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Des funérailles.

 

Pierre avait laissé sa voiture à cent mètres du cimetière pour remonter lentement l’allée principale, et il s’était dirigé vers un groupe d’hommes qui attendait au bord d’une tombe. La dernière fois qu’il avait assisté à des funérailles au Cimetière du Sud, c’était il y a quelques années.

- Le voilà !

La voiture mortuaire remontait l’allée suivie par un groupe d’hommes et de femmes qui avait attendu à l’entrée que la voiture pénètre dans le cimetière. D’autres groupes attendaient dans l’allée à mi chemin, hésitant à se mêler au gros des suiveurs au visage de circonstance ou à se diriger vers ceux qui au bord de la tombe apparaissaient comme des proches véritables. Ils avaient le visage contrarié de ceux qui s’inquiètent du temps  perdu.

Un jour, une femme  de plus de soixante ans lui avait dit que le premier des amoureux qu’elle avait eus, et qui venait de mourir, n’avait jamais aimé qu’elle de toute  sa vie.  Elle, en revanche, ne l’avait pas aimé assez pour se lier pour toute la vie et il en avait épousé une autre. Il s’était passé trente-cinq ans depuis qu’il lui avait proposé de l’épouser.

C’était cette autre qu’il avait épousée qui le lui avait confié. L’autre avait dit :

- Il n’a jamais aimé que vous.

Pierre était tenté de sourire.

A la fin de la cérémonie des funérailles, quelques assistants étaient partis sans attendre. Ils étaient restés à trois. Des amis d’enfance. De ces amis qu’on appelle des amis de toujours. Tous les trois, ils avaient rêvé d’une carrière musicale. Dans l’arrière-salle d’un café qu’ils avaient baptisé le Blue Note, la guitare à la main, ils tentaient d’imiter Django Reinhardt qui était le musicien à la mode chez les jeunes intellectuels. En jouant, ils imaginaient déjà la file de leurs futures admiratrices.

Comme la plupart des jeunes gens ils avaient achevé leurs études sans bouleverser quoi que ce soit à leur destin. Un destin tracé par des parents qui disaient : il faut que jeunesse se passe. Les révolutions sont souvent plus verbales que véritables.

Pierre  avait quitté la ville cinq ans auparavant mais pour tous ceux qui étaient venus aux funérailles rien ne s’était passé de particulier. Il y a toujours quelqu’un qui vient ou qui s’en va.

Pierre avait réservé une chambre à l’Hôtel de la Cathédrale puis il s’était promené au hasard. Il avait envie de retrouver cette ville qu’il connaissait cependant depuis toujours. Une ville qui ressemblait à une olive et que l’Escaut partageait en son milieu. Une ville qui ressemblait à de nombreuses villes et dont des sites très anciens constituaient l’attrait des touristes.

C’est la nuit souvent que les villes révèlent leur véritable visage lorsqu’on en fait le tour à pieds sans raison précise. Les arbres des parcs, on dirait qu’ils ne respirent que la nuit, à peine si on les regarde durant le jour. Le fleuve, c’est la nuit qu’on l’entend, le jour ce sont les chalands et le coup de trompe de ceux qui se croisent mais on y fait peu attention. Les villes ne sont pas des êtres humains mais comme eux ils ont un double visage, celui du jour et celui de la nuit.

Souvent, il en est de même avec des femmes qu’on croyait sans surprise. On associe souvent l’image d’une ville à celui d’une femme. Toutes les deux ont leur mystère et leur jardin secret.

Celui de Pierre se trouvait sur une des rives de l’Escaut. Celle où les jeunes garçons emmènent les jeunes filles pour y échanger maladroitement de premiers baisers mouillés. Ou le cinéma de la rue Saint-Brice, un ancien théâtre dont le projecteur tremblotait lorsque le projectionniste avait bu une bière de trop. Les sièges du fond étaient occupés en priorité par des garçons accompagnés. L’ouvreuse ne les balayait jamais de sa torche lumineuse.

D’autres souvenirs encore dont il ne savait plus s’ils étaient réels ou imaginaires le traversaient. Dieu seul sait quel passé, il voulait reconstituer. Un passé que les jeunes gens sont les seuls à connaitre mais dont plus tard ils ne se souviennent plus.

Assister à des funérailles, c’est se souvenir.

Et mourir pour la première fois.

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Restée en vie

 

Doux ami

Je ne te parle plus souvent,

Cependant, ponctuellement,

J'emploie un mot appris de toi,

J'entends le timbre de ta voix.

Tu savais toutes les paroles

Des chansons qui, à tour de rôle,

Avaient accompagné ta vie.

Je les reçus, certes ravie.

Elles conservent leur attrait

Aussi quelques aveux secrets.

J'accueille la mélancolie,

En écoutant leur mélodie.

Je ne guette plus désormais

Celui qui se sentait aimé

Quand il me confiait tes lettres.

Je l'attendais à ma fenêtre.

Demeurent intactes en tes missives,

Ta pensée colorée et vive,

Ta tendresse renouvelée.

Je ne me sens plus désolée.

1er février 2014

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Ballade dominicale,

 

Je chemine sur l'esplanade claire,

non loin d'un petit lac,

 je contemple tout l'alentour ;

cet urbanisme chic,

 dont l'infinité des massifs floraux,

multicolores et chauds,

sème dans mes yeux si esseulés sans vous,

un brin de joyeuseté !

Je chemine sur l'esplanade claire,

 partout des couples emmitouflés, de tout âge,

y déambulent, puis quelquefois s'envolent ;

le lac pour eux, prend des allures  de mer,

mais invariablement calme !

C'est une ville en hiver, au cœur de janvier,

qui vole des bouts d'été, avec ciel et nuages ensoleillés ;

 qui se remplit de roses,

 quand tant d'autres s'enneigent.

Je chemine sur l'esplanade claire,

c'est dimanche, le ciel peu-à-peu me rencontre,

 m'enveloppe de tout son bleu,

me parle juste de vous,

mon grand ami.

NINA

 

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Réciprocité



A s'asseoir, clore les yeux pour mieux méditer
Et faire le vide ou stopper l'image
Pour toucher la secourable félicité
Serait-ce le fruit d'un bonheur sans nuages ?

Non, les agités ne peuvent se concentrer
Martyrs passés, le futur les fait  s'alarmer ;
Quant aux dormeurs à la lymphe qui perdure,
Le sommeil étouffe toutes leurs tortures .

L'abus des sens ni la torpeur somnolente
Ne mène à une vie sereine et brillante.
"Esprit sain dans un corps sain " dit l'adage antique
Une réciproque bien mathématique !

Parvenir à l'un c'est comprendre l'autre
Et la lumière priée devient alors notre.
Le système n'est pas tellement compliqué,
Seuls quelques légers efforts sont à accorder .

Ni le brutaliser pour des motifs soudains
Ni le sublimer au plaisir de regards vains,
Tels ces désirs courus venant avec l'été
A vaincre la pauvre aiguille aux nerfs d'acier !

Machine à la précieuse destinée
A la noble attention dûment méritée,
Réclame bien haut mille soins particuliers.

Non pas à la douleur de te faire plier
Mais à l'écoute sans cesse attentive
D'une horloge oubliée toute aussi pensive !

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administrateur théâtres

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               Nautilus. Navigating Greece  24.01 > 27.04.2014 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles

12272991896?profile=originalDepuis quelques années le bassin méditerranéen constitue  le centre d’intérêt de plusieurs expositions initiées par BOZAR. En 2012, Mapping Cyprus. Crusaders, Traders and Explorers faisait la lumière sur le royaume franc des Lusignan. À l’automne 2014, l’exposition Storie di Siena portera sur l’influence de la peinture byzantine sur l’école siennoise de peinture. En ce début d’année 2014, le Palais des Beaux-Arts organise un programme pluridisciplinaire axé sur la Grèce, à l’occasion de la Présidence hellénique du Conseil de l’Union européenne.

La nouvelle exposition qui s’est ouverte le 24 janvier 2014 au  Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, rassemble une centaine d’œuvres et d’objets historiques, esquissant la culture et la civilisation grecques à travers les siècles. Une exposition, réalisée en collaboration avec les ministères grecs des Affaires intérieures, de la Culture et du Sport.

À cette collection exceptionnelle, dont bon nombre d’objets n’ont jamais quitté la Grèce, s’ajoutent 23 œuvres d’art contemporain, toutes liées au thème de la mer. L’historien français Fernand Braudel a décrit de manière  très vivante la diversité incroyable et la vitalité de la mer Méditerranée :

12272992255?profile=original≪ La Méditerranée est mille choses en même temps. Pas seulement un paysage, mais d’innombrables paysages. Elle n’est pas juste une mer, mais une chaine de mers. Pas seulement une civilisation, mais plusieurs civilisations ... La Méditerranée est un carrefour séculaire. Pendant des milliers d’années, tout a convergé sur cette mer, troublant et enrichissant son histoire ≫.

 

Lors de ce  dialogue poétique entre le patrimoine culturel et la création contemporaine sept thèmes sont abordés et font voyager le visiteur à travers les siècles  pour renouer avec la riche civilisation hellénique, berceau de  notre civilisation européenne. L'exposition illustre l'interaction entre la nature, la culture, l'identité, l'aventure, le commerce, l’immigration, la politique, la religion et la mobilité sous toutes ses formes. Elle comprend une petite centaine d’œuvres et d’objets historiques (sculptures en bronze et en marbre, poteries…) provenant de 29 musées grecs et  datant de l’art cycladique (3 000 av. J.-C.) jusqu’à l’époque gréco-romaine, en passant par les périodes minoenne, mycénienne, archaïque et classique.

Rencontre de l’antiquité et de la modernité : 20 artistes grecs contemporains (Nikos Alexiou, Alexandra Athanasiadis, Lizzy Calliga, Vlassis Caniaris, Giorgis Gerolympos, Stratos Kalafatis, Katerina Kaloudi, Afroditi Liti, Nikos Markou, Sokratis Mavrommatis, Aemilia Papafilippou, Rena Papaspyrou, Eftichis Patsourakis, Mary Schina, Marios Spiliopoulos, Spyros Staveris, Leonidas Toumpanos, Stratis Vogiatzis, Manolis Zacharioudakis et Opi Zouni) ajoutent leur perception de la culture grecque aux pièces historiques exposées.   

org_14253_img1.jpg Clay rhyton (ritual vessel) from the Palace of Phaistos, 1500-1450 B.C., Archaeological Museum of Herakleion (Inv. P 5832). Courtesy: Hellenic Ministry of Culture and Sports/General Directorate of Antiquities and Cultural Heritage/Archaeological Museum of Herakleion

 

Un voyage à travers le temps

On circule lentement dans cette exposition faite d’étroits corridors comme si la scénographie voulait rappeler le labyrinthe légendaire du roi Minos construit par l’architecte Dédale. « La recherche du Minotaure au fond du labyrinthe  est une épreuve initiatique visant à détruire le monstre bestial qui se cache en chacun de nous? » Cette exposition va-t-elle déboucher  sur une réflexion amenant tolérance, ouverture d’esprit et curiosité de la part des visiteurs ? On ressent en filigrane que la rencontre entre les peuples est indispensable et que l’unité européenne trouve son fondement dans la diversité. On ressent aussi peut-être chez tous ces jeunes artistes grecs la hantise d’un Minotaure néolibéral qui servirait "l'abolition de l'État, le démantèlement des structures sociales", tandis qu’ils essaient, chacun à leur niveau, de tracer un nouveau chemin  vers la reprise économique et la reconstruction d’une société florissante.

images?q=tbn:ANd9GcTe-Mz2Fm1cDamnuBDJLXBdgIqDwWkhAfos3pViT6qmD5WTtj5B4w La première salle s’appelle « Genèse » et comporte  une subtile installation d’Aemilia Papafilippou qui met en scène un utérus mystérieux  représentant l’origine de la vie :  "Sea Testament - Chess Continuum ". La disposition singulière de fils lumineux fait penser inévitablement au fil  conducteur d’Ariane qui, à travers la fluidité perpétuelle, serait comme un acte créatif éternel…une chaîne chromosomique?

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Ensuite, le thème de l’écologie est détaillé et l’accent est mis sur l’interaction entre l’homme et l’environnement, illustrée par des œuvres de l’époque cycladique et par celle de Katerina Kaloudi. Eprise de son pays, l’artiste voyage dans les Îles Cyclades et y photographie des détails de rochers et de pierres. Ses agrandissements, qui font penser à des forêts fossilisées, interrogent la relation complexe entre l’homme et la nature. 

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 Une salle intitulée «Routes maritimes » plonge le visiteur dans l’époque minoenne et mycénienne. La mobilité des populations, des produits et des idées grâce aux routes maritimes y est centrale. C’est une problématique dont Stratis Vogiatzis est très proche. Ces quatre dernières années, il a voyagé en Grèce et à travers la Méditerranée en photographiant le monde dans lequel vivent les pêcheurs. Il y a découvert un univers particulier, où les hommes tentent de dompter la mer et où « les gens de la mer », comme disait Proust, tentent d’aller au-delà de leurs faiblesses.  

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La période archaïque est représentée par le mythe naval de l’Odyssée. La volonté d’explorer les mers, de trouver un nouveau monde et de commencer une nouvelle vie est née il y a des millénaires, mais les photos de Leonidas Toumpanos démontrent qu’elle est toujours d’actualité. Toumpanos a ainsi photographié, dans l’aéroport d’Athènes, des immigrés originaires du Pakistan, du Bangladesh et du Maroc  résolus à abandonner leur vie en Grèce et à s’envoler pour le retour au pays natal.  La légendaire Athènes, source de pouvoir et de richesse, est confrontée aux sculptures d’Alexandra Athanasiadis  qui a travaillé des morceaux de bois, récupérés de naufrages et rongés par le sel, contrastant avec les torses en marbre de jadis. Ah les beaux chevaux!

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 Après le thème de « l’Hégémonie », celui de l’intégration politique et culturelle, la salle « Ecumène », est consacrée à la Macédoine et Alexandre le Grand. L’une des œuvres les plus frappantes est sans doute celle d’ Eftichis Patsourakis. L’artiste recrée l’image du monde en juxtaposant des paysages marins de peintres anonymes et en constituant ainsi un seul horizon. Sa création est une réflexion sur les concepts du collectivisme et du mélange interculturel.  Dans l’Antiquité, les Grecs considéraient la Méditerranée comme un pont entre les peuples qui vivent sur son pourtour.  A chaque escale, les artistes contemporains de cette exposition viennent compléter les perspectives historiques, jeter eux aussi un pont vers un passé commun que l’on tend de plus en plus à ignorer. Les thèmes tels que la mobilité, la migration, la communication et l’écologie  sont omniprésents. Nikos Markou braque son objectif sur le navire échoué au large d’Eleusis.

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Enfin, le visiteur retrouve toutes les périodes confondues dans la salle dédiée à la religion, aux rites et aux mythologies maritimes. Marios Spiliopoulos donne une version moderne des croyances des marins de Syros qui écrivaient des  prières et des vœux dédiés au panthéon maritime  sur les rochers de l’île avant de monter à bord. L’œuvre de Spiliopoulos mélange des inscriptions antiques avec des inscriptions byzantines du 13ème siècle reprenant différentes façons de nommer Dieu devant l’image de l’infinité de la mer lorsqu’il contemple le Divin.

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12272991296?profile=originalA l’heure de l’asphyxie lente mais inexorable de la culture humaniste et gréco-romaine  dans les écoles de nos pays, il est fort utile d’aller se plonger dans cette exposition qui exalte ces pépites précieuses de notre civilisation parées d'un parfum d’éternité tandis que des artistes modernes courageux offrent leur sensibilité et jettent une lumière à la fois  nostalgique et heureuse sur une culture qui a fait la nôtre. L'héritage gréco-romain est la matrice de toutes les langues et littératures de nos contrées européennes. Retour à la salle 1, nommée « Genèse ».

12272992087?profile=originalLe 14 janvier 2014, la Présidence hellénique était officiellement inaugurée avec Armonia Atenea, un concert sous la direction de George Petrou. Cette fois un pont était jeté entre des œuvres de  musique baroque sur des thèmes mythologiques par des artistes extraordinairement brillants et juvéniles. Le message du  ministre grec de la culture Panos Panagiotopoulos « La crise économique et tout ce qui s’est passé et continue de se passer nous fait nous sentir plus Grecs, plus Européens et finalement plus citoyens du monde » traduit certes la nécessité d’un esprit de solidarité globale.

Ce programme de musique autour du XVIIIe européen mêlant Händel, Hasse, Gluck et Vivaldi  a été pris en charge par un ensemble athénien fondé en 1991, Armonia Atenea, reconnu sur la scène internationale depuis de nombreuses années pour sa virtuosité et ses couleurs exceptionnelles. À sa tête, le jeune chef grec, George Petrou, considéré comme l’un des plus grands chefs händéliens. Une découverte !

 

Armonia Atenea

George Petrou direction

Myrsini Margariti soprano

Mary-Ellen Nesi mezzo

Irini Karaianni mezzo

Georg Friedrich Händel Ouverture (Alessandro, HWV 21), Aria "Se nel bosco" (Arianna in Creta, HWV 32), Recitativo & aria "Dove son - qui ti sfido" (Arianna in Creta, HWV 32)

Johann Adolf Hasse Sinfonia (Artemisia)

Johann Christian Bach Aria "Ch'io parta" (Temisctocle)

Giovanni Paisiello Recitativo & duet "E mi lasci cosi ? Ne giorni tuoi felici" (L'Olimpiade), Terzetto "Sciogli oh Dio le sue catene" (L'Olimpiade)

Jean-Baptiste Lully Suite (Phaeton)

Antonio Vivaldi Aria "Vedro con mio diletto" (Il Giustino, RV 717), Aria "Siam navi" (L'Olimpiade, RV 725)

Christoph Willibald von Gluck Dance of the blessed spirits - Dance of the furies (Orphée), Recitativo & aria "Ma fille, Jupiter" (Iphigénie en Aulide)

http://www.bozar.be/activity.php?id=14292&selectiondate=2014-01-14

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https://www.rtbf.be/culture/galeries/detail_rtbfculture_expos_nautilus?albumId=19114

http://www.bozar.be/activity.php?id=14253&lng=fr

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Des amours conjugales

Louis s’était marié avec Hélène trois mois après que Bernard ait épousé Julie.

Bernard et Julie passèrent leur voyage de noces à Alicante. Bernard avait téléphoné à Louis.

- Il fait un temps superbe. Julie aussi est superbe. La nuit surtout.

Bernard lorsqu’il  parlait des femmes avait ce côté vulgaire qui heurtait Louis mais qui, semblait-il, plaisait aux femmes.

Bernard était le plus honnête des époux mais Il était partisan de la devise d’un anthropologue réputé qui énonçait le doigt levé, debout devant le comptoir de chez Marcel le cafetier de la place Saint-Pierre : changement de pâture réjouit les veaux.

Denise, l’épouse du dentiste Julien Allard devint la maitresse de Bernard après qu’il lui ait dit qu’elle était désirable.

Le dentiste plus attiré par Julie que par sa propre épouse, plutôt que de gémir se dit que c’était une opportunité. Une fenêtre ouverte sur le possible comme disent les internautes, il ferma les yeux.

Quant à Louis, l’ami de toujours, il supportait mal que Bernard  trompe Julie. Il se faisait une autre idée de l’amour conjugal. Lorsque sa femme lui rapporta les ragots colportés dans le salon de coiffure qu’elle fréquentait, il se dit attristé.

- Je ne sais pas ce qu’il trouve à Denise.

- Peut être qu’il lui trouve ce que Julien trouve à Julie.

Ce n’est pas possible, pensa Louis. Ce petit bourgeois prétentieux qui à chaque fois qu’il arrache une dent la regarde en disant « ah ! » comme s’il contemplait une pierre précieuse.

- Pas lui. Pas lui !

Deux jours plus tard, vers la fin de l’après-midi, il décida de parler à Julie avant qu’elle ne succombe à dieu sait quel esprit de vengeance. La guerre, cette paix assoupie, est autant le pain amer des couples que celui des peuples. Il leur faut à tous les deux un arbitre impartial.

Bernard était absent, Julie fut contente de le voir.

- Elle dit :  

- Tu viens me consoler ?

- Te consoler, toi ? Pourquoi devrais-je te consoler ?

- Parce que Bernard me trompe avec la femme du beau Julien.

Elle ajouta :

Tu sais que Julien me fait la cour ?

- Il te fait la cour ?

- Non, ce n’est pas son genre. Il est comme Bernard, c’est un homme direct. Il m’a demandé de coucher avec lui. Il dit que je suis plus sexy que Denise.

Louis s’était dressé. Il était blême.

- Ce n’est pas vrai ?

- Ah non, je ne suis pas sexy ?

- Ce n’est pas ce que je voulais dire.

Julie lui avait pris la main, et l’avait posée sur sa poitrine.

- Tu sais bien que c’est toi que j’aurais du épouser.

Durant ce temps, parce que Julie s’était refusée, Julien se chercha une autre  maitresse afin que sa femme sache qu’aux jeux de l’amour, il n’était pas un incapable lui non plus.

Il jeta son dévolu sur Josée, la femme du photographe dont le magasin faisait l’angle de la place. Deux cents mètres à peine les séparaient. Une demi-heure durant la pause du déjeuner pouvait suffire pour un rendez-vous à la fois  rapide et amoureux.  

Un jour, Bernard eut un accident de voiture mortel. Il s’était encastré de nuit dans le pilastre du pont d’une autoroute. Julie était veuve, pensa Louis.

Peu de temps après les funérailles, Louis téléphona à Julie.

- J’ai besoin de te voir. Seul à seul.

Ils s’embrassèrent comme s’embrassent d’anciens amis mais leur tête à chacun se tourna maladroitement. Elle s’abandonna contre son ventre tandis qu’il la serra contre lui. Il avait oublié la raison de sa visite.

Le lendemain il informa Hélène de la décision qu’il avait prise. Il voulait divorcer. Il pensait que c’était plus honnête de le lui dire que de la tromper et qu’elle l’ignore.

- Tu comprends Hélène, c’est mieux comme ça. Inutile d’ajouter que je reste ton meilleur ami.

Le soir même, il couchait chez Julie. Elle avait changé les draps.

Ah, l’amour !

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ADMINISTRATEUR GENERAL

L’Espace Art Gallery a le plaisir de vous présenter du 05/02 au 23/02/2014 l’exposition  événement des artistes suivants : Alfonso Di Mascio (It) sculptures & installations, Leslie Berthet-Laval (Fr) peintures, Marc Bulyss (Fr) peintures et Pierre Content (Fr) sculptures.

 

Le VERNISSAGE a lieu le 05/02 de 18h 30 à 21h 30 et l’exposition du mardi au samedi inclus de 11h 30 à 18h 30. Et sur rendez-vous le dimanche.

Le FINISSAGE a lieu le 22/02 de 11h 30 à 18h 30.

  

         Alfonso DI MASCIO (It) sculptures & installations

         « Au-delà de la transparence »

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Collectif de la GALERIE :

        

         Leslie BERTHET-LAVAL (Fr) peintures

Prolongation de l’exposition du 05/02 au 23/02/2014

 

Lors du premier vernissage du 15/01 le critique d’art du réseau Art et Lettres Monsieur François Speranza a rédigé un billet sur son travail :

 

https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/leslie-berthet-laval-ou-le-vertige-de-l-ange?xg_source=activity

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         Marc BULYSS (Fr) peintures

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Pierre CONTENT (Fr) sculptures

A voir également « La grande table en bois » réalisée par l’artiste

Louis de VERDAL (Fr) sculpture

 

Exposition du 05 février au 23 février 2014.

 

Espace Art Gallery 35 rue Lesbroussart 1050 Bruxelles. Ouvert du mardi au samedi de 11h 30 à 18h 30. Et le dimanche sur rendez-vous. GSM : 00 32 (0) 497 577 120

INFOS ARTISTES ET VISUELS SUR :

 

Le site de l’Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur

Le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

Voir: https://artsrtlettres.ning.com/ (Inscription gratuite)

Programmation de la Galerie de janvier à avril 2014 :

Voir : http://j.mp/MzSIB0

Diaporama des plus belles expositions de l'Espace Art Gallery :  

Voir: http://ning.it/KHOXUa

Les critiques de François Speranza sur Arts et Lettres :

Voir : http://j.mp/1dDwL9m

Expositions de l’Espace Art Gallery d’avril 2011 à janvier 2014 :

Voir : http://j.mp/1dO2y7o

 

Voici les quatre prochaines expositions:

 

-Titre : « Palimpseste »

Artiste: Gert Salmhofer (Aut) peintures

Vernissage le 26/02 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 26/02 au 16/03/2014.

Finissage le 15/03/2014 de 11h 30 à 18h 30

&

-Titre : « De l’iPad à la toile »

Artiste: Vagelis Kalentzis (Gr) peintures

Vernissage le 26/02 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 26/02 au 16/03/2014.

Finissage le 15/03/2014 de 11h 30 à 18h 30

&

-Titre : « Différents regards sur l’art »

Artiste: Ann Philippsen de Bellefroid (Be) peintures

Vernissage le 26/02 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 26/02 au 16/03/2014.

Finissage le 15/03/2014 de 11h 30 à 18h 30

 

-Titre : « La blessure de durée » (Aragon)

Artiste: Hans Schmidt (Be) sérigraphies

Vernissage le 19/03 de 18h 30 à 21h 30

Exposition du 19/03 au 06/04/2014.

Finissage le 05/04/2014 de 11h 30 à 18h 30

 

Au plaisir de vous revoir à l’un ou l’autre de ces événements.

 

Bien à vous,

 

                                                        Jerry Delfosse

                                                        Espace Art Gallery

                                                        GSM: 00.32.497. 577.120

                                                        eag.gallery@gmail.com

 

Le site de l'Espace Art Gallery se prolonge dorénavant sur le Réseau Arts et Lettres à l'adresse: http://ning.it/KUKe1x

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12272991077?profile=original350 ans après sa mort, la Belgique rend hommage à l’un des principaux peintres baroque de l’âge d’or espagnol. Avec 50 tableaux majeurs provenant de musées internationaux et de collections privées, il s’agit d’une première dans la tentative de reconstituer l’œuvre intégrale de celui qui fut considéré comme "Le Caravage espagnol ».

Organisé en collaboration avec la Fondation Ferrrara Arte, l’évènement récupère et prolonge l’exposition qui vient de fermer ses portes en Italie au « Palazzo dei diamanti », un édifice d’architecture Renaissance au cœur du centre historique de Ferrare. Pour Bruxelles, la sélection proposée par le Musée des Beaux-Arts de Séville et le Musée national du Prado de Madrid a tenu compte de l’architecture Horta du Palais dans l’organisation de la chronologique du langage pictural de Zurbarán. Depuis ses œuvres de jeunesse inscrites dans le mouvement des grands courants picturaux du XVIIème jusqu’à ses dernières productions plus personnelles et poétiques (après la grande peste noire et la nécessité de trouver une clientèle durant la période de famine qui suivit), la peinture de Zurbarán est traversée par la fulgurance de la lumière, compositions contrastées d’un effet cinématographique saisissant. Peintre à succès de son vivant, il fut très apprécié à partir du XVIIIème siècle jusqu’à la seconde moitié du XIXème et a inspiré les Romantiques jusqu’à Manet et même Morandi, Dali et Picasso. Cees Nottebaum, auteur néerlandais, a contribué à restaurer la popularité de ce maître de la peinture mystique.

On a souvent reproché au Bozar de passer à côté des œuvres majeures des artistes exposés. Ce n’est certes pas le cas ici. Ne possédant aucune collection propre, le Bozar n’a rien à offrir en échange de prêts par les grands musées internationaux. Cependant, la qualité de ses manifestations et leur fréquentation par un public international ont gagné la confiance des grandes institutions. La rétrospective offre ainsi l’opportunité rare d’admirer pour la première fois quatre œuvres récemment découvertes et restaurées : L’apparition de la Vierge à Saint Pierre Nolasque , Le mariage mystique de sainte Catherine d’Alexandrie , Saint Nicolas de Bari , L’Archange Gabriel et Saint François . Fidèle à sa vocation, le Bozar inscrit l’événement dans une aventure sensible pluridisciplinaire à laquelle s’associent Bozar Cinema et Bozar Musique. Bozar Cinema propose de voyager dans l’œuvre d’Albert Sera, un artiste mystique choisi pour son rendu des paysages, son goût pour les contrastes et la réduction des dialogues.

12272991479?profile=originalCôté musique, le Bozar s’est livré à un travail de recherche en collaboration avec Paul Van Novel pour dénicher des musiques anonymes inconnues. Un CD sera mondialement distribué sous le label Cypres et le Huelgas Ensemble. En point d’orgue, des concerts nocturnes durant toute la période de l’exposition sous le titre L’Intime et le sacré avec notamment des œuvres de Byrd et Haëndel. Un spécial live est prévu le 26 mai lors de la clôture de l’exposition. Trois pauses musiques offrent un décor sonore au parcours pictural avec un Agnus Dei de Diego de Pontac (1603-1654) (en réponse à l’agneau aux pattes entravées de Zurbarán provenant du Musée de San Diego), un Miserere mei Deus (psaume) de Andrés Barea (1610-16870) et Dos estrellas le seguen , une romance de Manuel Machado (1590-1646), compositeur d’origine portugaise. Les artistes contemporains traditionnellement associés sont Craigie Horsfield pour ses peintures s’inscrivant dans le contexte de la renaissance de la tapisserie flamande et Cristina Iglesias, sculptrice espagnole, pour ses inscriptions d’oeuvres monumentales dans l’environnement.

«  L’art a été fait pour la religion et la religion pour l’art  », ce serait une formule de Zurbarán dont la plupart des œuvres étaient destinées à des ordres religieux dominicains ou franciscains. Grand mystique lui-même, il passe maître dans l’art d’interpréter et saisir l’extase religieuse au quotidien. Sa modernité s’exprime dans le naturel et la simplicité des scènes dépourvues de toute transcendance où les sujets et les saints se côtoient d’égal à égal. Dans le contexte de la Contre-Reforme, l’objectif de la représentation est de toucher le spectateur (Dieu est dans vos casseroles) et de l’inciter à l’imitation et à la dévotion. Dans ce cadre, il développe un style personnel qui inclut le miracle et la spiritualité dans la vie de tous les jours. Il trouve une source d’inspiration personnelle dans ses visions de la vierge enfant. Fils d’un marchand de tissus, sa minutie dans la reproduction des textures et des tissus est exploitée en tant que ressource théâtrale pour détourner la perspective dans la mise en espace ou en tant que simple support de mise en scène comme dans la toile représentant le voile de Véronique.

Peintre de son temps, il ne peut échapper aux commandes de la Cour et est appelé à participer à la décoration du Salon des Royaumes au Palais du Buen Retiro à Madrid. L’exposition a pu en récupérer des fragments avec Hercule affrontant le lion de Némée et La Mort d’Hercule . La mythologie herculéenne, on s’en doute, était associée à la famille royale.

L’influence du Nouveau Monde draine un regain d’intérêt pour la matérialité des choses. Une clientèle marchande demandeuse d’effets décoratifs lance la mode du bodegón ou natures mortes à la mode des Vanitas des Pays-Bas. La nature morte espagnole se distingue par une mise en espace dans un éclat lumineux sur toile sombre. Zurbarán produira quelques toiles où les pots et cruches à anses ont une allure étrangement altière. La tradition sera perpétuée par son fils Juan de Zurbarán dans un style beaucoup plus baroque. Les alignements étudiés de Francisco rappellent les arrangements de Morandi vus il y a peu dans ces mêmes salles.

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Palmina Di Meo

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La ballade de l'innocente

 

Elle existe face au soleil,
Les yeux contemplant les nuages,
Joyeuse, passive, en éveil.
Elle a sa rue pour paysage,
Une rangée de maisonnettes,
Des jardinets riches en couleurs,
Des oiseaux qui font la navette.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
Pour l'âme éprise de tendresse,
La liberté est vent d'oubli,
Elle sauve de la rudesse,
Délivre de tout ce qui lie.
Après des années de courage
À vaincre l'angoisse ou la peur,
Elle ignore quel est son âge.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
Les saisons reviennent et passent,
Chacune empreinte de beauté.
Elle aime la neige et la glace,
Se surprend à être exaltée.
Chaque jour dans l'instable monde,
Hommes et femmes sont en pleurs.
Le fanatisme frappe et gronde.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
Face à la folie, la sagesse
Veut qu'on occulte le malheur.
Sa sérénité est richesse.
Elle a l'innocence des fleurs.
...
20 mars 2006

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administrateur partenariats

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La battue

Ils dansent au petit matin, la vie que ce jour leur offre...

Délivrance offerte au destin et qu'en eux ils portent.

Sur le tapis immaculé, la débandade hivernale,

la valse des rescapés. Enfin s'éloigne l'infernal,

le clairon du meurtrier.

Que siffle la bise dans les buissons!

Caracolent fous les fanfarons!

Bravant l'arme pointée aux détours des chemins,

Ils fêtent, seuls survivants des plaisirs humains,

la battue des sangliers.

Joelle Diehl

10/01/2014

Avec tous nos remerciements.

Un partenariat

Arts

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Lettres

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Un chat nommé Pirate.

 

Pirate, lorsque nous l’avons recueilli faisait du stop au bord de la route.

- Attention, dit ma fille Catherine, il va se faire écraser.

Le temps de m’arrêter et d’ouvrir la portière pour le chasser de la route, il était monté dans la voiture et s’était installé sur les genoux de Maggy, mon épouse, qui occupait le siège du passager.

- Quel culot, dit-elle.

Il était déjà trop tard, nous avions un chat de plus.

C’est Catherine qui le baptisa.

- A la manière dont il est monté à bord de la voiture, dit-elle, il s’est conduit en véritable pirate.

Dès ce jour là, sous son aspect de tendre crapule, Pirate s’efforçât de mériter son nom avec l’arrogance d’un émir du pétrole. Que vous le croyiez ou non, il imitait le comportement du prince Malko, dit S.A.S, ou celui d’Hubert Bonnisseur de la Bath, agent de la C.I.A. Je ne sais plus lequel des deux, dans les manuels d’un certain Bruce, un spécialiste si j’en crois le nombre d’ouvrages dont il est l’auteur, est décrit comme étant un prince pirate. C’est une description assez courte, c’est vrai, mais tout aussi évocatrice, il me semble, que celle de Flaubert lorsqu’il dessine le portrait du jeune Bovary pénétrant pour la première fois dans une classe de sixième.

Peut-être Pirate, lui aussi, avait-il lu les nombreux volumes qui relatent les aventures de ces deux personnages de papier. Dans une vie antérieure, cela va de soi.

Les bouddhistes professent que tout être vivant dispose de sept vies et d’autant de réincarnations possibles. Autant que les chats, dit-on. Les bouddhistes savent de quoi ils parlent, ce sont des sages par définition. Sinon pourquoi portent-ils une robe qui dissimule leurs attributs masculins. Et leurs pensées par conséquent lorsqu’ ils sont en présence de femmes.

Sept vies ! A peine si on a le temps d’en remplir intelligemment une seule.

Jean Dufour, un ami qui se donne des allures d’intellectuel prétend qu’on ne peut être sûr de rien en cette matière. 

- On  manque d’imagination.

Curieux phénomène que celui de l’imagination. On affirme que les artistes ont de l’imagination. En réalité, ils n’ont pas d’imagination mais une acuité de vision que la plupart des êtres humains ont perdue. Rimbaud, le poète, vous savez : celui qui à tiré des coups de pistolets sur son amant et en a acquis une renommée universelle, affirmait qu’ils étaient des « voyants ».

- Il n’imite pas, il invente. 

Serge mon fil est ingénieur et s’exprime comme un philosophe.

- il invente comme ces artistes qui vivent toujours à moitié dans le rêve et à moitié dans la réalité. Ils me font penser aux singes que nous étions. Dotés d’une queue dont nous nous servions pour sauter d’une branche à l’autre des arbres.

Plus tard, bien plus tard, en devenant hommes et aptes à nous tenir sur nos jambes, nous avons perdu nos queues. Ne riez pas. Les artistes ont oublié qu’ils l’ont perdue, ils s’efforcent toujours de s’accrocher aux branches les plus hautes et ils se cassent la figure.

Est-ce que Pirate était un artiste ? En tout cas, son comportement ne me paraissait que trop naturel. Il tentait de faire croire aux chattes du voisinage qu’il était un chat extraordinaire. Il y a des hommes, à ce qu’on m’a dit, qui font exactement la même chose, sans autre motif et avec beaucoup de succès. Avec les femmes, pas avec les chattes, bien entendu.

Et Pirate, ce diable, y réussissait fort bien lui aussi, je m’en suis aperçu, un soir du mois d’août, en prenant le frais, assis sur un banc, dans le parc qui se trouve en face de notre maison.

Une amie que la vie a rendue experte affirme que tous les mâles se ressemblent en matière sexuelle. Chats ou non. Seules des inhibitions de nature culturelle, irrationnelles par nature, rendent certains moins aptes à affronter les représentantes du sexe opposé. Quels que soit le nom qu’on leur donne. Bonne éducation, pudeur, galanterie, ce ne sont que les cache-sexes de notre timidité.

- Les femmes sont sensibles au succès. Peu importe les moyens utilisés pour les conquérir.

Je ne sais pas si Pirate était dénué d’inhibitions. Le fait est que le jour où il se mêla pour la première fois à une assemblée amoureuse, il ne respecta aucune des règles dites civiles.

Il se dirigea vers la femelle sans se préoccuper des autres chats. Il tourna autour d’elle tandis qu’elle grognait puis, comme s’il ne lui portait plus aucun intérêt, il s’éloignât en se dandinant. Savez-vous ce qui arriva ? La chatte le suivit, quelques pas en arrière.   

Je l’ai très souvent constaté par moi-même. Dès que dans un cercle quelqu’un se porte vers le centre, il en devient le leader avec l’assentiment tacite du cercle soumis et soulagé. Honneur au vainqueur !

Le lendemain, je surveillais les chats du voisinage.  Ils étaient assemblés à l’endroit habituel mais aucune femelle ne se trouvait parmi eux. Je pensais : malheur aux vaincus ! Une seule femelle vous fait défaut, et toutes les autres femelles vous délaissent.

Ils avaient l’air de s’ennuyer à mourir. Ainsi va la vie.

 

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Introduction personnelle :

 

Il y a déjà quatre ans de cela, venait au monde, le 31 Janvier 2010, un quintette d’attendrissants  museaux de babies cats, fruits des nobles amours on ne peut plus légitimes, de Dame Chana d'Angora'mour de L'Arc de Lune et de Messire Cyrano dit Le Magnifique, ayant convolé en justes noces pour le plus grand plaisir de certains humains reconnaissants...

Or, reconnaissants, oui, il y a vraiment de quoi l'être, puisque de cette union chattesque "assistée",  notre protégé, le Farfadet Florestan est né, accompagné de sa "quasi jumelle", Princesse Fantine, "ma filleule", qu'il me fut offert pendant un temps précieux de fréquenter, avant qu'elle n'élise domicile, hélas, en terres de chouannerie !

Voici donc maintenant trois ans et demi, que notre adorable "Petit Prince", "Prince Charmant" et charmeur de la gent féline nous a rejoint, nous accordant la joie de sa tendre présence rayonnante,  s'acclimatant en un rien de temps à ses nouveaux compagnons, le vénérable "Oncle Cyrus" de Sainte Sophie de Constantinople des Rives du Bosphore de la Vallée ligérienne, avec lequel il n'a de cesse d'échanger maintes chatteries et son cadet de quelques semaines, le "Petit Poucet", Lord Finley du Domaine d'Elgar, déraciné du pays de Freyja la blonde ; mais de ces trois  Mousquetaires à longues vibrisses partageant notre quotidien, dont chacun d'entre-eux possèdent ses traits de caractère propres, nul doute, que le plus tendre, le plus expressif, devrais-je préciser, est bien notre héros du jour, placé sous la constellation du verseau !

 

Et quel modèle d'équilibre sur le plan du caractère : est-il seulement possible de trouver plus doux ? Oh, certes pas du côté "mouvement physique", non ! Car alors, là, le joli-cœur en demande perpétuelles de cajoleries, aimant aussi s'épancher en "roucoulant", ponctuant le moindre de ses actes, par des commentaires, et n'aimant rien tant que de conquérir  le visiteur venu déposer ses hommages et faire allégeance aux pattes de velours gantées d'un fourreau ébène, en lieu et place d'être un modèle de "gymcat" accompli, se meut en gros pataud, détenteur d'une force ... de Brutus, charpente de ses abattis oblige !

 

Aussi, gare à vous, amis, qui foulez le seuil des pénates de ces messieurs ; ne vous avez-je pas prévenu et conseillé de vous munir d'une armure isolante, si vous ne vouliez point que la chair de votre chère anatomie soit griffée non pas Christian Lacroix, mais de notre petite terreur aux antipodes d'un poids plume, doté d'une appétence gargantuesque, de surcroit, malgré les repas diététiques que nous lui concoctons sur mesure !

C'est bien l'unique reproche que l'on puisse formuler à son encontre, tellement notre irrésistible bête s'ingénie à déployer à  notre égard de touchants témoignages .

 

Gageons que notre aristochat nous réserve le privilège de couler encore de longues heures sereines, parmi sa famille composée de bipèdes et de quadrupèdes, et que semblablement au poète Torquato Tasso, dit le Tasse, nous puissions nous exclamer : 

 

"Je me tourne,
Ô beau chat, vers tes prunelles sacrées
Et il me semble que j'ai devant moi deux étoiles."

Félinement vôtre,

Valériane d'Alizée,

le 31 Janvier 2014,

heureux jour de naissance du Farfadet Florestan.

 

Le CHAT de THÉODORE DE BANVILLE.

 

Tout animal est supérieur à l'homme par ce qu'il y a en lui de divin, c'est-à-dire par l'instinct.

Or, de tous les animaux, le Chat est celui chez lequel l'instinct est le plus persistant, le plus impossible à tuer. Sauvage ou domestique, il reste lui-même, obstinément, avec une sérénité absolue, et aussi rien ne peut lui faire perdre sa beauté et sa grâce suprême. Il n'y a pas de condition si humble et si vile qui arrive à le dégrader, parce qu'il n'y consent pas, et qu'il garde toujours la seule liberté qui puisse être accordée aux créatures,c'est-à-dire la volonté et la résolution arrêtée d'être libre. Il l'est en effet, parce qu'il ne se donne que dans la mesure où il le veut, accordant ou refusant à son gré son affection et ses caresses, et c'est pourquoi il reste beau, c'est-à-dire semblable à son type éternel. Prenez deux Chats, l'un vivant dans quelque logis de grande dame ou de poète, sur les moelleux tapis, sur les divans de soie et les coussins armoriés, l'autre étendu sur le carreau rougi,dans un logis de vieille fille pauvre, ou pelotonné dans une loge de portière,eh bien ! tous deux auront au même degré la noblesse, le respect de soi-même, l'élégance à laquelle le Chat ne peut renoncer sans mourir.

 

En lisant le morceau si épouvantablement injuste que Buffon a consacré au Chat, on reconstruirait, si la mémoire en était perdue, tout ce règne de Louis XIV où l'homme se crut devenu soleil et centre du monde, et ne put se figurer que des milliers d'astres et d'étoiles avaient été jetés dans l'éther pour autre chose que pour son usage personnel. Ainsi le savant à manchettes, reprochant au gracieux animal de voler ce qu'il lui faut pour sa nourriture, semble supposer chez les Chats une notion exacte de la propriété et une connaissance approfondie des codes, qui par bonheur n'ont pas été accordées aux animaux. "Ils n'ont,ajoute-t-il que l'apparence de l'attachement ; on le voit à leurs mouvements obliques, à leurs yeux équivoques ; ils ne regardent jamais en face la personne aimée ; soit défiance ou fausseté, ils prennent des détours pour en approcher,pour chercher des caresses auxquelles ils ne sont sensibles que pour le plaisir qu'elles leur font." O injuste grand savant que vous êtes ! est-ce que nous cherchons, nous, les caresses pour le plaisir qu'elles ne nous font pas ?Vous dites que les yeux des Chats sont équivoques ! Relativement à quoi ? Si tout d'abord nous n'en pénétrons pas la subtile et profonde pensée, cela ne tient-il pas à notre manque d'intelligence et d'intuition ? Quant aux détours,eh ! mais le spirituel Alphonse Karr a adopté cette devise charmante : "Je ne crains que ceux que j'aime," et, comme on le voit, le Chat, plein de prudence, l'avait adoptée avant lui.

 

Sans doute, il se laisse toucher, caresser, tirer les poils, porter la tête en bas par les enfants,instinctifs comme lui ; mais il se défie toujours de l'homme, et c'est en quoiil prouve son profond bon sens. N'a-t-il pas sous les yeux l'exemple de ce Chien que le même Buffon met si haut, et ne voit-il pas par là ce que l’homme fait des animaux qui consentent à être ses serviteurs et se donnent à lui sans restriction, une fois pour toutes ? L'homme fait du Chien un esclave attaché,mis à la chaîne ; il lui fait traîner des carrioles et des voitures, il l'envoie chez le boucher chercher de la viande à laquelle il ne devra pas toucher. Il le réduit même à la condition dérisoire de porter les journaux dans le quartier ; il avait fait du Chien Munito un joueur de dominos, et pour peu il l'aurait réduit à exercer le métier littéraire, à faire de la copie, ce qui,pour un animal né libre sous les cieux, me paraîtrait le dernier degré de l'abaissement. L'homme oblige le Chien à chasser pour lui, à ses gages et même sans gages ; le Chat préfère chasser pour son propre compte, et à ce sujet on l'appelle voleur, sous prétexte que les lapins et les oiseaux appartiennent à l'homme ; mais c'est ce qu'il faudrait démontrer. On veut lui imputer à crime ce qui fit la gloire de Nemrod et d'Hippolyte, et c'est ainsi que nous avons toujours deux poids inégaux, et deux mesures.

 

En admettant même que l’univers ait été créé pour l'homme, plutôt que pour le Chat et les autres bêtes, ce qui me paraît fort contestable, nous devrions encore au Chat une grande reconnaissance, car tout ce qui fait la gloire, l'orgueil et le charme pénétrant de l'homme civilisé, il me paraît l'avoir servilement copié sur le Chat. Le type le plus élégant que nous ayons inventé, celui d'Arlequin, n'est pas autre chose qu'un Chat. S'il a pris au Carlin sa face vicieuse, sa tête noire, ses sourcils, sa bouche proéminente, tout ce qu'il y a de leste, de gai,de charmant, de séduisant, d'envolé, vient du Chat, et c'est à cet animal caressant et rapide qu'il a pris ses gestes enveloppants et ses poses énamourées. Mais le Chat n'est pas seulement Arlequin ; il est Chérubin, il est Léandre, il est Valère ; il est tous les amants et tous les amoureux de la comédie, à qui il a enseigné les regards en coulisse et les ondulations serpentines. Et ce n'est pas assez de le montrer comme le modèle des amours de théâtre ; mais le vrai amour, celui de la réalité, celui de la vie, l'homme sans lui en aurait-il eu l'idée ? C'est le Chat qui va sur les toits miauler,gémir, pleurer d'amour ; il est le premier et le plus incontestable des Roméos,sans lequel Shakespeare sans doute n'eût pas trouvé le sien ?

 

Le Chat aime le repos,la volupté, la tranquille joie ; il a ainsi démontré l'absurdité et le néant de l'agitation stérile. Il n'exerce aucune fonction et ne sort de son repos que pour se livrer au bel art de la chasse, montrant ainsi la noblesse de l'oisiveté raffinée et pensive, sans laquelle tous les hommes seraient des casseurs de cailloux. Il est ardemment, divinement, délicieusement propre, et cache soigneusement ses ordures ; n'est-ce pas déjà un immense avantage qu'il a sur beaucoup d'artistes, qui confondent la sincérité avec la platitude ? Mais bien plus, il veut que sa robe soit pure, lustrée, nette de toute souillure.Que cette robe soit de couleur cendrée, ou blanche comme la neige, ou de couleur fauve rayée de brun, ou bleue, car ô bonheur ! il y a des Chats bleus !le Chat la frotte, la peigne, la nettoie, la pare avec sa langue râpeuse et rose, jusqu'à ce qu'il l'ait rendue séduisante et lisse, enseignant ainsi en même temps l'idée de propreté et l'idée de parure ; et qu'est-ce que la civilisation a trouvé de plus ? Sans ce double et précieux attrait, quel serait l'avantage de madame de Maufrigneuse sur une marchande de pommes de la Râpée,ou plutôt quel ne serait pas son désavantage vis-à-vis de la robuste fille mal lavée ? Sous ce rapport, le moindre Chat surpasse de beaucoup les belles, les reines, les Médicis de la cour de Valois et de tout le seizième siècle, qui se bornaient à se parfumer, sans s'inquiéter du reste.

 

Aussi a-t-il servi d’incontestable modèle à la femme moderne. Comme un Chat ou comme une Chatte,elle est, elle existe, elle se repose, elle se mêle immobile à la splendeur des étoffes, et joue avec sa proie comme le Chat avec la souris, bien plus empressée à égorger sa victime qu'à la manger. Tels les Chats qui, au bout du compte, préfèrent de beaucoup le lait sucré aux souris, et jouent avec la proie vaincue par pur dandysme, exactement comme une coquette, la laissant fuir,s'évader, espérer la vie et posant ensuite sur elle une griffe impitoyable. Et c'est d'autant plus une simple volupté, que leurs courtes dents ne leur servent qu'à déchirer, et non à manger. Mais tout en eux a été combiné pour le piège,la surprise, l'attaque nocturne ; leurs admirables yeux qui se contractent et se dilatent d'une façon prodigieuse, y voient plus clair la nuit que le jour,et la pupille qui le jour est comme une étroite ligne, dans la nuit devient ronde et large, poudrée de sable d'or et pleine d'étincelles. Escarboucle ou émeraude vivante, elle n'est pas seulement lumineuse, elle est lumière. On sait que le grand Camoëns, n'ayant pas de quoi acheter une chandelle, son Chat lui prêta la clarté de ses prunelles pour écrire un chant des Lusiades. Certes,voilà une façon vraie et positive d'encourager la littérature, et je ne crois pas qu'aucun ministre de l'instruction publique en ait jamais fait autant. Bien certainement, en même temps qu'il l'éclairait, le bon Chat lui apportait sa moelleuse et douce robe à toucher, et venait chercher des caresses pour le plaisir qu'elles lui causaient, sentiment qui, ainsi que nous l'avons vu, blessait Buffon, mais ne saurait étonner un poète lyrique, trop voluptueux lui-même pour croire que les caresses doivent être recherchées dans un but austère et exempt de tout agrément personnel.

 

Peut-être y a-t-il des côtés par lesquels le Chat ne nous est pas supérieur ; en tout cas, ce n'est pas par sa charmante, fine, subtile et sensitive moustache, qui orne si bien son joli visage et qui, munie d'un tact exquis, le protège, le gouverne,l'avertit des obstacles, l'empêche de tomber dans les pièges. Comparez cette parure de luxe, cet outil de sécurité, cet appendice qui semble fait de rayons de lumière, avec notre moustache à nous, rude, inflexible, grossière, qui écrase et tue le baiser, et met entre nous et la femme aimée une barrière matérielle. Contrairement à la délicate moustache du Chat qui jamais n'obstrue et ne cache son petit museau rose, la moustache de l'homme, plus elle est d'un chef, d'un conducteur d'hommes, plus elle est belle et guerrière, plus elle rend la vie impossible ; c'est ainsi qu'une des plus belles moustaches modernes, celle du roi Victor-Emmanuel, qui lui coupait si bien le visage en deux comme une héroïque balafre, ne lui permettait pas de manger en public ;et, quand il mangeait tout seul, les portes bien closes, il fallait qu'il les relevât avec un foulard, dont il attachait les bouts derrière sa tête. Combien alors ne devait-il pas envier la moustache du Chat, qui se relève d'elle-même et toute seule, et ne le gêne en aucune façon dans les plus pompeux festins d'apparat !

 

Le Scapin gravé à l'eau-forte dans le Théâtre Italien du comédien Riccoboni a une moustache de Chat, et c'est justice, car le Chat botté est, bien plus que Dave, le père de tous les Scapins et de tous les Mascarilles. A l'époque où se passa cette belle histoire, le Chat voulut prouver, une fois pour toutes, que s'il n'est pas intrigant, c'est, non pas par impuissance de l'être, mais par un noble mépris pour l'art des Mazarin et des Talleyrand. Mais la diplomatie n'a rien qui dépasse ses aptitudes, et pour une fois qu'il voulut s'en mêler, il maria,comme on le sait, son maître, ou plutôt son ami, avec la fille d'un roi. Bien plus, il exécuta toute cette mission sans autres accessoires qu'un petit sac fermé par une coulisse, et une paire de bottes, et nous ne savons guère de ministres de France à l'étranger qui, pour arriver souvent à de plus minces résultats, se contenteraient d'un bagage si peu compliqué. A la certitude avec laquelle le Chat combina, ourdit son plan et l'exécuta sans une faute de composition, on pourrait voir en lui un auteur dramatique de premier ordre, etil le serait sans doute s'il n'eût préféré à tout sa noble et chère paresse.Toutefois il adore le théâtre, et il se plaît infiniment dans les coulisses, où il retrouve quelques-uns de ses instincts chez les comédiennes, essentiellement Chattes de leur nature. Notamment à la Comédie-Française, où depuis Molière s'entassent, accumulés à toutes les époques, des mobiliers d'un prix inestimable, des dynasties de Chats, commencées en même temps que les premières collections, protègent ces meubles et les serges, les damas, les lampas antiques, les tapisseries, les verdures, qui sans eux seraient dévorés par d'innombrables légions de souris. Ces braves sociétaires de la Chatterie comique, héritiers légitimes et directs de ceux que caressaient les belles mains de mademoiselle de Brie et d'Armande Béjart, étranglent les souris, non pour les manger, car la Comédie-Française est trop riche pour nourrir ses Chats d'une manière si sauvage et si primitive, mais par amour pour les délicates sculptures et les somptueuses et amusantes étoffes.

 

Cependant, à la comédie sensée et raisonnable du justicier Molière, le Chat qui, ayant été dieu, sait le fond des choses, préfère encore celle qui se joue dans la maison de Guignol,comme étant plus initiale et absolue. Tandis que le guerrier, le conquérant, le héros-monstre, le meurtrier difforme et couvert d'or éclatant, vêtu d'un pourpoint taillé dans l'azur du ciel et dans la pourpre des aurores, l'homme,Polichinelle en un mot, se sert, comme Thésée ou Hercule, d'un bâton qui est une massue, boit le vin de la joie, savoure son triomphe, et se plonge avec ravissement dans les voluptés et dans les crimes, battant le commissaire,pendant le bourreau à sa propre potence, et tirant la queue écarlate du diable; lui, le Chat, il est là, tranquillement assis, apaisé, calme, superbe,regardant ces turbulences avec l'indifférence d'un sage, et estimant qu'elles résument la vie avec une impartialité sereine. Là, il est dans son élément, il approuve tout, tandis qu'à la Comédie-Française, il fait quelquefois de la critique,et de la meilleure. On se souvient que par amitié pour la grande Rachel, laplus spirituelle parmi les femmes et aussi parmi les hommes qui vécurent de l’esprit, la belle madame Delphine de Girardin aux cheveux d'or se laissamordre par la muse tragique. Elle fit une tragédie, elle en fit deux, elle allait en faire d'autres ; nous allions perdre à la fois cette verve, cetesprit, ces vives historiettes, ces anecdotes sorties de la meilleure veine française, tout ce qui faisait la grâce, le charme, la séduction irrésistible de cette poétesse extra parisienne, et tout cela allait se noyer dans le vague océan des alexandrins récités par des acteurs affublés de barbes coupant la joue en deux, et tenues par des crochets qui reposent sur les oreilles.

 Comme personne ne songeait à sauver l'illustre femme menacée d'une tragédite chronique, le Chat y songea pour tout le monde,et se décida à faire un grand coup d'État. Au premier acte de Judith, tragédie,et précisément au moment où l'on parlait de tigres, un des Chats de la Comédie-Française (je le vois encore, maigre, efflanqué, noir, terrible,charmant !) s'élança sur la scène sans y avoir été provoqué par l'avertisseur,bondit, passa comme une flèche, sauta d'un rocher de toile peinte à un autre rocher de toile peinte, et, dans sa course vertigineuse, emporta la tragédie épouvantée, rendant ainsi à l'improvisation éblouissante, à la verve heureuse,à l'inspiration quotidienne, à l'historiette de Tallemant des Réaux merveilleusement ressuscitée, une femme qui, lorsqu'elle parlait avec Méry,avec Théophile Gautier, avec Balzac, les faisait paraître des causeurs pâles.Ce n'est aucun d'eux qui la sauva du songe, du récit de Théramène, de toute la friperie classique et qui la remit dans son vrai chemin ; non, c'est le Chat !

 

D'ailleurs, entre lui et les poètes, c'est une amitié profonde, sérieuse, éternelle, et qui ne peut finir. La Fontaine, qui mieux que personne a connu l'animal appelé : homme,mais qui, n'en déplaise à Lamartine, connaissait aussi les autres animaux, a peint le Chat sous la figure d'un conquérant, d'un Attila, d'un Alexandre, ou aussi d'un vieux malin ayant plus d'un tour dans son sac ; mais, pour la Chatte, il s'est contenté de ce beau titre, qui est toute une phrase significative et décisive : La Chatte métamorphosée en femme ! En effet, la Chatte est toute la femme ; elle est courtisane, si vous voulez, paresseusement étendue sur les coussins et écoutant les propos d'amour ; elle est aussi mère de famille, élevant, soignant, pomponnant ses petits, de la manière la plus touchante leur apprenant à grimper aux arbres, et les défendant contre leur père, qui pour un peu les mangerait, car en ménage, les mâles sont tous les mêmes, imbéciles et féroces. Lorsqu'à Saint-Pétersbourg, les femmes, avec leur petit museau rosé et rougi passent en calèches, emmitouflées des plus riches et soyeuses fourrures, elles sont alors l'idéal même de la femme, parce qu'elles ressemblent parfaitement à des Chattes ; elles font ron-ron, miaulent gentiment, parfois même égratignent, et, comme les Chattes, écoutent longuement les plaintes d'amour tandis que la brise glacée caresse cruellement leurs folles lèvres de rose.

 

Le divin Théophile Gautier, qui en un livre impérissable nous a raconté l'histoire de ses Chats et de ses Chattes blanches et noires, avait une Chatte qui mangeait à table, et à qui l'on mettait son couvert. Ses Chats, très instruits comme lui, comprenaient le langage humain, et si l'on disait devant eux de mauvais vers, frémissaient comme un fer rouge plongé dans l'eau vive. C'étaient eux qui faisaient attendre les visiteurs, leur montraient les sièges de damas pourpre, et les invitaient à regarder les tableaux pour prendre patience. Ne sachant pas aimer à demi, et respectant religieusement la liberté, Gautier leur livrait ses salons, son jardin, toute sa maison, et jusqu'à cette belle pièce meublée en chêne artistement sculpté, qui lui servait à la fois de chambre à coucher et de cabinet de travail. Mais Baudelaire, après les avoir chantés dans le sonnet sublime où il dit que l'Erèbe les eût pris pour ses coursiers si leur fierté pouvait être assouplie à un joug, Baudelaire les loge plus magnifiquement encore que ne le fait son ami, comme on peut le voir dans son LIIe poème,intitulé : Le Chat.

 

Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu'en son appartement,

Un beau Chat, fort, doux et charmant.

Quant il miaule, on l'entend à peine,

 

Tant son timbre est tendre et discret;

Mais, que sa voix s'apaise ou gronde,

Elle est toujours nette et profonde.

C'est là son charme et son secret.

 

Cette voix qui perle et qui filtre

Dans mon fond le plus ténébreux,

Me remplit comme un vers nombreux

Et me réjouit comme un philtre.

 

Loger dans la cervelle du poète de Spleen et idéal, certes ce n'est pas un honneur à dédaigner, et je me figure que le Chat devait avoir là une bien belle chambre, discrète,profonde, avec de moelleux divans, des ors brillants dans l'obscurité et de grandes fleurs étranges ; plus d'une femme sans doute y passa et voulut y demeurer ; mais elle était accaparée pour jamais par ces deux êtres familiers et divins : la Poésie et le chat, qui sont inséparables. Et le doux être pensif et mystérieux habite aussi dans la plus secrète solitude des cœurs féminins,jeunes et vieux. Dans l'École des Femmes de Molière, lorsqu'Arnolphe revient dans sa maison, s'informe de ce qui a pu se passer en son absence et demande anxieusement : "Quelle nouvelle ?" Agnès, la naïveté, l'innocence,l'âme en fleur, encore blanche comme un lys, ne trouve que ceci à lui répondre: "Le petit Chat est mort." De tous les évènements qui se sont succédés autour d'elle, même lorsque le rusé Amour commence à tendre autour d'elle son filet aux invisibles mailles, elle n'a retenu que cette tragédie :la mort du petit Chat, auprès de laquelle tout le reste n'est rien. Et connaissez-vous un plus beau cri envolé que celui-ci : "C'est la mère Michel qui a perdu son Chat !" Les autres vers de la chanson peuvent être absurdes, ils le sont et cela ne fait rien ; en ce premier vers sinistre et grandiose, le poète a tout dit, et il a montré la mère Michel désespérée,tordant ses bras, privée de celui qui dans sa vie absurde représentait la grâce, la caresse, la grandeur épique, l'idéal sans lequel ne peut vivre aucun être humain. Tout à l'heure elle était la compagne de la Rêverie, du Rythme visible, de la Pensée agile et mystique ; elle n'est plus à présent qu'une ruine en carton couleur d'amadou, cuisant sur un bleuissant feu de braise un miroton arrosé de ses larmes ridicules.

 

Le Chat peut être représenté dans son élégante réalité par un Oudry, ou de nos jours par un Lambert ; mais il partage avec l'homme seul le privilège d'affecter une forme qui peut être miraculeusement simplifiée et idéalisée par l'art, comme l'ont montré les antiques égyptiens et les ingénieux peintres japonais. Le Rendez-vous de Chats d’Édouard Manet, donné par Champfleury dans son livre, est un chef-d'œuvre qui fait rêver. Sur un toit éclairé par la lune, le Chat blanc aux oreilles dressées dessiné d'un trait initial, et le Chat noir rassemblé,attentif, aux moustaches hérissées, dont la queue relevée en S dessine dans l'air comme un audacieux paraphe, s'observent l'un l'autre, enveloppés dans la vaste solitude des cieux. A ce moment où dort l'homme fatigué et stupide,l'extase est à eux et l'espace infini ; ils ne peuvent plus être attristés parles innombrables lieux-communs que débite effrontément le roi de la création,ni par les pianos des amateurs pour lesquels ils éprouvent une horreur sacrée,puisqu'ils adorent la musique !

 

La couleur du poil, qui chez le Chat sauvage est toujours la même, varie à l'infini et offre toute sorte de nuances diverses chez le Chat domestique ; cela tient à ce que, comme nous, par l'éducation il devient coloriste et se fait alors l'artisan de sa propre beauté. Une autre différence plus grave, c'est que le Chat sauvage, ainsi que l'a observé Buffon, a les intestins d'un tiers moins larges que ceux du Chat civilisé ; cette simple remarque ne contient-elle pas en germe toute la Comédie de la Vie, et ne fait-elle pas deviner tout ce qu'il faut d'audace,d'obstination, de ruse à l'habitant des villes pour remplir ces terribles intestins qui lui ont été accordés avec une générosité si prodigue, sans les titres de rente qu'ils eussent rendus nécessaires ?

 

Le CHAT par THÉODORE DE BANVILLE.

 (1823-1891) , pièce datant de (1882).

Un couple de tourtereaux de Susan Herbert

Un couple de tourtereaux capté dans l'intimité de leur idylle

de Susan Herbert

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Le bois sacré: une esthétique poétique

12272990097?profile=original"Le bois sacré est un  "essai sur la poésie et la critique" de l'écrivain anglais Thomas Stearns Eliot (1888-1965) est son second ouvrage critique, publié en 1920. Il contient en germe la plupart des théories critiques et poétiques de l'auteur, théories qui devaient, autant que sa poésie, exercer une influence décisive sur la littérature contemporaine. L'ouvrage contient le fameux essai sur "La tradition et le talent individuel" publié pour la première fois en 1917. "Si nous abordons un poète sans préjugés, nous trouverons souvent que non seulement la meilleure partie de son oeuvre, mais aussi la plus originale, est celle où les poètes défunts, ses ancêtres, affirment le plus vigoureusement leur immortalité." Dans ce qui pourrait être la critique de sa propre "Terre vaine", Eliot expose ainsi sa conception de la place de la tradition dans le modernisme. Alors que pour les poètes de l'âge de Pope, la tradition était complète, parfaite et inchangeable, elle s'accroît et se complète sans cesse pour Eliot. Le devoir du poète est de la modifier, et de la modifier de la manière adéquate. "On n'hérite pas [du sens] de la tradition... Un grand effort est indispensable pour l'acquérir." Le sens historique prôné par Eliot implique la perception non seulement du passé, mais aussi du présent dans le passé, il est sens de l' éternel dans le temporel. Ce qui rend un écrivain conscient de sa place dans la tradition lui fixe aussi sa place parmi ses contemporains. L'auteur insiste donc sur l'unité nécessaire de l'oeuvre et de l'ordre, la dépersonnalisation de l'artiste et ses rapports avec une lignée spirituelle: "Le progrès de l' artiste est un sacrifice continuel, une abolition continuelle de sa personnalité", dans l'absorption de sa culture, l'établissement d'un sens communautaire et l'élimination du lyrisme personnel en poésie.

Insistant, dans "Le parfait critique" sur la liaison du critique et du poète, Eliot élabore une méthode d'exégèse et de comparaisons. S'intéressant plus à la poésie qu'aux concepts esthétiques et religieux, il cite fréquemment -Dante, Shakespeare, les symbolistes français-, tandis que par la suite il bannira les citations de ses oeuvres critiques. Il consacre des pages vibrantes aux dramaturges élisabéthains; il parle des critiques contemporains qui partagent ses conceptions; dénonce l'expression d'un romantisme décadent dans les vues et les vers de Swinburne; de William Blake, il fait un poète de génie que les circonstances culturelles empêchèrent de devenir l'égal de Dante -l'archi-poète- auquel sont consacrées de longues pages annonçant l'essai de 1929 ("Dante"). Eliot reconnaît sa dette envers Remy de Gourmont dont il utilise certaines théories. Dans sa préface à l'édition de 1928 du "Bois sacré", l'auteur, qui s'est entre-temps converti à l' anglicanisme, suggère que cet ouvrage représente un stade premier et dépassé, non pas de ses convictions, mais de ses préoccupations. par la suite, il se détournera en effet de la poésie en tant que poésie pour examiner les rapports et les affinités de la poésie avec les manifestations sociales et religieuses d'une époque. C'est ce qui fait de cet ouvrage de jeunesse un instrument de choix pour l'étude de ses propres théories d' esthétique poétique.

 

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Un baiser matinal

 

Doux ami

On dit qu'il est des eaux au pouvoir mirifique

Et des lieux de prières où certains voeux s'exaucent.

Je connais un zéphyr qui ravive l'espoir

Quand des nuages gris paraissent attristants.

Se pose sur ma joue, avec délicatesse,

Un baiser matinal léger comme une plume.

En te rendant, pensif, au labeur quotidien,

Tu confies au hasard ta tendresse pour moi.

24 juillet 1988

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À l'abri et pourtant...

 

Je riais sans raison, sans cesse, je m'attriste.

La beauté me comblait, m'emplissait de ferveur.

J'applaudissais, ravie, poètes et artistes.

Ma joie s'en est allée, faisant place à la peur.

Certes, je m'attendris face à un bel enfant.

Je sais que le décor nous cache les coulisses,

Que la laideur, l'envie, en maints endroits se glissent.

J'ai cessé de rêver et je n'ai pas vingt ans!

Alger 28 décembre 1944

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UNE PETITE MUSIQUE...

Violons, cuivres ou piano

Et le sanglot d'une guitare...

Là, dans la nuit me sens bizarre,

Recroquevillée sur des bobos?

La musique d'un cœur qui frissonne

Dans notes floues d'un désespoir...

Enfuie la crainte de trop de noir

Mais oui, peut être beau l'automne!

Ce goût ardent de plénitude

Cueillir un bouquet de pensées...

Si l'amour nous tient éveillée

Peut bien nier la solitude!

Fermer les yeux sur des instants

Et les engranger dans le cœur

Pour chasser sans doute les peurs

Garder des pépites de temps!

Violons, cuivres et piano.

Et le sanglot d'une guitare...

Cette nuit ce n'est pas le hasard

Si des yeux font le monde beau!

J.G.

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administrateur théâtres

12272986495?profile=original12272987082?profile=original12272987684?profile=originalLes bavards


Le public et les amis du Lions Club en tenues de soirée et tenues de ville, se sont pressés dans la salle du Centre Culturel de Woluwe Saint-Pierre le 18 janvier dernier pour applaudir un spectacle débordant de bonne humeur et de vitalité. En effet le spectacle de Gala de la section 112C célébrant le jumelage avec la section du Lions de Paris présentait  le charmant opéra bouffe « Les bavards » de Jacques Offenbach.


 Une soirée placée bien évidemment  sous le signe de la générosité puisque les bénéfices vont intégralement  à Cap 48 que le Lions Club soutient depuis maintenant 9 ans. « Les bavards », un petit chef-d’œuvre musical aux accents mozartiens fut créé aux Bouffes Parisiennes en 1862. Il fut  écrit pour le théâtre à Bad Ems, une station estivale à la mode, où les riches touristes côtoyaient la  noblesse lors de leurs séjours aux sources thermales.  Offenbach lui-même y cherchait la guérison ou le soulagement  de ses accès de goutte chronique. Lors de ses séjours, ce toxicomane de la roulette a également  perdu plusieurs fortunes sur les tables de jeu de ce charmant lieu de villégiature.

 L'action des  « Bavards »  met en scène un jeune poète noble mais impécunieux, amoureux bien sûr  et  que la volubilité de  parole hautement vertigineuse servira  pour le rhabiller de pied en cape, lui faire gagner un pari et remettre ses finances à flot. En prime, une façon élégante de s’introduire chez la belle à l’insu de son oncle Sarmiento. Il a  promis à celui-ci de réussir à  faire taire l’irrépressible  bavardage de  sa femme Beatrix (une impérieuse Pati Helen-Kent).  Et voilà le vieux barbon (joué brillamment par  le  très réputé Chris De Moor)  affublé de deux bavards invétérés dans sa maison! Qu’importe, après une série d’intrigues et une scène de silence extravagante où la salle entière n’en peut plus de rire, Roland sera enfin récompensé par le tuteur et une fois réargenté (!) obtiendra la main de la jeune fille!

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Cette œuvre musicale se doit d’être jouée avec brio, élégance et vivacité. Le tout jeune chef d’orchestre Ayrton Desimpelaere a saisi la balle au bond et nous a conçu une mise en musique limpide et élégante. Il allie un grand sérieux et une connivence naturelle  avec les solistes et le chœur. Tout est joué avec précision extrême et justesse de ton : du lyrique au comique  il y a ce qu’il faut d’humour pour les scènes où le ridicule fait rire le spectateur aux éclats. Usant d’une gestique sobre, il souligne  avec délicatesse les tranches de bavardage, le bruit argentin des sous, les coups de théâtre et la  vie passionnée de Christobal, l’alcade de la ville et  de son greffier.  L’aspect farce  satirique  n’empêche pas une exquise légèreté.  Et, sensualité parfois.   Ce jeune chef  en herbe d’à peine 23 ans  réussit à donner une très belle musicalité dans une salle habillée de  moquette qui pourrait en assourdir les sonorités.  L’œuvre musicale est prise à bras le corps, les dialogues avec les comédiens-chanteurs sont subtils et finement ciselés.  C’est le plus souvent la richesse des mélodies qui séduit et le rythme enjoué de l’ensemble. Malgré la légèreté du propos, pas l’ombre d’un ennui ou d’un bâillement devant cette œuvre qui pourrait nous sembler dater quelque peu par les accents misogynes d’une autre époque. La fraicheur extrême de l’interprétation a séduit et a fait de cette petite fantaisie théâtrale une source d’émerveillement moderne. La comparaison des époques étant déjà en soi une source naturelle d’hilarité! 


Le décor et la mise en scène sont aussi responsables du succès du spectacle: ils sont  aussi volubiles et pittoresques que le texte. On a devant les yeux le bouillant folklore de la rue animée, le palais orgueilleux et tous les accessoires de la chaude Espagne passionnelle. Il y a la grande richesse scénique d’un opéra où le chœur très présent évolue selon une chorégraphie bien huilée et où des danses de  flamencos torrides virevoltent sur les parties instrumentales. La distribution étincelante est dirigée par la chorégraphe, danseuse, chanteuse, professeur de danse et metteuse en scène : Maria Angela Gonzales Sanchez. Elle a signé la chorégraphie de la « Mélodie du bonheur » avec Ars Lyrica au PBA de Charleroi, Bruxelles, Cirque Royal et Forum de Liège.

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Lionel Couchard a interprété le rôle de Roland, le jouvenceau, avec beaucoup d’à-propos et d’intelligence. Sa voix chaude, son énergie primesautière et sa présence scénique donnent une réelle envergure à l’ensemble. On le retrouvera dans le rôle-titre de « Orphée aux enfers » d’Offenbach présenté en février 2014 pour la ville de Neuilly.  Cécile Lastchenko est également passionnée par le chant lyrique et se produit régulièrement à L’opéra  Royal de Wallonie. Nous l’avons applaudie dans le rôle de Susanna dans « les noces de Figaro «  de Mozart au théâtre royal du Parc. Le rôle d’Ines qu’elle interprète dans « Les bavards » est  pure gourmandise. Malicieuse comme chez Molière, elle conquiert le public dès la première scène galante avec Roland. Elle traite sa tante et son oncle avec une savoureuse dose d’humour et d’impertinence. On sait tout de suite que la jeunesse et la joie de vivre auront le dernier mot.  Mais la plus belle voix est  sûrement celle du greffier qui flanque le seigneur de la ville. Elle épouse avec éclat  leurs ardents ébats amoureux aussi drôles qu’emphatiques. Il s’agit de  Joanne Deom, soprano  vive,  puissante et sensuelle qui donne une réplique sidérante  à Cristobal, l’excellent  baryton Marco Zelaya. … C’était Lopez de la Plata dans l’opéra « L’amant Jaloux » de Grétry l’été dernier, un rôle qui lui allait aussi à ravir! Bref un spectacle de Gala qui regorge de vitalité et de fraîcheur fort bienvenues.


L’ensemble Pizzicato dirigé par Ayrton Desimpelaere est un orchestre de 13 musiciens pétulants issus des Conservatoires royaux de Belgique. La première représentation des « Bavards » a eu lieu au château de Marcilly sur Maulne en juillet 2013. Une pépite à haut potentiel?

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www.crescendo-magazine.be/author/adsimpelaere/‎

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Pour te dire merci

 

Doux ami,

 

Tout travail mérite salaire

Et cadeau reçu récompense.

À offrir on peut se complaire,

On se substitue à la chance.

 

Celui qui reçoit un présent,

Ému et maintes fois ravi,

Veut souvent rendre, aux cours des ans,

Obligé ou en a l’envie

 

On dit merci différemment.

Un sonnet est, certainement,

Un cadeau fruit de la tendresse.

 

J’inscris dans celui-ci ma joie,

Mes voeux de santé et ma foi.

Reçois-le comme une caresse.

 

20 mars 2006

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Comme de beaux oiseaux posés

 

 

Ma vie s'est métamorphosée.
Dans la mine où gît mon vécu,
Instants cristallisés perdus,
Pénètre une ondée de rosée.

Dans la mine où gît mon vécu,
Mes tentations les plus osées,
Pénètre une ondée de rosée.
Le Temps se révèle vaincu.

Mes tentations les plus osées,
Mes espoirs fous ont survécu.
Le Temps se révèle vaincu.
L'esprit les garde reposés.

Mes espoirs fous ont survécu,
Comme de beaux oiseaux posés.
L'esprit les garde reposés,
Dans le Vent de Vie revenu.

Comme de beaux oiseaux posés,
Après un séjour dans les nues,
Dans le Vent de Vie revenu,
Mes instants d'émois exposés.

30/6/2004

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Bonsoir, Bonjour, 

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Alors accueillez nos meilleurs voeux avec tendresse, et surtout soyez en Joie !

Et n'oubliez pas : "Sans la Musique, la Vie serait une erreur"...

A tout bientôt en Musique. Bien entendu.

Peio

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