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Publications de Deashelle (982)

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12272782055?profile=originalLE REPAS DES FAUVES Centre Culturel d'Auderghem, Bld du Souverain 183 – 1160, Accueil parisien du 16/01/2012 au 22/01/2012

1942, quelque part, en France occupée, un appartement bourgeois. Circonstances « atténuantes »,  le SS  Kaubach qui connait Victor Pélisier comme libraire de la ville,  fait « une faveur » à Sophie, sa femme,  qui  fête ce soir-là son anniversaire. Ils pourront  d’ici deux heures, parmi les sept convives, désigner les  deux otages par appartement  qui payeront de leur vie  l’attentat de deux officiers allemands abattus ce soir-là, au pied de l’immeuble.

L’angoisse est à son comble, personne ne songe à tirer au sort. Chacun trouvera que « l’autre » est de manière évidente,  bien plus apte à être envoyé au sacrifice. Que le salut viendra  sûrement d’appels à l’aide parmi leurs sympathies allemandes. « … Comme de bien entendu ! »  Le sujet est  glaçant, le jeu de l’autorité en place  est sadique et cynique. «  Prenez votre temps, dit l’officier,  maintenant vous avez un sujet de conversation ! » Pendant deux heures rien d’autre ne circule que la peur panique d’hommes et de femmes soudainement dressés les uns contre les autres devant le danger. De Jean-Paul, le  docteur, figure respectée, au salaud collabo et pragmatique, André, en passant par Pierre, rendu aveugle lors de ses combats  au front et Françoise aux sympathies marquées pour la Résistance, tous s’entredéchirent, avec une férocité grandissante, pendant que le SS parcourt d’un regard amusé les beaux livres de la bibliothèque.

12272782256?profile=originalCe  spectacle a obtenu 3 Molières en 2011.  

Dans toute cette gravité du huis clos infernal,  les adeptes d’humour noir jubileront. Le personnage d’André, pourtant fort opportuniste est peut-être le moins hypocrite d’entre eux, le seul qui ose poser les bonnes questions. Il ose asséner : «Je préfère avoir un cadavre sur la conscience qu’être le cadavre sur la conscience de quelqu’un d’autre ». Le personnage de Victor le mari est un condensé d’égoïsme et de pleutrerie qui méprise sa femme. « Tout est pardonnable quand il s’agit de sauver sa vie!» Françoise, lucide déclare « Nous sommes tous responsables… » Mais ses grands états d’âme ne vont pas plus loin que les mots.  Les huit acteurs sont finement  décalqués sur la bassesse, la médiocrité, la lâcheté qui les animent tous, sans exception.  L’appartement cossu  et net  qui respire le monde de nos grands parents forme  un contrepoint esthétique  saisissant. Sur la large baie vitrée, des projections d’actualités, mêlées de  funestes personnages  de grossiers dessins animés  nous plongent dans une évocation glaçante de l’horreur de l’époque.  Bombardements, défilés, discours nazis. Destruction consciencieuse  de la dignité humaine. Mais ce qui se passe et se dit  sur scène est presque plus effrayant. Le dénouement, point d’orgue inoubliable,  est un cadeau d’anniversaire  terriblement héroïque.

«  Tu peux sourire, charmante Elvire, les loups sont entrés dans Paris…» Les comédiens sont entrés dans leurs personnes-otages avec une vérité déconcertante.   Mais comme  cela fait du bien de retrouver leur traits détendus, leur réalité d’êtres humains, leurs joyeuses œillades d’artistes au moment des applaudissements à tout rompre.

 

mise en scène de Julien Sibre Avec Cyril AUBIN, Pierre-Jean PAGÈS, Alexis VICTOR, Caroline VICTORIA, Olivier BOUANA, Julien SIBRE, Pascal CASANOVA, Stéphanie HÉDIN, Jérémy PRÉVOST.

http://www.cc-auderghem.be/index.php/nos-spectacles/paris-theatre-1112/details/104-le-repas-des-fauves.html

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12272782485?profile=originalBritannicus

de Jean Racine
Mise en scène : Tatiana Stepantchenko

 

 

« Ce spectacle plonge dans l’incandescence des âmes, dans l’antre de l’alchimiste Racine où se transmuent non seulement les âmes mais aussi le monde. » La Voix du Nord

 

Gouvernée avec sagesse par Néron, Rome est au sommet de sa puissance et de sa domination sur le monde. Un parfum de complot avait pourtant entouré l’accession au pouvoir du jeune fils d’Agrippine. Seconde épouse de l’empereur Claude et soupçonnée de l’empoisonnement de ce dernier, Agrippine avait habilement obtenu du Sénat qu’il installe Néron à la tête de l’Empire, le préférant ainsi à Britannicus descendant dynastique légitime. L’emprise d’une mère sur son fils, les manigances, tractations et autres secrets d’alcôves, lui permettaient depuis de gouverner l’Empire en sous-main. Quand Néron, depuis toujours piqué de jalousie envers Britannicus, décide soudain de faire enlever Junie la compagne de ce dernier, Agrippine redoute que la Pax Romana dont elle tire avantage n’explose simplement. Lorsqu’elle se présente au palais pour raisonner Néron, celui-ci refuse de la voir. La fébrilité et la panique gagnent Agrippine qui tente désespérément de reprendre le contrôle de la situation, tandis que Néron sombre inéluctablement dans une folie qui mettra bientôt Rome à feu et à sang…12272782660?profile=original

 Personne ne veut plus de l’aspect emprunté des alexandrins. Il n’est pas moins vrai que la langue de Racine peut, une troupe théâtrale d’exception aidant, ravir l’oreille et le cœur, absolument. C’est ce pari que Tatiana Stepantchenko, metteur en scène russe,  gagne haut la main lors de la représentation de Britannicus sur la scène de Jean Vilar à Louvain-la-Neuve. Un chef d’œuvre d’expressivité et de jeu théâtral. A part de savants jeux de clair-obscur, à part les subtils changements de teintes du voile de l’histoire, immense et brillant mais  aux trompeuses transparences,   le décor est le noir profond et insondable  de l’histoire et de la nature humaine. Y apparaissent, sculpturales, les empreintes de personnages de la Rome éternelle, lieu emblématique de pouvoir, d’orgueil démesuré,  de trahisons et machinations perverses,  où sont synonymes passion amoureuse et passion politique ou militaire.  Chaque stance est un tableau en soi. Il se compose de gestes et de poses très étudiées où les mains sont le prolongement des mouvements de l’âme et du subconscient, où le corps s’exprime comme un danseur pour être contemplé dans sa vérité, où la langue virevolte dans des profils audacieux. Dans sa note d’intention, Tatiana Stepantchenko  explique que le vers racinien dégage une formidable énergie,  ardente, vibrante, d’une fascinante sonorité. Au détour de chaque syllabe, de chaque son, qui produit de véritables arcs électriques entre les personnages, se produit une musique verbale. Mais la vraie musique racinienne plonge au-delà, vers ces vibrations harmoniques inaudibles, ces silences, ces bruissements, puis ces hoquets telluriques des âmes en perdition.

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Un triangle magique s’est installé : celui de trois époques confondues en un point, le point  magique du théâtre, qui réunit l’antique, le classique et le contemporain avec une perfection admirable. La fresque des sentiments est bouillonnante : la jalousie, la trahison, la tentation incestueuse, le déséquilibre des équations triangulaires…La langue est sublime, les moindres nuances de  sentiments sont rendues à la perfection.  Et pour qui saura entendre, la critique politique de l’époque de Louis XIV est bien présente, « le sous-texte » comme l’appellera Anton Tchékhov, trois siècles plus tard.

 Le spectateur vit un moment inoubliable devant ce talent d’outre-siècles déployé par des comédiens envoûtés par le texte. Le spectateur en vient à se suspendre lui aussi à cette vague artistique qui déferle sur la scène  et à se laisser porter avec volupté verbale et chorégraphique sur la  crête de l’excellence théâtrale. On a envie de ne rien ajouter, ni de rien retirer. Equilibre parfait.  

 

Britannicus de Racine, mise en scène Tatiana Stepantchenko, scénographie et costumes Marina Filatova, lumières Laurent Deconte. Avec Claire Mirande, Jacques Allaire, Mathias Maréchal, Magaly Godenaire, Damien Remy, Laurent Letellier, Catherine Mongodin .

 

Une production Compagnie Or. Azur, aidée par la Ministère de la Culture (DRAC Nord/Pas-de-Calais)

et par la Région Nord/Pas-de-Calais / Coproduction Le Phénix-Scène Nationale de Valenciennes.

Coréalisation série parisienne : Théâtre de l’Atalante.

 

Dates : du 17 au 20 janvier 2012

Lieu : Théâtre Jean Vilar

Durée du spectacle : 2 h 15 sans entracte

http://www.atjv.be/

http://www.webthea.com/?Britannicus-de-Racine

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LE CAS JEKYLL - C. Montalbetti (Théâtre des Martyrs)

12272772684?profile=originalNous voici donc devant  un nouveau Docteur Jekyll et Mr. Hyde, inspiré de la célèbre nouvelle de Stevenson. Une heure 10 de palpitations magnifiquement interprétées par Emmanuel Dekoninck,  multiple Manu, qui, de son corps agile et de sa voix nous guide dans la  descente vertigineuse des complexités du Moi. Il  nous souhaite  au passage de ressortir de ce spectacle un peu différent. Il est vrai qu’ après avoir bu la potion magique de son art dramatique éblouissant  et goûté au poison de l’expérience scientifique qui se déroule devant nos yeux ébahis par la mise en scène et le décor , on ne peut plus qu’accepter avec humilité les zones d’ombre que tout un chacun porte en soi.

 

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Christine Montalbetti met en scène la brume de l’hiver londonien, les ombres lugubres d’une rue déserte la nuit, la lune traîtresse et cette chose visqueuse qu’est le secret. C’est cette  dernière confession bouleversante  du Dr. Jekyll, envahi inexorablement par les difformités physiques et morales de  Mr. Hyde, qui va empoigner le spectateur jusqu’à ce que conscience s’en suive. Le visage lisse du jeune étudiant sans problème de la  cuvée 2011-2012 se froisse et apparaissent les failles qui  le feront aimer désespérément. Quel que soit le siècle, il se pose la question maléfique  du désir et de l’ennui.  Il révèle peu à peu sa perception des pulsions perfides, des zones d’ombre, des souffrances.  Alternent l’angoisse de Jekyll, mais aussi l’humour de Hyde, sa séduction subversive et souveraine, sa soumission entière au désir.

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Contraste lumineux : le Dr. Jekyll, épris de progrès scientifique, offre tout simplement sa personne à la science et explique l’expérience devant un tableau d’auditoire imaginaire. Noble passion et générosité de l’homme chercheur et enseignant. Jekyll analyse minutieusement  l’être humain dans sa complexité. Pour lui, jusque dans la bonté il y a des pulsions bâillonnées, des chemins tortueux. « Je suis l’incarnation de l’hétérogène et je fais mon autopsie. Vous repartirez différents suite à l’agitation de vos molécules.» promet-il. 

  Paradoxalement, le Dr. Jekyll va donc  s’appliquer à métamorphoser… le spectateur. L’effroyable Mr. Hyde est un monstre qui grâce aux effets de la potion  est devenu un être purifié dans l’alambic de la science, sans mélanges. Il ne connait pas la versatilité, ignore l’autre, est soumis à la machinerie infernale de sa pulsion première et personnifie l’abomination de la pureté.

D’aucuns verront aussi  dans ce conte cruel l’image des combats fratricides qui peuplent toutes nos mythologies depuis l'aube de l'humanité. Une œuvre forte  intensément interprétée par Manu. Suavité diabolique de la question de Hyde : « Si je ne te servais pas de repoussoir, comment pourrais-tu te glorifier dans ta vie quotidienne ?  Est-ce que je ne t’ai pas sauvé de l’ennui en te laissant le beau rôle ?»   

Seule la mort est sans faille. Deux mortels, Ange et Démon se disent  donc adieu, ainsi qu’à la vie dans un luxe langagier qui ne déplairait pas à Baudelaire. Jekyll ne peut plus faire qu’une chose : parler, parce que la parole est tout ce qui lui reste. Une parole qui devient spectacle saisissant.

 

Du 11.01 au 18.02.2012

Di : 22.01 & 05.02

 

http://www.theatredesmartyrs.be/saison.html

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LE SABOTAGE AMOUREUX
Amélie Nothomb - Cie Biloxi 48
Au Théâtre de la place des Martyrs - Grande salle.
Du 12/01 au 18/02/2012 - Dimanches : 29/01 et 12/02

 Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n'est qu'un épilogue ? Vous l'apprendrez et bien d'autres choses encore de ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme les sabots d'un cheval qui est un vélo… 

 

 « Dès le premier jour, j'avais compris l'axiome : dans la Cité des Ventilateurs, tout ce qui n'était pas splendide était hideux. Ce qui revient à dire que presque tout était hideux. Corollaire immédiat : la beauté du monde, c'était moi. » Ce n’est pas à une guerre des boutons, mais à une guerre mondiale  féroce que se livrent  avec entrain les enfants de diplomates dans le ghetto de San Li Tun à Pékin en 1972.  Amélie, 7 ans, est éclaireur. Elle ne peut concevoir plus beau, plus grand, plus digne d'elle-même, elle qui aime une seule chose, être regardée et se sentir le centre du monde. « J'avais tout. J'étais une interminable épopée.  Je ne me sentais de parenté qu'avec la Grande Muraille : seule construction humaine à être visible depuis la Lune, elle au moins respectait mon échelle. » 

 

Déclarations, affrontements, humiliations, sabotage, contre-attaques, trahisons, trêves… La guerre et l’amour partagent le même vocabulaire. Elle va le découvrir. Car le monde bascule pour Amélie quand  la sublime et très cruelle Elena devient le nouveau centre du monde car elle est la perfection. Amélie ose lui déclarer: «  Il faut que tu m'aimes parce que je t'aime. Tu comprends? » Pour Elena, jouer à la guerre, « le plus noble des jeux », est totalement  inintéressant.

 « Elle fut ma belle Hélène, ma guerre de Troie, mon sabotage amoureux. » dit Amélie qui joue au chevalier à la rose, acceptant les défis les plus surhumains  y compris une course folle qui l’emmène jusqu’à l’évanouissement. Chaque pas piétine son corps et son ego si sensible, dans l’indifférence absolue de la belle. « Sois méchante avec Elena et elle t’aimera. » dira sa mère en cherchant à la consoler. Un plan de vie ?   

Cependant que la guerre internationale contre les allemands fait rage, libres de surveillance, les enfants-maîtres es cruauté se délectent d’empilage verbal acide et tranchant, de  persécutions, de harcèlements,  de divertissements sadiques  et  de supplices frôlant la mort, jusqu’à  l’intervention  salutaire des parents. «  Oubliés des autorités chinoises et des autorités parentales, les enfants de San Li Tun étaient les seuls individus de toute la Chine populaire. Ils en avaient l'ivresse, l'héroïsme et la méchanceté sacrée. »

 

Le texte est éblouissant et provocateur. «  La guerre commença en 1972. C'est cette année-là que j'ai compris une vérité immense : sur terre, personne n'est indispensable, sauf l'ennemi. Sans ennemi, l'être humain est une pauvre chose. Sa vie est une épreuve, un accablement de néant et d'ennui. L'ennemi, c'est le Messie. Sa simple existence suffit à dynamiser l'être humain. »

 

             « J’appelle cheval …ce qui me hisse ! »  L’apologie du cheval-vélo, synonyme de dépassement, vitesse, envol est un bijou de romantisme échevelé. Ajoutons quelques perles musicales très évocatrices : de la marche des chevaliers de Prokofiev aux Beatles. Saluons l’encadrement d’éclairages  fort ludiques. Les costumes, dignes du Boulevard de la laideur habitable habillent des comédiens parfaits dans leurs rôles d’enfants débordants  d’énergie et de cynisme.  Dans un échange constant de personnages,  Christine  Delmotte a distribué la parole d’Amélie à 7  jeunes comédiens pétulants et explosifs,  dont des hommes bien sûr,   qui retrouvent avec jubilation et exaltation leurs propres souvenirs de cavalcades sur terrains vagues  et cours de récréation. Une habile façon  d’émietter toutes les facettes d’Amélie sans jamais la trahir. Difficile de rester indifférent. La mise en scène est tellement délirante que le spectateur est embarqué dans l’expérience héroïque presque sans son consentement.  Et le cheminement amoureux dévastateur d’Amélie laisse pantois.

 

Avec:  Maroine Amimi, Stéphanie Blanchoud, Catherine Decrolier, Christophe Destexhe, Jessica Gazon,

Ingrid Heiderscheidt, Quentin Minon

 Mise en scène et scénographie : Christine Delmotte, Eclairage : Nathalie Borlée, Assistanat général : Anna Giolo

Crédit Photos :Lara Bongaerts & Nathalie Borlée

 

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece4.html

 

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12272774482?profile=original« J‘voudrais pas crever avant …d’avoir goûté la saveur de la mort ! »

 

Jérôme Savary nous a présenté hier soir à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve un spectacle de cabaret grand format, réussi, chaleureux, drôle, incisif,  divertissant et enlevé. Aussi un rendez-vous avec l’histoire récente.  Le master of ceremonies fait revivre le Club Saint-Germain-des-prés de la fin des années ’40 et rallume les étoiles comme le conseille si vivement Guillaume  Apollinaire. C’est le personnage touchant de BORIS VIAN qui brillera toute la soirée. Jeune pour l’éternité, il est mort à 39 ans en 1959, des suites d’une fragilité cardiaque bien connue depuis sa plus tendre enfance.

 

Boris, alias Bison Ravi,  est poète, ingénieur, chanteur, trompettiste, et archétype des années 50 et du Paris de la Rive gauche. Il nous offre un univers de jazz, de poésie, de provocations,  d’insolence irrévérencieuse. Avec son complice, Henri Salvador, il fait découvrir le rock’roll aux français… une musique pourtant vieille de 50 ans en Louisiane ! Boris Vian, c’est aussi un engagement politique contre la guerre. « L’uniforme est un avant-projet de cercueil » LA CHANSON DU DÉSERTEUR, chantée par une femme, nous a inondés d’émotion. LE TANGO DES BOUCHERS DE LA VILLETTE nous farcit de répulsion. LA JAVA DES BOMBES ATOMIQUES nous arrache des rires.

 

 

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 Jérôme Savary, ne fait pas seulement revivre le poète tendre et provocateur mais aussi le Che (passage le moins réussi), Elvis Presley (puisque lui aussi est mort dans la fleur de l’âge), Les Frères Jacques (ils s’appelaient tous Jacques) Jean-Paul Partre (comme dans l’Ecume des jours ) et l’auguste Simone de Beauvoir ( Il vaut mieux boire que Beauvoir) , Roland Topor. On se retrouve  33 rue Dauphine, au Tabou avec Magali, chanteuse sensuelle à la cuisse galbée qui nous chante avec brio  «  MOZART AVEC NOUS ». On a rendez-vous avec le coquelicot fané de Mouloudji et « SURABAYA JOHNNY … et moi qui t’aime tant » mené par Nina Savary la fille de Savary ! Bref, il fait revivre tout un monde de noctambules se déchaînant sur des airs de be-bop et un monde  d’empêcheurs de penser en rond.

 

Quand on est tout blasé,
Quand on a tout usé
Le vin, l'amour, les cartes
Quand on a perdu l'vice
Des bisques d'écrevisse
Des rillettes de la Sarthe
Quand la vue d'un strip-tease
Vous fait dire: "Qué Bêtise !
Vont-y trouver aut' chose"
Il reste encore un truc
Qui n'est jamais caduque
Pour voir la vie en rose

Une bonne paire de claques dans la gueule
Un bon coup d'savate dans les fesses
Un marron sur les mandibules
ça vous r'f'ra une deuxième jeunesse
Une bonne paire de claques dans la gueule
Un direct au creux d'l'estomac
Les orteils coincés sous une meules
Un coup d'pompe en plein tagada

 

 Nostalgie du sieur Jérôme, héros d’une époque révolue?  Il y a sur scène aussi, on l’oublie un peu trop,  ce merveilleux orchestre au charme cuivré qui fabrique une magie musicale délicate et envoûtante et ce clown attendrissant : Antonin Morel…12272775865?profile=original

                                                         

 

 

Boris Vian, une trompinette au paradis

De : Jérôme Savary

Avec Nina Savary, Jérôme Savary, Antonin Maurel, Marco Oranje, Sabine Leroc, Les Franciscains Hot Stompers
Direction musicale et piano : Philippe Rosengoltz
Deux soirées de réveillon dans une ambiance de folie créatrice ! 18h30 – 21h

Un spectacle présenté par Atelier Théâtre Actuel en accord avec La Compagnie Jérôme Savary.

Lieu : Aula Magna
Dates : du 28 au 31 décembre 2011
Durée : 1h40
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http://www.atjv.be/

 

 

 

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Bernard Foccroulle

Mardi 20.12.2011 20:00

Cathédrale St-Michel

Bernard Foccroulle, orgue

Georg Böhm Praeludium in d, Vater unser im Himmelreich, Partite diverse sopra "Wer nur den lieben Gott läst walten", Christ lag in Todesbanden
Johann Sebastian Bach Praeludium & Fuge, BWV 549a, Partite diverse sopra "O Gott, du frommer Gott", BWV 767, Fantasia sopra "Christ lag in Todesbanden", BWV 718, Passacaglia & Fuge, BWV 582

 

 

12272778081?profile=originalotre compatriote Bernard Foccroulle, organiste prestigieux qui a dirigé le théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles entre 1992 et 2007 dirige maintenant le festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, qui a réuni plus de 60.000 spectateurs en 2010. En cadeau de Noël il nous a offert ce 20 décembre un programme exceptionnel consacré à Georg Böhm et à Jean-Sébastien  Bach dans la cathédrale Saint-Michel à  Bruxelles.

Jean-Sébastien Bach vécut dans sa jeunesse à Ohrdruf  où Georg Böhm, de 24 ans son aîné, fit de brillantes études.  On raconte qu’en 1700 Bach, alors âgé de 15 ans, parcourut près de 300 kilomètres à pied pour rejoindre Georg Böhm à Lunebourg. Bach y passa avec lui trois années déterminantes d’apprentissage musical. Nous avons eu l’occasion de découvrir l’étendue du talent de  Böhm, fait d’intériorité, d’austérité, de clarté  et de profondeur.  Le recueillement de l’assemblée est total. Entre chaque pilier de la cathédrale on aperçoit les lumières scintillantes des crèches du monde. C’est un mode d’espérance que souligne « le prélude en ré mineur ». Après la dévotion humble  du  « Vater unser in Himmelreich » on est happé par le rythme joyeux et festif de «Wer nur den lieben Gott lässt walten ». « Christ lag in Todesbanden », par contre, nous plonge  dans une atmosphère méditative et lourde qui s’ouvre finalement sur la sérénité car la musique de Böhm donne l’impression d’un ruissellement divin d’une grande fraîcheur  jusqu’à  la pure exultation des dernières notes.

Mais voici Bach. Avec la perception nette de croisements de plusieurs voix comme dans un chœur. Le  « prélude et fugue en ré mineur » donne l’impression d’une immense profondeur de champ. On se trouve au milieu d’une forêt de sonorités en mille et unes tranches. Exubérance, richesse, on est emporté par la fugue joyeuse pour s’arrêter sur des accords pleins de majesté en finale. « O Gott, du frommer Gott » BWV 767 commence avec les légers souffles de l’orgue conversant avec les trompettes. Des salves d’échos se perdent dans l’immensité de la cathédrale ou peut-être de l’univers. Il y a une grande justesse des sons, une fluidité émouvante, qui s’évanouit soudain  sur une dernière longue vibration.  Voici le même titre que celui de Böhm,  « Christ lag in Todesbanden » BWV 718, qui commence comme uns longue marche lente  respirant la  dignité. La musique nous entraînerait bien à muser mentalement  cette œuvre  que l’on découvre, mais sans beaucoup se tromper tant le dialogue entre ce que l’on croit être la main gauche et la trompette est du plus pur naturel. Une musique qui coule de source ! La limpidité des deux mélodies qui se répondent se termine sur une grande note tenue. Et de se laisser entraîner dans le courant.  Elles laissent maintenant  la place à un monologue un peu sombre repris par la libération joyeuse de flûtes. Le thème est répété avec bonheur par une foule d’instruments et en divers modes. Altos, sopranos, notes profondes de violoncelles…  A  la fin on croit entendre un hautbois dont il sortirait une lumière tamisée et douce. La conclusion est un bouquet victorieux  façon grandes orgues nuptiales.

Quant au dernier morceau, la passacaille BWV582, il nous envole dans la fantaisie et la jubilation. Un moment bouillonnant d’énergie et de virtuosité. La musique explore le mystère. Et si la musique était une pierre, ce serait un diamant étincelant. On se laisse prendre par cette dernière suite  ascensionnelle et resplendissante, car on ne suit plus. Homme tu es si petit!

http://www.bozar.be/activity.php?id=11072&selectiondate=2011-12-20

 

 

document:

Dans la fantaisie sur le choral de Pâques

Christ lag in Todesbanden BWV 718, la dialectique mort/résurrection est clairement traduite par l’opposition entre la première et la deuxième partie. Pour évoquer la mort du Christ (et plus précisément pour fi gurer la mise au tombeau ?), Bach commence par faire entendre un motif descendant, lent et douloureux, qui accompagne la mélodie du choral qui est ornée de manière très expressive. Puis sur les mots « Des wir sollen fröhlich sein » (c’est pourquoi nous nous réjouirons), le tempo devient rapide, l’écriture mélodique ascendante. Le verset « Nous louerons Dieu et lui serons reconnaissants » est traité à la manière d’une gigue ; « Et nous chanterons Alleluia » donne lieu à un dialogue animé et joyeux entre les deux claviers, un dialogue en écho qui rappelle la fantaisie sur le même choral composée par Tunder. La coda fait entendre trois fois le thème du choral correspondant au mot « Alleluia », dans une atmosphère jubilatoire.

 

La Passacaille en ut mineur BWV 582 est un autre monument insurpassé. On sait que le jeune

Bach copia la Passacaille et les deux Chaconnes de Buxtehude. Chacune de ces trois pièces a

laissé des traces très nettes dans cette grande Passacaille où Bach, sans jamais s’écarter de la

tonalité d’ut mineur, fait preuve d’une science accomplie dans la progression de la forme, le

travail des motifs, le modelé de la texture polyphonique. Bach rejoint ici la tradition médiévale

de l’oeuvre musicale conçue comme refl et de la perfection de la Création. La musique est

discours, certes, mais ici elle se rapproche davantage de l’architecture : chaque détail nourrit

la forme globale, chaque variation est un microcosme qui contient en puissance la matière de

l’ensemble, de la même manière que l’oeuvre elle-même renvoie à un macrocosme qui nous

dépasse infiniment.

Bernard FOCCROULLE

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administrateur théâtres

 

12272774680?profile=originalMy name is Billie Holiday  de et avec Viktor Lazlo

 

« La tristesse est là, désormais inséparable de la chanteuse ; on entend à chaque pause de la voix, dans les plis de la mélodie, un à quoi bon ? lancinant, le pourquoi pas ? d’une inquiétude sourde ; on devine ses yeux fermés sur un pleur intérieur, sa tête un peu penchée de côté, comme tendue vers une autre voix mystérieuse, ses mains enserrant le micro, tremblant imperceptiblement. On entre dans sa mélancolie comme y entrent ses partenaires, respectueux de ce qu’ils sentent en elle de vulnérabilité et de douleur profonde, et lui faisant écho sobrement. Ce n’est pas encore la détresse ; une lassitude plutôt, la volupté du laisser-faire, une sorte de nostalgie envahissante contre laquelle on sait qu’on ne peut rien - que pleurer. Elle chante, car elle a ce don bouleversant, cette capacité à transformer les larmes en notes de musique et à égrener ses sanglots en arpèges. »

Les Chants de l’aube de Lady Day

Danièle Robert

 

Au Public en cette fin d’année 2011, un spectacle de fête et d’émotion, pour les yeux et les oreilles, célèbre une voix légendaire, celle de la  chanteuse américaine Billie Holiday. Malgré une vie traumatisante dès la prime enfance, l’absence du père (Clarence Holiday, 17 ans), la débrouille forcée de la mère (Sadie Fagan, 13ans), des violences répétées tout au long de sa vie et la déchéance dans laquelle elle sombre à cause de l’alcool et les drogues, elle sera une diva fascinante et une figure unique dans l’histoire du jazz. « Ma mère m’a aimée dès qu’elle senti un coup de pied dans son ventre alors qu’elle frottait par terre. » « Ma mère était mon grand amour, c’était mon mac ». A propos de Clarence : « Some day he will come along. I’ll do my best to make him stay ». Question universelle :  Pourquoi les enfants maltraités aiment-ils toujours leurs tortionnaires ? 1936, Billie  a 21 ans : «You go to my head   and you linger like a haunting refrain, And I find you spinning 'round in my brain Like the bubbles in a glass of champagne. » «Though I'm certain that this heart of mine Hasn't a ghost of a chance In this crazy romance You go to my head, you go to my head»

 

  Entourée par quatre musiciens de jazz très attachants et complices, Viktor Laszlo nous offre sa voix troublante, sa démarche de reine, ses postures sensuelles, son mystère pour conter, chanter et incarner la résilience de l’exceptionnelle chanteuse. « Comment est-ce possible d’arriver si loin et de se détruire autant ? ».  Viktor Laszlo use de tout son charme pour adapter les chansons de la diva noire et dialogue  même de temps en temps avec elle grâce à la fée vidéo. Parfois on peut les imaginer en duo, à moins que Viktor Laszlo, perchée sur un tabouret ne refasse en solo la bande son d’un document du siècle dernier. Comme Billie Holiday, sa voix est déchirée et déchirante, le rythme est fait de ce swing si particulier alternant avec une mélancolie profonde et très intime.

Le pianiste égrène des notes perlées, ce sont des perles de sang pour la chanson la plus poignante :  Strange Fruit en hommage aux noirs punis par pendaison. Difficile de retenir ses larmes.  You’ve changed, Don’t explain, Fine and mellow…. Love for sale, Summertime, Georgia … , ces chansons  nous plongent dans l’émotion et le vécu tragique  de l’artiste. Toutes les chansons sont aimablement  traduites en français dans le programme mais tout  le charme est dans la version originale qui remue le cœur et le corps tout entier. On est sous le charme de deux femmes qui se sont rejointes par la poésie et la musique pour traduire la colère, le désespoir et la folie de l’amour. Il n’y a pas de plus beau cadeau pour fêter la fin de 2011 et faire un retour inoubliable sur une des richesses du 20e siècle.

 

 

Southern trees bear a strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black body swinging in the Southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees

Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.

Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
Then the sudden smell of burning flesh!

Scène pastorale du valeureux Sud,
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum de magnolia doux et frais,
Puis l'odeur soudaine de chair brûlée !

Here is fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for the trees to drop,
Here is a strange and bitter crop.

C'est un fruit que les corbeaux cueillent, 
rassemblé par la pluie, aspiré par le vent,
Pourri par le soleil, laché par les arbres,
C'est là une étrange et amère récolte.
 
 
 
 

Spectacle musical

MY NAME IS BILLIE HOLIDAY

de et avec VIKTOR LAZLO
avec Viktor Lazlo (chant et narration), Michel Bisceglia (piano et direction musicale), Werner Lauscher (contrebasse), Marc Lehan (drums), Nicolas Kummert (saxophones)

DU 13/12/11 AU 07/01/12

Réveillon de Nouvel An au théâtre


Réveillon de Nouvel An au théâtre 

31 décembre 2011,

une soirée chaleureuse pour

les amoureux de théâtre !

 

Commencez votre soirée dans des bulles de champagne,

assistez ensuite, à 21h00, à une représentation de votre choix…

 

Georges Dandin in Afrika d’après Molière

Quand j’avais 5 ans je m’ai tué d’Howard Buten

My name is Billie Holiday  de et avec Viktor Lazlo

 

La place de spectacle et la coupe de champagne au Public pour 35€

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administrateur théâtres

A Ceux d'Arbre et Lettres

                                                                                           Toi,

     mon

     ami Qu'en

      dis-tu si, pour

       Noël, je fais

      un bel arbre dans

        mon cœur ?

         Au lieu des cadeaux, j’accro-

     -cherai le nom de tous

     mes amis. Les amis loin-

      -tains et proches, les vieux et

   les nouveaux,

     Ceux que je vois chaque jour

      Et ceux que je vois rarement.

    Ceux qui parfois sont oubliés,
       les constants et
 les  intermittents,
Ceux des heures difficiles et ceux des heures gaies,
Ceux qui sans le vouloir m'ont fait de la peine
Ceux que je connais profondément,
Ceux dont je ne connais que les apparences,
Ceux que j’ai pu aider et ceux auxquels je dois beaucoup,

 Ceux d'arts et florilèges. Ceux d'Arbre et Lettres. Ceux dont je me souviens encore,

 les noms de tous ceux qui sont déjà passés dans ma vie. Un arbre avec des racines très    très profondes
Pour que leurs noms ne sortent jamais de mon cœur,   . . . Un  arbre  aux  branches    très,

très grandes

Pour que les nouveaux noms venus du monde entier

                                                    se joignent à ceux qui existent déjà.


       Un arbre avec

       une ombre

très douce  et agréable afin que notre amitié
Soit un éclat de joie à travers les épines de la vie.

Joyeuses fêtes à toi, je te lance ces paillettes qui se collent toujours partout. 

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administrateur théâtres

"La fin du monde" de Sacha Guitry (Comédie Claude Volter)

La fin du monde  de Sacha Guitry Comédie Claude Volter

 

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                                             Après nous…

Un toast à l’argent,

Le suprême agent,

Dit le Titan de la banque,

La richesse est tout,

Retournons l’atout,

Ce n’est pas l’enjeu qui manque.

Pressons si fort

Qu’en moelle d’or

Tout fonde,

Crédit, journaux,

Chemins et canaux,

Terre, onde.

Saignons sur bilan,

L’avenir à blanc.

Après nous la fin du monde ! 

                        (Paris, 1871.)

 

Sautez dans votre calèche ou votre fiacre, et demandez le château de Troarn. Chambres d’hôte de charme aux noms prestigieux : Charles IX (bof), Voltaire (piquant), Charlotte Corday (sans la baignoire) ….  Mais c’est surtout l’esprit et  la conversation avec le maître des lieux qui vaudra la promenade.  Une langue magnifique, des intonations princières,  dans un décor en décrépitude il est vrai, mais ô combien chargé d’histoire. On inviterait bien le capitaine Fracasse ! Le duc désargenté est un partenaire de choix pour se gausser de l’administration, du fisc, des huissiers et autres notaires dévoreurs de votre bel argent. Toute sa personne trônant sur un escalier horriblement kitsch nous offre des moments théâtraux  délectables qui dépeignent la fin d’un monde. « On ne saisit pas le Duc de Troarn ! » « Je vais être assiégé par la troisième république ! »

 

  Un seigneur sans le sou et que l’on va bientôt mettre à la porte du château de ses ancêtres, à moins que suivant l’idée géniale d’un sien cousin et prince d’église, il ne fasse chambres d’hôtes! Il en profitera pour retrouver le goût de la farce et pimenter l’affaire.  Dans cette pièce de Sacha Guitry,  on ne retrouvera pas les   mille et un traits acérés du misogyne qui s’offrit … cinq épouses car il écrivit cette pièce en  réponse spirituelle aux instances qui le pourchassaient de leur courroux pour des questions de cassette plus que de conquêtes féminines.  

 

 Bonheur désuet : les personnages sont une palette d’individus tous mieux campés les uns que les autres. L’huissier, Maître Charognard, ex-maître d’hôtel de la princesse de Monaco, ne manque pas d’allure. C’est un ahurissant Gérald Wauthia. Sa gestuelle est assurément croquée sur les  meilleurs sketchs de l’illustre  Honoré Daumier.

 

Monseigneur Le Landier, à l’embonpoint révélateur,  fort sensible aux histoires de soubrettes,  n’est pas en reste : sa robe violette et ses manières onctueuses ont de quoi faire rire à larges rasades. Il est passé maître en mensonges pieux, bien sûr ! Le Duc de Troarn, autrement dit Gibelin de père en fils, est une statue de bonne humeur qui pourfend morosité et hypocrisies de tout poil. Il résiste à tout : aux femmes surtout. Sa cousine, la marquise d’Aumont de Chambley,  sa fidèle vieille bonne revêche et amoureuse, Amélie, jouée à l’époque par Pauline Carton, et, of course, Adèle Pégrilleux, la riche héritière qui l’aime à la folie. Vierge rébarbative, diplômée et musicienne, elle lui résoudrait  tous ses problèmes d’argent s’il consentait à l’épouser sur les conseils de son avisée cousine.  La Marquise : « Comment vivez-vous ? Le Duc : Je vis le mieux du monde ! Avez-vous vu mon potager ? Et mes poules, les avez-vous comptées ? J'en ai deux cents…» Il ajoute froidement : « D’un parc j’ai fait un bois, d’un monsieur j’ai fait un homme ! » Vous appelez cela un discours réactionnaire? Il est libre, Gibelin,  et ne boude pas son plaisir! L’argent le fait …rire! 

 

Par contre, Mademoiselle  Mimosa qui  joue la femme sublime a de quoi réveiller le gentleman qui s’était retiré du monde finissant. Le Duc : «  Une femme - mais c'est toujours quelque chose. Et si vous n'êtes pas autre chose qu'une femme, tant mieux. C'est encore plus beau …Vous dites « pas grand'chose » quand vous avez tous les pouvoirs ! Vous pouvez faire faire un chef d'œuvre à un peintre - une bêtise à un brave homme - une folie à un banquier - vous pouvez faire commettre un crime - empêcher d'en commettre un autre - vous pouvez faire le bonheur d'un homme - le malheur de cinq ou six femmes !...Regardez donc ce que vous avez fait de moi en quelques heures !...Vous m'avez rajeuni d'un siècle ou deux. Pas grand'chose, une femme ? » Elle ressemble à s’y méprendre à celle  qui le 21 février 1935 épouse Sacha Guitry, homme de   50 ans,  de 22 ans son aîné. Il annonça leur mariage en déclarant : « J'ai le double de son âge, il est donc juste qu'elle soit ma moitié »  Tiens… une réplique de la pièce…

 

Une pièce donc, pleine de charme, d’esprit et de bonne humeur. Le choix des acteurs pour ces huit personnages hauts en couleur est particulièrement heureux. On ressort donc du spectacle, les yeux rieurs et l’esprit rassasié de bonheur verbal car dans l’affaire on a eu même droit au richissime américain, un Adamson  admirablement campé par Marcel  Delval et qui ne parle pas un mot de français bien sûr mais peut s’entretenir en latin ad libitum avec le monseigneur goguenard.  

 

Mise en scène : Danielle Fire  /Décor : Christian Guilmin / Avec : Michel de Warzée, Stéphanie Moriau, Nathalie Hons, Gérard Duquet, Jacqueline Nicolas, Gérald Wautia, Marcel Delval, Xavier Percy.

                                                
 Comédie Claude Volter
Avenue des Frères Legrain 98 - 1150 Bruxelles

du 07/12/2011 au 31/12/2011

http://www.comedievolter.be/

 

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administrateur théâtres

12272775258?profile=originalTo the ones I love

Sept notes? Noires, blanches?  Voilà tout ce qu’il faut pour fabriquer l’harmonie la plus pure, la plus austère et la plus éblouissante , cette musique  de Jean-Sébastien Bach, maître du recueillement. Premier cadeau de la soirée, on écoutera les yeux grands ouverts, un merveilleux florilège de ses plus beaux morceaux.

Les yeux grands ouverts, car voici une constellation de neuf notes noires en torse nus et pantalon gris perle qui voltigeront sur portées blanches, ces caissons aux arêtes vives dont la blancheur glisse sans aucun  bruit, sur un plateau éblouissant. Une page blanche, illimitée.

Au début, un premier danseur déploie un premier solo sur caisson. Surprise des figures félines effectuées dans une lenteur coulée et harmonieuse. A travers le décor sonore, Bach paraît, éteignant les bruits du monde.  La proposition est belle comme une cantate jouée dans la jungle. Salutations au soleil, esquisses guerrières, rêves de chasseurs, révoltes d’esclaves ?  Les autres danseurs réarrangent les longues banquettes et s’asseyent un à un dans une invitation à la sérénité, leurs dos magnifiques tournés vers le public, eux faisant  face à l’immensité bleue de l’écran. Cela a la beauté d’une prière. Le métissage des carnations est un appel d’émotion.   Rien que ce premier tableau est saisissant.

Magiques, trois T-Shirts rouges apparaissent sur les dos musclés, brillants d’humanité,  sculptés par des heures de danse et d’hymne à la beauté. Cependant que les autres danseurs, catapultés des quatre coins du monde,  semblent se reposer nonchalamment sur les bancs improvisés, en quête d’inspiration, de rebondissement. C’est ainsi que s’enchaînent toutes ces propositions chorégraphiques : avec spontanéité apparente et vérité profonde. Chaque danseur semble suivre une trajectoire propre et nous offrir ses rencontres éphémères et éblouissantes. Bruits du monde dans les interstices musicaux. Miroitements de couleurs de peau et de couleurs d’arc-en-ciel.

Loin de s’essayer à l’assaut du ciel,  - on a Jean-Sébastien Bach pour cela - on assiste à une communion joyeuse avec le socle de la  terre, le monde qui les entoure. Ils enlacent tour à tour la nature et leur être profond. Tout cela dans une fluidité aérienne ou liquide, un dynamisme et une précision extrêmes. Les regards intérieurs sont étincelants.  Pour le spectateur-auditeur c’est se laisser entraîner dans une authentique aventure. C’est  labourer le sol, remuer la glaise de la création, vibrer dans le plaisir du jeu des collisions souples, des  esquives, des passes esthétiques et du sourire généreux. Beauté des trios.

On se souviendra de  cette longue chaîne de bras incrustés les uns aux autres, qui évoque la solidarité. Miracle, voilà les danseurs subitement vêtus de jaune d’or, déclinés en nuances toutes différentes. Les hommes sont-ils de nouveaux insectes aux élytres d’or crépitant à la vie ? Frottements, glissements, rassemblements, la lumière blanche décroît et deux danseurs s’élancent dans une nouvelle proposition. Ces improvisations de passion, de tendresse et de charme sont méticuleusement préparées et ordonnées comme autant de fugues glissant autour des  socles de blancheur.

Et voilà les mêmes hommes soudain en T-SHIRT verts, out of the Blue, de l’olive profond au sapin,  tilleul ou menthe. L’écran lui-même devient vert. Le dernier danseur a rangé les lignes de sucre en digue continue. A perfect catwalk.  La pesanteur se fait légèreté extrême. Icare a perdu son  orgueil démesuré.  Le danseur virtuose labourera cet espace de son corps parfait comme s’il voletait à la surface de l’eau. Nul ne sait d’où vient l’esprit, si présent. La finale est un mouvement d’ensemble  parfait des neuf danseurs, un avènement, une harmonie nouvelle qui occupe tout le plateau.

Des noces terrestres ou célestes ? Nul ne sait. Les noces de la beauté musicale et de l’esthétique du corps humain en mouvement.  Hommes et femmes spectateurs sont emportés par la beauté et la vitalité du spectacle « To the ones I love ».

 

extraits:

http://www.thor.be/fr/parcours/to-the-ones-i-love-dp1

 

 Jusqu'au 22/12, 20h30 (sauf me. 19h30). Théâtre Varia, rue du Sceptre 78, 1040 Bruxelles. www.varia.be

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administrateur théâtres

Les Concerts Brodsky (au théâtre du Grand Varia)

Les Concerts Brodsky, texte de Joseph Brodsky, composition piano de Kris Deffoort, dramaturgie et jeu Dirk Roofthooft.

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  Le plateau du Grand Varia est désert à part un piano à queue quelque peu usé, surveillé par la modernité  d’un keyboard blanc immaculé et son monitoring informatique, hautement fidèle. Kris Deffoort, jazzman hautement timide échange une bise de connivence et nombre de verres d’eau avec le lecteur-comédien qui va nous transmettre son interprétation des poèmes de Brodsky.

 

L’eau, source de vie, source d’amour ? Souvenir d’enfant ? Alors qu’un officier accompagnant le retour de guerre de son père avisait  dans leur appartement de 16 Mètres carrés, une  carafe  remplie d’eau avec un clin d’œil interrogateur ou complice. L’enfant ne répondit pas, trop occupé par l’instant présent, l’instant inoubliable de l’avènement de la paix et du retour du père  avec ses trois énormes malles chinoises. Un instantané balayé par 45 ans de vie.

 

« If you were drowning, I’d come to the rescue...” Et voilà, qu’ici ce soir, avec son jazzman s’installe soudain l’accomplissement des gestes de la  connivence. Le voilà  enfin qui répond au clin d’œil  « de l’homme de pique », si longtemps après. Où est le sens ? Est-on toujours décalé ? Pas ce soir, le canevas musical  qui se greffe sur le souffle du comédien a tout de l’improvisation réussie: dans le bon rythme, dans la complicité totale, avec l’intensité de l’émotion voulue. C’est dire que dans les moments de colère et d’épouvante, le timide pianiste qui joue en fermant les yeux, se déchaînera : debout, battant le piano de ses poings fermés, du coude, comme s’il terrassait une bête féroce. Mais au moins la rencontre y est.  

 

Poète russe jusqu'au fond des os et de nationalité américaine suite à son douloureux exil en 1972, Joseph Brodsky est un enfant du renouveau dû au dégel des années après la mort de Staline. Si on se passait ses poèmes sous le manteau en URSS, il n'était pas vraiment connu en Occident. Après la publication de ses poèmes dans les années 1960, il est arrêté et condamné en 1964 à cinq ans de travaux forcés  pour « parasitisme social » et connut les hôpitaux psychiatriques. Emigré aux Etats-Unis, accueilli par W.H.Auden, Brodsky, (prix Nobel en 1987), il avait  l’habitude de déclamer ses poèmes en public. Transparaissait alors toute la nostalgie de la Russie et la tristesse de la séparation avec sa famille qu’il ne revit jamais.


 

Le  désir du comédien Dirk Roofthoot est d’incarner tour à tour le désespoir de l’exil, la puissance de la révolte, la puissance de la mort  qui attend  l’homme inéluctablement, la suprématie du temps qui nous réduit en poussière. «  La poussière est la chair du temps : la chair et le sang… » «  Choses et gens, hurle-t-il, nous entourent et nous déchirent l’œil. Mieux vaut vivre dans le noir. » Il décrit l’automne gluant, la boue, l’hiver, la décomposition, la nature morte. « Il y a des trous dans ma poitrine et le gel s’infiltre… » Contrairement au gens,  «  les choses ne recèlent ni bien ni mal ».

 

 Et l’amour trouve si difficilement l’harmonie et la conjoncture favorable.  « Ensemble nous vivrons sur le rivage derrière une haute digue...écoutant la mer déchaînée». «Notre enfant silencieux, Anna ou Andrei, pour garder l'alphabet russe, regardera sans rien comprendre un  papillon se débattant contre la lampe quand viendra pour lui le temps de repasser la digue dans l'autre sens ». «Etre éphémère, ta vie soyeuse pèse moins que le temps, tu miroites, poudre parmi les fleurs».  

 

Des mots anglais de la  très belle ballade du début,  composée par l’immigrant russe  nous apporte l’apaisement après la  longue colère orgasmique du poète. «Des mots qui ne peuvent être prononcés que par ta voix comme avant… celle de l’amie qui ne ment pas. » La mère ? L’amante ? L’épouse?

«If you were drowning, I’d come to the rescue,
wrap you in my blanket and pour hot tea.
If I were a sheriff, I’d arrest you
and keep you in the cell under lock and key.

If you were a bird, I‘d cut a record
and listen all night long to your high-pitched trill.
If I were a sergeant, you’d be my recruit,
and boy I can assure you you’d love the drill.

If you were Chinese, I’d learn the languages,
burn a lot of incense, wear funny clothes.
If you were a mirror, I’d storm the Ladies,
give you my red lipstick and puff your nose.

If you loved volcanoes, I’d be lava
relentlessly erupting from my hidden source.
And if you were my wife, I’d be your lover
because the church is firmly against divorce. »

LOVE SONG – Joseph Brodsky

 

 

http://www.varia.be/fr/les-spectacles/les-concerts-brodsky0/

Les 7, 8 et 9 décembre 2011 à 20h30

Un spectacle de LOD en coproduction avec le Grand Théâtre de Luxembourg, deSingel (Anvers) et le centre de recherches et de formation musicales de Wallonie (Liège).

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administrateur théâtres

La revue 2012 (au théâtre Royal des Galeries)

 La revue 2012

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        Bravo ! - De tous les peuples de la Gaule,12272778072?profile=original                        les Belges sont les plus braves - 12272777675?profile=original

 

Bravo à nos amuseurs traditionnels, Richard Ruben et ses partenaires de scène pour cette revue 2012,  si légère, enlevée, rythmée, pétillante de gaité et de bons mots.

Si vous n’avez jamais été à une revue du théâtre des GALERIES, c’est l’année ou jamais pour y débarquer avec famille, amis et ennemis car ils seront tous surpris et vous en aimeront d’avantage. Lâchers de bulles de  rires garantis.  

Plaisirs des vieux ? Sûrement pas ! On se saoule de rire,  on glousse, on gronde de plaisir et ce mélange bien dosé d’autodérision, de railleries de chansonniers moqueurs fait mouche. Les chansons, ma foi, très profondes sur chorégraphies parfaites sont sans la moindre once de vulgarité. La verve et le talent de ces artistes plus mobiles que des étoiles filantes ont produit cette année un spectacle de fin d’année crépitant, énergique et artistique.

Immense escalier mythique, décors sobres et lumineux, jeux sonores bien dosés, costumes pleins de subtilité. Incontournables, les imitations de films ou de chanteurs ont fait recette. Ce produit saisonnier est un des meilleurs crus que l’on ait goûté. Très bons textes d’un humour d’excellent goût, c’est  plutôt rare dans ce genre de spectacle.  

Il faut dire que non seulement l’actualité belge si riche en rebondissements, petits pas, allers-retours, démissions,  et revirements …. mais aussi l’actualité internationale et les phénomènes de société ont été mis sous la loupe du rire. Il y avait l’embarras du choix pour déclencher  le plaisir du rire porte-bonheur.

 Sur scène: Elio Di Rupo, Yves Leterme, Alexander De Croo, Wouter Beke, Joëlle Milquet, Laurette Onkelinx, Brigitte Grouwels, Annemie Turtelboom, Le Roi, Le Prince, Charles Picqué, Wouter Beke, Didier Reinders, DSK, Anne Sinclair, Bart de Wever, Olivier Maingain, Rudy Demotte, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Michel Daerden… entre autres !

Photos : ici ! 

Cendrine Ketels, Angélique Leleux (Marine Le Pen), Bernard Lefrancq, Pierre Pigeolet, pour ne citer que les grands héros du spectacle, alternent leurs talents pour faire rire la basse-cour entière : entendez les waflambru  de tout poil! Leeuw-leeuwrico!

 

 

La Revue 2012   Du 07 décembre au 05 février 2012

La Revue 2012, avec son regard rétrospectif sur les événements de l’année, se veut rafraîchissante, pertinente, acidulée et… zwanzeuse.

Avec Richard Ruben , Bernard Lefrancq , Marc De Roy , Angélique Leleux ,

Pierre Pigeolet , Cendrine Ketels, Anne Chantraine , Véronique Lievin,

Frédéric Celini, Kylian Campbell.

Mise en scène : David Michels et Bernard Lefrancq

Décors de Francesco Deleo / Lumières de Laurent Comiant

Chorégraphies de Patricia Bonnefoy

Réalisation musicale de Bernard Wrincq

Costumes de Ludwig Moreau et Fabienne Miessen 

http://www.trg.be/Public/Page.php?ID=3330&ancestor1=3193&saison=3180                                                                                                                                   

 

La location est ouverte du mardi au samedi de 11h à 18h : 02 512 04 07

Pour la Saison 2011/2012 en pdf : cliquez ici !

 

 

 

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administrateur théâtres

12272773692?profile=originalL'Opéra du Pauvre

 

de Léo Ferré, par l'Ensemble Musiques Nouvelles, sous la Direction de Jean Paul Dessy

Mercredi 14.12.11  

Léo Ferré, Jean-Paul Dessy & Musiques Nouvelles

20:00  au  Cirque Royal

Organisation: 

Botanique + Le Manège.Mons

 

L'Opéra du Pauvre de Léo Ferré, ce que beaucoup considèrent comme son dernier chef-d'œuvre, est un pamphlet en faveur des forces de la Nuit, de l’imaginaire et de la subversion. 

 

 «La Nuit, soupçonnée d’avoir supprimé la Dame Ombre, est amenée devant le juge d’instruction, aux fins d’inculpation de meurtre. Elle ne peut répondre qu’en présence de son avocat, le hibou, bien sûr…

Il y a plusieurs témoins à charge qui affirment avoir vu la Dame Nuit supprimer la Dame Ombre, juste comme le soleil se couchait, entre chien et loup. L’ennui pour l’instruction est qu’on ne trouve pas la disparue – morte ou vive – et qu’on ne peut faire supporter à la Nuit que des présomptions, lourdes certes, mais insuffisantes.

Les témoins à décharge viennent, nombreux, dire tout le bien que leur fait la Dame Nuit et ce sont eux qui finalement l’emporteront au petit jour, dès que le soleil pointera et que l’ombre réapparaîtra… s’enfuyant avec eux… empaillés comme des hiboux… sur les derniers mots du Corbeau, juge et président, « cette nuit m’a fatigué, je vais me coucher».

Il baille, le greffier s’en va. Il n’a même pas la force de se lever. Et c’est la Nuit qui rentre, tirer les rideaux, en lui lançant un baiser.

L’Opéra du Pauvre, Introduction, Léo Ferré, 1983 »

 

C'est la Nuit que l'on pétrit le pain. La Nuit, sensuelle, érotique, invite à l’invention et à l’ivresse. Elle arme les assassins, fournit des alibis d’adultère, désarme les juges, emballe la vertu. Elle est la raison d’espérer de l’anarchiste et du poète; elle est un enfant qui n’a jamais connu de loi. Derrière ce conte, se dissimule une critique acerbe du pouvoir en général, de la justice et de l'état en particulier. Chaque personnage prend alors une autre dimension et on comprend beaucoup mieux pourquoi il faut défendre la nuit. L'imagerie poétique en éclairage du monde. Et comme si ca ne suffisait pas, Léo Ferré se fend de pièces aux violons, d'envolées jazz et autres petits délires musicaux.

À l’œuvre «totale» de Léo Ferré, répond ici un spectacle «total» qui convoque autant le théâtre, le cirque, la musique que la vidéo. Sept chanteurs-acteurs, un acrobate et douze musiciens de l’Ensemble Musiques Nouvelles nous livrent le procès intenté à la Nuit, soupçonnée d'avoir supprimé Dame Ombre. Une partition qui réalise l’alliage de la musique la plus popisante de son époque, d’un jazz plus en recherche, et de la grande musique classique du début du XXe siècle. 
Un moment théâtral et musical riche et onirique, un spectacle qui souhaite prendre la relève de l’engagement scénique du grand Ferré, formidable musicien, poète précurseur, libertaire. 

Par l'Ensemble Musiques Nouvelles, sous la Direction musicale : Jean Paul Dessy*. Mise en scène : Thierry Poquet.  Arrangements : Stéphane Collin. Avec Michel Hermon - Delphine Gardin - Christian Crahay  et Nathalie Cornet, Muriel Legrand, Michel Hermon, Lotfi Yahya, Thomas Dechaufour, Patrick Sourdeval.

 

 

Jean-Paul Dessy

Compositeur, violoncelliste, chef d’orchestre, directeur artistique de l’ensemble Musiques Nouvelles, Jean-Paul Dessy se concentre dans la diversité, profondément et avec jubilation. Ce qu’il nomme « l’agir du musicien » relie sans les confondre le profane et le sacré dans un voyage intime en quête d’une écoute commune et partagée. À ce jour, il a dirigé plus de 100 créations mondiales et près de 200 œuvres de musique contemporaine d’horizons multiples et diversifiés, qu’il soit à la tête de l’Orchestre de Chambre de Wallonie, à celle de l’ensemble Musiques Nouvelles, ou à sa déclinaison cross over, le Mons Orchestra qui collabore avec des artistes de la chanson, du rock et de la pop.

De Giacinto Scelsi à Horatiu Radulescu, de Pierre Bartholomée à Victor Kissine ou de Witold Lutowslaki à Astor Piazzolla, s’ouvrent encore des chemins de traverse, inattendus, investis, tout aussi vivants : Murcof, Vénus, An Pierlé, Pierre Rapsat, David Linx, DJ Olive, Scanner… Un univers en expansion, en mutation où, selon ses propres mots, la musique s’affirme « intemporaine » plus que contemporaine, car elle « se reconnaît des fraternités multiples par-delà les époques et les genres » et « peut trouver la juste sublimation du mineur par le savant »

... pourvu qu’elle « recherche l’intimité du moi, son irréductible

visage, et tente de le dire.»

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administrateur théâtres

L’ANGE BLEU (Henrich Mann) au théâtre Royal du Parc

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Du 24 novembre au 23 décembre 2011 et le 31 décembre 2011, à 20h15, sauf le dimanche à 15h, au Théâtre Royal du Parc. Relâche le lundi.

Première adapatation au théatre de L'ange bleu et découverte pour le public d'une atmosphère envoûtante d'un cabaret des années 30 en compagnie du professeur Raat, un vieux célibataire endurci qui va tomber follement amoureux de la célèbre chanteuse Lola-Lola et qui va renoncer à tout pour vivre sa passion. Un spectacle où se mêlent danses, chansons, cirque et théâtre.

Adaptation de Philippe Beheydt, d’après le roman d'Heinrich Mann. Avec Laura Van Maaren, Alexandre von Sivers... Mise en scène de Michel Kacenelenbogen.

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   L’ANGE BLEU, le roman d’Heinrich MANN (1871-1950), frère de Thomas MANN (1875- 1955), est noir. Le film de 1929 de Josef von Sternberg, éperdument amoureux de son actrice  Marlene Dietrich, est noir. L’adaptation faite au théâtre du Parc en 2011 joue des couleurs.

 

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                                             La cruauté y perd et pourtant notre monde actuel a de  cruelles ressemblances  avec l’époque du Black Friday. 

                                             On attendait un hommage vibrant à Marlène Dietrich, la sensuelle, la mystérieuse, l’envoûtante  femme fatale. « Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt ».  On assiste à un spectacle plutôt édulcoré,  dirigé par un maître-dompteur-magicien-directeur de spectacle, fort racoleur (Patrick BRÜLL), magnifique il est vrai, dans son rôle aux contours cyniques mais qui donne vite  un tour pathétique à l’ensemble. Le public est pris à témoin pour l'annonce de la  mort certaine du professeur angélique.

Plus que celui d’un cabaret glauque des années 1925, le décor est  celui d’un cirque. Cela a le mérite de faire vouloir revoir le film, pour son atmosphère, si différente et si troublante. Par contre, la très belle musique égrenée par une délicieuse pianiste (Sophie DEWULF) est un répertoire décalé,  tour à tour, charmant, mélancolique, poétique de  Pascal Charpentier. C'est le beau côté de cette comédie musicale.   On retient son souffle devant les jeux d’équilibriste des deux jeunes artistes de cabaret. Mais  celui que l’on préfère est à coup sûr l’ineffable Alexandre von SIVERS qui a l’air tout perdu dans ce monde de froufrous  factices et vulgaires. Dans les rôles féminins on craque pour la rutilante Madame Loyal (Pascale VYVERE) pleine de bonhommie, de capacité de rebondir et  surtout celle de nous  faire oublier la morosité ambiante.

Devenu clown grotesque pour les beaux yeux de sa belle   -  le professeur Dr. Immanuel Rath, transformé en  « Unrat »  (ordure)  par  les quolibets irrespectueux de ses élèves incultes -, a de quoi faire frémir. Prêt à toutes les déchéances pour l’amour, il est pathétique dans son dernier solo.

 D’autres sont prêts à tout pour l’argent. « They shoot horses don’t they ? ». Même époque sans pitié.  

 

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http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2011_2012_002

 

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administrateur théâtres

Une séparation (au théâtre du Méridien à Boitsfort)

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Une séparation du 15/11/2011 au 10/12/2011 à 20h30

                                 au théâtre du Méridien

Face à vous un couple silencieux, assis sur deux chaises de bois quelconque. Noir complet.

Tout a changé. Elle est debout, en pleine lumière et a décidé de se séparer. Pronom réfléchi. Pas réciproque. Il y a partout des cloisons suspendues, serties dans des cadres sobres.  Ces panneaux  de papier froissé  sont marqués de profondes fissures.  Une mise en éternité ? Des lettres non écrites et chiffonnées, des vagues d’amour séchées, des  jupons superposés, les  murailles abandonnées  d'une terre  désertifiée, les manuscrits de l’amour mort ? Tout dépend de l’éclairage.Les gymnopédies de Satie s'arrêtent.

«Je me suis arrêtée comme un train qui s’arrête en rase campagne, seule, les mains vides, j’ai continué à pied ». « J’ai décidé de te quitter pendant l’heure disparue, au changement de l’heure d’été ». Il a reçu cette déclaration de désamour dans sa boîte aux lettres, un matin  où  il descendait joyeux pour relever le courrier. Et il ne s’est pas relevé. « Je t’ai quitté car nous étions devenus deux silhouettes ». Elle ne supporte pas la grisaille, l’ennui. « Peut-on être amoureux et s’ennuyer ? ». La raison pour laquelle elle l’a aimé est la même que celle pour laquelle elle l‘a quitté. Avec lui, elle marche sur un fil, juchée sur ses hauts talons, , et  tout d’un coup elle a envie de quelqu’un de protecteur, qui n’est pas lui.

« C’est vers moi que tu aurais dû courir, pas au hasard,  pour dissiper ta colère », plaide-t-il, alors qu’elle a pris sa décision sans lui en courant dans un parc. Le cœur de Paul est réfractaire au désamour. « Toutes tes justifications pour expliquer ton désamour sont malhonnêtes.» 

Mais, incapables de couper franchement, Paul et Marie  ne peuvent se retenir d’aller l’un vers l’autre.  Surtout Paul qui refuse la séparation avec énergie. Ils  s’échangeront à contrecœur, mais cœur à cœur,  lettres, cartes postales, post-its, billets, perles du souvenir, parfums du passé avec une impatience de bon augure. On oscille entre les élans, la tendresse, les reproches, les espoirs, la solitude, les déceptions  - qui sont toujours une trahison - les pleurs.  Vont-ils trouver la juste distance ? Celle qui fait durer le sentiment ? Va-t-elle se faire dévorer par son bovarysme féminin ?  Il lui a donné toutes ses billes. Elle les ramassera et les mettra dans un grand bocal à conserves. Est-ce assez ? Au moment fatidique, après des échanges profondément vrais et émouvants, elle n’entendra pas la pluie  symbolique qui tombe sur la mer, ... à cause des doubles vitrages de son hôtel.

 

Cécile Vangrieken (Marie), typiquement femme de tête et l’attachant Laurent Bonnet (Paul) échangent des  mots brûlants, bouleversants, dits avec honnêteté, tendresse, respect de l’autre… Deux comédiens avec qui l’ennui n’existe plus. Le spectateur est captivé et entend battre son cœur car l’attente du renouveau ne cesse de faire des pirouettes audacieuses sur le fil de l’amour. Une soirée qui fut un régal. 12272772053?profile=original

 

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du 15/11/2011 au 10/12/2011 à 20h30

de: Véronique Olmi
m.e.s.: Philippe Beheydt

avec:
Laurent Bonnet
Cécile Vangrieken

 

© pour les photos: Benoît Mussche

 

Visionnez la critique de l'émission 50 degrés Nord ici (de 35'03 à 39'40)

 

Théâtre du Méridien 200/202 chaussée de la Hulpe 1170 Bruxelles

 

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administrateur théâtres

EXPO : Ferdinand Schirren, EN PROMENADE DANS SES JARDINS IMAGINAIRES.

 

22.11.11 > 04.03.2012 au Musées royaux des Beaux-Arts

Salles Fondation Bernheim et René Boël

Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique poursuivent la mise en valeur d’artistes moins connus, mais bien représentés dans leurs collections, en proposant une exposition cette saison, consacrée à Ferdinand Schirren (1872 – 1944). Cet artiste est considéré comme le premier ‘fauve’ belge. Lors de séjours à Paris, il entre en contact avec les œuvres de Signac, les nabis et les jeunes fauvistes. Il restera cependant dans l’ombre de l’omniprésent Rik Wouters.

Toutefois, grâce à leurs dernières acquisitions, les Musées possèdent un ensemble d’œuvres de Ferdinand Schirren représentatives de toutes les phases de son évolution artistique ainsi que des différentes techniques qu’il employait. Il débute comme sculpteur. Son œuvre maîtresse, qui est aussi une œuvre de jeunesse, est un buste d’Helena P. Blavatsky, grande dame du mouvement théosophique, un courant ésotérique basé sur l’étude comparée des religions. Ce portrait, d’une expressivité étonnante, est unique vis-à-vis de la  production sculpturale  que le visiteur pourra aussi découvrir au fil de l’exposition.

Revirement de Schirren en 1904 vers la peinture et le dessin. Il  confère une grande autonomie à la couleur, à partir de laquelle il construit les formes, des volumes sculpturaux. Retiré dans la quiétude de la campagne brabançonne, il aboutit vers 1906 à des résultats proches des aquarelles de Matisse, Manguin ou Camoin réalisées à Collioure en 1905. On peut admirer ses premières peintures à l’huile datant de 1904 et des aquarelles de 1906, qui témoignent  d’un « tachisme nerveux ». Couleurs brillantes.

 Durant la Première Guerre Mondiale, il se met aussi à la peinture à l'huile mais, vers la fin des années 20, il opte à nouveau pour la peinture à l'aquarelle, où le constructivisme refait son apparition et dans laquelle la palette reste atténuée. Plus tard, la facture deviendra plus libre et plus colorée avec des modulations de teintes floues caractéristiques. A surtout peint des intérieurs avec figures, des nus, des portraits, des paysages et, vers la fin de sa carrière, également des natures mortes. Dans les dessins et surtout dans les aquarelles, Schirren fait preuve dès le début d’une aisance certaine et d’une audace qui ne se retrouveront dans sa peinture qu’à partir de 1917 avec son chef-d’œuvre «La femme au piano». «Maternité» est une harmonie de couleurs saisissante, les deux visages de la mère et de l'enfant  noyés d'amour émergent de flots de couleurs verts et bleus. Une Nativité ? La couleur comme moyen essentiel de construire une œuvre synthétique devient alors le fil conducteur jusqu’à la fin de sa vie, bien qu’en tant que sculpteur, il ait également un vrai don pour le dessin ‘noir et blanc’ et une attention particulière pour la forme.

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Entre 1910 et 1912, il travaille d’ailleurs essentiellement au fusain ou à la sanguine. Ces dessins – scènes d’intérieur, nus et portraits – sont d’une grande sensibilité et d’une douce expression.

 « Intérieur symboliste »,  est un pastel sur papier, barré  entièrement d’une pluie d’or. Le personnage assis sur une chaise  nous tourne le dos et fixe une toile verte qui fait penser aux nymphéas. « Sur le sable » nous parle de l’été, un  transat à rayures et une tente de plage y sont à peine esquissés, le reste, c’est le rêve, personnifié dans  la silhouette d 'une femme assise.Vous l’aurez compris, entre sculptures, peintures, aquarelles et ‘noirs et blancs’, cette exposition consacrée à Schirren fera le bonheur de chacun. Avec des sujets relevant surtout de la vie intérieure, une œuvre souvent intimiste et des aquarelles d’une matérialité « évasive », SCHIRREN NOUS EMMÈNERA EN PROMENADE DANS SES JARDINS IMAGINAIRES.

Visites guidées sur rendez-vous

infos : reservation@fine-arts-museum.be

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Ferdinand Schirren, Au jardin, (vers 1906)
Aquarelle sur papier, 70 x 54 cm
MRBAB-KMSKB, Bruxelles, © Sabam Belgium 2011
Grafisch Buro Lefevre, Heule © MRBAB - KMSKB

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administrateur théâtres

Ça commence toujours par une envie. Et il arrive parfois que cette envie se réalise.

L'envie de faire du théâtre tout près des gens; comme si le spectacle n'était qu'une conversation. Les grandes salles ne sont pas faites pour les conversations; et si l'on y converse, c'est derrière le cadre de scène. La rue est un endroit où cela devient possible et c'est une belle école pour tout le monde mais ce n'est pas assez convivial. Et puis c'est un autre fantasme.
Alors, quoi de plus convivial qu'un lieu clos, mi-salon, mi-café, chaleureusement décoré où l'on peut siroter son verre en assistant à un spectacle. C'est ça le café-théâtre.
Le café-théâtre "Le Jardin de ma Sœur" est né en 1994 à l'extrémité de l'ancien Grand Béguinage de Bruxelles, sur un des quais du vieux port de Bruxelles où œuvrent encore les fantômes des ouvriers dockers et où passent encore ceux des béguines en longues mantes noires.

23 novembre:



A l'angle du Quai au Bois à Brûler
et de la Rue du Grand Hospice,
à 1000 Bruxelles
(Marché au Poisson, Métro Sainte Catherine)
Tel: +32.2.217.65.82
E-mail: info@leJardindemaSoeur.b

 

La Religieuse... d'après Denis Diderot ( Pamphlet ) publié à titre posthume en 1796

 Texte: Arthème (adaptation pour le théâtre), Denis Diderot, Maggy Souris (adaptation pour le théâtre), Viviane Collet (adaptation pour le théâtre) ON STAGE Performance: Viviane Collet /  BACKSTAGE Mise en scène: Arthème, Maggy Souris

 Novembre: 9, 10, 11, 12, 16, 17, 18, 19, 23, 24, 25, 26    

  

 

« J’avais alors seize ans et demi. …il s’agissait de m’engager à prendre l’habit. …Je me plaignis avec amertume, et je versai un torrent de larmes. La supérieure était prévenue ; elle m’attendait… Elle parut avoir pitié de moi… …elle me promit de prier, de remontrer, de solliciter. Oh ! monsieur, combien ces supérieures de couvent sont artificieuses ! …Savoir se contenir est leur grand art » (Diderot 4-6). 
  

Nous avons été comblés par la conteuse, Vivianne Collet qui  nous a proposé une adaptation monologuée du roman de Diderot.  Diderot prend la défense de la novice forcée par ses parents à prononcer des vœux auxquels elle n’adhère nullement. Le ton est indigné, un premier pas vers le refus à la soumission? La voix est chaleureuse, débordante de vie alors que ce premier couvent où la jeune fille se voit enfermée de force, … est une véritable tombe où elle est enterrée vivante.

 La voix est multiple, débordante de personnages fort bien campés. Le monologue est une mise-en scène adroite de toutes les petites et grandes histoires de la jeune recluse qui voulait vivre.  La lumière, celle d’un esprit libre, se voit dans les yeux de la comédienne. La piété est dans ses mimiques car elle a cette foi spontanée  et respectueuse qui lui vient du cœur. Les quatre actes qu'on lui intime de réciter ne viennent pas d'une prière apprise par cœur, mais du fond de son âme innocente et bonne. Ce qui Diderot condamne, c’est l’institution qui vous supprime votre libre arbitre, l’obscurantisme qui mène droit aux dérives. Notre siècle a de quoi réfléchir, car de-ci, de-là traînent encore des fanatismes liberticides, des embrigadements monstrueux, des tentatives religieuses totalitaires.

Entre résignation et désespoir, elle a subi des sévices, la  mise à l’écart systématique, le  harcèlement,  les punitions corporelles, des  interrogatoires humiliants. Dans son épreuve,  la jeune sœur Sainte-Suzanne compare sa souffrance à celle du Christ et reprend courage. Elle  se rappelle les paroles de sa défunte amie, ancienne mère supérieure  parlant du couvent : « Entre toutes ces créature si innocentes et si douces, il n’en n’est presque pas une dont je ne puisse faire une bête féroce. »

Devenue bouc émissaire de toute la communauté, elle n’accusera pourtant personne du couvent où elle est si malheureuse, même pas l’hypocrite mère supérieure, cause de tous ses tourments. Elle reste pleine de dévotion et de douceur. Devant  le grand vicaire qui l’interroge : « Etes-vous nourrie ? « Je demande à l’être »  « Vous ne l’êtes donc pas ! » s’exclame le dignitaire indigné.» Elle murmure: «Je ne suis pas venue pour accuser, mais pour me défendre ! »

La conteuse échange des regards discrets  avec un  public qui lui est acquis, tant la proposition  est  à la fois, pathétique et nuancée. Il bourdonne, allergique aux prises de pouvoir, à l’hypocrisie, et à  bien plus encore.

Très bon spectacle, dans un lieu en suspension entre les époques.

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administrateur théâtres

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Flagey Chamber Music : L'Abbé Liszt, mardi 22 novembre 2011

le  vlaams radio koor, sous la direction de nicolas andré

jan michiels, piano

bart naessens, orgue

 

Programme 

Franz Liszt
Missa Choralis; (a capella)
Agnus Dei Della Messa Da Requiem Di Giuseppe Verdi, S437 (piano solo)
12 Lieder von Schubert, S558/R243‚ Ave Maria (piano solo)
Confutatis maledictis en Lacrymosa du Requiem, K626, S550/R229 (piano solo)
À la Chapelle Sixtine ‘Miserere D’Allegri  et Ave Verum Corpus de Mozart’, S461 (piano solo)

Gregorio Allegri
Miserere

 

 

 C’était une soirée de voix de cristal hier soir à l’église Sainte-Croix. Le concert célébrait le centenaire de la naissance de  l’abbé Liszt.

 Le Vlaams Radio Koor a interprété avec grande sensibilité une merveilleuse partition de Liszt, faite de prières sans ornements, allant à l’essence du texte et rendant la foi lumineuse. La direction était assurée par un jeune chef d’orchestre au curriculum  déjà très fourni, Nicolas André, né en Normandie. Elle  a conféré à l’œuvre choisie : «  La missa choralis » une épaisseur, des contours et une émotion mystique très perceptibles. La structure musicale de la partition très complexe apparaît comme sous une loupe: tout est défini, net, précis et fondu à la fois. Les sonorités aigues  sont d’une pureté exquise, soulignées par des basses impressionnantes.  De l’excellence, surtout avec un tempo  si souvent vif et enlevé.  Quel talent ! Chaque visage des choristes reflète le sourire intérieur et  une communion évidente dans la musique, qui redonne chaleur au cœur des auditeurs transis.Car c’est une église, et c’est un soir de novembre  humide et frisquet. Cette messe laissera les auditeurs dans une émotion profonde après le magnifique « Agnus Dei ».

 

 Chaque prière de la missa choralis était enchâssée entre des réécritures  de Liszt, pratique courante à l’époque,  où Liszt  réécrit pour le piano des œuvres célèbres qui lui tiennent à cœur. Ainsi , joué au piano avec passion et  piété profonde, nous avons eu en  premier  interlude (entre le Kyrie et le Gloria de la Missa Choralis) « l’ Agnus Dei Della Messa Da Requiem » Di Giuseppe Verdi. Une pièce intime, méditative et pleine de sobriété. Ensuite,  « L’Ave Maria » de Schubert, retranscrit et paraphrasé par Liszt, nous a plongé dans le bonheur. Et ainsi en a -t-il été pour tous les autres interludes entre les prières de la Missa Choralis. Une église n’est peut-être pas le cadre acoustique idéal pour un  instrument comme le piano, mais la musique était véritablement sentie et jouée des mains d’un virtuose. En particulier la transcription de « l’Ave Verum Corpus » de Mozart.

 

Pour conclure il y a eu cet incroyable morceau de piété et de bravoure musicale aux accents de chant grégorien alternant avec des voix célestes. Quatre solistes détachés du chœur se sont    installés comme par enchantement au jubé. Le dialogue établi entre le choeur et ces quatre chanteurs sublimes était une pure merveille. Une musique que l’on reconnait après  à la première note pour l’avoir écoutée une seule fois tellement elle est s’insinue dans le subconscient.  Il s’agissait du «  Miserere » de Gregorio Allegri, une composition du psaume 51 qui  était exécuté uniquement pendant l’Office des ténèbres de la semaine de Pâques. A cette époque, l’œuvre était  un bien exclusif du chœur papal et ne pouvait être publiée. C’est Mozart qui à 14 ans, l’ayant écouté dans la chapelle Sixtine  avec son père, réécrit de mémoire cette œuvre de 9 voix. Ce qui permit à l’œuvre d’atteindre enfin le public. Et nous, d’être touchés en plein cœur par tant de beauté. Inutile de dire que les applaudissements se sont faits Debout.

 

http://www.flagey.be/fr/programme/7737/flagey-chamber-music-l-abbe-liszt/vlaams-radio-koor-nicolas-andre

 

 

 

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administrateur théâtres

 

« How dark, ô Lord, are thy decrees… Seigneur, qu’ils sont obscurs tes commandements… »

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                                                 Georg Friedrich Händel

JEPHTHA
(1752)

An Oratorio; or Sacred Drama

Words by Thomas Morell

DRAMATIS PERSONAE

Jephtha (tenor)

Iphis, his Dauhghter (soprano)

Storgè , his Wife (mezzo-soprano)

Zebul, his Brother (bass)

Hamor, in love with Iphis (alto)

Angel (soprano)

                                                                                             Nous avons reçu le meilleur de William Christie et les Arts Florissants dans une œuvre sublime de G F Haendel, merveilleusement habitée,  hier soir aux Beaux-Arts de Bruxelles.

Le modelé, les couleurs et le souffle de l’orchestre qui joue sur des instruments anciens était un ravissement pour l’oreille. Le choix de solistes d’exception avait tout pour plaire. Pas étonnant alors que cette exécution magistrale  ait donné lieu à une ovation debout par un public enthousiaste et comblé.  Il s’agissait du dernier oratorio du prince de la musique anglaise: Jephta. Le thème principal est la soumission de l’homme à sa destinée.  « Whatever is, is right. »  

 

L’histoire est émouvante. C’est le sacrifice d’Abraham en version féminine. L’histoire figure dans l’Ancien Testament, Livre des Juges chapitre 11. Thomas Morel, le librettiste invente de nouveaux personnages, ajoute une histoire d’amour et adoucit le sanglant dénouement en consacrant la vierge prête au sacrifice, à Jehovah pour qu’elle le serve dans la pureté et la félicité et qu’ainsi sa vie soit épargnée. L’histoire repose donc sur le vœu imprudent de Jephta, qui, en échange de la victoire contre les Ammonites impies, sacrifierait la première personne croisant son regard au retour de la guerre. Hélas cette personne n’est rien moins que sa fille, Iphis (Iphigénie ?),  la fiancée d’ Hamor, son vaillant fiancé qui a accompagné Jephta à la guerre. L’ouverture à la française aux rythmes pointés et enjoués puis au caractère solennel nous emporte dans l’univers biblique avec majesté. Jephta chante : « God shall make me great ! » et les instruments d’acquiescer. Il a de la stature et du phrasé, ce demi-frère bâtard de Zebul, grand Juge des Israélites de Galaad soumis aux idolâtries des Ammonites.  Storgé, cette mère attendrissante et emplie de sagesse visionnaire,  est inquiète : la paix est délaissée. Elle dialogue tout en nuances, avec finesse et émotion avec la flûte traversière… un personnage en soi, tout au long du concert. Elle module avec gravité : « Scenes of horror, scenes of woe, Rising from the shades below, Add new terror to the night » Impuissante, elle attend « le retour à la liberté et à l’amour ».

 

 Mais le véritable sens dramatique du compositeur éclate dans les parties chorales. Surtout dans les phrases méditatives du chœur qui aborde des tonalités, des rythmes et des musicalités très différentes, véritables vecteurs de sentiments.  Chaque intervention fait avancer l’intrigue, permet de palper mieux l’ampleur des enjeux. Ce qui distingue, dit-on, l’opéra de l’oratorio, c’est  la présence du chœur rendant l’action scénique difficile, mais le charisme qu’il dégage se suffit à en faire un personnage à part entière dont on attend chaque fois  l’intervention avec émotion.  On a eu l’impression hier soir  que le chœur était composé d’autant de solistes tant la voix de chacun fabriquait une masse chorale puissante, ciselée et multiple. Ils n’étaient que 25.  De magnifiques morceaux très évocateurs nous restent fichés dans  l’esprit et dans le cœur.

Acte 1 , scène 4 :

O God, behold our sore distress,
Omnipotent to plague or bless!.

 Acte 2, scène 2 :

 In glory high, in might serene,
He sees, moves all, unmov'd, unseen.
His mighty arm, with sudden blow
Dispers'd and quell'd the haughty foe. 

 Acte 2 scène 4 :

How dark, O Lord, are Thy decrees,
All hid from mortal sight,
All our joys to sorrow turning,
And our triumphs into mourning,
As the night succeeds the day.
No certain bliss,
No solid peace,
We mortals know
On earth below,
Yet on this maxim still obey:
"Whatever is, is right."  

 

Le public est bouleversé. Mais revenons au  moment fatal, au moment terrible où Jephta, bien que, paralysé par la douleur de perdre sa fille prend sa décision inébranlable en phrases lapidaires, muettes de souffrance.

Acte 2 scène 3: 

Zebul
Oh, spare your daughter,

Storgè
Spare my child,

Hamor
My love!

Jephtha
Recorded stands my vow in Heav'n above.

Storgè
Recall the impious vow, ere 'tis too late.

Jephtha
I'll hear no more, her doom is fix'd as fate!

 

L’aria du père éprouvé sera déchirant lorsque s’ouvre le troisième acte  sur ses regrets éperdus :

 «Hide thou thy hated beams, O sun, in clouds
And darkness, deep as is a father's woe;
A father, off'ring up his only child
In vow'd return for victory and peace».

Iphis est toute sensibilité, pureté de voix et harmonie. L’adieu à la vie de la jeune vierge sacrifiée qui obéit au ciel nous arrache des larmes: «Farewell, ye limpid springs and floods,Ye flow'ry meads and leafy woods …» Shakespeare ou Haendel?  De la musique dans les deux cas. Elle sera sauvée par un ange à la voix radieuse, détachée l’espace d’un instant, de ce chœur fabuleux, après une petite symphonie instrumentale en ré majeur. Celle-ci, annonciatrice de bonheur, vibre de vivacité et de délicatesse. Ce sera  du Haendel exaltant quand à la fin, se seront ajoutées les trompettes de l’allégresse pour célébrer  une véritable ode à la joie: “Rejoice!”. Même le pauvre fiancé est d’accord : « Duteous to almighty pow'r, Still my Iphis I'll adore. » Et le choeur  de conclure: “So are they blessed who fear the Lord. Amen. Hallelujah. »

Les Arts Florissants

Dimanche 20.11.2011 20:00   Palais des Beaux-Arts / Salle Henry Le Bœuf

William Christie direction - Katherine Watson Iphis (soprano) - Rachel Redmond L'Ange (soprano) - Kristina Hammarström Storgè (contralto) - David DQ Lee Hamor (contre-ténor) - Kurt Streit Jephtha (ténor) - Neal Davies Zebul (baryton-basse) - Les Arts Florissants

Georg Friedrich Händel, Jephtha, HWV 70

 

http://www.bozar.be/activity.php?id=11020&selectiondate=2011-11-20

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administrateur théâtres

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Amen  (Le vicaire )  la pièce écrite en  1963  par Rolf Hochhuth ,  au théâtre des Galeries

 « Rigoureuse, enlevée, érudite, la mise en scène de Jean-Claude Idée nous captive d'un bout à l'autre, avec des comédiens alternant à merveille entre SS et clergé italien. Une pièce trois étoiles, captivante et formidablement jouée. » Le Soir, 03/11/2011

 


La pièce de Rolf Hochhuth date de 1963 mais son histoire d'un prêtre en révolte contre le Vatican face à son silence assourdissant devant l'horreur de l'Holocauste, trouve encore une belle résonance aujourd'hui.
Un officier SS et un jeune prêtre refusent de dire ‘amen’ à la barbarie…
La pièce de Rolf Hochhuth dénonce l'attentisme du Vatican dans l'holocauste perpétré par le régime nazi. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kurt Gerstein, un officier SS allemand, épaulé par un jeune jésuite, Ricardo Fontana, tente d'informer le Pape Pie XII et les Alliés du génocide des Juifs organisé par les nazis dans les camps de concentration. Cette pièce montre qu'une histoire écrite avec le sang de millions d'innocents ne peut être frappée de prescription, elle attribue aux coupables leur part de culpabilité, elle rappelle à tous les intéressés qu'ils eurent la faculté de se décider et qu'en effet ils se sont décidés même en ne se décidant pas.

 

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Le décor est soufflant de vérité. Les costumes des prisonniers et des torsionnaires  donnent le frisson. Toute l’horreur des bruits de bottes revient à la surface. Les histoires de grands-parents qui ont vécu deux guerres élèvent leurs voix disparues. Et le cœur s’éprend aussitôt de Ricardo et de Kurt Gerstein deux héros qui disent non à l’horreur vécue par des millions de personnes à qui on avait arraché la dignité.

 

 La fresque est totale quand sous nos yeux se découvre l’envers du décor, le silence de l’église, les alliances douteuses, la peur du communisme. Du tout grand art de scène pour faire ouevre de mémoire, rappeler l’indicible. Œuvre utile et indispensable à une époque oublieuse. Les bruits sourds, les grincements évocateurs alternent avec un violon nostalgique qui égrène ses notes comme une vraie prière.  C’est la seule femme dans cette pièce uniquement peuplée d’hommes.

 

 Hélas le spectacle est terminé. On espère de tout cœur qu’ils le remettront à l’affiche. La salle était comble et les regards reconnaissants de rappeler ce qu’on ne peut ni oublier ni pardonner, ni recommencer où que ce soit. Le souvenir lancinant ne nous lâchera pas : au  fur et à mesure les décors deviennent de plus en plus bancals, les scènes deviennent, on l’espérerait, surréalistes. Un pape s'assied sur un autel.  Mais non, la fougue des comédiens nous montre bien la réalité de  ce moment insoutenable de l’histoire humaine.

 

« Le mal consiste à dénoncer le sens de la vie », parole dont s’enorgueillit un des personnages nazi. Terrible : « ce sont les traîtres qui sauvent l’honneur de l’Allemagne. » «  Ce meurtre, nous en sommes tous coupables» « Servir la paix ? Dieu punisse les pacifistes ! » « Ne rien faire est aussi grave que participer au crime. » On sort de ce spectacle bouleversés, incapables de formuler un seul commentaire.

 

Avec Steve Driesen,

 

 Nicolas d'Oultremont, Emmanuel Dekoninck, David Leclercq, Bernard Sens, Pascal Racan, Michel Poncelet, Damien De Dobbeleer, Marc De Roy, Gérald Marti, Frederik Haugness, Xavier Dumont, Frédéric Clou et Jean-Claude Frison.
Accompagnement musical : Anouk Ganzevoort.
Mise en scène : Jean-Claude Idée / Décors : Francesco Deleo / Costumes : Béatrice Guilleaume
Adaptation : Fabrice Gardin

 

http://www.trg.be/Public/Page.php?ID=3300&ancestor1=3192&saison=3180

 

 

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