LISETTE DELOOZ participe à l'exposition TRUC TROC 2012
qui aura lieu au Bozar
les 27, 28 et 29 janvier 2012
Pour en savoir plus:
LISETTE DELOOZ participe à l'exposition TRUC TROC 2012
qui aura lieu au Bozar
les 27, 28 et 29 janvier 2012
Pour en savoir plus:
Oh ami du fond des âges,
je ne vois plus ton visage
et se dérobe ta main.
N'est-ce plus notre héritage,
après un si long chemin,
de bâtir unis et sages
le Temple de Demain ?
A Celui qui tout ravage,
au ténébreux seigneur, à sa rage
à ses funestes desseins,
n'accordons point ce naufrage.
Fidèles à notre haut destin,
veillons ferme à l'abordage
des terres de Demain.
Au Je Suis qui est descendu
des clairs confins de la nue
et jusqu'aux profondeurs a voulu
braver la Mort et l'a vaincue.
Au Je Suis qui la Terre entoure
de tout l'or de Son Amour,
de nos passions, nos folies
offrons la rose rouge de vie !
Si ce n'est nous Ses chevaliers
qui serment avons fait à Lui
l'antique dragon terrasser
et opérer sainte alchimie
Qui conquerra la Fleur-Esprit ?
Rébecca Terniak - 1980
Fidélité éternelle des Templiers
au Réssucité, au Christ en Gloire
gravé dans leurs coeurs et leur vision intérieure
Je poursuis mon exploration de l'anthologie - parue chez Folio Gallimard - qui reprend maints passages des Cahiers dits "de la Petite Dame".
Etrange comme j'aime Maria Van Rysselberghe. Elle est belle. Talentueuse. Intelligente. J'essaie d'imaginer, d'entrevoir les contours de cette personnalité multiple dont je me sens si proche (par certains côtés, restons modeste...). Epouse du peintre gantois, Théo Van Rysselberghe, (1862-1929), modèle du peintre Fernand Khnopff - qui a laissé à la postérité le portrait de la jeune et ravissante Maria Monnom... Elle est la fille d'un éditeur bruxellois ayant édité entre autres la revue "l'Art moderne".
Art moderne, Groupe des XX, Libre Esthétique... Une évolution dans l'art belge du XIXème déclinée en trois termes...
L'original du tableau est au musée d'Orsay, il vient parfois à Bruxelles pour l'une ou l'autre rétrospective.
J'aimais d'abord ce portrait. Longuement regardé à une expo sur Khnopff aux musées des Beaux-Arts. C'est par d'autres recherches, d'autres lectures, que je suis revenue vers Maria Van Rysselberghe. Je me documentais sur l'amitié entre Gide, Dorothy et Simon Bussy (elle, née Dorothy Strachey, écrivain et traductrice de Gide vers l'anglais, lui, artiste peintre ami de Matisse - habitant La Souco, à Roquebrune-Cap-Martin), et puis, il y avait aussi les liens entre Gide et les Vanden Eeckhout, Le peintre Jean Vanden Eeckhout, dit "Vanden", réfugié en France pendant la guerre 14-18.Leur fille, artiste peintre et pastelliste, connue sous le nom de Zoum Walter, a publié ses mémoires dans un volume intitulé "Pour Sylvie" - sa fille, morte aux alentours de la vingtième année.
Et puis, finalement, il y a entre toutes ces personnes cet homme célèbre qui fait le lien: André Gide. On se trouve devant un vrai puzzle dont il est la pièce-pivot. Gide dont j'ai lu, dévoré "Les faux-monnayeurs", quand j'avais dix-huit ans et qui pourtant est une histoire très dure.
"La lecture" (ou Verhaeren lisant) par Van Rysselberghe (1903)
avec, de gauche à droite:
Félix Le Dantec, le poète Francis Viélé-Griffin, le critique Félix Fénéon, l’écrivain Henri Ghéon, André Gide et Maurice Maeterlinck, et – vu de dos – Emile Verhaeren et le peintre Henri-Edmond Cross
(Se trouve-t-il au musée des Beaux-Arts de Gand ou dans le cabinet de Verhaeren reconstitué à la Bibliothèque Royale, à Bruxelles? C'est ce que j'essaie de vérifier...)
***
Le plus curieux est quand on découvre l'union libre et momentanée entre Gide et la fille du couple Van Rysselberghe, et la venue d'un enfant, Catherine, née en 1923, que Gide a reconnue et adoptée après la mort de son épouse. Au-delà de l'anecdote, cela montre à quel point Maria Van Rysselberghe et sa fille vivaient affranchies du carcan social et moral de cette époque. Tout en observant une grande discrétion. Jamais Maria Van Rysselberghe n'émet de jugement. Elle n'a jamais un mot de blâme. Et son amitié avec André Gide est profonde au point qu'ils habitent tous deux un appartement sur le même palier de la même maison, à Paris, rue Vaneau 1bis, au Vaneau, comme on disait. Et vers 1918, elle entreprend la rédaction des cahiers qui seront un compte-rendu fidèle de la vie de Gide: dans ses rapports avec l'entourage et les amis, sur le plan littéraire et artistique, sur le plan politique aussi (il y a le compte-rendu de ses voyages en URSS), sur leur vie culturelle (ils assistent au renouveau du théâtre Yiddish - malgré un certain anti-sémitisme de Gide, un anti-sémitisme d'époque, hélas, qui s'arrête évidemment en 40-45, devant l'horreur des camps de concentration - enfin, d'extermination)... Et ainsi de suite jusqu'à la mort de Gide, en 51.
Et puis, il y a aussi cet amour qu'elle a nourri pour Verhaeren. Quand j'étais élève en première année de peinture, j'avais un professeur de peinture extrêmement calé en histoire de l'art. Aller au musée avec lui, ou dans une expo (comme Van Rysselberghe à Bruxelles ou Bonnard à Paris), c'était une vraie fête. Nous avions discuté de cette relation entre le poète et la femme du peintre et il m'avait conseillé de lire le récit "Il y a quarante ans". C'est très beau. Cela décrit un été à la mer, en Belgique, dans une fermette flamande, et une communion spirituelle et passionnée entre Verhaeren et Maria Van Rysselberghe d'où toute équivoque est très vite balayée. Là aussi, elle a attendu la mort de Marthe Verhaeren (son mari lui, est mort en 1929) pour publier ce petit récit et quelques annexes critiques.
Voilà une femme - dans un monde exclusivement d'hommes, dominé, fait par et pour les hommes, le monde littéraire et artistique à cette époque -et en Belgique- ne fait certes pas la part belle aux femmes... Mais voilà qu'en dépit des obstacles, elle oeuvre dans l'ombre, et fait oeuvre de critique et de mémorialiste infiniment précieuse. Elle est encouragée - dans une certaine mesure- par Gide, plus qu'il n'a encouragé Dorothy Bussy, laissant ainsi passer la chance (pour les éditions Gallimard) d'éditer son unique roman, "Olivia. Par Olivia". Pour cet écrivain, c'est la Hogarth Press (en Angleterre) et Stock, à Paris, pour la version en français, qui "emporteront le morceau".
C'est toute une époque qui nous est ainsi restituée, et des célébrités - dans toute leur épaisseur vivante, loin des pages d'anthologie scolaire - qui nous deviennent étonnamment familières, et par là, plus humaines...
Maria et Elisabeth Van Rysselberghe, par Théo Van Rysselberghe.
Coopérative de Montolieu
Centre d'Art
du 10 janvier au 10 mars 2012
Route d'Alzonne
Montolieu (11170)
Continuant à examiner la bibliographie d'Emile Kesteman présentée dans ma première partie de son hommage, je continue à en extraire quelques ouvrages depuis le CD-ROM que j'ai consacré à son oeuvre dans ma série de 74 ouvrages portant le nom générique de "Testament des Poètes" et concernant les poètes contemporains belges que j'ai approché lors de rencontres qui me sont toujours très chères à me remémorer.
Emile fit paraître en 1974 l'ouvrage "Lère de l'errance" aux editions de l'Elytre:
Extrayons de cette oeuvre quelques passages significatifs:
Tu n'atteindras ton mandala
Que dans la douleur
Dans la joie qui est souffrance
Dans la souffrance qui libère
Dans l'harmonie
Qui résulte de la tempête
De la tempête apaisée
Et qui ne sera qu'un élan
Vers de nouvelles souffrances
Et des joies réitérées
Une nouvelle harmonie
Où l'écrin sera le Seigneur
Et toi son coeur qui battra
Une goutte de sang en sortira
En mille fleurs éternelles
La marche
Marcher marcher marcher
Se libérer Se libérer
De soi-même
Pour aller vers l'autre
Vers les autres
Vers l'Autre
Afin de se retrouver
Par après
Et exister vivre
En prenant son point d'appui
Sur un sol souple
Elastique et durable
Un sol-tremplin
D'où le saut vers les cieux
Est toujours possible
Et ne constitue pas
Une fuite
Marcher marcher marcher
Pour se libérer
pour prendre ses distances
Pour se sentir distordu
Et se retrouver
Intégré
Parmi les notes
De l'harmonie universelle
Dont la compréhension
Seule appartient
A celui qui EST
Marcher marcher marcher
Pour te trouver
ESPRIT de ma vie
ET SENS du monde
MEDITATION
J'ai ouvert ma fenêtre pour qu'entrent l'air et le soleil de l'aurore
Etre en état de recherche et ressembler aux nénuphars
Mauves dans l'étang du musée
Boire la lumière du matin
Sentir au loin le monde qui s'éveille
Et marcher
Pour se libérer de la fièvre
De la fièvre qui nous induit en erreur
De la fièvre qui risque de vicier le jeu délicat de l'inspiration
De la fièvre qui nous gonfle à nos propres yeux
De la fièvre qui aliène les autres
De la fièvre qui nous aliène
De la fièvre qui nous enferme
Dans les couches confinées
Des cycles qui reviennent
Non un élan vers une tension vers
Sauter
Comme le plongeur
Comme le funambule
Vers les cimes des arbres et des montagnes
Vers les neiges éternelles
Et faire le vide en soi
Pour accueillir
Pour préserver sa disponibilité
Se détacher de tout
Et aller vers l'essentiel
Marcher comme le nomade
Autrefois
Mais spirituellement
Et être en état de RECHERCHE
RENOUVEAU
La croix vers moi s'avance
Dans la lumière de Pâques
Tandis que l'invisible messe
Des chaises des fleurs
Et des gestes humains
Se célèbre
Au sein de l'univers
Dans la joie de la Résurrection
L'humanité entière
Accourt
Et triomphe
Dans cet oecuménisme
Qui va au-delà des Eglises
Et s'étend jusqu'à l'athéisme
Tant il est vrai que Dieu
Est la Nième dimension
De tout ce qui vit et agit
HORIZONS DU MONDE
Je me sens broyé
Par ton silence
Par ta lumière
Qui ne rencontre
Aucun obstacle
Je me sens ridicule
De sotte prétention
Aux côtés feuillus
De ces arbres
Toujours verts
Je me sent muet
En présence
Du chant des oiseaux
Et des harmonies
Qui peuplent les cieux
Je me sens broyé
Par la croix
La croix
Du Fils de l'homme
Et celle surtout
Du monde
Qui oeuvre et peine
Et prolonge celle du Christ
PRIERE DU MATIN
Il est impossible à Dieu
De nous exposer ses problèmes
Il faut que nous les découvrions
Par nous-même
L'expérience de l'homme
Ne peut d'ailleurs servir
Que partiellement à un autre
Et il y a entre Dieu
Et les hommes
Des problèmes de communication
Aussi ardus
Qu'entre les êtres humains
Ou est-ce la parole de Dieu
Qui respecte le plus
La liberté de l'homme
CONFESSION
Le salut ne peut venir
Que de l'amour
Per dura et aspera
Itur ad Deum
Je le dis en latin
C'est suranné
Mais c'est ainsi
Que j'ai été élevé
Et éduqué
Je ne saurais être
Inauthentique
Le bonheur réside
Dans cette transparence
De notre être
Quand nous nous ouvrons
A celui qui est AMOUR
Et dont vient le seul salut
RECUEILLEMENT
Les fruits de la terre
Sont les plus verts
A l'entrée de l'hiver
Parce qu'à ce moment
De l'année qui s'achève
La verdeur de leur chair
N'existe que dans l'espoir
Que nous conservons
Dans le silence intérieur
De notre vie cachée
Triomphe de l'imaginaire
Et ouverture enthousiaste
Sur un monde qui est autre
LES PHARES
La lumière habite la nature
Et non le béton
Le béton est aveugle
La lumière habite la nature
Et elle sort de l'arbre
De ces grands arbres
Qui seuls
Au flanc des collines
Hantent les vents
Et leur houle bleue
Solidement ancrés
Dans des couches souterraines
Où leurs racines
se prennent pour des géologues
La lumière habite la nature
L'arbre seul s'affirme
Comme Celui qui est
Et il brave le temps
L'espace et l'immensité
La lumière habite la nature
L'arbre vaut
Toutes les usines de la terre
Et il semble être un gage
De pérennité
Son visage varie
Au sein de son identité
Il mêle évolution
Et continuité
La lumière habite la nature
L'arbre est un magnificat
Un TE Deum
L'arbre est l'hymne même
De la nature
A la force
Qui le fait vivre
Monter descendre
S'épanouir
Sans la sève
Il ne serait rien
La lumière habite la nature
Et l'arbre est son oeil
PANTOCRATOR
Du fond des ténèbres
Sortent en pleine lumière
Des personnages
Deux hommes
Madame mauve
Madame bleue
Mademoiselle rose
Dont le Christ
Règle le comportement
En proférant des paroles
Au-dessus d'un gibus
béant
Au fond des ténèbres
Trois triangles
S'organisent
En une brillante harmonie
Le Christ préside
Le gibus renversé
Dans les mains
DESTINEE HUMAINE
J'épie l'épiderme
Des grands arbres
De mon jardin
La nature même hivernale
Se fait douceur
A l'oeil et au toucher
La mystérieuse origine
De l'être humain
Fait de lui un révolté
Par où le supérieur
Cherche douloureusement
Une issue explosive
Pour finir il n'y a pas
D'agapè sans dévoration
EPILOGUE
Essaie de faire
Le silence en toi
Et de rayonner
Comme une fleur
Dans le détachement
C'est le secret
Du bonheur
Regarde
Au-delà des horizons
De ce monde
Crois et espère
Ces écrits témoignent de l'attitude de "grand priant" que fut Emile Kesteman
Suivent deux receuils de poésies:
Ton corps végétal, toujours aux Editions des Elyrtres:
et "Griseries" toujours aux Editions des Elytres, paru en 1979:
dont voici des quelques extraits significatifs:
Pries-tu avec ton corps
Anne-Thérèse
Puis avec tes jambes
Avec tes bras
Tes mains
Ta poitrine s'avance
Dans un geste spontané
Sauvage
Et l'on dirait une prière
Adressée
A la femme
A la femme éternelle
A cet impondérable
Qui fait le prix
De la relation
Singulier pluriel
Et d'un tableau à l'autre
D'un paysage à l'autre
D'un univers à l'autre
Tel un satellite nouveau
Anne-Thérèse se meut
Suspendue aux gestes
Qu'elle accomplit
De ses jambes et de ses mains
Dans son maillot rouge
Le silence nous étreint
Quel est le sens métaphysique
De ta danse
De tes allées et venues
De ton maintien particulier
Et du port de ta tête
Aux cheveux d'un brun foncé
Tête pareille à un fruit
Mordoré de l'automne
De ses pieds nus elle tâte
Cette terre qui est sienne
Puis lentement le rythme
Anime ses jambes
Et son bassin minuscule
Le mouvement monte
Et s'empare de tout le corps
Qui devient semblable
A un corps de libellule
Dans le soleil de l'été
En 1987 parut le bel ouvrage du poète: "Matrice des mots" (Editions Elytres):
A André van Laere
Il a poussé le rien et le peu
A la hauteur de la dignité
Du beau et du sublime
Il s'est servi du clou et du fer
De la corde et de la colle
Du chiffon et du papier journal
Et la complexité de la matière
Tout comme ses trésors de révélation
Soulèvent et inquiètent
Longue pérégrination vers l'Essentiel!
A Michèle Coerten
Fjords irréels
Où les nuées
Contournent
Les sommets
Mélange de ciel et d'eau
Tentative d'approche
De masses hostiles
L'eau fait la paix
L'eau fait la lumière
L'eau c'est la vie
Qui coule de nous
Qui coule en nous
Et l'univers suit
Douceur de vivre
Dans un monde inhabité
Où seules comptent
Les paisibles forces
De la nature absolue..
Je suis le bâton de pèlerin
Et ma réflexion creuse
Mes cavités thoraciques
Dont les arêtes d'ailleurs
Servent de support
A mon geste d'espoir
Je suis le bâton de pèlerin
Et ma pauvreté
Appelle le soleil
Avec sa chaleur
En ce monde de scories
Et de fatras.
Défilé
Tous ces gens à képi
Dans la tribune
Des invités
Qui disposent
D'un centimètre
Carré
De représentativité
Ou de pouvoir
A l'échelle mondiale
A peine plus
Que la surface
Occupée
Par leurs deux pieds
Puis ces engins de mort
De la Force aérienne
Et ces milliers de femmes
Entrées à l'armée
Que cachent leurs uniformes
Et leurs pas cadencés
Ensuite le commandant
De la protection civile
Oubliant de saluer
Le Roi
Mais se rattrapant
Devant les diplomates
Les services de sauvetage
La Croix Rouge
Le service des pompiers
Et au moment
Où le dernier camion
De transfusion sanguine
Est passé
Tout le monde
Canalisé vers le Parc
Par le service d'ordre
Pour participer
De force, presque
A la grande fête
Populaire
On s'attarde
A un orchestre marollien
Dirigé par un hominien
De quatre-vingt-cinq printemps
Qui chante en choeur
Avec le public:
"Ah! qu'elle est bonne"
"La bière bruxelloise".
Et le plus pacifiste
Des humains
Oublie
Pour un quart d'heure
Les engins de mort
Du défilé
Qui avaient provoqué
Des sentiments
D'ordres divers
Dans notre âme naïve
De citoyen sans préjugés.
Vieux Café
Avec son poêle Godin
Sa balance rouge
Et son miroir
Et son extincteur
En cas d'incendie
Le "Vieux Spijtigen
Duivel"
Mène sa petite
Vie quiète
Mais la musique légère
De Radio-Contact
Et les titres des journaux
Du soir
Perturbent sans cesse
Cette vie paisible
Tension en Méditerranée
Explosion dans l'espace
Menace de départ
Des diamantaires anversois.
Immigration
Il y a un discours
Qui s'organise
Se répète
Se gauchit
Se redresse
Crée son antithèse
Et finit
Par façonner
Ceux qui s'en servent.
J'écris
Pour sortir des entrailles
De ma mère
Pour m'éloigner
De cette matrice
Qui m'enveloppait
Et me protégeait
Et de plus en plus
L'univers m'apparaît
Comme une membrane
Qui me renferme
Dans un tout organique
Et il faudra percer
Le plafond
Pour respirer
En un geste ultime
Inspiré
Par une pulsion de vie.
Où se situe, femme,
Cette matrice de mots
Dans ce corps
Racine de l'arbre
Qui s'élève
Fleurit et porte
Fruit.
Où se situe, femme
Cette matrice de mots
D'où tu as tiré
Tes plus beaux éclats
Au front du sentiment
Et de la pensée
Où se situe, femme
Ta matrice verbale
Qui transforme
Transmue
Et transfigure
Toute perception
Qu'elle soit de l'oeil
Du toucher
Ou de l'oreille
Où se situe, femme
Ta matrice verbale
D'où naît un langage
Qui transgresse tout.
Nos corps
Etaient prophètes
Car ils se sont façonnés
Longtemps à l'avance
L'un pour l'autre
Et unis
Ils sont devenus
Comme un immense
Calice de fleur
Venu d'ailleurs
Et tout de même
Intimement nôtre
Nos corps
Etaient prophètes.
Dans une troisième partie de cet hommage j'évoquerai encore quelques ouvrages du poète consacrés aux endroits préférés de sa ville bien aimée de Bruxelles, dont il fut un chantre inspiré:
Successivement:
Apparuit humanitas Dei nostri, 12 méditations poétiques sur le Sablon. Grand et Noble Serment des arbalétriers au Sablon, Bruxelles, 1981.
Méditation à propos d'une cathédrale, Les Elytres, 1990.
Au Sablon, Notre-Dame-Au-Sablon, Les Elytres, 1990.
Hors les murs, Notre-Dame de la Chapelle, poèmes. Les Elytres, Bruxelles, 1996.
A suivre donc avec bien d'autres évocations de son oeuvre et de sa personnalité.
30.12.2011
Les Belles Phrases
Blog d’Eric Allard
LYRISME COSMIQUE / Salvatore Gucciardo
Éditions ASTRO. Préface de Michel Bénard. Illustrations de l’auteur.
On le sait moins, le peintre Salvatore Gucciardo est aussi poète. Dans LYRISME COSMIQUE, son narrateur entonne un chant d’amour maternel au cosmos (avec référence au « vagin de l’espace », à la « matrice de l’univers »), relevant les signes d’union, souvent rompus, entre l’homme et la matière, n’ayant de cesse tout au long du voyage dans l’espace-temps auquel il nous entraîne de renouer le lien défait, la primitive alliance.
C’est par le rêve qu’il s’éveille aux sens afin, vite, de baigner dans « l’harmonie substantielle ». Où il puise énergie et lumière pour affronter les épreuves et atteindre à la connaissance de la connaissance, l’essence du savoir. Tout est comm-ensemencement, fertilité infinie dans ces plaines primales aux « poussées maritimes ». Dans ce qui apparaît parfois comme une mare de sens, à force d’amour, en route vers « l’orgasme suprême », le rêveur fait provision de fluides ; il s’ouvre au grand tout, découvrant au terme de cette débauche l’apaisement propre à poursuivre son métier d’homme...
Tu enfourches les chevaux d’écume pour te substituer à l’essence de l’eau.
Pareillement à ces entités biologiques qui changent de forme pour évoluer, le narrateur se retrouve à la fois dans le « je » et le « tu » du poème, comme s’il faisait dialoguer jusqu’à l’indistinction objet et reflet, corps et espace, eau et feu. « L’univers est mon esprit, mon esprit est univers. » de Lu Kiu-Yuan est une des phrases mises en exergue au recueil.
Sa course forcée vers le futur est freinée par le passé, elle se veut aussi une marche d’oubli, dans sa tentative de fuir trop de violences accumulées, de conformations manquées.
Je m’enivre de la Voie lactée pour oublier la braise.
Parfois c'est le « nous » qui se substitue aux deux premières personnes pour donner plus d'universalité au propos. Et en relevant notre pauvreté d’âme, le texte nous renvoie aux efforts que nous avons à fournir pour donner à nos espérances comme à nos remords la dimension de l’univers, et ainsi pouvoir faire retour sur l’innocence. Ce que l’homme ne peut plus tenter au plan individuel, il doit le confronter à l’échelle cosmique. Tout cela ne s’apparente pas à une théorie fumeuse qui ferait fi des obstacles de l’existence ordinaire pour nous faire miroiter des paradis artificiels, non de ce monde. Car le texte pointe l’insignifiance et l’impuissance de l’être, le mystère propre aux formes du vivant, la force des silences, en faisant reposer les appuis du futur sur des bases sensorielles, en montrant que le sort du monde se joue autour de vides, d'absences, d’interrogations sans fin...
Une fois de plus le poète entre en communion avec les éléments, il collecte des visions, balise ses trouvailles, « fixe des vertiges », rend hommage. C’est peu avant le retour symbolique à l’âge d’or où temps et émois, vie et mémoire, verbe et être ne font plus qu’un : l’acte d’amour est geste de retour vers l’origine, ancrage au réel. Foin du rêve, vient le temps aérien où « emportés par nos racines, nous peuplons la terre d’oiseaux migrateurs », où à nouveau « le soleil éclabousse l’épi de blé ». Revient l’ère de l’espoir, du partage - des expériences et des sensations, de « la renaissance de l’homme ». Des lueurs scintillent au loin, pour des spectacles horribles encore, mais qu’on devine derrière nous ou, du moins, évitables. Si « L’âme est un labyrinthe », comme il est rappelé, et les chemins innombrables, assurément « le puzzle planétaire masque un souci d’harmonie ».
À la fin du voyage, du texte, on comprend que le périple suivi peut aussi bien s’être produit dans un corps pour accéder à la lumière que dans un espace peuplé de spectres pour dévoiler une conscience. Cela ne s’est pas créé ex nihilo mais en relation avec l'histoire de l’univers depuis la première explosion de particules: « L’image du Big bang » est « un film de turbulence dans les gènes de l’homme ».
On le voit, toutes ces notions existentielles, portées par divers locuteurs, peuvent s’appréhender de diverses manières, ainsi qu’on chemine dans un labyrinthe en étant seulement sûr que, lorsqu’on aura atteint la sortie, on se persuadera qu’on a emprunté le bon parcours, qu’on a tiré le bon fil. Et que ce qu’on a vu, pensé, dit, ce dont on s’est remémoré participe tout autant du prodige de la délivrance.
Le poète, ici, comme dans sa peinture, fait par ses images fortes voir ce que chacun tient caché à l’ombre du langage, dans les brumes de l’être en attente de clairière.
Enfin, ces mots qu’on peut lire à la fin du Journal de Paul Klee, Salvatore Gucciardo pourrait les faire siens : « Le terrestre le cède chez moi à la pensée cosmique. Mon amour est lointain et religieux.(...) J’occupe un point reculé, originel de la Création, à partir duquel je présuppose des formules propres à l’homme, à l’animal, au végétal, au minéral et aux éléments, à l’ensemble des forces cycliques. Des milliers de questions cessent comme si elles étaient résolues. Là ni doctrine ni hérésie. Les possibilités sont infinies, et la foi en elles vit, en moi, créatrice. »
Éric Allard
Le site de Salvatore Gucciardo:
http://www.salvatoregucciardo.com/
Ta main
Des petits riens qui comptaient tellement… Un mot, un regard, une caresse, un baiser… ta main. Ta main, surtout.
Où es-tu ?
Qui va veiller sur moi à présent ? Sur quelle épaule poserai-je la tête quand j’ai du vague à l’âme ? À qui confierai-je mes espoirs, mes attentes ? J’ai peur d’oublier ton visage, ta voix. Ne s’estomperont-ils pas au fil des mois ?
On prétend que le temps efface les douleurs, qu’il apaise. Je ne suis pas certaine de vouloir ça. Il me semble qu’au contraire, je désire tout garder en moi.
Je ne t’ai pas révélé ce que j’avais envie de te dire. Je pensais : « Demain ou après, rien ne presse vraiment… » Je me suis trompée, et maintenant, c’est trop tard. Je saurai désormais qu’il ne faut jamais reporter au lendemain ce qu’on peut faire, ou plutôt dire, le jour-même, quand ceux que l’on aime sont encore là pour recevoir vos aveux, vos déclarations.
Je suis seule. Assise à la table de la cuisine, j’écoute le silence. Lourd. Il y a le tic-tac de l’horloge pour donner un semblant de vie à la pièce, mais je refuse de l’entendre, puisque chaque seconde qui passe m’éloigne un peu plus de l’instant où j’ai appris que tu ne serais jamais plus là. Du moins, de l’instant juste avant, quand je ne savais pas encore ou plutôt que je feignais de ne pas croire que cela arriverait, fatalement. Instant précis auquel je m’accroche farouchement en éludant la suite : appel, explications, et puis cette douleur fulgurante qui m’a pliée en deux.
Juste avant le coup de fil, peut-être souriais-je en pensant aux projets de la journée.
Je suis rentrée avant-hier, triste de te laisser, mais heureuse à l’idée de retrouver ma famille, la maison, les chats.
Lorsque le téléphone a sonné et que j’ai décroché, j’ai reconnu la voix de ta sœur, et j’ai su immédiatement ce qu’elle allait m’annoncer.
– C’est fini, a-t-elle dit d’une voix éteinte.
Elle m’a expliqué que tu t’étais éteinte durant ton sommeil, que le corps médical affirmait que tu ne t’étais rendu compte de rien. J’ai eu envie de lui crier de se taire. Que rien n’était vrai! Que tu savais ce qui t’attendait et que si tu n’avais rien dit, c’était dans l’unique but de nous protéger. Je n’en ai rien fait, bien sûr. Je ne pouvais pas la peiner davantage. Elle a été tellement présente, ces dernières semaines.
– Je prends la route demain matin… ai-je répondu. Je serai là en fin d’après-midi.
Après avoir raccroché, j’ai enfoui mon visage dans mes mains. Je n’ai pas pleuré. Pas encore. J’avais trop mal. Les plus grandes souffrances retiennent les larmes.
Je fouille ma mémoire. Quels ont été tes derniers mots ? Tes derniers gestes ? Tu as dû essayer de me serrer dans tes bras en me souhaitant bonne route, me remercier d’avoir passé deux semaines auprès de toi… Je ne sais plus exactement. J’ai beau me creuser, je ne me rappelle pas. J’imagine que je t’ai regardée et ai souri avant de m’éloigner.
Hier, je t’ai envoyé quelques messages sur ton portable auxquels tu n’as pas répondu. J’ai aussi appelé sur le fixe, mais là non plus, je n’ai reçu aucune réponse…
Pourquoi suis-je rentrée ? Je n’aurais pas dû partir. Je le devais pourtant, à cause des enfants que je ne pouvais pas priver trop longtemps de ma présence. Tu me crois, n’est-ce pas ?
Il fait très beau, aujourd’hui. C’est un magnifique matin d’été. Dehors, les cigales stridulent, accompagnées par le chant particulier du mistral. J’aimais tellement entendre leur musique, avant… Hier encore… Maintenant, ce n’est plus pareil. Je les déteste en raison du trop-plein de vie qu’ils dégagent…
J’ai envie de me boucher les oreilles, de m’enfermer dans ton silence. J’avale une gorgée de café. Il est froid, à mon instar. Je repose la tasse sans bruit. Les chats ont sauté sur la table, se sont lovés contre moi. Ils sentent ma souffrance à fleur de peau et cherchent à m’apaiser de leurs ronrons, en vain. Les douleurs psychologiques sont les pires à gommer.
Je pense à toi. À ton passé, à ta jeunesse… et aux derniers temps, forcément.
Les ultimes images de toi sont terribles, affreuses ; tu étais devenue une autre, et j’avais du mal à te reconnaître. Il en est pourtant une dont la réminiscence atténue l’horreur des autres : celle de tes mains restées si belles jusqu’à la fin. Je les contemplais, reposées sur le drap, délicates, diaphanes… Dès que j’entrais dans la chambre pour m’asseoir près de toi, l’une d’elles enserrait la mienne pour tenter de réchauffer mes doigts transis. Tu ne voulais pas que j’aie froid. Toutefois, je ne parvenais pas à me réchauffer, parce que mon cœur était déjà en hiver.
Tandis que mes doigts s’ancraient dans ta paume, mes yeux caressaient ton visage fané, torturé, suppliant tes prunelles dans lesquelles le bleu profond avait pâli au cours des dernières semaines. Ils les imploraient de ne pas s’éteindre tout à fait, d’attendre encore un peu. En même temps, je savais que je n’avais pas le droit de te demander une telle chose. Tu avais tant lutté et tu n’en pouvais plus de tous ces jours de bataille permanente contre un adversaire aussi implacable qu’invincible ; tu méritais de te reposer, enfin.
Je te berçais, te maternais. Nous avions échangé les rôles : tu étais ma fille, et moi, ta mère.
Régulièrement, ton esprit s’évadait. Tu oubliais l’endroit où tu te trouvais. Tu te croyais chez toi. Il t’arrivait même de te fâcher parce que tu ne comprenais pas pourquoi je refusais de pousser ton fauteuil devant la baie vitrée afin que tu puisses contempler les oiseaux… Les premières fois, je n’avais pas compris ce qui t’arrivait et je m’obstinais à te répliquer que tu n’étais pas dans ton appartement… Lorsque j’ai appris que ces hallucinations résultaient d’effets secondaires liés à certains médicaments, je n’ai plus cherché à te contrarier. Tu pensais voir un chien dans le couloir ? Je hochais la tête. Tu me demandais pourquoi j’avais changé le lustre de place ? J’élucidais la question et attendais que tu parles d’autre chose. Quand la raison te revenait et que tu te rappelais enfin où tu étais, je répondais doucement, afin de te réconforter : « Demain… sans doute, tu rentreras. » Si tu fronçais soudain les sourcils, haussais les épaules d’un air excédé et te mettais à bouder, quelques instants plus tard, tu avais tout occulté. Alors tu te mettais à sourire en me pressant plus fort les doigts, et moi, je fixais ta main menue qui me broyait le cœur, ta main restée si belle, Maman, si belle, jusqu’à la fin.
C’est à elle que je pense, c’est elle que je regarderai demain et que je presserai très fort, quand j’entrerai dans la pièce où tu es sans y être.
Le chat botté, dort , blotti près de la cheminée
La musique et les livres sont des compagnons précieux
Toujours la tendresse et quelques pitreries
Dérident la journée ...
Je vais sortir
Le temps est gris aujourd'hui
Il faut l'égayer d'une écharpe légère
Une écharpe de pensées soleil
Puisée dans tes yeux clairs
Cette image que l'on dessine
Qui perdure dans le temps
Etait-ce bien la bonne
Ou juste un faux-semblant?
Poursuivi de chimère
A travers tous les vents
L'homme en perd son mystère
Mais qu'est-il donc vraiment?
Aux tréfonds de tout être
Dans l'essence de la vie
L'être ou bien le paraître
Quelle était donc l'envie?
Car ce qui rend unique
Souvent reste inconnu...
Mais ce qui est tragique
C'est la quête d'absolu!
J.G.
Voici ma pensée du jour suite au tableau volé et retrouvé de notre peintre national Magritte : "L'art de peindre est un art de penser, dont l'existence souligne l'importance du rôle tenu dans la vie par les yeux du corps humain; le sens de la vue étant en effet le seul qui soit intéressé par un tableau" R. Magritte
Le grand sage
Sur la cime d’une immense montagne vivait un sage qui avait le don de parler avec les animaux. Un jour, soucieux de savoir ce qui se passait avec les gens sur la Terre, il convoqua quelques animaux sous un énorme chêne. L’aigle fut invité, de même que le perroquet, le hibou, le paon, le quetzal, la mouette, le lapin et, enfin, la souris.
« Mes amis, … », leur dit-il : « … je vous ai fait venir au sommet de cette montagne, qui est aussi la vôtre, pour m’aider à réfléchir et à trouver une solution aux maux dont souffrent les humains de nos jours. Descendez donc sur les terres basses et essayez de vivre trente-trois jours parmi eux. Choisissez différentes personnes. Vivez avec elles, car c’est la seule façon de réellement connaître leurs problèmes et leurs motivations. »
Le ver à soie et la fourmi n’avaient pas été convoqués spécialement, mais, se trouvant tous deux par hasard sous le grand chêne, ils voulurent faire partie du projet. Ce qui fut accepté. Ils se mirent donc tous d’accord pour accomplir ce travail et retourner au bout des trente-trois jours pour faire un rapport de leurs expériences et des faits observés.
Au bout du temps prévu, tous se réunirent à nouveau sous le grand chêne.
Le premier à parler fut l’aigle : « Les humains sont très impatients et leur musique est si bruyante que la première fois que j’ai entendu ce vacarme, je me suis envolé, tellement j’ai eu peur. Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que j’ai vécu. »
Le ver à soie s’écria aussitôt : « Ce sont des monstres! Ils ne savent pas ce qu’est l’amour. »
Pour sa part, la fourmi raconta ceci : « Ils vivent à un rythme beaucoup trop rapide. Par ailleurs, j’ai remarqué que les enfants sont souvent plus intelligents que les adultes. C’est un monde bizarre où il y a beaucoup de difficultés. »
Le quetzal enchérit : « J’ai observé un grand manque de foi et de patriotisme. »
La souris ajouta : « Moi, j’ai découvert un horrible monstre nommé télévision. Ce dernier ne parle que de meurtres, de guerres, d’armes nucléaires, d’enfants volés et du choléra qui s’étend partout! Et ce monstre ne se tait jamais! »
Son tour venu, le lapin dit ceci : « J’ai vu que les grands-parents sont seuls et tristes. Ils ont besoin de tant d’amour! Ils aimeraient finir leurs jours avec leurs êtres chers, répandant tout l’amour dont ils sont capables. Mais, par manque de tolérance et d’amour, leurs familles les laissent dans des asiles. Très souvent, ils les abandonnent là, sans même les visiter. Leur famille ne se souvient plus d’eux. Il y a même des grands-parents qui meurent dans la froideur d’une chambre solitaire, ajouta-t-il. »
La mouette, elle, était bien placée pour rapporter ce qu’elle avait vu du haut du ciel : « J’ai vu comment les grandes mers deviennent des rivières et comment les fleuves ont disparu à cause de l’irresponsabilité des hommes. Ces derniers ont coupé les arbres des forêts, cédant ainsi la place à l’érosion, provoquant la disparition de maintes espèces végétales et animales. Les conséquences sont tragiques! Cela a amené un manque d’eau potable, de la sécheresse et un manque de ressources alimentaires. La pollution, toujours plus présente, ne cesse de faire des ravages. De fait, la vie sur la planète Terre pourrait bien disparaître si rien n’est fait pour arrêter cette hécatombe. »
Le paon vint se plaindre : « Regardez comment ils m’ont laissé : ils ont arraché toutes mes superbes plumes, jusqu’à la dernière. Et, si je ne m’étais pas enfui, j’aurais fini comme nourriture dans leur assiette. »
Au perroquet de s’agiter et de demander le droit de parole. Ce dernier semblait euphorique et s’empressa à raconter son expérience : « Eh bien, voyez-vous, pour moi, ce fut une expérience sensationnelle! Les gens sont “super cool” ! »
Tout ce petit monde fut bien surpris d’entendre un tel rapport venant du perroquet. Tous le supplièrent de préciser ses propos. Celui-ci se mit alors à chanter et à se tortiller en dansant : « Guantanamera, Guajira Guantanamera, Gauntameeera, Guajira Guantameraaaaaaa! Azúcar, azúcar! Las caleças son como las flores. Salsa! Salsa qué ritmo, qué ritmo! »
Le Hibou, lui, avança ceci : « Je n’ai vue que des gens qui dorment toujours. Et, quand le jour se levait, j’étais tellement fatigué que je ne pouvais pas attendre davantage pour aller moi-même dormir. Je n’ai donc jamais vu les humains durant le jour. Je me demande si ces derniers ne passent leur temps qu’à dormir. »
Le sage se mit à pleurer après avoir écouté tous les rapports et il leur dit ceci : « Hormis les critiques, qu’avez-vous fait pour les humains? Leur avez-vous donné un tout petit peu d’amour? Leur avez-vous enseigné quelque chose? » À ces questions, tous sont demeurés muets, la honte les empêchant de souffler le moindre mot.
« Mes petits amis si nobles! Voyez-vous, il n’est pas important de voir les défauts d’autrui, ni de les condamner. Vous auriez voulu aider les hommes, j’en suis persuadé. Cependant, vous avez manqué de sagesse. », leur dit le sage
Il conclut ainsi : « N’oubliez jamais d’écouter et d’aider sans condition, de parler avec sincérité, de corriger sans offenser, de partager avec honnêteté et d’enseigner avec humilité. C’est ainsi que l’on se rapprochera un peu plus de Dieu et que l’on pourra apporter un peu de paix dans le monde. Le bonheur sera alors une réalité sur Terre. »
fin
Auteure - Gladys Carrillo- droits d,auteur enregistre.
"Dans ce recueil Mylène Vignon rend hommage à une Marie-Madeleine adombrée, dans l'intimité d'une conversation silencieuse"...
"Nouer une relation avec Marie de Magdala relève de cette intimité que peu de femmes ont osée au risque de paraître
hors normes. Pourtant Mylène Vignon connaît Maria de Magdala comme, ai-je presque envie de dire, elle se connaît
elle-même . Entre l'auteure et Maria de Magda, il y a comme une jumellité pressentie. Dialogues du silence,
c'est aussi dialogues de femmes durant lesquels Marie n'est jamais idéalisée et fait figure de confidente dans
l'intérieurité de l'auteure. Jamais un tel livre n'a encore été écrit avec cette simplicité à la fois limpide et tellement
profonde. Marie de Magdala nous apparaît alors femme énergisante et " vivante dans le coeur de tous ceux qui l'aiment",témoignant avec ferveur de notre part de sacrée"

...
Elle apparaît à mes côtés,
parfois devant, parfois derrière,
mimant mes gestes exactement.
...
Moi, je l’oublie le plus souvent,
quand je joue avec mes amis.
Eux aussi traînent leur sosie.
...
Elégantes et un peu pareilles,
nos ombres s’amusent entre elles,
quand il fait trés beau seulement
...
Mon ombre n'aime pas la pluie,
C'est mon amie la plus fidèle,
Elle m’a choisi pour modèle.
...
A l'occasion de cette nouvelle année, j'aimerais vous faire partager les belles expériences de l'équipe de jeunes scientifiques belges de la Station Princesse Elisabeth (1400 m d'altitude), à Nunatak Utsteinen, Montagnes Sor Rondane, dans le Territoire de la Reine Maud, en Antarctique oriental (71°57' Sud - 23°20' Est). Leur blog :
blog: http://blogs.rtl.be/aventureaupolesud/
Après avoir subi les aléas du sort,
Certains n’accordent pas de réelle importance
À ce qui leur advient, même les jours de chance.
Las et désenchantés, ils ne font plus d’efforts.
...
En accueillant l’indifférence, on croit souvent,
Qu’à force d’essayer, on est devenu sage.
On ne s’arrête plus à l’envie d’un voyage,
On se laisse porter où mène le courant.
...
Être sage n’est pas se sentir insensible.
Mais lucide, à l’écoute, se voulant positif,
Prêt à intervenir, en restant objectif,
Si cela peut sembler nécessaire et possible.
...
L’âme peut conserver le goût de l'allégresse
Et ne pas s’alourdir, comme le fait le corps.
Il faut la protéger du regrettable tort
Que crée l’indifférence, au temps de la vieillesse.
4 janvier 20012
« Toute biographie est destructrice, subversive ; elle refait à rebours la route conquise pas à pas par chaque homme en sa vie ; il faut laisser à la police ce genre littéraire » Armand Robin
LE NOUVEL AN DU TEMPS QUI PASSE
"Temps qui passe
N'a cure d'un nouvel an
Temps trébuche et trépasse Tout le temps
Temps renaît à chaque instant Dans l'espace du sable du temps
Temps beau Temps laid Visages des humeurs d'antan
Ne sont que sourires ou grimaces
Du même temps fugace
S'envolant sur les ailes
Du vent
Mais toi qui sait arrêter le temps Même s'il avance tout le temps Habille-le d'espace
Et de rêve
Fais-le marcher
A ta manière
Avec les béquilles de l'arbre-poète Les fragrances des roses-sœurs
Les rires francs des frères-m'as-tu-vu Le souffle de la maman-alizée
Les baisers du papa-donne-des-bizous L'amour des enfants-perce-neiges
Qui naissent dans le nid de l'espérance A chaque instant vers l'au-delà."
Jean Botquin (auteur belge)
Convalescence de l'écriture,
partance, errance, plus aucun sens,
résurgence d'une enfance violente,
sombre et courte.
Mots perdus.
Larmes plein le ventre,
le cœur en métal lourd,
précieux pourtant,
incandescent, inaudible, captif.
Brûlure, solitude ;
indévoilable secret !
Ombre et boucles blondes mêlées,
réminiscence, absence .
Tes yeux tombés, fermés,
par les autres oubliés,
par les miens célébrés, réapprivoisés.
Tu me contemples de ton céleste sommet,
extrêmement bleu ;
il neige alors des mots tout chauds,
berceurs, cajoleurs ;
douceur et luminosité de l'hiver,
pull-over tout en peau, en chair,
sur mesure grâce à toi.
Pour moi.
Puis reviennent les mots tout doucement ;
balbutiements d'abord,
puis chant limpide, fluide,
don d'une vie, de la transparence d'un sang.
Ecriture.
Confortablement instalée,
immobile dans le silence,
face à ma rue ensoleillée,
je vois les érables géants,
leurs ombres à peine déformées,
sur le macadam argenté.
...
De hautes tiges se balancent,
amputées de leurs ornements,
splendides fleurs de feu, éteintes,
après une seule journée;
mais cent bourgeons sont près d’éclore.
Mon jardin me surprend, l’été.
...
L’écran céleste, privé d’images,
va prochainement s’animer,
m’ébouir et m'émerveiller,
me combler d’émois indicibles.
...
Ô la grâce de ne rien faire,
de savourer la liberté!
...
26 juillet 2000