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12273091896?profile=originalLe Metalogicon est une oeuvre de l' humaniste et historien anglais Jean de Salisbury, qui fit ses études en France et mourut évêque de Chartres (Johannes Saresberensis, 1110/1120-1180). Ecrite pendant la période de l'exil d'Henri II, c'est une défense de la culture humaniste, en même temps qu'un essai des plus originaux sur la nature de la vérité.

Elle est dirigée contre le parti des "Cornificiens", qui blâmaient les études, car dans nombre de cas, elles étaient devenues un simple moyen de parvenir aux charges les plus lucratives. La grammaire elle-même, affirme Jean de Salisbury, bien qu'elle ne soit pas quelque chose de naturel, mais une découverte des hommes, imite aussi la nature, conduit au bien et est de la plus haute utilité. Quant à la  logique, elle a pour éminente fonction de former les esprits et sa connaissance est essentielle pour ceux qui entendent cultiver l' "art de penser"; c'est un défaut blâmable, chez certains logiciens, de vouloir la ramener à un pur formalisme, vide de tout contenu. Toutes les sciences sont redevables à la logique, car elle leur suggère leurs méthodes d'investigation et la juste façon de procéder dans les démonstrations. L'auteur exalte la logique d' Aristote et de Porphyre et il affirme qu'il appartient à la logique de démontrer comment toute science repose sur quelques principes premiers évidents, sur quelques certitudes objectives et fondamentales. Quant aux suggestions logiques, gnoséologiques et psychologiques, traitées plus particulièrement de son temps, il prend position dans la controverse des universaux contre le réalisme modéré et critique de saint Thomas. Il fait une nette distinction entre connaissance sensible et connaissance intellectuelle, et affirme, en suivant Aristote, que la connaissance intellectuelle trouve son origine dans la connaissance sensible. La connaissance intellectuelle décèle dans la réalité corporelle les premiers principes universels de l'être et, de là, s'élève aux réalités spirituelles et aux vérités éternelles, dont Dieu est le sommet suprême. Cet ouvrage est tissé de réminescences classiques, grecques et latines, qui voisinent avec les textes sur l'Ecriture et des Pères de l'Eglise. Le style, sobre et vigoureux, d'une réelle valeur littéraire, est un démenti solennel à ceux qui ne voient dans le moyen âge qu'une époque barbare. L'auteur termine en exprimant sa douleur de constater qu'à nouveau la guerre oppose français et anglais; il nous dit enfin sa tristesse à l'annonce de la mort du pape Adrien IV, son ami et confident. Dans d'autres parties du livre également, l'exposition de la doctrine se trouve interrompue par des souvenirs autobiographiques ou par des allusion aux événements du jour.

Tous ces thèmes font de l'ouvrage un modèle de ce genre littéraire qui prévaudra plus tard dans l' humanisme parvenu à sa maturité. Par cette oeuvre, Jean de Salisbury, dernière lumière de l'Ecole de Chartres où s'illustrèrent Gilbert de la Porrée, Bernard de Chartres, Yves de Chartres et Guillaume de Conches, s'acquit une place de premier plan dans l' humanisme médiéval.

 

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Tableau vivant À Dorval ( Québec)

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Solitaire, dans le silence,
Marchant le long du Saint-Laurent,
Aux scintillements différents,
Je suis ravie par la brillance.

Le soleil me met en gaieté.
Je contemple le jeu des ombres,
Projetées partout en grand nombre,
En hiver tout comme en été.

Le ciel, jamais deux fois le même,
Le plus souvent est exaltant.
Il offre un univers troublant,
Des contrastes parfois extrêmes.

La poésie est une grâce,
Certes difficile à saisir.
J'éprouve un suave plaisir
Quand je peux la capter sur place.

Pour rendre émouvants mes poèmes,
Je les illustre de photos,
Adorables petits tableaux,
Figés mais vibrants tout de même.

13 mai 2015

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12273101296?profile=originalIl s'agit d'un essai publié en 1949 par le philosophe et écrivain français Vladimir Jankélévitch (1903 - 1985). L'impératif inconditionnel, en tant qu'il est le commandement d' aimer l'Autre, se révèle à Jankélévitch comme la synthèse du Quod et du Quid, de la forme vide de matière et du contenu informe.

Faire son devoir est une vertu, et la manière est déjà une matière, à la fois la matière hypothétique et cette matérialité quoddative qu'on appellerait plutôt formelle: à la fois la forme de l'effectivité catégorique et cette forme générique des relations quiddatives qu'on dirait plutôt matérielle.

Au commencement de tout est le courage, vertu du commencement, de même que la fidélité est la vertu de la continuation et le sacrifice celle de la fin. Tendue entre les deux instants tranchants du sacrifice et du courage, l'un qui se dénoue, l'autre qui débute, la durable fidélité s'étale dans l'intervalle chronique et continu des crises. Fidèle jusqu'à la mort, qui est conclusion de tout, la vertu de continuation s'approche à un choix initial que le courage assume. Il faut du courage pour rester fidèle; ce qui veut dire qu'à toute minute, pour persister dans la continuation, la fidélité exige de petits recommencements de courage; parmi les caprices du changement, les tentations de l'oubli et de l'ingratitude, les épreuves de la souffrance, la fidélité est le courage continué ou la continuation du commencement.

Puis, selon Jankélévitch, vient la sincérité toujours belle, toujours exigible et absolument bonne: vertu majeure, elle ne dépend plus des classes moyennant lesquelles elle deviendrait vertueuse, mais au contraire c'est elle qui donne de la valeur à une conduite elle-même sans valeur. L'humanité et la modestie sont déjà contenues dans la sincérité, en tant que celle-ci est l'exacte et scrupuleuse connaissance par le mot de ses limites propres. Les théologiens s'accordent à dire que l'humilité est le fondement de toutes les vertus: fondement sans doute, mais Jankélévitch constate que son lieu naturel n'est pas le haut, mais un bas qui est haut. Si l' humilié est support ou base de toute excellence, la charité en doit être le couronnement. Dans cette sublime vertu, toutes les autres sont impliquées: c'est à elle que correspond le seul impératif inconditionnel, suffisant et catégorique, qui est l'impératif d' amour.

Au rebord extrême de la charité, avec le don de soi, nous retrouvons l'article suprême de la vie morale: le sacrifice. Dans une dernière partie consacrée à l' innocence, Jankélévitch commence par étudier son envers et ses formes négatives: la méchanceté. Il nous renvoie de l' éthique de la malveillance et de la psychologie du mauvais vouloir à la métaphysique du mal. L'heureuse innocence, elle, est le commencement et le dénouement de toute vie morale. Elle est la double pureté qui, en-deçà de l'intervalle soucieux, encadre notre vie de conscience. Bien qu'elle ne soit pas elle-même une vertu, elle représente la spontanéité de l'authenticité intentionnelle de toutes les vertus. En elle se dénude cette ipséité qui est le centre vers lequel convergent tous les rayons de toutes les vertus.

 

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Le Glacial Mont Ventoux

Une aquarelle d'Adyne Gohy

12273100659?profile=original

a été inspirée par

Eole

Un poème de Raymond Martin

 

Dans le néant profond de nos paroles,

 

S'envolent les mots en farandole.

 

Sont dispersées au vent les pensées habiles

 

En vaines paroles inutiles.

 

 

 

Fumées des critères aux cratères d'Italie,

 

Pain, amour et fantaisie.

 

Demeure mon âme sur le glacial Ventoux,

 

Le Dieu Eole y souffle son courroux.

 

 

 

De la fraîcheur du moulin de Maussane

 

Au moulin de Daudet, disparut le petit âne.

 

Timide et calme, Maillane la provençale

 

Se pare de neuf pour honorer Mistral.

 

 

 

Il n'y a plus d'escarbilles

 

Dans la plaine bigarrée des Alpilles.

 

Dans le néant profond de nos dialogues,

 

Disparut le nerveux pinceau de Van Gogh.

 

Un partenariat d'

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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POURSUITE DE L'INACHEVE

12273099466?profile=originalLes lieux ne sont jamais innocents , il y a toujours une relecture confondante avec le temps et bien des années après quand l'esprit s'affirme pour explorer le mécanisme de la pensée et le transcrire ...

Le souvenir impalpable transforme les évènements et plus rien n'est vrai

Il se crée alors une autre histoire ... cela en relisant Michel Butor et les débuts du "Nouveau Roman"des années 1956- 57

"C'est tenter en la poursuivant de réduire au mieux les lacunes de cette description exploratrice

que je compose , forge et tisse "  Michel Butor L'emploi du temps

Méditation du jour  AA   huile sur  carton  (20X6 ) Esquisse d'une  petite série du port de Toulon - Mourillon

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Aux bons soins de Béatrice Joly

Parfois les regrets qui chagrinent
Concernent une occasion manquée.
Arrivé trop tard sur un quai
On y fait une triste mine.

On n'a pu embrasser l'ami,
Parti pour une longue absence,
Sans nos souhaits de bonne chance.
Comment cela fut-il permis?

Étourdi par trop de nouvelles,
On voudrait pouvoir retenir
Ce qui recommande d'agir,
Des obligations naturelles.

J'ai très souvent rendu hommage
À ceux, qui au cours de leur vie,
Mettent toute leur énergie
À soigner des gens de tous âges.

Or victime de l'ignorance,
N'ai pas célébré avec vous.
Recevez mes voeux les plus doux,
Mes mercis, en reconnaissance.

12 mai 2015

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Mon émouvant lopin de terre

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Songerie

Le temps, en passant, fait le vide.
Lors, l'ancienne réalité
N'a qu'une faible densité,
Devient façade peu solide.

En éveil, on vit le moment.
À l'improviste, la mémoire
Peut conter d'étranges histoires.
Elle n'invente ni ne ment.

Pour les bienfaits, reçus en grâces,
Chacun eut à payer le prix,
Souvent étonnemment surpris.

Il n'en conservait que des traces.

Et l'alternance continue;
Jours de lumière en abondance,
D'autres attristés par l'absence.
Aide la sagesse obtenue.

Éternellement, l'énergie
Embellira, dans le mystère,
Mon émouvant lopin de terre,
Quand j'en aurai été bannie.

12 mai 2015

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administrateur théâtres

12273097279?profile=originalSur la route de Paris-Bruxelles: Oyez bonnes gens, artistes et public de Quiévrain et d'Outre-Quievrain, frontaliers ou métropolitains, chaque année, 3 jours sont consacrés exclusivement

au piano sous toutes ses formes : concerts symphoniques, récitals, sessions jazz, piano et cinéma, masterclasses, improvisations, créations et happening musicaux, rencontres avec les artistes, conférences...

Venez donc à pied, à cheval ou en voiture, le TGV , pourquoi-pas? 

Nous festivalons avec Arts et Lettres!

Voici le concert d'ouverture:

KUN WOO PAIK
J.-C. CASADESUS

PIANO SOLO & CONCERTO

N°1

4379432_7_af47_la-salle-renovee-de-l-auditorium-grand_71b0e153d2ad108c66677d3090d65ff0.jpg?width=92NOUVEAU SIÈCLE • AUDITORIUM

VEN 12 JUIN 20:00 > 21:00

OUVERTURE DU FESTIVAL
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

LISZT VALSE DE L'OPÉRA FAUST DE GOUNOD,
POUR PIANO SEUL

BEETHOVEN CONCERTO POUR PIANO N°3

KUN WOO PAIK PIANO
JEAN-CLAUDE CASADESUS DIRECTION

Le grand pianiste Kun Woo Paik nous fera tout d'abord découvrir un genre très en vogue au XIXème siècle, celui de la paraphrase d'opéra, dont Liszt fut l'un des plus fameux représentants. Alors qu'il n'y a à l'époque ni radios ni disques, les transcriptions pour piano permettent aux mélomanes d'entendre chez eux leurs œuvres favorites ! Puis le pianiste coréen nous régalera avec Beethoven, dont le Troisième concerto adopte un langage novateur, le piano dialoguant d'égal à égal avec l'orchestre.

Concert diffusé en direct par France Musique et en différé sur Grand Lille TV

http://www.lillepianosfestival.fr/juin_2015/vendredi/

http://www.lillepianosfestival.fr/juin_2015/samedi/

http://www.lillepianosfestival.fr/juin_2015/dimanche/

Et de très beaux lieux à découvrir!

Nouveau Siècle

Place Mendès France - Lille

Métro ligne 1 > station Rihour
Parking Nouveau Siècle ou Grand Place
Station V'Lille Nouveau Siècle ou Rihour
onlille.com

 

Conservatoire

Place du concert - Lille

Parking Vieux Lille Peuple Belge
Station V'Lille Place du concert
http://conservatoire.lille.fr

 

Gare Saint Sauveur

Boulevard Jean-Baptiste Lebas - Lille

Métro ligne 2 > station Mairie de Lille
Station V'Lille Jean-Baptiste Lebas
lille3000.eu


Maison natale Charles de Gaulle

9 rue Princesse - Lille

Parking Avenue du Peuple Belge
Stations V'Lille Halle aux sucres et
St-Sébastien
lenord.fr

 

Palais des Beaux-Arts

Place de la République - Lille

Métro ligne 1 > station République - Beaux Arts
Parking République
Station V'Lille République - Beaux Arts
pba-lille.fr

Centre culturel de Lesquin

ville-lesquin.fr


Villa départementale Marguerite Yourcenar

Centre Départemental de résidence
d'écrivains européens
2266, route du Parc - Saint-Jans Cappel

lenord.fr

 Serez-vous du voyage?

..pour vous donner envie: C'était il y a un an! https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/retour-sur-le-lille-pianos-s-festival-dans-13-lieux-ces-13-14-et

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Amoureuse

Amoureuse,

 

La chevauchée du soleil

dans le ciel paisible,

éclaircit vos yeux sombres,

illumine l'empourprement

des champs où saignent

les fleurs de mai,

exacerbe la blondeur de votre torse,

 et rend le jour plus festif,

 la nuit plus volcanique.

En son sein ébène,

elle fait danser la blanche robe

de cette adolescente éprise

 d'une parcelle de vous,

d'un regard fugitif,

d'un frisson découvert ;

le reste elle ne cesse,

ne fait que l'écrire.

NINA.

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Ma présente façon de vivre

Il pleut modérément ce jour.
Je fais une pause ennuyeuse.
Ne me sens lasse ni songeuse.
Dehors, aucun souffle ne court.

Silence et endormissement.
Mon esprit hésite et s'arrête,
Il ne m'offre pas d'idée prête,
Qui m'occuperait sûrement.

De lire, j'ai perdu le goût.
Or j'ai celui de ne rien faire.
J'observe pour me satisfaire,
Quand la lumière inonde tout.

Je m'émeus si je m'ensoleille,
Contemplant le charme des fleurs,
Dans un espace de douceur.
Les ombres souvent m'émerveillent.

Je parais végéter vraiment,
Assise sous le ciel, le soir,
Alors qu'il est devenu noir,
Dépourvu de scintillement.

L'énergie, qui demeure intense,
Véhicule un courant de vie,
Une indicible poésie.
Je savoure mon existence.

11 mai 2015

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En ce jour de la fête des mères

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Journée choisie pour une fête,

Ce clair dimanche est printanier

Se tiennent prêts les jardiniers;

De bouquets les gens sont en quête.

 

Remercier avec amour

La mère qui les mit au monde,

Veilla sur eux chaque seconde,

N'est certes pas le fait d'un jour.

 

L'ingratitude aussi existe.

Certains enfants devenus grands,

Se sont coupés de leurs parents,

Surpris et profondément tristes.

 

Le jour de la fête des mères

Met en évidence un devoir.

Ceux qui pensent ne rien devoir

Le comprendront- ils? Je l'espère.

 

Mes deux fils sont restés charmants.

Dans la nature, sommes complices.

Ce jour en fut un de délice,

Dans un parc des plus émouvants.

 

Des canards, en couple, y barbotent.

Le fleuve coule illimité.

En éveil, demeure abritée

Une sympathique marmotte.

 

10 mai 2015

 

 

 

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"En apprenant les horribles tueries à Charlie Hebdo, j'ai compris que c'était la fin d'une époque, peut-être même la fin d'un monde. Ce n'était pas seulement la mort des dessinateurs talentueux qui avaient accompagné ma jeunesse. C'était surtout celle de la liberté d'expression car je savais que rien ne serait plus jamais comme avant. Il me semblait que leur rendre hommage, c'était ne pas se taire, ne pas faire porter le flambeau de la liberté d'expression qu'à quelques personnes qui risquent leur vie pour défendre notre bien commun le plus précieux. Mais le cri de ralliement “je suis Charlie” n'était qu'un prélude à l'avènement d'une société sécuritaire liberticide."


"La charlitude, ça n'existe plus " est un livre de 104 pages   ( 14,8x21 ).

J'ai regroupé ,dans ce livre, les articles de mon blog "Charlotte met les pieds dans le plat" ouvert sur le site de l'Obs en janvier 2015 puis fermé deux mois plus tard à cause  d'une modération  qui ne comprend pas l'humour. Pour cette raison,  "La charlitude, ça n'existe plus " est avant-tout un livre contre la censure.


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12273096901?profile=original"Le voyage en Orient" est un récit d'Alphonse de Lamartine (1790-1869), publié à Paris chez Gosselin en 1835.

S'inscrivant dans un genre abondamment représenté au XIXe siècle, de Chateaubriand à Loti, le texte de Lamartine relate un itinéraire spirituel entrepris après les échecs électoraux de 1831 et 1832. Ayant quitté Mâcon pour Marseille le 14 juin 1832, le poète s'embarque en juillet sur un brick avec un équipage de quinze hommes, un entourage nombreux et une abondante bibliothèque. Arrivé à Beyrouth le 6 septembre, il rend visite dans la montagne à lady Stanhope et à l'émir Béchir, part pour la Palestine le 1er octobre, ne peut rester qu'une journée (le 20) à Jérusalem en raison de la peste, revient à Beyrouth le 5 novembre. Julia, sa petite fille, dont on espérait que le climat soignerait la tuberculose, meurt le 7 décembre. En mars 1833, il se rend via Baalbek à Damas, et, en avril, aux Cèdres. + Jaffa, du 22 au 26 avril, alors que sa femme s'en va à Jérusalem, Lamartine écrit "Gethsémani ou la Mort de Julia", poignant poème en vingt-quatre huitains de sept alexandrins et un octosyllabe, qui figurera dans le Voyage. Par Rhodes et Smyrne, tous regagnent Constantinople, où l'on séjourne du 7 juin au 25 juillet, avant de revenir par Andrinople, Belgrade, Vienne et Strasbourg. Lamartine retournera en Turquie en juin 1850 pour tenter l'exploitation d'un domaine agricole dans la région de Smyrne, mais ne pourra jamais réunir les fonds nécessaires. Un Nouveau Voyage en Orient en résultera (en feuilleton dans les Foyers du peuple, puis en volume en 1851-1853).

 Le séjour levantin tient une place capitale dans la vie de Lamartine. Il le ruine, mais le confirme dans l'idée qu'il se fait de sa mission spirituelle. Enfin élu à son retour, il développe ses idées politiques et sociales, orientées par ses conceptions messianiques. Il se fera même l'avocat du soutien français aux maronites et d'une politique antianglaise en Syrie, exposant ses vues dans le "Résumé politique" qui clôt le livre. A Lamartine revient sans doute le mérite d'avoir "lancé" le Grand Liban, pour en faire l'un des grands mythes français aux conséquences toujours actuelles.

 Publié sous la contrainte financière, l'ouvrage se conforme aux lois du genre - descriptions, impressions, réflexions... (le sous-titre l'indique d'ailleurs clairement) -, mais témoigne aussi d'une attention constante aux autres, aux spécificités culturelles, aux formes de la sociabilité. Ouvrage humaniste autant que pittoresque ou spirituel, le Voyage se distingue de ses prédécesseurs (en particulier l'Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand) en ce qu'il met en forme une authentique découverte d'un Orient enfin vu au-delà des références culturelles obligées. Là réside le principal intérêt de ce texte trop ignoré. Malgré son ampleur (plus de mille pages), nonobstant l'inévitable pose du poète romantique voyageur contemplant la mer, le désert ("le Désert ou l'Immatérialité de Dieu", publié dans le Cours familier de littérature en 1856, fut sans doute composé à cette époque), la Terre sainte..., et déployant méditations ou vues cosmiques, le Voyage combine, avec bonheur souvent, vision poétique et observation.

Quoique présenté comme un simple ensemble de notes (dans l'Avertissement), le livre apparaît à la fois comme journal d'une traversée, relation de la vie de voyage, récit de rencontres, album de panoramas, pèlerinage au berceau du christianisme - rendu tragique par la mort de la petite Julia -, tableau ethnographique, historique, politique et culturel des contrées visitées: tous tableaux représentés selon les codes d'une imagerie romantique et composant une esthétique où ruines, exotisme, couleurs et lumière se trouvent naturellement réunis. La description prend en charge lieux, gens et coutumes, rendant compte des "images enchantées" qu'ils suscitent.

Quête de l'origine, où thèmes familiaux et affectifs se mêlent aux effluves spirituels, le voyage aboutit au silence devant le mystère divin: "Le silence est une belle poésie dans certains moments. L'esprit l'entend et Dieu la comprend: c'est assez" ("Gethsémani"), après avoir permis d'accéder à une compréhension intime et ineffable de Dieu: "Une grande lumière de raison et de conviction se répandit dans mon intelligence, et sépara plus clairement le jour des ténèbres, les erreurs des vérités" ("le Saint Sépulcre").

Le poète est chez lui en Orient, non seulement parce que ses familiers l'accompagnent, mais surtout grâce à l'harmonie, propice au recueillement, instaurée entre sa sensibilité, son imaginaire et la réalité contemplée. De plus, ces terres restées proches des origines mythiques de la civilisation flattent son goût pour l'ordre naturel de la société et son idéologie patriarcale. Sa mission s'en trouve encore mieux définie: "Tant qu'un nouveau rayon ne descendra pas sur la ténébreuse humanité de nos temps, les lyres resteront muettes, et l'homme passera en silence entre deux abîmes de doute, sans avoir ni aimé, ni prié, ni chanté!" ("Jérusalem").

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Acteur

Le rideau s'est levé.

Le décor n'a pas changé.

Poussé sur le devant de la scène.

Malgré lui.

Le figurant devient acteur.

Paralysé par le trac.

Corps crispé, respiration saccadée,

il récite mécaniquement son texte.

Peu à peu, son corps se détend.

Ses gestes deviennent fluides,

sa respiration plus profonde.

Sa voix devient mélodieuse.

Le rideau s'est levé.

Le décor n'a pas changé.

Sur le devant de la scène.

le figurant est devenu acteur.

Il joue le rôle de sa vie.

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Cher Ami,

Savez-vous que je suis fière et heureuse de cette relation que nous entretenons l'un envers l'autre  ?

De cet indestructible lien qui nous nourrit, nous fait grandir ; ce tissage tout en douceur,  ce bruit de soie lorsque je songe à vous ?

Souvent, de par nos pensées proches, de vous je me sais sœur !

Savez-vous que je vous porte, sans effort, à l'instar d'un foulard précieux et pourpre tout autour de mon cou ; ainsi je résiste, je m'émerveille, je me réalise grâce à nous, j'avance ensoleillée ?

Oui, pourpre, pour cette révolte quotidienne et souveraine, dont nous sommes porteurs l'un et l'autre et dont la joie de vivre, en sont les notes bleues !

En moi palpitent et bondissent deux coeurs, d'où voit le jour, fleurit un infini jardin ; l'écriture, une claire sérénité.

La créativité, Cher Ami, étant la rose de la colère, de la révolte ; une marche dans l'entre-deux

Autour de moi, de vous, de nous, dégringole le soleil, s'envolent les fleurs, papillonnent les autos, swingue le Monde entier.

Savez-vous que je suis trop vivante depuis vous, que mon sommeil fait le fou, déserte ma chambre verte pour me laisser écrire ; à vous toute bleue, toute entière m'offrir ?

Connaissez-vous ce bleu étrange qui parle, vous touche un peu ?

La cavalcade de mes mains nues dans vos cheveux ?

Cette audace salvatrice d'écrire ?

Bien à vous.

Votre sœur-ami.

 

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Miroir, dis-moi ?

Miroir, dis-moi, suis-je belle, suis-je beau ;
Et ai-je toutes les vertus possibles de la terre,
De tenir en ces petites mains cet immense fardeau
De glaise et d’argile qu’elles pétrissent si fières ?

“Tu n’es belle et tu n’es beau que si tu le penses “.
Et l’image éclairée de ton ombre ou de ta lumière
Brille ou ternit cet infime bout de verre
Qui te clame des mirages et d’infâmes silences !

Le miroir est le pire ou le plus beau de tout les regards.
Il n’a d’autres yeux que les tiens,
Vides et tristes ou enjoués parfois hagards,
Quand tu le saisis mine de rien !

Et voilà ce que te répond celui que tu vois.
Cette image nette qui surgit de l’abîme,
Cousue de vertu ou de vice de haut en bas
N’échappe pas à son oeil muet ni à son crime.

Et si le temps, que tu comptes en années,
Couvre tel le brouillard la surface étamée,
Le miroir dit toujours la vérité
Aux poussières éparses de nos rêves éveillés !

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Monômes dans les rues d'Alger

Celle qu'André nommait Suzie,
Qui recevait son énergie
Et sa bienfaisante tendresse,
Vit toujours à la même adresse.

Ce n'est plus la même personne.
Il arrive qu'elle s'étonne
De voir des photos de Suzie
Ou de retrouver ses habits.

Étant d'une ancienne existence
Elle a perdu toute importance.
L'esprit et l'âme, comme l'aspect,
En changeant ont droit au respect.

L'oubli voulu est acceptable
Ne devrait pas rendre coupable.
Ce qui fut vrai dans le passé
N'est cependant pas effacé.

Ce jour, huit mai, ne m'émeut pas.
- Il était une fois, là-bas....
Ma mémoire soulève le voile,
Me mène au pays des étoiles.

Monômes dans les rues d'Alger,
Immense joie à partager.
Auprès de Dédé, Suzie pleure.
Lui, d'une caresse, l'effleure.

8 mai 2015

 

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Les lettres de Pétrarque

12273091674?profile=originalLes "Lettres" latines de François Pétrarque (1304-1374) constituent un document de première importance dans l'histoire de la culture européenne. Elles se répartissent entre plusieurs ouvrages: "Lettres familières", "Sans titres", "Métriques". "A la postérité", "Lettres de la vieillesse" et enfin "Lettres diverses".

Le premier ("Rerum familiarum libri") ou, plus communément "Familiares" est de beaucoup le plus considérable. L'ensemble des "Lettres familières" comprend en effet 24 volumes. Elles furent tout d'abord calquées (1349) sur le modèle des lettres de Cicéron. Réunies ensuite en vingt volumes (1359-1360), elles s'accrurent en 1363-1363 et furent définitivement groupées en 1366. En colligeant ses propres lettres, l'écrivain les a retouchées avec soin, en vue d'en faire une véritable oeuvre littéraire. C'est dire que la sincérité psychologique se voit continuellement subordonnée aux exigences du style et à l'économie du texte.

Pétrarque se souvient des classiques. c'est pourquoi, dans cette oeuvre exquisement littéraire, le document humain, qui de soi est remarquable, demeure quelque peu sujet à caution. Au vrai, le poète idéalise sa propre figure d'écrivain et, par là même, nous fait saisir plus intimement telle de ses oeuvres dont le seul but est la recherche de la beauté ou de la dignité. Ces "Lettres familières", témoignage de haute vie spirituelle, sont, à n'en pas douter, la fleur de la discipline classique: véritable confession littéraire qui déjà vise à s'affranchir d'une inquiétude intérieure et dirige vers le bien tous les éléments que comporte certaine expérience humaine. Tout cela dans un latin d'une imposante majesté. Au chagrin, par exemple, répondra l'amitié, voire toute la sérénité de la conscience. Ici, les passions et affections se purifient au fond d'un nouvel équilibre.

Les vingt lettres "Sans titres" ("Sine nomine") sont remarquables du point de vue idéologique. Elles ne portent aucune mention de destinataire, en raison même de leur style polémique. Elles furent écrites entre 1342 et 1358. Dans sa lutte contre l'intrusion du roi de France dans la politique d' Avignon et contre la corruption de la Papauté et du haut clergé, l'auteur ne dissimule pas ses reproches, comme le prouvent les célèbres sonnets du "Canzoniere". Il montre ainsi à quel point ses espoirs dans l'autorité impériale ont été trompés et, à plus forte raison son amour pour l'Italie sa patrie. Sans vouloir annoncer par ces affirmations de nouveaux idéaux politiques et encore moins une tendance à la réforme protestante, comme on a voulu le prétendre parfois. Pétrarque ne laisse pas de tendre à quelque nouvelle conception de la spiritualité. Spiritualité qui fut celle des meilleurs auteurs du XIVe siècle, et qui, s'inspire à la fois de l' idéal franciscain et de l' idéal humaniste. Il est significatif que le poète, tout en reconnaissant au Souverain Pontife l' autorité spirituelle supérieure, dénie à l' Eglise le droit d'exercer toute action politique et qu'il se pose ainsi en juge et en prophète d'une société nouvelle.

Les "Métriques" ("Epistolae metricae") furent écrites en hexamètres, entre 1331 et 1361 et comprennent trois livres. Elles sont dédiées à son ami Barbate. Si même quelques-unes traitent de la politique de l'époque (comme on le voit dans celles adressées au pape Benoît XII et Clément VI), la plupart sont intéressantes par leurs allusions, leurs aveux et leurs vives méditations. Qu'il s'agisse de petits ou de grands événements de sa vie (un chien dont on lui fait cadeau, quelque violent orage voire son amour pour Laure), tout s'enchaîne ici à merveille, avec une parfaite élégance qui ne va pas toujours sans froideur. Citons: le salut à la terre natale du haut de Monginevra (oeuvre lyrique que Carducci a transposée en une prose magnifique) et aussi les vers "A soi-même" (Ad se imspum, qui mettent directement en cause son propre drame intérieur.

Il faut mentionner à part les "Lettres de la vieillesse" ("Seniles"), en dix-sept volumes, dédiées à Francesco Nelli. Cet ouvrage forme un tout dont le cadre est une existence claire et calme. Son titre même est significatif: Pétrarque fait un retour sur lui-même sous le signe d'une sagesse enfin conquise pour toujours. Sa lettre à Boccace (où il évoque ses études littéraires) en est un exemple accompli. La lettre "A la postérité" ("Posteritati") est un indice éloquent de cette image idéale sur laquelle Pétrarque modela toute sa vie. Elle évoque avec magnificence les événements d'une carrière exceptionnelle. Le poète y réunit tout ce qui est propre à intéresser les générations futures: depuis ses premières méditations jusqu'au solennel couronnement au Capitole, voici une existence entièrement consacrée à la recherche de la beauté et de la vérité.

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DANS LA NUIT...

Les cerisiers en fleurs

Offrent leur splendeur rose

Sous un rayon de lune...

Et le trottoir rêveur

Où le regard se pose

A pris des airs de dune...

Une pluie toute fine

S'étant mise à tomber,

Comme au verni peaufine

Cet instant de beauté...

Alors, l'œil ébloui

Même s'il est fatigué

Doucement dit merci

Au moment enchanté...

J.G.

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