Tout a été dit
chanté
dansé
pleuré
laisse-moi
poser ma fatigue
sur l’épaule du silence
le temps
d’une respiration
Martine Rouhart
Tout a été dit
chanté
dansé
pleuré
laisse-moi
poser ma fatigue
sur l’épaule du silence
le temps
d’une respiration
Martine Rouhart
Quelle magique étreinte !
Nous créerons ensemble des souvenirs
dont les limites célèbreront notre existence.
Je me dis que cette nuit là,
quelque part dans la rosée,
en haut des arbres ou suspendus au bout du monde,
nous chanterons une ode à l’oiseau endormi.
O silhouette silencieuse,
perchée sur ta branche,
tu es la beauté des pensées et le corps de l’invisible voyage.
Ame plaintive, toi aussi tu porteras ta voix
et je t’embrasserai sous les nuits immuables.
Julien Boulier le 27 mai 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3438263711
Où sont les étoiles insoumises ?
L’idée de les entrevoir en train de s’éveiller
sur l’ombre des cimes, en haut des collines,
a forgé en nous un vaste impromptu,
ou une valse du soir.
Voici maintenant la lumière de leurs branches,
comme un dessin d’enfant,
qui dans nos yeux brille par éclats.
La pluie et les temps immémoriaux,
jusqu’aux éclipses,
viendront tourmenter leurs traces en plein ciel.
Ces visions effleurent ton nom
et bientôt tu chemines sur mes lèvres.
Julien Boulier le 28 mai 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3438287811
Voici ce qu'écrit la poète et romancière Isabelle Bielecki sur mon premier recueil. Un très joli papier qui me touche énormément, merci de tout cœur:
Pour savourer la poésie du recueil de Martine Rouhart, Cueillette matinale, paru aux éditions Demdel, il faut entrer dans son jardin, tel un chat indiscret, et marcher jusque tout au fond, là où repose la nuit sous les épaisses frondaisons en attendant que s’en aille le jour.
Car c’est alors, quand le soleil se cache derrière la cheminée que la nuit s’ébroue et remonte pas à pas vers les arbres, les pelouses et les fenêtres derrière lesquelles marche, rêve ou s’apprête à aller dormir Martine.
La nuit qu’elle regarde venir d’un œil attendri, de poète qui aime les étoiles - étoiles qu’on retrouve déjà dans son dernier beau roman intitulé la Solitude des Étoiles - et qui lui parle presque plus que le soleil et sa pleine lumière. « Cinq heures du matin / nuit blanche / la fenêtre noire comme de l’encre / qu’attendre du jour qui vient… ? » ; « … laisse-moi goûter encore un peu / aux vendanges de la nuit » « Le buvard de la nuit / absorbe les contours / la vitre se remplit d’encre / vertige devant ce vide / plein de vies / qui jouent dans le noir ».
Et que dire des autres hôtes de ce jardin : la lune «Elle m’est apparue / rousse / obscure et éblouissante… » ; le vent « Dans mon sommeil / j’entends le vent / tracer des chemins / dans le noir… » ou les nuages « Certaines tristesses / ne pèsent / que ce que pèse / un nuage… »
Ainsi, l’on en arrive à se promener dans ce subtil recueil de poésie comme l’on déambule dans un jardin de rêve, sourire aux lèvres, avec tendresse, admiration pour la sérénité des lieux, à écouter les oiseaux, caresser un arbre, admirer une fleur. Comment ne pas écrire avec de tels compagnons, me direz-vous ?
Ne nous y trompons pas, tout un chacun, même en ces lieux paradiasiques, n’est pas capable d’écrire ainsi, avec des mots simples qui vont droit au cœur. Rien n’est plus difficile qu’être beau au premier regard : « Le creux d’un coussin / un livre abandonné / le silence non partagé / il suffit de peu / à l’absence / pour vous cogner / le cœur ».
Cela demande une tendresse profonde pour ses semblables, du respect pour les mots avant de les marier pour qu’ils soient lus de tous.
D’autant plus que la philosophie n’est jamais loin dans cette poésie qui coule de source, glissée entre deux vers, celle des sages qui ont compris que le vrai se cache dans les petites choses, que l’essentiel réside dans ce qui nous entoure et nous accompagne jour après jour, presque incognito. Notre enfance, nos rêves, la nature. « Ne te l’ai-je pas dit ? / sors dans le vent / marche sans t’arrêter / les idées noires ne résistent pas / au souffle de l’air / ni à la lumière ».
En quatrième de couverture, Martine écrit : « j’écris parce que vivre ne suffit pas ». C’est que la poétesse « jette des ponts » et « donne un fragment d’elle-même » à qui veut le saisir, certainement le temps d’ouvrir ce très beau livre à la jolie couverture bleue réalisée par Anne-Marielle Wilwerth, et de s’y plonger, comme dans un jardin des délices.
Alors, faites comme moi :
Pendant que le vent / court d’arbre en arbre / je reste tranquille / à l’abri / de… ton livre… Martine, Cueillette matinale.
Isabelle Bielecki
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Tenez-le vous pour dit
Robert Paul
Chanter et raconter, s’indigner et rire, jouer et dire, écrire et danser to the end of Love, c’est transmettre : une idée fixe chez Thierry Debroux à chaque fois qu’il signe le miracle de la mise en scène d’une nouvelle adaptation scénique dont il a le secret. Celles-ci ne cessent d’émerveiller tous les âges, du plus innocent au plus endurci et on finit par prédire que chacun de ses spectacles sera un nouveau couronnement.
Avec l’adaptation du Livre de la Jungle, de Kipling (1894-1895) et non de Walt Disney, il s’agit ici d’un hommage particulier, dédié à son institutrice de maternelle, Madame Christine qui fut, grâce à cette histoire de Mowgly, l’instigatrice de toute sa carrière théâtrale, alors qu’il était haut comme trois pommes. Thierry Debroux, en homme reconnaissant, pose publiquement un acte de gratitude vis-à-vis d’une femme qui a su lui insuffler la passion qui a conduit toute sa vie… C’est quelque chose de rare dans notre monde pressé d’en finir ou de courir après chimères et idoles…sans jamais jeter un regard en arrière.
Dans cette adaptation scénique irradiante, il jongle avec les mises en abîme en réveillant ses souvenirs des personnages les plus intenses de Kipling, tout en évoquant ses souvenirs d’enfance. Madame Christine resurgit à tout moment, du début à la fin …comme quelqu’un qu’il a vraiment aimée.
31 représentations de rêve, du 19 avril au 19 mai 2018
Et un retour prévu en décembre 2018...
Au cœur du récit, il y a Mowgly, l’enfant loup recueilli par la forêt et une mère humaine affolée par sa disparition. Au travers du conte musical initiatique, on suit toutes les questions existentielles de l’enfant qui grandit, le questionnement de son appartenance au clan malgré sa différence, le respect ou non des loi, la liberté de choix, le rôle parental… et l’incroyable volonté de pouvoir de ceux qui se rêvent puissants…
Pour la forme, il y a l’écriture tellement truffée d’allusions humoristiques ou culturelles, des images fugaces des périls de notre société, captés dans un jeu savant de sonorités et de bulles poétiques. Et des compositions musicales signées Philippe Tasquin accessibles sur CD vendu à l’entracte ou après le « pestacle ».
Les décors graphiquement parfaits tiennent de l’épure et reviennent comme des leit motivs. De la mise en scène émane un récit percutant. La « forêt qui soigne » se superpose aux palmes tropicales, les arbres bougent comme dans Shakespeare, le rocher de consultation populaire est une pyramide faite d’alvéoles comme la ruche des abeilles. L’île aux plaisirs, pardon, le repère des singes profiteurs est un nid de décadence.
A bons entendeurs, salut! Le village lui-même voyage à travers le monde. Ne se retrouve-t-on pas soudain carrément chez les Indiens d’Amérique, à voir le costume de la chef de village ? Clin d’œil du jeune Thierry Debroux à Kipling voyageur qui lui aussi parcourut, étant jeune homme, les terres d’Amérique?
Les enfants frappants de dynamisme et de vitalité qui interprètent Mowgly font du jeune héros un personnage attachant et intelligent comme le veut Kipling. Les trois enfants qui se relaient, Andrei Costa, Dario Delbushaye et Issaïah Fiszman semblent décoder par leurs fines postures et leur regard intense les moindres arnaques, les hypocrisies et la violence du monde qui les entoure… On se réjouit de la fraîcheur de leur « sagesse innée» et leurs très belles voix qui émeuvent aux larmes portent des chansons bouleversantes. En miroir, les personnages mi-humains, mi-animaux, entretiennent continuellement la dualité de Mowgly et ses interrogations. Les yeux des spectateurs se posent sur des masques qui semblent respirer et dire chaque réplique comme s’ils étaient vivants. Un tour de force et un art consommé des comédiens. Daphné D’Heur campe une séduisante Bagheera et Messua, la villageoise éplorée devant la disparition de son enfant tandis que la deuxième très belle voix féminine appartient à Rashka, une mère-louve pleine d’empathie et de noblesse de cœur jouée avec brio par Jolijn Antonissen aux côtés d’un Akela très digne: Gaétan Wenders.
Baloo joué par Emmanuel Dell'erba séduit par son entrain et sa … légèreté. Très farceur et transposé dans un mode plutôt comique, Kaa (Philippe Taskin) semble avoir été créé avec jubilation par l’adaptateur du récit, qui n’a vraiment que faire de l’anathème jeté sur son engeance. Réhabilité comme un serpent sympathique, il ne lui manque que les bras pour qu’on l’aime vraiment. Le duo de mauvais bougres est maléfique à souhait, c’est Pierre Bodson pour Shere Kahn et Fabian Finkels – who else ? - pour le jeune loup aux dents longues. Le narrateur, Gaëtan Wenders donne la réplique à Madame Christine (Anne-Marie Cappeliez).

Photos : ZVONOCK
Avec : Jolijn ANTONISSEN,
Pierre BODSON,
Anne-Marie CAPPELIEZ,
Didier COLFS ,
Emmanuel DELL’ERBA ,
Daphné D’HEUR ,
Fabian FINKELS,
Antoine GUILLAUME ,
Philippe TASQUIN ,
Gaëtan WENDERS.
Mowgli, en alternance : Andrei COSTA, Dario DELBUSHAYE, Issaïah FISZMAN.
Les petits Loups, en alternance : Alexandre ANDERSEN , Baptiste BLANPAIN , Ava DEBROUX ,
Arthur FRABONI , Martin GEORGES, Laetitia JOUS ,
Julia ORENBACH, Andrea SCHMITZ, Ethan VERHEYDEN.
Durée :
2h entracte compris
Initiée à l'informatique,
En dépit de mon non vouloir.
Comment aurais-je pu prévoir
Un moyen fantasmagorique?
Dix-huit années en un espace
Où se croisent des énergies.
Je m'en suis sentie enrichie,
Y ai découvert maintes grâces.
Des âmes souvent généreuses
Peuplent le monde virtuel.
En des endroits habituels,
Y font des rencontres heureuses.
Hélas! tous mes liens affectifs
Que je croyais être durables,
Se révélèrent périssables.
Étaient devenus inactifs.
J'ai perdu le goût du partage,
Par l'inconstance déroutée.
Je ne pouvais pas m'en douter.
L'évidence me rendit sage.
J'ai le désir de terminer
Mon long voyage en cet espace.
Ne sais s'il laissera des traces.
Au grand soleil vais cheminer.
20 mai 2018
Est-ce vous qui,
devant ce vertige déconcertant,
avez déployé votre souffle ?
Ce désir qui fut un instant avec votre fougue,
comme des nymphes retrouvant leurs rêves
dans un sommeil prononcé.
Œil félin et toutes nos respirations
qui s’envolent,
remplies d’un monde savant et de voix secrètes.
Nous prononçons les mots où poussent des arbres remarquables,
simples ou admirables.
Je tombe et tu me retiens.
Julien Boulier le 20 mai 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3438053211
UN CONTE DE FOU...
Lorsque j'étais petite fille, j'adorais les contes de fée. Je m'identifiais volontiers aux personnages. C'est ainsi, que de Blanche-neige, je devenais tout à coup Grincheux ou Timide, tout en rêvant être Prof! En fait, ce qui me fascinait c'était la description des caractères. Mais jamais au grand jamais, je n'imaginais pouvoir être la méchante reine. La méchanceté était bannie de ma vie.
Quoi de plus gratifiant que de voir Cendrillon emporter le cœur du prince en sachant que sa vie avait été si cruelle dans ses jeunes années? Quoi de plus naturel de voir en finale la douceur et la bonté récompensée? Quoi de plus jouissif que de voir Riquet à la Houppe se transformer en prince charmant?
Au fil du temps j'eus d'autres lectures et je découvris à travers elles que derrière des personnages aux apparences édifiantes se cachent souvent complexité et quelques noirceurs et dès lors, qu'il fallait apprendre à affiner mon jugement. Je fis connaissance avec le mal de tête en même temps qu'avec l'injustice et je me pris de sympathie pour Antigone.
Toutefois, j'appris à apprivoiser ma révolte, mes premières lectures avaient laissé des traces, je croyais dur comme fer au miracle de la puissance que donne l'amour.
Autour de moi, j'entendais pas mal de plaintes, beaucoup de désenchantement, les visages tristes me donnaient l'irrésistible envie de fuir.
Comme tout un chacun, je fis connaissance avec la tromperie, la manipulation, la désinvolture, le narcissisme qui s'en donnèrent à cœur joie avec ma naïve sincérité. Je fis l'apprentissage de la désespérance et en même temps je gardais au fond de moi, l'image rassurante des histoires qui finissent bien!
Mais ce ne sont que des bribes de l'histoire totale et :"Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", est loin d'être un point final, à peine un point d'orgue. Après seulement il y a la vraie vie...
Et cette vraie vie si je l'imagine en conte, ce n'est à coup sûr pas un conte de fée, mais plutôt un conte de fou.
J.G.
Je suis en train d’observer ces quelques jours passés
à la découverte des rivages.
Que vous dirais-je ?
Sur le moment, cette maison esseulée
à St Cado semble devenir un chemin de pensées.
La bouée flottant au bout de la jetée et au loin les colonnades d’arbres
autour des toits des maisons, à marée montante.
C’est au cours de ces déambulations
que le papier, rempli de dessins et d’esquisses,
prépare l’écriture d’une danse.
Il peut alors s’agir d’autre chose.
Et ces mots sont ancrés dans une géographie bien définie,
où le son des pas est bien réel sur les chemins bretons ou normands.
Julien Boulier le 15 mai 2018
poème déposé Sacem code oeuvre 3437892811
Je vous aime terres lointaines de l'Orient
Et la poule rousse dans le jardin
Exposé plein Nord. Dans le parc voisin
Le chant des fleurs bruissantes d'abeilles
Qui soulage les âmes blessées.
La perle noire qui défait le désespoir,
Les photos du passé qu' électrisent les cœurs.
L'âme sœur libre et vaillante, flamme bondissante
Par dessus les couleuvres et les sombres marais,
L'insondable beauté noire de l'univers.
Les myosotis en fête
L'amour en sursis?
Non celui en surprise,
Qui respire et palpite...
DH Elle

Lettres
N.B.: toutes les expositions relatées dans ces billets se sont déroulées à L'Espace Art Gallery, 35 rue Lesbroussart à Bruxelles - Ixelles.
LE THEATRE DES SENS : L’ŒUVRE D’ALEXANDRE PAULMIER
DE L’ESTHETIQUE DU SUJET : L’ART DE JIRI MASKA
LE SURREALISME ANCESTRAL DE WILLIAM KAYO
LESLIE BERTHET-LAVAL OU LE VERTIGE DE L’ANGE
MARC JALLARD : DU GROTESQUE A L’ESSENTIEL
JULIANE SCHACK : AU SEUIL DE L’EXPRESSIONNISME MYSTIQUE
ROSELYNE DELORT : ENTRE COULEUR ET SOUVENIR
BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS
XAVI PUENTES: DE LA FACADE A LA SURFACE : VOYAGE ENTRE DEUX MONDES
MARYLISE GRAND’RY: FORMES ET COULEURS POUR LE TEMPS ET L’ESPACE
N.-B:
Statistiques des consultations de l'ensemble de ces billets au 22 mai 2014:
20936 consultations
Mise à jour du 13 juin 2015: Ces billets ont été consultés 43120 fois
Mise à jour du 5 juillet 2016: ces billets ont été consultés 74256 fois
Mise à jour du 6 juillet 2017: ces billets ont été consultés 96071 fois
En préparant une série d’émissions que nous devions enregistrer en public dans la commune française de Sauvian, je me suis demandé comment aborder l’ouvrage de Mathilde PLANCHON.
Ce n’est pas tant son recueil de poésie qui me posait problème, car ce dernier, admirablement écrit, méritait d’être mis en exergue. Le problème est que, quand je prépare une rencontre, je pose ma réflexion sur le contenu des ouvrages ne prenant le Curriculum Vitae des invités qu’en fin de préparation. Certains diront que c’est une erreur, je ne crois pas, je pense que le contenu est le critère majeur d’un choix de chronique plutôt que le nom du créateur. Je reste convaincu qu’en inversant cette manière de faire, se perdrait une part d’objectivité en écartant peut-être des œuvres sur une série de détails qui n’ont rien à voir avec la raison de mon travail.
Alors, pourquoi tant de questions après avoir découvert la femme qui se cache derrière le joli prénom de Mathilde ?
Mathilde Planchon pourrait devenir la porte-parole de nos différences. Trisomique, elle illumine nos yeux par le simple glissement d’une plume. Pas d’artifice, l’encre brute déposée avec finesse.
L’égo ne fait pas partie de ses aspirations, elle utilise les mots pour le plaisir, comme un jeu, se moquant du regard des autres. Rude leçon de vie pour un monde, celui de la littérature, ou les orgueils s’envolent parfois au-delà de la déraison.
Comment approcher une auteure en évitant de la placer en difficulté, tout en refusant la condescendance ou, ce qui me semble plus condamnable, faire preuve de démagogie. Ne pas utiliser la différence pour seule raison d’essayer de créer l’audience. Difficile je vous l’accorde, mais comme le disait si justement l’écrivain « Cyntiade », il faut faire confiance aux rencontres et au destin.
L’interview se déroulant dans les environs de la ville de Béziers, j’avais invité ma consœur Virginie Rouquette (radio Ciel bleu), une chroniqueuse que j’apprécie par la sensibilité et surtout, le professionnalisme. Heureux choix, l’analogie de nos sensibilités fera qu’ensemble nous pourrons nous épauler sans pour autant, chercher la facilité. Échange de regards avant d’inviter l’intervenante, je compris que Virginie cherchait son équilibre. Le micro tremblait un peu au creux de sa main, et son jumeau dansait de la même manière au creux de la mienne. Je dois vous avouer que j’avais un peu la trouille…
Pourquoi ne nous apprend-on pas à donner la main à ceux qui parfois nous surpassent ?
Nous ne le savions pas encore, nous allions vivre des instants particulièrement émouvants. Sans réellement se concerter, nos questions se sont posées telles qu’elles l’auraient été face à n’importe quel écrivain. Nous avions ses écrits, nous les apprécions, il suffisait de changer de rythme sans toutefois favoriser l’intervenante.
Je garde de cette aventure le souvenir d’une rencontre d’exception. J’en garde de l’amertume quand la maman de Mathilde nous confia les rudes batailles à mener pour que les portes s’entrouvrent. Ils ne demandent pourtant pas grand-chose, juste une petite place pour que Mathilde puisse déposer ses œuvres.
Un jour, nous raconte cette femme, une bibliothèque organisait une lecture publique. La maman téléphone pour y inscrire sa fille. Embarrassée, la préposée rétorque qu’ils n’acceptent que des auteurs publiés. Pas de chance pour cette excuse bancale, Mathilde a été publiée. Après quelques hésitations, Mathilde reçoit l’autorisation de participer à une lecture publique. Heureusement, mais la leçon fait mal à la Culture.
Nous avons invité Mathilde à nous lire l’un de ses textes, elle nous a souri, tâtonnes dans le choix qu'elle désire être en harmonie avec l’instant. Sa voix nous a ouvert les portes de l’émotion. Le public qui assistait à la lecture ne cachait pas son bouleversement. Ce n’était pas la différence qui touchait, non, j’ose ne pas le penser, mais les mots, dieu ! que les mots sont beaux !
Voilà, c’est tout, il n’y a rien à ajouter si ce n’est que parfois le temps s’envole. Dans ce cas précis, je lui offre l’espoir qu’il porte les semences pour qu’une artiste soit honorée comme il se doit.
A deux ans, c'est en trébuchant
les bras chargés de fleurs
poussé par les plus grands
que vous vous jetiez sur son coeur.
A quatre ans, c'est en balbutiant
que vous promettiez d'être sage
gentil et obéissant
avec de gros baisers en gage.
A six ans, on est devenu grand
et l'on réclame le silence
à toute l'assistance
pour réciter son compliment.
A dix ans, c'est en secret
que l'on bricole son présent
et l'on est si fier de l'offrir
le coeur battant.
A quinze ans, c'est plus compliqué
on n'est plus un enfant quoi!
alors on est un peu gêné
de céder à son émoi.
Mais que l'on est deux
vingt ou cinquante ans
quand vient le joli mois de mai
le même élan d'amour renaît
pour nos jolies mamans.
Silvana Minchella
À Alain et Jean-Claude
Ce matin, me sentais heureuse
Or demeurais silencieuse.
Je ne chante plus dans la joie
Quand elle me surprend chez moi.
J'ai tenté de voir clairement
La source de mon agrément
Et compris que mon allégresse
Venait d'un regain de tendresse.
Dimanche sera jour de fête;
Sans doute une journée parfaite
Pour les mères qui sont chéries.
Elles seront certes attendries.
Avec orgueil me félicite
D'une suave réussite.
Mes deux fils me font honneur,
Ne négocient pas les valeurs.
11 mai 2018
Surprenant fut ce jour où face à la douleur,
Il semblait lentement succéder aux étoiles du roseau.
Un procédé qu’il avait appelé « l’Arbre qui s’étire ».
Les eaux de cette rivière
reflètent l’image d’un envoûtement éprouvant.
Devant cette insouciance,
jamais il ne put oublier l’égarement ressenti
à travers la lecture de ces livres.
Des livres décrivant le chemin de l’eau vive.
Végétation, nuit, nuages et autres berges,
expression de clairvoyantes retrouvailles.
Julien Boulier le 11 mai 2018 à Ifs
Quand la brise
des souvenirs légers
me ramène
le temps où j’étais enfant
l’instant d’après
je pense à toutes les mains
qu’il a fallu lâcher
au long du chemin
Martine Rouhart
Gaëtan Faucer a le sens (aigu) du dialogue, les répliques se suivent du rac au tac, sur un rythme très rapide – le débit même de sa diction -, le sens aussi de la mise en scène. De plus, sans trop avoir l’air du toucher, car ici, c’est le fantastique qui règne en maître, et le bon sens est bousculé souvent, mais on s’ y fait, on s’y fait, la critique de notre monde n’en est pas absente. On rit jaune, parfois, on est époustouflé, ébouriffé, mais ça marche, ça marche, et ça court souvent.
Cinq pièces courtes (la triangulation?) dont voici un extrait, tiré de la première, Q.I.:
Elle: Désolée, j’ai assez entendu, ça suffit. Je dois vous éliminer, telle est ma mission. (ne l’écoutant plus. C’est tout de même une triste fin pour un homme si instruit. A jamais, Martin Owierghem (elle claque des doigts).
(La pièce plonge dans le noir, Martin Owierghem crie, des bruits étranges s font entendre. Des coups portés contre les parois, d’autres au sol. Lorsque la lumière revient, il est par terre, inerte. Elle demeure impassible comme si elle n’avait pas bougé, pas fourni le moindre effort. Elle frappe à la porte. Le docteur vient lui ouvrir).
De même, la fin de Sacrée rencontre:
L’ange noir:: Ben non, c’était ça la raison de notre présence ce soir…C’est le grand jour pour toi. Le Grand Départ, quoi! Allez, plein aux As, suis-nous…tu auras des comptes à régler là-haut!
L’ange blanc: C »était en effet pour votre bien que ma présence était nécessaire.
Pierre: Le jour de mon annivers…(à peine audible) Non…
L’ange noir: Navré mec, nous ne faisons qu’obéir aux ordre de…(il plante son index vers le plafond)
(Les deux anges le prennent par la taille, ce dernier est complètement dépité. Ils sortent. Le noir se fait progressivement).
Et ainsi, d’une pièce alors, sur un rythme accelerando, des épisodes pleins d’absurde, de cris et de fureurs…Il faut s’y laisser prendre.
Joseph Bodson
À mes amis Belges
Serrement de coeur et colère,
Sens l'indignation m'envahir,
Subis l'impulsion de haïr
La criminelle fausse mère.
La nature, incompréhensible,
Rend des êtres exceptionnels,
Les comble d'atouts personnels
Puis, à son gré, les prend pour cible.
Les amoindrit, les défigure,
En fait de malheureux perdants
Ou les pousse dans le néant
Qui éternellement perdure.
Maurane votre chanteuse aimée,
Attendrissant par sa douceur
Ou provoquant des coups de coeur,
Sera absente désormais.
Mais bien présente, virtuelle,
Emplie d'une intense énergie.
Les miracles de la magie
Changent les donnes existentielles.
Apaisée vais me recueillir.
Dangereuse est la vie sur terre,
Abondent les maux qui atterrent.
Nul n'est assuré de vieillir.
8 mai 2018