'est devenu l'homme.

 

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Travail d'écriture,

 

                                                                          

 

L'écriture ;

ce verre d'eau pure,

pris sous une arborescence,

verte, ombragée et solaire,

 avec des pensées bleues, et chaudes,

 à l'instar de parfums.

L'écriture ;

ce bain chaud de l'esprit,

dans de l'eau cristalline,

teintée de ciel,

à l'ombre.

Le corps assoiffé,

dilaté, impatient,

y déverse en silence,

ses frissons, ses tremblements,

son intimité.

Un monde alors se dessine,

pour les yeux,

devient sonore peu-à-peu.

Le travail d'écriture,

est un dévêtissage lent.

NINA

.

,

 

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Echanges entre Artistes

Échange dessin contre mosaïque avec l'artiste Bernadette Moulin réussi.
Tausch Zeichnung gegen Mosaik mit der Mosaistin Bernadette Moulin erfolgreich.
https://www.facebook.com/bernadette.moulin.7?fref=ts

Cela donne envie d'autres échanges - par exemple contre la traduction des mes histoires ou de mon blog; un vitrail pour une petite fenêtre; une sculpture dans le pilier en bois du début de la rampe d'escalier......

Da bekommt man Lust auf weitere Tauschgeschäfte, z.B. gegen eine Übersetzung meiner Geschichten oder meines blogs; ein Glasfenster oder eine Holzskulptur in den Anfangspfeiler meines Treppengeländers, ....

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L'été, ce grand absent !

 

Puisse t-il y avoir,

un grand ciel bleu,

des fleurs plein les arbres,

du soleil aux fenêtres,

des rires dans les feuillages,

des maisons grande-ouvertes,

un vent tout musical, léger,

ta main dans mes cheveux,

à l'instar d'un baiser,

infiniment douce !

Puis,

Le poids d'un papillon,

ta bouche contre la mienne,

dissidente des autres,

accomplie contre toi.

Puisse t-il y avoir,

un authentique été !

NINA

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Cinquième Rencontre « Mots Passants »

de Livre passerelle

« Ne mépriser la sensibilité de personne.

La sensibilité de chacun, c'est son génie. »

Charles Baudelaire

Livre Passerelle,

C’est relier les ils et les elles.

C’est allier le singulier au pluriel.

C’est conjuguer regard, parole et écoute sensibles, de l’aube au soir des destinées,

dans le dessein de rompre l’isolement, l’un des plus grands fléaux

de notre société si fréquemment déshumanisée,

et, tel le colibri de la fable[1] faisant sa part, concourir à renverser le sablier de l’illettrisme,

terme péjoratif, empreint de honte, d’inhibition, d’enfermement et donc, de souffrance

pour les plus fragiles de nos frères atteints de cette faille, les démunis, les blessés de la vie,

ô combien sujets à l’exclusion, lorsqu’ils se trouvent dépossédés d’un apprentissage assimilé,

mémorisé, de notre lexique via le déchiffrage des lettres.

Accès à la connaissance dont celle de l’écrit, devant conduire à de fructueux acquis,

inhérents à la formulation du langage, à défaut d’user d’une langue raffinée,

source d’une saine éloquence, d’une palette de sentiments et d’émotions à traduire !

 

Aussi, les actives de Livre Passerelle, mûrement actrices de leur existence,

dotées d’un savoir-faire sensitif aux antipodes du paraître factice,

n’ont de cesse de se positionner au profit d’un qualificatif laudatif

de discrimination positive afin que puisse germer nombre d’îles à lettres et à être…

 

Or, vous l’aurez sans doute déjà compris, pénétrer au sein des mille et un univers

de ces lectrices-diseuses privilégiant d’abord « l’art de la rencontre » cultivé par leur

(et notre) cher Albert Jacquart[2] grâce au biais de la médiation culturelle,

d’albums jeunesse consacrés à être autrement dits constituant un florissant corpus dédié

tant aux jeunes graines qu’aux chanceux qui ont su conserver leur faculté d’émerveillement,

leur âme d’ancien enfant, en dépit des épines, de semences stériles

jonchant les sentiers broussailleux de leur cheminement,

c’est rejoindre, à tire d’ailes de plumes stylistiques d’un encrier virtuel,

l’Ile heureuse, l’Ile joyeuse [3] enchantées et enchanteresses des histoires de papier

prenant soudainement corps par la magie de l’oralité qu’instaure un tel rituel,

et se laisser transporter par ces voix hautes engagées,

gorgées de fréquences vibratoires à l’élan contagieux

donnant vie et chair au souffle des créateurs, qui seraient, ne leur en déplaise,

astreints de manière inexorable, au blanc marmoréen du silence[4], sans elles…

 

Je connais un pays où chaque printemps

à naître sait qu’il aura raison du plus rude

des hivers. La neige sait sous son poids

les brins d’herbe à venir.

L’arbre sait la graine infime qu’il fut un jour,

Avant de pouvoir offrir sa ramure aux oiseaux […]

 

Il est au cœur du monde.

Il est au cœur de nous.

Il est au point du cœur.

C’est le pays que j’aime. [5]

 

Ainsi, répondre à l’invite de Livre Passerelle,

c’est sans conteste, entrer en signifiance,

voguer de paysage en paysage, de pays sage en contrée fantasmagorique,

de verbe en verbe, de prose en vers, de rimes féminines en rimes masculines,

de rimes riches en rimes pauvres, qu’elles soient croisées, embrassées, redoublées, métissées,

sans rien de plat, de bébête ou de mièvre, au fil des pages effeuillées du calendrier.

Saisons, métaphores des quatre âges de la vie[6], de l’innocence primitive à la sagesse de l’âge mûr…

 

C’est avant toute chose, assumer convictions, plaisir nourricier et sensuel, à la façon

d’envoûtantes Shéhérazade épousant une noble cause, relevant le défi de faire évoluer

les mentalités, afin d’offrir en priorité aux laissés-pour-compte,

ainsi qu’à leurs conciliateurs-porte-voix, un questionnement qui brûle les lèvres :

«Pourquoi  perdre son temps à écouter des histoires ? »

Si ce n’est dans l’intention clairement avouée, digne d’être adoptée, qu’un jour prochain,

ils en soient eux-mêmes le vivant relais, en mesure de les raconter à leur tour, de leur plein gré, 

selon la définition légèrement transposée des protagonistes, initiatrices de l’idée,

guère adeptes de dilettantisme, prohibant la tiédeur,

état quasi latent avoisinant ce non sentiment : l’indifférence…

 

Parole dénouée, déliée, déroulée à bouche que veux-tu, libérée à bouche que voilà,

par de ferventes gardiennes d’un intarissable feu de joie,

sorte de sorcières comme les autres[7], enfin pas tout à fait quand même, soyons francs et loyaux,

passeuses de Mots Passants détentrices d’un passe-partout dévolu

à entrouvrir la porte de l’imaginaire, du je-jeu, enjeu fondamental à la construction de l’enfant,

à la formation de ses goûts oscillant entre le j’aime et le je n’aime pas fort salubres,

 

figures féminines éprises de beauté-bonté[8], portées en concomitance,

du généreux désir d’essaimer, de transmettre le flambeau aux générations montantes,

autant au service perpétuel de l’essence du texte, qu’à celle de l’ouïe fortunée qui l’entend,

et qui, par leur quête de sens, de geste d’offrande et de partage adressé à qui aspire à l’accueillir,

s’illustrent, excellant à tisser du lien, du tendre murmure,

bercement-caresse affluant au bord des lèvres en provenance du centre et du bout du cœur[9],

suivant les dispositions et sensations de l’instant, au message militant judicieusement proféré.

 

Respiration poétique, parenthèse salutaire attendue, en tout cas, ressenties comme telle

par ceux qui savent que leur quotidien prosaïque est rythmé grâce à ces rendez-vous ponctuels,

vécus comme un temps suspendu, un épisode privilégié venant rompre l’effet de monotonie,

esprit qui traduit la foi et inspire confiance dans l’instant présent, mieux, nous ouvre le champ

de nouveaux horizons, et qui par cette projection, contribue à voir refleurir

notre Espérance en l’Homme[10], à entendre sourdre la tonalité harmonieuse de la « note bleue [11].»

 

Mais Livre Passerelle, ce n’est pas pour autant, sombrer dans l’angélisme

sous prétexte que l’humanisme y affleure au concret, loin de là !

Car c’est aussi accepter, au-delà de la remarquable et rare bienveillance

envers autrui, la part d’ombre à laquelle chaque commun des mortels est confronté,

c’est relever de nouveaux défis susceptibles d’engendrer, en contrepartie

maints fruits doux et amers significatifs des contrastes d’une Vie ardente, de l’Ombre des jours[12],

semblables à l’émergence de désaccords déstabilisants

enclins à oser briser les accords au préalable établis,

capacité peu commune associée à une soif constante de remise en cause des plus sensées,

ne pouvant qu’enrichir davantage cet humus fertile, gage de ressourcement.

 

Attitude de franchise allant de pair avec intégrité et sincérité,

témoin de la bonne santé de ce quintette composé de fleurons appartenant au deuxième sexe [13],

soutenu par une fine équipe attentive, efficace, de volontaires opiniâtres,

est-ce là ce qui constituerait l’une des clés de la réussite de Livre Passer’elles ?

 

Alors, dites, que pouvons-nous souhaiter de plus, à l’égard du devenir de ces  « belles rebelles

épanouies », outre que ces dernières parviennent à renforcer leur entrée en résistance,

agrémentée d’une florissante pérennité, que ces elles aient le bonheur indicible de continuer

heure après heure, à œuvrer, à tracer le sillon sacré,

et à faire florès dans leur mission de pratique culturelle prépondérante ?

 

Oui, ne doutons point, que tant que la prairie verdoie, nul désert gagne du terrain,

bref, que là où la culture perdure à fleuronner, en bonne espèce protégée,

la barbarie, cette mauvaise herbe, tende à se faner,

et que le monde, sans pour autant se transformer en un éden idyllique, puisse s’ouvrir

sur tout un jardin d’odeurs/Comme en avaient les fleurs/Que l'on avait cru disparu[14].

Du moins, tâchons, de grâce, de nous en persuader, en adéquation du chant nougaresque :

 

Au cours d'une vie

Qui fut mouvementée

Il suffit d'une voix

D'un certain regard pour qu'on voit

Un espoir toujours recommencer

 

Que l'on croit en l'amour planté sans cesse être planté

Dans le cours d'une vie mouvementée

Tout s'pardonne tout se gomme

Il arrive qu'un jardin

Ou qu'un simple visage humain

Une main ouvre un nouveau chemin

Tout se gomme se pardonne

Et l'on voit soudain reverdir

Refleurir notre espérance en l'homme ...

 

Valériane d’Alizée

Tours, le 12 Août 2014

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le livre chrysalide papillon fécond
de Vladimir Kush, 1965


[1] : Fable amérindienne reprise par Pierre Rabhi,  ce « semeur d’espoir », fondateur du mouvement Colibri et dont voici une version : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

[2] : Le regretté Albert Jacquart fut à deux reprises l’invité de Livre Passerelle, d’abord en 2004, puis l’année suivante, le 11 octobre 2005, pour une conférence à Tours intitulée « Doué ou non doué, c’est quoi l’intelligence ? » et dont les organisatrices conservent un souvenir ému... (http://livrepasserelle.blogspot.fr/2008/05/confrence-dalbert-jacquard-octobre-2005.html)

[3] : En référence à l’œuvre pour chant et piano d’Emmanuel Chabrier sur un poème d’Ephraïm Mickaël ainsi qu’à la pièce pour piano de Claude Debussy.

[4] : Bien qu’ici on se réfère à ce que le silence peut dégager comme atmosphère inexpressive voire glaciale, comment ne pas aussi l’envisager, animé d’une autre vision philosophique : en tentant de l’apprivoiser, d’en faire son complice, en ne perdant pas de vue qu’il symbolise la pureté originelle précédant tout acte, toute création sortant du néant :"Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement" nous énonce Vassili Kandinsky .

[5] : Extraits tirés d’Au point du cœur, album de littérature jeunesse de Rascal (éditions Ecole Des Loisirs- Pastel)

[6] : Citation due à Pythagore, faisant école au Moyen-âge grâce à Philippe de Novare (XIIIème siècle)

 [7] : Détournement d’un texte signé Anne Sylvestre : http://www.paroles.net/anne-sylvestre/paroles-une-sorciere-comme-les-autres

 [8] : Formule qui nous est chère née de la plume de François Cheng au cœur de son ouvrage : « Cinq méditations sur la beauté » présenté par l’auteur comme ceci : «  En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu'à l'opposé du mal, la beauté se situe bien à l'autre bout d'une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l'univers vivant : d'un côté, le mal ; de l'autre, la beauté. Ce qui est en jeu n'est rien de moins que la vérité de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de notre liberté. »

[9] : Au bout du cœur, formule empruntée à Barbara, chanson intitulée Du Bout Des Lèvres : http://fr.lyrics-copy.com/barbara/du-bout-des-levres.htm

[10] : Allusion au titre de la chanson de Claude Nougaro issue de l’album : La Note Bleue : http://musique.ados.fr/Claude-Nougaro/L-Esperance-En-L-Homme-t43281.html

 [11] : Expression musicale couvrant la période romantique, notamment attribuée à George Sand parlant des compositions de Frédéric Chopin : « Nos yeux se remplissent peu à peu des teintes douces qui correspondent aux suaves ondulations saisies par le sens auditif. Et puis la note bleue résonne et nous voilà dans l'azur de la nuit transparente. » (George Sand, Impressions et souvenirs, p.86.) et concernant le genre plus tardif du blues et du jazz : http://www.cooperation.net/lanotebleue/qu-est-ce-qu-une-note-bleue

 [12] : Citations dues  pour la première à Émile Verhaeren (poème « la Vie ardente » in Les flammes hautes), pour la deuxième à Anna de Noailles, titre de son recueil poétique publié en 1902.

[13] : Trouvaille de la philosophe Simone de Beauvoir tirée de son fameux essai existentialiste et féministe, paru en 1949.

[14] : Emprunt au troubadour jongleur de mots des Temps modernes, alias Claude Nougaro, op.cit

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Apparition

 

Sous son ombrelle

Au bord d’un ru

Elle apparut

Fragile et frêle

 

Dieu qu’elle est belle!

Et j’ai couru

Comme un bourru

Sous son ombrelle

 

Dans la dentelle

Fragile et frêle

Elle a souri

 

Puis sans querelle

A fait la belle

Mon paradis.

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administrateur partenariats

Dans le cadre des partenariats sur Arts et lettres,

Robert Paul et moi-même avons le plaisir de vous inviter

à déposer vos plus belles émotions estivales au travers des photos et textes sur le blog

"Au coeur de l'été "

Interprétations poésie, peinture et photos entre les membres d'Arts et Lettres.

Cette saison clôture le blog

" Les quatre saisons sur Arts et Lettres "

dont l'automne, l'hiver et le printemps ont rencontré un grand succès

et ont magnifiquement été enrichis

depuis leur création en décembre 2013.

Merci à vous pour votre enthousiasme,

Liliane

Les partenariats

Arts

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Lettres

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Dante, l'Enfer - traduction de William Cliff

«Offrir un vrai poème dont la marche n’est en rien entravée» : telle est l’ambition de cette nouvelle traduction de L’Enfer. Afin de rendre au plus près le rythme de l’œuvre de Dante, William Cliff a pris le parti de suivre le «chiffre» du décasyllabe original. Sur le fond, il n’a pas hésité à supprimer des noms et des références qu’il jugeait inutiles ou fastidieux. Loin de trahir le poète florentin, le poète belge l’accompagne. La richesse de sa traduction tient à cela : il se glisse sur ses pas, telle une ombre, dans les cercles infernaux.
Cliff, comme Dante, est un poète en marche.

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UN AUTRE MONDE...

Et oui, je rêve d'un autre monde

Où le bleu coule et nous inonde

Où la chaleur de plein d'amour

Bouillonne, tout au fil du jour!

Où cœur et sens sont apaisés

Sans que besoin de quémander!

Où des mots roulent, rivière de miel

A tel point qu'on se croit au ciel!

Et oui, je rêve d'un autre monde

Pour y danser encore une ronde

Sans faim, sans pleurs et sans effroi

Où serait compris tous nos émois!

J.G.

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Les portes du Paradis

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Elles te sont grandes ouvertes, l’escalier qui grimpe vers ces cieux où règne la félicité, surtout la mienne, t’accueille. Chaque marche n’est qu’une ode à ta beauté, à ta grâce. Même en colère, en pleur, avec des larmes traçant des sillons de tristesse, tu es belle !

Certains médisants diront que ce sont les yeux de l’amour qui te voient ainsi et bien qu’il en soit ainsi !

Vêtue, nue, en tenue simple, festive, sensuelle ou érotique, ange ou démon, tu éclaires ma vie. J’ai mon caractère, parfois difficile, tu as le tien presque identique mais tes humeurs passées, tu resplendis.

Tu es mon Paradis !

Mes bras sont ses portes, mes mains sont les clefs pour les ouvrir, mon esprit est le parvis pour t’accueillir, mon cœur est l’entrée vers cet Eden. Il n’y a pas d’or, ni de pierre précieuse dans ce royaume, la félicité est l’unique richesse recherchée.

Princesse de cet Eden du levé au couché du soleil, le soir et la nuit, tu en deviens la Reine, alors, loin du regard des autres, tu es mienne, je suis l’unique, je deviens le Roi de ce royaume, de ce Paradis !

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Oxymores ...

Bonjour à toutes et tous ,

 Il y a quelques jours ..une partie de scrabble ..lettres x et y ... Oxymore !

Mon adversaire me lance le défi de faire un petit poème ou texte contenant naturellement des oxymores .

 Mon cœur envahit d'une délicieuse douleur

S'égare dans l'obscure clarté

De mes nuits blanches

Pour un illustre inconnu

A la monstrueuse beauté

Il se fait douce violence

Face au calme énervant

De sa lourde légèreté

Qui m'abandonne dans la lumière noire

De son silence éloquent ...

Liliane . 

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Une pause suave

Mes chers amis

Je vous dois des excuses pour n'avoir pas répondu à vos commentaires.

Durant deux semaines, j'ai vécu dans le désordre d'une maison en rénovation avec beaucoup d'efforts à faire. J'en sors épuisée.

Or ce jour j'ai bénéficié d'une pause au bord du fleuve.

Je souhaite à chacun de vous une belle fin d'été.

 

Une pause suave

La paix de l'esprit et de l'âme

Permet des instants de douceur.

Fleuve et ciel ont même couleur,

Aucun rayon ne les enflamme.

Permet des instants de douceur.

Silence où les pensées se pâment.

Aucun rayon ne les enflamme.

Pas de courant ensorceleur.

Silence où les pensées se pâment

Dans l'espace bleu enjôleur.

Pas de courant ensorceleur,

Les nuages, lentement rament.

27 août 2014

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L’imperméable. JGobert

Dans ces rues étroites où les vitrines s’allument à la tombée de la nuit, de jeunes filles à la peau blanche ou noire s’exposent en tenue légère aux yeux des passants. D’autres se retrouvent à l’orée des bois ou sur les aires d’autoroutes. D’autres encore, souvent plus âgées sont larguées aux abords d’usines où leurs ombres décharnées, désabusées et vieillies avant l’âge ne font que subir. Déshumanisées par ceux qui en font commerce, elles n’attendent plus rien de la vie.

Sous un porche, à l’entrée d’un bâtiment important, vient régulièrement une dame encore jeune vêtue d’un imperméable blanc. Ses cheveux tressés descendent sur son dos, s’imprègnent dans ce blanc  et lui donnent la silhouette d’une déesse.

La soirée est chaude, l’été est toujours là et un vent délicat se lève enfin apportant un peu de fraicheur dans la ville. Celui-ci soulève délicatement un coin de son vêtement et découvre peu à peu  ses longues jambes que des chaussures hautes allongent à l’infini. Cette fraicheur tant attendue lui caresse le visage et s’amplifie enfin transportant cette douce sensation sur sa peau.

Son visage déjà grimé, ravissant, renferme un lourd passé que son sourire de façade cache. Son imperméable s’est ouvert et la guêpière rouge fait ressortir sa jolie poitrine à peine couverte.

Elle attend comme tous les soirs ce qui fait sa vie et reste là, debout contre cette porte plus que centenaire.  Sa main s’empare d’un paquet de cigarettes et d’un geste machinal, ses doigts posent à sa bouche une cigarette qu’un clic de briquet allume en une seconde. Déjà elle aspire violemment cette fumée qui la fait tousser parfois. Cette cigarette l’enfume et forme un nuage bleuté autour d’elle qui monte dans le halo de lumière du vieux réverbère.

 Elle s’apaise de cette manière et dans cette nuit calme, elle laisse tomber un moment son imperméable blanc à ses pieds. Ses jolis membres endoloris se tendent et se détendent. Son cou est douloureux, elle balance la tête de gauche à droite et vite reprend une cigarette.

Son regard est vague pour l’instant. Elle est quelque part dans un rêve, dans une autre réalité. Le spectacle de cette jeune femme à moitié dénudée dans cette pénombre attire les regards des passants. Les yeux se croisent. Elle s’offre ainsi pour de l’argent. Son imperméable blanc à ses pieds  dessine un socle autour d’elle.

La nuit sera longue comme toutes les nuits et noire, obscure. Sa solitude est réelle et sa vie aussi. Point de prince charmant, ni d‘elfe,  ni d’archange pour la libérer de cette emprise.

Venue dans cette ville pour être danseuse, elle avait fait de beaux projets et répétait dans sa tête les pas qu’elle aimait tant. Intégrée une scène, un show et pouvoir en vivre. Elle n’en voulait pas davantage.  La vie a ses raisons. Elle en décide autrement et d’illusions perdues en mauvaises rencontres, elle a fini là presque dévêtue sous ce porche.

La douce chaleur de la nuit a disparu et d’un geste rapide, elle enfile à nouveau son vêtement blanc pour s’y protéger, se rassurer, se consoler.  Les petits matins sont tristes, lugubres et les fêtards sont rentrés.  Encore un moment et elle aussi partira  pour revenir ce soir au même endroit.

 

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