Arts et Lettres

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Non, Monsieur Hugo, nul ne remontera ” de ces urnes pleines

de l’éternelle nuit ”
La poussière n’a plus de veines
Ni de sang qui jaillit !

C’est l’esprit infini qui est éternel.
Pas ces sombres débris,
Dont le nombre est mortel
Voué aux cendres de l’oubli.

Vous êtes vous égaré dans votre chagrin ?
Ce qui descend à l’obscurité
Jamais ne revient
Et n’a d’yeux pour la fixer.

Seul, Dieu la voulu, le vivant peut voir.
Et vivre toujours ou vivre de pensées qui traînent
Sont de funestes images pétries de noir,
Martelées par nos lourdes peines.

Aucune main céleste ne relèvera les morts.
Ce serait la plonger dans une grande ignorance
A livrer de nouveau au même triste sort
Ceux qui dorment là, ôtés de leurs souffrances.

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Commentaire de Nicole Duvivier le 4 novembre 2016 à 18:17

Bonsoir Gilbert,

Merci du partage de ce texte tout empreint de l'ambiance particulière d'une veille de Toussaint.... gravité, recueillement, souvenirs, ...

Cordialement, Nicole

Commentaire de Gilbert Czuly-Msczanowski le 3 novembre 2016 à 12:08

Bonjour Gil,
Effectivement, il y a des peines insurmontables surtout celles de cet ordre. Elles imprègnent l'esprit comme une encre indélébile jetée comme une tache sur notre bonheur et espoir de vivre. Dans mon texte il n'y a que ce qui figure entre guillemets qui appartient à Victor Hugo, le reste m'appartient. Mon esprit cartésien se borne à considérer ce reste là, à m'y tenir autant que faire se peut jusqu'à tomber de mon arbre ! Merci Gil pour toutes ces précisions concernant cet écrivain si éclectique.Amicalement, gilbert.

Commentaire de Gil Def le 3 novembre 2016 à 10:44

Bonjour Gilbert

Effectivement, Victor Hugo a été fortement affecté dans sa vie par beaucoup de deuils : la perte de sa mère vers l’âge de dix-neuf ans, puis par la perte de son premier enfant Léopold à l’âge de quelques mois, puis par celle de Léopoldine morte noyée avec son mari, puis plus tard par celle de ses deux autres fils Charles et François-Victor à un peu plus de quarante ans. Seule, sa fille Adèle lui a survécu mais ce fut pour Victor Hugo un autre malheur car elle fut très tôt internée en maison de santé. Ceci peut effectivement expliquer son texte et qui est finalement une sorte d’échappatoire à cette terrible réalité là. Mais bien d’autres personnes connues ou pas du tout ont eu des destinées similaires et ont eu une autre toute réaction, c’est le cas par exemple de Marceline Desbordes-Valmore, dont la générosité n’a jamais connu de faille.

Bonne journée. Cordialement. Gil

 

PS J’ai le même prénom et le même diminutif que vous.

Commentaire de Gilbert Czuly-Msczanowski le 1 novembre 2016 à 13:16

Bonjour Gil,
J'ai le même diminutif que vous. Votre prénom est-il Gilbert ?
Victor Hugo était, comme on peut le comprendre si on a déjà vécu soi-même un tel drame, sous l'emprise d'un chagrin immense. Dans ses " Contemplations " il évoque en permanence cette emprise. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l'on perd un enfant. Dans mon texte " Nul ne revient ", c'est une pensée personnelle que j'exprime et qui me vient en ce jour d'interrogation générale. Ne soyez pas choqué, ni blessé, ni frustré. Il existe encore autour de nous tant d'esprits courtois, agréables et même gentils mais il nous appartient de nous en approcher. A quoi cela servirait-il de nous embarrasser de vilains compagnons ? Il n'est plus possible de réconforter monsieur Hugo, il ne reviendra plus. Vous voyez que j'ai raison !
Amicalement, gilbert.

Commentaire de Gil Def le 1 novembre 2016 à 9:28

Bonjour Gilbert

Je pense que toute personne, écrivain ou pas, doit faire attention à l’usage qu’elle fait de sa parole, des conseils et des recommandations qu’elle donne autour d’elle. En tout cas, pour parler simplement, les seules certitudes que j’ai, c’est que les conseilleurs ne sont jamais les payeurs, et puis quand vous êtes dans les pires difficultés matérielles ou affectives, c’est fou comme on vous fuit comme un pestiféré ou pire encore c’est fou comme il y a alors de gens parfaits et qui savent si bien vous accabler de ne pas l’être, forcément fautif de ce qui vous a mis en piètre état. Mais je continuerai de vivre le plus bravement possible et je n’ai que faire de ces arrogances où l’on s’en vient bien mal inspirés comme Victor Hugo ici à mettre tout le monde dans le même sac, tous gens minables et méchants, et qui ne seront recommandables qu’une fois morts, et bien vite oubliés dans un territoire de nulle part. Ceci étant dit, Victor Hugo reste une belle référence en bien d’autres textes.

Bonne journée. Amitiés. Gil

Commentaire de Gohy Adyne le 1 novembre 2016 à 8:58

Un très beau texte, merci Gilbert, pour cette évocation en ce jour de Toussaint.

Bonne journée

Amitiés.

Adyne

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