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Ils partent. Elles partent. Sans un mot. Sans une main pour dire. Sans un regard qui parle. Sans retour. Elles partent, ils partent assuré(e)s des gestes de santé, des gestes d'affection de celles et puis de ceux qui les soignent et vivent avec eux.
Elles partent. Ils partent. Sans revoir, sans au revoir. Sans merci, sans baiser. Sans tendresse en retour. Sans retour de celles et de ceux qui étaient leur tout. Celles et ceux qui nous ont aimés. Que nous avons aimés. Nous nous sommes grandis, nous nous sommes élevés, nous avons partagé, reçu, et puis c'est arrivé. Confinés, isolés, enfermés, consignés, internés, détachés.
Elles sont parties. Ils s'en sont allés. Pouvons-nous simplement penser, seulement imaginer, peut-être réaliser ce que c'est d'être seule, ce que c'est d'être seul à ce moment-là ?
Des pensées plein la tête on traverse la rue, on pose quelques pas et on rentre chez soi. Les pensées en exodes, des visages en abîmes et le simple soudain qui nous semble si loin. Ce que nous repoussions à demain ou plus tard porte violemment le timbre de l'urgence. Être là mais pas seul, affronter sans un mot le désert du regret. L'unisson de l'amour retentit tout à coup : silencieux faux-fuyant. Il nous semble barbare de se tenir lucide debout face à la vie de l'être qui s'en va qu'on ne peut reconduire qu'importe son chemin.
Nous ne serons pas là pour les accompagner. Pouvons-nous simplement penser, seulement imaginer, peut-être réaliser ce que, pour nous, c'est de ne pas être là, avec elles, avec eux à ce moment-là ?
Sébastien Brant dans sa Nef des Fous aurait pu ajouter une page s'il avait été témoin de notre actualité. Après les trente glorieuses nous voilà le cul par terre. Rien d'étonnant car toute ascension suppose une dégringolade. C'est valable pour le sportif dont les forces décroissent avec l'âge et le manque d'envie comme pour l'économie qui lorsqu'elle plafonne retombe naturellement. Cette dernière est vitale pour nous tous car elle conditionne notre travail, notre capacité à s'alimenter, d'éduquer nos enfants etc...
Voilà donc qu'avec l'apparition d'un virus qui affecte la terre entière il va nous falloir redevenir ce que nous étions dans les années 50 après la seconde guerre mondiale. Nous y sommes, c'est la troisième à son stade de début. Pour l'instant les critiques que se font les chefs d'états sur leurs responsabilités, à savoir qui est à l'origine de cette pandémie ne sont que verbales, diplomatiques. Attendons de voir quel sera celui qui, fatigué de parler, voyant ses caisses se vider, son pouvoir s'amoindrir, son territoire menacé, le premier en viendra aux mains ?
Les gens qui nous gouvernent sont comme les enfants en cour de récréation qui rêvent de planètes inconnues à la différence qu'en étant devenus adultes il leur faut des moyens qu'ils ne trouvent pas en eux-mêmes. Bientôt le retour aux années 50, la guerre froide, des frontières cadenassées. La méfiance fait son retour grâce à ce virus qui déteste la chaleur humaine, les vieux, l'économie planétaire et qui nous cantonne dans nos maisons sous sa menace en nous susurrant que rien ne sera plus comme avant ou plutôt redeviendra comme avant : plus de travail, moins de loisirs avec le sentiment patriotique de faire redémarrer la machine !
L'orgueilleux s'aime trop lui-même c'est connu,
Le sage sait trop bien qu'il est de passage
Et l'ignorant, que sait-il, hors ce vocable ?
Mais tout trois sont sur le chemin de l'inconnu !
Le premier est un comédien de sa peine,
Les autres lui paraissent moins bons peut-être,
Peu curieux d'eux il se met seul en scène,
Son miroir seul réconforte son pauvre être.
Le second, glisse sur le dessus d'une vague,
Il voit le ciel souvent peuplé de nuages,
Pleure sur les désirs qui pour lui divaguent
En des déserts confus peuplés de mirages.
Quant au troisième c'est un chat qui paresse,
Ronronne à l'approche de sa pâtée,
Sors ses griffes même si on le caresse
Et se rendort au tic-tac de la journée !
Cette période si étrange et bouleversante pour tout le monde et pour les artistes particulièrement, je voulais vous partager une vidéo d'une chanson irlandaise que j'aime beaucoup dont les paroles sont de Renaud.
Belle journée, prenez bien soin de vous!
Stella
Après un week-end off-screen pour reposer mes yeux, me voici de retour, avec le printemps et la fraîcheur d'un soleil lumineux!
Un océan couvert,
un imper grand-ouvert,
de la pluie plein les yeux,
du soleil dans la tête depuis vous.
Mon corps, par l'audace du désir,
à vous se donne, s'illimite,
dès lors qu'il se situe juste
à l'orée du vôtre !
Il neige et j'ai si chaud,
il tombe du ciel un bleu fou,
puis des étoiles de jour,
un hiver plein d'été !
Et sans voix je vous aime,
mais lorsque je vous écrit,
c'est comme un Opéra.
NINA
J’ai rendez-vous avec Elle (I)
Éminence
et Cher frère poète
souvent aux heures vêtues
de fourrure en laine
j’allais l’espérer
sur les lisières de Gabao
contemplant sans trêve
la peau tantôt bleutée
tantôt rosée du ciel
lustré et délirant
Combien de fois
n'ai-je pas imaginé
ses contours charnels
rêvé à ses caresses
foisonnant de tendresse
à électrifier mon âme
Combien de fois
N'ai-je pas inventé
La magie de ses cheveux
Châtains qui laissent
Suavement couler mes doigts
Combien de fois
n'ai-je pas été ébloui et
gouverné par son regard
fabuleux et velouté
Ce soir
Éminence
et Cher frère poète
j’ai rendez-vous avec Elle
Ce soir je serai en transes
devant la magnificence
de sa coupe altière déifiée
surexcité extasié
par les délices de ses voyelles
et le charme de ses consonnes
Ce soir
Éminence
et Cher frère poète
au lever de dame lune
habillée de soie et fardée
des couleurs arc-en-ciel
je dormirai et rêverai
sur sa poitrine pulpeuse
au parfum floral printanier
se liquéfiant en mon âme
Ce soir dis-je
Éminence et frère
saturé de ma virilité
congolo-bantu gabono-bantu
j’arborerai mon costume traditionnel
peau-lionceau croquerai la kola
m’abreuverai de vin de palme acidulé
et brûlerai l’encens aphrodisiaque
pour signer notre hyménée séculaire
Ce soir j’honorerai
cet exaltant rendez-vous d’Amour
avec la fée qui tant me dévore
Ce soir je butinerai le miel
de la Langue Française Mienne.
Raphaël Misère-Kouka
Libreville, le 14 décembre 1998
Bonjour mesdames et messieurs! A l’époque où la chaîne unique de l’ex-R.T.A (radio télévision algérienne) cessais d’émettre à 22h30’, c’était le transistor aux grosses piles plates qui prenait le relais jusqu’à je sombre dans les bras de Morphée. Mais avant, j’allais de la station d’Alger Chaîne III vers la Radio Monte-Carlo (RMC) où j’écoutais les tubes au hit-parade de la variété française, dont l’indémodable « Les paradis perdus » de Christophe qui passait en boucle avec entre-autre «Appelez-moi frénésie » de Michel Jonasz (1973). Aujourd’hui qu’il est loin d’ici, je me sens redevable envers Christophe à qui je dédie cette modeste dépêche publié aujourd’hui sur le journal « Liberté » pour lui dire merci pour tant de bonheur qu’il m’avait donné. Repose en paix l’artiste ! Que la terre te soit légère et que tes « mots bleus » soient l’épitaphe gravée pour l’éternité sur ta pierre tombale. Bonne lecture à vous mes ami(e)s et agréable journée. Louhal Nourreddine, le 18 avril 2020.
Je suis ravie de vous partager des pépites de musique; tout au long de cette période si particulière aux artistes, à tous les artistes!
Je vous souhaite beaucoup d'inspiration et de magie à créer et rendre visible par les moyens actuels vos oeuvres uniques.
Construire un autre, un nouveau monde, cette idée m'étonne,
pourquoi ?
Ce monde, dont nous rêvons à présent, que vous voulons voir s'ériger, n'existait t-il pas déjà, mais assourdi, négligé par
la plupart des humains, dont je fait partie ?
Ces blouses blanches ne comptant pas leurs heures, étanchant tous les pleurs de leurs soins quotidiens, ces hommes remplissant toutes les bennes de nos détritus d'êtres gavés tard le soir, ces accompagnants du quotidien auprès des personnes fragiles, maintenus à l'ombre hier encore, enfin toutes ces petites mains , entendons-nous dire, sont en réalité des héros, des piliers de l'humanité depuis toujours !
Ces oiseaux, ici et là volant en plein Paris, partout, à présent nous ravissent, nous réjouissent le cœur, l'esprit, bref nos
sens reprennent vie !
Ce ciel qui s'éclaircit de jour en jour, ces nuages fabuleux d'une blancheur inouïe, ces rues, ces boulevards devenus silencieux, ces floraisons d'avril, ces avions au repos dans les aérodromes, ces cafés désertés, ces métros, ces trains moins bondés ; toutes les sonorités et non plus les bruits, reprennent toutes leurs places !
L'air est plus léger, ensoleillé, nourricier.
Ce qui est un peu triste, ce sont ces écoles fermées, plus de rires dans les cours, moins de couleurs donc, mais bon ne remplissent-ils pas les maisons ? Ne pas oublier, ces femmes, ces enfants, ces bébés confinés, maltraités, tués parfois, que l'on n'entend pas toujours, dont les violences, les sévices, assombrissent leurs jours !
Ce monde que l'on voudrait voir fleurir, n'avait-il pas déjà sa robuste racine, mais son rosier magnifique, se serait-il fané du fait de nos excès, de nos voracités, de cette sur-consommation polluante, anesthésiante, bref responsable de tout cela peut-être, de cette obscurité soudaine ? Je m'interroge.
Tout était là pourtant à la portée de nos regards, l'extraordinaire dans l'ordinaire.
Notre erreur sans doute fut celle de croire que l'infini serait à notre mesure, à notre portée !
NINA
On se lève tôt mais midi vient vite,
A peine le temps de se débarbouiller,
Un coup de peigne, un regard au miroir,
Tiens ! Qui est cette figure pathétique ?
Un petit déjeuner sans rien y voir,
Quelques mots, quelques mains et bredouiller,
Et puis midi à l'horloge, à l'église au loin,
C'est encore une table, chaud, froid, silencieuse,
Des infos, des bombes, des craintes, une météo,
Puis un bureau, une machine, une pointeuse
Qui dit bonjour et l'heure de partir, viens,
Enfin le soir qui tombe sans rien y voir.
La fatigue vient avec le soir, tiens ... !
Pensée furtive. 16/04/2020
L'artiste, enfin le créateur,
n'est il pas l'alpiniste, le grimpeur
de son Art ?
Des pieds nus de son Art, il en vise
le sommet, jusqu'à frôler le ciel, tout
en étant sur terre.
C'est un itinérant à la fois laborieux et léger,
ouvert au monde entier, accessible
souvent dans sa tête toute bleue.
NINA
Je suis celle que j'écris,
dans un cri silencieux,
qui respire sous tes yeux,
se baigne dans l'encre bleue.
Je suis celle qui te parle,
invisible, invulnérable,
qui déploie sous mes doigts,
toute son infinitude, sa joie
Je suis l'écrin de celle,
qui n'est autre que moi-même,
dont chaque baiser nu,
quand tu me lis, te touche.
NINA