Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16060)

Trier par

A MA MERE 

O Claire, Suzanne, Adolphine, 
Ma Mère, qui m'étiez divine, 

Comme les Maries, et qu'enfant, 
J'adorais dès le matin blanc 

Qui se levait là, près de l'eau, 
Dans l'embrun gris monté des flots, 

Du fleuve qui chantait matines 
A voix de cloches dans la bruine; 

O ma Mère, avec vos yeux bleux, 
Que je regardais comme cieux, 

Penchés sur moi tout de tendresse, 
Et vos mains elles, de caresses, 

Lorsqu'en vos bras vous me portiez 
Et si douce me souriiez, 

Pour me donner comme allégresse 
Du jour venu qui se levait, 

Et puis après qui me baigniez 
Nu, mais alors un peu revêche, 

Dans un bassin blanc et d'eau fraîche, 
Aux aubes d'hiver ou d'été. 

O ma Mère qui m'étiez douce 
Comme votre robe de soie, 

Et qui me semblait telle mousse 
Lorsque je la touchais des doigts, 

Ma Mère, avec aux mains vos bagues 
Que je croyais des cerceaux d'or, 

Lors en mes rêves d'enfant, vagues, 
Mais dont il me souvient encor; 

O ma Mère aussi qui chantiez, 
Parfois lorsqu'à tort j'avais peine, 

Des complaintes qui les faisaient 
De mes chagrins choses sereines, 

Et qui d'amour me les donniez 
Alors que pour rien, je pleurais. 

O ma Mère, dans mon enfance, 
J'étais en vous, et vous en moi, 

Et vous étiez dans ma croyance 
Comme les Saintes que l'on voit, 

Peintes dans les livres de foi 
Que je feuilletais sans science, 

M'arrêtant aux anges en ailes 
A l'Agneau du Verbe couché, 

Et à des paradis vermeils 
Où les âmes montaient dorées, 

Et vous m'étiez la Sainte-Claire, 
Et dont on m'avait lu le nom, 

Qui portait de lumière 
Un nimbe peint autour du front. 
Mais temps qui va et jours qui passent, 
Alors, ma Mère, j'ai grandi, 

Et vous m'avez été l'amie 
Aux heures où j'avais l'âme lasse, 

Ainsi que parfois dans la vie 
Il en est d'avoir trop rêvé 

Et sur la voie qu'on a suivie 
De s'être souvent trompé, 

Et vous m'avez lors consolé 
Des mauvais jours dont j'étais l'hôte, 

Et vous m'avez aussi pardonné 
Parfois encore aussi mes fautes, 

Ma Mère, qui lisiez en moi, 
Ce que je pensais sans le dire, 

Et saviez ma peine ou ma joie 
Et me l'avériez d'un sourire. 
O Claire, Suzanne, Adolphine, 
O ma Mère, des Ecaussines, 

A présent si loin qui dormez, 
Vous souvient-il des jours d'été, 

Là-bas en Août, quand nous allions, 
Pour les visiter nos parents 

Dans leur château de Belle-Tête, 
Bâti en pierres de chez vous, 

Et qui alors nous faisaient fête 
A vous, leur fille, ainsi qu'à nous, 

En cette douce Wallonie 
D'étés clairs là-bas, en Hainaut, 

Où nous entendions d'harmonie, 
Comme une voix venue d'en haut, 

Le bruit des ciseaux sur les pierres 
Et qui chantaient sous les marteaux, 

Comme cloches sonnant dans l'air 
Ou mer au loin montant ses eaux, 

Tandis que comme des éclairs 
Passaient les trains sous les ormeaux. 

O ma Mère des Ecaussines, 
C'est votre sang qui parle en moi, 

Et mon âme qui se confine 
En Vous, et d'amour, et de foi, 

Car vous m'étiez comme Marie, 
Bien que je ne sois pas Jésus, 

Et lorsque vous êtes partie, 
J'ai su que j'avais tout perdu. 

In Max Elskamp in La Chanson de la Rue Saint-Paul de Max Elskamp (1922)

 

Max Elskamp sur le réseau

Lire la suite...

Imprévisible ingratitude

À l'instant, me suis séparée
D'une compagne très ancienne,
Sans en éprouver de la peine
Ni même de légers regrets.

Pendant d'innombrables années,
Elle mit dans mon existence
De la joie, de l'exubérance.
Faisions de grandes randonnées.

Elle me portait sur son dos
Et se prêtait à mes caprices.
La faisait valser, doux délices,
Aller au trot ou au galop.

Était venue de St- Étienne,
Je la reçus avec émoi,
Lui fis une place chez moi,
En pris soin comme de ma chienne.

Ce jour, l'envoie aux oubliettes,
Telle une chose délaissée,
Dont on veut se débarrasser,
Ma vieille amie, ma bicyclette.

9 mai 2018

Lire la suite...

Le long de la fontaine de Pont en iaul,

 

des cristaux de lumière viennent s’appuyer contre les pierres,

 

comme un masque qui vient tempérer certaines ombres.

 

Les mots restés enfouis sous les rebords de la page

 

réapparaissent à la source de cette eau claire.

 

Il s’agit probablement d’un souvenir

 

prenant son envol au-delà du bras de mer,

 

à l’intérieur des terres.

 

L’atelier existe bien,

 

le carnet de notes, ses esquisses et ses mots qui passent,

 

qui s’accrochent aux rêves.

 

Que de rencontres ont du avoir lieu autour des marches de cet édifice.

 

Une réalité, une impression qui resurgit  autour d’un passé bien défini.

 

Julien Boulier     le 09 mai 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3437689411 

Lire la suite...

Ce livre ne m'est pas arrivé directement.  Il a trainé par monts et par vaux et je finirais presque par croire que certains ouvrages ont le don de se faire désirer. Quoique que, comment aurait-il pu jouer sur ce sentiment puisque j’ignorais qu’il m’attendait gentiment au sein de la rédaction du magazine pour lequel je chronique?

12273281691?profile=originalUn rapide coup d’œil et me voici pris au piège d’un texte particulièrement bien construit. Le quatrième de couverture commence par ces mots : « C’était un petit bistrot perdu, à Bruxelles, il y a bien longtemps. ». Inutile d’écrire que l’écrivain est passionné d’histoire, on le devine par le destin qu’il offre à ses personnages.

Fiction ? Je ne le crois pas, cette prémonition sera confirmée en fin d’ouvrage pour mon plus grand plaisir.

Ce roman mérite d’être parmi les prochains « Best Sellers ». Ce titre cependant ne dépendra en finale que de l’accueil que lui réserveront les lecteurs, mais pas que, encore faut-il que les librairies reçoivent l’ouvrage comme il le mérite et lui réservent une place de choix.

Bruxelles est occupée par les Allemands, certains s’en accommodent, d’autres résistent et deux amis, après avoir légèrement trop bu, décident de saccager la permanence de « REX ».

Des destins qui se chevauchent, des vies qui s’entrecroisent et si vous apportez une pincée de suspens, ne vous étonnez pas d’être aspiré par le récit.

Nous fréquentons les bureaux de la Gestapo, avenue Louise, suivons le cheminement d’un fuyard décidé à rejoindre Londres pour éviter les conséquences d’un acte irréfléchi. Ensuite, au fil des pages, d'autres destins se dévoilent tel que ce jeune juriste américain et j’en passe.

Un saut de mouton qui nous conduit à suivre des acteurs qui n’ont d’autre choix que d’accompagner le mouvement d’un cataclysme mondial. Des années de vie volées, et cependant une période qui aidera les plus chanceux à rebondir en fonction des circonstances.

L’auteur ne porte aucun jugement, il raconte et il le fait avec talent. Je ne vous cache pas l’impression de retrouver une influence venue en droite ligne de l’école « James Follett », why not ? Pas le temps de s’ennuyer, l’aventure nous porte, nous emporte et comme dans tous les romans bien achevés, nous ne pouvons-nous empêcher de nous identifier aux protagonistes.  Les acteurs ont le don de nous apporter le miroir de nos faiblesses, de nos tendresses. J’ai adoré découvrir Bruxelles sous cet autre regard. J’ai aimé voyager de Lille vers Bordeaux. Frémi sous les plafonds de Breendonk en me souvenant qu’en Belgique nous avions notre camp de concentration.

L’Histoire mélangée aux histoires, les anecdotes qui nous reviennent en mémoire et que nous avions peut-être occultées… À propos de destins, celui de l’occupant n’est pas à négliger, au contraire. Nous découvrons que les méchants peuvent s’avérer gentils, qu’ils subissent parfois ce que la vie leur impose et pourquoi pas, d’une certaine manière résistent devant l’aveuglement populaire. Certes, ce ne sont pas des anges, juste des humains qui refusent parfois ce que le système aimerait leur imposer.  Une fiction?  Oui, sans le moindre doute mais une fiction bâtie à partir de confidences récoltées par l'auteur, il ne s'en cache pas, mais ne nous dévoile pas son confident.

Lire la suite...

Nombre de pages consultées depuis la naissance du réseau en août 2009

soit  8 728 424 pages vues au 5 mai 2018

12273278494?profile=original

12273278898?profile=original

Analytics fournit aussi les pourcentages concernant les pays, villes et systèmes (vues internet, vues tablettes vues smartphones) visiteurs: la France et la Belgique sont les plus nombreux avec respectivement 50 et 28 pour cent de visiteurs

Notez bien; que seul google analytics est capable de fournir de telles informations

Tout autre site qui ne sait pas vous fournir de telles copie d'écrans ne peut convaincre personne quant  à la fréquentation de ses publications...

Tenez-le vous pour dit

Robert Paul

Lire la suite...

Révolte et apaisement

À mes amis Belges


Serrement de coeur et  colère,

Sens l'indignation m'envahir,

Subis l'impulsion de haïr

La criminelle fausse mère.

La nature, incompréhensible,

Rend des êtres exceptionnels,

Les comble d'atouts personnels 

Puis, à son gré, les prend pour cible.

Les amoindrit, les défigure, 

En fait de malheureux perdants

Ou les pousse dans le néant 

Qui éternellement perdure.

Maurane votre chanteuse aimée,

Attendrissant par sa douceur

  Ou provoquant des coups de coeur,

Sera absente désormais.

Mais bien présente, virtuelle,

Emplie d'une intense énergie.

Les miracles de la magie

Changent les donnes existentielles.

Apaisée vais me recueillir.

Dangereuse est la vie sur terre,

Abondent les maux qui atterrent.

Nul n'est assuré de vieillir.


8 mai 2018

Lire la suite...

L’oiseau et le mot mystère.

 

Le vent dans les saules.

 

Et si c’était sur la campagne de Kergallec ?

 

Le ciel n’est alors qu’une phosphorescence,

 

un pétale enthousiaste.

 

Peut-être réussirai-je à côtoyer ces lieux en préliminaire.

 

Une vaste effusion sonore qui actualise un cheminement.

 

Quoiqu’il en soit, existent toujours

 

l’eau, les larmes, le soleil et leurs ombres.

 

Subsistent encore les bords de mer qui octroient à cette allure

 

le début d’une assimilation

 

et qui offrent à tes yeux

 

une figuration d’un nouvel espace.

 

Julien Boulier   le 08 mai 2018

poème déposé Sacem code oeuvre Sacem 3437658111

 

Lire la suite...

Pour un troisième ouvrage, Fabrice GUITIERREZ n’a pas choisi la facilité et pourtant ! Il ne faudra que quelques lignes pour que l’histoire nous aspire au cœur du sujet. 

Petit commentaire personnel : le sujet aurait pu s’avérer être un piège à l’écriture, l’auteur s’en sort avec brio.12273279896?profile=original 

En terminant « Je ne suis pas Fernand » je puis dire, sans me tromper, que Fabrice Guitierrez a réalisé une œuvre qui pourrait devenir « référence » pour toute vocation à l’éducation. 

Il fallait oser, il fallait également le talent pour le faire.

Comment approcher ce roman sans dévoyer l’histoire ?  Si je disais « homosexualité », je trahirais le texte.  Si j’approchais le sujet en vous parlant de la Grande Guerre (1914 – 1918) je ne suis pas certain que la thématique décrirait l’ouvrage avec exactitude.  Alors quoi ? 

Alors, permettez-moi de prendre mon élan afin de vous parler d’une œuvre qui mérite plus qu’une lecture.  Serais-je pompeux si je soulignais que l’écriture porte la réflexion sur notre condition humaine, sur ce que nous aurions pensé ou fait à la place des figurants ? 

Vous l’aurez compris, ce livre ouvre le débat sur une thématique d’Histoire, mais pas que, car il me semble qu’il nous plonge en pleine actualité.  Voici de quoi titiller nos consciences, notre approche de ce que le mot « tolérance » signifie à nos yeux et surtout jusqu’où cette ouverture d’esprit est capable de nous mener.

Professeurs, ouvrez vos cahiers et si vous l’osez, lancez le débat… 

12273280298?profile=originalSi le livre vous semble mince (160 pages) je dois avouer que « Je ne suis pas Fernand » m’a séduit tant par le sujet que par l’écriture.  Une plume qui manie la simplicité, ce qui à mon regard est preuve de maturité.   L’écriture incisive se marie à la personnalité de l’auteur.  Pas que ce dernier soit désagréable à fréquenter,  mais ce genre d’écriture permet de ne pas nous encombrer de détails inutiles.  « straight to the point » nous apprennent les anglais…  Je suis adepte de cette définition.

Alors ?  Imaginez que vous n’êtes qu’une adolescente et que sous l’ombre de la mobilisation se dévoile votre étrange sexualité.  C’est une époque difficile pour ceux qui portent le fardeau de la différence surtout, lorsque l’on réside loin de Paris, loin de l’exubérance de certains artistes qui peuvent se permettre la provoque sans se soucier du regard des voisins.  Comment assumer cette particularité au cœur de la France profonde ?  C’est une situation compliquée, d’autant plus difficile qu’un jeune de la région s’est vu…  (Chut ! lisez le livre, vous comprendrez.)

Matricule 1404/1305 sera celui du soldat Lafforgues Morgan.  Était-ce un choix ? 

Fuir l’imbécilité des hommes, leurs jugements, leurs fantasmes et ne trouver que l’armée comme issue à sa détresse.  Car oui, Morgane se fera passer pour un homme et s’engagera en tant que tel pour affronter les tranchées et les horreurs de l’inhumanité.

Un joli roman qui se lit avec plaisir.  Pas de lourdeurs, pas de longueurs, un juste équilibre qui nous porte à nous interroger.  Ce n’est pas que l’auteur se veuille donneur de leçon cependant le thème ne peut laisser indifférent. 

Qu’aurais-je fait si, en 1914, ma fille m’avait dévoilé son homosexualité ?  Que ferais-je aujourd’hui si l’un de mes enfants m’annonçait sa préférence pour le même sexe ?  Certes je l’accepterais, mais si je voulais être honnête, oserais-je jurer qu’à défaut d’en être blessé je ne serais pas égratigné ? 

En ouvrant « Je ne suis pas Fernand » je vous avoue avoir cru que l’auteur allait s’y casser les dents.  J’avais ouvert mon esprit à une écriture banale et mal m’en a pris…  Une histoire racontée juste comme il le faut.  Un écrivain qui ose ouvrir des portes alors que le gardien prétend en avoir perdu les clefs.  L’humain se transforme parfois en bête féroce, l’auteur l’a bien compris et préfère caresser une certaine humanité, bien que ?

Pas de lien entre ce dernier roman et ses précédents ouvrages ?  Pas certain, car dans toutes ses publications Fabrice Guitierrez pousse un cri déchirant au nom de ceux à qui l’on demande de la « fermer ».

J’ai lu « Garance » j’ai lu également « Elle pleure encore »…  S’il fallait prétendre une préférence entre les trois romans de Fabrice, sans hésitation je choisirais « Je ne suis pas Fernand ». 

Rien de plus normal me direz-vous, l’Auteur s’affine et prend de l’assurance.  Vraiment ? 

Auteur engagé ?  Faut-il répondre à cette question ?

Lire la suite...

Michel PIRIOU

Les racines de l’horizon

Roman

 

Comme les rochers qui apparaissent lors des plus basses marées, des secrets affleurent parfois des sables du passé.

Le destin d’un homme et d’une femme qui n’avaient aucune chance de se rencontrer, les vies séparées de leurs enfants qui, tantôt seront parallèles, tantôt se croiseront avec leurs amours, leurs peines et leurs joies… Nos racines sont-elles toujours celles que l’on croit ?

Lire la suite...

Les sentiers qui mènent à la porte.

 

Un corps à corps avec les pierres.

 

Ces notes qui nous amènent sous ce ciel normand

 

sont pourtant parties de proches horizons bretons.

 

C’est comme si,

 

au regard de cette esquisse réalisée à Kerziou,

 

la représentation de ce vieux four à pain breton

 

prenait racine. De longs cheveux

 

s’allongeant vers la terre,  sous le sol herbeux,

 

pour venir grandir sous le sol

 

d’un cahier d’esquisses.

 

Le tout éclairé par une pluie de soleil,

 

un puits de soleil matinal aux multiples vibrations.

 

Julien Boulier     le 07 mai 2018  à Mondeville

poème déposé Sacem code oeuvre 3437619711

Lire la suite...

Ce dimanche sur le Mont Royal

Ne cesse de me révolter.
Je dénonce de la nature
La monstrueuse cruauté.
Sans merci, elle défigure.

Ne le fais pas de vive voix
Veux conserver fière mon âme.
Or ne supporte plus parfois
Ce qui me paraît être un drame.

Cependant n'ose m'opposer
À ce que me prenne en photo
Mon fils qui me fait poser
Sans se douter de mon fardeau.

Sur un mont où grouille la vie
De très jeunes enfants, la grâce
M'a égayée et attendrie.
La brillance emplissait l'espace.

6 mai 2018

Lire la suite...

Parade de paroles

une parole gourmande

claque sous la langue

une parole savante 

bruisse comme un feuillet

une parole osee

 rougit comme un fard

une parole d'adieu

devale l'escalier

une parole jetée en l'air

se joue sur un drame

une parole donnée 

s'engage comme un tour de cle

 une parole bénite 

luit comme un espoir

mise en somme

dans une courte mise en scene

 toutes les paroles

s'egrennent sur un fil d'argent.

Lire la suite...
administrateur théâtres

LES VOIX DU CHANGEMENT UN PROGRAMME POUR GRAND CHŒUR, CHŒUR DE JEUNES ET VOCES8 AVEC LA PARTICIPATION DU PUBLIC, SOUS LA DIRECTION DE PAUL SMITH

12273277483?profile=original Chanter au sein d’un chœur est une activité communautaire au pouvoir incroyable qui embellit notre vie tout en étant, de surcroît, gratuite pour tous.

 Je suis enchanté d’annoncer que cette année a vu le taux de participation à Singing Brussels grimper. Au fil de sessions de travail organisées à BOZAR depuis l’automne dernier, de nombreux groupes se sont préparés au grand concert participatif de cette année. Des chanteurs venus des quatre coins de Bruxelles forment deux grands chœurs – l’un ayant appris la musique d’oreille et l’autre par le biais de partitions. Nous accueillons également quelques chœurs d’adultes bruxellois, deux chœurs d’enfants et deux fabuleux chœurs de jeunes – BEVocaL et Waelrant, qui représentent la Belgique sur la scène internationale.

Ce soir, le son qui émanera de la scène vous donnera la chair de poule. Outre ces nombreux chanteurs, nous avons aussi invité un groupe de jeunes compositeurs bruxellois qui ont créé une œuvre spéciale inspirée par leurs années bruxelloises et par d’autres œuvres inscrites au programme de ce soir. Je suis évidemment impatient d’inviter VOCES8 à se produire à nouveau à nos côtés.

1920px-VOCES8_17Feb2017.jpg

 En outre, nous avons l’honneur d’être rejoints par l’excellent compositeur et pianiste Jonathan Dove, qui est actuellement le compositeur en résidence de VOCES8 et qui accompagnera au piano son œuvre The Passing of the Year.

The Sound of Change

Ce programme explore « le son du changement » par le biais d’un large éventail d’œuvres musicales d’hier et d’aujourd’hui. Nous nous intéressons aux évolutions sonores et musicales qui marquent nos foyers et ceux qui nous sont proches. Nous nous attardons sur les sociétés anciennes et modernes, et sur l’évolution des comportements dans le monde qui nous entoure. Enfin, nos chants évoquent le monde naturel et le passage des saisons. Tous ces univers expriment le changement à leur manière tout en présentant de nombreuses similarités.

 Le programme de ce soir inclut des versions célèbres de negro spirituals et des circle songs tirées de mélodies traditionnelles. Des œuvres de musique du monde encadreront le concert, sans oublier Stravinsky, Bach, Tormis et Bruckner ainsi qu’une nouvelle œuvre de Paul Smith pour grand chœur intitulée A New World et The Passing of the Year de Jonathan Dove. À travers une sélection de negro spirituals, nous découvrons des mélodies qui parlent d’espoir au beau milieu de la nuit. La profondeur de ces pièces traitant de l’esclavagisme leur a valu d’être connues dans le monde entier.

Que pouvons-nous apprendre en observant le monde à travers les yeux de ceux qui ont vécu à l’époque de la Rome antique ? De la Première Guerre mondiale, deux mille ans plus tard ? De chaque côté du conflit israélo-palestinien ? Que nous racontent les évolutions naturelles et le passage des saisons, les chants des esclaves en quête de leur salut, les mélodies des amants, des guerriers, des philosophes, des politiciens et des poètes ? Dans A New World, nous explorons les concepts de nationalité, de guerre, d’éducation et d’amour. Nous étudions la relation entre l’individu et la nation, la discorde personnelle et les manières dont l’amour et l’espoir survivent quand tout semble perdu.

Cette œuvre, écrite spécialement pour ce concert à BOZAR et pour La Folle Journée 2018 en France, est créée ce soir en Belgique. Lauliku lapsepõli, de l’Estonien Veljo Tormis, a été composée en 1966. La pièce évoque un « thème récurrent dans le folklore estonien » : le parcours d’un homme devenant chanteur. La mélodie simple et répétitive repose sur un fondement harmonique intentionnellement minimal. « L’évolution de mon travail créatif a été influencée par mon intérêt profond pour le destin de mon petit pays natal et pour ma culture à travers les époques », écrivait Tormis. Le célèbre motet de Bruckner, Locus iste, est très apprécié et connu des chœurs à travers le monde. Prêtez une attention particulière à la magnifique introduction « mozartienne » et à l’unique et très long mélisme que contient cette œuvre exclusivement syllabique. Le célèbre compositeur exilé Stravinsky avait longtemps vécu en France avant de quitter la Russie pour s’installer en Suisse en 1914, fuyant l’imminence de la Première Guerre mondiale. La Révolution russe qui a suivi a rendu impossible son retour dans sa patrie, qu’il ne reverra pas avant 1962. L’une des œuvres maîtresses de Bach, Singet Dem Herrn ein neues Lied (Chantez au Seigneur un chant nouveau), sera interprétée par VOCES8, rejoint pour le deuxième mouvement par le grand chœur. Johann Sebastian Bach est certainement l’un des compositeurs ayant eu la plus grande influence sur la musique classique occidentale, et cette pièce est généralement considérée comme l’un de ses motets les plus exigeants pour double chœur. Au beau milieu de ces considérations humaines, nous nous tournons vers le cycle annuel de la nature et notre place dans le monde avec The Passing of the Year, véritable voyage débutant dans le froid hivernal et se clôturant, après un soleil d’été brûlant, au son des « cloches sauvages » triomphantes du Jour de l’An. « Les sept poèmes que j’ai mis en musique dans « The Passing of the Year », explique Dove,  forment trois "mouvements" ».  Le premier attend l’été et commence par une ligne de William Blake (« O Earth, O Earth return! »). The Narrow Bud vient de To Autumn de Blake, bien qu’il s’agisse en fait d’une description de l’été. Dans Answer July, les questions rapides suggèrent l’accélération sensorielle, l’excitation du retour de la vie et l’arrivée triomphante de l’été. La deuxième section suit le passage de l’été. Elle commence dans une chaleur étouffante avec une chanson de la scène d’ouverture de David and Bethsabe (« Hot Sun, Cool Fire ») : une fille se baigne dans une source et ressent le pouvoir et le danger de sa beauté. La section se termine par la mortalité apportée par l’automne : « Adieu! Farewell Earth’s Bliss », de Summer’s Last Will and Testament, qui annonce la mort de l’été. Le cycle se clôture en hiver, le Jour de l’An, avec un passage du poème In Memoriam d’Alfred Tennyson.

Comment une libération ou un retour d’exil permettent-ils l’expression libre de la musique, de la joie ? Interaction, spontanéité et exaltation sont les mots clés autour desquels nous rassemblons des œuvres de différentes régions du monde – notamment la chanson Freedom is coming pour clôturer ce programme par un déchaînement d’émotions humaines à l’état brut. Le changement ne s’opère pas en ligne droite mais sous forme de spirale. Dans quel sens voyageons-nous dans cette spirale ? Grâce au pouvoir de la voix humaine, ce programme explore le son du changement.

Paul Smith

Crédit photo:  Royalbroil - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56393842

SingingBrussels_0.jpg?itok=phuJxq45

https://www.bozar.be/fr/activities/126873-singing-brussels-celebration-weekend

 

L'an dernier... https://www.bozar.be/fr/activities/128589-voces-8

Notre chorale:  http://www.internationalchorale.com/

Lire la suite...

ET SI !

Et si on la donnait cette chance

Au raffinement, à l'harmonie

Plus simplement à l'élégance?

Afin de redorer la vie...

Et si, oubliant la noirceur

On se perdait dans les blés blonds

Et qu'on laisse parler son cœur

En murmurant juste un prénom?

Et si en niant toute rancœur

On pouvait croire en la bonté?

Ne plus laisser monter la peur

Et seulement se sentir aimé!

Et si demain n'existait plus

Mais un présent réinventé?

Et qu'enfin on trouve son dû

Avant de se désintégrer?

Changer l'esprit même de la vie

Anéantir morosité

Se conforter dans une folie

Qui rejoindra l'éternité...

Et si!

J.G.

Lire la suite...
administrateur théâtres

Donné à La Clarencière, en route vers Avignon, 2018

VISUEL_AlmaMahler_A5-25.png

"La Grande Veuve", un spectacle minéral: dur et  brillant. Rien à voir avec la Guillotine ou une cuvée de champagne. C'est ainsi que  Thomas Mann appelait  Alma Mahler, née Schindler à Vienne le 31 août 1879 et morte à New York le 11 décembre 1964. Une artiste peintre et  compositrice surnomée « La Fiancée du vent» par Kokoshka ! Sans doute pas celle d’une  brise légère  mais celle d’un vent de rafales amoureuses violentes et passionnelles. Elle est AEIOU ... Ambitieuse, Égocentrique, Insoumise, Orgueilleuse, Utile… à la cause des femmes  mais décrite par ses contemporains avec une bonne dose de fiel.

Sculpturale, intelligente, indépendante d'esprit, Alma est courtisée  par le  Tout-Vienne et  devient successivement l'épouse du compositeur Gustav Mahler, de l'architecte Walter Gropius et du romancier Franz Werfel. Ses relations de couple sont truffées d’infidélités conjugales tumultueuses qui  lui donnent l’espoir de compenser ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture qu’elle  s’est vue  forcée d’abandonner  en vertu du mariage. Alcoolique en plus ! Pour faire « homme ? » Comme  Georges Sand et  son cigare ? L’époque nie la femme et négocie la féminité comme valeur marchande mais Alma est ravageuse.

En 2018, c’est un homme - Jean-Claude Humbert -  qui la joue, ainsi que la valse des noms prestigieux de ses amants:   Gustav Klimt, Kokoschka… dont elles aime les étreintes et la soumission.  Signe des temps ? C’est un homme encore, le même Jean-Claude Humbert, qui a écrit et composé cette biographie passionnée de "La Grande Veuve". Signe de nouvelle sensibilité?  Signe que les rôles deviennent interchangeables? Que l’art est le ferment qui change les époques?

 Et la voix, qui chante les lieder qui interceptent les maux et la couleur des mots, c’est celle de la  mezzo  Sophie de Tillesse en robe de paillettes noires et les yeux en étoiles, très présente, douée d'une remarquable diction et  dotée d'  belle puissance vocale. Tour à tour, bucolique, romantique, ingénue bien sûr,  et aussi impressionnante avec sa tessiture large et impérialement gérée, qu’ait pu l’être le personnage d’Alma Mahler,  la croqueuse  d’hommes à qui on a intimé de privilégier sa « vie sociale » et au diable « la compositrice »! Parfois, réfugiée dans ses fantasmes ou  fascinée, le regard tourné vers l’intérieur des douleurs.

Bref, la théâtralité et la connivence bien réglée  des deux comédiens  ont de quoi épater. Comédiens?  puisque le masculin que l'on prétend neutre l’emporte, ainsi le veut la grammaire!    Le spectacle bien ficelé invite au voyage dans  univers de la musique et du romantisme allemand et appelle  à la rencontre des artistes  d'une époque bouleversante de créativité et de changements, mais révolue. Éprouve-ton une certaine noces-talgie  pour le  Sehnsucht allemand, un creuset infaillible d'émotions? Sûrement.  … Face à  notre époque délirante de consommation sans transmission… voici une belle ivresse où  la musique  et les  planches font excellent ménage.

Mise en scène : Daniela de La Hoz Production : Théâtre Hall - Genève.

Texte original: Jean-Claude Humbert 

Lire la suite...
administrateur littératures

Le saviez-vous? L'Espace Art Gallery, sphère de rencontres de qualité entre artistes et amateurs d'art implantée depuis bon nombre d'années au 35 rue Lesbroussart, vient de prendre ses quartiers au 83 rue de Laeken, investissant gaiement le centre-ville à un jet de pierres de la place de Brouckère, et ce jeudi 3 mai s'est déroulé l'inauguration - vernissage de sa nouvelle demeure.

D'une étendue de loin supérieure à l'ancienne pouvant accueillir simultanément et sur plusieurs niveaux les oeuvres de minimum cinq artistes au talent reconnu ou en devenir sans que celles-ci ne se retrouvent mêlées, l'espace étant parfaitement agencé en plusieurs salles, les lieux reçoivent dès à présent Alexia Tonna, Kéo Merlier-Haïm, Marie Céline Bondue, Christiane Messiaen, Alain Pizon, Yann Argentin et Arnaud Cachart, des artistes inspirés et méritants dont les tableaux nous font songer à cette citation de A.Rodin: "L'Art indique aux hommes leur raison d'être. Il leur révèle le sens de la vie, il les éclaire sur leur destinée et par conséquent les oriente dans l'existence."

Un vernissage baigné d'une atmosphère conviviale, en des lieux d'une superbe luminosité, plusieurs dizaines d'âmes manifestement touchées et parfois même très animées à la découverte du nouvel E.A.G., les conversations courant bon train dans tous les coins, quelques flashs crépitant par-ci par-là, cet inauguration - vernissage a rassemblé bon nombre de coeurs et d'esprits à la fibre artistique, Françoise Marquet nous assurant à la harpe d'un fond de musique celtique tour à tour enjouée et nostalgique, marraine de l'événement: Jacqueline Kirsch, parrain: Léonard Pervizi. Que dire de plus? Qu'il fallait être présent pour sentir ou ressentir le fait que l'Art, loin d'être agonisant, continue à vivre et à nous exalter, catalysant entre autre de jolies rencontres autour de lui, que l'initiative est heureuse et remercions ici notamment Robert Paul et Jerry Delfosse, nos maîtres-d'oeuvre. Le nouvel Espace Art Gallery? Ce sont également de belles rencontres littéraires publiques animées par Gérard Adam, auteur et directeur des éditions M.E.O., se déroulant le dernier mardi de chaque mois à 19h, la pensée traduite en Lettres, qualité du propos et talent des auteurs en présentation indéniables! La prochaine date à bloquer dans votre agenda? Le 29 mai! Vous êtes donc attendus...

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles