Statistiques google analytics du réseau arts et lettres: 8 403 746 pages vues depuis Le 10 octobre 2009

Toutes les publications (16072)

Trier par

Le rire facile

Très longtemps, je fus rigolote.
J'aimais faire rire mes soeurs.
Peu m'importait de sembler sotte
À un vieil oncle ronchonneur.

Devenue ma seule audience,
N'ayant pas perdu ma gaieté,
Je romps quelques fois le silence
Et laisse mon rire éclater.

Suite à un geste maladroit,
Dont les effets sont réparables
Souvent, je me moque de moi.
Rire me semble préférable.

Avec mon fils aîné, Alain,
En auto, disons des comptines.
Nous en rions avant la fin.
Certaines sont vraiment coquines.

 «Elle a quatre-vingt-dix ans
Celui sautant, sautant la vieille!
Elle a quatre vingt-dix ans
                              Celui sautant, sautant! »                          

1/11/ 2016

Lire la suite...

L'ineffable durée


J'ai une envie provocatrice.
N'attendrai pas une occasion
Pour satisfaire mon caprice.
Je n'en vois guère à l'horizon.

Puisque la Nature est en fête,
Le moment me semble parfait
Pour me laisser tourner la tête.
Me vient le goût de m'enivrer.

En ce temps où je n'ai plus d'âge
Voudrais pleinement exister.
Chaque jour s'envole une page
Emportant ce qui a été.

Lors, je savoure du champagne,
Depuis longtemps gardé au frais.
Une joie immense me gagne.
Ô cette ineffable durée!

31 octobre 2016

Lire la suite...

Profondeur

"Encore un tableau ...

 

Enfoui sous une modeste couverture, le format carré est là accroché au chevalet.

Ou devrais-je écrire serré dans son étau?

La page blanche s'offre une nouvelle fois à moi parce qu'il s'agit d'une journée libre au "seuil des morts"

(Nous définissons cela comme une période liturgique qui commence aux vêpres le soir du 31 octobre. Elle se termine à la fin du 1er novembre. La Toussaint est la veille de la Commémoration des fidèles défunts. Cette dernière a lieu le 2 novembre, le lendemain du jour de la Toussaint, selon le rite romain (Encore l’Église et Rome !).

Je suis là planter devant un décor sans ostentation ni ornementation.

Il me faut une nouvelle fois braver l'attendu pour écrire cette partition qui me tient à cœur sous le couvert des vapeurs de térébenthine et autres agents de dilution, de coloration.

Je me place face à ce sujet immaculé pour qu'il devienne un projet émérite.

Je saisis le pot de blanc zinc et j'y verse une quantité d'essence pour diluer à la fois la pâte amollie et ses croûtes.

Je cherche de cette pâte hétérogène un support, un effet de relief et une agitation, à mon œuvre.

Je pare de deux couleurs primaires: jaune (l'or héraldique) et rouge (magenta).

Je compose alors sur la toile imbibée d'essence de térébenthine aspergée à l'aide d'un flacon de parfum reconverti et d'une croûte éparse de blanc, la couleur mariée du jaune et du rouge.

Je malaxe, plie la lame du couteau, approche la tranche et dans un balai sans virtuosité mais bien plus de vertiges, je m'emballe.

Et enfin de compte, je constate.

Un paysage nouveau, entre une abstraction irraisonnable et une concrétisation probable, apparaît à mes yeux.

Je note encore une distinction à la marge, plus éloignée des préceptes du cadre authentique de la perspective et de la projection pratique de Léonard de Vinci.

Je relève une image fortement éprise des premières agitations, de ces profondeurs sans ombre ni lumières classiques, mais bien plus une vue significative d'un sujet mental.

Elle est chargée d'une histoire, de cette prégnance qui trahit la culture sans emphase d'Aldo Rossi et bien moindre que celle d'un Salvador Dali, unijambiste puéril et pathétiquement immergé.

Elle se révèle à la manière de ... celui qui croit.

L'image est devenue une identité qui jusque là ne me ressemble pas ou plus encore n'a pas le consentement, cette sorte d'agrément qui prononce la fin, l'arrêt d'une énergie au service d'une échappée ... belle !

Je souscris alors à un mélange avec une "non couleur", pour un gris sale et sombre.

Sa tendance confusionnelle penche au mauve, au violet et une exclamation sur l'ouvrage.

Verticale contre la lame plate, rectangulaire et horizontale.

Tout alors se transforme, se déforme en une sorte de dyslexie !".

* * * * *

ED

Écriture prompte

31/10/2016.

12273195065?profile=original

Lire la suite...

Absence,

Pourquoi la vie m'a t-elle donné

votre sourire, vos mots,

votre regard attendri, dès lors qu'il se pose

 sur le mien éclairci, mais jamais votre peau ?

Pourquoi l'ombre de vous seulement ?

Cette ombre un peu trop bleue dans

ma tête est devenue soleil ; météo

personnelle, intime de ce monde secret,

dont parfois je vous parle.

Le flamboiement d'un manque,

m'a fait don de l'essentiel ;

 l'écriture de nous.

NINA

Lire la suite...

 

  Chacun porte ce silence

  cette paix qu'il faut atteindre

 

  aux visages reposés

  je reconnais

  ceux dont la solitude

  ne pèse plus

  ceux-là

  ont le sang vert

  se sont défaits du néant

  s'affairant à des amours

  ces choses précieuses

  parce que faillibles

  le cœur a parfois ses abondances

  ailleurs certains visages

  deviennent des habitudes

  d'autres cœurs

  ont la couenne dure

  j'oeuvre parmi les vivants

  dans un pays

  à peine levé

  usant ma langue de rivière

  ma langue d'asphalte

  pour un peu de bruit

  dans nos vies minuscules

Lire la suite...

Nul ne revient



Non, Monsieur Hugo, nul ne remontera ” de ces urnes pleines

de l’éternelle nuit ”
La poussière n’a plus de veines
Ni de sang qui jaillit !

C’est l’esprit infini qui est éternel.
Pas ces sombres débris,
Dont le nombre est mortel
Voué aux cendres de l’oubli.

Vous êtes vous égaré dans votre chagrin ?
Ce qui descend à l’obscurité
Jamais ne revient
Et n’a d’yeux pour la fixer.

Seul, Dieu la voulu, le vivant peut voir.
Et vivre toujours ou vivre de pensées qui traînent
Sont de funestes images pétries de noir,
Martelées par nos lourdes peines.

Aucune main céleste ne relèvera les morts.
Ce serait la plonger dans une grande ignorance
A livrer de nouveau au même triste sort
Ceux qui dorment là, ôtés de leurs souffrances.

Lire la suite...

Que la nature est belle!

12273193899?profile=original

Dans un onirique décor,
Du long fleuve brille l'eau claire.
Étalent leur feuillage d'or
De grands érables centenaires.

L'immense parc silencieux
Accueille de blanches mouettes.
De beaux canards insoucieux
Paressent sur des vaguelettes.



Cette année, nombreuses outardes
Ont découvert ce lieu paisible.
Elles y glanent, s'y attardent
Leur nonchalance est indicible.

De nombreux écureuils actifs
Auprès des visiteurs s'arrêtent.
Aucun d'eux n'est jamais craintif.
Ils espèrent des cacahuètes.

Contemplant les saules pleureurs,

Versant des perles de lumière,
Je me sens emplie de ferveur. 
Lors vais-je dire une prière?

30 octobre 2016

Lire la suite...

Nos oies sauvages

12273192666?profile=original

Sans passeports et sans bagages,
La colonie s'est envolée,
Au jour, à l'heure déterminés.
À tire - d'aile un long voyage!

Sous un ciel gris, en groupes épars,
Et ne laissant rien au hasard,
Les convois en forme de V,
Fendent l'ai froid et embrumé.

Nous levons le nez au signal,
Choeur aigu répondant aux ordres.
Pas d'imprévu mais peu banale,
La routine dans le même ordre.

Quand on ne perçoit plus de cris,
Toujours le même coup au coeur,
Nous suivons, avec nostalgie,
Nos oies d'ici qui vont ailleurs.

28/10/2002

Lire la suite...

BELLE SAISON

Frondaisons somptueuses

Soleil inespéré!

La route est tortueuse

Et le temps est compté...

L'horizon se profile

A nos yeux éblouis

Et tout devient futile

La vie est comme un fruit...

L'automne a un accent

A nul autre pareil

Dénudé, indécent

Sa beauté émerveille!

Le jaune se mêle au rouge

Sur un tapis très vert!

Et quand plus rien ne bouge...

Moi, je relis Prévert...

Une bonne odeur de terre

Un air frais et léger...

Chanson pour un Trouvère

Il est parti l'été...

J.G.

Lire la suite...

Dans le monde antique, oriental et grec, on croyait volontiers que des révélations divines étaient transmises aux hommes par des personnages inspirés. L'enracinement culturel le plus ancien de la doctrine, juive puis spécifiquement chrétienne, de l'Écriture, est à chercher dans cette Antiquité lointaine.

L'Égypte ancienne, déjà, attribuait ses " saintes écritures " au dieu écrivain ou scribe Thot, le précurseur d'Hermès. Proche de cette figure égyptienne, il y avait aussi, et surtout, le dieu babylonien Nabû, fils de Marduk : considéré comme le scribe par excellence, on l'appelait le " scribe des dieux ", le " scribe sans pareil ", le " scribe de tout ce qui a un nom ", le " scribe du sanctuaire mondial " (Esagil ) d'où émanaient les lois divines : créateur de l'écriture, on le présentait comme le " seigneur du calame ".

Mais c'est en Grèce que l'idée d'inspiration trouva son terrain d'élection. L'Odyssée  débute par cette invocation : " Muse, dis-moi [...], déesse née de Zeus, conte ces aventures. Et l'Iliade  commence ainsi : " Chante la colère, déesse du fils de Pélée. " Chez Platon, le concept d'inspiration reçut un éclairage ample et précis, sous les deux aspects de " possession " et de " souffle divin ". Ainsi, Ion est déclaré bon rhapsode parce qu'une puissance divine (théia dunamis ) le " meut ". Quant aux bons poètes, ils se distinguent réellement des mauvais " parce qu'un dieu est en eux et qu'il les possède " (enthéoi  [...] kai katéchoménoi ) ; un dieu dont la personnalité se substitue à la leur. Bien plus, le vrai poète doit être " inspiré " en recevant un " don divin par le moyen d'un délire " (dia manias ) : il s'agit d'une réelle " possession " (katokochè ) provenant des Muses (Phèdre ). Les hommes politiques sont eux-mêmes inspirés, au même titre que les poètes (Ménon ). La " possession " divine est donc le critère unique d'authenticité des activités et des fonctions qui, dans la cité, se particularisent par la créativité.

Le vocabulaire et les idées de Platon sur l'inspiration ont fortement marqué le grand commentateur juif de la Torah, Philon d'Alexandrie. Pour celui-ci, les " livres saints ", qui ne sauraient être d'aucune façon des " témoins douteux ", sont l'expression du " saint Logos  ". D'où les vertus du " prophète " qui les publie, selon les deux textes suivants :

- " Car le prophète ne publie absolument rien de son cru, mais il est l'interprète (herméneus ) d'un autre personnage, qui lui souffle toutes les paroles qu'il articule au moment même où l'inspiration (enthousia ) le saisit et où il perd la conscience de lui-même, du fait que [...] l'Esprit divin visite et habite la citadelle de l'âme et qu'il fait retentir et résonner de l'intérieur toute l'instrumentation vocale pour manifester clairement ce qu'il prédit " (De specialibus legibus , IV, 49).

- " Cela arrive à la race prophétique : l'intellect (nous ), en nous, est chassé au moment où arrive le souffle divin ; car il n'est pas permis que le mortel cohabite avec l'immortel. C'est la raison pour laquelle le coucher du raisonnement [...] engendre l'extase et le délire venu de Dieu " (Quis rerum divinarum heres sit , 225).

Pour Philon, la vertu de l'inspiration est également le lot des traducteurs de la Bible dite des Septante, lesquels, affirme-t-il, " prophétisèrent comme si Dieu avait pris possession de leur esprit [...] chacun sous la dictée d'un invisible souffleur " (De vita Mosis  II, 37). Et notre auteur d'aller plus loin, déclarant que l'interprète véritable des Écritures, c'est-à-dire le commentateur allégorique, lui-même en l'occurrence, est également " inspiré " tout comme les prophètes, dont le modèle est Moïse et à la lignée desquels il appartient.

L'idée grecque de possession se retrouve chez d'autres témoins du judaïsme de langue grecque, ainsi le livre III des Oracles sybillins . Quant à Flavius Josèphe, grand praticien des Écritures juives, il est paradoxalement avare de mots et de discours s'agissant de l'inspiration. Il rompt cependant une fois son silence, d'une façon intéressante. À la suite des auteurs grecs de l'âge classique, Platon et Aristote par exemple, il emploie le vieux vocable non biblique épipnoia , " souffle ", dérivé du verbe pnein , " souffler ", et ce, justement, à propos des " écrits " sacrés (Contre Apion  I, 37).

L'influence gréco-orientale s'est exercée aussi dans un secteur du judaïsme ancien n'appartenant pas directement à l'aire hellénistique, celui des apocalypses, probablement palestiniennes, contemporaines des débuts du christianisme. Il faut ici mentionner le IVe livre d'Esdras, dont le chapitre XIV contient un étonnant passage. Avant de rédiger son oeuvre, c'est-à-dire de réécrire la Torah, censée détruite lors de l'incendie du temple de Jérusalem, en 587 av. J.-C., Esdras demande l'inspiration de l'Esprit-Saint. Une voix lui enjoint alors de boire à une coupe " apparemment remplie d'eau à couleur de feu ". Il boit, et " son coeur faisait sourdre l'intelligence " ; sa " bouche soufflait la science ". C'est là un bel exemple de traitement en quelque sorte rationnel, quoique par la voie mythique et sous l'influence de pratiques typiquement grecques, des idées juives déjà traditionnelles sur l'inspiration des Écritures. La présence du vin dans le corps signifiait la présence de Dionysos en personne. La prêtresse de Delphes, on le sait, devait boire le lalon hudor , l'" eau qui fait parler ", à la source sacrée, proche du temple.

Les fraternités de Qumran avaient elles-mêmes élaboré une vraie doctrine de l'inspiration des Écritures. À la différence des rabbins à venir, dans le judaïsme dit rabbinique, mais dans la bonne ligne de Philon et du IVe livre d'Esdras, et du christianisme, les maîtres des bords de la mer Morte homologuaient les textes des prophètes comme Torah à part entière. Pour eux, toute la Torah était " inspirée ", destinée à être interprétée par des personnalités " illuminées " par l'Esprit-Saint ou prophétiques, elles-mêmes dès lors inspirées.

Ainsi peuvent être désignées les sources majeures de la doctrine chrétienne de l'inspiration des Écritures. Cette doctrine suppose, en son amont, l'existence d'un corpus plus ou moins officiel ou institué, appelé Torah, ou nomos  chez les juifs. Son objet est néanmoins plus large, comprenant volontiers l'oeuvre de traduction, voire d'interprétation. Le christianisme s'emploiera à resserrer les limites de l'objet de l'inspiration pour les faire coïncider une fois pour toutes et exclusivement avec celles du canon des Écritures ; mais ce ne sera que progressivement, la constitution du canon du Nouveau Testament et, partant, la définition quantitative du canon chrétien ayant demandé des siècles.

-Les Pères de l'Église : artisans et témoins de la doctrine chrétienne de l'inspiration

À la fin du Ier siècle de l'ère chrétienne, donc, dans la fameuse épître aux Corinthiens, que la tradition la plus ancienne lui attribue, Clément de Rome écrit : " Vous vous êtes plongés dans les saintes Écritures, ces vraies Écritures données par l'Esprit-Saint. " Il désigne les prophètes bibliques comme les " ministres de la grâce de Dieu, mus par l'Esprit-Saint ". À sa suite, Justin, Irénée, Hippolyte de Rome, Origène, Jérôme, et bien d'autres, en Orient comme en Occident, utilisent le mot " inspiration " (épipnoia , assez souvent, chez les auteurs grecs) en l'appliquant encore parfois à un champ littéraire ou discursif débordant assez largement celui des Écritures sacrées dans leurs limites strictes. Ainsi, Clément de Rome, désireux de fonder l'autorité voire l'universalité de ses arguments, semble se placer lui-même parmi les auteurs inspirés quand il écrit : " Vous nous procurez joie et allégresse si vous obéissez à ce que nous avons écrit par le Saint-Esprit. " Pour Origène, l'inspiration divine (théou épipnoia ) est nécessaire aussi au philosophe pour que puisse lui être " manifestée la nature du mal, révélé son mode d'apparition, comprise la façon dont il disparaîtra " (Contre Celse , IV, 65). Grégoire de Nazianze n'hésite pas à présenter les homélies de saint Basile comme divinement inspirées, ni saint Augustin à affirmer que Jérôme a écrit sous la " dictée " de l'Esprit. Pourquoi cet élargissement ? Philon d'Alexandrie, l'une des sources importantes des Pères, présentait volontiers sa propre interprétation des Écritures comme inspirée par l'Esprit-Saint. Ce précédent juif a dû influer sur la réflexion chrétienne des premiers siècles. Il y a autre chose. Les textes attribués aux Apôtres, non encore placés, en tout ou en partie, sous l'appellation de Nouveau Testament, se présentaient pour une bonne part comme l'interprétation et l'achèvement des Écritures déjà bien instituées. De cette prérogative elles tenaient d'autant plus leur autorité que les paroles de Jésus-Christ dont elles témoignaient, et qu'elles prolongeaient, les avaient précédées sur cette voie. Dans cette logique, les écrits des Pères anciens pouvaient comme naturellement revendiquer d'intervenir eux-mêmes dans le sillage direct des Apôtres. Il faut évoquer enfin la façon dont s'est posée chez les Pères, à partir du IIIe siècle et même déjà du IIe, la question du rapport entre la Tradition et l'Écriture : il fallut du temps pour préciser ces deux concepts et pour asseoir l'autorité de ce que chacun d'eux désigne ; on ne put donc éviter des ambiguïtés transitoires.

De la conception des Écritures comme divinement inspirées, les Pères sont passés, quoique tardivement, à celle de Dieu comme leur auteur véritable. Les controverses qui opposèrent l'Église d'Afrique et les manichéens aux IVe et Ve siècles acclimatèrent le terme d'" auteur " dans le vocabulaire des déclarations ecclésiastiques et lui donnèrent son sens littéraire en spécifiant la notion grecque de cause. Saint Ambroise déjà, dans la seconde partie du IVe siècle, tient les mots de l'Écriture pour ceux de Dieu et non ceux des hommes. On approche de la formule définitive, venue formellement sous la plume de Grégoire le Grand (590-604) : " Par la foi, écrit celui-ci, nous croyons que l'auteur du livre est l'Esprit-Saint. C'est donc lui-même qui l'a écrit, lui qui l'a dicté : il l'a écrit lui-même, lui qui a été l'inspirateur de l'oeuvre " (Moralia , Préface I, 2). Cette idée fera son chemin ; c'est sur elle que l'on fondera surtout la doctrine ecclésiastique de l'" inerrance " des Écritures inspirées.

Les Pères sont allés plus loin encore sur la voie qui faisait de Dieu l'auteur des Écritures inspirées. Ils n'ont pas hésité à comparer l'Écriture à une lettre venue de la patrie du Père céleste, notre vraie patrie : c'est le cas de Jean Chrysostome, Augustin et Grégoire le Grand. Augustin fait de l'Écriture le " chirographe [scribe] de Dieu " et le " stylet du Saint-Esprit " (Confessions  XII, 367). C'est ici qu'il faut mentionner l'image de la dictée. Les Pères ont en effet parfois substitué le verbe " dicter " (en grec : hupagoreuein  ; en latin : dictare ) au verbe " inspirer ". Les auteurs scolastiques les ont suivis, ainsi que les documents ecclésiastiques postérieurs.

Or, les Pères n'oubliaient pas pour autant qu'il y avait bien eu des auteurs ou des écrivains, en chair et en os, désignés comme " sacrés ". Dès lors la fonction de ces agents, humains mais revêtus d'une vertu identifiée comme divine, devait-elle être précisée. C'est ici qu'intervint la représentation de l'auteur comme " instrument " de Dieu, implicitement contenue dans la représentation de Dieu comme auteur des Écritures. L'image augustinienne du chirographe divin ou du stylet initiait de soi celle de l'instrument, du moins dans la tradition latine. Clément d'Alexandrie, déjà, présentait en effet les prophètes comme les " instruments de la langue divine " (Stromates , VI, 18). Telle quelle, avec des variantes, l'image instrumentale, déjà repérée chez Philon, a inlassablement cheminé, des Pères de l'Église aux grands représentants de la scolastique, et jusqu'aux encycliques bibliques de Léon XIII, de Benoît XV et de Pie XII.

Par Écritures, " saintes " ou " sacrées ", ils entendaient bien sûr l'Ancien Testament, au moins l'ensemble consensuel de celui-ci. Mais ils affirmèrent aussi, précocement, l'inspiration divine du Nouveau Testament, du moins en certaines de ses sections. Au fur et à mesure que se constitua un canon, qui prendra le nom de Novum Testamentum , et ce, en tant que distinct et complémentaire de Vetus Testamentum , le champ propre et délimité de l'inspiration scripturaire s'élargit. Les Écritures, c'est-à-dire l'Ancien et le Nouveau Testament, sont inspirées par l'Esprit-Saint, ce qui implique qu'elles ont Dieu pour auteur véritable et que, partant, elles sont parole de Dieu à l'adresse du peuple chrétien réuni dans l'Église. Dès lors, tout ce que l'Écriture sollicitait de réflexions et d'approfondissements, de définitions et de discours s'agissant de son origine et de sa nature, de sa constitution et de sa fonction, autrement dit de tout ce qui n'était pas elle mais qui la concernait ou qu'elle concernait, se trouvait de quelque façon énoncé.

-Le magistère ecclésiastique : élaboration dogmatique de la doctrine de l'inspiration

Collection de décisions énoncées par divers conciles, de Provence principalement, compilées durant la seconde moitié du Ve siècle, les Statuta Ecclesiae antiqua  prononcent la doctrine de l'origine et dès lors de la nature divine des écrits sacrés. On se référa textuellement à ce document normatif jusqu'à la fin du Moyen Âge. Les termes en ont été repris, sensiblement explicités, en 1442, dans le décret pour les jacobites du concile de Florence, suivis de la liste des livres des deux Testaments et d'une condamnation des manichéens.

Le concile de Trente élabora et promulgua un très important document, le décret sur la réception des livres sacrés et des traditions, en 1546, l'année de la mort de Luther. On y traite de l'origine et de la nature, du statut et de la fonction des Écritures saintes, en tant que telles et dans l'Église. Le but premier était certes de définir solidement la foi catholique face aux ruptures de la Réforme. Il fallait aussi riposter aux questions graves que posaient déjà à la cohérence du catholicisme romain les travaux philologiques que juifs et chrétiens menaient, depuis un siècle environ, sur les langues bibliques, l'hébreu en particulier. Il y avait, de plus, les doutes que certains humanistes chrétiens contemporains émettaient quant au caractère de totalité dont la doctrine ecclésiastique revêtait l'inspiration. Le décret donne aussi la liste des livres constituant le canon des Écritures, laquelle ne sera jamais plus revue ni rectifiée dans le catholicisme romain.

Pour la première fois dans l'histoire des définitions dogmatiques, le concile de Trente affirmait nettement que " toute vérité salutaire et toute règle morale " sont contenues et " dans les livres écrits et dans les traditions non écrites ", le verbe " dicter " et l'action de l'Esprit-Saint s'appliquant à celles-ci tout comme à ceux-là. Le mot inspiration n'est pas énoncé, mais le fait en est solidement fondé.

La définition formelle, précise et solennelle, de l'inspiration des Écritures ne fut donnée dans l'Église catholique qu'avec la constitution dogmatique Dei Filius  du concile Vatican I, en 1870. L'inspiration des écritures par l'Esprit-Saint est ici nettement définie, Dieu étant présenté comme l'auteur des textes sacrés. Nouvelles par rapport au concile de Trente dont elles homologuèrent cependant l'essentiel des termes, les déclarations de Vatican II s'expliquent par la nécessité pour l'Église de se situer face aux idées dites des Lumières, avec surtout les apports de la philologie et de l'histoire au service de la critique dans le champ des études bibliques. La foi chrétienne n'était plus l'élément moteur de la société ni, au sein de celle-ci, de la culture. Un siècle d'histoire et d'expériences avait fait la démonstration de l'irréversibilité de la situation. Dans un tel contexte, tout ce qui était sacré, et la Bible au premier chef, devait se situer, se définir et se déterminer dans un espace et selon un rapport de partenariat fécond avec ce qui ne l'était pas. On ne pouvait donc éviter non seulement de rappeler mais aussi de rigoureusement formuler la doctrine séculaire relative au caractère exhaustivement divin des Écritures, ce qui entraînait obligatoirement l'accentuation, sur le mode dogmatique le plus fort, de la croyance unanime des chrétiens à l'inspiration des textes sacrés.

Le pape Léon XIII traita solennellement du problème scripturaire global dans sa grande encyclique sur la Bible et les études bibliques, Providentissimus  (18 novembre 1893). Ce document manifestait une ouverture résolue à la recherche contemporaine. Il fallait situer la valeur de message biblique par rapport aux conceptions nouvelles que la science imposait. Pour la première fois, la question de la vérité totale des Écritures allait se trouver posée ; vérité qui n'est que l'autre face du fait dogmatique indiscutable de l'inspiration scripturaire.

Léon XIII ira jusqu'à déclarer que les écrivains sacrés, ce qui veut dire Dieu comme auteur des Écritures, n'ont pas voulu enseigner aux hommes la " situation interne des réalités sensibles ", autrement dit les choses " sans utilité pour leur salut ". Sans employer la formule " genres littéraires ", qui n'interviendra qu'un demi-siècle plus tard dans les documents ecclésiastiques officiels, il se montre néanmoins précurseur en la matière quand il écrit : " Plutôt que de poursuivre une investigation en règle de la nature, [les auteurs inspirés] décrivaient et traitaient des choses occasionnellement, soit en style figuratif, soit selon la manière de parler courante en leur temps. "

L'encyclique Providentissimus  , s'agissant des saintes Écritures, était tout aussi novatrice que l'encyclique Rerum novarum  du même pape, s'agissant de la doctrine sociale de l'Église. Les choses de Dieu et les choses du monde étaient bien distinctes, situées respectivement dans leur ordre propre ; et leur relation pouvait dès lors résolument s'établir. Il était possible d'affirmer, à la suite des Pères de l'Église et de leur postérité ecclésiastique, que la Bible était oeuvre et parole divines, et d'admettre en même temps qu'elle était aussi, conjointement, vrai langage d'homme. Léon XIII a osé déclarer que la Bible ne proposait aucune leçon d'histoire naturelle, son enseignement concernant essentiellement les réalités ou moyens destinés au salut des hommes. La question de la vérité des Écritures inspirées se trouvait donc, compte tenu de l'époque et du contexte, adéquatement posée. Les savants n'étaient plus les ennemis ni de la Bible ni de la Révélation. On respectait les frontières de leur savoir, au nom même de l'énoncé de la foi, dont ils étaient eux-mêmes conviés à respecter les frontières. Ainsi commençait à s'instaurer, par la médiation de l'Écriture et de la doctrine la concernant, le statut de l'Église et de la foi à l'ère scientifique.

La plupart des successeurs de Léon XIII sur le siège apostolique s'employèrent à faire écho, soit partiellement, soit très largement, aux déclarations officielles de 1893. L'enjeu était grave : toucher à l'origine divine de la Bible inspirée, c'était toucher à la Révélation, c'est-à-dire au fondement même de la foi chrétienne. Ainsi, tout ce qui avait été défini par l'Église relativement à l'inspiration, au caractère propre et à l'étude des Écritures se trouva repris formellement dans les condamnations circonstanciées des propositions des modernistes dans le décret Lamentabili  du Saint-Office promulgué sous Pie X, le 3 juillet 1907.

Pour sa part, Benoît XV profita du quinzième centenaire de la mort de saint Jérôme pour reprendre et souligner encore davantage, dans l'encyclique Spiritus Paraclitus  du 15 septembre 1920, la doctrine de l'inspiration proclamée par Léon XIII. Il faut noter un point nouveau, du moins dans ce qu'il a d'explicite : la libre coopération de l'écrivain sacré " avec l'inspiration de Dieu ". Léon XIII, avec sa notion d'" auteur principal " attribuée au principe divin et, corrélativement, avec la systématisation de l'image de l'" instrument " imputée à l'écrivain sacré, présenté comme " assisté " en tous ses gestes, risquait, en dépit de l'attention portée à la " manière de parler courante " des contemporains, de compromettre ou au moins de voiler les bases nécessaires d'un partenariat véritable entre la source et la force inspiratrices, d'un côté, et le savoir-faire humain, de l'autre.

Pie XII célébra le cinquantième anniversaire de Providentissimus  par la promulgation de sa propre encyclique sur la Bible et les études bibliques, Divino afflante Spiritu , du 30 septembre 1943. Ce document présente quelque chose de définitif, dans la façon surtout dont il a résolument posé tous problèmes dont la pression culturelle du monde contemporain, y compris par le canal de la critique biblique scientifiquement insistante jusque chez les catholiques, sollicitait plus ou moins implicitement l'examen. Pie XII va plus loin encore que ses prédécesseurs. Il demande aux exégètes - ce mot, qui suppose la démarche savante, a largement droit de cité chez lui - de discerner " quels genres littéraires  les auteurs de cet âge antique ont voulu employer ". Une telle tâche exige le recours à la critique, avec le concours " des ressources de l'histoire, de l'archéologie, de l'ethnologie et des autres sciences ". La quête du " sens littéral " est l'un des objectifs de ces recherches, qui supposent l'établissement du texte dit original et primitif, et, partant, l'étude des langues anciennes dites bibliques, l'hébreu, l'araméen et le grec. Ainsi, les deux faces constitutives du fait scripturaire considéré à sa source, la face divine et la face humaine, sont prises résolument en considération.

Le 7 décembre 1965 fut promulguée à Rome la constitution dogmatique sur la révélation divine du concile Vatican II, Dei Verbum . Ce document se situait dans le sillage fidèle des déclarations antérieures, avec cependant une note propre et des ouvertures que l'attention pastorale au contexte culturel et religieux de l'époque, dans sa dimension oecuménique surtout, appelaient vivement. S'agissant de l'inspiration, il homologuait nettement les avancées de Pie XII quant à la prise en compe de l'acte autonome de l'auteur. Il est significatif qu'il omet la formule " auteur principal " de Léon XIII et déclare que les " auteurs inspirés " sont de " vrais auteurs " (veri auctores ). C'est dans ce cadre qu'il posa et résolut aussi la grave question de la vérité des Écritures ; question que l'on peut formuler ainsi : comment préserver à l'Écriture son privilège d'être sans erreur que le fait de l'inspiration induit comme sa conséquence première, tout en l'ouvrant à l'homme, autrement dit à tout homme possible et culturellement toujours différent, que l'on regarde celui-ci du côté de l'auteur ou du côté du lecteur ? Pour Vatican II, qui évite le mot trop négatif d'" inerrance " que les théologiens avaient forgé et parle de " vérité pour notre salut ", c'est la force et l'authenticité du lien entre l'Écriture, canon institué, et l'Église, qui peuvent seules assurer la pérennité de ladite vérité.

La revue des déclarations officielles de l'Église sur l'inspiration biblique nous a renvoyé à chaque fois au contexte culturel, sinon politique, qui avait commandé l'intervention du magistère ecclésiastique. C'est dans cet affrontement avec l'histoire que l'Église est parvenue pour une large part à définir l'objet et la nature ainsi que les raisons et le but ultimes de l'inspiration des Écritures. L'histoire dogmatique de l'inspiration suit à sa façon l'histoire éthique de l'inlassable montée de la conscience humaine. L'avènement de celle-ci dans sa liberté individuelle coïncide avec la reconnaissance de l'auteur sacré dans l'autonomie de tous ses moyens raisonnables. De ce point de vue, la définition de l'inspiration à l'ère scientifique, au terme d'un long processus de maturation qui mit en place le partenariat nécessaire entre ce qui est divin et ce qui est humain, contribua, pour sa part et à sa manière, à l'élaboration de la grande leçon sur l'homme qui a toujours été l'un des objectifs majeurs du christianisme.

Lire la suite...

Dans la turbulence

Soliloque

Solitaire dans le silence,
Avoir le goût de se parler.
Besoin d'être à nouveau troublé,
Éloigné de l'indifférence.

Avoir le goût de se parler
Mettre la raison en souffrance.
Éloigné de l'indifférence.
Ne plus se sentir isolé.

Mettre la raison en souffrance
Sans se savoir déboussolé.
Ne plus se sentir isolé.
Surprennent maintes confidences

.

Sans se savoir déboussolé,
Certes à l'aveuglette on avance.
Surprennent maintes confidences,
Blesse ce qui fut muselé.

Certes à l'aveuglette on avance.
Fait soudainement basculer,
Blesse ce qui fut muselé,
L'amoureux de la transcendance.

Fait soudainement basculer
Et tomber dans la turbulence
L'amoureux de la transcendance
Il devient inarticulé.

29 octobre 2016

Lire la suite...

Ma surprenante ingratitude

Pour les disparus, il n'importe
Que leur départ ne pèse plus,
Que leurs écrits ne soient relus,
Que l'oubli au loin les emporte.

Ils ont quitté ceux qui les aiment
Sans avoir exprimé l'envie
Qu'ils conservent leur énergie
Et parfois la ravivent même.

Souvent cela serait possible.
Mais survient le renoncement,
Parfois dès le commencement,
Fait du hasard imprévisible.

Le décès de l'ami aimé
Me mit dans la désespérance.
Éphémère fut ma souffrance,
Mon jardin secret refermé.

Je pensais: elle aussi est morte,
Ou exilée en un ailleurs,
Celle qui vécut le meilleur.
À une autre j'ouvris ma porte.

Cette curieuse attitude
Me rend heureuse d'exister.
Or souvent la lucidité
Éclaire mon ingratitude.

28 octobre 2016

Lire la suite...

Joie,

 

Une petite fille vêtue d'un long

pull bleu, tourbillonne, rigole,

s'amuse avec la neige ;

cette blancheur d'en haut pour

étancher ses pensées sombres.

Une petite fille, la tête levée vers le ciel,

tourbillonne, s'envole,

s'enchante du grand silence ;

cette musique d'en haut qui se propage ici,

puis fait danser les roses d'hiver.

Une petite fille d'un geste gracieux,

tout en transparence, vient de toucher

l'or du ciel ; le soleil à présent dans

ses yeux règnent en maître.

 

NINA.

 

Lire la suite...

L'hiver,

 

C'est beau, touchant ce grand sommeil,

cette autre musique,

ce grand murmure ;

 parfum du ciel !

Laine et dentelles sur des corps près du feu ;

Les bruits alentours sont ouatés,

 comme atténués, adoucis.

L'arborescence brune, nue,

 lorsqu'il pleut, qu'il vente,

émet des craquements chauds,

 parfois des sonorités d'argenterie,

ou d'or blanc, lorsqu'il neige.

NINA

Lire la suite...

  

  vendredi matin 

 J'écris dans l'absence de la grâce,dans l'absence de la lumière par    un jour de soleil éblouissant,intense.Cet hiver bleu me touche le        cœur.J'apprends la foi en vivant;j'apprends comment souffrir,    comment comprendre la mort.Je baisse la tête devant tant de  lumière. La vie est sacrée et son passage illumine toute la Terre.Le  corps n'est que lumière.

Lire la suite...

Annik Couppez Véronèse d’Olrac


« L’ATTENDUE »

 

Présentation de mon livre :


Pour vous présenter mon livre, je dois vous ramener à une tranche de notre histoire, à l’ordre du Temple. Associant la force spirituelle et cosmique à la force de l’épée, l’ordre du Temple fut créé en 1118 par Hugues de Payns et huit autres chevaliers pour la protection des pèlerins qui partaient en direction de la Terre Sainte de Jérusalem, une protection qui progressivement s’adressa à tous ceux qui en faisaient la demande.


Parallèlement à sa quête temporelle, propre à la chevalerie : participation héroïque aux Croisades, défense des Etats latins d’Orient, le Temple mena une quête spirituelle occulte dont le but était la réalisation d’un grand dessein liée à la tradition primordiale de charité : donner à son prochain tout ce que celui-ci ne possède pas.


Pour cela, les chevaliers de l’ordre du Temple, initiés par les plus célèbres des alchimistes dévoués à leur cause, utilisèrent des rites ésotériques, occultes et magiques, créant des mystères que des générations d’historiens n’ont jamais pu percer, le principal mystère étant le célèbre Saint Graal.


L’ordre du Temple est apparu dans un type de société fortement morcelée et hiérarchisée, la société féodale, née à la fois des grandes invasions des 4e et 10e siècles, suivie d’une recomposition sociologique opérée à l’issue du partage de l’empire carolingien.


Ce qui signifie qu’aucunes forces, aucun pouvoir central ne pouvait encore inquiéter l’énorme puissance que commençait à acquérir l’ordre.

 

Cette puissance était basée sur le nombre de plus en plus important de nobles issus des plus influentes familles, qui offrirent leurs biens au profit des Templiers et rejoignirent l’ordre, le financèrent et lui permirent  de se développer grandement à travers l’acquisition d’immenses domaines agricoles, de territoires de chasse, de châteaux, de maisons, de commerces et la fidélité des artisans désignés par la cause templière.


A côté de la prospérité matérielle, les hommes de l’ordre étaient motivés par la possibilité de transmettre à l’être humain une influence spirituelle opérative, c’est-à-dire en faire un « nouvel homme ».

 

La quête de la chevalerie était l’accession au suprême degré de réalisation spirituelle par le chevauchement entre le visible, l’action au quotidien des Templiers, et l’invisible, les rites occultes, les cérémonies secrètes, les objets ésotériques, tout cela hérité des mages et autres enchanteurs alliés à leur grande cause charitable.


Outre sa puissance spirituelle découlant de sa fonction même de défenseur de la charité chrétienne, l’ordre du Temple possédait trois sortes de puissance : une puissance économique, une puissance militaire et une puissance diplomatique liée aux deux précédentes.  Ce qui, vous allez voir, provoquait une grande jalousie et de nombreuses convoitises de la part des autres puissants de l’époque, à savoir, le pape et les nombreux souverains qui régnaient sur leurs domaines en France.


Ce qui arriva, arriva. Chassés de la Terre Sainte, le prestige de l’ordre en fut amoindri et la question se posa quant à son utilité. L’Orient latin perdu, n’ayant donc, plus de pèlerins et de routes à défendre, était-il nécessaire que cette fraternité conserve ses richesses ?


Ainsi la cause première qui incita le roi Philippe le Bel à détruire le temple fut son désir de s’accaparer des richesses de l’ordre.


Pour justifier un geste qui allait à l’encontre de la politique royale, qui était celle de rendre ses sujets heureux, Philippe le Bel demanda l’appui et la caution du pape de l’époque, Clément V.


Ensemble, ils œuvrèrent à faire disparaître ce qui, à leurs yeux, était devenu un Etat dans l’Etat, doté de surcroît de milliers d’hommes armés et d’adeptes enrichis, véritable menace face à leur soif de pouvoir supra national.


Après de nombreux procès injustes et biaisés, les chevaliers de l’ordre du Temple disparurent un à un… mais en surface uniquement.


Les gens pensent, comme vous je l’imagine, que les Templiers étaient de beaux et fiers chevaliers qui défendaient la veuve et l’orphelin, ils les perçoivent encore tels des Lancelot ou Ivanhoé, en armure étincelante et épée affûtée comme dans les films.


Pourchassés, harcelés, discrédités durant des siècles, les Templiers ont pu résister pour accomplir leur devoir et tenir leur serment de chevalier jusqu’au bout.


En résurgence, l’ordre du Temple aujourd’hui est une société secrète réunissant quelques rares adeptes.


La bulle papale de 1312 prononçant la dissolution de l’ordre, ne fut jamais appliquée en Ecosse, et les derniers chevaliers ont survécu en migrant vers l’Irlande, puis l’Ecosse, cette migration débuta dès 1307/1308.


La survivance du Temple est aujourd’hui avant tout en Ecosse, c’est désormais une histoire de sang, de lignée, la transmission du savoir ne se fait que de père en fils.


Les reliques du savoir ont été partagées entre l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean et l’ordre de Malte. 


C’est ce qui explique de nos jours ce cloisonnement hermétique entre les Francs-Maçons et les Rose-Croix.


Si l’ordre des Rose-Croix d’Or reste totalement fermé, l’ordre des Rose-Croix, depuis ces dernières années, est accessible à tous.


Au risque de choquer certains d’entre vous, je vous dirai encore que l’Eglise romaine a fondé son dogme sur un mensonge, afin de pouvoir imposer son nouveau pouvoir divin face au paganisme de l’époque. Constantin l’avait bien compris.


Pourquoi vouloir accepter la franc-maçonnerie quand on est dans la conspiration de l’Eglise romaine ?


On ne peut cautionner ce qui est initié par le Temple, pourquoi ?  Parce que l’ordre du Temple et surtout les rois de Jérusalem ne sont jamais venus pour sécuriser les lieux saints pour les pèlerinages

.
Pourquoi a-t-on demandé à neuf chevaliers de confiance d’aller creuser sous le Temple de Salomon, une fois Jérusalem débarrassée de sa puanteur, après les massacres suivant le siège ?


Toute cette entreprise que l’on a appelé plus tard « Croisade » ne fut en fait qu’une expédition militaire : « La croisade des Barons » et non la horde de manants de Pierre l’Hermite destinée à récupérer les saintes reliques qui étaient restées sous le Temple.


La vraie question est : « Qui sont les rois mérovingiens qui ont donné naissance aux premiers rois de France, puis à la lignée des de Boulogne ? »


Point de doute à avoir sur les origines juives, pures des rois mérovingiens.
C’est dans l’Egypte ancienne qu’il faut remonter pour comprendre tout ça, et trouver la réponse mystique : « Qui était donc le peuple élu de Dieu ? ».


Après ce prélude historique, il est un homme sans qui je n’aurais eu, ni l’idée, ni l’envie d’écrire ce livre et je le remercie pour tout et pour sa présence parmi nous, il s’agit de Rudy Cambier, philologue, spécialiste du moyen âge et écrivain de renom dont la popularité a depuis longtemps dépassé nos frontières ; je vous parlerai plutôt, en tout cas pour ceux qui l’ignorent encore, de son œuvre, une œuvre qui dépasse de très loin la fiction.


Avec son esprit rigoureux, son regard sceptique, Rudy a pu décrypter les Centuries écrites par Yves de Lessines au début du 14e siècle et dérobées bien plus tard au 16e siècle par Nostradamus lors de son passage chez nous dans différentes abbayes et notamment dans l’abbaye cistercienne de Cambron-Casteau, l’actuel Pairi Daisa.


Spécialiste du moyen âge, Rudy reconnaît très vite le subterfuge des Centuries et il éprouve la nécessité de dénoncer le vol d’un manuscrit et d’abattre la légende du recueil des « prophéties » de Nostradamus.


Ce fut aussi pour Rudy l’occasion de faire connaître au monde le nom du véritable auteur de cet œuvre.


Mais la légende de Nostradamus a la dent dure et a un public d’irréductibles, ce qui valut à Rudy de vivre des situations très désagréables.


Cependant, en écoutant ce que nous raconte Rudy sur les 7 chemins qui mènent au petit abri blanc de Wodecq, et en l’écoutant expliquer les trois niveaux de lecture des Centuries, les moins novices comprennent qu’il dit vrai et que ces propos sont plus que cohérents et évidents.


Aujourd’hui, Rudy se bat pour préserver ce site historique, ce qui est loin d’être une sinécure.


Voilà le deuxième volet qui m’a permis d’écrire ce livre.


Devant ma feuille blanche, je me suis alors posée la question suivante :
Comment parler à la fois des Templiers et de l’œuvre de Rudy au plus grand nombre ? 


Ce fut alors pour moi une évidence, le roman !



Lire la suite...

Les baies sauvages

Léger crachin ce matin

caressant mes pommettes rosâtres

Lorsque tremble le vieux tilleul du jardin

laissant tomber les pépites rousses

C’est déjà l’automne

Feuilles cuivrées et feuilles dorées

flânant dans la brume grise 

Roux écureuils tant agités

Sautant de branche en branche

cherchant graines et noisettes

Sur les rameaux de houx

mésanges, fauvettes et merles

picorant les baies sauvages

Bruyères pourpres violets fleurissant ma fenêtre

Une pensée aux âmes innocentes

Nada

28/10/2016

Lire la suite...
RSS
M'envoyer un mail lorsqu'il y a de nouveaux éléments –

Sujets de blog par étiquettes

  • de (143)

Archives mensuelles