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La Poésie doit-elle être intelligente ?

Chroniques du chemin 

 

On sait bien que,  en tant que musicien rentré, j'aime marcher avec vous sur un chemin prioritairement musical.

Aussi,  après Mozart lors d'une première promenade sur nos chemins de dialogue, j'aimerais évoquer Boulez.

Il n'est pas injurieux d'affirmer que, remarquable chef d'orchestre,  musicien qu'on aime ou pas, Boulez fut aussi un chef d'entreprise, sinon de guerre. Sorti tout armé dans un tank de son bunker IRCAM, escorté de para-commandos tel Stockhausen ou de jeunes chevau-légers extasiés et déjà oubliés, appuyé par les expériences de John Cage,  Boulez, en bon autoritaire, a fait table rase de tous ceux qui osaient, plus ou moins activement, contester son leadership. Exit Sibélius (« le plus mauvais musicien du monde »), Poulenc, Taillefère, Ibert.  Ecrabouillé, Berlioz excepté, ce « hideux » XIX è siècle français. Stravinsky traité de décadent dans sa production d'après 1913, Jolivet rebaptisé « jolinavet », etc... Dans ce paysage dévasté furent seuls tolérés Messiaen et Dutilleux, trop forts sans doute pour être les proies de l'aigle de Montbrison.

La poésie des années soixante-septante a elle aussi connu ces razzias. Bien abrités dans des bunkers universitaires, protégés par des éditeurs « modernes », réchauffés dans l'utérus des colloques et séminaires, biberonnés par la presse spécialisée, les poètes de cette école, dignes successeurs de l'Ecolier limousin, ont trouvé sur leur chemin quelques grands rires rabelaisiens- celui de Norge, de Tardieu de Desnos ou, plus ricanant, de Péret ou Vian, qui les ont piteusement désarmés.

Et c'est là, à mon sens, la question essentielle posée à la poésie contemporaine : le poète doit-il être intelligent ? Et d'abord, qu'est-ce que l'intelligence en poésie ? Gardons-nous de la confondre avec le savoir. «La môme néant» de Tardieu, les fabuleux poèmes en prose de Norge, les réflexions de Thiry sur la peine de vieillir, les rêves transcrits du Desnos adolescent, tout cela, à côté de quelques autres, ne constitue-t-il pas l'essence profonde et « intelligente » de la manière poétique d'être au monde ? Quand Supervielle évoque l'oublieuse mémoire ou la mort, relais où l'âme change de chevaux, n'est-il pas bien plus « intelligent » que  cette foule de poètes « blancs », du non-dit et de l'aléatoire ?

Qu'on me comprenne bien : je préfère de loin une poésie mystérieuse, voire obscure, à cette « poésie du quotidien » qui fait parler les égouts et les bicyclettes. Mais j'aime que cette obscurité corresponde à une nécessité intérieure sans faille (comme chez Reverdy) et non à une pause intellectualiste.

Ce n'est pas dans la déconstruction du langage que se trouve le secret de la poésie contemporaine, sous peine de se ghettoïser, mais dans la tentative rimbaldienne de reconstruire, par une active méditation, un monde intérieur perçu comme éclaté.

Mais vous n'êtes pas obligés d'être de mon avis : peut être, plus intelligents que moi, préférez-vous les séminaires poétiques obscurs au chant nocturne du rossignol ?

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Une fonction qui m'émerveille

Notre mémoire arrache au temps

Qui balaie et ensevelit

Ce qui lui parait important;

Elle tempère ou embellit.

Alors que nous suivons la route,

Où le destin nous fait aller,

Parfois soucieux, en déroute,

Des émois peuvent dévaler.

La nostalgie nous envahit

Si des causes de joie renaissent

Mais quand un manque est ressenti,

Il peut causer de la tristesse.

Certains ont la mémoire courte

Ils ont préféré occulter

Ce qui les encombrait sans doute;

Une étonnante faculté.

Or moi, je bénis la nature

Qui donne à chacun le pouvoir,

Tout au long de son aventure,

De sauver émois et savoir.

8 septembre 2008

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administrateur théâtres

Samedi 11 mai, 23h.

En attendant le verdict du jury, les spectateurs restés dans la salle ont eu l’honneur d’assister à un Bord de Scène inédit. C’est la  Reine Fabiola en personne qui préside. Tout sourires, galvanisée par la rencontre musicale des six derniers candidats de la DERNIERE SOIREE DE LA PREMIERE EPREUVE du CONCOURS REINE ELISABETH 2013, elle a quitté sa place au premier rang où elle était assise aux côtés de Jean-Pierre de Launoit et s’installe très décontractée, appuyée sur le bord de scène pour  échanger ses impressions et discuter avec les membres du jury.

Vers minuit, le jury monte sur scène pour proclamer les demi-finalistes. Le président s’adresse à la Reine pour la remercier de la fidélité de son  soutien bienveillant et salue l’ensemble des  63  jeunes candidats (au départ ils étaient 283 de 18 nationalités différentes à avoir envoyé leur DVD) qui ont fait preuve de qualités artistiques exceptionnelles et  dont il faut saluer à la fois, le courage, l’endurance et  l’excellence.

Les demi-finalistes sont cités dans l’ordre de leurs prestations du lundi après-midi au samedi soir:

Zhang Zuo (Chine, 23 ans)
Yannick Van de Velde (Belgique, 23 ans)
Mikhail Berestnev (Russie, 25 ans)
Joo Hyeon Park (Corée, 24 ans)
Lu Shen (Chine, 27 ans)
Tatiana Chernichka (Russie, 28 ans)
Joon Kim (Corée, 30 ans)
Rémi Geniet (France, 20 ans)
Roope Gröndahl (Finlande, 23 ans)
Sasha Grynyuk (Ukraine, 30 ans)
Stanislav Khristenko (Russie, 28 ans)
Boris Giltburg (Israël, 28 ans)
Yuntian Liu (Chine, 23 ans)
Andrew Tyson (USA, 26 ans)
Yedam Kim (Corée, 25 ans)
Jianing Kong (Chine, 27 ans)
Stephanie Proot (Belgique, 25 ans)
Sangyoung Kil (Corée, 29 ans)
David Fung (Australie/Chine 30 ans)
Yejin Noh (Corée, 27 ans)
Kana Okada (Japon, 22 ans)
Sean Kennard (USA, 29 ans)
Mateusz Borowiak (Grande-Bretagne, 24 ans)
Samson Tsoy (Russie/Corée, 24 ans)

 

Order of appearance in the semi-final (piano 2013)

N’ayant pas pu assister à toutes les épreuves de la semaine, nous ne pourrons pas commenter tous les concurrents mais voici les très nombreux coups de cœur!

A commencer par Yannick Van de Velde (Belgique, 23 ans) un musicien dans l’âme au parcours déjà illustre, car il compose également. Ils sont 4 jeunes frères, tous musiciens. Il est coaché de près par son maître, Jean-Claude Vanden Eynden qui depuis son dernier concert (dans le cadre des concerts de l’Orangerie de Seneffe) à la D’Ieteren Gallery , l’a encore fait évoluer de façon spectaculaire. Une autre compatriote belge a elle aussi été sélectionnée : Stephanie Proot (Belgique, 25 ans). Titulaire du 1er Prix, Grand Prix International André Dumortier, elle a le sens de la musique et  un sens dramatique émouvant. Traversée par l’inspiration, armée d’une technique infaillible, elle joue pour elle-même et pour sa rencontre avec le compositeur, juchée sur sa propre chaise de laque noire  Le Choral et Variations de Dutilleux est une merveille d’atmosphères évocatrices. Gloussement, pépiements, trilles, bavardages des marais, le piano joue la célébration du monde vivant et de l’univers poétique. Le paysage sonore tonitruant se pare de grands frissons ou évoque subitement le miroitement des derniers feux du soleil! Elle a su entraîner le spectateur dans un sillage musical grandiose. « Oh temps suspends ton vol ! » loin de l’hostilité du monde réel.

Mikhail Berestnev (Russie, 25 ans) a surpris par son approche à la fois tendre et  vigoureuse du  Prélude et Fugue de Bach (n°20/BWV 889) qu’il a sculpté avec force. Sturm und Drang, il est  une vraie force de la nature dans l’étude (Wilde Jagd) de Liszt où l’on a retrouvé pathos et beauté de la souffrance dans un tempo intense aux dimensions fantastiques. Le musicien a tout donné ! Y compris une exultation solaire à la fin de la Troisième Sonate de Prokofiev.

Mateusz Borowiak (Grande Bretagne-Pologne, 24 ans) a terminé une prestation fougueuse, tonique et sonore  par une splendide interprétation de l’étude op.18/1 de Béla Bartok avec une rythmique accentuée, puissante et diabolique  ... après avoir séduit par un Prélude et fugue (BWV 885) de Bach aux sonorités claquantes et très bien construit.

Tatiana Chernichka (Russie, 28 ans) a opéré une vraie mise à feu (!) avec son entrée en matière hitchcockienne et sa puissante maîtrise dans l’œuvre de Rodion Shchedrin, Basso Ostinato. C’est de la sorcellerie pure, le nez sur le clavier, c’est une poseuse de bombes ! Un docteur Jekyll et Mister Hyde qui présente un nouveau visage fait d’intériorité et de musicalité investie, elle offre une finale éblouissante à son récital en jouant l’étude d’exécution transcendante n°10 de Liszt. Une interprétation enflammée au phrasé impeccable, le visage tendu, impassible et des mains de magie noire qui ne semblent pas appartenir au visage de madone.

David Fung (Australie-Hong Kong 30 ans) , un joyeux compère,  a fait son entrée avec un sourire éblouissant. Son Prélude et fugue (BWV 884) est enlevé avec couleurs à l’appui,  musical et beau.  Le Molto moderato e cantabile de la Sonate op.78 de Schubert a ce qu’il faut de désespérance, de légèreté et de violence et fait penser à un  Sonnenuntergang  spectaculaire et poétique. Couleurs dramatiques qui s’évanouissent dans un silence. Son étude de concert Waldesrauschen de Liszt convoque tous les murmures de la forêt et la sève mélodique  dans une atmosphère fantasmagorique et créative.

Boris Giltburg (Israël, 28 ans) aborde le Prélude et Fugue n°22 de Bach (BWV867) avec une attitude solennelle et déférente. Il y insuffle toute sa sensibilité utilisant un tempo majestueux qui invite à la contemplation.. La Sonate n°32 opus 111 de Beethoven évoque une tendre berceuse  et  l’étude n°5 opus 25 de Chopin caracole entre galops légers et panache, la dernière phrase noble comme une salutation au soleil.  Mais c’est dans la dernière œuvre proposée que le musicien se singularise particulièrement : tel un artisan de génie courbé sur une sculpture difficile, il extrait une série de sons inimitables de son instrument. Ainsi, l’étude-tableau n°6 opus 39 de Rachmaninov  laisse les spectateurs suspendus à  une sorte de halo musical unique en son genre.

Sean Kennard (USA, 29 ans) joue devant la reine Fabiola, le dernier soir. Ses Feux-follets de Liszt résonnant de gloussements, gargouillis et contrastes farceurs sont inimitables. La virtuosité permet à peine de distinguer le ruissellement des notes, à la fin, la fuite des esprits se transforme en pure évanescence. On reste médusé par la technique et le rendu poétique. Mais c’est surtout la Danse macabre d’après Saint-Saëns transcrite par Horowitz qui a emporté l’adhésion du public. L’exécution sérieuse souligne l’aspect sarcastique de l’œuvre. Des mains ensorcelées rivalisent de vitesse et de puissance, les ruptures de tempo renforcent la démence avant un final rugissant mais tellement maîtrisé.  

Stanislav Khristenko (Russie-Ukraine, 28 ans) a débuté le concert de mercredi soir par le Prélude et Fugue n°2 de Bach (BWV847) interprété avec puissance et robustesse … très slave. Son plaisir de jouer est évident et communicatif. La Fantaisie opus 28 de Scriabin termine un récital brillant, intelligent et bien composé.

Kim Joon (Corée, 30 ans) nous a offert un des moments musicaux les plus intenses du mardi soir. A la suite de la fougueuse Tatiana Chernichka, il n’a pas déçu  avec la mise en scène d’une véritable chevauchée de souffrance dans son étude d’exécution transcendante n° 8 de Liszt, Wilde Jagd. Mais il a surtout  acquis le public avec ses très belles variations sur un thème de Paganini de Brahms. Le musicien Coréen dont on aurait pu penser que le Bach était un peu trop maniéré a fait chanter son instrument et fait palpiter l’imaginaire musical du public.

Kim Sangyoug (Corée, 29 ans) La pianiste coréenne du vendredi soir fut applaudie avec véhémence. Le  Prélude et fugue (BWV 892) de  Bach est joué sur une vague ininterrompue d’allégresse. Elle savoure sa musique, insuffle une rythme dansant, joue avec les pianissimos et construit des fils de lumière auxquelles elle accroche des sonorités cristallines. Cela  touche au sublime. Elle pourrait déjà arrêter là. Son étude en sol dièse mineur de Chopin lui met la tête dans les étoiles et elle nous emmène ainsi dans un  firmament où vibrent des hululements intersidéraux… Virtuosité, élasticité, rayonnement, on a baigné dans un univers de nuances et de  douceur.

Kim Yedam (Corée 25 ans) se produisait le jeudi soir commençant son récital par la sonate de Mozart K. 311, un jeu vivant et (vite) enlevé! Ensuite, place au sacré avec le Prélude et Fugue en si bémol mineur ( BWV 867) de Bach. Les bras en arabesques arrondies au-dessus du clavier elle joue l’étude pour arpèges composés de Claude Debussy. Pittoresque et coloré. Les Tierces de Chopin (Etude en sol dièse mineur op. 25 n°6) ne sont que volées inoubliables de pétales de fleurs. Joyeusement spirituelle et passionnée elle se glisse avec feu ibérique  dans un morceau de bravoure espagnol : Triana,  extrait de Iberia II d’Isaac Albeniz. Le public est heureux.  

Lui Yuntian (Chine 26 ans) un des pianistes du mercredi soir. Il joue son Bach (Prélude et Fugue n°3 BWV848) d’un air décidé. Sa brillante virtuosité semble toute naturelle. Il produit des notes claquantes et lumineuses. Ce sera encore gagné ! Une muse imaginaire avec qui il semble converser veille-t-elle sur le musicien chinois? C’est l’impression qu’il donne en jouant l’allegro moderato de la sonate en la majeur de Schubert. La muse disparue dans la dernière mesure, il enchaîne  aussitôt avec quelques mesures d’un Chopin bouillonnant. D’un ton moqueur, c’est Claude Debussy qu’il interprète avec vivacité et grands contrastes de toucher. De l’effleurement au pédalage,  c’est une chevauchée fantastique qui s’élance dans la salle. William Bolcom ( Un Rag infernal)  clôture le concert,  un véritable élixir de malice musicale.

 

Noh Yejin (Corée, 27 ans)  s’empare du Prélude et fugue (BWV 880) dans un  pur esprit de béatitude. Elle jouera, courbée sur le clavier comme si elle attisait patiemment un feu. Magnifique timbre et petit salut discret de remerciement à l’instrument  au dernier accord. La musique est Grâce et Joie. L’artiste écoute les sonorités avec respect. Après la fraîcheur de son Mozart elle s’attaque à Scarbo, Gaspar de la nuit de Ravel  où elle exploite de ses mains vertigineuses les sonorités lugubres, les mugissements en crescendo et lâche un  pied de nez final spirituel. La pianiste termine sur Chopin, radieuse, expansive et généreuse.

Okada Kana (Japon, 22 ans). Une pianiste au jeu félin qui passe de l’esprit baroque du Bach à un Joseph Haydn coulé et guilleret.  L’exécution de  l’étude Feux-Follets de Liszt est ludique et intense. Le tempo tourbillonne et éblouit. Revoilà  le Scarbo de Maurice Ravel paré de touches  spirituelles. A gauche il y a le savant modelage des basses et à droite les notes hautes pulvérisent les aigües. De quoi soulever le samedi après-midi,  la salle de bonheur.

Park Joo Hyeon (Corée, 24 ans) Le sourire du pianiste semble tout de suite habité par la musique du prélude et fugue n. 2 de Bach. Il présente ensuite  le largo de la sonate n. 17 de  Beethoven avec finesse et intelligence, alternant l’aspect méditatif et la passion. On est sous le charme d’accords fermes et cuivrés de chapelets de notes claires et  pour finir de belles notes amorties. Le Coréen se transforme en mousquetaire du piano dans l’étude Paganini n.6 de Liszt. Bravado, coups de chapeau, révérences, jeu scintillant et crépitant, trilles angéliques et final royal! Ce n’est pas fini !  La sonate tragique de Nikolai Medtner nous plonge dans un maelström d’émotions contradictoires évoluant vers un climax enivré de sonorités. Bonheur et souffrance tout à la fois! Impressionnant!

Shen Lu (Chine, 27 ans) nous  a aussi fort impressionnés. Une construction souple et moelleuse de son prélude et fugue n.7 de Bach le conduit vers le ciselage ouvragé du modérato de la sonate en mi majeur de Haydn. Des notes claires, presque transparentes,  une simplicité toute  apparente  et une très belle construction musicale. La pièce de clôture est saisissante.  Il s’agit de  la sonate Choral et Variation de Dutilleux. Une entrée en matière Forte qui enchaîne ensuite évanescence, déferlantes, amoncellements spirituels, arpèges, vocalises et accords fracassants. Quelle résonnance ! une harpe était cachée dans le piano!

Et pour terminer cette promenade avec ces jeunes talents débordants de génie musical, voici le  tout dernier candidat sélectionné pour les demi-finales. Encore une belle révélation parmi  les jeunes candidats qui se sont présentés lors de cette première épreuve. Il s’agit de  

Samson Tsoy (Russie-Corée, 24 ans) C’est l’émotion vive dès ses première pages. Un silence profond unit la salle. Il a choisi  de débuter son récital  avec la Fantaisie op. 77 de Beethoven. Il y module joie et narration, joue avec les mélodies, pique les notes avec humour et grâce. Dans le Joseph Haydn, (L’Allegro moderato de la Sonate Hob XVI :46  ) les sonorités bondissent, les gammes sont étincelantes et volubiles. Tout est coloré, bien charpenté,   tenu et ardent. La finesse de l’architecture musicale n’a d’égale que l’élégance aérienne de l’interprétation. Son  Bach est foisonnant et carillonne. Son Lizst est généreux, large, splendide, … océanique. L’étude en ut mineur de Chopin marque la fin d’une semaine fabuleuse avec des concurrents tous plus engagés les uns que les autres.

 

 Concours Musical International Reine Elisabeth

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Visite à Seneffe...

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La rotonde du château d'argent luit entre mare et ciel

Mosaïque de citronnier
Croisements d'acajou coeur de bois rares

Le concerto de flûtistes masqués ravit l'âme
Toute anxiété s'arrête

Panneaux de soies écrues du lyonnais
Vin doux sous la langue
Dans les cristaux à facettes

Les chocolatières d'argent niellé
Et tous les raffinements des dames en négligé
Font les recettes sucrées des boudoirs

Sous les mousselines ennouées de rubans
les doigts s'égarent quêtant des mains parfumées
Et des jupons indiscrets et la chair tendre des Dames

Tant de soupirs de bien être
Tant de vent dans les sphères
De transparentes sonorités

Mêlent à l'intimité de l'être
La musique du ciel
Et les incandescences de l'été

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Cette journée avait pourtant commencé comme toutes les autres.
Chez Fernand.
Monsieur, Madame, l'un aux fourneaux -ou à la cuve, l'autre au comptoir.

Tôt le matin, arrivage des sacs de pommes de terre - fraîches. Passage des légumes dans la machine à débiter les frites.
Préparation des fricadelles. Filtrage des huiles usées. L'huile de cuisson est toujours fraîche et propre, Fernand y met son point d'honneur.

Midi, deux heures, et puis l'après-midi, au mois de mai.
Car à Bruxelles, il n'y a pas d'heure pour manger des frites. Ou des caricoles.

Madame Fernand, rêve. Elle regarde dehors. Puis s'immobilise.
Comme c'est étrange! Dehors, comme ici, voilà que se répand, en volutes de plus en plus épaisses, une fumée sur la ville.
Noire.

Et l'odeur! une odeur qui brûle, grésille, carbonise, consume, réduit en cendres!
Madame Fernand fixe le vent d'un regard de plus en plus halluciné, des voisins, des commerçants, tout le monde dans la rue court, parle, s'exclame, s'interpelle.

Bruxelles, un après-midi de mai 1967.
Une rumeur gronde, s'amplifie, se déchaîne, s'enchaîne.
Un bruit de mort et de sirènes.
Eclatement.

Le grand magasin "A l'Innovation", rue Neuve, est en feu.
Depuis les mannequins, dans les vitrines, jusqu'aux infimes fleurs et feuillages de chêne, sous les combles.

"A l'Innovation", brasier de l'espérance.
"A l'Innovation", bûcher de mon enfance.

Et pourtant, même cette journée-là, avait commencé comme toutes les autres.

(c) Pivoine Blanche,
Hurtebise, le 17.06.2006.

***

1902 : construction des nouveaux magasins « A l'Innovation », rue Neuve, sur les plans de Victor Horta.
22 mai 1967 : Incendie de «l'Innovation», rue Neuve ; 253 morts ou disparus dont 67 membres du personnel.

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Le mardi 4 juin, je participerai au colloque " Mythes et littérature " organisé par l'UNESCO à l'occasion de la parution de l'essai du Prof. Metka Zupancic (Univ. d'Alabama), " Les écrivaines contemporaines et les mythes. Le remembrement au féminin ", édition Karthala. Plusieurs auteurs dont un des livres est analysé dans cet essai, interviendront lors de la rencontre, notamment et par ordre alphab. : De Clercq Jacqueline, à propos de " Le dit d'Ariane ", Fleutiaux Pierrette (Fr), Guellouz Souâd (Tun), Nys-Masure Colette (Be), Toman Cheryl (USA), Watthee-Delmotte Myriam (Be).

Où ? En l'Hôtel de Massa, siège de la Société des Gens de Lettres (SGDL), 38, rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014 Paris.

Quand ? Le 4 juin 2013, de 14:00 à 17:30. La rencontre sera suivie d'un drink.

Une belle occasion d'allier les charmes parisiens à ceux de textes littéraires ! Au plaisir de vous y rencontrer ! 

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Les médecins de l'âme

Doux ami

Fin de journée, je pense à toi,

Au sentiment qui nous unit,

A la distance qui sépare.

Soudain, l’ennui qui me guettait

Se change en une crainte vague,

Ma sérénité se dissout.

Un érable majestueux,

En sa parure printanière,

M’émeut sans me réconforter.

Un ciel, aux couleurs somptueuses,

Qui se répandent et se marient,

Me fascine sans m’égayer.

Non loin de moi, toujours fidèles,

Des musiciens et des poètes,

Auront le don de m’apaiser.

27/04/1989

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administrateur partenariats

 

Chers membres,

Voici réunies en un billet toutes les images

des montages photo des différents partenariats d'Arts et Lettres

que j'ai eu le grand plaisir d'offrir

aux artistes et aux poètes

depuis la création des partenariats en décembre 2012.

 

 

Au travers des 26 photos s'offrant ici à votre regard,

vous aurez un aperçu du talent des membres du réseau, de la sublimation des œuvres ,

pour la plupart des extraits de peinture, aquarelle, photo,

grâce à la poésie qui acquiert par ce biais une dimension nouvelle.

 

Tous mes remerciements vont à Robert Paul et aux membres

des partenariats pour leur confiance.

 

Liliane Magotte

Administratrice

Partenariats

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Titre du montage

Poème sur peinture

 

 

Poète

 

Peintre

« la nudité « sur « Caresse   du soleil »

J.Gilbert

G.Seyller

« Eau et feu » sur «    Le ballet des Abysses »

S.Dulier

Ch.Roussel

« Sommeil   d’amour » Poème et dessin

J.Diehl

C.Hardenne

« L’arbre de vie »   Peinture et poème

J.Diehl

L.Magotte

« Crépuscule » sur   « Crépuscule »

J.Diehl

L.Magotte

«Avant que l’Hiver ne vienne» sur « Matind’hiver»

J.Diehl

L.Magotte

« Aurore » Peinture et Poème

J.Diehl

L.Magotte

« Cher   Saule » sur « L’Hiver »

R.Terniak

L.Magotte

« Le Bouleau de Vénus » sur » L’arbre vénusien »

R.Terniak

L.Magotte

« Envol »   sur « Florilège RP »

S.Dulier

L.Magotte

« Brasier »   Peinture et poème

Cl.Quertinmont

L.Magotte

« La couleur » sur « Quintescence de la légèreté 

S.Walther-Siksou

L.Magotte

« La couleur   des mots » sur « Le repos »

J.Gilbert

L.Magotte

« Le printemps » Poème et   peinture

Cl.Quertinmont

L.Magotte

« L’arbre de Lumière » sur «   Luminescence »

K.Elhamrani

L.Magotte

« L’attente »Poème   et peinture

J.Diehl-Quertinmont

L.Magotte

« Ecorce de   Vie » sur « Forêt »

S.Dulier

A.Gohy

« Démonia »   sur « Jeune fille gothique »

Cl.Quertinmont

A.Gohy

« L’Hiver » Chanson et   peinture

A.Iliescu

A.Gohy

« Parallèles » sur   « Pivoines »

J.Gilbert

A.Gohy

« Si mémoire se lève » sur   « Lac canadien »

J.Gilbert

A.Gohy

« Une âme » sur   « Bouquet de fleurs »

J.Diehl

Cl.Caretta

« Armageddon » sur « la   dernière note »

Cl.Quertinmont

J.Y.Lebreton

« Phénix Blanc » sur   « Grand glacier »

Cl.Quertinmont

A.Hiar

« Minimes » sur « Le   port des Minimes »

Cl.Quertinmont

Bourgau

« Boursicault » sur   « Ecureuil »

Cl.Quertinmont

J.Nanson

« Chute vespérale » sur   Photo

S.Dulier

R.Terniak

« Naufrage à la brunante »   sur Photo

Cl.Quertinmont

J.Diehl

« Le crépuscule et   l’enfant » sur Photo

F.Vereecken

F.Vereecken

 

 

 


   

Les partenariats

Arts 12272797098?profile=originalLettres

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Coup de coeur

Subit, d’une énergie intense,

Un coup de coeur est un émoi.

Il emplit une âme de joie,

Peut engendrer l’exubérance.

Un coup de coeur est un émoi,

Qui semble une grâce, une chance.

Peut engendrer l’exubérance.

Il se communique parfois.

Qui semble une grâce, une chance.

Rendant certains témoins narquois.

Il se communique parfois,

Sans appel à l’intelligence.

Rendant certains témoins narquois,

Qui conservent ou non le silence.

Sans appel à l’intelligence,

D’autres comprennent cet émoi.

30 janvier 2011

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                   MICHEL BERNARD : QUAND L’ART DANSE SUR LES EAUX

 

Du 02-05 au 19-05-13, LESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous faire découvrir les œuvres de Monsieur MICHEL BERNARD, un peintre d’origine suisse dont le talent se mêle au mérite d’exhumer une technique picturale initiée dans les années ’20 et tombée en désuétude au cours des années ’30, celle de la MATIERE LAPIDAIRE. L’eau est l’élément décisif à sa réalisation. Elle détermine sa viabilité. On la nomme également PEINTURE PAR FLOTTAISON. Elle consiste à préparer la peinture en la plongeant dans un bassin d’eau, à la suite de quoi l’on dépose sur sa surface un film infinitésimal très fragile, extrêmement élastique sur lequel l’artiste élabore les sujets. Ceux-ci peuvent varier dans leur posture au fur et à mesure que la pièce est replongée dans l’eau. Enfin, le film est récupéré sur une surface en toile ou dans un moule pour être coulé en « matière lapidaire », ce qui a pour résultat de donner des effets de cristallisation.

Est-ce là l’œuvre d’un peintre ou celle d’un technicien ? En tout cas, c’est assurément l’œuvre d’un artiste car la technique demeure la servante de son discours pictural à la recherche de l’expression.

Il y a manifestement une adéquation entre cette technique et les sujets qu’elle aborde. Sujets oniriques, baignant à l’intérieur d’une nature qui n’en est déjà plus une mais bien le cœur d’un univers personnel où des arbres squelettiques pour la plupart se dilatent à l’intérieur d’une végétation tout en lianes et en fougères étirées, en suspension programmée par la technique de cristallisation précitée, laquelle « fige » le sujet dans sa dilatation et laisse dans le regard du visiteur le souvenir du passage de l’eau.

 

LE RETOUR (40 x 80 cm – peinture par flottaison sur toile et technique mixte)

 

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s’inscrit dans un jeu de perspective où le volume  est segmenté de traits noirs laissant apparaître en son centre la tête d’un loup. Cette œuvre se veut avant tout un manifeste en faveur de la réintroduction de cette espèce dans les forêts.

L’AVENIR EN ROSE (33 x 63 cm – peinture par flottaison sur bois)

 

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est un prétexte à nous offrir une œuvre où l’entrelacs domine dans l’expression de ramages tourmentés, parsemés à l’arrière-plan, par un chromatisme à dominante rose.

Les œuvres de MICHEL BERNARD exposées à l’ESPACE ART GALLERY se caractérisent par ce contraste entre entrelacs torturés et un chromatisme composé de couleurs tendres.

MICHEL BERNARD est un peintre très technique. Bien qu’il ait fréquenté l’Académie de Genève (il fut notamment l’élève de Jean Roll), il a un passé de laborantin. Il a été initié à la peinture précisément par le fils des inventeurs de la « matière lapidaire », ce qui lui permet de composer sa propre chimie pour traiter ses couleurs.

Décidément, ce peintre se situe par son œuvre, au cœur même de la démarche artistique, car il allie l’alchimie du chercheur à la folie de l’artiste.

 

François L. Speranza.

 

 

 

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                   MICHEL BERNARD : QUAND L’ART DANSE SUR LES EAUX

 

Du 02-05 au 19-05-13, LESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous faire découvrir les œuvres de Monsieur MICHEL BERNARD, un peintre d’origine suisse dont le talent se mêle au mérite d’exhumer une technique picturale initiée dans les années ’20 et tombée en désuétude au cours des années ’30, celle de la MATIERE LAPIDAIRE. L’eau est l’élément décisif à sa réalisation. Elle détermine sa viabilité. On la nomme également PEINTURE PAR FLOTTAISON. Elle consiste à préparer la peinture en la plongeant dans un bassin d’eau, à la suite de quoi l’on dépose sur sa surface un film infinitésimal très fragile, extrêmement élastique sur lequel l’artiste élabore les sujets. Ceux-ci peuvent varier dans leur posture au fur et à mesure que la pièce est replongée dans l’eau. Enfin, le film est récupéré sur une surface en toile ou dans un moule pour être coulé en « matière lapidaire », ce qui a pour résultat de donner des effets de cristallisation.

Est-ce là l’œuvre d’un peintre ou celle d’un technicien ? En tout cas, c’est assurément l’œuvre d’un artiste car la technique demeure la servante de son discours pictural à la recherche de l’expression.

Il y a manifestement une adéquation entre cette technique et les sujets qu’elle aborde. Sujets oniriques, baignant à l’intérieur d’une nature qui n’en est déjà plus une mais bien le cœur d’un univers personnel où des arbres squelettiques pour la plupart se dilatent à l’intérieur d’une végétation tout en lianes et en fougères étirées, en suspension programmée par la technique de cristallisation précitée, laquelle « fige » le sujet dans sa dilatation et laisse dans le regard du visiteur le souvenir du passage de l’eau.

 

LE RETOUR (40 x 80 cm – peinture par flottaison sur toile et technique mixte)

 

12272890675?profile=original

 

s’inscrit dans un jeu de perspective où le volume  est segmenté de traits noirs laissant apparaître en son centre la tête d’un loup. Cette œuvre se veut avant tout un manifeste en faveur de la réintroduction de cette espèce dans les forêts.

L’AVENIR EN ROSE (33 x 63 cm – peinture par flottaison sur bois)

 

12272891283?profile=original

 

est un prétexte à nous offrir une œuvre où l’entrelacs domine dans l’expression de ramages tourmentés, parsemés à l’arrière-plan, par un chromatisme à dominante rose.

Les œuvres de MICHEL BERNARD exposées à l’ESPACE ART GALLERY se caractérisent par ce contraste entre entrelacs torturés et un chromatisme composé de couleurs tendres.

MICHEL BERNARD est un peintre très technique. Bien qu’il ait fréquenté l’Académie de Genève (il fut notamment l’élève de Jean Roll), il a un passé de laborantin. Il a été initié à la peinture précisément par le fils des inventeurs de la « matière lapidaire », ce qui lui permet de composer sa propre chimie pour traiter ses couleurs.

Décidément, ce peintre se situe par son œuvre, au cœur même de la démarche artistique, car il allie l’alchimie du chercheur à la folie de l’artiste.

 

François L. Speranza.

 

Arts 
12272797098?profile=originalLettres

 

Peinture par flottaison (procédé breveté)

 

 

N.-B.: 

Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, administrateur général d'Arts et Lettres

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Les roses blanches

C'était un gamin, un gosse de Paris,
Pour famille il n'avait qu' sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis,
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout,
Et le cher bambin tous les dimanche
Lui apportait de belles roses blanches,
Au lieu d'acheter des joujoux
La câlinant bien tendrement,
Il disait en les lui donnant :

"C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aime tant
Va quand je serai grand, j'achèterai au marchand
Toutes ses roses blanches, pour toi jolie maman"

Au printemps dernier, le destin brutal,
Vint frapper la blonde ouvrière
Elle tomba malade et pour l'hôpital,
Le gamin vit partir sa mère
Un matin d'avril parmi les promeneurs
N'ayant plus un sous dans sa poche
Sur un marché tout tremblant le pauvre mioche,
Furtivement vola des fleurs
La marchande l'ayant surpris,
En baissant la tête, il lui dit :
"C'est aujourd'hui dimanche et j'allais voir maman
J'ai pris ces roses blanches elle les aime tant
Sur son petit lit blanc, là-bas elle m'attend
J'ai pris ces roses blanches, pour ma jolie maman"

La marchande émue, doucement lui dit,
"Emporte-les je te les donne"
Elle l'embrassa et l'enfant partit,
Tout rayonnant qu'on le pardonne
Puis à l'hôpital il vint en courant,
Pour offrir les fleurs à sa mère
Mais en le voyant, une infirmière,
Tout bas lui dit "Tu n'as plus de maman"
Et le gamin s'agenouillant dit,
Devant le petit lit blanc :

"C'est aujourd'hui dimanche, tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches, toi qui les aimais tant
Et quand tu t'en iras, au grand jardin là-bas
Toutes ces roses blanches, tu les emporteras"

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Son rouge à lèvres.

12272889878?profile=originalCe que j'ai aperçu en premier, c'est le rouge de ses lèvres et j'en suis encore ébloui.
Je ne voudrais pas en dire plus, je pourrais vous effrayer ! 

Je la trouvais exactement comme je l'aurais dessinée dans mon imaginaire. 
Même un spécialiste en caricature n'aurait pas pu dessiner de pareilles lèvres, si africaine. 
C'était une magnifique surprise pour moi, elle existait vraiment ! 
Ce n'est pas courant que j'en écrive autant. 

 "En vous regardant, chère madame, les mots s'écrivent doucement et l'encre de mon stylo coule librement, je ne puis faire autrement" !
Puis j'ai ouvert les yeux, elle avait disparu ! 

J'ai appris une énorme chose ce jour là, j'avais acquis la capacité de m'effacer dans mes rêves puis de réapparaître. 
Pour moi c'était un cadeau extraordinaire...

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A TOI MA MÈRE;;;

Toi, qui m'as mise au monde en un moment de guerre

En a menée plus d'une pour survivre à tes peurs!

Je garde de cette époque un relent de naguère...

Et je ferme les yeux pour me fondre à ton cœur!

Ce cœur était si grand dans un siècle trop petit!

Se devait de souffrir, c'était inéluctable...

Mais j'aurais tant aimé te donner du répit...

Je n'étais qu'une enfant, au pouvoir misérable!

M'est arrivé parfois de vouloir te combattre

Ton regard malheureux m'y faisait renoncer!

Pour trouver des chemins où je puisse m'ébattre

J'ai cherché des détours plein d'ingéniosité...

Depuis que tu n'es plus, même si toujours tu manques

J'ai compris que l'enfance...n'avait pu exister!

Analysant ma vie à cette lueur démente...

Me console en sachant combien on s'est aimés!

J.G.

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Le mainate amoureux

 

À Mohamed Benyounès

L’oiseau imitateur apprendra, je le sais,

Les mots que les amants murmurent à leur belle,

En oubliant les fous et les atrocités.

 

Il les répétera, ébloui de lumière,

En survolant le port et les bois parfumés.

Le bonheur renaîtra dans le coeur des fidèles.

 


Je me souviens, émue, de l’université,

De ses jardins en fleurs, bordant la haute grille,

Des rires et des rêves des garçons et des filles.



Alger, la blanche, mon élégante tant aimée,

Innombrables points blancs sur le vert des collines,

Avec du bleu au-dessus d’elle et au-dessous.

Ses enfants de demain ne seront exposés

Qu’aux vocables d’amour que la beauté suscite.

La terreur disparue, ils s’épanouiront.

Alors, l’oiseau grisé, devenu amoureux,

Mêlera ses romances à celles des poètes.

Les mères attendries, cesseront de pleurer.

 

11/12/2002

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Voix intérieures

J’ai reçu des parfums, des bouquets, en cadeaux,

Sources de joies intenses mais non renouvelables,

Et des bijoux aussi, des présents adorables,

Des livres importants que j’avais trouvés beaux.

Or, j’ai, à mon insu, changé mes habitudes.

Je me plais à errer en toute liberté,

Pour goûter aux plaisirs qu’offre l’oisiveté,

Et délaisse mes biens avec ingratitude.

Dans la banlieue fleurie, je circule seulette,

Jusqu’aux rives du fleuve où enfin je m’assois.

Là j’éprouve toujours une indicible joie,

Entourée de canards, de pigeons, de mouettes.

Le silence parfait et l’immobilité

Font que viennent souvent des moments d’autrefois,

Ravie, j’entends alors une très chère voix

Qui récite des vers d’une grande beauté.

 

26 mai 2008

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L'éternité dans un souffle

Je suis allé au puits. Dans le pourpre du couchant. J’ai trouvé une femme nue. Qui es-tu femme nue ?
- Je suis ton écriture. Je suis dans tes mots. Je suis un poème. C’est toi qui m’as écrit. Tu ne te souviens pas ?
- Je n’ai plus de mémoire jeune femme. Je veux me replonger dans la profondeur et le silence du puits.
- Tu trouveras la vérité …
Je suis allé près des pierres. Dans le sanglot et la voix. Je suis allé sur le chemin de soi. J’ai trouvé un vieux moine. Qui es-tu vieil homme ? De quelle foi me parles-tu ?
- Je suis ton écriture. Je suis ce poème que tu as perdu. Tu ne te souviens pas ?
- Non je n’ai plus de mémoire vieil homme. Laisse-moi me perdre dans les pierres. Je veux revisiter la source et le don.
- Tu trouveras l’humilité …
Je suis allé près des arbres de mon enfance. Dans le rêve turquoise. Et là j’ai trouvé un grand chêne. Qui es-tu grand chêne ? Et quel langage me parles-tu ?
- Je suis ton écriture et ta frondaison. Je suis la sève de tes mots. Tu ne te souviens pas.
- J’ai une mémoire d’âne et je ne retrouve plus le chemin. Laisse-moi me perdre dans le vitrail des forêts. Je veux retrouver l’enfance.
- Tu trouveras l’innocence …
Je suis allé dans la nuit des mots et l’heure était tardive. J’ai rencontré un nain. Qui es-tu petit homme ? De quelle fin me parles-tu ?
- Je suis la mort me dit le nain. Je suis dans ton écriture depuis l’origine. Tu pensais avoir percé le mystère. Eh bien je suis là devant toi.
- Tu peux passer ton chemin petit nain. J’appartiens au pays de vivants.
- Tu trouveras l’éternité dans un souffle …
 
© Patrick Chemin (2012)   Extrait du livre « Les écrits dans l’arbre » Paru aux Editions Epingle à Nourrice   Le 17 avril 2013 © Droits réservés Editions Epingle à Nourrice
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Ces mots inscrits.

12272889093?profile=originalSur ce mur, ces mots sont tristesse.
Signature d’un individu en détresse.
S’en aller loin, sans laisser d’adresse.
 
Chercher le bonheur autre part.
C’est maintenant et pas plus tard.
Un pays du sud, choisi au hasard.
 
Reconstruire une vie meilleure.
Tenter de trouver le bonheur.
Corps et coeur en chaleur.
 
Dans mon pays chaque matin.
Je vois des gens dans le train.
Exporter leurs grands chagrins.
 
Dans mon pays, le ciel est gris.
On entend souvent des cris. 
Gare du nord, gare du midi.
 
A l’église, à la messe le dimanche.
Mélancolie, point de réjouissance.
Du monde certes, coeur en absence.
S'en aller loin, un autre pays. 
D'autres horizons, loin d'ici. 
Je ne peux plus rester assis. 
 
En Tanzanie, au Ghana, au Kenya ? 
Coté atlantique, côtes de l’Angola ? 
En Afrique, au Burundi, au Rwanda ?
 
Uri babaye, Imana inkurinde.
(Tu es triste, que Dieu te protège. en kinyarwanda)
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Réflexion sur le "Grand glacier"

Ce grand glacier a été peint en 2008 et j'ai du plaisir à mettre ses couleurs véridiques. Maintenant, comment est-il? Avec le poème "Phénix blanc", je deviens songeuse et je me pose des tas de questions. Un jour, ma peinture partira, accrochée quelque part comme décoration. Les générations suivantes vont la regarder comme un lointain souvenir et les faire réfléchir pour le futur. La beauté se trouvait alors partout dans la Nature et cela demande réflexion...

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