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COLERE TERRESTRE

la terre, le ciel sont devenus de bien piètres déserts,

où seuls les végétaux, les animaux et les oiseaux

s'en accommodent sans peine !

Quant aux humains, ces ombres blondes, brunes ou blanches,

ils rasent pesamment des murs invisibles, se désenlacent,

prennent soudain si peu de place.

Oh Toi le virus, dont je tairais le nom, devenu criminel en un instant,

n'es-tu pas ce noir corbeau qui hante nos cerveaux ?

N'es -tu pas le courroux, la colère  de la planète entière ?

Quand les atrocités, et toutes les exactions perpétrées par les hommes 

disparaîtront-elles de la terre, se tairont à jamais ?

Quand l’hymne bleu de la planète entière prendra toute la place,

fleurira  superbe ?

Quand ce corbeau noir sera t-il évincé par la colombe sacrée ?

NINA

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                    DE LA NON COULEUR A’ LA LUMIERE : LA MÉMOIRE SELON SERGE TENEZE

Du 07-O2 au 20-02-20, l’ESPACE ART GALLERY (83 Rue de Laeken, 1000 Bruxelles) a exposé l’œuvre du peintre français, Monsieur SERGE TENEZE, intitulée : MEMOIRES : ABSTRAC ET LUMIERES NOIRES.

Peindre la Mémoire! Voilà un thème fascinant. Thème ancien, par surcroît, mais qui s’avère « contemporain » dans sa façon d’aborder le sujet. Si dans le passé, la Mémoire s’incorporait spécifiquement au sein de la figure humaine idéalisée avec souvent une connotation magico-religieuse (l’image de l’ancêtre dans la Rome antique privée de regard pour garder, à travers cette cécité imposée, une distance acceptable entre le monde des vivants et celui des morts), aujourd’hui, par le biais de l’abstraction, elle devient « magnétique ». Le personnage féminin, peint à maintes reprises par Dante Gabriele Rossetti au milieu du 19ème siècle, est censé portraiturer l’épouse de ce dernier qui s’efforce à la comparer à la Béatrice de Dante. Même peinte jusqu’à l’obsession, ce fantôme, issu de la Mémoire demeure une femme. Par conséquent, cette Mémoire s’incorpore dans un sujet : un corps féminin pétrifié dans la fleur de l’âge. SERGE TENEZE, lui, peint la Mémoire dans sa manifestation à la fois humaniste et cérébrale. La couleur-support qui la sous-tend est le noir, lequel renvoie la lumière vers le regard qui en saisit les contours, jusqu’à en chercher l’origine. Temps et Mémoire se conjuguent dans un réseau d’entrelacs pareils à des ondes magnétiques dont jamais l’on n’entrevoit le point de départ ni le point final. Et ce qui frappe au premier regard c’est précisément cette ondulation sur la surface qui ramène l’œuvre à sa vérité, sinon plastique, du moins cosmique. Car ce réseau d’ondes magnétiques rappelle l’écho des signaux laissés par un astre perdu. L’artiste produit des ondulations stimulant d’autres ondulations. Aux traits finement ciselés, évoquant les lignes de l’électroencéphalogramme, se forment des ondulations provoquant des déphasages en forme de courbes, créant ainsi l’idée d’une possible élasticité spatiale. Ces deux constantes (couleur noire et lumière) assurent l’élément déterminant à la viabilité de l’œuvre, à savoir le rythme. La lumière est littéralement « propulsée » par la couleur noire. Elle devient son émanation.   

 LUMIERES NOIRES SILLONS 1 (130 x 98 cm-huile sur panneau de bois)12273333073?profile=original

L’artiste peint les effets produit par l’acte de la mémorisation. Les résultats sont la matière spectrale laissée par le souvenir s’imprimant sur la toile tel un négatif.

Il ne s’agit pas de la forme classique de l’électroencéphalogramme centré sur trois lignes horizontales continues. Mais bien de volutes enroulées sur elles-mêmes. Des semi-spirales fluctuantes où la Mémoire se renouvelle dans l’espace d’un éternel retour.

Peindre la Mémoire équivaut à peindre le vent. L’artiste explore les feuilles tombantes, ramassées à l’intérieur d’un tourbillon qui les rend aériennes et compactes à la fois. Forme et légèreté deviennent l’essence même du mouvement.  

Concernant les lumières noires, l’exposition présente deux écritures plastiques de l’artiste :

  • le tableau conçu comme nous venons de l’évoquer
  • le tableau « incisé »

Ce dernier, évoquant la sculpture, présente des marques et des entailles que l’on pourrait imaginer avoir été réalisées au burin sur la toile.  

LUMIERES NOIRES LAC 2 (120 x 120 cm – huile sur toile) est une œuvre où le trait se définit par des incisions au couteau, donnant vie à un cinétisme d’une géométrie inconnue où chaque forme est délimitée dans son espace sans empiéter pas sur l’autre.  

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L’œuvre de l’artiste se divise en toiles de grandes et de petites dimensions. Si le noir est la note principale, le bleu n’est nullement délaissé. Il se fond dans l’arrière-plan contribuant à faire émerger la teinte noire définitive.  

LUMIERES NOIRES LAC 14 (65 x 50 cm) 

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Quatre variations sur le gris enchantent l’exposition. La finesse du trait que nous remarquons sur les toiles noires, se perpétue dans un dédale magique d’entrelacs noirs et blancs, donnant par le biais du fond blanc de la toile, naissance à un gris, comme surgi de l’hypnose. Ces petits formats sont des travaux sur verre, Ils sont « activés » par une petite lampe située derrière chaque tableau que l’on allume pour les illuminer. La note grise se révèle comme l’apparition d’une fumée faisant, au gré du mouvement, apparaître et disparaître sa forme. Il s’agit, là encore d’une variation sur la Mémoire à la fois dans sa persistance et son absence. 

                                                          

LUMIERES DE VERRE 5 (50 x 50 cm)12273334060?profile=original

                                                        

Ce travail sur le verre, l'artiste l'a également réalisé à partir d'une dominante bleue. Ce sont des variations à la fois personnelles et contemporaines sur des vitraux d'église où nous retrouvons la même dialectique sur la Mémoire.

                                     

LUMIERES DE VERRE 7  (50 x 24 cm)

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Depuis une quinzaine d’années, l’artiste ne travaille que sur la Mémoire, à la recherche d’états d’être oubliés, conçus comme des corps vivants. Pour cela, il utilise la terminologie freudienne en parlant de « Mémoire-peau ». Ce derme  mnémonique trouve sa nourriture dans l’expérience à la fois sensuelle et mystique de la sensation, à la façon d’un Proust savourant sa madeleine. L’artiste nous donne l’exemple d’un rabot appartenant à son père décédé. Dans une toile peinte dans le passé (ne faisant pas partie de l’exposition), il décide de « portraiturer » feu son père, non pas en se référant à sa présence physique mais bien à ce qui, selon la Mémoire du peintre, le caractérisait par- dessus tout, à savoir son rabot, non pas dans sa matérialité pleine et plastique mais bien dans la forme vaporeuse du souvenir, évidée de son contenu. Forme que le regardant appréhende sans la moindre explication extérieure.

Cette Mémoire, l’artiste ne l’approche que par le biais de l’abstraction. Abstraction qui n’existe que comme simplification à son travail. Il n’hésite pas à se référer à Monnet dans sa quête vers l’essentiel. Son désir consiste à savoir comment son travail sera ressenti. En cela, il n’hésite pas à demander au regardant de toucher la toile pour qu’il en ait déjà un contact sensoriel, renforçant ainsi la possibilité d’une Mémoire tactile chez ce dernier. Car la « Mémoire-peau » se nourrit des sens. Et cette Mémoire porte en elle une couleur : le noir. Son travail est une quête qui le place dans la peau d’un archéologue à la recherche de l’idée première. Remonter le temps. Les sillons acquièrent une importance capitale car, tels les anneaux d’un arbre, ils remontent vers la surface. Ils symbolisent également l’image de l’empreinte digitale. C'est-à-dire d’une trace laissée sur la toile du temps. Mais ils symbolisent aussi une plénitude, une enveloppe, une peau. Le noir, c’est aussi la recherche de son Moi, qu’une transparence bleue, issue de la couleur maîtresse, affleure à la surface du regard, lorsque celui-ci s’efforce à la trouver.

L’empreinte de la Mémoire se manifeste également dans les titres que l’artiste donne à ses œuvres. Concernant ses petits formats, le mot « Lac » apparaît fréquemment, voulant exprimer par là l’étendue d’eau enfouissant les sentiments et que l’artiste-archéologue cherche à exhumer.

Mais l’eau c’est également, au sein de la pensée humaine, le terrain à partir duquel se fertilise l’univers cosmique, à partir de la dichotomie entre le « différencié » et l’ « indifférencié », dans bien des civilisations, notamment dans la cosmologie mésopotamienne. L’image du lac devient celle d’un bouillon de cultures fertilisant et créateur.

Le noir est depuis des décades une couleur remise à l’honneur. Cela nous le devons au centenaire PIERRE SOULAGES qui, un beau jour de 1979 la recréa au point de la faire accoucher d’une lumière jusqu’alors inconnue (« l’outrenoir »). SERGE TENEZE, quoi qu’admiratif du peintre, se sert de la lumière émise par la couleur noire mais en la contournant pour trouver sa propre vérité. En effet, essayer de comparer son travail avec celui de Soulages reviendrait à constater qu’absolument rien ne les relie. Ce qui n’est rien de plus normal puisque de tout temps l’histoire de l’Art est avant tout une histoire d’influences. De plus, l’artiste, traitant le thème de la Mémoire, vise les hauteurs mystiques, en ce sens qu’il veut transcender la couleur noir pour la recréer en une « non-couleur » comme il se plaît à le souligner, de laquelle s’exhale la lumière.   

Et d’insister en déclarant que pour lui : « la « non couleur » devient le « médium » idéal. Il ne me faut plus compter qu’avec la matière  et la lumière. Abandonnant les artifices de la couleur au profit de ce noir dense et dépouillé, sérieux, honnête et fort. Travailler cette matière pour la faire mâte ou brillante, fine ou épaisse, lisse ou accidentée. La charger d’émotion, lui donner mes impressions, mes sensations, y laisser mes traces ».  

SERGE TENEZE a fréquenté les Beaux Arts de Bordeaux, à la suite de quoi il a suivi les cours du Professeur Claude Yvel qui lui a révélé les secrets des techniques anciennes ainsi que la valeur de son travail. Ce qui a fait de lui un artiste qui perpétue des techniques ancestrales en les adaptant à un langage contemporain.

Certaines de ces techniques remontent à la Grèce antique, telles que le traitement à « l’huile noire » provenant de l’île grecque de Chios dont il se sert pour fabriquer la base de son medium, à savoir une résine appelée le « mastic en larmes ». Ces techniques, il les ressuscite pour consolider un lien non seulement technologique mais aussi humaniste et culturel avec un passé qui a vu fleurir les grandes heures de l’histoire de l’Art. En effet, le temps passé dans les ateliers de Claude Yvel et de J.P. Braz fut un complément considérable à son passage aux Beaux Arts. Ne perdons jamais de vue que l’Académie, telle que nous la connaissons aujourd’hui, remonte (du moins en France) au 19ème siècle. Autrefois et plus précisément au cours de la Renaissance, l’artiste se formait à l’intérieur même de l’atelier, sous la supervision du Maître. La formation de SERGE TENEZE porte en elle l’empreinte de cette époque.

Epoque qu’il perpétue par la grande culture de son métier qu’il témoigne à chaque œuvre créée. Tel le chef d’orchestre qui compose dans le but de diriger ses propres partitions, l’artiste à l’instar de l’alchimiste, crée pour expérimenter ses matériaux dans le processus de sa création. Œuvre et matériau ne font plus qu’un et lorsqu’il évoque sa science, il devient intarissable. Ainsi, parlant de la réalisation du tracé laissé par les sillons de la série consacrée à la Mémoire, il indique qu’il effectue un premier passage au couteau « en 8 » (c'est-à-dire que l’on passe l’outil – en l’occurrence le couteau – comme si l’on dessinait la forme d’un 8 horizontal, en suivant sa ligne tout en déplaçant le couteau sur la toile. C’est là la meilleure façon, affirme-t-il, de l’imprégner sur la totalité de son espace), afin que le support puisse accueillir les pigments noirs d’ivoire, l’essence de térébenthine bi rectifiée, mélangée à de la résine de mastic en larmes provenant de l'île de Chios ainsi qu’une petite quantité d’huile. 

Il effectue ensuite, un deuxième passage au couteau à peindre (d’une trentaine de centimètres environ) dans le but d’étaler en épaisseur ce même mélange, enrichi d’huile cuite en plus de l’adjonction d’un médium, tel que par exemple, l’essence de térébenthine bi rectifiée, mélangée à la résine de mastic en larmes de l'île de Chios. Tandis que les sillons, en tant que tels, sont créés avec différents outils, comme la large brosse plate que le pinceau reprend par la suite pour mettre en exergue la fluidité du mouvement, créant ainsi la naissance de la lumière. L’importance qu’il accorde à l’apport de couches successives est dicté par le besoin les rendre, comme il le dit, « amoureuses ». Et cette succession de couches n’existe que pour assurer à l’œuvre, par le biais de la matière épaisse, la possibilité de traverser les siècles. La création s’accorde avec le passage du temps.

Le travail sur le noir est en réalité la suite d’un travail initial ayant pour attribut la couleur dans lequel était déjà présente la nécessité d’appropriation de la Mémoire.  

ORANGE DE NOEL (64 x 54 cm – huile sur toile) est l’expression plastique d’un souvenir d’enfance appartenant à la fois à l’artiste ainsi qu’à sa mère. Petit, celle-ci lui relatait le souvenir qu’au jour de Noël, celle-ci recevait une orange. Emu par la maigreur du cadeau, cet épisode avait marqué la mémoire de l’artiste. Des ersatz de chromatisme orange parcourent, de haut en bas, l’ensemble du fond bleu, parsemé ça et là, de quelques vagues notes blanches. La couleur orange, striant la surface de la toile brille, incandescente et le souvenir se révèle de façon épidermique. 

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Dans l’œuvre précitée, l’artiste nous a conviés à la manifestation d’un épisode remontant à sa petite enfance, avec MON AUTOMNE (95 x 130 cm- huile sur toile) il aborde l’intimité d’un sujet existentiel, à savoir l’automne de la vie. Toujours dans l’abstraction, ses strates chromatiques sont considérées par lui comme des « signifiants », témoignant sous la forme de « traces », des différentes phases de sa vie. Si des ersatz de couleur jaune parsèment de haut en bas, l’œuvre précédente du peintre, MON AUTOMNE en revanche, présente une continuité linéaire, carrément progressive dans l’évolution humaine de l’artiste. Trois phases en superposition axées sur trois notes différentes (le vert à l’avant-plan, le bleu entrecoupé de noir dans la zone médiane et le rouge également entrecoupé de noir) sont clairement délimitées, face auxquelles le regardant pourra se risquer à une tentative d’interprétation subjective. Notons que cette différence organisationnelle dans la disposition chromatique concernant ces deux œuvres est d’un intérêt qui interpelle. Surtout si nous observons que le sujet de ces deux toiles se situe à la charnière de deux phases de la vie. 

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Et c’est précisément ce que nous avons souligné, plus haut, en insistant sur le fait que le rendu pictural de la Mémoire rendu par l’artiste est à la fois humaniste et cérébral. Humaniste, parce  qu’il fait appel à tout un héritage culturel séculaire. Cérébral, parce qu’il s’efforce à retranscrire tel un scribe, les signes plastiques, les « signifiants » semés par le cerveau humain.    

L’artiste a pour projet de continuer son exploration de la couleur noire. Toujours sur le thème de la Mémoire, il compte réaliser un assemblage de neuf toiles sur fond noir avec cette fois, le jaillissement d’un trait de fulgurance symbolisant l’émergence de la pensée, soit sous une forme colorée, soit par une suite de plusieurs couches de noir. 

Abstraction et Mémoire se conjuguent dans un discours qui rejoint la mythologie du Temps dans l’image expansive du sillon proche de la spirale, symbolisant l’infini. Or, l’infini annihile le temps.

Sur la toile cosmique, SERGE TENEZE nous en laisse l’empreinte.

François L. Speranza.

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Collection "Belles signatures"  ©  2019  Robert Paul

                                                      

   

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative exclusive de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

   

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L'artiste SERGE TENEZE et François L. Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles.                                               
                                                                                                                   

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Photos de l'exposition de SERGE TENAIZE à l'ESPACE ART GALLERY

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CRIME PASSIONNEL SOUS LA NEIGE

Marie vêtue de son long pull beige tremble,
s'avance, écarquille ses yeux bleus et tire ;
un corps dévêtu et sans bruit tombe au sol,
hurle son silence, expire !
Point de mot de lui à elle, mais juste un bout
de son souffle contre son visage inondé, déjà
veuf, intense.
De lui, une marée pourpre s'étale infiniment,
jusqu'à ce qu'elle touche les souliers de Marie,
et se mêle à ses larmes, orphelines à présent,
plus brûlantes que le feu ; pleines de son sang
sont ses mains assassines, perdues !
Alentour, les feuillages et les roses s'affolent,
s'immobilisent et retiennent leurs parfums ;
complices impuissants de ce drame insonore !
Le ciel s'est vêtu d'or en hommage à celui,
qui n'a pas même osé étreindre sa bien-aimée,
le temps d'un baiser chaste, ou bien plus prononcé,
qui n'a jamais voulu lui avouer son amour.
Marie s'en est allée sur la pointe des pieds, se
retirer en mer, dans un voilier volé, dont les voiles
sont des ailes et la coque, le corps de celui qu'elle
aimait par dessus tout !
NINA 
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Que la vie.

Une chape de plomb dissimule le ciel,

la terre s'alourdit et les gens désespèrent,

le virus s'inscrit ici et là, partout,

s'impose et nous meurtrit.

Puisse t-il ne pas tuer tout ce qui est

vivant, s'en aller au printemps, de son

pas lourd et froid, nous laisser voir un peu

du soleil dans les yeux des passants.

Que la science abolisse ce meurtrier

invisible, qui se faufile ici et là, partout,

qui pénètre chacun et chacune de nous,

sans crier gare, sans que nous le sachions.

Restons dans nos maisons, pour tout ceux

qui le peuvent, lisons, écrivons, composons

des chansons et pensons à tous ceux qui

soignent les malades, avec obstination,

courage, sans calculer  leurs heures.

Que la vie soit plus forte, invincible, que

cet imposteur là, qui noircit nos journées,

en toute impunité, que la vie nous apprenne

la grande sagesse, en nous protégeant

les uns, les autres !

La vie aura le dernier mot !

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Une poignée de main !



Le monde entier s'est serré la main,
Là-bas de fort loin et en toute innocence.
Comme une bombe, comme un feu incandescent,
Des cendres brûlantes s'éparpillent maintenant sous tous les cieux.
Une poignée de main a tout changé.
Elle était fraternelle, comme un virage,
Comme une page qui se referme sur les ténèbres.
Elle devenait lumière et l'espoir renaissait.
Mais en son creux, dans ce petit univers
Se logeait l'inattendu ou plutôt l'intrus,
Celui à qui jamais on ne pense,
Lequel de par son infinitésimale taille
Ne pourrait ébranler la gigantesque masse
Occupée à courir des images de bonheur !
L'infiniment petit vient parler à nos grandeurs,
Par lui naîtra désormais une vie nouvelle :
Tout est à refaire, à repenser pour demain.
Nous sommes escargots ou tortues redevenus,
Nous accepterons à nouveau une poignée de main,
Mais voudrons-nous qu'elle vienne de trop loin ?


Pensée du jour, 13/03/2020

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Puisque le monde semble sous l’emprise d’une forme d’hystérie collective, les autorités préconisent que…proposent quelques mesures exceptionnelles, lance un appel au civisme de la population.  Stephen King avait déjà effleuré le sujet et pourtant les mesures annoncées peuvent nous sembler démesurées.  Le confinement est à présent envisagé (mais pas pour tout le monde, cherchez l’erreur car une tranche de la population soignante est jetée en pâture, faisant courageusement face à l’invisible petite chose qui fait trembler le monde).  Plus de rassemblement, la nervosité fraye son chemin même chez les plus optimistes. 

En raison de la panique mondiale, voici que les têtes blondes saluent ces vacances improvisées tandis que les parents ne savent plus comment trouver de solutions pour que progéniture ne soit pas livrée à elle-même…  Bonjour à ce qui ressemble à de l’hystérie collective.   Certes devant la désertification des cours de récréation les plus anciens aimeraient aider en gardant la nouvelle génération.  L’âge étant facteur de vulnérabilité, pas question que les grands-parents ne jouent le rôle de « Gâteaux-Sitter ».  Les astres semblent figés, le temps se place en vitesse de croisière tandis que les observateurs découvrent que la fragilité existe, que l’immortalité est un mythe tant pour les autres que pour soi. 

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne la situation me donne envie de sourire.  Certes je suis solidaire avec les familles endeuillées, certes j’aimerais offrir un peu de solidarité envers les personnes en souffrance, tout de même, la cohérence ne me semble pas de mise, tant pis si l’on continue à ouvrir les grandes surfaces tandis que le restaurateur du coin se voit dans l’obligation de fermer boutique.  Prudence ou indécence ?  Épidémie face à l’économie, à qui profite le crime ?  Bien évidemment je n’ai aucune réponse à vous offrir, qui suis-je pour le faire ?  En attendant,  j’offre mon respect aux soignants, aux infirmiers, kinés et autres soulageurs de corps.  Je salue ces indépendants se retrouvant en première ligne sans recevoir d’instruction précise.  Comment soigner dans des conditions optimales en évitant de collaborer à la sinistrose ambiante tout en se protégeant d’une possible contamination ?  Les médecins consultent par vidéoconférence, les autres soignants se sentent abandonnés.  Bref, oublions quelques instants les agitations médiatiques, profitons de ces repos forcés pour découvrir un excellent « polar ».

« Immortal Ad Vitam » Cécile Pommereau

 

41CpdJD8psL.jpg?profile=RESIZE_710xImaginez une scène de crime, jusque-là rien de particulier.  Le meurtre a été capturé par les caméras de surveillance.  A partir de cet instant la victime va jouer un rôle original en surprenant les enquêteurs.  Après s’être fait sauter la cervelle, la cible disparait du lieu de son assassinat.  On pourrait croire que l’assassin s’est chargé d’escamoter  le corps sauf que, les images dévoilent un truc étrange… 

Accrochez-vous très chers lecteurs, voici qu’une enquête inattendue, que dis-je, une quête, vous entraine sur une route étrange.  J’adore que l’on me surprenne en ballades inattendues. 

Si l’on voulait se montrer professoral, on défendrait la thèse qu’un Polar n’est intéressant que lorsqu’il nous immerge dans une série de scènes réalistes.  Mélange de descriptions, d’actions et de manipulations dans le but avouable d’occulter la chute.  Enfin, c’était un avis basé sur des préceptes dépassés puisque « Cécile Pommereau » vient secouer tous nos repères par un saupoudrage intéressant d’immortalité. 

« Immortal Ad Vitam » porte admirablement son titre.  Jean, un flic possédant la bouteille d’une carrière trentenaire, réalise à l’aube de sa retraite que s’il pensait avoir tout vu, le voici obligé de remettre en question son approche professionnelle.  Par cette accroche la romancière parisienne Cécile Pommereau,  captive le lecteur par un récit riche tout en offrant une belle qualité d’écriture.  Un polar ?  Certes, on pourrait répondre par l’affirmative quoique, de mon humble avis, ici s’ouvrent les ailes d’une certaine philosophie.  Non, non, ne vous effrayez pas, juste une légère approche sans prise de tête, sans que l’élitisme ne vienne vous endormir ou qu’Aristote ne s’invite à votre table.  Ceci écrit, s’il n’oublie pas le vin il sera le bienvenu.

J’ai adoré « Immortel Ad Vitam ».  Quoi, il adore un polar ?  « Prout prout, pète-pète » pourquoi devrais-je occulter mon plaisir ? Devrais-je avoir honte d’approcher tous les styles ?   Me revient le souvenir d’une conversation en compagnie de Jacques Nain.  Jacques est éditeur, écrivain, ancien officier de police, s’offrant à ce jour une ambition politique honorable.  Lors d’un salon littéraire, il me confiait que les polars trébuchent quelquefois en raison que son auteur ne s’est pas  correctement documenté.  Ben mon Jacques, j’ose prétendre que ce livre pourrait te séduire comme j’en fus amouraché. 

On aurait pu croire que Cécile Pommereau puise son imagination à la source de sa vie professionnelle.  Policière depuis 2006, elle devient enquêtrice en 2009.  N’empêche, talent d’enquêtrice n’offre pas manteau d’écrivain, je12273331495?profile=original l’attendais au tournant.  Pari gagné en ce qui concerne la plume qui nous intéresse.

Quid de ce polar ?

Page après page nous découvrons la puissance des relations humaines.  Oui, l’humain trouve ici une place majeure.  Les blessures de l’âme peuvent se cicatriser.  Il suffit parfois d’une simple rencontre.  Un peu de désespoir, de lendemains que l’on suppose brisés, mais qui fleurissent en printemps retrouvés.  Une belle leçon d’amitié intergénérationnelle.  Après tout, choisit-on les affinités, la confiance sans réserve qui permet les confidences pouvant effleurer l’inavouable ? 

Dans ce cas précis, je remercie l’auteure pour l’excellent moment passé en compagnie de son ouvrage. 

Puis-je oser un conseil par apport à l’actualité ? 

 À l’heure du confinement plongez-vous dans la lecture.  Des ouvrages de qualité vous font voyager au cœur de paysages que vous pourriez manquer.  L’aventure est à votre portée et ne me confiez pas que vous n’avez pas les moyens de vous offrir  ce plaisir…  Si lire vous semble difficile pour de multiples raisons, c’est une activité de pleine actualité. 

Lecture & solitude

À propos, connaissez-vous ces femmes et ces hommes qui offrent quelques minutes de temps afin, si vous le désirez, de vous lire quelques pages ?  Un joli moyen de briser la solitude…  En Belgique Francophone les volontaires de la croix rouge peuvent répondre à cette demande….  C’est gratuit, c’est une façon de faire entrer la littérature au sein de votre demeure. 

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Songez aux personnes isolées, en difficulté de vie…  Songez à ces personnes âgées qui perdent la possibilité de lire…  Vous pouvez faire appel à un bénévole qui viendra essaimer quelques pages.  C’est également un moyen de briser la solitude…

 

Au diable la sinistrose, viva m’boma, patates sans saucisses c’est comme fromage sans pain. Je vous l’avais écrit, au diable la sinistrose et vive le romarin.

 

Philippe De Riemaecker

 

 

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Passionné du patrimoine culturel algérien, le journaliste-écrivain Noureddine Louhal vient de publier aux éditions Aframed un livre intitulé «Sauvons nos salles de cinéma, Acte II», ouvrage dans lequel il reprend et enrichit son premier opus «Sauvons nos salles de cinéma», publié en 2013 dans le cadre du Festival national culturel du film amazigh. L’auteur explique le pourquoi de ce livre mais aussi livre ses impressions sur l’état déliquescent du patrimoine cinématographique national.

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Horizon : Vous avez choisi de rééditer un livre que vous avez déjà publié sous le titre «Sauvons nos salles de cinéma». Pourquoi?

Ce n’est pas une réédition. J’aurais aimé qu’il soit réédité mais la manière dont il a été écrit la première fois, il ne se limitait qu’à Alger, Oran et Constantine. J’ai préféré le réécrire pour pourvoir intégrer les techniques qui envahissent chaque jour la scène artistique mais aussi pour parler des salles rouvertes à Alger et inclure les salles de banlieue en plus de Boufarik, des villes de la Kabylie comme Tadmaït et Draa Ben Khedda ainsi que Sétif et Tébessa. Ce nouvel ouvrage contient une foule d’informations qui peuvent servir au cinéphile ainsi que des dates importantes qui ont marqué le 7e art algérien.

De quel aspect parlez-vous dans ce nouvel ouvrage? Est-ce un constat ou simplement un inventaire des salles obscures algériennes?

Le titre est «Sauvons nos salles de cinéma, Acte II». Je dresse un constat mais aussi l’apologie de ses institutions qui ont égayé notre jeunesse. Le constat comme vous le savez est peu reluisant et ne prête pas à l’optimisme. Il y a des salles qui risquent de disparaître définitivement comme «Le Marivaux», «Le Lux». Au-delà du constat que tout le monde sait, mais dont on ne parle que très peu, je fais l’apologie et je pars en guerre contre ceux qui prétendent qu’aujourd’hui il ne sert à rien d’aller au cinéma du fait que tout est à portée de main sur les différents supports audiovisuels modernes. Un discours sciemment entretenu pour fermer ces salles et les consacrer à d’autres activités commerciales.

Votre ouvrage est également empreint d’une pointe de nostalgie...

Effectivement, je raconte les moments forts d’Alger, mais aussi Oran où la salle «L’Escurial» était la vitrine du cinéma arabe, où ont aussi défilé des stars de la chanson égyptienne. J’évoque aussi la cinémathèque, un haut lieu de débat autour du cinéma ainsi que les grands titres qui ont secoué la tranquillité d’Alger. Une époque révolue mais qui pourrait ressusciter avec de la volonté et du travail.

L’Algérie abrite annuellement quelques festivals du cinéma, mais les salles de cinéma restent fermées à ce nombre important de films projetés durant ces festivals. Qu’en pensez-vous ? 

La contradiction est criante. A l’heure où l’on inaugure le festival du cinéma engagé, il n’y a aucune salle à Alger, en dehors des salles de Riadh El-Feth, pour abriter cet événement important. Pour reprendre Merzak Allouache, «A quoi sert de faire des films pour qu’ils finissent dans des cartons». Au-delà de l’avant-première, le film disparaît et est stocké dans une quelconque cave.

Qu’en est-il de la gestion des salles de cinéma?

Les salles pourraient retrouver la fréquentation du public si on les retire à ces pseudos gérants privés qui projettent des matchs de football de ligues étrangères. Les salles doivent être prises en charge par le ministère de la Culture qui a le pouvoir et l’argent et qui doit les confier à des gens de métier ou à des coopératives de gestion.

Entretien réalisé par Hakim Metref

In Journal Horizon du 12 novembre 2019.

 

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8 Mars journée internationale des femmes... Une parmi tant d'autres.

Une des images de mon livre écrit suite à mes deux voyages au Nord du Niger :

"Un Ami, contes et paroles nomades en pays Touareg"

est édité par "5 Sens Éditions", à Genève,

il fait suite à ces rencontres amicales.

Il est à commander dans toutes bonnes librairies !

N'hésitez pas à soutenir les auteures indépendantes

ainsi que les

Éditrices indépendantes !

Merci

5 Sens Editions Un Ami...

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administrateur théâtres

Opéra Royal de Wallonie-Liège, de Don CarlosPlay it on ! "Don Carlos" à l'Opéra de Liège

La superbe version française de «Don Carlos» à l’Opéra de Liège a fait dernièrement l’unanimité aussi bien dans la critique musicale élogieuse qu’auprès d’un public totalement conquis. En version longue, dite « originale de Paris» de 1866. En version d’une diction française parfaite. Paolo Arrivabeni à la tête de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège a distillé quelques merveilleuses heures de déploiement musical et lyrique tout en délicatesse. La théâtralité subtile et sombre des amours et amitiés contrariées a envahi le plateau et bouleversé le public touché par la musique chatoyante ce drame lyrique signé Giuseppe Verdi. On pourra écouter la retransmission intégrale de l’
enregistrement de la soirée du 14 février le 7 mars 2020 sur Musiq 3.

La vivacité de l’orchestre, son engagement dans les souffrances romantiques sans la moindre lourdeur, la distribution lyrique irréprochable, le défilé soyeux de 800 costumes et chapeaux Renaissance de Fernand Ruiz, les décors fastueux de Gary Mc Cann qui font valser les multiples tableaux de cette œuvre en cinq actes, la conduite rutilante des chœurs de Pierre Iodice, les savants éclairages de Franco Marri ont fondu l’ensemble dans un creuset quasi cinématographique. La mise en scène intelligente et pétrie d’historicité bien documentée de Stefano Mazzonis di Pralafera a conféré une fidélité intense à l’œuvre Verdienne et une fusion parfaitement onctueuse de tous les éléments de l’opéra.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, plein air et intérieur

Cette œuvre est grandiose pour sa dimension historique, et poignante pour sa vérité dramatique. En cause, ce Rodrigue, prénom prédestiné qui a tant de coeur, et qui développe un personnage si complexe et si attachant? Ou est-ce la versification française si limpide qui fait penser à la tension dramatique des grands classiques français?
Est-ce, plus simplement, le charisme rutilant de l’interprète de ce Rodrigue, Marquis de Posa incarné par le fabuleux belge Lionel Lhote acclamé de toues parts qui livre sur scène une prestation d’une incomparable fluidité théâtrale?
La voix est chaude, enveloppante, débordante de grandeur sublime. La personne du chanteur diffuse son sage humanisme en continu. Le personnage incarne le débat cornélien: le devoir de fidélité au roi Philippe II qu’il a juré de servir, ou l’attachement inconditionnel à ses serments d’amitié avec Don Carlos. Le choix est cruel et dangereux.

La  fascinante  basse cantabile Ildebrando D’Arcangelo dans le rôle de Philippe II, est superbement grave, orgueilleux, manipulateur. Il est autoritaire et souverain, au lit comme à la cité. On apprend qu’il ne dédaigne pas les charmes de la bouillante princesse Eboli qui aura grand mal à faire acte de contrition et rétablir la justice après avoir rêvé de vengeance et empoisonné la cour de ses immondes machinations
pour obtenir l’amour de Carlos. L’amour est cruel et Kate Aldrich l’interprète avec fougue et exaltation. Mais, pauvre chose féminine, comment pourrait-elle agir face à l’infâme machine de l’inquisition? Le sombre Philippe II est flanqué de Roberto Scandiuzzi, un Grand Inquisiteur bien glaçant.

En version féminine, le même débat cornélien se présente à la pauvre Elisabeth de Valois, fille d’Henri II priée d’oublier ses amours adolescentes et forcée d’endosser les lourdes robes qui l’emprisonnent dans son nouveau rôle de reine d’Espagne pour garantir la paix après des années de guerres dévastatrices. Une très émouvante Yolanda Auyanet. En dépit de ses émois amoureux vrais, bons et naturels la voilà embarquée dans un sérail irrespirable aux côtés d’un roi jaloux prêt à l’immoler. On le voit complètement dépité au 4e acte quand il perçoit que finalement « Elle ne l’aime pas! ». Elle est si jeune et palpitante, d’un naturel si tendre et si sincère. La voilà cloîtrée, obligée de plier devant un seigneur inflexible qui la voit comme sa chose! Dire qu’elle choisit son devoir de reine car elle a promis d’être l’otage de la paix. Que de vibrante vertu!

Et les Flamands dans tout cela? Une équipe vibrante elle aussi avec Patrick Delcour, Roger Joachim, Emmanuel Junk, Jordan Lehane, Samuel Namotte et Arnaud Rouillon. Ils symbolisent la rébellion, la voix du peuple affamé, le pays conquis mis à feu et à sang par les exécutions de l’Inquisition, un pays réduit à une populace de morts-vivants pris dans les affres de la guerre. Une situation politique que dénonçait à travers eux le grand Verdi, défenseur de la liberté et de sa patrie. Les Flamands résistent. L’infant se révolte contre son père dénaturé… Même combat. La salle pleure des larmes d’indignation et pense à l’innommable duc d’Albe qui sévissait dans nos régions. La musique enflamme des sentiments d’injustice à vif. L’impressionnant ténor Gregory Kunde qui a endossé le rôle-titre est héroïque et somptueux avec ses aigus qui s’envolent avec aisance d’un tapis de vibrations chaleureuses.

Le rejet de la tyrannie sous toutes ses formes est le fil rouge omniprésent dans l’oeuvre. Comme cela fait du bien! On éprouve gratitude et admiration devant tant de résistance face à la dictature d’état ou celle de la religion. On se laisse emporter par tant de beauté musicale pour dépeindre la cruauté de l’injustice et l’orgueil démesuré des grands.

L’image contient peut-être : 1 personne, debout

« If music be the food of love, play on. » -William Shakespeare, « Twelfth Night »

Dominique-Hélène Lemaire, pour Arts et Lettres 

En direct, le vendredi 14 février, sur la plateforme de France TV à 19h00 Opéra Royal de Wallonie-Liège, de Don Carlos

https://www.operaliege.be/actualites/lopera-royal-de-wallonie-liege-fete-ses-200-ans-episode-03/

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12273324895?profile=originalCarlos Mérida
Quetzaltenango (Guatemala), 1891-Mexico, 1984
Projection d’une chasse
(huile sur toile, 1938)

      İ Caramba ! il ne faudrait pas que ces trois grands chênes d’Amérique que sont Rivera, Orozco et Siqueiros cachent une forêt de talents. Aussi poursuis-je ici la revue des troupes de cette armée mexicaine de peintres dont le talent mérite d’être signalé.

      A commencer par des peintres muralistes ou rattachés à ce mouvement pictural. Ainsi rendons justice à : Ramόn Cano Manilla (1888-1974), Ernesto El Chango García Cabral (1890-1968), Carlos Mérida (1891-1984), Amado de la Cueva (1891-1926), Emilio García Cohero (1895-1939), Xavier Guerrero (1896-1974), Manuel Guillermo de Lourdes (1898-1971), Emilio Luis Amero Mimiaga (1901-1976), Juan O’Gorman (1905-1982), Julio Castellanos González (1905-1947), Francisco Montoya de la Cruz (1907-1994), Jorge González Camerena (1908-1980), Alfredo Zalce Torres (1908-2003), Luis Arenal Bastar (1909-1985), José Chávez Morado (1909-2002), Fancisco Eppens Helguera (1913-1990), Raúl Anguiano (1915-2006), Fernando Castro Pacheco (1918-2013), Francisco Pancho Mora (1922-2002), Arturo Monroy Becerril (né en 1924), Arturo Estreda Hernández (né en 1925), Arturo García Bustos (1926-2017) ou Guillermo Bravo Morán (1931-2004), pour simplement les nommer car trop souvent ignorés même de volumineux traités (cf. Les précurseurs dans un précédent chapitre).

Comme si, lorsqu’on est provincial, certains étaient actifs à Durango par exemple, il était difficile de retenir l’attention. Hors les murs de Mexico point de salut.

Ou, guère plus valorisant, relégués au rôle d’assistants, ombres de la main du Maître. Maître à qui on attribue le mérite. Et dans l’ombre de son ombre il est pourtant patent que la première muraliste fut une femme, Aurora Reyes Flores (1908-1985), peintre et poétesse. Tant, ainsi que le disait María Izquierdo (1902-1955), « Ce n’est pas facile d’être une femme et d’avoir du talent », ou, pour Camille Claudel en 1913 depuis son asile-exil, « C’était bien la peine de tant travailler et d’avoir du talent pour avoir une récompense comme ça. »  

 

12273325292?profile=originalJuan O’Gorman
Coyoacán, 1905-Mexico, 1982
Projet de monument pour La Naissance de Vénus
(détrempe sur contreplaqué, 1976)
Où les mânes du Facteur Cheval, Dada et le Surréalisme, planent…
Comme dans le jardin tropical de Las Pozas d’Edward James.

Aussi et avant tout architecte, il réalisa notamment la villa de San Ángel

pour Diego Rivera (la maison rose) et Frida Kahlo (la maison bleue).

Ces maisons jumelles et fonctionnalistes sont devenues un

 musée dédié aux trois artistes, le

Museo Estudio Diego Rivera de San Ángel, Mexico.

12273326058?profile=originalFaites entrer la lumière :

fonctionnelle avec ses deux ateliers indépendants, construite en 1933 par Juan O’Gorman selon des principes établis notamment par Le Corbusier (1887-1965), Walter Gropius (1883-1969), le fondateur du Bauhaus, ou Ludwig Mies van der Rohe (architecte allemand naturalisé américain, né en 1886 comme Diego Rivera à qui il ressemblait étrangement, mort en 1969).

Vingt ans plus tard, dans le même quartier de San Ángel, O’Gorman construisit une autre maison, inspirée cette fois du Palais idéal de Ferdinand Cheval (1836-1924).

La Maison Picassiette (Raymond Isidore, 1900-1964) n’est pas loin non plus.

Cette deuxième maison à San Ángel sera démolie en 1969.

Du fonctionnalisme au surréalisme…

Curieuses correspondances

 (photo captée sur le Net)

      Libérateur, le mouvement muraliste, né de la Révolution, porté par les « Trois Grands », devint école. Ecole qui se transforma rapidement en système, avec ses commandes publiques. Système qui entraîna la sclérose lorsque « La charge idéologique et didactique devient l’obstacle qui s’interpose fréquemment entre le spectateur d’aujourd’hui et les peintures de Rivera, d’Orozco et de Siqueiros. », Octavio Paz.

12273326456?profile=originalCarlos Mérida
Quetzaltenango (Guatemala), 1891-Mexico, 1984
Scène vaudoue
(huile sur toile, 1929)

« Ne vois-tu pas que le ciel est rouge ?
et jaune est le pré
Que les oranges ont un goût de rose. »
                                                                                  José Moreno Villa (1887-1955)

« Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange. »

Louis Aragon (1897-1982)

Alors se dégagent de nouvelles forces libératoires qui feront des années trente les plus bouillonnantes et les plus fécondes artistiquement. Et change la vision des choses.
       Certains feront des détours du côté du surréalisme (un surréalisme souvent de circonstances), Mérida toujours, ou Rufino Tamayo (1899-1991), qui fit l’essentiel de sa carrière aux Etats-Unis (déjà rencontré dans le billet consacré à son rival, Siqueiros). Et autres « Peintres de Mexico » (appellation d’origine contrôlée par Breton), Roberto Montenegro Nervo (1885-1968), Antonio ‘El Corcito’ Ruiz (1892-1964), Augustín Lazo Adalid (1896-1971), Manuel Rodríguez Lozano (1896-1971), Guillermo Meza Álvarez (1917-1997).

12273326490?profile=originalCarlos Mérida
Quetzaltenango (Guatemala), 1891-Mexico, 1984
L’amour est libre
(huile sur toile, 1940)
On peut penser à Mirò,
à Buñuel (mort au Mexique en 1983) et à Dalí,
à Un chien andalou
mais peut-on y penser en se rasant ?...

      En 1940 une « Exposiciόn internacional del surrealismo » se tint à la Galeria de Arte Mexicano avec des artistes tant européens (Ernst, Magritte, Mirò, de Chirico, Picasso, Dalí, Tanguy…) que locaux (Lazo, Lozano, Montenegro, Meza et Ruiz, ainsi que Mérida, bien que d’origine guatémaltèque, et José Moreno Villa, d’origine espagnole), cantonnés parmi les « Peintres de Mexico ». Kahlo, Rivera, pourtant peu « surréalistes », étant intronisés dans la section internationale. Le tout coordonné par Wolfgang Paalen et le poète péruvien César Moro*1, évidemment adoubé par Breton qui entend éminemment voir démontrée son intuition que « le Mexique tend à être le lieu surréaliste par excellence ».
Lieu que le poète et mécène Edward James (1907-1984) investit, installe et met en scène folies, ménagerie et sculptures pour en faire le jardin surréaliste idéal à Las Pozas sur la commune de Xilitla dans la Sierra Madre orientale. Utopie qui fit dire à son ami Salvador Dalí qu’il était « le seul fou authentique », « plus fou que tous les surréalistes réunis. » Et la jungle de La Huasteca devint son paradis, sa cité perdue, son « Xanadu surréaliste », le palais d’un Grand Khan émerveillant le Marco Polo de passage en ces lointaines et mystérieuses contrées.
Alors le Mexique, surréaliste ? Oui, si on veut, mais en Union libre,


« Ma femme à la langue d’hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable. »
                                                                                                    André Breton, 1931

12273327054?profile=originalAntonio Ruiz
Texcoco, 1892-Mexico, 1964
Le rêve de La Malinche
(huile sur masonite, 1939)
Ecartelée entre le songe et la réalité…
Car tout est bon pour s’aliéner les naturels.
Le rapt destiné à former des interprètes par « truchement »,
l’alcool, le travail forcé, la spoliation, le massacre pur et simple,
mais aussi le métissage. Ainsi Hernán Cortés et la Malinche,
Garcilaso de la Vega et la princesse inca Chimpu Ocllo,
John Rolfe et Pocahontas…
Enracinée, car ici le surréalisme est bien ancré dans le réel.

« Oh, mes enfants ! Où pourrais-je vous emporter pour ne pas vous perdre ?» se lamentait la déesse Cihuacόatl lors de la Conquête du Mexique.
Une histoire qui, mêlée à celle de la Malinche, est à l’origine de la légende de La Llorona, « La Pleureuse » déambulant vêtue de blanc.
Qui ne sait rien de l’amour, Llorona
Ignore ce qu’est le martyre.

Ce qui n’empêche pas un certain humour noir, si prisé des surréalistes en général et de Breton en particulier qui en fit une anthologie. Aussi auraient-ils sûrement apprécié l’esprit de ce quatrain extrait d’une ballade traditionnelle mexicaine, Rosita Alvirez, inspirée d’un fait divers survenu en 1883 (ou 1900 selon la chanson).


« La nuit qu’on la tua,
Rosita eut de la chance :
Des trois balles qu’elle reçut,
Une seule était mortelle. »


Fatalisme latino-américain… Une mort vaut bien quatre vers pour qu’elle rengaine. Et Rosita aimait danser, alors pensez, trois balles.
Laissons passer cette oraison funèbre…

« Toi comme moi avons l’œil terne, pierre
Comme moi tu rêves d’un cataclysme
Parmi l’humidité la sécheresse ou le temps indifférent
Une même soif nous accable
Pareil destin : la terre l’ennui
De trop t’avoir fixée ô pierre
Me voilà dans l’exil
Parlant un langage de pierre
Aux oreilles du vent… »
                                                                                 César Moro, Pierre mère, 1943

12273327086?profile=originalJuan Carlos Bracho
Cosautlán de Carvajal, 1899-Mexico, 1966
La Race
Onyx-calcaire vert du Mexique, 1938
Où le festonnage de la pierre évoque nos circonvolutions,
la persistance de la mémoire.
Quand le rêve s’inscrit dans le marbre…
Nul besoin d’interprète, de divan.
Ou, pour paraphraser Magritte,
« L’art, tel que [les artistes mexicains] le conçoi[vent], est réfractaire à la psychanalyse. »
Il n’empêche, le sculpteur a ici habilement su jouer sa partition,
conjuguant son vocabulaire à l’écriture de la pierre,
ce qui n’aurait pas été non plus sans déplaire à Roger Caillois*2.

D’autres se tourneront vers le cubisme ou l’abstraction…

12273327673?profile=originalFernando García Ponce
Mérida, 1933-Mexico, 1987
Présence III
(acrylique, 1973)

      On peut dire que les Street artists contemporains, de Jean-Michel Basquiat à Kara Walker, en passant par la Renaissance de Harlem pendant l’entre-deux guerres, doivent beaucoup aux muralistes mexicains.
       Au Mexique même, un renouveau de l’art mural et de son esprit communautaire a vu le jour avec notamment le collectif d’artistes Tlacolulokos d’Oaxaca, animé par Javier Dario Cánul Melchor et Cosijosea Eleazar Cernas García, dont l’objectif est de redonner la parole au peuple indigène et de lutter contre les trafics, la corruption et la discrimination qui gangrènent le pays.
Ou encore Spaïk, les duos Cix Mugre, aux couleurs électrisantes, et Duek Glez avec qui il collabore généralement signant Cix&Duek, ou Octavio Alegria qui travaille avec l’Espagnole Ester del Prado pour former Alegria del Prado. Modernes et colorées leurs œuvres monumentales sont fortement ancrées dans la tradition et la mythologie préhispanique, avec cette touche de fantastique, de surréalisme qui fait souvent le charme du street-art. Avec eux le muralisme s’ouvre au XXIe siècle, de nouvelles pages s’écrivent sur les murs de nos villes. La rue est devenue livre ouvert sur le monde.
Et Mexico, une nouvelle Roma*3 ?
Roma ville ouverte, Roma sous les bombes de graffeurs fous qui signent généralement d’un pseudo (Andrik Noble, Franc Mun, Neza, Revost, Sego y Ovbal, Saner, Smithe, mais aussi Jorge Telleache). Et si, dans les quartiers, les hommes dominent, des femmes (Paola Beck, María Antonieta Canfield, Sofía Castellanos, Paola Delfín, Lourdes Villagόmez), teintes souvent plus douces et sensibilité environnementale plus affirmée, sont également très actives. Galeristes, spéculateurs et tour-opérateurs sont déjà en embuscade.
Les murales s’offrent une nouvelle jeunesse.

Passant, rafraîchis-toi…
Sirop de la rue, urbaine liqueur, les graffeurs investissent les rues
et nous interpellent avant que la police ne le fasse.

12273328286?profile=originalTlacolulokos (Dario Cánul et Cosijosea Cernas)
Para entrar al barrio (Pour entrer au quartier)
(fresque, Tlacolula de Matamoros, Oaxaca, 2017)
L’état d’Oaxaca, dont Tlacolula de Matamoros est aujourd’hui le chef-lieu, fut le cœur de la civilisation zapotèque. Avec cette expression d’une fierté revendiquée on est loin du stupide graffiti laissé par un tagueur qui n’exprime au mieux que son ego. Ici couleurs vives et messages forts sont des moyens de lutte contre la violence et l’illettrisme qui règnent dans le pays.
(photo captée sur le net)

      Tous ont aussi une dette envers la photographe Lola Álvarez Bravo*4 (née Dolores Martinez de Anda, 1903-1993), connue pour ses reportages et ses portraits de Frida Kahlo, qui innova en réalisant en 1948 les premiers muraux à partir de montages photographiques (elle mit également sur pied la seule exposition personnelle consacrée à Frida Kahlo de son vivant et dans son propre pays, au printemps 1953).

Les stridentistes enfin, groupe formé par le poète Manuel Maples Arce le 31 décembre 1921, avec des peintres tels Ramόn Alva de la Canal, vu au chapitre précédent, Germán Cueto, peintre et sculpteur, Fírmin Revueltas (1901-1935), ou Leopoldo Méndez (1902-1969).
Ce dernier, graveur digne successeur de Posada, fonde en 1937 l’Atelier Graphique Populaire (TGP) avec Pablo O’Higgins (1904-1983) et Luis Arenal Bastar (1909-1985).
       Le Taller de Gráfica Popular est un véritable chaudron où, autour de Méndez toujours très activiste, on conspue le fascisme, le capitalisme, le cléricalisme… et burine à tout va son effroi dans de féroces charges.
Une auberge (posada) mexicaine où gravitent graveurs et peintres en colère de Dieu tels Ignacio Aguirre (1900-1990), Everardo Razmírez Flores (1906-1992), Ángel Bracho (1911-2005), Antonio Pujol Jiménez (1913-1995), Jesús Escobedo Trejo (1918-1978), Gonzalo de la Paz Pérez (1919- ?), Francisco Pancho Mora (1922-2002)… pour ne citer que les moins connus.

12273328299?profile=originalAffiche réalisée par le TGP pour la Fédération des Travailleurs en soutien à Adolfo Ruiz Cortines (1889-1973).
Président du Mexique de 1952 à 1958, il poursuivit une politique d’industrialisation.
1952 est aussi l’année où les Mexicaines obtinrent le droit de vote.
(photo captée sur le net)

      On pourrait croire cet univers exclusivement masculin. Il n’en est rien. Fréquentèrent ce milieu de nombreuses graphistes. Œuvrant pour la liberté je ne saurai sans les nommer vous parler d’elles.

12273329090?profile=originalSarah Jiménez Vernis
Guyen Van Troy (xylographie, 1966)
Nguyễn Văn Trỗi (1940-1964) était un combattant Viêt-Cong pour le Front national de libération du Sud Viêt Nam. Il fut exécuté après une tentative d’attentat contre le Secrétaire à la Défense des Etats-Unis et l’ambassadeur américain. Contre l’impérialisme, il brandit une affiche à la gloire du Président de la République démocratique du Viêt-Nam, Hô Chi Minh.
(photo captée sur le net)

Sans plus de protocole, voici donc Elena Huerta Muzquiz (1908-1997), également muraliste ; Elizabeth Catlett Mora (1915-2012), d’origine afro-américaine elle fut aussi sculptrice et l’épouse du peintre Francisco Mora cité plus haut ; Celia Calderόn (1921-1969), par ailleurs aquarelliste ; Fanny Rabel*5 (née Rabinovitch, 1922-2008), excellente dessinatrice et pionnière du muralisme ; Mariana Yampolsky Urbach (1925-2002), américaine de naissance elle fut de plus une personnalité majeure de la photographie mexicaine ; Andrea Gόmez y Mendoza (1926-2012), pour le reste muraliste ; Sarah Jiménez Vernis (1927-2017), à la pointe sèche et acérée. Ou encore la plasticienne Leticia Ocharán (1942-1997)… Souvent restées dans l’ombre, elles poursuivirent néanmoins leurs desseins et prirent toute leur place dans la révolution plastique (et politique) de leur pays.

12273329262?profile=originalSarah Jiménez Vernis
Ferrocarrileros (Travailleurs du rail)
Combattantes sur tous les fronts, solidaires de toutes les causes du peuple,
comme ici des cheminots, les femmes…
(gravure sur linoléum, 1957)
(photo captée sur le net)

      Des listes qui peuvent sembler fastidieuses mais toutes et tous méritent une mention dans l’histoire de l’art, leurs œuvres d’être diffusées. Une énumération comme lieu de mémoire pour une posthume gloire. Une incantation pour la postérité et provoquer ce vertige poétique cher à Umberto Eco, comme on peut éprouver le syndrome de Stendhal.

12273329867?profile=originalLeopoldo Méndez
Mexico, 1902-1969
Le manège
(gravure sur linoléum, 1944)

« En route vers d’autres rêves nous sommes sortis avec la fin du jour ;
une étrange aventure nous a effeuillés dans le bonheur de la chair. »
                                                                              Manuel Maples Arce (1898-1981)

      La vie est un manège, un théâtre de marionnettes, aussi tournons cette page pour revenir à Germán Cueto et son épouse Lola pour un dernier tour et nous enivrer au son strident du limonaire.

12273329890?profile=originalGermán Cueto
Mexico, 1893-1975
Tête cubiste
(huile sur fibracel, 1948)

Germán Cueto fut également marionnettiste
avec sa femme Lola (née María Dolores Velásquez Rivas, 1897-1978),
exploitant la puissance subversive de leurs fantoches.
Je vais vous les présenter…

12273330859?profile=originalMarionnettes de Lola et Germán Cueto
Comme la caricature, le pamphlet, le street-art
la marionnette cogne sur le pouvoir.
Ainsi font font font Guiñol et Gnafron.

12273330699?profile=originalDebout devant la Casa Azul de Frida Kahlo à Coyoacán

(aujourd’hui Museo Frida Kahlo)


« Devinez, devinez qui je suis
Derrière mon loup, je fais ce qui me plaît… »*6
(photo captée sur le net)

12273331462?profile=originalÁngel Zárraga y Argüelles (1886-1946)
La femme et le pantin
(huile sur toile, 1909)

Rideau !
Toutefois, afin de montrer toute la diversité de la peinture mexicaine du XXe siècle et que la terre ne tourne pas autour du seul axe Paris/New-York, un dernier billet sera consacré aux Contemporáneos
Quant à la première partie de cette série, c’est ici :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/diego-jos-david-et-les-autres-que-viva-mexico

Michel Lansardière (texte et photos)

*1 César Moro (Alfredo Quíspez Asín, dit ; 1903-1956), poète surréaliste, résida au Mexique de 1938 à 1948, il y développa son langage, devenant également le porte-parole du mouvement.


*2 Roger Caillois (1913-1978), compagnon de route des surréalistes, auteur, entre autres, de Pierres, L’écriture des pierres, Pierres réfléchies. Pour lui :
« Laisser passer en soi la nature, ce n’est pas pour l’homme tenter ou feindre de retourner au nerf ou à l’inerte, ni essayer de se démettre des pouvoirs qui lui sont échus.
C’est, au contraire, les approfondir, les exalter et les contraindre à de nouveaux devoirs. »
Ce que fit l’artiste, plier la pierre calcaire à son imaginaire, donnant à La Race indigène ce port fier et accomplissant ainsi cette formulation de son compatriote Octavio Paz :
« La fonction de l’art est nous ouvrir les portes qui donnent de l’autre côté de la réalité. »
A propos d’onyx, il en est de deux sortes, sans rapport aucun si ce n’est une certaine analogie de forme. L’onyx, une calcédoine ou agate, généralement à deux couches, blanche et noire, de la silice (SiO2) donc qui sert notamment à confectionner des camées. Et l’onyx, une sorte de marbre plus ou moins rubané et translucide, une calcite (CaCO3) en conséquent, utilisé pour la décoration ou la statuaire. En outre, la première est dure et résistante, la seconde tendre et cassante. Dans le cas de la pierre employée ici par le sculpteur on doit parler de marbre-onyx ou onyx-calcaire.


*3 Roma est un quartier de Mexico très investi par les street artists. Avec toutes ces infos gringos vous voilà tout de go un peu devenu Chilango (terme familier pour natif de Mexico, un peu comme en argot Parigot).


*4 Lola Álvarez Bravo fut d’abord l’assistante puis l’épouse, de 1925 à 1934, du célèbre photographe mexicain Manuel Álvarez Bravo (1902-2002). Deux autres photographes aujourd’hui renommées, Graciela Iturbide (née en 1942) et Flor Garduño (née en 1957) furent également ses assistantes. Toutes trois ont su saisir la tension entre tradition et modernité et capter l’attention d’un vaste public. Elles prolongent en quelque sorte le travail de Tina Modotti (née à Udine en Italie en 1896, morte à Mexico en 1942). Sensibilité à fleur de pellicule, perspective moderniste, révolutionnaire, elle immortalisa notamment les femmes de la petite communauté matriarcale de Tehuantepec dont je vous ai brièvement entretenu dans mon article « Femmes, fières, rebelles. » Elles sont d’indispensables témoins de leur temps. Cette note complète donc mon billet-hommage aux femmes peintres auquel je vous renvoie :

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/femmes-fi-res-rebelles-3e-parie-alice-lilia-leonora-remedios-au


Objectif en bandoulière, qu’il me soit permis d’ajouter ici dans un champ de vision élargi, Kati Horna (1912-2000), d’origine hongroise, mexicaine d’adoption décédée à Mexico, la Suissesse Eva Sulzer (1902-1990), autre « sorcière » du surréalisme qui réalisa un reportage en 1939 pour la revue DYN dirigée par Wolfgang Paalen, et Mariana Yamposky Urbach (1925-2002), graveuse et photographe d’origine américaine. Sans oublier Gisèle Freund (1908-2000), la « sociologue de l’image », qui passa au Mexique deux ans de sa vie, ce pays « où rien n’est médiocre ni insignifiant ». Toute une bande sensible qui a su aller au-delà de la surface et tirer leur vérité des épreuves.


*5 Fanny Rabel fut l’élève de Frida Kahlo, elle formait avec Arturo Monroy Becerril, Arturo Estreda Hernández et Arturo García Bustos, ceux que Frida appelait malicieusement los Fridos.


*6 … David Bowie
(photographie de Fernando Aceves, 20/10/1997). Germán Cueto, qui séjourna à Paris entre 1927 et 1932 avec sa femme Lola, créa de nombreux masques, en métal ou en terre-cuite, alliant cubisme et traditionalisme. Une coutume bien établie au Mexique où ils sont souvent réalisés en papier mâché. Et que l’on ne me dites pas comme Martine Aubry que « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », les paroles sont de La compagnie créole. Derrière mon écran, cet autre masque, je contrôle tout.

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La chenille



En ce mois de Mars battu de pluie et de vent,

A travers la forêt sur un sentier paisible
Une chenille sur des rails invisibles
Se hâte à rejoindre un nid sûrement.

Elle n'est pas seule, toute la famille y est,
Un long cortège où s'agrippent " des mains ".
A s'y m'éprendre en regardant de près :
Une procession de fidèles sur un chemin. !

Elle est Ô combien confiante cette chenille,
Il faut dire que nul bruit n'est à l'horizon.
Et elle n'est pas avec deux ou trois broutilles
Un danger qui soit pire à ses compagnons.

Mais les bruits que l'on n'entend pas sont les pires,
Ils passent vite et sont aveugles des petits.
Alors la chenille que la route inspire
Sous des roues écrasée bêtement finit  !

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L'HIVER S'EN VA !

L'ondée chantonne dans les arbres amaigris,

la seine est triste, toute ralentie,

le ciel  est anthracite, les toitures sont grises, 

le paysage de mars,  monochrome, un peu vague,

ce matin tout entière m'enveloppe !

Il fait froid et humide,les cygnes regardent au 

bord de l'eau, les péniches passer, les instants s'écouler.

C'est l'hiver qui s'en va, de ses pas lourds et noirs,

nous faisant cher payer, les semaines précédentes,

bien trop bleues, bien trop claires !

L'impatience du printemps à vouloir l'évincer, l'aurait-il

à ce point rendu si ténébreux, du matin jusqu'au soir ?

l'ondée chantonne sur les roses encore closes,

la seine est insonore, dans la brume captive,

seule je marche, touchée par toute cette gratuité,

ces somptuosités que la terre malmenée, nous offre,

nous laisse voir !

Ne s'agit-il pas du plus beau, plus profond corps-à-corps,

celui qui associe mon souffle à celui de la terre-mère ?

NINA

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administrateur littératures

Deux belles voix de nos Lettres, deux voies semées de mots reflets de leurs pensées et de celles de leurs personnages, émotion et sensibilité au rendez-vous.

Ecrivaine prolixe, elle se dit curieuse et contestataire, et elle aime comprendre, le questionnement au coeur et à l'esprit, ses principaux centres d'intérêts : le théâtre, la littérature, la peinture,... En ce dimanche après-midi, Jacqueline Gilbert nous évoquera deux de ses parutions.

Juriste de formation, elle nous avoue que lire et écrire ont toujours fait partie de sa vie, qu'il s'agisse d'articles de nature juridique, de poèmes, de nouvelles ou de récits de voyage. "Ecrire, c'est surtout se donner aux autres sans réserve mais par fragments..." Auteure entre autre de nombreux romans, Martine Rouhart nous parlera elle aussi de deux de ses publications.

Nul doute que cet après-midi du 21 novembre à l'Espace Art Gallery en compagnie de ces deux écrivaines sera à la fois captivante et fascinante, la rencontre débutant à 15h30, et suivra une chronique de l'événement...

Merci de votre attention!

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administrateur théâtres

– Culture – Raphaël (1520-2020) au Mont des Arts

 Février 27, 2020 

Raphaël : Une exposition impossible

La région des Marches en Italie a voulu rendre un vibrant hommage à la vie et l’œuvre de Raphaël, l’un des piliers de la Renaissance en Europe après Leonardo Da Vinci.

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Cette exposition a été conçue et réalisée par Renato Parascandolo sous la haute supervision scientifique de Ferdinando Bologna, hélas récemment décédé.

Elle se tient à Bruxelles,cœur de l’Europe, du 14 février au 14 mars 2020, dans l’espace du palais des Congrès, le Brussels Convention Center, au Mont des Arts, une adresse on ne peut plus appropriée! Nommée « The Square » pour les citoyens du monde!

Avantage inattendu, l’entrée est totalement gratuite et l’expo est visible tous les jours de 10 à 19h. C’est l’occasion rêvée, non seulement de venir découvrir en un seul lieu nombre d’œuvres du grand maître italien Raphaël, mais même d’y retourner plusieurs fois, si le cœur vous en dit!

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Selon Renato Parascandolo, l’organisateur de cette exposition dite « impossible », nous serions comme au début de la Renaissance: au tournant d’une nouvelle ère, au seuil d’une nouvelle période artistique. Tout comme à la Renaissance, qui débuta une nouvelle phase formidable de l’histoire humaine, après le « sombre Moyen-Age». Il n’empêche, l’organisateur n’hésite pas à qualifier généreusement l’âge des cathédrales de génial et de créatif, malgré ses guerres incessantes, sa misère, ses famines, ses maladies dévastatrices, son fanatisme et son obscurantisme religieux. Oserait-il un parallèle avec notre époque?

En termes simples, il estime sérieusement que la culture est l’un  des plus grands réservoirs d’énergie pour notre espèce humaine, doublé d’un inestimable facteur de paix. La culture soutient non seulement l’évolution de la pensée humaine, le progrès scientifique et la spéculation créative, mais elle offre même des effets pratiques immédiats en termes de progrès économique, un motif si cher à notre siècle!

En effet, cette initiative culturelle italienne qui célèbre le génie de l’illustre peintre et architecte Raphaël (1487-1520) part de l’institut du tourisme des Marches, en Italie, qui fête les 500 ans de la mort de l’artiste.

Depuis plus d’un an, un nombre conséquent de rencontres et activités culturelles ont lieu autour de Raphaël, en particulier dans sa ville natale, Urbino. Sa renommée ne cesse d’attirer un public toujours plus nombreux.

Sans compter que la région des Marches vient d’être classée en seconde position du top 10 mondial des régions les plus intéressantes à visiter en 2020, selon Lonely Planet « Best in travel 2020- Régions ».

Après Bruxelles, cette expo d’un genre complètement inédit se transportera après à Paris, Moscou, Yekaterinburg (Oural), Sofia, Munich, Frankfurt et Vienne, pour un tour d’Europe prestigieux.

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L’exposition est dite totalement « impossible » puisqu’elle réunit, dans un même lieu, 45 œuvres d’art venant de 17 pays différents, dont une reproduction grandeur nature de l’immense «Fresque de l’école d’Athènes» dédiée à la philosophie et conservée au Vatican.

Il est extraordinaire de se rendre compte, qu’avec nos nouvelles technologies, nous pouvons désormais faire voyager des œuvres en copie parfaite, pour disséminer la culture de par le monde. Au Moyen-Âge, les grands peintres, tel que Raphaël, s’entouraient d’élèves qui participaient à la création des œuvres et qui en reproduisaient des copies pour la circulation de la culture. Aussi,avec les moyens technologiques dont nous disposons aujourd’hui , il serait malvenu de reprocher cette nouvelle forme de vulgarisation.

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crédit photo : Laurent Nizette

Voir l’œuvre originale dans son lieux de conservation est évidemment un privilège inestimable, mais permettre à un large public d’être confronté à la beauté des œuvres et l’amener à les appréciés est non moins souhaitables. Citons André Malraux:

« Aucune reproduction, même parfaite techniquement, ne peut convaincre et émouvoir davantage que l’oeuvre d’art originale. Pourtant, la reproduction photographique de l’oeuvre d’art a permis à des dizaines de millions de personnes de découvrir, d’apprécier des chefs d’oeuvre des grands artistes de toutes les époques, et en même temps de leur donner envie de visiter les lieux où ces chefs d’oeuvre se trouvent, pour pouvoir les admirer dans la splendeur de leur authenticité »

« The Impossible Exibit » ouvre un nouveau type de musée, destiné non seulement à ceux qui aiment l’art, mais aussi à ce large public de gens qui ne fréquente pas souvent des musées, et en particulier à ces jeunes, si friands de nouvelles technologies et d’«edutainment». L’utilisation de plus en plus courante de celles-ci met les jeunes dans une position bénéfique de réception optimale de la culture. Ainsi,s’acheminerait-on vers une sorte de nouvelle «démocratie culturelle».

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L’extraordinaire beauté des peintures de Raphaël est captée sur des toiles reproduisant à l’identique les œuvres originales du peintre, texture, format et couleur. La peinture est sublimée par un éclairage venant de derrière la toile qui invite à contempler et découvrir encore plus le détail et les moindres recoins d’une œuvre qui apparaît comme fraîchement restaurée. L’avantage est que l’on peut s’approcher sans crainte de celle-ci, sans risquer de l’endommager ou de se faire refouler par des gardes ou des sonneries d’alarme intempestives. On peut aussi photographier sans limite. Et le coût du voyage des œuvres ne passe plus par des contrats d’assurances astronomiques!

Raphaël a eu une carrière brillante mais brève puisqu’il est décédé à seulement 37 ans. L’exposition retrace son parcours au moyen de reproductions d’œuvres exposées dans les plus grands musées du
monde : La galerie des Offices, les musées du Vatican, la Pinacothèque de Brera à Milan, la galerie Borghese à Rome, le Louvre à Paris, le Prado à Madrid et la Gemäldegalerie à Berlin, ainsi que l’Ermitage à Saint-Pétersbourg et la National Gallery de Washington, pour n’en citer que quelques-uns. Ces musées conservent d’incroyables chefs-d’œuvre comme la Madonna del Cardellino, La Deposizione, Il Ritratto di Baldassare Castiglione et l’oeuvre commandée par le pape Giulio II, Le Stanze Vaticane, qui fit de lui le meilleur interprète de la Maniera Moderna.

En direct vous aurez des commentaires, bien trop brefs hélas, sur chaque œuvre exposée si vous disposez d’un smartphone.

Mais que tout cela bien sûr, n’empêche personne de voyager, dans le temps et l’espace, de se rendre sur les lieux pour approcher les œuvres inestimables dans les écrins séculaires qui les abritent!

Dominique-Hélène Lemaire ( pour Arts et Lettres)

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Modestie

Laisser narcisse  à ses grands airs

Confondre  déférence  et arrogance

Périlleuses  les méandres

De  l’atroce arrogance

L’accointance des cimes

Ne protège point du déluge

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information

une société de production souhaiterait emprunter votre/vos œuvres pour le/les décors d’un/de plusieurs épisodes de la 2ème saison de la série policière « Unité 42 » réalisée en co-production avec la RTBF

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administrateur partenariats

Nostalgie

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Enfin ! la voilà !

Cette neige.

La magie de l'enfance...J'ai grandi, avec mes soeurs plus jeunes, à la campagne, avec une paire de bottes en caoutchouc, les cheveux libres et sauvages au vent, et les mains pleines de mûres écrasées. En hiver, la neige était notre meilleur défoulement, dans les prairies "à bosses" d'où l'on ne sortait que quand les mamans nous criaient de rentrer, vers 17h...
Les rares voitures ne montaient pas la petite côte de la rue, et les pères de famille les abandonnaient pour finir à pied, les mamans attendaient la famille avec une soupe que la cuisinière à charbon tenait au chaud. Nous rentrions, dégoulinant de la neige collée qui se mettait à fondre, et mettions nos petits pieds dans le tiroir à bois ouvert, devant la cuisinière. Les joues rouges, le regard perçant, nous laissions derrière nous des journées bien remplies, une part de l'enfance qui jamais ne s'en irait.
LM

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