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Notre agenda

Programmation du C.C. Enghien (mai-août 2010)

  1. Théâtre
    08/05/10: Arrête - Dominique Breda - Comédie burlesque - Catherine Decrolier et J-François Breuer, les acteurs, proposent au public de participer à la répétition d'une pièce de théâtre, surprises garanties... Prévente: 12€, 10€, sur place: 14€, 12€. Art.27 1,25€. Maison Jonathas

    06/06/10: La caravane passe - Entresort de 12 minutes pour 12 spectateurs dans la caravane musée dédiée aux itinérances poétiques et musicales. Sans doute le plus petit musée du monde. Activité gratuite.

  2. Spectacle d'impro
    22/05/10: Le défi des Mozatouvas - Gregg Brotcorne - Spectacle d'impro - Les Mozatouvas et leur coach vous proposent un concours d'impro. Prévente 5€, sur place 7€. Maison Jonathas

  3. Musique
    05/06/10: Parcours Rock - Dans le cadre du parcours d'artistes, découvrez 3 concerts autour du rock. 5€, 6€, 1,25€. Maison Jonathas

    19/06/10: Fête de la musique - Mini-festival, 10 groupes. A partir de 14h, activité gratuite. Petit parc d'Enghien.

  4. Exposition
    05 et 06/06: Parcours d'artistes - Découvrez à travers la ville d'Enghien, plus de 50 artistes. Ceux-ci ouvrent les portes de leurs ateliers ou exposent dans des lieux phares de la ville. Activité gratuite.

  5. Projets
    14/08/10: Les Balades Contées, entre chien et loup. Enquête féérique. Petit parc et Parc d'Enghien

    Réservation indispensable !
    «Une aventure unique qui transportera toute la famille au pays du mystère et de l’étrange»

    Événement incontournable de l'année culturelle enghiennoise, les Balades Contées vous proposent de vivre une aventure féerique et fantastique dans notre magnifique Parc d'Enghien.

    Une fois encore, plus de cent artistes professionnels et amateurs, dont de très nombreux jeunes ayant participé aux stages de conte et de théâtre du Centre culturel, et des bénévoles aux petits soins vous attendront dès 16 heures pour partir sur les traces des mondes magiques.

    Dans la forêt des Secrets, d’autres artistes insolites et guides étranges vous entraîneront dans le grand parc d’Enghien et vous surprendront au détour des chemins, pour une balade contée originale vers des contrées mystérieuses où se dénouera une histoire féerique et poétique spécialement écrite pour l'événement par Christine Ergo et dont le thème central sera pour cette cinquième édition axé sur les esprits des arbres et les âmes des pierres.

    La Comté du Miroir et la Forêt des Secrets
    Dans la Comté du Miroir installée au Petit parc, des artistes de rue, des conteurs et des bonimenteurs, des troubadours et des jongleurs, des compagnies médiévales, des ateliers créatifs et des jeux géants ainsi qu’une taverne où festoyer vous accueilleront de 16h à 23h pour un programme à concocter soi même selon ses envies.

  6. Stages
    Stages décors, théatre et conte autour de la Balade Contée.
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art en campagne

Voici le fond d'affiche que je pense proposer pour art en campagne 2010.

Le texte est sobre pour l'instant...

Une affiche sans texte ou en tout cas presque rien.

je viens de découvrir l'affiche choisie pour Paléo Festival de Nyon 35ème édition. Choix surprenant qui noue rappelle le style Bauhaus plus les rondeurs qui humanisent la structure très tip top à la Suisse.

Bon je vais ouvrir in design et photoshop.


projet affiche no mansland

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Tableaux vivants

Sur le Saint-Laurent,
L'eau en vagues hautes court,
Sublime océan.

...
Ormes alignés,
Même hauteur mêmes feuilles,
Chacun différent.

...
Sur l'or du gazon,
Frémissent les ombres vertes
Des ormes géants.

...

Face aux érables,
Somptueusement parés,
Je vois leurs squelettes.

...
Troncs, feuilles et ciel,
Cathédrale frémissante,
Un temple troublant.


Septembre 2007


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Contemplant les tulipes

Nouvellement ressuscitées

Près des marmottes qui sommeillent,

Dans mon jardinet s’ensoleillent,

Les messagères de l’été.

.....

Près des marmottes qui sommeillent

Circule un courant de gaieté.

Les messagères de l’été

Sont semblables mais non pareilles.

.....

Circule un courant de gaieté.

Je m’attendris et me réveille

Sont semblables mais non pareilles

Ces fleurs de tissu velouté.

.....

Je m’attendris et me réveille.

M’incitent certes à méditer,

Ces fleurs de tissu velouté,

Sur l’énergie qui m’émerveille.

20 avril 2010

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Dans un sillence adoucissant

(pantoum)

Le vert printanier ravissant,

Dans la lumière qui le dore,

En broderies venant d’éclore,

S’élève haut, envahissant.

.......

Dans la lumière qui le dore,

Chaque érable est attendrissant,

S’élève haut, envahissant.

Le ciel bleu nacré le décore.

......

Chaque érable est attendrissant,

Glorieux une fois encore.

Le ciel bleu nacré le décore,

Dans un silence adoucissant.

.........

Glorieux une fois encore.

Grâce à l’énergie agissant.

Dans un silence adoucissant,

Elle fait naître ou revigore...

..........

25 avril 2010

NB:Ce pantoum devrait être édité en quatrins séparés.

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Mes deux visiteurs assidus

A Walter

J’ai deux visiteurs quotidiens.

L’un, virtuel, est de ma race.

Il s’introduit dans mon espace,

Y circuler lui fait du bien.

Il me fait signe en s’en allant,

Sa façon de dire merci.

Or bien peu d’autres s’en soucient,

Se sentant peu reconnaissants.

Mon autre ami fidèle vient

Rôder autour de mes fenêtres.

Il sait se faire reconnaître

Bien que semblable à tous les siens.

Petit écureuil mendiant,

Il a contracté l’habitude

D’interrompre ma solitude

En se présentant confiant.

C’est assis confortablement,

La tenant entre ses deux mains

Qu’il grignote une mie de pain,

La savourant visiblement.

25 avril 2010

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La corrida

Je vais sûrement me faire des ennemis et bien sûr des amis ? J’ai vu une corrida, j’en suis sorti horrifié ! Cette foule ressemblait à celle de la Rome décadente, celle qui se rassasiais de la douleur et du sang des autres, des hommes comme des animaux !

Cela ne lui fait pas mal !

Le picador venait de lui planter quelques coups, les premières gouttes de sang; apparaissaient.

Mais ça non plus !

Quelques banderilles accrochées à son dos faisaient s’écouler plus abondamment ce liquide écarlate.

Ça y est, il va lui donner le coup fatal !

Lui, c’était ce lâche en habit de lumière, affrontant un taureau déjà exsangue.

Voilà, il est vainqueur !

Vainqueur d’un animal, essoufflé, déjà à moitié vaincu par les picadors et les banderilleros !

Le taureau n’est pas toujours mort de suite, l’estocade il la reçoit parfois plusieurs fois. Le pire, c’est quand la pauvre bête semble morte et qu’on la traîne en dehors de l’arène, là, on l’achève avec le cuchillo, un petit couteau espagnole.

Mais, ça ne fait pas mal Monsieur !

Honte à tous ces pays qui laisse encore se dérouler de telles pratiques, parfois au nom des coutumes ancestrales. Quelle hypocrisie ! J’ai juré ne plus assister à une corrida et ne plus mettre les pieds dans aucune région où elle est glorifiée et pratiquée !

Et je me suis mis à la place de cette pauvre bête !

On me surnomme le taureau,

Je suis l’involontaire Héros

D’une mascarade ridicule,

Victime d’un spectacle, d’un culte.

Malheureux confrère dans la douleur,

Ses grands yeux reflétant la peur,

Un cheval déguisé s’approche,

Monté par un guerrier fantoche.

Le cavalier brandissant sa lance,

Entame autour de moi une danse.

Soudain, je ressens la douleur,

Des coups de piques et pas de cœurs.

Voilà des fantassins maintenant,

Je fonce sur eux, je me défends.

Seul, comment gagner ce combat,

Ils sont si nombreux autour de moi ?

Pourquoi cette foule en délire ?

J’y vois même des gens rire.

Je ne crois plus à une farce,

Il ne faut plus que je m’attarde.

Comment vais-je en sortir ?

Tiens, un autre ! Va-t-il venir ?

Il a mit son habit de lumière

Et ce n’est pas pour me plaire.

Cette lutte devient inégale,

La bataille me sera fatale.

Je n’échapperai pas à mon sort,

Le résultat sera ma mort.

Ils doivent tout savoir de cette issue,

Mais viennent se distraire à ma vue.

Résigné dans cet ultime combat,

Libérez ma douleur, allez-y ! Tuez-moi !

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jalousie

Madame, je vous veux distante, proche, réservée, audacieuse, langoureuse, hautaine, froide !

Que de paradoxes cependant, ce sont eux qui arrivent à vous cerner. Vous n’êtes égale qu’à vous-même, aucune autre ne vous ressemble mais cette autre aussi n’est égale qu’à elle-même ! Vous avez chacune vos propres défauts, vos propres qualités, tant de diversités ne peuvent que nous éloigner l’une de l’autre et c’est tant mieux.

Si votre caractère, vos envies, vos peines, vos rêves se percevaient de suite ou même se devinaient sous des artifices maniérés ou vestimentaires, ce serait moins passionnant de vous rêver !

Ne soyez pas envieuse et encore moins jalouse si je rêve en même temps, Anne, Sophie, Marie ou une inconnue, jaloux, envieux, parfois vos amies, amis, inconnu, votre conjoint le sont déjà !

Et ces derniers, parfois, je me demande en les voyant agir dans la vie courante, si cette jalousie est amour ou possession ?

Ce ne sont pas des rapaces de mon espèce, la mienne est unique, j’aime la découverte, j’aime vous voler un peu de vous, de votre âme, c’est tout !

Pour le reste, j’ai eu plus que ma part et pourtant, j’espère en avoir encore.

Laissez-moi vous découvrir petit à petit et laissez-vous aller. Regarder-le ou la, il en rougit de rage de vous voir ainsi offerte à mes rêves un peu fous, elle en rougit de convoitise d’être aussi rêvée !

Pieds et poings liés, je ne saurais que vous rêver mais sans entrave, je peux poser ce rêve sur la toile, le papier. Ainsi, je sais vous imaginer, idéaliser, blâmer même mais là, sans excès ! Je peux même vous décrire, en prose, en poésie, de simples mots jetés peuvent vous sublimer.

Peines, joies, amours, sensualités, sexualités amènent simplement à vous rêver.

Mais, si nos rêves se rejoignent, alors seulement nous…………..

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Encore des corps décor

Bien vu le soleil qui inonde les mirettes. Bien vu toutes ces jambes et dos tournés plein soleil.

Et je pense au même généreux soleil sur une planète vidés de tous ces êtres humains qui se brunissent le lard. Un soleil chaud, brûlant même. Devenu trop grand pour nous. Une lumière aveuglante, qui nous dévore jusque dans nos plis secrets. Un cauchemar balayant nos existences. Un souffle et le silence

étouffant qui suit.

croquis pour un peintre nu triptyque acry sur toile

2000

nu devant miroir

Prenons le temps de regarder encore et encore nos corps... assis à la terrasse du café, une bière dans l'ombre du parasol..


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Salué comme un poète majeur de sa génération, notamment pour « le Cercle inquiet » (1973), Werner Lambersy (Belgique, né en 1941), hanté par la quête de soi et le rapport amoureux, renouvelle dans son recueil poétique « Maîtres et maisons de thé » son inspiration à partir d'une évocation très personnelle de la cérémonie japonaise du thé, le chanoyu.

Le recueil s'ouvre par deux poèmes dont le contenu paraît en flagrante contradiction avec le titre: "Il n'y a pas de maison[s] de thé" et "Les maîtres ne règnent sur rien". Le sens de cette apparente contradiction nous sera progressivement révélé par l'ensemble de poèmes en prose qui forme le coeur de l'oeuvre, poèmes sans liens formels entre eux, dépourvus de ponctuation, comme des pièces taillées à vif dans le Livre de l'Éternité: certains commencent par une parenthèse, d'autres par une proposition relative: «Où le portique serait écartement de jambes / écartèlement (le saut la nage l'amour ou la caresse) ouverture des bras...» D'une grande densité, ils sont répartis en quatre groupes dont deux postiches: page blanche avec citation énigmatique («le Portique», «l'Antichambre»), les deux autres («l'Allée», «la Chambre») formant le corps du texte. Parties faussement postiches d'ailleurs puisqu'il nous est dit que le portique est «transgression, passage, entrée» et l'antichambre, «rêve de la réalité, préparation», tandis que la chambre est «réalité du rêve, la rencontre». Nous comprenons peu à peu que l'architecture de la maison de thé et le cérémonial qui s'y déroule ne sont que la trame-prétexte d'une croisée des chemins où se rencontrent toutes les quêtes de l'absolu: l'initiation, l'amour, la poésie. Il n'y a pas de maître parce qu'il se confond avec l'invité, et il y en a autant que de maisons: celle de l'impulsion poétique (le maître apparent est le langage, le maître réel le silence), celle du vide dont le maître est la solitude, etc. Le recueil se termine par quelques poèmes au graphisme évoquant des nénuphars savamment dispersés sur un étang et magnifiant les thèmes centraux: «et c'est entre nous / le thé / le bol et l'eau / où nous trempons les lèvres / comme si c'était un temple / qu'on ne pénètre / qu'en laissant l'autre pénétrer.»

Ni régionaliste ni «belge», Werner Lambersy tend à l'universalité, et comme toute grande poésie, la sienne entretient avec le mode initiatique des rapports étroits, sur lesquels on peut gloser à l'infini. Mais il serait faux de limiter l'oeuvre à cette relation: elle est surtout prise de conscience que la cérémonie du thé est transposable dans le registre amoureux. La véritable rupture par rapport aux recueils précédents réside dans un mode d'écriture que l'on a qualifié par l'expression peu heureuse de «langage opaque». En réalité, dans une tradition mallarméenne, l'auteur utilise des blancs qui ponctuent le déroulement des images: «je t'aime et le vent est comme une main creuse autour de la maison de thé le vent est dur qui soutient le vol qui repousse dans l'arbre l'orgasme des feuilles...» Beaucoup plus forts que les silences en musique, ces blancs empêchent le lecteur d'en rester à la recherche routinière du sens et l'obligent à s'arrêter sur le mot pour en découvrir les virtualités, la polyvalence. On ne saurait cependant réduire à un système l'art d'un poète qui sait à la perfection «user des mots», de leur assemblage et de leur «au-delà».

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L'Amour fou d’André Breton (1937), mêlant le récit à la méditation et à l'imaginaire poétique, relate des événements vécus par l'auteur entre 1934 et 1936: la rencontre avec Jacqueline, qui devient bientôt sa deuxième femme, leur voyage à Tenerife et la naissance de leur fille Aube. Dans cet ouvrage, l'auteur renoue avec le type d'inspiration et d'écriture qui avaient présidé à Nadja.

Le texte de l'Amour fou est, tout comme l'était celui de Nadja, accompagné d'illustrations. L'ouvrage s'ouvre sur l'évocation d'une scène fantasmatique qui conduit Breton à une méditation sur l'amour et sur la beauté, cette dernière étant explicitement placée dans la continuité de l'ultime phrase de Nadja: «La beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas» (I). L'auteur rappelle ensuite une enquête de la revue Minotaure qui interrogeait les participants sur «la rencontre capitale de [leur] vie». Cela lui inspire une réflexion sur le hasard, défini comme «la rencontre d'une causalité externe et d'une finalité interne»: «Il arrive cependant que la nécessité naturelle tombe d'accord avec la nécessité humaine d'une manière assez extraordinaire et agitante pour que les deux déterminations s'avèrent indiscernables» (II). La découverte de certains objets, véritables «trouvailles» dont le sens s'éclaire peu à peu, participe de ce hasard (III).

La rencontre décisive d'une femme «scandaleusement belle» a lieu le 29 mai 1934. Breton reçoit alors la fulgurante révélation de la dimension prophétique d'un poème, intitulé "Tournesol", qu'il avait écrit en 1923: l'aventure imaginaire du texte poétique trouve son «accomplissement tardif, mais combien impressionnant par sa rigueur, [...] sur le plan de la vie» (IV). Le poète séjourne ensuite aux Canaries avec sa nouvelle épouse. La description de l'exubérance sensuelle du paysage volcanique, foisonnant d'espèces végétales, exprime métaphoriquement la jouissance amoureuse du couple, en pleine harmonie avec les grandes forces primitives de la nature (V). Après cette expérience des sommets, symboliquement marquée par l'ascension du pic du Teide à Tenerife, le couple s'installe dans la durée d'un quotidien où l'amour semble susceptible de s'user. Cette fois, c'est la platitude d'une plage bretonne qui, le 20 juillet 1936, sert de décor symbolique à une sinistre promenade durant laquelle Breton et sa femme éprouvent un «sentiment de séparation». Le poète montre toutefois que de telles dépressions sont provisoires et illusoires et que l'amour fou, qui résiste à l'érosion du temps, en triomphe (VI). Breton adresse enfin à sa fille une lettre qui se termine par ce voeu: «Je vous souhaite d'être follement aimée» (VII).

L'Amour fou est un hymne superbe à l'amour: «La recréation, la recoloration perpétuelle du monde dans un seul être, telles qu'elles s'accomplissent par l'amour, éclairent en avant de mille rayons la marche de la terre. Chaque fois qu'un homme aime, rien ne peut faire qu'il n'engage avec lui la sensibilité de tous les hommes. Pour ne pas démériter d'eux, il se doit de l'engager à fond.» L'ouvrage tient à la fois du récit autobiographique, de la méditation philosophique, de la poésie et du conte magique. La réflexion y côtoie la relation d'anecdotes et le lyrisme; l'analyse et la description du sentiment y voisinent avec le fantasme et l'évocation érotique.

L'Amour fou s'inscrit dans la continuité du Second Manifeste du surréalisme qui donnait pour «mobile» fondamental à «l'activité surréaliste» «l'espoir de détermination» «d'un certain point de l'esprit» où les contradictions «cessent d'être perçu[e]s contradictoirement». Breton précisera les contours de cet idéalisme dans les Entretiens (1952): «Il va sans dire que ce point, en quoi sont appelées à se résoudre toutes les antinomies qui nous rongent et que, dans mon ouvrage l'Amour fou, je nommerai le "point suprême", en souvenir d'un admirable site des Basses-Alpes, ne saurait aucunement se situer sur le plan mystique. Inutile d'insister sur ce que peut avoir d'hégélien l'idée d'un tel dépassement de toutes les antinomies.» L'image poétique, dans son énigmatique fulgurance, met ainsi le verbe en fusion: «La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas.» De même, l'amour fou réalise la synthèse entre l'amour unique, exalté par le romantisme, et les amours multiples. Toutes les femmes aimées avant elle annoncent la femme suprêmement aimée dont la figure résume en quelque sorte celles qui l'ont précédée.

Pour Breton, la femme aimée est la fée médiatrice. Elle lui ouvre la voie vers une relation privilégiée au monde qu'elle magnifie et transfigure: «Cette profusion de richesses à nos pieds ne peut manquer de s'interpréter comme un luxe d'avances que me fait à travers elle, plus encore nécessairement à travers vous, la vie. [...] Vous ne faites qu'un avec cet épanouissement même.» La femme révèle au poète les secrets enfouis, ceux qui échappent à la logique et relèvent d'une sorte de concordance universelle et magique. La promenade initiatique effectuée à ses côtés la nuit de la rencontre donne sens tant à la vie qu'à la poésie de Breton, les deux aspects étant d'ailleurs indissociables. Ainsi, une anecdote passée, survenue «le 10 avril 1934, en pleine "occultation" de Vénus par la Lune», prend soudain une dimension prémonitoire. Alors qu'il déjeune dans un restaurant, Breton capte cette scène entre le plongeur et la serveuse: «La voix du plongeur, soudain: "Ici, l'Ondine!", et la réponse exquise, enfantine, à peine soupirée, parfaite: "Ah, oui, on le fait ici, l'On dîne!" Est-il plus touchante scène?» Il y a là comme une prophétie de la venue prochaine de Jacqueline, ondine ou sirène tant dans l'imaginaire mythique que dans la réalité: «Le "numéro" de music-hall dans lequel la jeune femme paraissait alors était un numéro de natation.» L'exemple le plus frappant de ces coïncidences miraculeuses réside bien sûr dans le sens tout à coup révélé, à travers les événements de la première nuit, d'un poème automatique écrit onze ans plus tôt.

Le monde devient ainsi un vaste et sidérant univers de signes. L'amour fou est bien l'expérience surréaliste suprême dans la mesure où il réunit le réel et l'imaginaire, la poésie et la vie.

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Sans nous notre égo ne serait rien..!

Oui le jeu de mots n'est pas top..
Bon juste pour parler de ma vanité, parler de mes vanités à moi...
J'ai moi aussi droit aux vanités..

4 crânes d'artistes, de la pinky girl au dark blue de mon auto-portrait montage numérique à partir d'une radio de mon crâne

skulls

Tout ce qui motive notre agitation gesticulation vient de là.
De notre conscience d'une échéance.
Notre "tout à l'égo" se nourrit de ça,

notre égo se nourrit de nous, sans nous, notre égo ne serait rien..!

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Jacqueline De Clercq à l'UDA

Dans le cadre de l'UDA, l'atelier littéraire de lecture qu'il anime à L-L-N, Daniel Simon invite Jacqueline De Clercq à dialoguer avec les étudiants à propos de son livre " LE DIT D'ARIANE ", le vendredi 23 avril à 14 h. L'échange portera, entre autres choses, sur la réécriture d'un mythe antique, les contraintes et les libertés qu'elle offre à l'écrivain ; un dossier est disponible auprès de l'auteur.

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Eugénie

Eugénie est en écoute ici : https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/la-chanson-fetiche-du-reseau-arts-et-lettres

Personne ne l’attend

Elle rêve pourtant

Que quelqu’un l’attend…

Pour rentrer chez elle

Elle s’invente des ailes

Elle voit sa vie en grand

Dans les journaux du vent

Se répète les mots

"Amour et braséro"

Un ange, à ses côtés

L’empêche de tituber

...Une présence née

De son solo salé

Alors, Eugénie
Appelle son génie
Pour alléger sa vie,
Eugénie...

Par les lignes de ses mains

Elle sait que quelqu’un vient

Elle parie juste un peu

Avec son cœur en deux

Qu’elle trouvera le feu

Qui brûlera ses maux

Ses fards (phares) et ses bobos

Fini de garder pour elle

Ses joies et ses querelles

Quand on est seul tout le temps

Il en faut du talent

Pour s’offrir du bon temps

Et louer de l’allant…

Alors, Eugénie

Appelle son génie

Pour alléger sa vie,

Eugénie…

Elle n’est pas vraiment elle

Avec personne à elle

Y’ a des bouts de sa vie

Qui manquent de folie…

Personne ne l’attend

Elle rêve
pourtant

Que quelqu’un l’attend…


Fabienne Coppens

Sabam 1998

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L’ essai de Guillaume Apollinaire sur les peintres cubistes se compose de deux parties: la première, "Méditations esthétiques", constitue, comme son titre l'indique, une sorte d'introduction d'ordre général à la seconde, "Peintres nouveaux", dans laquelle l'auteur analyse l'oeuvre de neuf peintres représentatifs de la nouvelle tendance (Pablo Picasso-Georges Braque-Jean Metzinger-Albert Gleizes-Marie Laurencin-Juan Gris-Fernand Léger-Francis Picabia-Marcel Duchamp, et un sculpteur, Duchamp-Villon, auquel est consacré un appendice); enfin, une courte note mentionne les artistes vivants rattachés par l'auteur au mouvement cubiste, ainsi que les écrivains et journalistes qui les ont défendus.

Pour mesurer toute l'importance de ce texte, il faut le replacer dans son époque et tenir compte du fait qu'il constitue la première tentative, non pas pour expliquer et pour défendre, que pour définir les caractères propres au nouveau mouvement pictural: son "climat" spirituel, ses ambitions, sa nécessité historique. Car, "on ne peut transporter partout avec soi le cadavre de son père. On l'abandonne en compagnie des autres morts et l'on s'en souvient, on le regrette, on en parle avec admiration. Et, si l'on devient père, il ne faut pas s'attendre à ce qu'un de nos enfants veuille se doubler pour la vie de notre cadavre". Ainsi, ce premier chapitre, empreint du lyrisme particulier au poète, développe l'idée que le "monstre de la beauté n'est pas éternel" et que le seul but des artistes doit être de mettre en oeuvre les vertus plastiques: la pureté, l' unité et la vérité entendues comme éléments permettant à l'homme de dominer souverainement la nature, en un mot, de créer. Et cette vérité, pour Apollinaire, c'est la seule réalité, une réalité qu'"on ne découvrira jamais une fois pour toutes", car "la vérité sera toujours nouvelle".

Il aborde alors dans le chapitre II les caractères propres aux peintres nouveaux: absence de sujet véritable, observation et non plus imitation de la nature, abandon des moyens de plaire, cette peinture nouvelle étant à l'ancienne ce que la musique est à la littérature, autrement dit une peinture pure, qui n'entraînera pas pour autant la disparition des anciens modes plastiques: "Un Picasso étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre". Et après avoir rappelé l'anecdote d'Apelle et de Protogène, dans Pline, révélant la sensibilité des Grecs à la "beauté" d'un simple trait sans signification usuelle, Apollinaire en vient (chap. II) à l'accusation portée contre les peintres cubistes de nourrir des préoccupations géométriques: pour lui, les figures géométriques sont l'essentiel du dessin: elles sont aux arts plastiques ce que la grammaire est à l'art d'écrire, et les peintres ont été naturellement amenés, par intuition, à se préoccuper des nouvelles mesures de l'étendue, rejoignant en quelque sorte les perspectives ouvertes par la géométrie non-euclidienne. Les grands poètes et les grands artistes, écrit l'auteur, ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l'apparence que revêt la nature aux yeux des hommes, déterminant la figure de leur époque et atteignant au type idéal (sans toutefois se borner, en l'occurence, à l'humanité) et offrant du même coup des oeuvres plus cérébrales que sensuelles; c'est ce qui explique le caractère de grand art, d' art sacré, présenté par l' art contemporain sans que celui-ci soit l'émanation directe de croyances religieuses déterminées.

Faisant ensuite justice de l'accusation de "mystification" ou d'"erreur collective", lancée contre les nouveaux peintres, Apollinaire trace un bref historique du Cubisme, des origines de son appellation (donnée par dérision, en 1908, par Henri Matisse) aux plus récentes expositions de 1912. Il essaie enfin, en se référant aux divers peintres, de déterminer les quatre courants internes du mouvement qu'il partage en cubisme "scientifique", "Physique", "Orphique" et "Instinctif"; et conclut en rappelant que le Cubisme a eu, avant Cézanne, Courbet pour point de départ, affirmant en outre que l'école moderne de peinture est la plus audacieuse qui ait jamais été: "Elle a posé la question du beau en soi".

Des analyses consacrées aux différents peintres, dans la deuxième partie, on retiendra surtout les pages sur Picasso, évocation poétique de l'homme et de l'oeuvre, indissolublement mêlés, dans laquelle Apollinaire fait preuve d'une surprenante pénétration. Si toutefois il exalte avec un enthousiasme égal, ou presque, l'oeuvre des autres peintres, on ne saurait aujourd'hui lui en faire grief: si, après coup, des artistes comme Picasso et Braque nous apparaissent comme l'expression achevée de la peinture nouvelle, au-delà du Cubisme lui-même, n'oublions pas pourtant que les autres peintres en étaient aux "promesses" et se révélèrent davantage mûs par des intentions que tendus vers la concrétisation d'une nécessité intime en accord total avec leur personnalité.

Si on a pu dire plus tard que Gleize et Metzinger étaient les théoriciens du Cubisme, Apollinaire en fut le poète, dans le vrai sens du terme: celui qui saisit à la fois l'aspiration du peintre et l'attente du spectateur, dans cette difficile entreprise, toujours renouvelée, qui consiste à concilier les nécessités de la communication et de la liberté. Aussi, ce petit livre contribua-t-il grandement à l'essor d'un mouvement capital dans l'histoire de l' art d'aujourd'hui.

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