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Amour,

Amour,

inusure du temps,

étoffe  précieuse, soyeuse

dont vos baisers et vos gestes profonds,

sur moi intimidés, bouleversés,

en sont les amples mailles.

 

C'est de ce chandail vert et chaud

dont je vous parle,

mémoire de la peau, amère ou douce,

infaillible depuis l'enfance.  

 

Poumon d'une rose dans le

corps d'une femme, illimité et bleu ;

l'éternelle, l'irremplaçable,

la toute puissante.

 

Mer où tous les chants s'expriment,

où les fruits vous nourrissent.

  

Rosée nourricière, salvatrice,

bruit de vos yeux sombres,

le chagrin qui monte

quand loin de vous je suis,

que le jour trop clair vous

insupporte, vous désespère ! 

 

Le jardin qui grandit en

moi, mélodique pour vous,

l'entendez-vous ?

 

Mots d'ici,

un peu vagues parfois.   

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Sur les pas de Clément Marot

Quand il manquait du nécessaire,

Ou bien de l’utile, parfois,

Usant de son don littéraire,

Marot s’adressait à son roi.

...

Or, ses épîtres savoureuses

Ont contribué à sa gloire.

L’esprit, si l’âme est malheureuse,

Peut atténuer ses déboires.

...

Les astucieux sont enviables,

Quand ils défient avec succès,

Ce qui leur semble inconfortable,

Ou représenter un excès.

...

Parfois une grâce me vient,

Neutralise ce qui m’afflige.

Tout tort, ressenti comme mien,

Fait que je m’insurge et fustige.

...

                                                                        15 janvier 2012

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EXPOSITION PERMANENTE

Pensez dès aujourd'hui à vos cadeaux en achetant un bijoux original porte-bonheur,

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-          une CREATION  MIKHAL, p!èce unique vendue avec certificat - argent ou bronze similor - maillechort, nacre avec ou sans pierres fines entre 10 et 110,00€
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Nous réalisons aussi des pièces à partir d'une idée ou d'un dessin –

le prix varie en fonction des matières et de la difficulté.

L'Exposition permanente est visible tous les jours depuis l'extérieur - grande vitrine "Forges d'Hadès" avec une tête de dragon peinte en vert - ou  ouvert du lundi au jeudi de9h30 à 16h30 et le vendredi jusqu'à 15h-

  ou sur rendez-vous - fermé le mardi
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arrêt bus 38/95 en venant de la ville.

Entrez et n'hésitez pas a poser des questions ou
02/512.65.64- petitrapporteur;baudot807@gmail.com

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LA BARQUE DES POETES

12272779663?profile=originalJ'ai longtemps erré dans les brumes qui estompent les formes et les recréent au gré des paysages

Peintre- lettré ,Peintre de l'invisible qui peint avec les nuages , les rocs , les forêts improbables et la mer infinie

Ténèbres qui envahissent le coeur

Rêve ou est ta réalité ?

Je vous invite en promenade sur la Rivière Li 

là - bas si loin  ... si près  AA

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administrateur théâtres

LE CAS JEKYLL - C. Montalbetti (Théâtre des Martyrs)

12272772684?profile=originalNous voici donc devant  un nouveau Docteur Jekyll et Mr. Hyde, inspiré de la célèbre nouvelle de Stevenson. Une heure 10 de palpitations magnifiquement interprétées par Emmanuel Dekoninck,  multiple Manu, qui, de son corps agile et de sa voix nous guide dans la  descente vertigineuse des complexités du Moi. Il  nous souhaite  au passage de ressortir de ce spectacle un peu différent. Il est vrai qu’ après avoir bu la potion magique de son art dramatique éblouissant  et goûté au poison de l’expérience scientifique qui se déroule devant nos yeux ébahis par la mise en scène et le décor , on ne peut plus qu’accepter avec humilité les zones d’ombre que tout un chacun porte en soi.

 

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Christine Montalbetti met en scène la brume de l’hiver londonien, les ombres lugubres d’une rue déserte la nuit, la lune traîtresse et cette chose visqueuse qu’est le secret. C’est cette  dernière confession bouleversante  du Dr. Jekyll, envahi inexorablement par les difformités physiques et morales de  Mr. Hyde, qui va empoigner le spectateur jusqu’à ce que conscience s’en suive. Le visage lisse du jeune étudiant sans problème de la  cuvée 2011-2012 se froisse et apparaissent les failles qui  le feront aimer désespérément. Quel que soit le siècle, il se pose la question maléfique  du désir et de l’ennui.  Il révèle peu à peu sa perception des pulsions perfides, des zones d’ombre, des souffrances.  Alternent l’angoisse de Jekyll, mais aussi l’humour de Hyde, sa séduction subversive et souveraine, sa soumission entière au désir.

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Contraste lumineux : le Dr. Jekyll, épris de progrès scientifique, offre tout simplement sa personne à la science et explique l’expérience devant un tableau d’auditoire imaginaire. Noble passion et générosité de l’homme chercheur et enseignant. Jekyll analyse minutieusement  l’être humain dans sa complexité. Pour lui, jusque dans la bonté il y a des pulsions bâillonnées, des chemins tortueux. « Je suis l’incarnation de l’hétérogène et je fais mon autopsie. Vous repartirez différents suite à l’agitation de vos molécules.» promet-il. 

  Paradoxalement, le Dr. Jekyll va donc  s’appliquer à métamorphoser… le spectateur. L’effroyable Mr. Hyde est un monstre qui grâce aux effets de la potion  est devenu un être purifié dans l’alambic de la science, sans mélanges. Il ne connait pas la versatilité, ignore l’autre, est soumis à la machinerie infernale de sa pulsion première et personnifie l’abomination de la pureté.

D’aucuns verront aussi  dans ce conte cruel l’image des combats fratricides qui peuplent toutes nos mythologies depuis l'aube de l'humanité. Une œuvre forte  intensément interprétée par Manu. Suavité diabolique de la question de Hyde : « Si je ne te servais pas de repoussoir, comment pourrais-tu te glorifier dans ta vie quotidienne ?  Est-ce que je ne t’ai pas sauvé de l’ennui en te laissant le beau rôle ?»   

Seule la mort est sans faille. Deux mortels, Ange et Démon se disent  donc adieu, ainsi qu’à la vie dans un luxe langagier qui ne déplairait pas à Baudelaire. Jekyll ne peut plus faire qu’une chose : parler, parce que la parole est tout ce qui lui reste. Une parole qui devient spectacle saisissant.

 

Du 11.01 au 18.02.2012

Di : 22.01 & 05.02

 

http://www.theatredesmartyrs.be/saison.html

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Maman

Un ange solaire vêtu d'ombre dans l'herbe se balade,

s'aventure sur la terre toute entière.

Ce retour est invisible, indétectable pour tous mais

pas pour moi ; un son surnaturel, le murmure d'une

abeille-reine.

Tonalité d'un pas tout en apesanteur ;

à peine le poids d'une fleur.

Je te revois vivre partout ; je n'ai plus peur.

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administrateur théâtres

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LE SABOTAGE AMOUREUX
Amélie Nothomb - Cie Biloxi 48
Au Théâtre de la place des Martyrs - Grande salle.
Du 12/01 au 18/02/2012 - Dimanches : 29/01 et 12/02

 Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n'est qu'un épilogue ? Vous l'apprendrez et bien d'autres choses encore de ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme les sabots d'un cheval qui est un vélo… 

 

 « Dès le premier jour, j'avais compris l'axiome : dans la Cité des Ventilateurs, tout ce qui n'était pas splendide était hideux. Ce qui revient à dire que presque tout était hideux. Corollaire immédiat : la beauté du monde, c'était moi. » Ce n’est pas à une guerre des boutons, mais à une guerre mondiale  féroce que se livrent  avec entrain les enfants de diplomates dans le ghetto de San Li Tun à Pékin en 1972.  Amélie, 7 ans, est éclaireur. Elle ne peut concevoir plus beau, plus grand, plus digne d'elle-même, elle qui aime une seule chose, être regardée et se sentir le centre du monde. « J'avais tout. J'étais une interminable épopée.  Je ne me sentais de parenté qu'avec la Grande Muraille : seule construction humaine à être visible depuis la Lune, elle au moins respectait mon échelle. » 

 

Déclarations, affrontements, humiliations, sabotage, contre-attaques, trahisons, trêves… La guerre et l’amour partagent le même vocabulaire. Elle va le découvrir. Car le monde bascule pour Amélie quand  la sublime et très cruelle Elena devient le nouveau centre du monde car elle est la perfection. Amélie ose lui déclarer: «  Il faut que tu m'aimes parce que je t'aime. Tu comprends? » Pour Elena, jouer à la guerre, « le plus noble des jeux », est totalement  inintéressant.

 « Elle fut ma belle Hélène, ma guerre de Troie, mon sabotage amoureux. » dit Amélie qui joue au chevalier à la rose, acceptant les défis les plus surhumains  y compris une course folle qui l’emmène jusqu’à l’évanouissement. Chaque pas piétine son corps et son ego si sensible, dans l’indifférence absolue de la belle. « Sois méchante avec Elena et elle t’aimera. » dira sa mère en cherchant à la consoler. Un plan de vie ?   

Cependant que la guerre internationale contre les allemands fait rage, libres de surveillance, les enfants-maîtres es cruauté se délectent d’empilage verbal acide et tranchant, de  persécutions, de harcèlements,  de divertissements sadiques  et  de supplices frôlant la mort, jusqu’à  l’intervention  salutaire des parents. «  Oubliés des autorités chinoises et des autorités parentales, les enfants de San Li Tun étaient les seuls individus de toute la Chine populaire. Ils en avaient l'ivresse, l'héroïsme et la méchanceté sacrée. »

 

Le texte est éblouissant et provocateur. «  La guerre commença en 1972. C'est cette année-là que j'ai compris une vérité immense : sur terre, personne n'est indispensable, sauf l'ennemi. Sans ennemi, l'être humain est une pauvre chose. Sa vie est une épreuve, un accablement de néant et d'ennui. L'ennemi, c'est le Messie. Sa simple existence suffit à dynamiser l'être humain. »

 

             « J’appelle cheval …ce qui me hisse ! »  L’apologie du cheval-vélo, synonyme de dépassement, vitesse, envol est un bijou de romantisme échevelé. Ajoutons quelques perles musicales très évocatrices : de la marche des chevaliers de Prokofiev aux Beatles. Saluons l’encadrement d’éclairages  fort ludiques. Les costumes, dignes du Boulevard de la laideur habitable habillent des comédiens parfaits dans leurs rôles d’enfants débordants  d’énergie et de cynisme.  Dans un échange constant de personnages,  Christine  Delmotte a distribué la parole d’Amélie à 7  jeunes comédiens pétulants et explosifs,  dont des hommes bien sûr,   qui retrouvent avec jubilation et exaltation leurs propres souvenirs de cavalcades sur terrains vagues  et cours de récréation. Une habile façon  d’émietter toutes les facettes d’Amélie sans jamais la trahir. Difficile de rester indifférent. La mise en scène est tellement délirante que le spectateur est embarqué dans l’expérience héroïque presque sans son consentement.  Et le cheminement amoureux dévastateur d’Amélie laisse pantois.

 

Avec:  Maroine Amimi, Stéphanie Blanchoud, Catherine Decrolier, Christophe Destexhe, Jessica Gazon,

Ingrid Heiderscheidt, Quentin Minon

 Mise en scène et scénographie : Christine Delmotte, Eclairage : Nathalie Borlée, Assistanat général : Anna Giolo

Crédit Photos :Lara Bongaerts & Nathalie Borlée

 

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece4.html

 

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Requête

J’aimerais faire éditer, sans but lucratif, un recueil d’une centaine de mes pantoums. Je serais heureuse de savoir combien de membres seraient intéressés par cette publication. Une réponse m’obligerait.Bonne journée à tous!

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Pour ceux qui veulent aider le réseau

Faites une recherche dans google en tapant simplement    arts et lettres

Puis, cliquez sur la petite vignette +1 de google 
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Le bouton à cliquer ne devient visible que si vous faites voyager votre souris à côté de l'adresse internet que conseille google : une mention discrète "recommander cette page" apparaît N.-B: le très petit logo est blanc transparent et non pas bleu comme ci-dessus

C'est fait?

Le petit bouton devient bleu: c'est merveilleux.

Alors dites comme Jiembé "Et hop, que du bonheur".


Et n'oubliez pas également de taper votre propre nom et de cliquer sur le +1 qui dirige vers votre page arts et lettres!


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Sortie de mon livre

Chers amis, mon recueil de nouvelles "Suicide dans l'après-midi", publié chez Chloé des Lys (Belgique) est maintenant disponible à la vente à la FNAC et à la librairie "La Boîte à Livres", rue Nationale à TOURS, mais aussi dans d'autres librairies, belges, entre autres, ainsi que sur chapitre.com.

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Billets culturels de qualité 12272748692?profile=originalBLOGUE DE DEASHELLE

L’Agenda culturel Wallonie-Bruxelles de Robert Paul 12272783471?profile=original

        

Cliquez sur une date pour connaître les événements du jour inscrits à l'Agenda culturel Wallonie-Bruxelles de Robert Paul

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SENSATIONS...

Fermer des yeux si las...

Sourire de nos débats!

Respirer des parfums

De brumes et d'embruns...

Garder au creux des reins

Le désir de ces riens...

Qui donnent à notre vie

La douceur infinie...

Jongler avec ses peurs

Tous ces désirs d'ailleurs!

Poursuivre avec courage

Garder en nous la rage

De vivre un petit moment

Et d'en prendre le temps!

J.G.

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12272782686?profile=originalBonus ! Les flux radios directs !


Mode d'emploi:

si vous cliquez sur le lien de la radio qui vous intéresse, vous téléchargerez alors un fichier qui correspond à la radio annoncée. Le fichier étant alors sur votre disque dur, il n'y a plus qu'à cliquer sur le fichier pour pouvoir écouter en direct le flux de la radio choisie: le lecteur de musique interne de votre ordinateur lira alors le fichier

N.-B: tous ces fichiers ont une extension .m3U:

Vous pouvez lire ces fichiers avec
Itunes
Lecteur Windows média
Quick Time Player
Real Player, etc...



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A colette,

Une chatte noire aux yeux ambrés,

Parmi les herbes folles et les

Fleurs citadines, un peu chétives,

se balade avec grâce et détachement.

 

De la race « de gouttière », un

Tantinet « titi » mais tellement

Irrésistible et libre ; sa robe une

merveille de nuit et de soleil !

 

De l’arborescence débutante en

cette fin d’hiver, l’inaltérable souffle

de Bach balance,

fait frissonner les branches et

s’élargir les troncs.

 

Musicalité délicate et pérenne

dans ce square parisien,

à deux pas du périph ;

tout y respire sans mal, avec force ! 

 

Dans ma tête une symphonie

naît, s’enracine, s’intensifie,

dans mon cœur tu te dessines,

murmures ton nom et me fais

don d’un alphabet étrange, secret.

 

Don, reconstruction d’une vie,

 transmission,

 Humanité possible.

 

Sur un banc du square des Batignolles

Je suis assise, un livre de Colette ensoleille

mes mains gantées de laine chaude,

m’enchante toute entière !

 

Lignes délicieuses,

mots multicolores et ronds, un peu diables ;

une enfance audacieuse, impertinente et belle,

ronces douces ;

un pur bijou !

 

Une écriture bruit dans mes yeux,

Les agrandit, puis partout dans Paris, dans

Le métro, près de la Seine, lorsque je lis Colette,

que j’aborde son jardin.

 

La chatte noire me contemple,

avec sérénité et profondeur ;

Entend-elle le monde

de l’écrivaine se déployer du livre,

son effervescence verte ?

 

Oh oui, elle me le dit des yeux.

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A l'Opéra royal de Liège Wallonie:

La Vera Costanza

DURÉE :
2h45
LANGUE :
Italien
DIRECTION MUSICALE :
Jesús López-Cobos
MISE EN SCÈNE :
Elio De Capitani
ARTISTES :
Federica Carnevale, Sandra Ferrández, Andrea Puja, Arianna Donadelli
DATES :
Du vendredi, 27/01/2012 au samedi, 04/02/2012

Première fois à l'Opéra Royal de Wallonie

L'Histoire

Lorsqu'une baronne est rejetée sur un rivage inconnu suite à un naufrage, elle ne peut que faire confiance aux pêcheurs voisins pour trouver du secours, pour elle, mais aussi pour sa suite de prétendants. Mariage secret, enfant caché et jeu des sentiments viennent alors enrichir un récit aux faux-semblants terriblement puissants.


Dramma Giocoso. Opéra en trois actes. Musique de Franz Joseph Haydn.
Livret de Francesco Puttini. Éditions G. Henle Verlag.
Création à Eszterháza, le 25 avril 1779.

 

Répétition de La Vera Costanza (Haydn) qui se joue au Palais Opéra du 27 janvier au 4 février 2012 avec P. Garcia Lopez, A. Puja, E. Muñoz, G. Margheri, A. Donadelli, F. Carnevale, A. Zorzi Giustiniani, S. Ferrández and Y. Gorodetski.

 

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La Fleur de la paix

 

Dans un village, situé dans un pays lointain, vivait une jeune fille du nom de Kimberly.  Cette dernière vivait avec sa grand-mère. Un jour, sa grand-mère se sentit très malade, à tel point qu’elle pensa rendre l’âme incessamment. Profitant du peu de force qui lui restait, elle donna à sa petite-fille une petite pierre blanche en la suppliant de ne jamais s'en séparer.

 

Sentant son heure venir, la grande mère de Kimberly lui dit avant de mourir : « Je veux que tu me promettes de chercher la Fleur de la Paix. »

 

« La Fleur de La Paix? Mais, comment et où, grand-mère? », s'exclama Kimberly.

 

« Tu n'as qu'à me promettre que tu la chercheras! Si tu te laisses guider par tes sentiments, tu y parviendras facilement » lui répondit sa grand-mère.

 

Kimberly lui promit qu'elle le ferait. Quelques jours après la mort de sa grand-mère, étant toujours triste et accablée par cette perte, elle se donna pour mission d'accomplir la promesse qu'elle avait faite à celle-ci. De mille manières, elle imaginait à quoi pouvait bien ressembler cette fleur. « Est-ce que la Fleur de la Paix est une fleur immense et blanche? » se questionna Kimberly.  Continuant sa réflexion, elle se dit : « Peut-être que je pourrai sauter et monter sur ses tiges jusqu'à atteindre ses pétales doux et parfumés.  Ou alors, serait-ce une montagne magique où naît la fleur de l'arc-en-ciel? Bon, je dois me mettre en route en laissant le Dieu des cieux me guider dans ma quête. »

 

Pendant sa première journée de recherche, elle avait déjà parcouru quelques kilomètres par champs et bois lorsque, tout à coup, elle se dit : « J'ai tellement soif! Il doit probablement y avoir une fontaine ou une rivière près d'ici. » Elle marcha encore longtemps, s’éloignant toujours plus de son village tant aimé. Elle s’engagea sur un chemin dont la pente prononcée l’épuisa complètement. Soudain, en arrière d'un bouquet d'arbres, elle trouva une petite rivière cristalline dans laquelle elle trempa son mouchoir pour rafraîchir sa tête. Quand elle se pencha pour boire, une fée surgit du fond de l’eau et lui fit cette question : « Cherches-tu la Fleur de la Paix? »

 

La petite fille, avec ses yeux agrandis et le coeur palpitant, s'exclama : « Mais qui es-tu? Se pourrait-il que tu sois la Fleur de la Paix? »

 

Elle reçut pour réponse : « Non! Je suis la fée qui contrôle le flot de cette rivière afin qu’elle ne tarisse jamais.  Je veille aussi sur la forêt environnante qui la protège. Les racines des arbres empêchent la dégradation des berges. Par ailleurs, pour répondre à ta question, tu es près du but! Continue à chercher et tu trouveras. »

 

La jeune fille lui dit au revoir et poursuivit son chemin. À la fin de l’après-midi, elle s'assit sous un arbre pour se reposer. Comme elle s'apprêtait à manger quelques fruits qu'elle avait ramassés en chemin, elle entendit de faibles gémissements qui provenaient des buissons environnants. Elle courut dans cette direction, et là, elle vit une vieille femme affaiblie, mourant de faim et proche de l’agonie. Sans y penser une seconde de plus, elle lui offrit les aliments qu'elle avait avec elle.

 

Continuant sa route, elle se sentait remplie de satisfaction d’avoir rendu ce service, arrachant ainsi la vieille femme à une mort certaine. C'était une valeur que sa grand-mère lui avait transmise : « Fais toujours le bien sans regarder à qui tu le fais. Si tu respectes cela, tu seras toujours protégée par les anges du ciel et tu vivras dans la paix. »

 

Sur le chemin, elle rencontra beaucoup de papillons avec de si belles couleurs qu'elle se mit à les compter en dansant et en chantant. Elle s'imaginait qu’elle-même était le plus grand des papillons et que les plus petits qui l'entouraient étaient ses filles.

 

Le soir venant, sous les derniers rayons de soleil, elle grimpa sur un arbre de néfliers et mangea quelques fruits. Du haut de l'arbre, elle parvint à apercevoir le royaume qui était de l'autre côté de la montagne. Ce royaume était connu sous le vocable de « Inde ». On le nommait ainsi parce que ses anciens habitants étaient d'origine indienne.

 

À l'aube, Kimberly poursuivit son voyage vers ce royaume inconnu, voyage qui dura tout le jour. Quand elle y arriva, il faisait déjà noir.

 

« Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans ce royaume? », se demanda-t-elle. Kimberly remarqua que tous ses habitants étaient des adultes et semblaient très tristes. « Quel est le motif de cette tristesse? », se demanda encore Kimberly. Pour le savoir, elle parla avec quelques personnes. Un vieillard la prit par le bras et l'amena dans un beau salon du palais en présence d’un jeune prince à la peau foncée. Ce dernier était habillé d’un magnifique habit bleu avec des broderies faites de jolis fils d'or. Ses yeux noirs brillaient comme les étoiles dans la nuit. C'était le Prince César, fils du roi Anderson.

 

« S'il vous plaît, jeune fille, ne posez plus de questions, vous nous rappelez notre malheur! », lui disait le prince d’une voix imposante.

 

« S'il vous plaît, euh!... Pardonnez-moi, jeune prince. Je souhaite seulement savoir en quoi je peux vous aider. », répondit Kimberly.

 

« Personne ne peut nous aider! », fit le prince sur un ton de désespoir. Il enchaîna : « Mon père est le roi de ce royaume et une malédiction appelée – mille odeurs et mille pestes – s’est attachée à lui. C'est un sortilège que Néron lui a jeté. Tous les enfants de notre royaume doivent être enfermés parce qu'autrement ils subiraient eux aussi cette malédiction. »

 

Kimberly s'exclama de surprise : « Que vous voulez dire? »

 

Le prince précisa : « Le roi est enfermé dans son château parce que ceux qui l'approchent ne peuvent supporter son odeur fétide, pas plus d’ailleurs que l’aspect horrible de son visage, de ses bras et de sa peau en état de putréfaction. Et cela va en empirant, chaque jour qui passe. »

 

« Et pour quelle raison Néron aurait-il jeté ce sort à votre père? », demanda Kimberly.

 

Le prince lui expliqua alors les circonstances de ce malheur : « Néron s'est servi d'un vieux sorcier pour jeter ce sortilège à mon père afin de prendre le contrôle de notre royaume. Pourtant, Néron était auparavant un des meilleurs amis du roi. Mais un jour, l’épouse de Néron s'enfuit avec un autre homme et amena ses enfants avec elle. Ces enfants étaient la raison d'être de Néron. De surcroît, Néron fut affecté par une tragédie : la mort de tous les membres de sa proche famille.  Ne pouvant se consoler de tous ces malheurs, la douleur et la peine laissèrent place à un sentiment amer. Se sentant trahi par la vie, il s'est transformé en l’homme le plus cruel de la Terre et en scélérat. Son ombre prit le dessus sur lui et c’est ainsi qu’il en est arrivé là, à jeter ce vilain sort sur le roi. Or, s'il parvient un jour à devenir notre roi, il imposera les travaux les plus durs aux femmes. Aux enfants, il leur interdira l’accès à l'éducation pour mieux les asservir quand ils seront adultes. Aujourd’hui, Néron attend avec impatience la mort de mon père pour réaliser son cruel dessein. »

 

Kimberly voulut en savoir plus : « Quel genre d’homme est le roi? »

 

« Le plus honnête et le plus noble des rois qui puisse exister! », s’exclama le prince.  Pour appuyer ses dires, il ajouta : « La loi la plus importante que mon père a adoptée peut se formuler comme suit : Les femmes et les enfants ont le droit de mener une vie sûre et libre de toute menace, que ce soit la guerre, les mauvais traitements, l'exploitation ou, enfin, la discrimination basée sur la race, le sexe ou la croyance religieuse. En respectant les droits des enfants et des femmes, nous étions ainsi un royaume qui prônait l'égalité et la justice sociale. De ce fait, nous vivions dans une paix durable.

 

« Ne perdez jamais la foi! Beau prince, la beauté spirituelle doit toujours être vraie et elle se doit de se révéler toujours plus précieuse que le matériel. La méchanceté ne pourra jamais vaincre le bien! », lui dit affectueusement Kimberly.

 

« Notre royaume donnera toute sa richesse à celui qui parviendra à délivrer notre roi », promit le prince.

 

Kimberly se hâta de demander : « Y aurait-il une manière de l’arracher à l’emprise du sortilège? »

 

« Oui! », répondit le prince César. Il précisa : « Seul, celui qui pourra regarder le roi sans ressentir de la nausée et qui pourra embrasser les plaies de son visage et de ses bras pourra le délivrer. »

 

« Peux-tu me guider jusqu'à ton roi? », supplia Kimberly.

 

D’un air abattu, le prince César lui répondit : « Non! C'est inutile. Plusieurs ont tenté de conjurer ce mauvais sort. Mais tous ressortent du palais en courant et en vomissant. », dit le prince.

 

Avec abnégation, Kimberly dit : « Ayez confiance en moi! Je veux voir votre roi et père, et ce ne sera pas pour la récompense promise, mais uniquement pour le voir guérir. »

 

Demeurant perplexe, le prince César guida tout de même Kimberly vers le palais de Sa Majesté, le roi Anderson.  Pour s’y rendre, ils parcoururent une assez longue distance en traversant nombre de passages et de couloirs formés par la végétation. Enfin, ils aperçurent un beau et imposant château. Une rivière abondante avec des crocodiles féroces les empêchait toutefois d'accéder au château.

 

Kimberly rompit le silence, en disant : « Pourquoi y a-t-il des crocodiles dans la rivière? »  Et le prince répondit : « Pour que les ennemis ne puissent pas arriver au palais. »

 

Les soldats de la garde royale, en reconnaissant le prince, firent sonner leurs trompettes en son honneur. Ils abaissèrent ensuite le pont-levis qui donnait accès à la porte principale. Les gardes royaux suivirent les ordres que le prince leur donna sur un ton de voix plus qu’impératif : « Mademoiselle Kimberly est notre hôte d'honneur. Elle vient d'un village éloigné et inconnu. »

 

Kimberly se sentit flattée de cette présentation, elle qui n'avait jamais pensé être digne d'un si grand hommage. Elle redressa sa taille et marcha en imitant le pas du prince César. Ensemble, ils passèrent par des jardins, des salons somptueux et des couloirs pour enfin parvenir aux chambres élégantes du palais.

 

Une fois arrivé à l'une des plus grandes pièces, le prince pointa du doigt la porte de la chambre et lui dit avant de s'éloigner : « Il est là! Si tu en as le pouvoir, sauve notre roi bien aimé »!

 

Kimberly s'approcha et frappa à la porte. Elle perçut aussitôt la terrible odeur qui émanait de l’autre côté. Puis, elle entendit une voix qui lui disait en se lamentant : « Pitié pour mon royaume! Si seulement ma mort pouvait empêcher les habitants de tomber dans les griffes du méchant Néron... Mais ma mort ne servirait à rien! Même de mon vivant, dans l’état où je suis, je ne peux rien faire pour l’empêcher. J’ai bien peur pour ce royaume et je crains pour son avenir.» Des sanglots s’ajoutèrent à ces lamentations.

 

Alors, la jeune fille ouvrit la porte. Surmontant son dégoût, elle avança à pas silencieux pour ne pas être entendue dans la chambre du roi. Ce dernier était là, plongé dans une obscurité presque complète. Kimberly marcha jusqu'à se retrouver en face du noble roi allongé sur son lit et tiraillé par la douleur.

 

En présentant sa révérence, Kimberly dit au roi : « Pardonnez-moi, Votre Majesté. Dans mon cœur, il n'y a ni geste ni pensée qui puissent vous offenser. »

 

Surpris, le roi Anderson l’examina et lui demanda : « Jeune fille, qui es tu donc? »

 

Kimberly répondit tout simplement : « Je ne vais pas m’enfuir comme les autres à la vue de Votre Majesté. Qui plus est, donnez-moi vos mains ».

 

Le roi lui tendit ses mains sans dire un mot. Et c'est avec un grand respect et une profonde tendresse qu'elle les prit et les embrassa, ainsi que son front et ses joues. Après cela, elle tira de son sac à dos d'agave, ce petit morceau de roche blanche que sa grand-mère lui avait offert avant de mourir.

 

Tout à coup, au contact de la roche magique, le roi retrouva la vie. Si bien que son corps laissa émaner une lumière assez forte pour éclairer complètement la chambre qui, jusque-là, était obscure.

 

Le roi Anderson observa ses bras et, quittant son lit, il commença à sauter et à crier : « Je suis guéri! Tu as sauvé mon royaume! Toi, jeune fille, tu es la Fleur de la Paix que j'attendais si fébrilement. »

 

C'est seulement à cet instant que Kimberly comprit que la Fleur de la Paix était, en fait, une métaphore. « La paix est en chacun d'entre nous et, comme une fleur, il faut la laisser fleurir dans son cœur. », se disait-elle. Et elle conclut : « Ma grand-mère voulait que je l'apprenne et que je le comprenne par l’expérience, et ce, par un parcours initiatique ».

 

Réintégrant ses tâches de souverain, le roi nomma Kimberly « Ambassadrice de la Paix » et aussi « Conseillère du prince César ». Depuis, le royaume et ses habitants vécurent une nouvelle ère de paix et de justice. Les femmes et les enfants retrouvèrent à nouveau leurs droits humains les plus fondamentaux. Toutes les mesures nécessaires pour restaurer leur dignité furent prises. Un peu plus tard, le prince César et Kimberly, la « Fleur de la Paix », unirent leurs vies pour toujours, et tous dans ce royaume furent heureux.

 

 

Auteure: Gladys Carrillo Garcia

 

Ce conte est une propriété intellectuelle et matérielle de l’auteure Gladys Carrillo Garcia Interdit sa reproduction totale ou partielle. Es déjà  enregistre dans le registre de droits d'auteure.

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Quand reviendra l'été !

Un poème écrit avec Joëlle Diehl, auquel j'ai pris grand plaisir, j'espère que vous en aurez en le lisant, et vous invite si vous le désirez et s'il vous inspire à laisser un commentaire.

Bien à vous

Marie-Ange Gonzales



Quand reviendra l'été !


Les bras grands ouverts voulant embrasser
Le ciel noirci de tout' cette nuée
Je lance mon cri vers ces migrateurs
De deux saisons, les fidèles porteurs


Ils s'élancent et embrassent le ciel
emportant avec eux la chaleur,
mon cri, et de ma vie l'essentiel.
Souvenirs d'un été de douceur


Une larme , un sanglot retenu
Une tristesse soudain m'envahit
Et je pleure cette tendresse perdue
Seule, les yeux noyés, je me sens trahie


Souvenirs d'un automne douleur
quand s'éloignent les migrateurs
passe le temps s'envolent les saisons
le rouge été me rendra la raison


Un jour les palombes repasseront
Comme une danse dans l'azur du matin
Apportant l'espoir à mon coeur chagrin
Leur chant rempli de joie m'enchanteront


Joëlle Diehl/Marie-Ange Gonzales

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Art Populaire

Vous allez très vite deviner que j’ai un sérieux penchant pour l’Art Populaire. J’emploie plus volontiers le terme « penchant » car il désigne une orientation relativement permanente, plutôt que « préférence »  ... plus circonstanciée. Je suis assez convaincu que la préférence est un peu « l’arbre qui cache la forêt ».

Définir cet art n’est pas simple, et de nombreuses pièces estampillées « art populaire » ne le méritent pas. Ainsi, par exemple, des objets dits « forêt noire » ou des santons provençaux.

Ils le furent sans doute mais produits en nombre dans un but mercantile, ils ont cessé d’être des œuvres d’art pour devenir des productions artisanales, des bibelots touristiques. Un glissement que l’on rencontre également dans les arts premiers, où telle statuaire traditionnelle s’est muée au fil du temps en monnaie d’échange, perdant sa vocation première et aussi, malheureusement, l’essentiel de ses qualités esthétiques.

Les cannes m’ont littéralement plongé dans ce domaine. La qualité d’exécution des œuvres d’art populaire, leur finition, peut varier sensiblement. Dans certains cas, le travail est fruste, maladroit. L’inexpérience des auteurs ne les empêchera pas, cependant, d’atteindre régulièrement à la beauté, à la poésie. Dans d’autres cas, l’exécution témoigne d’un réel savoir-faire, voire d’une impressionnante maîtrise, le bagage technique d’un artiste ayant souvent pour origine le métier qu’il exerce ou a exercé à un moment de sa vie. Il n’est pas aberrant de croire que certaines parmi les plus belles cannes d’art populaire furent sculptées par des menuisiers ou des ébénistes, même si ce n’est certainement pas la règle.

L’une des caractéristiques essentielles de l’art populaire, partagée avec les arts premiers, est son ignorance des modes de représentation naturalistes. Méconnaissance de la perspective, rabattements dans le plan, mépris des proportions… On note aussi de nombreux exemples de « perspective morale », comme sur cette canne de berger ou un loup est représenté plus grand qu’un cheval, 

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disproportion témoignant du sentiment éprouvé par l’auteur. Dans un célèbre relief égyptien, Ramsès II est un géant à côté de ses soldats. Le principe est le même : la taille du personnage est fonction de l’importance qu’on lui donne. Il est bon de rappeler ici que l’acquisition de la perspective linéaire, à la Renaissance, et des autres moyens visant à une représentation objective de la nature, est une conquête d’ordre scientifique. La valeur profonde d’un artiste n’a bien sûr rien à voir avec le fait qu’il maîtrise ou non ces moyens.

Il arrive que l’artiste populaire, s’inscrivant dans une tradition bien établie, doive respecter les canons esthétiques hérités des générations précédentes. C’est le cas des auteurs de marionnettes, de ceux qui façonnent les géants de carnaval... Mais il y a aussi de très nombreuses œuvres qui témoignent d’une création personnelle, indépendante de toute forme de contrainte.

La canne, objet individuel par excellence, est un domaine où la liberté d’expression, la fantaisie, ont pu s’exercer à plein. Les marins, les légionnaires, les bergers, les « poilus » de la Grande Guerre les ont sculptées dans les périodes d’oisiveté inhérentes à leur vie. Pendant des jours, des mois, parfois des années, un bâton va être sculpté minutieusement ; devenu un compagnon au quotidien, il est comme un carnet dans lequel l’auteur imprime ses états d’âme, sa solitude, ses angoisses et ses peurs, sa superstition et sa religion en un rébus souvent désordonné. En découvrant ces beaux objets, simples ou complexes, on imagine rarement la richesse des préludes à leur réalisation. Le choix d’un bois, d’une essence particulière, sa forme, son épaisseur prendront toute leur importance en fonction du projet. L’extraire du sol, parfois en gardant une partie des racines destinées au pommeau, le faire sécher lentement, l’écorcer soigneusement, tout ou partie.

Certains chefs-d’œuvre de l’art populaire, ont été façonnés ainsi, avec un simple couteau, dans un pâturage désolé ou le fond d’une tranchée.

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