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QUE VAIS-JE FAIRE ? QUE SAIS-JE ?

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Vendeur dans une boutique fantastique.
Premier vendeur, rayons des élastiques !

Mécanicien automobile, réglage des clims.
Ou creuser mille trous et bon pour l'asile.

Que vais-je faire ? Que sais-je ?

Abbé à Saint-Michel, oú est mon missel ?
Pourquoi pas Evêque ou Sœur, ainsi soit-elle.

Educateur d'élèves. Allez ! Rangez vos chaises !
Politicien menteur, au resto on cache les erreurs.

Escort masculin coquin, un peu féminin.
Chauffeur de limousine pour stars en léopard ?

Vendeur de parfums pour demoiselles trop belles !
Footballeur professionnel au club de Marseille ?

Coureur cycliste sur piste, attention ça glisse !
Jongleur à la rue Belliard, un sous ou un milliard ?

Que vais-je faire, que sais-je ?

Fonctionnaire à la poste, dès seize heure je ferme les portes.
Journaliste à l'étranger sans se faire assassiner !

Du porte à porte en rue, une claque dans ma figure !
Commercant Grand-place, y a t-il encore de la place ?

Maître Pâtissier, vingt merveilleux et je m'assieds.
Mannequin en vitrine, vrai ou faux, devine ?

Mais finalement que vais-je faire ?

J'attrape de gros maux de tête.
J'avale deux, trois aspirines...

J'ai trouvé, c'était facile !
Docteur en médecine !

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Je n'ai pas ma langue en poche

Je n'ai pas ma langue en poche
Je n'ai pas mon clavier sous cloche
Je n'ai pas mon bic dans ma sacoche
Je ne communique pas toujours sans anicroches
Je suis tourbillon
Parfois brouillon
Je n'ai pas de copions
Je réagis avec passion
Faire réagir est mon but
Parfois les gens percutent
D'autres se rebutent
J'écris en mode brut
Je n'ai pas ma langue en poche
Je n'ai pas mon clavier sous cloche
Je n'ai pas mon bic dans ma sacoche
Je ne communique pas toujours sans anicroches
Je n'aime pas les non-dits
Je n'aime pas les silences
Je veux qu'on communique
Pas que l'on se cache en coulisses
Je provoque, je choque
Je ne le fais pas à escient
C'est ma nature tumultueuse
Quand de vos maux, je suis porteuse
Je n'ai pas ma langue en poche
Je n'ai pas mon clavier sous cloche
Je n'ai pas mon bic dans ma sacoche
Je ne communique pas toujours sans anicroches
Je n'aime pas l'inertie
Ni l'inaction
Si je peux comprendre pas mal de choses
Ce monde souvent m'indispose
Née sous le signe du verseau
Deuxième décan
Je suis trop idéaliste
Parfois même utopiste
Je n'ai pas ma langue en poche
Je n'ai pas mon clavier sous cloche
Je n'ai pas mon bic dans ma sacoche
Je ne communique pas toujours sans anicroches
...
Pascale Marlier (Auteure)
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Toi l'enfant qui sert de sac de sable

Toi l'enfant qui sert de sac de sable
A des adultes déréglés
Qui face au stress
Vous blessent
Toi l'enfant du silence
Que tant de violence
Conduit à l'hôpital
En urgence
On te soigne
Puis plus de place
Dans notre monde qui ne tourne plus rond
On a pourtant du pognon
Toi l'enfant qui sert de sac de sable
A des adultes déréglés
Qui face au stress
Vous blessent
Il y a dans nos prisons
Des voleurs pour un bidon
Mais ceux qui tuent votre innocence
Et vous cogne sans indulgence
Sont dehors
On vous remet chez eux
Manque de famille d'accueil
Manque de structures adaptées
Toi l'enfant qui sert de sac de sable
A des adultes déréglés
Qui face au stress
Vous blessent
L'on préfère gaspiller le pognon
Pour payer des politiciens bidons
Que l'on actionne comme des marionnettes
Pendant que pleurent ces enfants
Enfants du silence
Enfants de l'absence
Pauvre chair innocente
Face aux brutes impunis
Toi l'enfant qui sert de sac de sable
A des adultes déréglés
Qui face au stress
Vous blessent
Le monde crée des monstres
A force de stress, de pauvreté et de manipulations
La terre a mal
Et l'on ferme les yeux
Sur ces abominations
Bien au chaud dans nos maisons
...
Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Pascale MARLER’
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Si ton coeur persiste

Si dans ton coeur persiste
Une chanson aux notes optimistes
Ne lâche pas le son
Le monde a besoin de joie
Il y a derrière tout ce vacarme
Un havre de paix et de silence
La nature est là, entends la !
Et passe outre le vacarme des grandes routes...
L'amour et l'amitié
Et ses cousines la tendresse et la patience
Sont des armes de paix
Contre toutes les barbaries
Si dans ton coeur persiste
Une chanson aux notes optimistes
Ne lâche pas le son
Le monde a besoin de joie
Quand tout semble perdu
Quand tu te sens foutu
Tends l'oreille et regarde
Le vent murmure et le soleil rassure
Même en automne
Quand fatiguée, tu abandonnes
Marche et danse!
Qu'il pleuve, vente ou qu'il fasse grand soleil
Si dans ton coeur persiste
Une chanson aux notes optimistes
Ne lâche pas le son
Le monde a besoin de joie
Ce sont toutes les petites attentions
Tous les rires entre amis
Tous ces gestes gratuits
Qui éclairent ta maison
Respire et crois en toi
En l'autre
Chaque fois que tu es à terre
Fais une prière
Si dans ton coeur persiste
Une chanson aux notes optimistes
Ne lâche pas le son
Le monde a besoin de joie...
La vie a toujours un autre pas de danse
Sur une piste même encombrée de détritus
Et la musique est toujours le meilleur remède
Le sais-tu?
Un levé ou un couché de soleil
Sont aussi beaux l'un que l'autre
C'est le cadeau des Dieux
Quand tu lèves ton regard vers les Cieux.
Pascale (Auteure)
Peut être une image de 1 personne, monument et plein air
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administrateur théâtres

SPECTACLES

Voyage musical et spirituel

A Christmas Journey by la Monnaie Children’s and Youth Choirs

 22 Novembre 2021. Leur  album est  enfin dans les bacs ! Le voilà, le voici, sous le regard bienveillant de Benoît Giaux, chef de choeurs,  qui y a mis toute son âme. Sous le label Cypres qui fête ses 30 ans en cette saison 2021-2022, il se déguste comme un menu de découvertes, il se lit comme une méditation fleurie de l’esprit de Noël.  Un disque  rassembleur, sorti du cœur de Bruxelles, en hommage à L’Europe qui nous est proche. La priorité est  aux langues latines : du  wallon  au  catalan, et germaniques :  du flamand aux accents jazzy du rêve américain. Plus de 7 siècles d’histoire de la musique: du Moyen-Age à Tino Rossi.

 En 1997 nait une  collaboration entre la Monnaie et l’académie de musique d’Auderghem qui forment  les Chœurs d’enfants et de jeunes de la Monnaie : 120 jeunes de dix à dix-huit ans  désireux d’accéder à  une formation musicale   valorisante  qui leur donnera, sur base d’audition,  à  découvrir le plaisir et l’étude  de la musique chorale de haut niveau.  Originellement  divisés en deux chorales distinctes appelées La Choraline et la Maîtrise, ils forment  un seul grand groupe placé sous la direction artistique du chef de chœur Benoît Giaux.

Après des concerts  de Noël très apprécié  dans la salle du trône  palais Royal devant la famille royale belge par deux fois,  en 2016 et en 2018, l’idée est venue d’une création pour pérenniser cette extraordinaire aventure musicale. Ainsi, le compositeur et arrangeur Aldo Platteau a fait de  minutieuses recherches pour sélectionner des pièces qui composeraient sept tableaux de Noëls populaires et traditionnels à travers un voyage dans le temps. D’une façon ou d’une autre il s’agit d’un héritage culturel et religieux qu’il est essentiel de faire vivre.

Peut être une image de texte qui dit ’a christmas journey aldo d. platteau la monnaie children's and youth choirs benoît giaux copres 30Cears’

 Aldo Platteau a enseigné la composition et le chant d’ensemble à l’Académie de musique d’Auderghem, et les écritures approfondies au Conservatoire royal de Liège. Il enseigne actuellement le contrepoint et les différents styles d’écriture musicale, de la Renaissance au XXème siècle, au Conservatoire royal de Bruxelles et la composition de musiques appliquées et interactives au Conservatoire royal de Mons (Arts2).

Un très beau travail de composition soutient donc  l’œuvre à travers le large panel de de chants de Noël sélectionnés, avec des enchaînements harmoniques très élégants pour constituer le fil continu vers la lumière de la Sainte Nuit. Rejoindre l’intemporel.  Il invite à la paix et la  joie engendrées par  cette musique populaire entre toutes, celle  qui a bercé notre enfance et  a le don  de rassembler les foules dans la rue comme dans les sanctuaires. Le travail  d’écriture a d’abord ciblé les voix pour ajouter par la suite les instruments : un quatuor de cordes, une contrebasse, un piano, un accordéon et des percussions anecdotiques qui confèrent une  très savoureuse fraîcheur à l’ensemble. Cinq jours d’enregistrement à la poursuite du beau et du plaisir de l’Art ont rassemblé des jeunes de toutes origines. L’harmonie, incontestablement, est le maître mot. Le raffinement veut que s’ajoutent aux chœurs d’enfants, les très belles voix de 4 MM Soloists, des jeunes talents, triés sur le volet.  En effet, après au minimum une année passée au sein de l’Académie des chœurs, les jeunes qui démontrent un réel potentiel de soliste sont invités à devenir MM Soloists. Il s’agit des ténors Pierre Derhet et Maxime Melnik et des sopranes Margaux de Valensart et Virginie Léonard.    

Depuis leur création, les Chœurs ont donné de nombreux concerts, non seulement en Belgique mais aussi à l’étranger. Ils doivent également assurer les productions d’opéra et de concerts du Théâtre Royal de la Monnaie requérant des voix d’enfants.

En plus du travail de la technique vocale et de la lecture, ils y ont l’occasion de travailler d’autres domaines étroitement liés au chant tels que la respiration, la posture, le mouvement et l’appréhension de l’espace. Actuellement, environ 20 % de ces jeunes se dirigent ensuite vers des études artistiques supérieures et éventuellement une carrière professionnelle.

 On ne peut que conseiller de mettre l’esprit de Noël réinventé sous les sapins avec ce très précieux disque  qui sera aussi disponible à la vente après les concerts donnés  le 18 décembre dans la grande salle de  la Monnaie lors du Concert de Noël des Chœurs d’Enfants et de Jeunes et à à l’Aula Magna à Louvain-la-Neuve  le 12 décembre et le 19 décembre à l’Église Saint-François à Waterloo.

Dominique-Hélène Lemaire  Pour le réseau Arts et Lettres

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administrateur théâtres

SPECTACLES

Un élixir d’émotions et une plongée dans la folie

Sous  la direction de STEFANO MAZZONIS DI PRALAFERA † , on sait que l’opéra de Liège chérissait  les compositeurs italiens et en particulier les  œuvres de  Gaetano Donizetti (1797-1848). Après l’Elixir d’amour, La Favorite,  Anna Bolena, et la récente captation vidéo de La fille du Régiment, voici un dernier chef-d’œuvre romantique – Lucia di Lammermoor  (1835) –  où la passion romantique vire cette fois  à la folie. La mise-en scène est reprise par Gianni Santucci. C’est aussi  un dernier clin d’œil  du regretté directeur de l’opéra, à la folie de notre monde en plein bouleversement.  C’est comme si cette  ultime  mise en scène  de notre artiste regretté était  un   dernier  cadeau,  un  regard plein de tendresse posthume  lancé  à un public  qu’il adorait. Un  adieu  magistral à une époque révolue.  La direction musicale a été confiée à la très belle sensibilité artistique de Renato Balsadonna

Opéra Royal de Wallonie-Liège, de Lucia di Lammermoor

 A la base, il y a  le roman historique  de Walter Scott, « La fiancée de Lammermoor ». Comme Wordsworth,  Byron, Shelley  et Keats,  Walter Scott est l’une des figures les plus illustres du romantisme d’outre-Manche. Défenseur convaincu du retour aux sources populaires, il  fabrique  une image romantique de l’Écosse et de son histoire. Ainsi le décor de  lugubre château hanté signé Jean-Guy Lecat et les  chatoyants costumes de Fernand Ruiz, deux fidèles compagnons de Stefano Mazzonis di Pralafera.  C’est à Walter Scott,  d’ailleurs, que l’on doit le retour de l’usage du tartan et du kilt, dont le port avait été interdit par une loi du Parlement en 1746. Aux lumières: Franco Marri.  

 Ce roman fantastique raconte l’amour tragique de Lucy Ashton et d’Edgar,  laird de Ravenswood. Le père d’Edgar a été déchu de son titre pour avoir soutenu  Jacques Stuart II, roi d’Ecosse sous le nom de James VII,  permettant  ainsi au  père ambitieux de Lucy, Sir William Ashton, de racheter  le domaine  de Ravenswood.  Edgardo déteste  cette famille pour  l’usurpation de  des terres ancestrales de Lammermoor, mais en rencontrant Lucia, dont il tombe amoureux, il renonce à ses sombres projets de vengeance. Leurs fiançailles secrètes deviendront maudites. Le librettiste Salvatore Cammarano  développe alors  dans l’histoire une  puissante figure mâle dominante,  avide de pouvoir et de richesse,  en la personne du frère de Lucia, Enrico, un rôle embrassé avec  présence et  intensité par le belge Lionel Lhote.  


 Il est résolu à forcer Lucia, à contracter un mariage arrangé, politiquement  très avantageux pour lui, avec Arturo le Laird de Bucklaw. Enrico ne se gêne pas pour utiliser de fausses lettres et faire croire à Lucia qu’Edgardo l’a abandonnée.  La mort dans l’âme, Lucia  se voit incapable de résister aux pressions de son frère. Contre toute attente, la veille du mariage, Edgardo revient  d’une mission en France. Constatant avec horreur que Lucia, a signé  le contrat de fiançailles avec Arturo Bucklaw, il répudie Lucia, anéantie et  qui peut à peine parler. Le mariage a lieu le lendemain, suivi d’une fête à Ravenswood. Alors que les invités dansent, Lucia, poignarde Bucklaw dans la chambre nuptiale. Elle sombre rapidement dans la folie, divague, imaginant son mariage avec Edgardo et meurt.  Edgardo (le ténor Lyonnais Julien Behr au mieux de sa forme) met fin à ses jours.Comme dans Roméo et Juliette, l‘intrigue  est condensée sur un infernal triangle amoureux. Le chœur témoigne, comme dans les tragédies grecques. Il est préparé par Denis Second, formé au Conservatoire de Nice.

 L ‘admirable sextuor d’émotions de l’acte II est  un élixir exaltant qui se décline avec un irréprochable casting :  Luca Dall’Amico, natif de Venise,  donne sa  somptueuse voix de basse profonde au chapelin Raimondo  Bibedent, seul personnage  peut-être doué de raison dans l’histoire,   et  la mezzo-soprano  Julie Bailly donne la sienne  à la très  plaisante Alisa,  fidèle suivante de Lucia.  Oreste Cosimo en Arturo et Filippo Adami en Normanno  remplacent Maxime Melnik et le roumain Zeno Popescu, entendu sur cette même scène dans Norma, Rigoletto et I Puritani.  

Au troisième acte, pendant près de 20 minutes de chant ininterrompu Lucia revisite la vision fantasmée de  leur histoire d’amour, imaginant dans une forme d’extase onirique ce mariage auquel elle aspirait tant. Mais cette fresque  de passion  absolue est traversée par  d’épouvantables moments de  cruelle lucidité où elle  prend conscience l’horreur du meurtre commis et  de l’abominable destin qui accable les amants. Zuzana Marková, rompue au bel canto italien, interprète avec la plus grande vérité ce  personnage féminin broyé par une société éminemment oppressante. Elle  dispense avec fulgurance ses immenses phrasés palpitants  sur un solo de violoncelle et projette de manière étincellante  un feu  nourri de traits de virtuosité  exceptionnelle.  En plein cœur de  la performance de l’artiste, il y cette inoubliable  cadence où Lucia dialogue avec son rêve  fracassé. Sa voix s’enroule sur les sonorités cristallines étonnantes d’un armonica de verre – instrument défiant le monde réel, inventé par Benjamin Franklin en 1761. Tenu par Sascha Reckert, il est  situé dans la fosse, à deux  coudées des flûtes insistantes et de la sublime  harpe.  Les couleurs glaçantes de la  dilution de la raison de Lucia  et  le spectre de la mort avec ses sonorités chromatiques s’accrochent jusqu’aux confins de la coupole de l’opéra. Les luxuriantes vocalises, trilles, arpèges brisés et notes suraiguës finales  de la chanteuse évoquent autant  la réalité insupportable de la situation, que  la folie d’un monde en perdition,  et un appel au secours désespéré,  rejeté par  le ciel. Ou la libération finale attendue après un véritable calvaire de souffrances… 

Opéra Royal de Wallonie-Liège, de Lucia di Lammermoor

ET la folie? Donnizetti connaît ! On n’ignore pas qu’après avoir vécu à Naples comme directeur musical des théâtres royaux de 1828 à 1838, Donizetti s‘était  fixé à Paris. Atteint d’une paralysie générale et de troubles mentaux, il fut interné à l’hôpital psychiatrique d’Ivry, puis  ramené à l’automne de l’année suivante dans sa ville natale, où il mourut, le 8 avril 1848…

Du vendredi 19 au mardi 30 novembre 2021

20H00 OPÉRA ROYAL DE WALLONIE-LIÈGE | THÉÂTRE ROYAL

Dominique-Hélène Lemaire Pour Arts et Lettres




 

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                                      SOUS LE CHAPITEAU : LES COULEURS DU CIRQUE DE JOSE MANGANO

Du 05-11 au 28-11-21, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken, 83, 1000 Bruxelles) a le plaisir de vous présenter l’œuvre de l’artiste italien, Monsieur JOSE MANGANO, intitulée : JE T’AIME, TU LE SAIS.

JOSE MANGANO se distingue, immanquablement, par son univers féerique, tout droit sorti d’un cirque imaginaire, avec ses saltimbanques jonglant avec les lois de l’espace. Lois privées de gravitation car ce qui caractérise la conception de ses personnages, faisant derechef la spécificité de son écriture picturale, ce sont ses silhouettes, filiformes, donnant le sentiment de flotter sur la surface de la toile, créant ainsi un agglomérat humain, en lévitation dans l’espace. Le sujet, ce sont, précisément, ces longues silhouettes allongées, remplissant l’entièreté de la toile, séparées entre elles par un espace pratiquement inexistant. A’ certains moment, le regard peut déraper sur un mirage à la Keith Haring mais la vision s’arrête aussi net. Nous sommes confrontés à un univers féerique où les personnages apparaissent d’instinct au regard, sans que celui-ci ne les recherche. Univers fabuleux qui trouve ses racines dans la Sicile natale de l’artiste.  A’ l’approche de l’œuvre, on le sentiment que celle-ci a été réalisée sur une feuille de papier millimétré, tellement les formes remplissant l’espace ne s’entrechoquent jamais. Chaque personnage illustrant cet univers comprimé est « enfermé » dans une « bulle » imperceptible. L’on se perd entre peinture et dessin, tellement la forme devient complexe dans son graphisme, ce qui influe sur le rendu spatial. Est-ce un dessin? Est-ce une peinture? Tout est question de graphisme composant avec la spatialité. Et l’artiste se répète tout au long de sa folie chaude et douce, jusqu’à vivre lui-même à l’intérieur de son propre univers.

JOSE MANGANO domine, au moins, deux écritures picturales. Celles-ci prennent leur base sur une ligne « flottante » s’étirant dans l’espace. En réalité, tout est étiré : figure humaine comme animaux, fantastiques ou non. Tout s’étire mais, par rapport à ce que nous précisions plus haut, rien ne s’entrecroise. Autant chaque personnage étire sa forme dans l’espace, autant il est autonome, à l’intérieur de sa forme : rien ne s’entrechoque. Et cette agglutination de formes allongées donne le sentiment que tout est relié à un fil conducteur invisible.

Cela est dû au fait que l’écart entre les formes n’est que de quelques millimètres. Ce qui accentue la dynamique amorcée par le foisonnement des personnages, déployés dans l’espace. Mais cela exprime aussi la manifestation d’un respect inconditionnel envers l’Autre, de la part de l’artiste, en ce sens qu’à aucun moment, nul personnage n’envahit l’espace autrui. Notons, néanmoins, qu’il existe une disposition structurée des personnages : la figure humaine est conçue de face. Le bestiaire, réel ou fantastique est pensé de profil. Le visage humain se présente isolé et souvent de profil.

      (50 x 50 cm-acrylique) (sans titre)

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  • Techniquement, le mode pratiqué par l’artiste a d’abord consisté à peindre le fond de la toile en noir et gris. Le résultat s’exprime par l’existence du personnage apparaissant, lequel est d’emblée compris dans le gris. Le noir est là pour décanter la forme, par le trait et le fond. Le doré est également usité dans le trait.

      (50 x 50 cm- acrylique) (sans titre)

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  • L’artiste a commencé par peindre le fond. Ensuite, il a dessiné avec des feutres à base de poudre composée de blanc et de doré. Cela dynamise l’aspect des personnages peints, alors qu’il s’agit, en réalité, d’un dessin sur un fond coloré.

 

Mais il arrive qu’il n’y ait plus d’espace (à proprement parler) entre les personnages. Et nous nous retrouvons face à une plage blanche dont le centre est occupé par un ensemble impressionnant de têtes humaines. La forme dans son intégralité, ne se révèle qu’à l’avant-plan, par une série de silhouettes masculines debout. Chacune adopte une posture statique particulière, dont le but est de dynamiser le mouvement par rapport au statisme de l’ensemble. Néanmoins, il y a un mouvement ondulatoire, à peine perceptible, concernant la « masse » formée par les personnages, vers le milieu de la toile.

      (54 x 45 cm-acrylique) (sans titre)
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L’artiste adopte également une deuxième écriture. Celle-ci est régie par le même code sémantique : quatre personnages aux proportions différentes de celles que nous avons rencontrées jusqu’ici, sont parsemés d’une série de cercles de formes multiples. L’arrière-plan est noir.

      (78 x 58 cm-acrylique) (sans titre)

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L’univers, ici envisagé, est celui du cirque dans sa magie. Les deux personnages, au faciès hyperbolique, dominant le centre de la toile, occupent l’essentiel de l’espace.

Les deux autres (sur la gauche de la toile), ont le rôle mineur de saltimbanques. Ils divertissent l’audience. Avec leur tête au volume disproportionné, (posée sur le cou, inexistant, en ce qui concerne le personnage de droite) et extrêmement long pour ce qui est du personnage de gauche, le visiteur éprouve le sentiment qu’il s’agit d’une fête foraine où des masques égaillent l’atmosphère nocturne. Comme pour toutes les œuvres de l’artiste, l’attention est attirée par la minutie des détails, finement travaillés.

 

Cette œuvre, composée de rouge, de bleu, de jaune, de vert et de blanc, tout en affirmant une température chromatique chaude, trouve son originalité dans l’esthétique qu’elle traduit : celle de Chagall. Cette image sortant de l’inconscient de l’artiste, exprime l’admiration qu’il éprouve pour le maître russe. Cette toile est intéressante dans ce qu’elle révèle, à savoir ce qui constitue une esthétique. Qu’est-ce qui, en ce qui concerne cette œuvre, est « chagallien »? Est-ce le faciès du personnage masculin au visage rond dans sa vive expression du regard? Pas du tout. Est-ce sa position corporelle de ¾ dans une attitude rappelant la danse hassidique? On s’y approche, surtout si l’on considère que Marc Chagall était juif, et qu’il a énormément évoqué la culture yiddish dans son œuvre. Néanmoins, cela participe de l’anecdotique. Tout se joue dans la puissance du chromatisme : couleurs vives, galvanisant l’atmosphère scénique. Les couleurs « enveloppent » le personnage, comme dans un tourbillon. Tout de blanc vêtu, il émerge de cet amalgame chromatique. Il est au centre d’une révolution sensuelle. Ses bras accueillent l’oiseau (ou pour mieux dire, les oiseaux antithétiques, disproportionnés dans la taille) terminant, en quelque sorte, la dynamique du mouvement.   

       (40 x 50 cm-acrylique) (sans titre)

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Principalement autodidacte, JOSE MANGANO a travaillé pendant quarante ans chez Oxfam. En 1995, lors d’une fête consacrée à l’Afrique, réalisée par cette organisation, il eut l’opportunité de se familiariser avec le graphisme, à partir d’une commande ferme.

Cela s’est concrétisé par la création d’une couverture sur le sujet. Depuis lors, il a travaillé comme graphiste. Après avoir travaillé la peinture à l’huile pendant dix ans, considérés comme une période de recherche, il s’est montré insatisfait par le résultat. Il a continué à dessiner et à peindre pour entrer dans une période de « (re)naissance », comme il le dit lui-même. Il a ensuite réalisé des cartes postales à destination d’Amnesty, pour les prisonniers politiques, où il a rencontré un grand succès. Il est également sculpteur. Son matériau est le papier mâché avec lequel il sculpte des masques. Tout cela traduit un amour vital pour le théâtre et son pendant populaire, le cirque. En effet, l’artiste, qui a étudié le théâtre également en autodidacte, est aussi clown depuis quinze ans ainsi que marionnettiste. Voici dix-sept ans, il a fondé une école de cirque, dont il est le président. Il est également poète et écrivain. Sa technique est l’acrylique sur base d’un dessin au graphisme avec marqueur. Cette (désormais éternelle!) période de Covid-19 lui a donné l’énergie nécessaire pour créer. Et cette énergie s’est traduite dans le rapport qu’il entretient dans ce qui définit totalement son œuvre plastique, à savoir la couleur et la ligne.

Celles-ci sont la source d’une continuité galvanisante, alimentant l’énergie intrinsèque du visiteur.

L’artiste insiste sur le fait que seul l’inconscient est le bras guidant son œuvre. Il affirme que « seule la répétition du mouvement est une prière vers les autres ». C’est par cette liturgie esthétique que son œuvre s’ouvre au Monde.  

François L. Speranza.

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Collection "Belles signatures" © 2021 Robert Paul

 

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

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L'artiste JOSE MANGANO et François Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles.

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Photos de l'exposition de JOSE MANGANO à l'ESPACE ART GALLERY

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A l'étincelle d'une étoile

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Il était une fois
Une terre si belle, millénaire
Qui jouissait de trésors
Que nul ne pouvait imaginer
Dans ce somptueux décor !
Il a fallu quelques esprits troublés
Et des milliers d'années
Pour briser l'harmonie
De cette douce symphonie
Que reste t'il aujourd'hui
De ce cadeau des mille et une nuits ?

Juste un désert austère
Sous un vent de misère
Plus une goutte de nuance
Pour peser dans la balance
Pas même un nuage de soie
Pour cacher cet effroi !
Oui, il était une fois ...
Un monde merveilleux
Ou tous étaient heureux
Quand on s' contentait de peu
Et qu' les vœux étaient pieux !
Désormais il ne reste plus rien
Que la lune et l'horizon lointain
Sous l'ombre de ce funeste destin
S'élance l'arbre de la vie
Comme un espoir, une envie
Et quelques larmes de pluie !
 
•⊰✿~•
 
© Elea Laureen
 
Support ; Touch the moon ~ ID's ~ ArtPal
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administrateur littératures

Deux voix talentueuses de nos Lettres, aux voies semées de mots reflet de leurs pensées et de celles de leurs personnages, sourires et sensibilité au rendez-vous de cet automnal 21 novembre.

Auteure prolixe, Jacqueline Gilbert se dit curieuse et contestataire, le questionnement en son coeur, parmi ses principaux centres d'intérêt: le théâtre, la littérature, la peinture. En cette après-midi dominicale, notre première invitée nous a évoqué avec verve son recueil "Un petit détour" ainsi que son roman "Un petit goût de quinquina". Voyage, voyage, le verbe plaisant, même enchanteur.

Juriste de formation, Martine Rouhart nous a confié que lire et écrire ont toujours fait partie de sa vie, donc d'elle-même. "Ecrire, c'est surtout se donner aux autres sans réserve mais par fragments..." Auteure de nombreux romans et recueils, notre seconde invitée nous a guidés au coeur de son roman "Les fantômes de Théodore" et de son recueil "Saisir l'instant". Voyage, voyage, le verbe fluide et accrocheur.

"Un petit détour": Entre poésie et prose, des textes courts, légers, parfois inquisiteurs, nous invitant aux rêves et à la réflexion.

"Un petit goût de quinquina": De vie, de sensibilité, de profondeur, de vives émotions. Un jardin extraordinaire.

"Les fantômes de Théodore": Un père s'absentant du monde, s'enfermant dans ses pensées, qui un beau jour d'été égaré du mois d'avril disparaît. Un roman accompli, une singulière énigme à la clé.

"Saisir l'instant": une attention aigüe à la beauté, à la vie dans ce ténu qu'elle nous offre, à cet immatériel fragile, fugace.

L'appel a été entendu en cette veille de Ste-Cécile: Jacqueline Gilbert, droite, fière et souriante, et Martine Rouhart, la parole généreuse et sincère, nous ont captés, touchés, enchantés. Les regards ne trompaient point, les masques dissimulant à peine l'intérêt que portait l'auditoire aux auteures et à leurs publications. Une jolie réussite que cette double rencontre? Les sourires, rires et autres interventions l'ont prouvé, le modérateur ayant opté avec cette nouvelle formule pour davantage d'interactions mais la parole avant tout aux invitées! Ravies? Le verre des amitiés littéraires offert par le propriétaire de la galerie ne fut que bulles et pétillements, ceci sous l'oeil attentif de l'initiateur des Rencontres également fondateur du réseau Arts et Lettres, les deux lecteurs de ce dimanche s'étant eux aussi montrés particulièrement investis. Merci à eux, merci à tous!

Notre prochain rendez-vous? Le 16 janvier 2022, toujours un dimanche, avec Florence Noël et Sylvie Godefroid. Le verbe souriant aux mots!

Thierry-Marie Delaunois, modérateur et organisateur

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Alger la blanche par Anna Gréki

S’bah El Kheir Âalikoum (Bonjour) mes ami(e)s ! N’harkoum Mabrouk ! (Que ce jour soit béni) ! Alger ce n’est pas seulement que de la pierre, de l’asphalte et de trottoirs. Alger, c’est aussi cette muse qui a inspirée tant de poètes locaux ou de passage. C’est le cas de la poétesse Colette Grégoire (1931-1966) dite de son nom de plume Anna Gréki qui a écrit « Alger la blanche » extrait de son recueil  « Algérie Capitale Alger ». Mais trêve de bavardage, je laisse le soin à Anna Gréki de vous présenter Alger ma ville à l’aide de ses vers. Bonne lecture et agréable journée à mes ami(e)s belges. Alger, Louhal Nourreddine, le 23 Novembre 2021.   

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Alger la blanche

« J’habite une ville si candide

Qu’on l’appelle Alger la blanche

Ses maisons chaulées sont suspendues

En cascade en pain de sucre

En coquilles d’œufs brisés

En lait de lumière solaire

En éblouissante lessive passée au bleu

En plein milieu

De tout le bleu

D’une pomme bleue

Je tourne sur moi-même

Et je bats ce sucre bleu du ciel

Et je bats cette neige bleue du ciel

Bâtis sur des îles battues qui furent mille

Ville audacieuse Ville démarrée

Ville au large rapide à l’aventure

On l’appelle El Djezaïr

Comme un navire

De la compagnie Charles le Borgne[1]. »

Il s’agit de la compagnie de navigation Charles Le Borgne qui a été fondée en Normandie (France) au XVIIIe  siècle, soit en 1735 par Charles Jean Le Borgne (1735-1759).12273410660?profile=original

Digest : Anna Gréki, de son vrai nom Colette Grégoire est une poétesse et militante algérienne née en 1931 à Menaa (Batna) dans les Aurès à l’Est d’Algérie. Fille d’un couple d’enseignants, la poétesse écrivait : « Tout ce que j'aime et ce que je fais à présent/A des racines là-bas/Au-delà du col du Guerza, à Menaâ. » Elle effectue ses études primaires à Collo, secondaires à Skikda (ex-Philippeville) et Annaba (ex-Bône), où elle a réussi au baccalauréat à 16 ans  Engagé jeune à la Sorbonne (Paris) auprès des étudiants communistes et partisans de l’indépendance algérienne comme Sid Ahmed Inal, André Beckouche, Jean-Claude Melki… elle retourne en Algérie après le déclenchement de la guerre de libération aux côtés des militants du Parti communiste algérien (P.C.A) et des Combattants de la Libération. Arrêtée, torturée, elle continue d’écrire en prison jusqu’à son exil à Tunis où sera publié son premier recueil : Algérie, capitale Alger. A l’indépendance elle reprend ses études à Alger et s’engage dans la lutte pour une culture populaire et révolutionnaire et milite en faveur d’une littérature algérienne plurielle. Elle meurt soudainement en 1966. (Source : Terrasses éditions & Louhal Nourreddine)

[1] Il s’agit de la compagnie de navigation Charles Le Borgne qui a été fondée en Normandie (France) au XVIIIe  siècle, soit en 1735 par Charles Jean Le Borgne (1735-1759).

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DANS NOTRE ACTUALITÉ

UNE BELLE NOUVELLE ! 
https://www.scribest.fr/article-229-mes-deux-oncles-l-enigme-du-moteur-a-eau

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Œuvres en partage est l’asile où la plume d’ici ou en exil jette l’ancre à l’enseigne du relais littéraire de Jacqueline Brenot qui éclaire l’itinéraire de ces « routards » à la Nedjma qu’elle a au cœur. Et du halo de Kateb Yacine (1929-1989), l’auteure de La dame du chemin des Crêtes d’El-Mouradia (ex-le Golf) éclaire sa terre de prédilection qui est l’Algérie et lève aussi le voile de l’anonymat sur des écrivains qui n’ont d’autre lien que ce trait d’union qui les lie également au sol.

Notamment la terre où Jacqueline Brenot s’est nourrie aux fruits de cette terre et À l’école en Algérie – des années 1930 à l’indépendance. D’ailleurs, ce professeur de lettres de collège et lycée (Paris) a de qui tenir. De sa mère qui est aussi cette « dame des crêtes » qui l’a outillée des affreusetés d’Une enfance dans la guerre.

Journaliste-chroniqueuse à l’hebdomadaire Les presses du Chélif, l’auteure a conçu le concept « une semaine, un auteur dont le thème du livre doit être en osmose avec l’actualité », a-t-on su de celle qui a bâti une passerelle entre « Alger-Marseille » afin de diffuser ses Chroniques culturelles du Chélif en Hexagone. « Il y a une déperdition de l’esprit de curiosité qui s’ajoute au fait que l’on ne trouve plus des auteurs étrangers dans les kiosques de gares de France », a déclaré cette Algérienne de cœur que nous avons rencontrée au stand des Presses du Chélif.   D’où la publication d’un florilège de chroniques chélifiennes intitulées Œuvres en partage I et II où figurent vingt-deux auteurs. Préfacé par le journaliste Djilali Bencheikh, « ce recueil se présente donc comme une croisière, un agréable voyage à travers la créativité algérienne contemporaine ».

« On peut rêver, mais ce type de littérature contemporaine existe, pas très loin, et sa terre d’élection est l’Algérie depuis plusieurs décennies, avec brio », écrit l’auteur en guise d’avant-propos où elle ressuscite le souvenir de Taos Amrouche dite Marguerite (1913-1976), Mohamed Dib (1920-2003), Mouloud Feraoun (1913-1962), Malek Haddad (1927-1978), ces pères fondateurs de notre littérature et plus tard Tahar Djaout (1954-1993). Seulement, celle qui a conduit l’ouvrage collectif Une enfance dans la guerre – Algérie 1954-1962 se heurte à la difficulté d’avoir du grain à moudre.

« L’idéal est d’avoir à portée de main des ouvrages dans toutes les langues en usage en Algérie, dans l’optique de diffuser plus d’œuvres d’auteurs algériens des années 1930-50 et jusqu’à ce jour, auprès des bibliothèques de cités de banlieues de Paris, de France et de Navarre. » S’agissant de la poésie, celle-ci n’est pas en reste, à l’instar de l’œuvre Le désert à petites gorgées d’Amina Mekahli, qui a reçu la mention d’honneur du prix Léopold Sédar Senghor à Milan 2018 et traduit en roumain par Ion Deaconescu pour le festival mondial de poésie Mihai-Eminescu de Craiova (Roumanie).

Autre perle, Hamid Larbi qui a été primé à Azerbaïdjan, a déclaré Jacqueline Brenot. Voilà qui met fin aux thèmes récurrents de la femme battue et de l’intégrisme religieux. « L’Algérie est un fertile creuset de littérature aux thèmes identitaires et de la revendication des libertés démocratiques », a conclu cette Algérienne jusqu’au bout de ses ongles.

Par Nourreddine LOUHAL

In Liberté du 06 Novembre 2019.

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S’bah El Kheir Âalikoum (Bonjour) mes ami(e)s ! N’harkoum Mabrouk (Agréable journée) ! Le mélodieux clapotis des eaux de nos fontaines s’ajoutent à la déferlante des flots du Chélif[1] et jouent sur un air de « Lasnamia[2] » et à l’unisson la « Symphonie de L'Eau » de Serge Lancen (1922-2005) qu’il a composé en 1984. Et à y prêter l’oreille on n’entend aussi la chorale des «Enfantastiques » qui chante : « C'est de l'eau - La planète bleue, oh que c'est beau. C'est de l'eau.» Bien entendu, une aussi belle alchimie est l’œuvre de mon amie et consœur Jacqueline Brenot qui a chroniqué mon livre à la rubrique « Culture » de l’hebdomadaire le Chélif : « Alger la Mystique » (Ziyarat autour de nos fontaines) publié aux éditions Tafat et Aframed (2018). Lisez l’article ou plutôt cette fiche d’appréciation de lecture qu’elle a tissée de ses mains de fée « Pénélope ». Mieux, et dans son bouillon de culture, elle en a plus d’une opinion littéraire la bien nommée  Jacqueline Brenot qui chronique de sa plume d’ambassadrice auprès de l’Hexagone (France) la littérature qui s’écrit ici chez-nous. C’est là, la noblesse de sa démarche, de ses écrits qui consistent à présenter les œuvres d’autrices et d’auteurs algériens en guise de lettre de créances qu’elle présente au-delà de la frontières à l’aide de son « Trait d’Union » qui rapproche les amoureux du livre des deux rives Sud-Nord. Et ça ! Le Chélif (journal) s’avère cette idéale passerelle pour que les auteurs d’ici et de là bas puissent échanger loin des clichés et des idées reçues. Donc, autant applaudir cette tisseuse de mots à qui l’on doit d’être lu par autrui. Et rien que pour ça, notre consœur doit bénéficier de toutes les attentions, notamment en logistique pour y acheminer ses œuvres en partages à Paris où elle est sollicité, par les deux communautés qui désire en savoir plus sur nous. L’appel sera-t-il entendu par l’autorité en charge de la culture et des arts? En attendant, lisez l’hebdomadaire « Le Chélif » n° 414 du 17 au 23 novembre 2021.Bonne lecture et agréable lecture.  Alger, le 20 Novembre 2021

Alger la mystique – Ziyarate autour des fontaines

- Quand l'eau rythmait la vie de la cité –

Publié dans l’hebdomadaire Le Chélif n° « Le Chélif »414 du 17 au 23 novembre 2021

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Par Jacqueline Brenot

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Derrière certaines démarches littéraires, il existe un désir de restituer la beauté et la poésie de lieux légendaires malmenés par le temps, les catastrophes naturelles, les guerres et l’oubli. Celle de Nourreddine Louhal propose d’ouvrir large le regard et la réflexion sur les sources de vie et d’histoires de la Casbah à travers ses fontaines, celles d’Alger et de sa banlieue.

L’eau source de vie livre des secrets comme des contes populaires, mais surtout des témoignages historiques incontournables sur l’art de vivre qui y présidait. Cette mise à l’honneur de l’«or bleu » de l’Algérie n’a pas fini d’interroger le passé au profit du présent.

En feuilletant l’ouvrage illustré de photos en noir et blanc et d’une multitude de références, de récits associés qui illustrent la centaine de fontaines d’origine, remises à l’honneur, on suppose une imposante recherche d’archives et un souci du détail. Après un « préambule » sur la mémoire collective et le « prélude sur les aqueducs et fontaines d’Alger », l’auteur déroule sur sept chapitres fort documentés un tapis rouge à ces puits de vie indispensables à la vieille cité et à ses artisans.

Loin des poncifs sur cet héritage millénaire aride de documents, et dont le parc des fontaines varie « de 100 à 150 » suivant les experts et les époques, avant la conquête française, cette étude sur cette manne ancestrale de l’eau s’appuie également sur des souvenirs d’enfance et des témoignages croisés. L’intérêt de la recherche réside dans cette diversité d’apports entre documents savants des « voyageurs-diplomates » du 17ème siècle, inventaires effectués au cours du Consulat français au 18ème, puis ceux de « la conquête » et autres découvertes singulières sur le terrain.

Difficile d’évoquer chacune des fontaines de cet ouvrage, tant elles furent nombreuses, différentes d’aspect et d’origine, pour lesquelles les habitants marquaient une halte pour se rafraîchir ou faire leurs ablutions. Cependant dans ce chapelet d’anciennes constructions « algéro-mauresques » de la Casbah, pour beaucoup taries ou murées, et dont il ne subsiste que cinq, dont Aïn Sidi-Ramdane contre la mosquée du même nom et Aïn Sidi-M’hamed Chérif. Certaines persistent dans le souvenir, « auréolées de carreaux de faïence » comme les deux célèbres du mausolée du saint Sidi Abderrahmane Ethâalibi et de sa petite-fille L’alla Aïcha, ou celle privée de la « Bab Eddar de l’Ila Khedaouedj El Aamia, ou encore la fontaine du marché du vendredi « Aïn Souk El-Djemâa ».

L’auteur choisit parfois des envolées poétiques pour rappeler le patrimoine fluvial de « la belle El Djazaïr » sous « la gérance de la cité durant le 18ème siècle ». Dans l’apport extérieur déterminant, l’arrivée de « l’élite des migrants » morisques, « médecins, hommes d’art et de lettres », et « artisans-fontainiers » spécialistes en captage de l’eau, expulsés d’Espagne par les monarques catholiques, bénéficia à la ville. Parmi les initiatives des dirigeants qui se succédèrent, celles du Bey Hassan Pacha ou Hassan Barberousse qui obtint « le portefeuille pour l’édification d’aqueducs… canalisations et fontaines ».

Parmi les sources citées, celle de Sidi Yacoub El Cordobi, au lieu-dit de la « Colline du savon », refuge des migrants d’Andalousie qui alimentait des fontaines d’El Djazaïr. Déjà au 10ème siècle, la beauté de la ville blanche et de ses fontaines est mentionnée par un chroniqueur arabe. Parmi les fontaines rendues célèbres par leurs visiteurs figurent celle de Sidi M’hamed Chérif auprès de laquelle écrivains et artistes venaient s’asseoir au début de 1900, de plus ses eaux avaient la réputation d’apporter la « baraka ».

Chaque fontaine, même oubliée ou murée est répertoriée, accompagnée de précisions sur son lieu d’origine, souvent au cœur de la médina, « l’âme de la Casbah ». Dans cette impressionnante liste, citons la fontaine de Bir Chebana près de laquelle fut dressé le décor du film de 1937 de « Pépé le Moko » avec l’acteur français Jean Gabin. Ou encore, dans un autre registre célèbre, la fontaine Sidi Abellah qui « a bercé de ses clapotis » les deux princesses, N’Fissa et Fatma, filles de Hassan Pacha. Sans oublier l’eau digestive de l’Aïn El Aateuch, la fontaine de la soif.

L’auteur rappelle aussi certaines démolitions dûes à « la folie du génie militaire français », comme celle de l’aïn El Hamra, en 1863. Cette « excursion » littéraire ne peut omettre le rôle de ceux qui ont participé à la préservation de ces lieux, depuis celui du « guerraba », l’« apaiseur » de soif, ou le « bsikri », le porteur d’eau, immortalisé par le peintre Lazerges, aux souverains: Dey Hussein, dernier dey d’Alger, surnommé le « généreux fontainier », et Baba Ali Neskis pour la fontaine du Hamma près de la villa Abd El Tif.

De nombreuses pistes sur le réseau hydraulique préexistant, mais aussi d’anciens métiers disparus, dont ceux de parfumeurs, sont abordés à travers ce panorama culturel. Ces fontaines ont participé à la renommée de la Casbah et d’Alger depuis des siècles, mais les guerres n’ont pas épargnées ces points d’ancrage social.

Grâce à l’opiniâtreté et au talent de l’auteur dans cette recherche, la fontaine devient ici un personnage majeur aux multiples visages de la métropole urbaine qui s’est imposée des siècles durant dans la vie des habitants. Disgraciée par le temps, les circonstances et les gens qui n’ont pas toujours pris soin d’elle, sa disparition progressive nous affecte et suscite le désir d’une ultime sauvegarde.

Cette recherche invite aussi à s’interroger sur les causes de l’abandon progressif de ce précieux patrimoine.

Indépendamment de la symbolique de l’eau et des fontaines, le fil rouge de cet ouvrage reste la volonté de partager la connaissance du patrimoine hydraulique de la Casbah et d’Alger, à portée de puits délaissé, bouché par certains propriétaires au détriment du collectif.

En sauvant de l’oubli et de l’indifférence ces lieux vitaux, Nourreddine Louhal fait émerger les richesses de la vieille ville abîmée, brisée par le temps et la négligence collective, par l’égoïsme de propriétaires qui se sont attribués des points d’eau. Cette mine d’informations suscite l’envie de découvrir et de sauvegarder le réseau de ces sources, témoins d’une époque révolue où les souverains d’avant la colonisation ont apporté un soin particulier.

Le choix formel simple de présentation est inversement proportionnel à la richesse de l’enquête menée sur deux ans. Pas de grands formats de photos qui écrasent et dispersent le discours. La quête de l’historien s’exprime en filigrane derrière chaque commentaire, avec parfois regret et amertume devant tant de trésors oubliés ou brisés et la volonté d’« une sauvegarde d’un patrimoine hydraulique ancestral » suivant l’auteur-chercheur. Ses récits rapportés rendent les fontaines aussi éternelles que l’eau dispensée, même si elles n’ont pu échapper à la disgrâce de la rue et des autorités locales. Oasis culturel ancré dans l’une des plus célèbres médinas, classée site historique au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992 et secteur sauvegardé en 2003, elle interroge l’Histoire et ceux qui ont négligé sa protection.

La culture de ces édifices participe d’un savoir millénaire autour de l’eau. Faute de monument et de transmission, la chaîne de cette connaissance est rompue. A ce point de réflexion sur cette « ziyarate » de ces puits de source, il est juste de rappeler l’expression mystique de la Nature à travers l’eau protectrice synonyme de Vie. Du même coup, le devoir de sa préservation et de bienfait s’impose dans la continuité, au bénéfice du plus grand nombre. L’analyse qui découle de cette imposante recherche nous ramène à l’essentiel: la sauvegarde de l’eau, qui nous sauve et nous garde.

Souhaitons une large audience à cet ouvrage, afin que des initiatives de rénovation puissent encore sauver quelques uns de ces lieux au profit de la vie d’un quartier, à la vie tout court, face aux menaces d’accélération des changements climatiques.

Alger la mystique – Ziyarate autour des fontaines

Nourredine Louhal

Coédition de Tafat et Aframed - 2018

Bio de Nourreddine Louhal: originaire d’Azeffoun, né en 1955 à la Casbah. Ancien cadre chargé d’études hydrauliques, journaliste, et écrivain, auteur de « Chroniques algéroises la Casbah éd, A.N.E.P 2011 », « Les jeux de notre enfance éd, A.N.E.P 2013», « Alger la blanche (Contes, légendes et boqalat) éd, Tafat/Aframed 2016».

[1] C’est le plus important fleuve d'Algérie. Long de 733 km, au nord-ouest de l'Algérie, il prend sa source dans l'Atlas saharien et a son embouchure dans la Mer Méditerranée, près de Mostaganem. 

[2] Genre musical de l’Ouest d’Algérie qui est tiré de la Ville d’El-Asnam (ex-Orléans-ville) coloniale devenu Chlef depuis le tremblement de terre du 10 octobre 1980.

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Lancer des élastiques.

12273403260?profile=originalCe matin, je me suis regardé dans la glace.
Sur le côté gauche du front, une trace ! 
Et bien ça c'est une drôle de tête ! 
Aurais-je encore fait la fête hier ? 

Serais-je tombé de mon lit? 
Aurais-je fais pipi au lit ? 
Je n'y comprends rien ! 
Si défiguré ce matin ? 

Blessé en journée, je comprendrais ! 
Prendre ses pieds dans un tabouret ! 
Mais là, je ne saisi pas ! 
Je ne me reconnais pas !

Que vais-je faire maintenant ?
Va t'elle me reconnaître maman ?
Comment faire pour changer d'allure ? 
Jeter des élastiques dans ma figure ? 

Ouille ! J'ai visé juste mon nez. 
Ah ! Cette fois-ci j'ai changé.
Je souhaiterais aussi changer de coiffure. 
Découvrir une autre tête, une belle figure. 

Me voilà prêt, je me retrouve enfin. 
Café au lait et tartines du matin. 
Mais oû sont donc mes lunettes ?
Je ne trouve pas ma bicyclette ? 

Décidément, cette journée, ça ne va pas. 
Je sens que je vais finir dans de beaux draps !   
Est-ce bien moi qui écrit ces choses-là ? 
Pince-toi ! Aïe, oui c'est bien moi Benoit !

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JUSQU'À MA MORT.

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J'aurais voulu te connaître par corps.
Observer ta façon d'être tout d'abord.
Puis frôler ce que tu portes, mais encore.
Poursuivre peut-être en tirant au sort.
Toucher le miroir après ton passage.
Garder ton odeur dans mon couchage.
Une femme d'exception, un être en or.

Rester à tes cotés jusqu'à ma mort.

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Voyez donc, en bas de la colonne de droite du réseau des liens vers de très nombreux billets consacrés a des sujets comme:

L''humanisme: 87 billets

Les lumières

-16 billets

Voies et chemins antiques de la Grèce

-19 billets

Les littératures : 39 billets

Ethique et spiritualités

-38 billets

Guerre et Paix

-5 billets

Etc..., etc...

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Mais le sapin reste toujours aussi vert

Lumière douce, ciel pâlissant

Feuilles jaunes, feuilles rousses et vent gémissant

L’érable est nu

Sol jonché de feuilles d'automne

Mésange nichant dans le verger

Merle dormant dans la haie

Mais le sapin reste toujours aussi vert et même en hiver

Nous deux si heureux en balade entre marais et iris sauvages

à Uccle dans la réserve naturelle de Kinsendael

Une baie de houx sur la joue

Et un baiser doux dans mon cou

19/11/2021

Nada

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