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administrateur théâtres

12273117290?profile=original« Les Bijoux de la Castafiore »

 

L’été, au Château de la Hulpe c’est jusqu’au 23 septembre, non ? Plutôt jusqu’au 26 ! Vous ne reculerez pas devant un des derniers spectacles en plein air. de la saison. Voici en effet une première mondiale: une reconstitution lyrique étonnante sous un ciel Hergéen. Il s’agit des « Bijoux de la Castafiore » une production de l'association Opéra pour Tous au Château de La Hulpe, à deux pas du château de Moulinsart. 

12273118055?profile=originalCédric Monnoye, le producteur du tout premier opéra dont le livret est  une BD, s’est allié les talents raffinés de François de Carpentries et Karine Vanhercke qui n’ont pas lésiné sur la qualité musicale et la mise en scène de l’excellente distribution. Le graphisme des  costumes est renversant et les  magnifiques maquillages ( signés Elisa Brusco et Michaêl Loncin) respectent intégralement l’esprit du  Mozart de la BD. Avec un sens du détail extraordinaire, de la houppette de Tintin jusqu’aux  automobiles des Golden Sixties (Peugeot 403, Citroën Ami 6, 2CV), l’histoire qui se défend d’être une histoire, se déroule avec fracas et bonhommie, scandée par des chutes répétitives sur les marches du château attendant  vainement  le réparateur.

12273117873?profile=original« L’histoire, expliquait Hergé,  a mûri de la même façon que les autres, mais a évolué différemment, parce que j’ai pris un malin plaisir à dérouter le lecteur, à le tenir en haleine tout en me privant de la panoplie habituelle de la bande dessinée : pas de “mauvais”, pas de véritable suspense, pas d’aventure au sens propre… Une vague intrigue policière dont la clé est fournie par une pie… voleuse bien sûr ! Hergé voulait s’amuser à aiguiller le lecteur sur de fausses pistes, susciter son intérêt pour des choses anodines loin des

grandes aventures palpitantes, observant à la loupe les changements de société.

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Vous serez enchantés de rencontrer en LIVE tous vos personnages favoris : le ténor Axel Everaert (en parfait Tournesol), Joëlle Charlier (une hilarante Madame Irma), Nabil Suliman (un admirable Nestor), Daniel Galvez-Vallejo (le joyeux Séraphin Lampion, assureur), Pierre Doyen et Thierry Vallier (les très moustachus Dupondt), Vincent Dujardin (Matéo et Jean-Loup de la Battelerie) et Vincent Bruyninckx (Monsieur Igor Wagner, pianiste).  Seul bémol, le soir de la première, en tous cas, micros, câbles ou autres accessoires sono ont été en rade, rendant le contenu des textes  chantés souvent incompréhensible,  tandis que  les parties parlées étaient parfois couvertes par la puissance de l’orchestre jouant dans une salle à l’intérieur du château. On aurait donc  bien aimé avoir un prompteur et pourquoi pas, avec traduction pour le confort des néerlandophones! Think Big !

Heureusement, aucun besoin de micro pour être très touché par les séquences particulièrement  sensibles et intenses  de l’accueil par le capitaine Haddock de bohémiens  invités, malgré les autorités, à s’installer dans un pré voisin…

12273118690?profile=originalLe rôle du  jeune reporter en chambre - unité de temps, de lieu et d’action de ce nouveau classique obligent - est chanté et joué par un jeune fan de Céline Dion, Amani Picci, âgé de 13 ans dont on admire les airs de professionnel et le  courage de chanter devant une audience de près de 2000 personnes. L’interprète romantique que l’on a vu chanter « The Power of Love» doit assurer  le personnage d’un jeune homme  entreprenant, épris d’aventure  qui trompe l’ennui de la vie de château par une enquête rocambolesque. Pas évident!   

12273119464?profile=original Et pourtant, on ne s’ennuie pas une seconde lors de cette production assez risquée : comment équilibrer l’action et la longueur des aria?  Petit rappel de l’histoire, à ceux qui jamais n’ont côtoyé l’album: le foyer du grincheux capitaine Haddock est soudainement envahi par une cantatrice …loin d’être chauve! A son corps défendant, elle se meut très bien dans le corps imposant de son personnage et sa voix n’a rien de celle d’une crécerelle comme l’était celle de Florence Foster Jenkins qui, dit-on inspira l’histoire à Hergé. Bijoux, volés retrouvés, évaporés encore, le suspense est dans l’air, ainsi que  la peur panique du capitaine de se faire envahir par la femme fatale!   

12273119085?profile=originalLa soprano belge Hélène Bernardy, généreuse et imaginative  a su rejoindre la caricature voulue par Hergé avec une énergie et une vraisemblance extraordinaire tout en  déroulant avec grande aisance une série d’airs d’opéra connus mondialement, certains revisités par la parodie. Une vielle coutume anglaise reprise par Cédric Monnoye dans la tradition  du ballad opera*.

La liste des  airs que le public peut écouter dans cet opéra est longue…et passionnante ! Tous, on connait la musique, mais le titre des 24 arias, quel jeu de piste! Si vous trichez un peu,vous les découvrirez dans le programme, tout y est: Verdi, Rossini, Gounod,  Stauss, Offenbach, Wagner, Bizet, Puccini et même l’amusant duo des Chats!  

Venons-en pour finir, au fabuleux,  au truculent, à l'incomparable et vitupérant Capitaine Haddock,  admirablement ciselé par Michel de Warzee, figure de proue du théâtre belge. Un rôle qu’il endosse avec un secret plaisir et une connaissance  évidente de l’œuvre.   Sûrement que là-haut, l’auteur a frémi, en contemplant une si belle interprétation de son personnage sur la terrasse du château! Qui sait, c’est peut-être lui qui a réussi à retenir les vannes du ciel pendant l’espace magique du spectacle?

*Un genre bâtard caractéristique de la scène anglaise du XVIIIe siècle qui à l'époque voulait se démarquer de l'opéra italien et où la satire s’emparait  joyeusement des hymnes religieux, des mélodies populaires  ou des airs d'opéras connus.

Image issue d'un article pour la recherche "les bijoux de la castafiore" (source : RTBF)

Les Bijoux de la Castafiore version comédie lyrique à La Hulpe

RTBF-18 sept. 2015
Les Bijoux de la Castafiore voient évoluer tous les personnages cultes de la bande dessinée devant le château de La Hulpe, ressemblant à s'y ...
Les trop copieux bijoux de la Castafiore
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Tintin est bien sorti de sa case de BD
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Pour Bianca, les bijoux de l'opéra

lalibre.be-5 sept. 2015
Tel que présenté à la presse au château de La Hulpe, l'opéra "Les Bijoux de la Castafiore" ne manque pas d'atouts, en tête desquels (outre le ...
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  • En Belgique, la Castafiore sort de sa bulle

    Le Monde-2 sept. 2015
    Il va donc y monter, du 17 au 27 septembre, Les Bijoux de la Castafiore, l'un des albums les plus connus d'Hergé, transformé pour l'occasion ...
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    l'avenir.net-9 sept. 2015
    Pour ses vingt ans de production, l'ASBL «Opéra pour tous » a arrêté son choix sur Les Bijoux de la Castafiore, «une création mondiale ...
     DETAILS PRATIQUES

    30 – 35 – 45 €  / formule 55€ « Les jardins de Moulinsart » (billet comprenant le stationnement  VIP à l’intérieur du domaine, le programme de l’événement, une place de 1er choix en tribune, un verre d’accueil dans les jardins.)

    Durée : 2h15 sans entracte

    (toutes les places sont assises et numérotées)

    RÉSERVATION EN CLIQUANT ICI OU PAR TÉLÉPHONE AU 02/376 76 76 (lu-ve / 9H30-18H)

    Restauration et boissons sur place avant spectacle de 18H30 à 20H40

 

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Afin que la joie demeure

Au marché central de Valence:

Gare centrale d'Anvers:

Ode à la joie:

Boléro de Ravel à Sao Paulo:

La Traviata:

Carmina Burana

"we are one" Gare Lille Flandres juin 2014

Dans le métro de Copenhagen: Peer Gynt

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VOUS...

Vous...

Les amours folles et combien douloureuses...

Ou celles si douces, mais tellement trompeuses!

Avec la vie morcelée en vos mains

On y a cru, était-ce donc en vain?

Vous...

Puissances occultes qui furent inventées

Recherche de sens, aujourd'hui éventée!

Avec ce sentiment combien puissant

A n'en point douter : Il faudra faire sans...

Vous...

L'entourage si curieusement mouvant

Compagnons voyageurs au fil du temps

Avec vos joies et aussi vos misères

Vos si petites et pourtant grandes guerres!

Vous...

Les rencontres au détour d'un regard

Questions vives posées par le hasard...

Le potentiel qu'on n'a pas voulu voir

Et qui pourtant était porteur d'espoir!

Vous...

Les plages préservées de mon inconscience

Réserve d'envies où se niche la chance!

Dans l'instant magnifique, grâce à vous j'ose...

Et de la vie je reprends une dose...

J.G.

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L'escalade comme stimulant créatif ?

"- Les états modifiés de conscience induits par une activité sportive intense en conditions de grande concentration peuvent-ils avoir une influence pendant et après cette activité sur l'expression créative exprimée par l'aquarelle ? "

Pour faire suite à l'article précédent, je tente d'apporter une première réponse à cette curieuse question dans le dernier article de mon blog "aquarelle en voyage" avec (entre autres) cette nouvelle vidéo inédite...

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administrateur théâtres

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Divertissement littéraire et hippique de haut niveau

Pour décrire la qualité des  adaptations de  Thierry Debroux, on pourrait très bien  utiliser une citation qui  s’applique à la musique de J.M. Jarre : “La beauté - comme celle de la passion - est celle  de la finesse du jeu, de la mobilité, de  l’intensité.”   Il n’y a que lui pour savoir ainsi concentrer en une série de tableaux trépidants,  romans fleuves,  légendes épiques ou  histoires phares de notre patrimoine culturel. Il a l’art de créer des  séquences  visuellement saisissantes, quasi cinématographiques, malgré la contrainte des planches. Elles sont  splendidement ciselées, dorées sur tranche même avec  leurs dialogues incisifs, percutants et drôles.  Avec son irrésistible sens de l’humour, Thierry Debroux jongle avec la surprise théâtrale, la psychologie des personnages,  l’évocation habile d’époques  variées tout en pimentant l’aventure de clins d’œil et anachronismes savoureux.

Ses adaptations rassemblent un public avide de merveilleux, de langue harmonieuse et bondissante dont le ton sonne toujours étonnamment juste. Et souvent, c’est la littérature qui a enchanté notre adolescence qui semble soudainement retrouvée ! A une autre époque,  ce surdoué de la réécriture aurait sûrement écrit des livrets d’opéra!

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La musique et des chorégraphies à l’esthétique parfaite (ici celles de Pascal Guillaume) sont d’ailleurs souvent les ingrédients indissociables de ces pittoresques mises à la page.  Après « Le tour du monde en 80 jours » et « L’Odyssée »,   la dernière adaptation de Thierry Debroux - particulièrement  haletante -  met en scène  « Les  trois Mousquetaires » d’Alexandre Dumas et offre au spectateur un  rendu théâtral particulièrement brillant. Chacun des 28 tableaux fourmille  de créativité et de souvenirs littéraires.  Cette démarche de Thierry Debroux ne  redonnerait-elle pas tout d’un coup aux plus jeunes le goût  de la lecture, véritable vaccin contre la morosité, la solitude et  …l’échec scolaire? On peut rêver, non?

12273117257?profile=originalIl faut souligner  l’excellence  et l’habileté de la mise en scène  signée elle aussi par Thierry Debroux et la scénographie très imaginative de Catherine Cosme  qui conjugue son art avec les vidéos très évocatrices d’Eve Martin projetées sur des  caissons à double étage mobiles et pivotants. Le tournoiement des changements de lieu se fait  à la vitesse du cheval au sein de ce carrousel historique! La rare inventivité des costumes (et des chevaux mécaniques) de Ronald Beurms, plonge quant à elle à la fois dans l’historicité et dans l’onirisme.  Pour la chorégraphie des combats, une mention spéciale va bien sûr au maître d’armes Jacques Capelle.  Pour tous - comme pour un -  l’imagination est donc le maître  mot.  Ce festin de trouvailles scéniques ininterrompues n’en finit pas de séduire et entraîne l’imaginaire dans des sentiers secrets,  tout en  affichant une  facture finalement très dépouillée et bien équilibrée.

12273117458?profile=original  Quant à  la distribution, elle est  à la hauteur elle aussi. Les 29 Comédiens en scène sont tous mousquetaires dans l’âme.   Chaque nom que l’on lit sur le programme, chaque visage que l’on découvre met des étoiles dans les yeux et crée de la vie ardente sous les feux de la rampe. La cohésion et la complicité des comédiens  donnent la preuve de l’existence d’une humanité joyeuse. Une récréation fort bienvenue, il faut le dire,  face aux délires affichés de notre monde! Devant soi évoluent dans une chevauchée fantastique, des artistes, hommes et femmes bien vivants, engagés et investis, donnant toute leur énergie et leur cœur pour créer de la beauté artistique, tous siècles confondus.

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Seul l’art sauvera le monde de ses démons ravageurs. Les rapières sont là pour nous rappeler la nécessité d’une morale courageuse, du service aux autres,  du combat pour  des causes collectives, et du respect de la femme. Les valeurs des mousquetaires s’appellent amitié, intégrité,  bravoure, indépendance d’esprit, séduction et virilité. Eric De Staercke dans le rôle de Portos, Julien Besure (d’Artagnan), Laurent Bonnet (Athos) et Laurent Denayer en Aramis font merveille dans leur interprétation. Simon Vialle (Rochefort) et Nicolas Swysen (un admirable Monsieur Bonnacieux) ne sont pas moins bien campés que l’illustre valet Planchet joué par le délicieux Maroine Amini. Pour compléter le tableau d’excellence, il y a aussi Marc Laurent (un Louis XIII très crédible) et Nicolas Janssens, Monsieur de Tréville.

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 Les mousquetaires ne sont pas des superhéros, ils ont chacun leurs failles mais sont solidaires : le charme discret de l’humanité. Les femmes de l’histoire et surtout  Milady, une fascinante  Anouchka Vingtier ont toutes des choses à dire…   et toutes, le disent  avec  énormément de charme : Pauline Maréchal pour Constance Bonnacieux et  Sarah Dupré pour la Reine Anne d’Autriche.  Le cardinal Richelieu - Benoit Verhaert - et sa garde rapprochée incarnent la manipulation moderne. Et voilà le très attachant d’Artagnan (Julien Besure) dont les  démêlés avec les femmes n’ont pas fini d’attendrir, nanti  en fin de compte d’un « brevet » à double tranchant… Libre, me direz-vous? A voir … et à vous de juger! Si la chorégraphie est d'Antoine Guillaume, la musique et la chanson finale sont signées… Pascal Charpentier, comme il se doit.

12273118470?profile=originalcrédit photos: Zvonock

http://www.theatreduparc.be/Agenda/evenement/62/30.html

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administrateur théâtres
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A coups de ciseaux de couture

Du 08 au 19 septembre 2015 à 20h30 au Théâtre de la Samaritaine (16, Rue de la Samaritaine, 1000 Bruxelles)

Création, adaptation, scénographie et mise en scène de Lucy Mattot
Textes: Jean Genet, Jean Cocteau, Juliette Noureddine, Berthold Brecht.
Avec Bertrand Daine, Lucie de Grom, Julie Dieu, Alicia Duquesne, Zoé Henne, Lucie Mattot, Romina Palmeri et Quentin Meurisse.
Direction musicale et compositions: Quentin Meurisse.
Aide au travail corporel: Salomé Génès. Photographie: Simon Paco

Il s’agit d’une création autour des bonnes à tout faire, de la folie meurtrière et des pulsions engendrées par l’asservissement. La plus grande partie du spectacle est composée d’extraits choisis des «Bonnes» de Jean Genet. Des textes et chansons d’auteurs tels que Brecht, Cocteau, Juliette… s’imbriquent dans la progression de la pièce. La musique est très importante dans ce spectacle puisque une composition musicale alternative accompagne les comédiens.


Nous assistons à une cérémonie célébrée par deux bonnes visant à répéter l’assassinat de leur maîtresse. Asservies, humiliées par leur condition, ces deux soeurs sont chacune leur propre miroir, engendrant un dégoût mutuel pour l’autre et pour elles-mêmes.
Ainsi, veulent-elles vraiment tuer Madame, où se libérer en s’entretuant?
Découpées en plusieurs étapes, la pièce est ponctuée de textes et chansons choisis pour chaque étape: d’abord, il y a l’humiliation de l’asservissement. Puis, la pulsion de meurtre. Ensuite, la haine aveuglante. Et finalement, la libération.

Une répétition ultra-théâtrale, des corps-à-corps féminins d'une violence inouïe et magnifique, d'une beauté de ravages. Les visages se touchent presque pour boire ou échanger les paroles empoisonnées. La tension dans la salle, soutenue par une musique digne d'Hitchcock est presque insoutenable et il faut du temps après le spectacle pour digérer cette proposition originale qui cerne au plus près les sources de violence. L'homme est absent de la scène, les femmes sont maître et esclaves et s'entretuent au propre comme au figuré. La qualité de l'interprétation est d'une  audace  dramatique incroyable. Allez-y, le cœur lourd et si vous n'avez pas froid au yeux. Il est vrai que cette proximité de violence paroxystique fait cruellement penser à celle du monde qui nous entoure, nous qui vivons protégés dans nos bonheurs respectifs.  Le jeu théâtral du trio est de la pure sculpture démoniaque avec une mention spéciale pour Romina Palmeri qui dégage une énergie ....effrayante ! Bravo!

PS On aurait aimé avoir un feuillet avec les titres des différents textes, même si le travail scénique refuse les coutures apparentes, car la compréhension se bloque de temps en temps...ou Est-ce l'essence de la violence intrinsèque qui bloque tout?

— Tirésias —
Amis, peut-être
Serez-vous surpris par le noble langage
De ce poème vieux de milliers d’années
Que nous avons appris par cœur. Le sujet,...
Si familier, si cher aux auditeurs d’autrefois,
Le sujet vous en est inconnu. Aussi permettez-nous De vous le présenter. Voici Antigone,
Fille d’Œdipe et princesse. Ici, Créon,
Son oncle, tyran de la cité de Thèbes.
Je suis Tirésias, le devin. Celui-là
Mène une guerre de rapines
Celle-ci n’accepte pas ce qui est inhumain,
Elle est anéantie. Mais sa guerre à lui,
Qui mérite bien d’être appelée inhumaine,
Sa guerre tourne au désastre. L’indomptable, la juste, Sans égard pour les sacrifices de son propre peuple, De son peuple réduit en servitude, c’est grâce à elle
Que la guerre a pris fin. Nous vous prions
De vous souvenir d’actes semblables,
Accomplis dans un passé plus proche, ou de l’absence D’actes semblables.
Antigone (1947) — Bertold Brecht (Prologue)

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administrateur théâtres

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2050 Une brève histoire de l'avenir

Exposition

11.09.2015 > 24.01.2016

12273122855?profile=originalExercice de futurologie, « Une brève histoire de l’avenir » (Fayard, 2006) est l’ouvrage prémonitoire de l'économiste, écrivain - auteur de 65 romans et essais - et haut fonctionnaire français Jacques Attali qui déroule au fil de ses 400 pages, une histoire télescopée du monde et imagine ce que seront nos années à venir et notre rapport au monde, d’ici 2050.  Ce livre a  servi de base à une  ambitieuse double  exposition d’un style inédit, qui s’ouvre quasi simultanément à Bruxelles et à Paris, à  la date anniversaire  tristement  historique du 11 septembre.

 Deux expositions, indépendantes mais simultanées et complémentaires, s'articulent autour  du questionnement de notre avenir.  Des artistes se sont  engagés dans l’analyse des grandes dynamiques qui traversent et animent notre monde moderne.

L’objectif déclaré des commissaires et de toute l’équipe organisatrice est l’éveil. De la méditation à l’action ou à la réaction. Pour Jacques Attali, une exposition est une autre façon de frapper à la porte des consciences des citoyens. Il faut  dépasser le constat et l’observation du monde  généralement prônée par les artistes contemporains et  chercher à réinstaurer l’utopie grâce à la dimension altruiste de l’art.  

L’exposition « 2050 Une brève histoire de l'avenir » aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique,  débute par La Vénus de Galgenberg une figurine paléolithique féminine  en serpentine datée de plus de 30.000 ans, mesurant  7,20 cm et  pesant à peine 10 g …d’éternité? Elle est mise en miroir ave une œuvre de Louise Bourgeois, Fragile Goddess, 2002. Elle nous renvoie à la fragilité de notre patrimoine et à l’importance de sa sauvegarde, ainsi que de celle de la connaissance. Nous avons tous en mémoire la tragédie du récent drame de Palmyre, berceau mésopotamien de notre civilisation. Par ailleurs, un partenariat inédit a été développé entre le Musée Numérique (MRBAB), le Naturhistorisches Museum de Vienne et la firme Trideus et Alph Studios). Avec la numérisation 3D de la Vénus de Galgenberg, les MRBAB remettent en question les techniques modernes de reproduction et le rôle à venir des musées.

lachapelle_gas_shell_2012_large@2x.jpg?width=450David Lachapelle Gas Shell 2012

 Les œuvres choisies sont celles d’artistes qui   pratiquent ce qu'André Breton disait de Giorgio De Chirico : « L'artiste, cette sentinelle sur le sentier, a à perte de vue des qui-vive. » Pour faire de cette exposition un lieu où l’on pense le futur, cette exposition se veut  être une boîte à alertes qui nous rend conscients de ce que nous sommes et de ce que l’on peut devenir.

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Le rythme de l’accrochage  alterne peintures, sculptures, photographies, vidéos, installations et arts numériques : plus de 70 oeuvres d’art contemporain qui peuvent éclairer notre regard sur des thématiques urgentes telles que l'éclatement de l'empire américain, la surconsommation, les conflits mondiaux, l'épuisement des ressources naturelles, les inégalités sociales et économiques, la mutation de l’être humain, l'utopie d'un autre monde possible. À ces thèmes complexes viennent se greffer des visions positives et constructives, parfois même teintées d’humour. Des artistes belges et internationaux comme Sugimoto, Boetti, Kingelez, Warhol, LaChapelle, Gursky, Op de Beeck, Burtynsky, Yongliang, Turk, Alÿs, Hatoum,… nous invitent ainsi à réfléchir à l’avenir.

http://www.fine-arts-museum.be/fr/expositions/2050

 

L’exposition  éponyme du Musée du Louvre  qui ouvre bientôt à Paris  ( 24.09.2015 > 04.01.2016) se projette elle aussi dans le futur en se fondant sur une lecture subjective du passé, imaginée et portée par la création artistique des millénaires précédents, mais aussi par quinze œuvres d’artistes contemporains du monde entier. http://www.louvre.fr/expositions/une-breve-histoire-de-l-avenir

 

La date d’ouverture de l’exposition à Bruxelles, capitale de l’EUROPE – 11 septembre 2015 – renvoie aux événements du World Trade Center qui ont ouvert le nouveau millénaire et bousculé l’ordre du monde. Cette symbolique est importante dans le storytelling de l’exposition, notamment avec les œuvres de Wolfgang Staehle et Hiroshi Sugimoto, qui évoquent le déclin de l’empire américain.

BurdenMetropolisII450.jpg?width=450                                                    Chris Burden Metropolis II 2011 

12273123065?profile=originalq                                         Charles Csuri et James Sheffer, Random War 1967

12273123455?profile=original                                   John Isaacs The matrix of Amnesia (Fat man) 1997

12273123480?profile=original                                            Olga Kisseleva La conquête de l'Arctique 2011

12273123886?profile=original                                      Maarten Vanden Eynde Plastic Reef, 2005-2012

12273123280?profile=original                                      Arman (Armand Pierre Fernadez) Drogues 1960-62

12273124694?profile=original                                   Michael Wolf Tokyo Compression Multiple, Horizontal, 2009

55ddb5fc3570b546538105c9.gif?width=500                                       HeHe (Helen Evans et Heiko Hansen) Fleur de Lys 2009

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Très impressionnante est cette œuvre de Jake et Dinos Chapman (deux frères artistes plasticiens britanniques) intitulée The tower of Babble dont voici un détail. C'est en fait une immense maquette- parodie de celles des musées de sciences naturelles - illustrant une  apocalypse surpeuplée en trois D, digne  de Jérôme Bosch. 

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 La série des reliquaires d’AL Farrow Mausoleum I (1943) est tout aussi poignante car d’une tragique actualité. Synagogue, chapelle et mosquée sont intégralement fabriquées à l’aide d’armes récupérée. Mais la religion n’est-elle pas  elle aussi une arme redoutable ? Et que le contraste est grand entre le principe de recueillement que le lieu est supposé inspirer et l’histoire violente qui a toujours accompagné l’expansion des religions. All you need is love (2010), une œuvre signée Eugenio Merino.

Eugenio Merino, All You Need is Love, 2010, books.

Epinglons également – non « Le meilleur des mondes » - mais Le rêve d’un monde meilleur (2011) de Gonçalo Mabunda, né au Mozambique qui a vécu enfant les horreurs de la guerre civile. 

6eb52133bce383f2dc163600d245f246.jpgL’interactivité est très souhaitée: chacune des huit sections est présentée sur  des feuillets détachables que le visiteur peut arracher à sa guise et emporter. Le bruit de la page que l’on arrache avant de l’archiver dans une plaquette  fait déjà frémir : Introduction, Los Angeles et la suprématie américaine, Déclin de la puissance américaine - vers une nouvelle géopolitique, Une planète menacée - du constat à l’engagement, Surconsommation – consommer … oublier, L’empire du marché : it’s a Rich Man’s World, Le temps : une denrée rare, l’art de l’immortalité, Hyperconflits : des guerres d’un genre nouveau, Utopies : let the future tell the truth.

12273125669?profile=originalDe nouvelles technologies encouragent les visiteurs à commenter et partager leur propre perspective avant, pendant et après l’exposition. Un photomaton permettra aux visiteurs d’envoyer un « gif » (photo animée) accompagné d’un message tourné vers le futur.

Un social wall projettera, en temps réel, les interactions #expo2050 sur les réseaux sociaux. Les expositions de Bruxelles et Paris dialogueront donc avec le reste du monde. Le tout est aussi à suivre en direct sur le site web de l’exposition  www.expo-2050.be  – qui propose également des vidéos (teasers, interviews et timelapses).

Une application pour smartphone et tablettes est proposée gratuitement (en FR, NL et EN). Remplaçant l’audioguide, elle raconte l’exposition à travers des interviews, vidéos, photos, images d’archives, articles,... L’utilisateur peut donc tant préparer sa venue au musée qu’élargir sa réflexion sur les oeuvres et sujets abordés. Trace virtuelle et qualitative de l’exposition, l’application « Fine Arts Belgium » fournit un contenu supplémentaire (vidéo) au catalogue.

De nombreuses activités sont organisées en marge de l’exposition (conférences, colloques, ateliers créatifs, visites guidées, visites « sur mesure », etc.).Le public pourra également participer aux « meet the artist », des rencontres exclusives avec les grands noms de l’art contemporain (Olga Kisseleva, Thu Van Tran, Maarten Vanden Eynde, Hans Op de Beeck, David Altmejd,…).

12273126453?profile=originalDe l’horreur au miracle, notre dernier regard se porte sur une fantastique maquette de ville imaginaire tentaculaire mais accueillante, imaginée par l’artiste congolais Bodys Izek Kingelz, décédé cette année.

 

Vous pouvez écouter Jacques Attali ici : http://www.rtbf.be/radio/player/lapremiere?id=2042259&e=

 

INFORMATIONS PRATIQUES

BRUXELLES

11.09.2015 > 24.01.2016

www.expo-2050.be

Horaires

mardi > vendredi | 10:00 > 17:00

samedi > dimanche | 11:00 > 18:00

Tarifs

€ 14,50 adulte € 12,50 senior (+65 ans),

€ 8 jeune (6>25 ans), enseignant, personne

souffrant d’un handicap et leur accompagnateur

€ 10,5 groupe adulte € 3,5 groupe scolaire

€ 0 Ami des MRBAB, membre ICOM, enfant (-6ans)

Ticketing online : https://onlineticketing.fine-arts-museum.be

Une application multimédia et un guide

du visiteur (papier) gratuits sont disponibles.

Catalogue : coéd. Snoeck/MRBAB, 224 p., € 32

(également disponible en e-book)

Commissariat de l’exposition

Jennifer BEAULOYE, docteur en histoire de l’art et

chercheur post-doctoral en muséologie et

nouvelles technologies | Pierre-Yves DESAIVE,

responsable médias numériques & art contemporain |

Jean DE LOISY, conseiller scientifique | Jacques ATTALI,

conseiller scientifique

 

PARIS

24.09.2015 > 04.01.2016

www.louvre.fr

Horaires

Tous les jours de 09 :00 à 17:30, sauf le mardi.

Nocturnes les mercredis et vendredis jusqu’à 21 :30.

Tarifs

Tarif unique d’entrée au musée : € 15.

Gratuit pour les moins de 18 ans, les moins de

26 ans résidents de l’U.E., les enseignants

titulaires du pass éducation, les demandeurs

d’emploi, les adhérents des cartes Louvre

familles, Louvre jeunes, Louvre professionnels

et Amis du Louvre, ainsi que le premier

dimanche des mois de septembre à mars.

Catalogue : coéd. Hazan/Louvre, 384 p., € 45

Commissariat de l’exposition

Dominique DE FONT-REAULX, conservateur

général au musée du Louvre, directrice du musée

national Eugène-Delacroix | Jean DE LOISY,

président du Palais de Tokyo | Jacques ATTALI,

conseiller scientifique | avec la collaboration de

Sandra ADAM-COURALET

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Pour avoir titre de noblesse

Propos

Si vous allez chez Renau-Bray.
Librairie immense, superbe,
Ne pensez pas y rencontrer
Des poètes murs ou en herbe.

Ni Québécois ni francophones
Oeuvrant dans un autre pays.
Ce constat décevant étonne,
Pas de traces de poésie.

Ceux qui aiment le beau-parler
Ont accès à de nombreux sites.
Des émois leur sont révélés
Et des grâces les y invitent.

Or restera incomparable
L'écrin que l'on ouvre aisément,
Dont l'énergie reste palpable
Et fait notre émerveillement.

Les librairies devraient offrir
Pour avoir titre de noblesse,
Sans délai d'attente à souffrir,
Ce qu'éditeurs ont mis sous presse.

Montréal, 14 septembre 2015

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Usine mortelle , Juillet 1966, 16 ans !

Il est une douleur éternelle et inconsolable
Que celle de perdre un petit copain de son enfance,
Quand les ” années collège ” retentissent d’innocence
Courent heureuses et naïves et semblent inviolables.

Quinze ans. Il faut déjà décider, abandonner ses jouets.
C’est l’heure fatale des entretiens empreints de gravité !
Les repas jadis légers se mettent à peser lourdement
Sous le regard bienfaisant mais déjà inquiet de nos parents.

As-tu choisi ? Les années soixante sont ” fastes ” de projets !
A l’âge cité, les gars des villages ont déjà opté :
Ce sera l’usine, la ferme ou peut-être la mine.
Certains, ” refroidis ” d’avance, ont couru vers la marine !

D’autres plus" privilégiés" peut-être sont allés au lycée ;
L’avenir dira si je crois que cela est la vérité ?
Et si de plus nombreux enfants émergeant de leurs terroirs,
Dans une autre époque verront plus de portes les recevoir ?

J’arrive à la perte cruelle de cette jeune âme.
Je ne pouvais avant de raconter ce terrible drame
Omettre d’en situer l’action dans un temps pénible
Pour une jeunesse fort en quête de tous les possibles.
.
Aussi voulais-je rejoindre l’Eldorado des travailleurs
Et saluer définitivement mes bons vieux professeurs.
Cela déplut à mon père qui m’enrôla à l’usine.
Ce furent les rudes corvées, celles qui exterminent

Je commençais à comprendre, des batteries entières,
Mais que dis-je, des armées complètes de prolétaires !
Le sinistre métal, la sirène et les pissotières,
Les quolibets, les crachats et la rudesse ouvrière
Vinrent très vite souffler les lumières de l’adolescent
Qui composait la tendre symphonie d’un bonheur présent !

Mais au sein de l’enfer des ferrailles j’ai trouvé un ange.
Errant, déjà résigné, parmi des montagnes étranges.
Placé là tout exprès comme un miroir à mon intention,
Destiné à guider mes pas de stagiaire en perdition,

Un copain d’usine, pour m’accompagner dans l’aventure
Des fracas de rivetages, boulonnages ou soudures.
Le parrain en quelque sorte de la secte des pont-roulants
Qui déambulent sans fin sous la toiture en klaxonnant,
Transportant des tonnes d’ouvrages d’atelier en atelier,
Calibrés, assemblés, arrimés, solidement enchaînés
.
Ce gamin n’avait pas de métier, entré comme ouvrier,
Il n’avait pour unique projet à être sacrifié
Que de soulager sa famille nombreuse de son fardeau
Et puis finir comme elle, arc-bouté à un écriteau !

Enjoué à longueur de journée, je crois qu’il se riait
En vérité du rôle qu’il occupait et qui le clouait ;
Mais fier cependant d’assumer la responsabilité
D’un paumé venu tester sa quotidienne réalité.

Très tôt j’oubliais avec lui les tortures journalières
Des heures interminables et des remarques amères.
Je pense aussi que ma présence lui sembla passagère,
Tant mon effarement face à ce monde si primaire
Laissait à deviner que je le quitterai bien vite,
N’étant ici, chaque jour passant, qu’un témoin néophyte.

Chacun saura que sur de telles bases nous n’avions en tête
Que des visions d’enfants suppliant que cela s’arrête !
Tout était prétexte entre nous à bâtir des images,
Faire tourner des manèges la tête dans les nuages.

Nous venions de découvrir la véritable amitié,
Celle qui cimente les hommes quand ils sont prisonniers.
Aucune valeur ne nous paraissait ici convoitable
Que celle d’y rencontrer une humanité aimable.

Prisonniers, nous l’étions, mais avec une grande différence :
Pour moi, huit jours de contrat, mais lui à quand sa délivrance ?
Combien d’années couvriront-t-elles de leur sinistre manteau
Son existence clouée à cet inébranlable poteau ?

Un matin, beaucoup trop tôt, dans le vacarme des ateliers
Une sirène a mugi et la panique est née.
Des hommes couraient en tout sens et puis un groupe s’est formé.
Un petit corps gisait sous une poutre lâchement tombée.
Je voyais une ombre inerte, à jamais immobile.
Je suis plongé depuis, et vous, dans la question de l’utile ?

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12273114879?profile=original

D’or et de rouille


Il est venu
le temps d'or et de rouille
des jours paresseux
des vies repliées
des choses finissantes.
Senteurs d'eau de terre,
rayons sans force
enfumés de brouillard,
jardins nus frileux
abandonnés aux ondées,
pluies vaporeuses
tombant des arbres,
envol de papillons mort-nés
posés au bord des branches.
Il est venu
le temps des souvenirs
lointains, émoussés,
presque heureux
des choses et des gens
qui nous ont quittés.
Il passera,
on l’oubliera
jusqu’à la fin de l’été
et il reviendra
nous apaiser,
le temps retrouvé,
étincelant
d'or et de rouille.

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Lettre ouverte à un ex ami

Monsieur je ne vous aime plus.

Or je vous le dis sans y croire.

J'avais craint pour vous des déboires.

Mes messages restaient non lus.

 

Quand le hasard parfois s'en mêle,

L'ami responsable, fidèle,

De tout échange est empêché.

Il ne commet aucun péché.

 

Sans nouvelles de votre part,

Je suis demeurée inquiète,

 Ayant de vagues peurs en tête.

Auriez-vous fui vers autre part?

 

Vous papillonnez sur des sites

Au gré de votre fantaisie,

Oublieux de ma poésie.

À vous reconnaître, j'hésite.

 

On investit en amitié,

Je n'ai pas manqué de le faire.

Lors suis déçue, non pas amère

Et l'indifférence me sied.

 

4 septembre 2015

 

 

   

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VV : Tout d'abord, cher Thierry-Marie, voici trois questions dans le cadre des rapports Auteur-Lecteur.

VV : Comment définis-tu ta relation quant à tes lecteurs les plus assidus?

THM : Elle est avant tout amicale, fraternelle, et je fais en sorte que cela soit à double sens par une écoute attentive, mettant particulièrement l'accent sur la sincérité et la franchise quant au ressenti. On me lit, on s'exprime; je réponds, tentant aussi, principalement par l'intermédiaire de mes ouvrages, de jouer un rôle de passeur. D'idées, de pensées, d'émotions et dans ce dernier cas, je crois que cela fonctionne car l'on m'a déjà confirmé que je parvenais à toucher, mes deux derniers romans, "L'île joyeuse" et "Raconte-moi Mozart..." m'ayant permis de conquérir mon public de lecteurs...assidus et il y en a! Satisfaction.

VV : Si tu devais comparer la relation entre l'auteur et le lecteur à un livre ou une histoire, quels en seraient le thème et la nature?

THM : Eh bien il ne s'agirait de toute façon pas de "L'Odyssée" d'Homère: je ne suis pas un Ulysse de l'écriture, pas de pièges ni d'affrontement dans cette relation; ce serait plutôt le genre "Vous avez un message" mais je ne suis pas non plus un Tom Hanks, mon but n'étant pas la notoriété ni de faire du chiffre... Un voyage au cœur de l'humain, pas du Jules Verne, plutôt Eric-Emmanuel Schmitt, l'émotion et la sensibilité au rendez-vous, la simplicité et le sourire "tea-time" mais sincère comme ingrédients principaux avec un zeste d'humour et quelques grammes de bons mots à la clé.

VV : Quel public rêves-tu le plus d'atteindre?

THM : Je n'ai pas réellement de préférence: je touche, ou pas, quiconque m'approche par la lecture, quel que soit son origine ou sa personnalité. J'écris sans trop me préoccuper de la cible, il y a autant de sensibilités qu'il y a d'êtres humains sur terre, tout en restant lucide et conscient qu'on ne peut pas plaire à tout le monde. J'accepte la critique surtout si elle est le fruit d'une réflexion sensée. Il m'arrive d'avoir à faire à des personnes qui me demandent comment je fais pour aboutir à près de 300 pages à partir d'une simple idée; elles sont impressionnées; je leur réponds presque invariablement: "Je ne sais pas. Je le fais pas à pas, tout simplement". Un public-cible? Peut-être celui des décideurs vivant sur un piédestal, l'objectif: les pousser à réfléchir davantage aux conséquences de leurs actes.

VV : A présent voici trois questions dans le cadre de la parution de "Au fil d'Isis", ta sixième publication:

VV : Quels secrets sont à impérativement dissimuler, selon toi?

THM : Quand on se sent plutôt différent, voire fort différent des autres, faudrait-il le dissimuler au commun des mortels? Cela relèverait de toute façon du tour de force car ce que l'on est au fond de soi-même apparaît si facilement et la moquerie serait aisée. Faut-il fuir dans ce cas? Délicat car ce serait attirer davantage l'attention ! Les secrets à impérativement dissimuler? Ceux qui nous mèneraient à être jugés, catalogués, jetés! Ceux qui poseraient un tel cas de conscience qu'il serait difficile de s'en défaire car l'on se ferait à nouveau juger immanquablement ! Terribles sont les choix de vie bien des fois: quel serait le moindre mal dans telle ou telle situation? Et se présenterait toujours une personne pour vous asséner ce qu'il pense de notre choix. Certains secrets doivent donc être aussi bien gardés que des brebis dans un champ. Impérativement pour le bien de chacun!

VV : Pourquoi a-t-on tendance à dissimuler les sentiments amoureux?

THM : La peur de se dévoiler par crainte du ridicule dans certaines situations ou circonstances nous pousse à nous rétracter, à nous taire, la discrétion et/ou la pudeur entrant en compte... Dire "Je t'aime" à quelqu'un, c'est ouvrir une porte dont on perd aussitôt la clé d'une manière irrémédiable. Comment réagira l'autre? On ne peut préjuger de rien. Cacher nos propres sentiments, c'est se lancer dans un impitoyable bras de fer avec soi-même, ce qui est loin d'être bénéfique; de toute façon, notre corps parle souvent pour nous trahir: un geste, une attitude, un regard, une parole; s'en mêlent et s'emmêlent le cœur et l'esprit, des dommages en perspective, pouvant être collatéraux, mais rien à faire: on dissimule, c'est humain...

VV : Dans quels cas extrêmes, peut-on, selon toi, divulguer un secret qu'une tierce personne t'aurait confié?

THM : S'il y a un réel danger pour la personne concernée, une sorte d'état d'urgence, cela pourrait être d'ordre médical ou sanitaire, ou encore relever de la sécurité de cette personne, il faut alors parler quelles que soient les conséquences que l'on occasionne de part et d'autre. Il y aura toujours des avantages et des inconvénients au final, comme celui d'être pointé du doigt pour avoir divulgué un secret ou une vérité dérangeante. Un cas de violence conjugale répétée, par exemple, est de préférence à dénoncer mais auprès la personne appropriée; ici entre en jeu la diplomatie, également la discrétion; quant au mensonge, il se révèle malheureusement parfois indispensable s'il s'agit de se protéger ou de protéger un être cher de la critique ou de la médisance.

 

VV : Merci à toi de faire partager à ton lectorat ces pensées si personnelles, profondes et touchantes !

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Un renouveau

Soliloque

Je mets fin à l'ancien régime.
Un autre temps va commencer.
Aurai-je le coeur à danser
Bien protégée de la déprime?

Je veux mener mon existence
En relevant quelques défis.
À mon instinct souvent me fie
Pour attirer la douce chance.

Des habitudes qui me lient
Me mènent certes à la paresse
Et elles font que je délaisse
Tout effort sous lequel on plie.

Or l'énergie qui est en moi,
Quand je lui permets d'être active,
Me fait devenir inventive
Et nourrit un courant de joie

.

C'est pour honorer ma vieillesse
Que je prépare un renouveau.
Aurai-je la grâce qu'il faut
Pour accomplir cette prouesse?

Je laisse croître mes envies
Quand elles me semblent heureuses.
Profitables ou généreuses,
Elles m'offrent un regain de vie.

26 août 2015

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Aujourd'hui, je médite ...

Ma maison je la veux un monastère.
Depuis longtemps je rêvais d'un havre de paix,
Et pensais plus jeune à Saint Léon Sur Vézère,
Ses couleurs et ses temples enfantins m'enchantaient.

Ses statues souriantes de bonheur en tailleur assises,
Ses moinillons en rouge qui chantaient des louanges,
Priant un saint homme n'ayant pour toute chemise
Qu'une robe pour bagage dépourvue de franges ;
Et n'ayant ni toit et qu'un simple vêtement
Avec toujours le sourire et le visage rayonnant !

Prêchant au cours des siècles qu'il y avait encore du bonheur
A trouver chez l'homme, à force de recherche,
N'étant plus de ce monde mais sa subtile lueur
A bâti des dômes où l'innocence comme l'oiseau s'y perche.

N'étant plus de ce monde mais omniprésent.
Celui qui clame une vérité qui soudainement nous interpelle,
Le clairvoyant dénudé et bien souvent errant
Ne s'éteint jamais et vogue dans des sphères éternelles.

Les hommes prient donc un philosophe et non un religieux.
Et ses paroles me conviennent comme à tant de monde
Qui pensons qu'à ne plus user de bâton odieux
Il n'y a plus de douleur ni de rancoeur qui se fondent.

Ma maison je la veux un monastère.
Entrez donc mais baissez la voix,
Venez-y comme l'on vient en prière,
Et déposez sur le seuil l'aigreur de vos poids.

Venez pour y rire ou pour y chanter,
Car savez-vous j'y médite sur les années ;
Il ne m'est plus permis je l'ai enfin compris
De bondir comme par le passé tel un cabri !

Saint Léon Sur Vézère n'est pas loin,
Mon but de jeunesse est atteint,
Mais ce grand silence qui règne en son cloître fermé
Me laisse à sa porte sceptique encore de la pousser !

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Du 05 – 08 au 30 – 08 – 15, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous proposer une exposition intitulée ECLECTIQUE, consacrée à l’œuvre de Madame ELIZABETH BERNARD, une peintre française dont l’écriture picturale ne manquera pas de vous intriguer.

La peinture d’ELIZABETH BERNARD se distingue principalement par l’importance de l’apport chromatique, décliné en une série de contrastes faits de tonalités vivaces. Des notes telles que le rouge, le jaune ou le bleu sont jetées sur la toile dans des accords vifs, créant ainsi des symphonies de couleurs chatoyantes.

Il y a de l’abstraction lyrique dans cette œuvre. Une abstraction ornée d’éléments géométriques structurant la toile en des rangées de segments et de formes trahissant une mise en confrontation de l’onirisme poétique et du rationnel le plus déterminé. Un sentiment d'élément figuratif intrigue le regard. LE CADEAU D’ANNA (1 m x 1 m – acrylique sur toile)

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expose dans sa partie droite, campée en une zone à dominante jaune, ce que l’imaginaire peut interpréter comme étant un profil, mis en valeur par une paire d’yeux saillants, terminé par une bouche aux lèvres rouges. Tandis que la partie gauche est dominée par la présence géométrique, structurée à l’intérieur d’un carré. L’ensemble de la composition est encadrée d’une haute note rouge vif. Cela se retrouve souvent dans l’écriture de l’artiste, à savoir que le sujet de la toile se développe en son centre, entouré de zones chromatiques de différentes intensités.

Nous insistions plus haut sur l’élément géométrique lequel revient comme un leitmotiv dans l’ensemble de son œuvre.

TRACES (1 m x 1 m – acrylique sur toile)

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nous propose une toile divisée en quatre zones distinctes, décrivant quatre figures-symboles, telles que la spirale (en haut, à gauche), le labyrinthe (en bas, à droite), la pyramide (en haut, à droite – conçue comme une coupe plongeante), la piste en zigzag (en bas, à gauche).

En la décortiquant, l’on s’aperçoit que la figure, quelle qu’elle soit, abrite toujours en son sein, un symbole. En ce sens qu’elle est le signifié matérialisé d’une conception abstraite que les cultures ont balisé au fil des siècles.

Ainsi, peut-on voir dans la spirale le symbole de l’infini. Dans le labyrinthe, l’image de la recherche de la liberté à partir d’un parcours complexe. 

Dans la pyramide, l’union mystique du chtonien et de l’ouranien – ou pour mieux dire, le mariage entre la terre et le ciel. La piste en zigzag est sans doute ce qui représente le plus l’artiste en son for intérieur, en ce sens que, composée de lignes droites, elle associe la recherche vitale de liberté tout en rationalisant le trait dans son parcours. Car jamais ce dernier ne déborde des limites du cadre.

L’ensemble de la composition baigne dans un chromatisme bipolaire composé de blanc et de gris, donnant à l’ensemble une douce tonalité cendrée.

Comme nous l’indiquions plus haut, le figuratif n’est pas totalement absent de l’œuvre de l’artiste.

SON AND DAD (80 x 80 cm – acrylique sur toile)

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nous convie vers une volonté expressionniste exprimée dans une sorte de « coupe au scanner » dans laquelle le corps est souligné, en son contour, par la blancheur du trait. L’intérieur est évidé, en son milieu, par la zone noire laquelle sert de couverture chromatique à l’arrière-plan, faisant ressortir la figure humaine de façon saillante.

PETIT ROBOT, AS-TU DU CŒUR ? (50 x 100 cm – acrylique sur toile)

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associe les aspirations profondes de l’artiste, en ce sens qu’il unit une dimension abstraite, laissant deviner la structure (rendue onirique) de la machine à une approche figurative de conception expressionniste, laissant apparaître le « visage » (si tant est qu’un robot en ait un….), traité à la façon d’une figure christique, laquelle ressort irradiée par une série de stries réalisées à la spatule. Dans cette composition extrêmement intéressante dans son approche, l’artiste a voulu marier anthropomorphisme (le visage sacré du robot) et anthropopathisme (dans la question de savoir s’il éprouve des sentiments). C’est sans doute le défi qui agite aujourd’hui les concepteurs de robotique, à savoir concevoir un alter ego mécanique pouvant servir de présence « domestique » à l’être humain.

Insistons sur le fait que dans la composition, la partie mécanique du robot est supplantée par un écran onirique, brouillant toute référence possible à la machine. Il ne subsiste de lui que le « visage » rayonnant de sainteté mystique, l’associant de ce fait à son démiurge, l’Homme.

L’Homme qui a conçu Dieu comme il a conçu le Robot, à qui l’artiste demande (dans l’humanité qui l’anime) s’il a du cœur.

Le figuratif se manifeste également dans L’ÉTÉ A TABLE (80 x 80 cm – acrylique sur toile),

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concrétisé dans la « nature morte », laquelle, malgré la volonté ouvertement expressionniste d’exécution, ne sort pas des conventions du StillLeben (nature en suspension).

Il est à remarquer la présence physique de la matière (traits de couleur rouge sur l’assiette ainsi que sur la panse du vase). Le choc des couleurs vives assure à l‘ensemble une atmosphère festive.

L’œuvre d’ELIZABETH BERNARD se définit par trois variations sur un même style : le géométrique – l’abstrait – le figuratif. Tout cela étant uni par le dénominateur commun de l’expressionnisme lyrique.

La démarche de l’artiste est spontanée, libre, non préméditée. D’où son grand besoin de liberté. Néanmoins, ayant à la base une formation scientifique (elle a  été kinésithérapeute libérale pendant trente ans), cette même formation scientifique se manifeste dans la volonté exprimée de contrôler….l’incontrôlable, en imposant l’assise cérébrale sur le déploiement du geste (pensez à la piste en zigzag de TRACES dont les droites, désarticulées, libres en apparence, ne sortent jamais de l’espace du cadre.  

L’artiste est autodidacte. Le dessin a été son premier medium et comme elle se plaît à le dire : « on dessine avant d’apprendre à écrire ». Elle aurait aimé fréquenter les Beaux Arts. Et comme cela n’a pas pu se réaliser, elle s’est dédiée à la Médecine ainsi qu’à la peinture avec le même sérieux.

Au premier regard, l’on s’aperçoit que pas un iota de toile n’est privé de couleur. La peinture prend tout l’espace ! Cela, parce que, comme elle le dit elle-même : « la vie ne lui suffit pas ! ». L’Art la conduit au-delà de la vie dans la réalisation d’elle-même.

La création lui apparaît alors comme un défi : préférant l’acrylique aux autres matières, celle-ci a pour caractéristique de sécher très vite, ce qui l’oblige à agir rapidement car une fois sèche, l’acrylique ne permet aucune marche arrière ! De plus, la matière faisant corps avec la forme et dans une mesure certaine, primant sur celle-ci, les premiers gestes sont décisifs.

Subjuguée par les nombreuses problématiques posées par l’Histoire de l’Art, admiratrice, notamment, de l’école américaine de l’expressionnisme lyrique de l’Après-guerre, elle a cultivé plusieurs influences, en particulier celle de Robert Rauschenberg.

Le titre de l’exposition présentant ses œuvres résume parfaitement ses aspirations ainsi que son itinéraire : ECLECTIQUE. Un univers où forme et couleur irradient l’espace, contraignant le regard à en saisir l’essence.

François L. Speranza.

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12273116293?profile=original
Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

 

A voir: 

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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François Speranza et Elizabeth Bernard: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles 

(5 août 2015  -  Photo Robert Paul)

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Exposition Elizabeth Bernard (Photo Espace Art Gallery)

           

N.B.:Elizabeth Bernard est membre du réseau Arts et Lettres

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MATIN BONHEUR...

Dans le matin elle est si belle

Au point du jour la tourterelle!

Et le rouge-gorge mécaniquement

Picorant l'herbe goulument...

Soudain dans un bruissement ailé

Deux pigeons sont venus s'aimer...

Et au détour de la façade

Pétales de roses en escapade!

Un vent très doux nous fait penser

qu'elle sera chaude la journée...

Et dans tes yeux, quelle allégresse

Pour moi, une bouffée de tendresse!

J.G.

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La vie quotidienne de la noblesse au XVIIIe siècle.

L'amabilité aristocratique, amabilité heureuse de verser un baume sur le sentiment d'infériorité de ceux à l'égard desquels elle s'exerce.

Marcel Proust

     Une remarquable exposition devrait attirer l'œil des curieux au château de La Roche-Guyon.
La Roche-Guyon, un des "Plus Beaux Villages de France" (un titre quelque peu usurpé, mais, vous verrez, le village a d’autres lettres de noblesse), est situé dans le Vexin français, à l'extrémité sud-ouest du Val d'Oise, à mi-chemin entre Paris et Rouen.


Intitulée "Être et paraître. La vie aristocratique au XVIIIe siècle", elle présente des pièces du quotidien. Mais entendons-nous bien, il s'agit d'objets de luxe, objets de parure et d'ostentation, reflets d'un art de vivre à la française où il faisait bon montrer qu'on avait les moyens de jouir de sa journée.
Ainsi chaque vitrine découpe la journée en autant de moments privilégiés consacrés d'abord à :

Toilette et soins. L'esprit ne pourra être dispos qu'après que le corps soit apprêté, détendu, rafraîchi, parfumé.

Gorgibus

Où sont vos maîtresses ?

Marotte

Dans leur cabinet.

Gorgibus

Que font-elles ?

Marotte

De la pommade pour les lèvres.

Gorgibus

C'est trop pommadé. Dites-leur qu'elles descendent. Ces pendardes-là, avec leur pommade, ont, je pense, envie de me ruiner. Je ne vois partout que blanc d'œufs, lait virginal et mille autres brimborions que je ne connais point. Elles ont usé, depuis que nous sommes ici, le lard d'une douzaine de cochons, pour le moins, et quatre valets vivraient tous les jours des pieds de mouton qu'elles emploient.

Molière (1622-1673), Les précieuses ridicules.


Dire que cela n’a pas pris une ride !
Pique et pique et anagramme.


Ci-fait Monsieur, il faudra prêter une attention soutenue à la :

Parure et élégance. Pas question de se négliger, fut-il de soie. L'accessoire est essentiel l'hiver au boudoir aussi bien que sur la terrasse par une chaude journée d'été.

Illustration 1 (en-tête) : éventail (détail), parchemin gouaché,

travail parisien de la première moitié du dix-huitième siècle.

Et ce n'est pas de tout repos d'ainsi se préparer.
L’éclat de mon teint sera au mieux révélé par un petit confetti de taffetas noir droit sorti d’une de ces boëttes, objet de vertu et peau de lait.

Ma mouche est-elle bien ajustée ?

Un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à placer sa droite, ou son corps de réserve, qu'elle en met à poster une mouche qui peut manquer, mais dont elle espère et prévoit le succès.

                                                                        Montesquieu (1689-1755), Lettres persanes.

Votre coche excité vous révèle le langage des mouches :

Discrète sur le menton ;

au coin de l'œil, assassine ;

effrontée sur le nez ;

majestueuse sur le front ;

galante sur la joue, elle devient enjouée sur une fossette ;

friponne sous la lèvre ou baiseuse à la commissure ;

généreuse sur un téton, elle est receleuse si elle masque un bouton !

Ah traitresses...

Et le loup pouvait bien aussi y être.

12273120682?profile=originalLa toilette d'Esther.

Tapisserie des Gobelins (exposition permanente) sur un carton de Jean-François de Troy (1679-1752).

Une commande de la duchesse d'Enville en 1767, livrée deux ans plus tard (le temps de faire tapisserie). La référence à Esther voulant sauver le peuple juif est surtout ici prétexte à faire étalage du faste entourant le soin apporté à la toilette avant de se présenter au roi de Perse Assuérus et de se prosterner devant son Aman de grand vizir, ministre siégeant au Divan.

Déjà je me consume

- vous éventant vous attisez mon feu -

et vous assure :

Sans diamants vous paraîtrez

Toujours aussi brillante,

Et sans épingles vous serez

Toujours aussi piquante.

Stanislas de Boufflers (1738-1815).


Ainsi est-il temps de s'occuper des :

Arts de la table. Bien sûr, il serait vil de cuisiner, mais la maîtresse de maison, toujours bonne hôtesse, disposera-t-elle - elle-même ! - avec goût quelques fleurs, un chandelier ou un de ces merveilleux centres de tables, le surtout c'est suranné, en porcelaine dure de Saxe.

Vous savez que ces Allemands ont retrouvé le secret de la porcelaine chinoise ?

Oui, un certain Monsieur Böttger, prisonnier d'Auguste le Fort, je crois...

12273120895?profile=originalScène galante de la manufacture de Hoescht, porcelaine dure, XVIIIe siècle.

Et puis le roi lui-même raffole de ça...

"Louis XV était un fervent adepte du luxe, et comme tous ses homologues européens, il nourrissait une passion dévastatrice pour la porcelaine. Depuis qu'il avait entendu parler de la formidable fabrique d'Auguste II, il désirait ardemment se joindre à la course, et parrainer une entreprise similaire - qui éclipserait celle de Saxe. D'ailleurs, un peu plus tard, durant la même décennie, il allait investir dans l'établissement céramiste fondé à Vincennes en 1738 (ce dernier déménagerait en 1756 pour devenir la manufacture royale de Sèvres qui, comme celle de Meissen, subsiste encore à ce jour). Mais en 1730, il n'existait pas de telle industrie sous l'égide du souverain et les fabriques françaises, notamment celles de Saint-Cloud et de Chantilly, n'avaient réussi que de la pâte tendre."

Janet Gleeson, L'alchimiste de Meissen.

12273121860?profile=originalScène galante de la manufacture de Hoescht,

fondée en 1746 dans les faubourgs de Frankfort.

Groupe à la manière de Johann Peter Melchior (1742-1825).

Le corps à ses nécessités, il est temps maintenant de passer aux choses de l'esprit.


« La société est composée de deux grandes classes :

ceux qui ont plus de diners que d’appétit,
et ceux qui ont plus d’appétit que de diners. »

Chamfort (1740-1794).


Ces Dames et ces Messieurs pourront passer au salon pour se livrer à :

Lecture et écriture. Du temps de la duchesse d'Enville (1716-1797), mère de Louis-Alexandre de La Rochefoucauld (1743-1792), qui tenait ici salon, la bibliothèque possédait plus de 10 000 ouvrages. Hélas, les livres ont été dispersés en 1987.

Nous pourrons aussi nous retrouver autour de :

Jeux et divertissements.

"Il y a dans le château tous les amusements imaginables ]...[ ;
les duchesses n'exigent de leurs gens que de s'amuser ; le matin je vais causer ou lire avec l'abbé, ou M. de Foncemagne de l'Académie, vieillard de beaucoup d'esprit ; ou bien, je vais courir à cheval avec Mme de La Rochefoucauld, son écuyer, son palefrenier et ses laquais, ou je reste chez moi. Quoiqu'il y ait plus de cent domestiques dans la maison et près de cent chevaux dans les écuries, le château est si grand que je suis dans un appartement aussi tranquille qu'on peut l'être."

Charles Victor de Bonstetten (1745-1832).

A moins que ces Messieurs n'aiment à se retrouver entre eux, au fumoir, parler de choses sérieuses propres à leur genre, où à leur guise ils pourront :

Pétuner et fumer. Enfin l'homme de goût, de noble lignée, du tabac fera bon usage. Il préférera sans doute, pour bien apprécier toutes les vertus de l'herbe à Nicot, priser. Oui, pétuner (de pétun, tabac)...

12273121691?profile=originalSecouette.

Poire à priser, travail allemand en bois sculpté et argent du début du XVIIIe siècle.

« Le tabac, dont l’usage par la combustion n’est devenu général et excessif que depuis la paix en France. »

Honoré de Balzac, Traité des excitants modernes.

« Le tabac se consomme aujourd’hui par la bouche après avoir été longtemps pris par le nez : il affecte les doubles organes merveilleusement constatés chez nous par Brillat-Savarin : le palais, ses adhérences, et les fosses nasales. Au temps où l’illustre professeur composa son livre, le tabac n’avait pas, à la vérité, envahi la société française dans toutes ses parties comme aujourd’hui. Depuis un siècle, il se prenait plus en poudre qu’en fumée, et maintenant le cigare infecte l’état social. On ne s’était jamais douté des jouissances que devait procurer l’état de cheminée. »

Honoré de Balzac, Traité des excitants modernes.

Quoique certains aimeront sans doute se délecter d’une bonne pipe. Oh, pas une de ces pipes en terre cuite juste bonnes pour un marin hollandais ou pour le vulgaire. Mais une bonne pipe en bois si habilement sculptée. Qui nous donnera même à penser au sens de la vie, memento mori. D’ailleurs,

« Vous n’avez qu’à vous retourner, celui qui les faisait est mort. »

Gédéon Tallemant des Réaux,
qui vécut au XVIIe siècle

mais ne fut publié qu’au siècle suivant.

Ses Historiettes furent alors fort en vogue.

En suivant les volutes de fumée nous lancerons un de ces subtils traits d’esprit qui rappelleront que nos plaisirs terrestres sont fugaces.


Respice post te ! Hominem te esse memento !

12273121097?profile=originalFourneau de pipe en bois sculpté de la première moitié du XVIIIe siècle.

« Regarde derrière toi ! Rappelle-toi que tu es un homme ! »

12273121900?profile=originalFourneau de pipe en bois scupté et cuivre doré

de la première moitié du XVIIIe siècle.

Oui, « Souviens-toi que tu mourras », mais en attendant amusons-nous à râper une de ces carottes et mettons ce bon tabac dans nos tabatières. Alors :


« Vive Le Sage et les ultramondins. »

Louis Alexandre de La Rochefoucauld,

6e duc de La Roche-Guyon.


Nous sommes dans un siècle de raison, non ? Et cela depuis le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences, paru en 1637, autant dire un siècle !


« Vive Descartes, durent à jamais les tourbillons. »

La Rochefoucauld, Mon rêve.


En attendant ces dames pourront s’adonner à quelques :


Ouvrages de dames.

"Bergère, détachons-nous

De Newton, de Descartes ;

Ces deux espèces de fous

N'avaient pas vu le dessous

Des cartes."

François-Joseph de Beaupoil (1648-1742),

marquis de Saint-Aulaire.

A moins qu’elles ne préfèrent :


Prières et dévotions.

12273122469?profile=originalLa Vierge, l'enfant Jésus et saint Jean.

Ivoire sculpté.


« C’est trop pour un mari d’être coquette ou dévote ;

une femme devrait opter. »

Jean de La Bruyère (1645-1696), Caractères.

Nous cultiverons quant à nous un esprit rationnel dans un corps sain. Ce pourquoi nous nous emploierons par :


Chasse et société.
Echauffement fort civil, car il faut bien s’entraîner à défendre nos foyers menacés, voire la patrie toute entière. Mais, préalablement, vous seriez fort avisé d’écouter Alain-René Lesage (1668-1747) :


« Lorsqu’un fils possède tout le bien d’une maison,

je ne lui conseille pas de chasser avec son cadet. »


Trop tard en revanche pour cet avertissement de Rivarol (1753-1801) :


« La souveraineté du peuple tuera tous les rois,

s’ils continent d’avoir le diadème sur les yeux
au lieu de l’avoir sur le front. »,


malgré tout :


Armement civil et militaire.


Ainsi l’exposition s’articule-t-elle autour de ces dix activités qui ponctuent la journée des gens de qualité. Evocation du raffinement qui régnait dans la bonne société du XVIIIe siècle, de l’activité artistique et intellectuelle.
Bien sûr je ne vous ai présenté qu’une petite sélection d’objets qui répondaient à mes centres d’intérêt. Vous connaissez par ailleurs mon mauvais esprit et n’avez pas pris à la lettre mes plaisanteries. La duchesse d’Enville tenait à La Roche-Guyon un salon fort prisé, disposait d’un laboratoire de chimie, entretenait avec Turgot une correspondance serrée où elle montrait un goût prononcé pour l’économie notamment, et par-dessus tout s’était constituée une collection fournie de minéraux pour son cabinet de curiosités. Etude et frivolité font étrange ménage.
Les salons, par la confrontation des idées, par le brassage des gens et bien que réservés à une certaine « élite », permettaient la diffusion des Arts, des Lettres, des Sciences. On discute, on philosophe, on théorise, on rivalise, on libertine et poétise. On herborise aussi, expérimente, échantillonne, taxidermise. On s’égaye dans la nature, on observe, décrit et classe, systématise, taxonomise. Bouillon de culture. Germes de révolutions.


« Il y a dans l’étude de l’histoire naturelle

deux écueils également dangereux : le premier,

de n’avoir aucune méthode,

et le second,

de vouloir tout rapporter à un système particulier. »

Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788).


Nombre de salons sont animés par des femmes. Marie du Deffand, Julie de Lespinasse, amie de d’Alembert, Marie-Thérèse Geoffrin, Marie-Madeleine de La Reynière, Suzanne Curchod-Necker…


« Si vous voulez avoir quelques succès dans le monde, il faut, en entrant dans un salon, que votre vanité fasse la révérence à celle des autres »

Marie-Thérèse Geoffrin (1699-1777).


Nobles ou roturières. Ces dames s’émancipent. Tous veulent entrer dans le cercle, appréhender les lois de Kepler, de Huygens son Traité de la lumière, Descartes versus Newton, Euler et d’Alembert… en connaître un rayon de la terre. Vertus des grands principes.


« J’aime l’étude avec plus de fureur que je n’ai aimé le monde. »

Emilie du Châtelet (1706-1749).


Et Voltaire,


  " Tous les Anciens qui ont raisonné sur la physique, sans avoir le flambeau de l’expérience, n’ont été que des aveugles qui expliquaient la nature des couleurs à d’autres aveugles. "

Bien que furent les Lumières,

  " Nous ne sommes encore qu’au bord d’un océan immense : que de choses restent à découvrir !
Mais aussi que de choses sont à jamais hors de la sphère de nos connaissances ! "


A chacun de composer son propre musée, son itinéraire. Par le choix des citations j'ai aussi essayé de montrer le tourbillon que fut le XVIIIe siècle. Mais dépêchez-vous car, détenus à l’origine par le musée de Cluny, consacré au Moyen-Âge, pour gagner le musée d’Ecouen, ce sont des anachronismes qui risquent de n’être pas revus de si tôt car ce dernier est dévolu à la Renaissance et ont quitté momentanément leur réserve.
Ceci dit, ils seront visibles jusqu’au 29 novembre 2015. Et le château lui-même, auquel je consacrerais bien un billet, est d’une haute curiosité.

Michel Lansardière (texte et photos).

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administrateur littératures

 Ecrire et survivre sur un même fil? "Un écrivain est quelqu'un qui a pris une décision: je vais m'en sortir", parole d'un bel auteur français défenseur d'une littérature pour tous, né en 1975, n'éludant ni ses périodes sombres ni ses joies, intégrant les unes et les autres à sa création. La littérature: invitation à l'action, l'écrivain imaginant des ruses et des chemins inédits. Que dire ou que faire des angoisses d'auteur?

  Faisant partie du décor, du paysage, celles-ci sont aussi naturelles que la pluie ou le soleil; tentons de vivre avec, l'acceptation de leur réalité est une libération: on s'épuise alors moins à combattre. Contemplons nos affres et angoisses avec lucidité et, si elles fondent soudain sur l'être, peu importe puisque étonnamment ça passe! Belle évaporation progressive, la délivrance proche, mais il y a malheureusement les lois, les règles, cette parfois foutue éthique qui nous emprisonne, voire nous réduit. S'affirmer malgré tout à sa manière? Désobéir?

  La société ressemble à l'école, déclare ce même auteur, il a bien raison: des lois régissent les comportements, les attitudes; il y a aussi des règles non dites mais implicites de cours de récréation. Si on désobéit, on en paie le prix, et la note est parfois bien salée lorsqu'on transgresse les règles non écrites. Que faire? Optons pour les actes minuscules, les résistances sans éclat qu'elles soient éthiques ou esthétiques, cette désobéissance passant avant tout par le quotidien et par...l'imagination! Possible?

  Elle, l'imagination, est une force qui nous donne le pouvoir de nous transformer et de transformer la société, du moins notre rapport à la société. L'Homme? Une création continuellement en création de lui-même! Les tenants du réalisme dans bien des domaines essaient de nous soumettre? Refuser ce qui est proposé n'est pas un arrêt de mort, c'est au contraire une manière d'agrandir l'espace. Dilatation en perspective mais...l'inadaptation alors?

  Tu as des affinités avec des gens qui ne se sentent jamais à leur place, faisant partie d'une minorité souvent rejetée? Blessés, malades, bizarres pour d'autres? Les armes de l'esprit: rien de tel! L'arme des gens soi-disant plus faibles: leur cerveau! Créons des stratégies et des tactiques, des manières de vivre, d'échapper aux coups, de disparaître aussi. Le double enjeu? Ne pas renoncer à notre inadaptation et ne pas trop en souffrir. La survie? Par et dans la ruse! Il y a de la richesse dans l'inadaptation et ne négligeons pas une éventuelle éducation à la maladresse et à la phobie sociale pour certains. C'est-à-dire? Laissons travailler les méninges à ce sujet mais...oui, et la liberté?

  L'Homme est plein de déterminisme(s), préjugés, myopies qui sont prises pour des vérités; la liberté passe par la rencontre avec l'autre, nos mais et nos amours nous ouvrant les yeux, les deux, mettant en perspective nos évidences. Les êtres aimés nous permettent de ne pas rester fixés à nous-mêmes, ayant vécu d'autres choses, habités par d'autres goûts, nous poussant à considérer leurs choix avec bienveillance et curiosité. Être libre suppose donc avoir la capacité de perdre des choses que l'on pensait être à soi? Tentons l'art du scalpel sur nous-mêmes mais pas à la manière d'un boucher.

  Ecrire, un métier, et de solitaire? Certains ont des difficultés à associer l'écriture à un métier. Pourtant l'auteur travaille, tous les jours, l'exaltation et l'épuisement allant souvent de pair. Le sacré? Il se cache dans le profane, pas dans l'idéalisation et le fantasme. Parler de métier, d'argent, d'emploi du temps a son importance et c'est une manière non pas de désacraliser mais de dire que le sacré est possible pour tout le monde et tout le temps; quant à l'aspect de solitude, prenons conscience qu'elle nous donne un coeur de marathonien. De force de dévastation dans un premier temps, elle peut devenir carte secrète qui permet des rencontres, les solitaires se reconnaissant, formant un club éparpillé mais un club.

  Des jours magiques? Lorsqu'on découvre qu'on s'éduque soi-même en transmettant aux autres, joli courant qui circule, sans négliger l'importance de la générosité, de la délicatesse et de l'élégance. En yiddish, il y a ce mot très juste: mensch.

  Rien compris à ce long discours? Probablement une question de QI, de psychologie et d'intuition...si à la seconde lecture la lumière ne se fait pas. Fragilis lux...sed lux! 

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administrateur théâtres

12273117698?profile=original                                                       Des gammes contre la croix gammée!

Cultissime! Les metteurs en scène Daniel Hanssens et Jack Cooper ne nous ont pas déçus dans cette comédie musicale à la française, produite au Festival de Théâtre Bruxellons et servie par la très belle orchestration de Pascal Charpentier!

Nous sommes dès les premières notes des religieuses du couvent de Nonnberg dans un registre de très haute performance, emmené par de vibrants chants en latin - clin d’œil discret aux racines de notre culture occidentale que personne ne s’est mêlé de traduire.  La musique sacrée captive dès l’entrée, pour se  métamorphoser très vite  en musiques d’amour. L’amour de la nature, l’amour mystique, l’amour de la musique, l’amour des enfants, l’amour des couples, l’amour de la vie, l’amour de la patrie: Edelweiss! Le titre français de la comédie musicale  « The Sound of Music » glisse vers une  certaine mièvrerie. Pourquoi donc ce titre « Mélodie du bonheur » façon Parapluies de Cherbourg,  qui laisse une impression de  bonheur fané  et pas  quelque chose de plus fort, de plus  attrape-rêves , une allusion plus directe à l'exquise gamme  harmonique des sept enfants de la famille von Trapp?

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11781597_863286797095534_5963066442588535094_n.jpg?oh=e980ff6c0214e5334a03b095b5d4e721&oe=5655D38C&width=370Ce spectacle, finement mis au point  depuis plus d’un an,  crée en effet une résonnance harmonique étonnante et rare entre public et acteurs. Est-ce grâce au diapason magique de Liesl (Maud Hanssens), la plus  âgée des sept enfants du Bonheur? Est-ce grâce à la merveilleuse résonnance du texte français qui n’a rien à envier à la version originale anglo-saxonne? A l’accent grave et particulier de la diction  impeccable de Wim Van Den Driessche? A la grâce naturelle et au timbre cuivré de la révérende mère supérieure, Marie-Laure Coenjaerts, un être lumineux et généreux? Aux rêves des comédiens qui se rencontrent?  A l’authenticité de la démarche?  

Deux thèmes puissants et profonds s’enlacent tout au long de l’histoire romanesque et vraie de Maria et sa famille recomposée : la recherche du sens de notre vie sur terre et l’attachement à ce qui rend notre vie vibrante et épanouie. La deuxième partie du spectacle insiste particulièrement sur le droit, si pas le devoir, de se rebeller lorsqu’un pouvoir dictatorial veut vous imposer son mode de pensée, et veut  broyer vos libertés ou vos valeurs. Celui qui ne se rebelle pas n’a pas le droit de se lamenter. Tout cela est très présent dans ce magnifique spectacle qui donne matière à penser sous des dehors très innocents.  

12273117468?profile=originalLa jeune et pétulante Maria parcourt un immense chemin  à la recherche de sa vérité et tire le capitaine von Trapp (Wim Van Den Driessche) de l’isolement de  la sombre caverne où il s’était réfugié à la mort de sa femme. Elle  le ramène progressivement  vers l’émerveillement et la joie solaire qui inonde les collines, où ils  peuvent entrevoir ensemble, le Beau, le Bien, le Bon. Quelle catharsis! Quel petit bout de femme volontaire, animée par L’Esprit, que cette subtile Maria sublimement interprétée par Laure Godisiabois. Si ce spectacle donné dans la cour du château du Karreveld dont le festival d’été fête ses dix-sept ans cette année, revêt toutes les qualités esthétiques, chorégraphiques,  scéniques et musicales dont on pouvait rêver, on  se met à rêver que soit immortalisée cette magnifique fleur des planches estivales bruxelloises  sous forme de film… à se repasser en boucle pour le plaisir, comme une vivante image d’Epinal aux vertus protectrices!

12273118100?profile=originalLes plaisirs sont nombreux, celui d’un décor très astucieux qui sait jumeler les collines  autrichiennes couvertes de vignes et de monastères, l’orage qui déferle dans la maison cossue, les jardins et terrasses d’un parc, l’intimité d’une chambre de gouvernante où bondissent les oreillers, et le luxe des salons et escaliers d’honneur menant aux chambres d’enfants.  La pureté et la beauté des chants des enfants, leurs savoureuses chorégraphies faites à la fois de spontanéité et de grande professionnalité montrent qu’ils se sont tous totalement investis et quel que soit l’âge, dans leur jeu théâtral et musical. Seven go to Heaven!  Une vraie source d’émerveillement en soi! Sans parler de l'extraordinaire  défilé de costumes imaginé par Françoise Van Thienen et son équipe! Car ...Maria a des doigts de fée, en plus de sa guitare!

11227632_10205835557902042_2010019044920999228_n.jpg?oh=5a73d3c28e0a522011880d84f4812e00&oe=56499338&width=505 Et qu'ils sont admirables et drôles dans leurs rôles secondaires joués avec intensité : Nicole Valberg (Frau Schmitt), Perrine Delers (la Baronne Schraeder), Pierre Pigeolet (Max), Roland Bekkers (Franz) et le jeune Damien Locqueneux dans le rôle de Rolf! Une distribution royale.   Le plaisir final est un éclatement de bonheur, lorsque fusent autour de vous, des applaudissements frénétiques et des huées lancées ça et là aux pauvres figurants bardés de croix gammées!

12273118495?profile=original 

http://www.lamelodiedubonheur.net/ZZSpectacle2.php?spectacle=La Mélodie du bonheur

  

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