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UN SECOND HYMNE NATIONAL

... symbole de l'unité italienne. Nabucco raconte l'histoire biblique de l'exil juif à Babylone. Le souverain cruel Nabucco devient impliqué dans une lutte de pouvoir avec sa fille Abigaille, dans laquelle il sera finalement vaincu et les Juifs  pourront retrouver leur liberté. 

Le génie de Giuseppe Verdi réside dans la formidable tension dramatique qui tend ses opéras et l’irrésistible beauté de ses mélodies. Nabucco, narrant un célèbre épisode biblique, contient en son sein les revendications d’indépendance du peuple italien soumis depuis trop longtemps à la domination étrangère. Parmi les passions humaines exprimées par les superbes airs, se trouve un chœur sublime. Le peuple juif y chante la nostalgie de son pays. Va pensiero, mélodie simple et pure par excellence devient, dès la création, un symbole de l’unité du peuple italien. Aujourd'hui, ce second hymne national a franchi les frontières et exprime la douleur de toutes les oppressions.

Pour ce chef-d’œuvre qui déclencha une véritable ferveur à La Scala de Milan lors de sa création en 1841 et qui fera de Verdi le musicien le plus célèbre d’Italie, une double et prestigieuse distribution s’impose. Nous retrouverons le grand Leo Nucci qui partagera le rôle-titre avec Ionut Pascu. Abigaille sera incarnée par les deux sopranos Virginia Tola et Tatiana Melnychenko. A la direction musicale, nous retrouvons Paolo Arrivabeni pour qui ce spectacle revêtira une signification particulière puisque c’est le premier ouvrage qu’il ait dirigé à Liège.

 Nabucco est de retour dans une mise en scène de Stefano Mazzonis di Pralafera pour une nouvelle coproduction de l’Israeli Opera de Tel Aviv et de l'Opéra Royal de Wallonie-Liège.
 

Le destin  a frappé Verdi encore une fois, le 18 juin 1840: ce jour-là, sa tendre et douce Margherita est emportée par une encéphalite, à 26 ans, huit mois après le petit Icilio, deux ans après la jolie Virginia, leurs deux enfants.

Verdi est effondré, seul, au bord du suicide En panne d'inspiration, écrasé par les coups du destin - ses deux enfants puis sa femme meurent à quelques mois d'intervalle -, le compositeur est au bord du gouffre lorsqu'on lui confie le livret de ce qui va devenir... Nabucco.

C'est dans cet état d'abattement qu'il doit achever la composition de son opéra bouffe: on imagine aisément combien la verve comique est éloignée de son esprit. Il vient pourtant à bout de la partition, en homme scrupuleux envers ses engagements. Et, le 5 septembre 1840, la Scala crée cette deuxième œuvre de Verdi, Un giorno di regno, en présence du compositeur, tout de noir vêtu, le cœur brisé, l'esprit martyrisé. C'est un échec complet. L'opéra ne sera représenté qu'une seule fois, comme si son titre, Un giorno di regno, avait été prémonitoire.

L'hiver vient. Un soir de décembre, Verdi traverse comme un somnambule la grande place du Duomo de Milan. Machinalement, il essuie de la main sa courte barbe noire où le brouillard se fige en gouttes au goût de larmes. Soudain, il manque se heurter à un homme. C'est Merelli, le directeur de la Scala. Ecoutons leur dialogue.

Merelli  - Ah! Ça alors! Verdi!

Verdi  - Bonsoir, monsieur Merelli.

Merelli  - Comment allez-vous, mon cher Verdi?

Verdi  - Mal...

Merelli  - Mais non, mais non, il ne faut pas vous laisser abattre. Il faut réagir, il faut rebondir. Tous les compositeurs connaissent des fours, vous savez! C'est bien malheureux pour nous mais c'est comme ça. Mais (il sort de sa poche une liasse de feuillets) tenez, cet imbécile de Nicolaï vient de me refuser ce livret, un livret superbe pourtant...

Verdi  - Je ne composerai plus jamais!

Merelli  - Allons, ne dites pas cela! Lisez-moi ce manuscrit...

Verdi  - Non, vous dis-je, plus une note, plus jamais, rien.

Merelli  - Ne soyez pas borné, que diable! et lisez-le au moins, cela ne peut pas vous faire de mal!

Verdi  - C'est inutile, je ne veux plus composer. Plus jamais.

Merelli  - Eh bien, lisez-le au moins pour me donner votre avis sur ce livret.

Avec un geste de lassitude, Verdi fourre la liasse de feuillets dans sa poche et s'éloigne lentement.

De retour dans sa chambre grisâtre, Giuseppe jette le manuscrit sur la table et ses yeux tombent sur quelques vers au milieu des pages éparpillées: «Va, pensiero, sull'ali dorate...». Il a relu récemment ce passage de la Bible narrant les malheurs du peuple juif jeté dans l'esclavage et l'exil. Dans la froidure de la nuit, le sommeil ne vient pas. «Va, pensiero...» Il se relève, rallume sa bougie et lit, relit et relit encore le manuscrit... Au petit matin, il pose quelques notes sous un vers, en griffonne d'autres durant la journée ; un autre jour, il trace une phrase mélodique pour un chœur... et, un an plus tard, l'opéra est composé. Les épaules encore voûtées par le malheur, Verdi se fait recevoir à la Scala par Merelli, qui lit son opéra, s'enflamme, s'exclame, appelle sa chère Strepponi, à laquelle il décide de confier le rôle féminin principal. Car il va le créer, cet opéra, et au plus vite, au moment du Carnaval.

Durant les répétitions, tout le personnel de la Scala est comme électrisé, chacun perçoit que c'est un tournant de l'histoire de l'opéra qui se dessine. Seul Verdi demeure sombre, comme si l'intérieur de son corps était vidé. C'est tout de noir vêtu qu'il se rend, le 9 mars 1842, à la Scala. Et la soirée n'est qu'un long triomphe: Nabucco fait renaître Verdi, qui pleure de joie - de désespoir, aussi, en songeant à celle qui n'est plus là, la belle Margherita, à ses enfants qu'il a portés en terre. Et pourtant les bravos ne cessent pas. Il doit venir saluer sur scène et le fait gauchement. Mais ces acclamations sans fin commencent lentement à lui réchauffer le cœur.

Ce sera le même triomphe à la deuxième représentation. Puis aux suivantes. Prévu pour huit représentations, Nabucco en atteindra 57 en trois mois: record absolu, et inégalé, pour la Scala ! un événement unique dans l’histoire du théâtre milanais et franchit ensuite les Alpes : Vienne, Lisbonne, Berlin, Stuttgart, Paris, Londres et même Barcelone. «Ma carrière a vraiment commencé avec Nabucco», dira-t-il quelques années plus tard. Après le terrible fiasco d'Un jour de règne près de deux ans plus tôt, c'est un règne de près de soixante ans, jusqu'à sa mort en 1901, qui débute pour Verdi.

Le 9 mars 1842, Nabucco, le troisième opéra de Verdi, est présenté à la Scala de Milan, après seulement douze jours de répétitions. Donizetti est dans la salle. Malgré la période du carnaval – Verdi s’était montré intransigeant sur le choix de la date, voulant absolument éviter la période du carême vu le sujet –, la représentation rencontre un énorme succès. Et ce malgré les conditions vocales difficiles de Giuseppina Strepponi – elle deviendra sa deuxième femme dix-sept ans après cette malheureuse représentation – qui incarnait alors le rôle ardu d’Abigaille aux côtés du baryton donizettien Giorgio Ronconi dans le rôle du roi babylonien.

 

Aujourd’hui, Nabucco a presque la saveur d’une lutte épique entre la providence qui lui a donné à voir la page la plus célèbre de l’opéra et Verdi lui-même qui, lecteur de la Bible, mais également agnostique tourmenté, s’est retrouvé envahi par une espèce de « fureur sacrée ». C’est d’ailleurs précisément sur cette image du chant des esclaves qu’il a libéré toute sa puissance créative. Ce chœur solennel, triste, puis lumineux, Va Pensiero, est le onzième numéro de l’opéra et anticipe la prophétie de Zaccaria, avec laquelle se clôture le troisième acte. Non seulement un adieu à la liberté, mais également un adieu à la vie. Adieu à la liberté et à la vie qu’il faudrait toujours débarrasser de la rhétorique et de tout lien à des faits politiques italiens passés et contemporains – également au niveau des arrangements scéniques – et ramener à la saveur biblique, plus dense, universelle et grandiose, associée au début de la captivité de Babylone, une prière entonnée par tout le peuple, comme l’a très justement fait remarqué Rossini, qui l’a définie comme « une grande aria pour sopranos, contraltos, ténors et basses ». Qu’a donc vu cet artiste – jeune (il n’avait que vingt-huit ans à l’époque), mais déjà plein de charisme et d’une « simplicité fascinante » – dans ce peuple enchaîné chantant à la « patria belle e perduta » (belle patrie perdue) et priant pour que cette « patire » (souffrance) se transforme en « virtù » (vertu) ?

Le psaume 137 est le seul des 150 psaumes à évoquer l'exil à Babylone qui a suivi la prise de Jérusalem par le roi de Babylone Nabuchodonosor en 586 av. J.-C. Selon la tradition rabbinique, il a été écrit par le prophète Jérémie. En latin: Super flumina Babylonis.

DIRECTION MUSICALE : Paolo Arrivabeni 

 MISE EN SCÈNE : Stefano Mazzonis di Pralafera 

CHEF DES CHŒURS : Pierre Iodice 

ARTISTES : Leo Nucci, Ionut Pascu, Virginia Tola, Tatiana Melnychenko,Orlin Anastassov, Enrico Iori, Giulio Pelligra, Cristian Mogosan, Na’ama Goldman, Roger Joakim, Anne Renouprez,Papuna Tchuradze 

9 DATES : Du mardi, 18/10/2016 au samedi, 29/10/2016 

http://www.operaliege.be/fr/activites/nabucco

Va, pensiero, sull’ali dorate;
Va, ti posa sui clivi, sui colli,
Ove olezzano tepide e molli
L'aure dolci del suolo natal!

Del Giordano le rive saluta,
Di Sionne le torri atterrate...
Oh mia patria sì bella e perduta!
Oh membranza sì cara e fatal!

Arpa d'or dei fatidici vati,
Perché muta dal salice pendi?
Le memorie nel petto raccendi,
Ci favella del tempo che fu!

O simile di Solima ai fati
Traggi un suono di crudo lamento,
O t'ispiri il Signore un concento
Che ne infonda al patire virtù!

Va, pensée, sur tes ailes dorées ;
Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,
Où embaument, tièdes et suaves,
Les douces brises du sol natal !

Salue les rives du Jourdain,
Les tours abattues de Sion ...
Oh ma patrie si belle et perdue !
Ô souvenir si cher et funeste !

Harpe d'or des devins fatidiques,
Pourquoi, muette, pends-tu au saule ?
Rallume les souvenirs dans le cœur,
Parle-nous du temps passé !

Semblable au destin de Solime
Joue le son d'une cruelle lamentation
Ou bien que le Seigneur t'inspire une harmonie
Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances !

Sources

-(Extraits choisis de l’article de Luca Pellegrini dans le numéro spécial du magazine « L’Opéra » consacré, en septembre 2016, à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège)

-Alain Duault

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabucco

https://www.opera-online.com/items/works/nabucco-solera-verdi-1842

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J'aimerais danser

J'aimerais danser
comme oiseau qui vole.

J'aimerais danser
comme poisson nage.

J'aimerais danser
comme tige penche.

J'aimerais danser
comme blé au vent.


J'aimerais danser
comme neige tombe.

J'aimerais danser
comme un papillon.

J'aimerais danser
dans un tourbillon.

J'aimerais danser
au son de ma joie.

Danser et danser

pour toi et pour moi.

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et danser
pour toi et pour moi.

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administrateur théâtres

02_4436.jpg"Le roi nu"

Présenté au Festival d’Avignon cet été et joué sous chapiteau à Louvain-la-Neuve les derniers jours de septembre, Le Roi nu  a fait recette. Cette  collaboration artistique  entre l’Atelier Jean Vilar, la Maison Ephémère et les Baladins du Miroir se base sur une pièce écrite en 1934 par Evguéni Schwartz,  auteur russe dénonçant le régime totalitaire.

 La recette : inspirée  du savant mélange de  trois contes d’Andersen (La Princesse au petit pois, Le Garçon porcher et Les Habits neufs de l’empereur), l’auteur a désossé les nervures du conte traditionnel pour  les fondre dans une fable moderne percutante. La mise en scène jubilatoire a  chemisé le tout  de chorégraphie musclée, de costumes et grimages aussi savoureux que satiriques et et aromatisé l’ensemble de musiques étincelantes balançant  entre rock et chansons d’amour. La pièce montée finit par prendre des allures de joyeuse comédie musicale tellement l’orchestration des nez de cochon et les versets chantés sont joyeusement cadencés. Il restera sur vos papilles un goût caramélisé de divertissement et le zeste d'une vive leçon donnée aux grands de ce monde, ou à ceux qui se croient l’être. Sublime pâté d'alouettes!

Henri  - un garçon porcher, pas le roi de la poule au pot -  aime Henriette, la fille d’un Roi.   Henriette est  bien sûr contrariée dans ses amours ancillaires et envoyée sur le champ comme promise au « Roi d’à côté » qui n’a rien du charme de Riquet à la Houppe ni d'un quelconque crooner. Jusque-là,  décemment vêtu de munificents atours et halluciné par  sa propre splendeur, il  rêve seulement de se procurer une nymphe pure et de noble race ! Rien que cela, lui qui est difforme, laid, vieux, égoïste et absolument rébarbatif !  « Le faste, voilà le grand soutien du trône! » clame-t-il, sans rire ! Ce sera sa perte !   

On assiste aux multiples préparatifs du mariage sur fond de folie et de  vulgarité, épicée de parodies  où l’on rit de très bon cœur. Le public applaudirait bien debout car toute la classe gouvernante sans classe, d’ici et d’ailleurs est dans le viseur. Le jeune porcher - il est beau comme un berger ! - est bien déterminé à déjouer les arrangements parentaux et la bergère est tout-à-fait d’accord.  Leurs  atouts sont la sincérité, la grâce, l’intelligence, mais surtout, l’amour. De stratagème en stratagème, on s’achemine vers la victoire incontestable des tourtereaux et la chute délectable d’un roi totalement mis à nu.

Le grain de sel : secouez ce merveilleux sac à malices,  ajoutez une bonne dose  d‘étoiles dans les yeux et conseillez le spectacle à 10 de vos meilleurs amis,  si par aventure, le chapiteau en liesse plantait son décor à deux pas de chez eux ! 

Balançons donc leur programme, à ces merveilleux Baladins du Miroir et vivent les alouettes! 

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Le Roi nu

Evguéni Schwartz

Traduction André Markowicz
Mise en scène Guy Theunissen
Avec Hugo Adam, Line Adam, Allan Bertin, Andreas Christou, Stéphanie Coppé, Joséphine De Surmont, Monique Gelders, Aurélie Goudaer, François Houart, Geneviève Knoops, Diego Lopez Saez, David Matarasso, Virginie Pierre

  • Création
  • 20 septembre au 3 octobre 2016
  • Sous chapiteau - Parking Baudouin Ier
  • Durée : 2h30 entracte compris

Bruxelles

LE ROI NU
09/12/2016 - 18/12/2016
Place André Payfa Fosseprez
NOUVEAU SPECTACLE !
LE ROI NU
03/02/2017 20:00 - 12/02/2017 16:00
Parc d'Avroy
En partenariat avec le Théâtre de Liège et le Ville de Liège
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Une rencontre JGobert

Dès que je l’aperçois, je sais que ma vie va changer. Cette certitude s'impose à moi sans en comprendre le sens réel, le pourquoi. Déjà, je cherche la raison de cette émotion que j'ai tant de mal à contenir. Le trouble passé, j’emplis mon esprit de petites choses, d'idées nouvelles, de moments soutenus pour m'étourdir.

Les jours, les semaines défilent. J’y pense sans arrêt. Quelques temps après, un vide m'envahit me laissant morose, triste, vague avec l’impression de ne pas savoir ce qui arrive. Rien jusqu'à ce jour n'a pu entraver ma vie. Une vie de femme libre, indépendante sans contrainte, sans avenant. Ce que j’ai établi est précieux. Je suis intraitable parfois rigoureuse. Mes amis remarquent un léger changement dans mon comportement.

Les vacances s’annoncent. J’en oublie presque cette étrange rencontre. J’ai besoin de me changer les idées. Avec détermination, je reprends le cours de ma vie, vive et joyeuse.

Un matin brumeux, une fine pluie m'oblige à accélérer le pas et le destin, au détour du chemin, me fige face à lui. Mon regard effleure le sien, le temps d'un instant. Je suis émue comme une jeune étudiante.

A l'abri de sa présence, je m'arrête. Je tremble de tout mon être. Mes larmes coulent doucement, délicatement. Rentrée chez moi, j’ai l'étrange sensation de n'avoir pas été à la hauteur, et fautive d'un sentiment nouveau.

Cette réaction me déchire et m'exaspère. Le destin me suit. Je suis impuissante devant cette confrontation inédite. J'admets être intriguée par cette personne, cet individu, ce jeune homme qui m'inquiète, qui m’attire.

Notre troisième rencontre n'est pas fortuite. J'ai le sentiment qu’il m'attend. D'un pas décidé, j'avance vers lui avec quiétude. J'imagine les mille façons de l’aborder, de lui parler. Arrivée à son hauteur, un simple bonjour m'accueille.

J'ai eu de longs jours pour réfléchir à ce garçon et à sa vie qui doit être très différente de la mienne. Inconsciemment, je l'accepte comme il est, étrange, insolite, hors de mes normes. Le bonheur m'envahit.

Après ce bonjour cordial et quelques amabilités de circonstance, il m'invite à prendre un café. Il me dit aussi qu'il m'a aperçue plusieurs fois et qu'il est heureux que j’accepte de lui parler.

Nait alors une amitié qui se construit, sincère, tendre entre nous. Nos rendez-vous sont joyeux, enchantés, heureux et se déroulent toujours dans un petit bistro du coin, un petit havre de paix dans ce quartier cosmopolite.

Un jour, il ne vient pas. Le lendemain non plus. Je n'ai que peu de renseignements sur lui. Il a disparu de ma vie. Ce vide m’affole, m'étrangle. Je deviens folle de cette absence. Une réaction totalement disproportionnée pour cette amitié naissante. Je reste cloîtrée chez moi ou je parcoure la ville à sa recherche. Mon père inquiet me rassure sur quelque chose qu'il ne connait pas. Je ne dis rien à personne. Je le garde secret.

J'ai le sentiment que plus rien ne sera comme avant. Que j'ai perdu l'essence même de ma vie. Les beaux jours ont disparu. Les mots n'ont pas suffi à exprimer, à formuler ce sentiment qui me tue et qu'il est désormais trop tard pour le faire. Je désespère. J'appelle en vain le destin pour qu'il me le rende, ou m'explique enfin cette absence.

Et le temps s'étiole, se fane et en vain, j'attends son retour. 
 

 


  

 

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Comptines et dessins d'enfants

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 Propos

Il est remarquable de constater le don qu'ont les enfants, même très jeunes, à restituer dans un dessin, l'émoi ou le plaisir, que leur a causé l'écoute d'un petit poème. 

Les détails qu'on y trouve, témoignent de leur compréhension et de leur sensibilité.

Je possède des centaines de charmantes images sur de petits rectangles de papier journal que je distribuais après chaque leçon à des enfants allophones auxquels j'enseignais le français sur une période de six ans.

J'ai composé à leur intention, des textes, toujours simples, sur des aspects de la vie quotidienne afin de les rendre sensibles à la nature.

 La répétition, par lecture au tableau, des comptines que je leur offrais permettait aux moins doués de les retenir et de les réciter individuellement.

J'ai mis, sur la toile, certains de ces textes afin que des parents puissent les proposer à leurs enfants, sans leur montrer d'images.

Les comptines, les poèmes, et les chansons, copiées, illustrées et mémorisées constituent une réserve de mots et de structures mais aussi d'humour et de poésie.

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Surprise!

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Quand l'été est fini,
on range les maillots
et on sort les manteaux.

On se sent un peu tristes.
Mais le soleil,
sur le chemin de l'école,
un matin nous fait signe:
- attendez!, attendez!

Et soudain, quelle joie!
On est entouré de couleurs.
L'automne est là.

 

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L'automne

 

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   C'est la fête de la Nature;

Tous les arbres sont somptueux

On est surpris et puis heureux,

en voyant tous ces coloris :

 

de l'or, de l'orange, du rouge

du  brun  foncé et du vert clair.

Quand nous marchons, en souriant,

Notre sourire dit merci.

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Quand arrive l'automne

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Le coeur a ses raisons qui restent ses secrets
Et que nous respectons confiants et discrets.
Ô saisons des récoltes riches et savoureuses,
Mémorables à jamais, tellement généreuses!

Quand arrive l'automne, à l'étrange senteur,
On s'étonne ébloui du feu de ses couleurs.
On se trouve plongé dans cette transcendance
Que crée le merveilleux dans un parfait silence.


L'énergie automnale agit comme une grâce
Si l'âme sans émois, sans défis était lasse.
Elle donne souvent un regain de ferveur,
Qui incite l'esprit à être créateur.


Or graduellement, la féerie prend fin.
Des tapis déchirés recouvrent les jardins,
On y trouve des fleurs flétries, des feuilles mortes.
Mais l'énergie subsiste rendant l'âme plus forte.


21/9/2004

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Son livre à « Mon’s livre »

Je m’appelle Pipina et je suis la porte-parole de ma maîtresse, Antonia Iliescu.
Elle a le plaisir de vous inviter à une séance de dédicace lors du baptême de son bambin, « L’arche de Naé » ou « Les souvenirs d’un chien émancipé », né en juin 2016, aux Éditions Edilivre.

12273188673?profile=originalL’heureux évènement aura lieu le 27 novembre 2016 à la Foire du livre de Mons, entre 10 h et 18 h, au stand de l’éditeur Edilivre.

Adresse (Entrée visiteurs) :

Avenue Abel Dubois  
7000 Mons (Belgique)

Entrée libre.

(détails pratiques : http://www.monslivre.be/informations-pratiques_4727775.html )

Pour un premier contact avec le bébé, je vous invite à regarder le clip :

https://www.youtube.com/watch?v=86S9FhfJBHI

et à lire l’interview écrit de ma maîtresse :
https://www.edilivre.com/communaute/2016/06/24/rencontre-avec-antonia-iliescu-auteur-de-larche-de-nae/#.V_JEWs5OI1I



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Promenade dans les Laurentides

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Au commencement cet automne,
La tiédeur de l'air nous étonne.
Sa puissante magnificence
Nous fascine dans le silence.

Sont flamboyantes ce matin,
Les montagnes, vastes jardins.
Sur leurs pentes multicolores,
Des arbres fleurissent encore.

L'harmonie plane parfaite
Pendant cette brillante fête.
Je la ressens avec émoi.
Elle contribue à ma joie.

Des photos captent des couleurs,
Des parcelles de la splendeur,
De grisantes métamorphoses,
De l'indicible apothéose.

2 octobre 2016

 

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LE CIEL EST BAS (écrite en 2013 à Montillot, Yonne)

LE CIEL EST BAS

 

 Le ciel est bas 

Si haut naguère

Je ne sais pas

Si c'est la guerre

 

Les champs sont froids

Ils n'ont pas l'air

D'être les rois 

De cet enfer

 

Les apparences

Seraient trompeuses

Incohérences

Joies malheureuses

 

Sur le billot

L'âme dispose

D'un rêve idiot

Pour une rose

 

La terre est morte

Et j'ai du sang

Dans l'oeil. La porte

M'ouvre en passant

 

Montrant les dents

Serrant les poings

Un livre attend

Sur le chemin

 

Qu'est-ce que tu fais

Tout seul poème

Toi tu savais

Dire je t'aime

 

Dans l'aube grise

L'hiver te prend

Après la crise

Tu es plus grand

 

Le monde change

Ou s'habitue

Ici un ange

Serait perdu

 

Pourtant ma peau

S'est refermée

Le monde est beau

Quand vous l'aimez

 

Le ciel est bas

Mais la chaleur

Conduit mes pas

Vers une fleur

 

Elle m'a dit

C'est la saison

Je suis sortie

De la maison

 

Le ciel est bas

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Errance

Au hasard d'une promenade ,je vis un champ de fleurs

qui s'étendait à perte de vue et semblait avoir englouti la terre.

Pourtant,à y regarder de plus près,une fleur se distinguait des autres.

Elle était plus haute,plus corpulente et semblait régner en ce lieu.

       Je m' en approchai ,et me surpris à lui parler

"Bonjour , dame fleur ,je vous vois si belle que l'envie de vous cueillir

    m'est venu à l'esprit...

Une voix,douce et mélodieuse,venant de nulle part,me tint ce langage .

 "N'en faites rien mon bon monsieur,il y aurait outrage".

Le vent s'étant levé ;

elle se mit à danser ,elle ondulait;

Sa tige ,si finement sculptée ,balayait l'air;

de gauche à  droite,elle se pliait aux caprices du vent ;

ses feuilles dotées d'un vert criant, frémissaient;

elles semblaient applaudir cette danse sacrée;

ses immenses pétales étaient tous déployés ,

d'un léger mouvement ,ils montaient et descendaient

 en un rythme orchestre.

 "Dites moi belle et majestueuse fleur des champs,

 je vous vois si frémissante que je persiste à vouloir vous prendre".

  Sachez,monsieur,que je ne puis m'en défendre ;

  Sachez que par cet acte,vous me tueriez,

 je ne pourrais plus danser et ravir les yeux des badauds"

  " Tant pis ,je ne puis résister ".

La pluie se mit à tomber avec  violence ;

comme pour laver ce geste insensé.

     

                                                 Bernard'auteur

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Regard

"Debout dans le tunnel sans Manche, je me place face au chevalet pour ne voir qu'un carré blanc telle une sorte d'invitation à ne pas montrer ou bien une sorte de balcon dans le vide (un film : réalisateur J.B. Leonetti).

C'est cela une dérive dans une atmosphère, un environnement qui devient une image cérébrale ou bien une abstraction céleste.

S'il y a une croyance, elle serait (peut être) divine.

Mais après coup, je ne vois qu'un tableau uniforme pour ceux qui accompagnent le semblant.

Puis à vrai dire, comme à faire, je vois dans cette plasticité, un univers subtil jusqu'à prononcer le titre de ce carré d'œuvre dés lors coloré : "l'arbre du tonnerre"(*).

J'avais seulement épluché les pêches de notre arbre qui avec le temps, accompagné d'une ondée prononcée, s'est évertué à produire, l'alchimie d'une sève et d'un fruit.

Nous en avons transformé la chaire en une compote suave surmontée d'une odeur pudique.

Et delà je me suis éclipsé; sans même, une correspondance à la dissimulation d'une source de lumière, dune 'inspiration, par un objet concret et, d'une transformation inouïe.

Alors je vois en ce format devenir une addiction de l'abstraction unique qui me confond en rien de couleurs.

J'y vois par delà se simple fait, une immensité de mouvements, de curiosités dans le fond des plis, des couleurs froissées, étirées et fondues.

Le couteau que je manipule avec fermeté, emporté par le vent de la musique à proximité, je coupe, étale et étire la pâte de sa viscosité.

Une abondance".

(*) Tableau en cour

E.D.

Écriture prompte.

10/2016

"Comme disait Georges Didi-Huberman - de qui m'a beaucoup fait réfléchir - un objet, une image ne peut pas être modeste en soi : c'est le regard, c'est notre regard qui les rend modestes"

Propos d'Hervé Di Rosa dans Art Press n°437 2ème Cahier".

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La terre est grande



La terre est grande, le monde est beau.
Les dames aux beaux chapeaux
Toisent des messieurs en leurs enclos
Qui parient sur des chevaux.

La ville est belle, les rues vivantes.
Des commerces aux vitrines luisantes
Appellent aux affaires urgentes
Des règles d’argent grisantes.

Les bureaux sont nombreux, majestueuses bâtisses.
Des têtes penchées s’y glissent
Dans des mots qui s’immiscent
Et des yeux en bas qui frémissent.

Les champs sont vastes, le blé est mûr.
Cette année le sol est dur,
Il pleut moins nous en sommes sûrs,
La route se fend aux pas plus durs.

La terre est grande, le monde est beau,
La ville est belle, les rues vivantes,
Les bureaux sont nombreux, majestueuses bâtisses,
Les champs sont vastes, les pas plus durs !

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Du 07 – 09 au 25 – 09 -16, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), a eu le plaisir de présenter les œuvres de l’artiste peintre française, Madame MARIE-CLAIRE HOUMEAU, au cours d’une exposition intitulée TRANSPARENCES.

TRANSPARENCES est avant tout une étude extrêmement fouillée sur la matière. Il faut entendre par là une étude sur la philosophie de la matière. En cela, son œuvre atteint une dimension métaphysique. A la fois par l’éclairage apporté au sujet traité, à savoir le verre, mais aussi par la mise en situation spatiale du même sujet.

Le verre, décliné sous les traits de l’ampoule et de la bouteille, le dénominateur commun entre ces deux objets, réside dans le fait qu’il s’agit de verre brisé, lequel, une fois reconstitué par le truchement de l’imaginaire, recompose la forme initiale : l’ampoule et la bouteille telles qu’elles existent dans la réalité.

L’artiste se sert de la peinture pour nous rappeler une leçon de physique : le verre, qu’il compose une forme définie ou qu’il soit réduit en brisures, demeure toujours du verre. Dès lors, l’artiste rend la matière virginale, virtuellement inaltérée. Forme et idée, même désarticulées, retournent à l’entité originelle.

L’AMPOULE BRISEE (80 x 80 cm – huile sur toile),

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gisant au sol rappelle sa fonction première : celle de diffuser la lumière. A la fois par ce qui reste de sa forme initiale : le verre ayant gardé sa morphologie convexe, avec ses côtés clair et obscur évoquant l’intérieur et l’extérieur de l’ampoule. Le ressort permettant le passage du courant et le culot destiné à être vissé à la lampe. Cela vaut pour la forme ou si l’on veut, pour le « concept ». Quant à l’idée, elle est exprimée par la brillance à outrance de l’arrière-plan, conçu dans un blanc éclatant, mettant en exergue la destination première de l’objet : celle d’illuminer l’espace.

Il en va de même en ce qui concerne la BOUTEILLE BLEUE (90 x 90 cm – huile sur toile).

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Ses débris reposent à même le sol. On éprouve le sentiment d’avoir devant soi les différentes pièces d’un puzzle devant être monté pour retrouver la forme originale. Le rôle de l’arrière-plan demeure le même : il met en relief les pièces éclatées pour en relever leur matérialité.

A l’instar de l’ampoule, la couleur acquiert une symbolique inconsciente. Le bleu de la bouteille contraste avec le blanc de l’espace enveloppant.

Ce qui confère à l’ensemble une atmosphère assez froide. Peut-être même dangereuse par certains aspects, car à effleurer la toile du doigt, on a le sentiment de pouvoir se couper.

Le verre est conçu dans toutes ses anfractuosités et ses transparences (d’où le titre de l’exposition). La symbolique menaçante et mystérieuse du bleu de la bouteille excite notre désir, en conjuguant notre peur du verre tranchant au désir de nous y plonger pour ressentir physiquement les effets de cet univers. Tandis qu’en ce qui concerne l’AMPOULE BRISEE (citée plus haut), la chaleur (même éteinte) qu’elle dégage nous inspire un sentiment de réconfort.

La matière (servante absolue du concept) et l’idée se conjuguent pour établir à partir de l’image, tout ce qu’il y a de faussement désagrégé et de déstructuré, obligeant ainsi le visiteur à lui conférer une âme, c'est-à-dire une dynamique à cet univers en suspension.

L’ensemble des pièces occupe, à la fois, le centre ainsi que les extrémités de l’espace. Le traitement de la bouteille est conçu presque en diagonale. Tandis que l’ampoule s’étale sur tout le centre de la composition, laissant à l’espace enveloppant (à l’avant comme à l’arrière-plan) la tâche de centrer le sujet dans un halo de lumière.

PLANETE EN FUMEE (80 x 80 cm – huile sur toile)

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participe de ce qui distingue la plupart des artistes d’aujourd’hui, à savoir la mise en scène d’une symbolique personnelle, très souvent associée à des problématiques contemporaines. Cette œuvre exprime symboliquement la décision irrévocable d’arrêter de fumer de la part de l’artiste. La sphère représente notre planète de laquelle s’échappe de la fumée. Il s’agit de la manifestation d’une libération personnelle associée au drame de la pollution. A l’instar de la BOUTEILLE BRISEE (citée plus haut), nous retrouvons la même note bleue mais exprimée en dégradés entremêlée au blanc. Santé personnelle et écologie sont ici intimement liées.

Techniquement considéré, l’artiste a d’abord abordé l’espace par le noir de l’arrière-plan, sur lequel elle a défini la sphère à la fois corporelle et terrestre, laquelle va en se libérant des chaînes de la pollution tabagique. Le bleu est ensuite appliqué par transparence, à partir de l’arrière-plan noir, représenté comme toxique. Cette œuvre se définit dialectiquement par rapport au mal (personnel et universel) à combattre. La lumière devient son aboutissement.

TRANSPARENCES est le résultat par lequel l’ombre se dilue pour faire place à la clarté. Elle participe d’une « brisure » (comme l’artiste le définit elle-même) dans sa vie personnelle.

Mais la fracture n’est pas destinée à demeurer telle quelle. La brisure n’est pas condamnée à suinter dans le pus du désespoir : elle devient la condition sine qua non à la reconstruction. Et cela se perçoit dans le sentiment du « puzzle » que le visiteur est tenté de reconstituer pour revenir à l’image basique de sa propre existence. Autodidacte, l’artiste peint depuis quinze ans. Elle a débuté par l’aquarelle qu’elle a pratiquée pendant cinq ans pour se diriger ensuite vers l’huile, utilisée de façon pure, sans adjuvants. Elle a voulu entamer son parcours créatif sans se référer à aucun nom de la peinture. Ce n’est qu’aujourd’hui, en constatant sa progression créatrice, qu’elle visite les principaux piliers de l’histoire de l’Art. Nul doute que le visiteur aura remarqué que l’artiste est attirée par les formes sphériques. Cela s’explique par la symbolique de la sphère, laquelle est, à la fois, une métaphore du globe terrestre ainsi que de l’œuf et du ventre féminin en gestation. Par conséquent, l’image de la sphère nous ramène à la vie. A la recherche de nouvelles idées, l’artiste compte persévérer dans ce cheminement créateur. Ses sujets précédents sont drastiquement différents de sa production actuelle. Mais on y décèle déjà la grande maîtrise du trait et surtout de la couleur dont elle semble être amoureuse. De son propre aveu, c’est la première fois qu’elle expose la thématique des sphères, curieuse de découvrir la réaction du visiteur.

MARIE-CLAIRE HOUMEAU analyse la brisure humaine et la met en scène à l’intérieur de l’espace pictural, lequel devient, par la sensualité à vif du traitement qu’elle lui accorde, celui de l’espace de l’âme.

François L. Speranza.

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Une publication
Arts
 
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Lettres

N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.

Robert Paul, éditeur responsable

A voir:

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza

 

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François Speranza et Marie-Claire Houmeau: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles

(25 septembre 2016 photo Robert Paul)

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Exposition Marie-Claire Houmeau à l'Espace Art Gallery en septembre 2016 - Photo Espace Art Gallery

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Joies

Des joies pourraient éclater continuellement, si on savait, si on était plus attentif. Une constellation infinie de petits points lumineux qui s'allument et s'éteignent, un incessant clignotement.
Des instants quelquefois très brefs et toujours radicalement neufs, qui régénèrent comme une bourrasque secoue les feuilles mortes ; des joies minuscules et qu'on n'attendait pas, qui reconstituent le bonheur ébréché par les épreuves, les chagrins ou les désillusions ; une foule de petites choses qui, sans procurer le bonheur, remplacent le manque de bonheur.

"Le mot 'joie': prendre le temps de penser à ce mot. Surpris qu'il me revienne tout à coup" (Ph Jaccottet, Carnets 68-79 )

" Que n’as-tu donc compris que tout bonheur est de rencontre et se présente à toi à chaque instant…Le rêve de demain est une joie, mais la joie de demain en est une autre, et rien heureusement ne ressemble au rêve qu’on s’en était fait, car c’est différemment que vaut chaque chose " (André Gide, Les Nourritures terrestres).

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La plus belle façon de dire


C'est bien souvent dans la nature
Que nous surprend la poésie.
Par la grâce de l'écriture,
Elle peut être recueillie.

Des mots précis rendent sensibles
Les sentiments qu'elle provoque.
Or impropres ou inaccessibles,
En font des émois équivoques.

L'imaginaire poétique
Peut créer de l'exaltation
Mais s'il est trop énigmatique,
Il produit de la confusion.

De fervents intellectuels,
Qui se cloîtrent dans leur maison,
Se fabriquent du surréel
N'ayant ni rimes ni raison.

Mon âme reste nostalgique
Du beau langage de naguère,
Ballades, chansons romantiques,
Des troubadours et trouvères.

30 septembre 2016

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Un bilan qui me satisfait


Songerie

Lumière! Éveil à la vie
Dans une joyeuse tendresse.
M'y lover est ma seule envie.
Bien installée dans la paresse.

Pareil aux autres, un nouveau jour,
Un cadeau de la providence.
Des doux plaisirs, j'ai fait le tour,
Aime observer dans le silence.

Je prends ma part de tous les dons
Que la prodigieuse nature
Offre sans cesse à profusion.
Ses fruits donnent des confitures.

Sans conteste, j'ai mérité
La liberté dont je dispose,
Aussi de rester en santé.
Je crois profitables mes pauses.

Bien sûr, j'ai rarement l'humour
De trouver drôles les disgrâces
Qui m'enlaidissent tout à tour.
Aimerais me voiler la face!

Je vis pleinement chaque instant
Certains attendus, désirables.
La nuit me revient, trop souvent,
Une souffrance détestable.

Alors, je refais le bilan
De ce que je dus accomplir,
Courageuse pendant longtemps.
Suis heureuse de m'applaudir.

30 septembre 2016

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PAS DE SAISON...

Un peu de fraîcheur, une feuille morte...

Et cette lumière indécise

Quand bel automne franchit la porte

Les parfums du monde nous grisent.

Sur les épaules passe un frisson

Le vent léger nous a surpris

Nos pensées volent à l'unisson

De notre cœur soudain transi!

Comme un sourire une feuille flotte

Elle nous dépose sa blondeur...

Il semblerait que rien n'importe

Si la beauté est de rigueur!

Dans ton regard une étincelle

Elle dévore ma timidité

Aussi tendrement me rappelle :

Y a pas de saison pour aimer...

J.G.

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