Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Publications en exclusivité (3146)

Trier par

Les magiciens que l'on cotoie

Songerie

Selon une ancienne croyance,
L'enchanteur Merlin, tel un dieu,
Avait un pouvoir prodigieux.
Rendait active l'espérance.

Cet éblouissant personnage,
Était l'unique magicien,
Créait ou défaisait des liens,
Ne proférait pas de présages.

Comment aurait-on soupçonné
L'énergie des forces réelles
Circulant à l'ère nouvelle?
Par soi, l'on est impressionné.

Sont devenus des magiciens,
Ayant plus ou moins d'envergure,
Des êtres épris d'aventure,
Artistes ou mathématiciens.

La réussite rend friand.
Peut fasciner le savoir - faire.
Aller plus loin, la belle affaire!
Mieux vaut le dire en souriant.

30 avril 2018

Lire la suite...

 12273284664?profile=originalSous l’aspect romanesque, l’auteure Sandrine BIYI approche la vie des « Agenais » avec une sensibilité rarement égalée.

Si j’étais porté sur l’ésotérisme, je me poserais la question si l’auteur n’avait puisé son inspiration au cœur de son vécu. Soyons sérieux, bien que son récit décrive admirablement les prémices d’une catastrophe inique, elle le fait avec un regard des plus intéressants. Jamais je n’ai lu, jusqu’à ce jour, un récit se rapprochant de la réalité osant confronter les légendes à la logique du bon sens.

Ce récit est écrit d’une plume légère, entendez par là, qu’elle offre un juste rythme afin de vous porter sans jamais vous essouffler. Certes, je vous l’ai écrit, nous approchons l’histoire, mais cette approche nous donne envie de mieux connaître l’authenticité, de combler nos lacunes et surtout, oui surtout d’éveiller nos sens à la réflexion.

12273284292?profile=original« Cathares » compte un peu moins de quatre cents pages… C’est beaucoup et peu à la fois. Ce livre se lit sans contrainte et, tel un compagnon, vous offre la main pour une aventure comme je les aime. J’avoue que l’on peine à briser ce lien pour d’autres occupations. Plus qu’une lecture c’est un apprentissage et pour cause, Sandrine Biyi est passionnée d’histoire et ses écrits partagent cette passion.

Le nombre d’ouvrages consacrés à la « croisade des albigeois » (entendez par là, la croisade contre les albigeois) n’est plus à dénombrer. On y découvre parfois n’importe quoi probablement en raison de la complexité du sujet. Je ne me permettrai pas de vous offrir une leçon d’histoire pour raison que je n’en ai pas la compétence cependant, je vous invite à vous interroger sur les raisons qui ont poussé une partie des seigneurs Français à commettre un génocide à l’encontre de leurs compatriotes.

« Cathares » de Sandrine Biyi pourrait vous guider vers une autre vérité que celle ânonnée sans fondement, car cette fiction puise sa force au cœur du bon sens. J’adore la France et j’aime nos voisins français pour la diversité de ses régions et la gentillesse de la majorité de ses habitants. Il y a tout de même des détails qui me font lever le sourcil comme, par exemple, cette anecdote don je fus le témoin.

- Cela se passait dans une coopérative située à un jet de pierre de Carcassonne. Alors qu’un couple d’Anglais s’apprêtait à passer commande de quelques caisses issues de la dernière vendange, que moi-même petit Belge venais acheter du vin pour les visiteurs saisonniers, la vendeuse proclama sans que l’on n’en comprenne la raison « il ne faudrait pas oublier que je suis Française et que je suis ici chez moi. »

La logique serait imparable si la diatribe de la commerçante répondait judicieusement à une remarque ou provocation cependant, dans le cas précis, sauf erreur de ma part, la réflexion ne semblait s’appuyer que sur le besoin d’affirmer son appartenance ethnique. Je ne vous cacherai pas que d’entendre ce genre d’affirmation au cœur du pays occitan, me donne la chair de poule en raison de l’Histoire de la région. Le nombre de victimes tombées sous le règne du pape Innocent III n’a jamais pu être dénombré avec précision. Le Pape et le roi de France, armant les Seigneurs du Nord, porteront le glaive, le feu et les larmes dans une contrée qui en toute logique était sous protection de la couronne.

Pas une pierre n’a oublié la folie qui s’étendit sur la région. La terre se souvient du sang des innocents, des cendres émanant des buchers. Le vent porte encore les échos des hurlements poussés par les femmes, les enfants et les hommes que l’on brulait vivants. Voilà pourquoi les mots devraient être réfléchis avant d’être prononcés. Rien n’est innocent (jeu de mots), les fantômes le savent, les vivants l’oublient par bêtise ou maladresse. Non, il n’y a pas de mort qui se mérite, pas même sous la bénédiction papale même si l’innocence fait partie de son nom. Devant tant de brisures tolérance devient médication, la commerçante avait oublié sa leçon, je n’ai rien dit, j’ai déposé le vin et tourné mon visage vers d’autres horizons. Mon argent fut en quelque sorte le symbole de ma protestation en hommage aux milliers d’innocents massacrés dans la région.

Pour conclusion permettez moi d'exprimer ma reconnaissance : merci Sandrine Biyi.

Lire la suite...

La peinture belge depuis le XIXe siècle

Le dix-neuvième siècle engendre dans nos régions une production impressionnante d'oeuvres d'art. Leur classification en écoles et en courants est souvent plus difficile qu'au vingtième siècle. Pourquoi ? Ce n'est pas le manque d'intérêt des arts de cette époque qui en est cause: les catalogues des multiples ventes aux enchères et des galeries en témoignent. Mais, dans nos musées, la part du dix-neuvième siècle est médiocrement représentée. Cette situation freine les recherches de l'amateur d'art désireux de se repérer dans le dédale des ateliers, des groupes et des cercles. Le sujet en outre n'a guère suscité de littérature récente. On doit donc en appeler aux critiques du temps, tels Victor Joly, August Snieders, Camille Lemonnier et Jules Du Jardin et, plus tard, Gustave Vanzype, Sander Pierron et Paul Fierens.
En vérité, un panorama contemporain qui pourrait prétendre à l'exhaustivité fait cruellement défaut. Certes, il existe des informations hétéroclites dans le Dictionnaire des peintres belges nés entre 1780 et 1875, de P. et V. Berko, ainsi que dans d'autres ouvrages de cette galerie concernant l'égyptomanie, les marines, les fleurs et les animaux du dix-neuvième siècle. Les publications muséales en fournissent aussi, notamment dans Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, 275 ans d'enseignement (1987) et 1770-1830, Autour du Néo-Classicisme en Belgique (1985). La situation ne s'améliore que pour la fin du siècle, avec ce qui concerne le groupe des XX*, qui bénéficie de synthèses aussi bien que de monographies (Jean Delville, James Ensor, Henri Evenepoel, Willy Finch, Fernand Khnopff, Georges Lemmen, Constantin Meunier, Theo Van Rysselberghe).

La peinture en Belgique avant 1830

L'occupation et l'annexion françaises furent une catastrophe pour notre patrimoine artistique. Les autorités autrichiennes ne furent pas seules à ordonner, mesure préventive mais définitive, le transfert de trésors artistiques, à commencer par "le Trésor de Bourgogne". Les révolutionnaires français pillèrent de même nos provinces, ponctionnées déjà à maintes reprises, et cette fois à une échelle sans précédent. Il s'agissait surtout d'art ancien, du Moyen Age et du Baroque, donc de pièces capitales pour l'histoire nationale: elles ne furent qu'en partie rapatriées, ceci après la chute du régime napoléonien.
On peut se demander également si le contexte général ne s'avéra pas non plus nuisible à la création de l'époque tant Paris offrait alors de possibilités. Ainsi, en 1771, le brugeois Joseph-Benoît Suvée (1743-1807) y obtint le Grand Prix, aux dépens de Jacques-Louis David (1748-1825). En effet, comme Bruges n'était pas encore française, il déclara être originaire d'Armentières et grâce à cette fausse déclaration, il accomplit une carrière magnifique: il fut le premier directeur de l'Académie française à Rome, et sa dépouille fut solemnellement déposée au Panthéon (1807). La chose impressionna: maints jeunes gens partirent à Paris chercher la renommée. Quelques-uns y réussirent. François-Joseph Kinsoen (1772-1839), brugeois lui aussi, devint peintre à la cour de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. Le sculpteur liégeois Henri-Joseph Rutxhiel (1775-1837) devint un des portraitistes de Napoléon et de sa famille, mais fit aussi les bustes du tsar, de l'amiral Wellington et de Louis XVIII. Joseph-Denis Odevaere (1775-1830) eut la commande de deux scènes historiques pour le siège du pouvoir à Rome, actuellement le Quirinal. L'anversois Mathieu-Ignace Van Brée (1773-1839) peignit en 1811 la monumentale Entrée de Napoléon à Amsterdam. Paris était devenue la porte du monde. Le gantois Pierre Van Hanselaere (1786-1862) fut nommé directeur de l'Académie de Naples, où enseignait l'anversois Simon Denis (1755-1813). D'autres, par contre, choisirent de tenter la chance à Londres, comme Jean Antoine De Vaere (1754-1830), et même en Russie, cas de Joseph Camberlain (1756-1821). Les spécialistes bien formés abondaient sur le territoire belge: les peintres de genre et de fleurs étaient connus même à Paris, tels les frères Redouté, peintres de fleurs, Jacques Albert Senave (1758-1823) de Lo, peintre de genre, Pierre-Joseph Sauvage (1744-1818) de Tournai, spécialiste du trompe-l'oeil.
Quand l'Empire s'écroula, le régime hollandais contrôla tout le pays. Ses inclinations allaient au néo-classicisme toujours en vigueur. Cependant, parallèlement, augmentait l'intérêt envers l'art national, expression d'une nouvelle identité, oui, mais reflet aussi d'une tradition. Le retour de Paris d'une série de chefs-d'oeuvre et d'archives pesa sans doute beaucoup. Guillaume II, souverain de l'éphémère royaume uni des Pays-Bas (1815-1830), soutenait efficacement la culture belge, mécénat très peu perçu. La plupart des auteurs en parlèrent le moins possible, afin de magnifier l'image nationale et bien qu'il s'agisse d'artistes et de thèmes issus d'un passé commun.
Durant cette période, le grand exilé français Jacques-Louis David oeuvra à Bruxelles de 1816 à sa mort, en 1825. Son influence fut considérable, notamment sur notre compatriote François-Joseph Navez (1787-1869), qui transmit les idées de Jacques-Louis David dans ses cours à l'Académie de Bruxelles. Joseph Paelinck(1781-1839), un des premiers élèves de Jacques-Louis David, après avoir travaillé dans son atelier parisien, devint peintre à la cour de la reine de Hollande. Il ne fut pas le dernier belge à oeuvrer dans le Nord. Un anversois, Jacques-Joseph Eeckhout (1793-1861), orfèvre et peintre, emménagea à La Haye en 1831 et dirigea l'Académie municipale en 1839. Un exploit pour quelqu'un qui avait collaboré avec Gustave Wappers (1803-1874), peintre belge patriotique de sujets historiques !

La peinture belge après 1830

La révolution de 1830 ne marqua sûrement pas un tournant dans le développement de l'art du dix-neuvième siècle. Car le jeune Etat belge voulut, à son tour et grâce à l'art, affirmer son identité en exploitant la tradition historique. La peinture historique, qui était propagande politique et genre intéressant, devint ainsi pour deux générations durant expression artistique attitrée et produit d'exportation. Elle glissa ensuite dans l'oubli.
Gustave Wappers, après avoir reçu une formation néo-classique à Anvers, puis à Paris, découvrit le romantisme. Il exposa en 1830 au Salon de Bruxelles La Capitulation du bourgmestre Van der Werff, oeuvre tout de suite considérée comme manifeste politique. Il semble qu'on aît alors oublié que le maître de Gustave Wappers, Mathieu-Ignace Van Brée, avait peint le même sujet en 1817 pour le prince d'Orange, à savoir une scène du siège espagnol de Leiden. Gustave Wappers, mieux inspiré dans les scènes romantiques et anecdotiques, obtint ainsi plusieurs commandes officielles, dont Les Jours de septembre 1830. Nicaise De Keyser(1813-1887) peignit La Bataille des Eperons d'Or et La Bataille de Woeringen. Henri de Caisne (1799-1852) brossa Le Compromis des Nobles. Louis Gallait (1810-1887) présenta à la même époque L'Abdication de Charles V et Le Dernier hommage aux comtes Egmont et Hornes. Or le grand tableau de Louis Gallait, La Peste à Tournai, ne vaut pas La Révolte de l'enfer et Patrocles d'Antoine Wiertz (1806-1885), peintre talentueux et ambitieux. Antoine Wiertz souhaitait égaler, voire éclipser les plus grands, dont Rubens, lutte perdue d'avance et plutôt ridicule. L'Etat belge le soutint en lui offrant un vaste atelier. Cet exemple illustre à quel point les autorités entendaient promouvoir l'identité artistique nationale: le jugement négatif des critiques parisiens à l'égard de Antoine Wiertz ne fut pas le handicap attendu mais la cause de multiples avantages !
La peinture historique de ce siècle connut plus tard un prolongement intéressant, hélas disparu: les panoramas. Ces toiles géantes, représentant à la fois de grands événements et des scènes exotiques, étaient installées dans des rotondes. Deux compagnies bruxelloises, animées par les agents boursiers Jourdain et Duwez-Marlier, régissaient un marché européen assez lucratif via leurs filiales. Elles imposaient aussi leurs dimensions, le standard étant 14 mètres sur 40 mètres, exactement comme trois quarts de siècle plus tard, les studios de dessin belges définirent la taille des bandes dessinées européennes.
Pour ces oeuvres qui devaient être les chefs-d'oeuvre de la peinture illusionniste, on engagea des artistes capables de couvrir une vaste toile en peu de temps, tels les français Charles Castellani et Alphonse de Neuville, l'allemand Anton von Werner, le néerlandais Willem Mesdag et chez nous, e.a. Charles Verlat (1824-1890) et Emile Wauters (1846-1933), avec e.a. Le Panorama du Caire, sans compter une foule de collaborateurs demeurés anonymes. Alfred Stevens (1823-1906) aida Henri Gervex pour Le Panorama du Siècle destiné à l'Exposition universelle de Paris de 1899. La critique contemporaine dédaigna cette expression artistique liée à une photographie en plein essor. C'est Alfred Bastien (1873-1955) qui effectua les derniers panoramas en Belgique, Le Panorama du Congo (1913), avec la collaboration de Paul Mathieu (1872-1932), et Le Panorama de l'Yser (1921). Il n'en reste que des fragments, ce qui est bien regrettable, ces mass-média annonçant en quelque sorte le film à grand spectacle.

Existence quotidienne

Ceux qui pratiquaient la peinture de genre n'emportèrent pas tout de suite de succès. Ils prolongeaient la tradition commencée et développée aux seizième et dix-septième siècles. Cette règle se maintint, en dépit du romantisme. Leur art traditionaliste fut à la base de nombreuses fraudes présentant des copies du dix-neuvième siècle comme des originaux du dix-septième siècle . Le collectionneur doit s'en méfier. Le grand public les appréciait et il en est toujours ainsi. Avec la peinture historique, cette peinture de genre contrebalance les innovations du dix-neuvième siècle, à savoir les tendances réaliste, naturaliste, impressionniste et symboliste et, même au vingtième siècle, elle constitue encore et toujours l'antinomie de l'avant-garde, à ceci presque que c'est cette dernière qui accapare maintenant le devant de la scène.
Il faut donc dans l'esprit du dix-neuvième siècle distinguer entre ce genre envahissant et le réalisme débutant. L'aspect anecdotique et romantique en est la clé. Les intentions sentimentales et pittoresques, caractéristiques du genre, cédèrent lentement la place à l'observation de la réalité, en fonction vraisemblablement des tempéraments artistiques, car ce siècle ne manqua pas d'artistes audacieux. Certains allèrent jusqu'à récuser un enseignement académique sclérosé et eurent souvent quelque peine à se faire un nom dans le monde artistique. Et pourtant, ce marché offrait davantage d'opportunités que par le passé puisqu'il touchait un public considérablement élargi. Mais ces acheteurs potentiels, plus nombreux qu'auparavant, demeuraient tributaires de l'évolution accélérée des modes et des goûts.
Dès le début du siècle, les grands Salons furent organisés à Bruxelles, Anvers, Gand et Liège. On y montrait une quantité impressionnante d'oeuvres, accrochées en longs alignements sur toute la hauteur des cimaises. Il n'était pas très difficile de participer à ces manifestations. Il l'était davantage d'obtenir un bon emplacement. Car le jury favorisait ses semblables, artistes eux aussi établis, qui incarnaient des valeurs sûres. Comment des jeunesgens auraient-ils pu admettre un système qui les rejettait ou qui les reléguait ?
Dès le milieu du siècle, la ville et ses académies perdent leur attrait. Plusieurs jeunes artistes emménagent à la campagne non pour peindre des scènes pittoresques, mais pour dévoiler la nature au travers des saisons et des travaux villageois. Il ne leur fallait pas aller loin. C'est ainsi qu'apparut en 1846 un petit atelier dans les prés de Schaerbeek, derrière le Jardin botanique: six peintres y travaillent dans ce nouvel esprit. Quelques années plus tard, d'autres jeunes intégrent cet Atelier Saint-Luc fondé par Tony Voncken, Louis Dubois (1830-1880), Léopold Speeckaert (1834-1915), Charles Hermans (1839-1924), Félicien Rops (1833-1898), Armand Dandoy (1834-1898), Jules Raeymaekers (1833-1904) et même Constantin Meunier (1831-1905). Ce lieu dont l'ambiance était fort joyeuse constituait une sorte d'académie libre.
Vingt ans après - en 1868 - une association plus durable fut fondée, La Société libre des Beaux-Arts*. Outre quelques membres de l'Atelier Saint-Luc, y figurent Louis Artan (1837-1890), Théodore Baron (1840-1899), Joseph Coosemans (1828-1904), Louis Crépin (1828-1887), Marie Collart(1842-1911), Edouard Huberti (1818-1880), Eugène Smits (1826-1912), Théodore T'Scharner (1826-1906), Henri Van der Hecht (1841-1901), Camille Van Camp (1834-1891), Alfred Verwée (1838-1895), ainsi que des artistes plus âgés, tels Paul-Jean Clays (1817-1900) et Jean-Baptiste Robie (1821-1910). Il y avait même des membres d'honneur étrangers: C. Corot, J.-F. Millet, H. Daumier, G. Courbet, Ch. Daubigny, J.-L. Gérôme, E. et J. Breton, Alfred Stevens (1823-1906) qui, lui, résidait déjà à Paris, W. Maris et C. Rochussen. Ils voulaient à la fois produire une oeuvre intègre - donc sans effets spéciaux - et accéder aux milieux artistiques officiels. Concilier les deux objectifs n'avait rien d'évident. Le premier effet de leur lobbying fut l'attribution, au Salon de Bruxelles de 1869, d'une Médaille d'Or à l'artiste indépendant et non-académique qu'était Hippolyte Boulenger (1837-1874).
Cette inspiration exempte de théorie avait impressionné l'étranger lors de l'Exposition universelle de Londres, en 1862, comme en témoignent les commentaires de l'époque. Cela concernait tout particulièrement les oeuvres de Charles Degroux (1825-1870), Liévin De Winne (1821-1880), Joseph Stevens (1816-1892), Alfred Stevens (1823-1906), Edouard Huberti (1818-1880), Edmond De Schampheleer (1824-1899), Alfred de Knyff (1819-1885), Paul-Jean Clays (1817-1900), Jean-Baptiste Van Moer (1819-1884). Les artistes belges semblent accorder peu d'attention aux théories artistiques ou, quand ils en ont, elle fléchit vite. Cela n'a jamais empêché la créativité individuelle. Mais complique singulièrement la classification de leurs productions à l'intérieur des schémas internationaux. Il est rare qu'un peintre belge incarne pleinement une conception ou une tendance. Néanmoins, pareil repérage importe aux connaisseurs, et cela vaut dans le monde entier.
Le réalisme naquit partiellement à l'écart des villes, ou, plus précisément, de l'existence urbaine artistique, académique et officielle. Tervueren répondait à ce critère. Là, de jeunes artistes concrétisaient leur idéal. Mais Tervueren était déjà connu comme résidence royale. Joseph Coosemans (1818-1904) y fut secrétaire communal avant de s'engager dans la peinture. La démarche est semblable, mais plus tard, chez un Albijn van den Abeele (1835-1818) à Laethem-Saint-Martin. Joseph Coosemans apprit beaucoup des peintres qui oeuvraient au village, dont Théodore Fourmois (1814-1871). La venue d'Hippolyte Boulenger (1837-1874), qui rejoignit Alphonse Asselbergs (1839-1916), Jules Raeymaekers (1833-1904) et Jules Montigny (1840-1899), augmenta le renom artistique de la commune. La critique le constata vite et, bien qu'on ironisa sur "l'Ecole" de Tervueren, on reconnut jusque dans les Salons que là était la modernité picturale. La mort inattendue de Hippolyte Boulenger en 1874, à l'âge de 37 ans, n'entrava pas l'évolution. Nul ne saura ce que Hippolyte Boulenger, comme d'autres qui décédèrent fort jeunes, tels Edouard Agneessens (1842-1885), Henri Evenepoel (1872-1899) ou Rik Wouters (1882-1916), aurait pu accomplir.
Tervueren, la Vallée Josaphat à Schaerbeek, le Rouge-Cloître à Auderghem devinrent ainsi une halte obligatoire pour les artistes, tandis qu'au sud de Bruxelles, Boitsfort, Uccle, Linkebeek et Beersel drainaient de plus en plus de peintres. L'exode urbain avait commencé. Les peintres de Tervueren, comme beaucoup d'autres, allèrent explorer le littoral (Heist, Knocke) et la vallée de la Meuse (Anseremme). En même temps, la Campine, un paysage naturel séduisant puisqu'à l'époque encore vierge, attira de nombreux peintres. Tous ne venaitent pas de Tervueren. Isidoor Meyers (1836-1916) et Jacques Rosseels (1828-1912) appartenaient à l'Académie de Termonde, mais fréquentaient surtout les peintres anversois du cercle Als Ik Kan* (Comme je peux). Avec Adriaan-Jozef Heymans (1839-1921), ils avaient peint à Kalmthout. Un autre membre du cercle, Franz Courtens (1854-1953), y travailla également et donna libre cours aux jeux de lumière. C'est par conséquent dans ces parages que surgirent de minuscules colonies d'artistes: Wechelderzande qui hébergea Flor Crabeels (1829-1896), puis Henry van de Velde (1863-1957); Mol avec Jakob Smits (1856-1928); d'autres encore.
Un des sites qui deviendra animé et réputé d'ici quelques années fut Laethem-Saint-Martin. Au début, ce sont des élèves de l'Académie de Gand qui y emménagent. Ils relèvent davantage du réalisme que de l'impressionnisme. L'arrivée du poète Karel Van de Woestijne et de Georges Minne (1866-1941), après une période bruxelloise intense, orienta la jeune colonie: elle devint une annexe du symbolisme urbain, perceptible dans l'oeuvre de Gustave Van de Woestyne (1881-1947) et, quelquefois, dans celui de Valerius De Saedeleer (1867-1941). La région de la Lys devint ainsi le point où convergeaient symbolisme et luminisme - Emile Claus (1849-1921) - et expressionnisme débutant, avec Albert Servaes (1883-1966). Son rayonnement gagna ensuite Etikhove.
Au même moment, déferlait une seconde vague d'innovateurs: Bruxelles, 1883. La Société libre des Beaux-Arts, Les XX* en étaient cause. Ce cercle était restreint. Les différentes tendances artistiques de la fin du siècle y cohabitaient. Réalistes, naturalistes, impressionnistes, pointillistes et symbolistes présents dans une seule organisation, cela ne pouvait qu'entraîner des heurts. Mais Les XX* surent organiser des expositions fondamentales. Elles réunissent les grands maîtres belges et étrangers. Et pourtant, certains membres des XX demeurèrent dans l'ombre, aujourd'hui comme hier: Achille Chainaye (1862-1915), Jean Delvin (1853-1922), Charles Goethals (1853-1885), Frans Simons (1855-1919), Gustave Vanaise (1854-1902), Frantz Charlet (1862-1928), Willy Schlobacht (1964-1951), Rodolphe Wytsman (1860-1927), Henry De Groux (1866-1930) et Robert Picard (1870-1941).
Dans cette année 1883, fut fondé à Anvers un cercle de jeunes artistes Als Ik Kan, (Comme je peux) auquel appartint Henry van de Velde (1863-1957) avant d'être intégré aux XX* en 1888. L'historiographie n'a retenu que ceux ayant accédé à la notoriété. Il est possible que le goût des contemporains aît été moins tranché . Il est frappant par exemple de voir Anna Boch (1848-1936), peintre, acquérir à l'exposition des XX* en 1889 simultanément un tableau d'Henry De Groux (1866-1930) et un autre de Vincent Van Gogh, cela au moment ou presque où Henry De Groux quittait les XX (1890), furieux que ses toiles jouxtent celles du Hollandais.
Cette année-là, naquit à Anvers un jeune cercle encore plus représentatif que Als Ik Kan: Les XIII. L'histoire de ces nombreux groupes artistiques est toujours à écrire et réserve maintes surprises, assurément.
On exagérerait quelque peu en opposant le symbolisme plutôt urbain, avec e.a. Fernand Khnopff (1958-1921), Xavier Mellery (1845-1921), William Degouve de Nuncques (1867-1935) et Jean Delville (1867-1953), à l'art social développé surtout hors des cités. En fait, pendant plus d'une génération, les deux tendances ont cohabité, réalité que masque la classification en fonction des grands courants de peinture: il y eut parallélisme et non pas succession chronologique.
L'art social belge, qui jouit d'une renommée mondiale, repose dans cette seconde moitié du siècle sur l'étude de la nature et de ses composantes. L'industrialisation du pays, le développement des ports, l'intensification de l'agriculture fournissent autant de sujets révélateurs des conditions de vie, y compris de l'exploitation de l'homme par l'homme. L'art social ne constitue pas un genre à lui seul. Il donne lieu à une interprétation réaliste ou naturaliste, e.a. avec Constantin Meunier (1831-1905), Léon Frédéric (1856-1940), Emile Claus (1849-1924), Frans Van Leemputten (1850-1914), Guillaume Van Strydonck (1861-1937), Théodore Verstraete (1850-1907), James Ensor (1860-1949) et Eugène Van Mieghem (1875-1930). On retrouve ces thèmes dans le symbolisme de Xavier Mellery (1845-1921) et d'Henry De Groux (1866-1930) comme dans l'expressionnisme du vingtième siècle, avec Eugène Laermans (1864-1940), précurseur en la matière, et Constant Permeke (1886-1952), et, bien sûr, dans le réalisme social des années vingt. Même l'art qu'aimait la bourgeoisie cultivée des années 1900, l'Art Nouveau, renferme plus d'un élément emprunté au vérisme social, ce qui n'a rien de surprenant, puisque cet art fut principalement acheté et soutenu par les riches industriels.
Si l'art social dénonçait les aspects sordides de la collectivité, une autre tendance exprimait, elle, le côté trouble de l'individu. Plusieurs artistes se préoccupèrent de mystérieux et de fantastique. Ce sont les décors sombres de Xavier Mellery, la poésie nocturne de ses béguinages ou de ses cimetières, la mort déguisée ou présente que suggèrent James Ensor puis Jules De Bruycker (1870-1945), les visions fantastiques d'Henry De Groux. Dans ses aquarelles représentant des paysages et des intérieurs aux effets de lumière inattendus, Leon Spilliaert (1881-1946) pose un regard halluciné sur des boîtes en carton, des portions de plage, leur conférant une apparence déconcertante. Ses travaux ultérieurs traduisent aussi une quête de l'étrange. Ce genre perdura au vingtième siècle dans l'oeuvre des peintres d'églises et de béguinages, tel Alfred Delaunois (1875-1941) et même de Felix Timmermans (1886-1947), du moins dans ses illustrations.

La peinture de la Belle Epoque

La période 1883-1914 fut très féconde. Elle engendra plusieurs nouveautés. Du Congo Belge arrivaient des matériaux rares et précieux (ivoire, bois exotiques) qu'utilisèrent les artistes, e.a. Charles Van der Stappen (1843-1910) et Philippe Wolfers (1858-1929). Ce n'est qu'un exemple. Plusieurs styles se côtoyaient. La sculpture monumentale s'épanouit avec Jules Lagae (1862-1931. La photographie accédait lentement au statut d'art. Bruxelles et Anvers étaient considérées comme des places d'art internationales. Elles regardaient vers Paris, mais également et presque autant vers l'Allemagne et l'Angleterre. Ainsi les artistes belges exposaient de Vienne à Londres, de la Finlande à l'Italie.
Pour les jeunes artistes qui avaient fui la sophistication de l'Art Nouveau bruxellois en allant vers Boitsfort, Uccle, Linkebeek et Beersel, Paris était une référence tout comme le furent James Ensor et Auguste Oleffe (1867-1931). Quand Ferdinand Schirren (1872-1944) revint au pays (1907), après avoir fréquenté les fauves français, il demeura isolé des années durant. Pourtant, il annonçait le Fauvisme brabançon des années 1910.
Un cercle artistique ne surgit pas du néant. Il lui faut des partisans, des acquéreurs. Bruxelles comptait plusieurs brasseurs fort aisés, mais, seul, François Van Haelen collectionna l'art moderne en achetant e.a. des oeuvres de James Ensor, Willy Finch (1854-1930), Jean Degreef (1852-1894) et Périclès Pantazis (1849-1884). Son assistance, sa sympathie des jeunes artistes attirèrent à Beersel de plus en plus des peintres. En outre, une galerie importante, la Galerie Georges Giroux, axa sa politique sur la découverte des jeunes talents. Elle obtint ainsi une audience qui rejaillit sur les fauvistes débutants, souvent autodidactes. Rik Wouters (1882-1916) devint la vedette de cette galerie. L'application de couleurs vives, décalées par rapport à la nature, séduisit de nombreux artistes: Charles Dehoy (1872-1940), Jean Brusselmans (1884-1953), Willem Paerels (1878-1962), Anne-Pierre de Kat (1881-1968), Pierre Scoupreman (1873-1960), Jos Albert (1886-1981), Médard Maertens (1875-1946), Félix De Boeck (1898-1995) et, hors Bruxelles, Georges Vantongerloo (1886-1965), Paul Joostens (1889-1960), Floris Jespers (1889-1965), bref, tous ceux qui allaient constituer les avant-gardistes. Là aussi, le chantier est ouvert quant à l'étude du Fauvisme brabançon.

La peinture entre la première guerre et l'avant-garde

Les années dix furent cruciales à maints égards et celles de la guerre importèrent autant que les précédentes. Le conflit mondial ne décima pas vraiment les jeunes artistes, grâce à une stabilisation relativement rapide du front de l'Yser et aux possibilités de fuite qu'offraient la Hollande et l'Angleterre durant la phase de négociations. Frits Van den Berghe (1883-1939), Gustave De Smet (1877-1943) et d'autres découvrirent ainsi l'expressionnisme aux Pays-Bas. Rik Wouters y trouva la consécration peu de temps avant de mourir. Gustave Van de Woestyne (1881-1947), Georges Minne (1866-1941), Léon De Smet (1881-1966), Emile Claus (1849-1924), Hippolyte Daeye (1873-1952), Constant Permeke (1886-1952), d'autres enfin partirent avec eux pour l'Angleterre, où ils pourraient exposer et évoluer, cas de Léon De Smet (1881-1966) et de Constant Permeke, et travailler en toute liberté, comme Emile Claus.
Il est étrange que l'oeuvre des exilés ait éclipsé l'oeuvre des artistes restés à combattre sur l'Yser. Celle-ci demeura en effet assez confidentielle. Il l'est aussi que tant d'oeuvres, et d'oeuvres colorées, aient été produites au contact du front. La Belgique n'avait pas de peintres militaires officiels et ne possédait aucune tradition dans ce domaine. On ignore si la présence de quelques volontaires plus âgés, pratiquant la peinture, tels Alfred Bastien (1873-1955), Maurice Wagemans (1877-1927), Médard Maertens (1875-1946), Anne-Pierre de Kat (1881-1968) - d'ailleurs de nationalité néerlandaise ! - , Fernand Allard L'Olivier (1883-1933), et d'autres, a inspiré l'Etat-Major. Le fait est que 1916 vit l'instauration d'une compagnie de peintres, dite Section Artistique*, groupant des peintres de tout âge. Leur mission consistait à représenter des scènes de guerre. Elle était aussi de noter les lignes ennemies et de camoufler, e.a. les postes d'artillerie. La confrontation avec une expérience sans équivalent - un paysage quasi lunaire, tout à fait déchiré, un ennemi invisible mais perceptible, la lumière des explosions et des fusées - engendra des oeuvres sans structure logique ou, plutôt, dans lesquelles les structures étaient remplacées par de fulgurants contrastes de couleurs. L'intensité du choc explique que certains peintres, dont Achiel Van Sassenbrouck (1886-1979), Marc-Henri Meunier (1873-1922), Alfred Bastien, Léon Huygens (1876-1918) et André Lynen (1888-1984), aient accouché de leurs meilleures oeuvres dans les plaines boueuses de l'Yser. Il est à relever que l'expression avant-gardiste ne s'y imposa pas: l'observation directe était prioritaire. Cet objectif explique que des peintres amateurs tout à fait ou presque anonymes aient produit des oeuvres de petit format dont la qualité surprend parfois. La guerre brassa également les gens. Ce fut le cas de Médard Maertens qui y rencontra une jeune infirmière, Marthe Guillain (1890-1974). Elle devint son épouse et s'engagea résolument au service de l'art.
L'Occupation compliquait le quotidien. Elle n'étouffa pas l'enthousiasme des jeunes artistes retenus en Belgique. Anvers vit éclore de nouvelles techniques, e.a. celles qui exploitaient le papier coloré, au sein d'un cercle d'artistes réunis autour de Paul Joostens (1889-1960) et de Georges Vantongerloo (1886-1965) qui commença comme fauviste, avec Jozef Peeters (1895-1960) et Edmond Van Dooren (1895-1965). L'oeuvre majeure du groupe est un collage monumental dû à Paul Joostens. Cette oeuvre sans titre fut peut-être le plus grand collage alors effectué en Europe. Les contacts avec l'avant-garde étrangère d'avant guerre, e.a. Berlin et Paris, continuèrent et aboutirent à un véritable courant avant-gardiste, d'abord à Anvers, puis à Bruxelles, une fois conclu l'armistice de 1918.

La modernité d'après guerre

La fin des années dix ouvrit d'un coup plusieurs pistes: Dada, l'avant-garde abstraite, l'expressionnisme, le surréalisme. La génération des fauvistes brabançons qui avait participé à la guerre avait perdu leur figure de proue, Rik Wouters, et constatait que le monde avait changé. Le grand public ne s'intéressait pas à l'art de guerre: on voulait oublier le drame aussi vite que possible. L'inspiration fauve, elle, s'était ternie dans les tranchées. L'expressionnisme plut à la clientèleen raison du zèle de ses amateurs, à commencer par A. De Ridder et P.-G. Van Hecke. Ils éditèrent en outre quelques revues qu'ils surent diffuser, comme Sélection et Variétés. Les tenants des couleurs sombres chassèrent ainsi, sinon du marché, du moins de l'attention des critiques, les peintres de marines parfois conventionnelles mais très colorées, dont Théo Blickx (1875-1963), le maître de Rik Wouters, et Paul Cauchie (1875-1952).
Le succès de l'expressionnisme flamand coïncida avec le succès international de l'Art Déco, aux dépens des mouvements d'avant-garde qui l'avaient nourri. Au plan de la qualité, les artistes qui démarquaient le cubisme français ou tendaient vers l'Art Déco n'avaient pas la force brutale de Constant Permeke, de Gustave De Smet ou d'autres membres de l'Ecole de Laethem. Laethem et ses environs, où travaillaient aussi des luministes réputés, devint la Mecque du nouvel art. Il faut souligner que la bourgeoisie francophone de l'époque préférait les artistes de ce village flamand à leurs épigones français. Une telle attitude a certainement nui aux artistes plus âgés et n'appartenant pas à ce courant, cas de Valerius De Saedeleer, artistes installés dans les hameaux voisins, Etikhove notamment, lequel attend encore d'être classé comme colonie d'artistes. Laethem, village où logeaient des impressionnistes, des luministes et des expressionnistes tardifs, ne reçut aucun peintre relevant de l'avant-garde, de l'abstraction, ni de surréalisme. Il fut frappé par la crise de 1929 et l'effondrement du marché d'art. Ce phénomène touche particulièrement les avant-gardistes, à l'instar des expressionnistes qui n'avaient pas encore de public et qui, par conséquent, auraient été bien en peine de le récupérer. A Bruxelles, Anvers et dans maints cénacles européens, on connaissait ces artistes d'avant-garde mais personne ne les achetait.
Les premiers surréalistes n'eurent pas davantage de chance. Les difficultés et les tribulations de René Magritte (1898-1967) et de Paul Delvaux (1897-1994) ont été souvent relatées. L'histoire de Frans Pereboom (1897-1969) est exemplaire. Au cours des années vingt, il réalisa une oeuvre prometteuse influencée par le futurisme et le surréalisme. Il y renonça pour devenir avocat et militer dans les partis de gauche. Il ne fut pas seul à agir ainsi.
Les expressionnistes, les récents comme les tardifs, Albert Servaes, Constant Permeke, Gust De Smet, Frits Van den Berghe, Jean Brusselmans, Ramah (1887-1947), Hubert Malfait (1898-1971), Jules De Sutter (1895-1970), et les premiers modernistes, Victor Servranckx (1897-1965), Marcel-Louis Baugniet (1896-1995), Karel Maes (1900-1974), Pierre-Louis Flouquet (1900-1967), Floris Jespers, Georges Vantongerloo et d'autres avaient un sérieux concurrent, le groupe Nervia*, fondé à Mons en 1928. Ce groupe qui, comme celui de Laethem, ne défendait aucun programme, comportait surtout des élèves de l'Académie de Mons: Louis Buisseret (1888-1956), qui en devint directeur en 1928, Anto Carte (1886-1954), Frans Depooter (1898-1987), Léon Devos (1897-1974), Léon Navez (1900-1967), Taf Wallet (1902) et Jean Winance (1911). Pierre Paulus (1881-1959), proche de l'expressionnisme, et Rodolphe Strebelle (1880-1959), installé à Bruxelles, n'avaient pas étudié à cette Académie. Le groupe entendait accroître la présence wallonne sur la scène artistique nationale. Ce but marquait le souci d'une identité artistique particulière, distincte de l'art bruxellois francophone. Ces artistes interprétaient librement l'esprit académique, mais en respectant les proportions et la grâce de lignes. Ils désiraient maintenir la tradition latine, opposée à la tradition flamande ou germanique. Ils perdaient de vue que le flamand Gustave Van de Woestyne n'était pas loin d'eux et constituait pour certains, source d'inspiration.
En dehors de Nervia, le réalisme se maintint dans le travail parfois mondain mais de haute qualité technique d'Emile Baes (1879-1954), Louis-Gustave Cambier (1874-1949), Henri Thomas (1878-1972), Georges Fichefet (1864-1954) e.a. Pendant ce temps, Henri-Victor Wolvens (1896-1977) et Paul Maas (1890-1962) cheminaient entre réalisme et expressionnisme, engendrant une oeuvre très expressive qui, parfois, annonce l'abstraction lyrique ou même l'action painting en ce qui concerne Henri-Victor Wolvens. Bien que la vision d'Henri-Victor Wolvens soit d'ordinaire plus réaliste que celle de Constant Permeke, il l'égale en expressivité grâce à une pâte appliquée de façon vigoureuse et spontanée, avec un sens quasi inné de toutes les formes de lumière. Ainsi Henri-Victor Wolvens s'avère plus moderne et innovant que son étiquette de peintre spécialiste des plages colorées ne le laisse supposer.
Qu'en 1912 Paul Haesaerts l'ait catalogué "animiste" étonne aujourd'hui. Mais il avait peut-être constaté que Henri-Victor Wolvens atteignait là son apogée. Comparé à lui, les autres animistes produisaient une peinture moins ferme et moins dynamique. War Van Overstraeten (1891-1981), Albert Dasnoy (1901-1992), Albert Van Dyck (1902-1951), Jozef Vinck (1900-1979), Marcel Stobbaerts (1899-1979), Jacques Maes (1905-1968), Mayou Iserentant (1903-1978) et Louis Van Lint (1909-1987) ont quitté ce courant quelques années plus tard. Quelques-uns sont tombés dans l'oubli. Leur souci de la vie quotidienne paraissait une fuite au moment où la politique, le nazisme comme le communisme, imprégnait l'art et la critique. Cependant, cet animisme, ressenti comme casanier et terre à terre, faisait partie intégrante du réalisme inhérent à l'art belge. Ce souci de coller à l'apparence des choses resta ancré au delà de l'entrée en scène de La Jeune Peinture Belge* et de Cobra*.

De La Jeune Peinture Belge à l'abstraction

A la Libération, l'animisme balbutiant fut expulsé par e.a. Paul Haesaerts, qui soutenait les efforts de Robert Delevoy et de plusieurs collectionneurs pour hisser l'art belge au niveau international, en le rapprochant du modèle universel du moment qui était parisien. Il en résulta un mouvement artistique, La Jeune Peinture Belge*, dont on fit la publicité et la promotion de manière professionnelle. Il dura peu en raison de la mort soudaine de son président René Lust. Cette courte existence fut très agitée. D'une part, il fit maints adeptes. De l'autre, il perdit des peintres de l'envergure d'un Rik Slabbinck (1914-1991), Antoine Mortier (1908-1999) et Luc Peire (1916-1994). Le courant s'ouvrit à l'abstraction qui, après 1950, devint pour ainsi dire le genre artistique officiel, en Belgique comme à Paris et ailleurs. Cette uniformisation en enterra plus d'un: Emile Mahy (1903-1979), l'auteur de charmantes vues urbaines bruxelloises, Charles Pry (1915), qui tendait vers le surréalisme, René Barbaix (1909-1966), Paul Van Esche (1907-1981), Colette Verken, Henri Brasseur (1918-1981), etc.
La Jeune Peinture Belge est probablement le premier mouvement artistique où les femmes occupèrent une place déterminante. Les créations d'Anne Bonnet (1908-1960), Mig Quinet (1906-2001) et Odette Collon (1926) valent celles de leurs confrères. La suite de leur carrière prouva qu'il n'est pas facile pour une femme de rester sur scène. Marthe Donas (1885-1967) essaya d'y revenir mais, après des débuts brillants dans les années dix, sa seconde carrière, entamée vers 1950, fut hélas moins convaincante.
C'est alors que Jo Delahaut (1911-1992) découvrit ses précurseurs abstraits, dont Karel Maes (1900-1974), Jozef Peeters (1895-1960) et Victor Servranckx (1897-1965). Cette génération avant-gardiste fut la première à retenir l'attention sous forme de rétrospectives et de publications. Il s'en suivit une réhabilitation des oeuvres antérieures et leur reproduction. Cette première vague généra aussi des historiens de l'abstraction internationale, à commencer par Michel Seuphor (1901-1999), installé à Paris.
La deuxième génération d'abstraits incluait de nombreux peintres qui ne venaient pas de La Jeune Peinture Belge*, d'où la bigarrure de l'ensemble. La séparation classique entre abstraction lyrique et abstraction géométrique ne suffit pas à clarifier cette énorme production.
Les abstraits s'intéressèrent de plus en plus au support et à la pâte, créant ainsi des surfaces intéressantes, parfois spectaculaires, à manipuler avec précaution. C'est le cas e.a. pour Marc Mendelson (1915), Bram Bogart (1921), Suzanne Thienpont (1905), Bert De Leeuw (1926), Octave Landuyt (1922). Certains assurèrent la transition assez naturelle vers le pop'art et l'op'art. De ce point de vue, Henri Gabriel (1918-1994) réalisa des créations remarquables, souvent des mobiles en papier, aluminium ou plexi, quoique peu prisées de nos jours.

Cobra et Cobra-après-Cobra

Ce qui était à l'origine une étape vers l'abstraction, s'imposa comme une tendance: elle survécut à l'abstraction en raison de sa réussite commerciale. En Belgique, cela mobilisa peu d'artistes. Il y eut d'abord Pierre Alechinsky (1927) et, à un moindre degré, Christian Dotremont (1922-1979) et Serge Vandercam (1924). Vers 1950, beaucoup d'artistes - plus nombreux que l'on ne le croit - travaillèrent selon les idées de Cobra*, par exemple Géo Sempels (1926-1990) et Suzanne Thienpont (1905).
La descendance de Cobra se poursuit jusqu'à aujourd'hui. Elle n'empêcha cependant pas que survivent les traditions académiques. La relève de ses gardiens opére malgré tout et, peu à peu, l'enseignement délaisse les techniques d'antan, à l'exception de quelques instituts. A l'époque, on interpréta cette rupture comme une sorte de libération ou d'apaisement, surtout du côté des assemblagistes et des artistes conceptuels. Eux plaçaient leurs dessins dans les revues de mode et dans les produits de la société de consommation. Les artistes qui, ostensiblement, entretenaient l'héritage, luttaient contre une critique et une mentalité qui prônaient l'abstraction. Hors de là, point de salut. Cela ne les condamna pas toujours. Un coloriste vigoureux et raffiné comme Rik Slabbinck (1917-1991) parvint à percer, quoique son oeuvre fut d'apparence réaliste et, avec le temps, se soit apparenté au pop'art. Au reste, cette alliance se rencontre chez d'autres qui utilisaient le bois brûlé. Isoler et agrandir des objets quotidiens ne signifiait pas du tout un défi pour ces artistes, vu la force ancienne du réalisme. Moins connu, voire méconnu, fut l'apport d'Emile Salkin (1900-1977). Dès 1957, il créa des dessins en fonction du bruit et du rythme de la ville. Plus tard, son oeuvre monumentale sur la circulation urbaine constitua un sommet du pop'art. Elle aussi malheureusement passa inaperçue.
Pendant ce temps, le surréalisme s'imposait à l'étranger. Très vite, René Magritte puis Paul Delvaux eurent une cote internationale. Cela donna le branle à l'ensemble des surréalistes. Ils parurent au grand jour au moyen notamment de nombreuses publications. Leurs relations avec le fantastique furent patentes au sein du groupe qui avait pour fer de lance la revue Fantasmagie. De ce groupe, seul Aubin Pasque (1903-1981) émergea. Son travail aida à reconsidérer les symbolistes et les idéalistes, négligés après guerre. La plupart des textes provenaient surtout de La Louvière, un peu de Montbliard où fut fondée une Académie. Celle-ci rassembla Pol Bury (1922), Pierre Alechinsky (1927), Christian Dotremont (1922-1979), Georges Vercheval (1934) et André Balthazar.
Cependant, sans interpeller les journalistes et les commentateurs qui font croire que les vraies valeurs se limitent à celles qu'ils évoquent, un important courant réaliste persista. Tandis qu'une espèce de réalisme revisitée rentrait dans l'art officiel avec, entre autres, Roger Raveel (1921) et Pjeroo Roobjee (1945).

Retour à la Beauté Classique


Cette notion d'art officiel, soutien de l'Etat, présence dans les musées et expositions officielles, convient tout à fait aux générations avant-gardistes postérieures (pop'art, op'art, Nouvelle Ecole flamande, conceptuels, assemblagistes) qu'illustre un Jozef Van Ruyssevelt (1941-1985) ou un Louis Van Gorp(1932). De ce fait, coexistent un art avant-gardiste sponsorisé et un art réaliste quasi photographique déclaré trop commercial pour attirer la sollicitude des autorités, de l'establishment et des instances officielles. La chose est absurde car y eut-il jamais artiste plus commercial que Rubens ?
Cette dénonciation réciproque des deux traditions artistiques, dédain ouvert ou mépris silencieux, est assez stérile. Il existe cependant de jeunes peintres, dont Jan Van Imschoot (1963), Luc Tuymans (1958) et Bert De Beul (1961) - sans nier l'impact de Gerhard Richter - qui veulent jeter un pont entre ces deux mondes. Il est néanmoins prématuré de voir là le signe que renaît la Beauté Classique, représentée en 1994 à l'exposition du même nom au Musée royal des Beaux-Arts à Anvers. Il semble en tout cas qu'on ait mis un terme aux expériences obligatoires qui usaient d'un vocabulaire pictural né au début du vingtième siècle. L'oeuvre de plusieurs artistes encore inconnus en témoigne. Tout porte à croire que cette fin du vingtième siècle favorisera les individus qui approchent l'art sans sectarisme.

Lire la suite...

R H E N A N E

Je déclinais d'amour les paysages nus

Et puis ces longs bateaux si calmes sur le Rhin

Le ciel ce négrier des lourds nuages sombres

            L'un à l'autre enchaînés

 

Un château d'autrefois sur le rocher au loin

Conjurait les éclairs d'un orage fugace

Moi j'étais là fixant d'un pinceau malhabile

            Ces lointains germaniques

 

O boire l'eau des fleuves et se sentir chaland

Et reprendre la route en terrains peu connus

Sous le soleil couchant coupant la nuit en deux

            Entre le ciel et l'onde

Lire la suite...

La Nuit de Feu Eric-Emmanuel Schmitt

12273284078?profile=original

« La Nuit de feu » : une profession de foi

« La foi est différente de la preuve ». L’une est humaine, l’autre est un don de Dieu. C’est le cœur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi, Dieu sensible au cœur, non à la raison. » Eric-Emmanuel Schmitt

L’auteur a 28 ans, il est philosophe ancré dans une routine de vie.

Il part en randonnée dans le désert Saharien. Il découvre l’authenticité au travers des paysages, du climat et des Touaregs. Il observe, s’imprègne, s’interroge sur lui-même et sur les autres. Une introspection qui inaugure une prise de conscience. Lors d’un déplacement dans le Hoggar, poussé par un élan inconscient, il devance ses amis, s’éloigne et se perd. Un constat, il a peu d’eau, pas d’aliments ni de vêtements chauds et la nuit approche. Il est alors confronté à ses craintes, vaincu par l’évidence de la situation. Perdu dans la belle nuit étoilée, il sent monter en lui une force inconnue et inexplicable. Un envahissement apaisant qui le conscientise et le guide. 

Une expérience spirituelle qui ne le quittera plus.

Dans la nuit de feu, EES raconte ce cheminement vers ce que l’on pourrait appeler Dieu avec beaucoup de simplicité, de pudeur et de justesse. Ses mots, son style humaniste confortent encore le discours. Je n’ai plus à être convaincue et donc je me retrouve dans cette lecture. J’apprécie surtout qu’il ait eu l’humilité de raconter une expérience aussi intense et personnelle. 

Une démarche courageuse qui a le mérite de conscientiser les moins convaincus. 

Une belle preuve de foi que l’on assume et que l’on partage avec beaucoup de dignité.

© Zoé Valy 2018

Lire la suite...

J’ai cherché à te revoir,

 

sur les chemins de mon esprit.

 

Sur les collines, tes habits de nuit

 

survivent en moi.

 

Ma parole contre la tienne,

 

et nos mains qui dessinent notre parole en devenir.

 

Tournant dans ma tête,

 

cette musique qui nous rapproche

 

Au pied du chêne,

 

planté là-bas, là où la pente du sentier le contourne.

 

C’est une ode à ton nom.

 

Une belle danse en deux mouvements.

 

Julien Boulier     le 27 avril 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3437337011

Lire la suite...

DISPONIBLE?

Pour tous les coups de langueur

Qui creusent bien la peine...

Sur un radeau crâneur

Ignorer sa déveine

Disponible!

Pour sentir sur la peau

La corrosion du sel

En se jetant à l'eau

Y savourer le ciel...

Disponible!

Avec ce cœur béant

Si fatigué de battre

Et cet amour géant

Où l'on voudrait s'ébattre...

Disponible!

Serons dans pas longtemps

Rien d'autre qu'un soupir

Emporté par le vent...

Alors quand même sourire

Disponible!

Et si s'écoulent des pleurs

Ne pas sentir de honte

En avouant sa peur

Des jours où rien ne compte...

Disponible!

Pour enfin s'en aller

Au-delà des frontières

Au creux du bel été

Ignorant ses misères...

Disponible?

J.G.

Lire la suite...

Martine Roland fait partie du groupe d'écrivains belges qui seront présents au Salon International du livre de Mazamet.  Je sais, par indiscrétion, que l'année 2018 apporte aux membres du jury quelques difficultés compte12273282301?profile=original tenu de la qualité des œuvres présentées.  S'il est exact que ma curiosité est à l'affut de la moindre rumeur, l’apéritif pouvant délier quelques langues, je me suis mis à l'écoute du moindre lapsus.  Mal m'en a pris, je n'ai récolté qu'informations contradictoires, rependues probablement dans le but de garder les secrets qui entourent les débats.  Aucun indice ne me permet de parier sur tel ou tel auteur et mon égo s'en trouve malmené.

Revenons au sujet de nos chroniques, car même si quelques milliers d'Européens se targuent d'être "mon ami" sur Facebook, je suis toujours étonné du peu de souris qui pointe sur ces articles, à se demander si nous ne devrions pas nous orienter vers le spectaculaire, le sexe ou plus porteur pour les accros d'internet, inventer un scandale savamment dosé sur plusieurs semaines.  Désolé de vous décevoir, la littérature mérite que l'on s'y attarde et le jour ou l'électricité vous fera défaut, heureux seront les acquéreurs de livres ou les passionnés d'Arts...

Et à ce propos:

C’est toujours agréable d’être aspiré par la lecture d’un livre quand la qualité de l’écriture et le déroulement de l’histoire vous font oublier votre dose de pessimisme quotidienne.  Laquelle ? Celle que nous partageons ensemble par ce petit coup de blues savamment dilué par le biais des infos de 19h30.  Besoin d’évasion ?  Peut-être ou peut-être pas…  On pourrait qualifier cette attitude par une forme de résilience, la volonté de sourire d’un rayon de soleil ou plus simplement, s’offrir la richesse d’une discussion.  Bref, c’est toujours ainsi que l’esprit se dérobe quand confronté à la couverture d’un nouveau roman, il s’interroge sur la capacité de l’écrivain à séduire ou au contraire, si la plume ne s’exprimera que pour le regard de quelques initiés.  J’adore ce flottement qui précède la lecture d’un nouveau livre.

12273283261?profile=originalEn ouvrant « Novaya Era » de Martine Roland, au risque de paraître condescendant, j’avouerai je n’étais pas d’humeur à me laisser duper, pas trop facilement.  J’avais envie d’un ouvrage qui me fasse rêver, qui m’emporte et qui refuse de se laisser dominer par la nuit qui vous propose de clore les paupières.  Je n’allais pas être déçu.  Martine Roland semble éprise de destins hors du commun.  Elle parle d’amour avec une telle justesse que l’on comprend rapidement que ce sentiment porte les élus jusqu’aux extrémités, les plus belles, avant de rebondir au risque d’approcher le gouffre des désespoirs intolérables.  Comment décrire une écriture sans se vautrer dans la banalité ?  Une femme, syndicaliste, quitte son époux pour un voyage en Lettonie.  Dans ses bagages, elle porte le deuil de son enfant et l’essoufflement de son couple érodé  par les évènements.  Un séjour de courte durée pendant lequel rien ne devait la surprendre en dehors des paysages et des monuments incontournables.. Sauf qu’au coin de l’aventure, l’amour jaillit comme un déferlement.

L’histoire pourrait s’essouffler rapidement, ce serait sans compter sur la féconde imagination de l’auteure.  Voyage initiatique, illusion de croire à la jeunesse éternelle et la découverte d’une passion dévorante même si, consciemment ou inconsciemment, les protagonistes de l’histoire savent qu’ils se dirigent vers une impasse.  Les symboliques, pour ceux que cela intéresse, sont nombreuses.  J’avoue ignorer si c’est la volonté de l’écrivain ou plus simplement l’expression de son subconscient.  Qu’importe et au diable les analyses stériles, me vient l’envie de vous parler d’un livre, d’une auteure et de la qualité de son imagination.  Une plume réservée parfois, incisive comme il se doit, qui nous dépeint des peuples presque voisins et sait doser les émotions en élaguant les mots qui ne servent à rien. 

12273283097?profile=original

Parler d’un titre en approchant l’auteure, ce serait peindre Pollux en ignorant son jumeau.  En terminant

« NOVAYA ERA », je n’ai eu qu’une envie, celle de me procurer « C’est un secret entre nous » parut aux éditions « 

Memory ».  Autre roman, autre découverte et pourtant ! La thématique approchée : « L’inceste maternel» aurait pu détourner ma pudeur.  Martine nous emporte dans les méandres d’un assassin en devenir.  J’avoue avoir été troublé par le contenu de cette œuvre surprenante.  Comment arrive-t-elle à se placer avec une telle sensibilité dans la tête de ses personnages ?  Cache-t-on une part de son vécu ?  J’imagine que non et c’est à partir de cette conclusion que je me permets d’affirmer que Martine Roland mérite nos regards.  Martine Roland, auteure brabançonne (Sud de la Belgique - Les habitants du Brabant Wallon) à qui j’ose prédire un avenir prometteur.

 

Lire la suite...

Chers amis,

Le printemps se profile et notre Centre de documentation a vu de nombreux ouvrages rejoindre ses rayonnages. N'hésitez pas à venir consulter ces livres, et bien d’autres, entre les murs de la Maison de la Poésie, du lundi au vendredi entre 9h et 16h (sur rendez-vous).

 

***

Poésie belge

 

  • Abrassart, Fabien : 3 ouvrages
  • « La Chose humaine ». Le Taillis Pré, 2003.
  • « La Part de personne ». Le Taillis Pré, 2006.
  • « Si j’oublie ». L’herbe qui tremble, 2017.
  • Bleuhay, Georges. « L’âme en flamme ». Le Livre en papier, 2017.
  • Fano, Daniel. « Privé de parking ». Traverses, 2017.
  • Fontana, Patrick. « Luca Babel. Parcours dans l’œuvre de Ghérasim Luca (1913-1994) ». Khiasma. CD Audio.
  • Foulon, Pierre Jean : 5 ouvrages aux Éditions du Spantole
  • « Anthologie mineure ». 2015.
  • « Désordre du possible ». 2015.
  • « Hello Dada ». 2017.
  • « Mors ». 2017.
  • « Petites pensées perverses ». 2016.
  • Jamart, Géradine. « Soif de vie » ». Traverse, 2014.
  • Lambert, Charline. « Désincarcération ». L’Age d’Homme, 2017.
  • Lekeuche, Philippe. 3 ouvrages :
  • « Le Feu caché ». Édition des Vanneaux, 2007.
  • « Une vie mélangée ». L’herbe qui tremble, 2014.
  • « Le Jour avant le jour ». Le Taillis Pré, 2013.
  • « L’Éclat du désir ». Le Taillis Pré, 2015.
  • Libert, Béatrice. 2 ouvrages :
  • « Battre l’immense ». Éditions de Corlevour, 2018.
  • « Ce qui vieillit sur la patience des fruits verts ». Le Taillis Pré, 2018.
  • Mineur, Jean (+). « Testament d’étoile ». Éditinter, 2018.
  • Noël, Julien. « Contes du sabbat et autres diaboliques amuseries ». Éditions Stellamaris, 2015.
  • Prévost, Didier. 2 ouvrages.
  • « De bric et de broc ». Auto-édition, 2017.
  • « Des vies, des pensées, des muses ». Demdel Éditions, 2018.
  • Simon, Daniel. 4 ouvrages :
  • « L’école à brûler ». Couleur livres, 2008.
  • « Mémoires et notes diverses ». Maelström, 2010.
  • « Hors de moi ». Traverse, 2016.
  • « Autobiographie rêvée ». Couleur livres, 2016.
  • Stavaux, Michel. « Les régaux ». Éditions Muse, 2017.
  • Terwagne, Olivier. « Soleils sur le nihil ». Traverse, 2014.
  • Thomassettie, Monique. « Intuition. Tome VII ». Monéveil, 2018.
  • Vielle, Laurence. « Domo de Poezia. Bouteilles à la mer/Flessenpost/Flaschenpost ». maelstrÖm reEvolution ; PoëzieCentrum, 2018.

 

Poésie belge néerlandophone

  • Ducal, Charles. « Omlaag/ En Bas ». Bookleg #141, maelstrÖm reEvolution ; PoëzieCentrum, 2018.
  • Foqué, Richard. « Ici nous sommes ». L’Harmattan, 2017.
  • Moors, Els. « gedichten/poèmes ». Bookleg #142, maelstrÖm reEvolution ; PoëzieCentrum, 2018.

 

Poésie haïtienne

  • D’Amérique, Jean. 2 ouvrages :
  • « Petite fleur du ghetto ». Atelier Jeudi Soir, 2015. Prix René Philoctète 2015. Prix Révélation de Poésie 2016 de la Société des Gens de Lettres.
  • « Nul chemin dans la peau que saignante étreinte ». Cheyne, 2017. Prix de poésie de la Vocation 2017.

 

Poésie française

  • Canut, Jacques.
  • « Chassés croisés ». 2018.
  • « Souffles ». Pour solde de tous contes, 2018.
  • Clastres, Alain. « En chemin ». Éditions Unicité 2018.
  • « Gestations ». Pierre, raconte-moi. Collection l’éveil du poème.
  • « Sélection de Poètes bretons ». textes rassemblés et édités par Pierre Monfort.

 

Poésie québécoise

  • Chiasson, Herménégilde. « Béatitudes ». Éditions Prise de parole, 2007.
  • Desgent, Jean-Marc. « Strange fruits ». Éditions Poètes de brousse, 2017.
  • Dorion, Hélène. « Cœurs, comme livres d’amour ». L’Hexagone, 2012.
  • Dupré, Louise. « Plus haut que les flammes ». Éditions Bruno Doucey, 2015.

 

Revues

  • « Art et poésie », n°240, janvier-avril 2018.
  • « Biblirama », n°126, 4e trimestre 2017.
  • « Biblioc.NAM », n°41, novembre 2017 ; n°42, février 2018.
  • « Debout les mots », n°68, janvier-mars 2018.
  • « Le Carnet et les instants », n°197, janvier-mars ; n°198, avril-juin 2018.
  • « Francophonie vivante », n°2, juillet-décembre 2017.
  • « Les Enfants chiants », n°1, novembre-décembre, 2011.
  • « Le Journal des poètes », n°4, 2017 ; n°1, 2018.
  • « Lectures-Cultures », n°6, janvier-février 2018, n°7, mars-avril 2018.
  • « Libelle. Mensuel de Poésie », n°295, décembre 2017 ; n°296, janvier 2018 ; n°297, février 2018.
  • « Mauvaises langues », magasine politique et culturel #52, hiver 2017.
  • « Poema », janvier-juin 2018.
  • « Portique », n°109, janvier-mars 2018.
  • « Soleils & cendre », n°123 : « Permanence de l’absurde », février 2018.
  • « Transkrit », n°8, mars 2017 ; n°9, mai 2017 ; n°10, janvier 2018.
  • « Traversées », n°85 (dossier scandinave), septembre 2017 ; n°86, décembre 2017.
  • « Vivre le français », n°255, décembre 2017 ; n°256, mars 2018.

 

Lire la suite...
administrateur théâtres
« Ils prennent le thé en face sans nappe ! » Théâtre tentation et amour du théâtre. A La Clarencière. What else ? Voici réunis sous le titre « Moulin à paroles », trois femmes de noir vêtues, jouées avec feu  par

la pétillante  comédienne Ariane Thymour Smith dans une mise en scène de Carole Baillien. Elle explore tour à tour  la folie de la solitude, le voyeurisme,  la vengeance,  les pulsions criminelles, la sensualité tantôt brimée ou tantôt explosive, à travers trois destins  de femmes  tout aussi noirs que l’anthracite que l’on s’épuisait  encore à arracher  manuellement de la terre à cette époque … Elles appartiennent au répertoire anglais. Le dramaturge, romancier, scénariste, réalisateur et acteur Alan Benett a écrit une première  série de « Talking heads » pour la BBC dans les années 80. Humour anglais omniprésent, sens aigu de la nouvelle incisive et bien construite, petits bijoux d’écriture dans la lignée de Roald Dahl.

Mon premier a comme titre original : "A Lady of Letters". Le premier tableau met en scène Irene
Ruddock, une femme
célibataire vivant près de Bradford qui n'a pas sa langue
dans sa poche et passe sa vie à écrire des lettres vindicatives
à son député,
à la police, au pharmacien , à tout le monde
pour remédier aux maux sociaux qu'elle dénonce sans ambages.

Après un trop grand nombre d'accusations qui frisent la calomnie, Irene se
retrouve en prison - où, pour la première fois de sa vie, ironiquement, elle se sent
vraiment …Vous verrez bien quoi!

Mon second"Her Big Chance" est farci d’humour de style libertin, autant que les

sketches de Nabila/Stéphane Degroodt! Lesley est une actrice en herbe, qui,
après une série de rôles secondaires à la télé peu prometteurs,s’imagine
qu’elle va enfin « percer » grâce à la
rencontre de l'aventureux Travis dans un nouveau film pour le marché du soft porn
ouest-allemand. Tongue twisters à l’appui, on n’en dira pas plus,
censuré pour les mois de 12 ans!

 

Mon troisième a pour titre original :"Bed Among the Lentils". Le troisième tableau
transforme la pimpante pipelette en femme de pasteur de caractère. Susan est alcoolique
et doit se rendre à Leeds pour faire ses secrètes provisions de liqueur à cause des dettes
contractées avec le commerçant local. Elle se détourne insensiblement de son raide et ambitieux
et mari encensé par ses ouailles
et noue une voluptueuse affaire extra-maritale avec un épicier indien Ramesh Ramesh.
Some like it hot !
Va-elle découvrir quelque chose à propos de Dieu ou se convertir
aux Alcooliques anonymes? Love me do… The Beatles

Mon tout est une soirée récréative, plaisante et distrayante, ponctuée
de jolis souvenirs des Beatles ou de Mrs. Robinson
que l'on écoute dans le noir.Toute une époque !
Nostalgie, quand tu nous tiens!





La Clarencière Du 19 au 21 avril 2018
Rue du Belvédère, 20 1050 IxellesContacthttp://www.laclarenciere.be
fabienne.govaerts@skynet.be
02/640.46.76

Lire la suite...

Au détour du chemin, est-ce tes voiles que j’entrevois ?

 

Elles flottent dans le vent, là-bas.

 

D’en haut, au-dessus de cet espace maritime,

 

ils ont toujours su qu’au loin,

 

Il fallait contempler ce monde étendu,

 

libre et avec un accueil bienveillant.

 

Les lointaines silhouettes se rapprochent

 

et le tableau prend racine.

 

Passé, partout, en nous, en toi.

 

Je dérive vers tes yeux quand de toutes parts,

 

les lumières annoncent ta venue, ton regard, tes mains, ton corps.

 

Toujours la force en toi et le chemin de nos vies qui se croisent.

 

Ici-même, debout, et la vie qui nous déploie.

 

Julien Boulier    le 24 avril 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3437209711 

Lire la suite...

12273277062?profile=originalDisons-le d’emblée, si toutefois la curiosité me pousse à butiner dans les jardins de toutes les philosophies des croyances et du savoir, j’ai tendance à garder mes distances avec la théologie en raison de ce que les hommes en font.  Pourtant, en y réfléchissant sans "a priori", je ne puis contester que la vie croise un certain nombre de situations qui semblent inexpliquées voir : interpellantes.  Comme beaucoup d’entre vous, j’ai du faire face au deuil, à la violence de nos sociétés, à l’injustice aux mensonges et diverses trahisons.  Nombreuses sont les cicatrices qui balafrent mon vécu, mais peut-importe puisque finalement elles permettent d’appréhender l’avenir.  En d’autres mots, je ne suis pas ce que l’on pourrait appeler « un pratiquant » et si je me rends à l’église c’est pour faire plaisir à ma famille, la veille de Noël, en, je l’avoue, trépignant d’impatience quand les minutes semblent s’éterniser.  Ah oui, j’oubliais qu’il y a les mariages et les enterrements…  Une forme d’apathie mystique pourrait-on dire ?  Quoique !

Rien ne m’avait préparé à découvrir « une spiritualité pour tous » remarquablement rédigé par Catherine Hamelle.  Le sous-titre m’avait intrigué : « sur les pas d’Ostad Elahid ».  J’ai ouvert ce livre par obligation de chroniqueur « Un reste d’éducation, faire preuve de politesse pour les ouvrages qui me sont adressés ».  Et pourtant !  Je me suis surpris à oublier le temps, aspiré par l’intérêt d’un sujet abordé avec passion.  L’auteure grâce à la découverte d’un philosophe iranien «  Ostad Elahi » va nous offrir une série de réflexions des plus intéressantes.  Les sujets qu’elle aborde sont nombreux et il m’est impossible de résumer la richesse de ses écrits sans dévoyer ses propos.  Une joli plume qui nous conduit au travers d’une réflexion pertinente et qui offre par sa simplicité, une porte ouverte à la relation que nous devrions ‘peut-être’ avoir avec ce qui semble nous dépasser.  Et pourquoi pas ?  Je vous avoue avoir souri en découvrant l’une ou l’autre citation qui au lieu de nous forcer à la culpabilité, semble au contraire nous réconcilier avec les principes fondamentaux qui devraient nourrir nos sociétés.

« Toutes les grandes religions nous parlent de l’autre monde.  Si l’on n’arrive pas à avoir de certitude sur cet autre monde, on peut du moins prendre le parti de la prudence de façon à ce que, s’il existe, on ne soit pas perdant ». 

Comme le souligne si justement l’auteure, ce qui est réconfortant dans la pensée "d’Ostad Elahi", c’est de se dire que même si l’on n’a pas la foi, que l’on a du mal à croire à cette Énergie divine, si l’on se conforme aux principes éthiques, on sera entendu par elle. 

Le livre de "Catherine Hamelle"" mérite nos regards.  Il nous permet d’appréhender la vie avec optimisme et si le deuil vous accable, il offre également du réconfort.

La littérature est une aventure éternellement renouvelée.  Elle nous permet de jolies rencontres, d’étayer nos rêves et ne l’oublions pas, l’ouverture d’esprit.  Elle demande quelquefois un effort, mais au bout du compte, elle est compagne fidèle.

Lire la suite...

Courtoisement, toujours dans tes yeux ces miroirs,

 

et la pluie à Lauberlac’h avant les soleils de ce mois-ci.

 

J’entends ton amitié à chaque recoin de sentier,

 

autour de cet arbre,

 

comme un géant d’écorce et de lumière.

 

Sincères nos cœurs sous ses branches.

 

Un souvenir à midi. Seules, simples journées

 

qui accueillent ses visiteurs à pieds.

 

En tout cas je te vois face  à la mer

 

et les voiliers anciens.

 

Ayant passé l’hiver et projetée vers l’été,

 

la chaleur de cette journée à chaque seconde,

 

nous rejoindre ainsi en sculptant le temps.

 

Julien Boulier    le 23 avril 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3437201811

Lire la suite...

Entre vous et moi, en terminant « Effets papillon en noir et blanc » je me suis demandé si je ne venais pas d’effleurer un sujet de la plus haute importance. 

12273277683?profile=originalUn titre joliment choisi pour aborder l’histoire d’un « Sans-Papier ».   J’avoue qu’en abordant cette thématique, avoir eu une pensée mauvaise en songeant que les auteurs faisaient peut-être preuve d’une forme de démagogie.  Rapidement je me suis détrompé. 

Voici un « roman » qui semble, à mon avis, très proche d’une surprenante réalité.  Non, même si mon travail me pousse parfois à le faire, je n’ai pu lire ce livre en une simple diagonale. 

Comment détacher mon attention d’un écrit interpellant, d’une fiction qui se base sur le tristement banal.  Les mots hurlent les confidences des auteurs qui décrivent les absurdités d’un système, le nôtre.  Aberrant, inhumain et pourtant, cette société nous appartient, façonnée par notre ignorance et sur laquelle, sans le moindre doute, les générations à venir se poseront des questions auxquelles nous aurons probablement du mal à répondre.

Le livre est un roman, mais pas que, je ne puis le croire, les mots ne sont pas neutre et dévoilent des vérités qui m’ont donné la chair de poule. 

L’histoire aborde plusieurs sujets.  Un père autoritaire, probablement blessé par un veuvage inopiné et qui ne sais plus très bien comment gérer l’amour qu’il porte à ses enfants.  Amour maladroit qui voudrait protéger mais en raison de son omniprésente obsession, le conduira à la catastrophe des gestes maladroits…  La rencontre entre un « Sans papier » et une femme assoiffée de maternité est une idée redoutable.  Elle, refoulée par la vie, par les blessures qu’un amant de jeunesse a occasionné en raison de l’autorité du père, encore lui, l’aveuglement d’un géniteur qui tremble peut-être de devoir apprivoiser une possible solitude, que sais-je encore ?  Et puis, il y a cet avocat véreux.  Cet homme qui a compris le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation quand un « demandeur d’asile » qui deviendra « sans papier » requière une aide « Pro-Deo ». 

Je me suis demandé s’il était possible qu’un représentant de la loi puisse agir de la sorte.  Est-il possible de pousser le cynisme en profitant du désarroi des uns pour s’abreuver aux mamelles du système ?  Est-il possible qu’un homme assermenté n’hésite en aucune manière à faire prendre des risques inconsidérés à ceux qu’il est pourtant chargé de défendre?  Oui, il existe de telles attitudes et si les médias dénoncent avec raison les passeurs, ils devraient se pencher sur ces mafieux en col blanc qui fréquentent parfois les projecteurs pour déclarer, la larme au coin de l’œil, qu’ils sont présents pour défendre ceux qu’ils exploitent en coulisse.  Sauf que, sous la table, les mains se tendent, réclamant des honoraires en se gardant bien de signer un reçu.  Heureusement, ils sont exception mais comme vous le savez, placez un mouton noir au centre d’un troupeau et vous ne remarquerez que cette anomalie.

« Effets papillon en noir et blanc » me semble incontournable.  Il l’est par le regard que portent les auteurs sur l’actualité.  Peut-importe notre avis, ce témoignage mérite notre attention.  Il ouvre le débat sur les raisons profondes qui poussent nos sociétés à agir d’une manière ou d’une autre.  Suivre le destin de quelques-uns, c’est faire preuve de résistance.  A quoi ?  A l’injustice, à ce que l’histoire aurait dû nous apprendre.  Rompre avec l’omerta, c’est se détourner des lâches, c’est également s’il faut le préciser, assumer notre devoir.

Lire la suite...

2018, les portes du neuvième Salon International du livre de Mazamet s’ouvriront le 27 mai prochain à 9h00 au Palais des Congrès.

Neuf ans ce n’est pas anodin, c'est preuve de pérennité et cette réussite est à saluer puisque l'on se souvient que l’organisation est portée à bout de bras par un seul homme; Michel Sabarthes.

Pour l’avoir fréquenté, je le décrirais comme un être de grande simplicité, le cœur sur la main. Une main de fer dans un gant de velours semble expression créée pour le personnage. Le président de l’Association Culturelle du Tarn Sud (France) rappellera lors de la conférence de presse qu’un évènement d’une telle ampleur ne saurait exister sans l’équipe de bénévoles qu’il convient de saluer.  En effet, chargés de la mise en place des exposants et de l’accompagnement du flux de visiteurs, ces derniers travaillent en coulisse attentifs au bon déroulement d'une journée qui se veut festive.

Mazamet un Salon qui couronne les talents.

À souligner également qu'un comité de lecture aura la lourde tâche de sélectionner les lauréats retenus pour les différents prix remis à l’occasion sous la présidence de Christophe Chabbert.  Une centaine de livres ont été retenus comme « éligibles » et parmi ces titres, le jury aura la lourde tâche de récompenser les plus méritants.  Le Président du jury avait proposé en 2017 d’ajouter le « prix jeunesse » qui a pour vocation de porter motivation à des vocations qui s’ignorent encore. 

Retombées économiques non négligeables.

Rappelons tout de même que les retombées économiques sont quantifiables, puisqu'un recensement démontre qu'un peu moins d’une centaine de personnes trouveront logement dans la région et profiteront des circonstances pour parcourir le pays et déguster sans compter aux spécialités locales.

Il ressort également qu'en général quand un visiteur repart heureux, il parle de son séjour et encourage indirectement ses relations à visiter les lieux. L’observateur ne manquera pas de s’interroger sur les raisons qui freinent les autorités locales ainsi que les acteurs économiques à ne pas s’impliquer d’avantage.

Une centaine de personnes, alors que le salon ouvre ses portes à 156 participants venus des quatre coins du monde, cela représente les deux tiers des participants et si ce nombre est plafonné, c’est en raison d’un manque de place et pour des questions évidentes de sécurités.  

Il semble important de souligner, que si la ville de Mazamet offre au comité organisateur la salle dans laquelle se déroule l’évènement, le coût de la sécurité revient à l’association et les sommes qui ont été confiées par des sources dignes de foi, n’ont pas manqué de nous étonner.

Notons la présence de 12 maisons d’édition. Parmi ces dernières viendront les fidèles telles que les éditions ED2A (présentent depuis de nombreuses années), les éditions Encre Rouge, les éditions Paulo Ramand et les petits nouveaux tels que Acrodacrolivre venant de Belgique en compagnie de 3 auteurs. C’est dans les allées de ce Salon que nous rencontrerons les chroniqueurs littéraires qui l’air de rien, viennent butiner le parfum de l’année. À propos de Belgique, six auteurs Belges auront fait le déplacement pour présenter des œuvres qui méritent nos regards.

Joli succès auprès du public. Le nombre d’entrées enregistrées en 2017 approche les 1.500 et nombreux sont les ouvrages vendus.

International, un titre mérité?

Si le Salon du Livre de Mazamet s’offre le titre d’international, c’est que si beaucoup de régions de Fran12273279069?profile=originalce sont naturellement représentées et que, pour ceux que cela fait rêver, Paris n’est pas en reste.  Il accueille également des auteurs en provenance de Hollande, de Belgique, de Suisse d’Afrique.et du Canada.

L’année 2018 promet d’être un grand cru et cerise sur le gâteau, parrainée par « Jean-François Pré » célèbre journaliste équestre qui fut l’un des collaborateurs de Léon Zitrone et devenu écrivain pour le bonheur de ses lecteurs (treize romans et vingt et une nouvelle).

Vibra12273280052?profile=originalnt hommage sera rendu à "Marc Galabru" premier parrain du Salon International du livre de Mazamet malheureusement décédé le 6 octobre 2014. Le prix « Marc Galabru » a été fondé en ce sens et sera remis à l’auteur sélectionné par un comité de lecture qui se veut indépendant. Petit rappel pour les distraits, Marc Galabru, frère de Michel était médecin et écrivain.

Enfin, trois stations radiophoniques ouvriront leurs micros et si les conditions le permettent, la remise des prix sera commentée en direct sur 106.5fm et le lendemain en différé, sur les ondes RCF. Radio Vicomté sera également représentée ainsi que Passion T.V.  Soulignons qu’« Arts & Lettres » sera également présents par l’intermédiaire de ses chroniqueurs

Lire la suite...

Ô voix qui te tiens à distance.

 

Je te retrouve tous les jours, par tous les temps.

 

Tu te changes en nuits profondes.

 

Notre pays t’a vu naître le long de ses routes.

 

La vie en cadence te porte dans le monde.

 

Nos pas sous cet arbre et le grand silence des racines.

 

En attendant ton retour,

 

j’arpente le sol d’un chant qui honore ton nom.

 

Nous atteindrons les frontières du temps.

 

En proie à une grande amitié,

 

celle que nous partageons déjà,

 

nous aimerons la redondance de ces mots prononcés

 

et qui emporteront notre mémoire dans des vagues effervescentes.

 

Julien Boulier   le 15 avril 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3436967711 

Lire la suite...

Dans tes bras, sans attaches,

 

je suis  avec toi, Nature, toi qui parfois t’assombris.

 

Tes sentiers s’enlacent sous mes pas,

 

Et je me demande si demain,

 

ivre de ton parfum,

 

nous contemplerons le ciel, les astres,

 

voyageurs sur ce globe terrestre.

 

O toi musique qui palpites

 

et déposes des trésors d’intentions

 

à notre oreille. Bravant les éléments, sous la pluie,

 

nous sombrons sous nos cœurs

 

et toute ton âme sous un voile chuchote : encore !

 

Je n’ose résister à ton contact.

 

Julien Boulier   le 22 avril 2018

poème déposé Sacem code oeuvre 3437162611

Lire la suite...

En noir et blanc et en couleurs


À Alain

En éveil, me regarde vivre.
Or, en me servant du langage,
À capter mes émois m'engage.
Je les conserve dans un livre.

Il s'épaissit plus le temps passe.
Y circule une fraîche ivresse,
Également de la tendresse.
Le parfum d'annuelles grâces.

Mon histoire se lit au présent,
Se déroule dans le silence,
Le plus souvent dans l'innocence
Dans un clair espace apaisant.

Quand ma mémoire m'entretient
Me tirant soudain de ma bulle,
Je crois souvent qu'elle fabule.
Mais mon livre n'invente rien.

Je ne peux certes soupçonner
Combien j'ajouterai de pages, 
En les agrémentant d'images.
Se continue ma destinée.

21 avril 2018

Lire la suite...

Ce vent folâtre, octobre,


il s'envole à l'instant.

 

 Comment imaginer ce visage ?

 

 Je crois qu'il a créé l'image d'un souvenir.

 

 Echo en reflets,

 

 à mi-chemin entre le Soleil et l'Aurore.

 

Et toi, cheminant au coin de tes carnets,

 

tu cours sans cesse vers ces notes qui hier encore

 

t'ont sorti du sommeil.

 

Chaque pas t'emmène vers cette idée.

 

A present d'un seul trait, elle resurgit,

 

en fragments, rocher, ciel , étang, 

 

énigmatique rémanence.

 

Julien Boulier le 17 octobre 2007

poème déposé Sacem code oeuvre 3437156211 

Lire la suite...

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles