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Et des syllabes, l'amante célestielle
Investit moléculairement l'éventail
Des sens de mon idiome.
Sans réserve, la substance de son extrême
Étendue devenue organique, pollinise l'essence
Du verbe où le contraste de la légèreté
Et la pesanteur atteignent son acmé.
Devenu source d'irrigation à ma conscience
Flottante, univers rassurant et monde hostile
Greffent la fusion du son et du mot
Au phonème de ma composition.
De cette exploration parallèle, la transcendance
Du pouvoir de l'esprit touche à l'éternité
Où le passeur d'aurore vient abstraire
De mon visage un sourire nihiliste.
Nom d'auteur Sonia Gallet
recueil © 2016
ILLUMINATIONS POUR LES FÊTES
une aquarelle
d'Adyne Gohy
A inspiré
Les Haïkus
OREE DU BOIS
de
Raymond Martin
Châtaignes dorées
Glands élancés aux mousses
Mousserons givrés
Lucioles étoilées
Renardeau reniflant
Clapotis du ru
Forêt ouatée
Feuilles brunies ciel gris
Sapins bouleaux altiers
Ville dorée d’étoiles filantes
Lutins endiablés
Les fées s’ébrouent
Noël dans les cœurs
Espérance du solstice
Sonnez trompettes
Raymond Martin
Décembre 2016
Arts
Lettres
Merry and Bright... Comme les oiseaux du ciel, picorons le bonheur des renouveaux... Nous savourons et empruntons des mots amis, des pensées amies. La parole de l'autre est source de renouveau... Celle à qui j'emprunte le saura d’ailleurs... car nous œuvrons sur une même onde de parole transmise ! Noël n’est pas un événement. Il est une venue au monde, mais quel monde ? Un monde d’à-venir. Noël arrive à la fin de l’année, la fin d’un temps, et nous rappelle en cela que si naissance il y a – une autre vie - elle témoigne en même temps de la fin d’un temps ; d’époux, Marie et Joseph deviennent parents, du néant naît un enfant ; d’un monde qui a fait son temps doit naître un monde « augmenté », non pas comme ces objets connectés, mais un monde portant du fruit, fertile, un monde en devenir, enrichi de ce qui le meut. La naissance, oui, est un mouvement, un élan vers la rencontre, vers l’autre, un immense désir de « fruition », « la fruition de la vie », joie !
Je souhaite au fond du coeur de chacun un Très Joyeux Noël: celui de l'espoir, celui de la confiance, celui de l'émerveillement, cet étonnement devant le souffle puissant qui crée notre devenir...celui du mystère qui se prépare et renverse nos attendus, le NOËL de notre humaine et éternelle « augmentation » de l’autre…

"Souffle"
Acrylique 70x70
Epines de pin écarlates,
Clin d’œil d'artiste friponne!
Idéal embusqué dans des traits acérés,
Cheveux de princesse nippone,
Brins d'herbe pourpre au soleil.
Merci Liliane pour ce partenariat éclair, le souffle de ton pinceau, un merveilleux cadeau de Noël, sans paillettes ni artifices, juste le souffle... Le souffle suffit!
Merci, Isabelle, Bernard, Fabienne, Marie-France...
Meilleurs vœux à toutes et à tous!http://www.vivianedelhageatelier.be/421326991
"Souffle"
Acrylique 70x70
Epines de pin écarlates,
Clin d’œil d'artiste friponne!
Idéal embusqué dans des traits acérés,
Cheveux de princesse nippone,
Brins d'herbe pourpre au soleil.
Deashelle
Avec tous mes remerciements
Un partenariat
Se venger du passé
En bouffant le présent
Et d'un rêve éveillé
Prendre tout son content...
Vivre avec gourmandise
Et sans hésitation
Si les heures sont exquises
S'en servir une portion!
Apprendre de ses erreurs
Nous ouvre des chemins...
Et les petits bonheurs
Feront chanter demain!
Parfois se balader
Aux frontières du réel
Nous aide à constater
Combien la vie est belle...
J.G.
Songerie
J'ai réuni en un volume,
Les pages gardant les émois,
Ressentis lors des douze mois,
De cette année qui se consume.
Je ne sais combien de mes livres
Ont déjà été refermés,
Emplis d'énergies parfumées
Et de brillances qui enivrent.
La Terre n'offre aucun espace
Où certains vivraient sans efforts
Protégés des plus graves torts,
Mais offre d'indicibles grâces
.
Ce sont celles-ci dont souvent
Ma muse fait de courts poèmes.
Je capte les quatrains que j'aime,
Date de savoureux instants.
Or je pense avec nostalgie
Que mes livres restant fermés
Sont des géodes non sciées.
Inopérante est leur magie.
21 décembre 2016
Propos
Quand une personne est amputée de toutes ses dents, elle éprouve de la détresse puis s'habitue à son état.
La dentition est essentielle dans la fonction de nutrition; Elle broie les aliments pour qu'ils deviennent digestibles.
De fausses dents assument le même rôle mais parfois ne le peuvent pas. Il est nécessaire de changer la consistance de certains mets afin de les rendre mangeables. Or, en en modifiant l'apparence, on les rend moins appétissants.
Hier, au restaurant, John me parut ahuri voyant, pour la première fois, sa grand-mère découper un steak saignant et le savourer lentement.
Or, elle n'a plus aucune dent, ne porte pas de râtelier.
Constatant son étonnement, elle lui dit en souriant: mes gencives qui étaient molles sont actuellement de pierre. Une adaptation surprenante!
13 mai 2013
La joie de vivre s’alimente aux sources des plaisirs. L’homme, n’étant ni ange ni bête, doit satisfaire les besoins de son corps et ceux de son esprit. Pour se sentir joyeux, il part à la recherche de sensations agréables ou exaltantes si possible.
Je conçois mal cette pensée de Proust qui a écrit: on est impuissant à trouver du plaisir quand on se contente de le chercher. Je crois, au contraire qu’il est fort aisé à trouver en allant à sa rencontre. La vue d’une fleur nous est une caresse et celle d’un coucher de soleilun délicieux émoi.
La beauté simple ou envoûtante ne peut laisser indifférent quelle que soit la forme qu’elle prend. Elle surgit dans la nature, partout et en toute saison.
L'art permet de capter l'essence des instants de grâce. Ils se renouvellent car la nature se transforme en restant éternellement la même.
Dans le travail ou les loisirs, la joie ressentie a un effet énergétique.
Pascal pensait que l’homme suit sa raison en se donnant du plaisir. Elle permet d’apprécier ce qui est profitable ou à craindre.
Les libertins blasés se renfermaient maussades. Du plaisir, toujours du plaisir, n’est plus du plaisir selon la sagesse populaire. Mais est-ce vrai?
Il y a des plaisirs qui restent ignorés des pauvres et d’autres dont les gens riches n’ont même pas l’idée.
Les bons vivants sont d’un commerce agréable. Ceux qui semblent bouder le plaisir ne nous stimulent guère.
Le corps a des pulsions et l’esprit des aspirations. Les plaisirs sont de natures différentes et causent des émois qui varient en intensité.
Chacun essaie de combler ses envies. Nul ne peut échapper à sa nature. Ceux qui se mortifient satisfont leur orgueil.
L’on ne devient que ce qu’on est. Il est sage de s’accepter, n’éprouvant aucune honte quand on cherche à se faire plaisir, en dépit du jugement des bien pensants ou souvent hypocrites.
Chaque plaisir qui se présente spontanément est une grâce.
Le concert sous le Haut Patronage de Sa Majesté la Reine Mathilde donné le 19 décembre 2016 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles était organisé au profit du laboratoire d’hématologie expérimentale Jules Bordet. Martha Argerich fascine depuis plus d’un demi-siècle. Elle était entourée d’artistes réputés tant par leur talent exceptionnel que pour leur générosité sans frontières, tous des amis de longue date. La salle était archi-comble !
« Main dans la main, nous avons le plaisir de jouer tous ensemble pour vous ce soir au profit du laboratoire d’hématologie expérimentale de l’Institut Jules Bordet. »
Martha Argerich

Mais qui est Dominique Bron ? Née à Bruxelles, le 8 janvier 1955, elle est professeur à l'Université libre de Bruxelles en Spécialités Hématologie, Transplantation, Ethique. Diplômée docteur en médecine, chirurgie et accouchements en 1979 à l'ULB, elle se spécialise en médecine interne/hématologie, et obtient sa spécialisation en 2004. Elle complète sa formation post-graduée en Transplantation au FHCC (Seattle, USA) et commence un programme PhD à l’Université de Standford avec le Prof H. Kaplan (CA-USA). Elle obtient le diplôme d'agrégé de l'enseignement supérieur en 1990, en défendant la thèse « In vitro production of human monoclonal antibodies ». Elle devient chef de service d'hématologie à l’Institut Jules Bordet en 2009, et est nommée Professeur ordinaire à la Faculté de Médecine de l'ULB en 2009.
Le Prof Bron est auteur de 250 publications (H-index 45) dans les domaines de la leucémie lymphoïde chronique, la transplantation, le microenvironnement, le vieillissement et la bioéthique. Elle a reçu plusieurs prix dans le cadre de ses activités d’enseignement et de bioéthique.
http://hand-in-hand-sur-scene.com/
La Belgique réservera une surprise de taille à l’intrépide pianiste avant l’entracte, elle qui vient de recevoir la plus haute distinction honorifique américaine ce 4 décembre dernier aux côtés du groupe rock Eagles, de l'acteur Al Pacino, du chanteur de gospel et de blues Mavis Staples et du musicien James Taylor. « Le Kennedy Center Honours » célèbre en effet le talent spectaculaire d'artistes qui ont imprimé un impact durable sur notre société et qui par leur engagement puissant et leur carrière illustre ont apporté une contribution culturelle majeure au pays. Charles Picqué lui remettra sur scène à la fin de la première partie du concert, notre distinction belge la plus illustre: les insignes de « Commandeur de l’ordre de la Couronne ». Une scène d’une émouvante simplicité, à la mesure de l’humilité légendaire de la sublime pianiste.
Le programme est un festival à lui tout seul présenté par une incomparable jeune marraine Annie Dutoit, narratrice. Un parcours à la fois ludique et passionné. On commence par les ondulations humoristiques d’arpèges ou la délicatesse extrême de Nicholas Angelich qui contrastent avec les accents caustiques des violons et du violoncelle. On est dans l’Allegro vivace du quintette pour violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano en la majeur, op. 114, D. 667 « La Truite », de Franz SCHUBERT. La bande d’artiste c’est Nicholas Angelich au piano, Lorenzo Gatto, violon, Mischa Maisky, violoncelle, Lyda Chen, alto, Enrico Fagone, contrebasse.
Dans un très beau duo avec Nathan Braude, alto, la jeune Polina Leschenko insuffle fraîcheur, caractère et poignées de fleurs musicales à la pièce de Chopin (Polonaise Brillante, pour alto et piano op. 3).
Enfin paraît la reine très attendue de la soirée aux côtés d’Akané Sakai vêtue d’une robe d’un rouge éblouissant pour une rencontre musicale extraordinaire à deux pianos avec Fêtes, Nocturnes, II de Claude DEBUSSY, dans une transcription pour deux pianos de Maurice Ravel. Martha Argerich nous gratifie de sonorités étincelantes, dans ces Fêtes qui soulèvent des vagues d’énergie vitale, puis qui s’évanouissent, avec ce regard nostalgique que l'on a sur leurs deniers échos. Poignant !
La pianiste change de piano. Les Variations sur un thème de Paganini, pour deux pianos de Witold LUTOSŁAWSKI incarnent la brillance de l’esprit, la liberté et la créativité des artistes face à face : Martha Argerich et sa complice Polina Leschenko. Aux carillons superposés déchaînés répondent des rideaux de gammes descendantes - perlées et tendres comme des larmes - des hoquets profonds, et des lames puissantes, débordantes d’impatience ou de désespoir. Imprécations, éclairs, et frénésie font ensuite place au retour du thème devant un public déjà comblé et qui le manifeste chaleureusement.
Changement de programme : Voici les Fantasiestücke pour violoncelle et piano op.73 de Robert Schumann. Une avant-première du futur Concours Reine Elisabeth ? Mischa Maisky est éblouissant ! L’accompagnatrice de rêve imprime douceur, poésie, et fait ressortir la recherche exaltée du violoncelliste, puis boucles, tensions et volutes, s’enlacent. Triomphe.
Les deux autres compositions inscrites au programme de cette soirée inoubliable seront encore plus fabuleuses : de Maurice RAVEL, les grondements sismiques de La Valse, version pour deux pianos avec Martha Argerich et Nicholas Angelich au piano. Du jamais –entendu, dans un foisonnement final incomparable. Et de Camille SAINT-SAËNS, Le Carnaval des animaux, grande fantaisie zoologique en forme de Revue musicale grandiose avec l’ensemble des artistes :
Martha Argerich, piano
Lily Maisky, piano
Lorenzo Gatto, violon
Sascha Maisky, violon
Lyda Chen, alto
Mischa Maisky, violoncelle
Enrico Fagone, contrebasse
Denis-Pierre Gustin, flûte
Jean-Luc Votano, clarinette
Max Charue, glockenspiel, xylophone
Annie Dutoit, récitante
Plus qu’une fête, une féerie donc le nectar vient d’outre-ciel. Ce soir-là au Jardin des plantes, pour le plaisir de nos sens, la musique de Camille Saint-Saëns!

http://www.bozar.be/fr/activities/119129-martha-argerich-friends-play-for-brussels

crédit photos Stéphane Dado, musicologue
Heureux temps de Noël, qui nous plonge dans de fugaces souvenirs, de joies savoureuses et tendres. Évocations qui étincellent, raisonnent dans notre cœur d’enfant. Souvenirs indivisibles chargés d'émotions, de troubles, de larmes. Infini bonheur.
Nouvel amour, tout en joie, qui a pris sa place dans une âme et en possède à jamais les clefs.
Souvenirs noirs interpellant. Rien n'est éternel. Le temps est inlassablement compté. Mise à notre disposition, l’existence doit être employée avec intelligence et non dilapidée, gaspillée. Départs, arrivées sont, font la continuité de la vie. Tourbillons, papillons de papier qui dissipent, apaisent l'angoisse.
Souvenirs d'absence aux lointaines frontières marquent le vide d'un temps disparu. Attentes d’espérances déçues que les actualités, les barbaries accablent. Vœux de vivre sans haine, sans peur pour l’Amour d’une humanité blessée, écorchée, meurtrie. Exprimer à ces âmes déplacées dans le désarroi, le dénuement, l'adversité, nos pensées et nos paroles de réconfort pour un monde de paix.
Joyeux Noël
Entre le marteau et l'enclume
Une plume s'écrase,
Les mots confus se croisent,
Les idées se dissipent dans la brume,
Les verbes fuient les phrases
Bras croisés, lentement ils s'usent.
Pas une lettre qui jase.
Puis, et puis... comme la pluie
L'encre coule et roucoule...
Mais les idées toujours se dissimulent,
Les mots dans leurs maux reculent,
La lettre craint d'être ridicule,
Guettant au loin son agonie.
Et puis l'encre coule encore
Mais cette fois-ci dans un moule
Que tiennent les mains d’une Muse
Et soudain les vers fusent
Comme des rayons de soleil
Et s'écrient en extase:
Oh! merci, notre Muse
A dos de Pégase Polymnie s'excuse
D'avoir longtemps prolongé sa ruse.
Et le poème entre en vie.
Lahoussine EL HOUSSAINI
Songerie
Un poème devient chanson
Quand l'énergie de la musique
Crée un espace mélodique
Où s'amplifient ses faibles sons.
S'y métamorphosent les mots
Qui reçoivent de la brillance,
Un effet de la transcendance,
Les notes ruisselant à flots.
De Kosma la douce musique,
Qui anima les feuilles mortes,
À la tristesse ouvrit la porte,
Rendant de simples mots lyriques.
Lors certains poètes regrettent
De ne pas être musiciens.
L'étaient ceux des siècles anciens.
De compositeurs sont en quête.
18 décembre 2016
CHRISTINE BRY : CAVALCADES AU CŒUR DE L’ACTE CREATEUR
Du 08 au 30-12-16, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles), termine l’année 2016 en vous présentant CAVALCADE, une exposition basée sur l’œuvre de Madame CHRISTINE BRY, une artiste peintre française dont le travail ne manquera pas de vous interpeller.
Qu’est-ce qui incite certains artistes d’aujourd’hui à se tourner vers l’art pariétal préhistorique ? Est-ce le besoin de s’immerger dans la technique primitive de l’art ? Est-ce pour créer une œuvre personnelle à partir d’une technique primitive à son origine ? Les artistes du Paléolithique se sont exprimés en extériorisant leur puissance d’Etre face au mystère de l’existence. C’est au tour, à présent, aux artistes du 21ème siècle de reprendre, pour ainsi dire, le flambeau pour recréer un imaginaire immergé dans la couleur des origines. Enfin, direz-vous, la Préhistoire est à l’honneur, après que le surréalisme et l’art métaphysique aient trempé leur pinceau, notamment, dans la Renaissance et le classicisme antique, pour exprimer une autre vision du Sacré, à partir de l’acte quotidien sublimé. Enfin, la Préhistoire sort définitivement de la sphère essentiellement scientifique pour atteindre le discours artistique dans sa continuité contemporaine!
Il y a dans l’œuvre de CHRISTINE BRY une recherche manifeste (pour ne pas dire une science) de la distribution des couleurs sur la toile. Et, à ce stade, force est de constater qu’ici la toile disparaît, pour faire face à la matérialité recréée par la paroi des origines. On le constate par la disposition de la forme « ondulant », en quelque sorte, sur la toile, laquelle épouse les contorsions de la pierre originelle. A partir du chromatisme standard appartenant à la technologie primitive (rouge-ocre, brun clair et noir), l’artiste se plonge dans un univers magico-religieux, à l’intérieur duquel le bestiaire est, à la fois, émanation de la nature, dans l’apparition de créatures fantastiques issues du monde des esprits ainsi que de l’expression d’un produit économique assurant la survie du groupe dans la représentation d’un bestiaire destiné à la domestication et à la consommation. Le traitement des animaux (principalement des équidés et des cervidés) respecte parfaitement la morphologie animale esquissée par la précision du trait : corps très larges se déployant sur les côtés – museaux relativement petits et ramassés – modelés des animaux repris dans le rythme du galop, réintroduisant par le biais de la patte intérieure sortante, une volonté de produire la deuxième dimension. Ce qui lui permet d’insister sur le fait que les artistes du Paléolithique étaient également d’habiles techniciens car le trait procède avant tout de la technique.
Mais à côté de cette vérité respectée, l’artiste s’expose en appliquant sur la toile des ersatz de chromatisme tels que le bleu et le rouge, encore inexistants il y a quelque vingt-mille ans : CAVALCADE 3 (83 x 104 cm-huile sur toile)
GRANDE MIGRATION (93 x 134 cm-huile sur toile).
Le rythme entre l’animal et la paroi fictive se ressent dans cette cavalcade tout en descente que nous offre CAVALCADE 3. Le volume des animaux est assuré par un trait reprenant, en une fois, l’ensemble du corps. Comme dans l’art pariétal du Paléolithique, la crinière des chevaux est rendue par une fine toison en brosse, posée sur le haut du crâne des équidés. Un discret mais solide travail au couteau suggère la matière constituant la paroi pour qu’émane de celle-ci la preuve matérielle du temps. Le titre de cette exposition - CAVALCADES - porte en lui-même la philosophie de la démarche de l’artiste. Ces « cavalcades » assurent le passage vers les MIGRATIONS, c'est-à-dire, vers une écriture essentiellement personnelle et vitale, par laquelle elle se concède des libertés par l’apport d’un chromatisme inexistant au cours du Paléolithique, comme le rouge, l’orange, le blanc et le bleu (en dégradés) ainsi qu’une conception picturale du bestiaire, également personnelle, montrant, notamment, des cervidés privés du chromatisme propre et se fondant dans les couleurs de la nature, à l’arrière-plan. Il y a dans le rapport entre la toile lisse et la paroi accidentée originelle, la volonté de traduire l’existence d’un espace lui permettant d’engendrer la forme, par le fond, considéré comme la matrice.
Cette écriture l’amène vers une autre conception de la représentation spatiale, à savoir celle du cercle à l’intérieur duquel évolue le bestiaire, faisant partie intégrante avec la nature : les bois d’un cervidé dont on ne distingue pas le corps surgissent de la partie gauche de la toile, à partir d’une nature sauvage et farouche, mise en relief par des explosions de lumière, issues des différentes touches de blanc associées aux couleurs ocre, rouge et bleu. Avec CAVALCADE 2 (77 x 104 cm-huile sur toile)
et CAVALCADE 3 (83 x 104 cm- huile sur toile), l’apport personnel est encore timide, malgré les points bleus qui s’étalent sur la surface. Ce n’est qu’à partir de GRANDE MIGRATION (93 x 134 cm-huile sur toile)
grande migration (détail)
que l’artiste se libère des conventions stylistiques paléolithiques, pour se projeter définitivement dans la communion unissant l’imaginaire magico-religieux préhistorique avec la sensibilité du sien. La symbolique de cette œuvre s’accroit dans la conjonction entre le cercle à l’intérieur du carré. Le cercle ou pour mieux dire, la sphère, est à la fois, une image de la Terre ainsi que celle du ventre de la Femme en gestation. Par conséquent, il s’agit d’une image de la vie, à l’intérieur de laquelle la nature se déploie.
Tandis que le carré est une image de la rationalité. Est-ce là le produit de l’inconscient de l’artiste ? Peut-être. Néanmoins, ne perdons jamais de vue que l’image de la « rationalité » ne naît pas avec les « grecques » de l’art classique mais bien avec la disposition de la forme épousant le contour naturel de la paroi, permettant à l’image de se greffer dans l’espace en le colonisant de façon proportionnelle.
Les petits formats (mentionnés plus haut) sont tout aussi intéressants car ils témoignent d’une liberté intérieure, dépassant parfois dans leur intensité, les compositions de grand format. ORIGINE 5 (29 x 29 cm-huile sur toile)
et ORIGINE 6 (29 x 29 cm-huile sur toile),
sont une invitation vers une possibilité d’abstraction, au-delà de la sphère magico-religieuse. Ils témoignent, chez l’artiste, de la volonté d’accorder la possibilité d’une passerelle entre le langage primitif et l’univers pulsionnel, tous deux unis dans l’acte créateur.
L’œuvre de CHRISTINE BRY est-elle une actualisation de l’art pariétal préhistorique ? Certainement, dans la mesure où, comme nous le précisions plus haut, il était grand temps que l’art contemporain s’intéressât à cette vision de la nature avec en filigrane, une vision de la société, à la fois préhistorique et contemporaine. Mais à ce stade, soulignons un détail qui a son importance, à savoir une relecture anthropologique de la définition même de la « Préhistoire ». Depuis des années, le monde scientifique conteste cette notion selon laquelle, cette définition se détermine sur l’invention de l’écriture comme ligne de démarcation entre la « Pré » et l’« Histoire ». La démarche artistique peut servir de déclencheur en vue d’une disparition définitive de cette dichotomie absurde. En ce sens que l’art pariétal mis en valeur par l’écriture picturale contemporaine, peut définir le trait sur la paroi comme le « signe » animé d’une écriture à venir. Une « proto-écriture » universelle à la base de l’identité de l’Homme et de son devenir, indissocié du Monde. C'est-à-dire un produit agissant de l’Histoire.
Par l’espace abstrait retrouvé, elle pose une interrogation à l’homme contemporain par le biais d’une vision du monde afin de retrouver l’Homme conceptuel élémentaire.
Il y a approximativement vingt ans, l’artiste fut saisie par une émotion irrépressible à la vue des peintures pariétales de Lascaux. Elle éprouva le sentiment de se trouver dans un lieu saint qu’elle compara au sentiment d’être confronté aux fresques de la Sixtine. Est-ce une coïncidence, néanmoins, bien des historiens de l’Art ont comparé par le passé les œuvres de Lascaux à celles de la Sixtine. Il s’agit, avant tout d’un sentiment d’envahissement.
D’une sensation, à la limite physique, d’être à la place d’un néophyte du Paléolithique sur le point d’entrer en contact avec l’indicible pour l’exprimer avec ses moyens humains. Ce qui émut l’artiste au plus haut point, fut cette harmonie d’ensemble, consubstantielle à la structure naturelle de la grotte, interprétée comme une architecture.
Sa formation, elle la suivit alors qu’elle était encore aux études. Elle prit des cours de dessin tout en terminant son Mémoire de Philosophie à Lyon. Peignant essentiellement à l’huile, elle se considère comme une autodidacte.
En 2008, elle participa à une exposition dont le thème était celui de Lascaux. C’est ainsi que toute l’émotion passée resurgit à la surface, jusqu’à lui faire sentir que, dorénavant elle allait fonder son œuvre sur cette esthétique.
CAVALCADES traduit l’esprit d’une dynamique essentielle. Néanmoins, une question nous taraude, à savoir y aura-t-il dans cette démarche artistique la volonté d’associer, outre le bestiaire en mouvement, la présence de la figure humaine libérée de sa raideur squelettique (en l’occurrence celle que l’on retrouve dans les silhouettes de Lascaux), pour atteindre la plasticité mobile que seuls possèdent les chevaux et les cervidés ? En d’autres termes, l’artiste, si tant est qu’elle relèverait ce défi, accepterait-elle de façonner l’homme autrement que dans une raideur dictée par le contraste avec réception du Sacré, le rapprochant ainsi de la nature dans l’expression ressentie de sa matérialité, à la fois physique et historique ? Ou bien alors, le cantonnerait-il dans la sphère d’une abstraction fondée sur le seul chromatisme fauve d’une nature inquiétante et sauvage ?
A l’analyse des œuvres, l’on se rend compte que l’artiste est une personne très cultivée, en ce sens qu’elle connaît parfaitement son objet de recherche dans ses moindres détails, tout en le transcendant, par le besoin de le redimensionner à la mesure, jamais atteinte, de la condition humaine.
CHRISTINE BRY s’accapare du thème (pour ainsi dire du mythe) fondateur de la Préhistoire, tout en l’actualisant pour l’introduire dans l’intemporalité absolue du geste créateur.
Lettres
N.-B.: Ce billet est publié à l'initiative exclusive de Robert Paul, fondateur et administrateur général d'Arts et Lettres. Il ne peut être reproduit qu'avec son expresse autorisation, toujours accordée gratuitement. Mentionner le lien d'origine de l'article est expressément requis.
Robert Paul, éditeur responsable
A voir:
Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza
François Speranza et Christine Bry: interview et prise de notes sur le déjà réputé carnet de notes Moleskine du critique d'art dans la tradition des avant-gardes artistiques et littéraires au cours des deux derniers siècles
(7 décembre 2016 photo Robert Paul)
Signature de Christine Bry
Exposition Christine Bry, à l'Espace Art Gallery en décembre 2016 - Photo Espace Art Gallery
EXPOSITIONS PERSONNELLES | EXPOSITIONS DE GROUPE | ||
2016 | Espace Art Gallery, Bruxelles (7 - 30 décembre) | ||
La Vitrine, Saint-Etienne (22 novembre - 16 décembre) | |||
Maison de Pays de Mornant (près de Lyon) (7-22 mai) | |||
2015 | Hôtel Pellissier, Visan ,Vaucluse (20 mars - 27 avril) | ||
2014 | Ville de Biarritz (novembre-décembre) | 2011 | Ferme des Arts de Vaison-La-Romaine, |
Ville de Voreppe, Espace Louis Christolhomme | Exposition « Regards de femmes » | ||
Galerie Art Course, Strasbourg (octobre-novembre) | 2009 | Musée Ancien de Grenoble | |
2013 | Galerie La Maison de la Tour | (Association « Osons l’art sans frontières ») | |
Galerie Arcurial, Lyon 8ème (31 janvier - 21 février) | 2008 | Formats atypiques- Galerie Philippe Boidet- Chambéry | |
2012 | Galerie l'oeil du huit, Paris 9ème | Grands Formats/ Valence | |
Galerie La Rotonde - Yvon Birster, | 2007 | Firminy / Musée des Bruneaux / CNPAF-Unesco | |
2011 | Galerie La Rotonde, Paris 18ème (21 mai- 24 juin) | 2006 | Pôle Minatec / Grenoble |
Galerie Saint Firmin, Lyon 8ème ( 17 mars- 29 avril) | ( Associations « osons l’art sans frontières ») | ||
2010 | Ville de Voreppe, Espace Louis Christolhomme | Salon de Noël / Bollène | |
Maison de pays de Mornant, Rhône | 2005 | Galerie Amana Aix-en-Provence | |
2009 | Musée d’Apt | Privas (FOL de l’Ardèche) | |
2007 | Galerie Lee ,Paris 6ème | 2004 | ADAI CHU de Grenoble |
2006 | Ville de Thonon-les-Bains/ Chapelle de la Visitation | 2003 | ADAI Cloître de Lavilledieu |
Grignan / Espace F.A. Ducros | Château d’Alba-la-Romaine | ||
2004 | Fondation Taylor, Paris 9ème | 2002 | ADAI Cloître de Lavilledieu |
Galerie Dinart / Nimègue / Pays-Bas | Château d'Alba-la-Romaine | ||
Espace Saint-Laurent / Verneuil-sur-Avre | 2000 | Salon de l'ARICOM Paris | |
2003 | Galerie Agbe Paris 4ème | 1998 | Galerie Cupillard Grenoble |
Musée Auclair Cruas | 1992 | L'Entrée des artistes Barbizon | |
Hôtel Simiane Valréas | 1991 | Salon d'automne Paris | |
2001 | Galerie Estève Paris 6ème | France-Oklahoma Oklahoma City (USA) | |
Festival du film / Saint Paul trois Châteaux | 1990 | Salon d'automne Paris | |
Fol de l’Ardèche, Privas | 1989 | Galerie Romanet Paris | |
2000 | Ville d'Arcueil : Festival de l'Outre-mer | 1988 | Galerie des Arcenaulx Marseille |
1999 | Galerie de Buci, Paris 6ème | Château de la Tour d'Aigues | |
Ministère de l'Outre-mer Paris | 1986 | Bibliothèque française de Boston (USA) | |
Ville de Boulogne-sur-mer | 1982 | Galerie Cannes'art Boston (USA) | |
1998 | Galerie Mercure Béziers | ||
1997-98 | Musée d’Apt | ||
1996 | Festival International / Université d’Aberystwyth (Pays de Galles) | RADIO-TELE | |
Galerie Jean Estève Paris 6ème | France 2 / Journal de 20 H (David Pujadas/ | ||
1991 | Hammersmith Center (centre culturel) Londres | Geneviève Moll / 13 nov. 02 | |
Maison des Arts Vergèze | |||
1988 | Musée d'Apt | ||
1986 | Centre Hospitalier de Valence | ||
Galerie d'Art d'Orly |
| ||
1983-84 | Musée de Grignan | ||
1981 | Galerie Sainte-Césaire Nyons | ||
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Au Centre Culturel d’Auderghem on applaudissait de tout cœur l’an dernier « L'Affrontement » mettant en scène Davy Sardou et Francis Huster, spectacle récompensé en 2014 par un Molière . On recommence cette année, avec la même ardeur, sinon plus, pour applaudir « Les vœux du cœur », une autre pièce magnifiquement traduite de l'Américain Bill C. Davis. Certains soirs, l’amour aidant, on ira même jusqu’à applaudir frénétiquement - en plein spectacle - car il y a un moment où on a vraiment du mal à s’en empêcher.

Bénissons ces quatre comédiens très futés qui restent à l'écart des clichés, dirigés par Anne Bourgois et qui forment un quartet éblouissant de vie, d’énergie et de justesse de ton. C’est beau comme un vitrail par où passe la lumière. Le découpage en tableaux brefs et bien rythmés forme une mosaïque colorée efficace, drôle et sans aucune pesanteur malgré l’argumentation théologique parfois très intense. Le décor minimaliste fait à la fois office de sacristie, d’église, de confessionnal, de presbytère, d’appart de gay people, de refuge de filles-mères, de cabinet de vétérinaire et même d’hôpital! Quelques chaises, deux prie-Dieu et un grand pouf canapé lit font l’affaire. Les balayages du vidéaste, les éclairages et les musiques très soigneusement choisies bordent chaque impromptu et rendent l’ouvrage très percutant, tout en lui donnant une allure de joyeuse modernité.

Catholicisme à la carte : on retrouve Davy Sardou dans le rôle de Tom, ce trentenaire déchiré entre foi et sexualité, entre amour et respect de Dieu et respect des hommes. Brian, son partenaire grisant de gentillesse, de sincérité et de générosité, c’est un adorable Julien Alluguette qui voudrait vivre leur amour au sein de l'église. Il a une sœur, Irène (Julie Debazac), tout aussi vive et attachante. Incidemment, elle porte aussi un enfant de père marié à une autre. Elle prépare sa tournée artistique de piano mais elle lâcherait tout pour que son frère soit heureux et puisse conclure l’union dont il rêve avec Tom. Y compris, parler plus que franchement à ce prêtre rayonnant (Bruno Madinier) en chasuble verte, elle qui n’a plus mis le pied dans une église depuis 17 ans. Réussira-telle à faire plier le très charismatique père Raymond, dont les sermons témoignent de tant d’intelligence ? Il a beau être progressif, il se range aux diktats de l’Eglise. Pour lui, « Plus profond que le désir, il y a l’obéissance ». « Donner aux gens ce qu’ils demandent n’est pas une preuve d’amour ! » « Etre heureux, c’est pas là la question ! » « On ne peut pas déplacer les vœux, c’est comme déplacer le littoral ! ». Mais tout cela, c’est sans compter sur la surprise des enchaînements et le chatoiement des mystérieuses racines du cœur…
Ainsi, Aimer, Honorer, Chérir, voilà les vœux. Jusqu’à ce que la mort nous, vous, les sépare…
Note d'intention d'Anne Bourgois: http://www.atelier-theatre-actuel.com/fiche.php?fiche=531&article=1656&menu=131#haut
Dates:
Jusqu’à ce dimanche 18 décembre, Davy Sardou et Bruno Madinier jouent dans "Les vœux du cœur", de Bill C. Davis, au Centre Culturel d'Auderghem - CCA. L'histoire de trois hommes et une femme. Un couple catholique homosexuel, la sœur de l'un des concubins et un prêtre réunis dans un le huis-clos d'un presbytère. Réservations : 02/660.03.03.
Pour son rôle dans Les Voeux du Coeur, Davy Sardou a été récompensé du Triomphe AuBalcon du meilleur acteur (2016).
Soliloque
Devraient jubiler les Français
Qui attendent sans confiance
Que soit équitables les chances
Leur sort les rend insatisfaits.
Ceux devant servir de modèles,
Par leurs concitoyens choisis
Pour mener à bien leur pays,
Souvent minables se révèlent.
Dans leur monde de privilèges,
Tout à peu prés leur est permis.
Semblent normaux leurs compromis.
L'indifférence les protège.
Quand un désir vif les motive
Certains d'eux quittent sans retour
Les enfants nés d'un bel amour.
Leurs valeurs les y autorisent.
Un homme certes vertueux
Rayonne de vive allégresse.
Il a le savoir, la sagesse
Veut rendre les Français heureux.
Sont-ils prêts à l'auto-critique
Confrontés à leur bienveillance
Face à la morale en souffrance
Au narcissisme pathétique?
17 décembre 2016
