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T'AIMER

 
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T’AIMER !
 
Par tout le sang versé Par l’amour apocryphe
L’amour aux dragons fous aux hurlants hippogriffes
Par le ciel au soir noir balayé de lavandes
Par les chants fredonnés Par les nuits qui se tendent
Par le néant vomi des gueules qui se fendent
      D’amour T’aimer encore et puis encore
            T’aimer !
 
 
Par les seins nus glacés des vierges impeccables
Par les rayons d’argent tendus comme des câbles
Du plus vaste du ciel à nos enfers intimes
Par le couteau luisant du sang noir des victimes
Et ces ordres de mort que l’Ombre nous intime
      Et de haine à crever Et puis encore
            T’aimer !
 
 
Par les chants consternés des amours dérisoires
Par ces guerriers de deuil et leur chant de victoire
Et ces villes brûlant vers des lunes tragiques
Les états muselés Les foules anarchiques
Les cris Les roulements de ces tonneaux bachiques
      Aux ripailles du vice Et puis encore
            T’aimer !
("Poussière d'âme, éd. Chloé des lys 2009)
 
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Poussière d'aiguilles (texte intégral)

Vous voici donc, aiguilles de granit qui jaillissent vers le ciel. Vous voici donc ces tant aimées que je hais. Vous êtes fières dans le soleil naissant, et votre couleur chaude est trompeuse. Là-haut, là où je vais pour toi mon aimé, il gèle à pierre fendre. Nous sommes loin d'être seuls dans la benne. Tu es serré contre moi, je te sens dans mon dos. Je me raidis un peu. Si je me retourne je ne verrai qu'un alpiniste de plus et je n'y tiens pas. Je me sens si étrangère à cette ambiance. Face à ces conversations de conquérants je pense à toutes ces nuits où je m'endormais avec toi dans mon dos, où tes bras m'entouraient et me protégeaient. Nuits de chaleur de douceur de tendresse qui jamais ne se sont taries. Tes mains qui m'ont toujours aimé et que je n'ai jamais voulu voir gantées. Merveilleuses mains que les tiennes. J'ai compris peu à peu ce que signifiaient nos massages, nos longues conversations au lit, où elles tournoyaient sur ma peau même si nous parlions beaucoup, ce que signifiaient nos merveilleux câlins. J'ai compris que chaque déclinaison de notre gestuelle intime était ta manière d'exprimer ce que tu ressentais pour moi. J'ai appris à aimer l'idée selon laquelle il y avait plus de « je t'aime » dans tes mains sur mon visage lorsque nous faisons l'amour qu'il n'y en aurait jamais sur tes lèvres. Tout comme il y avait plus d'amour dans une rose venant de toi que dans un bouquet offert par qui que ce soit d'autre.Et tu m'as tellement bien fait l'amour. Ce n'était jamais comme une drogue, mais il y avait toutefois un peu de cela: j'avais ce besoin cette envie ce désir d'être prisonnière de tes bras d'être vulnérable et protégée en même temps. Au-delà du plaisir il y avait l'harmonie: je sentais mon corps résonner contre le tien, c'était d'une extraordinaire simplicité, mais maintenant que nous atteignons notre but, glacial et mécanique, je ne vois plus que la gare d'arrivée, accrochée au granit. Et le vide au-dessous de nous. Comment as-tu pu aimer ce monde vertical, minéral et froid, et ce vertige qui me prend le ventre à l'instant? Je descends de cette benne pleine d'alpinistes. Je te sens derrière moi, bien assuré au milieu des tintements des mousquetons, piolets, broches et autres objets de métal, carbone, kevlar, gore-tex, polar, que sais-je encore, dont tout ce petit monde se pare avant d'aller se greffer à Mère Nature et gratter ses excroissances. Voici le début de la pente. Une arête de neige à suivre comme un funambule sa corde. Tu restes derrière moi comme la fois précédente, et puisque nous descendons... Tu m'assures. Si on peut dire, car cette fois-ci la corde ne se tendra pas. Je ne trébucherai pas. Et nous voici déjà en pente douce en direction du glacier du Géant. Ces noms aussi je les ai trop entendus. Tacul, Maudit, Grépont, Cosmiques, pourquoi pas « Cornofulgur » ou « Astéro-Hache »? Mon Dieu comme je déteste votre vocabulaire.Et notre intimité faisait en sorte que tu m'entretenais de toutes ces « courses » avec les noms et les expressions qui s'y associaient, comme si j'y étais initiée... Non mon bel amour, je ne connaissais pas Goldorak personnellement, et encore moins le nom du type qui a enchaîné les quatorze sommets de plus de huit mille mètres de la Terre en moins de temps qu'il ne faut pour le blablabla... Moi mon bel alpiniste je voulais juste le revoir au plus vite, mais ça c'était difficile à envisager, n'est-ce pas? A de rares exceptions près, aucune femme ne pouvait rivaliser avec « ça »... Heureusement pour toi que jamais je ne t'ai senti « là-haut » lorsque nous faisions l'amour. Je t'aurais tué. Plus sûrement que si tu avais eu une maîtresse à forme humaine. Oui j'en veux plus à la montagne qu'à toutes mes sœurs de cette planète, et j'entends lui réclamer tout le temps que nous n'avons pas eu. Mais je n'aurai rien car c'est une sans-pitié. Tout ce temps où je t'aurais fait l'amour, sans fin, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ton épuisement, tout ce temps que je n'ai pas eu à te convaincre de me faire un bébé. Cette petite âme d'enfant que j'ai tant espérée, que je n'ai pas eue, et que je n'aurai pas de toi. Nous arrivons au glacier. Je m'approche de cette crevasse béante comme si ton doigt s'était dressé par-dessus mon épaule droite et me l'avait désignée. J'ai froid. Je me plonge dans mes souvenirs de chaleur pour avancer encore, pour m'approcher lentement de la bouche grande ouverte sur des reflets bleus. Ils ont du mal à revenir mes souvenirs, mais ils reviennent tellement je les appelle. J'entends la mer et je fais la sieste. C'est à ce point agréable que j'en oublie l'univers blanc et froid autour de moi, que j'en oublie mon sac que je fais glisser de mon dos, et que je ne te vois même pas. Je ferme les yeux et... ...et tes mains sont sur mes hanches. C'est magique. Tu posais toujours tes mains là où je les attendais sans vraiment en être consciente. C'était un peu comme un jeu. A chaque fois je feignais la surprise, à chaque fois j'étais aussitôt ravie. Parfois je me disais que tes mains étaient distinctes de toi, que tu les laissais errer sur moi alors que le reste de ton corps se préparait en silence à me donner le doux plaisir. Et j'attendais patiemment ce moment. Tout comme la dernière fois où je t'ai attendu, de retour de montagne. Tu m'avais appelée pour me dire combien tu étais fier d'avoir été au sommet de l'aiguille Verte, ta « première course vraiment difficile », et tu disais que tu volais à ma rencontre, que tu m'aimais à chaque fois plus intensément, au retour de chaque ascension. Et c'est vrai que tu revenais toujours plus attentionné et doux, fort aussi dans nos retrouvailles, j'aimais ton corps durci par la montagne, et j'aimais l'amour que nous faisions à ton retour, il me comblait de tout ce manque de toi, apaisait la jalousie que j'avais nourrie au fil de ton absence, et je me donnais à toi comme jamais.Je suis au bord de cette crevasse car tu me l'as demandé, mon aimé qui est juste à mes côtés, et je pleure la tendresse que nous n'avons pas partagée à ce retour-là. J'avais mis ma robe d'été bleue, celle qui compte trente boutons. Juste pour qu'après avoir roulé comme un fou, tu t'arrêtes face à mon défi à moi, celui de me déshabiller avec une infinie lenteur. De me caresser comme tu le fais si tendrement pendant que moi, je découvre les petites blessures que la protogine chamoniarde a laissées sur le dos de tes mains, parfois sur le bas des jambes. J'avais mis cette robe d'été et j'attendais de l'entendre tomber pour me laisser aimer comme jamais tu ne m'aurais aimée. J'aurais été ta prisonnière et j'aurais joui de tout ton poids sur moi, j'aurais attendu ta délivrance comme on prie, je l'aurais accueillie comme on triomphe. C'était compter sans ce camion qui a déchiré notre désir. Et te voici en cendres, là où tu voulais, mon aimé. Et je verse les cendres de ton corps dans cette crevasse qui cet hiver se refermera, et je quitte cet endroit que je ne reverrai pas avant le matin où, fatiguée de ma vie creuse de toi, je descendrai ici au fond de la bouche bleue, et m'endormirai à tes côtés.  Chamonix, le 26 août 2008.
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journal de bord, lundi 28 février 2011

 

 Je reviendrai une nouvelle fois sur les deux merveilleuses soirées-cabarets, à la Foire du Harby, à Anseroeul (pas loin de Tournai), où j'ai chanté (parmi tant d'autres) le vendredi et le samedi.

 

Avec tout le bonheur que j'en récolte.

 

Même avec ma reprise au boulot, je suis encore un peu dans l'ambiance. C'est bon signe, non ?

 

 

Dans mon "journal de bord" précédent, j'avais abordé un point qui me paraissait ... triste, dommage. La plupart des artistes qui prestaient dépassaient souvent le temps qui leur était imparti (trois morceaux) et ça risquait de porter préjudice aux artistes qui suivaient. Et ... dans l'état de fatigue, de stress, de trac, je l'avais assez mal vécu.

 

 

J'ai eu une réaction à mon article, venant tout droit d'une des participantes à la soirée-cabaret.

 

Je la remercie notamment, je la remercie surtout ... de m'avoir fait part d'un détail, qui m'avait complèt'ment échappé : les artistes qui s'affichaient et se présentaient seuls avaient droit à trois chansons et les groupes, eux, disposaient de vingt minutes.

 

Ca change complèt'ment la donne.

 

Je renuanc'rai mes propos d'hier.

 

Final'ment, aucun artiste, aucun groupe n'a véritablement glissé sur le temps (sauf : dans des proportions normales).

 

Après une nuit de sommeil, et une journée hors contexte, on a le temps, aussi, de décanter.

 

Un groupe, admettons-le, a peut-être besoin de plus de temps qu'un chanteur solo, a priori. Comme il y a plusieurs personnes dans l'équipage, et que la qualité de spectacle réside dans l'équilibre entre tous ceux (et toutes celles) qui forment l'ensemble (y en a parfois quatre, cinq, six), on comprend mieux.

 

Je n'ai qu'à prendre l'exemple de Proserpine et Christine, qui se produisaient le sam'di. Dans la catégorie "groupes". Régulièr'ment, dans ce qu'elles présentaient, elles intervenaient succesiv'ment et séparément. Donc : ici, un "deux fois trois morceaux" est tout à fait de mise.

 

Il est normal, il est compréhensible que les groupes, qui disposaient de vingt minutes, saisissent l'aubaine qui leur est offerte pour avoir, quand même, un temps réaliste pour présenter quelque chose de qualité.

 

Et tout un chacun a donné le meilleur de lui-même.

 

Je garde peut-être juste une réserve (qui vaut encore ce qu'elle vaut).

 

Dans certains cas, je me demande où se situe la différence entre les groupes et les chanteurs seuls.

 

Je prends l'exemple d'un groupe qui passait sam'di : un duo de deux filles. Durant les vingt minutes où elles ont presté (avec brio), c'était toujours la même qui chantait et la même qui accompagnait au piano.

 

Si elles s'étaient limitées à trois morceaux (plutôt qu'à vingt minutes), ça n'aurait pas déprécié leur talent et ça aurait laissé aussi du temps, de l'air, de la respiration ... pour les artistes qui suivaient et le public.

 

Je me dis aussi que ...

 

Je pourrais très bien m'inscrire comme chanteur seul et être accompagné, musical'ment, par quelqu'un d'autre. A part l'appellation qui change, le résultat est ressemblant à celui de ... certains "groupes".  Sinon que ... l'un a droit à trois chansons, l'autre à vingt minutes.

 

Mon sens de l'égalité est parfois (malheureus'ment ? heureus'ment ?) très aigü.

 

D'accord, je titille.

 

J'irai encore un peu plus loin avec certains groupes qui passaient (et que j'appréciais ... et que je reverrais volontiers).

 

Un groupe de six qui chantait a capella. Magnifiqu'ment. Leurs quatre ou cinq morceaux, bien enl'vés, repris par le groupe, auraient aussi pu se limiter à trois. Vu que ... les six membres n'intervenaient pas séparément chacun leur tour.

Vu que ... la même atmosphère vocale, la même gestuelle rev'nait à chaque morceau.

 

Et dans leur cas, aussi ...

 

S'ils s'étaient limités à trois morceaux, ils ne seraient pas passés plus inaperçus, leur prestation ne perdait rien et ça laissait, au fil de la soirée, encore plus de temps, plus d'air, plus de réceptivité dans le public, et les nombreux artistes qui suivaient ... auraient été mieux desservis.

 

J'ai d'autres exemples en tête, de ce type, lors de la soirée.

 

Ceci dit ...

 

Je ne regrette rien.

 

Tout s'est bien passé.

 

Je sais que ce n'est pas facile de mettre sur pied une soirée-cabaret.

 

Je sais que l'idéal existe rar'ment, dans la pratique.

 

Je garde surtout des images de bonheur et d'amour. Des amis que je me suis fait. Des gens que j'ai retrouvés. Une envie de retourner sur place et, qui sait, revivre des situations (qui m'ont été pénibles et que je relate) avec d'autres yeux. C'est ainsi qu'on avance.

 

 

 

Je me suis réveillé comme un charme, ce matin, avant de filer au boulot. J'avais du peps, aujourd'hui. Les jours, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas.

 

Le chef, au boulot, va partir. Une nouvelle ère, de ce côté-là, se prépare-t-elle ?


 

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12272719082?profile=original« L'oeuvre au noir » est un roman de Marguerite Yourcenar, pseudonyme de Marguerite de Crayencour (1903-1987), publié à Paris chez Gallimard en 1968. Prix Femina.

 

Tout comme les Mémoires d'Hadrien, l'Oeuvre au noir est "un de ces ouvrages [...] avec lequel l'auteur aura vécu toute sa vie" ("Notes"). Le roman a pour origine un bref récit, "D'après Dürer", paru avec deux autres nouvelles, "D'après Greco" et "D'après Rembrandt", dans un volume intitulé La mort conduit l'attelage (1934). Ces trois textes étaient eux-mêmes des fragments d'"une ample fresque [...] s'étalant sur plusieurs siècles" ("Notes"), ambitieux projet auquel la romancière s'était consacrée entre 1921 et 1925. En 1955, après avoir achevé Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar décide de retoucher le recueil de 1934 en vue d'une réimpression. "D'après Dürer" s'amplifie et devient l'Oeuvre au noir, long roman rédigé, pour l'essentiel, entre 1962 et 1965.

 

Première partie. "La Vie errante". Henri-Maximilien Ligre a quitté sa ville natale de Bruges et sa riche famille pour courir les routes puis s'engager dans l'armée. Il rencontre en chemin son cousin Zénon parti, lui, en quête d'aventures spirituelles. Zénon est le fils naturel d'un noble prélat florentin et d'Hilzonde, soeur de Juste Ligre, un drapier et banquier flamand. Le jeune homme est promis à la cléricature mais son intelligence vive et audacieuse a tôt fait d'apercevoir les limites de l'enseignement théologique. Zénon quitte son pays. Il parcourt le monde, étudie les sciences, singulièrement la médecine, et l'alchimie. Les épidémies et les guerres, qui dressent les uns contre les autres peuples et religions, ravagent l'Europe. De multiples bruits circulent à propos de Zénon: le personnage fascine et inquiète. Recherché dans divers États, il est perpétuellement contraint de fuir pour échapper aux persécutions.

 

Deuxième partie. "La Vie immobile". Zénon retourne à Bruges. Il se fait désormais appeler Sébastien Théus et exerce la profession de médecin. Il vit au couvent des Cordeliers où il soigne les malades. Il prend soin de dissimuler ses véritables pensées, mais il a de longues conversations avec le prieur, un homme à l'esprit ouvert et généreux qui s'est pris d'amitié pour lui. En dépit de ses efforts, Zénon ne peut sauver le prieur, atteint d'une grave maladie. Avant de mourir, ce dernier lui conseille de partir. Zénon quitte Bruges mais, las de fuir et dégoûté par la mesquinerie des passeurs qui s'enrichissent aux dépens des fuyards, il regagne la ville. Plusieurs jeunes moines, dont son assistant frère Cyprien, qui rencontraient en cachette une adolescente, sont arrêtés. Les témoignages des moines compromettent Zénon qui est à son tour jeté en prison.

 

Troisième partie. "La Prison". Zénon, ayant de lui-même révélé son identité, est jugé pour athéisme et hérésie. Il peut avoir la vie sauve s'il consent à se rétracter. Il refuse et se donne la mort dans sa cellule.

 

Le titre de l'ouvrage est composé d'une formule alchimique qui désigne "la phase de séparation et de dissolution de la substance qui était, dit-on, la part la plus difficile du Grand Oeuvre". L'expression "s'appliquait à d'audacieuses expériences sur la matière elle-même ou s'entendait symboliquement des épreuves de l'esprit se libérant des routines ou des préjugés" ("Notes"). Zénon, à travers guerres, épidémies et persécutions, effectue en effet une sorte de parcours initiatique. Grâce au savoir, acquis parfois au péril de sa vie, il s'est formé un esprit ouvert et libre. Le titre de l'ouvrage, par la référence à l'alchimie, souligne le caractère difficile et périlleux de cette conquête de soi. La couleur noire introduit en outre une tonalité funèbre, en rapport avec le climat de violence et de mort dans lequel se déroule l'histoire du héros.

 

L'Oeuvre au noir est, de même que Mémoires d'Hadrien, un roman historique. Zénon, à la différence d'Hadrien, est certes un personnage inventé, mais Marguerite Yourcenar revendique le caractère historiquement vraisemblable de son héros. Elle s'est d'ailleurs inspirée, pour dessiner ses traits, de ceux de Léonard de Vinci, d'Ambroise Paré, d'Érasme, de Paracelse et de Campanella. Esprits ouverts et curieux, hommes d'action et de réflexion à la fois, Hadrien et Zénon sont tous deux des sages. De l'univers de l'empereur à celui du médecin alchimiste et philosophe, la distance est grande pourtant, comme si l'enfer des temps modernes avait succédé à l'âge d'or antique. A cet égard, le choix opéré par l'auteur quant à ses protagonistes est significatif: Hadrien, empereur, incarne l'ère de l'homme roi ou de l'homme dieu; Zénon, être fictif, enfant bâtard et personnage presque anonyme puisqu'il est contraint de cacher son identité, incarne l'ère de l'homme écrasé par l'obscurantisme et l'intolérance. Le choix des voix narratives est lui aussi symbolique: Hadrien parlait à la première personne mais l'Oeuvre au noir ne peut être qu'à la troisième personne, puisque le drame de Zénon est justement celui d'une privation de la parole: le savant doit taire ses opinions et il risque la mort pour avoir publié ses théories dans de rares ouvrages.

 

Marguerite Yourcenar révèle ainsi sans complaisance l'envers du décor d'un XVIe siècle humaniste dont l'image édulcorée se réduit trop souvent à la célébration de quelques esprits éclairés. L'Oeuvre au noir montre à quel point ces derniers n'ont pu exister que de haute lutte. Persécuté à travers toute l'Europe, Zénon est partout témoin de la victoire de la barbarie et de la mort. Misérable, mesquin, injuste, cruel, borné, le monde qui l'entoure est en proie à un profond désarroi qui se mue en rage destructrice. L'Oeuvre au noir qui, dans la production romanesque de Marguerite Yourcenar, fait suite à Mémoires d'Hadrien, prolonge à bien des égards ce précédent ouvrage. Ainsi, l'empereur y prophétisait ce qui s'accomplit ici: "Je voyais revenir les codes farouches, les dieux implacables, le despotisme incontesté des princes barbares, le monde morcelé en États ennemis, éternellement en proie à l'insécurité."

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Festival de l’histoire de l’art (1ère édition)

Organisé par le ministère de la Culture et de la Communication, l’INHA et le château de Fontainebleau
 
27, 28, 29 mai 2011
77300 Fontainebleau

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Chaque année, un thème et un pays invité

Afin de réunir des spécialistes de différents domaines et d’éveiller la curiosité du public le plus large, un thème sera choisi chaque année, fil rouge du Festival de l’histoire de l’art. Cette première édition sera consacrée à la Folie. Le festival marquera le 500e anniversaire de la parution de L’Éloge de la folie d’Érasme, parallèlement aux célébrations organisées par l’UNESCO, ainsi que le 50e anniversaire de la parution de L’Histoire de la folie à l’âge classique de Michel Foucault. Au cœur du mythe occidental de la création, le thème de la folie sera exploré selon trois directions : le créateur fou (revendiqué ou jugé comme tel) ; l’œuvre insensée, hors normes ; l’iconographie de la folie et le regard de l’artiste sur la folie du monde. Outre les conférences, débats et tables rondes, des ateliers originaux, intitulés « L’œuvre d’art au crible des regards », présenteront une même œuvre interprétée par trois regards différents, témoignant de la diversité des approches et des différentes méthodes et techniques d’analyse des œuvres d’art.

Forte de sa tradition, l’Italie, premier pays invité, ne pouvait pas manquer d’être à l’honneur. Le Festival proposera des rencontres et des débats transfrontaliers entre des acteurs de l’histoire de l’art ou des institutions artistiques ainsi que des échanges d’expériences entre les deux pays dans le domaine de l’édition, de la presse et de l’audiovisuel. Enfin, une discussion sera proposée sur la manière de faire et d’enseigner l’histoire de l’art, avec une attention particulière accordée aux expériences pédagogiques italiennes dans l’enseignement secondaire, pouvant enrichir la réflexion sur l’enseignement de l’histoire des arts en France.

Des rendez-vous annuels : actualité de l’histoire de l’art, festival audiovisuel et salon du livre et des revues consacrés à l’art

Trois forums d’actualité seront organisés :

  • un premier présentant l’actualité de l’histoire de l’art par un état des lieux des différents champs de recherche de la discipline et la valorisation de travaux de jeunes chercheurs.
  • un second forum sur le marché de l’art, le mécénat et les collectionneurs dont certains viendront présenter leur parcours. Enjeux et tendances du marché de l’art feront l’objet de débats et de conférences, avec un accent particulier sur les liens entre marché de l’art et institutions de recherche et de conservation.
  • un forum sur les nouvelles technologies pourra présenter, entre autres, la création et la gestion des bases de données pour l’inventaire et l’étude des œuvres d’art, la numérisation des œuvres et des archives de l’histoire de l’art, les ouvrages augmentés ou encore les technologies appliquées à l’analyse et à la restauration des œuvres.

Pour la première fois en France, un festival du film et de l’audiovisuel consacré à l’art sera également dédié aux rapports entre l’histoire de l’art et la caméra. Il s’agit de montrer comment l’art est traité par le cinéma dans des films de fiction ou des documentaires, dont des artistes, des courants artistiques ou des historiens de l’art sont les sujets, sans omettre les nouvelles propositions pédagogiques ou ludiques proposées par la télévision et Internet.

Enfin, se tiendra un salon du livre et des revues consacrés à l’art représentant le plus large nombre possible d’éditeurs et de libraires pour un panorama complet de l’actualité éditoriale, du livre d’art à la revue savante en passant par les essais sur l’art et les publications de thèses. En lien avec le thème ou le pays de l’année, mais également avec l’actualité éditoriale, les éditeurs pourront à leur tour proposer des activités qui seront intégrées au programme général du Festival.

Une offre de formation à l’enseignement de l’histoire des arts

Dans le cadre de la promotion de l’enseignement de l’histoire des arts, le Festival devra être un lieu de formation continue pour les enseignants et les cadres du système éducatif. Il accueillera ainsi un double dispositif : une université de printemps destinée aux cadres (inspecteurs, délégués à l’action culturelle…), inscrite au Plan National de Pilotage, ainsi que des ateliers pédagogiques pour les enseignants (conférences, séquences pédagogiques etc.).

- Coordination scientifique
Florence Buttay
INHA
2, rue Vivienne
75002 Paris
01 47 03 89 84
florence.buttay inha.fr

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Comprendre le XXe siècle des musées

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Conférence d’Agnès Callu sous la direction d’étude de Jean-Michel Leniaud (EPHE)
 

Mardi
18h à 20h
Galerie Colbert
Salle EPHE
2, rue Vivienne
75002 Paris

accès : 6 rue des Petits-Champs


Choisir d’installer sur la table universitaire le musée du XXe siècle comme objet historique suppose d’apprécier les enjeux politiques, sociaux, culturels et économiques qu’il suscite, à l’échelle de l’État comme des collectivités territoriales, dans une société ouverte à la innovation esthétique et patrimoniale en même temps qu’elle adopte l’acculturation des codes hiérarchiques et les évolutions entrepreneuriales ou technologiques.

Outre le commentaire sur le mode historiographique de la production scientifique plurielle déployée, parfois en tensions, autour de deux pôles souvent opposés –l’histoire culturelle et l’histoire de l’art–un panorama des matériaux disponibles à la recherche s’avère l’indispensable préalable. Puis, prenant appui sur des fondations méthodologiques dès lors posées, plusieurs thèmes sont abordés, questionnant sur la longue durée, le musée et ses représentations, entre élitisme social, promotion de la culture pour tous ou merchandising des biens culturels. Sont alors ouvertes et/ou creusées – souvent en diachronie à l’aide du témoignage d’anciens acteurs – plusieurs pistes de réflexion amenant à discuter la figure du musée dans les imaginaires collectifs, le capital symbolique d’un geste architectural, le trilogue entre l’œuvre, l’artiste et le conservateur. La place des hommes fait également l’objet de réflexions : érudits, bâtisseurs ou décideurs dans la structuration et le fonctionnement de celui qui, entre désir et pédagogie, se définit comme « une institution permanente […] au service de la société et de son développement, ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation […] ».

- Séance 1
23 novembre 2010

Objet(s), méthode(s) et historio-bibliographie(s)
Enjeux et perspectives (Agnès Callu)
L’IMEC et les fonds d’artistes (Yves Chèvrefils-Desbiolles)

- Séance 2
7 décembre 2010

Lire, interpréter et confronter les sources
Les fonds d’archives des musées nationaux et de l’INHA (Catherine Granger et Martine Poulain)

- Séance 3
14 décembre 2010

Lire, interpréter et confronter les sources (suite)
Les archives du musée national d’art moderne (Didier Schulmann)

- Séance 4
18 janvier 2011

Imaginer un musée
Gaëtan Picon : plaidoyer pour un nouveau musée d’art moderne (Agnès Callu)
Grand témoin : entretien de Robert Bordaz, ancien président du Centre Pompidou (audition et décryptage)

- Séance 5
1er février 2011

Bâtir un musée
Le Centre Pompidou-Metz : enjeux et chef-d’œuvres (Laurent Le Bon, CPM)
Grand témoin : entretien d’Émile-Jean Biasini, ancien secrétaire d’État aux Grands travaux (audition et décryptage)

- Séance 6
15 février 2011

Incarner un musée
Jacques Jaujard ou le mythe résistentialiste du Louvre occupé (Côme Fabre, ENS-Ulm)
Discutant : Écrire l’histoire du Louvre (Guillaume Fonkenell, musée du Louvre)

- Séance 7
15 mars 2011

Travailler au Musée
François Mathey : les Arts décoratifs aux mains d’un conservateur révolutionnaire ? (Brigitte Gilardet, IEP de Paris)
Grand témoin : entretien de Germain Viatte, conservateur général honoraire du Patrimoine (interview enregistré et filmé)

- Séance 8
5 avril 2011

Développer un musée
La Réunion des musées nationaux : un établissement public en faveur d’une identité muséale française (Agnès Callu)
Grand témoin : entretien d’Irène Bizot, ancien administrateur général de la RMN (interview enregistré et filmé)
Discutante : Existe-t-il une appellation contrôlée « Musées nationaux ? » (Chantal Georgel, INHA : sous réserve)

- Séance 9
17 mai 2011

L’artiste dans le musée
Au musée et dans les galeries : l’artiste et ses œuvres, 1930-1940 (Claire Maingon)
Discutante : Exposer les artistes vivants (Emmanuelle de l’Écotais, Musée national d’art moderne de la ville de Paris)

- Séance 10
31 mai 2011

Projets et conclusions
Présentation du projet éditorial « Dictionnaire historique et culturel du Louvre » (Yannick Lintz, musée du Louvre)

Bilan de la conférence (Agnès Callu)

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Variations

 

VARIATIONS


Le regard glacial du chapeau me frappe sans préambule

Surpris qu'il est de ma raide posture,

De mon étonnement soudain, tel l'éclat d'une bulle,

Son ricanement bref et strident lancé à ma figure

Surpris qu'il est, par tant de servitude,

Aux soumissions aux durs frimas du jour,

A la nuit noire, solitude d'un tiroir d'incertitudes.

 

*          *            *

 

Le bedon bedonnant du bedeau boudiné

S'élança vers l'autel d'un tragique hyménée,

Enivré du patchouli de l'encens volatile,

S'écrasa vaincu et meurtri du refus juvénile.

 

           *            *

 

 

 

Un, deux, trois, la nuit tombe sur Golgotha

Deux larrons et le Prince de l'éternité

Trébuchent des vicissitudes, soumis au blasphème,

Soupirant, hors d'eux mêmes, leurs âmes réclamées

Par le cruel et ultime supplice, dépourvus de haine.

 

*          *            *

 Ecoute sans cesse, ô poète à l'ouïe acérée

L'hymne à la joie des claviers tempérés.

Ici, l'enflammé d'un vigoureux Vlaminck,

Là, l'oriental chatoyant de Matisse divin.

 

Ecoute la prenante mélodie du semeur de Van Gogh

Parcourant les sillons embaumés de la Crau,

Aux Saintes, mugir le fier taureau de Picasso.

 

Allonge-toi sur les verts subtils et reposants de Corot.

Allume au couchant le phare d'Alexandrie

Pour qu'il ressuscite de ses rais l'antique Psalmodi.*

 

 

 

Raymond MARTIN

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HAIKUS

 

 

HAÏKUS

 

La lune pourpre

Pour la visualiser

Via ma lentille.

 

Peine à rire

Le troupeau va en lenteur

Le trèfle frémit.

 

Vase bleu joufflu

Aux allures de bonze

La pivoine dort.

 

Horizon marin

Vagues déferlantes

Impressions salées.

 

A l’assaut du pic

Roches escarpées moussues

Rode marmotte.

 

A l’ombre fraîche

Raton laveur effrayé

Pipistrelle dort.

 

Calvaire trois croix

Sur le mont du Golgotha

Absence de foi.

 

Roitelet chante

Roitelet tremblant

Vent sur la cime.

 

Ile noire, île de Ré

Molène, Aix, Ouessant,

Pas deux, Saint-Michel.

 

Curieuse voûte

Parsemée de lucioles

Vermisseaux repus.

 

                               Raymond MARTIN

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Mon mal-être s’accentuait et ancrait davantage l’idée que pour être aimée, mes qualités supposées et mes connaissances, étaient mes seuls atouts.Malgré tout je ne regrette rien, car ce temps et ces épreuves m’ont construites, et je sais aujourd’hui qui je suis, quelles sont mes limites de tolérance à la souffrance, et comment l’amour existe pour moi, je connais ma vérité.De ce fait j’affirme pour ma part que « je t’aime » est un mensonge, car personne ne peut dire ces mots à l’élu de son cœur, sincèrement à tous moments, pour la simple raison que l’on n’aime jamais complètement, entièrement un homme ou une femme. On aime dans la globalité l’être qui partage ou va partager notre vie c’est vrai, mais il existe dans cet être quelque chose que l’on n’aime pas ou que l’on ne supportera plus un jour ou l‘autre, et qui nous empêchera à long terme de nous unir à cette personne ou de l’apprécier pleinement. Les divorces sont si fréquents au bout de quelques années de vie commune pour incompatibilité d’humeur !Adultère, stress, problèmes financiers, sexuels, vie professionnelle…Oui c’est vrai, toutes ces raisons sont invoquées par les couples qui ne voient que le divorce pour stopper la souffrance de leur union.Mais, derrière ces multiples excuses ou raisons de la séparation, se cache le manque d’amour, sincère et entier, amenant une confiance aveugle en l’autre, ainsi que l’effondrement du sentiment qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, sentiment qui n’est autre que l’attachement à faire de soi, une réplique, un clone, de l’idéal de l’autre. Ce n’est pas l’amour !Pour la société, chaque individu doit adhérer au fait, que pour être complet et fiable, il faut être deux. On est entier qu’à deux moitiés qui vivent ensemble. Et ça c’est difficile à accepter. Seule ou même seul rien ne vous est permis. Difficile d’obtenir un appartement, faire un crédit pour une voiture, ou pour meubler son intérieur pour les célibataires.Si nous acceptons cette règle, celle d’être deux pour être reconnu, il faut aussi arrêter de mentir, de faire semblant, et pour que les couples traversent les épreuves sans difficultés extrêmes, telles que le divorce et ses causes, soyons sincères.Dire « je t’aime » engage notre cœur et notre intégrité, soyons prudent dans l’utilisation de ce verbe si fort, si haut.Je ne renie pas le fait que l’on puisse éprouver de l’amour pour l’autre, mais pas tous les jours, à chaque seconde de notre vie, dans toutes situations, ni pour toute sa personne.Je peux en particulier adorer le rire la façon de marcher, ou le regard de mon compagnon, comme telle autre femme tombera en pamoison devant la douceur des traits de son époux, sa sensualité, ce petit sourire qu’il arbore d’un air taquin, mais pour ma part sachant que mon ami fait preuve de laxisme vis-à-vis des papiers administratifs et que son humour est souvent agressif, je doute de temps en temps, du bien fondé de notre possible union.En vérité je suis attachée à sa personne pour une multitude de petites choses, mais ce qui m’incommode fort chez lui, doit m’amener à être sincère en toutes circonstances vis-à-vis de lui, et surtout honnête avec moi-même et les sentiments que je ressens à son égard ;Sinon pourquoi continuer à vivre une relation, dans laquelle je serai obligée de mentir, feindre de tout apprécier en lui ? Où cela nous conduirait-il ?Et même si dans le but de ne pas baser notre union sur le mensonge, je lui parle de ce qui me dérange chez lui, sera-t-il honnête lui aussi et m’avouera t’il qu’il n’apprécie pas tel ou tel trait de ma personne ? Ou préfèrera t’il lancer : « mais moi j’aime tout de toi ! » avec un air de reproche et une voix si tendre que la culpabilité envahira mon cœur ?Mesdames, mesdemoiselles qui me lisez, n’avez-vous jamais entendu ce genre de phrase, qui vous amène à douter du bien fondé de vos arguments, lorsque vous annoncez à votre petit ami, que certaines attitudes qu’il adopte ou certaines paroles qu’il prononce, vous pèsent, depuis longtemps. Bien sûr que si ! Mais voilà, vous lui avez dit une fois « je t’aime » !Ce satané « je t’aime » qui une fois prononcé, nous entraîne dans un tourbillon de petits non-dits, et laisse la tolérance faire son entrée dans le couple. Je dis bien tolérance, qui n’a rien à voir avec les concessions dans un couple, elles sont une autre phase sur le chemin de sa destruction.
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Cours d'oenologie au Cameleon Coquet

Goûter le vin et découvrir ce   qu    il nous révèle.   

  

Nous proposons dinitier les amateurs de vins aux techniques de la dégustation et au monde du vin à travers 5 séances de dégustations didactiques et amusantes.

Ces séances ne sadressent pas à des experts mais à des personnes qui souhaitent découvrir ou redécouvrir le vin et comprendre ce quil nous révèle.

Les séances sarticulent autour de 5 thèmes :

1.      Le nez : découvrir les arômes et les informations quils nous révèlent

2.      La bouche : les saveurs, leurs combinaisons avec les arômes et les principes de laccord mets-vin

3.      La couleur : que nous révèle la couleur du vin ? Quels sont les diffrents types de vins mousseux et comment lesdéguster ?

4.      La typicité : dégustation des vins de différents pays pour découvrir la typicité des terroirs

5.      La qualité : découvrir les caractéristiques des vins permettant dapprécier leur qualité et leur possibilité de vieillissement.

Présentation de lintervenant : Yves Manche

Fils dun amateur de vin et baigné dès le plus jeune âge dans le monde des cavistes, ce juriste est revenu en 2005 au monde du vin. Soucieux dapproffondir ses connaissances, il a suivi les cours dœnologie organisés par lInstitut Roger Lambion de Bruxelles (CERIA) et organise depuis des séances de dégustations thématiques.

Amoureux du vin et de la cuisine il aime partager sa passion.

Les dates des séances (les cours commencent à 19h30) :

Soit les jeudis : 17/3 ; 31/3 ; 14/4 ; 28/4 et 12/5

Soit les vendredis : 11/3 ; 25/3 ; 8/4 ; 22/4 et 6/5

Prix des cours et paiement :

20,00 €/séances (vins compris) soit 100 € pour les 5 séances.

Les cours seront payés lors de la première séance.

Inscription : via email : cameleoncoquet@ymail.com 

Lieu des cours : Avenue A. Buyl, 12 à 1050 Bruxelles.

LE CAMELEON COQUET
12, Avenue A. Buyl 1050 Bruxelles
du mardi au samedi de 10h à 18h
http://www.lecameleoncoquet.eu
mail: cameleoncoquet@ymail.com


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Poème : Océan

 

  OCEAN

 

Les bajoues boursouflées du gardien de la dune

Refusent en l’instant les surplus de pitance

Offusquant leur hôte, cheminant sous la lune,

Droit vers l’horizon chahuté des roseaux d’espérance.

 

 

 

La mer frémissante ridée par l’assaut du zéphyr,

Susurre à l’envie la mélopée câline des naïades,

Dénudées  au couchant , emportées par le tragique soupir,

De la rivière déchirée par son ultime escapade.

 

 

 

Le sang d’Hélios s’enfonce lentement dans les entrailles d’Atlantide,

Au désespoir de Poséidon alangui au sein d’une mortelle.

Apothéose charnelle d’un dieu prolifique et placide,

Précédant la colère de Zeus annonçant le collapsus des  Hespérides.

 

 

 

L’âme de la terre aux parfums d’allégresse,

Cajole la nuit scintillante , tourmentée par de terribles doutes,

Face au miroir sans défaut dépourvu de promesse.

Espérance sacrée d’une fusion charnelle sous la céleste voûte.

 

 

 Raymond Martin

 

 

 

 

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Poème : Dérive spatiale

 

DERIVE SPATIALE

 

Hypothèse hasardeuse qu'un visage se devine

Sur le miroir du temps car l'oubli le patine.

Miroir de la mare aux fées où le faune cynique se contemple

Guettant dans ses yeux reflétés le mystère de son temple.

 

 

Sphère lumineuse colorée de regrets, la larme

Craintive, flotte au vent dont les forces désarment

La beauté vaporeuse de la sylphide wagnérienne

Chahutant les cirrus en désir d'une sérénité soudaine.

 

 

Sérénité soudaine égrainée par l'orage,

Calme éphémère au service de l'éclair,

Pour zébrer à nouveau dans l'espace sans âge.

Chanteclair en perdit son plumage solaire.

 

 

Lune et l'autre à l'unisson des saisons

Bercent les cieux par leur course subtile

Tout en jouant intrépides à cache-colline.

Fantômes blêmes aux regards polissons.

 

 

Le sanglier craintif puise sa force en Baranton

Dont l'eau rafraîchissante, matrice universelle,

Purifie le temporel en demande de pardon.

 

 

Ô rêveuse câline aux épaules dénudées,

Tu appelles, dans le flou de ton regard serein

Ton cupidon volage, à la flèche aiguisée,

Qui bravera, à la nuit, le contour de tes seins.

 

 

La muse intrépide le nez en trompette

Batifole sur un tapis de pâquerettes

Dans l'insouciance de la rime du poète

A la recherche des divins mots, en esthète.

 

 

Impression agronomique d'une citrouille atomique

En dérive spatiale sur la macrofaune du potager étoilé

Par le phare lunaire d'un Pierrot satanique.

Tape ici dit la taupe rieuse au mulot médusé,

Demain pour sûr, nous festoierons au lombric.

 

 

Raymond MARTIN

 

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Poème :A suivre

 

 

A SUIVRE …

Peindre avec le verbe, le verbe se fait cher

Par la pâte, pas chou, par la plume du fier major,

Pureté du brin d'herbe, Angelot joufflu enivré d'air

Défiant l'espace blanc d'un papier ligné d'or.

 

 

Du nuage d'antan à celui d'ici-bas,

Enlevé par ta fougue, assuré par ta rime

Poète, tes papiers jamais ne déploieras,

Une plume un pinceau, ce n'est pas un abîme.

 

 

La richesse de l'encre de poulpe ou de Chine,

Montre le chemin du sublime destin,

Du blanc, du jaune, du rouge, pureté câline

Et le vert, tudieu, nous invite au festin.

 

 

Que la farce est amère, sans un coup d'armagnac,

Tel le sous-préfet, je m'abandonne aux champs,

Chantonnant sous un chêne tel un Rastignac,

La mèche en l'air, fier comme d'Artagnan.

 

 

Ô, Andorinha légère du grand sud venteux,

Envole-toi là bas vers le pays de Poséidon,

A la recherche du continent malheureux

Frappé par le destin démon.

 

 

Pic-Pus, pic de la Mirandole, Pic-asso, Pic-abia….

Tiens, de drôles de piolets, de pics à glace,

Metamec, mec, dans ce joyeux charabia,

Foujita s'écria : « Vivent les kikis de Montparnasse »

 

 Raymond Martin

 

 

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Poème : Antinéa

 

Mes pensées voguent vers toi, ô énigme, source d'incertitudes,

Es-tu là, gisante, sous les sables d'ocre ardent ?

Je pense à toi, énigme cruelle que la raison rude

Occulte de la mémoire, ton visage rayonnant.

 

Déesse mythique, reine, tu obtins sensualité et beauté en héritage.

Ton royaume antique n'était pas celui de Saba

Mais, digne, Salomon t'aurait certes aimée et vénérée sans partage

Si même l'aurais-tu, cruelle, mené au fatal trépas.

Où es-tu, toi dont tout l'univers se jetait à tes pieds ?

Les Dieux t'auraient-ils oubliée dans ce royaume de dunes ?

Hantes-tu encore les mortels, les nuits fraîches par les étoiles irradiées,

A la recherche du dernier et insouciant amant au clair de lune ?

 

Hantes-tu encore, lascive dans ton palais lugubre du Hoggar

Cherchant d'hypothétiques indices du passé glorieux de ton aïeul Atlas

Qui régna de la grande île mystérieuse jusqu'à l'Egypte avec égards,

Procurant beauté et sagesse aux peuples bonasses ?

 

Tu régnas des sables fins aux rocs de l'Atlas,

Par la plume romanesque d'un chantre peut-être initié

Ô toi, Antinéa, reine d'Atlantide mystérieuse et salace,

Tu hanteras mon âme troublée pour l'éternité.

 

Raymond MARTIN

 

 

 

 

 

Raymond MARTIN

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Poème : Impressions d'automne

 

IMPRESSIONS AU SOLEIL D'AUTOMNE

 

 

 

Matins argentés, dominés de rosée perlée,

De la nuit automnale fraîche et odorante.

Toile ténue de l'araignée nocturne,

Piège le moucheron inconscient de la ronce ennemie.

 

 

Le pont erratique et effrité contemple, rêveur, la courbe

De son arche dans l'onde reflétée de la rivière encaissée.

Point rouge flottant du bouchon espérant

Son hypothétique odyssée sous-marine.

 

 

Le grincement lancinant de la roue vermoulue du moulin

Annonce la poudre blanche que devront pétrir

Les doigts d'un magicien hors d'âge.

On devine déjà l'odeur d'un joyau hérité du levain.

 

 

Dans le sentier au loin, un panier en osier se promène,

D'où débordent des chapeaux bruns, ruisselants et visqueux.

Une lueur jaunâtre scintille sur l'eau, annonçant

La montée rayonnante de l'astre du midi.

 

 

Un clocher furtif dans la cime des chênes égrène ses dix heures.

Ablettes et gardons s'émeuvent à l'unisson,

Prenant garde à l'asticot perché sur l'hameçon,

Tandis que l'eau émet ses dernières vapeurs.

 

 

Aujourd'hui, jour béni des dieux, la friture

Ravira grands et petits gourmands.

Au loin, la masse brune imposante de la brave

Limousine tire ses socs argentés,

Dessinant un sillon moelleux dans la terre meurtrie.

 

 

Dans un creux de la rive, le rosé aigrelet

De la bouteille rafraîchie attend son heure.

La menthe sauvage jette ses effluves sur l'herbe détrempée.

Un lézard repu profite du calme sur la pierre chauffée de la digue.

 

 

Et les frêles roseaux frémissent par le jeu du vent et de l'eau.

Les mousserons derniers nés de la nuit étoilée

Nourrissent le nonchalant limaçon à l'allure altière,

Assuré d'un festin extraordinaire.

 

 

C'était des matins argentés d'éphémères impressions.

 

 Raymond Martin

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Première suite de l'histoire

Quand on est jeune, bornée et naïve, on n’écoute que très superficiellement les conseils des parents, et bien sûr on en fait les frais.
Les enfants nous offrent les meilleurs moments de la vie en contrepartie d’amour, j’irais jusqu’à dire qu’ils aident à l’éducation de l’adulte, même si ce devrait être l’inverse.
Pendant bien des années je me suis posée toujours la même question :
Que veux dire je t’aime ? Aujourd’hui à 43 ans, l’évocation de cette simple phrase « je t’aime », me fait grincer des dents ou réveille chez moi tous les réflexes de méfiance ancrés dans ma mémoire, depuis très longtemps.
Dix ans en arrière l’amour m’est apparu comme une utopie, une énorme farce, un « attrape-couillon ».
Après plusieurs tentatives de vie en couple (parce que je suis du genre persévérante, quand je m’engage je vais jusqu’au bout), j’avais perdu confiance en l’autre, (qui que ce soit du sexe masculin).
Je ne pouvais plus aimer, je doutais de tous et de tout.


Chapitre 1
« Je t’aime » ne veut rien dire, c’est faux, ça sonne creux…

Je ne suis pas née avec ce dégoût du « je t’aime », dit et redit à la moindre occasion ; Au contraire, mes parents m’ont éduquée avec amour, même si parfois ils n’ont pas su me le dire. Même mon enfance a été sans problème grave. C’est ma vie de jeune adulte qui m’a appris à me méfier du « je t’aime », sans étancher cette soif d’amour qui me tient encore aujourd’hui.
Etre aimée est pour tout le monde je pense très important, pour moi c’est maladif, presque vital. Depuis toute jeune j’ai besoin de sentir, de savoir que je suis aimée, appréciée. Que ce soit par mes parents, mes ami(e )s mes collègues de travail etc… Pourquoi suis-je toujours avide d’amour? Afin de répondre à cette question je me suis penchée sur la façon que j’ai de me percevoir, sur l’image que j’ai de ma personne et bien entendu sur mon physique en particulier.
Les femmes s’identifient beaucoup trop à un idéal de beauté issu de la mode, et sans arrêt montré dans les magazines. En 1973, les préadolescentes avaient déjà ce souci, j’avais onze ans et je regardai mon corps avec une attitude de rejet, je le trouvai difforme, trop rond.
Mes parents étaient ni pauvres ni riches, mon père travaillait dans une usine de métallurgie et ma mère après avoir été longtemps employée comme femme de ménage avait cessé toute activité pour s’occuper uniquement de ses enfants, et même si les fins de mois étaient rudes mon frère et moi ne manquions de rien. J‘avais une affection particulière pour mon père, aussi le moindre compliment de sa part me réchauffait le cœur, et il m’en adressait souvent pour la tenue de mes cahiers de classe, l’assiduité à mes études, ainsi à germé l’idée que je pouvais faire oublier mon corps, en essayant d’être brillante sur le plan intellectuel.
A quinze ans, un peu plus enrobée que la moyenne, je faisais plus âgée, mais mon visage était resté agréable, juvénile. Le rejet de mon corps c’est amplifié par le regard des autres filles, ma difficulté à me mouvoir pendant les cours de gymnastique, et les vêtements que je devais porter : sweat-shirt large pour cacher mes formes un peu trop proéminentes, pantalons été comme hiver, pendant que d’autres se montraient en jupe ou en robe.
L’épreuve du maillot de bain était la plus horrible, impossible pour moi de me regarder dans un miroir, et encore moins de profiter des joies de la piscine. Je crois que l’adolescence fut l’époque la plus pénible sur le plan psychologique, mais ce fût aussi celle qui m’amena beaucoup de réflexions et d’enrichissement culturel.
Pour cause, afin de palier à ma déficience de beauté physique, je veillai à me rendre presque indispensable auprès de beaucoup de personnes, de par ma gentillesse et mes connaissances dans de nombreux domaines comme la voyance, l’astrologie, la psychologie, les soins par les plantes, les régimes, les soins du corps, tous ce qui touchait les jeunes filles.
Mon but, ne pas me retrouver à l’écart, plaire par tous les moyens, être intéressante par mes connaissances et les conseils que je pouvais donner, faire oublier mon corps, être aimée bien entendu. Et cela marchait, du moins me semblait-il, les garçons ne me regardaient pas, mais j’étais assez populaire, et surtout j’oubliai mon corps.
Les années qui ont suivi n’ont rien changé à mon comportement, mais j’avais en plus développé un orgueil qui commençait à me pourrir la vie.
L’angoisse de ne pas être à la hauteur intellectuelle des attentes de l’autre quel qu’il soit, peur de décevoir par la pauvreté de mes connaissances, faisaient de moi une personne irritable, toujours à la recherche d’informations sur tout. A bien y réfléchir j’aurai pu me faire un avenir professionnel dans la santé, l’écoute ou la communication, mais là encore et toujours la peur de l’échec de décevoir, je devrai dire le manque de confiance en moi, m’ont interdit de tenter le moindre diplôme. Un carcan social, dû à ma naissance dans le milieu peu aisé des ouvriers, et psychologique amené par un physique détesté, un complexe d’adolescente toujours présent dans ma vie d’adulte, un mal-être perpétuel, un amour de moi-même inexistant et non-envisageable.
L’homme est bien évidemment entré dans ma vie, mais les rapports physiques étaient très décevants à mon goût, sans amour réel, car jamais personne ne pourrait m’aimer entièrement, physique compris. Alors comment aimer sans réserve et en toute confiance? J’attribuai mes relations physiques à un besoin animal, un profit du genre joindre l’utile à l’agréable, autant se servir de ce que l’on a à la maison. Comment envisager un amour vrai pour moi, de leur part ? L’homme n’est que mensonge, et cela était inacceptable.....
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L'enlumineur d'étoile...

Nature funambule au fil des sentiments,
D’une main « arc-en-ciel, » le peintre, de pigments,
Est libre de suspendre, au pinacle, une étoile
Et du vide absolu d’enluminer la toile…

Virtuose indécis sur l’image à venir,
De l’esprit, son pinceau, garant du souvenir,
Dévoile avec pudeur les secrets de l’intime
Qui s’estampe sur l’œil et que le cœur estime…

Ineffable prodige, extase ou bien douleurs,
Ce qu’il est seul à voir divulgue ses couleurs,
Effleurant le divin de son imaginaire,
Il délivre de l’art l’écho visionnaire…

Plus tout à fait lui-même, en un état second,
Il peuple l’infini de son souffle fécond,
Lorsque tremblant, son trait dessine des visages,
L’espace se transforme au gré des paysages…

Sensible sa peinture embrase l’horizon,
Emu, tout un chacun y pose une oraison,
Pour l’un le monde est triste et l’autre en voit la flamme ;
Qu’importe le regard, de l’artiste : « il est l’âme ! »

………………………………….
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journal de bord, dimanche 27 février 2011

 

 

J'ignorais que le pays de Tournai, par endroits, était un peu moins plat que je ne l'imaginais. J'avais probablement oublié le légendaire "pays des collines", célèbre dans le coin. J'ai même eu connaissance d'un "Pays Blanc" ("Pays Noir", du côté de Charleroi, te serais-tu trouvé un double, un effet-miroir ?), du côté d'Antoing, ville de la région de Tournai, où il y a un château où, y a près d'un siècle, un certain futur Charles de Gaulle aurait entamé une partie de ses études.

 

Dans ces coins, tout à l'ouest de notre pays, y a des champs à perte de vue, des ballades à faire, par temps de pluie aussi.

 

Quand on s'accorde le luxe d'arriver à l'avance à une soirée-cabaret où on est programmé (ce qui n'était pas évident au départ), eh bien, on prend des dispositions : plutôt que de rester statique dans une espèce de tente raccordée à un mur  où les premiers arrivés (un duo de musiciens, un éventuel organisateur ...) s'occupent en vue de la soirée qui va v'nir et ne sont pas (trop) disponibles à votre présence, à ce moment-là (quoi de plus normal !), on se dégourdit les jambes, on s'accorde une heureuse chasse aux images (photographiques ou mentales), on parcourt un ou deux p'tits ch'mins en ligne droite, on repère un clocher dans le lointain, on va jusqu'au bout de la route, on consulte sa montre afin de rester dans les temps (quand même), on se ressource, on respire, on construit déjà en tête ce qu'on va présenter au public ...

 

Celles. Je retiens le nom du village à côté d'Anseroeul. En temps normal, on peut y parvenir en bus, en partant de la gare de Tournai. A savoir. Il suffit donc, ensuite, de marcher même pas deux kilomètres pour arriver à la Ferme du Harby. Hélas, le sam'di, c'est un peu différent : pas de bus qui roule.

 

Donc, j'avais révisé mes plans.

 

A seize heures, je me trouvais à Tournai. Après deux heures passées dans un train. Disposé à faire du stop pour me rendre à Anseroeul (c'était à même pas dix kilomètres). Par bonheur, y avait un plan de la ville, juste devant mon nez. Merci, Providence ! Le problème (faut en rire), avec les plans, c'est que la ville est représentée, dans sa configuration, avec le Nord au dessus et le Sud en dessous. Et ça ne correspond pas forcément à la disposition dans laquelle on se trouve, à ce moment-là. Sur le plan, après avoir repéré la gare, sur le plan, deux rues principales à gauche et à droite de la gare (une des Nerviens, une autre ... je sais plus), et la chaussée de Renaix (qu'en fait, je devais prendre) qui démarrait à partir d'une ces deux rues voisines (à gauche ? à droite ?) de la gare, je me suis (re)mis en route.

 

Après m'être trompé de rue (forcément, quand on doit lire à l'envers !), après être rev'nu sur mes pas, j'ai trouvé la bonne direction.

 

J'avais déjà ... faim.

 

Et je repère un resto. Avec une enseigne, qui n'est pas des moindres : "Le Grand Jacques". Avec des notes de musique pour l'accompagner. Evidemment, j'ai ralenti mon pas. Je suis entré. Avec scepticisme, soyons francs. Le grand Jacques Brel est devenu une image indétrônable maint'nant, les patrons de bistro et de resto le savent. Loi du commerce oblige. Evidemment, je suis en décalage par rapport à c'là. Moi qui suis (aussi) un chanteur, moi qui poursuit mes rêves (accessibles et un peu moins) à longueur de journée, moi qui attend souvent "Madeleine" ou "Mathilde" plus souvent qu'à mon tour, moi qui suis du signe du Bélier (comme le grand Jacques), je n'étais évidemment pas sûr (faut pas se leurrer), en pénétrant dans ce resto, d'y rencontrer l'âme du Brel ... qui m'appartient.

 

Eh bien, j'ai été accueilli comme un roi. A seize heures, je pouvais encore manger. Le gars était (et est) d'une chaleur incomparable. Il a été journaliste, a habité Paris, a croisé le grand Jacques (notamment), m'a raconté des anecdotes avec des gens connus (certains, mais ça je m'en rends souvent compte dans ce type de discussion, sont, paraît-il, des gens très sympas hors de la scène ... d'autres, un peu moins). J'ai voyagé avec lui. Il m'a même offert du vin après le repas. Ma difficulté n'était pas de rester dans cet endroit (charmant, où j'espère repasser un jour), mais dans la réalité qui me disait qu'il était déjà ... dix-sept heures, que je ne devais plus traîner si je souhaitais me trouver à Anseroeul, avant 19 heures.

 

Un pont de franchi. Une route.

 

Et le stop a final'ment, très bien fonctionné, avec un gars du coin, qui m'a pris en voiture (qui m'a dit ... suivre des cours d'économie pour adultes), qui s'est douté, rien qu'en voyant ma guitare, que je me rendais ... à la Ferme du Harby.

 

Oui, je souhaitais me trouver sur place, dès le début, vers 19 heures. Je savais que je ne passais pas avant vingt-deux heures, dans la s'conde partie. Raison de plus, en spectateur, pour découvrir (ou redécouvrir) ceux (et celles) qui passaient.

 

En arrivant à proximité de la Ferme du Harby, un chien (qui avait l'air de boîter) m'avait déjà souhaité la bienv'nue.

 

Le coup d'envoi était assuré par Freddy et Monique Sosson (mes amis de Bruxelles). Accompagnés, cette fois, par Camille, leur petite fille de huit ans, qui manifeste clairm'ent le désir de chanter. Avec leur gentillesse habituelle, ils ont mis le public en condition. Pour la première fois, Freddy interprétait ... Jacques Brel, avec son "PLAT PAYS". A sa façon, bien sûr (tout comme, dans d'autres contextes, il reprend le légendaire "JE L'AIME A MOURIR" de Francis Cabrel, avec ses marques). Monique a chanté deux morceaux en anglais. La p'tite Camille, sans faute, a chanté "SI, MAMAN, SI" de France Gall. Avec ... détermination. Coup d'envoi. Que dire de plus ? J'étais ravi.

 

Suivait un groupe du nom de ... Cocktail. Deux hommes et une femme. Des morceaux de Simon et Garfunkel (ravissants, bien sûr). L'éternelle "COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA" du groupe Beau Dommage (que le grand Félix Leclerc avait aussi, en son temps, repris), qui s'est greffée, une fois de plus, dans mes rêves, dans mes envolées, que je chantais, sur ma chaise, en même temps qu'eux. Je reconnaissais, dans le groupe Cocktail, le groupe qui avait chanté, la veille, sous le nom d'Astaffort. Je renouvelle mes propos à leur égard : présence scénique parfaite, harmonie des voix parfaite, choix des instruments adéquat ... mais aucune chaleur, aucune âme (d'eux à moi, bien entendu !). J'avais, hélas, quand je les observais sur scène, plus le sentiment de rencontrer trois bulldozers que ... trois artistes qui donnaient leur âme.

 

Oui, je suis avant tout sensible, lorsque je vois des gens sur scène (comme dans la vie), à l'amour, à la tendresse, à la générosité, à la vulnérabilité (aussi) que ces gens me communiquent. Le reste m'importe peu.

 

Justement, je me faisais la réflexion lorsque j'écoutais, avant le groupe Cocktail, mes amis Freddy et Monique Sosson, que je suis quand même depuis pas mal d'années. De spectacle en spectacle, ils amènent de nouvelles choses, de nouvelles chansons. Je sais, je m'aperçois, à chaque fois, que Monique, à partir du moment où, en chantant, monte sa voix vers le haut, a une tendance (nette, quand même) à chevrotter et ... fausser. Je ne suis pas dupe. Mais, avec le temps, ce détail ne me heurte plus. La gentillesse emboîte le pas et j'ose supposer qu'un certain nombre de gens, dans le public, dont l'esprit analytique ou "professionnel" ne l'emporte pas sur toute la ligne, pensent un peu comme moi.

 

Et pendant ce temps-là ...

 

Un chat et un chien se balladaient dans la salle. Mignon. Serdu, le dessinateur, reproduisait, comme la veille, des caricatures heureuses des artistes qui se produisaient. Blaise, le jeune pianiste de la maison, avec son chapeau, assurait, comme la veille, les intermèdes entre chaque passage d'artiste, comme un chef.

 

Un autre groupe (un duo) m'a séduit. Je nomm'rai ... Epicerie Fine. Tiens, quel nom ... original, qui sonne bien ! Deux filles qui chantent (l'une compose, l'autre écrit). Des chansons qui roulent, toutes bien écrites. Tiens, rien que cette chanson intitulée "CES GENS", chanson très brève, qui résume tell'ment bien. Des gens qui savent parler, réciter, se montrer, dire les mots qu'il faut, se faire valoir en société ... dans des moments où on ne trouve pas les mots pour parler et où tout le reste est cont'nu derrière un sourire, où personne, parfois, ne nous accorde un sourire quand on a le coeur qui chante. Evelyne au piano, Valérie au chant. Tiens, d'où vient, final'ment, leur appellation "Epic'rie Fine" ? La robe sombre et les ch'veux très courts de Valérie, c'est aussi ... de très bon goût (pour le répertoire qu'elles proposent et ... le plaisir des yeux, bien entendu).

 

Les styles se suivent, mais ne se ressemblent pas.

 

De la région de Tournai, on revient à Bruxelles. Avec un groupe de ... six. Tous avec un chapeau melon, un gilet ouvert noir mettant en évidence une chemise en couleur. Leur nom : Barberpeis. J'essaierai de ret'nir (leur nom de scène). Leur particularité : chanter a capella. Des morceaux qui, vocal'ment, étaient des bijoux. Des morceaux qui plaquaient, sur des airs "a capella", des appellations populaires typiquement bruxelloises : "kaberdouche", "snull", "il est complèt'ment clash" (et un des membres du groupe, devant cette expression, retire son chapeau melon et expose son crâne ... dégarni). Fallait le faire.

 

Et le temps passait. Je commençais, en tant que spectateur, à fatiguer, à saturer.

 

Je n'allais quand même pas me débiner quand mon amie EDith Barbieux, accompagné par Pierre à la guitare, était prévue, juste après. Je n'ai pas regretté, une fois de plus, d'assister à sa prestation. Edith a l'intelligence de choisir, dans son répertoire, des chansons "pas connues" de chanteuses "pas connues" (ou "plus connues). Béa Tristan, Christiane Stefanski, Anne Sylvestre (que nos radios boudent, évidemment !) sont régulièr'ment défendues, sur scène, par EDith, par son punch, son travail d'interprétation. Faut le faire. Et ... même s'il ne faut pas mélanger la vie publique et la vie privée, je sais, connaissant Edith en coulisses, à quel point les chansons qu'elle choisit ... lui ressemblent.

 

J'ai été subjugué par la deuxième chanson présentée par Edith. L'histoire d'une femme qui se regarde dans une glace (ou une vitrine) et qui aperçoit ses rides, son âge (avancé ?) qui lui saute aux yeux et une image d'elle, dans laquelle elle ne se reconnaît pas (ou plus). Et qui décide qu'à l'intérieur d'elle, elle n'a toujours pas de rides. Moment d'émotion. Je salue, le plus sincèr'ment du monde, Pierre, le guitariste d'Edith, tout en discrétion, d'avoir écrit ce texte en faveur de son interprète.

 

J'aurais pu encore puiser, là-bas. Edith a chanté en duo avec un gars qui s'appelle Sylvain. Une chanson mettant en scène deux qui personnes qui, a priori, se détestent, s'envoient des vannes à la figure ("râclure", par exemple), dans un langage "châtié", et finissent par se demander en mariage. Très très crédible. Très très ... réaliste.

 

Je fatiguais, je saturais de plus en plus.

 

Je n'avais plus, momentanément, d'énergie pour suivre l'artiste suivant. Je m'excuse auprès de lui.

 

J'ai filé dans la pièce à côté ... où y avait du monde qui causait, buvait, fumait et où les places assises étaient rares. Comme de bien entendu. Mon esprit était brusquement saoûlé. J'avais quand même du établir un constat : en regardant les artistes qui défilaient, la plupart débordaient largement du temps qui leur était imparti. Trois morceaux, telle était, à mon souv'nir, la consigne tacite ... pour chacun. En pratique, je n'en ai, pour ainsi dire, vu presqu'aucun présenter moins de cinq morceaux.

 

Que dire ?

 

C'est pas facile d'être artiste, je le sais. C'est tentant, quand le public accroche et en redemande, de pousser un (ou deux) morceaux de plus. C'est même tentant, pour certain(e)s, d'arriver sur scène, avec six morceaux préétablis à l'avance, en sachant que le public en redemandera. Faut-il parler d'ego surdimensionné, d'inconscience ... ou d'esprit pratique ?

 

Tout ce que je sais, c'est que ... la longueur inévitable du passage des artistes, qui dépassent le temps prévu, a des répecussions sur le public qui sature, à un moment donné. Je me suis, un jour, laissé entendre dire que ... quarante-cinq minutes était la limite d'écoute du cerveau humain. Bon. La longueur inévitable du passage des artistes, qui dépassent le temps prévu, qui ne s'arrêtent pas dans les temps, est nuisible aussi pour les autres artistes, qui ont quelque chose à présenter, qui ont effectué aussi le déplac'ment pour ça, et risquent de perdre (contexte oblige) un public qui pourrait, en d'autres temps, les adopter et ... leur sauter au cou.

 

Inutile de dire que je râlais sec. Dans une atmosphère où je n'arrivais plus à trouver une chaise pour m'asseoir, une personne avec laquelle je pouvais parler. Et il y avaient encore au moins trois numéros avant l'entracte. Des artistes qui allaient inévitablement déborder sur le temps, aussi. J'ai passé au moins vingt minutes, en bougonnant, en f'sant les cent pas, à me dire : quand ce s'ra mon tour, ce ne s'ra pas trois morceaux que je présent'rai, mais aussi un de plus (rien que pour le principe !), après tout à quoi ça sert d'être respectueux du timing, si c'est pour se faire baiser par les autres ?

 

Du côté de l'organisation, quand j'ai un p'tit peu signalé mon mécontent'ment, ils n'ont fait que me confirmer ce que je pensais : la veille, ils avaient été confrontés au même problème.

 

"On veut être gentils. On va pas leur dire casse-toi !", m'a dit, avec la plus grande des gentillesses, l'un d'eux.

 

En f'sant les cent pas, entre la salle où on buvait et celle où les artistes passaient, j'ai quand même vu des choses intéressantes.

 

Le duo Dusoulier-Hottekiet. DEs chansons picardes. Des chansons françaises traditionnelles. Une reprise heureuse de "L'AUVERGNAT" de Brassens. Un gars à l'accordéon, l'autre qui chante ... avec un chapeau d'paille. J'ai accroché. Je regrette juste de vous avoir découvert dans un moment où, circonstance oblige, je n'étais plus de première fraîcheur, dans ma disponibilité d'esprit. Ca durait, ça durait, ça durait. Je commençais à m'impatienter, à l'égard de ma prestation, prévue dans la s'conde partie. Et le chanteur qui dit, dès le début, un truc du genre : "Nous allons vous présenter ce que nous faisons durant une vingtaine de minutes". Là, ça m'est quand même resté un peu ... en travers de la gorge. Dès le départ, le groupe imposait son temps. Dès le départ, forcément, le groupe imposait, avec ce temps imposé, un nombre de chansons ... qui n'allaient pas se résumer à trois. Voyons, voyons ! Les autres, ils se démerderont toujours ! Voyons, voyons ! Je râlais d'autant plus en réalisant que le duo Hottekiet-Dusoulier aurait largement pu se limiter à trois morceaux, dans un esprit de respect, sans que les trois morceaux ne nuisent à leur prestation, ne nuisent à la crédibilité de leur talent et du spectacle qu'ils présentaient.

 

J'espère revoir Proserpine et Catherine dans d'autres circonstances. Au moment où elles passaient, j'étais dans les loges. Il était question de femmes ignorées, battues. Catherine intervenait notamment, vêtue d'un voile (comme dans ces pays où la burka est de rigueur).

 

Et je tournais de l'oeil. Dans les loges. Dans la salle. Partout.

 

"On veut être gentils, on va pas leur dire casse-toi !"

 

Cette phrase continuait à résonner dans mon cerveau.

 

Des souvenirs de chanson me sont revenus.

 

J'en ai déjà franchi, des lieux, des festivals, où des artistes sont programmés pour deux ou trois morceaux, où les techniciens sont déjà sur scène avant que vous ne terminiez le dernier morceau (certains, pour être sûrs que la machin'rie avance, vous coupent le son carrément).

 

Faut-il, dans un esprit de respect, en arriver à de telles extrémités ?

 

Bien sûr que non.

 

 

 L'idéal serait que tout un chacun, en étant conscient de sa valeur (et de celles des autres),  en étant conscient de la gentillesse qu'on leur accorde (et jamais je ne remettrai cette valeur en question chez Bernard, Maud, Laure, Pauline, Blaise ... et tous les autres qui se cassent le cul, chaque année, dans leur "Ferme du Harby", pour organiser une soirée-cabaret où tout le monde peut s'exprimer), se fasse sa propre discipline : on m'a demandé trois morceaux, rien de plus, et je prends la liberté d'accepter le challenge.

 

J'ai quand même eu mal au coeur pour le groupe Casanoé, venu tout droit de la région de Charleroi, qui entamé la s'conde partie. Juste avant moi. Chaque année, on les retrouve à la Ferme du Harby. Avec des morceaux bien balancés, musical'ment. Avec des textes qui tiennent la route. Tiens, le chanteur principal ne faisait plus partie du groupe ! J'ai quand même eu mal au coeur pour Casanoé, quand, après leur troisième morceau, on leur a demandé s'ils avaient l'intention d'en présenter d'autres. Comme quoi ... Voilà encore une répercussion, logique, des artistes qui prennent tout leur temps auparavant et qui en font pâtir les autres. Je ne conteste pas, fondamental'ment, la question qu'on leur a posée. Eux aussi pouvaient (ou ... auraient du, si on reste pragmatique) se limiter à trois morceaux. Mais pourquoi les limiter, eux, alors qu'on n'a pas pris ce soin avec d'autres ?

 

Malgré tout ça, j'étais heureux. L'ambiance restait. Enfin : mon tour allait arriver.

 

Avant d'arriver sur scène, j'avais déjà jeté au bac ce principe complèt'ment débile, complèt'ment puéril, de me dire : ils en font cinq, alors j'en fais cinq aussi. Plutôt que d'exiger le respect des autres, efforçons-nous d'abord de l'appliquer, c'est plus simple. J'avais décidé : je présente mes trois morceaux.

 

Et je les avais bien cogité(s), mes morceaux, toute la journée. L'un au piano, l'autre au ukulélé, le dernier à la guitare (et l'harmonica). Sans trop m'égarer sur ... autre chose que j'aurais pu présenter. Non, basta.

 

Et puis ...

 

En toute modestie, ai-je besoin d'en remettre sur cinq ou six morceaux, quand je suis déjà convaincu, sans me vanter, d'être crédible sur scène, rien qu'en respectant la règle ?

 

Non, facilitons-nous la vie. Centrons-nous sur ce qui nous est offert et voyageons pleinement dans cette galaxie-là.

 

Un piano pour commencer mon p'tit passage. Une aubaine, quand même ! Dieu sait si les pianos ne se trouvent pas dans tous les lieux de spectacle où on atterrit. Dieu sait si les pianos (même électroniques) ne sont pas évidents à transporter quand on se rend quelque part pour chanter. Autant sauter sur l'opportunité. Dieu sait à quel point ma chanson "LA GRAND MESSE", que j'ai écrite il y a plus de vingt ans (1988), que j'ai régulièr'ment retouchée, retransformée, j'ai déjà eu envie de la présenter sur scène, lorsqu'à la maison, sur mon piano électronique, je lui donne son amplitude avec une musique d'orgue. Carrément. Sur le piano de Blaise, au Harby, j'avais cette possibilité. J'ai foncé. Avec Laure, une des filles du lieu, qui me tenait le micro pendant que je chantais et qui se marrait devant certaines allusions, dans ma chanson. Le seul bémol : pendant que je chantais, mon nez coulait et je devais user de mille et mille stratégies pour que ça ne se remarque pas trop.

 

"Après l'office, le grand Benoît

Grande gueule avertie loin d'son père,

Le p'tit Pierre, petit blond narquois ..."

  

Le public d'Anseroeul (ou des environs), en m'applaudissant, a-t-il reconnu, au fil de ma chanson, des prénoms que j'y invoquais, des gens de leur cru qu'ils y r'connaissaient ?

 

Après le piano, le ukulélé. Ca va, j'avais pas fait trop de floches au piano. Mais tout n'était pas gagné. J'avais envie de risquer mes "TROMBES D'EAU" avec cette petite guitare à quatre cordes. Ca fait quand même un mois que je la joue ... presque non-stop, chez moi. Je l'avais jouée, dans une radio locale, avec le ukulélé, mais en me trompant, les deux derniers couplets, pratiqu'ment à chaque mot que j'abordais. Le souv'nir était encore cuisant. Une part de moi disait : "Hugues, tu n'attendrais pas d'être un peu au point". Une autre de part me disait : "fonce, risque, jamais tu ne seras à l'abri des trous !".

 

"Les trombes d'eau ne sont pas mes ennemies ..."

 

Je l'aime bien, celle-là. Cinq couplets (pas moins). Je me suis lancé à l'eau. Ca va, ça suivait. Parfois encore : une difficulté de placer convenablement les doigts au bon accord, pour que la note résonne clair'ment. Et le passage du troisième au quatrième couplet, en montant d'un ton, en repérant à temps les cases des accords où je devais poser mes doigts, ça, ça restait le détail qui me flanquait encore ... le trac. OK, on n'allait pas me tuer. Et quand j'ai du changer de ton, eh bien, j'ai pu assurer.

 

Je réservais ... ce que j'estime de meilleur, dans le troisième morceau.

 

Ma chanson "DOUCE".

 

A la guitare et à l'harmonica.

 

 

 

 Ce portrait d'une fille à l'âme tendre, dont l'enfance et l'adolescence sont plus que troublées (et loin d'être ... douces), qui tente de se débrouiller et de survivre comme elle le peut, que tout un chacun a déjà rencontré quelque part. Qui ressuscite peut-être la part de rêve, d'enfance qui vivent en nous et qu'on flanque au bac, la plupart du temps. Je l'aurai déjà fait voyager, mon héroïne, dans plus d'une salle.

 

"Douce, douce, elle est si douce ..."

   

Et je n'ai jamais trop de mal à demander au public de reprendre le refrain avec moi. Hier, j'ai encore été servi.

 

"Douce, douce, elle est si douce ..."

 

Si seul'ment ...

 

La princesse (gitane ou autre) qui m'a réell'ment inspiré cette chanson pouvait se trouver, un jour, dans une salle, quand je la reprends.

 

Si seul'ment ...

 

Elle ne s'offusquait pas devant mes allusions (délibérées) à l'inceste, dans le s'cond couplet. Evoquer les réalités telles qu'elles se passent, ça me paraît parfois un devoir. Surtout quand on s'est attaché à une personne et qu'on comprend très bien le pourquoi du comment de certaines réactions.

 

Si seul'ment ...

 

Elle se réjouissait, en s'apercevant qu'en spectacle, ma tenue de scène est ... une chemise rouge orange, qu'elle m'a un jour ach'té.

 

Si seul'ment ...

 

 

D'accord, avec des "si", on ne va nulle part. Mais ... on peut toujours rêver. La "DOUCE", à l'époque où je la fréquentais, me tenait pratiqu'ment les mêmes propos.

 

Je lève les yeux au ciel, je m'en remets à la vie, qui m'a toujours comblée et me comblera encore.

 

IL était temps, après la prestation, de repartir, hélas. Une voiture m'attendait. Fallait encore ranger les instruments, reprendre ses habits, sortir d'une loge ... étroite (où d'autres futurs artistes qui devaient passer arrivaient), passer entre le mur et le rideau (plus qu'étroit), éviter de déranger les gens, dans la salle, qui écoutaient.

 

Mille excuses à PIcardéon, couple attachant qui m'avait ravi, l'an dernier, avec des textes écrits en patois du coin. Mille excuses à Joachim et Joannes, guitaristes folks, sympas, talentueux, qui m'avaient emm'né en voyage, l'an dernier, sur leurs musiques. Cette année, vous passiez après moi, j'étais (hélas) tributaire d'un moyen de locomotion, les conducteurs (qui avaient aussi une route à faire et une petite fille à reconduire avec eux) estimaient que c'était l'moment, et ils avaient raison, aussi. Ce n'est que partie remise.

 

Mille excuses à ceux (et celles) que j'oublie et qui s'en rendront compte, s'ils lisent mon ... journal de bord.

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Flo au baiser effacé

 3  états de cette Flo au naturel.

 Sans idée préméditée, le coup du baiser hommage à Klimt n'a pas résisté bien longtemps. C'était juste une entrée en matière.

1er état de flo au baiser

1er état

 très vite effacé le baiser avec la tête posée sur le coté, on devine encore sa place sur le 3ème état.

état inter flo au baiser

2ème état 

3ème état flo au baiser

3ème état 150x120 acry  sur toile sans marouflage gegout©adagp2011

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