A perte de vue brûle le désespoir,
D’un jaune éperdu de la virginité,
De son étoffe d’or tordue par un guipoir,*
Pour ramper discrète en toute impunité.
L’aride Tiniri* offre ses barkhanes,*
Au jeu des alizés et du sec Harmattan,*
Pour mener ses croissants et livrer leurs arcanes,
Aux maîtres du désert et autres habitants.
Pour effrayer les gens, sans être troubadours,
Les djinns joyeux parfois font chanter les dunes,
Qui s’éveillent alors mugissant leurs tambours,
Au rythme de la peur qui va de l’autre à l’une.
Jardin des mirages des mille et une nuits,
Il cache ses trésors sous ses plages sans fin,
Tandis que l’océan du ciel bleu de l’ennui,
Aspire la moiteur blottie dans le sol fin.
Gourmande de chaleur, de vent et de soleil,
L’eau s’élance à l’assaut pour s’étourdir dans l’air,
Tirant ses gouttes sœurs de leur demi-sommeil,
Pour sculpter le sable de roses couleur chair.
Cristaux de gypse miel, emmêlés de poussières,
Granuleuses du sol enrobé pour guiper,
Des pétales durcis aux paillettes rosières,
Poussant dans le secret des jardins d’or drapés.
Claudine QUERTINMONT D’ANDERLUES.
*TINIRI : Le Sahara (en arabe) est, donc le nom donné à une région désertique de l’Afrique, mais de son vrai nom TINIRI en langue autochtone qui est la langue berbère.
*Guipoir : outil servant à guiper, à faire des broderies à mailles larges. GUIPER
Terme de métier. Guiper la frange, faire des franges torses, comme font les passementiers et les rubaniers, en les attachant d'un côté et les tordant de l'autre, avec l'instrument qui se nomme guipoir.
Imiter sur le vélin, ou par une broderie, la dentelle appelée guipure.
*Barkhanes : dunes en croissant.
*Harmattan : vent sec.