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D'or est saupoudrée l'herbe verte

J'ouvre les yeux à la lumière.

Me sens joyeuse d'être en vie.

Ne débordant pas d'énergie,

Je m'abandonne au laisser-faire.

 

En éveil, ne pense à rien.

D'or est saupoudrée l'herbe verte.

Des fourmis y passent alertes,

Sans doute y repèrent des biens.

 

Leur vivacité m'impressionne.

Je les observe de très près,

Or ne les vois pas s'emparer

Des aliments qui y foisonnent.

 

Intelligence ou bien instinct?

Tous les êtres vivants agissent

Pour obtenir un bénéfice,

Non pas un profit incertain.

 

Les lois, régissant la nature,

Demeureront inaltérables.

Aux espèces sont profitables,

Font que l'équilibre perdure.

 

14 juillet 2018

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exposition Etienne DRIOTON

PHARAON MAGAZINE N° 34, Pleins feux sur notre exposition

« Etienne DRIOTON, un égyptologue au fil du Nil »
Une exposition à Montgeron
Article de Michèle Juret
" C’était un projet de longue date ! Il se réalisera en 2019 pour la commémoration du 130e
anniversaire de la naissance d’Etienne DRIOTON. À Montgeron le Musée Municipal Josèphe
Jacquiot propose dès le mois de janvier une exposition photographique, sélection des plus
beaux clichés, pour la plupart inédits, réalisés par le savant en Égypte entre 1925 et 1952..."12273288489?profile=original

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Au temps de ma passivité

Un instant à occuper s'offre.

Certes ce jour est avancé.

Aucun défi ne m'est lancé,

Lors, je vais fouiller dans le coffre.

 

La mémoire est une réserve

Des plaisirs que donne la vie

Et aussi des tendres envies.

Dans la durée, elle préserve.

 

J'aimerais être créative,

Faire surgir de la beauté,

Dans des espaces enchantés,

Cependant demeure passive.

 

Face à la grisante brillance.

Je murmure l'hymne à la joie.

De ma mère, j'entends la voix

Qui avait bercé mon enfance

 

13 juillet 2018

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Tu me diras combien les chênes,

 

combien les chants anciens,

 

ont compté pour toi.

 

Nous qui sommes les enfants des campagnes,

 

les lueurs de la ville.

 

Dans ce paysage, la très lente mélodie,

 

de sa gorge déployée,

 

fait chanter le piano.

 

La nuit dans le poing, le jour dans la main.

 

Tes yeux en mouvement secouent les branches des arbres

 

au-dessus de la statue.

 

Sa silhouette dessine tes rêves au-dessus de la fontaine.

 

Tant de chemins à parcourir encore.

 

Julien Boulier

poème déposé Sacem code oeuvre 3439778711

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Une habitude prioritaire

J'ai un puissant besoin, parfois,

De saisir de l'instant qui passe

Une délicieuse grâce

Ou bien le trouble d'un émoi.

 

M'arrivent des vers sans emphase.

Ils riment agréablement.

M'émeut toujours joyeusement,

La musicalité des phrases.

 

Des milliers de pages écrites,

De petits morceaux de papier

En deux soigneusement pliés,

Couverts de mots à la va vite.

 

Je garde toujours en ce temps

L'habitude prioritaire

D'écrire pour me satisfaire

Mais cela n'est plus évident.

  

Avec confiance j'espère

Que pareil me sera rendu

Mon talent qui semble perdu.

Me fascine le grand mystère.

 

22 juillet 1018

 

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Sisyphe...

A force de reconstruire opiniâtre et butée

Je me sens aujourd'hui Sisyphe fatiguée...

Comme un défi au temps, j'ai boudé les années

Et j'ai cru dur comme fer que je serais aimée!

Et voilà qu'à nouveau le constat me revient

On a beau tout donner, il en reste... presque rien!

La meilleure volonté ne peut pas faire le bien

L'illusion est parfaite mais il manque un lien...

Alors le ciel est bleu et la terre est merveille

Mais c'est avec des larmes que j'aborde le réveil

J'ai envie de crier : Il est mort le soleil

J'ai envie d'oublier tous mes sens en éveil!

A force d'être forte, de vouloir croire en tout

J'ai perdu de vue sans doute que tout dépend de vous

Ce vous qui tremble au loin dans sourire un peu flou...

Alors, Est-ce donc en vain que j'aurai cru en nous?

J.G.

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Un Manuel de dessin et de peinture en e-book

Bonjour à vous tous, amoureux du dessin et de la peinture. Enseignant depuis plusieurs années les arts plastiques, j’ai pensé qu’il serait utile d’avoir en permanence les notions essentielles pour réaliser un tableau sur un support facile à transporter. C’est chose faîte. Je viens de publier en e-book un Manuel de dessin et de peinture qui reprend l’ensemble des notions à connaître pour réaliser un tableau : dessin, composition, couleur, lumière, perspective, étude du corps humain (avec schémas et exemples à l'appui) ; les techniques : gouache, aquarelle, peinture à l'huile, peinture à l'acrylique, crayon graphite et sanguine ; les thèmes abordés : nature morte, marine, scène de genre, paysage, le tag, le wax, les animaux. Il comprend aussi un lexique de définitions et une chronologie des courants artistiques de la Renaissance à aujourd’hui.

Vous ne le trouverez pas en broché car l’idée première est de l’avoir sur nos tablettes, téléphone et aussi liseuse puisqu’il est déjà sur la plateforme KOBO et Amazon. Je vous accorde le droit de réaliser les dessins et peintures que j’ai mis en exemple., et si vous avez une question mes coordonnées sont en début de livre.

Voici le lien Amazon : www.amazon.fr/Manuel-dessin-peinture-Lessentiel-port%C3%A9e-ebook/dp/B07FJP2JB8/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1531320808&sr=8-1&keywords=manuel+de+dessin+et+de+peinture"

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Le tendre souffle de l'instant

Il fait nuit bleue, suave instant.
Les faibles ombres sont instables.
Restent figés les vieux érables,
Revêtus d'un noir persistant.

Me sens pénétrée de tendresse,
Je réagis à la fraîcheur.
Fut éprouvante la chaleur,
Mais se dissipe ma faiblesse.

M'enchantent les métamorphoses
Créant des grâces indicibles.
Une étoile devient visible,
De la croire réelle, n'ose.

Savoureux, s'écoule le temps.
Dans le silence, j'y chemine.
Rien ne me pousse, je lambine.
Ma rue est un tableau vivant.

10 juillet 2018

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INVENTEURS ET CRÉATEURS FRANCS-MAÇONS

Ils ont contribué au progrès de l'humanité
José Perez
EME éditions
Explorations maçonniques 
PHILOSOPHIE SPIRITUALITÉ 


Voici des femmes et des hommes qui ont inventé, créé, fondé. Ils ont cherché. Ils ont trouvé. Le basket, le pneu, le cognac, La Marseillaise et les montgolfières. La pénicilline, Bambi ou Corto. Le contrôle des naissances et la contraception. 96 portraits de femmes et d'hommes qui ont contribué au progrès de l'humanité. Humour et érudition. Tout public. L'auteur est journaliste, poète, dramaturge. Initié en 1995 au sein du GOB, il y a été vénérable maître.



Journaliste, poète, dramaturge, conférencier, ancien attaché ministériel, ex-conseiller municipal, vice-président de la Maison laïque de Bruxelles, José Perez a été initié franc-maçon au sein du GOB.


Broché - format : 13,5 x 21,5 cm
ISBN : 978-2-8066-3645-4 • 7 juin 2018 • 174 pages 
EAN13 : 9782806636454
EAN PDF : 9782806651235 

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Mots épars

Que reste-t-il
du temps éparpillé
des mots épars
et des poèmes inachevés

de nos nuits blanches?

Si peu de chose
une plume ou deux
abandonnées le soir
par un oiseau

Martine Rouhart

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Aussi je dirais que ton âme parcourt les sentiers sauvages.

 

Colères et tempêtes d’hiver, lourd soleil d’été.

 

Tu franchis les heures parvenues.

 

Vois cette clarté qui habille tes rêves.

 

C’est ta vie qui enveloppe de fougères

 

l’agitation et le tumulte des grandes villes

 

jusqu’à ce qu’en marchant,

 

tu découvres, transpercé de lumière,

 

les rivages à jamais en suspens.

 

Puisses-tu devenir immuable en t’éveillant chaque jour,

 

semblable à la brume qui se déchire,

 

laissant apparaître les paysages scintillants

 

à travers tes yeux et ton regard. »

 

Julien Boulier, à Lorient

poème déposé Sacem code oeuvre  3439653711

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J'entends une voix qui murmure

Seule en ce jour ensoleillé,
Me sens à nouveau guillerette.
Je n'ai aucun souci en tête,
Passive, me tiens éveillée.

Dans le présent, je suis ancrée,
À ce qui fut, indifférente.
Aucune perte ne me hante.
L'oubli dissipe les regrets.

Du ciel, la somptuosité
M'emplit d'une ferveur intense.
Dans un délicieux silence,
Je me grise d'immensité.

L'instant progresse lentement.
Une douce voix me murmure
Que ce qui existe ne dure,
Est entraîné vers le néant.

Les Arabes déclarent morts,
Et dépourvus de conséquences,
Les faits passés d'une existence.
Cela évite les remords.

7 juillet 2018

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Quelques notes d’un lointain syrinx me reviennent… Pan, sans doute, est à la traversière… empruntons donc cette voie de traverse, sur l’air des vendanges de l’amour.
       Cupidon nous accompagnera à la parade, déjà il me tend une plume… en garde ! elle peut être perfide.

12273291070?profile=original Paon et Cupidon
Détail des « Scènes de vendanges »
« L’Amour, ce fripon, ce brandon de discorde, a d’étranges formules. »,
                                                                    Moschos de Syracuse (IVe s. av. J.-C.)
Maison de Dionysos (Nea Paphos, Chypre)

Dernière tournée et ultimes tours pour Aphrodite, Eros, héros et héroïnes avant de leur tirer notre révérence.
       Susceptible, vindicative, exclusive, et intrigante, Aphrodite ne fut pas pour rien dans la mort tragique d’Hippolyte. A ses beaux yeux, il avait commis ce péché originel d’incliner pour la lunaire Artémis (Diane), vierge de surcroit, et tenant à le rester, pour qui il se vouait.
       Hippolyte était le fils de Thésée. Lorsque le vainqueur du Minotaure quitta la Crète, il conduisit Ariane et sa sœur, Phèdre, vers d’autres destinées. Chemin faisant, il se lie à une Amazone, Antiope, qui lui donna ce beau fils. Après le décès d’Antiope, il épousa Phèdre.

12273291261?profile=originalPhèdre et Hippolyte
Hippolyte s’apprête ici à partir à la chasse – chaussé, sachant chasser, avec son chien - lorsqu’il reçoit un diptyque de Phèdre, sa belle-mère, lui avouant son amour. Dans l’attente, Phèdre sur son trône se consume. Cupidon, ce petit scélérat, avait su embraser son cœur. Avec ce brûlot qu’elle lui inspira

« C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. »
Maison de Dionysos (Nea Paphos, Chypre)

Vous suivez ? Reprenons le fil, cherchons l’intruse et son agent de liaison.


C’est là qu’Aphrodite intervint comme le ferait un corbeau malfaisant, avec la complicité d’Eros, son envoyé spécial qui dicta sans états d’âme un fallacieux message à Phèdre. Calamiteux calame…
Alors que Thésée était absent, Phèdre le crut mort et déclara sa flamme à son gendre Hippolyte, qui, glacé d’effroi, la repoussa.
Sur ces entrefaites, Thésée réapparait. Craignant sa colère, l’épousée accusa alors Hippolyte de l’avoir violée. Fils maudit, Hippolyte partit et fut tué sur son char par une vague monstrueuse transmuée en un taureau furieux guidé par Poséidon en personne !

Après ce scandale dans la famille, Phèdre se suicida


« Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable. »,
                                                                                           Jean Racine (1639-1699)


Et Thésée, qui apprit la vérité par l’entremise d’Artémis, abandonna son royaume.
Amour fatal, tragédie mémorable.

Et Aphrodite est parfois dite Sôsandra, « celle qui sauve les hommes » ! Faut-il se voiler la face, se draper dans sa vertu !

12273290884?profile=original Eros monté sur un taureau
Survivances païennes en période paléochrétienne*1.
Ces œuvres datent, pour la plupart, du IVe siècle.
Mosaïque de la maison d’Aion (Nea Paphos, Chypre)

      Europe, princesse de Tyr, gambadait dans les prés avec son petit panier fleuri et ses amies. Zeus, au balcon d’un nuage, observait cette charmante scène champêtre d’où se détachait notre héroïne, tant elle était fraîche, fleur parmi les fleurs, prête à être cueillie. Un peu sauvage aussi. De son côté, la déesse de l’amour veillait pareillement, et aimant mêler les cœurs autant que le grain et l’ivraie dans l’ivresse des sens, elle demanda à Eros de décocher une de ses fameuses flèches, qui derechef atteint le dieu suprême. Incontinent, le père des dieux et des hommes, et roi des transformistes, se mua en taureau, échappant ainsi à la vigilance d’Héra, sa légitime épouse. Sans ambages, il héla la fille du roi Agénor, « Io ma sœur, en croupe ! » (c’était un rapteur avant l’heure), se rua sur la belle et l’emporta. Au galop sur les flots, ils gagnèrent Chypre, pour jouir de la félicité d’un amour partagé. Elle lui donna trois fils, puis épousa le roi de Crète. Et c’est comme ça que, descendus de l’Olympe et « des fils glorieux dont les sceptres exerceraient leur pouvoir sur tous les hommes », nous sommes tous Européens !

12273291297?profile=original L’enlèvement d’Europe
Ils atteignirent Matala et vécurent heureux en Crète, où on dit qu’à Gortyne le platane qui abrita leurs amours reste toujours vert… En toute saison*2 !
On ne mesurera jamais assez les bienfaits du régime crétois !
(IIIe s. ap. J.-C. ; mosaïque trouvée dans la ville de Rhodes en 1966)

      Clio pour sa part, un jour, désavoua Aphrodite et son amour trop tapageur pour Adonis. Clio pensait avoir la haute main sur l’histoire, la suite lui prouva que non. Ses piaillements l’incommodant, la déesse fit qu’une irrésistible inclination poussa la Muse de l’Histoire dans les bras du roi Piéros. Piéros, roi d’Emathie (Macédoine) et ses neuf filles, les Piérides*3, à qui il avait donné le nom des neuf Muses, raison pour laquelle, outre qu’elles rivalisaient avec elles au chant, elles furent métamorphosées en pies et corneilles, oiseaux rebelles que nul ne peut apprivoiser. Et pan sur son bec ! Faut pas la chercher. Et ne bayez pas ! La musique n’adoucit pas ses mœurs.

12273291494?profile=original ‘Tu croas ça toi’ croassèrent les Piérides, avec, comme dit Ovide, leur « caquet, une voix rauque et un insatiable désir de parler. ».

      Avançons-nous maintenant vers cette représentation populaire (pandemos) de la déesse où on voit Vénus chevaucher un bouc. Elle est du type Epitragia.
Les cheveux dans le vent, il lui monte des désirs divins dans le creux de ses reins, sur son terrible caprin.

12273292069?profile=original Vénus Pandemos
« Le vulgaire, dans la nature, se mêle souvent au sublime »,

Mme de Staël.

(ca 250 ans av. J.-C. ; marbre de Pentélique ; musée du Louvre, Paris)

      Une croyance répandue dans la Grèce antique voulait, ainsi que le rapporte Pline, que « les chèvres respirent par les oreilles… et que la fièvre ne les quitte jamais : ce serait pour cette raison que leur souffle est plus brûlant et qu’elles sont plus ardentes à l’amour… »*4.

12273292094?profile=originalLa chèvre de la mosaïque des « Quatre saisons »
Remarquez la flute de Pan (syrinx).
Faut-il y voir une bique lubrique ?
Bê… fabæ caprini fini ! réplique-t-elle bellement.
Maison de Dionysos (IVe s., Nea Paphos, Chypre)

      Priape, né sous la bonne étoile du berger qui l’éleva, veillait particulièrement les troupeaux de chèvres, première espèce ruminante à être domestiquée par l’homme.
Fils naturel d’Aphrodite et de Dionysos, mais si petit, si laid, si libidineux, que sa mère l’abandonna. Il devint donc le protecteur du cheptel et des jardins… Jardins où notre disgracieux homoncule réapparut plus tard sous forme du charmant nain ornemental*5 que nous connaissons tous. Gage de fertilité, son sexe énorme telle une masse d’armes avait aussi l’avantage d’éloigner les voleurs comme de servir d’épouvantail à moineaux !

12273291659?profile=original La jeunesse de Jupiter (ca 1700, détail)
Ignaz Elhafen (1658-1715)
(ivoire, Victoria & Albert Museum, Londres)


Pan au tambourin, une nymphe et Amalthée, la chèvre nourricière de Zeus. Pour Homère, Zeus, le plus glorieux des dieux, était le père d’Aphrodite, qu’il eût de de son union avec Dioné. Il devait y avoir un certain atavisme.

12273291872?profile=originalEstán como cabras
María del Carmen Díez Muňoz (Villadovid, 1989)
(linogravure, 2015 ; musée insulaire de La Palma)
Tant il est vrai qu’elle m’a rendu chèvre !

Cabri c’est fini.


       Malgré tout, je ne voudrais pas terminer sur une figure un peu trop fruste. Il suffit pour cela de changer de disque pour prendre celui, bien plus aimable à nos yeux, mais hélas perdu, que décrivait Anacréon, le chantre de Téos, il y a deux mille cinq cents ans. J’en appelle donc à l’aède…


« Qui donc osa graver la mer ? Quel art habile déroula sur ce disque les flots arrondis de l’onde azurée ? Quel est celui dont l’esprit inspiré des dieux a représenté sur le dos de l’humide élément la blanche et douce Cypris, reine des Immortels ? Il nous l’a montrée nue : les flots servent seuls de voile aux appas qu’il faut cacher : elle erre sur l’eau comme l’algue blanchissante que balance une onde paisible.
Le corps soutenu par la mer, elle sépare devant elle les vagues frémissantes et fend pour la première fois les flots répandus autour de son sein de roses, au-dessous de son cou délicat. Au milieu des sillons d’azur, comme un lys enlacé aux violettes, Cypris brille sur le calme de la mer. L’argent représente des dauphins en chœur et portant l’Amour et le Désir qui se jouent des finesses des hommes. La troupe des poissons, en cercle sur les flots, caresse la reine de Paphos partout où elle nage en souriant. »*6


       Assez chanté ses louanges, de dithyrambe… Cependant, sans l’abandonner, nous laisserons notre déesse se délasser, pour nous consacrer à ses Amours, turbulents enfants, et à leurs traits… de caractère.

12273291897?profile=originalLe repos de Vénus et de Vulcain
Les Amours affutent leurs flèches.
L’Albane (Francesco Albani, dit ; 1578-1660)
(musée du Louvre, Paris)

Vous pouvez, en attendant, retrouver notre héroïne dans les précédents épisodes de cette série :
1. A Paphos, l’effrontée Aphrodite fût :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-paphos-l-effront-e-aphrodite-f-t-aphrodite-1-5

2. A la poursuite d’Aphrodite la dorée :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/a-la-poursuite-d-aphrodite-la-dor-e-aphrodite-2-5

3. Toujours fondu d’Aphrodite ? :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/toujours-fondu-d-aphrodite-aphrodite-3-6

4. Dans le miroir de Vénus :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/dans-le-miroir-de-v-nus-aphrodite-4-7-1

5. Rhodos, Salmacis et hermaphrodite :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/recherche-aphrodite-perdument-aphrodite-5-7
6. Vénus ou l’écume de nos nuits :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/v-nus-ou-l-cume-de-nos-nuits-aphrodite-6-7

Michel Lansardière (texte et photos)

*1 L’île de Chypre a été évangélisée par Paul, Barnabé et Marc en 45. La religion chrétienne sera proclamée religion officielle de l’Empire romain en 392. En 395, à la mort de Théodose, l’empire est scindé en Empire romain d’Orient et Empire romain d’Occident. Il y eut aussi des foyers de résistance polythéiste, notamment pendant le règne de l’empereur Julien (331-363), l’Apostat pour les Chrétiens.


*2 Sempervirens, il l’est ! Vérifications faites, une espèce endémique à feuilles persistantes vit sur l’île (platanus orientalis cretica). Il n’en resterait qu’une trentaine de spécimens. Ils font naturellement partie des spermatophytes (angiospermes). Par la semence de Zeus !


*3 Les Piérides sont souvent assimilées aux Muses (idem pour les Carmènes) et données comme synonymes d’après leur lieu de naissance, la Piérie, en Macédoine. Leurs vocalises se répétaient en écho sur les monts Olympe, Piérus, Pinde, Parnasse et Hélicon pon pon pon pon.


*4 Antiquité ?... Avant la Seconde Guerre mondiale, un charlatan américain, John Romulus Brinkley (1885-1942), greffa des testicules de bouc, émissaire de puissance et de gloire, à des patients (plus de 15000 victimes tout de même !) voulant retrouver leur virilité. Ce personnage sulfureux, aux ambitions politiques, propagea les nauséabondes thèses nazies… Il est vrai que l’odeur hircine n’est pas celle de la sainteté, le Diable s’habille en angora.
Un film d’animation documentaire, Nuts ! (jeu de mots entre « cinglé » et « testicules »), se basant sur cette histoire a été réalisé en 2016 par Penny Lane.
Mais « le bonheur ne serait pas le bonheur sans une chèvre qui joue du violon » selon une réplique d’un personnage contemplant « La mariée » de Marc Chagall dans Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell.


*5 Kobolde et Nicker, sont des esprits de la terre des légendes saxonnes. Ces « Petits vieillards, à barbe blanche, armés d’un marteau, ceints de cuir protecteur des mineurs, la tête couverte d’un bonnet conique. La figure souriante, ils batifolent dans les grottes, trottinent le long des filons, à la recherche des pierres fines, des métaux précieux. » (Karl Grün, 1843-1890) sont aussi à l’origine de nos nains de jardin, comme des mots « cobalt » et « nickel ».

*6 Traduction d’Ernest Falconnet (1815-1891). Bien sûr, pour Anacréon et ses contemporains le dauphin était un poisson. Linné n’était pas né.
Le naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778) a classé le monde animal en proposant une nomenclature binominale latine dans son Systema naturae. Dans la famille vénus, il a donc mis de l’ordre. Dans la langue vernaculaire la palourde avait tout pour praire. Il les trouva mauvais genre, communes. Une faune (on lui doit le mot pour désigner le peuplement animal, idem pour la flore) bêtement vulgaire. Esprit systématique, il nomma la première Venerupis decussata Linnaeus, 1758 et la praire Venus verrocusa L., 1758, et cætera. Vous admettrez, que cela redonne une certaine classe à une famille ainsi recomposée. Bien rangée, Vénus est bien à tiroirs taxinomiques autant que mythologiques, voire métaphysiques. Dois-je consulter, Dr Freud ?

12273291684?profile=originalVénus aux cheveux d’or
Auguste Arnaud (1825-1883)
(palais de Compiègne, Oise)
J’aurai tenté avec cette série de faire toute la lumière, ou presque, sur la déesse…
Initialement cette sculpture était partiellement dorée. Napoléon III en ayant fait l’acquisition au Salon de 1863 demanda à ce que l’on lui ôta cette parure.
Voir à propos de ses cheveux le billet 2/7 : « A la poursuite d’Aphrodite la dorée »
(lien ci-dessus)

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L'envie d'une chanson

La forte chaleur a cessé,
Le vent agite le feuillage.
La prudence me gardant sage,
De sortir, ne suis pas pressée.

Ce jour se nomme Vendredi.
Il s'écoule dans le silence.
Son éblouissante brillance
Certes me rend ragaillardie.

Me vient le goût d'une chanson,
Créatrice de fantaisie,
D'une suave poésie,
De géodes remplies de sons.

Venez chez moi, Mimi Pinson,
Répandez-y votre énergie!
Voudrais dater ce vendredi.
Que s'y combinent de doux sons!

6 juillet 2018

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HISTOIRE COURTE 42.

L'ART CELA FAIT DU BIEN.

Confronté sans transition souvent, de la beauté à l'horreur, du bien-être à la souffrance...

Secoué, perturbé, incrédule...l'homme doit pourtant faire face!

Lorsque le cœur déborde, lorsque la raison butte, l'instinct prend le relais...

Alors, pour surnager, pour exister, pour se détendre, pour partager, certains cherchent à traduire leur vécu. Ils prennent pinceaux, plumes, archets. Ils malaxent, ils sculptent, ils photographient, ils imaginent. Ils sortent de leur condition!

Ils se sentent tout à coup pour quelques instants magiques, créateurs d'une autre vie plus proche de leur ressenti. Ainsi en une minute, ils se sentent apaisés.

Et ceux qui posent leur regard et leur intelligence sur leurs œuvres, en ouvrant aussi leur cœur, éprouvent comme malgré eux, par onde de choc, ou devrai-je dire onde d'empathie, d'amour? Eprouvent donc, à leur tour, une part de cette joie de se sentir enfin, en osmose avec les autres, ou même seulement, en réflexion, en universalité.

L'art, c'est le fil qui nous fait danser avec la beauté, avec l'envie, avec la vie...

Il emplit nos yeux, nos oreilles, il nous fait ressentir la richesse qui sommeille au fond de nous. Il nous fait du bien.

J.G.

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Un don en tendresse

À Michèle Choucroun

Vivant sereinement seulette,
Je capte des instants de grâce.
De m'émerveiller ne me lasse,
Ai souvent le coeur à la fête.

J'évoque les êtres que j'aime,
Dont le sort me tient éloignée,
Du chagrin étant épargnée.
Se perdent les envies qu'il sème.

Toi, qui as de forts courts loisirs,
Assumant une lourde tache,
Te soucies certes que je sache
Que tu couves nos souvenirs.

Recevoir un don en tendresse,
Provoque une profonde joie,
Souvent, un savoureux émoi.
L'apporte un souffle qui caresse.

5 juillet 2018

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Ma délivrance

Un autre jour de canicule.
Elle produit mêmes effets,
Mon déboussolement complet,
Un comportement ridicule.

Pour établir un courant d'air,
À nouveau, j'ouvre les fenêtres.
C'est la chaleur qui y pénètre.
Le résultat me semble clair.

Alors que je cherche un endroit, 
Où l'inconfort est moins pénible,
Persiste l'incompréhensible
Oubli de mon autre chez moi.

Descendant pour y prendre un livre,
Me sens pénétrée de fraîcheur.
Tant que durera la chaleur
Vais confortablement y vivre.

4 juillet 2018

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