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Je t'ai perdu

Je t'ai perdu à Londres,
Place Piccadilly,
ce matin tout brumeux,
la pluie plein les cheveux ;
les gens semblaient heureux.
Big Ben sonnait à toute volée,
mon corps battait de peur,
tremblait de ton absence,
indifférent à toutes les réjouissances !
Je t'ai perdu à Londres,
entre un arbre et son ombre,
un matin de décembre,
le froid sur moi comme un étau,
martyrisait mon corps ;
la ville semblait lointaine.
La Tamise s'écoulait immuablement,
mon regard perdu vers l'infini,
ne croyait plus en lui,
 des murs partout sans toi, sans nous !
Je t'ai perdu à Londres,
en pleine effervescence urbaine,
et depuis cet instant,
 du matin jusqu'au soir,
 je te recherche dans le noir absolu !
Les jardins dévêtus, bruissent de leur silence,
ma tête pleine de bruit, ne cesse de t'écrire,
de crier tous ces mots,
 que j'étendrai demain 
dans un cahier tout neuf !
Mon cœur vois-tu, jamais ne sera veuf !
Je t'ai perdu à Londres, 
mais point en moi.
NINA
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Seulement imaginer...

Ils partent. Elles partent. Sans un mot. Sans une main pour dire. Sans un regard qui parle. Sans retour. Elles partent, ils partent assuré(e)s des gestes de santé, des gestes d'affection de celles et puis de ceux qui les soignent et vivent avec eux.
Elles partent. Ils partent. Sans revoir, sans au revoir. Sans merci, sans baiser. Sans tendresse en retour. Sans retour de celles et de ceux qui étaient leur tout. Celles et ceux qui nous ont aimés. Que nous avons aimés. Nous nous sommes grandis, nous nous sommes élevés, nous avons partagé, reçu, et puis c'est arrivé. Confinés, isolés, enfermés, consignés, internés, détachés.

Elles sont parties. Ils s'en sont allés. Pouvons-nous simplement penser, seulement imaginer, peut-être réaliser ce que c'est d'être seule, ce que c'est d'être seul à ce moment-là ?

Des pensées plein la tête on traverse la rue, on pose quelques pas et on rentre chez soi. Les pensées en exodes, des visages en abîmes et le simple soudain qui nous semble si loin. Ce que nous repoussions à demain ou plus tard porte violemment le timbre de l'urgence. Être là mais pas seul, affronter sans un mot le désert du regret. L'unisson de l'amour retentit tout à coup : silencieux faux-fuyant. Il nous semble barbare de se tenir lucide debout face à la vie de l'être qui s'en va qu'on ne peut reconduire qu'importe son chemin.

Nous ne serons pas là pour les accompagner. Pouvons-nous simplement penser, seulement imaginer, peut-être réaliser ce que, pour nous, c'est de ne pas être là, avec elles, avec eux à ce moment-là ?

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Rien ne sera plus comme avant ?



                                                                    Sébastien Brant dans sa Nef des Fous aurait pu ajouter une page s'il avait été témoin de notre actualité. Après les trente glorieuses nous voilà le cul par terre. Rien d'étonnant car toute ascension suppose une dégringolade. C'est valable pour le sportif dont les forces décroissent avec l'âge et le manque d'envie comme pour l'économie qui lorsqu'elle plafonne retombe naturellement. Cette dernière est vitale pour nous tous car elle conditionne notre travail, notre capacité à s'alimenter, d'éduquer nos enfants etc...
                                                                      Voilà donc qu'avec l'apparition d'un virus qui affecte la terre entière il va nous falloir redevenir ce que nous étions dans les années 50 après la seconde guerre mondiale. Nous y sommes, c'est la troisième à son stade de début. Pour l'instant les critiques que se font les chefs d'états sur leurs responsabilités, à savoir qui est à l'origine de cette pandémie ne sont que verbales, diplomatiques. Attendons de voir quel sera celui qui, fatigué de parler, voyant ses caisses se vider, son pouvoir s'amoindrir, son territoire menacé, le premier en viendra aux mains ?
                                                                       Les gens qui nous gouvernent sont comme les enfants en cour de récréation qui rêvent de planètes inconnues à la différence qu'en étant devenus adultes il leur faut des moyens qu'ils ne trouvent pas en eux-mêmes. Bientôt le retour aux années 50, la guerre froide, des frontières cadenassées. La méfiance fait son retour grâce à ce virus qui déteste la chaleur humaine, les vieux, l'économie planétaire et qui nous cantonne dans nos maisons sous sa menace en nous susurrant que rien ne sera plus comme avant ou plutôt redeviendra comme avant : plus de travail, moins de loisirs avec le sentiment patriotique de faire redémarrer la machine !

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L'orgueilleux, le sage et l'ignorant



L'orgueilleux s'aime trop lui-même c'est connu,

Le sage sait trop bien qu'il est de passage
Et l'ignorant, que sait-il, hors ce vocable ?
Mais tout trois sont sur le chemin de l'inconnu !

Le premier est un comédien de sa peine,
Les autres lui paraissent moins bons peut-être,
Peu curieux d'eux il se met seul en scène,
Son miroir seul réconforte son pauvre être.

Le second, glisse sur le dessus d'une vague,
Il voit le ciel souvent peuplé de nuages,
Pleure sur les désirs qui pour lui divaguent
En des déserts confus peuplés de mirages.

Quant au troisième c'est un chat qui paresse,
Ronronne à l'approche de sa pâtée,
Sors ses griffes même si on le caresse
Et se rendort au tic-tac de la journée !

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Maison en bord de mer.

Vois cette chevelure de roses, ruisselante sur la façade
de cette maison close, dont les volets sont encore
verts.
Maison close, non loin de la mer, depuis maintes hivers,
lorsque l'enfance turbulente et limpide, intrépide a déserté
son sein pour rejoindre l'infiniment bleu.
Maison close, aux abords d'une dune de sable,  qui ne
s'est plus jamais ouverte, depuis que cette mère aussi
claire que l'enfance, s'en est allée aussi.
Où sont les pas du père, perdus en mer ?
Toutes les musiques du monde, n'égaleront jamais en beauté,
le langage délicat de chacune de ses roses, dès le printemps
venu !
Maison en deuil, mais point ces roses blanches, encore
adolescentes, à l'écoute de l'instant, gorgées de soleil et
de pluie, mais jamais alourdies !
Cette pérennité là, n'est-elle pas due à l'insouciance, à la
légèreté de chacune d'elles, à ce désintérêt du non vivant ?
Babillage végétal, mais néanmoins fécond en gaieté, en
couleurs inventées; JOIE.
NINA
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Contemplation.

.
Jamais je ne me lasse de contempler un ciel ennuagé,
lorsque le soleil atténué s'y perd un peu, mais perce ; 
ce jardin de dentelles brodé par nos regards,
n'est il pas une pure merveille,
 même lorsqu'il ce fait tard !
Tandis qu'un ciel vierge, uniforme et tout bleu,
est superbe certes, mais ses fleurs blanches, 
et parfois même grises que sont elles devenues,
dans ce ciel fort nu ?
 Et cette mobilité lente,
laissant imaginer que vagabondent le ciel,
 et toutes ces vies dedans, au dessus de la terre,
la reverrons nous en plein cœur de juillet ?
Le ciel, le savez-vous, nous parle fréquemment,
 bien plus subtilement que ne le fait
 la terre toute entière !
NINA
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Maison de pêcheur.

Descendre jusqu'à la mer,
vivre dans une maison de pêcheur,
dont les fenêtres et la porte seraient peints tout en bleu,
et les murs revêtus de chaux claire, la toiture serait grise.
Tout autour d'elle, des genêts en pagaille, des fougères et de 
vagues primevères, puis en contrebas, murmurerait
la mer, tantôt paisible, tantôt fort en colère ; le chant des vagues,
ou la violence des déferlantes, sous un ciel à elle assorti !
A l'intérieur de la maison, il y aurait une couverture brune,
ou s'y prélasserait un chat marin, du soir au matin, puis ici et là,
flotterait une douce odeur de thym, de romarin, mêlée à l'air
salin !
Sur la table recouverte d'une nappe verte, seraient posés une
cafetière en émail bleu, puis un grand bol en faïence bretonne,
rempli de café chaud, puis des tartines de beurre salé ; oh pur délice !
Le temps, serait rythmé par une jolie comtoise,  par son 
imperturbable régularité organique, sa langue métallique.
Dans l'être, les soirs d'hiver ou de tempêtes, les flammes y
danseraient en silence toute la nuit, pour nous laisser dès
l'aube, juste quelques souvenirs d'elles, des volutes bleutées.
J'irai ensuite m'étendre sur le sable sous un pin parasol, pour
me consacrer juste à vous, rien que par la pensée exacerbée
et libre.
J'y resterai sans doute des heures.
Oui, ma vie je la sais tout là bas !
NINA
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amour,

Un océan couvert,

un imper grand-ouvert,

de la pluie plein les yeux,

du soleil dans la tête depuis vous.

Mon corps, par l'audace du désir, 

à vous se donne, s'illimite, 

dès lors qu'il se situe juste

à l'orée du vôtre !

Il neige et j'ai si chaud,

il tombe du ciel un bleu fou,

puis des étoiles de jour,

un hiver plein d'été !

Et sans voix je vous aime,

mais lorsque je vous écrit,

c'est comme un Opéra.

NINA

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Je voudrais,

Je voudrais être la mer,
un jardin,
Un chemin clandestin,
Un massif alpin,
une forêt tropicale,
des aurores boréales,
un bois secret,
une allée d'herbes folles,
un vent un peu trop fort,
une brise un peu trop douce,
un lit de mousse,
un cèdre bleu,
une ombre pleine de toi,
un grand soleil,
une aube pourpre,
un crépuscule marine,
une pinède méditerranéenne,
une orangeraie en bord de mer,
un ciel léger,
une terre inviolée,
un fragile coquelicot,
un cours d'eau,
un arc en ciel,
une dune de sable,
un paisible paysage,
une ronde de violettes,
un chant d'alouette,
un bourdonnement d'abeille,
un enneigement immaculé,
un cerisier rose,
un pommier enneigé,
un rire de mouette,
d'un cyprès la silhouette,
un été indien canadien,
un bateau qui s'envole,
un avion qui navigue,
une orange toute bleue,
mais plus jamais cet humain assassin,
de notre terre mère, du soir au matin !
NINA
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J'ai rendez-vous avec Elle (I)

J’ai rendez-vous avec Elle (I)

Éminence
et Cher frère poète
souvent aux heures vêtues
de fourrure en laine
j’allais l’espérer
sur les lisières de Gabao
contemplant sans trêve
la peau tantôt bleutée
tantôt rosée du ciel
lustré et délirant
Combien de fois
n'ai-je pas imaginé
ses contours charnels
rêvé à ses caresses
foisonnant de tendresse
à électrifier mon âme
Combien de fois
N'ai-je pas inventé
La magie de ses cheveux
Châtains qui laissent
Suavement couler mes doigts
Combien de fois
n'ai-je pas été ébloui et
gouverné par son regard
fabuleux et velouté

Ce soir
Éminence
et Cher frère poète
j’ai rendez-vous avec Elle
Ce soir je serai en transes
devant la magnificence
de sa coupe altière déifiée
surexcité extasié
par les délices de ses voyelles
et le charme de ses consonnes
Ce soir
Éminence
et Cher frère poète
au lever de dame lune
habillée de soie et fardée
des couleurs arc-en-ciel
je dormirai et rêverai
sur sa poitrine pulpeuse
au parfum floral printanier
se liquéfiant en mon âme
Ce soir dis-je
Éminence et frère
saturé de ma virilité
congolo-bantu gabono-bantu
j’arborerai mon costume traditionnel
peau-lionceau croquerai la kola
m’abreuverai de vin de palme acidulé
et brûlerai l’encens aphrodisiaque
pour signer notre hyménée séculaire
Ce soir j’honorerai
cet exaltant rendez-vous d’Amour
avec la fée qui tant me dévore
Ce soir je butinerai le miel
de la Langue Française Mienne.

Raphaël Misère-Kouka
Libreville, le 14 décembre 1998

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Christophe rejoint "Aline"

Christophe rejoint "Aline"

Bonjour mesdames et messieurs! A l’époque où la chaîne unique de l’ex-R.T.A (radio télévision algérienne) cessais d’émettre à 22h30’, c’était le transistor aux grosses piles plates qui prenait le relais jusqu’à  je sombre dans les bras de Morphée. Mais avant, j’allais de la station d’Alger Chaîne III vers la Radio Monte-Carlo (RMC) où j’écoutais les tubes au hit-parade de la variété française, dont  l’indémodable « Les paradis perdus » de Christophe qui passait en boucle avec entre-autre «Appelez-moi frénésie » de Michel Jonasz  (1973). Aujourd’hui qu’il est loin d’ici, je me sens redevable envers Christophe à qui je dédie cette modeste dépêche publié aujourd’hui sur le journal « Liberté » pour lui dire merci pour tant de bonheur qu’il m’avait donné. Repose en paix l’artiste ! Que la terre te soit légère et que tes « mots bleus » soient l’épitaphe gravée pour l’éternité sur ta pierre tombale. Bonne lecture à vous mes ami(e)s et agréable journée. Louhal Nourreddine, le 18 avril 2020.12273324473?profile=original

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Si le temps m'était donné...

Bonjour à tous,12273322883?profile=original

Je suis ravie de vous partager des pépites de musique; tout au long de cette période si particulière aux artistes, à tous les artistes!  

Je vous souhaite beaucoup d'inspiration et de magie à créer et rendre visible par les moyens actuels vos oeuvres uniques.

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COLERE

Construire un autre, un nouveau monde, cette idée m'étonne,
pourquoi ?

Ce monde, dont nous rêvons à présent, que vous voulons voir s'ériger, n'existait t-il pas déjà, mais assourdi, négligé par
la plupart des humains, dont je fait partie ?

Ces blouses blanches ne comptant pas leurs heures, étanchant tous les pleurs de leurs soins quotidiens, ces hommes remplissant toutes les bennes de nos détritus d'êtres gavés tard le soir, ces accompagnants du quotidien auprès des personnes fragiles, maintenus à l'ombre hier encore, enfin toutes ces petites mains , entendons-nous dire, sont en réalité des héros, des piliers de l'humanité depuis toujours !

Ces oiseaux, ici et là volant en plein Paris, partout, à présent nous ravissent, nous réjouissent le cœur, l'esprit, bref nos
sens reprennent vie !

Ce ciel qui s'éclaircit de jour en jour, ces nuages fabuleux d'une blancheur inouïe, ces rues, ces boulevards devenus silencieux, ces floraisons d'avril, ces avions au repos dans les aérodromes, ces cafés désertés, ces métros, ces trains moins bondés ; toutes les sonorités et non plus les bruits, reprennent toutes leurs places !

L'air est plus léger, ensoleillé, nourricier.

Ce qui est un peu triste, ce sont ces écoles fermées, plus de rires dans les cours, moins de couleurs donc, mais bon ne remplissent-ils pas les maisons ? Ne pas oublier, ces femmes, ces enfants, ces bébés confinés, maltraités, tués parfois, que l'on n'entend pas toujours, dont les violences, les sévices, assombrissent leurs jours !

Ce monde que l'on voudrait voir fleurir, n'avait-il pas déjà sa robuste racine, mais son rosier magnifique, se serait-il fané du fait de nos excès, de nos voracités, de cette sur-consommation polluante, anesthésiante, bref responsable de tout cela peut-être, de cette obscurité soudaine ? Je m'interroge.

Tout était là pourtant à la portée de nos regards, l'extraordinaire dans l'ordinaire.

Notre erreur sans doute fut celle de croire que l'infini serait à notre mesure, à notre portée !

NINA

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Matin, midi et soir



On se lève tôt mais midi vient vite,

A peine le temps de se débarbouiller,
Un coup de peigne, un regard au miroir,
Tiens ! Qui est cette figure pathétique ?
Un petit déjeuner sans rien y voir,
Quelques mots, quelques mains et bredouiller,
Et puis midi à l'horloge, à l'église au loin,
C'est encore une table, chaud, froid, silencieuse,
Des infos, des bombes, des craintes, une météo,
Puis un bureau, une machine, une pointeuse
Qui dit bonjour et l'heure de partir, viens,
Enfin le soir qui tombe sans rien y voir.
La fatigue vient avec le soir, tiens ... !




Pensée furtive. 16/04/2020

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Peur,

Peur de pâlir, de partir toute seule,
de ne plus voir à travers toi ton cœur vivre,
ni ce sang pourpre onduler
 et ce voilier tout bleu sur lui voguer.
Oh mer rouge, dont les vagues fulgurantes
me portent, m'escortent !
Peur de pâlir, de partir toute seule,
de ne plus sentir en toi ces désirs retenus,
ni cet été, toujours revêtir notre amour,
cet attachement point lourd.
Oh saison de l'entre-deux, dont l'étreinte
me réchauffe, me fait grandir !
Peur de pâlir, de partir toute seule,
de ne plus entendre en toi, la voix de toutes tes joies,
ni de ta peau cette musique,
 dès qu'elle se rappelle la mienne,
toutes ces caresses subtiles, 
qui nous font flirter avec l'infini.
Oh mélodie dans cette chambre secrète,
dont la clarté assassine ma nuit, 
en la rendant muette.
Je veux vivre, exister encore et encore.
NINA
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Art

L'artiste, enfin le créateur,

n'est il pas l'alpiniste, le grimpeur

de son Art ?

Des pieds nus de son Art, il en vise

le sommet, jusqu'à frôler le ciel, tout 

en étant sur terre.

C'est un itinérant à la fois laborieux et léger,

ouvert au monde entier, accessible

souvent dans sa tête toute bleue.

NINA

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Je suis celle,

Je suis celle que j'écris,

dans un cri silencieux,

qui respire sous tes yeux,

se baigne dans l'encre bleue.

Je suis celle qui te parle,

invisible, invulnérable,

qui déploie sous mes doigts,

toute son infinitude, sa joie

Je suis l'écrin de celle,

qui n'est autre que moi-même,

dont chaque baiser nu,

quand tu me lis, te touche.

NINA

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