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Du 29 – 04 au 17 – 05 - 15, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous présenter une exposition consacrée à l’œuvre du peintre et dessinateur Français, Monsieur GUY BERAUD, intitulée CAPRICES DE L’AME.

GUY BERAUD nous invite à une réflexion, parfois déroutante, sur la forme   considérée comme expression picturale par excellence, car elle aboutit à une remise en question de celle-ci dans une déclinaison de son sens, à la fois plastique et psychique. 

La forme, dans le cas de l’œuvre de cet artiste, prend exclusivement les traits du corps humain. Il n’y a dans aucun de ses tableaux la moindre trace, même au stade d’ébauche, d’une quelconque architecture. Tout se joue autour du corps, considéré selon le titre de l’exposition, comme le réceptacle de l’âme. Les personnages présentés ne sont autres qu’une vision psychique de ces caprices, qui ont parsemé l’Histoire de l’Art, considérés comme un dialogue plastique à propos des rêves et cauchemars de leur auteur.

Le discours de l’artiste est axé sur un jeu de construction et de déconstruction à partir de la représentation du corps humain.

Des œuvres telles qu’UN BEAU SACRIFICE (111 x 90 cm – acrylique sur toile)

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et FANTOMES BAVARDS (111 x 90 cm – acrylique sur toile)

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sont extrêmement éloquents à ce sujet.

Le visiteur reste médusé par cette myriade de corps, à la fois enveloppés de chairs et décharnés, parfois jusqu’au pourrissement.  Ces corps, physiques et célestes, sont des états d’âme plastiquement exprimés par une écriture provenant directement de la bande dessinée. Oscillant entre volume affirmé et silhouette éphémère, ils s’humanisent par une gestuelle évoquant la danse voire la transe (MEMOIRES – 88 x 84 x 2 – acrylique sur toile)

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Dans ce diptyque dont le titre indique parfaitement la route à suivre, la silhouette blanche, carrément fantomatique, au centre du panneau de gauche est plongée dans une attitude de total abandon. Une autre silhouette également de couleur blanche, campée à l’extrême droite du panneau droit, semble écrasée contre l’arrière-plan.  

Un personnage que l’on retrouve comme un leitmotiv, tout le long de ce parcours, carrément initiatique, est celui de la Femme exprimée dans toute sa féminité, représentée par des seins volumineux.

Les personnages de GUY BERAUD sont sculpturaux dans leurs chairs, parfois conçus comme des statues antiques, à l’exemple de cette femme privée de bras et de tête, ruisselant de sang (UN BEAU SACRIFICE).

Le chromatisme est capital pour souligner les tensions rythmiques. Il fait corps avec la forme et se décline dans des tonalités vives, souvent agressives, telles que le rouge-sang, le noir intense et le bleu-foncé.   

Revenons un moment sur ce concept de construction-déconstruction déterminant pour comprendre le discours de l’artiste. Reprenons, par exemple, UN BEAU SACRIFICE et FANTOMES BAVARDS. Campés dans un même univers, les personnages « flottent », pour ainsi dire, dans un espace « criblé » de détails et rehaussés souvent d’une calligraphie mystérieuse, créant des strophes illisibles. Concernant UN BEAU SACRIFICE, le traitement du corps trouve son expression dans un amas de chairs adipeuses, mues par une sauvagerie sensuelle. Nous constatons également la dimension volontairement « inachevée » de certains de leurs membres. Néanmoins,  les chairs, même en lambeaux, demeurent dans leur matérialité. Elles restent des éléments solides propres au processus de construction. FANTOMES BAVARDS, par contre, nous montre des êtres décharnés, fantomatiques, comme le titre le laisse deviner, conçus (à l’instar des deux personnages « en transe » du diptyque) dans la couleur qui sied le mieux à la mort : le blanc. Tandis que les chairs habillant les personnages du SACRIFICE sont, elles, réalisées dans des couleurs outrageusement vives.   

LE DOYEN (88 x 88 cm – acrylique sur toile).

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Concernant cette œuvre, il convient de parler de peinture « agressive ». Un chromatisme violent « assiège » la toile. De légers traits rouges formant une écriture, illisible aux « non initiés », se retrouve dans le bas du tableau. De même des traits au fusain parcourent la veste du personnage, créant un champ d’entrelacs noirs « ligotant » son buste. Quant au visage, il sanctionne l’apothéose de la composition, signifiant de façon catégorique le processus de déconstruction.   

Ce visage, à l’allure assez porcine, amorce sa phase de pourrissement par l’érosion de sa partie gauche, dans un rendu plastique rappelant le style de Francis Bacon.  

Néanmoins, le commun dénominateur entre le construit et le déconstruit  réside dans la présence du trait.

Ce trait fiévreusement prononcé par la pointe su fusain, assure la viabilité des volumes, en liant les diverses parties corporelles.

Nous avons, en guise de présentation, précisé que l’artiste est à la fois dessinateur et peintre.

Nous avons eu cure à faire précéder le dessinateur par rapport au peintre. Car il y tient. Et pour cause ! Il est passé du croquis à la toile tout en gardant son âme de dessinateur et de caricaturiste. Il a projeté ses codes sur la toile et le résultat est que la perception de l’image change du tout au tout. Ainsi, cette écriture produisant cette langue mystérieuse trouve son origine à l’intérieur des bulles, servant de dialogue entre les personnages (physiquement campés de la même façon) évoluant dans les cases de ses bandes dessinées. LES PREMIERS BAIGNEURS (87 x 87 cm -)

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nous montre une série de cases issus de B.D. dont il est l’auteur. Certaines d’entre elles dépassent l’espace scénique de la toile pour se retrouver carrément à l’extérieur, sur le cadre même du tableau. Cela trahit une volonté de liberté et d’évasion. En réalité, les cases à l’intérieur de la toile formant l’ensemble de la composition, bien que structurant parfaitement l’espace, ne sont en rien respectées dans leur limites. L’écriture, indéchiffrable, déborde de partout pour envahir d’autres cases. Cette projection allant du croquis à la toile répond à une autre projection : celle du croquis placé à l’intérieur d’un projecteur, dont se sert l’artiste, lequel va projeter l’image de petites dimensions sur le grand écran. Ce qui va, par la force des choses, l’agrandir et par conséquent la déformer pour lui conférer la force qu’elle aura, une fois reproduite sur la toile. Un jeu de déformations (lequel n’est autre qu’une volonté de dépassement du réel) s’opère pour se matérialiser dans l’œuvre créée. L’artiste déteste s’attarder sur une case : très vite, il éprouve le besoin de passer à autre chose. Il considère être plus à l’aise dans le croquis et se définit comme un dessinateur qui peint en s’abandonnant au geste.   

Un dessinateur influencé, d’ailleurs, par la sculpture (qu’il ne pratique pas mais dont il comprend la nécessité). Et cela se constate précisément dans les rendus des volumes que l’on croirait sortis d’un moule.

L’artiste qui dessine depuis ses quinze ans et peint depuis des années, n’a jamais fréquenté l’académie. Il a, néanmoins, effectué un passage aux écoles des Beaux Arts de Macon (où il obtient un 1er Prix) ainsi qu’à Dijon. Sa technique, mixte, affectionne particulièrement l’acrylique et le fusain.

La forme, prise dans son essence, n’est autre que la marque de tout artiste. Elle ne vit que par la sensibilité de celui-ci car elle détermine le destin de l’œuvre. 

GUY BERAUD part de la figure humaine, c'est-à-dire, d’une forme établie par la nature et codifiée par la culture (dans une perspective anthropocentriste - ex. : l’Homme de Vitruve), pour aboutir à la libération de celle-ci, en l’imposant sur l’étendue spatiale de la toile.  

Vie – mort/construction – déconstruction : deux bipolarités menant à la création, comme étendard de l’âme dans une flamboyante effervescence picturale et psychique.

Le corps, l’artiste refuse de le voir dans sa réalité physique, car pour lui, il incarne l’âme dans la forme, exprimée dans la folie créatrice du caprice.


François L. Speranza
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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

 

A voir: 

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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Guy Béraud et François Speranza: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles 

(29 avril 2015  -  Photo Robert Paul)

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Guy Béraud - Vue d'ensemble (photo Espace Art Gallery).  

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12273097671?profile=original"Un nouveau moyen âge" est un ouvrage du philosophe russe Nicolas Berdiaev (1874-1948), publié à Berlin en 1924. C'est par ce livre que l'auteur s'est fait connaître. Pour Berdiaev, la division classique de l'histoire en trois parties: ancienne, médiévale et moderne, sera bientôt désuète. L'histoire contemporaine s'achève et voici que commence une ère inconnue, à laquelle il faudra donner un nom. Nous assistons à la fin de la Renaissance. La Renaissance a séparé l'homme d'avec les sources spirituelles de la vie où puisait le moyen âge; elle a nié l'homme spirituel, pour affirmer exclusivement à sa place l'homme naturel; l' humanisme n'a pas fortifié, mais a débilité l'homme. A travers son auto-affirmation, l'homme s'est perdu au lieu de se trouver. Ainsi est illustrée la dialectique immanente qui régit toute l'histoire humaine d'auto-révélation d'abord, puis d'auto-négation des mêmes principes qui avaient motivé son éclosion. En notre siècle arrivé au pinacle de l'ère humaniste, l'homme européen se dresse dans un état de vacuité terrible. Le rythme de l'histoire d'ailleurs change: il se précipite, il devient catastrophique. L' histoire moderne est une entreprise qui n'a pas réussi, qui n'a pas glorifié l'homme comme elle le laissait espérer; les promesses de l' humanisme n'ont pas été tenues: l'homme éprouve une immense fatigue et il est prêt à s'appuyer sur quelque genre de collectivisme que ce soit, où disparaîtrait définitivement l' individualité humaine. L'homme ne peut pas supporter son abandon et sa solitude. Tel est le sens de la révolution russe et de l'instauration du communisme, qui révèlent les besoins de l'homme moderne sans leur apporter leur satisfaction idéale. L'homme, en effet, s'est arraché du centre religieux auquel avait été soumise toute sa vie durant le moyen âge; en s'engageant dans cette voie, il a paru à l'Européen des temps modernes que, pour la première fois, on avait découvert l'homme et le monde humain, comprimés par le moyen âge. Cette expérience de la liberté était nécessaire; mais l'homme naturel arraché de l'homme spirituel ne possède pas des sources inépuisables pour sa création; il est appelé à se tarir; il est maintenant tari. Le moyen âge avait su préserver les forces créatrices de l'homme, qu'il n'avait pas séparées de son âme; aujourd'hui, l'homme pénètre avec son individualité vidée par l' individualisme dans un avenir inconnu. Il a l'expérience de l'histoire moderne, cette expérience de la liberté dans laquelle il aurait dû, selon le véritable sens de l' humanisme, accepter Dieu; mais l' individualisme extrême et le socialisme extrême sont les deux seules formes de dénouement de la Renaissance auxquelles l'homme moderne demande le salut. Aussi, après l'échec de la Renaissance, de la Réforme, des "Lumières", de l' Individualisme enfin et du Socialisme, faut-il revenir à un nouveau moyen âge. C'est une nouvelle sagesse que prêche Berdiaev, une sagesse chrétienne et gnostique dont l'expression sociale est la théocratie. L'homme doit retrouver son âme, il la retrouvera sans ce climat d' apocalypse qui caractérise notre époqque; il la retrouvera par la constitution, à son insu même, d'une nouvelle synthèse religieuse, unifiant les formes connues, exprimant leur essence et conduisant l'homme désemparé vers le centre, ce centre qui est à la fois le centre du monde, le centre de l' âme, et Dieu.

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1er mai sous la pluie.

 

1er mai, danse de la pluie

dans les arbres et les fleurs,

tout en douceur,

ballet par le ciel orchestré,

par la terre mis en scène ;

les couleurs d'ici-bas,

s'assemblent et s'harmonisent,

de l'altitude prennent,

par magie s'enmusiquent.

1er mai, chant de la pluie

dans les arbres et les fleurs,

dans une langue claire,

Opéra par le ciel orchestré,

par la terre chanté ;

les notes, les arpèges d'ici-bas,

s'accordent et se répondent,

de l'altitude prennent,

sans effort s'humanisent ;

l'homme étant l'enfant,

 le plus insatiable et terrible

de la nature bleue,

le chat son petit bijou,

 oh combien vivant !

NINA

 

 

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Va, laisse, tais-toi !

Fuis les larmes acides qui ravinent ton chemin,
Qui creusent les rides et blanchissent tes cheveux.
Prend la route sans crainte pour le lendemain,
Fais-le vite, maintenant, avant de devenir vieux !

Sur ta chaise, là, il n’y a rien à attendre,
C’est juste que tu fabriques des mots insensés,
Comme : si je quitte ce que je connais me fera pendre
Au cou un tableau vide de moi à recommencer.

Il n’y a de paix nulle part et l’orage est partout.
Il est faux de penser qu’ici il est moins dur,
La peur rend malade d’avancer et de sortir du trou
Patiemment creusé croyant qu’il est le plus sûr.

Alors ne transige pas avec la liberté d’aller,
N’écoute pas ceux qui parlent d’elle sans bouger,
Réfléchis où peut bien se trouver ton destin,
Et refuse la chaise qui n’a rien du tout d’un chemin !

Va, là où tu seras utile et que l’on t’aimera.
Il existe bien si admirablement cachée
La porte qui devant toi s’ouvrira
Sans que tu aies de peine derrière, alors va !

Va la chercher, un jour tu la trouveras.
Mais sois nonobstant circonspect devant celles trop charmantes,
Qui toutes prêtes aux voyageurs d’allures trépidantes
Leur ouvrent trop vite et gracieusement les bras !

Va, quitte ta maison si tu es esclave.
Toutes ces choses patiemment engrangées
Ne sont que d’idiotes entraves
A la liberté à tes pieds foulée.

L’homme nu repartira nu, l’entends-tu ?
Ne confond d’aucune manière
La paix ou le repos absolu
D’avec un meuble tapi en sa tanière !

Et si armé de tant de foi ou de désarroi
Tu as la force de construire ailleurs ou autrement,
N’en parles à ton voisin, surtout tais-toi ;
Ta parole te coûterait un mauvais commencement !

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Epicure...

Quelques instants volés

Comme autant de baisers...

Et prendre avec les dents

Une bouchée de printemps!

Un regard amical

Un vrai petit régal

Ne pas bouder le plaisir

Non, juste le saisir!

Une fin de journée

Peut-être mal commencée

Et tout à coup la vie

Qui redevient jolie!

La magie d'un regard

C'est un nouveau départ...

Même si nous sont comptés

Les bouquets de clarté...

Envie de dire merci

Pour cet instant concis

Envie de rêver un peu

Seul, Certes, mais pas peureux!

J.G.

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administrateur théâtres

Réveil vibrant aux couleurs de la souffrance, les artistes disent la vérité

L’artiste peintre et  écrivain Maxim Kantor (°1957) est une figure emblématique de l’underground dissident soviétique. Il jette aujourd’hui un regard sans complaisance sur la société russe post-soviétique.  Il a contribué récemment avec  Gidon Kremer à créer un programme unissant peinture et musique "La Russie - visages et masques" qui fut présenté à Odessa  le 24 avril dernier. «  Fidèles à Goethe, Rimbaud ou Kandinsky, nous considérons que chaque son correspond à une couleur, ou parce que nous sommes solidaires de l’idée de Platon selon laquelle toutes les émanations de l’esprit possèdent une même origine. Nous avons aussi décidé de nous lancer dans cette expérience, parce que la situation mondiale actuelle appelle à l’union. A une époque où  la menace contre l’humanisme ne devient que trop évidente, il semble nécessaire de démontrer la solidarité des artistes de tous bords, la synergie de différents langages en une seule parole. Le savoir-faire et les techniques peuvent être différentes, un matériau peut se distinguer d’un autre, mais le son né d’un archet, un coup de pinceau, parlent d’une même douleur face à ce qui se passe. Nous sommes bien loin du jour où  Moussorgski a écrit ses "Tableaux d'une exposition". Le compositeur avait probablement une autre idée du Gnomus et de La grande porte de Kiev !  Mais nous voulions parler  de la souffrance dépeinte par de nouveaux tableaux d’une réalité dans laquelle l’impressionnisme n’a plus sa place. C’est ainsi qu’est né ce projet, explique Maxime Kantor, comme un symbole de résistance et d’union, comme une déclaration conjointe d’artistes.

Inscrire au programme deux compositeurs comme Philip Glass et Moussorgski, l’appeler « Kremerata Baltica, confrontation between two worlds » c’est déjà faire un pas vers la compréhension de l’autre. Pour mémoire, la Kremerata Baltica, est un ensemble composé de 23 jeunes musiciens talentueux originaires de Lettonie, de Lituanie et d’Estonie qui ont le vent en poupe grâce à leur exubérance, leur énergie et  leur joie palpable de jouer ensemble sous la direction de leur chef violoniste  Gidon Kremer.  En à peine 15 ans, La Kremerata Baltica est devenue l’un des meilleurs orchestres de chambre au monde, affirmant sa réputation dans les plus grandes salles de concert internationales, jouant  dans plus de 50 pays, se produisant dans 600 villes et donnant plus de 1000 concerts à travers le monde : Asie, Australie, États-Unis, Amérique latine, Russie et Europe. 

Gidon Kremer insiste pour sous-titrer ce projet musical et visuel « Tableaux d’une autre exposition » Selon lui, il est possible grâce à la musique de s’adresser au conscient et au subconscient du public sans faire appel à des stéréotypes politiques mensongers. La combinaison des perceptions musicales et visuelles est capable d’agir sur l’auditeur et le spectateur, comme un œuvre de Bach et de Vermeer, ou de Tchaïkovski et de Petrov-Vodkin.  La confrontation des images et du son génère un espace pour la recherche de soi-même et de son rapport au monde. « Avec notre projet, insiste-t-il, nous essayons de rendre une conscience qui ne soit pas anesthésiée par des moyens de communication de masse et de nous forcer à sentir les événements tragiques qui nous entourent, ainsi que notre responsabilité par rapport à ces événements. Pousser chaque spectateur et auditeur à regarder au fond de lui-même, à réfléchir au destin de l’humanité et à notre propre rôle dans ce qui se joue aujourd’hui. En dépit de la manipulation des media. L’indifférence est la plus dangereuse maladie. Si l’art ne possède pas la capacité de sauver le monde, il possède au moins le pouvoir de nous rendre meilleurs. »

Comment ne pas être conquis  dès l’ouverture du concert qui débutait avec Andreï Pushkarev  dans  le Concerto pour violon, vibraphone et cordes « Flowering Jasmine » de Georgs Pelēcis?  De l’ambroisie musicale ! Quatre violoncelles soulignent dans une discrétion absolue le vibraphone qui semble mélanger des parfums rares dans une gestuelle musicale envoûtante. Le jeu de félicité enfle comme un chant d’espoir jusqu’à l’apparition soudaine du  chef d’orchestre, vêtu d’une ample  chemise blanche et taquinant joyeusement  son Amati 1641… Après ces libations de bonheur, place au soliste bouleversant et au défilé de visages muets, de spectateurs figés, de voyageurs en attente sur un quai, -wired-. Les violons chantent le ventre souterrain d’une ville. Qu’est-ce qui relie le monde ? La parole est au violoniste solitaire, les arpèges rappellent Bach. Un concentré d’émotions s’empare du musicien. La lumière vibrante de son archet rappelle le pinceau d’un peintre. Va-t-il réussir à ranimer la flamme humaine?  Il diffuse la sagesse d’un homme « for all seasons ».  L’écoute du public est intense!  « The American Four Seasons » , le Concerto pour violon et orchestre n° 2 de Philip Glass était  accompagnée de projections vidéo de Jonas Mekas (né en 1922), réalisateur de films, poète et artiste d’origine lituanienne souvent considéré comme le ‹parrain du cinéma américain d’avant-garde›,  de Rimas Sakalauskas (né en 1985), artiste vidéo de la jeune génération lituanienne,  d’Adam Magyar (né en 1972), photographe hongrois établi à Berlin, et de  Pingo van der Brinkloev, artiste danois spécialisé dans les effets visuels.

La deuxième partie du concert est dédiée «  à ceux qui… » « To those who continue to suffer in Ukraine » C’est le Requiem for Ukraine pour violon d’Igor Loboda (1956). Ce sont de longues notes lancinantes explosées par des syncopes brutales, puis un bras le corps d’accents slaves. Au cœur de l’acidité mordante d’une déconstruction inéluctable, le violoniste  se débat avec une énergie opiniâtre. Le public respire à peine.

La puissante version  pour  orchestre de chambre de Jacques Cohen de l’œuvre de  Mussorgsky, est soutenue par les toiles insoutenables de souffrance humaine de  Maxim Kantor. Les percussions claquent comme des armes de guerre.  Le temps n'est plus à la douceur impressionniste, ni aux pleurs pour la mort d'un ami cher! On est au temps des génocides...

Comme le printemps, la tendre sérénade pour violon de Valentyn Sylvestov et d’un bis encore plus tendre : « Lullaby » de Tankovich redonnent quelque espoir. On respire, mais qui pourrait encore s’endormir dans l’indifférence ?  

 

Ce qui est sûr, c’est que le spectateur-auditeur ne peut désormais plus ignorer les faucons et les loups,  la prise d'otages du théâtre de Moscou pendant la comédie musicale Nord-Ost destinée à la jeunesse le  26 octobre 2002, les 186 enfants et les 148 adultes de Beslan massacrés en 2004, le 17 juillet dernier, les 283 victimes de l’attaque  du Boeing 777 MH17, les milliers de victimes de la guerre civile du Donbass en Ukraine depuis le 6 avril 2014. Qui peut encore  supporter le cynisme,  l’indifférence aux choses,  aux gens et aux dictateurs?

  http://www.flagey.be/fr/programme/15809/kremerata-baltica

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Le plaisir de glisser sur l'eau

Une aquarelle d'Adyne Gohy

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a inspiré 

Dans le silence du Lac de La Montagne

Un poème de Raymond Martin

 

Un silence verdoyant enveloppe l’immense  lac, paisible,  délivré de son manteau  glacé et cotonneux, qui laisse  place à l’espérance lumineuse d’un été prometteur en bienfaits colorés.   

On peut soupçonner un léger bruissement dans les branchages des épinettes ragaillardies par le soleil, au mitan de sa course généreuse. 

 

Un  cri sec, furtif, se fond dans l’espace  serein,  où l’onde tranquille ressent un frémissement dans  son reflet de la vie. Castor surpris par une chose plate et rougeâtre flottant à la surface du lac avec dedans comme un sémaphore envoyant des signaux, prévient sa tribu de l’intrusion dans leur domaine, de cet objet flottant.

 

Clip, clap ! Clip fait la pagaie de gauche, clap fait la pagaie de droite,  animées par les bras du sémaphore, délivrant un message secret.

Etonnée, la tribu surveille ce frêle esquif ondoyant  vers l’immensité du lac, bien aise enfin, de ne plus être dérangée dans sa sieste.

 

L’onde généreuse ne prend pas ombrage de cette coque de noix profitant de sa quiétude

Pour flotter vers un monde inconnu, à priori  tranquille. 

 

La  navigatrice  sans soucis, solitaire, goûte à souhait au charme indicible de cette symphonie Pastorale, que n’aurait pas reniée  Beethoven.

 

Belles heures silencieuses passées à voguer en ce monde enchanteur, végétal, minéral, fluide des gracieuses et paisibles, antiques, Laurentides.

 

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

 

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La poésie ruisselle

Songerie

Autrefois, parcourant les campagnes de France,
Humant l'air parfumé, les trouvères chantaient.
Ils avaient le talent et l'art de raconter,
La douceur que confère à des élus, la chance.

La nature n'a rien perdu de ses attraits,
Ne cesse d'étonner tout en restant pareille.
L'âme restée sensible s'attendrit, s'émerveille,
Alors que, fulgurant, s'impose le progrès.

La vie sur la planète a pris un autre aspect.
Il y a du génie et de l'obscurantisme,
De la sauvagerie défiant l'humanisme,
Les fous se manifestent, abondent les suspects.

Dépaysés, les vieux ne savent que penser,
Ne comprennent que peu ou prou à cette époque.
Les artistes nouveaux s'insurgent et provoquent.
Leurs discours quelques fois paraissent insensés.

Les êtres esseulés, qui s'expriment en vers,
Ceux qui vont par les rues encombrées et bruyantes,
Ont d'étranges émois, des pensées éprouvantes,
Tentent de transcender le mal vil et pervers.

Sur les ondes, partout, la poésie ruisselle.
Littéraire plaisir ou besoin du moment.
Or n'arrivera pas un tendre avènement
Point de prince à nommer en cette ère nouvelle.

30 avril 2015

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Jardin botanique du Montet

Et pour les passionnés de jardin.

C'est le Printemps. A chaque visite de nouvelles découvertes, des couleurs, des formes, des émerveillements. Au Jardin botanique du Montet figure une belle collection de lilas issus de la collection Lemoine.

Victor Lemoine, horticulteur lorrain mondialement connu, est à l’origine de multiples variétés de plantes dont les lilas, pivoines, seringats, etc.

Il est à l’origine de la Société Centrale d’Horticulture de Nancy et travailla aux côtés de Emile Gallé maître verrier et fondateur de l’Ecole de Nancy, François Félix Crousse horticulteur, et Léon Simon peintre paysagiste.

Victor Lemoine, un génie discret mais célébré

Les plantes et arbustes dûs au génie de l’horticulteur nancéien Victor Lemoine, se comptent par centaines. Il a semé dans le monde entier. (Républicain Lorrain)

12273093268?profile=original12273093869?profile=originalEt voici un essai à l'aquarelle sur le sujet.

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Présence,

 

l'ébriété des roses

à force de trop de pluie,

fait tomber sur mon cœur

le gai linceul de vous ;

plus présent que jamais

vous oublier je ne le puis ;

votre cœur,  ce bijou

au creux du mien serti.

L'ébriété des roses

à force de trop de pluie,

enlève de mes yeux verts,

la sombre mélancolie ;

plus chantant que jamais,

vous taire je ne le puis ;

votre cœur, ce bijou

au creux du mien serti.

L'ébriété des roses

au soleil s'assagit,

m'insuffle le bonheur simple

de l'instant traversé,

puis la sérénité bleue

d'être deux dans une seule !

NINA

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Mots de vous.

 

Vos mots ont la splendeur

et la fragilité de ces fruits dévêtus,

que mes lèvres alliées cueillent

sans même les abîmer,

les écouter s'offrir en grappes multicolores,

fait que dans ma tête éclaircie depuis vous,

anoblie, ont grandi des jardins,

 embryonnaires et muets hier ;

que vous ils attendaient !

De vos fruits lexicaux,

égrenés de vos lèvres à ma bouche,

s'échappent le grand soleil et le rire du ciel !

 

NINA

 

 

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Hommage admiratif

Dans une fonction naturelle,
Sans parachute ni paire d'ailes,
L'homme-araignée grimpe mains nues
Collé aux vitres grands miroirs
D'un édifice à vingt étages
Revêtu d'immenses images
Et pour le croire, il faut le voir.

Les passants figés dans la rue,
Mentons levés se tiennent cois
Jusqu'au moment, où sur le toit,
Comme le ferait un acteur,
Il salue ses admirateurs
Qui applaudissent en liesse
Tout au bas de la forteresse.

Mais des policiers sur la scène,
Bientôt l'assaillent et l'emmènent.
La sanction dépend du pays
Où il a commis son délit.
À Montréal on a de l'humour et du coeur
Il fut libéré en vainqueur.
Connaissez-vous l'homme araignée?

Il n'a que deux mains et deux pieds,
Un sourire empreint de gaieté
Une noble simplicité,
Semble fragile et ordinaire,
Mais son courage téméraire
En fait un merveilleux héros.
Alain Robert, mille bravos!

29/04/2015

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L'éternel.

 

Depuis cette nuit brutale,

précipitée au grand matin,

retrouverais-je la continuité de vos yeux,

le prolongement de votre regard,

l'immuabilité de vous,

tout cela parsemé ici et là,

en d'infinis instants précieux ?

Depuis ce deuil clair,

portée par ma brune solitude,

rencontrerais-je la blondeur de vos mains,

la perpétuation de cette douceur d'homme,

l'incarnation de vous,

tout cela exprimé ici et là,

en de neuves caresses,

pour les miennes renaissantes ?

Depuis vous,

la terre je la sais bleue,

de s'éteindre incapable ;

je crois en l'éternel !

NINA

 

 

 

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La réalité de l'instant

  

Pantoum

Charme dans la sérénité,
L'instant est empli de tendresse.
La lumière qui se déverse
Nacre les nuages bleutés.

L'instant est empli de tendresse,
Émouvante réalité.
Nacre les nuages bleutés,
L'énergie douce, oeuvrant sans cesse.

Émouvante réalité;
Se dégage de l'allégresse.
L'énergie douce, oeuvrant sans cesse,
Crée une indicible beauté.

Se dégage de l'allégresse,
Un souffle de suavité.
Crée une indicible beauté,
Les flottants îlots qui progressent.

Un souffle de suavité
Enivre certes la sagesse.
Les flottants îlots qui progressent
Donnent l'envie d'y habiter.

28 avril 20015

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La rêveuse

Douce brise ce matin

Dans un ciel de printemps

Lumière jaune tremblante

Deux gouttes de soleil dans ma tasse de thé

Pommier en fleurs embaumant le jardin

De cime en cime chante le verdier

Mon cœur heureux palpite de gaieté

En ce jour d’avril, j’ai envie de rêver

Nada

28/04/2015

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Mircea Eliade . Le mythe de l' éternel retour

12273091876?profile=originalIl s'agit d'un essai publié en 1949 par le sociologue roumain Mircea Eliade (1907-1986). Cet ouvrage propose en exemple la mentalité primitive, comme d'autres font de l'histoire de la Grèce ou de la Révolution française.

Eliade prend pour point de départ une description de la pensée de l'homme primitif. Il lui apparaît que l'essentiel de cette pensée archaïque réside dans un accord originel et une compréhension radicale qui permettent à l'homme d'habiter authentiquement dans le monde. La nature n'est pas laissée à l'insignifiance et à la violence du fait, elle reçoit une signification ontologique décisive. L'homme ne prend pas la position centrale que la tradition humaniste lui accorde: mais si sa dépendance lui interdit de se diviniser, elle lui donne beaucoup plus: une situation vraie dans le monde. Le sacré n'est pas, pour Eliade, une catégorie psychologique en voie de régression; l'homme est, dès sa naissance, placé dans le domaine du spirituel. Tout progrès technique sera pour lui l'occasion d'un épanouissement humain. Aussi sa conduite ignore-t-elle l'histoire dont le but lointain ne saurait valoir plus que ce qu'il possède. Tout son effort tendra à justifier ce qui, dans son comportement, peut être accidentel, en l'intégrant au renouvellement périodique du temps sacré. Le nouveau, qui est aussi l'irréparable et l'historique, sera complètement exclu de sa pensée qui méritera, hors de toute histoire, le retour des actes accomplis par les dieux.

Voyez, dit Eliade, ce que l'humanité a perdu en renonçant à cette culture. Quel enrichissement compenserait le désastre spirituel qui a coupé l'homme de son enracinement pour le donner en proie à l'histoire, catastrophe accélérée? En fait, il ne lui échappa pas que la philosophie de l'histoire a déjà rencontré des questions analogues, que le savoir absolu hégélien est très proche de l'authenticité archaïque. Mais il ne voit qu'un rêve incohérent. La prétention essentielle à une telle médiation, intégrer toute vérité pour parvenir à l'absolu, lui paraît injustifiée. Du même coup, la théorie de l' aliénation se trouve atteinte. Pour Eliade le rôle du sacré est de mettre tout existant en rapport avec son être propre. le rapport de l'objet consacré au divin qu'il manifeste n'est pas le rapport de l'existant à son essence; l'essence est ici aussi réelle que l'existant. Cette confirmation archaïque de l'objet le met tout entier dans l' imaginaire. Il n'y a plus de vérité de l'apparaître. Il n'y a pas pour les primitifs d'histoire de l'homme. Mais il y a une histoire des dieux: le réel le plus réel est soumis à la pire des dégradations. Comment en serait-il autrement dans un monde où l'essence de la stabilité est délibérément imaginaire?

 

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12273092476?profile=original[Secretum].

Célèbre ouvrage en latin de François Pétrarque (Francesco Petrarca, 1304-1347), écrit en 1342-1343 et publié dans sa version définitive entre 1353 et 1358. Son titre exact est: "De secreto conflictu curarum mearum".

Il s'agit d'un document fondamental sur la terrible crise que connut le poète et qui doit être mis au même rang que les "Rimes extravagantes" et que les plus célèbres "Lettres". Cette oeuvre, qui est une sorte de confession spirituelle, témoigne de la parfaite conscience que le poète avait de son tourment intime. Alors que le poète s'est endormi, à la suite d'une longue et pénible méditation sur l'exitence et sur les maux qui l'accompagnent, voici que la Vérité apparaît sous les traits d'une grave matrone accompagnée de saint Augustin, vénérable vieillard. La Vérité incite le saint à intervenir auprès du poète, pour le sortir de sa torpeur spirituelle et faire en sorte qu'il se comporte en chrétien selon ses bonnes intentions.

Dans un dialogue qui dure trois jours, Pétrarque et saint Augustin s'entretiennent alors devant la Vérité silencieuse (d'où la division en trois livres). L'auteur des "Confessions" personnifie ici la bonne conscience de Pétrarque selon la conception chrétienne, en quelque sorte un juge intérieur qui lui reproche son penchant pour les biens de ce monde; mais ce poète, sentant que son humanité réside dans ces biens, tente de se justifier, passe en revue ses tourments et ses maux, avoue son désarroi et finalement s'accuse d'être incapable de vaincre le mal sans le secours d'une illumination divine. A quoi saint Augustin lui répond que la Vérité, témoin muet, ne peut accepter ni subtilités, ni tromperies inutiles. Le poète lui rappelle alors avec amertume qu'il a bien souvent souffert et pleuré devant la misère de la vie intérieure et son dur combat contre les tentations. Sur ce, saint Augustin lui fait remarquer, paternellement mais avec sévérité, que s'il fut le témoin de ses larmes, il ne l'a pas été de sa volonté.

Pétrarque concrétise ainsi dans ce dialogue son tourment et ses contradictions, résultat d'un ordre de choses qui le dépasse et qu'en fait sa raison n'accepte pas. Conscient des biens et des maux de ce monde, dont il peut à loisir et en esprit s' "évader", il s'interdit d'y changer quoi que ce soit de crainte d'y perdre son âme. Ainsi Pétrarque entend-il préserver les qualités d'un "âge d'or" dont il se considère, en tant qu' humaniste, le dépositaire et le représentant. Conscient des contradictions historiques qui commandaient à son époque, Pétrarque entend concilier, dans une formule, la réalité souveraine du corps et une morale qui en prêchait l'anéantissment.

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Ici et là-bas

 Songerie

Les acteurs se sont retirés.
Ils ne se renvoient plus la balle.
Tout le monde a quitté la salle.
Le rideau a été tiré.

Nous existons comme au théâtre.
Certes, chacun est programmé,
Tiendra des rôles sans jamais
Prévoir aimer ou bien se battre.

Acteurs, non pas marionnettes,
Décidés à rester debout
Et à endurer jusqu'au bout
Quand la fureur fait place nette.

Là-bas, où les voix se sont tues,
Le soleil demeure livide.
C'est toujours le sort qui décide
Si la vie cesse ou continue.

27 avril 2015

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