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Que reste-t-il de nos salles de cinéma ?

Que reste-t-il de nos salles de cinéma ?

La petite salle de la cinémathèque algérienne a abrité lundi dernier son premier forum sur le cinéma algérien et mondial, appelé à se renouveler. Il s'agira, en effet, d'inviter des cinéastes, des écrivains, des critiques et même des artistes et des comédiens pour parler du cinéma, de son histoire et de ses perspectives. Des projections et des ventes-dédicaces seront également organisées dans ce lieu symbolique. Premier rendez-vous pris, a été donc, mardi dernier, avec une rencontre-débat des plus enrichissantes avec le chercheur et écrivain algérien Nourreddine Louhal et le photographe français Stephan Zaubitzer, auteur de Cinés-Méditerranée au sujet de l'état des salles obscures en Algérie. Nourreddine Louhal, écrivain, chercheur en patrimoine et journaliste, évoquera tout au long de sa conférence son livre Sauvons nos salles de cinéma.12273323893?profile=original

Témoignages vivants

De son côté, Stephan Zaubitzer, photographe, mais aussi passionné de cinéma et d'architecture, a décroché le World Press Photo en 2004 pour le travail sur les salles de cinéma plein-air de Ouagadougou et expose régulièrement en France et à l'étranger, a présenté un diaporama d'une centaine de photos ayant trait aux différentes salles de cinéma toujours fonctionnelles ou fermées, que ce soit en Egypte, Maroc, Liban, Tunisie, mais encore l'Algérie (Alger, Oran). Il était ainsi accompagné par les précieux arguments et anecdotes de son comparse Nourreddine Louhal avec lequel il formait un très bon duo pour décrire l'un avec les mots et l'autre avec l'image la situation des salles de cinéma en particulier et du 7e art en général que ce soit au Maghreb ou dans les pays arabes, entre passé, présent et ce qui augurait peut-être pour elles comme avenir. à noter que les photos de Stephan Zaubitzer se caractérisant par des prises de vue très larges de l'objet photographié, donnant à voir non pas une vue minimaliste, de chaque salle de cinéma, mais bien au contraire, des paysages d'ensemble quasi panoramiques, sur le tissu social et urbanistique qui entoure chaque salle de cinéma et ainsi comprendre et analyser son architecture au sein de son environnement et sa genèse, mais aussi son impact sur la population de jadis ou encore d'aujourd'hui. à noter que le photographe français a pu prendre connaissance des différentes salles de cinéma algériennes grâce au précieux livre de Nourreddine Louhal qui témoigne de l'historique des salles de cinéma algériennes, et ainsi du passé glorieux de l'Algérie en matière d'industrie cinématographique et de son déclin aujourd'hui.

Etat des lieux catastrophique

«Ce que je trouve rassurant, même si certaines salles de cinéma sont détruites et parfois dans un sale état, c'est qu'il y a encore une mémoire qui se perpétue même si elles ne sont plus en activité aujourd'hui.», fera remarquer le photographe Stephan Zaubitzer. Abordant la préservation de la mémoire du cinéma en Algérie, Nourreddine Louhal déplorera le manque d'écrits autour du 7ème art algérien et de citer comme exemple le nom de Sid Ali Kouiret «parti sans laisser la moindre trace. On se doit d'écrire sur le cinéma en Algérie». et de souligner aussi: «Nous avons régressé en terme d'images alors que nous sommes détenteurs d'une Palme d'or». Nourreddine Louhal dénoncera aussi la disparition de la salle de cinéma Le Régent pour se transformer en une supérette, même si c'est une propriété privée arguant que c'est un patrimoine qui appartient à la mémoire collective du pays avant tout. «Je pleure tous ces endroits historiques qui sont en train de changer de main avec une telle facilité et de façon bête et méchante.» Autre point relevé, notamment par le directeur de la Cinémathèque algérienne est le manque de distribution de films et la carence au niveau du réseau d'exploitation des salles en Algérie qui, par ailleurs, fait défaut. «Sauvons nos salles de cinéma d'abord. Faisons ensuite ce qu'on veut après», dira Nourreddine Louhal, à propos des salles de cinéma.

Pressurisation de la mémoire de notre patrimoine

Et d'évoquer la pétition des gens de Sétif pour ouvrir leur vieille salle de cinéma, fermée depuis des années. Pour Nourreddine Louhal, il est faux de dire que le numérique et le DVD ont tué les salles de cinéma arguant que pendant les festivals, il y a bien un public cinéphile présent qui fréquente les salles. Et à Salim Aggar, directeur de la Cinémathèque algérienne, de relever aussi les mauvaises habitudes prises par le public depuis la décennie noire et la désertion de ce dernier des salles le soir. Il dira que dans les années 1980, les salles étaient largement fréquentées, avant l'avènement aussi de la parabole et des films de cinéma à la télé. Evoquant l'importance de la retranscription de la mémoire ou de l'archivage, que ce soit par écrit ou en photos, «le plus important est de ne pas oublier toutes ces salles de cinéma qui ont fermé et qui sont encore vivantes dans l'esprit des gens. Ce qui est très important.», dira-t-il. Et d'indiquer avoir pris connaissance de l'existence d'une salle de cinéma à la Casbah, appelée «Nedjma», grâce au livre de Nourreddine Louhal. Enfin, les choses sont-elles vraiment en train de changer aujourd'hui? Aussi, faut-il coller à la réalité du terrain. Le secrétaire d'état chargé de l'Industrie cinématographique, Bachir Youcef Sehaïri, récemment nommé, avait-il conscience de ce qu'il disait en affirmant que «nous allons produire 20 films par an»? Et un des présents dans la salle de se demander: « En l'absence de salles de cinéma où allons-nous projeter ces films déjà??». Bonne question...

In L'Expression O. Hind du 5 mars 2020

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L'été bien avant le printemps,

L'été bien avant le printemps.
Les pieds nus dans l'herbe ,
la sieste sous le chêne,
les draps blancs au soleil,
le chant des tourterelles,
les parapluies rangés,
les ombrelles couleur ciel,
le chant d'or des abeilles,
les immenses tartines,
les confitures cassis,
les baisers framboisine,
les cabanes dans les arbres,
les parties d'élastique,
la musique des feuillages,
les éclats de rires clairs,
les peaux nus dès midi,
les souliers oubliés,
les baignades dans la source,
le parfum des rosiers,
les regards dévêtus,
plein de gens dans les rues,
la terre légère et ivre,
l'euphorie de l'enfance,
les grandes vacances,
la campagne retrouvée,
les grandes villes désertées,
les prairies tout en fleurs,
les jardins tout en bleu,
les gens tellement heureux,
les maisons aérées,
la chambres pleine de nous,
ces parfums qui rendent fous,
Des chats lovés en plein soleil,
des lézards sur des pierres,
des goûters en plein air,
des avions vers Marseille,
des cheminées éteintes,
des nuits éclaircies,
des jours tout en lumière,
des coquelicots, des rêves,
des balades à vélo,
les pieds dans l'eau,
les neiges éternelles,
des jours jamais pareils,
la terre pleine de berceaux,
des parties de cerceaux,
des mères en caraco,
des robes légères, des chansons,
un rosé bu au balcon,
l'océan jusqu'à nous,
courir, rire du matin jusqu'au soir,
oublier les devoirs,
les maths dans le tiroir,
les crayons de couleurs partout,
un air tellement doux,
la rosée du matin,
dans les têtes des jardins,
l'atlantique dans les corps,
l'ondée qui est caresse,
la promesse de tes yeux,
les miens si bouleversés,
les toitures dénoircies,
une ronde de tous les hommes,
tout autour de la terre,
le virus enfin mort !
NINA
,

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DOMINIQUE PERREARD OU L'ELOGE DU MASQUE

                                                  DOMINIQUE PERREARD OU L’ELOGE DU MASQUE

Du 03-11 au 25-11-18, l’ESPACE ART GALLERY (Rue de Laeken, 83, 1000 Bruxelles) a eu le plaisir de vous présenter l’œuvre de l’artiste français Monsieur DOMINIQUE PERREARD, intitulée : EN TETE A’ TETE.

Auréolé d’une atmosphère carnavalesque, l’univers de DOMINIQUE PERREARD arpente des dimensions rarement atteintes dans la conception du masque. En vérité, l’univers de cet artiste oscille entre la sculpture et la peinture, en ce sens que chaque masque est limité dans son espace par un cadre. A’ un point tel qu’il devient difficile pour le visiteur de définir où commence le tableau et où émerge la sculpture. L’un étant l’alter ego de l’autre. Le tableau en tant que tel est le terreau à partir duquel prend naissance le masque. Par son œuvre, l’artiste recule les frontières dans la représentation du visage humain. Il y a du burlesque qui nous replonge dans les carnavals de notre enfance, à l’instar de VISAGE 04 (109 x 90 cm - techniques mixtes, papier, pigments…).
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Mais il y a aussi de l’« abstrait » (faute de le qualifier autrement) dans cette série de visages aux traits évanescents, baignant dans un blanc laiteux, contrastant avec un chromatisme bariolé, évoluant du jaune vif vers le rouge, alterné de touches blanches, traitées au couteau dans le bas et s’évanouissant vers le haut. Remarquez de quelle façon les visages émergent de l’espace : ils ressortent à la manière des bas-reliefs expulsés de la pierre. Ceux-ci apparaissent de façon saillante, à partir du trait noir extrêmement prononcé, amplifié par du papier chiffonné.

Le visage démultiplié régit la composition de NAISSANCE (124 x 69 cm- techniques mixtes, papier, pigments…).12273328491?profile=original

Elle se situe à un stade de son évolution où « tout peut arriver ». Le visage et ses attributs se mettent en place mais leur emplacement demeure encore anarchique : tout est imbriqué dans tout. De prime abord le visiteur se trouve face à un conglomérat, une masse informe de laquelle jaillissent les éléments constitutifs du visage, lequel trouvera son aboutissement discrètement coincé entre plusieurs éléments vers la gauche, au centre de l’œuvre. Il devient, dans l’imaginaire du visiteur, la concrétisation du « naissant », en ce sens qu’à de nombreuses reprises, l’idée embryonnaire du visage achevé se profile sur divers côtés du tableau. Même discours, en haut, sur la droite de l’œuvre : le profil exprimé par le bas se manifeste, donnant à ce dernier une allure faisant penser à un visage ornant une poterie Nazca (céramique précolombienne).

La force caractérisant l’œuvre de DOMINIQUE PERREARD est constituée à la fois par le volume et par la couleur, généralement très vive, renforçant de ce fait la puissance même du volume.

Une série de six petits formats représentant des visages, évoquant la volonté de « portrait », apparaît pour la première fois dans cette exposition. A’ l’exception d’un visage campé de profil, tous les autres fixent le visiteur. Même si ces portraits sont imaginaires ou symboliques, leur conception est une réminiscence contemporaine des masques de James Ensor, tels que la FIGURE 6, particulièrement dans l’expression et le chromatisme.

FIGURE 6 (39 x34 cm - techniques misxtes, papier, pigments...) 

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Mais il y a également une évocation de l’expressionnisme allemand des années ’20 et ’30, notamment dans les FIGURE 2  et FIGURE 4  ainsi que de Francis Bacon.

FIGURE 2 (44 x 36 cm - techniques mixtes, papiers, pigments...)12273329661?profile=original

FIGURE 4 (40 x33 cm - techniques mixtes, papaiers, pigments...)

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Ces petits formats exposés ne sont qu’un échantillon de sa production, comportant quelque soixante oeuvres de cette dimension. La notion du « portrait » est flagrante, à la fois dans sa présentation que dans ses références historiques. Néanmoins, rien n’a été voulu car tout est le fruit de l’inconscient. L’importance de ces petits formats réside dans le fait de nous faire comprendre que nous sommes toujours bel et bien dans le masque dans toute sa dimension mythologique. En effet, ces visages grimaçants et déformés, drôles ou tristes ne sont que l’expression de ce qui s’abrite derrière l’écran du masque, à savoir la Persona.

Le sentiment de la pierre nous est rendu par BAS-RELIEF 0 (68 x 48 cm – techniques mixtes, papier, pigments…).

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Le côté « argileux » qui se dégage de cette pièce est dû à la magie de la technique mixte utilisée par l’artiste. Les deux visages (sculptures) ressortent au regard à partir d’un arrière-plan brun-ocre, renforçant au sein de l’inconscient l’idée tangible de la pierre sculptée.

LA DAME (94 x 74 cm – techniques mixtes, papier, pigments…) constitue l’exemple parfait du tableau sculpté.12273331070?profile=original

Des résidus de matière conçoivent et décorent la robe du personnage. Son rôle est celui d’accrocher la lumière. Des notes rouge vif affirment le corsage de sa robe.

Sa chevelure s’éparpille à l’intérieur d’un halot lumineux dominé par le jaune or, le noir le plus sombre et le rouge vif. Le visage respecte cette ligne de démarcation infime entre peinture et sculpture : jaillissant à peine de la toile, seuls le nez, les arcades sourcilières, la bouche et le menton ressortent de l’espace pictural pour trouver leur identité plastique propre, à l’intérieur de cette polysémie chromatique.

L’idée du « portrait » est à nouveau présente dans le regard de la dame fixant le visiteur. Sa particularité consiste dans le fait de s’éloigner de la toile pour que celle-ci se dévoile dans tous ses atours.

Il n’y a pas vraiment un nom pour qualifier l’art de DOMINIQUE PERREARD. « Modeleur » ferait sans doute l’affaire, puisque la construction du masque est une affaire de « modelage ». Et l’artiste s’exprime dans une discipline associant relief « sculpté » (étant donné qu’il s’agit de « bas-reliefs » en masques) et peinture, puisque l’œuvre s’enserre à l’intérieur d’une toile peinte. Il s’agit ici d’un art original puisqu’il s’écarte des sentiers battus pour avancer vers d’autres dimensions créatrices.

Avec FOULE 08, nous retournons dans l’interprétation inconsciente. En effet, parmi les visages entourant le personnage central, il y en a un dont le menton termine en pointe son faciès émacié, accusant un prognathisme prononcé. Là aussi une référence à l’histoire de l’Art proche-oriental s’affirme lorsque nous le comparons à la statuaire égyptienne de la 18ème dynastie.

FOULE 08 (118 x 75 cm - techniques mixtes, papiers, pigments...)

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FOULE 08 (autre tableau - 102 x 67 cm – techniques mixtes, papier, pigments).

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Seize variations sur le thème du masque-visage se déclinent en une infinité de modulations dans lesquelles la matière imprime l’idée de la forme, presque en s’effaçant, tellement elle devient fragmentaire sans que jamais celle-ci l’emporte sur le dessein à l’origine de la forme. Nous restons dans l’idée ou plutôt dans l’esthétique de l’idée car à chaque reprise, l’artiste s’arrête avant la forme « achevée ». Elle se suffit à elle-même, la matière, n’étant là que pour souligner l’idée : nez, bouche, regard…jamais la matière, finement étalée, presque poudreuse, ne rivalise avec le dessin servant de limite au champ expérimental.  

DOMINIQUE PERREARD peint depuis l’âge de dix-neuf ans. Bien qu’il soit passé maître dans l’art du modelage, il a peu pratiqué la sculpture.

Sa rencontre avec le masque s’est faite par le biais du théâtre en tant que scénographe. En effet, il a pratiqué le théâtre de marionnettes ainsi que celui de rues, dans lesquels le rôle du masque est fondamental depuis la tragédie grecque en passant par la Commedia dell’Arte dans la culture occidentale. Il a d’abord pratiqué la peinture avant de se diriger vers la scène. Il a d’ailleurs monté plusieurs compagnies. L’artiste ne fait aucune distinction entre peinture, sculpture et modelage étant donné qu’il les pratique indistinctement.

Lorsqu’on lui demande s’il a eu la volonté de « portraiturer », il répond par la négative. Le « portrait » se réalise donc de façon inconsciente par le biais de la culture emmagasinée dans le domaine artistique depuis des années. Le dénominateur commun à tout cela étant, évidemment, le théâtre. Néanmoins, il est indéniable que l’œuvre de l’artiste ait été influencée, notamment, par l’art brut. Cela se perçoit dans la conception plastique de cet ensemble que l’on pourrait qualifier de « peinture sculptée ». Sa technique est principalement basée sur le papier pour dessin. Il s’agit essentiellement d’une technique mixte, conçue à base de sable, de papier, de pigments, de poussière de bois et de liant. La matière (la conception même du papier), est réalisée sur base de feuilles encollées, malaxées en pâte.

DOMINIQUE PERREARD poursuit une tradition artistique et culturelle séculaire : celle de rendre vivante la partie enfouie en nous-mêmes que la tragédie et la Commedia dell’Arte ont offert au peuple pour qu’il y perçoive son reflet humain à l’intérieur de tous ses possibles.

François L. Speranza.

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                                                                Arts
 
12272797098?profile=original                                                                Lettres

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Collection "Belles signatures"  ©  2020 Robert Paul 
                                                   

N.B. : Ce billet est publié à l'initiative de ROBERT PAUL, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis. 

Robert Paul, éditeur responsable 

 

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza                                     

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L'artiste DOMINIQUE PERREARD et François L. Speranza : interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistes et littéraires au cours des deux derniers siècles

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Photos de l'exposition de DOMINIQUE PERREARD à l'ESPACE ART GALLERY 

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Des milliers de peut-être

Quand on aura fait voyager
nos rêves

du jour à la nuit

et de la nuit au jour

comptant nos pas

de la chambre close
au jardin clôturé

Quand on aura nagé longtemps
dans nos eaux
souterraines

sans chercher le fleuve

ni la rivière

ni la mer

Ce que l’on voudra

c’est une caresse sur la joue

danser dans l’infini

et des milliers de peut-être
aux voix de feu

MARTINE ROUHART

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OH COMME JE VOUDRAIS

Oh comme je voudrais être étendue, le soir, la nuit, dans
vos pensées, me couvrir d'elles !
M'envoler depuis des draps tout bleus, écouter nos deux
souffles mêlés, le murmure de nos peaux !
Oh comme je voudrais de votre vie, être le phare, dans
l'obscurité parfois de vos tristesses, puis devenir ce voilier
blanc de votre ensoleillement !
Faire taire vos vagues grises, pour y faire jaillir des
déferlantes claires, majestueuses !
Oh comme je voudrais vous voir composer sur votre
piano droit, cette mélodie de nous, ces notes multicolores,
dans ce jardin dehors !
Ecrire de la musique dans un jardin tout vert, y
voir danser les roses et rire les tilleuls, s'attendrir
les primevères !
Oh comme je voudrais être ce chat lové tout contre
vous, près d'un feu en avril alors qu'il pleut dehors !
C'est le printemps à la maison, à cause de se monstre
dont je tairais le nom.
NINA
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Créer.

L'écriture n'est-elle pas cette respiration qui est la mienne,
cette vie que je me suis donnée ?
N'est-elle pas l'affluent de cette respiration en moi, présente
dès ma naissance, il y a de cela un demi-siècle déjà et même
davantage ?
Deux respirations en chacun de nous, existent-elles ; la
respiration physiologique et celle bien plus large que la
mer ?
Créer, n'est-ce pas respirer bien plus librement, bien plus 
grand ?
Oui, je le crois.
NINA
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Quand reverrais-je ?

Quand reverrais-je les boulevards parisiens,
les bistrots qui les bordent, les jardins tout naissants,
les enfants qui rigolent, caracolent insouciants ?
 
Quand reverrais-je ces cortèges de silhouettes qui prennent le soleil
sur un banc dans un parc, tout près de St Michel,
et puis ces hommes, ces femmes qui errent en regardant les arbres ?
Quand reverrais-je ton visage et tes mains, non loin de moi,
dans une foule compacte, insoupçonneuse de notre amour ?
Et puis la Seine murmurante, tranquille, quand mon regard
pourra t-il la toucher ?
Quand l'intensité du ciel, ce matin bleu turquoise, en bonheur
et splendeur, sera t-il l'égal de la terre qui souffre ?
Ici et là, les terrasses sont vides, les volets sont fermés et les
rideaux tirés !
Quand reverrais-je cette neige printanière, ces giboulées
rose et parme, que sont les cerisiers quand le vent souffle un peu ? 
Pourrais-je à nouveau m'émerveiller de cet extraordinaire, 
dont l'ordinaire en est l'écrin ?
Cela je l'ai toujours su !
J'espère oh oui j'espère, que notre chère terre ne va pas s'éteindre,
car alors je n'aurais plus que le souvenir d'elle ! Les souvenirs sont verts
et frais comme le sont les feuillages, qui bruissent dans ma tête !
J'espère que la vie sortira victorieuse de cette apocalypse sanitaire,
inhumaine ! 
NINA
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ALGER- Le Forum de la cinémathèque algérienne a organisé mardi à la Cinémathèque d'Alger son 1er numéro, consacré à "la situation des salles de cinéma en Algérie" en présence de plusieurs spécialistes et de passionnés du 7e art.

 12273324672?profile=originalLa situation des salles de cinéma; thème du 1er forum de la cinémathèque algérienne

Deux férus du cinéma ont été invités par le Forum pour apporter leur vision des choses sur ce thème, il s'agit du journaliste et écrivain, Nourreddine Louhal et le photographe français Stephan Zaubitzer.

L'auteur du livre « Sauvons nos salles de cinéma Acte II», Nourreddine Louhal a mis l'accent, dans son intervention, sur la situation déplorable du réseau d'exploitation (salles de projection), rappelant que l'Algérie disposait à l'indépendance de près de 500 salles.

 

Parmi les autres points importants soulevés par l'écrivain, figurent la transformation de l'activité de ces salles dont certaines ont été rasées pour y bâtir des locaux, voire même des parkings et d'autres salles dont le cachet urbanistique est dévalorisé.

 

M.Louhal Nourreddine a, d'autre part, relevé avec amertume le peu d'écrits sur les cinémas en Algérie, notamment par les professionnels du cinéma dont beaucoup sont partis sans laisser des livres ou œuvres sur le cinéma.

 

De son côté, le photographe Stephan Zaubitzer a présenté sur le grand écran de la Cinémathèque un panorama de son travail photographique dédié aux salles obscures en Algérie et dans d'autres pays arabes, mettant en avant leur architecture particulière.

 

En effet, à travers les photographies des salles de cinéma qu'il a arpentées en Egypte, au Liban, en Tunisie et au Maroc, ce passionné de cinéma et d'architecture a tenu à immortaliser ces somptueux édifices en les appréhendant sous divers angles.

 

Dans certaines de ses photographies, Stephan Zaubitzer a également capturé un aspect de l'identité architecturale et urbanistique des rues aux abords de ces cinémas et des villes les abritant, ce qui lui a permis, a-t-il dit, de relever de grandes similitudes dans les méthodes et les modes de construction de ces espaces, mais aussi dans les noms qui leur sont donnés, surtout au Maghreb arabe.

 

Après cette ballade photographique, l'hôte de la Cinémathèque algérienne a vivement regretté que ces salles de projection soient aujourd'hui tombées en désuétude.

 

Dans la partie réservée aux cinémas en Algérie, Stephan Zaubitzer a notamment mis en exergue l'architecture particulière des salles d'Alger et d'Oran, en plaçant la focale sur les décors et les somptueuses couleurs de ces espaces dont certains ne sont plus que des vestiges aujourd'hui.

 

Par ailleurs, les intervenants ont insisté sur l'impératif d'accorder un intérêt particulier à ces salles qui sont essentielles à l'industrie cinématographique et de trouver les moyens d'une gestion optimale de ce réseau.

 

Ils ont également appelé à la création de cinémas modernes en accord avec les exigences de la nouvelle génération pour que cette industrie prospère

 

APS Publié Le : Mercredi, 04 Mars 2020 13:59    Lu : 240 fois.

 

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"A l'âme en secret" création sonore et radiophonique

textes écrits et lus par Marie-Philippe Joncheray (déposés Sacem)

habillage sonore Julien Boulier (déposé Sacem)

J'ai commencé en octobre 2019 une série de collaborations Texte/Voix/Musique pour la série et chronique "A l'âme en secret" avec Marie-Philippe Joncheray , dont je connaissais la voix à l'occasion de mes cours de piano il y a environ une dizaine d'années, et dont j'ai apprécié suivre la chronique "Textuelles" à l’époque diffusée sur Radio U Brest notamment sur sa page soundcloud, et dont on trouve certains épisodes sous le nom de "Textuelles II" sur sa page Mixcloud.

Amazon : "Marie-Philippe Joncheray est romancière. Elle fait de la création radiophonique et produit l'émission littéraire TextUelle sur Radio U. Elle est l'autrice de plusieurs romans dont La Mécanique du Désir et Diane Chasseresse, publié aux Éditions du Manuscrit. Elle écrit aussi des récits pour la jeunesse comme Dans les Brumes de l'île. Son dernier roman, Sauvage, vient d'être publié ainsi qu'une contribution à la revue Spasme : Amour platonique." https://www.amazon.fr/l/B071ZGDLXS/262-4582704-6711034?_encoding=UTF8&redirectedFromKindleDbs=true&rfkd=1&shoppingPortalEnabled=true

Nos collaborations pour la série "A l'âme en secret" sont publiées en tant que Marie-Philippe Joncheray "auteur Sacem" pour les textes et la voix depuis notre première collaboration dans Sardanapale 3&4 / Julien Boulier "compositeur" pour la musique , l'introduction musicale et l'habillage sonore. Elles sont diffusées progressivement sur son Audioblog ArteRadio , sa page Mixcloud et sa page soundcloud.

Notre première collaboration pour cette série "A l'âme en secret" est visible sur sa page Mixcloud https://www.mixcloud.com/marie-philippe-joncheray/a-l%C3%A2me-en-secret-ma-vie-avec-sardanapale-34/

Suite de la série création sonore "À l'âme en secret"

Ma vie avec Sardanapale 3&4

Avec un habillage sonore de Julien Boulier

Marie-Philippe Joncheray : "Un podcast où il est question :

De visions

De fantasmes

De rêves

De désirs

D'être ou ne pas être

De courir et d'aimer

De rire et de pleurer

De regarder et de voir

De nager parmi les œuvres et de parler

Avec les siècles

De relire les mythes

Et mes obsessions

Que sais-je encore..."

Une création sonore de Marie-Philippe Joncheray (texte et voix) et Julien Boulier (composition musicale)

A écouter sur

www.mixcloud.com/marie-philippe-joncheray/

https://audioblog.arteradio.com/blog/136216/marie-philippe-joncheray

https://www.mixcloud.com/marie-philippe-joncheray/textuelle-ii-9-pierre-gripari-la-sorci%C3%A8re-du-placard-aux-balais/

https://www.mixcloud.com/marie-philippe-joncheray/textuelle-ii-23-fragments-dun-discours-amoureux-roland-barthes/

https://www.facebook.com/Julien-Boulier-itin%C3%A9raires-1542098169421586/?ref=page_internal https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blog/list?user=3ucq46nlduztt

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Tu es ce manteau triste.

Tu es ce manteau trop lourd, trop large, noir

que je ne parviens pas à enlever,

ma robe blanche en dessous est un

soleil comprimé, que je voudrais tant toucher.

Tu es ce manteau triste, que beaucoup de

gens portent ces temps-ci, ce vêtement venu

de nulle part, sans doute par l'enfer tissé, un

genre de neige noire !

Tu es ce manteau que mon corps déteste,

fait d'une fibre blessante, coupante, agressant

mon soleil et ma peau ; quand seras-tu 

remplacé par un gilet tout bleu ?

NINA

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Facebook

Je me suis retiré de Facebook trois fois. La dernière, c'est du définitif. J'en avais assez d'être bombardé d'insultes et de messages indécents soi-disant expédiés par des membres, voire des amis. Le piratage des adresses y est systématique et la sécurité y est nulle. Y garder une page simple, juste pour y être, sans communication? Quel intérêt? Je connais des amis qui s'y trouvent bien, et sans doute maîtrisent-ils les outil proposés. Comme ce n'est pas mon cas, je reste au-dehors.

Mais... Mes filles, un peu plus modernes que moi et, surtout, plus habiles dans les pages facebookiennes, m'ont aidé à être prudent et efficace (je crois) sur FB. On peut donc m'y retrouver aujourd'hui, sur https.facebook.com/fregaume...

Si l'un ou l'autre ami sur Arts et Lettres veut en savoir un peu plus sur mon humble personne, j'ai mon petit site sur http://frego-et-folio.be et je suis webmaster, sur le plan de mon métier,  du site www.servicedulivre.be qui tout prochainement fera peau neuve. 

Aujourd'hui (29 mars 2020), et ce depuis quelques années maintenant, je me consacre au patois de ma région natale, le gaumais, parlé dans la Lorraine belge...

Je reviendrai de temps en temps sur ma page Arts et Lettres...

 

Jean-Luc GEOFFROY

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Le Nous et les deux J

Nous est un jardin,

grâce auquel "deux je" fleurissent en fin,

Nous est un monde, 

grâce auquel "deux je" distincts l'un de l'autre se mêlent

Nous est une terre,

sans laquelle "les deux je" s’éteindraient bien plus vite,

Nous est un ciel,

hors duquel "les deux je" expireraient sur terre,

Nous est une humanité,

sans laquelle, "les deux je" périraient bien plus vite,

Nous est un chant,

loin duquel," les deux je" tairaient leurs voix,

Nous est un océan,

hors duquel, "les deux je" auraient le vague à l’âme,

Nous est une construction tout en peau, 

loin de laquelle "les deux  je" auraient si froid,

Nous est une saison,

hors de laquelle "les deux je" seraient perdus,

Nous permet "aux deux je", de grandir l'un à côté de l'autre.

Nous étant le terreau  "des deux je", mais aussi cet amour

empli de deux individualités qui se touchent, s'aiment, 

partagent l'essentiel, existent en plus large.

NINA

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Devant la dégradation du parc cinématographique algérien, l’écrivain Nourredine Louhal qui vient de publier aux éditions Aframed « Sauvons nos salles de cinéma »  lance un SOS et plaide  pour un sursaut rapide  pour redynamiser  l’industrie cinématographique algérienne. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il met le doigt sur la plaie et propose des pistes pour impulser un nouveau souffle à ce secteur en décrépitude

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L’Express dz : Votre dernier ouvrage  « Sauvons nos salles de cinéma acte II »  (Si nos salles de cinéma m’étaient comptées) est une sorte de plaidoirie pour la renaissance du cinéma en Algérie.  A travers votre livre-enquête publié aux éditions Aframed 2019, que pouvez-vous dire  de l’état actuel de l’industrie du cinéma en Algérie  

Louhal Nourreddine : L’unique baromètre qui soit fiable pour l’évaluation de l’état réel de l’industrie du cinéma reste évidemment le grand écran que l’on n’a plus hélas ! A cela s’ajoute le déficit qu’il y’a autour de l’annonce de nouveautés et de statistiques inhérentes à la propension réelle de la vente de billetterie qui atteste du taux de fréquentation des salles de cinéma d’Alger-centre mais aussi de Riadh-El-Feth (El Madania) l’instar d’« Ibn-Zeydoun », filmothèque « Mohamed-Zinet » et « Sid-Ali Kouiret » (ex-Le Cosmos) . Autre disparité pour cause de travaux décidée dans le sillage de l’hôtel « Safir » (ex-Aletti), la salle Le « Mouggar » (ex-Colisée) qui était dans un passé récent, l’idéal support d’inédites projections telles que « L’Andalou » (2014) de Mohamed Chouikh, « Mascarades » (2008) de Lyes Salem et « Harraga blues » (2015) de feu Moussa Haddad. A ces indigences, se greffe également l’aridité en termes de subventions dont souffre le cinéma. D’où qu’il est malaisé d’estimer ou de jauger l’industrie du cinéma du terroir qui était des plus florissante dans les années 1960-1970. En effet, il ne faut pas perdre de vue que l’Algérie s’était investie dans la coproduction d’indémodables classiques d’envergure universelle à l’exemple de la : « La Bataille d’Alger » (1966) de l’italien Gillo Pontecorvo, (1919-2006), « L’Étranger » (1967) d’après le roman d’Albert Camus, (1913-1960) et adapté à l’écran par Luchino Visconti (1906-1976), « Z » (1969) de Costa-Gavras et « Remparts d’argile » (1970) de Jean-Louis Bertuccelli (1942-2014) qui été auréolé du prix « Jean-Vigo ». 

-Produire des films, c’est bien ! Les projeter dans les salles de cinéma d’Alger et de l’arrière pays serait mieux.  Mais ce n’est pas le cas actuellement, n’est-ce pas ?

La dissolution entre autre de l’Oncic et du Caic qui géraient le cinéma a arrêtée net l’ascension de notre 7e art qui a enfanté au bout d’un itinéraire jamais égalé « Alger l’insolite ou Tahia Ya Didou » (1971) de Mohamed Zinet (1932-1995) et s’est adjugé même la Palme d’or à Cannes pour « Chronique des années de braise » (1975) de Mohamed Lakhdar-Hamina. Laissé donc orphelins de ses opérateurs, le cinéma algérien évolue actuellement en dents de scie, eu égard à l’austère bourse de l’Etat qui se refuse de desserrer ses cordons. Du reste, et si production filmique il y’a, celle-ci se limite aux avant-premières mondiales et puis rien… A ce sujet, j’ose paraphraser Merzak Allouache qui à braver le débat : « Pourquoi s’obstiner à faire des films s’il n’y a pas de salles où les projeter, » lors de l’avant première de son film « Harraga » (2013) à la salle « Sierra-Maestra ». Et depuis, le hall de l’ancien « Hollywood » abrite les étals de l’artisanat au lieu de la biennale du cinéma. Il est vrai que l’artisanat est aussi essentiel mais ce n’est pas sa place. C’est triste !

-Est-ce vrai que dans les premières années de  son indépendance l’Algérie possédait le parc cinématographique le plus important à l’échelle du continent africain et du monde arabe ?

Effectivement, l’Algérie s’enorgueillit d’un parc d’environ 450 salles de cinémas que nous enviaient nos voisins du Maghreb et d’autres pays du bassin méditerranées. D’ailleurs, j’ai énuméré l’inventaire de nos salles de cinéma que j’ai fréquenté à El- Biar, La Casbah, Alger-centre, Bab-El-Oued, Belouizdad (ex-Belcourt) et au-delà même de la limite de la Capitale. Exhaustif, l’inventaire s’étend à la banlieue d’Alger et englobe les salles d’Oran, de Constantine, de Sétif, de la Kabylie, du Khroub et de Tébessa. En plus qu’il soit chiffré, le répertoire comporte l’exactitude de l’appellation ancienne et nouvelle de chaque salle ainsi que l’exacte localisation de ce lot de salles obscures. Mieux, les salles étaient pour la plupart « réfrigérées » pour dire « climatisée » à l’exemple du toit ouvrant de l’ancien « Majestic » de Bab-El-Oued où il était loisible au spectateur de s’aérer en plein air. Authentique ! Véritable musée, l’actuel « Atlas »  était la scène de prédilection d’inaccessibles stars à l’exemple de Johnny Halliday, Frédérique François, Gérard Lenorman, Georges Moustaki, Le groupe Pop kabyle des Abranis, le duo « Turkish Blend » (Yacine & Malik) de Saint-Eugène… l’actuel Bologhine. Si tant que le concept de la « Première vision » d’un film s’appliquait pour Alger, Oran, Constantine et Annaba.

-Par votre ouvrage  vous nous avez compté et conté  les nombreuses salles de salles de cinéma aux noms prestigieux qui ont fermé rideau.  Votre inventaire est-il exhaustif et qui faut-il incriminer  dans cette débâcle quasi généralisée  qui caractérise nos salles de cinéma ?

Mon ouvrage est d’abord « une Première » dans le paysage du septième art et se veut aussi une modeste pierre que j’ai offert à l’édification de l’historialité du patrimoine cinématographique algérien. A ce titre, l’inventaire que j’ai établi revêt le sceau de l’authenticité d’une carte cadastrale d’un patrimoine qui s’effrite chaque jour un peu plus et que l’on ne peut reconstruire à l’identique, faute d’un savoir-faire que l’on n’a pas. S’il en est une preuve d’une innovation littéraire, celle-ci s’est illustrée lors de la dernière édition du salon international du livre (Sila 2019-2020) où il n’y avait que mon livre au stand des éditions Aframed (2019) qui a osé l’inventaire et la description de l’état des lieux peu reluisant de nos salles de cinéma qui se détériorent. Il n’est pas dans mon intention de jeter la pierre à qui que ce soit, mais s’il y’a faute, celle-ci est dû à la précipitation qui a concourue à céder ce patrimoine à la gestion d’opérateurs privés qui n’était pas préparé à gérer une salle de cinéma qui requiert un savoir-faire. Et quand bien même qu’il soit comptable des dégâts, le bailleur privé n’est pas l’unique architecte de ce désastre où le gain facile a surclassé l’acte culturel.

-L’état des lieux que vous avez dressé dans cet ouvrage est calamiteux. Outre le désengagement de l’état, quels sont les autres facteurs à l’origine  de cette situation moribonde de nos salles de cinéma ?

Du lot des causes qui ont malmenées nos salles de cinéma, il y’a l’irréfléchie démarche d’avoir approuvé le projet des APC (mairies) de se dessaisir des salles de cinéma au profit de la gestion du privé. Et au lieu d’un léger mieux dans la gérance, il y’a eu d’abord les licenciements massifs du personnel rompu  pourtant à l’abécédaire de gestion y afférent à l’accueil du cinéphile. Notamment la caissière, l’ouvreur, la placeuse à laquelle Merzak Allouache a rendu hommage dans son filme « Omar Gatlato » (1977) dans une scène tournée à l’Olympia d’Alger. Derechef, le confort du 35mm a laissé place à la piètre image de la vidéo qui a provoqué la défection du cinéphile qui boude nos salles de cinéma. Autre talent de perdu, le savoir-faire du projectionniste qui en plus de veiller au souci du confort du cinéphile à l’aide de l’image et du son, opérait également des tâches de montage sur les déchirures de bobines de film. S’ensuivit aussi le grave déficit en matière d’hygiène et de la maintenance des lieux qui ont entraîné la dégradation des lieux. Pire, les carrés de pizzas et du douteux sirop à l’eau ont remplacé la dégustation d’un bâton d’esquimaux à l’entracte. Du reste, la gestion à l’emporte-pièce a contribuée à désertifier ces lieux de culture.

-Pourtant, il ne se passe pas une année sans qu’on assiste ici et là à travers le pays à l’organisation de festivals de cinéma, de nuits cinématographique…etc. d’un coté, il apparait un certain intérêt pour le cinéma, d’autre part, on ferme à tour de bras depuis les années 90 les salles de cinéma. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

L’action de grâce du ciné-club « Allons voir un film » de l’association « Project ‘heurt » de Bejaïa, ainsi que le ciné-club de Mascara auxquels se greffent « les découvertes DZ » et  l’événement « Afak Fine-Week » à la salle « Atlas » (ex-Majestic) de Bab-El-Oued du  Cinuvers et les journées du cinéma engagé du Fica représentent cette étincelle qui ressuscitent en nous l’envie d’une sortie au cinéma. Donc, ça ne peut qu’attiser la curiosité du cinéphile ou l’allécher pour qu’il se fait plaisir d’une projection de film à la filmothèque Mohamed-Zinet de l’Oref, surtout lorsqu’il se sait entre les mains de professionnels du 7e art. Seulement,  l’intérêt du cinéphile s’éteint à l’instant même où s’éteignent simultanément les lumières de ces festivals qui ont le mérite d’apporter une éclaircie dans la grisaille du quotidien. D’où qu’il est requis d’asseoir un agenda où les matinées traditionnelles de cinéma vont de paire avec l’organisation de festivals. En attendant, on n’a plus qu’à se contenter du nouveau concept de la cinémathèque algérienne qui propose à l’affiche, des classiques 13h, 15h et 18h. Bien entendu, que ce n’est pas encore la grande foule mais ça viendra, particulièrement après le confinement dû  au virus du Coronavirus.

-Peut-on espérer une résurrection de ce secteur ?Il est vital de militer par le biais de l’écrit et de l’image à l’éveil des enseignes de nos salles de cinéma qui éclairaient les rues d’Algérie. En témoigne la pétition qui circule actuellement sur le net, revendiquant la réouverture des salles de cinéma de Sétif, entre-autre l’«Afrique » qui tarde à être inaugurée en dépit de l’investissement consenti.  Au demeurant, « Un pays sans cinéma, c’est comme une maison sans miroir » dixit Hervé Dumont le directeur de la Cinémathèque Suisse. Et l’on ne peut qu’espérer ce renouveau qui viendra à la suite de la rénovation de l’ancien Casino, Le « Debussy », l’actuel El Khayam, l’« ABC » ou Et’haqafa d’aujourd’hui ainsi que l’« Afrique » (ex-Empire) et le « Sierra-Maestra » (ex-Hollywood). Certes, c’est petit mais c’est toujours bon à prendre pour le cinéphile qui reste horriblement sevré d’une sortie au cinéma.  Autre espoir, la création d’un secrétariat d’Etat chargé de l’Industrie cinématographique avec à sa tête le comédien Bachir Youcef Sehaïri.

-Après les salles de cinémas et les fontaines d’Alger, quel autre inventaire illustré  et revendicatif allez-vous nous offrir ?J’attends d’abord de quoi demain sera-t-il fait pour opter pour d’autres sujets qui me tiennent à cœur, eu égard à l’état peu brillant dans lequel est confiné tout comme nous en ce moment, le patrimoine matériel du terroir. Mais ça, c’est un autre projet. S’agissant de celles et ceux qui allèguent que la vidéo, la parabole et le DVD ont tué le cinéma, je dirai à ces adeptes de la bazarisation, pourquoi qu’aux pays d’où est issue cette technologie, les gens, continue d’aller au cinéma ? Notamment nos voisins à Tunis, Rabat et en Europe où la fréquentation des salles de cinéma est à son paroxysme ! En ce sens, le cinéma n’a pas tué le théâtre et la télévision n’a pas tué non plus le cinéma qui continu d’attirer le cinéphile. A bon entendeur !

-Un dernier mot ?D’abord, Je ne souhaite pas qu’il soit mon dernier souhait, mais je formule le vœu que la gestion de nos salles de cinéma soit confiée à l’Etat, en l’occurrence l’Office National de la Culture et de l’Information (ONCI) qui a les moyens qu’il faut et aux professionnels du 7e art qui ont ce talent pour y impulser la dynamique inhérente à la fréquentation de nos salles de cinéma. Outre ce vœu, je nourris l’espoir que l’Algérie retrouvera cette époque où il y’avait des files interminables aux guichets de nos salles de cinéma. Je ne désespère pas non plus d’un retour des beaux jours, où le ticket de cinéma se vendait au marché noir, eu égard à l’engouement pour tel ou tel film.

Par Bouahmed Boualem

In L'Express DZ, (un journal électronique) du 28 mars 2020

.Entretien avec Nourreddine Louhal, Ecrivain: « Tombée de rideau et tombée de plafond sur nos cinémas »

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Fils d’or

Vous voyez bien
l’écheveau
embroussaillé
qui nous relie aux autres
devient
fils d’or et d’argent
en ces allées
et venues
de jours immobiles

.................................
Martine Rouhart

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HISTOIRE COURTE 45 (suite et fin)

-Ce n'est pas possible, pense Catherine lorsque arrivée chez Gabrielle, elle découvre en pleine lumière le visage de celui qu'elle avait pris pour un prêtre!

-Je me doutais que Gabrielle allait inviter les anciens de l'athénée, mais je m'étais persuadée que Marc n'en ferait pas partie. A ma connaissance il avait quitté l'Europe depuis longtemps pour faire carrière à Wall Street! Et voilà que Manu embarque cet homme en noir pour nous indiquer la route, et que là, dans la clarté de l'entrée c'est Marc que je découvre!

J'hésite entre douceur et irritation, ou devrai-je dire, je flotte dans l'irréel ? Et… j'entends sa voix;

-Je vois bien que tu m'as reconnu Cathy, perturbée?

-Je n'en crois pas mes yeux, ce n'est tout de même pas une soirée costumée?

-Pas à ma connaissance, mais cela ne veut rien dire… Par où allons-nous commencer ma belle? Ce jeune homme te ressemble, éclaires-moi, c'est bien ton fils qui t'accompagne? Son géniteur est absent?

A présent Catherine sait, c'est l'irritation qui domine! Ce culot de prendre comme toujours la main en posant les questions! Elle avait presque oublié ce trait de caractère pourtant à l'origine de leur rupture...

Il n'a pas changé, elle réalise maintenant que ce costume improvisé ou pas, n'est à coup sûr rien d'autre qu'un déguisement.

Gabrielle arrive alors tout sourire, avec un petit air de contentement...

-Et bien, je vois que vous vous êtes déjà retrouvés mes chéris! Surprise, surprise ma Cat, tu ne t'y attendais pas hein? dit-elle. Et, s'emparant du bras de Manu, elle l'entraine à l'écart :

-Par ici mon garçon, je te fais découvrir le coin de la jeunesse, tu vas voir, je ne me suis pas moquée de vous, ajoute-t-elle en gloussant.

Marc et Catherine se retrouvent face à face, un serveur passe avec des cocktails et ils trinquent pour se donner contenance. Cette fois, c'est Catherine qui interroge :

-Quand as-tu quitté New-York? Et qu'est-ce que c'est que ce déguisement?

C'est à ce moment qu'un orchestre de trois musiciens dissimulés jusque là, se met à jouer un air d'Aznavour : Non, je n'ai rien oublié, rien oublié...

Catherine devient si pâle que Marc la conduit vers un canapé à proximité et enchaine manifestement ému, lui aussi :

-Et en plus, elle s'est souvenue de notre chanson, elle est démoniaque notre amie! Enfin nous ne sommes plus des ados, qu'est-ce qu'elle cherche au juste?

-Sans doute que nous disions enfin la vérité, murmure Catherine.

                                                                                         F I N.

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